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Original subtitles

...

-Bonne nuit, Antonine.

La femme ricane.

Piano bastringue.

...

C'est l'heure !

...

Ca suffit, Sacha ! Vous jouerez demain.

Ah !

Sifflet d'alarme.

Sacha crie.

...

...

...

Décharge électrique.

...

-Encore.

...

-Ce qui est en cause, c'est l'irresponsabilité psychiatrique..

..de certains criminels.

L'approche psychanalytique des Dr Freud et Jung est une révolution.

-(Lampion !) -L'inconscient..

..peut à la fois guérir le criminel,

..l'empêcher de récidiver et aider l'enquêteur à trouver..

..les clés du meurtre, les mobiles. -(Lampion !)

(Vous n'avez pas faim ?) -Chut.

-Il serait temps que la psychiatrie s'inspire de ces méthodes,

..plus douces que les camisoles, les saignées, ou ces électrochocs,

..qui détruisent le système nerveux des patients à petit feu.

-Moi, c'est la faim qui me détruit. -S'il vous plaît.

Y a-t-il des ouvrages à lire sur l'inconscient ?

-Absolument.

Je vous les listerai. Avant cela, voici une petite démonstration.

L'inconscient, c'est donc ce que l'esprit enfouit, et que le corps..

..ne peut s'empêcher d'exprimer.

Vous permettez ?

Merci.

Intéressant. -Il est presque 2h. Forcément...

-Qui saurait m'expliquer la symbolique de la nourriture ?

-La faim, non ? -La symbolique, commissaire.

Nous parlons de votre inconscient, pas de votre estomac.

-Le manque affectif ?

-Absolument.

Seriez-vous en manque affectif, commissaire ?

-(Fayot.)

-Donc !

L'inconscient enfouit, et le corps exprime.

-Encore une de ces intellectuelles coincées !

Cette bonne femme doit être un vrai bout de bois, au lit !

Complètement frigide ! A chipoter dans son assiette !

-Détrompez-vous. Les frigides compensent. Elles adorent manger.

Pardon. -Très bien !

Dînons ensemble au Poulet-Ravi. -Je déteste le poulet.

Et le "bout de bois" va aller se reposer. C'est épuisant,

..d'enseigner les disciplines modernes à des dinosaures.

Bonne journée.

-Cette emmerdeuse finira seule. Et ça parle de manque affectif !

-Pourquoi l'inviter à dîner ? -Je sais pas. Un réflexe.

Ma galanterie naturelle. En tout cas, je viens d'éviter..

..un dîner déprimant, sinistre !

Elle est si excitante... Exaspérante ! Très exaspérante !

Sa grosse bouche ! Sa... Son allure... Son... Non ?

-Si ! -On est d'accord ?

Allons-y !

-Bonjour.

Vous pourrez bientôt petit-déjeuner au réfectoire, avec les autres.

-Merci.

Mais je crois que je préfère être avec vous..

..qu'avec eux. -C'est gentil.

...

-Vous allez où ?

-Lille. -Montez.

...

-Vous pouvez vous arrêter, s'il vous plaît ?

Merci. Le village est loin ?

-Deux kilomètres.

...

-On est heureux de te voir, Severina. Vraiment !

-Et moi donc ! -Depuis le temps...

-Tu te refuses rien, dis donc... -Eh oui !

C'est fini, pour moi, de nettoyer la merde des autres !

Pour vous aussi, on dirait. -Oui, Lucien est à son compte.

Tu restes jusque quand ? On va te voir un peu, au moins ?

-Non, je suis de passage.

-Propose-lui un truc à boire. -C'est bon !

-T'as reçu ma lettre ? -Oui.

T'es sûre de vouloir faire ça ? -Oui, mais j'ai peur.

Je voulais que tu sois au courant, si jamais il m'arrive un truc.

-C'est vieux, tout ça.

Tu veux pas oublier ? -C'est vieux, mais pourquoi je...

-Une eau-de-vie ?

Faite par Lucien. Ou un cidre ? -Une eau-de-vie, avec plaisir.

-C'est une famille anglaise, les Snowdon.

Ils ont acheté la maison y a des années pour 3 fois rien.

Depuis, ils la louent.

Elle n'est plus habitée depuis deux ans.

Y a des travaux à faire.

Si vous la prenez, madame...

Madame ?

-Delaroche. Hélène Delaroche. -Si vous la prenez,

..j'en tiendrai compte. Je vous mettrai en contact..

..avec M. Lebloc, un homme à tout faire qui connaît bien la maison.

Elle essaye le piano.

...

Ca va ?

-Je la prends. Je veux y habiter ce soir.

Je vous paie.

-Je vous fais visiter l'étage ? Y a une porte bloquée,

..mais M. Lebloc s'en chargera. -Non, je la prends.

Et je voudrais une moto.

...

-Très bien.

...

-"Le lapsus consiste à employer un mot pour un autre..

"..et exprimer ainsi un désir ou une peur de notre inconscient."

Excitante/exaspérante...

-Je vous ai reconnue ! -Je vous dis qu'on se connaît pas !

C'est impossible ! -Mais si, je vous connais !

-Je ne vous connais pas ! Partez, maintenant !

-Je vous ai vue en vie !

Le tonnerre gronde.

...

...

-Merci.

"Je n'ai plus..

"..le goût de vivre.

"Tout est trop difficile. Personne ne me regrettera. Adieu."

C'est indécent,

..de laisser à la postérité un mot d'adieu aussi médiocre...

Vous ne trouvez pas, Lampion ? -Quand on va pas bien...

-Raison de plus. On a le temps. Et elle aurait au moins pu signer !

-Vous auriez mis quoi, vous ? -Je sais pas. Ronsard, par exemple.

"En essuyant mes yeux par la mort endormis...

"Adieu, chers compagnons, adieu, mes chers amis.

"Je m'en vais le premier vous préparer la place."

C'est beau ! C'est grand !

-Commissaire ? -Oui ?

Vous avez de bons yeux, Lampion.

"Severina..

"..Patrimonio." Un simple bijou...

Une déclaration de suicide, comme par hasard. C'est un meurtre.

Qu'y a-t-il, Lampion ? -Rien.

-Trouvez qui elle est, qui elle voyait et où elle vivait.

-Tout ça pour un suicide ? -Exécution !

-Non.

M. Lebloc, vous connaissez la maison depuis longtemps ?

-15 ans. Mais ça fait un bail que j'y avais plus mis les pieds.

-Il ne s'y est rien passé de spécial ?

-De spécial ? C'est-à-dire ? -Je sais pas...

-Non... La vie, quoi.

-Pour la chambre du haut, je voudrais celui-ci.

-J'y repense... Vous avez vu son tailleur ?

