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Dans un quartier général d'Italie, le général Mark Clark,
commandant la 5ème armée alliée,
inspecte les troupes de la Force Expéditionnaire Brésilienne,
dorénavant sous ses ordres.
Papa, je suis bien arrivé en Italie.
On est partis à l'autre bout du monde,
donner ce qu'on a de plus précieux et que personne ne veut perdre…
Je ne sais pas ce qu'on fait ici.
Le commandant brésilien Mascarenhas de Morais
et le général Clark ont regardé les troupes défiler.
Tout ça à cause de ton orgueil qui a fait de moi un volontaire.
À présent, j'apprends à tuer et mourir pour ma patrie…
Je ne sais pas si je serai un jour le héros que tu imagines.
Maman me manque déjà, et tous les autres aussi.
C'est presque Noël.
Copa 4 répondez…
Et ils tentent de nous faire détester
un ennemi qu'on n'a jamais vu.
Copa 4, vous m'entendez ?
Ils répondent pas.
Si ils répondent pas, on y retourne tu crois ?
Rentre et appelle Carioca.
Les Allemands…
Ils vont tous nous tuer. Je les vois arriver…
Les Allemands…
Il va pas la fermer, cet abruti ?
Les Allemands… Ce sont les Allemands…
Ils arrivent.
Les Allemands, je les sens…
Papa,
la mort qui plane au-dessus de moi me tue à petit feu.
C'est comme si mon sang s'échappait de mon corps
goutte après goutte.
Tais-toi, Piaui !
Préparez-vous on va y aller.
L'autre cinglé qui n'arrête pas de marmonner…
Il sait ce que c'est, la Patrie ?
Si tu la fermes pas, je t'en colle une !
Ils arrivent.
Ils arrivent.
Ils vont nous transformer en viande séchée.
T'as vérifié l'équipement ?
T'es prêt à y aller ?
Lieutenant,
ils ont pas encore donné de réponse.
Il faut agir rapidement.
Suffit de suivre la route, et d'avancer.
J'y vais pas.
Comment ça t'y vas pas ?
Lieutenant, je la sens pas cette manœuvre.
Tu vas y aller, je te le dis !
Va me chercher Getulio.
Allez plus vite, plus vite !
Penha.
C'est lieutenant, putain !
Lieutenant,
on a passé toute la journée ici.
Tout le monde crève de froid.
Ramasse ton barda on y va.
J'ai les pieds engourdis.
Toute cette vermine va me bouffer de l'intérieur.
Lève-toi, on y va.
Allez, Carioca.
Y'a quelque chose ?
Maintenant, c'est tout mon corps qui est engourdi.
Mais pas mon esprit.
Guima !
Guima viens voir, t'es où ?
Je crois que j'en ai trouvé une.
Papa, donne-moi la force.
Donne-moi la force, aide-moi à continuer.
Guima, ramène-toi, il y a une mine !
Ces abrutis restent plantés là.
Allez, putain…
Allez…
Regarde ça : elle est en bois !
T'en as déjà vu une comme ça ?
Guima,
qu'est-ce que tu fous, à la fin ?
Tu vas rester bloqué encore longtemps ?
Les Allemands ! C'est les Allemands !
C'est les Allemands, merde !
Piaui qu'est-ce que tu fais ?
Reviens, soldat !
Restez à vos postes, bordel !
Revenez tout de suite !
Je vais mourir !
Je vais mourir !
Je vais mourir !
Je vais mourir !
Piaui !
Piaui !
Baisse-toi !
Tu veux te faire tuer ?
Ils sont où les autres ?
Ils sont où les autres ?
Ils sont perdus par là.
Ici Arizona, attention !
Offensive allemande !
Offensive allemande !
Les Allemands ont attaqué.
Les pertes sont importantes, nous avons perdu 2 tanks !
Toutes les troupes doivent se replier !
Quittez votre poste d'observation dans le secteur 6.5.0 !
Toutes les troupes doivent se replier !
Quittez votre poste d'observation dans le secteur 6.5.0 !
Cette nuit j'ai laissé passer ma chance d'être un héros, Papa.
Je n'ai rien fait pour eux !
Maman…
La seule chose dont j'ai peur, maintenant,
c'est d'oublier les prières que tu m'as apprises.
Nom de Dieu, mais où est-ce qu'on est ?
C'est Piaui !
C'est qui, à côté ?
Guima.
Piaui !
T'es malade ? Arrête ça !
Et les autres ?
Ils sont où ?
Je les cherche…
Ils sont par là.
Guima ?
Guima ?
Où sont les autres ?
Où sont les autres ?
Merde…
Merde !
Planquez-vous, allez !
Ferme-la.
T'as pas vu que c'étaient les Allemands, soldat ?
Il faut aller chercher leurs corps.
