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Original subtitles

"Notre énergie allait simplement l'emporter.

Ce n'était pas la peine de se battre - de notre côté ou du leur.

C'est nous qui avions la force d'impulsion ;

nous chevauchions la crête d'une vague haute et magnifique."

Ouais, on y est arrivés ! Ça y est, on l'a fait.

On est riches.

On peut prendre notre retraite en Floride.

Tu sais, Billy,

on a tout foutu en l'air.

Quoi ?

Non, mais faut pas chercher plus loin, tu sais.

On prend le pactole et après, on est libres. Tu piges ?

Bonne nuit.

Quand je suis revenu en 1971,

j'avais passé 6 ans en dehors des États-Unis.

J'aurais sans doute dû revenir plus tôt, dès 1969.

A moins d'avoir vécu aux États-Unis à cette époque-là,

on ne peut pas imaginer

à quel point la société était divisée,

de toutes les manières possibles.

Si vous preniez la route

et vous arrêtiez dans un ranch du Nebraska,

et demandiez au propriétaire son avis sur ce qui se passait dans les villes,

c'était parti pour 2 heures de conversation.

C'étaient des questions sérieuses et, en comparaison,

le débat entre Clinton et Trump paraît superficiel et médiocre.

J'ai tourné un documentaire lès-dessus,

intitulé "17 Days".

On a interviewé des vétérans du Vietnam paraplégiques

dans un hôpital d'Albuquerque, au Nouveau-Mexique,

puis une émeute a éclaté à Chicago pendant 3 jours,

des gens se sont fait tirer dessus...

C'étaient des scènes de la rue.

Ce film est une tranche de vie.

C'était un aperçu de la vie le long des routes.

La route avait une image romantique,

dans un pays deux fois moins peuplé qu'aujourd'hui.

Nous sommes 300 millions, contre 150 à l'époque.

Il y avait de l'espace.

Je suis fier d'être né aux États-Unis

et d'être citoyen américain.

Bon, alors... C'était quoi déjà ? On recommence.

Je suis né aux États-Unis et je suis Fier d'être américain.

Je suis fier aussi des hommes et des femmes

qui se sont battus pour ma liberté,

qui ont sacrifié leur vie et...

qui se sont battus pour vous et moi, dans le monde entier.

La plupart du temps, je...

Quand j'étais gamin, on se baignait,

on faisait du vélo, de la moto,

on se battait...

Comme tous les gosses.

Je me suis intéressé au rock dans les années 70.

On allait dans des gros festivals de musique,

avec 75 0000 spectateurs.

On sortait et...

on testait les différentes drogues qu'on trouvait à l'époque,

on écoutait de la musique,

on rencontrait de belles filles.

C'était génial, les années 60-70 !

Sans doute la meilleure période des États-Unis.

L'aigle américain.

Vous connaissez

cette expression, "sexe, drogues et rock'n'roll" ?

Vous la connaissez ?

Si vous croyez que c'était ça, c'est que vous n'y étiez pas.

C'était pas "sexe, drogues et rock'n'roll".

C'était du rock,

des drogues,

encore du rock,

encore des drogues et ensuite, du sexe.

C'était comme ça, à l'époque.

Et c'était génial.

Si seulement on pouvait revivre ça.

Dons l'ensemble,

les choses ne se passent pas comme on l'espérait,

pour beaucoup d'entre nous.

On est...

Nos salaires ont chuté

au cours de ces quinze dernières années.

Je suis ouvrier qualifié,

carrossier et réparateur auto,

et je pense que mon salaire a baissé de 40%

ces 15 dernières années.

Ce qui s'est passé, c'est que...

Je l'ai vu, j'y étais,

il y a eu...

Aujourd'hui, la concurrence est rude dans le boulot.

Il y a beaucoup de gens dans ce pays

qui n'ont ni permis ni visa de travail

et qui acceptent des boulots à des tarifs très bas.

Comme tout le monde veut faire des économies,

on choisit ceux qui demandent peu,

et ceux qui sont qualifiés doivent travailler pour moins.

Ça nous détruit.

Je vote pour le changement, parce que mes 4 derniers...

Ça fait longtemps que j'ai pas eu le président de mon choix.

Cette fois, je crois que mon candidat va gagner.

Je pense qu'on aura un vrai changement cette année.

Tous les présidents précédents

ont dit que ça changerait.

Ils avaient raison,

je n'ai plus que des pièces dans les poches,

alors qu'avant, j'avais des billets.

J'ai vécu les années 60 du côté des motards,

pas des progressistes.

J'ai grandi dans les montagnes, près des bûcherons.

Les gens se servent de l'Histoire

pour trouver un moyen d'affronter la période qu'ils vivent.

C'est la notion de passé utilisable.

Les années 60 et 70 sont utilisables, parce qu'elles donnent une recette

ou une série de recettes pour faire face à un monde

qui pratique des économies d'échelle tellement nocives,

tellement énormes,

et contre lesquelles personne ne peut rien.

On a tendance à examiner le passé à la recherche d'un modèle

pour faire face à l'avidité

et à la tragédie de l'Histoire de l'humanité.

Il y a un côté romantique à dire : "Séchons l'école,

allez vous faire foutre, on fait ce qu'on veut."

Mois quand on se réfère aux années 60

ainsi qu'aux années 70 dans ce pays,

on se réfère à un pays qui était vraiment riche.

Je vous l'ai montré,

ce dessin que j'ai fait en 1979 :

"Le 10ème anniversaire du Festival de Woodstock".

Ils portent tous un costume, ils sont devenus des yuppies.

En 1979, quand le "New Yorker" a publié ce dessin,

les années 60 étaient révolues, c'est ce qui est dit avec humour.

Je pense que dans 100 ans,

quand on se repenchera sur le 20ème siècle,

on s'intéressera toujours plus aux années 60 qu'aux années 80.

Désolé pour la génération X ou je ne sais qui !

"Sexe, drogues et rock'n'roll",

c'est tout.

J'ai toujours la VHS d'origine du premier Woodstock.

Le fait d'avoir grandi avec ces gens-là : Jim, Jonis, John...

Tous ces gens-là.

Jimmy...

On ne connaîtra plus jamais une époque pareille.

Ça ne me gêne pas de rouler à travers le pays,

mais je déteste passer par le Texas, c'est un Etat impitoyable,

celui qui exécute le plus de détenus.

Au moindre truc, vous pouvez aller en prison pour longtemps.

Quand j'étais en Louisiane, il m'est arrivé

une expérience traumatisante.

Je devais avoir 11 ans quand on a traversé le pays en train.

On allait dans le Mississippi, à Vicksburg,

depuis la Californie.

Notre train était un train mixte.

C'était la ségrégation, on devait s'asseoir à l'arrière.

En attendant le train suivant,

mon frère et moi, qui étions des gamins,

on a vu une aire de jeu.

On ne savait pas qu'elle était réservée aux Blancs.

On y est allés et l'endroit s'est vidé d'un coup.

La police est arrivée, a menacé de nous arrêter,

d'appeler ma grand-mère et...

Ils ont dit qu'on n'avait pas le droit d'être là.

Je ne l'ai jamais oublié.

Après la Seconde Guerre mondiale,

les États-Unis étaient la première puissance du monde.

Le plus gros de l'or mondial était à Fort Knox.

On était des nantis, les rois et les reines du monde.

Notre objectif était de refaire le monde

selon notre modèle démocratique, c'était notre mission.

Le consensus libéral reposait sur l'idée,

ce n'était qu'une idée,

que nous étions tous à peu près d'accord.

Que l'on vote pour Eisenhower ou pour Adlai Stevenson,

que l'on joue au tennis ou au golf,

nous nous rejoignons sur deux choses :

nous devons endiguer le communisme

et nous voulons vivre dans une société équitable et juste.

La mort de Kennedy est un moment symbolique

de l'Histoire américaine.

On a commencé à se demander :

"Qu'est-ce qui ne va pas dans notre société ?"

La ville s'est figée.

On avait connu des assassinats, mais bien plus tôt.

Lincoln et d'autres présidents,

mais là, c'était notre jeune président qui était abattu.

Il s'est passé la même chose le 11-Septembre.

C'était incroyable, tout s'était arrêté :

la circulation, les métros...

Je mixais le son de "Georg" au studio Ryder Sound.

On traversait la rue,

quand ma copine est arrivée en hurlant,

en larmes,

m'annonçant en pleine rue :

"Il a été tué !" On a écouté la radio et...

Ça nous attriste toujours autant.

On adorait ce type.

Il incarnait la nouveauté et croyait en la poésie.

De Dallas, Texas, la nouvelle est apparemment officielle :

le président Kennedy est mort à 13 h, heure locale,

soit à 14 h, heure de l'Est,

il y a 38 minutes.