-A la victime ?

-Non, à la conférencière, cette Mylène Legrand, là.

Sans formes, sans classe... Vos yeux, Lampion ! Vos yeux !

On sonne.

-C'est pour quoi ? -Un meurtre.

Commissaire Larosière et inspecteur Lampion. On a des questions.

-Pas le temps.

-Vous êtes la dernière à avoir vu la victime. Vous avez 5mn ?

On l'a retrouvée morte hier.

Que vous a-t-elle dit ?

Mlle Delaroche ?

-Je connais personne, personne ne me connaît.

-Cherchez bien.

-Inutile. Je sais à qui je parle et à qui je ne parle pas.

-Qu'avez-vous fait hier soir ?

-J'ai joué du piano. Je suis compositeur.

-Une femme compositeur ?

Mozart aurait-il pu être une femme, Lampion ?

-Je fais de la musique contemporaine.

Mozart a fait son temps. -De la musique contemporaine ?

C'est horrible, ça. Non ?

-Non, c'est nouveau. Comme la psychanalyse.

-Collaborez, Mlle. -Ne me touchez pas.

Je vous connais pas. Reculez.

-Vous venez d'arriver. Vous n'avez pas d'alibi.

Vous n'avez pas de papiers, et vous vous êtes disputée avec la victime.

Je pourrais vous arrêter.

-J'ai rien fait. -Alors, restez à disposition.

-J'arrive pas à ouvrir la porte. Il faudrait m'aider à la défoncer.

-Allez-y, Lampion.

-Où ça ? -Défoncez la porte !

Je vous attends dans la voiture.

...

-Le papier peint ?

Buvez ça. C'est de l'eau sucrée.

-Je préfèrerais de la vodka. Dans le buffet.

Je comprends pas !

Le papier peint...

Le même que celui que j'ai choisi. -Vous avez souvent des visions ?

-Non. Sauf hier, j'ai...

-Oui ?

-J'ai... vu un cadavre, en bas des escaliers.

-Un cadavre ? -Un cadavre de femme.

-Pourquoi ne pas en parler au commissaire ?

-C'était une vision.

Et puis, c'était une jeune femme. En robe rouge.

La trentaine. Rien à voir avec... Klaxon.

Le vieux pervers vous attend. -C'est pas un vieux pervers.

-Pardon, j'avais cru.

-Bon...

Le notaire du village..

..vous renseignera sur la maison. Vous voyez peut-être le passé ?

-Je veux pas avoir de visions, moi. Klaxon.

J'ai pas le courage. Je peux pas.

-On peut y aller ensemble.

Demain ?

Il klaxonne.

-Ca fait 2h que j'attends ! -C'est parce qu'elle...

-Elle ment ! Je le sens !

-Vous la croyez déjà coupable ?

Le témoin est âgé.

Elle est peut-être... -Qui lui a loué la maison ?

-L'agence Ankri. -Allons-y.

Le point commun entre cette Hélène Delaroche et la conférencière ?

-Dites toujours. -Avec elles,

..la féminité file un mauvais coton. Montez.

Alors ?

-Hématomes aux bras.

Fracture du poignet. Elle s'est battue et a été jetée dans le vide.

-Un meurtre.

Qu'avais-je dit, Lampion ? -Que c'était un meurtre.

-Quelle était cette femme ? Quelle était sa vie ?

Etait-elle si seule que personne ne va la regretter ?

-Je l'ignore. -Renseignez-vous.

Je veux tout savoir sur Hélène Delaroche.

Convoquez-la.

Enfin ! Faites votre boulot, au lieu de lire des conneries !

On joue du piano.

...

Il frappe.

-J'arrive.

-Le commissaire veut vous voir. -C'est donc bien un vieux pervers.

-Il pense que vous mentez au sujet de Severina Patrimonio.

Que vous lui avez parlé.

-Et vous, vous pensez quoi ?

On y va avec la mienne ?

-J'ai la mienne, de... -Laissez-vous conduire. Allez !

J'aimerais que la vie soit comme ça. Pas vous ?

-C'est-à-dire ? -Libre !

Sans personne pour vous rattraper. Sans peur !

-Commissaire, il y a quelqu'un pour vous.

-Lampion a convoqué la suspecte ? -Non.

C'est la dame de la dernière fois. -Soyez plus précis. La précision !

-Mylène Legrand.

La frigide qui chipote dans son assiette.

-Je vous en prie. -Merci.

-Alors ? Qu'est-ce qu'un dinosaure comme moi..

..peut faire pour vous ? -Beaucoup.

La police peut faire beaucoup pour les citoyens.

Ou les... les citoyennes.

-Mais encore ?

-J'ai besoin que... la police... me rende un petit service.

-La police est très occupée. -Ca ne prendra pas longtemps.

Un homme compétent comme vous doit aller à l'essentiel.

On m'a dit que vous étiez le meilleur.

-Je vous écoute...

-On m'a volé quelque chose. -Ah bon ? Quoi ?

-Quelque chose... qui compte beaucoup pour moi.

-Je vous écoute.

-Une pièce de lingerie.

Vous voyez ? -Je crois que je vois, oui.

-Vous pouvez faire quelque chose ? -Il va falloir que j'enquête...

Forcément... Sans enquête, il n'y a pas de...

Non ! Non ! Oh !

Un meuble bouge. Mylène rit.

-Ca va ?

-Oui. Non. Je déteste les notaires.

Les médecins et la police aussi. -Ca fait beaucoup.

-J'ai confiance en vous, je sais pas pourquoi.

-Bon... On y va ?

-J'adore le thé.

Ma mère m'a fait des madeleines. Elle adore les étoiles.

-Merci. -Elles sortent juste du four.

Cette maison..

..a connu plusieurs propriétaires.

Les plus marquants ont été les Poliakov.

Il y a 15 ans. -En quoi ont-ils été marquants ?

-Mme Poliakov s'est enfuie avec son amant,

..abandonnant son mari et sa fille, alors âgée de 5 ans.

C'est pas si fréquent.

C'était une très belle femme.

Très séduisante.

Convoitée par beaucoup d'hommes. -Et à part ça ?

Savez-vous s'il y a eu un meurtre dans cette maison ?

-Pas que je sache.

-Qu'est devenu le mari de cette femme ?

-Il serait mort peu après d'une maladie.

-"Poliakov", vous dites ? -Hélène Poliakov.

Hélène, comme vous. N'est-ce pas,

..Mlle Delaroche ? -Qu'est devenue la petite fille ?

-Elle a été confiée à sa tante. Une femme aisée, à Paris.

Une porte claque.

Ah ! Ma mère.

Elle a dû rentrer de sa promenade.

Puis-je vous poser une question ? -Non, on est pressés. Merci.

