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LIBRE COMME LE VENT
Désolé, l'ami. On n'est pas ouvert.
Amène-moi ça à ma table.
Toi, apporte-moi une bouteille.
Dis-lui.
Dis-lui, toi.
Je mange.
Désolé, l'ami.
Pas la peine de traîner ici.
Je vous l'ai déjà dit, on n'est pas encore ouvert.
Tu es sourd ?
Qui ? Moi ?
Oui, toi.
Tu n'as pas dû m'entendre. Je veux à manger et à boire.
Je veux être servi à cette table. Sans plus tarder.
Je mange.
Maintenant, amène-moi à boire.
Débouche-la.
Quoi ?
Tu es sûr que tu n'es pas sourd ?
Qui connaît Steve Sinclair ?
Qui ?
Steve Sinclair.
Tout le monde connaît Steve.
Il est propriétaire d'un ranch. Son frère et lui.
Un grand ranch ?
Plutôt.
Tony et lui ont presque un tiers de la vallée.
Le reste appartient à M. Deneen.
Vous avez fini mon petit-déjeuner ?
Sinclair vient parfois ici ?
Parfois.
Il pourrait venir aujourd'hui ?
Ecoutez, je ne suis pas devin.
Je ne te demande pas si tu es devin, face de porc.
Je te demande si tu penses que Sinclair passera.
Ils ont sorti le bétail il y a quinze jours.
Ils pourraient revenir se ravitailler.
J'espère que vous ne règlerez pas vos comptes ici.
M. Deneen n'aime pas les coups de feu.
On fait ce qu'il nous dit.
On aime qu'il soit satisfait.
Il n'apprécie pas les coups de feu.
Si M. Deneen n'apprécie pas les armes, je n'apprécie pas l'alcool coupé à l'eau.
Si vous voyez Steve Sinclair, ne lui dites rien.
Je veux lui faire une surprise.
C'est un vieil ami à moi.
Tu m'as entendu ?
Salut, Steve.
J'espère que tu as 7 800 dollars sur toi
ou tu peux retourner là d'où tu viens.
Je n'ai perdu aucune bête et j'ai obtenu 5 $ de plus par tête.
- C'était de la chance. - Je suis fortiche.
Fortiche.
- Ça fait plaisir de te revoir, Tony. - Moi aussi.
Oh, j'ai oublié de te dire, Steve.
Je n'ai pas tout à fait le compte. J'ai payé 286 dollars pour la carriole.
Et pour ce qu'il y a dessus ?
Une surprise, Steve. Je te présente Joan Blake.
Enchanté, Mlle Blake.
C'est mon frère, Joanie. C'est Steve.
Tony m'a parlé de vous, Steve.
Elle vient de Jeweltown, Steve.
Viens.
Manuelo.
Manuelo.
- Señor Tony, comment allez-vous ? - Manuelo.
- Hé. - Content de vous voir ici.
Hé, Joan. Joan.
Je te présente Mlle Blake. Elle va habiter chez nous.
Joanie, suis-le. Vas-y.
Venez avez moi, señorita.
Installe-la dans ma chambre. Je dors avec Steve.
Tu l'aimes bien ? Je sais que tu vas l'aimer.
N'est-elle pas jolie ?
Si. Où l'as-tu rencontrée ? Pourquoi l'as-tu amenée ?
Tu as devant toi un homme prêt à faire le pas.
Je vais me marier.
On va se marier. Joan et moi.
N'est-ce pas formidable ?
Si. Félicitations.
Et comment. C'est formidable.
Suis-moi à l'intérieur. Je vais te montrer quelque chose.
Tony.
Hamp.
- J'aimerais me laver. - Pas étonnant.
Je veux savoir ce qui s'est passé ces dernières semaines.
- Tu étais censé le surveiller. - C'est impossible.
Surveiller ton frère, ce n'est pas une partie de plaisir.
C'est vraiment impossible.
Où l'a-t-il rencontrée ?
Tout ce que je sais, c'est que le matin de notre départ,
je l'ai vue dans une calèche toute neuve.
Tony nous a dit qu'on devait l'appeler Mlle Blake
et qu'il allait la ramener pour l'épouser.
Qu'as-tu fait ?
Je l'ai bouclée et suis monté en selle.
Ton petit frère peut parfois être une vraie tête de mule.
Soit il était rond, soit le soleil lui avait tapé dessus.
Ni l'un ni l'autre.
Il a trouvé quelque chose qui lui plaisait.
- C'est de son âge, Steve. - Ce n'est pas le souci.
Elle pourrait bien le calmer un peu.
Les femmes ont ce pouvoir sur les gamins.
Pas cette femme. Pas ce gamin.
Tony ?
Hé, Steve.
C'est un cadeau de ma part.
C'est moi.
Ça te ressemble. Comment ont-ils fait pour te tenir immobile ?
Ils m'ont pris par surprise.
J'ai quelque chose d'autre à te montrer.
Quelque chose que je me suis acheté.
D'où le sors-tu ?
Je l'ai acheté. Un armurier me l'a amélioré.
Je n'aime pas ce genre d'arme.
La gâchette est si bien ajustée qu'elle part en un rien.
Mon vieux Sinclair.
Avec de l'entraînement, je dégainerai plus vite que mon ombre.
Tout va bien, Joanie ?
Tu vas bien ?
Tu es ravissante.
Steve, n'est-elle pas jolie ?
N'est-elle pas la chose la plus belle que tu aies vue ?
Elle va rougir si tu continues.
Ne fais pas attention à Steve. C'est un joueur de poker.
On ne sait jamais ce qu'il pense.
Je vais te montrer mon nouveau pistolet.
Si j'étais toi, je m'y habituerais avant de l'emmener.
Pour m'y habituer, je dois l'utiliser.
Joan, viens voir le tireur le plus rapide de l'Ouest.
Viens, Steve.
Tony.
- Regarde ton soc. - J'aimerais te parler...
J'aimerais te parler de cette fille.
Avec plaisir, mais pas maintenant.
Veux-tu bien ranger ce pistolet ?
Hé, hé, hé.
Pourquoi te mets-tu au sol ? Tu as peur qu'il dégaine ?
- Pas si fort. - Je t'ai posé une question.
- Tu as peur qu'il dégaine ? - Un jour, peut-être.