Quels corps ?
Quels corps ?
Carioca et Getulio.
Tu veux retourner là-bas ?
Retourner là-bas ?
J'y retourne pas, moi !
On ne peut plus retourner en arrière.
Et je ressens ce que tu m'as toujours dit de ne pas ressentir :
la peur,
la culpabilité,
le doute…
Y'a un poste d'observation américain, pas loin d'ici.
Faut espérer qu'on les trouvera là-bas.
Où aller ?
Et quel sens donner à tout ça ?
N'accélère pas comme ça !
Qu'est-ce qu'il y a ? On est enlisés ou quoi ?
Oui.
Tu gaspilles l'essence à accélérer comme ça.
Il vaut mieux descendre, et pousser !
Descendez de là !
Il faut pousser, on est coincés.
Allez !
On descend ! L'Italien aussi !
Descendez-le.
Allez, allez ! Tout le monde au sol, j'ai dit !
Et lui aussi !
Allez, tout le monde pousse.
Et qu'est-ce qu'il fait là ?
Qu'est-ce qu'il fait là ? Il doit pousser !
Enlève-lui ses menottes.
Enlève-lui ses menottes tout de suite !
T'as compris ? Tu pousses aussi !
Allez !
Allez, on y va !
On pousse.
Toi aussi pousse !
Qu'est-ce que tu fous planté là ?
Allez !
Allez !
Allez !
Arrête !
Je t'ai dit de ne pas tirer !
On ne tire pas !
Tu as compris ?
Je vous le répète :
vous n'allez rien publier dans votre journal à la con.
C'est des rumeurs, personne ne s'est enfui.
Il paraît que
les deux-là, qui sont à l'infirmerie…
sont en état de choc.
Les deux qui ? De qui vous parlez ?
Les deux gars arrivés ce matin.
Vous avez une photo qui le prouve ?
Non.
Des rumeurs.
Personne n'a paniqué.
Alors laissez-moi y aller.
Dans quelle langue je dois vous le dire ?
Vous n'irez pas !
- Je ne donnerai pas l'autorisation. - Personne n'a paniqué ?
Pardonnez-moi Colonel,
mais je ne comprends pas une chose.
Pourquoi certains ont le droit d'y aller ?
Comment ça ?
Certains journalistes peuvent y aller, et pas moi.
Vous savez pourquoi ?
Parce qu'on ne veut pas de gens comme vous,
qui ne font qu'écrire des mensonges au sujet de la FEB.
J'ai envoyé un télégramme au Brésil pour vous faire rapatrier.
Allez, bonsoir.
Laissez ça là. C'est confisqué.
Qu'est-ce qui va nous arriver, maintenant ?
Avec toute cette histoire…
Quelle histoire ?
Tu sais bien…
On s'est tous enfuis…
Qu'est-ce que tu racontes, soldat ?
Mais qu'est-ce qu'il fabrique ?
Si on prévient pas les Américains qu'on arrive,
ils vont nous descendre.
Ils sont peut-être au courant qu'on a paniqué.
Ou bien ils vont nous prendre pour des déserteurs.
Le poste d'observation américain.
Vous croyez qu'ils y sont encore ?
En tous cas, moi je descends pas.
Alors, qui y va ?
C'est Piaui qui va y aller.
Juste parce que t'es sergent ?
T'es le seul qu'ils ne risquent pas de confondre
avec un Allemand.
Comme si on avait déjà vu un Allemand créole !
Ferme-la !
C'est toi qui vas descendre, Piaui !
- Ça va… - Me touche pas.
Me touche pas, Penha !
C'est toi qui nous as mis dans cette merde.
C'est toi qui as foutu les jetons à tout le monde.
Et qui c'est qui a laissé tout le monde descendre ?
Toi tu vas descendre, maintenant.
Ça suffit.
Tu vas descendre.
On a tous paniqué, lieutenant.
Faut que quelqu'un y aille, Piaui.
Qui y va ?
C'est tout vu, c'est Piaui.
Saloperie de négro !
Et toi, Guima ?
Saloperie de négro, tu vas me le payer !
Salut, ça va ?
Emmène-moi au poste d'observation.
Impossible. C'est les ordres.
Je sais bien. C'est pour ça que je veux y aller.
Vous voulez y aller ?
Vous n'avez pas le droit, ils viennent de nous le dire.
Pourquoi ?
Pourquoi ?
Parce qu'ils ne veulent aucun civil là-bas.
La route est bloquée par l'EP.
Dans ce cas, allons voir du côté américain !
Rui, attends ! Rui !
On y va ?
Viens !
Pourquoi ont-ils abandonné leur poste ?
Je sais pas.
Ils ont dû se replier.
Les Américains ont eu les jetons, eux aussi.