-Merci.

-La petite fille.

C'est moi. -Vous vous appelez pas Poliakov...

-Si. Je suis Sacha Poliakov.

Ma mère s'appelait Hélène.

On m'a dit qu'elle était morte. Que j'avais grandi à Paris.

Je vais devenir folle !

Je suis folle !

-Mais...

Vous m'avez menti ?

-La paix ! Je veux la paix !

Allez, venez.

Me laissez pas.

-N'oubliez pas de me détacher.

Hein ?

-Ah oui ?

Excusez-moi.

Merci, commissaire. Je ne me trompe jamais.

-Pourquoi ?

-Vous êtes un amant exceptionnel.

Adieu.

-On pourra peut-être se revoir ?

-Laissons faire le hasard. -Vous me rendez fou.

Jamais je n'ai ressenti... -Non, M. le dinosaure.

A d'autres, les sornettes.

-Ne me jetez pas comme un vieux mouchoir.

-Ce n'est pas ce que vous faites avec les femmes ?

-Je suis un sentimental. -Ta, ta, ta !

Vous êtes un collectionneur. Un vrai. Je les repère toujours.

-Rendez-vous chez moi, ce soir, à 20h. Hôtel du Lion.

-Hôtel du Lion ? -Oui.

-Rrrr ! -Oui ! Rrrr...

Mylène...

-Ma tante disait que mon père était mort de chagrin, une fois veuf !

-Rien sur la maison ? -Non.

Ca veut dire que j'ai vécu ici jusqu'à mes 5 ans.

Que ma mère vit peut-être encore... Pourquoi ma tante ne m'a rien dit ?

-Peut-être pour vous protéger ? -Ouais...

Je suis assez fragile.

-Dans quel sens ?

-J'ai des crises, des spasmes, des amnésies partielles.

C'est le flic, ou l'homme, qui pose des questions ?

-Les deux.

-Vous ne m'enfermerez pas ! -Calmez-vous...

-Vous ne m'enfermerez pas !

-Vous connaissez Freud ? La psychanalyse ?

Vos visions, c'est peut-être votre inconscient qui vous ramène..

..votre passé ?

-Si j'ai oublié que j'ai vécu ici, j'ai pu oublier d'autres choses.

J'ai peut-être tué la femme du fort ?

Et aussi la femme en rouge, en bas des escaliers ?

-Je pense pas qu'on puisse oublier ça.

On va en avoir le coeur net.

Que faites-vous ? -On sait rien de votre mère.

On va tâcher de savoir ce qu'elle a vécu ici, avec votre père et vous.

-"Recherche toute personne..

"..ayant connu Hélène Poliakov, pouvant me renseigner sur elle.

"Merci de contacter Sacha Poliakov."

-Ca sera dans le journal, demain matin.

-Pourquoi vous faites ça pour moi ?

-Je sais pas.

-Qu'est-ce que vous faites ?

Entrez !

-Nos corps et nos esprits s'accordent à merveille.

-Sauf que moi, j'y crois pas, à l'inconscient et tous ces trucs.

-Encore ? Dinosaure et têtu !

-C'est bon pour les femmes, ça, de creuser ses petites angoisses.

-Ah bon ? Et les hommes font comment, alors ?

-Les autres, je ne sais pas.

Mais moi, je croque la vie. Question de volonté.

Je ne m'allonge pas sur un divan pour une petite baisse de rythme.

"Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle..."

Je lis de la poésie, je passe un bon moment avec une jolie femme.

Et hop ! -Et hop ?

-Et hop ! Oui.

-C'est dommage. Tu ferais un passionnant sujet d'étude.

Ouais !

Ce qu'on appelle dans notre jargon un obsessionnel compulsif addictif.

-Pardon ? -Comme un drogué.

Quand tu rencontres une femme,

..n'as-tu pas immédiatement envie de la mettre dans ton lit ?

-Aimer les femmes est une maladie ? -Non, pas une maladie...

Quand je te regarde, je vois un petit garçon très malheureux.

J'ai raison ?

On joue du piano.

...

...

...

...

-Ton père te battait ? -Et il m'enfermait dans un placard.

Mais c'était pas mon père. Je l'ai su à sa mort, y a pas si longtemps.

-Que sais-tu de ton vrai père ? -Il était riche.

Ma mère travaillait chez lui. Il l'a engrossée et l'a renvoyée.

-Waouh... Et le méchant beau-père te l'a fait payer.

Tu permets un diagnostic express ?

Dépression infantile précoce. Tu combats l'angoisse de mort..

..causée par les violences que ta mère n'empêchait pas.

-Elle avait peur de lui.

-Chaque femme est pour toi un substitut maternel vivifiant.

Ton pénis est un cordon ombilical,

..pour te remplir d'amour maternel. -Ca suffit !

C'est agaçant ! On m'a déjà traité de menteur, de salaud...

Jamais de cordon ombilical.

-Jean !

-Bonjour. Bien dormi ?

Il claque la porte.

-Vous cherchez quoi ?

-Si un meurtre n'a pas été commis il y a 15 ans, dans la maison..

..de Sa... d'Hélène Delaroche.

-Il y a 15 ans ? Un meurtre a eu lieu il y a 3 jours !

Vous deviez convoquer Hélène Delaroche à ce sujet !

-Oui, je suis passé la voir hier. Elle a l'air vraiment débordée.

-Dites-moi, Lampion...

Me trouvez-vous obsédé par les femmes ?

Dites-moi tout. J'ai déjà tout entendu.

-Un peu, quand même... -Comment ça ?

-Au commissariat, tout le monde vous appelle "Joe the Rabbit".

-Joe the quoi ?

-"Joe the Rabbit". Jeannot Lapin, en anglais.

-Jeannot Lapin ? Et ça vous fait rire ?

Eh bien, pendant que vous cherchez, Jeannot Lapin, il trouve !

Severina Patrimonio vivait à Lyon ! Elle venait ici exceptionnellement.

Vous en déduisez ? -Il faut faire le tour des hôtels.

-Exécution ! Faites venir Hélène ! Faites-moi servir un café !

Et des carottes !

"Joe the Rabbit" !

-C'est bizarre,

..que vous vouliez que je remette la gloriette derrière.

C'était sa place, avant.

-Eh ben, on met comme avant. Pourquoi vous me dévisagez ?

Vous avez un truc à me dire ? -Non.

-Vous avez connu les Poliakov ?

-Non, je suis arrivé après. Je sais rien sur eux.

Tenez, on a apporté ça pour vous.

-J'ignorais que ma mère avait un frère !

C'est si gentil d'être venu, Emile !

-Je devais faire le tour des hôtels et vous ramener au commissariat.

Promettez-moi qu'on ira. -Promis !

