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Original subtitles

...

-Ah !

...

-Monsieur Deboucke !

Monsieur Deboucke !

Il est o�, ce pignouf ?

Monsieur Deboucke ?

M. Deboucke !

Monsieur Deboucke !

-Michel !

Pr�viens le patron !

-J'y vais !

...

-J'irai droit au but !

La photo vous a d�plu ? -Asseyez-vous !

Vous m'avez pris dans vos filets, Alice.

Vous serez ma femme, c'est d�cid�.

-Euh... Vous �tes mal tomb�, le mariage et moi, �a fait deux.

-Vous ignorez ce qui arrive � celles qui me disent non.

-Quoi donc ?

Ca va pas, la t�te ?!

-J'adore comment vous dites �a.

-Vous �tes bless�.

-Un probl�me de courroie, ces voitures de luxe sont si fragiles.

Entre nous, il n'y aura jamais de probl�me de courroie,

je vous le promets.

...

Voulez-vous m'�pouser, Alice ?

-Mais... -Chut.

Laissons le destin parler.

...

-Le fr�re, l'associ�, la ma�tresse. Joli brelan.

Pas vraiment in�dit, mais joli tout de m�me.

J'avoue que j'ai d'abord eu un penchant pour vous.

Tous les ingr�dients sont l�.

Une femme plut�t s�duisante, un homme faible, et quelques indices

pour l'assaisonnement : une brosse � cheveux retrouv�e dans...

-(C'est urgent.)

-Cette trace de bottine, taille 37,

et ce t�moin, qui a le souvenir ent�tant

d'un parfum qui ne pouvait �tre que le v�tre.

-Quoi ?

-Cette dame.

-Vous cherchez le commissaire ?

-Lallin Josiane. Je veux parler au commissaire Laurence.

-Malheureusement...

-Je ne repartirai pas avant de lui avoir parl�. Je suis claire ?

-Parfaitement.

Mais... -Vous n'�tes pas le commissaire.

-Non, mais presque.

Je suis Marl�ne.

Marl�ne, sa principale collaboratrice.

Le commissaire est tr�s occup�, il a tant de myst�res � r�soudre.

Mais si... -Lui et personne d'autre.

-Ma m�re dit... -Je m'en tape !

-Elle est pourtant de bon conseil.

-(Il y a eu un accident � l'usine. C'est moi la concierge.)

(Le type est mort. Michel. Un gars du stock.)

(Mais c'est pas un accident. C'est un meurtre.)

(Et cerise sur le cake, je sais qui est l'assassin.)

-Vous connaissez... -(Oui, mais je peux rien dire.)

(Je suis la prochaine sur la liste, et cette liste,)

(je vous dis que �a, c'est pas le Bottin mondain.)

...

On frappe � la porte. -Avril ! Je sais que vous �tes l� !

Vous avez trois mois de loyer en retard ! Je les veux demain !

C'est compris ?!

-Vous m'avez bluff�e. J'�tais s�re que c'�tait elle.

-C'est une astuce vieille comme le monde.

En faisant croire que je la soup�onnais, je d�ployais ma toile.

-J'adore quand vous d�ployez votre toile.

Jamais je n'aurais cru

que le fr�re aurait...

Un infanticide, quand m�me ! -Non, un "fratricide".

Je vous explique. Un parricide, c'est un fils qui tue son p�re.

-Quelle horreur.

-Fratricide : "fratri" pour fr�re,

et "cide" pour meurtre.

Si je tuais Avril, ce serait un "avrilicide".

-Ah, �a marche comme �a !

Si on voulait

me tuer, moi...

-Oh non.

-Ce serait un... "marl�nicide".

-Voil�, tr�s bien.

On frappe et on entre.

-Un colis pour vous, commissaire.

-Ah, c'est pas trop t�t. Alors...

-Qu'est-ce que c'est ? -Belle b�te.

Fabriqu� aux USA pour l'arm�e am�ricaine,

et un peu pour moi, aussi.

-Waouh.

-Avec ce t�l�phone portable, vous pourrez me joindre partout.

-Vous serez deux fois dans le bottin, alors ? La vieille bique !

-Pardon ? -Une vieille dame veut vous voir.

Je la fais entrer ? Elle a fait une heure de car pour vous voir.

-Allez-y, Marl�ne.

La vieille bique

s'est envol�e ?

-Bonjour, Josiane.

-Bonjour. -Ne perdez pas l'�quilibre !

-De quoi elle se m�le, cette courge ?

Grouillez-vous ! Deboucke vient de passer, il va vous massacrer !

Ah ! Choc.

-Josiane !

Josiane !

...

-Vous, je vous adore.

-Qu'est-ce qui se passe ? -Assieds-toi.

Tu vas rigoler.

On me demande en mariage.

-Ah ! Mais c'est... Et il est... ?

-Riche, et amoureux.

-Je suis si heureuse pour toi. -Attends, il y a encore mieux.

Il est vieux.

-Vieux comment ? -Eh ben...

-Vieux vieux.

-Vieux vieux

vieux.

Mais il demande rien en contrepartie.

Il m'a dit : "Vous garderez votre libert�, vos amis, vos meubles."

C'est le deal.

Il a ajout� : "Vous pourrez m�me prendre des amants."

-Des amants ?! -Carr�ment.

Il veut juste se r�veiller pr�s de moi le matin, jusqu'� sa mort.

C'est l'occasion de me ranger des voitures. Je l'ai pas vol�.

La vie m'a pas fait de cadeaux, alors c'est vrai, un beau mariage,

avec un monsieur bien comme il faut...

-C'est pas �a, un beau mariage !

Ca ne s'ach�te pas !

Tu dois refuser !

Absolument refuser !

L'amour, ce n'est pas �a ! L'amour, c'est...

C'est...

-C'est beaucoup trop long ! Fais simple : sujet, verbe, compl�ment !

Ca, confus. Ce mot, trop compliqu�.

Ce paragraphe :

redite !

-Tu te prends pour qui ?!

Vous �tes une bande de misogynes ! -Voyez-vous �a !

-Tu le connais pas, ce mot, hein ?

Tu connais combien de mots ? "Petit chef", "chefaillon", "big boss" ?

Sujet, verbe, compl�ment : "Je donne

"ma d�mission" !

Le jour o� je remets les pieds ici, c'est pour racheter la taule !

Une fois patronne, je remplacerai tous les moustachus par des filles.

-En attendant, tu feras des m�nages ?

Ricanements.

-Je vais me marier.

-Et on peut savoir avec qui ?

-Avec lui, l�.

Pardon !

Le t�l�phone sonne.

-Bureau du commissaire Laurence. *-Marl�ne ? C'est moi.

-Vous ? Mais vous �tes...

