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On garde les yeux fermés.
Plus rien n'existe
que le souffle.
La gorge est détendue.
Le larynx...
On soulève le ventre.
Les côtes...
La poitrine...
Et...
la voix.
Encore.
Continuez sans moi. Je reviens.
On continue.
Allez, allez, allez.
La poitrine...
Alice.
Grégoire.
Grégoire, la poitrine.
On détend les sphincters.
Si l'anus est relâché,
la gorge le sera aussi.
Et...
Attention...
Tout va bien ?
- Macha, tu n'allais pas... - Mais c'est pas moi.
Quelqu'un a mis ça là.
Mais pourquoi ?
J'ai peur.
Richard !
- Tu ne me crois pas ? - Si.
Si, si, mais...
Mais je te connais.
Quand tu as bu, tu vois tout en noir.
Et tu ne te souviens même pas le matin de ce que tu as fait.
C'est ton écriture, chérie.
Mais non.
Non, j'ai pas écrit ça.
D'accord, d'accord, d'accord.
Si tu veux...
on peut appeler la police.
Pour leur dire quoi ?
Toi aussi, tu trouves que je suis folle.
Quel cauchemar.
Bientôt, Herbert sera là
et tout s'arrangera.
Tout va s'arranger.
À demain, Alice.
Salut.
- C'était bien, non ? - Oui. C'est mon mari...
Les filles ! Vous faites quoi ?
Moi, je rentre.
Oh, la menteuse !
Je croyais que tu partais en vacances.
"Pour faire du camping au bord de la mer, au soleil, avec tes amis."
C'est ce que tu as dit à La Voix du Nord.
Sauf qu'elle est où, finalement, Alice ?
À l'ombre, dans un cours de théâtre minable.
- Et... - Et ?
On va se voir.
Ah bon ?
Ça fait 1 mois, que tu me colles aux fesses.
C'est marrant, le petit stagiaire pistonné...
T'as toujours pas compris que je te supportais pas.
Ne plus voir ta sale face de rat au journal,
c'est ça, les vacances.
"Face de rat" ?
Sale.
Gauche. Arrière.
Devant. Droite.
Droite. Gauche.
Gauche.
Hop là !
Pas mal !
Rappelez-moi quels sont les horaires de travail
d'un légiste et d'une secrétaire.
Marlène, vos vacances commencent ce soir à 18 h, pas avant.
Tim m'apprend à danser le rock. C'est américain.
Ah. Merci.
Mais ma culture ne s'arrête pas au French cancan.
Pas d'objection, Tim,
à ce que ma secrétaire retourne travailler ?
Madame.
Quel rabat-joie !
Il n'y a rien à faire.
Pas un meurtre, pas un suicide.
Que dalle.
- Bonjour. - Bonjour.
Je suis Lydia.
- Je suis Jean. - Je suis Alice.
- Bonjour. - Bonjour.
- Je suis Lydia. - Je suis Alice.
- Je suis Jean. - Bonjour.
- Je suis Richard. - Léon.
Bonsoir.
Alice, tu ne joues pas le jeu, aujourd'hui.
Bonjour.
Moi, c'est Grégoire.
Alice.
Pardon.
Bonjour.
Je suis Lydia.
Bonjour.
Je m'appelle Richard.
J'en peux plus.
J'y arrive pas, là.
Non, mais, je le savais.
J'aurais pas dû venir !
Respirez, mademoiselle.
Respirez.
Allez, essayez encore.
Herbert !
Tout le monde t'attendait.
Ils rêvent de travailler avec toi.
Alors les mots me manquent
pour accueillir le jeune homme surdoué
que j'ai formé ici même.
Il est là pour vous,
pour vous transmettre son savoir.
Herbert.
Merci.
Merci beaucoup.
Merci.
Bonjour.
Je suis Herbert Michel.
Laurence ?
Alice, mon chou !
Fonce voir les flics, moi, je suis stagiaire.
Tu m'apprends mon boulot, je te suis.
C'est une affaire personnelle.
Si t'es là quand je sors, je re-rentre,
je pique une arme à un flic et je t'atomise !
C'est un parasite.
- Coucou ! - Juste un mot.
T'as dit à Laurence que je faisais du théâtre ?
Oui, je crois.
J'ai dit, je sais plus,
que tu t'allongeais au sol et que tu respirais par le ventre.
Génial.
Et quoi d'autre ?
Que les gens se massaient le pied en disant :
"Bonjour, pied", que ça fait du bien,
même si je trouve ça bizarre, quand même.
Et vous rigolez, hein ?
Pas moi, mais le commissaire était plutôt gai,
mais très intéressé.
Il a dit qu'il aimerait voir ça.
J'ai fait quelque chose de mal ?
Ah ! Le voilà !
Le roi du camouflage ! Hein ?
Le clown de service.
Avec sa moumoute, hein ?
Ses petites binocles.
- Marlène ? - Je ne sais pas.
Non, mais, je vous ai reconnu.
Vous ne me la ferez pas.
C'est quoi, votre alibi ?
C'est quoi ? Vous étiez où ?
Marlène, appelez les urgences psy.
On a perdu Avril.
Vous étiez au théâtre.
Voilà où vous étiez.
Pour bien vous foutre de moi.
Je sais que vous prenez des cours de théâtre,
que vous essayez de régler des problèmes insolubles
en parlant à diverses parties de votre anatomie.
C'est louable,
compte tenu des handicaps.
Mais regardez bien autour de vous.
Nous sommes ici
dans un commissariat.
Plus sur scène.
Vous avouez.
OK.
Raccroche.
Je veux juste savoir où était Laurence il y a 30 min.
Cela ne vous regarde pas.
Marlène, s'il te plaît.
Il était au petit coin.
Il prend son thé vers 17 h,
alors, fatalement, vers 17 h 30...
Merci pour ces détails passionnants
et votre légendaire sens de l'observation.
J'ai un petit coup de fatigue.
Je vais rentrer.
- Bonnes vacances. - Bonnes vacances, commissaire.
Tu vas pas le croire.
Tiens !
La petite demoiselle qui s'est sauvée.
C'est très mal élevé, ça.
Désolée.
J'ai envie de travailler avec vous.
C'est juste...
C'est parce que...
En fait... Mais...
Qui...
Vous êtes une apparition, mademoiselle.
Vous êtes Iphigénie,
Eurydice, Ophélie.
Toutes les héroïnes réunies en une seule femme.
Vous êtes...
la femme.
En fait, c'est Marlène,
ma copine.
Et...
Est-ce que la douce Marlène viendra à mon cours demain ?
Oh, non. Marlène ne monte pas sur scène.
Enfin, je veux dire...
Moi.
- J'ai trop peur. - Venez, je vous en prie.
Venez prendre le verre de l'amitié avant de commencer.
Je peux pas vous laisser partir,
disparaître comme ça.
S'il vous plaît.
S'il vous plaît.
C'est moi qui yoyote ou c'est juste incroyable ?
Marlène ?
C'est merveilleux.
Le commissaire n'a jamais été aussi gentil avec moi.
Mais c'est pas lui.
Il lui ressemble, mais c'est pas lui.
D'accord ?
Herbert.
Mon Herbert.
C'est là, alors, le théâtre ?
Oui. Oui.
- Tenez. - Merci.
Merci.
- Pas trop. - Merci.
Vous êtes tous servis ?
Trinquons à nos amours, mon coeur.
Oui.
On trinque à ta disparition.
Adieu.