Il est docteur ! Il travaille chez lui et nous attend !

Youhou !

Allez, lâchez vos mains !

Comme quand vous étiez enfant !

Et maintenant, criez !

-Je crie quoi ? -Ce qui vous vient !

-Au secours ! -Ha ! Ha ! Ha !

-Hélène.

Tu es magnifique.

Comme elle.

-Vous n'avez pas cherché à me rencontrer ?

Vous m'avez connue, enfant.

-Ta famille paternelle t'a éloignée de tout ça. C'est compréhensible.

C'est dur, l'abandon d'une mère.

-Que s'est-il passé ? Comment peut-on en arriver là ?

Abandonner sa famille... -Ne la juge pas.

Ta mère était la séduction incarnée.

Elle faisait des ravages.

Elle aimait séduire plus que tout. -Elle a fui papa ?

-En quelque sorte, oui.

Elle a surtout repris sa liberté. Ta mère était une femme libre.

-Vous lui en voulez ? -Non.

De quoi je lui en voudrais ?

Tu sais, j'ai quasi élevé ta mère. Nos parents travaillaient beaucoup.

Je lui ai tout appris. Même la liberté, alors...

-Vous savez si elle est en vie ? -Non, je sais pas.

Elle m'a écrit au bout de six mois, et puis plus du tout.

-Comment est mort le père de Sacha ?

-Andreï s'est suicidé.

Il a pas supporté l'abandon d'Hélène.

Il a demandé à être interné dans un hôpital psychiatrique.

-Un hôpital psychiatrique ? -Oui.

Il affirmait avoir tué Hélène.

Le désespoir lui a fait perdre la tête.

-Il aurait pu la tuer ? -Non.

Non. Hélène s'est enfuie.

Elle avait fait une valise.

Pris des vêtements. -Et dans sa lettre ?

-Oh, elle disait pas grand-chose. Qu'elle était en Angleterre.

Qu'elle était heureuse.

-Elle ne parle pas de moi ?

-Ta mère t'aimait.

Mais c'était plus fort qu'elle.

-Bon... On y va ? Au revoir.

-Sacha !

Je suis là, hein ?

Si tu as besoin, je suis là.

Prends ça, au moins.

Et reviens me voir.

...

-Ca ne m'arrive jamais. -C'est rien.

-Moi qui suis toujours... -Je sais.

-Je comprends pas. -C'est pas grave.

-C'est très grave ! -Tant que ça ?

-Je suis humilié ! Personne ne doit le savoir !

-Mais bien sûr !

Personne, enfin ! -Tu crois que ça a un rapport ?

-Avec quoi ? -Ce que tu as dit sur mon enfance.

-Je sais pas. Je peux pas savoir comme ça.

-Tu dois savoir ! -Qui sait ?

J'en ai trop dit et ton inconscient me prive de dessert ?

Je plaisante.

-C'est pas drôle ! Pas drôle du tout !

-Jean, le prends pas comme ça ! Arrête ! Je plaisante ! Jean !

-Commissaire, on a trouvé l'hôtel où logeait Severina Patrimonio.

Voici ses effets personnels. -Bien. Où est Lampion ?

-Il n'était pas avec nous, mais j'ai pris les choses en main.

-Il n'était pas avec vous ? -Non, mais j'ai pris des notes.

Le patron de l'hôtel a dit : "Je n'ai vu la victime qu'une fois.

"Elle semblait nerveuse, pressée.

"Elle n'a reçu ni visite ni courrier."

-J'ai compris. Pourquoi Lampion n'était pas avec vous ?

-On l'a vu passer à toute blinde sur la moto d'une fille.

-La folle !

-Mais vos souvenirs reviennent ! Lever le voile sur l'inconscient,

..ça soigne ! -Je m'en fous.

-Votre père s'accuse de meurtre !

Vous voyez un cadavre ! C'est troublant !

On en saura plus sur votre père si on sait où il était interné !

-Je ne retournerai jamais dans un hôpital psychiatrique !

...

Un véhicule approche.

-Lampion !

Emile !

Appelez une ambulance ! Vite !

C'est fini.

Merci.

Sacha Poliakov, échappée de l'hôpital psychiatrique de Douai.

Vous nous aviez caché ça. -Ne me ramenez pas là-bas.

-Je vous arrête pour agression d'un policier et assassinat.

Vous serez réintégrée à l'hôpital, pour établir votre responsabilité..

..et être soignée ! -Non ! On m'attache, là-bas !

On me drogue ! Je préfère aller en prison !

-Vous avez agressé mon plus proche collaborateur ! Emmenez-la !

-Je veux pas !

...

Non !

Non !

Non !

-Commissaire. -Bonjour, docteur.

-Je désespérais de la retrouver. Elle a agressé..

..une infirmière. -Pourquoi était-elle ici ?

-Epilepsie, amnésie relative.

Crises hystériques violentes. Sacha hurle.

...

Elle a frappé avec une statuette l'homme qu'elle devait épouser.

Sans raison. 10 jours de coma.

Sa tante nous l'a confiée. Hélas, elle est décédée.

Elle était sa seule famille.

Elle allègue que son promis voulait une étreinte avant le mariage.

Il aurait un peu trop insisté. En fait,

..Sacha Poliakov se sent menacée par les hommes.

C'est un symptôme fréquent de l'hystérie féminine.

-C'est quoi, ça ?

-Une nouvelle machine que j'ai le privilège de tester.

Je suis lié à son inventeur, un Italien.

Elle envoie des électrochocs qui réduisent l'agressivité du patient.

Qui l'apaisent. C'est assez révolutionnaire.

Je soignerai Mlle Poliakov avec ça, après une brève cure de repos.

-Bien.

Je laisse un agent auprès d'elle. Je ne peux pas me permettre..

..qu'elle s'évade une 2e fois et qu'elle tue à nouveau.

-C'est parfait.

Un patient hurle.

-Docteur, j'aurais une question... -Je vous écoute.

-Ca concerne la... sexualité.

-Oui ? -Je suis peut-être malade.

Ce qui m'est arrivé ne m'arrive jamais.

-Quoi ?

-Vous savez, quand... -Une panne ?

-Voilà. Et comme c'est impossible, je suis forcément malade.

Mais de quoi ? -Ca arrive.

-A moi, jamais ! Et sans ça, je suis mort ! Un sous-homme !

-Ah oui ? -Disons nerveusement fatigué.

Alors...

Je peux vous proposer une camisole chimique pour vous mettre au repos.

Et quelques chocs électriques pour redynamiser tout ça !

Ca vous va ?

-Je vais réfléchir. Merci, docteur.

-Je te veux !

Je te veux tout entier !

...

-Que faites-vous là ?

-Où est Sacha ?

