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Robert !
Mais qu'est-ce qui se passe, Robert ?
Huguette !
T'es là, Huguette ?
- C'est quoi, tout ce raffut ? - Ça vient d'en bas.
Il l'a tuée !
Il l'a tuée.
Ne restez pas là. Rentrez, rentrez.
Appelez la police.
On aurait dit le diable en personne.
Je l'avais dit à Huguette.
Ce voyou, il t'apportera que des misères !
Calmez-vous, Régine. Calmez-vous.
- Oui ! C'est qui ? - C'est moi.
C'est qui, moi ?
Robert ! Ton petit Robert.
- Ton mari ! - Quoi ?
C'est ton petit Roro.
Tu fous quoi, là ?
- Je suis dans la merde. - Tu l'as toujours été.
Laisse-moi rentrer.
C'est fini, tout ce chambard !
Y a des gens qui travaillent !
Mais tu es blessé ?
T'as un truc à boire ?
Un verre d'eau ou n'importe quoi.
Mais il faut que t'ailles à l'hôpital.
C'est pas mon sang, ça.
Comment ça, c'est pas ton sang ?
Qu'est-ce t'as encore fait ?
- Faut que tu m'aides, ma puce. - Tu arrêtes ça !
Je ne suis plus "ta puce". Je suis la puce de personne.
Pourquoi t'es si froide, Alice ?
Tu me dis ce qui se passe, oui ?
J'avais pas mal picolé.
Puis je suis rentré chez Huguette...
Chez Huguette !
Une brave dame qui me loue une chambre.
Une "brave dame" ?
- Oui, bon. Et alors ? - Et alors rien !
Le trou noir. Aucun souvenir.
Quand je me suis réveillé, il y avait du sang partout.
Puis c'est là que j'ai vu le cadavre.
Quel con ! En plus, on m'a vu sortir !
Bon. Écoute.
On va à la police. Voilà, je m'habille.
Je connais un commissaire.
T'es folle ! Ils me croiront jamais. Et en plus...
Quoi ?
Robert !
J'ai eu des soucis avec les flics il y a quelques mois.
Depuis que tu m'as quitté, c'est le désastre.
Ça va être ma faute, maintenant ?
Tu veux que j'avoue le meurtre à ta place ?
Si j'avais du courage,
je me jetterais par la fenêtre.
Mais vas-y !
Regarde !
Suicide-toi !
J'ai le vertige !
Apportez ça au labo.
Quelle horreur !
On n'est plus en sécurité.
Régine Molon. J'ai trouvé la victime.
Parfait.
Et si vous l'aviez tuée, ça me rendrait service.
On pourrait se recoucher. Vous l'avez tuée ?
Ben non ! C'est Robert qui l'a tuée.
Robert !
- Robert Vasseur, c'est ça ? - C'est ça, commissaire.
J'avais prévenu le syndic.
Nous n'aurions jamais dû le tolérer.
Mais Huguette en était bleue !
Avec sa belle gueule de voyou, il devait être gigolo.
Et vous avez vu ce Vasseur égorger Mlle Mac Ginty ?
- Ben, non ? - Alors pourquoi ce serait lui ?
Il était couvert de sang et s'est enfui.
Alors pourquoi tous ces gens font semblant d'être tristes
alors qu'ils ne ressentent rien ?
- Comment osez-vous ? - Je me trompe ?
Mais non. C'est évident, tout le monde s'en fout.
Non. Je l'aimais bien, Huguette. Même si, bon...
Même si quoi ?
C'était pas bien méchant,
mais elle se mêlait de ce qui ne la regarde pas.
Du genre à connaître les secrets de tout le monde. C'est ça ?
Si ça se trouve, elle dérangeait quelqu'un.
Peut-être vous, monsieur.
Votre comportement est inadmissible.
Tout le monde a ses secrets.
Mon principal suspect est en fuite,
mais j'ai pour habitude de n'écarter aucune hypothèse.
Commissaire !
Il y a une latte de parquet soulevée.
Voilà, vous tenez votre mobile.
Elle cachait ses économies sous son plancher.
Tout l'immeuble était au courant, c'est ça ?
Et Robert Vasseur aussi.
Elle le surprend en train de voler son argent, et hop, il la tue.
Petit crime sordide pour un mobile sordide.
Tout ça est d'un ennui, vous ne trouvez pas ?
L'ennui, ça vous connaît, M. l'écrivain.
- Comment savez-vous que j'écris ? - L'encre sur vos doigts.
À force de changer de ruban, il y a des traces.
Et surtout j'ai lu votre première pièce.
Ah oui, c'est vrai ?
Enfin, lu... Surtout la première page.
Allez, faites évacuer le troupeau.
Deux... trois...
Explique-moi ce que ce fric fait dans ta poche !
Mais quel fric ?
C'est pas à moi.
Mais j'imagine bien.
T'as jamais été capable d'économiser. Tu l'as trouvé où ?
Nulle part. J'ai jamais vu cet argent.
- On l'a mis dans ma poche ! - Ben, oui ! Qui ça ?
- Le Père Noël ? - J'en sais rien, moi !
Faut que tu me croies.
Écoute... Tu l'as dit toi-même : t'étais bourré.
Si ça se trouve, tu l'as tuée, et tu t'en souviens plus.
- Ça n'arrive pas, ces trucs-là. - Mais si, ça arrive !
Bien sûr que ça arrive.
Je suis qu'un minable...
un raté.
J'ai tout gâché.
Faut que t'arrêtes de te lamenter, Robert.
Ce sont les flics, là.
Oui ?
Codérier, vous vous souvenez ? Votre propriétaire.
Bonjour, monsieur Codérier.
- Je vous aurais ouvert... - Les gens du 6e se sont plaints.
Oui, je sais et je m'excuse. Ça ne se reproduira plus, promis.
Et pas payer votre loyer, ça n'arrivera plus, non plus ?
Je reviens fin de semaine.
Ben, merci, monsieur Codérier. Bonne journée, monsieur Codérier.
Tu vois ce bordel, M. Catastrophe ?
T'as raison, oui.
T'entendras plus jamais parler de moi.
Promis ! Allez, salut.
Mais attends... Attends, je te dis !
Tu vas m'aider ?
Attends, mais...
Tu m'imagines vraiment en train de trancher la gorge d'une vieille ?
Bon. Écoute. Je vais voir ce que je peux faire.
En attendant, tu ne bouges pas d'ici.
Pas de plan foireux, OK ?
Et en m'attendant, tiens !
Rends-toi utile.
Tiens !
C'est quoi ?
Les papiers du divorce que tu veux pas signer.
Je t'aide, tu signes.
Alice !
Tu fais la tête ? Ça changera rien.
J'ai oublié, j'ai oublié.
Tu auras double ration demain.
Bonjour, commissaire.
Marlène ! J'ai besoin d'informations sur un dénommé Robert Vasseur.
- L'air sournois ! - Oui.
J'ai besoin d'une liste complète
et un topo sur chacun des occupants du 27, boulevard Victor-Hugo.
Il paraîtrait qu'il y a du beau monde.
Ah ! Marlène.
Qu'est-ce que vous faites, commissaire ?
Je veux vérifier quelque chose. Asseyez-vous sur cette chaise.
Commissaire !
Là, je vous tranche la gorge.
- Vous perdez votre sang par jets. - Ah oui ?
Et vous tombez au sol.
Allez, tombez, tombez.
Parfait ! Ne bougez plus.
Appelez-moi Mlle Molon
au 27, boulevard Victor Hugo, s'il vous plaît.
Mademoiselle Molon, ici le commissaire Laurence.
Dites-moi, la victime faisait bien le ménage dans trois appartements ?
Oui... Chez les...? Santini.
Oui, Mlle Schmidt...
Et les Doutremont ?
C'est parfait. Je vous remercie.
Mais qu'est-ce que vous faites par terre ?
Vous m'avez dit de pas bouger.
C'est ridicule. Relevez-vous !
Je suis bien tombée ?