Les soldats sont les mêmes dans toutes les armées.
Lieutenant.
La zone est sécurisée.
Je vais chercher Piaui.
Et nous voilà encore plus isolés…
Allez-y.
Plus perdus…
Plus près de la mort…
C'est un Américain ?
Non.
T'occupe pas de lui.
On va par là, venez.
Allez.
C'est bon je l'ai.
Je l'ai.
Tirez pas !
Oh, Piaui…
Piaui…
S'il vous plaît, tirez pas !
Je suis journaliste, journaliste brésilien !
Pourquoi tu l'as pas dit plus tôt ?
J'étais prêt à te tuer, tu sais ?
C'est quoi, ça ?
Bonjour.
Bon, reste ici.
Piaui !
Enfin !
Tu m'as fait peur.
T'étais passé où ?
On t'a cherché partout, imbécile.
Tu regrettes de m'avoir envoyé ?
Piaui, c'est qui ?
Un journaliste brésilien !
Piaui,
dans la maison en face,
il y a deux boîtes de rations.
Va les chercher.
Et voilà c'est reparti…
Toujours à donner des ordres…
- À faire travailler les autres… - Veuillez me suivre.
Un journaliste ? On est foutus.
J'ignorais qu'il y avait des Brésiliens de ce côté-là.
Ils ont demandé aux Forces Brésiliennes
d'envoyer des ingénieurs.
Vous êtes des démineurs ?
Écoute…
Qui t'a autorisé à venir ici ?
Le colonel Lourenço.
Le colonel Lourenço ?
Je trouve ça bizarre que le colonel Lourenço
laisse monter des civils ici dans ces conditions.
C'est pas facile la photographie, tu sais.
Je peux ?
Vous savez que…
Il y a des gars de votre peloton…
qui ont réussi à atteindre le PC ?
Qu'est-ce que tu dis ?
Après que vous ayez paniqué.
Qu'est-ce que tu fais ici, journaliste ?
Et bien je voulais juste… un entretien.
Avec quelqu'un qui était sur cette montagne…
et comme je sais que vous étiez sur cette montagne…
Qu'est-ce que tu racontes ?
Écoute-moi bien.
Y'a jamais eu personne sur cette montagne.
T'as complètement tort.
Piaui, occupe-toi de la bouffe.
Fais un feu, réchauffe ça.
Je boufferai pas ça froid.
Ce type, là…
Il est au courant de rien.
Alors va rien lui raconter.
Ah ouais ?
Tu veux pas que je lui parle, c'est ça ?
T'as pas réfléchi deux fois pour m'envoyer ici.
Je devrais peut-être lui parler des conneries de notre lieutenant.
La peur des autres soldats nous donne l'air plus égaux.
Elle nous réconforte un peu,
mais malgré tout, je n'arrête pas de penser à des choses horribles.
Mourir.
Me faire estropier.
Il vaudrait mieux ne pas penser.
Je garderai en mémoire chaque seconde de ce voyage
pour te le raconter, Papa.
Et ce gars, alors ?
Qu'est-ce qu'on va faire de lui ?
On lui dit tout ?
T'es malade ou quoi ?
Faut trouver un moyen de le renvoyer au colonel Lourenço.
Ça alors ! Elle est vivante !
Garibaldi.
Les Américains !
Je répète, vous devez vous replier sur San Giusto.
Tu peux mettre plus fort ?
La route 47 est coupée par un champ de mines.
Ce sont les Américains qui s'adressent aux partisans italiens.
Ils ont tenté d'ouvrir une route,
la 47, avec des tanks.
La route est saturée de mines.
Ils ont perdu deux tanks.
Écoute.
Ça m'étonnerait qu'ils renvoient du monde
pour nettoyer cette route.
Essayons de trouver cette route.
Attends…
T'as pas vu que les autres sont rentrés au QG ?
Raison de plus.
Ils doivent croire qu'on a déserté.
On a laissé tout le monde s'enfuir.
Il faut pas qu'on revienne les mains vides,
si on veut qu'ils nous pardonnent ce merdier.
Tu crois qu'ils vont nous accuser ?
Penha,
je veux pas être envoyé en cour martiale.
Même si je sais que c'est le dernier de tes soucis.
Lieutenant.
Je crois que Laurindo a raison.
Il faut à tout prix qu'on trouve cette route.
Tu crois que tu peux la déminer tout seul ?
Sans Getulio, sans Carioca ?
Comment vous vous appelez ?
Adelino Claudio Moise da Silva.
Moise, ça vient de mon père.
Ça va sortir dans le journal ?
Ouais.
S'ils décident pas de me renvoyer au Brésil avant.
Viens Piaui, on se tire d'ici.
Vous allez où ?
Sur la route 47.
Vous allez faire quoi là-bas ?