Personne ne me dit rien. Où est Sacha Poliakov ?

-Vous devriez être à l'hôpital ! -Où est Sacha ?

-A l'hôpital psychiatrique de Douai.

-Vous l'avez ramenée là-bas ? -Elle est hystérique ! Dangereuse !

Elle a failli vous tuer ! Ouvrez les yeux !

-Freud traite l'hystérie avec la parole.

Pas avec des camisoles ! -Ca va, Lampion !

-Sacha est innocente.

Sa façon de jouer du piano le prouve.

-Que faisiez-vous avec elle quand elle vous a agressé ?

-Je l'aidais à comprendre son passé et ses visions. Elle a vécu ici.

Sa mère serait morte dans cette maison.

-Vous l'aidez, et elle vous défonce le crâne ?

Elle vous a envoûté ? Elle a tué Severina Patrimonio !

-Pourquoi l'aurait-elle tuée ? Elle la connaissait pas.

Toutes deux sont de passage.

L'une de Lyon, l'autre de Paris. -Elles se sont parlé.

-Peut-être. -Bon, j'ai faim !

-C'est quoi, ça ?

-De délicieuses madeleines que nous a légué Severina Patrimonio.

Goûtez-les. Allez !

-La...

La mère du notaire avait cuisiné les mêmes madeleines.

-Quel notaire ?

-Oui, je lui ai donné des madeleines.

Ca m'a fait plaisir de voir Severina, depuis le temps.

-Depuis combien de temps ? -Oh, je dirais 15 ans.

Elle a travaillé chez moi, à l'époque.

-Rien à noter, dans son comportement ?

-Elle a toujours été nerveuse. C'était son seul défaut.

Je l'ai dit à Hélène Poliakov, quand je la lui ai recommandée.

"Elle est parfaite, mais elle est nerveuse."

-Parlez-moi de cette Hélène.

-Nous la connaissions peu.

-Bonjour, maître.

Pouvons-nous en savoir davantage ? -Je ne crois pas, non.

A moins que vous m'arrêtiez. -Guillaume !

-Pourquoi ? Est-ce que je devrais ? -Chacun son travail, commissaire.

-Severina vous a-t-elle parlé de Sacha, la fille d'Hélène ?

-Non. Nul ne sait..

..ce que cette enfant est devenue. N'est-ce pas ?

-Je crois..

..qu'elle est revenue dans le coin. Laissez-nous. Ma mère est fatiguée.

Et moi aussi.

-Très bien. Lampion...

Nous cherchons un lien entre Sacha et Severina.

Nous l'avons ! Severina a travaillé chez les Poliakov. Déduction ?

-Aucune.

-Si : vous aviez raison de vous interroger sur le meurtre d'Hélène.

C'est sur ce meurtre que Severina détenait des informations.

Ce meurtre, vieux de 15 ans, va nous éclairer.

Je suis fair-play, Lampion. Votre intuition était juste !

-Trop aimable.

-Severina faisait sans doute chanter quelqu'un.

Peut-être Sacha. Nous cherchons un mobile, nous le tenons !

-Sacha avait 5 ans à la mort de sa mère. Vous êtes fatigué.

Allez vous reposer. -Severina faisait chanter sa tante.

Elle veut continuer avec Sacha. Sacha refuse, pète les plombs...

Sacha n'a pas dû venir ici par hasard.

-Pas le hasard : l'inconscient.

-Arrêtez, avec votre inconscient ! Vérifions les comptes de Severina.

Et interrogeons ce Lebloc.

-Je vais au laboratoire.

-Respectez votre hiérarchie ! Sacha a une mauvaise influence sur vous !

Revenez !

Lampion ! C'est un ordre !

Revenez !

Asseyez-vous ! Qu'est-ce que ça veut dire, ça ?

Lampion !

-M. Lebloc ?

M. Lebloc ?

Commissaire !

Donc, c'est pas Sacha !

-La mort remonte à plusieurs heures.

-Qu'avais-je dit ? -Oui, bon...

-Vous l'avez mise chez les fous !

-Ils sont très bien traités. J'ai moi-même demandé des conseils.

-Elle va passer à la machine électrique !

Celle qui tue le cerveau !

-Faut pas exagérer.

-Faites-la sortir. -Pardon ?

-Faites-la sortir ! -Elle sortira..

..quand son innocence sera prouvée. Il y a peut-être deux meurtriers.

-Très bien.

-Lampion, revenez ! C'est un ordre !

Lampion !

D'accord...

Décharge électrique.

...

...

...

-Merci pour votre aide, docteur.

-J'ai perdu ma soeur, je ne perdrai pas ma nièce. Tant pis pour la loi.

Bonsoir. Je suis médecin. Je dois faire une piqûre à la malade.

-Ben...

On m'a rien dit, à moi.

-Si un patient agonise et qu'on ne vous a rien dit, il meurt ?

-Bon. Pas plus de 5 minutes.

-Emile...

...

-C'est moi qui l'ai tué ! Moi ! -Tu veux pas boire un truc ?

-Non ! J'ai faim ! J'ai faim ! -Attends !

-J'ai compris. C'est quoi, le problème ?

-J'ai soif, c'est tout. -C'est à cause de l'autre fois ?

-Quoi, l'autre fois ?

-Je vois...

Tu sais...

Un homme et une femme, ça peut aussi faire autre chose que...

-Qu'est-ce que ça peut faire ? -Je sais pas...

Discuter, par exemple.

J'aime beaucoup parler avec toi, aussi.

-Ah bon ? -Oui.

-Ah...

-Je peux la garder ici. J'ai une pièce cachée, derrière mon cabinet.

Elle y restera le temps de récupérer.

-Merci.

-Je veux rentrer chez moi. -Dès demain,

..la police fouillera votre maison. Il vous faut des soins.

Vous êtes en sécurité, ici.

-Je veux pouvoir jouer du piano. S'il vous plaît...

-Je peux aussi aller la soigner sur place.

C'est une bonne solution : la poutre dans l'oeil.

Une fois fouillée, la maison est calme, isolée...

-Bon.

Je resterai là-bas avec vous. Je dirai que je surveille la maison.

De toute manière, c'est juste le temps de prouver votre innocence.

Sacha...

Avez-vous reçu la visite de Severina la veille de sa mort ?

Que vous a-t-elle dit ? -Elle m'a juste dit :

.."Je vous ai vue en vie. Je suis sûre que je vous connais."

Je lui ai dit de partir.

Que c'était impossible, que je venais d'arriver.

Mais elle a insisté.

Alors, j'ai haussé le ton.

J'avais peur qu'on découvre que je m'étais échappée de l'hôpital.

Je vous jure.

-Je vous crois.