Tu ne veux pas que je m'entraîne ?
Ne me cherche pas.
Je te l'ai dit des centaines de fois.
Je n'aime pas ceux qui s'entraînent trop.
Comment te l'expliquer ? En te marquant au fer chaud ?
Hé, Steve. Tu ne comprends pas.
Vois-tu, je fais ça pour toi.
Je dois te protéger.
Tu es maintenant repenti, un ex-hors-la-loi
et tu n'utilises plus ton pétard.
Imagine que quelqu'un vient te chercher,
disons demain, après-demain ou jamais.
Vois-tu, je dois savoir bien tirer.
Je dois être bon. On doit défendre cette vallée.
Steve, je suis ton frérot.
Même si ça ne te plaît pas, je ne suis plus un gamin.
Tu n'es plus un gamin non plus. Tu prends de l'âge, tu sais.
Et...
C'est mon droit de te protéger et je compte bien le faire.
Je comprends, Tony.
Peut-être mieux que tu ne le penses.
Entre. Vas-y.
Vas-y.
- Vous voulez du café ? - Non merci.
Lorsqu'une dame est présente, la maison doit être jolie.
Manuelo.
Merci pour la fleur. Elle est ravissante.
Ai-je passé le test ?
Je ne vous juge pas, Mlle Blake.
Je suis le genre de fille qui aimerait savoir si elle peut défaire ses valises.
C'est de famille.
Ce n'est pas un défaut.
Asseyez-vous. Je vais être franc avec vous.
Tony est encore un gamin.
Ni lui ni ce ranch ne sont prêts à accueillir une femme. Pas encore.
Ce n'est pas l'espace qui manque.
Tony dit que vous dirigez une grande vallée.
Tony a l'imagination fertile.
Nous ne la dirigeons pas. Nous avons un tiers.
Dans 20 ans, cette parcelle nous appartiendra.
Un dénommé Deneen s'est installé ici, il y a fort longtemps.
J'ai été son commis pendant trois ans.
Puis grâce à lui, j'ai obtenu une parcelle et quelques bêtes.
Et vous n'êtes pas prêt à céder quoi que ce soit.
Disons que je veux le partager avec une personne spéciale.
Tony n'est assez spécial ?
Mis à part votre nom, je ne connais rien de vous.
Et j'ignore quelles sont vos intentions.
Je suis venue pour épouser Tony et fonder un foyer.
Vous n'êtes peut-être pas assez spéciale. C'est peut-être le problème.
Il aime les armes, n'est-ce pas ?
Vous vous en êtes rendu compte ?
Il débarque dans votre cabaret plein aux as
comme une vraie proie.
Deux chansons et plusieurs verres après, il vous offre une calèche et une vallée.
Je ne suis pas une traînée.
Il ne m'a pas achetée comme ce pistolet.
Très bien, j'ai l'esprit ouvert. D'où venez-vous ?
D'un peu partout.
J'ai passé mes 12 premières années
à bouger d'une petite ville minable à une autre.
Mon père était chasseur de peau.
Après toutes ces années passées à boire,
il ne pouvait plus différencier un buffle d'un âne.
Je n'essaie pas de vous amadouer.
Je réponds à votre question.
Que ressentez-vous pour mon petit frère ?
Soyez honnête avec moi.
Il y a deux jours, ce gamin a débarqué, il m'a appelée "mademoiselle".
Il m'a demandé de chanter cette chanson qu'il aimait tant.
Je vais vous dire une chose...
C'était comme une bouffée d'oxygène.
Vous connaissez les chanteuses de cabaret.
Personne ne les appelle "mademoiselle".
Plus tard, il m'a invitée à dîner et nous avons parlé.
Nous avons parlé des heures durant à propos de moi, de lui.
Puis il m'a parlé de vous et de cette vallée.
Et à l'écouter parler...
Je devais venir ici.
Un couplet de plus dans ce cabaret dégoûtant
et j'aurais craché sur quelqu'un, je serais tombée malade, ou...
Ou je serais morte.
Etait-ce assez honnête pour vous ?
Vous savez, Tony m'a dit que vous étiez son frère aîné.
Vous a-t-on déjà dit que vous agissez comme son père ?
Je suis son père depuis qu'il a 4 ans, mais aussi sa mère.
Je ne le comprends pas tout à fait.
Alors comment voulez-vous le comprendre ?
Ce gamin a des problèmes.
J'imagine que son frère aussi.
- Nous parlons de Tony. - Je parle de vous, maintenant.
Je connais une partie du problème de Tony.
Mais je vous observais, vous aussi.
Ne serrez pas les poings, M. Sinclair.
J'ai déjà vu des bandits repentis.
Alors j'ai dit : "Steve, je n'ai pas ramené que ça."
Vous auriez dû voir sa tête.
Hé, Fred. Fred, tu es assis à côté d'elle.
N'est-elle pas la fille la plus jolie que tu aies vue ?
Oh, je ne vois pas beaucoup de filles par ici.
Hé, Hamp. Dis un peu.
Qu'en penses-tu ? Tu es plus âgé que nous tous.
Elle est mignonne, c'est vrai.
Bravo, Hamp. Je savais que tu serais d'accord.
C'est pas vrai ?
Voilà un homme qui va à Jeweltown deux fois par an
et qui n'a pas encore ramené de femme.
Où vas-tu ?
Je dois ferrer mon cheval.
On doit aller en ville placer l'argent.
- Je vais t'aider. - Attends une minute.
Tu n'oublies pas quelque chose ?
Les gars voulaient que je vous dise qu'on est heureux de vous avoir ici.
Et ?
Si on peut faire quoi que ce soit, dites-le-nous.
On sera heureux de vous aider.
- Qu'est-ce que tu fais ? - Je dois débarrasser la table.
Tu ne vas pas la débarrasser maintenant.
Pas maintenant ? Pourquoi ?
Son discours t'a plus ?
Tu l'as très bien écrit.
Ecoute, détends-toi.
Ça va te plaire, ici, et Steve t'aimera.
C'est allé un peu vite. Il doit se faire à l'idée.
On dirait bien.
Je ne me fais aucun souci. Tout ira bien.
Il a une drôle d'habitude.
Il me traite comme un gosse et ça a le don de m'agacer.
