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Ça va aller...
Depuis quelque temps, elle n'est plus elle-même.
Elle perd la mémoire, ses repères. Elle fait des choses incohérentes.
Je peux lui trouver une chambre, Dr Courelle.
- Faites venir un psychiatre. - Surtout pas, Jacqueline.
Ça la paniquerait. Et puis, c'est sûrement passager.
- Pas un mot au Pr Vidal. - Non.
De toute façon, ce soir, le grand patron n'est pas de garde.
Ça en a mis du temps !
J’espère, cette fois, que ça voudra le coup.
Je suis désolé, mais on fait pas ça comme on arrache une molaire.
Et je pense que vous serez satisfait.
Cette fois, on frôle la perfection.
Un homme jeune qui fumait pas, qui buvait pas.
Je crois qu'on tient une pépite, là. Regardez !
Allons-y.
- Accélère, Marlène ! - Je peux pas aller plus vite, Alice.
- Je suis pas faite pour ça. - Mais si !
Je suis pas une pétroleuse comme toi.
Il faut reconnaître ses limites.
Il faut surtout savoir les dépasser.
La libération de la femme passe par l’indépendance des transports.
Marlène, passe la seconde !
Voilà !
- C'est pas trop bath ? - Ah ! Si, c'est bath !
Ah, c'est merveilleux !
Je me sens libre !
La voiture !
- Alors ? - Accident. Deux femmes jeunes.
Pour là-bas ?
Mais évidemment que non ! Vous avez quoi, dans la tête ?
Emmenez-les aux urgences.
J'ai fini par avoir La Voix du Nord.
Alice Avril n'est pas venue travailler non plus.
Ça ne prouve rien.
Moi, je dis que c'est pas normal. Pas normal du tout !
Si elles avaient été kidnappées ?
Il faudrait être un pervers pour vouloir kidnapper Alice Avril.
Oui, mais pas Marlène !
Non, il lui est arrivé quelque chose de grave, de très grave.
Je le sens !
Et si elle était morte ?
Elle n'a jamais raté un jour ! Elle n'a jamais été malade !
Elle est morte ?
Vous allez passer l'arme à gauche, à force de vous inquiéter.
- Commissaire Laurence. - Marlène.
- Oh, Marlène ! - Je suis à l’hôpital.
- Ah bon ? - J'ai eu un accident.
- Rien de grave. - Ah, d'accord.
Dans ce cas, rappelez-moi quand vous aurez vu le médecin.
- Vous étiez inquiet, commissaire ! - Inquiet ? Pourquoi je le serais ?
Non, je suis juste... extrêmement contrarié.
J'ai énormément de travail.
Combien de temps je vais rester sans secrétaire ?
Ne vous inquiétez pas, je m'occupe de tout.
Très bien. Merci, Marlène.
Ah, mon Dieu !
Ma pauvre Alice !
C'est une catastrophe.
Tu dois tellement souffrir.
Oh, mon Dieu ! Par ma faute, en plus.
Non mais... Ça va !
Tant que j'ai mes bras et mes mains...
et le ciboulot en place !
Allez, pousse mon char. On se tire d'ici.
Partir ?
Alors ça, non. Non !
Les infirmières disent que tu as un traumatisme crânien.
Quoi ? N'importe quoi. J'ai toute ma tête.
Tu crois que tu as toute ta tête parce que tu ne l'as plus.
Tu as un traumatisme crânien. C'est très grave.
Surtout quand c'est à la tête.
- Je vais chercher le docteur. - Non ! On se fait la malle.
Ici, on sait quand on arrive, on sait jamais quand on repart.
Aie ! Marlène !
Marlène !
Vous êtes Albert Major ?
Le célèbre chroniqueur judiciaire ?
Qui sait ? Maybe.
Maybe not.
Je suis votre plus grande fan.
J'ai lu tous vos articles, vos livres sur les plus grandes affaires,
sur les crimes les plus incroyables. Enfin, vous...
Vous préparez quelque chose, là ?
- Secret défense, my dear. - Oh ! Allez !
Moi aussi, j'ai commencé à La Voix du Nord.
Enfin, je veux dire... je commence.
Je pourrais faire un article sur ce que vous préparez.
Tant que le livre n'est pas chez l’éditeur...
Oh ! Allez !
Juste un tout petit quelque chose. Tout petit ! Tout petit !
Il s'agit d'un crime parfait
dont j'ai été le témoin il y a quelques années.
Enfin, pas si parfait que ça, puisque j'ai fini par comprendre
comment cette personne si sympathique
avait pu duper tout son monde.
Voulez-vous me suivre ? Votre chambre est prête.
Oui, juste une seconde. On finit de...
Vous allez pas me laisser comme ça !
Non, mais...
Oui, attendez, je...
Merde ! Merde !
- Alice ! - Oui ?
Le docteur.
Je suis le Dr Courelle.
Votre amie m'a dit que vous voulez nous quitter.
ça va pas être possible.
Je préfère vous garder pour faire des examens complémentaires.
- Tu vois, je te l'ai dit ! - Avec joie. Avec grand plaisir.
Je veux absolument rester et faire des tas d'examens.
Parce qu'on est jamais trop prudent.
Dites...
C'est possible d’être dans le même service que ce monsieur ?
Quelqu'un a osé mourir avant moi ? C'est qui ?
Restez dans votre chambre, M. Rafil.
Éteignez ce cigare !
Je vous ai dit que c'était interdit dans l’hôpital !
Si on me refuse mes derniers plaisirs,
autant en finir tout de suite.
- Le Pr Vidal a été prévenu ? - Il arrive.
Personne ne s'approche du corps ni le touche.
Il faut appeler la police.
Qui était de garde ?
Qu'est-ce que c'est que ce cirque ?
Et vous comptez rester là, à ne rien faire ?
Mettez-le dans la grande salle.
- Le Dr Bouchard a dit... - Je me fous de ce qu'il dit !
Vous voulez que ça fasse le tour et que ça crée une psychose ?
- Évacuez ce corps tout de suite. - N'y touchez pas !
- Vous êtes qui, vous ? - Alice Avril.
Grand reporter pour La Voix du Nord.
Vous aimeriez lire que vous avez entravé une enquête
en effaçant les indices d'une scène de crime ?
On ne m'avait pas prévenue qu'on avait engagé un médecin.
Peut-être parce que, hélas, je ne suis pas venu pour ça.
Vous devez être très pressé. Rien de grave, j’espère ?
Tout dépend de ce qu'on entend par là. La mort pour vous, c'est grave ?
Certaines sont parfois un soulagement, non ?
Vous semblez bien au courant.
Je l'ai côtoyée quand j’étais infirmière, ici même.
Je la côtoie encore aujourd'hui, par alliance.
Lucette Vidal, la femme du Pr Vidal, le patron de cet hôpital.
Vous le connaissez ?
Je n'ai pas eu ce plaisir, mais... ça ne devrait plus tarder, je pense.
Laurence !
Grâce à moi, la scène de crime a été préservée.
Sans moi, vous n'auriez rien.
Plus aucun indice. Alors on dit quoi ?
Ah ! Vous me posez une colle, là. Je ne vois pas du tout.
Je suis la seule à savoir pourquoi Albert Major a été assassiné.
Demandez-moi pourquoi !
Vous faites si bien les questions et les réponses.
Major venait de mettre le point final à sa dernière enquête.
On l'a tué pour l'empêcher de parler.
Ça peut être très tentant de tuer quelqu'un pour ça.
La classe, hein !
Grande classe !