Excellent.
Au jeu !
Vous allez tous apprendre à incarner,
à être le personnage au plus profond de vous-même.
À être un autre.
Une autre.
Bien sûr, il y en a certains qui n'y arriveront jamais.
À la plus belle Lucrèce Borgia de tous les temps.
Il est mort ?
J'en ai bien peur.
Deux Laurence ! Je vais me sentir mal.
Ben...
Commissaire Laurence.
Pouvez-vous me résumer les faits ?
Le sosie d'Herbert dans Arsenic et Vieilles Dentelles.
C'est hallucinant.
Permettez. Permettez.
Je vais essayer d'être concis.
Jean.
Jean et Monique étaient, je crois, à jardin, avec...
Oui, avec Grégoire et Lydia.
Richard. Tu embrouilles le commissaire.
Les artistes ont coutume d'utiliser
les termes de "cour" et de "jardin" pour désigner...
Ce que vous appelez droite et gauche.
Oui, je sais.
Ces deux-là étaient à bâbord. Quelqu'un à tribord, peut-être ?
Non. Attendez. Attendez.
Non. Toujours à bâbord...
J'adore votre humour, commissaire.
Donc toujours à bâbord,
le mort en puissance était là,
avec Alice.
Et moi-même...
Moi-même, j'étais de l'autre côté avec Macha,
Herbert et notre divine Marlène.
Marlène ?
Oui. Et c'est à ce moment-là
que le petit Léon...
Enfin, le garçon s'est mis à...
Oui. Il s'est mis à suffoquer.
J'espère que personne n'a touché à quoi que ce soit.
Mesdames.
Messieurs.
C'est une blague ?
Je sais que c'est pas le genre de la maison...
Vous bluffez ?
Euh... Je...
Je ne comprends pas.
Ouais, c'est ça.
La double vie du commissaire Laurence.
Le mec est raide
comme la justice et il se lâche après le boulot.
Ça y est ?
Vous avez fini de délirer, là ?
Effacez ce sourire.
Alors ?
Arrêt cardiaque.
À court ou à long terme, la mort survient
après un arrêt du coeur.
Vous vous surpassez, docteur.
Dans le cas présent,
il souffrait d'une malformation cardiaque
qui aurait pu entraîner une attaque.
Ça ne peut pas toujours être un meurtre.
Allez...
Dites-le, que vous planquez un frère jumeau.
Ridicule.
J'ai rien de commun
avec cette espèce de cabot avec deux prénoms.
À part la taille, peut-être.
Et encore.
Il est bien plus petit que moi.
On les aura quand, ces analyses ?
La moitié du labo est en congé.
Il y a le pont du 14-Juillet.
Donc si vous les voulez quand même,
il ne faut pas être pressé.
Quels étaient vos liens avec Léon Verneuil ?
Mais aucun, évidemment.
Je suis rentré hier d'une tournée triomphale.
J'interprétais le roi Lear.
Quel succès !
Des critiques dithyrambiques, le public debout...
Oui. Je me fous de vos triomphes ou de vos bides, Herbert.
Macha est au fond du trou. Elle est finie.
Elle m'a tout appris il y a 30 ans, alors,
évidemment, aujourd'hui,
j'essaie de l'aider.
Richard est un ami de cette époque.
Il est bourré de fric. Il s'ennuie.
Les autres sont des petits cons
qui ne rêvent que de gloire.
Et vous pensez les faire rêver ?
Je me demande pourquoi je reste ici.
Vous voyez le mal partout.
C'est une déformation professionnelle, j'imagine.
Non. Le garçon a eu une attaque.
Et à mon avis...
Personne ne vous le demande.
Bien.
Ah là là !
Ça fait bizarre, d'être assise là.
- Comme les coupables. - C'est une déposition, Marlène.
Détendez-vous.
Et il est probable que Léon soit mort naturellement.
Vous étiez là par hasard
ou parce qu'Avril vous avait invitée ?
Ah non, pas elle.
- C'est Herbert. - Ah.
Il est tellement charmant,
prévenant.
Il ne m'a pas quittée un instant.
Moi non plus.
Il n'a donc absolument pas pu tuer ce Léon,
qui mettait la main aux fesses d'Alice.
Il n'a pas pu, hein ?
Non, non. Évidemment.
Dites-moi,
tout le monde semble croire que je ressemble à ce...
Herbert.
Ça en devient grotesque.
Alors je me demandais si...
Si...
Vous aussi ?
Mais non !
Quelle drôle d'idée !
Oui.
- J'étais si inquiet pour vous. - Il ne fallait pas.
Quelle épreuve, pour une femme si fragile.
Se retrouver en face d'un homme qui n'est qu'une machine à broyer.
Le commissaire a l'air comme ça.
Enfin, il est comme ça. Mais c'est le meilleur.
Si Léon a été assassiné, il trouvera l'assassin.
Il ne se trompe jamais.
Je n'ai pas envie de vous quitter.
Marchons un peu ?
J'ai une question un peu saugrenue.
Vous trouvez que je ressemble à ce Laurence ?
Oh non !
- Quelle drôle d'idée ! - Oui, n'est-ce pas ?
Bon. Je vous écoute.
Qu'avez-vous vu ?
Ben...
Macha se poivrait tranquille.
Marlène...
et Herbert, seuls au monde, se dévoraient du regard.
Comment ? Qu'est-ce que...
Ben oui.
Dans le genre coup de foudre.
Vous voyez ?
C'est pas un crime.
Mais d'ailleurs, c'est fou. On dirait votre frère.
Oui. Bon, en plus jeune, mais...
Quand même !
Vous êtes fils unique ?
Je ne dors plus.
Je veux seulement rêver de vous,
tout oublier.
Je sais que c'est fou.
Je vous veux près de moi tous les jours,
toutes les nuits.
Oh, Marlène...
S'il te plaît, mon amour.
Oh, Swan !
Que dites-vous ?
Herbert.
Je croyais que t'étais là pour travailler Titus et Bérénice.
C'est chiant, la tragédie.
Ouais.
Je pensais pas que tu marcherais.
Ah oui ?
Non, mais tu vois,
si j'avais des sous,
je serais sur une plage, là,
en plein soleil.
Et puis le soir,
j'irais boire des coups avec un mec beau comme un dieu...
dans le genre amour de vacances.
Ben, voilà.
Je me paye mon amour de vacances.
J'ai de la chance.
- T'aurais pu choisir Léon. - Ce nain ?
Tu rigoles ?
C'était vraiment une teigne.
Oui.
Il était déjà comme ça à l'école.
Tu le connaissais ?
Pas vraiment.
On était dans le même pensionnat.
Il a écrit une sorte de journal.
En fait, il espionnait tout le monde...
et il bavait sur les secrets des gens.
Ce mec était une vraie pourriture.
Et toi ?
Tu avais des secrets inavouables ?
Comme tous les ados.
Si on se refaisait un souvenir de vacances ?
Merci.
Tu payes aussi pour le théâtre et pour le cours de Macha ?
Oui. J'ai acheté le théâtre. Je suis né riche.
Je suis assis sur un tas d'or et je n'aurai pas d'enfants.
Il faut bien dépenser cet argent.
Je comprends pas.
Pourquoi tu continues à l'entretenir ?
Elle est lamentable, vieille,
égocentrique...
et tellement ridicule.
- Ben, parce que c'est Macha. - Oh !
Herbert.
Herbert !
Et toi,
t'as passé l'âge de jouer les amoureux transis.