Le vice-président Lyndon Johnson a quitté l'hôpital de Dallas.

On ignore où il s'est rendu.

Sans doute va-t-il bientôt prêter serment

et devenir ainsi le 36ème président

des États-Unis.

Il y avait un sénateur de l'Etat de New York,

Daniel Patrick Moynihan,

et une excellente journaliste et écrivain, Mary McGrory,

tous deux irlandais.

Je crois que Mary McGrory a dit à Moynihan :

"Oh, Danny, on ne rira plus jamais."

Il a répondu : "On rira à nouveau,

mais plus jamais comme des enfants."

Je crois que ce jour-là,

on a perdu notre innocence.

Je suis allé à la palissade

derrière laquelle certains avaient vu de la fumée

et j'ai observé le bâtiment du dépôt de livres scolaires

à travers les arbres

pour essayer de comprendre

comment il avait pu tirer autant de coups

avec ce fusil en particulier,

parce que j'en avais manié un comme celui-là

en faisant du tir. Le type devait être très...

Je serais surpris qu'il n'y ait eu qu'un seul tireur.

Treize témoins ont dit avoir vu de la fumée

et trente-trois ont soutenu que les tirs venaient du monticule.

Tout est dans les archives de la police de Dallas,

je vais vous les montrer.

Mais on n'a pas d'images filmées de cela.

J'avais 11 ans, je vivais à Kansas City.

J'ai commencé à étudier le sujet en 1970

et je suis venu ici en 1986.

Voilà ma première interview, de Chuck Brown.

J'ai donc un enregistrement vidéo de lui

et un autre de ce policier.

Il n'est encore jamais passé à la télé,

alors qu'il connaîtrait l'endroit où l'une des balles a touché l'herbe.

L'enquête n'en a pas tenu compte.

Je vieillis,

donc c'est pénible, avec le soleil, la chaleur.

C'est pas si mal quand il fait bon,

mais c'est difficile,

il n'y a pas de toilettes, je n'ai pas de pause.

Ça devient dur.

Dons cette affaire, il est important de comprendre

que chaque minute passée sur une théorie

n'est pas consacrée à: chercher des preuves.

Tout le monde peut proposer des théories,

tous ces gens, ici,

mais présenter des preuves, c'est plus compliqué.

Il reste peu de gens de l'époque,

tout l'espoir repose sur la divulgation des documents.

C'est l'élément majeur.

Donc il faudra patienter jusqu'en 2039.

La vérité, c'est qu'on ne sait pas.

La commission Warren

a rendu un rapport très peu convaincant

et c'est pour cette raison

qu'on a attribué à l'affaire des explications obscures :

c'était la mafia, les Cubains,

ma tante Tess ou n'importe qui.

En fait, on n'a pas la réponse.

Seulement,

L'Amérique refusait de ne pas savoir, en 1963,

en pleine guerre Froide.

N'importe qui a du mal à accepter

que quelqu'un d'aussi insignifiant

et d'aussi chétif que Lee Harvey Oswald

puisse à lui seul changer le cours du monde.

Les jeunes en ont été très affectés

et je pense que c'est en partie

ce qui a inspiré

ce qu'on appelle les années 70,

la fin des années 60.

Parce que c'était

un événement épouvantable,

qui a été rapidement suivi par les meurtres

de Martin Luther King et de Bobby Kennedy.

C'était comme si tout s'écroulait.

Les années 60 étaient festives.

Elles ont débuté avec l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy.

Trois mois plus tard,

les Beatles se produisaient dans le "Ed Sullivon Show"

et ont absolument tout chamboulé.

Culturellement, on a pris un virage à 180 degrés.

On est passés de l'immense tristesse et l'introspection

à la fête.

Ce qui a résulté de cet esprit festif,

de ce moment décisif,

c'est ce qu'on a connu dans les années 60,

tous ces groupes géniaux, le renouveau de la musique,

du cinéma, de l'art... Tout a découlé de là.

On s'était repliés sur nous-mêmes quand Kennedy a été tué,

puis les Beatles sont arrivés et boum !

La drogue était au cœur des années 60 et 70.

C'était l'époque formidable de l'élargissement de la conscience.

Le changement vient de là,

de ce que voyaient ceux qui prenaient du LSD.

Ça vous ouvrait vraiment l'esprit.

C'était une part très importante des années 60

et ça a transformé la musique.

Ceux qui prenaient du LSD ou du cannabis

écrivaient des chansons qu'on n'avait jamais entendues avant.

Le LSD a été fourni à certains

parle FBI,

qui cherchait à contrôler ces personnes.

C'est comme ça que Ken Kesey a écrit "Vol au-dessus d'un nid de coucou".

Il a reçu du LSD dans le cadre d'une expérience

et ce qu'il a vu était merveilleux.

Au lieu de contrôler les esprits,

ça les élargissait.

Tous ceux qui se sont mis au LSD ont vu leur esprit s'ouvrir

et ça a tout changé, tout était amour.

"Aimez vos voisins, vos plantes, vos animaux."

"On est tous doués de sensations." "On ne fait qu'un."

Le bouddhisme est arrivé, le mouvement Hare Krishna,

la spiritualité...

Tout ça s'est produit grâce au LSD. Et aux champignons.

Notre système économique peut fonctionner pour tous les Américains,

et pas seulement pour une poignée de riches spéculateurs.

Et aujourd'hui, plus que jamais, c'est le but que nous devons atteindre.

Le message que je porte devant vous est donc simple et direct :

Si je suis élu Président,

je placerai Wall Street sous contrôle,

afin qu'ils ne puissent plus détruire notre économie.

Est-ce que les gens de Wall Street m'aimeront ?

Non !

Est-ce qu'ils se décideront à respecter les règles...

si je suis élu Président ? Il y a intérêt !

On est dans l'Oregon.

Il paraît que ça se prononce "Orégon" et non "Orégonne".

Pourquoi ? Mystère. Mais c'est ce qu'on dit ici.

On se dirige vers le parc de Silver Falls.

Je n'étais pas revenu ici depuis 37 ans,

quand on a tourné le film "Survivance", en 1980.

Ça ne me rappelle rien du tout.

Vous croyez que les choses ont changé en 37 ans ?

Apparemment, oui.

Difficile d'imaginer un road-movie sur la Highway 80.

Les autoroutes sont des lignes droites,

on y roule à 110 km/h,

ça n'a aucun intérêt !

On ne s'arrête pas dans les villes ni aux feux rouges.

Sur la Route 66, par exemple, en traversant une ville,

soudain, vous pouvez croiser une fanfare avec des majorettes

ou... n'importe quoi d'autre.

Pendant votre bref passage dans la ville,

c'est comme si vous y viviez.

Vous voyez ce que voient les habitants,

alors que sur l'autoroute,

c'est presque comme si vous la survoliez en avion.

Vous la loupez. Vous loupez tout.

Les années 60-70 ont été très intéressantes, très politisées.

On est passés

des années 50, très conservatrices,

aux hippies pacifiques des années 60-70.

L'ironie de la chose,

c'est qu'à l'époque, la gauche s'opposait à la guerre du Vietnam.

Elle était contre un Etat fort et directif,

alors qu'aujourd'hui, c'est elle qui réclame à cor et à cri

des aides de l'Etat pour la procréation planifiée,

pour les bons d'alimentation, pour l'accueil des réfugiés

et toutes sortes de choses

contre lesquelles elle luttait il y a 40 ou 50 ans.

Aujourd'hui, en 2016,

les gens commencent à se battre pour leurs convictions,

pour leurs revendications, comme dans les années 70.

C'est comme un retour à la case départ.

Les gens se souviennent de l'attitude de Reagan.

Il embrassait le drapeau, il aimait l'Amérique.

Et Donald Trump... aussi.

Il aime notre pays et nos enfants.

Et il n'est pas raciste.

Il a le soutien d'Afro-Américains parmi les plus dévoués à leur cause.

Il a le soutien de Don King, bon sang !

Il n'a été traité de raciste

qu'après s'être attaqué à l'establishment démocrate.

J'ai une amie,

que je connais depuis l'âge de 12 ans environ,

qui est mormone et femme de marin,

mais elle est de gauche.

Donc on se dispute beaucoup, depuis des années.

En général, quand les élections approchent,

on évite de se parler pendant 6 à 8 mois.

Quand s'est-on montrés plus forts à la frontière que le Mexique ?

Ils se moquent de nous, de notre stupidité.

Et maintenant, ils nous battent sur le plan économique.

Ce ne sont pas nos amis...

Ceux qui sont sortis des années 60 adeptes de la théorie du complot,

pensant que le système est truqué, qu'il faut l'éradiquer,

sont déçus.

Certains se complaisent dans le nihilisme.

Les gens disent de Trump : "Il va faire bouger les choses !"