Ah, je suis b�te...

Vous �tes l�.

Ce que vous �tes moderne.

Oh ! -Quoi ?

-Elle est morte !

Josiane Lallin, la dame

qui voulait vous voir.

Mais si, cette femme un peu folle ! Elle est venue pour...

Oh mon Dieu...

Elle voulait vous pr�venir.

Il y a eu un accident, mais c'est un meurtre, en fait.

Cerise sur le cake, elle connaissait l'assassin.

Mais si, la vieille bique ! -Attendez, "cake", "bique"...

C'est tr�s grave, Marl�ne.

-Tr�s ? -Oui.

Oui, nous ne sommes pas loin de la faute professionnelle.

-Carr�ment. -Oui.

Cette femme est morte, carr�ment morte. Que vous faut-il de plus ?

-Oh ! -Quoi encore ?

-Ca s'est pass� � Armenti�res, l� o� habite la cousine de ma m�re !

Une cousine par alliance. -J'ai un meurtre sur les bras !

Vos histoires de cousine, de bique, de cake...

-Mettez �a au coffre, Sabine. Confidentiel.

-Tr�s bien, monsieur.

-Si on cherche � me voir,

le genre bell�tre qui roule en Facel-Vega pour �pater les poules

de la capitale,

mettez-lui Castor dans les pattes, �a lui fera les dents.

-Alors, l'escabeau qui glisse, la vieille qui tombe, et...

-Et la t�te qui cogne contre le coin du mur. Merci.

...

On frappe � la porte.

Sabine Toulemonde ? Commissaire Laurence.

C'est vous qui avez d�couvert

le corps de Josiane Lallin ? -Oui. Oui...

-Mais encore ?

-Elle...

Elle a cri� et... C'�tait horrible.

Par terre... L'escabeau, il...

-Vous avez remarqu� quelque chose de particulier ? Un d�tail ?

-Non. Vous croyez qu'elle a �t� assassin�e ?

-Qu'est-ce qui vous fait dire �a ?

-Je sais pas.

-Vous �tes au courant de l'accident qui a eu lieu r�cemment.

Michel Lois�e, c'est bien �a ?

-C'�tait le d�l�gu� syndical

de l'usine, il est mort sur le coup.

C'est terrible !

C'est Fran�oise, sa femme, qui a repris le flambeau au syndicat.

Commissaire, M. Castor.

-Jean Castor, directeur g�n�ral. Vous voulez visiter l'usine ?

-Laissez, Castor, je m'occupe du commissaire.

Elle est de quelle ann�e, votre Facel-Vega ?

-Elle n'est pas � vendre. -On dit �a, et puis un jour...

Emile Deboucke, le propri�taire.

Si vous voulez bien...

-Josiane Lallin avait-elle parl� de ses soup�ons quant � l'accident ?

-Evidemment : d�s qu'elle avait un pet de travers, j'�tais au courant.

Cette bonne femme m'adorait, et c'�tait r�ciproque.

C'�tait une vieille folle.

Quand vous verrez le nombre de mains courantes

qu'elle a sign�es de sa main : une diarrh�e. Je vous en prie.

-Et la famille Lois�e ?

-Une lign�e d'emmerdeurs.

Je me suis coltin� le grand-p�re, le p�re, le fils,

et maintenant, la femme.

On craint toujours qu'ils se reproduisent,

et malheureusement, c'est le cas.

Je d�testais ce petit syndicaliste born�, et il me le rendait bien,

� toujours me menacer d'une gr�ve.

Et la vieille Lallin �tait la pire bonne femme

qu'il m'ait �t� donn� de rencontrer.

Me voil� donc suspect ?

-Votre secr�taire semble tr�s affect�e par la mort de Mme Lallin.

-Sabine ?

Affect�e ?

Une pleureuse professionnelle, celle-l� ! Un rien la secoue !

Je l'avais engag�e pour faire plaisir � un ami, plus jamais...

T�l�phone. Excusez-moi.

All� ?! Oui ?

Comment ?! Et vous me pr�venez seulement maintenant ?!

J'arrive !

Je dois y aller.

J'ai dit : "J'arrive" !

Castor, mon petit directeur g�n�ral, va vous faire la visite.

Castor ! Ici !

-M. Deboucke est d'un autre temps.

Il ne m'a pas recrut� pour glisser la poussi�re sous les tapis,

mais pour r�nover, moderniser, �tre � la pointe.

Ici, c'est la rame.

Quand j'ai termin� mes �tudes, j'ai fini major de ma promo,

et le directeur m'a dit : "Jean, de grandes choses vous attendent."

Sauf que je vais pas les attendre.

Et l�, c'est l'ourdissage.

On peut assembler jusqu'� 400 fils.

Belle b�te, non ?

-Belle b�te, oui.

-Coup� ou arrach�, c'est difficile � dire, vu le poids des rouleaux.

Certains p�sent une tonne.

-Rien d'autre ?

-Non.

Si... Une rumeur court : on aurait entendu la voiture de M. Deboucke

partir juste apr�s l'accident.

Il n'�tait plus dans son bureau.

-Qui l'a entendue ?

-C'est une rumeur. Vous savez comment sont les gens.

-Non, mais vous allez me le dire.

Quelles �taient vos relations avec Michel Lois�e ?

-Une barri�re nous s�parait. -C'est-�-dire ?

-La lutte des classes, Karl Marx, �a doit vous dire quelque chose.

-Dans la famille Marx, j'ai un faible pour le petit dernier,

Groucho.

O� m�ne cette porte ?

-En enfer, j'imagine.

Elle est condamn�e depuis des ann�es.

-"Nos vies ne tiennent qu'� un fil".

-Bonjour, mesdames. Je suis le commissaire Laurence.

L'une d'entre vous ne serait-elle pas Fran�oise Lois�e, la femme...

-C'est moi. Vous me voulez quoi ?

-Toutes mes condol�ances. -Et � part �a ?

-Je peux vous parler ?

Ma question est brutale : votre mari a-t-il pu �tre assassin� ?

-En tout cas, Deboucke et Castor sont responsables de sa mort.

Ces sangles auraient d� �tre chang�es.

Deboucke pourrit la situation pour mieux revendre sa taule

et se faire un paquet de fric.

Les patrons, vous leur donnez �a, ils prennent �a.

Mais on se laissera pas faire.

-Quelqu'un aurait la cl� de la porte condamn�e, au stock ?

-Je sais pas.

-Et Josiane Lallin ? -Une teigne. Bon d�barras.

-Je vous remercie.

Excusez-moi encore.

-Le revoil�.

-Vous savez qui a entendu la voiture juste apr�s l'accident ?

-Non. -Non.

-Bonne journ�e.

...

-Gr�ce � elle, cette baraque revit.