C'est très bien, Marlène. Vous tombez merveilleusement bien.
Avril ?
Qu'est-ce qui se passe ? Vous ne vous jetez plus sur moi ?
Vous me questionnez plus pour savoir si j'ai une affaire ?
Tenez !
À publier dans votre canard : Robert Vasseur.
Il y a quelqu'un ?
Excusez-moi. Je ne me sens pas bien, ce matin.
- J'ai pas arrêté de dégobiller. - Épargnez-moi les détails.
Je compte sur vous pour le publier ?
Oui.
Avril, vous seriez pas enceinte, par hasard ?
Vous vous imaginez ? Avec un gosse en plus ?
Bon. Je rirais bien pour vous faire plaisir mais là...
Pas vraiment envie.
Il a fait quoi, votre Robert Vasseur ?
Apparemment assez pour qu'on lui coupe la tête.
Bonne journée.
Oh non ! Mais quelle conne !
Bonjour.
- Le commissaire, s'il vous plaît. - Il est sorti.
Je peux vous aider ?
Pourquoi vous me regardez ?
- Vous lui ressemblez. - Au commissaire ?
Non. À Marilyn Monroe.
Ah ! Non.
- C'est flagrant, pourtant. - Merci.
J'aime beaucoup cette actrice. J'ai vu tous ses films.
Moi aussi.
Michael.
Marlène.
J'habite dans cet immeuble.
Là où il y a eu cet horrible crime. Ça m'a fait un choc.
Ah ! Moi aussi.
Et là, paf ! La révélation.
Et si j'en imaginais un, moi aussi.
Un quoi ?
Un crime.
Pardon ?
Je fais du théâtre.
Ah !
Le commissaire pourrait m'aider.
Avec sa connaissance du terrain, son expérience.
Ce qui serait formidable, c'est de le suivre.
Alors là, je préfère être brutale : ce sera non à coup sûr.
Le commissaire déteste avoir quelqu'un avec lui.
C'est un loup solitaire.
Tant pis.
Vous n'avez jamais songé à faire l'actrice ?
Ah non.
Bon. Une fois, à la maternelle...
j'ai joué une fleur.
- Ah ! Une fleur. - Ah oui. J'étais...
toute cracrapotée comme ça sur le sol.
Et puis...
je m'ouvrais lentement...
lentement...
Lentement... Je me tournais vers le soleil
et je disais : "Bonjour, Soleil !"
Et ça vous dirait de prendre un verre avec moi ?
Pourquoi pas ?
Magnifique !
Je vais vous laisser travailler.
- Je vous appelle, d'accord ? - D'accord.
- Au revoir. - Au revoir.
Posez ça sur mon bureau.
Marié à Alice Avril !
Oh, mon Dieu !
Oh, mon Dieu !
Passez-moi La Voix du Nord, s'il vous plaît.
Dis donc ! Une vraie gueule de tueur.
T'inquiète, on va te rendre célèbre, et pas plus tard que ce soir.
Il faut qu'on fasse attention, tout de même.
Pour l'instant, c'est qu'un suspect.
Tu me la donnes, cette affaire.
Tu rigoles ! Une vieille morte pour 100 000 balles.
Un tueur en fuite, c'est du lourd. Trop lourd pour toi.
- Moi, j'ai peut-être des infos. - Des infos ?
Téléphone pour toi.
Oui ?
Ah ! Alice, c'est moi,
Marlène.
Écoute...
Je vais te poser une question très importante.
Tu as bien été mariée ?
- Alice, t'es toujours là ? - Heu... Oui, oui, oui.
Oui, j'ai été mariée. Et alors ?
Bon. Je ne devrais peut-être pas te le dire, mais...
ton ex-mari est impliqué dans un crime.
Quoi ?
J'ai le dossier sous les yeux.
Écoute... j'arrive.
D'accord ? Tu bouges pas,
et tu ne montres le dossier à personne.
Tout le monde dans mon bureau !
Oh, mon Dieu ! Alice, ne viens pas mainte...
Alice !
Oh, là, là, là, là, là !
Ils ont apporté le dossier ?
Euh non. Pas encore.
Qu'est-ce qu'ils fabriquent ?
On est chez les fous, là. On est chez les fous !
C'était le commissaire Laurence.
Il veut me voir, il a des infos sur le crime de cette nuit.
Ben, qu'est-ce que t'attends ? Vas-y !
Merci.
Marlène !
Vous me cachez des choses ?
Pardon ?
Vous ne m'avez pas dit que Doutremont était venu.
Ah, ça ?
Ah oui. Il est venu.
Alors, finies, les petites nausées ?
Le harcèlement va reprendre ?
"Une petite info, commissaire."
Vous tombez bien, une fois n'est pas coutume.
Je vous fais une fleur. Venez !
- Le dossier ? - Là !
Vous venez ?
Oui.
Vous vous mettez là, et vous vous faites toute petite.
Bien. Messieurs.
Nous allons renforcer ce dispositif.
L'homme est aux abois et probablement dangereux.
Ses vêtements sont couverts de sang.
Si personne ne l'a signalé,
c'est qu'il a trouvé une planque ou volé une voiture.
Toute plainte concernant une voiture doit être traitée immédiatement.
Nous allons fouiller son passé.
Il s'est peut-être réfugié chez sa famille
ou chez un ami.
Nous contrôlons déjà les gares et les axes routiers,
mais je vous demande d'être très vigilants.
Il peut être caché à deux pas d'ici.
Des questions ?
Non, non.
Alors au travail, messieurs.
Laurence, vous pouvez venir un instant dans mon bureau ?
Je reviens.
Donne-moi le dossier.
Que vas-tu en faire ?
Faut pas qu'on fasse le lien avec moi.
Robert est innocent, je le connais par coeur.
Un jour, il a vu un pigeon écrasé, il en était malade.
Rends-moi ça, le commissaire va être furieux.
Un innocent va se faire couper la tête.
Une erreur va être commise.
Tu peux empêcher ça.
J'ai juste besoin de temps. Il y a sûrement une autre piste.
T'imagines le risque ? Je peux être renvoyée pour faute grave.
Et lui, t'imagines ?
Qu'est-ce que tu fais ?
Alice ! Oh non !
Merci, Marlène. Merci.
Tu viens de sauver la vie d'un homme.
Oh là là !
Avril est partie ?
Qu'est-ce qu'il y a ? Vous en faites, une tête.
Le dossier est là !
Pas trop tôt !
C'est quoi, ça ?
Une tache !
Marié à...?
Qui a fait cette tache ?
Je ne sais pas.
- Le dossier est arrivé comme ça. - Comme ça ?
Oui.
Alors je vais vous reposer la question :
qui a fait cette tache, hein ?
Regardez mon doigt.
L'encre n'est même pas encore sèche.
Vous me décevez beaucoup, Marlène.
Vous me décevez énormément.
Je lis en vous, et je vois bien que vous me mentez.
L'arme du crime.
- Un crime ? - Oui, oui.
Entraver le cours d'une enquête, cacher des informations,
c'est puni par la loi. Passible de prison.
Je suis désolée. Je ne voulais pas.
Vous êtes la seule personne en qui j'avais confiance.
Alors écoutez-moi bien.
Il y a un nom sous cette tache.
Je vous laisse 10 secondes pour me le murmurer à l'oreille.
Sinon...
Je vous fais préparer une petite cellule.
Plus que 5 secondes, Marlène.
2 secondes...
Pardon ?
Alice.
- Bonjour. - Bonjour.
- Excusez-moi. - Oui ?
- Alice Avril, de La Voix du Nord. - Vous venez pour le meurtre ?
Vous avez des questions ? Je connaissais la victime.
Vous pensez que je pourrais voir son appartement ?
Mais oui, oui... Ça peut s'envisager, ça.
J'aurais un service à vous demander. J'écris pour le théâtre.
Pourriez-vous glisser dans l'article que je prépare un nouveau crime ?
"Un nouveau crime", ça sonne bien, je trouve.
Vous venez ?