C'était ce qu'on voulait aussi, dans les années 60.

Mois je préférerais qu'il ne les fasse pas trop bouger !

Trump est un affreux personnage.

C'est un abruti. Pour ne pas dire un connard.

Et en plus, sa politique est désastreuse.

Certaines personnes disent :

"C'est un abruti, et alors ? J'en connais plein."

Mais le plus inquiétant, c'est sa politique concrète

qui depuis le...

Ses positions très dures sur l'immigration,

ses propositions ridicules

et le fait qu'il détienne les codes nucléaires.

Avec un peu de chance, il ne s'en souviendra pas,

parce qu'il doit y avoir 6 ou 7 chiffres !

La proposition du président Johnson

d'interdire toute discrimination pour tous types de logement

était vouée au rejet, ce que personne n'ignorait ou Congrès.

La commission judiciaire de la Chambre a trouvé un compromis,

non sans peine.

Le comique Lenny Bruce est mort à Los Angeles aujourd'hui.

Il aurait succombé à une overdose de stupéfiants.

Il avait 42 ans.

Martin Luther King n'annulera pas la manifestation prévue dimanche

pour l'égalité face au logement à Cicero, près de Chicago,

malgré la demande du shérif du comté de Cook, Richard Ogleby.

La police de Cicero compte faire appel à la Garde nationale,

si elle devait avoir lieu.

King, actuellement à Atlanta, sera de retour à Chicago mardi.

Chicago, où Richard Speck, accusé du meurtre de 9 infirmières,

a comparu ce jour devant un grand jury pour une éventuelle inculpation.

Ses victimes ont été retrouvées chez elles, poignardées et étranglées.

Atmosphère tendue à Washington aujourd'hui,

tandis que la Commission des activités antiaméricaines

poursuit ses investigations

sur les manifestations contre la guerre du Vietnam.

Des manifestants ont été expulsés des auditions

alors qu'ils scandaient des slogans antiguerre.

L'ancien vice-président Richard Nixon a déclaré

qu'à moins d'accroître fortement l'effort de guerre au Vietnam,

les États-Unis devaient s'attendre à un prolongement du conflit de 5 ans.

Lors d'un discours à New York,

à la convention des vétérans des guerres à l'étranger,

il a affirmé que l'opposition à la guerre dans ce pays

était l'arme la plus redoutable contre les États-Unis.

C'était l'édition de 19 h. Bonsoir.

J'appartiens à une génération

qui avait une approche bien particulière,

tournant autour de l'idée

de se projeter au-delà d'une vision limitée.

Quelle doit être ma place dans ce monde ?

Qui suis-je ? Qu'est-ce que je défends ?

Quelle conception politique...

Quel est mon rapport à l'idéologie ?

Un rapport qui évolue constamment.

Ce sont des questionnements propres aux années 60, selon moi.

Ils ne sont pas uniques en eux-mêmes, bien sûr,

mais sont propres aux années 60 aux États-Unis

et sont redevenus pertinents.

Mais je ne suis pas sûr qu'on se pose ces questions aujourd'hui.

Quand j'étais petit,

il n'était pas rare d'avoir un voisin qui passe la nuit debout,

armé d'une pelle.

Mais qu'est-ce qu'il fout à creuser ?

Il creusait un abri.

Tout le monde le faisait, dans tout le pays.

Les gens étaient prêts à vivre comme des rongeurs, sous terre,

au cas où il y aurait une bombe.

Voila avec quoi nous avons grandi.

Nous avons grandi dans la peur de l'Union soviétique,

à se demander qui attaquerait le premier,

la peur des missiles cubains.

Je pense que ceux d'entre nous qui ont grandi dans les années 60-70

ont vécu à une époque de prise de conscience,

avec les droits civiques, le mouvement de libération des femmes

et les guerres très impopulaires.

Tout ça s'est mis à bouillonner et a fini par déborder.

C'était une époque très fertile, il se passait des choses.

L'Amérique était endormie dans les années 50.

On pense aux années 50 avec nostalgie.

On imagine des gamins en pyjama devant la radio au la télé,

regardant "Davy Crockett" et le "Mickey Mouse club".

Mais on oublie les morsures des chiens policiers.

On oublie le maccarthysme et la liste noire.

Pour moi, les années 50 ont été une période abominable.

Et je lui ai demandé où il allait

Voilà ce qu'il m'a répondu :

Je vais à la ferme de Yasgur

Pour jouer avec un groupe de rock.

Il m'a dit : "Faites évacuer le champ pour qu'on puisse..."

Écoutez.

On s'est regardés et on a dit :

"Vous voulez un bon film ou un mauvais film ?"

Au bout de 10-15 minutes de discussion,

il est revenu en annonçant: "On va rendre le festival..."

Gratuit !

Et c'est ce qu'ils ont fait.

Ce type-là fait un trip à l'acide.

On s'occupait de tous ceux qui étaient dans son cas.

Tout le monde était bienveillant, prenait soin de chacun,

tout le monde préparait à manger...

C'était un événement fabuleux,

comme on n'en a plus jamais connu.

On est devenus la "génération Woodstock".

J'ai pu prendre en photo ce qui se passait autour de moi.

Au lieu de dire : "J'aimerais vous photographier",

je prenais la photo.

Et j'ai obtenu beaucoup de photos intimes,

des photos intimes en gros plan.

Il existe beaucoup de photos de Bob Dylan,

des photos magnifiques,

mais moi, je l'ai photographié à un jeune âge.

J'ai eu de la chance,

j'étais l'une des rares photographes sur place

et la musique engagée était un genre nouveau.

Tout ça était nouveau.

C'est le festival de Monterey qui m'a inspiré

pour Miami Pop et Woodstock.

C'était la 1ère exposition médiatique pour beaucoup de groupes.

C'était fantastique d'imaginer les réunir tous.

L'idée semblait géniale. C'est ce qui m'a motivé.

Si le Festival de Woodstock est resté dans nos mémoires,

c'est parce qu'il est devenu un moment d'espoir pour le monde.

En cette période très sombre, il y a eu cette espèce

de trêve, en quelque sorte.

Tout le monde s'est rassemblé, a lâché prise,

pour former cette famille.

L'évènement a rencontré un écho de par le monde,

parce que c'était un rassemblement pacifique

au milieu de tout ce chaos politique.

Je crois qu'il véhicule toujours

ce sentiment d'espoir pour notre planète et pour l'humanité.

Et je crois que ça parle aux jeunes d'aujourd'hui.

Le mouvement en faveur de Bernie Sanders

exprime un retour de la contestation sociale

chez les jeunes.

Espérons que ça ne disparaîtra pas puisqu'il ne sera pas notre président.

Les membres d'une soi-disant secte religieuse

qui appelle son chef Jésus,

ont vu 3 de ses adeptes arrêtés

dans le cadre d'une enquête sur le meurtre de Sharon Tate

et de 6 autres personnes.

C'était un drame épouvantable,

totalement sans fondement et gratuit.

Je pense que ça a marqué le cinéma,

incontestablement.

Le côté sombre est devenu de plus en plus flagrant

et les films des années 70, encore plus noirs,

que ce soient "Le Parrain", "John McCabe" ou même "M.A.S.H.".

Ils avaient une noirceur cachée.

Ce n'était pas une période joyeuse.

C'était une époque très déroutante, sombre et compliquée.

Et l'innocence de notre génération a disparu à ce moment-là.

Le Festival Burning Man est une fabuleuse reconstitution,

mais il ne produit pas grand-chose,

à part un sentiment d'appartenance, ce qui est important,

mais il ne provoque aucun changement.

Ce n'est pas le moment de faire l'idiot,

de se déguiser

avec un vieil uniforme de la guerre de Sécession

et un drôle de chapeau,

et de jouer de la musique électronique

en ayant l'impression d'agir,

parce qu'aujourd'hui, on a besoin de sauver le monde.

C'était l'âge d'or dans tous les domaines.

D'abord, on avait des dirigeants dans le monde

en qui on avait confiance.

Et puis on pouvait prendre des risques et créer.

Dans les années 60-70...

Les années 70, c'était le cinéma.

Les années 60, c'était l'âge d'or de la publicité,

l'âge d'or de la mode, qui évoluait à grands pas.

Et la révolution en Angleterre a joué un rôle important.

On a vu des gens

issus de milieux populaires

s'emparer de choses qui, jusque-là, étaient réservées aux bourgeois.

Je suis new-yorkais, j'y suis né, j'y ai toujours vécu,

donc quand je sors dans la rue, la ville m'appartient.

J'ai commencé avec "Panique à Needle Park".

Quand on a tourné, le quartier n'avait pas encore subi la gentrification,

mais il avait déjà changé,

puisqu'après l'article de "Life Magazine",

ils ont voulu éradiquer la drogue

dans Manhattan.