Redescends.
Couche avec cette fille comme avec les autres et oublie.
Tu ne comprends pas.
Marlène est faite pour moi.
Je la tuerais plutôt que de la laisser à un autre.
Nous allons être heureux.
Tiens, fais-moi plaisir.
Prête-moi une de tes voitures.
La décapotable.
C'est n'importe quoi, tu le sais.
Je me fous des conséquences. Hein ?
Bon, alors ?
Je peux compter sur toi ?
Herbert, il y a des choses qu'il ne faut pas faire,
qui ne se font pas.
Hein ?
Mais bon...
J'imagine que je suis un ami fidèle.
Je dois vraiment mettre ce truc, là ?
J'en sais rien. Tu veux vraiment faire ce stage ?
Herbert pense que ça me libérera. Je peux rien lui refuser.
J'arrive même pas à réfléchir.
Quand il me regarde...
Mais non !
Ça fait longtemps que j'attends.
Aimer.
Être aimée. Avoir des enfants.
Oui, OK, mais...
Ça va un peu vite, non ? Tu viens de le rencontrer.
C'est comme dans un rêve.
- Ou dans un film. - Oui, mais non. C'est la vraie vie.
Ça peut tourner au cauchemar.
C'est peut-être un sale type.
On sait rien de lui.
Il m'aime vraiment.
Follement.
Il est fou amoureux.
Je vois comment il te regarde.
Mais fou amoureux, c'est très bien.
Amoureux fou, ça...
Ça fout les jetons.
Moi, je le trouve bizarre.
Tu peux pas comprendre.
Tu n'es pas romantique.
Ouais. Ben, ça doit être ça.
Tu l'aimes car il a la tronche de Laurence.
Je l'aime.
Les affaires reprennent.
Non ! Non !
Ça ne va pas.
Tu ne fais aucun effort.
Tu n'articules pas, tu ne places pas ta voix.
Demande-toi pourquoi tu es là.
Je sais pas si tu es capable d'exprimer la moindre émotion.
Est-ce que tu en es capable ?
L'amour.
La haine.
Tout le monde me dit ce que je dois faire.
"C'est pour ton bien, Monique.
"T'es devenue vide.
"T'existes plus."
Mais c'est pas vrai !
Je ne suis pas folle.
Je vous déteste !
Je vous hais tous !
Excellent !
Mais, dites-moi,
jusqu'où peut-on aller dans la haine ?
Jusqu'au meurtre ?
Léon Verneuil est mort empoisonné.
Il est superflu d'ajouter que l'un d'entre vous
est coupable.
Bien. Faites comme si je n'étais pas là.
Continuez votre...
catharsis.
- C'est instructif. - Il s'agit de théâtre.
Vraiment ?
La question est de savoir
à quoi l'on joue.
Je vous regarde.
Bien.
Marlène,
si tu essayais, tu sais,
la petite phrase, hein ?
Non, merci.
Tout le monde attend.
Du coffre et de l'énergie. Allez !
Alerte ! Arlette, à l'aide !
J'ai réussi.
- Bravo. - Merci.
Quelqu'un d'autre veut essayer ?
- Alice. Venez. - Hein ?
Ce cher Cherge cherche ses cierges chez chon...
Je vais le refaire. Pardon.
Oui ?
Mais faites-le, si vous êtes si mariole.
Chasseur qui chassez, sachez chasser sans chien.
Quelle classe !
Quel charisme !
Tu étais mon fantasme,
mais là, il n'a qu'un mot à dire et je deviendrai sa chienne.
Vous ne trouverez rien ici en rapport avec le petit Verneuil.
C'est ma vie privée.
Quand il y a un meurtre,
la vie privée en prend toujours un coup.
Vous êtes la seule à ne pas avoir bu de champagne.
En effet.
Je me soûle dès le matin.
Et avec de la vodka, c'est plus efficace.
Et quel aurait été mon mobile ?
Lucrèce Borgia était votre plus grand rôle.
On empoisonnait beaucoup, dans la famille.
Il y a un corbeau mort dans la corbeille.
Une plaisanterie macabre.
J'ai toujours suscité l'envie,
la jalousie.
J'en paye le prix
et j'aime ça.
Moi pas.
J'aime pas du tout ça.
Coucou !
Je vais travailler Juliette.
Laquelle des deux ?
Tu as le physique pour Juliette, trésor.
Hein ?
Mais voilà, tu es comme moi à 20 ans :
rien à l'intérieur
et pourrie par le fric amassé par papa.
Alors prends la bleue.
Tu seras sublime et sans aucun talent.
Tu n'es qu'un sale con jaloux.
Une vieille pédale aigrie avec une vie minable.
Je te déteste.
"Vieille pédale", oui. "Aigrie", non.
Je m'amuse beaucoup.
Et même de plus en plus.
Non ! Stop !
- Pitié ! Pitié ! - Ah !
Cette vision est au-dessus de mes forces.
Oui, je sais que vous rêvez de devenir une grande actrice,
mais de là à se boudiner dans cette....
Non. Vous avez perdu tout sens commun.
Pardon ?
Non, mais la pièce s'appelle Te promène donc pas toute nue.
Vous voulez que je la fasse en anorak avec des godasses de ski, peut-être ?
Et vous,
que faites-vous là, à reluquer les filles ?
C'est libidineux.
J'enquête sur un meurtre.
Et qu'est-ce qu'on a ?
Il y a des indices ?
Des suspects ?
- Allez... - Oui. Oui.
Un seul suspect, oui.
La tête de piaf
qui crie à qui veut l'entendre
qu'elle détestait Léon,
qui, à la rédaction du journal,
lui a jeté un presse-papier sur la figure.
Oui, mais...
Qui l'a menacé de mort
devant le divisionnaire Tricard,
et qui a trinqué à sa disparition
juste avant de lui offrir une coupe vraisemblablement empoisonnée.
Une petite idée, Avril ?
- Mais vous croyez pas que...? - Je m'en tiens aux faits.
Vous êtes la seule suspecte.
Hein ? Il y en a d'autres.
Non. Personne qui aurait un mobile.
Je crois que c'est le moment de parler.
Non ?
Je suis pas une balance.
Comme vous voulez.
Une garde à vue vous remettra les idées en place.
Vous oseriez quand même pas ?
Je vous déteste.
Moi aussi.
Alors ?
C'est sans doute rien,
mais j'ai peut-être un fait nouveau, oui.
Un "fait nouveau" ?
D'accord, j'ai connu Léon. Et après ?
Il m'a pas reconnu. J'allais pas le saluer.
Pourquoi ? Vous ne l'aimiez pas ?
Vous lui en vouliez ?
C'était un fouille-merde.
Il a dû fouiner là où il ne fallait pas.
Ouais.
Il était très curieux.
- Qu'a-t-il pu trouver sur vous ? - Moi ?
J'y suis pour rien.
Épluchez ma vie, vous trouverez rien.
C'est bien ce que je vais faire.
Soyez-en sûr.
Je me disais qu'on pouvait peut-être aller boire un verre.
Tu te fous de moi ?
Après ce que t'as fait ?
Hein ? Mais c'est pas si grave.
C'est...
- J'avais pas le choix. - "Pas si grave" ?
Ce flic ne me croit pas. Il veut ma peau.
Mais non.
Il est comme ça avec tout le monde.
Moi, je te crois.
Va te faire foutre, Alice.
Merde.
Ah. Marlène.