Mais une chose est sûre, Joanie.
Je n'accepterai ça que de lui, parce que c'est mon héros.
J'avais compris.
Tu ne l'aimes pas, pas vrai ?
Parce que tu ne le connais pas.
Je vis depuis toujours avec lui.
Il faisait partie de la bande de Quantrill.
Je l'ai vu dégommer cinq hommes
avant l'âge de 12 ans.
Cet homme...
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Rien.
Tu as un drôle d'air quand tu parles de ton frère.
Qu'est-ce qu'il y a ? J'ai fait quelque chose de mal ?
Qui t'a donné ce sourire ?
Quel sourire ?
Celui que je vois Ià. Il me plaît.
Il te va bien.
J'ai toujours cru qu'il était normal. Je l'ai depuis que je suis né.
Hé...
Quoi ?
Chante-moi quelque chose.
Maintenant ?
Maintenant, en souvenir du bon vieux temps.
Le bon vieux temps d'il y a deux jours ?
S'il te plaît, chante et je continuerai de sourire.
Parfois j'aimerais
Seller le vent
Et te rejoindre là où tu es
Nous pourrions nous rejoindre Dans une vallée
Ou sur une colline verte
Serai-je toute à toi ?
Tu le sais bien
Mon amour
Ma place au soleil
Est à tes côtés
Je le sais
Et si je le pouvais
Je sellerais le vent
Une nuit étoilée
Je sellerai le vent
Et dans tes bras
Je me réfugierai
Qu'est-ce qui te prend ?
Tu m'embrasses comme si tu m'avais payée pour le faire.
Je n'aime pas ces baisers.
Je n'arrive pas à te cerner.
Tu chantes comme si tu m'invitais et ensuite, tu refermes la porte.
J'aimerais te comprendre. J'aimerais savoir ce que tu veux.
Sois doux, Tony.
Tout ce que tu me feras, tu dois le faire en douceur.
Tu comprends ?
D'accord.
Ça viendra. Je ferai ce que tu voudras.
Mets cet argent à la banque. A plus tard.
Entendu. Steve, je n'ai pas un rond.
Tiens.
Hamp ?
Tu m'as eu.
Tony.
- Tu as grossi ? - Tu as grossi ?
Ça, c'est mon pote.
Hamp, bienvenue.
Content de te revoir.
Tu habites dans ce saloon ?
Tu n'as pas de maison ?
Pas depuis que Steve m'a viré.
- Il est toujours aussi méchant ? - Pas avec tout le monde.
Juste avec les vauriens comme toi.
Ce doit être la fille dont j'ai entendu parler.
C'est exact. Ôte ton chapeau.
Joan Blake, voici Dallas Hanson. Il travaillait chez nous.
Enchantée.
De la 4e de l'Alabama. Des Etats confédérés d'Amérique.
- On a tenu le coup à Shi... - On a tenu le coup à Shiloh.
Avec quatre autres comme toi, on aurait perdu la bataille de Bull Run.
On va devoir fêter ça.
- Me feriez-vous l'honneur ? - Une minute.
Suivez-moi.
Salut, Hank.
Salut, Joe. Je te présente Mlle Blake.
La promise de Tony.
Tu veux bien nous servir ?
Deux verres.
Dallas.
C'est une dame.
- J'avais remarqué. - Une dame ne boit pas au bar.
Dans ce cas, je l'emmène à une table. Par ici.
Cette table est un peu sale.
- Ecoute-moi... - Joe, paye un verre à Hank, veux-tu ?
Des verres pour tout le monde. Je paye ma tournée.
- Tony, où est Steve ? - Quoi ?
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Il est mal barré.
Un type est venu hier dans la matinée et...
- Où est Steve Sinclair ? - Il est pas là.
Le...
C'est son frère, Tony Sinclair.
C'est pas lui que je veux.
Si vous avez quelque chose à lui dire, je peux transmettre le message.
Je n'ai jamais aimé envoyer un petit jeune faire mon boulot,
je lui passerai le message moi-même.
C'était juste une offre.
Maintenant, disons que c'est un ordre.
Vous feriez mieux de me donner ce message.
Du calme. Je ne veux pas de coup de feu.
Qu'on apprenne à ce gamin à ne pas cacher sa main.
Le gamin s'appelle Tony.
- Vous n'avez peut-être pas entendu. - J'ai entendu.
Alors dites-le.
Fiston, va voir ailleurs si j'y suis.
Tu ne me facilites pas la tâche, bandit.
Ce n'est pas mon intention.
Je sais ce qui me plaît. Et Steve Sinclair ne me plaît pas.
J'aimerais le lui dire en personne.
Si tu veux déposer une plainte, à ta guise, fiston.
Tony.
Tu ferais mieux de déguerpir.
Tu veux en venir là ?
On dirait bien.
A moins que tu ne veuilles t'excuser.
Tony.
Tu as un sacré culot, fiston.
M. Deneen n'aime pas les coups de feu.
Il n'y aura aucun coup de feu, Joe.
Si ce bandit accepte de partir.
J'attends ton signal, cow-boy.
Tu rends les choses difficiles.
J'attends.
Tu es rapide, mon petit ?
Tu risques de le découvrir.
- Tu veux que je dégaine ? - En as-tu le cran ?
Je suis capable de te mettre six balles dans le ventre
avant que tu ne puisses réagir.
Tony.
Hé, Steve. Il était...
Qu'est-ce qui t'a pris ?
Tony, c'était impossible que tu dégaines plus vite que lui.
C'est Larry Venables, le tireur le plus rapide que je connaisse.
Il voulait t'abattre, Steve.
Tony, je te suis reconnaissant.
La prochaine fois que quelqu'un me cherche,
appelle-moi, pas lui.
C'est tout ce que tu as à dire ?
Je te suis reconnaissant.
Il ne te demande pas de médaille.
C'est une discussion entre frères. Tu t'appelles Sinclair ?
Je ne te demande que de te souvenir d'une chose.
Dans un duel, il y en a un qui finit au bar et paye sa tournée
et un autre dont le nom est gravé sur une pierre tombale.
Dans le meilleur des cas, tu as une chance sur deux.
Je vois, Steve.
Je vais l'annoncer au vieux.
Steve.
Venables était plus rapide que toi ?