Needle Park était le seul lieu où trouver de la drogue à Manhattan

sans avoir à monter jusqu'à Harlem.

C'est ce qui l'a rendu si populaire.

Le quartier n'est pas devenu

un beau quartier chic.

Même les bancs sont tout neufs ici,

mais ça n'a pas beaucoup changé.

Certains personnages passaient leur temps assis ici,

tout le long, là... mes compagnons.

J'ai la nostalgie de ce quartier.

Mais je le vois si souvent que j'ai oublié dans quel état il était.

Je déjeune parfois là-bas avec Al Pacino, au Café Luxembourg.

Ce n'est pas là qu'on déjeunait pendant le tournage, mais...

On n'en a pas vraiment conscience au moment où ça se passe.

Je ne me suis pas dit : "Tout est en train de changer,

c'est la fin du vieil Hollywood,

on prend la relève."

Je me suis quand même demandé à un moment donné :

"Pourquoi moi, je travaille et pas John Ford ?"

C'est vrai, son dernier film est sorti en 1966,

"Frontière chinoise".

Pourquoi ne travaillait-il pas

alors que moi, si ?

Ça a été mon seul commentaire à l'époque

à propos du changement.

Les sujets de préoccupation politiques

ont été le moteur de notre action :

le mouvement pour les droits civiques,

les guerres, en particulier celle du Vietnam,

et je dirais, surtout,

une espèce d'insatisfaction,

une espèce de peur de l'oppression.

Les films que produisait la BBS

n'avaient pas un message évident.

Au lieu de raconter l'histoire d'un type persécuté par la police,

racontons plutôt l'histoire des exclus,

des gens dans ce pays qui se sentent déracinés,

qui ne sont pas sereins,

qui doivent sans cesse se déplacer

pour trouver une forme quelconque de satisfaction.

C'était l'âge d'or, entre 1968 et 1975,

une période grandiose pour le cinéma américain.

Je pense qu'il y a un tas de films

qui ont beaucoup marqué la génération 68,

les tenants de la contre-culture et les radicaux,

mais qui n'ont pas forcément touché juste.

Beaucoup de ces films ne portent pas un regard

sur les années 60 ou 70 en elles-mêmes,

mais traitent leur sujet à l'aune de cette mentalité,

à travers le prisme des valeurs de la contre-culture, à savoir :

le mal, c'est bien,

le bien, c'est mal,

ce qui est classique est mauvais, ce qui est original est ban.

Voilà les valeurs auxquelles nous croyions.

Le premier film que j'ai réalisé, "Bone",

traitait du racisme aux États-Unis.

Aujourd'hui, des années plus tard, il y a toujours

des émeutes, des voitures de police brûlées,

des magasins pillés,

des quartiers incendiés.

Puis j'ai tourné "Black Caesar"

sur la corruption policière

et l'exploitation de la communauté noire,

des thèmes souvent traités aujourd'hui.

Les médias parlent tous les jours de policiers inculpés

et emprisonnés pour avoir abattu des Noirs non armés,

en fuite ou levant les mains en signe de reddition.

Il semble donc que ces thèmes, très importants à l'époque,

le soient toujours aujourd'hui.

Dans les années 50-60, ce quartier était très prisé.

Un banquier noir vivait ici.

Il a créé ici l'une des premières banques pour les Noirs.

On avait aussi un journaliste sportif très connu qui vivait là.

La première fois que j'ai vu Mohammed Ali,

il est arrivé en voiture avec tout un groupe,

avant d'entrer dans cette maison-là.

Donc c'est un quartier assez connu dans la classe moyenne noire.

- Pourquoi venez-vous chez moi ? - J'ai une question à vous poser.

D'accord.

Il y avait un monsieur qui habitait là, Tom...

- Penick. - Oui.

On avait tourné un film là-bas, et un certain Friedman vivait ici...

- Vous êtes ? - Charles Burnett.

- Oui. - Je vois.

- On a tourné un film là-bas. - Un instant.

Je ne sais pas si vous vous en souvenez.

"My Brother's Wedding".

On tournait là-bas.

- Et vous êtes toujours là. - Oui. Mon mari est...

Dites-lui... Il est toujours là ?

- Il habite ici, mais il est absent. - Dites-lui...

On ne voulait pas vous interrompre.

Saluez-le pour moi. Ce serait super qu'il s'en souvienne.

Entendu. Ça m'a fait plaisir. Je lui dirai.

- Il paraît que Doug ne va pas bien. - Pardon ?

Ça ne va pas fort pour eux, je crois.

- Doug ? - Doug et Tom.

Tom, c'est ça ?

- Il est mort. - Récemment ?

- Oui, il y a environ... - Deux mois ?

Oui. Il était dans le Nord, un train l'a percuté.

- Tom... - Tom Penick.

C'est pas vrai !

Si, il a... Il avait des problèmes.

Je sais.

Ça s'est aggravé et... Il était à Turlock...

Et il a vu ce train et...

et il a foncé dedans.

- Il n'était pas en moto ? - Non, à pied.

Mon Dieu.

Oui. C'était un peu prévisible, mais pas de cette façon-là.

Il était dans un tel état...

Et avec les flics qui tirent sur les gens...

Et puis il s'était disputé dans un bureau de poste.

Je lui ai dit : "Tom, tu ne peux pas faire ça !"

l'époque de la Blaxploitation, ça voulait dire quoi exactement ?

Qui se faisait exploiter ?

Le public noir était content, il avait désormais ses héros.

Les Noirs gagnaient les combats.

Et ils se faisaient plus d'argent que jamais.

Alors qui se faisait exploiter ?

Si mon film appartient à la Blaxploitation,

alors ceux de Clint Eastwood, de Charles Bronson, etc.

Sont des films sur l'exploitation des Blancs.

Bonjour.

C'est un plaisir de vous voir.

C'est gentil de venir bavarder avec moi.

Vous permettez que j'allume mon cigare ?

Sans son cigare, The Hammer n'est pas vraiment The Hammer.

C'est indispensable.

C'est comme si je suçais mon pouce.

Il me faut quelque chose à sucer.

Vous remarquerez que mes cigares sont longs et fins, comme moi.

Je ne fume pas de gros cigares épais !

La clé, en matière de racisme, c'est l'argent.

Si chacun peut faire gagner de l'argent à l'autre,

on pourra s'entendre.

Quelle que soit votre couleur de peau,

les dollars sont toujours verts aux Etats-Unis.

Si on s'entend financièrement,

pas besoin de s'inviter chez l'un ou chez l'autre,

mais on fera comme si on était les meilleurs amis du monde.

Si chacun gagne bien sa vie grâce à l'autre, tout ira bien.

Trump est un type qui dit ce qu'il pense,

et ce n'est pas toujours politiquement correct.

C'est le genre de chose qu'on dirait à quelqu'un,

assis devant une cheminée, en fumant un cigare :

"Un tel est vraiment un abruti."

Un homme politique ne peut pas dire ça,

mais Trump le dit, lui.

Et c'est vrai qu'on prend des décisions idiotes.

Dans l'arène politique notamment, ils en font, des idioties.

Par exemple, ils vont proposer un marché à quelqu'un dans la rue.

La personne répond :

"C'est intéressant, mais quel est l'intérêt pour vous ?"

S'ils ne peuvent pas répondre, c'est que c'est un accord idiot.

Ce n'est pas juste un slogan de campagne,

c'est un principe fondamental

du pays que nous connaissons et que nous continuons à bâtir.

Un pays dont l'économie profite à tous,

et pas seulement aux plus riches.

Un pays où vous pouvez trouver un bon métier

et envoyer vos enfants dans de bonnes écoles,

quel que soit l'endroit où vous vivez.

Un pays où vos enfants peuvent rêver...

On a roulé depuis Phoenix, Arizona jusqu'en Caroline du Nord,

avec le but de parcourir toute la route paysagère

du Sud au Nord,

pour finir à Winchester, en Virginie, où j'ai grandi.

Quand on fait de la route comme ça,

de retour chez soi, on n'a plus la notion du temps.

C'est libérateur : pas de centres commerciaux

ni de restaurants de chaîne.

Les commodités apportées par l'autoroute

ont uniformisé les lieux.

Ici, ce n'est pas pareil.

Chaque endroit est différent, avec sa propre atmosphère,

sa propre ambiance, sa particularité

dont il faut s'imprégner pour la comprendre vraiment.

Il faut prendre la route et s'en imprégner

pour la comprendre ou pour essayer, du moins.

Combien d'hommes avez-vous rasés

dans votre vie ?

Vous êtes le deuxième !

Et c'est peut-être votre dernière fois.

Qu'est devenu le premier client ?

Vous ne trouverez peut-être pas d'autre barbier.

Je suis arrivé ici, à Seligman, en 1927,

à ma naissance, le 19 avril 1927.