Toujours là pour moi, Marlène.
C'est vraiment gentil, mais...
Je ne veux pas sacrifier vos vacances. J'en ai pas le droit.
Je ne suis pas là pour ça.
Enfin...
Pas là pour l'enquête.
Je ne reprendrai pas le travail après les congés.
J'ai prévenu M. Tricard que je démissionne.
Je vais me marier.
Mon futur préfère que je ne travaille pas. Je pars.
Il m'emmène aux États-Unis.
Ne me dites pas...
qu'Herbert Michel veut vous épouser.
Pourquoi ?
Je ne suis pas assez bien ?
Si, si. Si, bien sûr.
Je voulais dire, vous n'allez pas vous appeler Mme...
Comme celle qui a perdu son chat.
Heurbeurt et moi, nous nous aimons.
Je n'en doute pas.
"Heurbeurt" ?
Nous allons vivre en Amérique,
alors je m'exerce.
Je veux prononcer son nom correctement là-bas.
Eh bien...
Félicitations, Marlène.
C'est tout ?
En anglais, on dit :
Congratulations.
Regarde.
Tout le gratin de la ville vient se goinfrer chez moi.
Ça coûte cher, mais peu importe, cette année,
chacun de nous jouera une scène en costume
et tu seras le clou du spectacle, ma très chère. Hein ?
Je ne joue plus depuis longtemps.
Tu seras divine. Hein ?
Tiens.
Tu as couché avec Léon avant de l'empoisonner ?
Oh, dis donc !
C'est plus de mon âge, ça.
Dire que bientôt,
je devrai payer pour ça.
C'est vrai, ce qu'on dit ?
Que ton père s'est rempli les poches en léchant le cul des Allemands ?
Écoute-moi bien, merdeux.
Ne réveille pas les morts.
Voilà.
Tenez.
Herbert, je compte sur toi, bien sûr.
Nous trois, comme avant.
Oui, comme avant.
Ah ! C'était vraiment bon.
J'y repense souvent.
Ah, c'était drôle,
quand vous êtes arrivés à mon cours,
tout jeunes, empruntés, timides,
plein des rêves qu'on a à 20 ans.
- Eh oui. - Ah !
Par pitié.
Arrête avec tes souvenirs. C'est pathétique.
Et moi, j'étais jeune.
J'avais 35 ans.
J'étais belle, désirable.
Alors, dis-moi.
Qu'est-ce que tu as choisi ?
Lear ?
Alceste ?
Hamlet ?
Hein ?
Tu ne seras pas déçu.
C'est une surprise.
Il m'inquiète, Macha.
Il a sa tête d'amoureux.
Il va foirer ma soirée. C'est sûr.
Herbert fera comme d'habitude.
Il n'a pas le choix.
Il y a quelqu'un ?
Qui est là ?
Bonjour.
- Vous cherchez quelque chose ? - Oui.
Je prends ce bouquet.
- Servez-vous. Merci. - Merci.
Votre monnaie.
Monsieur ?
Voilà.
Oh ! Quel endroit magnifique !
- Vous n'étiez jamais venue ? - Jamais.
Oh, mon amour, tu es magique.
Marlène, ma chérie, marions-nous.
Marions-nous vite.
Personne n'a jamais été aussi gentil avec moi.
Ne me laisse jamais.
Arlette Carmouille.
La nouvelle secrétaire.
Appelez-moi Arlette,
mademoiselle Arlette ou Carmouille.
Je vais me réveiller.
Je prends les courriers en sténo, je tape 87 mots à la minute,
je ne ramène aucun travail chez moi.
Ah. Oui.
Que faites-vous avec les affaires de Marlène ?
Je fais de la place, monsieur.
Mais enfin...
Oui. Ce sont des bas.
C'est un rechange,
au cas où on ferait...
De toute façon, c'est pas votre taille.
Vous avez vécu un calvaire, mais c'est terminé.
Asseyez-vous.
Méthode, efficacité.
On va prendre une heure pour voir les dossiers en cours.
Je vous écoute.
Salut.
Ça va ?
Quoi ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
Quelqu'un est mort ?
Tout le monde pense que tu as tué Léon.
D'accord.
C'est sympa, ça. Belle ambiance.
Ce serait quoi, mon mobile ?
Une main au cul ?
Un café pour Monsieur.
Oh, cher...
Cher commissaire.
Oui ? Un fait nouveau ?
Non. Oublions ça.
Pensons au plaisir, pour une fois.
Faites-moi l'honneur de venir à ma fête,
ce soir.
Dites-moi,
j'ai remarqué que vous aviez mis ma photo
sur votre tableau.
C'est touchant.
Venez. J'ai prévu un nouvel assassinat sur scène.
Il faut bien rire un peu.
Le petit Grégoire meurt divinement, et surtout...
très virilement.
Je serai là.
Fabuleux.
Alors venez comme vous êtes,
Swan.
Le charme incarné.
À tout à l'heure.
Oui, Cramouille. Une remarque ?
Aucune, monsieur.
Chacun choisit sa vie et sa sexualité.
Je ne juge pas.
Vous sortez, monsieur ?
Où puis-je vous joindre ?
Oui. Alors, non, j'ai besoin, voyez-vous...
d'être ailleurs, de me concentrer
sans sursauter toutes les 2 minutes.
Je serai injoignable.
Oh, c'est froid.
- Que faites-vous là ? - Oh !
Je travaillais, Avril.
J'utilise l'imparfait.
Je travaillais à résoudre un meurtre.
Alors sortez de mon nouveau bureau
pour aller, je ne sais pas, par exemple...
hurler : "Alerte ! Arlette Cramouille !"
Ça me fera des vacances.
Puisque tout le monde prend des vacances !
Je suis fatigué, Avril.
Oui. À force, ça fait comme un court-jus sous le chapeau.
Ben oui.
Mais du coup,
je me disais,
parce que comme je suis en panne avec mon scooter,
ce serait sympa de garer votre bureau devant le théâtre.
Oui. Mais vous n'êtes pas sympa, en fait.
Vous savez, Avril, aujourd'hui,
tout m'est égal.
C'est moi qui conduis ?
Même sans Marlène,
vous avez trouvé un autre traître dans la maison
en la personne de Glissant, mais bon.
En effet, pas de poison dans le verre.
Et pas d'empreintes.
- Ni les vôtres... - Ni celles de Léon ?
Non. L'assassin a échangé les verres dans la panique
en essayant de faire croire à un accident.
Qui savait que Léon était fragile du coeur ?
Tout le monde, en fait.
Donc on ne me soupçonne plus, vu qu'on savait qu'il était malade.
Herbert, Herbert...
À part Marlène, et lui, là.
Ça ne veut rien dire.
Il a une tête d'assassin.
C'est la vôtre, de tête.
- En plus jeune. - Foutez-moi la paix.
Hein ? Non, mais...
Mais vous êtes jaloux ?
Jaloux comme un pou.
Certainement pas.
Ça me contrarie de voir Marlène gâcher sa vie.
C'est tout.
Ben oui. Bien sûr.
C'est mieux, de bosser toute la journée
entourée de cadavres, avec un boss grincheux
et de rentrer le soir faire son petit frichti seule,
en écoutant les Maîtres du mystère.
Franchement, pourquoi aurait-elle envie de changer tout ça ?
Oui. Effectivement.
Vu sous cet angle...
Marlène, tu tombes bien.
Aide-moi, s'il te plaît.
Ça se ferme dans le dos, ce truc.