Dany, ma chérie, que fais-tu ici ?
Que t'est-il arrivé ?
Et pourquoi personne ne m'a prévenue ?
Si l’entrée de l'hôpital est fermée et surveillée pendant la nuit,
le coupable se trouvait dans l’établissement.
Il s'y trouve encore peut-être.
Que diriez-vous, professeur ? Un soignant ou un soigné ?
Un médecin ? Vous plaisantez ? On a prêté serment à Hippocrate.
Oui. D'Hippocrate à hypocrite, il n'y a qu'une toute petite lettre.
Alors, pas la moindre idée ?
Vous savez combien de gens travaillent ici, même la nuit ?
Justement, c'est étrange que personne n'ait rien vu ni rien entendu.
Surtout vous !
Vous étiez de garde, non ?
Oui. Oui mais...
- Vous vous êtes endormie, c'est ça ? - Non ! Pas du tout !
Nous sommes des professionnelles.
On ne dort pas quand on est de garde.
On n'a pas le temps !
Alors, Mademoiselle ment.
Impossible de ne rien entendre.
Entendre quoi ? Des bruits ?
Il y a que ça ! Des râles, des gémissements...
Laissez-la parler.
Elle n'est pas assez grande pour le faire toute seule ?
C'est elle, la coupable ?
Moi ? Mais pourquoi moi ?
Vous connaissez l'assassin.
Pour une raison que j'ignore encore, vous le couvrez.
Vous voyez bien qu'elle ne sait rien.
- À quoi le verrais-je ? - C'est pas moi ! Je vous jure !
Enfin, ouvrez les yeux. C'est le geste d'un fou.
Et nous n'en avons aucun dans cet établissement.
Si j’étais toi, je n'en serais pas si sûre, mon amour.
Tu crois que c'est moi ?
- Tu penses que j'ai pu ? - Mais bien sûr que non.
Avec les somnifères, tu n'aurais même pas pu ouvrir un œil.
- T'es sûr ? - Certain.
De toute façon, tu es incapable de faire du mal à qui que ce soit.
Courelle !
Je reviens tout de suite.
Qu'avez-vous fait ?
Hospitaliser votre femme ici sans daigner me prévenir ?
Alors que sa place devrait être en psychiatrie ?
Vous voulez détruire ma réputation ?
- Dany n'est pas folle. - Ah bon ?
Comment expliquez-vous qu'elle ait égorgé son chat ?
Elle l'a trouvé comme ça devant la maison.
- Pourquoi l'avoir hospitalisée ? - Parce que je suis dangereuse !
- Pourquoi tu dis ça ? Mais non. - Si !
Je sais plus ce que je fais. Je me souviens de rien.
Je l'aimais, notre chat. Emmenez-moi.
- C'est tout à ton honneur, Dany ! - D'accord.
Ma femme va pas bien. Si vous l’arrêtez, ça empirera.
Elle a besoin de soins et de repos.
Qu'on la mette dans un autre établissement.
- Vous êtes arrêtée. - Ah, quand même !
Mais vous avez besoin de soins.
Vous resterez dans votre chambre, avec un policier devant votre porte.
Comment j'ai pas vu qu'il était marié ?
Et attends, je t'ai dit pour les enfants ?
On a les dernières analyses de Mme Dumont.
C'est encore pire que ce qu'on pensait.
- Tu les mets dans son dossier ? - D'accord.
Tu es toujours là ? Oui.
Figure-toi qu'il en a déjà quatre !
Des enfants ! Quoi d'autre ?
Il parlait de m'en faire un.
Alors, ces comptes rendus ? On les a ? On les a pas ?
Les voici, professeur. Je viens juste de les recevoir.
C'était mon patron.
Il faut que tu me ramènes la machine à écrire.
Je vais écrire l'article du siècle.
"Meurtre à l'hôpital" !
"Le célèbre reporter Albert Major découvre le crime parfait.
"Et se fait trucider."
Ou bien...
"La recherche de la vérité... aura été fatale à Albert Major."
- Oui, c'est bien, ça ! - Oui...
Mais s'il y a une folle qui rode ou un tueur expérimenté,
tu serais en danger, toi aussi.
Marlène, vous n'avez pas du travail en retard ?
Vous n'avez pas de cœur. Je ne pouvais pas laisser Alice ici.
- En plus, c'est ma faute. - Vous en êtes où ?
Vous ne croyez quand même pas à cette histoire de folle ?
Et pourquoi pas ?
C'est clair comme de l'eau de roche.
Albert Major a reconnu son assassin, ici, dans cet hôpital.
Albert Major voit ce qu'il n'aurait pas dû voir, et donc, il est mort.
L’œil crevé ! "The end of a great reporter."
Ça sonne bien !
Ça sonne comme un fantasme de journaliste de seconde zone.
Mettez-vous le doigt dans l’œil, si ça vous amuse.
À défaut d'une seringue.
Il avait son manuscrit dans sa mallette. Tout y est.
Le problème, c'est qu'on a retrouvé la mallette.
Il n'y avait rien à l’intérieur, à part des factures.
Mais elle est là, la preuve. Enfin, la mallette vide !
On l'a fait disparaître, ça tombe sous le sens.
C'est pas l'heure de prendre vos pilules ?
Je vous le prouverai.
Bon, si vous permettez, j'ai du travail qui m'attend.
Et j'ai besoin de ma secrétaire pour le faire.
Oui, oui. Bien sûr, commissaire.
Non, mais... Hé !
- Tout va bien, docteur ? - Oui.
Faudrait que j’arrête de penser à ma femme. Pince...
C'est terrible, ce qui lui arrive.
Dany est tellement gentille, en plus.
Contrairement à d’autres, si vous voyez ce que je veux dire.
- J'arrive pas à le croire. - Moi non plus.
Compresse.
Elle est terrifiée, la pauvre.
Et là, la savoir seule dans sa chambre...
alors que je vais être coincé au bloc pour au moins 2 heures.
Vous voulez que...
je me fasse remplacer 5 minutes pour vérifier si tout va bien ?
Vous feriez ça pour moi ? Ce serait tellement gentil.
Scalpel.
Elle est pas sortie ? Sûr ?
Sûr et certain, j'ai pas bougé.
Allez chercher de l'aide ! Vite !
- C'est très aimable. - Je vous en prie.
Tim Glissant.
Ah ! Vous êtes le nouveau médecin légiste ?
Je ne savais pas...
Enchantée.
- Vous travaillez ici ? - Oui.
Je pensais que vous étiez actrice ou mannequin.
Non, pas du tout.
Je suis l'assistante du commissaire.
Du commissaire Laurence ?
Portez plainte pour séquestration.
Il vous avait bien cachée.
Marlène !
J'arrive.
Allez...
- Dany Courelle s'est suicidée. - Oh, mon Dieu ! Qui est-ce ?
Si vous étiez à votre poste au lieu de bavasser, vous le sauriez.
Heureusement, elle n'est pas morte. Elle va s'en sortir.
Tant mieux.
Et ce dossier ?
Quel dossier ?
Celui à aller chercher aux archives.
Il va remonter tout seul avec ses papattes
ou vous comptez vous en occuper ?
- J'y vais. - Tant mieux.
Et ne traînez pas en route, cette fois.
Non, laissez ! Laissez !
Que me vaut ce plaisir, professeur ?
Pourquoi n'avez-vous pas arrêté cette folle ?
Sa tentative de suicide sonne comme un aveu.
Si j'entrais au bloc, vous pensez que je serais capable d’opérer ?
De quoi me parlez-vous ? C'est un métier.