-Le miracle de l'amour. -J'en ai bien peur.

Si vous cherchez � arr�ter quelqu'un, c'est de ce c�t� !

-Madame. -Je vous laisse.

-Les morts accidentelles de Michel Lois�e et Josiane Lallin

sont bien des meurtres.

-Vous allez me raconter tout �a.

-Les rayures caus�es par les pieds de l'escabeau

prouvent qu'on l'a pouss�.

Elle a �t� tu�e car Lois�e l'a �t� aussi.

Le labo devrait confirmer que la sangle a �t�

sectionn�e.

Mme Lallin vient d�noncer un crime,

elle a peur d'�tre la prochaine, et elle se fait tuer � son tour. CQFD.

-"CQFD". Comme vous y allez.

Elle s'est fait tuer aussi parce qu'un

certain commissaire n'a pas pris la peine de la recevoir.

Comment je sais �a ? Je sais tout. C'est mon petit plaisir.

Ca s'appelle comment,

�a, commissaire ? Une "faute professionnelle".

Je vous taquine.

Mais je ne vous ai pas pr�sent� mon amie,

Annick Devass�ne, une amie de la famille,

tr�s vieille et toujours aussi jeune amie. Baptiste !

Rajoutez un couvert ! Vous d�nez avec nous.

Si. On ne me dit pas non dans ma maison.

Et puis j'ai tr�s envie de savoir

ce que vous avez sous le capot.

En plus, ma future femme sera ravie.

Elle a h�te de rencontrer des gens nouveaux.

-Je suis la cousine de Marl�ne, votre secr�taire.

Elle m'avait pr�venue.

Excusez Emile,

c'est un grand enfant.

Il va se remarier. Il est fou d'elle.

Comme chacun sait, �tre amoureux, c'est agir contre son int�r�t.

-On ne pourrait mieux dire.

Peut-on savoir quelle est la belle profession que vous exercez ?

-Je suis biblioth�caire. La biblioth�caire d'Armenti�res.

-Oh la vache. C'est pas...

"Vous avez de la chance, les fleurs sont magnifiques en ce moment."

"Vous avez de la chance, les fleurs sont magnifiques en ce moment."

"J'�tais impatiente de vous rencontrer !"

"Vous rencontrer..."

"J'esp�re que nous deviendrons les meilleures amies du monde !"

-Sans Emile, je serais encore en train de rembourser les dettes

de papa.

Papa �tait un po�te, et les po�tes ne paient jamais leurs dettes.

-Et en plus, ils sont assommants.

Et dire qu'Annick et moi avons eu une amourette de jeunesse...

Combien de temps avait dur� cette bluette ?

-2 mois et 3 jours.

-Quelle m�moire.

Mais Annick est trop modeste :

en plus d'�tre biblioth�caire, elle est aussi �crivain.

Rappelle-nous le titre de ton petit bouquin.

-"Le Romantisme chez les soeurs Bront�".

-Voil�, c'est �a.

Chaque pi�ce est unique.

On vient du monde entier pour les admirer.

-Il en manque un.

-Il a �t� pr�t� au Louvre. Oh !

Voici ma caille !

Alice, je vous pr�sente le commissaire Laurence,

que nos imp�ts paient pour voir le crime partout... Et �a marche.

Ma future �pouse.

-Vous avez de la chance, les fleurs sont magnifiques en ce moment.

-Et voici Annick, dont je vous ai d�j� parl�.

-J'esp�re que nous deviendrons les meilleures mamies... amies

du monde.

-Je le souhaite, mademoiselle. -"Mademoiselle"... Bient�t plus !

Bon, � table !

-Avril, il aurait pu vous adopter, au lieu de vous �pouser.

Mais au fait, vous �tes d�j� mari�e ?

-Qu'est-ce que vous �tes venu fouiner par ici ?

-Il se passe des choses louches dans l'usine de votre futur �poux.

Je vais avoir besoin de vous, vous �tes � la place id�ale.

L'oeil de Moscou. Vous voyez ce que je veux dire ?

-Vous pouvez toujours courir.

Vous m'avez toujours �cart�e de vos enqu�tes, alors...

Ecoutez, Laurence, nos routes se sont s�par�es,

nous ne sommes plus du m�me monde.

-Vous venez, ma caille ? Les ris de veau n'attendent pas !

-"Ma caille" ?

On frappe.

-Je peux entrer ?

Deux secondes.

Il faut respecter, Emile. (Apr�s le mariage, c'est apr�s le mariage.)

-J'ai juste une derni�re

petite exigence.

-(Ben voyons.)

Il frappe � la porte.

(Mais je r�ve, il gratte ?)

Que voulez-vous ?

-Plus de p�trolette, c'est trop dangereux, et je tiens trop � vous.

-Plus de p�trolette ? -Oui.

-Le scooter ? -Oui.

-"Plus de p�trolette"... Plus de scooter, promis.

-Vous �tes adorable. Merci, ma caille.

-Euh... Si on peut �viter "ma caille", je pr�f�re.

Bonne nuit, Emile.

-Vous sembliez bien le conna�tre,

ce commissaire.

-Oui... Vaguement, hein. -Je me disais aussi.

Un ancien amant ?

-Non, �a, certainement pas. -Vous ne me mentez pas, Alice ?

-Non.

-Vous savez que je d�teste qu'on me mente.

On entre.

-Bonjour, Marl�ne.

-C'est tout ?

Il pourrait �tre son... -Grand-p�re.

-Son papy, oui !

-Et alors ? C'est moderne.

-Vous trouvez ? -Et surtout,

on est d�barrass�s d'elle.

Dites-moi, Josiane Lallin vous a bien parl� d'un assassin ?

-Oui. Elle a dit "un assassin".

-Pas d'autres oublis ?

-Non.

-Elle a parl� d'une liste. -C'est �a.

-Demandez au Louvre s'ils ont bien un couteau appartenant � Deboucke.

-Le Louvre de Paris ? -Non, de Tourcoing.

Et puis vous me retaperez �a.

-Tout ? -Tout.

Il y a du rel�chement, Marl�ne :

les messages oubli�s, les pauses pipi qui durent des heures,

les coups de fil � votre maman... "Rel�chement", c'est encore gentil.

-Vous n'auriez pas vu le capuchon de mon stylo plume ? Il a disparu !

-Ca ne va pas ? -Tout le monde m'ennuie.

Mon banquier me refuse un pr�t,

ma secr�taire pleure sans arr�t, et mes ouvriers menacent d'une gr�ve !

On leur donne �a,

et ils veulent �a !

Quelle bande de mange-merde !

-Je pourrais peut-�tre faire quelque chose � l'usine.

-Quoi ?

-Histoire d'�tre plus pr�s de vous.