C'est quoi ? Pourquoi tu as une robe ?
C'est une idée d'Herbert.
Il est plein de surprises.
Il aime jouer, mettre en scène.
On a décidé de se marier dans l'intimité.
Pas de tralala, quelques amis.
Mais il aimerait,
il voudrait
qu'on me voie ce soir comme je serai à l'église.
Il dit que c'est la robe d'Ophélie dans Hamlet...
- Marlène, je ne respire plus ! - Oh, pardon.
Je suis embêtée. Ça porte malheur, avant le mariage.
En même temps, t'as pas tort.
Ophélie a fini à moitié cinglée et noyée.
Herbert y tient beaucoup.
Je veux pas lui faire de peine,
mais j'aime pas cette robe.
Elle a pas de traîne, pas de voile.
On ne dirait pas une mariée.
Tu sais quoi ?
On va aller faire les boutiques
et on va te trouver une robe de malade.
T'auras l'air d'une meringue à la chantilly.
Oh, merci.
Tu sais,
maman aurait été contente de me voir en mariée.
Et papa aussi. Il m'appelait sa princesse.
Triste qu'ils soient plus là.
On devrait tous avoir nos parents le jour de son mariage.
Oui, je sais.
Enfin, non. J'en sais rien.
J'ai jamais été la princesse de personne.
Heureusement...
il y aura ma meilleure amie.
Est-ce que tu veux être
ma demoiselle d'honneur ?
La moche qu'on habille en rose bonbon et qui tient la traîne ?
Non.
Je veux dire celle qui compte le plus pour moi.
D'accord.
Avec plaisir.
Par contre, j'ai jamais fait ça.
Personne ne m'a jamais demandé.
Merci.
Je vous en prie.
Je ne sais pas pourquoi je suis là.
Ah non ?
Vous êtes là
parce que vous êtes soupçonnée de meurtre,
au même titre que les autres.
Merci.
C'était pour boire.
Ça marche mieux comme ça. Vous ne trouvez pas ?
Voilà. Bien.
Tenez.
On peut y aller, maintenant ?
Vous avez été internée en psychiatrie.
Ils m'ont emmenée de force.
Pour quel motif ?
Crises de démence et de violence. C'est embêtant, ça.
C'est Macha.
Léon Verneuil, c'est elle.
Elle nous hait tous
et veut nous tuer tous.
Oui, bien sûr. Ça tombe sous le sens.
Et vous avez une preuve ?
Elle est comme moi.
On regarde les autres et ça monte,
ça monte, l'envie de les voir morts.
Alors Macha tue.
Et vous, non ?
Vous ne tuez pas.
Ah non. Je ne suis pas capable.
Enfin...
Si, seulement une fois.
Un chien.
Et l'oiseau dans la loge de Macha.
J'ai mis la corde dans sa loge.
J'adore faire peur.
Oui.
Vous êtes cinglée.
Je vais vous demander de ne pas quitter la ville
et de rester à la disposition de la police.
Oh, Macha, chérie.
Tu as assez bu.
Pas encore assez, tu vois.
Je ne jouerai pas devant ton public de crétins.
Je ne jouerai plus jamais.
J'arrête les cours.
Je ne supporte plus cette jeunesse.
J'ai envie de leur faire du mal. Tu comprends ?
Leur faire du mal et... partir.
Une grande scène.
Quant à Macha Semenoff,
il n'y a aucun document à l'état civil la concernant.
Les Boches ont bombardé la ville en janvier 1943.
La mairie a brûlé.
Bien.
Et l'autre ?
Herbert Granvilar.
Herbert Granvilar...
Oui. Et alors ?
J'ai le sens de l'humour,
mais j'ai des limites.
Je ne suis pas le dindon de la farce.
Pardon ?
C'est vous.
Oui. Alors cet homme est suspect au même titre que les autres.
Je ne m'amuse pas à faire des farces.
Même pour les dindes !
J'enquête sur un meurtre, sacré nom de Dieu !
Ce type...
ne me ressemble pas du tout.
C'est clair ?
C'est frappant.
Ah oui ?
Et comme ça ?
Toujours aussi ressemblant ?
Donc le suspect s'appelle Herbert Granvilar. Après ?
Herbert Michel.
Herbert Michel est le nom de code
qu'il utilisait dans la Résistance.
- C'est un héros. - Bon. Rompez.
Il n'a pas hésité, au péril...
J'ai dit rompez, Cramouille !
Carmouille, monsieur !
Je m'appelle Carmouille.
Et je préférerais être appelée Arlette.
Sur ce, il est 18 h.
Des Noirs, des homosexuels dans la police...
Je ne juge toujours pas.
À demain, commissaire.
Oui. Je sais, Glissant, je sais.
C'est un choc.
Oui. Alors...
La journée a été longue.
Épargnez-moi pour une fois votre humour de carabin.
Je vous en serai presque reconnaissant.
Elle a bien dit "À demain" ?
Oui, elle est partie.
Réglée comme du papier à musique.
On s'attendrait à la voir sonner du clairon.
C'est une femme à poigne. Une main de fer.
Très professionnelle.
Oui. Alors dites-moi, Tricard, que vous ai-je fait ?
Je ne sais pas.
Mlle Carmouille m'avait donné un CV, des références irréprochables.
Mais nom de Dieu !
On demande une photo !
J'ai agi dans l'urgence, quand Marlène m'a annoncé son mariage.
Attendez.
Marlène se marie ?
Oui.
Marlène se marie.
Non. Vous êtes abstinent depuis 2 ans, non ?
Oui, mais enfin...
Marlène se marie.
"Que le jour recommence
"et que la nuit finisse.
"Sans que jamais..."
"...faite de la vapeur des souvenirs."
- "L'amour est une fumée..." - "Roméo, abdique ton nom."
Les gens s'installent.
Comme ils sont beaux !
Tous.
Quelle fierté, pour le cours Semenoff,
et pour notre mécène,
cette vieille pédale de Richard.
Alors, qui avons-nous là ?
Jean :
minable, raté.
Monique : complètement cinglée,
bonne pour l'asile.
Lydia : nullissime, à chier.
Alice : vulgaire, poissonnière.
Grégoire...
- Mes chers amis ! - Ah !
Mes chers amis, merci d'être là ce soir.
Cette fille
est une bombe atomique.
Je dirais même que c'est une bombe anatomique.
Elle sera à un seul homme pour toujours.
Ça, c'est pas supportable, ça.
Ah ! J'ai chaud, mais j'ai chaud.
Arrêtez de boire, Tricard.
Ce sera mieux.
Oui, mais je l'aime.
On l'aime tous.
Même lui, il l'aime.
Non.
Marlène est peut-être de la dynamite, mais...
Je ne suis pas amoureux.
Non.
Bon. Nous avons...
des rapports professionnels.
C'est un ange.
On dirait un ange.
Parfois... amicaux, c'est vrai.
C'est arrivé.
J'ai dansé le rock avec un ange.
Mais...
C'est avant tout ma secrétaire.
On s'en fout, Laurence.
Samedi, c'est l'église.
Donc empêchez ça, bordel !
Pas de mariage ?
Ben, il n'y a qu'une solution.
Je vais coffrer Herbert pour meurtre.
Mais on ne peut pas,
car c'est elle, l'assassine.
Elle lui a fait des menaces : "Je t'atomise !"
À celui-là, là,
devant moi.
C'est elle, l'assassine.