Tony, raccompagne-moi, veux-tu ?
Bien sûr.
Tony.
Allons-y maintenant. S'il te plaît.
Oui. Je veux d'abord boire un verre.
Dans une minute, Joan. Donne-moi une minute.
C'est mon fiston.
S'il avait été sudiste, Jeff Davis serait président
et la capitale serait Richmond.
Qu'en dis-tu, Tony ?
Oh, ne t'inquiète pas pour Steve. Il est juste un peu jaloux.
C'était un sacré duel.
Il est un peu jaloux, pas vrai ?
Pas vrai ? Pas vrai, Tony ?
Je veux payer une tournée générale.
- Dans ce cas... - Je paie ma tournée.
Où as-tu appris à tirer comme ça, Tony ?
C'est un pistolet rapide. Regardez ça.
Et son propriétaire n'est pas lent non plus. Faites voir.
- Donne-moi ce pistolet. - Tony ?
- Une seconde, tu veux bien ? - Rends-le-moi.
- D'accord, Tony. - Du calme.
Remplissons nos verres, je veux porter un toast.
Voilà. Je porte un toast à...
On ne tue pas un homme tous les jours.
...Tony Sinclair.
- Tiens un cadeau. Du whiskey. - Parfait.
Bonjour, Steve. Tes hommes sont revenus ?
- Où est M. Deneen, Brick ? - A l'intérieur.
Dis-lui que je suis là, veux-tu ?
Bien, que se passe-t-il ?
Il y a eu une fusillade en ville. Un homme est mort.
Qu'est-ce qui t'amène, Steve ?
Il y a eu une fusillade, M. Deneen.
Brick m'a dit qu'un homme était mort.
Il s'appelait Larry Venables.
Il voulait m'abattre.
Il y a longtemps de ça, j'ai dû tuer son frère.
Et il a fallu que tu le tues.
Tony l'a tué.
Tony ?
Tu es venu pour le défendre. C'est ça ?
Je suis venu tout expliquer.
Je n'ai peut-être pas été clair, M. Deneen.
Un homme est venu en ville pour me descendre.
Il m'a sauvé la peau.
Excuse-moi si je ne cherche pas à connaître les circonstances.
Je veux te demander comment ton frère se sent après avoir tué
un homme pour la première fois.
Mieux que s'il avait tourné le dos.
Et s'il avait tourné l'autre joue, au lieu de dégainer ?
Vous demandez beaucoup, M. Deneen.
Vraiment ?
C'est ce que j'avais demandé à mon fils avant ton arrivée.
Il avait l'âge de Tony.
On me l'a ramené au ranch un dimanche après-midi,
pendouillant sur une selle comme un morceau de viande.
Il n'avait que 19 ans.
Il est mort avant de savoir ce qu'était la vie.
J'en demande trop ?
- J'imagine que non. - Il en est ainsi.
C'est la façon dont on entend appliquer la loi, par ici.
On ne veut pas de bandits, ici.
Vous parlez de mon frère.
Je parle d'un jeune homme et de sa première victime.
Quand je sais qu'il s'agit de Tony, j'en ai des sueurs froides.
Dis à ton frère de ma part que s'il récidive,
je ne veux plus de lui dans cette vallée.
Je dois le prendre comme si c'était adressé à nous deux.
Cela s'adresse à vous deux.
Mais je te le dis, Steve,
parce que je ne veux pas revivre ce dimanche après-midi.
Je ne veux pas te voir étalé sur une selle.
Je préfèrerais voir mon fils partir et ne jamais le revoir
que de devoir l'enterrer.
Essaye de comprendre, Steve.
Fais-le pour moi.
Vous pouvez compter dessus, M. Deneen.
Il a dû prendre sur lui pour venir jusqu'ici.
Vous l'avez bien choisi. Mais son frère ?
Je le sais bien, son frère est possédé.
Ça ne vient pas de Steve. Il est né comme ça.
Je ne pense que Tony soit jamais né.
Je pense que quelqu'un l'a trouvé dans un barillet
et l'a expulsé en appuyant sur la gâchette.
Tu te souviens de cette fille ?
Quand on fait ça, on boit encore plus.
- Tu te souviens ? - Dallas prenait tout le monde.
A chaque fois qu'on se revoit, c'est vraiment...
Elle ne devait pas être armée.
Tony est toujours à l'intérieur ?
Il s'amuse comme un enfant.
Hé, attends un peu, veux-tu ?
Je l'ai liquidé, je l'ai tué. Il est raide mort.
Venez. Je vous raccompagne au ranch.
Vous allez bien ?
Ne vous inquiétez pas pour moi.
N'avez-vous jamais vu une femme pleurer ?
J'imagine que oui.
Ce n'était pas beau à voir. Je comprends.
Une mort n'est jamais facile à avaler.
Désolé de vous avoir confrontée à cela.
Je tiens à être claire, il est inutile de chercher vos mots.
Je ne veux pas de votre pitié.
Ce n'est pas la première fois que je suis seule dans un saloon.
- Vous avez été élevée à la dure. - Rendez-moi service.
Partez et laissez-moi tranquille.
J'ai promis de vous ramener au ranch. Je ne vais pas vous planter ici.
Je ne le répèterai pas, M. Sinclair.
Même si on vous appelle chef et que les bêtes portent votre nom,
je ne fais pas partie du bétail.
Ecoutez-moi bien.
Tony n'est pas juste un gamin qui aime les belles jambes et les voix suaves.
C'est un gamin qui a vu six hommes se faire descendre avant ses 12 ans.
Son dieu à lui, c'était son frère, celui qui a tué 5 de ces hommes.
Si ce gamin n'est pas un ange, je suis navré.
Personne ne vous a forcé à grimper dans cette calèche.
Si vous avez été assez idiote pour tomber sous son charme,
pleurez dans votre coin, mais ne nous jugez pas.
Je suis désolé, Joan.
Ce n'est pas ce que vous souhaitiez.
On n'est pas comme vous le souhaitiez.
Je veux vous montrer quelque chose.
Quand Tony était tout jeune, il venait jouer ici.
C'était sa cachette, comme il disait.
Je lui ai passé un savon pour avoir cassé mon couteau en faisant ça.
Le monde est ainsi fait.