Je sais pas, un truc...

Un boulot, quoi. Un job.

-Alors, ce capuchon ?

Directrice...

Directrice de la cr�ation, �a vous dirait ?

-De la cr�ation ?

Oui, �a me botte.

-Eh ben alors,

si �a vous botte. -Merci !

"Directrice de la cr�ation".

Hello !

-Alors c'est qui ?!

La banque ne devait rien savoir de ces �l�ments comptables !

-C'est pas moi, monsieur. C'est pas moi...

-Qui d'autre que vous ?! Ce dossier �tait confidentiel ! Confidentiel !

C'est fran�ais, non ?!

On fait pression sur les banques pour que je vende.

Jamais je ne vendrai � ces chacals !

Qu'est-ce qui vous a pris ?! On vous a promis quoi ?! Le mariage ?!

On frappe. -Oui !

-(L'autre affreux est pas l� ?)

-Non !

Ah, quand m�me. Alice...

Tu es magnifique.

Ce rose, cette coiffure...

-Alors, les mariages d'amour,

�a vaut le coup ?

-Magnifique ! Je suis tellement contente pour toi !

-Tu veux conna�tre la meilleure ?

-Non. Enfin oui ! Quoi ?

-Emile m'a nomm�e directrice de la cr�ation

des usines de tissage.

-Directrice ?

-C'est pas fini. Je te propose d'�tre mon assistante personnelle.

En angliche : "My personal assistant".

-"My personal assistant" ?

Alice, c'est adorable, mais je ne saurai jamais...

-Si, t'es cal�e en mode !

Tu m'aideras pour les tendances, le choix des mod�les, des mati�res.

-Les mati�res, oui. Je suis tr�s tent�e, mais...

-Mais ? -Tr�s tr�s tent�e.

Tr�s tr�s.

Mais ce n'est pas possible.

-OK, je vois le bidule.

-Le commissaire a besoin de moi.

-Il a besoin de personne.

-De moi, si.

-O� en est l'enqu�te du si�cle ?

-Le commissaire

a du flair,

tu sais...

Le t�l�phone sonne.

All� ?

Quoi ?! Commissaire ?!

Je comprends pas !

C'est comme tout hach�, un mot sur deux !

Quoi ?!

...

-Entendue ou vue ?

-Non, vue, de la fen�tre de l'atelier de couture.

Il a couru � sa voiture et d�marr� sur les chapeaux de roue.

-Et vous �tes ?

-Ginette. Ginette Hansel.

-J'ai l'impression qu'il y a autre chose.

-Oui. Sabine, la secr�taire du patron,

elle m'a dit que...

-Que quoi ?

-Que ce jour-l�,

M. Deboucke avait donn� rendez-vous � Michel dans le stock.

-Pourquoi l'aviez-vous cach� ?

-Castor, le directeur g�n�ral, il m'a dit de pas en parler.

Il m'a pas vraiment menac�e,

mais j'ai eu peur.

-H�, dites voir, elle �tait comment, l'ancienne Mme Deboucke ?

Ah ! Hein ?

("Parle � mon cul"...)

Bingo !

-Bonsoir, Baptiste. -(J'ai la dalle.)

-Madame ne m'a pas attendu ? Mais fallait servir, voyons !

J'ai l'impression que votre commissaire me cherche des poux.

N'est-ce pas votre avis aussi ? -Des poux, je sais pas.

Mais je peux vous dire que son flair l�gendaire...

Tout le monde croit qu'il a la science infuse,

mais il sait que dalle, il a le flair d'une hu�tre, au mieux.

-Ca me fait chaud au coeur de vous savoir de mon c�t�.

Merci.

-Qu'est-ce qu'y a ?

-J'adore comment

vous mangez.

T�l�phone. -J'ai bon app�tit.

Et il cuisine bien,

votre loufiat.

Il dit pas grand-chose, mais il cuisine bien la blanquette.

-Le t�l�phone,

c'est pour vous.

-All� ?

Marl�ne ?

Non, tu me d�ranges pas.

Non, on �tait en train de... Comment dire ? De d�ner.

Tu serais mon assistante ?

Ah non, pas � l'essai. C'est du solide.

Mais Emile... Emile...

(Il fait o� je dis de faire.)

(Ouais !) Elle rit doucement.

Je te laisse. Oui.

C'�tait Marl�ne.

-Au fait, Alice,

vous ne vous �tes pas servie de votre... scooter ?

-Non, pas du tout. Qui vous a dit �a ?

-Personne. Mais si vous me le dites, je vous crois, ma caille.

Un t�l�phone sonne.

...

-All� ?

...

...

All� ? Oui, Marl�ne ?

Je comprends rien � ce que vous dites !

Pourquoi vous m'appelez sur ce t�l�phone ?

Une d�mission ? Qui d�missionne ?

Je n'entends pas ce que vous dites, c'est hach�.

Demain ? Oui, on verra �a demain.

All� ?

Une voiture d�marre.

...

La voiture s'�loigne.

...

-"M. Laurence, il faut que je vous parle..."

"Commissaire Laurence, il faut que je vous parle.

"Je souhaite donner ma d�mission."

On entre.

-Vous n'avez rien, juste deux accidents.

-Et le Louvre ?

-Le Louvre ? J'ai appel�, mais il n'y a pas de Louvre

� Tourcoing.

-Mais enfin, Marl�ne, le Louvre, c'est � Paris !

-C'est ce qu'ils m'ont dit.

-Pourquoi vous acharnez-vous

contre ce M. Deboucke ? Vous avez deux jours pour r�gler �a.

Deux ! Pas un de plus !

-Je suis un probl�me.

-Pardon ? -Tout est de ma faute.

J'aurais d�

insister,

quand Mme Lallin est venue, tout �a ne serait jamais arriv�.

Je me sens terriblement coupable.

-Moi aussi, � votre place, je me sentirais coupable.

Tr�s coupable.

Si vous ne passiez pas votre temps le nez dans les magazines,

� r�vasser � je ne sais quel destin de princesse...

Vous ne serez jamais une princesse, vous �tes une petite secr�taire !

Le t�l�phone sonne.

D�sol�, Marl�ne.

-Oui ?

Oh...

Je transmets.

...

-On enl�ve le corps, commissaire ? -Convoquez-moi Deboucke.

-Mais il est ici.

-Dans mon bureau ! Je dois vous le dire en braille ? En sanskrit ?

En argomuche de Louchebem ?

-"Monsieur le commissaire, c'est avec tristesse

"que je suis tr�s triste de devoir vous annoncer tristement

"que je compte d�missionner..." On entre.

M. Boucke.

Je suis Marl�ne.

Je suis une copine d'Alice, et la cousine d'Annick Devass�ne.