Est-ce que...?
Est-ce que vous me pardonnerez un jour ?
Je ne sais pas, Marlène, j'ai du travail.
Je m'en veux.
Mais si vous saviez comme je m'en veux.
C'est en général ce que disent les gens quand ils sont en prison.
Allô. Bureau du commissaire Laurence.
Oui.
Oui, je vous le passe.
Oui.
Si j'étais vous, je me pointerais vite fait.
Il y a une journaliste dans l'appartement de la défunte,
avec Monsieur l'auteur.
Et ne dites pas que ça vient de moi.
C'est...?
Oui, ça, c'est la victime. C'est feu Mlle Mac Ginty.
Vous savez, il n'est pas mauvais, ce Vasseur.
Il a une sacrée descente. Je l'ai croisé dans un bar,
solidement éméché.
Mais alors, bavard, bavard...
Ah oui ?
Il a été marié.
Ah oui ?
Et il vous a parlé de sa femme ?
Pendant des heures, tout y est passé. C'était très gênant.
Une sacrée emmerdeuse, il paraît.
Ah ! Elle lui a fait vivre l'enfer.
L'enfer !
Il a dit ça ?
Et au lit...
Pas une affaire, apparemment.
Frigide, narcissique. Enfin...
Vous devriez la retrouver.
Elle aura des trucs à raconter sur lui.
Ah oui ! Ça, c'est sûr.
Ah, merde !
Qu'est-ce qui se passe ?
Il y a une autre sortie ?
- Oui. Derrière. - Écoutez...
Pas un mot sur ma présence. Merci. Au revoir.
Vous savez ce qu'est une scène de crime ?
Les scellés, c'est fait pour quoi ? Pour faire joli ?
Une chance que je sois pressé.
C'est excellent, ça, comme réplique ! Je prends note.
"Les scellés, c'est fait pour quoi ? Pour faire joli ?"
C'est formidable !
- Bonjour. - Bonjour.
Demandez La Voix du Nord !
Vieille dame assassinée. Le suspect numéro 1 est en fuite.
Demandez La Voix du Nord !
Je vous en prends un.
- Voici. Merci, mademoiselle. - Merci.
Non, mais ça va pas, la tête ! Qu'est-ce que c'est ?
C'est pas ma faute si vous traversez sans regarder.
Assassin ! Coffrez-le, monsieur l'agent.
- Calmez-vous. - Ça se croit tout permis.
Montrez-moi vos papiers.
Robert, qu'est-ce que tu fais ? Ça fait des heures que je t'attends !
T'as encore été boire !
Excusez mon mari, M. l'agent. Je le ramène.
Ça n'arrivera plus.
- Ramenez-le. - Je vous promets.
Viens ici, toi. Bon à rien !
Demandez La Voix du Nord !
Une vieille dame assassinée.
Le suspect numéro 1 toujours en fuite.
Ça, c'est pour "l'emmerdeuse" !
Ça, c'est pour "narcissique", et ça, c'est pour "frigide" !
Arrête, tu me fais mal. Je comprends pas ce que tu racontes.
Je n'ai jamais employé ces mots-là.
Ah oui ! Puis t'as jamais picolé non plus, hein ?
Rien que des mots gentils quand tu parles de moi !
Que je t'ai fait "vivre un enfer", tu l'as pas dit ?
J'étais en colère !
Tu m'as jeté comme une vieille chaussette, alors...
Oui. Peut-être bien que j'ai exagéré un peu, oui.
Mais je ne me souviens pas, je te jure.
Pauvre Robert ! Faudrait que je te plaigne, aussi ?
Comment t'as pu être aussi crétin pour sortir ?
Mais je crevais de faim, moi.
Ta photo est en première page.
T'as pensé à ce que je risquais, hein ?
Non, bien sûr. Tu t'en fous.
Il s'en fout !
Sans toi, je suis paumé.
- Ça y est. - Ma petite libellule me manque.
Je savais pas trop ce que c'était, le bonheur.
J'avais peur, alors j'ai tout gâché.
T'es la seule belle personne que j'aie rencontrée.
Si tu crois que je vais chialer, tu te trompes.
Je suis plus le même, et je vois les choses autrement.
Laisse-moi une chance.
Je confirme : t'es plus le même, t'es pire !
Commissaire !
Je sais que vous êtes là.
Vous tombez pas très bien, commissaire.
Je me lave.
Ah, parfait ! Je comptais justement vous passer un savon.
Je... je... J'attends quelqu'un.
Mais si vous voulez, je pourrai passer à votre bureau demain.
Non, non, non. Je crois pas, malheureusement...
Je pense que demain, ce ne sera pas possible,
parce que demain, vous serez sans doute en prison.
En prison ? Mais qu'est-ce que vous racontez ?
Arrêtez de jouer au con avec moi, et ouvrez cette porte.
Très joli, votre petit nid.
Vous voulez parler déco ?
J'ai rendez-vous. Donc si on pouvait se dépêcher.
C'est avec lui, votre rendez-vous ?
- J'ai plus rien à voir avec ce type. - Ah bon ?
Pourquoi vous m'avez évité ?
Surtout pourquoi avoir fait cette petite tache dans le dossier ?
Oui, bon...
Oui, c'est vrai, j'ai un peu paniqué.
Je savais pas trop quoi faire... Mais je ne l'ai pas revu !
Pour rien au monde, je voudrais le revoir.
Vous n'imaginez pas ce que j'ai vécu avec lui.
Toujours à se plaindre, à parler de sa petite personne.
Paresseux comme pas deux.
Et champion, mais alors champion des plans foireux.
Arrêtons de tourner autour du pot. Il est où, votre Robert ?
Mais j'en sais rien, je vous dis.
À mon avis, c'est pas l'assassin. Il est tellement fainéant.
Pour tuer quelqu'un...
Ses empreintes sont sur l'arme,
et on l'a vu sortir en sang de chez la victime.
Ça fait un peu beaucoup, non ?
Si d'une façon ou d'une autre vous l'avez aidé,
vous êtes dans la merde jusqu'au cou.
Mais il n'a pas pris mon scoot, là ?
Merci, Marlène.
C'est sympa de compter sur ses amis.
Mais il allait m'envoyer en prison !
Maintenant, c'est moi qu'on va mettre en prison.
Mais tu es innocente !
Tu es innocente, n'est-ce pas ?
- Du mal à payer votre loyer ? - Qu'est-ce que ça peut vous faire ?
Vous devriez remercier votre gentil petit Robert.
Une partie de l'argent de Mlle Mac Ginty
a servi à régler votre dette auprès du propriétaire.
Il n'a pas fait ça !
Et vous n'étiez pas au courant ?
Un joli petit pactole planqué sous le plancher.
Vous ne pouviez pas savoir que votre complice allait la tuer.
- J'ai rien à voir là-dedans. - Bien sûr.
Pourquoi je vous croirais ? Vous n'arrêtez pas de me mentir.
OK. J'ai merdé.
Je m'excuse. C'est bon ?
Non, c'est pas bon.
C'est pas bon du tout. Vous étiez de mèche ?
Et avec ça, je donne pas cher de votre peau.
Ça dépendra de l'humeur des jurés,
mais vous pourriez vous retrouver face à la guillotine.
La guillotine ?
Un de ces matins pluvieux où on n'a pas envie de se lever.
Mais là, vous y serez obligée.
On vous aura coupé vos jolis cheveux.
Vous aurez une tête à faire peur, vous n'aurez pas dormi.
C'est la dernière image que je retiendrai.
Vous croyez pas que j'ai participé à ce crime sordide ?
C'est tout ce que vous avez à dire ?
Emmenez-la.
Non. Mais j'ai rien à voir avec cette histoire.
Non, mais il faut que vous m'aidiez, Laurence !
Mais j'ai rien fait... Je vous jure, j'ai rien fait !
Marlène, dis-lui que je suis innocente.
Commissaire !
Alice.
Bon. Laisse-moi tranquille.
Pourquoi tu as fait ça ?