La nettoyer.
Vous allez la déminer ? C'est vrai ?
On est dans le Génie.
C'est notre boulot, t'as oublié ?
Non, je sais bien…
Mais c'est loin !
En jeep, pas tellement.
Bon, j'attendrai que les Américains reviennent.
On va partir en jeep jusqu'ici.
Par ici…
On trouvera les partisans.
Une fois qu'on est là-bas,
on démine la route 47 et on continue jusqu'au village.
Merde !
Lieutenant.
C'est une bonne idée de laisser cet abruti ici ?
Comment ça ?
Il pourrait venir avec nous.
Il prendra des photos et fera un article là-dessus.
Oui ?
Faut que vous veniez.
Vous pouvez pas rater l'opportunité de photographier ça.
Aucun journaliste n'a jamais fait ça.
Du calme, tu n'y arriveras pas comme ça.
Il faut la traiter avec douceur.
C'est bon, Piaui.
Calme-toi.
Piaui, qu'est-ce que tu fous ?
- C'est bon, elle démarre ? - Calme-toi !
Je vais te montrer comment on conduit.
J'ai pas fini !
Piaui, arrête putain !
Ça vous épate hein ?
Plus vite, Piaui !
Piaui, arrête maintenant !
T'es complètement dingue !
J'en ai conduit un paquet des comme ça, au pays !
Je suis prêt, c'est bon.
Alors, vous venez ?
Je conduis très bien, je te signale.
Essuie tes larmes…
Pourquoi pleurer ?
Je pars,
laissant derrière moi la nostalgie,
certain d'un jour te revoir.
Des Américains !
Vous êtes des soldats américains ?
Vous êtes américains ?
Brésiliens.
C'est des Brésiliens.
Vous avez pas quelque chose à manger ?
S'il vous plaît.
Piaui, donne-leur quelques rations.
Vous allez où ?
On va à San Giusto, en attendant les Américains.
Vous comptez prendre la route 47 ?
Non, on passe par les bois, on prend un raccourci.
Merci !
De rien, Madame.
On va à San Giusto.
Les Allemands nous ont jetés dehors.
Ils sont en train de tout brûler.
Ils ont pris mon fils.
Puisse le Seigneur vous accorder sa protection, Madame.
Merci.
Pour vous et votre famille.
Appelle Rui, on y va.
Rui, on y va.
Donnez-lui quelque chose à manger.
Guima !
Allez.
Je n'arrive pas à trouver un sens à ce chaos.
Je ne sais même pas pourquoi on est là.
À alimenter ce monstre,
ce tourbillon qui détruit la vie de tellement de gens.
J'espère qu'une telle chose
n'arrivera jamais à notre famille, Papa.
Qui ça peut être, la mère de Carioca ?
Et le père de Getulio ?
Tu crois qu'ils ont le même orgueil stupide que toi ?
On doit s'arrêter là.
Il faut continuer à pied jusqu'à la route.
Allez.
Tu vas finir par l'avaler, ton pendentif.
C'est les Allemands ?
J'ai pas peur des Allemands.
Dis, les gens qui sont descendus de la montagne,
tu les connaissais ?
Tu sais ce que c'est, une mine ?
Non je sais pas.
C'est la pire chose jamais inventée.
Et t'as pas peur ?
J'ai la foi.
Lieutenant, faut qu'on s'arrête.
J'ai trop mal au pied.
Ça doit être la maison des pauvres gens qu'on a croisés.
Y'a personne.
Y'a personne, ici.
Je vais voir de l'autre côté.
C'est ceux qu'on a croisés sur la route ?
Il vont pas revenir de sitôt.
On va passer la nuit ici, sergent.
Il est où, Guima ?
Il est là.
Lieutenant,
depuis qu'on est descendus de la montagne,
il est devenu un peu dingo.
Guima.
Je vais mourir !
Je vais mourir !
- Sors de là ! - À genoux !
Fouille-le, Piaui.
Mais vous êtes américains ?
Vous êtes américains ?
Moi je suis italien ! Je suis ami !
Ami des Allemands ?
Je suis pas fasciste !
Moi… pas Mussolini.
Je suis un déserteur.
Un déserteur !
Calmez-vous, c'est un déserteur.
Vous venez d'où vous ?
Vous n'êtes pas américains.
On est brésiliens.
- Vous êtes des alliés alors ? - Oui, des alliés.
Je suis un ami.
Eh l'ami,
où sont les autres ?
Je ne comprends pas.
Il t'a demandé où sont les autres.
Y'en a pas.
Je suis tout seul.
Vous comprenez ? Seul.
Avance !
Attendez.
Lâchez-moi, merde ! Lâchez-moi !
C'est qui ?
C'est mon cousin.
Aidez-moi.
On a vu votre famille sur la route.