-Annick a de la famille chez les poulets ?

-Tenez. L�.

Ca fait longtemps que je n'ai pas vu Annick, �a doit faire...

-M. Deboucke.

Vous accusez Sabine d'avoir livr� des documents � la concurrence.

C'est une nature fragile : d�sesp�r�e, elle se jette du toit.

De toute �vidence, il s'agit d'un suicide. Affaire class�e ?

-J'ai eu tort de l'accuser. Elle �tait si �motive, la pauvre.

Je ne pouvais pas me douter que c'�tait... � ce point.

-Une pleureuse professionnelle ?

Avez-vous donn� rendez-vous � Michel Lois�e, au stock,

le jour de l'accident, pour "r�gler des comptes" avec lui ?

-Rendez-vous au stock ? On se croirait dans "Tintin" !

Je dis les choses en face aux gens,

sans avoir besoin de les attirer dans un trou � rat !

-Et toc !

-C'est bien � vous ?

-Oui, je le cherche depuis plusieurs jours.

Je le perds tout le temps, le pas de vis est fauss�.

-Il �tait dans la poche de Mme Toulemonde.

-Elle avait d� mettre la main dessus.

-Pourquoi ne vous l'a-t-elle pas rendu plus t�t ?

Elle vous voyait tous les jours.

-Je n'ai pas �t� souvent l�

ces derniers jours.

-Voil� ce que je crois...

Sabine Toulemonde l'a trouv� chez Josiane Lallin, ce capuchon,

au pied de son cadavre, et elle a pens� que vous l'aviez tu�e.

D'autant plus que vous veniez de passer

devant sa loge, d'apr�s ce qu'elle a dit � votre amie Annick.

Alors elle l'a gard�, par crainte d'�veiller vos soup�ons,

et surtout parce qu'elle commen�ait � avoir peur de vous.

-Attendez...

Si je comprends bien,

j'ai tu� Lois�e, et Lallin pour emp�cher qu'elle me d�nonce.

Et puis je provoque le suicide de cette pauvre fille.

Mais comment dire... Vous n'avez pas de preuve ?

Pour les gens �volu�s,

un meurtre est un v�ritable enfantillage,

� condition d'avoir

la t�te sur les �paules, et un vrai mobile.

-Vous m'avez l'air tr�s cal�, monsieur Deboucke.

Si un jour je d�missionnais,

je vous proposerais ma place, enfin si vous avez toujours votre t�te.

-Vous n'aurez peut-�tre pas le loisir de d�missionner.

-Une menace ?

-Je ne menace jamais personne.

Je mets en garde.

Je dissuade. Je convaincs.

...

...

-Rendez-moi le capuchon de votre stylo,

c'est une pi�ce � conviction, la pi�ce num�ro six.

-Rien ne vous �chappe.

-Vos imp�ts me paient pour �a. Assez peu, mais...

-C'est divertissant, de jouer avec vous.

Num�ro 6 ? Quelles sont les cinq autres ?

-Je les �num�rerai � votre avocat. -Une menace ?

-Je ne menace jamais.

Je sugg�re. Je persuade. Je contrains.

...

-Waouh !

C'est vachement...

Et en quoi �a consistera, mon travail ?

-Vous me le direz quand vous serez install�e.

Castor, entrez donc.

-Les ouvriers ont fait une collecte pour les obs�ques de Sabine.

-Tr�s bien. Rajoutez un billet ou deux de ma part.

Voici Alice,

ma future �pouse, et notre nouvelle directrice

de la cr�ation.

Castor,

le directeur g�n�ral.

-Enchant�e.

Bon, je vous laisse d�finir ensemble

ce nouveau poste.

Ah, trouvez-lui aussi un bureau � la mesure de son talent.

Vous verrez, Castor. Alice a plein d'id�es formidables.

Je dois y aller.

Vous lui ferez faire aussi le tour du propri�taire.

Je sais que vous adorez �a, Castor.

-On ne me la fait pas : les poules dans ton genre, je les connais.

On fait tourner la t�te aux vioques,

et puis un jour ils canent, et � vous la bonne soupe.

-Qu'est-ce tu veux ?

-On pourrait faire

des grandes choses,

toi et moi : tu tiens les cordons de la bourse, je fais fructifier.

A l'arriv�e, c'est fifty-fifty.

-Mon mari sera tr�s int�ress� quand je lui raconterai �a.

-Chiche. Trois coups de fil, et je sais qui t'es vraiment.

-Ce tour du propri�taire, c'est pour aujourd'hui ou pour demain ?

-S'il vous pla�t, mesdames ! Un peu d'attention ! Merci !

Voil�, je vous pr�sente Alice...

Alice Deboucke ?

-"Alice Avril", �a ira tr�s bien. Merci.

-Alice Avril,

la nouvelle directrice de la cr�ation, qui va vous dire

quelques mots.

(Fais court.)

-Euh...

Oui.

Ben... Bonjour les filles.

Para�t que vous faites du tr�s bon boulot. Moi, je vous admire.

Je suis donc la directrice, OK, mais c'est surtout vous

qui allez m'apprendre ce que c'est qu'une directrice.

Jusqu'� pr�sent, pour moi,

c'�tait une directrice d'�cole.

Je viens de l'Assistance, donc je suis comme vous, en gros.

J'ai commenc� � bosser tr�s jeune,

et je sais qu'il faut rien attendre de personne.

Je sais qu'on vous donnera jamais rien, alors faut le prendre.

-Facile � dire !

-Ici, je suis la femme de personne.

La porte de mon bureau

vous est ouverte

24 heures sur 24, on est du m�me c�t�

de la barri�re. -Bon, tr�s bien.

Bravo. Merci, madame la directrice.

Allez, au boulot !

(Tu veux les �nerver ou quoi ?)

-L'emmerdeur, la folle,

et la pleureuse professionnelle.

Tiens, un mot doux.

"M. le commissaire, c'est avec tristesse

"que je dois vous annoncer que je compte d�missionner

"de mon poste de secr�taire de commissaire.

"J'ai beaucoup aim� �tre votre collaboratrice, c'�tait chouette,

"mais il y a un temps pour tout, et tout a un temps."

-Marl�ne ?

Ma ch�rie, je suis si heureuse...

-Je suis tellement... C'est tellement gentil de me...

Mais c'est juste le temps de me trouver quelque chose � moi.

-Tu restes ici le temps que tu veux.

A quoi �a servirait, la famille, sinon ?

-Lois�e n'est plus l� pour nous mettre des b�tons dans les roues.

Sa femme, �a, j'en fais mon affaire.

Quant � la pauvre Sabine...

Exactement : dommage collat�ral.

Sinon, les banques sont de notre c�t�. Gr�ce � vous, je sais.