Non, mais tu ne vas quand même pas croire les bobards de Laurence ?
Si tu avais des soucis d'argent, tu aurais dû me demander.
Mais Robert a débarqué chez moi en pleine nuit,
couvert de sang, complètement paniqué.
Je l'avais pas vu depuis 5 ans. Que voulais-tu que je fasse ?
Je suis désolée. Je n'ai jamais su mentir.
Tu sais, le commissaire avait deviné. Il devine tout.
Si je peux faire quoi que ce soit pour toi, je suis là.
- Tu veux du chocolat ? - Je veux que tu foutes le camp.
Oui.
Tu sais, je ne sais pas si j'aurai le courage d'assister à l'exécution.
Mais il y aura pas d'exécution. Je suis innocente !
Arrêtez !
Alors, Zorro ? Content de toi ?
Il est où, mon scoot ?
J'ai eu un accident.
Mais ta bécane n'a rien.
- Pas grand-chose. - Pas grand-chose ?
Tu crois que je sais pas ce que ça veut dire ?
Je vais te tuer. Comme ça, je saurai pourquoi je suis ici.
Tu me fais mal !
C'est exactement ce que j'ai envie de te faire !
Tu m'as mordu, tu m'as mordu !
T'as pourri notre mariage,
avec ton attitude de petit garçon grincheux qui n'en fout pas une !
Et tu me fous dans la merde !
Tu pensais à quoi, en payant le loyer avec l'argent que t'as fauché ?
Tu pensais à quoi ?
Au secours ! Au secours !
Névrosé ! Impuissant !
Non, mais lâchez-le !
"On s'en sortira.
"Tu verras, j'ai plein d'idées."
Tu parles !
Bravo, commissaire. Joli coup de filet.
Le ministre de l'Intérieur est ravi.
L'assassin et sa complice sous les verrous en 24 h,
eh ben moi, je dis chapeau.
Ils ont déjà un surnom. "Les amants maudits."
- Ça va faire vendre du papier. - N'allez pas trop vite.
Vasseur n'a pas avoué, et rien ne dit qu'Avril soit complice.
Protéger votre amie ne m'étonne pas, c'est votre côté "grand seigneur".
- On va bientôt passer l'affaire. - Comment ça ?
Ordre du ministre. C'est trop sensible.
Il y a du beau monde dans l'immeuble, la fiancée d'un député.
À votre place, je ferais pas de vagues.
Vous avez déjà été viré du Quai des Orfèvres,
vous pourriez terminer votre carrière
dans un commissariat plus pourri qu'ici.
Ça sert à quoi, que je me répète ?
Personne ne me croit. Même pas Alice !
- Vous êtes toujours amoureux ? - Qu'est-ce que ça a à voir ?
Vous vouliez l'épater, c'est ça ?
Vous pensez qu'avec de l'argent, on peut récupérer une femme.
Je savais pas que j'avais tout ce fric !
Vous croyez convaincre les jurés avec ce genre de phrases ?
À votre place, j'avouerais tout.
Vous étiez ivre. Vous n'aviez rien prémédité.
Mlle Mac Ginty vous a surpris en train de la voler,
et vous avez perdu la tête.
Avec un bon avocat et de la chance, vous éviterez la guillotine.
Il y a juste un petit détail qui est gênant.
Ce couteau.
Vous l'avez trouvé où ?
- J'ai jamais vu ce truc de ma vie. - Et vos empreintes ?
On veut me faire porter le chapeau !
Vous parlez de qui ?
J'en sais rien, moi. J'en sais rien !
Ramenez-le dans sa cellule.
Non, non, non ! Pas avec Alice.
Elle serait capable de m'arracher les yeux.
Je vous en prie, pas avec Alice !
Commissaire Laurence.
Ah ! Commissaire.
C'est Régine Molon.
Oui, mademoiselle.
Je sais pas si c'est important,
mais j'ai pas arrêté de gamberger,
et je me suis souvenue d'un truc bizarre.
Je vous écoute.
Il y a une semaine,
Huguette, enfin, je veux dire Mlle Mac Ginty,
est allée acheter un encrier.
C'est ça que vous appelez "bizarre" ?
Un peu, mon neveu !
Parce qu'Huguette, elle n'écrivait jamais.
Jamais ? Vous êtes sûre ?
Certaine.
Bon. Eh bien, bonne journée, commissaire.
Bonjour.
Vous étiez si pressé, hier. Je n'ai pas pu me présenter.
Je sais qui vous êtes.
Vous avez trouvé quelque chose ?
Peut-être.
Cette façon de me regarder... J'ai l'impression d'être coupable.
C'est très excitant.
J'aurai quelques questions, mais pas maintenant.
- Vous pouvez rentrer. - Dommage.
J'ai un très bon whisky.
Face à un policier,
mieux vaut avoir un très bon alibi qu'un très bon whisky.
Pardon.
À table !
Excuse-moi.
Bureau du commissaire Laurence.
C'est Michael.
Marlène ?
Oui. Oui, oui, je vous écoute.
En fait, je me disais...
Si vous ne faites rien ce soir, après votre travail...
on pourrait peut-être se voir.
J'ai très envie de...
De vous faire passer une audition.
Une audition ?
Mais...
Alors, c'est oui ?
- C'est oui. - Magnifique, magnifique.
- Bon. À ce soir, alors. - À ce soir.
Bubulle, j'ai un rendez-vous !
Vous manquez pas d'air.
Accuser Alice d'être la complice ?
Je vous respecte, mais là, c'est n'importe quoi.
Si vous voulez aider votre collaboratrice,
laissez-moi faire mon travail.
- Voilà l'édition du 18 octobre. - Merci, mademoiselle.
"Les grandes affaires criminelles. Que sont-elles devenues ?
"Le 14 avril 1935.
"La petite Lili Lanvin, 9 ans, a empoisonné sa tante
"qui s'occupait d'elle.
"Elle n'a même pas cherché à nier.
"La prison où elle était enfermée fut bombardée 1 an après.
"A-t-elle survécu ou pas ?
"Mystère...
"Autre disparition, autre mystère.
"L'affaire Eva Mauduit,
"octobre 1936.
"Le cadavre d'Ernest Mauduit
"est retrouvé dans un état de décomposition avancée.
"Aucune trace de sa femme ni de l'amant de celle-ci."
Vous vous intéressez aux vieilles affaires ?
Vous n'imaginez pas tous ceux qui nous ont écrit.
Tous persuadés que leur voisine ou boulangère était l'une d'elles.
Avez-vous reçu une lettre d'une certaine Mac Ginty ?
C'est pas la vieille qui s'est fait refroidir ?
Ce nom-là me disait quelque chose !
Elle vous a écrit ?
Ben, oui.
Je pense bien qu'elle avait dû reconnaître une des deux photos.
- Laquelle ? - Je ne sais pas.
Il y a eu tellement de courrier, plus farfelus les uns que les autres.
C'est une nouvelle piste ?
Vous allez libérer Alice ?
Commissaire !
Vous commencez à me courir, avec cet encrier.
Quel rapport avec ce crime ?
Si j'en crois Hélène Schmidt, qui a dîné avec le ministre,
l'assassin est sous les verrous.
Montez pas sur vos grands chevaux. J'ai trouvé ça bizarre, c'est tout.
Ah ! Commissaire.
Pardonnez-moi, je vous ai mal jugé, hier.
Grâce à vous l'immeuble respire.
- J'aurais quelques questions. - Mais bien entendu.
Je serai enchantée de vous avoir pour le thé, mon fils aussi.
C'est un garçon qui a beaucoup de talent.
Son "Crime trop parfait" sera un énorme succès, c'est sûr.
Il aimerait avoir un ou deux petits conseils de votre part.
Il faut que je vous laisse.
"Je serai enchantée de vous avoir pour le thé."
Non, mais pour qui elle se prend, la pétasse !
La femme qui habite au 2e...
Hélène Schmidt. Avec ses grands airs.
Tout ça parce qu'elle va épouser un type qui est plein aux as.