Des années d’études et de pratique.
Eh bien, voyez-vous, policier aussi.
Alors faites votre métier, et laissez-moi faire le mien.
Et à ce propos,
je ne laisse pas traîner des armes dans les cellules des prisonniers.
Je ne vois pas le rapport.
Que faisait ce scalpel dans la chambre de Dany Courelle ?
Que sous-entendez-vous ?
Une folle ?
Un scalpel égaré dans une chambre dont on ne peut sortir ?
Un moyen très habile de pousser au suicide
une coupable présumée et psychologiquement fragile, non ?
Affaire classée.
Plus de flics pour vous embêter, fouiller, poser des questions.
Je n'ai rien à cacher, à part tout ce qui relève du secret médical.
Je ne sais pas pourquoi, mais... j'ai le sentiment diffus
que votre conception du secret médical
englobe beaucoup, beaucoup de choses.
Nous nous sommes tout dit.
Pour le moment.
Vous connaissez cette jeune journaliste Alice Avril ?
J'ai besoin de contacter ses proches.
Elle n'en a pas.
Elle est orpheline. Elle n'a ni frère ni sœur.
Dans ce cas...
Si c'est pour annoncer qu'Alice est tombée sur la tête, qu'elle débloque,
ce n'est pas la peine d'alerter tout son arbre généalogique.
- C'est beaucoup plus grave. - C'est-à-dire ?
Vous pouvez me parler. Je suis la personne la plus proche.
Et je le déplore, parfois.
Cancer généralisé, fulgurant.
Un cas d’école, vu son âge.
Ah oui...
Vous avez un pronostic ?
Une ou deux semaines, maximum.
Vous lui annoncez ou vous préférez que je m'en charge ?
Non.
Merci.
Un petit Treets ?
Plaît-il ?
Vous êtes tout blanc.
Enfin, tout dépend comparé à qui.
Très drôle.
Bon... Nous disions donc ? L'aiguille ?
Oui. L'aiguille.
De celles qu'on utilise pour les ponctions lombaires.
Pas de l'acupuncture.
Ça lui à bien perforé le cerveau.
Après ça,
il risquait pas de reporter grand-chose, votre reporter.
- D'autant plus qu'il en est mort. - Ah non !
Comment ça ?
C'est pas ça dont il est mort.
Il était mort avant l'aiguille. Au premier coup.
Quel premier coup ?
Vous voyez, ici ?
La petite entaille ? Un coup bien précis sur la jugulaire.
Tranché net. Du travail d'artiste.
Le reste, la seringue, c'était juste de l'esbroufe.
"Travail d'artiste" ? Vous pensez à "chirurgical" ?
On peut dire ça, oui.
Dites-moi,
vous me filez les coordonnées de votre assistante ?
Pour ?
On va commencer par boire un verre.
Hors de question !
Parce que ?
Parce que c'est ma secrétaire.
Je vois. En fait, vous êtes déjà sur le coup.
Que racontez-vous ? On travaille. Nous sommes débordés !
Nous sommes sur une affaire et n'avons pas le temps
pour quoi que ce soit d'autre.
Au revoir.
Bon...
Chère Alice.
J'ai quelque chose à vous dire. Quelque chose de...
Ma très, très chère Alice...
Non, non.
Chère Alice...
Ce que j'ai à dire n'est pas facile. C'est même...
la chose la plus difficile que j'aie jamais été amené à dire.
Vous, quand ça veut pas sortir, ça veut pas sortir !
Allez-y, crachez le morceau. Vous verrez, c'est pas dur.
Je n'en suis pas si sûr.
- Alice. - Oui. Attendez.
Vous m'avez appelée comment, là ? Alice ?
Vous avez vraiment envie de vous excuser.
D'habitude, c'est plutôt "Avril".
En fait, c'est "mon chien", si on écoute bien.
Oui, allez-y. Je suis prête. Excusez-vous !
- M'excuser ? - Oui.
D'avoir encore été totalement minable avec moi.
C'est pour ça que vous êtes là, non ?
J'ai été minable ?
- Et misogyne. - Et misogyne ?
- Et phallocrate. - Ah bon ? OK.
Je m'excuse.
Enfin, je veux dire...
Je vous prie de bien vouloir accepter mes excuses pour tout ça.
Et le bouquet, c'est pour aujourd'hui ou...?
Ah ! Pardon ! Oui.
Merci.
- Maintenant, je vais... - "Arrêter de vous mépriser
"et tout faire pour que vous m'aidiez à résoudre l'enquête."
Voilà. Exactement. Vous me l’ôtez de la bouche.
Quoi ? Non, sans déconner !
Vous êtes d'accord pour qu'on fasse équipe ?
- Jusqu’à la fin des jours, Alice ! - Ah !
Oui, oui. Bon.
Bon, très bien.
On n'a qu'à faire ça comme ça. Puis après, on verra.
Oui, maman.
Un crime, je te dis.
Dans l'hôpital.
Et... je sais qui l'a commis.
Non, j'ai rien dit. Pas encore.
Mais grâce à ça, je vais pouvoir quitter cet endroit
et revenir enfin au pays.
Oui. Je t'embrasse.
Vous me cherchiez pour m'interroger, commissaire ?
Vous êtes monsieur Rafil ?
Je vais vous décevoir. Je n'ai rien vu.
Croyez-moi, je le regrette.
Ça m'aurait tellement amusé.
Vous imaginez ?
être témoin d'un meurtre juste avant de passer l'arme à gauche.
Ça aurait mis un peu de piment dans ma vie.
Ou ce qu'il en reste.
Arrêtez. Vous savez que je déteste quand vous parlez de ça.
Ma secrétaire est trop sensible,
ou terrifiée à l’idée de perdre son salaire.
Vous le savez, mon foutu cœur n'en a plus pour très longtemps.
Vous n’êtes pas drôle.
Si vous vouliez prendre soin de vous, vous arrêteriez de fumer ces cigares
et puis vous dormiriez la nuit.
Pour gâcher le temps qui me reste ?
Lors de vos déambulations nocturnes,
vous n'avez rien remarqué de bizarre ?
Sans avoir été témoin, vous auriez pu, disons,
voir passer quelqu'un dans les couloirs ce soir-là.
Comme le Dr Vidal ?
Le Dr Bouchard ?
Ou le Dr Courelle ?
Parce que vous les soupçonnez ?
Je soupçonne toute personne sachant se servir d'un scalpel.
Savez-vous vous servir d'un scalpel ?
Si je vous dis oui ? Vous me passez les menottes et m'embarquez ?
Je rêve de nouvelles expériences.
Ah, commissaire ! Je vous présente Phoenix.
Vous savez pourquoi on lui donne ce nom ?
Il a été sauve par une greffe de cœur faite par le Pr Vidal.
Le Pr Vidal opère aussi les animaux ?
Si ça à marché sur lui, pourquoi pas sur moi ?
Vous voulez une greffe du cœur ?
Si seulement...
J'ai beau être riche, ça ne suffit pas.
Lucette, c'est pas le moment. Je suis attendu au bloc en urgence.
J'ai pris des risques. Ce ne sera pas pour rien.
J'en peux plus, ça devient intenable.
Je veux que tu lui dises, maintenant. Si tu ne le fais pas, je le ferai.
Je crois pas que tu le feras, Edouard.
Et tu sais pourquoi ?
Parce que si tu le fais,
alors moi aussi, je parlerai. Moi aussi, je dirai tout.
Des choses que tu n'as pas envie que je dise, et...