Vous avez vu ma famille ?
Oui.
Où ça ?
Où est-ce qu'ils allaient ?
Ils allaient à San Giusto.
San Giusto ?
Hé l'Italien !
L'Italien !
Oh, je te parle !
Giovanni.
Le lieutenant veut te parler.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Tu vas venir avec nous sur la route 47.
Après, tu pourras aller au village.
Qu'est-ce qu'il dit ?
Il dit que tu viens avec nous
sur la route 47.
Pourquoi je devrais venir avec vous ?
Qu'est-ce qui nous dit que ce connard
va pas nous livrer aux Allemands ?
Merde…
Pourquoi vous devez aller sur la route 47 ?
Parce qu'on va la nettoyer, la 47.
Ils vont déminer la route 47.
Vous devriez attendre les renforts américains.
Non.
Y'a pas de renforts.
Y'a que nous.
D'accord, c'est bon.
Je viens avec vous.
Mais j'ai besoin d'une arme.
C'est dangereux.
Lieutenant.
Il est d'accord.
Mais il dit qu'il veut une arme.
Ça va pas être facile, lieutenant.
D'accord.
Les Américains ont perdu deux tanks là-bas.
Après le champ de mines,
il y a deux kilomètres à pied jusqu'à San Giusto.
Guima ! Guima !
Appelle Piaui et allez poser des fusées.
Eh, l'Italien.
C'est pour vous.
Où est-ce qu'ils sont cachés,
les patriotes qui nous ont mis dans cette merde ?
Qu'est-ce que tu fous ? Éteins ça !
Quelqu'un peut-il seulement y mettre fin ?
T'as peur ?
Allez, plus vite !
Bon sang ! Des fusées !
Mettez-vous à l'abri !
Allez !
Feu !
Lieutenant !
T'arrête pas Laurindo !
Continue de tirer Laurindo !
J'arrive plus à tirer !
- Guima ! - Passe-moi ça, imbécile !
Allez, tire !
Guima !
Je suis là !
Piaui ! Lance une grenade !
Lance-la d'ici !
Dégoupille, Piaui !
Crève, fils de pute !
Je suis touché !
Aidez-moi !
Aidez-moi !
Venez me chercher !
Lieutenant !
Il est vivant.
Piaui, fais pas ça !
- Tire pas, putain ! - C'est bon, j'ai compris.
- Guima ? - Il saigne beaucoup.
Sergent, essaye de lui faire un bandage.
Pourquoi maintenir cette ordure en vie ?
Je vais l'achever, moi !
Giovanni !
Il est cinglé !
Vous ne m'empêcherez pas de le tuer.
Il est cinglé.
Arrête !
Écoute-moi…
Écoute-moi !
Personne ne va tuer personne !
C'est un prisonnier important, vous comprenez ?
C'est pas un prisonnier, c'est un Allemand.
Vous savez ce que font les Allemands ?
Écoute,
maintenant c'est notre prisonnier.
Enlève tes pattes de là.
Mais on ne peut pas le traîner derrière nous.
Il va nous faire perdre trop de temps !
Il a raison, on ne peut pas l'emmener.
Il a raison, lieutenant !
Ferme-la, Piaui, personne t'a demandé ton avis.
Qu'est-ce que je fais ici ?
Vous auriez dû me laisser dehors…
Vous auriez dû me laisser dehors !
Il essaye de dire quelque chose.
Je dois m'en aller…
J'en peux plus…
Qu'est-ce qu'il dit ?
Qu'est-ce que tu dis ?
Je vous reconnais…
Vous êtes italien…
Tu me reconnais ?
Bien sûr…
On s'est vu sur le front, tu te souviens ?
Je leur ai dit de ne pas tirer… Il a pu s'échapper…
Maintenant il est libre grâce à moi…
Je ne suis pas allemand,
je parle italien.
- Italien ? - Un peu, oui…
Qu'est-ce que vous faites ici ?
Ce que je fais ici ?
On a décidé de s'enfuir… De déserter…
Un déserteur.
Je suis foutu.
Qui êtes-vous ?
De quel régiment ?
Division alliée, dans le Génie.
Nous aussi on est du Génie.
Laurindo !
Va chercher l'Italien.
Vous faites quoi ?
Je prends les armes et les munitions.
Aidez-moi.
Le problème c'est pas moi. Le problème c'est l'Allemand.
Il va nous ralentir beaucoup trop.
Votre lieutenant ne sait pas ce qu'il fait.
Vous comprenez ?
Qu'est-ce qu'on va faire de lui ?
Qui, l'Allemand ou l'Italien ?
Les deux, lieutenant.
Vous croyez qu'il reste encore beaucoup de paysans
entre ici et la route 47 ?
C'est à l'Allemand que tu devrais le demander.