Je vous le dis,
c'est elle, l'assassine.
Je vais coffrer
Heurbeurt.
Heurbeurt pour meurtre.
Nom d'un tonnerre ! Habille-toi !
Mais quoi ?
Maintenant que M. Hochepaix m'a vue...
Enfin...
Monsieur Hochepaix,
suis-je inconvenante ?
Mais non, madame.
Avec votre chapeau, vous avez presque l'air d'être en visite.
Là, tu entends ? Hein ?
Qu'est-ce qu'on voit ?
Je vous le demande. Que voit-on ?
Rien.
N'as-tu pas honte ?
J'ai été piquée par une guêpe.
Pourvu qu'elle ne soit pas charbonneuse.
Mais non ! Mais non !
C'est bien fait. Ça t'apprendra, à te promener toute nue.
Julien !
Julien, sois bon.
Suce-moi, veux-tu ?
Suce-moi.
Écoute, fiche-moi la paix.
Hein ?
Non, mais suce-moi, enfin !
Tu l'as bien fait à Mlle Dieumamour.
C'était à la nuque, pas au...
Ah ! J'étouffe.
Je...
Monsieur Hochepaix,
s'il vous plaît.
Certainement, madame.
Je suis honoré, vraiment, mais...
Au nom de la charité chrétienne.
Richard.
Richard ?
Richard.
Richard.
Richard. Richard...
Laurence !
Laurence !
Ce n'est pas prévu.
Un malaise. Un malaise.
Herbert...
J'ai eu tellement peur, mais tu es vivant.
Non... Richard, non.
Non, c'est impossible.
Je suis désolée.
Ça devait être une fête. On devait annoncer notre mariage.
Je suis désolée.
Macha. Macha...
Non, Macha.
C'était son ami.
Elle a trop bu.
Laissez-moi la reconduire chez elle,
si vous en êtes d'accord.
Je ne suis pas inhumain.
Allez donc border Mme Semenoff.
Je vous laisse 1 heure avant interrogatoire.
Oh, mais pourquoi l'inquiéter ?
Il n'était pas là.
Je vous rappelle que vous n'êtes plus ma secrétaire.
Je ne peux donc rien vous dire.
Ah ben...
Elle a raison. Il n'était pas là.
Oui, mais comment pouvez-vous
imaginer avoir juste
la moindre crédibilité dans cette tenue ?
Toute seule, Macha.
Avec des oiseaux morts.
Oh, arrête ! Arrête !
Arrête avec ton cinéma.
Tu me dégoûtes.
Tu te crois seule ?
C'est lamentable.
Là.
Stop. C'est chez moi.
Je vous le répète une fois de plus.
J'ai donné une conférence sur la formation de l'acteur.
J'ai repris la route vers 20 h, le pied sur le champignon,
et j'ai crevé au milieu de nulle part.
La poisse !
J'ai mis un temps fou à changer cette cochonnerie de roue.
Qui se trouve dans le coffre de la voiture ?
Qui se trouve dans le coffre de la voiture.
Allô ?
Allô ?
Et donc, dans cette cambrousse,
vous n'avez pas croisé de paysan sur son tracteur ?
Pas même une vache ?
Un taureau ? Un boeuf ?
Donc pas d'alibi.
C'est regrettable.
Vous vous acharnez sur moi sans raison...
et vous le savez.
Quelle mauvaise foi depuis le début !
Qu'est-ce qui vous déplaît tant chez moi ?
Mais tout,
monsieur Herbert Michel.
Mais rassurez-vous.
Cela n'a aucune incidence sur mon enquête.
Vous n'êtes pas autorisé à quitter la ville.
Et encore moins à aller roucouler sur un bateau
pour les États-Unis.
Rassurez-moi.
La police n'ira pas m'empêcher d'épouser Marlène, j'imagine ?
Monsieur Tricard ?
Silence.
Alors tout ce que vous direz sera...
Arrestation.
Hein ? Non...
Mais... Ah !
En plus, vous puez l'alcool !
Embarcation immédiate. Et que ça flotte.
- Que ça saute. - J'ai rien fait !
- Non, mais je rêve. - Non.
- Laurence... - Inutile de gaspiller votre salive.
Je n'y suis pour rien. C'est Tricard.
Je ne peux rien lui dire.
Quand on empoisonne quelqu'un, c'est vous qui tendez le verre.
Sortez-moi de là.
Vous m'entendez ? Tout de suite.
J'y travaille, Avril. J'y travaille.
Vous avez une piste, au moins ?
Herbert.
Bravo.
Le seul qui n'était pas là.
- Je suis mûre pour la guillotine. - Voyez le bon côté des choses.
Au moins, ici, vous ne risquez rien.
Un gâteau ?
Tu sais, je n'y suis pour rien.
Tu me crois ?
Bien sûr.
Mais le commissaire est comme un chien avec son os.
Il soupçonne tout le monde.
Et pouf ! D'un coup, il sait.
Il n'en reste qu'un : l'assassin.
On dirait que tu l'admires.
Non.
Enfin, un peu.
Mais c'est sur moi qu'il s'acharne, enfin.
Ne va pas au théâtre.
Il y a tous ces morts.
Ça me fait peur.
N'y va plus, je t'en prie.
Show must go on, mon amour.
C'est ce que Richard aurait voulu.
Ne bois rien, là-bas.
Pas même un verre d'eau.
Vous êtes au courant ? Ils ont arrêté Alice.
- Pourquoi ? - Elle les a tués.
- Non. - Elle est timbrée.
C'est elle. Et elle est en taule.
C'est une erreur judiciaire.
Elle est arrivée en même temps que moi.
Elle n'a pas pu verser le poison. Je la regardais.
Et...
J'étais à côté d'elle tout le temps.
Je peux le jurer,
signer ce que vous voulez.
Elle est innocente.
Vous lisez quoi, là ?
C'est...
C'est écrit "con", hein ?
Comment peut-on tomber amoureux d'elle ?
Vous inventez un alibi pour Avril
et vous créez ainsi le vôtre.
Je comprends pas.
Non ? Vraiment ?
Si vous n'avez pas quitté Avril,
elle non plus ne vous a pas quitté.
Donc vous n'avez pas pu verser le poison.
Qui êtes-vous venu sauver ?
Sa tête ou la vôtre ?
Que fais-tu là ?
J'ai un peu foiré, jusqu'ici.
Mais je ne désespère pas de te sortir de là.
Non, c'est mort.
Laurence court comme un basset sur la piste d'Herbert.
- On l'a complètement perdu. - Non, crois-moi.
Il cherche ailleurs aussi.
Allez, Alice. On réfléchit.
On repasse toute la soirée et on fait tout remonter à la surface.
C'est des conneries, ça.
Non.
Ça marche.
Concentre-toi. Je ne veux pas que tu restes ici.
OK, on ferme les yeux.
Détends bien la mâchoire.
Concentre-toi sur ton souffle.
C'est juste un détail, bien sûr,
mais tout compte.
Avril.
Avril, ça vous intéresse, de sauver votre peau ?
Alors c'est quoi,
ce détail soudainement remonté à la surface ?
Vous avez été surpris ?
Ça ne cadrait pas avec Richard. Il traitait mal son personnel.
Là, il se marrait avec un serveur. C'est bizarre.
Oui, peut-être. Je vais me renseigner.
Mais vous n'êtes pas hors jeu pour autant.
On n'a pas été présentées.
Alice Avril...
Aïe.
Reporter à La Voix du Nord.