-Je suis si heureux de t'avoir retrouvée. Tu es si singulière.

-Si vous saviez combien de fois j'ai voulu me foutre en l'air...

-Je suis là, maintenant. Hein...

Je serai toujours là.

-Une criminelle qui s'échappe d'un hôpital psychiatrique !

Nous serons la risée de la presse ! Le préfet est très inquiet !

Si ce n'est pas la preuve de sa culpabilité, ça ?

Passez sa maison au peigne fin ! -Je m'en charge.

-Je veux quelqu'un dans la maison, jour et nuit !

-J'y resterai moi-même. -Bien.

Placez sous protection tous ceux qui risqueraient d'être la cible..

..de cette folle ! Exécution !

Allez !

Allez-y, Lampion.

-Alors ? -Rien de rien, inspecteur.

Grincement.

-Fouillez partout.

Rien ici non plus.

Vous, par là. Toi, là-haut.

-Il ne vous a parlé de rien ?

-Non.

On ne veut pas d'ennuis. On s'entend avec tout le monde.

-Et que savait Severina sur la disparition d'Hélène ?

-A l'époque, elle disait que madame était pas partie.

Il manquait ses affaires d'hiver.

Or, on était en été. Madame aurait jamais fait cette confusion.

Même dans l'urgence.

-Elle pensait qu'on l'avait tuée ? -A l'époque, oui.

-Elle avait des preuves ?

-Je sais pas. Mon mari en savait peut-être plus que moi.

Mais moi, je sais pas.

-Mme Lebloc, je vous en prie.

On joue du piano.

...

Le tonnerre gronde.

...

...

-Non !

Emile !

Emile !

...

J'ai eu peur, dans la nuit.

-Que s'est-il passé ?

-J'ai encore vu ma mère morte.

Mais cette fois, j'étais là, enfant.

Y avait un homme, aussi.

-Vous avez vu son visage ? -Non. Mais c'était bien un homme.

-C'est peut-être pour ça que vous avez peur des hommes.

Vous avez vu votre mère se faire agresser.

-J'aurais peur des hommes ?

-Le Dr Bourdon a narré à Larosière l'histoire de votre futur mari.

-Je voulais pas coucher..

..avant le mariage. Je gâche tout. J'aurais dû lui parler.

Avec vous aussi, j'ai failli tout gâcher.

Mais vous m'avez pardonné. Pourquoi ?

-Vous savez, moi aussi, j'ai eu longtemps peur des hommes.

Avant de me rendre compte que je les aimais.

-C'est pour ça ?

-Pour ça quoi ? -Que j'ai confiance en vous ?

-Vous êtes la seule que je pourrais aimer, si j'aimais les femmes.

-Lampion !

Lampion !

Lampion !

Devinez ce que...

Elle rit. -Chut !

...

C'est pas ce que vous croyez ! -Vous couchez avec une criminelle ?

-Non ! A cause de votre orgueil, elle se serait fait lobotomiser ?

Non ! D'habitude, je ne dis rien, mais là, il y a Sacha, que j'aime.

A ma manière.

-J'avais confiance en vous ! -Vous n'avez confiance en personne.

Vous finirez tout seul ! Suivez mon intuition.

Laissez Sacha en liberté, et trouvez l'assassin avec elle.

-Vous voulez mener l'enquête ? Vous ? Lampion ?

-Oui. -Regardez ça !

Regardez !

Voilà !

-Ce serait ? -Les os d'Hélène Poliakov.

Lebloc les a déterrés en installant la gloriette.

-Il faisait chanter le meurtrier, lui aussi ! Et si Hélène est morte,

..sa lettre est fausse ! -Alors, Lampion, que faisons-nous ?

-J'en déduis que si nous trouvons l'assassin d'Hélène Poliakov,

..nous trouvons..

..celui de Severina Patrimonio. Que sait-on sur la victime ?

-Quelle victime ?

-Hélène Poliakov ! Tous les témoins disent qu'elle était séductrice.

Donc ?

Un amant jaloux aurait pu la tuer. Ou un homme éconduit.

-Mais qui ? -Maître Parisot, le notaire.

Je suis sûr qu'il a aimé ma mère.

-Sacha !

Sacha...

-Oui, je l'aimais comme un fou.

Comme un fou. Nous avons été fiancés.

Elle m'a quitté pour épouser le Russe.

Aucune femme ne l'a remplacée.

-Voilà un amour passionnel.

-J'étais pas le seul.

Beaucoup succombaient à son charme et auraient pu, comme moi,

..être jaloux, et... -Et ?

-Mal agir.

-Inspecteur Lampion !

On pourrait demander au témoin qui, par exemple,

..aurait pu mal agir. -Oui... Qui, par exemple ?

-Son mari. -Andreï Poliakov..

..est mort. On ne fait pas chanter un mort.

-Alors... Un amant. -Vous ?

-Elle me regardait plus depuis longtemps.

-Alors, qui ?

-Commissaire, laissez-moi faire. -Pardon.

-Alors, qui ?

-Elle aurait rencontré un homme, un an avant son départ.

M. Balmont.

Un professeur de tennis, déjà marié.

Elle serait partie suite à leur rupture.

Interrogez aussi son frère, le Dr Chesnais.

Il était très proche d'elle. -Nous le connaissons.

-Je peux disposer ? -Oui.

Non ?

-Peut-on savoir ce que vous faisiez dans la nuit de dimanche à lundi ?

-Oui, en effet.

-J'étais persuadé que vous commenceriez par là.

J'étais chez moi.

Avec ma mère. Elle vous le dira.

Messieurs.

-M. l'inspecteur souhaite..

..que je convoque Balmont ? -Oui. Et que ça saute.

-Oui.

-Je sais tout. Je peux tout dire à la police.

Mon mari l'ignorait, mais j'ai toujours écouté aux portes.

200 000 francs en petites coupures, et j'oublie toute cette histoire.

48h ? C'est parfait.

Si vous y êtes pas, vous crèverez en prison. C'est clair ?

-Est-ce qu'un jour, je pourrai vivre sans tout ça ?

-Pas tout de suite, mais oui.

La médecine psychiatrique fait des progrès considérables.

J'ose encore espérer que ce ne sont pas ses os que Lebloc a retrouvés.

Je peux pas croire qu'on ait si bien imité son écriture.

Qu'elle ait été tuée, enterrée là, sous nos yeux.

-Je l'aime mieux morte ici que vivante à l'étranger.

Ca veut dire qu'elle nous aimait.

Parlez-moi d'elle.

-Elle aussi jouait du piano.

Moins bien que toi. Elle avait pas la patience.

Tout devait toujours aller vite. -Attendez...

Parlez, moi, je compose. -Mais, je ne sais pas si...