T'as tellement plus à perdre que moi, Edouard.
Arrête de râler et occupe-toi de moi.
ça te détendra.
Bonsoir, Jojo. Comment ça va, aujourd'hui ?
Bonsoir, ma splendeur.
Ton sourire est comme un astre dans ma vie si terne.
T'es belle. T'as rendez-vous avec un amoureux ?
Non, non !
C'est professionnel.
Strictement professionnel. Mon patron m'a appelée en urgence.
Eh ben, il a de drôles d'horaires, ton boss.
Il travaille tout le temps et il ne peut pas se passer de moi.
Je suis un peu son bras droit.
Alors, je t'ai apporté...
une purée de brocoli.
Ne râle pas. Tu as besoin de légumes.
Et pour le dessert, un flan aux pommes.
"Et c'est un homme
"Au feu du soir
"Tandis que le repas s’apprête...
"Et c'est un homme
"Au feu du soir
"Qui, mains croisées
"Baisse la...
Tête ?
Casquette ?
Brouette ? Salopette ?
Jojo ? Qu'est-ce qui t'arrive ? Jojo ?
À l'aide ! À l'aide !
Jojo est en train de mourir !
Prenez soin de lui, c'est un poète. Il a le cœur fragile.
- Alors ? - Je crois qu'on a un bon client.
Crise cardiaque, 50 ans, pas la grande forme.
Parfait !
Vous l'emmenez discrètement.
Bonsoir, commissaire.
Merci d'être venue.
Si vous saviez ce qui m'est arrivé.
Il faut que je vous parle.
C'est Jojo !
Hors du cadre professionnel.
- Ah bon ? - Oui.
Hors du cadre ?
De vous à moi.
"De vous à moi" ?
Et c'est pas facile.
car vous ne vous attendez pas à ce que je vais vous annoncer.
Je crois que si.
J'ai bien senti l'autre jour, après l'accident, que vous étiez inquiet.
même si vous êtes quelqu'un qui cache ses sentiments.
Mais quand il arrive un tel évènement,
où on pense qu'on va perdre quelqu'un de proche,
on se rend compte à quel point on y tient.
On se rend compte que les sentiments qu'on cachait
tout au fond se révèlent au grand jour.
Et c'est ce qui vous est arrivé.
Je... je me trompe ?
Je suis sidéré par votre clairvoyance, Marlène.
Il est vrai que depuis, je n'arrive plus à penser...
- Je suis anéanti. - Mais non.
Pourquoi ? Pourquoi des idées noires ?
Quand deux personnes sont là, face à face...
en vie...
En vie, oui, mais...
Pour combien de temps ?
Le plus longtemps possible, j’espère.
Deux semaines, maximum.
Vous appelez ça "le plus longtemps possible" ?
Deux semaines ?
Mais de quoi parlez-vous, commissaire ?
D'Avril. D'Alice Avril.
Qui n'en a plus que pour deux semaines.
Quoi ?
Dire qu'elle n'aura jamais connu le grand amour.
Qu'elle n'aura jamais d'enfants.
Des enfants dont je devais être la tata !
C'est mon amie.
Ma seule amie.
Oui, justement. Je pensais le lui annoncer mais...
Peut-être que ce serait mieux si ça venait d'une amie proche, non ?
Ah non...
Je n'y arriverai jamais, je ne pourrai pas.
Vous êtes l'homme.
Vous êtes fort.
- Vous ferez ça bien mieux que moi. - Oui, vous avez raison.
Oh, mieux vaut ne rien lui dire,
et la laisser en paix.
Pour le peu de temps qui lui reste à vivre.
Elle a personne.
Que nous deux.
Bonsoir, Lucette.
Bonsoir, Jacqueline. On a une soirée de bienfaisance.
J'ai apporté son smoking à mon mari, histoire de gagner du temps.
- Tu sais où il est ? - Encore au bloc, j'imagine.
Ben, voyons !
Ces opérations, ces malades,
ce métier...
Pour rien au monde, je remettrais ça.
Je ne sais pas comment tu fais pour continuer, à ton âge.
Je vais l'attendre, pour changer. Puisque tel est mon destin.
Tu me ferais un café, ma petite Jacqueline ?
- Je vais attendre des heures. - Bien sûr, avec plaisir.
Voici, chère Lucette.
Merci, t'es un amour.
T'aurais pas pris un peu, toi ?
Tu devrais faire attention.
Qu'est-ce que j'ai encore fait ?
Je les ai virés. Je leur ai dit de toucher à rien.
- J'ai bien fait ? - Oui. ça va ?
Vous vous sentez bien ? Vous n'avez pas mal ?
Non. Il y a plus mal en point que moi dans cette pièce.
Attendez...
même coup précis sur la jugulaire.
Alors c'est le même. même criminel.
On dirait bien.
Vous m’êtes d'une aide précieuse, ma petite Alice.
Quoi ?
- Mais j'ai rien dit. - Si, vous aviez raison.
- Depuis le début. - Ah bon ?
J'avais raison ?
Et raison sur quoi ?
Allez vous reposer. Il faut pas prendre froid.
Vous vous sentez bien ?
Vous êtes si pâle.
Vous ! Qu'il pleuve ou qu'il neige,
vous ferez la circulation pendant les 50 prochaines années.
Je ne veux plus vous voir.
Si elle sort encore de sa chambre, je ne donne pas cher de votre peau.
C'est ma faute.
J’étais là pour veiller sur elle, et je me suis endormi.
Vous pensez qu'il s'est passé quoi ?
Qu'elle s'est levée pour aller la tuer ?
- Pourquoi ? - Je ne sais pas.
Je suis tellement fatigué.
Je n'arrive plus à penser. J'ai peut-être eu tort de m'acharner.
J'aurais dû les écouter. La faire interner depuis le début.
Est-ce qu'elle sait se servir d'un scalpel ?
Non. Évidemment que non. Quelle idée !
Allez vous reposer.
Votre femme est sous bonne garde, cette fois.
Au moins, quand elle se réveillera, vous serez plus en forme.
Vous avez raison.
Merci.
Vous avez réagi bizarrement, quand j'ai parlé de scalpel.
Vous aimeriez me dire quelque chose ?
Non, non. C'est juste que...
J'aime le Dr Courelle et son épouse, mais quand ils sont arrivés ici,
Dany s'ennuyait beaucoup.
Elle allait souvent au bloc, posait des questions,
regardait comment il faisait.
Enfin...
C'est pas parce qu'on regarde un cuisinier qu'on peut cuisiner.
Mais s'il y a une chose dont je suis sùre, c'est que...
Dany est vraiment folle.
Vous savez ce que me disait le Dr Courelle ?
Qu'elle entendait des voix.
Vous vous rendez compte ? Des voix !
Qu'est-ce que...? Mais tais-toi, toi !
Va-t'en !
Qu'est-ce que tu veux ?
Qu'est-ce que tu veux ? Tais-toi !
D’où tu viens, toi ?
Tu as vu l'heure ?
Toujours la même histoire : on va encore arriver pour le dessert.
Enfin, s'il en reste.
Tu n'as qu'à t'en prendre à Bouchard.
Si c'était un assistant capable de rendre ses dossiers à l'heure,
on n'en serait pas là.
N'est-ce pas Bouchard ?
Bouchard n'est pas le fautif, chéri,
mais toi.
Si seulement tu savais un peu mieux t'entourer.
On y va ?
Comment ça si je suis sùre que c'était une ambulance de chez vous ?
J'ai 10 sur 10 à chaque œil. Surtout au droit.