Arlette Carmouille, secrétaire.
Ramenez-la en cellule immédiatement.
Oui, bon. Allez.
Bonsoir.
Personne ne rentre ici sans y être introduit.
Je suis Marlène.
Vous êtes assise à mon bureau.
Enfin, mon ex-bureau.
Personne ne m'empêchera d'entrer.
Le commissaire a confiance en moi.
Tant mieux pour vous.
Je suis la remplaçante.
Je crois qu'il ne m'aime pas.
Il ne faut pas dire ça.
C'est juste que vous n'êtes pas...
Enfin, vous n'êtes pas...
Je ne suis pas vous ?
Voilà.
Mais je peux arranger ça.
C'est très facile, hein.
Où sont mes affaires ?
Vous les avez jetées ? Normal.
Vous pourriez croire que c'est un vol, mais...
C'est juste que je n'aime pas gâcher.
On ne gaspille pas.
C'est très bien.
Mes parents m'ont élevée comme ça.
Et je trouvais ça joli.
Je connais bien le commissaire.
Le bleu sera parfait.
Enfin une vision réconfortante.
Vous devriez avoir honte.
Non seulement vous êtes odieux avec mon fiancé...
- Oh... - Oui, odieux.
Mais maintenant, vous arrêtez Alice ?
Elle ne ferait pas de mal à une mouche.
Mais voilà,
vous ne l'aimez pas.
C'est tellement facile de se venger, quand on a du pouvoir.
Je suis scandalisée.
Mais vous êtes impossible !
Et vous, vous ne valez pas mieux puisque vous le soutenez.
Non. Il ne me soutient pas.
Il me devance.
C'est vous qui avez coffré Avril.
Si vous ne libérez pas Alice avant samedi pour mon mariage,
inutile de venir.
Quant à vous, vous n'êtes pas invité.
Au revoir, Arlette.
Et bon courage.
Instrument contondant,
type bâton ou canne.
Les coups remontent à 2 ou 3 jours.
Quelqu'un en colère.
Alors ?
On baisse les bras ?
Non. Je vais arrêter l'assassin.
- Je ne vous parle pas de ça. - Je sais. Foutez-moi la paix.
Marlène est libre de ses choix.
Samedi, elle deviendra Mme Herbert Michel.
- Elle ne l'aime pas. - Qu'en savez-vous ?
Je les ai vus.
Ils minaudent et se papouillent.
Un vrai roman-photo.
C'est pathétique.
Vous les avez vus ?
Je les ai suivis.
Elle l'aime.
Ils couchent ensemble ?
Non, le soir...
il la raccompagne
et il rentre.
D'accord.
Alors, comme ça, le soir, vous enquêtez ?
Bon. Le plus important,
c'est qu'il rentre chez lui.
Ils n'ont pas consommé. Il n'est pas trop tard.
Si elle l'aime vraiment,
on s'incline, grands seigneurs.
Mais il faut être sûrs.
Et...
J'ai une idée géniale.
Imparable.
Je sens que je ne vais pas aimer.
Il ne souffre plus.
Un café ?
Oui. Merci.
Je ne suis pas sûr de pouvoir le supporter.
Mais si, voyons.
Un héros ne peut pas tourner de l'oeil devant un cadavre.
Alors Nobel a été frappé là,
là...
et là.
Oh, Richard.
Mon Dieu, c'est horrible.
On va étaler sa vie privée.
Étalez, Herbert.
Étalez.
- Vous n'avez pas de coeur. - Uniquement quand j'ai le temps.
Richard avait des goûts...
Comment dire ? Particuliers.
Il aimait la douleur, il aimait...
souffrir.
Il aimait être dominé.
Des rapports sado-maso, il manquait plus que ça.
Ce n'est pas le moment. On fonce, on le désape.
J'ai réfléchi, je ne marche pas.
C'est trop tard.
Vous n'avez pas entendu : j'ai dit non.
D'accord.
D'accord, je comprends.
Moi aussi, j'aurais peur.
Des fois, il ne vaut mieux ne pas savoir.
La vérité en pleine face,
ça fait mal.
On n'a pas toujours le cran de l'entendre.
J'aurais jamais dû vous demander ça.
Si vous foirez sur ce coup...
Non. Je suis toubib.
Herbert pensera seulement avoir eu un malaise vagal.
D'accord ? Vous avez une heure.
Enlevez ses godasses.
Bonjour.
Viens t'asseoir à côté de moi.
Oui.
Quelque chose ne va pas ?
Tu as l'air bizarre.
Non. Non.
Non, je ne sais pas, je...
J'ai...
J'ai peur.
J'ai peur...
de t'avoir brusquée.
J'ai peur d'avoir été trop vite.
Tu pourrais regretter notre mariage.
Tu ne m'aimes plus.
Tu veux rompre.
Eh bien...
Non, bien sûr, non.
Tout le monde rêve d'une femme comme vous.
Comme toi.
Comme toi.
Non, c'est juste que...
Je pensais seulement
que tu pouvais...
enfin, peut-être...
regretter ce commissaire.
Et que, même,
tu pouvais...
éprouver des sentiments pour lui.
Mon amour idiot.
On avait dit une heure.
Vraiment, je t'assure.
Il ne pense qu'à lui.
Jamais une attention. Rien.
Certaines personnes sont pudiques.
Non.
En fait, je crois qu'il n'éprouve jamais rien.
C'est un homme
qui se dévoue pour une cause.
Qui travaille pour le bien, pour la justice.
Oui, il fait ça très bien.
Interroger, réfléchir, arrêter.
Le commissaire
est une tête qui pense.
Oui.
Ce n'est pas parce qu'il est pudique qu'il n'a pas de coeur.
Je suis sûre qu'il en a un.
Un organe.
Un muscle avec des oreilles.
Des "oreillettes". Ça s'appelle des oreillettes.
Peut-être, je ne sais pas.
Il a juste un coeur
comme un estomac,
une appendicite...
Non.
L'"appendice".
L'appendicite est l'inflammation...
Mais enfin, on s'en fiche.
Oui.
Oui, pardon.
Je ne sais plus pourquoi on en parle.
On parle de ça parce que tu es gentil.
Que tu défends le commissaire.
Tu es vraiment un amour.
Même quand il n'y a rien à sauver chez quelqu'un,
tu cherches toujours le meilleur.
Je t'aime.
Ça ne se fait pas,
mais j'ai envie que tu m'embrasses.
Maintenant.
- Alors ? - Quoi ?
Au final, elle... Elle l'aime ?
Bon.
- La ferme, Glissant. D'accord ? - Oui.
La ferme.
Attention.
Où est Semenoff ?
Elle était convoquée à 10 h.
Elle n'est pas là, monsieur.
Quel sens de l'observation ! Que ferais-je sans vous ?
J'ai appelé chez elle.
17 appels sans réponse.
J'ai envoyé Martin à son domicile.
Personne n'a répondu, monsieur.
Un policier l'attend.
Il la conduira ici dès qu'elle rentrera.
Ben...
C'est très bien. Je vous remercie.
Très bonne initiative.
C'est une nouvelle coiffure ?
Ça...
Non, c'est...
C'est très bien. Vraiment.
C'est comme d'habitude, monsieur.
Ah ben...
Ne changez rien. C'est parfait.
Vous avez obtenu le nom de celui qui a appelé à 2 h du matin ?
L'appel anonyme vient du théâtre, monsieur.
Madame Semenoff ?