-Parlez-moi d'elle.

-Hélène...

C'était un tourbillon. Elle aimait les couleurs vives, le vent...

Elle adorait les bourrasques. Sacha joue du piano.

...

-Encore !

-Je me rappelle qu'enfant,

..elle est sortie sous la tempête, pour sentir les éléments en elle.

C'est moi qui l'ai récupérée. Elle était épuisée,

..mais heureuse !

...

-Encore !

...

-Mme Balmont, je souhaiterais parler à votre mari, seul.

-Il n'a rien à me cacher.

Ses frasques avec cette Hélène sont prescrites. Je reste.

-Très bien, restez.

-C'est vous qui nous interrogerez, commissaire ?

Vu votre réputation, nous n'allons pas parler à un débutant...

-Je vous écoute.

-J'étais son professeur de tennis.

Hélène m'a séduit. -Ils ont eu une aventure.

-Tout de suite ? -Au bout d'un an.

Mais nous avions tous deux tellement retenu nos élans,

..que c'est devenu une relation passionnelle.

-Il a voulu me quitter ! -Gilda a su me calmer.

Me rappeler l'essentiel. Notre union, nos enfants...

Alors, je suis allé voir Hélène, et j'ai rompu.

-Et comment l'a-t-elle pris ? -Nous étions tous deux bouleversés.

Quelqu'un lui faisait subir des pressions pour rompre avec moi.

Son mari, j'imagine.

-Elle disait rester dans la région pour toi.

Que s'il rompait, elle partirait. -Et elle est partie ?

-Oui, trois jours plus tard.

Mais elle a laissé sa fille. Et ça, je trouvais ça étrange.

-Pensez-vous qu'elle ait pu partir seule ?

-Elle ne serait pas partie avec un autre. Nous nous aimions.

-Si elle n'est partie..

..ni seule ni avec un homme, c'est qu'elle est morte ?

-Elle est morte ?

-Très certainement. Tuée.

Il y a 15 ans. Le jour de votre rupture.

Qu'avez-vous fait dans la nuit de dimanche à lundi ?

-Nous étions ensemble.

Nous nous sommes couchés tôt.

-Si vous avez d'autres précisions, vous savez où nous trouver.

-Oui...

-Ce n'est pas ma faute si ma renommée me précède.

-Ca ira pour cette fois.

Il tousse.

...

-"Severina"...

-Dans cette lettre, Severina Patrimonio annonce à Lebloc..

..qu'elle passe dans la région pour y régler un petit problème.

-Son mot d'adieu est un faux.

L'écriture est différente.

-Mais dans sa lettre d'Angleterre, l'assassin a imité celle d'Hélène.

C'est étonnant, non ? -Oui.

Faisons faire un test graphologique aux Balmont et à Parisot.

Ce n'est pas une science exacte, mais Martin Caro est compétent.

-C'est une idée, ça... Je fais la convocation ?

-Oui.

-Et moi ?

Vous voulez un écrit de moi ? -Oui, ce serait bien, oui.

-C'est un poème de Baudelaire mis en musique.

-Nous ferons écrire ce texte aux suspects.

Commissaire, vous dicterez, puisque vous aimez la poésie...

Il ânonne le texte. -"Polis comme de l'huile..."

"Onduleux comme un cygne..."

"Onduleux", j'ai dit "onduleux".

"Comme un cygne". Très bien. "Passaient devant mes yeux..."

"Passaient devant mes yeux..

"..clairvoyants et sereins."

-Je me sens comme un piano à qui on a mis la pédale sourde.

-Allez, sois patiente.

Voilà.

Hier, j'ai reçu un appel de Suzanne Lebloc.

L'épouse du jardinier... Je l'avais soignée pour des varices.

Elle travaillait chez Hélène, à l'époque.

Elle veut me parler avant de quitter la région.

Elle vient à 17h.

Mais si tu en as marre de tout ça, j'annule sa venue.

-Non ! Elle sait peut-être des choses sur la mort de maman.

Sur le meurtrier. -Peut-être, oui.

-Je vais voir Emile. -Emile ?

-L'inspecteur.

-Ah oui ! Emile...

-Aucun des suspects n'a écrit la lettre de suicide de Severina.

Ni celle d'Hélène. Je suis formel.

En revanche, ces deux lettres ont été écrites par la même personne.

-Emile ! -On travaille.

-C'est urgent. -S'il vous plaît.

J'aime votre approche.

Je m'intéresse aux nouvelles technologies.

J'aimerais apprendre, à l'occasion. -Très bien. Quand vous voulez.

-Emile. -Un instant.

Je vous appelle bientôt.

-Parfait.

-Je vous écoute.

-Nous devons vite... -Commissaire !

On a retrouvé le cadavre d'une certaine Suzanne Lebloc.

...

-Je suis la prochaine sur la liste. Je veux plus rester seule.

Plus une minute !

Venez à la maison. Emile peut pas être près de moi tout le temps.

-Bien sûr. Mais peut-être que... -Un policier restera à vos côtés.

-Non, je préfère mon oncle à n'importe quel quidam !

-Oui. C'est comme tu veux.

Le tonnerre gronde.

...

-Emile...

Emile, la mort a eu lieu entre 14h et 16h.

Je convoque nos suspects ?

-Non, il y a plus urgent. -Ah ? Quoi ?

-Dîner, Jean. Dîner.

-J'ai beau faire le larbin, vous m'en voulez encore.

-Voilà : un larbin. C'est ce que je suis pour vous.

-Non, pas du tout, non.

Vous avez raison.

J'ai fait interner Sacha un peu trop tôt. J'ai eu tort.

-Vous vous excusez ?

-En quelque sorte. -Vous le direz à Sacha.

-Oui, on verra...

Vous m'avez fait de la peine, en disant que je finirai tout seul.

-Je le pensais pas vraiment. -Si, je finirai tout seul.

Comme un chien.

J'ai pas eu le courage de reprendre contact avec ma fille depuis un an.

J'ai pas de femme.

J'ai tout raté. -Il n'est pas trop tard.

-Oh si... Si, c'est trop tard.

Je suis minable, égoïste.

Bientôt, je ne banderai même plus. Plus personne ne voudra de moi.

Des femmes m'ont aimé passionnément.

Mais je voulais les trousser, et après, je les abandonnais.

-C'est peut-être parce que... -Quoi ?

-Vous aussi, on vous a abandonné. -Ca suffit, la psychanalyse.

Ca va.

J'allais bien, avant cette saleté. Et regardez mon état.

Montez.

-Je disais ça pour vous aider.

-J'ai tellement mal à la tête ! Ces médicaments m'assomment.

-Quand je pense que vous avez sans doute vu l'assassin...

Parlez-moi.