Ils grandissent quand vous avez le dos tourné
et nos souvenirs n'ont rien à voir avec le présent.
Je revois Tony à l'âge de 12 ans graver son nom sur cet arbre.
Pas le gamin dans le saloon, ivre et les pieds dans sang.
Je ne fais pas confiance facilement.
Je n'ai même pas essayé de vous comprendre.
J'aimerais que vous me fassiez un peu de place.
Laissez-moi essayer.
D'accord.
C'est une grande vallée, ce n'est pas l'espace qui manque.
C'est quoi ?
Aucune idée.
On ferait mieux d'aller voir.
Clay, pas de grabuge.
Tu vas te battre, papa ?
Seulement si je suis forcé.
Vous feriez mieux d'attendre ici.
Qui est le chef ?
Qui veut le savoir ?
Je m'appelle Sinclair. Vous êtes sur une propriété privée.
Je ne suis pas de cet avis. On a le droit d'être ici.
Pour quelle raison ? Pour chasser ?
Tout dépend de vous.
Je ne cherche pas d'ennuis.
Ce fusil braqué sur moi ne me plaît pas.
- Fais attention, Clay. - Inutile de faire attention.
On est ici légalement et on va rester ici.
On n'est pas venus de Pennsylvanie
pour détaler dès que quelqu'un hausse le ton.
On est ici légalement, on reste ici.
Vous avez doublement tort.
Vous n'occupez pas ce territoire légalement et vous ne resterez pas.
Je vous conseille de m'écouter.
- Ce territoire appartenait à mon... - Il appartenait à Jacob Ellison.
Il a perdu deux troupeaux en hiver et est parti vers l'Est.
C'était il y a 20 ans.
On a accès à cette parcelle depuis que je suis ici et bien avant ça.
Je m'appelle Clay Ellison.
Mon père est mort et j'ai hérité de ce terrain.
Très bien, vous voulez essayer de nous éjecter ?
J'essaye de vous raisonner. Libre à vous de décider.
Vous voyez ça ?
Il va faire de l'orage.
Il pleut beaucoup ici, votre campement sera inondé.
Ce n'est pas le meilleur endroit.
Il y en a d'autres.
Cette parcelle fait 10 km. On trouvera un autre endroit.
Pas ici. Ces terres sont incultivables.
On se débrouillera.
Même si vous y parvenez, il y a du bétail au nord et au sud.
Une vache affamée ne fait pas la différence
entre l'herbe fraîche et les plans de blé.
Vous avez entendu parler des clôtures ?
Je ne le répèterai pas, Ellison.
On élève des vaches ici. C'est le fruit du travail d'hommes respectables.
Et on n'a pas fait ça pour qu'un jour
vous veniez planter vos clôtures et nous saigner à blanc.
Ce document certifie que ça m'appartient.
Je peux en faire ce que je veux.
C'est la loi. Le gouvernement le dit.
Vous pouvez l'encadrer, mais ça ne fera rien pousser.
Venir ici était une mauvaise décision, Clay.
Tu trouves que partir serait mieux ?
Il va faire de l'orage comme il l'a dit.
Je suis fatigué, Clay. Mes gosses sont fatigués.
Prenez votre temps. Le terrain est boueux, mais vous pourrez partir.
Vous êtes texan, n'est-ce pas ?
Vous n'êtes pas loin. J'ai grandi là-bas, à Laredo.
Je l'avais vu à votre selle.
- Vous n'aimez pas le Texas ? - Plus maintenant.
J'ai dû tuer plusieurs de vos frères quand ils portaient l'uniforme sudiste.
De quoi vous plaignez-vous ? N'avez-vous pas gagné ?
Je me demande, parfois.
Ce n'est pas en portant cet uniforme défraîchi
que vous gagnerez des batailles.
Il n'y aura pas de clairons. Partez au lever du soleil.
Hé, attendez.
On ne vous est pas redevables de quoi que ce soit.
On a dû endurer le froid, la chaleur et la maladie,
alors ce n'est pas vous qui allez nous éjecter, vous entendez ?
Il nous en faudra plus.
Plus que des gens comme vous. Vous m'entendez ?
Vous m'entendez ? Vous... ?
S'il vous plaît, on a traversé des moments difficiles.
Il n'est pas dans son état normal.
Passez la nuit ici.
Mais demain matin, je veux que vous partiez.
Hé, Dal.
- Tu as quelque chose à boire ? - Non, rien à boire.
- Hé, Dal. - Quoi ?
Tu crois...
Tu crois que j'ai dégainé vite ?
J'avais combien d'avance sur lui ?
Je te jure que j'ai cru qu'il avait dégainé en même temps.
Qu'est-ce que ça change ?
Tu l'as laissé sur le carreau.
Tu es rapide, tu ne le savais pas ?
Tu as déjà vu un homme tomber comme ça ?
Je n'ai jamais vu un homme tomber comme ça.
Jamais.
- C'est de la fumée. - Des envahisseurs.
En plein milieu de la parcelle.
- Hé. - Oh, arrête ça.
Tu penses à ce que je pense ?
Tu aimes les envahisseurs ?
Ecoute, je n'aime pas plus les envahisseurs que Venables.
- Et tu sais combien je l'estime. - Ouais.
Faisons-les déguerpir.
- Allons-y. - Hue.
On arrive, les envahisseurs.
Ne t'inquiète pas, Mary.
- Hé, Dal. - Oui ?
Qu'est-ce qu'on va faire ?
Je ne sais pas. Mais faisons-le doucement.
En avant.
Hé, les envahisseurs.
- Hé, Dal. - Oui ?
Tu as un truc à boire ?
J'ai rien à boire. Tu as un truc à boire ?
Non, j'ai rien à boire. Je suis sûr qu'il a un truc.
Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
Quelqu'un me l'a dit.
- Qui ? - Quelqu'un.
- Demandons-lui. - Allons-y.
Tony, je crois qu'on a décroché le gros lot.
Ce n'est pas seulement un envahisseur et un fermier,
mais je crois aussi détecter un vieil uniforme de Yankee.
Quel grade avais-tu ? Adjudant-major du général Grant ?
J'étais sergent-major dans la 5e de Pennsylvanie, rebelle.
Si tu avais fait Cemetery Ridge, tu le saurais.