Maintenant, veuillez me passer quelqu'un de compétent.
Allô ? Allô ?
Oh ! Le mufle !
Vous vous rendez compte ?
Ils prétendent que Jojo n'est jamais passé chez eux.
Alors que je l'ai vu dans l'ambulance.
Comment cela est-il possible ? Il ne s'est quand même pas évaporé !
Pourquoi vous m'avez convoqué ?
Il y a quelque chose qui me turlupine, professeur.
Un petit détail de rien du tout :
à l'heure où cette pauvre infirmière a été assassinée,
tout le monde semble avoir un alibi, sauf vous.
J'ai déjà dit que j’étais au bloc.
Certes, mais j'ai vérifié.
Aucune opération prévue au planning.
Et aucune infirmière ne vous a assisté.
Parce que je préparais une intervention prévue le matin.
Et sans témoins, je dois vous croire sur parole.
Mais enfin, tout le monde l'a vue, la coupable.
Avec du sang sur les mains. Que voulez-vous ?
Un mobile !
Un fou n'a pas de mobile. Il frappe au hasard.
Il n'a pas frappé au hasard.
Et ce n'est pas le geste d'un fou, mais d'un médecin
ou plutôt... d'un chirurgien.
Vous avez un problème avec la médecine, commissaire.
Vous avez été traumatisé par un docteur.
Et depuis, vous cherchez à vous venger.
Que faisait cette jeune femme à l'hôpital
alors qu'elle n’était pas de garde ?
Je ne connais pas l'emploi du temps du personnel.
Je pense qu'elle avait rendez-vous avec l'assassin.
Pour le faire chanter.
Elle savait qu'il avait tué Albert Major.
Elle savait que c'était vous.
Et vous l'avez tuée.
Vous avez raté votre vocation.
Parce que ça ressemble vraiment à un roman.
Un roman basé sur des hypothèses ridicules.
C'est le principe de la recherche, non ?
On émet des hypothèses, et on les vérifie.
C'est ce que je vais faire. C'est mon côté "Marie Curie".
Dire que si j'avais pas conduit ce scooter,
cet écrivain serait pas mort.
Cette pauvre infirmière non plus.
Et Alice serait pas mourante.
Qu'est-ce que vous racontez ? Ça n'a rien à voir.
C'est même grâce à ça qu'on a su.
Mais j'aurais préféré ne jamais savoir.
Quand on ne sait pas, c'est comme si ça existait pas.
C'est comme si personne n'allait jamais mourir.
Merci.
J’étais morte d'impatience.
Pas morte, Alice.
Pas encore.
- J'ai des trucs à vous dire. - Tu dois te reposer.
Nous allons te remonter dans ta chambre.
Tu seras au chaud.
Mais tu veux ma mort ou quoi ?
Arrête de prononcer ces mots !
Quels mots ?
Arrête de me regarder comme ça !
On dirait que je vais clamser.
J'ai mal à la tête, mais ça va.
Ça y est.
C'est en train de monter au cerveau.
Ça n'a rien à voir avec l'accident. J'ai été assommée.
Hein ? Assommée par qui ?
Il n'a pas laissé sa carte.
- Pourquoi il a fait ça ? - C'est ce que j'essaie
de vous dire depuis votre arrivée !
C'est vous qui aviez raison, cette fois.
Il se passe des choses bizarres, ici.
Enfin, ici. Je devrais plutôt dire là-dessous.
Suivez-moi.
C'est par là.
Doucement, Marlène.
J'ai vu deux ombres là-bas.
Deux chirurgiens en train d’opérer. Impossible de distinguer le corps.
Tu as la vue qui baisse, c'est ça ?
Et c'est là, qu'il y a eu le chien.
J'ai voulu le faire taire. Bim ! Sur la tête, je suis tombée.
- Le chien t'a assommée ? - Vous êtes tombée toute seule ?
- Pourquoi je tomberais ? - Un malaise ?
Pourquoi j'aurais eu un malaise ?
C'est juste là.
Et là, je me suis réveillée au milieu de la route devant l'hôpital.
Une voiture me fonçait dessus.
Des hallucinations, maintenant.
Vous me croyez pas du tout ? Vous croyez que je délire ?
Que je pars en sucette ?
Ça peut arriver. Enfin, après un choc, bien sûr !
Vous avez vu des gens, ici, en train d’opérer ?
Oui.
Il y avait un corps allongé là, sur une table d’opération,
avec une grosse lumière qui l’éclairait.
Elle a vraiment des hallucinations.
Le cerveau est atteint. Encore plus fulgurant que prévu !
S'il reste rien, c'est forcément qu'il se passe des trucs louches.
Je comprends pas.
Qu'en ont-ils fait ? Il s'est quand même pas évaporé...
Marlène ? Vous ne m'auriez pas parlé
de quelqu'un qui s'est récemment évaporé ?
Si. Jojo, le clochard.
Pourquoi pensez-vous à lui ?
Oh ! Jojo...
Je suis pas folle. Je vous disais qu'il y avait un chien.
- Non ! Pauvre petite bête ! - Ouais.
Mon dernier espoir à rendu l’âme.
- Il a quand même tenu deux mois. - Je pourrai pas en dire autant.
Ce n'est pas perdu.
Professeur Vidal, je vous arrête pour faux témoignage
et expérimentations illégales sur des humains.
Alors, professeur ?
Que faites-vous exactement dans ce laboratoire secret ?
Des expériences interdites ?
Des greffes de cœur ?
D'abord, des chiens. Ensuite, des hommes. Je me trompe ?
Non, je ne me trompe pas.
Mais comme c'est illégal,
vous ramassez des clochards et les utilisez comme cobayes.
Qui se soucierait de la disparition d'un clochard ?
Pour que la science avance,
il faut des hommes comme moi,
qui savent briser les tabous.
C'est pourquoi vous avez tué Major ?
Pour récupérer son cœur et le greffer ?
Je ne l'ai pas tué.
Alors pourquoi étiez-vous si pressé d'emporter son corps ?
C'est ce que vous auriez fait si Alice Avril n’était pas entrée.
Je voulais éviter une psychose parmi les autres patients.
Bien sûr !
Cependant...
j'ai, en effet, l'ambition de marquer l'histoire
en pratiquant la première greffe mondiale.
Mais même si je dois parfois frôler les limites de la légalité,
je ne suis pas un assassin.
C'est ce que nous verrons.
Martin !
Placez-le en détention.
Bonjour, Dr Courelle. Comment va votre femme ?
Mieux. Dieu merci. Bonne journée à vous, Esther.
- Je vais vous aider. - Merci.
- Vous apportez du travail ici ? - Oui.
Malgré sa maladie, M. Rafil continue de gérer sa fortune d'ici.
Je n'aimerais pas ça, moi, voir des malades toute la journée.
C'est de voir mon patron s'affaiblir qui me détruit.
J'aurais aimé que le Pr Vidal tente une greffe sur lui.
Je sais ce que c'est, de compter les jours...
J'ai une amie qui...
Pardon.
Alice !
Alice !
Alice !
C'est Dany ?
Alice !
Merde, alors...
Au moins, cette fois, elle s'est pas loupée.
Elle ne fera plus de mal à personne.
Non !
- Restez pas là. C'est trop affreux. - Non !
Je veux rester. Je veux voir son visage.
Qu'est-ce qui s'est encore passé ?
Ma Dany !
Mon amour !
Elle est vivante.
Lucette ?
Mais pourquoi elle a fait ça ? Pourquoi elle se serait suicidée ?