-J'ai toujours eu l'image d'un père soumis, faible,

..mourant d'amour à l'hôpital. Pourtant,

..j'ai peur des hommes, de leur agressivité.

Je prends donc les devants, je les agresse.

J'aime pas les femmes pour autant. La musique, ça n'a pas de sexe.

C'est neutre. Y a que là que je sois bien.

Mais je voudrais ne pas passer à côté de ça.

La sexualité.

La vraie vie.

-Que faites-vous ?

-On parle. Mais Emile va partir. -Oui, qu'il parte. Il est tard.

-Oui.

Ca va aller ?

-Ca va.

-Bon.

Bonsoir.

-Je déteste ces médicaments.

-Il s'agit donc d'une femme,

..Hélène Poliakov, qui a été compulsive avec les hommes ?

-Exactement.

-C'est plus rare chez les femmes, mais ça arrive.

-Et y a-t-il des raisons... -Psychanalytiques ?

-Bonjour, inspecteur.

Souvent,

..ces femmes ont eu avec leur père un rapport incestuel.

Fusionnel, très ambigu...

Mais non consommé. -Ca ressemble pas trop à Hélène.

-Son père travaillait beaucoup.

Elle et son frère étaient livrés à eux-mêmes.

Ces femmes peuvent provoquer de la violence chez les hommes, non ?

Les amants délaissés, par exemple. -Oui. Beaucoup de jalousie.

Mais c'est le père incestuel qui a le plus de mal à le vivre.

-Ah...

-Il n'y a pas de père ? -Non.

-Désolée, tout cela ne vous aide pas beaucoup.

Ma discipline n'est pas infaillible.

Bon, je vais devoir y aller. -Déjà ?

-Ma tournée commence demain.

-Je jalouse tant ces commissaires à qui tu vas...

-Toi aussi, tu vas me manquer.

-J'aimerais savoir faire de la place à une femme comme toi.

-Au revoir, Emile.

Au fait...

Dites-moi...

Si ses parents n'ont pas élevé Hélène, qui l'a élevée ?

-Son frère. Un homme très bon et très attach...

-Emile ! Vite ! Vite !

A bientôt. -Oui.

-Au revoir.

...

-Ma douce...

Ma chérie...

Ca va ?

-J'ai mal dormi.

-Que faisais-tu, hier, avec Emile, quand je suis arrivé ?

Vous ne parliez pas normalement.

-Une sorte de séance d'analyse. -Analyse ?

Qui peut croire à toutes ces bêtises ?

Tiens.

Quoi ? Tu ne les prends pas ? -Pas tout de suite.

-Que peut la psychanalyse pour une jeune fille comme toi ? Hein ?

-Me permettre de comprendre ma peur des hommes.

-Peur des hommes ?

C'est que tu n'as jamais rencontré celui qu'il te fallait.

Ta mère non plus n'a jamais compris le genre d'homme qu'il lui fallait.

Pourtant,

..c'est pas faute d'en avoir parlé. -Ma mère voulait être libre.

Son assassin la voulait pour lui.

-Mais elle était à moi ! C'est moi qui l'ai élevée.

J'ai fait d'elle une femme. Et comment m'a-t-elle remercié ?

En se donnant à d'autres ?

-Mais vous êtes son frère !

-Justement ! Elle me devait tout ! Tout !

Elle voulait partir avec ton père et toi ! Refaire sa vie !

Elle voulait m'abandonner !

-Vous la harceliez ?

-Je voulais qu'elle quitte Balmont. Mais c'est lui qui l'a quittée.

-Vous l'avez tuée !

-Et j'ai drogué ton père, pour qu'il ait des hallucinations.

En voyant le cadavre de ta mère, il a cru qu'il l'avait tuée.

Ton père était un vrai naïf ! -Et vous avez tué tous ces gens ?

-Severina m'a fait chanter pendant 15 ans ! Il fallait que ça cesse !

Et Lebloc a pris le relais ! L'argent ! Toujours l'argent !

Et sa femme s'y est mise aussi ! Alors, oui, je l'ai tuée !

C'est très facile, de tuer. Et très difficile d'être aimé.

Ah !

Tu lui ressembles tellement !

C'est elle qui t'a envoyée à moi, hein ?

Pour se faire pardonner d'avoir refusé mon amour.

Hélène, tu es à moi pour toujours. -Non !

Jamais ! -Pourquoi ? Pourquoi ?

Pourquoi ?

Le piano résonne.

-Emile !

Les portières claquent.

-Sacha !

Coup de feu.

-Je vous arrête pour le meurtre de Severina Patrimonio,

..de M. et Mme Lebloc, et bien sûr pour celui de votre soeur,

..Hélène Poliakov.

-Je l'aimais, Hélène. Je l'aimais.

-Le liseron, chère Sacha, est une plante détestable,

..dont les racines s'enfoncent dans la terre.

C'est une plante pernicieuse,

..qui étouffe les jolies fleurs qui veulent pousser.

-Je vous savais amateur de poésie, de femmes... Mais de plantes ?

-Et voilà !

Elle va enfin pouvoir grandir, respirer...

Vivre !

Merci.

Et pardon.

...

-Bien !

Le Musée des Canonniers a été cambriolé. Je voudrais...

-Vous voudriez quoi ? C'est fini, ce petit jeu.

Chacun à sa place. -Juste une dernière enquête...

-Non, Lampion.

-Une toute petite enquête ! Après, je redeviens un mouton docile.

-A propos de mouton, voulez-vous des nouvelles du lapin ?

-Quel lapin ? -"Joe the Rabbit" a à nouveau sévi.

Hier soir, à L'Oiseau Bleu, j'ai fait sa fête à Esméralda.

J'étais dans une forme... -Je vois.

-Un athlète ! -Je vois très bien.

-Vous avez rappelé le graphologue ? -Pas encore.

-Qu'attendez-vous ? Profitez-en tant que la machine marche !

-J'ai été très occupé avec Sacha.

-Eh bien ! Virez votre cuti et épousez-la !

-Pourquoi pas lui faire un enfant, pendant que vous y êtes ?

-Vous savez quoi, Lampion ?

Je crois que je vais chercher qui est mon père. Oui...

Allez, montons !

-On a retrouvé une jeune fille assassinée.

Cause du décès : strangulation

avec un bas.

-Rien ne vaut les bas

de soie.

-C'est un grand criminel ?

C'est un défi lancé à la police ?

-Non, à moi.

-Embarrassant.

Larosière patauge.

-Aujourd'hui

choisis ton camp.

-Voilà

le nouveau visage de la police.

-Un peu de tenue !

-La question n'est pas là. Pourquoi a-t-il tué ? Pourquoi ?

A la vôtre.

SOUS-TITRAGE MFP

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