Deboucke est coinc�.

Manque plus qu'une petite gr�ve,

et dans un mois, c'est vous le boss.

-Salet�s de jeunes.

-Les trois morts, c'est lui aussi.

A qui profite le crime ? A lui. Je le sens pas. J'appelle Laurence.

-Doucement !

Ne vous m�lez pas de �a, vous avez d�j� assez donn�.

Je vais m'occuper de son cas, au petit Castor.

Il a les dents qui commencent sacr�ment � rayer le parquet.

On va... Comment dire ? On va gentiment limer tout �a.

...

-(Laurence, c'est moi.)

(Tr�s dr�le.)

(Fouillez du c�t� de Castor, le directeur g�n�ral.)

(Oui, il est en train de faire un enfant dans le dos d'Emile.)

(Vous voyez : sans moi, vous �tes au point mort, hein.)

(Mais c'est la derni�re fois que je vous donne un coup de main gratis.)

(Ouais. Bonne nuit.)

Les pieds ?

D'accord.

"Le mariage de l'industriel Emile Deboucke semble compromis :

"un certain Robert Vasseur nous a en effet affirm� qu'Alice Avril

"est toujours mari�e � lui.

"Ils se sont s�par�s

"il y a quelques ann�es, mais n'ont jamais officiellement divorc�.

"Le mariage ne peut donc pas l�galement se faire,

"mais Emile Deboucke pourra toujours l'adopter !"

Le salaud !

Quoi ?! Jamais tu parles, toi ?!

Emettre des sons,

bouger les l�vres !

-Ah !

Comment va madame la directrice de la cr�ation ?

C'est fou comme des talents

ignor�s sont soudain reconnus.

-Ca ! C'est de vous ?!

Faites pas votre t�te de cacou, c'est du Laurence tout crach�.

L�.

"Il peut toujours l'adopter." C'est d�gueulasse.

Salir les gens, y a que �a qui vous int�resse.

-Non, j'ai d'autres centres d'int�r�t.

C'est un article de fond, enfin qui touche le fond.

C'est am�ricain. C'est nouveau. C'est moderne.

On vous a mis une cuill�re en argent

dans la bouche, et vous avez oubli� d'o� vous venez.

C'est pourtant �a, la vraie vie : la merde qu'on remue, rien d'autre.

-Et vous le bouclez quand, Castor ? Quand les poules auront des dents ?

-D�baucher ma secr�taire, �a,

c'est d�gueulasse !

-Les gens sont libres de faire ce qu'ils veulent de leur vie,

vous savez.

Ca �tonne les hommes...

-Elle me fatiguait.

Alice claque la porte.

-Merci. -J'adore ta maman. Sers-toi.

C'est si triste qu'on ne se voie plus comme avant.

On s'entendait si bien, enfants. Mais bon, c'est la vie.

Et toi, on ne s'est pas vues depuis... Non, c'est pas vrai !

Le jour de ton bapt�me.

-Quand m�me, c'est vrai ! -C'est effrayant.

-Je suis �mue.

Ce nouveau travail, je ne me rends pas encore compte.

Je suis quand m�me un peu triste d'avoir d� quitter le commissaire.

-Pour avancer dans la vie, il faut savoir

tourner les pages.

-Et puis il �tait d�sagr�able, depuis quelque temps.

-Les hommes sont inconstants, c'est � �a qu'on les reconna�t.

On va bien s'amuser, ensemble.

-J'esp�re bien.

Et... tu le connais bien, ce monsieur Boucke ?

Il est comment ? -Deboucke ?

Charmant, � sa mani�re. -Vous �tes amis depuis longtemps ?

-Un bail. On a m�me eu une aventure, tous les deux,

autrefois. -Une aventure ? Toi et lui ?

-Ca n'a pas dur� tr�s longtemps.

Un jour, je l'ai surpris en train de... Ca t'int�resse ?

-Ah ben oui, que �a m'int�resse.

-Un jour, je l'ai surpris

en train de recueillir un petit moineau bless�.

J'�tais �mue de voir cet homme si puissant

s'occuper d'un petit oiseau.

Mais la suite m'a r�ellement �pouvant�e :

il a jet� l'oiseau bless� en p�ture � son jeune chat,

qui a jou� avec un moment

avant de le d�vorer tout cru. Un vrai carnage.

-Tout cru ? Mais pourquoi il a fait �a ?

-Je ne sais pas.

Mais j'ai pr�f�r� rompre.

-Vous �tes o� ? -On est l� !

-Alors, ces retrouvailles ?

-Tu es en jeans ?

Mais �a t'allait tellement bien... -Je me rattrape le soir.

Et c'est plus pratique pour le boulot.

A ce propos, je te fais

visiter l'usine ?

T'as vu ? C'est mesquin, non ?

-C'est le mot. Je ne regrette pas d'avoir d�missionn�. Je suis d��ue.

Mais les hommes sont inconstants, c'est � �a qu'on les reconna�t.

-Tu sais ce qu'il m'a dit sur toi ? -Non.

-Que tu commen�ais

� le fatiguer.

-C'est pas vrai. -Si. Mot pour mot.

Je suis tellement d��ue.

-Allez, viens.

-Vous allez vous plaire ici.

C'est le bazar en ce moment, mais �a va s'arranger.

Les Deboucke s'en sortent toujours, c'est dans nos g�nes.

En attendant qu'Alice ait son nouveau bureau,

vous allez prendre le bureau de cette pauvre Sabine.

Venez, Alice. Il faut que je vous parle.

-Waouh.

-Je peux tout vous expliquer... -Je me fous de cet article.

Qu'est-ce que c'est que cette tenue, d'abord ?!

-Ca va, c'est qu'un jeans. -"Un jeans".

Vous avez pris votre scooter, en plus. Vous m'avez

encore menti !

-Mon jeans, mon scooter, mon blouson,

c'est ma panoplie.

Quand on ach�te une poup�e, la panoplie va avec.

-Un accord est un accord, Alice, et je ne permets � personne

de revenir sur un accord, jamais !

-Monsieur Deboucke ! Vous �tes l� ?!

Monsieur Deboucke !

Vous me cherchez ?!

Il est o�, ce con ?

-Les filles sont tr�s sympas. Par l�, c'est l'ourdissage.

Le seul dont tu dois te m�fier, c'est Castor, le directeur g�n�ral.

Tu le reconna�tras facilement : il est tr�s petit.

En plus, il est limite avec les femmes.

Garde-le pour toi, mais l'assassin que Laurence cherche partout,

je suis s�re que c'est lui.

C'est un plan pour obliger Emile

� vendre l'usine. Laurence devrait pouvoir le coffrer.

Mais ton ex-patron est persuad� que c'est Emile le coupable !