J'aimerais beaucoup avoir votre avis, Alice.
Alice ?
Décidément, je m'y fais pas.
- Oui ? - Dites-moi...
Qu'est-ce que vous voyez, là ?
Une marque, au niveau de la ceinture.
Oui, absolument.
Et vous diriez que c'est la marque de quoi ?
Je dirais...
Peut-être la trace... d'un pouce ?
Absolument !
Absolument ! Et donc...
ce que vous suggérez, j'imagine, c'est que Lucette
ne s'est pas...
- suicidée ? - Oui, j'imagine.
Brillant !
Une compression à cet endroit
provoque une perte de connaissance instantanée.
À partir de là, l'assassin
peut enrouler la ceinture autour du cou de la victime
et simuler un suicide.
- C'est encore un meurtre ? - Absolument, Marlène !
Et ça ne peut pas être Vidal, puisqu'il était en détention.
C'est elle ! Encore elle. Elle va finir par tous nous tuer.
Je dis qu'il faut vous ménager,
ma petite Alice.
On va la ramener dans sa chambre et la mettre dans son lit.
Et puis, j'ai aussi pensé à quelque chose.
Quand vous sortirez, vous viendrez vous installer chez moi.
Avec sa jambe, elle ne peut pas monter ses 5 étages.
Mais il n'y a qu'une seule chambre, chez vous.
Elle sera pour vous. Je dormirai dans le canapé.
Ce qui compte, c'est que je sois là, pour m'occuper de vous.
Et je veux aussi vous acheter une chemise de nuit.
Parce que votre pyjama, franchement, ne vous rend pas vraiment hommage.
Euh... oui. Alors, merci, mais...
En parlant de chemise de nuit...
Que faisait Lucette dans cette tenue,
alors que son mari était en garde à vue ?
C'est louche.
Lucette est effectivement arrivée habillée.
On n'a pas retrouvé ses habits.
Et pourquoi on ne les a pas retrouvés ?
- Quelqu'un les a cachés. - Bouchard.
- Quoi, Bouchard ? - Je les ai vus...
Lucette et lui... Le Dr Bouchard. Ils se cachaient.
J'ai pas entendu ce qu'ils disaient.
Mais le Dr Bouchard n’était pas content.
Je suis nulle, j'aurais dû...
Ne vous sous-estimez pas.
Vous n’êtes pas nulle. Vous êtes...
éblouissante !
T'as vu ce que j'ai vu ?
Non. Quoi ?
Ben ! Tu... Il m'a embrassée, là !
Il m'a fait des compliments. Il m'a proposé d’emménager chez lui.
C'est gentil, non ?
Ah non ! Mais c'est pas gentil.
C'est inquiétant, très inquiétant, même !
Il n'est pas malade ?
Le commissaire ? Non.
Ah, mais ça y est ! C'est la crise de la cinquantaine.
Oh, c'est la grosse descente.
Il a décidé de sauter tout ce qui bouge et qui à moins de 30 ans.
C'est tombé sur moi, pas de bol.
Il y en a qui en rêvent.
Hein ? Oui ! Mais je vais pas faire ma sucrée.
C'est vrai que si on fait abstraction de son caractère de merde...
Bon, il a pas un physique repoussant...
Et il a de l'allure.
Non, mais il est trop vieux !
C'est Laurence, enfin ! Ce serait quasi de l'inceste.
- De l'inceste ? - Il faut lui dire.
Marlène, dis-lui.
Sans le vexer, hein !
Il faut qu'il comprenne qu'avec moi,
tout avenir est exclu. Ah oui, c'est bien, ça !
"Avec moi, tout avenir est exclu." Parfait !
Ça sert à rien de le laisser mariner avec de faux espoirs.
- Je peux compter sur toi, Marlène ? - Oui.
"Tout avenir est exclu."
Attendez !
- Qu'est-ce que vous cachez, là ? - Non, mais rien.
Ça n'appartiendrait pas à Lucette Vidal, par hasard ?
Ses fameux vêtements qui avaient disparu, c'était vous ?
C'est vous qui avez tué Lucette ?
Vous la détestiez, n'est-ce pas ?
Et Victoria et Albert Major, c'était vous, aussi ?
Mais non, j'ai rien à voir là-dedans. Je vous le jure.
Alors expliquez-moi ce que vous faites avec ces vêtements.
- Je les ai trouvés. - Où ?
Comment osez-vous ? L’accès au bloc est interdit.
Docteur Bouchard, je vous arrête pour le meurtre de Mme Vidal.
Je ne l'ai pas tuée.
Expliquez-moi pourquoi on a retrouvé ses vêtements dans votre cabinet.
Elle m'attendait.
J’étais au bloc. Je suis sorti 2 min pour la prévenir.
Il y avait plus personne, il y avait que ses vêtements.
Oui, j'ai eu peur que quelqu'un tombe dessus. Je les ai cachés, voilà !
Nous verrons !
- Veuillez me suivre. - Écoutez !
L’opération que je suis en train d'effectuer est délicate.
Il n'y a que moi et le Pr Vidal qui pouvons l'effectuer.
Si je pars maintenant, ce patient va mourir.
Le souhaitez-vous ?
Vous avez enfin décidé de me libérer ?
Un crime a été commis cette nuit à l'hôpital.
Pour celui-ci, au moins, vous avez un alibi indiscutable.
Ça ne me réjouit pas pour autant.
Quelle est la victime ?
Votre femme.
Lucette ? Mais... Ce n'est pas possible. Pas Lucette.
Je suis sincèrement désolé.
C'est la 2e fois que vous vous retrouvez veuf, n'est-ce pas ?
car vous avez déjà été marié à... Comment s'appelait-elle, déjà ?
Gaëlle. Voilà. Gaëlle !
Et si mes renseignements sont exacts, Gaëlle s'est suicidée.
Alors qu'elle était jeune et en pleine santé.
Vous voulez me mettre sa mort sur le dos ?
J’étais aux États-Unis quand c'est arrivé.
C'est dans le dossier.
Marlène !
Qu'est-ce qu'il fait là ? C'est lui, qui a tué Lucette ?
Coucher avec ne te suffisait pas ?
Ah ! Vous le saviez ?
Depuis le début. Mais quelle importance ?
Me quitter pour un petit médecin !
"Un petit médecin" ?
Des années que je bosse sur tes recherches,
que je me prête à tes expériences !
En plus, tu signes mes découvertes.
C'est toi que j'aurais dû tuer !
Lucette, c'était plus facile.
Que trouvait-elle à un être si pathétique ?
Ce que tu ne lui as jamais donné !
Ça suffit !
Moi, je pouvais la satisfaire.
Vous savez quoi, commissaire ?
Le célèbre Pr Vidal...
Pardon !
Le génial Pr Vidal, eh bien, il est impuissant.
Lucette l'a découvert juste après son mariage.
Voilà qui expliquerait le suicide de sa première femme.
Gaëlle ne s'est pas suicidée.
C'est Lucette qui l'a tuée.
Quoi ?
Gaëlle n'arrivait pas à dormir.
Lucette était l’infirmière de Vidal.
En bonne copine, elle lui a conseillé des médicaments.
Elle lui a donné son dernier verre, pour qu'elle dorme bien.
C'est pas vrai, c'est impensable.
Elle a consolé le Pr Vidal,
et l'a épousé quelques mois plus tard.
Elle était très forte.
Si c'est vrai, pourquoi ne pas l'avoir dénoncée ?
Parce qu'il est complice.
C'est toi qui as fait la prescription, c'est ça ?