C'était sur l'ancienne Route 66.

Le tracé actuel date de 1933.

La création de la Route 66 m'a accompagné toute ma vie.

Et maintenant, le massage.

Vous pouvez parler, maintenant.

Fantastique.

Voilà un homme détendu !

C'est ce qu'il faut.

C'est comme ça qu'on faisait, dans les années 60-70.

Comme ça...

Comme ça.

Très bien, jeune homme !

Souriez.

- J'ai rajeuni. - Tout à fait.

Je me souviens du jour où Seligman a été contournée,

le 22 septembre 1978.

D'après les statistiques,

9000 voitures empruntaient la Route 66.

C'était considérable, pour moi.

Et puis soudain, tout a disparu.

Quand on a créé l'association

et qu'on a demandé l'aide de l'Etat de l’Arizona,

j'ai commencé à me dire que nous, le peuple,

avions le pouvoir.

Nous, le peuple, avons le pouvoir.

En s'unissant,

en travaillant ensemble,

on peut devenir très forts.

Et cette Route 66

existe en grande partie grâce à nous, le peuple.

C'est nous qui avons réussi.

Nous avons fait revivre la Route 66,

après la construction des autoroutes par l'Etat fédéral.

Ils l'ont abandonnée, déclassée, en octobre 1985

et ont annoncé au monde entier : "La Route 66 n'existe plus."

Mais nous, le peuple, l'avons fait renaître.

Ce n'est ni le gouverneur qui a convoqué une réunion,

ni l'assemblée de l'Etat de l'Arizona,

ni un membre du Congrès, ni un avocat,

ni un brillant professeur d'Histoire.

C'était vous et moi. Nous, le peuple.

Nous, le peuple !

Et ce sont les fondements mêmes de ce pays :

"le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple."

Ce que je ressens,

c'est que les gens en ont assez de leur rythme de vie effréné

et qu'ils aimeraient revenir aux années 60,

aux années 70.

On venait d'avoir la télévision, dans les années 60

ou dans ces eaux-là.

La vie était beaucoup plus simple dans les années 60-70.

Vraiment beaucoup plus simple.

Et nous,

nous préservons quelque chose que le monde entier

semble considérer comme très important.

Pourquoi ? Parce que c'est l'Amérique d'hier.

Aujourd'hui, on assiste au nouvel âge d'or de la Route 66.

Des gens viennent du monde entier pour découvrir

comment on vivait ici, dans les années 60-70,

dans cette petite ville tranquille.

Et voilà.

- Le numéro 2. - Le numéro 2 ?

Oui.

- Il est où ? - Tu vois la chaîne numéro 2 ?

Bonjour !

Je m'appelle Walt Kremin.

J'habite à Gold Point, Nevada,

à environ 320 km au nord de Las Vegas.

C'est une ville-fantôme qui compte environ

dix habitants, en moyenne.

On est loin de tout,

donc on doit apprendre à se débrouiller seuls.

C'est un lieu de vie fantastique.

Je ne me suis jamais marié, donc j'ai dû apprendre

à apprécier ce mode de vie, et je l'apprécie.

J'ai choisi de vivre comme ça

pour le restant de mes jours.

Il y a une atmosphère qui permet d'être autonome

et de faire les choses comme il nous plaît,

sans recevoir d'instructions de la part de l'Etat.

Les bons souvenirs que je garde des années 60-70,

c'est que la vie était simple.

On pouvait vivre sa vie

sans craindre trop de répression de l'Etat.

Or, la répression est encore très forte aujourd'hui.

Et ça dure, et c'est de pire en pire.

Dès que l'Etat intervient dans nos vies, nos libertés diminuent.

Et c'est ça, l'enjeu : la liberté. C'est pour ça que je suis ici.

Les idéaux de ce pays se fondent sur une constitution,

qui est une ligne directrice.

Et elle est très bien.

Elle a donné aux gens

des principes à suivre grâce auxquels on a...

- c'est comme la religion,

un but qui peut nous servir à...

Prenons le deuxième amendement.

À l'époque, ils faisaient les choses simplement.

Vingt-sept mots suffisent à exprimer

que j'ai le droit de me défendre.

C'est le deuxième amendement, sur les armes.

Je ne suis pas obligé de faire appel à un avocat

pour vérifier que j'ai bien compris ce que j'ai lu,

le message qui m'est adressé.

Il faudrait que tout soit comme ça,

que monsieur Tout-Le-Monde

puisse comprendre sans avoir besoin des explications

d'un avocat, par exemple.

Donc cette constitution est une bonne chose.

Elle a été rédigée pour être comprise par les gens simples.

C'est une ligne directrice dont les gens peuvent se servir

pour mener leur vie, c'est tout.

Ça a été fait très simplement.

Le revolver reste dans l'étui.

Il n'est pas là pour intimider qui que ce soit,

mais pour faire comprendre

que je suis capable d'assurer ma sécurité.

Si je le dégaine, c'est que je compte m'en servir.

C'est pour ça qu'il reste dans l'étui.

Il ne sert pas à intimider quiconque, ni vous ni personne.

C'est l'un des films les plus importants

qui aient été tournés à Goldfield.

Ceux qui vivent dans cette communauté depuis longtemps

s'en souviennent encore très bien.

J'ai échangé des e-mails

avec un habitant de l'ex-Allemagne de l'Est.

Je lui ai demandé pourquoi "Point limite zéro"

avait connu un tel succès

dans son pays natal.

Il a répondu qu'à l'époque,

les gens en avaient ras le bol du système

et que le film leur rendait le pouvoir.

Bonjour, Goldfield !

Vous écoutez Carl Brownfield sur KGFN.

Depuis le centre de Goldfield, Nevada,

où je regarde à travers ma vitre rutilante

les vitres sales de l'hôtel.

Est-ce que je vois quelque chose ? Que dalle !

Mais c'est pas grave.

Poursuivons avec...

un morceau de Richard Elloyan.

Cette ville est réelle,

complètement réelle.

Elle est vivante, elle respire

et la nature l'a gâtée de dons inouïs.

Je suis traditionnellement de droite.

Autrement dit, si vous votez pour Hillary

et si je servais à nouveau dans la marine,

je ne me battrais pas pour vous, parce que vous ne le méritez pas.

Si vous votez pour Trump, vous serez protégés comme il se doit.

On sait pas pour combien de temps,

mais au moins, on sera protégés.

Vous comprenez, vous suivez l'actualité.

Il tiendra pas toutes ses promesses, soyons réalistes.

Il pourra pas renvoyer 11 millions de gens.

Ils sont venus ici, ils ont bossé dur, c'est vrai.

Quelle est la différence

entre un clandestin qui commet une infraction

et quelqu'un qui ne paye pas son parking ?

Les deux devraient payer une amende, mais il n'y en a qu'un qui paye.

Pourquoi on ne fait pas payer le clandestin ?

Si les politiques étaient honnêtes...

Faut pas rêver.

Au début, ils sont comme nous, ils ne sont pas spécialement riches.

Et quatre ans plus tard,

ils s'en vont avec six millions sur leur compte.

Comment c'est possible ? Il y a un problème.

A leur arrivée, ils sont comme vous et moi

et à la sortie, ils en ont plein les poches.

Il y a quelque chose qui cloche.

Rien n'a changé, Sharon.

Les autres présidents ? Me parlez pas de Clinton.

Il a perverti notre nation sous les yeux de nos enfants.

Les Bush, ça allait,

mais ils buvaient et ils se gavaient d'argent du pétrole.

Ça te fait marrer ?

Et quand on remonte l'Histoire, il n'y en a pas beaucoup qui...

Nixon, ma mère habitait juste en face de chez lui.

On connaissait les Nixon.

Il est bête, c'est tout.

Il a marché dans la merde et s'est pas débarrassé de l'odeur.

Au bout du compte, tous avaient des bannes raisons et une logique,

mais combien ont rendu le pays meilleur ?

Pas tant que ça, sept peut-être.

Avec la Seconde Guerre, on était au summum.

On ne connaîtra plus jamais ça.

La 1ère Guerre, c'était une blague.

Sept ou huit millions de morts pour rien. Du gâchis.

En France, vous avez eu votre compte.

Aujourd'hui encore, vous devez vous protéger contre Daesh.

Vous avez la frousse.

Vous ne savez pas quoi faire d'une gamine voilée.

Vous attendez quoi pour la renvoyer chez elle ?

Je veux la voir reconduite à la frontière.

J'ai une sœur jumelle. Elle est musulmane.

Je l'adore. On travaille ensemble.

C'est quelqu'un de formidable.

Même avec R.G., elle s'entend bien.

Que les choses soient claires, on passe de bons moments avec eux.

Ils connaissent notre position,

mais ils savent qu'on ne leur fera pas de mal.