La route 47…
L'emplacement de la route 47…
Oui ?
Je sais où elle est.
Je sais…
On doit déminer le champ de mines.
On doit le trouver, et le déminer.
Je sais où se trouve le champ de mines…
Mais il n'a pas de carte !
On n'y arrivera jamais en le traînant derrière nous.
Est-ce que…
Il est encore loin, le champ de mines ?
Non, pas loin.
Ensemble…
Vous… et moi…
Une heure… deux maximum…
Tous mes compliments… Faites-confiance à l'Allemand…
Si jamais tu nous mènes en bateau, t'es mort.
Mort !
Je savais que tu serais là.
Ils en ont détruit beaucoup…
De quoi ?
Des églises.
La vie ne vaut pas grand-chose, parfois.
Je ne l'ai pas trahi.
Ce sont les Allemands qui ont maintenu Mussolini au pouvoir,
pour mieux combattre les partisans.
C'est devenu une guerre entre Italiens.
C'est Mussolini qui nous a trahis.
Giovanni.
C'est ton tour.
Ton tour.
Comptez pas sur moi pour le porter.
Allez !
Viens le porter, merde !
Vous êtes des malades…
Vous êtes complètement malades.
Allez, démerdez-vous sans moi.
Démerdez-vous tous seuls avec votre copain allemand.
On verra comment vous vous en sortez sans carte !
Brésiliens de merde !
Vous êtes bien trop stupides pour cette guerre.
Soldats de merde !
Tu commences à nous faire chier, l'Allemand.
J'arrête…
Et s'il se moquait de nous, après tout ?
Et s'il nous amenait dans un guet-apens ?
On fait une belle bande d'idiots.
Et nous on le porte bien gentiment.
Salopard…
Qu'est-ce qui vous arrive, à la fin ?
On marche, mais toujours pas de champ de mines !
Et si c'était une embuscade ?
Il est où ton champ de mines ?
Par là…
encore dix minutes…
Dix minutes, il dit.
Si c'est pas vrai, Piaui te bute.
Tu entends ?
Qu'est-ce qu'il dit ?
Qu'est-ce qu'il dit ?
Non… C'est pas loin…
Le champ est juste là…
Lieutenant de merde…
Tais-toi !
Si t'avais pas merdé…
Getulio et Carioca seraient jamais morts
et on serait jamais descendus de cette foutue montagne.
Jürgen !
Jürgen !
Jürgen !
Arrête, l'Allemand !
Une mitraillette allemande !
Où t'as trouvé ça ?
- J'ai rencontré une troupe alliée. - Te fous pas de nous !
Laisse-le parler.
Les Américains…
Ils arrivent, les Américains ?
Non, les Américains, sont encore loin d'ici.
C'était une bande de paumés, des Brésiliens.
Ils sont un peu plus haut, ils cherchent leur route.
On le ramène avec nous, celui-là.
Allez.
Pourquoi vous me croyez pas ? Je suis pas un fasciste !
Ferme-la et avance !
Jürgen !
Où êtes-vous ?
Il est là !
La route 47…
La route 47…
Ici…
Ici…
Lieutenant…
Prenez la carte.
Vous devez savoir que…
c'est pas un champ de mines normal.
Ce ne sont que des mines anti-char…
Quinze.
Quinze.
Pas des mines antipersonnel.
Ok.
Quinze…
La route 47…
Fais attention !
On peut tenir à trois là-dedans.
On va passer la nuit ici.
Arrête-toi, Guima.
Jusqu'au tank, c'est bon.
Fais attention, Rui.
Allez, accroche-toi bien.
Tu crois qu'on va devoir me couper le pied ?
C'est pas beau à voir.
Piaui…
Médicament…
J'ai un médicament…
C'est une poudre…
C'est pour désinfecter.
Il faut mettre ça sur la plaie.
Sur la plaie.
Ok.
Ça va désinfecter.
C'est pour ton bien.
Saloperie…
Tu devrais le remercier.
Alors ?
Bonne idée, Monsieur Yourgui.
Eh, dis…
Tu trouves pas que ça lui va bien, "Yourgui" ?
Bonne idée…
Ça va mieux, Piaui ?
Un soldat mort, ça a quelque chose de beau.
Contrairement à un soldat vivant.
1, 2, 3…
Si jamais je m'en sors pas…
J'ai fait ça pour toi, Papa.
Vous les Allemands…
Vous avez rien d'autre à faire ?
La guerre, la guerre…
Vous avez pas de femmes ?
Du football ?
Piaui,
t'as pas l'impression de dire n'importe quoi ?
Fous-moi la paix, toi.
Ferme-la et essaye de dormir.
Vous connaissez… en Allemagne ?
But !
Le football ?
Le football…
Américain ?
Non.