T'imagines Emile ? Il ferait pas de mal � une mouche.

-Il a jet� l'oiseau bless� en p�ture � son jeune chat,

qui a jou� avec un moment avant de le d�vorer...

-Au fait...

Marl�ne ?

Marl�ne !

Cri au loin.

Marl�ne ?

Castor ?

-Phosphore blanc. Vous pouvez le d�gager.

On ne bouge plus !

...

Votre nouvelle carri�re commence sur des chapeaux de roue.

Donc c'est vous qui avez d�couvert le corps de Jean Castor.

-Oui.

C'�tait... affreux. Affreux, affreux, affreux.

-Vous �tiez seule ? -Oui, seule avec ce...

Choc m�tallique. -Vous avez perdu quelque chose.

Non, l�.

Reprenons. Donc vous �tiez seule.

-Oui. C'�tait... -Non, plus � gauche.

Voil�.

"Affreux, affreux, affreux".

Vous �tiez seule, ce qui vous rend suspecte.

-Suspecte... Moi ?

-Vous aviez des raisons de tuer ce jeune homme ?

-C'est la premi�re fois que je le voyais !

-Et vous le tuez ? Exp�ditif !

C'est remarquable, mademoiselle.

-"Mademoiselle" ? Mais enfin, vous avez oubli� mon pr�nom ?

-Pas seulement votre pr�nom.

Vous connaissez sans doute cette phrase d'un grand

dramaturge anglais :

"La femme est inconstante, c'est m�me � cela qu'on la reconna�t."

L'inconstance, �a vous dit quelque chose ?

-Vous me faites une blague ?

-J'ai l'air de blaguer ?

Alors ? Ca marche ?

-Non. Faudrait peut-�tre le reconfigurer.

-"Reconfigurer"...

Vous l'avez empoisonn�,

et c'est la signature f�minine par excellence : Lucr�ce Borgia,

�a vous dit

quelque chose ? -Non. C'est qui ?

-Une de vos a�eules.

-Lucr�ce ? Non, nous n'avons jamais eu ce pr�nom dans la famille.

Vous n'allez pas me mettre en prison,

commissaire ?

...

Cliquetis.

-Vous pouvez y aller.

Votre cousine, Annick, est � l'h�pital.

On a tent� de l'empoisonner.

-Empoisonn�e ? Elle est morte ?

-Non, on l'a sauv�e.

-Commissaire, j'ai quelque chose � d�clarer.

-Je vous �coute.

-C'est � propos d'un moineau jet� en p�ture � un chat.

-Un moineau jet� en p�ture ?

Vous allez me raconter tout �a. Venez.

-En portant la tasse de th� � ma bouche,

j'ai senti comme une odeur bizarre.

J'ai tremp� mes l�vres, � peine...

Ils m'ont fait un lavage d'estomac, il s'en est fallu de peu.

-Oh, ma pauvre...

Un lavage d'estomac, carr�ment.

Ca fait mal ? -Oh...

-J'ai d�cid� de vendre, Alice.

-Vendre... Vendre l'usine ?

-Oui. Je suis fatigu� de toutes ces histoires.

Et puis avec l'�ge, les soucis p�sent de plus en plus lourd.

Il me reste sans doute peu d'ann�es � vivre,

et je veux vous consacrer tout mon temps, ma caille.

A vous, et � mes rosiers.

On entre.

-Bonne nuit, Marl�ne.

-Repose-toi bien.

Annick ?

Une porte grince.

-(Marl�ne !)

-(Oui.)

-(Vous voulez m'aider, Marl�ne ?) -(Oui.)

-(Je pense qu'Avril est dans de sales draps.)

(Elle est en grand danger de mort.)

-(Un avrilicide ?) -(J'en ai peur.)

(J'en ai bien peur.)

-Tous ces morts... Vous croyez aussi que j'ai tu� tous ces gens ?

Dans quel but ?

-Je sais pas, Emile.

L'ennui ? -Bravo.

C'est une excellente motivation, l'ennui.

Sans doute la meilleure de toutes.

Par exemple, si vous vouliez me quitter, je pourrais vous tuer.

Mais... Ce serait par amour.

Pas par ennui.

Mais vous ne voulez pas me quitter, ma caille ?

-Ben non.

Le couteau qui manque, il est pas rentr� du Louvre ?

-Non, il rentre demain, je crois. Oui, demain.

Demain est un autre jour.

Un jour meurt, un autre prend sa place.

On frappe � la porte.

...

-Merci.

...

Le plancher craque.

-Emile, allez vous coucher.

-(Ouvre.)

(C'est moi.)

-Marl�ne ? -(Oui.)

-(Qu'est-ce que tu fais l� ?)

(Comment tu m'as trouv�e ?) -(Le commissaire m'a fait un plan.)

-(Que se passe-t-il ?) -Waouh.

-(Marl�ne !)

-J'aime bien ce rose.

-Je suis en danger de mort, et quoi d'autre ?

-"En grand danger de mort". Il a dit que �a.

Ca se marie pas avec tout, le rose, mais j'aime bien.

-Il aurait pu venir lui-m�me.

-Il a dit que tu ne lui aurais jamais ouvert.

-C'est pas faux.

Pourquoi �a marche pas ?

Le salaud, il a retir� la bougie.

On fait quoi ? -Viens.

-Attends-moi, Marl�ne.

-Alors ?

Vous vous remettez de vos �motions ?

-Merci. -Jamais j'aurais cru

qu'Emile...

-Merci.

-On est mieux ici.

-Le commissaire Laurence a bien fait de m'appeler.

-J'ai du mal � y croire.

Et partir comme �a...

-Le commissaire y croit, lui.

-Toujours le commissaire...

-Tiens, que fait-il l� ?

-Je savais pas

que tu �crivais. -Oh, c'est pas grand-chose.

-Ah oui. -Si, si.

J'en ai lu un chapitre

hier soir.

C'est tr�s cal�.

Je pensais pas que l'amour, �a pouvait �tre aussi... tordu.

-Bon.

Je vous laisse, je vais travailler.

Prenez soin de vous, les filles, et surtout n'ouvrez � personne.

On sait jamais, avec les fous. -Au revoir.

-Au revoir. -Au revoir.

-POUR LA SECURITE, USINE EN GREVE !

DEBOUCKE, CA SUFFIT ! NON A LA GRANDE BRADERIE !

DEBOUCKE, CA SUFFIT !

NON A LA GRANDE BRADERIE !

-On passe pas, l� !

-Je peux embarquer tout le monde pour entrave � la justice.

-C'est bon, allez-y.

-SECURITE ! SECURITE !

SECURITE !

SECURITE ! SECURITE !

SECURITE !

Cris des ouvriers au loin.

-Deboucke !

Deboucke !