Un monsieur qui fait de la politique et qui a 20 ans de plus.
Hélène Schmidt.
C'est elle qui employait la défunte comme femme de ménage.
Ben, oui.
Et les Santini, aussi, et Mme Doutremont au premier.
Tout le monde était content d'elle.
Vous savez, j'ai rêvé de vous, cette nuit.
Ah oui ?
Je vous raconterais bien, mais je voudrais pas vous faire rougir.
Un autre jour, madame Molon, un autre jour.
Si c'est Hélène Schmidt que vous voulez, elle est sortie.
Mais les Santini sont chez eux.
- Bonjour, mademoiselle. - Entrez. Mon père vous attend.
Ah bon !
Bonjour, monsieur. Mon mari sera là dans un instant.
Je crois que vous êtes en avance.
- Ah, mais... - Non, non. Mais c'est très bien.
Si vous voulez vous donner la peine d'entrer.
- Bonjour. - Bonjour.
Je vous en prie.
Alors je vous écoute.
Qu'êtes-vous donc venu chercher ici ?
Des réponses à mes questions.
En général, les réponses sont en nous.
- Je suis là pour un crime. - Intéressant.
Fasciné par les morts violentes ?
Non ! Je vous arrête tout de suite. Je suis pas là pour consulter.
En êtes-vous certain ?
Vous n'êtes pas ici par hasard.
En effet.
Commissaire Laurence. J'enquête sur l'affaire Mac Ginty.
Passionnant !
Je sens... Comment dirais-je ?
Une grande tristesse en vous.
Avez-vous déjà été placé sous hypnose ?
Écoutez. Je ne crois pas du tout à ce baratin, M. Santini.
L'inconscient, tout ça...
Je crois aux faits.
Réaction tout à fait normale. Vous avez peur.
De quoi aurais-je peur ?
De ce que nous pourrions découvrir.
Pourquoi êtes-vous entré dans la police ?
Quel étrange métier que ce métier, n'est-ce pas ?
Passer sa vie avec des cadavres.
Je vais vous décevoir, ça me fait ni chaud ni froid.
Et si nous parlions du premier mort.
Et si nous parlions de Mlle Mac Ginty.
Vous fuyez encore.
- Je ne fuis rien. - Alors parlez-moi
de votre premier mort. Peut-être...
quelqu'un de votre famille, non ?
Ça suffit. Vous me faites perdre mon temps.
Aurais-je touché un point sensible ?
Personne n'échappe à son passé, commissaire.
Il faudra bien que vous affrontiez vos démons.
Quel âge a votre femme ? 54... 55...?
Auriez-vous une photo d'elle, jeune ?
Pourquoi ?
Et son nom de jeune fille ?
- Delaunoy, mais... - Vous en êtes certain ?
Il est temps d'interrompre cette séance.
Aurais-je touché un point sensible ?
Je ne vous ferai pas payer mais je vous demande de sortir.
Pas avant que vous m'ayez montré une photo de votre femme.
Nous avons tout perdu lors d'un déménagement.
Vous allez m'aider, n'est-ce pas ?
Que se passe-t-il ?
Vous avez peur de quelque chose ?
Mon père.
C'est lui qui vous fait peur ?
Tenez.
Il y a mon numéro de téléphone.
Va dans ta chambre, ma chérie. Tu as besoin de te reposer.
Vous voulez prendre un autre rendez-vous ?
J'enquête sur un meurtre, madame.
- Vous vivez ici depuis longtemps ? - 6 mois.
Nous avons habité en Autriche une vingtaine d'années.
J'y ai rencontré mon mari.
Mlle Mac Ginty ne vous a pas paru agitée ces derniers jours ?
N'a rien dit de particulier ?
Non.
Vous permettez que je vous prenne en photo ?
Vous avez un beau visage.
Vous n'auriez pas une photo à 20 ans ?
Je vous ai dit que nous avions tout perdu pendant le déménagement.
Au revoir, monsieur.
Madame.
Pour une séance, c'est quand vous voulez.
Béatrice !
Tu peux venir, s'il te plaît ?
- Bonsoir. - Bonsoir.
Je vous offre quelque chose à boire, commissaire ?
En tout cas, on parle de vous au ministère.
Félicitations.
Vous devez vous ennuyer à mourir dans ce trou perdu, non ?
J'habiterai bientôt à Paris.
Ça ne va pas, commissaire ?
- Je suis allergique aux chats. - Quel dommage !
T'entends, Circé ?
Allez, viens, ma belle. Monsieur n'apprécie pas ta présence.
Dites-moi...
ils sont tous aussi mignons, dans la police ?
Je dois être mal renseigné.
Je pensais que vous veniez de vous fiancer.
Oh ! Mais vous êtes très vieille France, commissaire.
Vous nous avez libérés d'un psychopathe, cela mérite...
une petite récompense.
Tout ce qui se dira ou se fera dans cette pièce
restera entre nous. N'est-ce pas ?
Auriez-vous peur des femmes, commissaire ?
Le nom de Lili Lanvin, vous dit-il quelque chose ?
Lili Lanvin. C'est une actrice ?
- Vous voulez rien boire ? - Elle doit avoir votre âge.
Et dites-moi, vous avez toujours été aussi blonde ?
À quoi riment toutes ces questions, commissaire ?
Vous devenez ennuyeux.
Le ministre de l'Intérieur pense le plus grand bien de vous.
Ce serait dommage qu'il change d'avis.
Oh, mon Dieu ! Déjà.
Je vais devoir vous mettre à la porte.
Un petit souvenir, vous permettez ?
Si vous aviez un portrait de votre joli visage à 9 ans,
je serais comblé.
La maison dans laquelle j'ai grandi a été bombardée en 1941.
Tout est parti.
Comme c'est triste !
Au plaisir, mademoiselle.
Détendez-vous, Marlène. Détendez-vous.
Voilà, c'est la scène 3. Le rôle de Suzanne.
Quelque chose ne va pas ?
Je n'ai qu'un mot !
Elle dit "non", et elle meurt.
Vous savez, c'est pas si facile. Il faut beaucoup de talent.
Vous pouvez répéter le mot, ce serait mieux.
Bon. Allez.
Vous êtes allongée
à l'hôtel, sur un lit. Voilà !
- À moitié, dévêtue. - Ah oui !
Bon. Ça, c'est...
Le tueur vient de s'introduire dans votre chambre.
Par là, disons.
Il s'approche et vous étrangle.
Je fais le tueur.
D'accord.
Et je m'approche de vous.
Non ! Non ! Non ! Non !
Attendez, Marlène. Qu'est-ce que vous faites, là ?
Vous m'avez dit de dire "non" plusieurs fois !
Oui, non, mais...
On ne s'est pas compris. Pas comme ça ! Plus naturel.
Imaginez que je suis un tueur.
Un vrai tueur.
Vous devez réagir exactement
comme si vous étiez vraiment à la place de Suzanne.
- Vous comprenez, Marlène ? - Oui.
- Sûre ? - Sûre.
Bon. Alors on recommence.
Mise en situation.
Je recule un peu.
Vous m'avez pas encore vu.
Ah oui ! Ben, non.
Voilà. Je recule.
Et je m'approche de vous.
Non !
Désolée, j'étais dans mon personnage, et je vous ai fait mal.
- Que se passe-t-il ? - Tout va bien.
Tout va bien.
On répète.
Ah ! J'ai honte. J'ai tellement honte !
Non ! Vous étiez très bien.
Vous dites ça pour me faire plaisir.
Vous faire plaisir est mon plus grand désir.
Mais pas au point de vous mentir. Vous avez été magnifique.
Une star sommeille en vous, Marlène.
Oh ! Michael.
Je dois rentrer.
C'est Jourdain qui a signé, mais je me suis farci tout le boulot.
Je me disais bien que j'avais reconnu votre style.
Comme un relent de Marie-Chantal.
Si c'est pour ça, je suis mieux en cellule.