Mais elle m'avait dit que c'était pour elle !
C'était une manipulatrice.
Elle avait gardé mon ordonnance. Elle me tenait.
Je pouvais rien lui refuser.
Pour la première fois, je vous crois, docteur.
Vous étiez un amant bien conciliant
que Lucette manipulait,
jusqu’à vous convaincre de tuer Albert Major.
Et Victoria.
car Major avait reconnu Lucette.
L'auteur de ce fameux crime parfait.
Et vous l'avez tuée, elle aussi,
quand vous avez compris qu'elle ne serait jamais pour vous.
Mais je n'ai rien fait. Je suis innocent !
Vous pouvez plaider le crime passionnel
pour diminuer votre peine.
Emmenez-le !
Non !
Vous, vous restez là !
Vous n’êtes pas coupable du meurtre de Lucette,
mais responsable de la mort de Jojo.
Jojo le clochard.
Je peux vous montrer quelque chose ?
Quand même !
Je commençais à trouver le temps long.
Pourquoi ne pas l'avoir dit ?
Le cœur que j'ai greffé à Jojo
appartient à un garçon en état de mort cérébrale.
Or la mort cérébrale n'est pas reconnue en France.
Cette opération est totalement illégale.
Sauf que je suis en vie !
Je devrais être sous terre, à bouffer les pissenlits par la racine.
Le toubib m'a sauvé.
Je fêterais bien ça
en me tapant un petit coup de pif. Sans trop vouloir déranger...
Alors ? Vous allez me mettre en prison pour ça ?
Je dois encore sauver quelqu'un,
qui attend cela depuis longtemps et pour qui il sera trop tard.
Bonjour, monsieur Rafil.
J’espère que vous avez bien dormi.
Je vous ai apporté vos croissants.
Ça fait beaucoup de décès.
Je ne vous le fais pas dire, Marlène.
Pauvre M. Rafil.
On sait de quoi il est mort ?
Pas encore, non.
J'y pense... Vous pourriez appeler...
Non !
Je vais le faire moi-même.
Oui, Glissant ? C'est Laurence.
On en est où, avec cette autopsie ? Oui, c'est urgent.
Oui.
Installez-vous. Le docteur va venir dans 5 minutes.
Dr Courelle !
Attendez ! Merci.
S'il vous plaît !
- Allô ? - Allô ? Marlène ?
Alice ? Qu'est-ce qui se passe ?
Tu te sens mal ? Je viens ?
- Non. Il est là, Laurence ? - Non, le commissaire n'est pas là.
- Tu voulais lui dire quoi ? - J'ai un élément important.
Capital, même. On est passés à côté d'un truc.
On s'est trompés de personne.
Et peut-être même de mobile.
Alice ? Alice, j'entends... J'entends plus.
Alice ! Alice ! Ouvre les yeux !
Tu es en train de faire un petit malaise, mais ça va aller !
Ne meurs pas ! Alice ! Qu'est-ce qui se passe ?
Au secours ! À l'aide ! Aidez-la ! Alice !
Je ne le vole pas, je l'emprunte, hein !
Commissaire ! Comment va votre délicieuse Marlène ?
Toujours débordée. Alors ?
Aucune trace d'agression. Pas la moindre petite coupure.
- J'ai regardé à la loupe. - C'est ce que je pensais.
Il est mort de mort naturelle.
Formidable ! Vous pourriez être légiste.
Moi ? Non, je n'ai aucun penchant pour la morbidité.
Je préfère les vivants.
Pour moi, ils sont bien vivants. Ils me parlent, même.
Ils me racontent des tas de choses sur leur vie.
Vous voyez cette petite cicatrice sur le genou ?
Chute de vélo dans l'enfance.
Entreprenant...
mais fragile.
Et ces doigts délicats, soignés...
Un homme qui se servait plus de son cerveau que de ses mains.
- Il faisait quoi ? - Millionnaire.
Joli métier. Il a dû faire des heureux en disparaissant.
Non, même pas. Ni héritiers, ni héritières.
Dommage. Vous auriez dû me le présenter avant.
J'aurais peut-être pu le convaincre de me mettre sur son testament.
La libération de la femme passe par l'autonomie de transport !
Que faites-vous ?
Je vais vous injecter du chlorure de potassium,
que je vais faire couler très, très doucement dans vos veines.
Juste ce qu'il faut pour provoquer un arrêt cardiaque.
Mais pas trop.
Pour que la cause de votre mort reste indétectable.
J'adore le travail bien fait, et là, ça va frôler la perfection.
Alors, le crime parfait, c'était vous ?
Ma première œuvre, ma fierté.
J'ai sauvé ma première femme du suicide,
et de façon héroïque, évidemment.
Pour que tous ceux qui étaient avec nous puissent s'en souvenir.
Et Albert Major, c'était ça ?
- Il était dans le même hôtel. - Je ne savais pas qui il était.
Je pouvais pas me douter qu'il finirait par comprendre.
Lorsque ma femme s'est suicidée quelques jours plus tard,
personne ne s'est étonné.
Qui aurait remis en cause la parole
d'un gentil petit médecin, amoureux et terrassé par le chagrin ?
Et vous faites pareil avec Dany ?
Bravo ! Vous suivez.
Dany ! Ma pauvre Dany, que tout le monde pense folle.
après ce qui s'est passé, sa mort sera un soulagement.
Je ferai enfin ce pour quoi je suis fait depuis toujours,
ce pour quoi je me suis donne tant de mal depuis des années,
que Major a failli faire capoter en me reconnaissant.
Et c'est quoi ?
Construire mon propre hôpital.
Devenir le spécialiste de la greffe de cœur.
Ma première femme était riche.
Malheureusement, son héritage n'a quand même pas suffi.
Cette fois, heureusement, je vais réussir un coup de maître.
Vous allez leur raconter quoi, pour moi ?
Parce que la crise cardiaque, ça ne passera jamais.
En bonne santé et jeune.
Alors ça, ça reste à prouver.
Ben, voilà. J'ai terminé.
Vous allez pouvoir mourir bien sagement.
Attendez ! Attendez !
Alice !
Du plâtre.
Alice...
Au secours !
Tu sais que c'est toi qui as tué Lucette,
comme tu as tué Albert Major
et cette pauvre Victoria.
Parce que tu es folle, ma petite Dany.
Parce que tu ne sais plus ce que tu fais.
Et tu vas finir à l'asile. Tu ne veux pas ça ?
Non, non.
Plutôt mourir que de subir ça jusqu’à la fin de tes jours.
C'est ce que tu vas avoir le courage de faire.
Toute seule, comme une grande.
Juste quelques gorgées.
Et ton cauchemar prendra fin.
Ne touchez pas à ce verre !
Alice !
Alice ! Alice ! Au secours !
Au secours !
Au secours !
Je suis non violent.
Mais pour une saloperie comme toi, je vais déroger à cette règle.
Emmenez-le !
Au secours !
Au secours !
Elle est morte.
Elle est morte.
Oh, mon Dieu ! C'est un miracle !
Non. Juste de l’adrénaline.
Comment vous avez pu faire ça ? Arrêter le Dr Courelle.
Il est innocent et victime.
La victime d'une femme dont la folie le détruit.
C'est ce qu'il vous a fait croire, car il était votre amant.
Quoi ? Mais pas du tout !
Le Dr Courelle est trop respectueux pour tromper sa femme. même malade.
Il a dit qu'il vous aimait ?
C'était le cas.
Il vous a promis que si son état empirait,
si elle devait être internée,
il vous épouserait ?