- Cemetery Ridge. - Cemetery Ridge.
Laisse-moi réfléchir deux secondes.
N'est-ce pas là où les fédéraux attendaient en ligne
et là où, quand le premier sudiste est arrivé à la charge
ils ont détalé comme des lapins ?
Je crois qu'il y avait deux régiments dont on n'a plus entendu parler.
Et je parie que ce type était le plus rapide de tous.
Le voilà. Regarde-le.
- Sacré gabarit. - Sacré gabarit, oui.
Vous avez 15 secondes pour quitter mes terres.
Tu sais quoi ?
Tu as une grande gueule de Yankee. Je vais te la fermer.
C'est fini pour eux.
Ouais, allez.
Vas-y, papa. Ramasse-le.
Surveille-le, Dal. Surveille-le.
Surveille-le.
Allez, allez.
Vas-y, papa.
Eloigne-toi de papa, fiston. Eloigne-toi.
Dis-le comme si tu y croyais.
Dis-le comme si tu ne savais pas qu'il te gardait en vie.
Jamie.
Regarde. Regarde-le.
Comme ça. Comme ça.
Vas-y, papa. Danse.
Vas-y.
- Ramasse-le, papa. - Vas-y, danse, papa.
Vas-y, danse.
S'il te plaît, papa.
Danse, papa.
Tony. Tony.
Si tu n'étais pas soûl, je...
Fiche le camp d'ici, Tony.
La prochaine fois, je te fais la peau.
Relève-toi, Dallas.
Je te donne une minute et demie pour ficher le camp.
Et ne t'arrête pas en ville, continue ton chemin.
Ellison.
De quoi vous racheter un chariot.
Que ça ne retarde pas votre départ.
S'il y a assez pour acheter un chariot,
il y aura assez pour acheter du barbelé pour nous protéger de vos bêtes et vous.
Etes-vous Dennis Deneen ?
Je suis son contremaître. Que voulez-vous ?
Qui est-ce, Brick ?
Ellison. Clay Ellison.
Fais-le entrer, Brick.
Je vous attendais.
J'ai entendu parler de l'incident.
- Je suis désolé. - Vraiment, M. Deneen ?
Mon père m'a dit que vous dirigiez cette vallée.
Il a dit que vous aviez des principes.
Vous faites attention à...
Une minute, Brick.
Allez-y, Ellison. Je vous écoute.
Est-ce tout ce que je peux espérer ? Des excuses ?
Qu'aviez-vous à l'esprit ?
Votre assurance que ça n'arrivera plus.
Je vous le garantie.
Vous n'avez qu'à me vendre vos terres, M. Ellison.
Votre prix sera le mien.
M. Deneen, vous n'arriverez ni à me convaincre, ni à m'intimider,
ni à m'acheter.
Je ne suis pas venu vendre mon terrain.
Je suis venu le protéger.
Vous voulez cultiver cette parcelle et l'enclore.
Vous voulez que je sois à vos côtés
pendant que vous clôturez le pâturage.
Pardonnez-moi, M. Ellison, mais vous avez un sacré toupet.
Pour réclamer ce qui est à moi ? Ce n'est pas du toupet, c'est un droit.
Et à vos yeux, les droits d'un homme sont importants.
Ses droits et son honneur, M. Deneen.
J'ai payé cher pour les deux avec cet uniforme.
A Chicamauga, Bull Run et Chancellorsville.
J'avais des galons de major aux épaules et je les avais mérités.
Je ne laisserai pas un vulgaire vagabond
me dire que ces noms et cet uniforme ne sont pas honorables.
Je m'en remets à vous, M. Deneen.
Je ne me bats pas à armes égales avec eux. Je ne suis pas un bandit.
Je viens donc voir le seul homme
qui puisse me sauver la vie et celle des miens.
Demain matin, j'irai dans votre ville
pour acheter des graines, des outils et du barbelé.
J'aimerais que vous y soyez, M. Deneen,
pour ne pas avoir à acheter un cercueil.
Il n'y a que deux choses que je n'ai jamais aimées, Ellison.
L'une est la violence et l'autre est le fil barbelé.
Mais je déteste encore plus la violence.
Demain matin, passez par ici avant d'aller en ville.
Brick et moi vous escorterons.
Personne ne vous empêchera de faire ce qui vous revient de droit.
Salut, Steve.
Je n'ai plus de tabac.
Ne t'en fais pas pour ça.
Debout, Tony. J'ai beaucoup de choses à te dire.
- Comme quoi ? - Comme ça.
Sais-tu ce que les gens pensent de toi ?
Ça m'est égal.
Ils te prennent pour un allumé à la gâchette facile
depuis que tu as tué ton premier lapin.
Pour eux, si tu descendais en ville,
ils parieraient 20 contre 1 que ta prochaine victime parlera.
Tu aurais dû prendre les paris.
J'aurais dû leur demander pardon,
car c'est à cause de mon frère qu'ils s'enferment à double tour.
Comment te sens-tu, Steve ? Dis-moi.
J'ai tué un tueur qui t'aurait coincé en moins de deux.
Laisse cet homme reposer en paix.
Dois-tu porter sa carcasse autour du cou ?
Je ne vais pas me mettre à genoux et m'excuser.
Pas question. Je t'ai sauvé la peau, frérot.
C'est moi qui l'ai confronté. C'est moi qui ai dégainé.
Tout ce que tu as fait, c'est aller en rampant
chez ce vieil homme.
Les gens se sont approchés pour me serrer la main, ce matin.
Tu n'attendais que ça.
Tu es ensuite allé chercher des noises ailleurs.
Tu étais prêt à abattre un fermier et peut-être sa femme et ses enfants.
Tu as effectivement donné raison à tout le monde ce matin,
tu as prouvé que tu étais un petit frimeur à la gâchette facile.
Tu leur as prouvé.
Je vais te dire ce que je leur ai prouvé.
J'ai prouvé que j'étais deux fois meilleur que toi.
Que j'avais des pâturages que j'étais prêt à défendre.
Et j'ai prouvé...
J'ai prouvé que tu étais jaloux.
Bon sang, Steve, ouvre un peu les yeux.
Je ne suis plus ton petit frère.
Je suis ton associé. Je suis ton égal. Tu ne me feras plus taire.