Mlle Mac Ginty a découpé cet article,
elle a écrit à la rédaction, ensuite elle s'est fait tuer.
Je suis certain qu'elle a découvert un truc
concernant l'un des occupants de l'immeuble.
Donc Robert est innocent.
Ne vous emballez pas, Avril, hein ?
Même si le vol n'est pas le mobile, ce qui est loin d'être prouvé,
votre Robert habitait l'immeuble. Il est suspect comme les autres.
Si cette Lili Lanvin vit toujours, elle doit avoir quoi ?
34, 35 ans ?
Quand à Eva Mauduit, elle doit avoir une bonne cinquantaine d'années.
Hélène Schmidt pourrait être Lanvin.
Et Mme Doutremont et Déborah Santini ont toutes les deux la cinquantaine.
Elles pourraient être toutes les deux Eva Mauduit.
On a découvert un détail après cet article :
Eva, elle était enceinte. Elle attendait une fille.
La petite Béatrice Santini doit avoir 24, 25 ans. Ça pourrait coller.
Mais Tricard ne va jamais vouloir entendre parler de cette histoire.
Vous n'allez pas envoyer Robert à la guillotine.
Si vous aviez vu l'état de votre scooter,
vous l'enverriez immédiatement à la potence.
J'arriverai jamais à payer les réparations. Quelle poisse !
- Je ne pourrai plus travailler. - C'est une bonne nouvelle.
Dubois !
Emmenez-la !
Je vous reconnais plus, Laurence.
Vous léchez les pompes de vos supérieurs ?
Vous savez bien que Robert n'est qu'un pion.
Vous faites quoi, là ?
Je voulais vous sauver,
mais si vous continuez à geindre, je vous renvoie dans votre trou.
J'ai pas envie d'y retourner.
Vous allez peut-être vous rappeler un petit détail, même insignifiant.
Vous étiez ivre, mais vous avez sûrement vu l'assassin.
Le mot "effort" fait pas partie de votre vocabulaire,
mais il va falloir vous bouger, et sérieusement.
Vous pensez que je suis assez con pour laisser mes empreintes
et sortir avec du sang sur les vêtements ?
Regardez, c'est moi, l'assassin !
Vous étiez ivre. Vous avez paniqué.
Déjà, en temps normal, vous avez du mal à activer vos neurones.
Racontez-moi ce qui s'est passé.
Je suis rentré...
et puis j'ai pas allumé.
Je me suis laissé tomber sur le canapé.
Et puis...
Et puis, je sais plus, moi...
J'ai dû pioncer un peu, quoi.
Tout va bien Robert.
Tout va bien.
Tout va bien.
C'est bien comme ça.
Tout va bien.
Vous n'êtes pas en train de me mener en bateau ?
Qu'est-ce que j'ai fait encore ?
Vous vous souvenez de rien, et hop, vous me sortez le détail qui tue :
la présence d'une femme.
Mais faudrait savoir ce que vous voulez !
Vous m'engueulez parce que j'ai tout oublié,
et quand je me souviens... - Vous avez reconnu la voix ?
Ben, non.
Vous vous rendez compte ?
Hélène Schmidt a déposé une plainte contre vous.
Vous l'auriez harcelée.
Ben, voyons ! Et pourquoi pas violée, aussi ?
Cette affaire ne nous concerne plus. Le Quai des Orfèvres prend le relais.
Vasseur et Avril seront transférés au 36 à Paris.
Jusque-là, tenez-vous à carreau, si c'est pas trop vous demander.
Commissaire !
Qu'allez-vous faire ?
Vous ne pouvez pas abandonner Alice. C'est votre amie.
- Je n'ai pas d'amis. - Ne dites pas ça !
De toute façon, on est toujours déçu, non ?
Même ceux qui sont proches finissent pas nous trahir.
N'est-ce pas, Marlène ?
Avril ! Avril, réveillez-vous.
Venez !
- Qu'est-ce que vous faites ? - Une énorme connerie. Venez.
C'est dingue ! Non, mais...
Y a jamais rien qui bouge, dans votre piaule ?
Jamais un objet qui change de place ?
Ne touchez pas à ça. D'ailleurs, ne touchez à rien.
- Et respirer, je peux ? - À peine.
Si vous préférez retourner dormir dans votre cellule...
Faites attention.
Je boirais bien quelque chose.
Et je meurs de faim.
On va mettre les choses au point.
Vous pouvez rester une nuit ou deux,
mais après vous trouverez un autre endroit.
Non !
C'est vous, le môme ?
Rendez-moi ça.
Enlevez vos pieds de la table !
Est-ce que ça vous dérangerait de m'expliquer ce que je fais là ?
Pourquoi je ne peux pas rentrer chez moi ?
Vous alliez être transférée demain matin au 36, avec votre Robert.
Pour être cuisinée, jugée et probablement guillotinée.
Ça vous va comme explication ?
C'est donc que vous tenez un tout petit peu à moi.
Je représenterais quand même un petit quelque chose à vos yeux ?
Les mouchoirs sont dans la salle de bain.
À propos, j'ai pas de brosse à dents,
j'ai pas de culotte, j'ai rien du tout.
Je regrette déjà de vous avoir aidée.
Comptez pas sur moi pour du shopping.
Et je vais manger quoi ?
J'ai vraiment la dalle !
Comment vous me trouvez ?
Bonne nuit, Avril.
Vous savez que vous êtes assez sexy en peignoir.
J'ai dit : "Bonne nuit, Avril."
Laurence.
Quoi, encore ?
Merci.
Merci pour celle-là.
Seriez-vous fasciné par les morts violentes ?
Rien ne se fait par hasard. Vous n'êtes pas ici, par hasard.
Parlez-moi de votre premier mort.
Personne n'échappe à son passé.
Vous avez peur.
Papa ?
Un jour ou l'autre.
Vous avez peur.
Oui, oui.
Il s'est passé quelque chose de grave au commissariat.
Alice !
C'est vous qui...
Je savais que vous ne la laisseriez pas tomber.
Fallait voir la tête de Tricard.
Entrez.
C'est des croissants !
Je crève de faim.
Je ne savais pas que tu serais là.
T'inquiète pas. Laurence ne mange jamais rien.
Ne le dis pas, il vient d'une autre planète
pour sauver notre monde.
Ne mettez pas des miettes partout, Avril.
Vous voulez me dire quoi ?
C'est à propos de Robert Vasseur.
Sois courageuse, Alice.
Il a fait une tentative de suicide.
Quoi ?
On l'a emmené à l'hôpital. Il a pas pu être transféré à Paris.
Tricard est dans une colère. Il s'est fait taper sur les doigts.
Je dois y aller. Ne tardez pas trop, on vous attend.
J'en reviens pas !
Que Robert ait tenté de se suicider...
J'en reviens pas.
Vous n'allez pas vous mettre à pleurer ?
Pas du tout.
On a quand même vécu 5 ans ensemble, hein ?
J'espère qu'il s'est pas trompé dans le nombre de comprimés.
Quoi ?
C'était une idée de vous, le suicide ?
C'est ça ?
Mais vous êtes vraiment tordu, hein ?
Il est hors de danger, mais pas question de le transférer.
Pas avant demain.
Merci.
Je vous préviens, commissaire, je ne serai pas le seul à payer.
Mais vous imaginez la honte et le discrédit jeté sur nous ?
Un suspect à l'hôpital et sa complice en fuite.
Donnez-moi 24 heures, monsieur.
Je résous cette affaire, j'envoie l'assassin en prison,
et en prime, je vous obtiens les excuses de vos supérieurs.
Si vous échouez, je réclamerai votre démission
et je vous chargerai au maximum.
Mais bien sûr.
La tarte au citron de Michael.
Il cuisine aussi bien qu'il écrit.
Tiens, on n'attend plus personne pourtant.
Ah ! Commissaire.
Vous connaissez tout le monde.
Des nouvelles du suspect ?
Mlle Schmidt nous a appris la tentative de suicide.
Les nouvelles vont vite.