Deboucke !

Vous �tes l�, Deboucke ?!

Lois�e, l'emmerdeur, Lallin, la vieille folle,

Sabine, la pleureuse, Castor, le tra�tre,

et m�me Annick, l'ancienne ma�tresse qui prend le large.

Ceux qui entrent en conflit avec vous risquent une mort violente.

-Punition divine, je ne vois que �a.

Vous trinquez, commissaire ?

Ce serait in�dit, pour vous :

trinquer avec un coupable avant de lui mettre les menottes.

-Tout y est, et pourtant il manque quelque chose.

-Le mobile, je parie.

Moi aussi, j'ai beaucoup r�fl�chi

� �a, le mobile.

Ma femme a sugg�r� l'ennui.

Elle a raison. C'est l'ennui, le mobile, commissaire.

Que ne ferait-on pas pour tuer l'ennui ?

Il n'y a vraiment que deux fa�ons de tuer l'ennui :

l'amour ou le meurtre.

Le pi�ge se referme sur moi, donc.

Il ne vous reste plus qu'� trouver la petite fiole de poison.

Dans ma chambre, peut-�tre.

Je sugg�re

une bo�te � couture � double fond.

Mais accordez-moi au moins �a :

j'ai une circonstance att�nuante.

Je suis tr�s amoureux.

Et comme chacun sait,

�tre amoureux, c'est agir contre son int�r�t.

-Vous pouvez r�p�ter �a ? -Quoi ? Tout ?

-"C'est agir contre son int�r�t..."

La voix d'Annick r�sonne.

-Etre amoureux, c'est agir contre son int�r�t.

-Marl�ne ?

Marl�ne !

Marl�ne ! Marl�ne !

Marl�ne !

Il faut appeler les...

Qu'est-ce que vous faites ? -"La cerise sur le cake",

comme disait l'amie Josiane.

C'est votre tour.

Et vous savoir morte sera mon dernier plaisir.

"Plan machiav�lique", vous disiez. Oui.

Plus personne ne pourra douter de la culpabilit� de Deboucke.

Vous voulez le quitter ?

Il vous tue.

La guillotine l'attend,

comme une amoureuse �conduite.

J'�tais jeune, et folle de lui.

Mais il s'est servi de moi

pour favoriser le rachat de l'usine de tissage de mon p�re.

La vente faite, je ne servais plus � rien.

Trente ans, j'ai attendu qu'il revienne vers moi.

Quand il est devenu veuf, je me suis remise � esp�rer.

Emile Deboucke allait enfin m'�pouser.

Mais non, il vous a pr�f�r�e

� moi.

C'est ce dernier affront qui a tout d�clench�.

-"Seuls les amants s'entretuent."

-Et le go�t de la vengeance attise l'imagination.

-Pourquoi s'en prendre � Marl�ne ? -Pauvre petite cousine...

Je ne l'aurais vue que deux fois dans ma vie :

le jour de son bapt�me et le jour de sa mort.

-Marl�ne !

Sir�ne.

...

-Ca ne vous �tonne pas ? -A peine.

En m�me temps, le plan est admirable.

Je peux vous raconter une histoire ?

-Si c'est une bonne histoire.

-Un jour, du temps de nos amours de jeunesse,

j'ai surpris Annick avec un moineau bless�.

J'ai d'abord �t� touch� de la voir s'occuper d'un oiseau,

mais la suite m'a �pouvant�.

-Elle l'a jet� en p�ture � son jeune chat,

qui a jou� avec et l'a d�vor�.

-Affreux, oui. Vous connaissiez cette histoire ?

-C'est dans l'ordre des choses. -C'est juste.

C'est cette histoire qui m'a d�cid� � rompre,

et un vieux r�flexe de classe, sans doute aussi.

Alice, c'�tait diff�rent. C'est la jeunesse.

Un fol espoir de tout recommencer.

-Tenez. Annick Devass�ne l'avait gard�e du temps de son p�re.

Gr�ce � cette cl�, elle pouvait entrer dans l'usine � sa guise.

-Quand vais-je r�cup�rer mon couteau ?

-Quand l'enqu�te sera boucl�e. Pi�ce � conviction num�ro treize.

-Treize ?

-Il n'�tait donc pas pr�t� au Louvre.

-J'ai confondu avec un Poulbot qui vient de ma m�re.

Je vieillis, ma m�moire aussi.

En tout cas, voil� une porte referm�e � jamais.

Belle b�te, tout de m�me.

Et il s'est offert �a avec un salaire de fonctionnaire ?

Bizarre, non ? -Oui, tr�s bizarre.

-"Tr�s ch�re Alice, cette maison est bien vide, sans vous.

"Vos rires me manquent,

"et vos pas aussi, dans la chambre d'� c�t�,

"la chambre rose, que j'ai renonc� � repeindre,

"comme me le conseillait un ami qui me veut du bien.

"N�anmoins je suis d'accord avec lui : ce mariage �tait ridicule.

"Je ne vous en veux pas, Alice, d'�tre partie comme une voleuse.

"C'�tait moi, le voleur.

"Votre s�jour chez moi aura �t� un bon souvenir.

"Passez me voir quand il vous plaira.

"Tendrement, Emile."

On frappe � la porte.

-Si c'est pour les loyers...

C'est pour moi, tout �a ?

Marl�ne g�mit.

-Vous �tes venu.

-Alors, ce lavage d'estomac ?

-Ca d�coiffe.

Je m'en veux de vous avoir quitt�. Comme �a, en plus.

Sans m�me dire adieu. C'�tait pas tr�s classe.

C'�tait tr�s l�che, m�me.

-J'avoue que je n'ai pas non plus �t�

tr�s classe avec vous, Marl�ne, ces derniers temps,

et je le d�plore sinc�rement.

-Non, c'est moi. Parfois,

on fait des choses, et puis... Mes pens�es ont d�pass� mes mots.

Enfin non, le contraire. -Oui, c'est le contraire.

Tenez, on parle de vous.

-"Il s'en est fallu de peu pour qu'Emile Deboucke finisse

"guillotin� pour payer pour des crimes qu'il n'avait pas commis."

De peu, en effet.

"L'incroyable machination a pu �tre d�jou�e gr�ce au courage

"d'une femme incroyable, Marl�ne Leroy."

"Incroyable" ? C'est gentil, ce qu'elle �crit sur moi, Alice.

Ils l'ont donc reprise au journal ? -Faut croire.

-Si je suis une femme incroyable, vous me reprenez ?

-Si le journal le dit...

Oui ?

-C'est pour toi.

C'est cadeau. -Alice !

-La parfaite panoplie pour trouver un mari.

-Pour aller au bureau, �a sera pas mal non plus.

Sous-titrage MFP.

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