On tentera de voir si on peut les convertir.

Il n'y a pas de mal à ça, eux aussi veulent me convertir.

Vous aussi, vous cherchez à me convertir pour que je vous aide.

Je le ferai, mais ce sera dur, il y a du pain sur la planche.

Ils savent qu'on est bien intentionnés et qu'on défend l'Amérique.

Je suis américain.

Tous ces gens avec leurs problèmes, ils s'installent ici et disent :

"On est américains. On compte, tous autant qu'on est."

Les étrangers comptent, mais on doit être prudents,

parce qu'on se dirige vers des temps dangereux.

On n'avait pas à s'en soucier jusque-là.

L'objectif de ma campagne, c'est d'en finir...

les inégalités absurdes de revenus et de richesse

qui existent aujourd'hui en Amérique.

Quand j'ai débuté dans le cinéma,

les films à succès étaient "Jésus-Christ Superstar",

"Point limite zéro",

"Un Justicier dans la ville" avec Charles Bronson,

entre autres.

Et à la fin de ma carrière, c'était l'époque de la sortie

de "Star Wars ll".

A mes débuts, un petit exploitant pouvait acheter des films.

On payait un montant forfaitaire,

qui pouvait être de 250 dollars pour un film.

Et l'exploitant encaissait intégralement sa recette.

Quand j'ai arrêté,

et c'est pour cette raison que j'ai arrêté, en 1985,

en moyenne, la location d'un film

représentait près de 60 % de ma recette,

systématiquement.

C'est devenu de plus en plus difficile

pour une petite ville ou un marché restreint.

Ils nous ont progressivement exclus du jeu.

Les petits exploitants indépendants comme moi

ont été obligés de programmer d'autres films du distributeur,

des films de mauvaise qualité.

En d'autres mots : "Pour pouvoir jouer "Star Wars",

vous devez être notre client

et programmer au moins 3 films de cette liste de 5

avant d'avoir "Star Wars"."

C'est illégal, ici, c'est une violation de la loi antitrust.

Ce morceau s'intitule "An Irish Theme".

A mon retour du Vietnam, mes voisins...

J'ai acheté une maison

dans une petite ville à la périphérie de Minneapolis.

Un de mes voisins s'est planté devant chez lui

et m'a traité de tueur de bébés.

Voilà ce qu'étaient les années 60.

Et je ne crois pas

que j'aimerais retourner à cette époque.

Il y a eu Kent State. Le pays tout entier était divisé.

Bonjour, je suis Helmut Fitzer Conan.

J'ai servi au Vietnam de 1968 à 69.

Je suis parti avec la 7ème escadrille du 17ème régiment aéroporté,

à bord d'un navire de transport de troupes.

Mon unité a été transférée de Fort Knox à Xuyen,

près de...

dans le Sud du Vietnam.

Je ne suis pas resté longtemps avec mes camarades,

parce qu'on faisait tourner les nouveaux,

on les changeait d'unité.

J'ai donc été transféré deux fois,

d'abord à Kon Tum, près de Pleiku,

où j'ai servi dans la 57ème compagnie d'hélicoptères d'assaut

en tant que chef d'équipage d'un Slick,

qui sert au transport de troupes.

Et à cette époque,

je suis certain qu'on a vu

des hélicoptères ou des C-23 épandre de l'agent orange.

Les effets résiduels

ont eu des conséquences sur mes trois enfants.

Ma fille cadette est décédée.

Personne n'a pu identifier la cause de sa mort.

A l'époque, ils n'ont pas réussi à la déterminer.

Ça a été très dur pour ma femme et moi de perdre une enfant comme ça.

Merci beaucoup.

Quelqu'un veut-il parler de sa famille ou de son expérience ?

Mon plus jeune fils...

J'ai trois garçons.

Le plus jeune

est né avec un handicap mental.

Et en plus de ça,

il avait aussi des malformations congénitales.

J'ai appris que ses malformations

faisaient partie de la liste des malformations congénitales,

c'est-à-dire présentes à la naissance.

Il lui manquait des os et des doigts de la main.

Sa jambe, sa hanche, sa cheville et son pied étaient déformés.

Que l'on se déclare croyant ou non,

ou que l'on ne croie qu'en soi,

je suis persuadé que tout le monde pense, d'une manière ou d'une autre,

que Dieu l'observe.

Un dieu, une entité, quelque chose nous observe.

Au Vietnam, je me souviens avoir ressenti

que j'étais de l'autre côté du monde

et que Dieu ne pouvait pas nous voir,

que seules les lois de la physique nous gouvernaient.

Rien ne pouvait tourner rond, tout n'était que folie.

Je m'appelle Jess Gomez.

Je suis né ici, en Californie.

Je me trouve

dans une résidence pour vétérans.

Je crois qu'elle est réservée aux vétérans du Vietnam.

J'en suis un.

J'ai servi au Vietnam en 1965.

Pendant un an.

Et nous assistons à un séminaire,

une journée de séminaire sur l'agent orange.

C'est un produit défoliant utilisé pendant la guerre du Vietnam.

Les chaînes de télé, nationales et locales,

voulaient des images de personnes frôlant la mort.

C'était ce qui marchait.

Si on pouvait montrer des explosions, c'était bien vu.

J'ai failli mourir dans plusieurs explosions,

donc ils étaient contents.

Pour définir les télés locales aujourd'hui,

il y a une phrase qui dit : "Avec du sang, on fait un carton."

Rien n'a changé.

Un grand nombre de jeunes hommes mouraient là-bas.

Et il y avait beaucoup...

Comment dire ça ?

Il y avait un conflit au sein de la société américaine,

car les privilégiés qui faisaient des études

pouvaient se faire exempter.

Les enfants des classes moyenne et moyenne supérieure

pouvaient y échapper,

mais les ouvriers et les minorités, qui étaient pauvres,

n'avaient pas cette possibilité et étaient envoyés là-bas.

Ça créait beaucoup de colère au sein de la société.

Je m'appelle Jerry Yamamoto.

Je suis né à Rohwer, Arkansas,

dans un camp d'internement du gouvernement américain

pour les Japonais-Américains durant la Seconde Guerre mondiale.

Vous avez vu ces camps, non ?

À l'armée, j'ai travaillé dans l'unité psychiatrique

d'un hôpital militaire du Sud-Est des États-Unis,

le centre de formation spécialisé de l'hôpital Fort Gordon.

Ce que ces hommes avaient vécu avait engendré de réels PTSD,

des troubles de stress post-traumatique.

Ils disaient qu'ils ne voulaient pas le revivre.

Leur expérience était très douloureuse.

Ils ne voulaient donc pas la confier à une personne lambda.

Quand on leur demande d'intervenir devant des écoliers,

la 1ère question qu'on leur pose est :

"Combien de gens vous avez tués ?"

Au début, quand on est partis, tout le monde était

favorable à la guerre pour combattre le communisme, etc.

Et puis...

Mais je ne savais pas qu'il y avait des protestations.

On allait risquer notre vie et ils manifestaient contre nous ?

On m'a mis dans un avion pour le Sud du Vietnam.

Sur place, j'ai fait mon devoir et je suis rentré.

Et de retour au pays, se faire traiter de tueur de bébés

et se faire cracher dessus...

C'était...

Pardon.

Ma santé mentale,

si j'en avais une,

était détruite après ça.

C'était simplement...

J'ai pété un plomb, c'était trop pour moi.

"Blue Sunshine" a eu tellement d'interprétations.

Chacun y voit ce qu'il veut.

Pour moi, c'était une satire de ma génération.

Si je devais expliquer ce film,

je dirais que j'ai satirisé l'hypocrisie,

la naïveté du principe de Pollyanna cher aux hippies.

Certains disent que c'est un film contre la drogue.

Je n'ai jamais été contre la drogue !

Donc c'est impossible.

Prenez Bill Clinton.

Il a réussi à éviter le Vietnam

et a dit : "J'ai fumé de l'herbe, mais sans avaler."

Donc c'est un mec qui a fumé et un imposteur.

Et ensuite,

il est devenu président.

J'ai fait le film bien avant ça, mais je l'avais vu venir.

Je me suis interrogé sur l'avenir de notre génération.

On ne peut pas gagner de l'argent en traînant à Woodstock,

à moins d'en être le promoteur comme Michael Lang.

Et il n'a pas gagné d'argent.

Que va-t-il se passer quand la fête sera finie ?

On va croquer à pleines dents dans tout ce qu'on critiquait ?

Ce qu'il reste de tout ça,

ce sont des vieux standards à la radio.

Payer 1000 dollars pour être au 1er rang d'un concert des Stones,

voilà ce qu'il en reste, d'après moi.

Mais le mode de vie des gens,

il est complètement...

On peut penser que c'est la maturité ou de l'hypocrisie.