Pas américain.
Brésilien.
Nous, on est brésiliens.
- Brésiliens… - Ouais.
Se retrouver en guerre contre le Brésil,
c'est absurde…
Leonidas !
Le diamant noir.
Alors ça !
T'entends ça ?
Les Allemands connaissent le football.
Il manquait plus que ça…
Mon équipe, c'est Augsburg.
C'est quoi ?
Mon club de foot…
Et tu… Tu as…
Une amoureuse ?
Une femme…
Trois enfants…
Ma femme… Mes enfants…
Ma femme… elle est institutrice.
Tenez. C'est la mienne.
Ma fille.
Tu es père ?
Oui, je suis père aussi. On est de Portela.
On a même composé une samba !
De la musique ?
La samba, c'est de la bonne musique.
Ma fille, moi, et mon copain Betou Correa.
Essuie tes petites larmes…
Pourquoi tu pleures ainsi ?
Je pars,
laissant derrière moi la nostalgie,
certain d'un jour te revoir.
Écoute-moi,
essuie tes petites larmes…
Qu'est-ce qui se passe ici ?
Qu'est-ce que vous foutez, là-dedans ?
On fait rien, Penha.
Faites pas de bruit.
Guima ?
Faut y aller.
- Ici. - Ici ?
Enlevez doucement la neige.
Bien sergent, sortez-la.
- Allez. - J'ai eu peur.
Je crois qu'elle vient.
Bien.
Pose-la là.
L'Allemand nous a pas menti.
Il en manque une.
La route est nettoyée, c'est bon.
Même un convoi pourrait passer.
Peut-être.
Mais si quelqu'un tombe dessus, bye bye.
Voilà ce qu'on va faire :
sergent, allez au tank, et ramenez-moi du câble.
On va trouver cette mine.
Je peux pas te laisser seul.
Sergent, c'est moi l'ingénieur. D'accord ?
Il est où Guima ?
Piaui.
Le fil téléphonique.
Il est…
Je t'ai posé une question, sergent.
Il est où Guima, bordel ?
Le laisse pas seul, d'accord ?
Bougez pas ! Restez là !
Laurindo !
Lieutenant !
Laurindo !
Laurindo !
Tu vas bien ?
Où est Guima ?
Je sais pas !
Par là !
Guima !
Guima !
Attention !
J'ai dû la faire exploser.
Elle était trop profonde.
Il y avait trop de neige.
Je l'ai faite exploser.
N'ayez pas peur.
On va faire exploser les autres.
Baissez-vous.
Les Allemands !
Ils arrivent !
On a trouvé ce déserteur au vieux pont.
- Un déserteur ? - Oui.
Il a croisé 5 ingénieurs brésiliens près de la route 47.
Cinq ingénieurs brésiliens ?
Oui, et ils ont avec eux un Allemand blessé.
Tant qu'on est pas sûrs que la 47 est déminée,
on n'ouvre aucune communication.
Croyez-moi, commandant, j'en suis sûr.
Amenez-le avec les autres.
Commandant, croyez-moi.
Commandant, mais croyez-moi !
Bordel…
Tu as réussi.
Tu as bien réussi !
Guima…
Je n'avais jamais fait ça…
sans Carioca, sans Getulio…
C'était la première fois.
Vous avez réussi à déminer la route…
Qui l'aurait cru ?
Eh ouais, l'Allemand !
Lieutenant,
c'est un bon, celui-là.
Je le ramène au Brésil avec moi.
Entre.
Allez, avec les autres minables.
Pas mal, hein ?
Allez, surveille-le bien celui-là.
Laissez-moi là…
Laissez-moi là…
Ici…
Pas à San Giusto.
Les partisans…
Les partisans…
Le destin n'a pas choisi les meilleurs hommes
pour venir changer les choses ici.
Il a pris les premiers qui se trouvaient là.
De la manière la plus dure.
La plus implacable.
Combien de temps il va tenir ?
S'il ne meurt pas avec nous, les partisans vont le tuer.
Tu veux faire quoi, Guima ?
J'en sais rien.
Debout, lieutenant !
Allez, Guima, on y va !
Allez tout le monde !
Non attends…
Il y a beaucoup de partisans là-bas.
On ne pourra rien faire pour lui, lieutenant ?
Vous avez pas dit que c'était notre prisonnier ?
Ça leur sera bien égal, que ce soit notre prisonnier,
ou de n'importe qui d'autre…
Laurindo,
ils vont quand même pas faire du mal à Yourgui ?
Allez, dis-moi !
Qu'est-ce que tu veux faire, Piaui ?
Dis-le nous.
Piaui !
Qu'est-ce que tu fais, Piaui ?
Maintenant, c'est mon prisonnier.
Le prisonnier d'Adelino Claudio Moise da Silva.