- Il l'aurait fait. - Je n'en doute pas.
Mais pas par amour.
- Pour quoi d'autre, alors ? - Votre argent.
Mais de quoi vous parlez ?
Je n'ai rien, pas un centime d’économies.
Et même plus de salaire, car mon patron est mort.
En vous léguant toute sa fortune et en vous faisant millionnaire.
M. Rafil a toujours dit qu'il donnerait tout à des œuvres.
Il mentait. Son notaire l'a confirmé.
Rafil savait que son héritage attirerait des convoitises.
Et il a voulu vous protéger en gardant tout ça secret.
Mais il a quand même commis une petite erreur.
Pour rédiger son testament en présence de son notaire,
il a été obligé de prendre un témoin.
Un témoin garant de sa bonne santé mentale.
Et ce témoin n’était autre
que Paul Courelle.
Comment M. Rafil aurait-il pu se douter
que ce médecin si gentil, si attentionné,
était en réalité un criminel ?
Qui avait tué sa première épouse, au cours de ses vacances.
Un petit médecin, apparemment sans ambition.
Mais apparemment, seulement.
car lui aussi travaillait en secret sur les greffes cardiaques.
Sa parade pour contourner le problème d’illégalité :
l'Afrique du Sud.
Le seul pays où, de nos jours, la mort cérébrale est reconnue.
Mais il avait besoin d'argent. De beaucoup d'argent !
Une fois Dany suicidée, une fois Raymond Rafil mort,
il serait parti s'installer là-bas
pour ouvrir un hôpital, grâce à vous,
sa nouvelle femme,
et pratiquer la 1re greffe mondiale officielle.
La reconnaissance de son talent aurait été totale
et sa renommée aurait traversé les frontières.
Seulement, voilà, tout ne s'est pas passé comme prévu.
D'abord, il tombe par hasard sur Albert Major,
qui s’apprêtait à révéler qu'il avait tué sa première femme.
Le pauvre ne se doutait pas
qu'il venait d'être hospitalisé dans l'hôpital de Courelle.
Pas de chance pour Courelle,
Victoria l'a vu. Elle tente de le faire chanter.
Il l’élimine, elle aussi.
Et enfin, pour finir, il rate le second faux suicide de Dany,
en la confondant dans la pénombre avec Lucette.
Eh oui, car ce n’était pas Lucette qui était visée, mais Dany.
Dany, dont Paul Courelle voulait faire croire au suicide,
pour ensuite pouvoir vous épouser, Esther.
Je peux pas y croire. Ce n'est pas possible.
- Vous racontez n'importe quoi. - Enfin, dernier acte : Rafil meurt.
Mais beaucoup trop tôt, car Paul n'est pas encore veuf.
Tout le monde va découvrir ce que lui seul savait :
que vous êtes devenue immensément riche.
Désolé de vous dire que Courelle ne vous a jamais aimée.
Il n'a fait que vous manipuler comme il le fait avec tous.
Un beau cadeau que votre patron vous à fait mais...
Un cadeau empoisonné, hélas !
Tenez.
C'est un peu fort mais...
je crois que c'est nécessaire.
Tenez.
Vous sortez aujourd'hui ?
Comment vous vous sentez ?
Comme quelqu'un à qui on a menti depuis le début.
Qui a cru qu'elle était folle, alors que...
le vrai fou, c'était son mari.
J'ai beau savoir que c'est vrai,
j'y crois toujours pas.
Il était tellement gentil !
Il vous droguait depuis des mois.
Il vous empoisonnait. Y a mieux comme gentillesse.
Je sais.
Je sais aussi qu'il a failli vous tuer.
Ça nous fait un point commun.
Mais oui, je sais que c'est pas très glorieux.
C'est fou ce qu'on est prêt à croire quand on aime quelqu'un.
Mais pourquoi vous voulez me voir ?
J'aime pas le côté "le professeur a quelque chose à vous dire".
Ça me rappelle l’école.
C'est pas que des bons souvenirs.
J'ai deux nouvelles : une bonne et une mauvaise.
OK !
En fait, nous avons fait une regrettable erreur.
Croyez-moi, ça n'arrive jamais.
- De quoi vous parlez ? - La bonne nouvelle.
Je vous aurai sauvé la vie deux fois.
Je vous le dis en toute certitude : vous allez vivre... et longtemps.
Ben... Ouais, je vais vivre !
Enfin, je veux dire... Pourquoi je vivrais pas ?
Il y a à peine 10 minutes, vous étiez encore condamnée.
- Pardon ? - C'est ce qu'on pensait.
Mais à tort.
c'était une erreur, une stupide inversion de dossier.
Tout va bien, et vous allez même pouvoir sortir aujourd'hui.
Vous avez l'air surprise.
Vous n’étiez pas au courant ? Laurence ne vous a rien dit ?
J'ai plus de force.
Votre papier, il faut le terminer. C'est l'article de votre vie.
Une enquête que tu as quasiment résolue seule !
Oui, enfin...
Totalement seule, c'est vrai.
À part quelques détails.
Il faut que tu te reprennes !
Dans la vie, il faut jamais baisser les bras !
Jamais ! Enfin...
Il faut bien les baisser de temps en temps
pour conduire ou pour manger !
- C'est juste une expression. - Oui, oui !
Avril...
Vous avez déjà ressuscité une fois.
Vous pouvez bien le faire une deuxième fois.
après tout ce que vous avez découvert,
grâce à votre immense talent.
Vous pouvez pas abandonner comme ça.
J'ai plus la force.
J'ai plus le courage de rien.
Et puis...
J'ai l'impression de perdre la vue, alors...
pour taper à la machine...
Tu n'auras qu'à me dicter.
En fait...
j'avais pensé à quelque chose, parce que depuis le début,
vous êtes très gentils avec moi,
vous êtes attentionnés...
Comme vous arrêtez pas de me demander ce qui pourrait me faire plaisir,
j'ai réfléchi.
Et j'ai trouvé.
Je l'ai fait mettre par écrit,
parce que j'avais peur d'oublier. Je perds la mémoire aussi.
Merci, Marlène.
C'est des petites choses comme ça, trois fois rien...
"Un voyage en Amérique.
"Un nouveau scooter.
"Un dîner à la Tour d'Argent" ?
Une nuit au Ritz ?
Ça va nous coûter une fortune.
Oui, comme vous dites.
On peut pas refuser.
C'est sacré, les dernières volontés de quelqu'un.
Oui, bien sûr, mais...
Mais rien du tout !
Moi, je vais vendre la très belle broche de ma tante.
Mon seul héritage, mon seul bien de valeur. Et vous ?
Quoi ? Je n'ai rien, moi. Ni broche ni tante.
Si, votre voiture. Vous allez la vendre.
Elle n'a que nous, commissaire, ne l'oubliez pas.
Certes, certes... Mais tout de même !
Alors ? Vous avez appris la bonne nouvelle ?
Vous devez être fous de joie. Et surtout très soulagés.
Quelle bonne nouvelle ?
Mais... l'erreur de dossier.
L'inversion entre celui de votre amie et celui de Mme Dumont,
morte cette nuit. C'est comme ça qu'on a compris.
Votre amie va très bien. Elle n'avait rien.
On lui a donné le droit de sortir.
La saloperie !
Le chameau !
Pourquoi êtes-vous en colère ? C'est formidable !
C'est merveilleux ! Alice va vivre.
Ah oui ! Et ben, pas longtemps, croyez-moi !
Avril !
Avril !
Sous-titrage : Eclair Media
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