Mais s'il s'agit de la maturité,

elle les a fait devenir ce qu'ils combattaient.

Ils combattaient ce qui est devenu conventionnel pour eux.

La gronde ironie que j'observe dans la politique actuelle,

c'est que la génération des baby-boomers les plus instruits

soutient l'establishment, sans même s'en rendre compte.

Obama, c'est l'establishment.

Réveillez-vous, c'est ce qu'on appelait l'establishment.

Et aujourd'hui, vous voulez l'establishment.

Ils contrôlent les capitaux...

Je ne juge pas, je souligne simplement le gâchis.

C'est d'une telle hypocrisie.

Soyez au moins conscients de la situation.

J'étais à la marche pour les droits civiques à Washington,

j'ai participé à tous les grands événements,

au premier Jour de la Terre,

à la première manifestation pour la libération de la femme,

en 1971, je crois,

à la première tournée des Beatles aux États-Unis.

Le dénominateur commun...

Je vais vous révéler un petit secret.

Tous ces événements de masse,

les sit-in, Woodstock...

auxquels j'ai participé,

avaient un dénominateur commun :

la plupart y allait pour emballer.

Voilà la vérité !

La cause était secondaire, mais on ne le dit jamais.

On allait, par exemple, à la marche pour les droits civiques,

qui rassemblait des gens de tout le pays,

on y rencontrait une fille : "Tu dors où ce soir ?"

- "Dans le sous-sol d'une église. - Oh, moi aussi."

Et tous les deux, on criait: "Non à la guerre !"

À peine bonjour et déjà la promesse de finir dans son lit.

Ça fait partie de mes premières expériences.

Pourquoi j'y allais ?

Je n'aimais pas les Beatles, j'étais fan des Stones,

mais qui allait être au concert ?

Des filles.

Qui hurlent !

Je préférais cet endroit quand ça craignait.

Maintenant, il y a Snapchat, Google... et tout est hors de prix.

Le quartier s'est embourgeoisé et il y a vraiment trop de monde.

Dans les bâtiments avec des graffiti là-bas,

il y avait des jeux de palets et un cinéma.

Et voilà ce qu'il reste de toute une époque.

Il ne reste pas grand-chose. Tout a changé.

Les jetées ont disparu. Il n'en reste que deux.

Donc tout a foutu le camp.

Il ne reste quasiment plus d'artistes sur la promenade.

Il n'y a plus que des merdes commerciales,

des trucs qu'ils font à la chaîne pour tous ces gens.

Les artistes et les musiciens sont tous partis.

Il n'y a plus que de la merde.

C'est une des choses qui ont changé,

les pièges à touristes ringards.

Je regarde ça comme la télé, c'est ma distraction.

Vous voulez voir un épisode de "Cops", c'est là que ça se passe !

On ne peut plus se balader la nuit sur la plage comme avant.

Ils la ferment,

parce que les Américains ont peur de tout.

Ils ont la trouille et sont prêts à accepter la loi martiale

pour se sentir en sécurité.

Quelle connerie !

Allô ?

Bonjour, John. Je ne peux pas vous parler, je suis en interview.

C'est à propos du virement ?

C'est parfait pour moi.

Très bien.

Voilà comment se terminent les années 60.

Je viens de virer de l'argent d'un compte à un outre.

Mon banquier me demandait le feu vert.

Il y avait tellement d'agitation et de colère.

Beaucoup de gens qui ne descendaient pas dans la rue

s'intéressaient à un autre groupe de gens

qu'on pourrait appeler la majorité silencieuse.

Ils l'observaient. Et que voulait-elle ?

Elle voulait la fin de la guerre au Vietnam.

Et elle voulait la paix sociale.

Richard Nixon était, selon eux,

le moyen d'y parvenir.

C'est devenu très violent, et donc effrayant.

Des gens étaient abattus, disparaissaient, étaient arrêtés.

Et ces gens-là appartenaient à la haute bourgeoisie.

Ils étaient censés être les têtes pensantes de la société.

Et les voilà qui disaient :

"Non, je ne ferai pas ça.

Je pars cultiver du maïs au Nouveau-Mexique

et assister aux rituels du peyotl."

Ces gens qu'on écoutait et qui étaient influents

ont dit : "Non, non, je ne veux plus de ça. Je m'en vais.

Je vais quelque part pour y fonder une communauté révolutionnaire

et y vivre comme si la révolution avait triomphé."

Les hippies ne pouvaient plus compter sur leurs parents

pour leur donner de l'argent.

Ils devaient s'intégrer

dans le monde dans lequel ils vivaient,

un monde dans lequel il fallait travailler

et gagner sa vie.

On a alors glissé vers une culture de spectateurs de "Star Trek"

et fumeurs d'herbe

qui tentaient de gagner leur vie.

- Ce n'est pas moi qui me faisais des illusions, c'était fini.

- Ce n'était pas fini.

Ce n'est toujours pas fini.

Tout ce qu'on disait à l'époque est toujours vrai aujourd'hui.

Et chaque jour ça empire.

- Ce n'est pas le sujet. - Si ! C'est justement le sujet, Nick !

Je ne me livrerai jamais à un système que je méprise.

Je ne m'attends pas à ce que tu comprennes.

- Ils t'ont eu, toi. - Qu'est-ce que tu racontes ?

- Un système qui protège les super riches et les super super super riches

et qui baise tous les autres, et la planète en prime !

- Mimi, s'il te plaît, arrête.

- Tous ceux qui ont fini par rentrer dans le rang

vivent aux dépens de leurs vieilles convictions.

Comme c'est triste !

Tu le comprenais, avant.

- C'est dommage que tu aies oublié. - J'aimerais l'avoir oublié.

Mais le problème, c'est que je n'arrête pas d'y penser.

Si tu arrives à l'ignorer, bravo, tu es plus forte que moi !

- Je me rendrai...

Le jour où les politiciens et les multinationales

rendront des comptes pour ce qu'ils ont fait.

Ce jour-là, je me livrerai.

Ce n'était pas un rêve.

C'était une possibilité

qui aurait pu devenir réalité.

Nous pouvons les arrêter.

Nous aurions pu changer les choses...

mais on ne faisait pas le poids.

Je crois toujours que c'est possible.

Comme vous voyez, une grande partie de Watts

a été industrialisée.

Il y a plein d'usines et ce genre de trucs.

Avant, le quartier était abordable,

mais aujourd'hui, une maison ici coûte plus cher que dans mon quartier,

plus cher que ce qu'elle volait dans les années 60 ou 70.

Une maison moyenne à Watts doit coûter

entre 300 000 et 500 000 dollars.

Les pauvres ne peuvent même plus vivre ici.

Je n'ai pas la nostalgie des années 70.

On était naïfs, on ne savait pas à quel point

le racisme, le capitalisme, l'exploitation de la main-d'œuvre

et la ségrégation étaient ancrés dans la société.

Là, on peut voir...

Cette affiche...

Ça raconte un peu l'histoire des lieux.

Dans mon souvenir, de jour, elles n'avaient pas l'air si hautes.

Mais de nuit, elles sont impressionnantes.

Elles sont incroyables et tellement intriquées.

On pensait pouvoir changer le monde, on croyait vraiment

avoir un impact avec nos petits films et nos petits commentaires.

Quand j'interviewais des Black Panthers,

ils disaient la même chose.

Ils pensaient pouvoir changer le monde,

diriger le pays, etc.

Je crois que c'était le sentiment général.

Au cours des années 70, ça s'est un peu estompé

avec l'arrivée de la génération du moi.

Il n'y avait plus que l'argent qui comptait.

Jai rencontré Robert Altman par l'intermédiaire de Richard Baskin,

qui travaillait sur la musique de "Nashville".

Richard Baskin est venu me voir un jour et m'a dit :

"J'ai un boulot en vue.

Si je l'obtiens, ce sera très bien pour toi."

Je lui ai demandé quel boulot.

Il s'est avéré que c'était la direction musicale de "Nashville".

Je ne suis pas sûre de savoir pourquoi

les années 60-70 n'ont pas duré indéfiniment,

mais rien ne dure indéfiniment.

Les choses ne peuvent être nouvelles qu'une seule fois.

D'une manière ou d'une autre,

une fois la fête finie, en 1974 ou 1975,

quand c'est devenu évident,

quand Nixon est entré à la Maison-Blanche,

quand on a su que le moment de la révolution était passé,

même si elle était illusoire,

quand j'ai compris que je ne monterais pas sur les barricades

avec le Che,

des cartouches en bandoulière et le Fusil en main,

j'ai pensé : "Et maintenant, je suis censée faire quoi ?"

Et quand vous parlez du romantisme des années 60,

on a été le centre du monde pendant une petite période.

On vivait sous nos dômes géodésiques,

"Life Magazine" ou "Time Magazine" venait nous voir,

on faisait la couverture de livres, on était interviewés.