Je ne t'ai jamais fait taire ou brimé.
Je n'ai toujours souhaité qu'une chose, te voir grandir.
Mais tu n'as pas dépassé ton ceinturon,
ce qui est une petite taille pour un homme.
Je suis Dennis Deneen.
Je vous présente Joan Blake, elle vient de Jeweltown.
Enchanté, mais je suis venu pour affaires.
Allez-y, vous pouvez parler devant elle.
Très bien.
J'aimerais savoir quel est le lâche
qui a essayé d'incendier le camp sur la parcelle d'Ellison.
Vous l'avez devant vous.
C'était formidable.
Je suppose que c'était un acte de bravoure.
Ça ne se reproduira plus, M. Deneen. C'est réglé.
Réglé ?
Est-ce l'épitaphe que vous mettrez sur la pierre tombale ?
Prends ceci comme parole d'évangile.
Je n'accepterai pas qu'on meure pour un bout de terrain.
Et pour un grand espace sans clôture ?
Sache, Tony, que tu n'as pas inventé les grands espaces.
Tu en as juste profité.
Clay Ellison ira en ville demain pour s'approvisionner.
J'espère qu'il finira par nous vendre sa parcelle.
Mais en attendant, il fera ce que bon lui semble.
C'est son droit et je lui donnerai mon soutien.
Enchanté de vous avoir rencontrée, mademoiselle.
Je suis navré que ce soit dans ces circonstances.
Je te souhaite une longue vie, Tony.
Et une longue lignée d'éleveur de bétail.
Je te souhaite de vivre assez longtemps pour les élever.
Ellison vient en ville ce matin.
Il va acheter du barbelé.
C'est ce qu'on dit.
On va le laisser faire ?
C'est ce qu'on va faire, Hank ?
On le laisse faire,
on le laisse acheter du barbelé pour qu'il nous coupe la gorge avec ?
Je n'aime pas ça. Tu aimes ça, Hank ?
Tony, tu sais qu'on doit faire ce que M. Deneen nous dit.
Toi, tu dois faire ce que M. Deneen dit.
Moi, je me fiche de ce qu'il dit.
Je veux faire les choses à ma façon.
Tu as de drôles d'amis, Steve.
Tu es dans le passage.
Vous pouvez me faire bouger.
Vois-tu, on n'a pas envie de te bouger.
Attends une minute, Brick.
Tony, je veux que tu t'en ailles.
Pourquoi ne le demandes-tu pas à Ellison ?
Tony, je te demande de t'en aller.
Moi, je te dis de lui demander.
J'ai une liste de fournitures à acheter, Sinclair.
Tu as du barbelé, dans cette liste ?
En début de liste.
Tu ferais mieux de changer d'avis.
Tony.
Tu le fais à ta façon, Steve et moi à la mienne.
Je te laisse une chance de plus pour t'en aller.
Une chance de plus.
Tu peux aller au diable.
C'est Cemetery Ridge.
Tony.
Tony, écoute-moi.
Tu ne te bats plus contre le barbelé et les envahisseurs.
- Tu te bats contre moi. - Ne me force pas, Steve.
Tu es mon frère.
Tu as peut-être oublié ça.
Non, je ne l'ai pas oublié. Je suis ici pour ça.
C'est pour ça que je vais t'arrêter, Tony.
Dégage, Sinclair.
Personne ne m'arrêtera.
Personne n'achètera de barbelé.
Pourquoi ne laisses-tu pas cet envahisseur se battre seul ?
L'autre jour, il se cachait derrière des femmes et des enfants.
Aujourd'hui, il se cache...
C'est drôle, car il se cache derrière toi.
C'est drôle parce que tu ignores que Steve s'est ramolli.
Tu es incapable de protéger cette espèce de lâche...
Vous pouvez vous le partager. Toi et Tony.
Charlie Harris.
- Oui, monsieur. - Pouvez-vous lire ça ?
- Oui. - Approvisionnez-nous.
Envoyez ça à la parcelle d'Ellison. Je vous attendrai.
- Le barbelé aussi ? - Tout.
Vous devriez en commander plus.
Quand j'aurai enclos sa parcelle,
je ferai la même chose autour de ma propriété.
Et si le barbelé ne suffit pas, je me servirai de ça.
Tenez votre bétail à l'écart de mes terres.
Je ne veux pas que vous touchiez à ce qui m'appartient.
Harris.
Si vous voulez que je vienne chez vous, oubliez-les.
Ces deux bandits. Je veux que vous quittiez la vallée.
Tous les deux.
Allez, Brick. Allons-y.
C'est peut-être moi qui t'ai appris à t'en servir,
mais d'où te vient cette passion ?
D'où te vient cette passion, Tony ?
Steve.
Steve ?
Que se passe-t-il ? Tu es tout seul ?
Tu as de la compagnie, Tony.
Et si tu t'ennuies, tu peux toujours le scalper.
Bien. Commencez à creuser.
- Hamp. Hamp. - Me voilà, Steve.
Rassemble les gars. Je veux les voir immédiatement.
Ils clôturent la parcelle d'Ellison.
Et après, ils feront la même chose autour de la propriété de Deneen.
Il y a un moyen d'arrêter ça, Steve.
Pas pour moi, il n'y en a pas.
Le vieux m'a donné ces terres. Demain, il les récupèrera.
Vous pouvez sûrement rester ici et travailler pour lui.
Ou vous pouvez partir.
Je vous verserai un mois de salaire demain matin.
Vous me manquerez.
J'ai fini, Hamp.
Je ne voulais pas grand-chose du tout.
Je voulais juste qu'il marche la tête haute.
J'en ai sûrement trop fait.
J'ai essayé de lui faire faire ce que je n'ai pas réussi.
Ce n'est pas bien, car en réalité, je l'ai fait pour moi.
- Steve. - Non, c'est vrai.
J'ai essayé de le modeler, de le façonner.
Comme s'il était fait de cuir que je devais ramollir.
Il ne s'est pas ramolli. Il n'était pas fait comme ça.
Ce cuir était pourri, il s'est déstructuré.
Est-ce que ça venait de moi ? Est-ce de ma faute ?
Savez-vous ce que je pense, Steve ?
Ce qu'il y a de bon en lui vient de vous.
Je pense que son sourire vient de vous.