Ça sonne comme un aveu. Le geste d'un coupable.
Un peu de tarte ?
Je crains que vous perdiez l'appétit
quand j'aurai dit ce que j'ai à dire.
Eh bien, allez-y.
Non seulement je ne crois pas Robert Vasseur coupable,
mais j'ai l'intime conviction
que l'assassin se trouve dans cette pièce en ce moment.
Que racontez-vous ? C'est une plaisanterie.
Regardez ces deux portraits.
En faisant le ménage,
Mlle Mac Ginty a découvert l'un des deux visages sur une photo.
C'est pour ça qu'elle est morte.
Je ne comprends rien à tout ça.
Eva Mauduit était enceinte d'une fille
lorsqu'elle s'est volatilisée après le meurtre de son mari.
Cette fille aurait l'âge de la vôtre, Mme Santini.
Qu'insinuez-vous ?
Et vous, madame ?
- Avez-vous, une fille ? - Non.
Nous vérifierons.
Par contre, Lili Lanvin aurait 34 ans aujourd'hui.
Et aurait probablement une belle chevelure blonde,
un peu comme la vôtre, mademoiselle.
Vous vous enfoncez, commissaire.
Je donne pas cher de votre peau.
Déposez une nouvelle plainte si ça vous chante.
La vérité éclatera de toute façon.
- Ça ne va pas, madame ? - Oh ! Si, si.
- Vous avez reconnu ces photos ? - Non.
Certaine ?
Non... Enfin... Je veux dire oui.
Laissez ma mère tranquille, commissaire.
J'aimerais obtenir un autre rendez-vous.
Sage décision, mais je crois que le moment est mal choisi.
J'insiste.
Vous pensez tout contrôler,
mais vos rêves et vos cauchemars, vous ne les contrôlez pas.
De quoi voulez-vous que nous parlions ?
Mon père s'est suicidé quand j'avais 10 ans.
J'en ai encore rêvé la nuit dernière.
Je descendais l'escalier qui menait jusqu'à son bureau...
Je peux peut-être vous ramener à ce moment-là.
Ce moment pénible... Si vous le souhaitez.
Bon, allons-y. Qu'on en finisse.
Bien. Respirez, commissaire. Détendez-vous.
Je vous préviens, si vous me menez en bateau...
Vous aurez perdu 15 min. Et alors ?
Fixez le tableau que vous trouvez là, devant vous.
Je vais faire un décompte.
Et vous, vous allez remonter dans vos souvenirs.
Je commence.
Cinq...
Inspirez profondément.
Bien.
Quatre...
Expirez.
Trois...
Vous plongez dans votre corps.
Deux...
Vos paupières sont lourdes.
Un...
vous vous sentez totalement libéré.
Non ! Non !
- Qu'avez-vous vu ? - J'aurais pu empêcher ça.
J'aurais pu l'empêcher.
Attendez.
"Veuillez passer me voir vers 21 h. Louise Doutremont."
- T'es sûre, tu n'as besoin de rien ? - Non. Amuse-toi.
- Je rentrerai pas tard. Au revoir. - Au revoir, Michael.
Ma mère s'excuse. Elle est un peu souffrante.
Elle t'apprécie beaucoup.
- C'est vrai ? - Oui.
Je l'ai trouvée bizarre ce soir,
comme si elle était impatiente de se débarrasser de moi.
Bon, tant pis. Allez !
Mademoiselle...
Eh ben, il y a encore de la lumière dans le bureau !
Maman ?
Maman ?
Oh, mon Dieu !
Oh ! Michael.
Non, nous ne savons pas encore
s'il y a un rapport entre les deux meurtres.
Ce qui est sûr, c'est que Vasseur n'a pas commis celui-ci.
Par contre, monsieur,
nous allons être obligés d'interroger Hélène Schmidt.
Un témoin l'a aperçue sonnant à la porte de la victime vers 21 h.
Très bien, monsieur le préfet. Très bien.
Au revoir, monsieur le préfet.
- Mais c'est affreux, c'est affreux ! - Calmez-vous, calmez-vous.
Je pense que Mme Doutremont avait reconnu les portraits,
mais elle voulait rien dire.
C'est Hélène Schmidt.
Si elle est Lili, elle avait intérêt à ce que personne ne le découvre.
Ça aurait pu compromettre son mariage.
- Son mariage ? - Oui.
Et son fiancé est très fortuné, paraît-il.
Commissaire ?
Je peux rentrer chez moi ?
- Allez-y, Marlène. Allez-y. - Merci.
Vous allez attraper froid, mademoiselle.
Ne me frappez pas, je vous en prie.
Je suis le commissaire Laurence, vous vous souvenez ?
Vous êtes son complice ?
Il est entré dans votre tête, alors vous le prenez pour Dieu.
Vous parlez de votre père ?
Je vous ai déjà dit que ce n'était pas mon père.
Chérie, viens.
Viens.
Vous savez ce qu'on dit ?
Les cordonniers sont les plus mal chaussés.
Schizophrénie et paranoïa.
Ça fait des années que j'essaye de l'aider, en vain.
Elle prétend ne pas être votre fille.
Elle prétend aussi
que j'essaye chaque soir de rentrer dans sa chambre pour la tuer.
Je n'ai pas été un bon père, mais imaginer
qu'elle puisse en arriver là pour attirer mon attention !
Bonsoir, commissaire.
J'ai trouvé un petit mot de Mme Doutremont,
qui me demandait de passer chez elle vers 21 h.
Ça semblait urgent.
J'ai sonné plusieurs fois mais personne n'a répondu.
Je suis remontée.
Fin de l'histoire.
Désolée, rien de croustillant à vous raconter.
Auriez-vous l'amabilité de regarder cette tasse ?
J'adore votre odeur, commissaire.
Quel dommage !
Je passe peut-être à côté de l'homme de ma vie.
Possédez-vous un rouge à lèvres de la même couleur ?
Je possède toutes sortes de rouges à lèvres.
Excusez-moi. Le rapport du médecin légiste.
- Vous m'avez dit de... - C'est bon, merci.
Vous me jetteriez en prison à cause d'un rouge à lèvres ?
Vous pouvez partir.
Déjà ?
J'aurais espéré que vous me harceliez davantage.
Sortez d'ici.
- Ils t'ont laissé sortir ? - Oui. Grâce à ton commissaire.
Les deux meurtres sont liés.
Si j'ai pas commis le deuxième, j'ai pas commis le premier.
Je suis libre, mon amour.
Ah non ! Ne m'appelle plus jamais "mon amour".
Tu te rends compte ? Je revis, je revis.
Je suis très contente pour toi, mais je veux pas tes fleurs.
T'as devant toi un homme nouveau.
Eh ben, écoute... L'homme nouveau va se trouver
un nouveau petit boulot, une nouvelle petite vie, tout ça...
Pourquoi t'es aussi froide ? J'ai failli crever. Merde !
Moi aussi, j'ai failli crever. Merde !
À cause de toi, en plus.
Allez !
S'il te plaît.
Ils m'ont dit que j'avais besoin de repos.
Je ne sais pas trop où aller...
Tu peux me dépanner quelques jours ?
Je me ferai tout petit, promis.
Et puis...
Plus de plans foireux.
48 heures.
Pas plus.
- T'es vraiment une chouette fille. - Oui, oui.
Ah, merde !
Oh, merde !
Ce n'est pas possible.
Le médecin légiste est formel, Marlène.
Mme Doutremont est morte entre 19 h et 19 h 30.
Eh bien, moi, je vous dis qu'il se trompe.
Nous avons quitté l'appartement avec Michael à 20 h.
Et elle était encore vivante.
- Vous l'avez vue ? - Non.
Mais je l'ai entendue parler avec son fils.
Vous avez encore votre père ?
Mon père ?
Oui.
Quelque chose ne va pas, commissaire ?
Non, non. Ça va, ça va.
Si, si, je le vois bien.
Quelque chose vous tracasse.
- Vous m'en voulez encore ? - Non. Pas du tout.