Madame Semenoff, ouvrez.
"Je suis Lucrèce.
"Lucrèce a tué deux fois. Elle quitte la scène.
"Rideau !"
Commissaire, ils sont là.
Tire-le plus.
Pardon. Merci.
Elle les a tués...
et elle a joué sa dernière scène ?
J'ai rien vu venir.
J'ai pas compris.
C'est un cauchemar.
Et j'ai pas pu l'en empêcher.
Elle était mal, quand je l'ai reconduite ici
après la mort de Richard, tellement...
Tellement perdue.
J'ai pas pris le temps.
Vous m'aviez convoqué, commissaire.
Je me sentais suspecté.
J'avais peur.
Je n'ai pensé qu'à moi.
Je suis désolée.
On peut reporter le mariage.
Ne t'inquiète pas, je peux attendre.
Non, non, mon coeur. Non.
Non. C'est terrible...
mais toute cette horreur est enfin terminée.
Les interrogatoires, les soupçons, tout ça...
Tout ça, c'est fini.
Je veux regarder devant moi...
avec toi.
Cocktail vodka-somnifères.
Même pas du pain dans le bide pour absorber.
Elle ne pouvait pas se rater.
Je ne le laisserai pas s'en tirer.
Bon. D'accord.
Herbert va l'épouser.
On ne la verra plus, c'est dur.
Mais ce con n'a rien fait. C'est la vieille qui a tué.
D'accord ?
Terminez l'autopsie.
Je veux un rapport détaillé...
jusqu'aux ongles des pieds.
Redites-moi ça.
Macha Semenoff a avoué
avant de se donner la mort ?
J'ai du mal comprendre, parce que c'est moi, l'assassin.
Je suis désolé.
Oh, il est désolé.
Mais l'erreur est humaine.
Il y avait un faisceau de présomptions,
un nombre d'indices qui pouvaient...
Vous pourrez lire mon article
à la une de La Voix du Nord dès lundi.
Vous avez tout de même menacé Léon de mort.
Dès lundi, monsieur le divisionnaire.
Tu veux bien que je te raccompagne ?
Non, mais...
Tu m'as bien regardée ?
Il y a rien qui te choque ?
Ben, non.
Quoi ? Non, mais...
Tu vas traverser la ville avec moi en pyjama et pieds nus ?
Je m'en fous.
Lundi.
Hein ?
Tu exagères.
C'est très joli.
On dirait une sucette géante.
Pas du tout.
Tu es très féminine.
C'est horrible.
On dirait une vache.
Une très grosse vache.
Ça n'existe pas, les vaches roses.
Le rose est la couleur des rousses.
Qui dit ça ?
Bon. Maintenant, ça suffit.
C'est mon mariage.
Pas le temps pour les bêtises.
Mets les fleurs dans les cheveux.
Hein ?
Tu vas être belle.
Très belle.
Alors ?
Ah, Laurence.
J'y ai passé toute la nuit, je vais être à la bourre.
Des lésions viennent d'apparaître
au niveau du ventre et des bras.
Comme si elle avait subi de fortes pressions.
Oui ? On aurait voulu l'immobiliser ?
Ouais.
Et Marlène ?
Elle n'est pas là ?
Elle va arriver.
Alice.
Je ne vous avais pas reconnue.
Tout ce rose,
c'est très...
Monsieur le curé, bonjour.
Les voilà.
Elle est magnifique.
Marlène.
Merci.
- Alice. - Oui.
Ça va ? Ça va, Alice ?
Oui, je l'ai. Je l'ai.
Voilà.
Je l'ai !
Herbert,
voulez-vous prendre Marlène ici présente pour épouse
et la chérir toute votre vie ?
Oui.
Marlène,
voulez-vous prendre Herbert ici présent pour époux
et le chérir toute votre vie ?
Pouvez-vous lire ce qui est gravé à l'intérieur de cet anneau ?
Non ?
Dans ce cas, je vais le lire.
"Macha et Herbert,
"13 mai 1932."
Se marier en mai porte malheur
et la bigamie est punie par la loi.
Une peine somme toute légère,
au regard de celle appliquée pour meurtre.
Je vous arrête pour les meurtres de Léon Verneuil,
Richard Nobel
et Macha Semenoff.
Dis quelque chose. Je t'en prie.
Je l'ai fait pour nous, mon amour. Je n'avais pas le choix.
Richard ne voulait pas comprendre.
Ça fait 30 ans que je supporte Macha. 30 ans de mariage.
T'as pas toujours dit ça.
Elle a mal vieilli, mais elle t'aime.
Et tu couches avec qui tu veux. Oublie cette fille, Herbert.
De toute façon, Macha, elle ne divorcera jamais.
Tous les papiers ont disparu.
Personne ne sait.
- À part toi. - Ah non.
Herbert, je ne la trahirai pas. Je peux pas lui faire ça.
Je ne me tairai pas.
Évidemment, pas une hésitation, chez vous.
Plutôt des questions pratiques :
comment faire
et dans quel ordre.
Richard n'aurait jamais avalé le suicide de Macha.
Ce serait donc lui d'abord.
Mais il n'était pas à la fête.
Mais si.
C'est un sale type, mais un bon comédien.
- C'est toi ? - Mais oui.
- C'est joli. - Oh, c'est pas vrai.
Richard ne m'avait pas reconnu.
Je lui ai dit que je préparais une blague.
Il était facile pour vous de verser le poison dans la carafe.
Mais Macha a compris.
Oui, quand Marlène a parlé du mariage.
Elle m'a appelé dans la nuit.
Elle aurait dû parler, mais elle ne l'a pas fait.
Elle me tenait.
Elle n'aurait jamais divorcé.
Elle m'empêchait d'être heureux, cette increvable salope.
Vas-y, bois.
Avale.
Jusqu'à ce que la mort nous sépare.
Mais Léon, alors...
Je comprends pas. Pourquoi le tuer ?
Léon fouinait, fourrait son nez partout,
sans aucun scrupule.
Il savait, pour vous et Macha.
Oui, il savait que j'étais marié.
C'était un sale type.
Dangereux.
Après la mort de Macha
et celle de Richard,
et mon amour pour Marlène éclatant enfin au grand jour,
il aurait additionné deux plus deux.
Il aurait détruit ma vie.
Je n'ai pas hésité. Il serait le premier.
C'est la pire journée de ma vie.
Croyez bien, Marlène, que je compatis, vraiment.
Je ne sais pas, mais...
À toute chose, malheur est bon.
Enfin, c'est ce qu'on dit.
Mais, Laurence...
Franchement ?
Vous en avez une autre dans le même genre ?
Tout est bien qui finit bien ?
Elle aurait pu épouser un assassin et partir aux États-Unis,
alors oui,
oui, on a évité le pire.
C'est pas faux, mais...
Ça fait peine, quand même.
Elle a l'air d'un petit chat perdu.
Vous parlez de moi comme si je n'étais pas là,
mais je suis là.
Dans ma robe de mariée.
Et vous avez tout gâché, commissaire.
Oui, Marlène...
J'ai...
J'ai essayé de faire ce qui me paraissait
le mieux pour vous.
On va lui couper la tête.
Ben...
Trois meurtres, oui, c'est...
C'est une possibilité.
Donc un petit matin, à l'aube,
il n'y aura plus qu'un seul...
vous, commissaire ?
Comme si j'avais rêvé.
C'est mieux comme ça.
Oui, oui.
Sous-titrage : ECLAIR
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