Piaui !
Laisse-le.
C'est mon prisonnier…
Le prisonnier du soldat Adelino Claudio Moise da Silva…
C'est moi qui commande, je te rappelle !
Ça doit être Noël…
et les familles de Getulio et Carioca
ne savent toujours pas qu'ils sont morts.
T'aurais pas dû le laisser partir.
Quand tout sera fini,
je veux voir cette montagne couverte d'immenses jardins
où les tournesols pourront enfin fleurir.
Salut, toi.
Penha, qu'est-ce qui se passe ?
On doit être les premiers à arriver ici.
- Vous êtes alliés ? - Oui.
Qui vous êtes ?
Des Brésiliens.
Ah, vous êtes brésiliens ?
Et les Américains, ils sont où ?
On a ni vivres, ni munitions.
Nous non plus.
Écoutez…
La route est libre.
La route est libre ?
Oui. Il nous faut une radio.
Va me chercher ce déserteur.
Vous, venez avec moi.
Comment je peux être sûr que vous me dites la vérité ?
Qu'est-ce qu'il dit ?
J'ai aucune raison de vous faire confiance.
On vient de déminer cette foutue route.
Vous allez appeler les Américains.
Ces soldats disent la vérité, commandant.
Vous n'avez pas entendu les explosions ?
Il nous faut une radio…
Une radio, commandant.
Vous deux, restez ici.
Rui, viens avec moi.
Alors… vous êtes de quelle division ?
7ème peloton du Génie, première division.
7ème peloton du Génie, première division brésilienne.
Dis-leur que les Brésiliens ont déminé la 47.
Qu'ils envoient un peloton.
Et dis-leur de faire vite.
Ici Garibaldi 83.
Garibaldi 83.
Arizona 442, j'écoute.
Ici Arizona 442.
Garibaldi 83, votre information est fausse.
Il n'y aucune troupe brésilienne dans cette zone.
Sans confirmation de l'ouverture de la route,
nous ne pouvons pas vous envoyer de troupes.
T'en fais pas. On va y arriver.
Mais les Allemands sont en train d'arriver.
Que va devenir la population si jamais ils nous tombent dessus ?
On a besoin d'aide d'urgence !
Je répète : on a besoin d'aide d'urgence !
La route est libre !
Je répète : votre information est fausse.
Votre information est fausse.
J'arrive pas à y croire…
Qu'est-ce qu'on va faire d'eux ?
Camarades : attention.
La route est à présent déminée,
mais nous invitions tout le monde à la plus grande prudence.
Maintenant je comprends pourquoi tu m'as envoyé ici.
Ce pauvres gens ont besoin de nous pour les protéger.
À ma grande surprise, je commence à ressentir un peu de fierté.
Je pense à toi, Papa.
C'est Piaui !
Qu'est-ce qu'il fait, cet imbécile ?
Piaui ?
Piaui !
Laissez-le !
C'est un Brésilien !
De l'eau !
Il sont en sale état.
Laurindo.
On a besoin d'un médecin.
Un médecin, merde !
Toi, va à l'infirmerie ! Cours !
Rui !
Ils sont brésiliens.
Oui, il est avec nous.
Garibaldi,
nous avons eu confirmation de l'ouverture de la route 47
par nos ingénieurs.
Nous approchons.
Les Américains arrivent !
Qu'est-ce qu'il y a ?
On a besoin d'un médecin.
- Qui est blessé ? - Faut un médecin.
- Mais vous êtes combien ? - Un médecin !
Où est-il ?
Nous sommes sur le point de libérer San Giusto.
Un Brésilien est mort !
Piaui !
Il faut emmener cet homme au cimetière.
Vous n'êtes pas des soldats de merde.
- Lève-toi de là ! - Laisse-moi !
Non !
Cette lettre s'arrête ici, Papa.
Cette fois je n'enverrai pas de photo.
Et pour être franc,
je ne suis pas certain que ces mots arriveront jusqu'au Brésil.
Mais moi oui.
Et là commencera une toute autre histoire,
dans laquelle chacun de nous essaiera de se reconstruire.
De revenir parmi les gens.
De trouver un sens à nos petites vies
dans ce grand univers.
Mais ne t'en fais pas,
je n'oublierai jamais ce qui s'est passé ici.
Quand je reviendrai,
je te raconterai cette histoire tous les jours,
jusqu'à ce que tu n'en puisses plus…
Et après…
J'imagine qu'il arrivera un jour où tout sera oublié.
Je suis impatient d'être dans tes bras, Papa.
Essuie tes larmes…
Pourquoi pleurer ?
Je pars,
laissant derrière moi la nostalgie,
certain d'un jour te revoir.
Écoute-moi, essuie tes larmes.
Pourquoi pleurer ?
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