On se prenait pour le centre du monde.

Et puis notre heure est passée.

Ce moment historique s'est éteint.

On était au sommet de la vague et elle s'est écrasée.

Et voilà.

Comment endosser la vie d'adulte, après ça ?

Comment intégrer une société dont on ne voulait pas faire partie ?

À partir de là, les gens échaudés par cet échec

ont fait marche carrière sur leur bronche,

ils sont descendus de l'arbre

et sont réapparus plus tard

en tant que citoyens.

Ça ne signifie pas que nous ne militons plus,

que nous avons abandonné nos idéaux.

J'y ai consacré ma vie.

C'était insoutenable.

Je n'ai connu aucune autre rupture

aussi douloureuse

que la fin de ce rêve.

Ce rêve est mort dans la douleur pour moi et beaucoup d'autres.

Ça a été déchirant.

On parle d'un soi-disant âge d'or,

mais s'il était en or, ce n'était pas pour une question de talent.

Il y en a plus aujourd'hui qu'à l'époque.

Ce n'était pas pour la qualité des films.

Les films sont meilleurs aujourd'hui.

La seule et unique raison,

c'est que le public voulait

trouver des réponses dans les films.

Avec tout ce qu'on découvrait, les droits des femmes,

les droits civiques, la guerre, la drogue,

l'anti-establishment,

le public se tournait vers le cinéma

pour savoir que penser de tout ça.

Que ce soient

les vétérans qui rentraient au pays

ou le film avec Jill Clayburgh, "La Femme libre"...

Les gens allaient au cinéma toutes les semaines

pour essayer de comprendre la société qui les entourait :

les Noirs, toutes les manifestations,

la révolution des drogues...

Et à partir du moment où une société se tourne vers les artistes

pour trouver des réponses,

l'art devient formidable.

Ça marche comme ça.

L'art est devenu florissant

parce que le public en avait besoin.

Aujourd'hui, c'est très difficile

de sentir que le public attend quelque chose de nous

pour répondre à ses problèmes.

Je n'ai jamais vraiment retrouvé

la liberté et...

la créativité que j'avais sur "Et tout le monde riait".

Je n'ai jamais retrouvé cette liberté.

Dans les années 80, le côté obscur et Dark Vador ont pris le dessus.

La force s'est éteinte.

Le gouvernement, l'establishment, a dit à ces gens

qu'ils ne valaient rien,

que ce en quoi ils croyaient était factice,

que leurs drogues psychédéliques

n'étaient pas la réalité.

Alors ils s'en sont voulu.

Je suis l'une des dernières survivantes.

Je rafistole encore les Coccinelle !

Je refuse d'admettre

que c'est peut-être inutile.

La droite reproche tous les problèmes de ce pays

à la génération des années 60

et la gauche la vénère, se tourne vers elle et s'en inspire.

C'est ainsi. C'est un facteur de division.

Dans les années 80, les gens se sont repliés sur eux-mêmes.

Ils se sentaient incapables

de faire changer la société,

alors ils se sont dit: "Je ne peux pas changer le monde,

mais peux me changer, moi,

être plus beau, mieux instruit,

savoir mieux parler, avoir de belles chaussures."

Dans les années 80, on ne voyait même pas vraiment

les détritus de ce qu'on avait construit,

on n'était même pas réellement capables d'envisager

quels seraient les enjeux futurs de la société

ou ce qui passerait au premier plan.

Je crois que les années 80

ont été la décennie d'un désenchantement profond

pour un grand nombre de personnes.

Ça a été la débâcle générale,

une fuite vers la contemplation bourgeoise.

Soudain, on a vu augmenter la population

de divers ashrams

et d'endroits comme Taos au Nouveau-Mexique.

Cette augmentation était due aux gens qui pensaient :

"Avant d'aspirer à changer l'économie politique,

je ferais mieux de me trouver."

Ça a été le début d'une grande introspection.

Pour moi, cette introspection se rattache

à une autosatisfaction égocentrique

qui a conduit au disco.

Cette théorie n'est pas du tout scientifique

et est probablement absurde,

mais c'est pour ça que la mode masculine a changé.

Les épaules se rétrécissent, les cols s'élargissent

et soudainement, la masculinité et le sens de la confrontation

semblent disparaître,

les gens ne pensent plus qu'à eux, "moi, moi, moi",

et à leur bien-être,

et ça donne le disco et Donna Summer, tout ce que je détestais.

"Qu'elle était verte ma vallée", où est ce film ?

On ne pourrait pas le faire, aujourd'hui.

Les films reflètent qui nous sommes.

Et de nos jours,

qui sommes-nous ?

Je pense que nous avons une capacité d'attention limitée.

Les gens se fichent de voir un film sur leur téléphone ou sur grand écran,

ils ne voient pas la différence.

Je ne crois pas que les films soient encore importants,

que la jeune génération actuelle

les considère comme importants.

Le cinéma est devenu comme la poésie,

la musique, la peinture ou la littérature.

La génération des années 60-70 aux États-Unis

était la jeunesse la plus intéressante de notre Histoire.

Quand les films représentent la jeunesse la plus intéressante,

ils ne peuvent qu'être remarquables.

Toute forme d'art devrait faire une chose :

laisser une trace de son époque,

nous raconter cette époque.

Je crois qu'on vit un effondrement général

des matières artistiques et culturelles.

On vit dans une ère technocratique axée sur les affaires.

Et les lycées, les universités,

les formations professionnelles

ne valorisent que des savoirs

qui n'ont rien à voir avec l'art et la culture,

avec la musique, la littérature, la longue,

le cinéma,

mais avec l'argent que l'on peut gagner

grâce à la science, à la médecine,

aux sciences, mais pas à l'art.

C'est la direction que prend le système éducatif.

Et ce n'est pas près de changer, car c'est là que se niche l'argent,

c'est là que l'on trouve des emplois pour s'enrichir.

Qui, aujourd'hui, se spécialise en littérature de la Renaissance

dans quelle que fac que ce soit ?

Pour faire quoi ?

Pour éventuellement décrocher une chaire de professeur

à l'université wesleyenne,

si vous êtes le meilleur spécialiste du Nord-Est en la matière.

J'ai deux jeunes fils.

Quand ils parlent, je ne comprends pas un mot.

Ils ont une telle connaissance des nouvelles technologies.

Ils se moquent de moi et me disent que je suis un peu attardé.

J'espère vivre assez longtemps pour voir ce qu'ils vont inventer,

parce que ce sera quelque chose d'exaltant,

de très étonnant.

Personne ne veut plus voir

toutes ces grosses explosions.

Il suffit d'extraire d'un film les scènes d'explosion

et de les mettre dans un autre film.

Tout ce qu'on voit,

ce sont des silhouettes noires, des ombres, qui explosent.

Peu importe qui est pris dans l'explosion,

l'essentiel, c'est qu'une catastrophe se produit.

Et puis un sauveur arrive.

Généralement, on le reconnaît à son accoutrement.

Le public va finir par s'ennuyer.

Sous peu.

C'est fini, ça. Et qu'est-ce qui vient après ?

Vous croyez que les cadres des studios le savent ?

Ils l'ignorent.

Mais un petit nerd qui fait dans ses culottes

et qui se ronge les ongles

est quelque part en train de concevoir un film

qui se passe uniquement dans son esprit

et dans celui de quelqu'un d'autre, s'il veut bien le partager.

Mais il ne fabrique rien, c'est différent.

Il n'y a pas de caméra, pas de micro, pas de projecteur.

C'est une forme de cinéma différente

et cette possibilité me passionne,

alors que les années 70, pardon de le dire,

m'ennuient.

J'évite de regarder ce qui s'est passé,

peut-être parce que je ne peux rien y faire.

Après tout, il faut bien travailler pour gagner sa vie,

à moins d'être né avec une cuillère en argent.

C'est très dur de dire

ces paroles pleines de regrets.

Oui, c'est assez triste.

Je crois qu'on a tout foutu en l'air.

Bonne nuit.

Je ne comprends pas complètement la réplique de Peter Fonda.

Encore 34 ans de moto et je comprendrai peut-être.

Pour moi, "on a tout foutu en l'air" suggère qu'on a échoué.

Mais on a réussi.

1968, c'était une vraie révolution.

Pour moi, cette réplique évoque d'abord la drogue,

puis l'argent que j'ai foutu en l'air.

Où sont passés ces foutus billets de 100 dollars ?

Notre pays, comme beaucoup d'autres, a fait des erreurs

et je crois qu'aujourd'hui, on a pris une meilleure direction.

C'est votre titre que vous avez foutu en l'air !

Après tout, on ne s'est pas si mal débrouillés

dans un contexte mondial incroyablement compliqué et difficile.

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