Vous voulez un café ?
C'était quel genre d'homme, votre père ?
Quand il rentrait, toute la maison s'arrêtait de respirer
car on savait pas de quelle humeur il serait ?
Ben...
J'avais oublié à quel point mon père n'était pas doué pour le bonheur.
Nous avons ça au moins en commun, tous les deux.
Il n'a pas laissé de mot.
Rien.
Il s'est suicidé.
Il n'a pas laissé de mot.
J'avais 10 ans.
Si j'étais arrivé quelques minutes plus tôt dans son bureau, je...
J'aurais peut-être pu...
Oh, commissaire !
Qu'est-ce qu'on peut faire quand on a 10 ans ?
Vous devinerez jamais. Je me suis trompée, l'autre jour.
Eva Mauduit était bien enceinte, mais pas d'une fille.
C'était un petit gars.
Laurence ?
Vous avez entendu ce que j'ai dit ?
Nous avons un criminel à envoyer à la guillotine.
Euh oui... Excusez-moi, je...
Le moment n'est pas très bien choisi,
mais j'aurais voulu vous poser quelques questions sur votre maman.
Et... Je peux ?
En même temps, je pourrais consacrer une demi-page à votre travail,
à votre nouvelle pièce.
En tirant un peu, je pourrais obtenir une page entière.
Je vous en prie. Entrez.
Merci.
J'ai fait ma petite enquête, et je voulais savoir...
Donc vous avez démarré comme acteur dans une troupe.
- C'est ça ? - C'est exact.
J'ai pu joindre cet après-midi
au téléphone le metteur en scène qui dirigeait la troupe.
Philippe Crémer, c'est bien ça ?
Ce type m'a tout appris, un vrai génie.
Dire que personne ne le connaît !
Il m'a dit que vous aviez d'incroyables talents...
Imitateur, notamment. Ça, c'est vrai ?
Vous imitez n'importe quelle voix.
Il exagère un peu, mais oui, j'ai un don.
J'adorerais vous entendre imiter quelqu'un.
Vous pouvez m'imiter, moi ?
Non. Je dois un peu travailler.
Puis il faut que la voix me soit familière.
Comme votre mère, par exemple.
Elle va trop loin, beaucoup trop.
Il était si gentil, si poli.
Pourquoi j'attire jamais que des détraqués ?
Tenez-vous prêts à intervenir.
Excusez-moi, c'était déplacé.
Il y a pas de mal. C'est vrai, j'imite ma mère à la perfection.
Un petit échantillon ?
Bonsoir, mademoiselle.
Mes amitiés au commissaire Laurence.
Est-ce qu'il nous écoute ?
Pardon.
Oui. Je suis sûr qu'il nous écoute.
Bonsoir, commissaire.
Mon fils est un être supérieurement intelligent.
D'une grande sensibilité.
Vous avez dû le remarquer, non ?
On ne peut rien lui cacher.
Oh, mon Dieu ! Mon Dieu !
Si vous faisiez sortir toute cette figuration.
Hein, commissaire ?
Ne restons qu'entre personnages principaux. Voulez-vous ?
Laissez-nous.
Ça va faire un sacré tapage, toute cette histoire, hein ?
On parlera de moi !
Si ça se trouve, on fera un film sur ma vie.
Oui, commissaire.
Vous avez devant vous le fils d'Eva Mauduit,
la criminelle morte 3 ans après m'avoir donné la vie.
J'ai rencontré Louise Doutremont à 20 ans.
Elle venait de perdre un fils,
et je lui ressemblais beaucoup, paraît-il.
Elle a proposé de m'adopter et je n'ai pas refusé.
Cette petite peste de Mac Ginty a voulu me faire chanter.
J'avais menti sur mes origines.
Si ma mère adoptive apprenait ma véritable identité,
je perdais tout.
Tout va bien, Robert. Dormez.
Quand elle a vu le portrait d'Eva Mauduit,
j'ai vu qu'elle avait tout compris.
Qu'elle faisait le lien entre ce portrait et la photo de moi,
enfant avec ma mère.
- Vous reconnaissez cette photo ? - Non... Enfin, je veux dire, oui.
Laissez ma mère tranquille.
Il fallait qu'elle meure.
T'es sûre, tu n'as besoin de rien ?
Non, mon chéri. Amuse-toi.
Je ne rentrerai pas tard. Au revoir, maman.
Au revoir, Michael.
Vous allez tuer une des meilleures journalistes de ce pays.
Imaginez ce qu'elle écrirait sur vous.
Cette affaire dépassera les frontières.
On parlera de vous, partout.
Vous serez aussi célèbre que les grands criminels,
comme Landru, comme Jack l'Éventreur.
Allez !
Donnez-moi ce couteau.
Ah ! Je me demande qui jouera mon rôle.
Une faveur, commissaire : faites en sorte que la dinde
qui travaille pour vous ne joue pas dans le film.
Elle a de beaux seins, mais son jeu...
Eh ben, ça, c'est de la part de la dinde.
Commissaire, que faut-il que je fasse pour trouver un garçon
qui n'égorge pas sa mère ? - Allongez-vous sur un divan.
Pardon ?
Où est-ce que je l'ai mise, déjà ? Tenez, la voilà.
Bonne nuit, Marlène.
Non, mais... Et moi ?
Non, mais je suis transparente ou...?
J'ai failli crever, merde.
Ah ! Merci.
Ah ! C'est sympa.
Allez.
Eh ben !
Ça se croyait au-dessus de tout le monde, hein ?
Mais une fois raccourci, ça fera moins son genre.
Mes amitiés aux vers de terre, monsieur l'écrivain.
Comme ça...
- "Psychanalyste" ? - À l'étage.
Je vous remercie, commissaire.
"L'une des meilleures journalistes de ce pays."
C'était vachement sympa.
Vous ne pensez pas que j'étais sérieux.
Ça y est, le mufle est de retour ?
Il faut que je trouve un truc pour me débarrasser de mon ex.
Vous avez une idée pour un crime parfait ?
Dieu sait quelle catastrophe il prépare encore.
- Alice. - Je suis désolée...
Quand on parle du loup...
J'ai une nouvelle incroyable !
Mlle Mac Ginty, elle avait fait un testament.
C'est Bibi qui hérite. Tu te rends compte ?
Elle cachait l'argent sous le plancher
mais dans son canapé aussi !
T'imagines pas combien on a trouvé. Je suis riche !
Ton petit Roro est riche. Il faut que je file.
J'ai rendez-vous chez le notaire.
Vous devriez reconsidérer la question, Avril.
C'est devenu un très bon parti, votre Roro.
Pardon ?
Plutôt crever que de me faire entretenir par un homme.
Mais oui, exactement ! Bravo, je suis fière de toi.
On épouse pas un homme parce qu'il est riche.
Hé ? Vroum, vroum.
Ah oui ! Oui.
Moi aussi, j'ai une petite surprise pour vous, Avril.
Tiens.
Bureau du commissaire...
C'est quoi ? C'est un truc qui se mange ?
C'est quelle couleur ?
C'est pas vrai ? C'est...
C'est...
C'est mon scooter ! C'est mon...
- Non, non, non. - Merci, merci.
Vous êtes en train de me serrer dans vos bras.
Ben, ça va. C'est pas un crime, non plus.
Je pourrais être votre fille.
Merci. Ça fait toujours plaisir.
Si ça se trouve, je suis vraiment votre fille.
Vous m'abandonnez à la naissance, mais le destin nous réunit !
Oui. Non. Tout à fait improbable, Avril.
Les chiens ne font pas des chats. De toute façon, je déteste les chats.
Bon. J'ai un double meurtre à résoudre.
Un double meurtre ?
Mais, je... je...
Je viens avec vous, vous m'attendez. Vous m'attendez, hein, Laurence ?
Allez !
Ah oui. J'oubliais.
Il y a une pompe à essence à 3 km.
Bonne journée, Avril.
Je vous déteste. Je... Je vous déteste !
Sous-titrage : Eclair Media
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