Et c'est vous qui lui avez donné l'amour qui est en lui.
As-tu une raison d'être ici ?
Je suis venu pour mes affaires.
Prends-les et va-t'en.
Tu te fais virer toi aussi ?
Je pars parce que je le souhaite, personne ne m'y oblige.
Tu as de la chance.
Tu permets que je reprenne ça ?
Prends tout ce que tu pourras emporter. Deneen récupère le reste demain.
- C'est-à-dire ? - Tu pars ce soir et moi demain matin.
Tu es fou ?
J'ai prévenu les gars.
Ils peuvent rester travailler pour le vieux.
Tu vas tout lâcher, les terres, le bétail et le reste ?
C'est exact. Prends tes affaires.
Bon sang, Steve. Moi qui te prenais pour le roi.
Tu n'es qu'un faiblard.
- Un vaurien. - Laisse-le tranquille, Tony.
Je vais effectivement le laisser tranquille.
Je ne le toucherais pas, même avec des gants.
Bonsoir, messieurs.
Salut, Red. Comment vas-tu ?
On vous a dit que le vieux allait s'occuper du ranch.
Oubliez ça.
Ce ranch appartient aux Sinclair.
A partir de maintenant, c'est moi qui prendrai les rênes.
Je ne peux pas parler pour les autres, mais j'obéis à Steve.
- Désolé, Tony. - Inutile de l'être. Tu peux partir ce soir.
Tony.
C'est une suggestion ou un ordre ?
Si c'est une suggestion, ma réponse est non.
Et si c'est un ordre ?
Je veux entendre Steve me le dire.
Steve ? Il a entendu le mot "clôture".
Je pense que ça lui a fait peur.
La seule chose qu'il vous dira, c'est au revoir.
- Je pense que c'est son droit. - On ne te demande pas ton avis.
Steve n'est plus là.
Señor Tony...
Ecoute, Manuelo, tu as encore ta place.
Vous autres aussi.
Si vous voulez rester, souvenez-vous
que ni Steve, ni Deneen, ni un autre
n'a quoi que ce soit à voir avec le ranch Sinclair.
Je suis votre seul chef.
Tu n'as pas pris tes affaires et tu es loin de ton cheval.
Je peux être loin de lui si je veux.
Tu n'en es pas aussi proche que je le souhaiterais.
Je vous ai dit que Deneen récupérait ces terres.
Je vous ai dit que vous pouviez continuer à travailler.
Si quelqu'un ne sait plus qui est le chef,
je peux éclaircir la situation.
C'est toi le chef, Steve.
- On est avec toi, Steve. - Compte sur moi.
Ne t'approche pas de moi, Tony.
Si tu tiens tellement à mourir, va mourir loin de moi.
J'en ai assez de creuser des tombes.
Tout doux, Tony.
- Calme-toi, Tony. - C'est bon. C'est bon.
Je suis calme, je suis calme.
On verra bien qui commande, ici.
Allez. Hue.
Que va-t-il devenir, Steve ?
Il continuera sur la même voie.
Il tombera sur un tireur plus rapide, parce que c'est la loi.
Ils l'enterreront.
Avec de la chance, il aura une pierre tombale et sinon peu importe,
car personne ne sera là pour le pleurer.
Sauf moi.
Je pleurerai pour lui.
En avant.
Que me veux-tu, Sinclair ?
Ce n'est pas une visite de courtoisie.
Je suis venu parler affaires.
Au cas où vous ne le sauriez pas, je dirige le ranch Sinclair
et ma première requête est de vous faire enlever la clôture.
Tu es sur mes terres. Va-t'en.
J'ai au moins affaire à un homme.
Ce n'est pas ton cas.
Je parle à une vermine à la gâchette facile
sans cœur au fond de lui.
Je ne peux pas être plus clair, Tony.
Dans ce cas, M. Deneen, vous feriez mieux d'utiliser ce fusil,
parce que je vais devoir vous tuer.
On a tiré sur M. Deneen. C'est arrivé tôt, ce matin.
Il est pas mal amoché.
On sait qui a fait ça.
Il n'a pas pu aller loin, Steve. Il a été touché.
On a suivi la trace du sang vers la colline tant qu'on a pu.
On s'est dit qu'il serait ici.
Il n'est pas ici.
On va continuer nos recherches, Steve.
Quand il a des ennuis, je sais où il va se cacher.
J'aimerais que tu me laisses y aller.
Je bosse pour le vieux depuis 38 ans.
Je l'aime bien, moi aussi.
Vas-tu prendre ton arme ?
Bien, Steve.
Attendez-moi.
Je t'attendrai.
Tony ?
Tony.
Tu n'es pas allé très loin.
J'ai une petite balle dans la jambe.
Avec qui es-tu venu ?
Personne. Je suis venu seul.
Ne t'avance pas plus, Steve.
Il ne fait pas bon marcher.
Il fait chaud.
C'est un bon jour pour mourir. On ne verrait pas la différence.
Je suis venu pour te ramener, Tony.
Je ne vais pas te laisser faire.
Reste où tu es. Je vais devoir te tuer, sinon.
Steve, ne fais pas ça.
Je te demande de ne pas le faire.
S'il te plaît, Steve.
Je vais te ramener, Tony.
Et si je n'y allais pas ?
Tony.
Tony.
Steve, je devais te protéger.
Tu ne pouvais pas tuer ton petit frère, parce que...
- Steve. - Oui ?
Steve.
As-tu trouvé Tony ?
Oui.
Et M. Deneen ?
Il va se tirer d'affaire.
Quand il sera éveillé, dis-lui...
Il est éveillé, Steve. Je pense qu'il aimerait te voir.
Je suis content que vous alliez bien, M. Deneen.
Tony est mort.
Steve. Reviens ici.
N'abandonne pas quelque chose que tu as construit.
Je ne veux pas te dire que ce qui est arrivé est pour le mieux.
Mais c'est arrivé.
Et tu ne peux rien y faire.
Il y a beaucoup de choses à faire dans cette vallée.
C'est notre vallée, Steve, n'oublie jamais ça.
Je vais avoir besoin d'aide.
J'aimerais que tu restes.
Je vais rester.
Retourne donc dans ton ranch
pour leur annoncer que les Sinclair reprennent les affaires.
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