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Et ensemble,
si vous m'accordez votre confiance,
j'en ai la conviction,
tout redeviendra possible. - Merci,
M. Kahlenberg, vous avez respecté le temps de parole.
L'heure est venue
de la conclusion. Elle vous revient, M. Mercier.
Le tirage au sort en a décidé ainsi.
Peut-être ne faut-il pas s'en étonner.
- Un des plus grands scientifiques
que l'humanité ait jamais connu, Albert Einstein,
a fait une remarque que je trouve très éclairante.
"Ce ne sont pas"
"ceux qui ont créé les problèmes qui pourront les résoudre."
Tous ceux-là ont tellement créé
de problèmes…
Tellement !
Et avec constance, précision,
presque avec assiduité.
Il est donc évident
qu'aucun d'entre eux ne résoudra quoi que ce soit.
Aucun de ces irresponsables politiques,
aucun de ces faiseurs de promesses jamais tenues,
aucun de ces fabricants d'espoirs toujours déçus.
Moi, je n'ai qu'un seul engagement:
leur reprendre le pouvoir.
Pour vous le rendre.
Musique sombre
---
*L'assemblée constituante que je propose,
*composée de citoyens tirés au sort aura pour fonction
*de réinitialiser la démocratie
*pour revenir à sa source.
*Le gouvernement du peuple, par le peuple,
*pour le peuple.
*Utilisez-moi.
*Je suis l'occasion de changer le système.
- Tu parles !
*-Reprenez le contrôle de vos vies.
*Vive le peuple français !
*Vive la démocratie !
*-Bien ! Merci à tous les candidats d'avoir participé…
- C'est un malade.
- Excusez-moi, les amis !
J'avais du boulot. Vous avez tout regardé ?
- OUI. - Bravo !
Faut du courage. Alors ?
- Alors ? Le show Mercier.
- Evidemment. Il leur pisse dessus
et ils sont contents. Pardon, c'est la vérité !
Mercier assèche Vidal et Chalon.
Résultat, c'est plié. Amélie va gagner.
Elle a fait un beau coup. La présidentielle est derrière nous.
- Tu verrais qui à Matignon, toi qui la connais bien ?
- C'est pas que je la connais bien. C'est que je suis dans sa tête.
Son Premier ministre collera à sa nouvelle ligne.
Pas de droite, Boudard s'est présenté contre elle.
Pas un libéral, elle veut enterrer les 3% de déficit.
Il lui faut quelqu'un de gauche. - Je suis d'accord.
Moi, je pensais à Mirmont. - Mirmont ?
Il est essoré par ses trois ans aux Affaires étrangères,
déglingué par les jet lags.
Vous avez vu sa tronche ?
Au sol, il a le mal de mer. - Kahlenberg ?
- Non !
Amélie aime son pays. Et elle a pas pété le PS
pour nommer son dernier débris.
- Laurence Bartais, une écologiste.
- Non ! Les écolos, ça démissionne au bout d'un an
en chialant comme des gosses.
Bon, je vois que ça patine. Je vais vous aider.
Mais attention,
ça sort pas d'ici.
Ben, vous l'avez devant vous.
Musique sombre
Pour les selfies,
pas de problème !
---
Vous êtes comme Naïma. Je vais vous dire,
tant mieux si vous y croyez pas. Moi, je sens déjà la pression.
- Tu penses que c'est possible ? - Sinon, qui ?
Le colonel Moutarde ? - C'est qu'une hypothèse.
Elle t'a pas contacté.
- Normal ! Elle n'avait pas à le faire avant le premier tour.
Si j'avais été à la présidentielle,
dès le soir du premier tour,
on m'aurait enterré avec cet épitaphe:
"Ci-gît Philippe Rickwaert,"
"mec cool et sympa dont la vie a été fauché en plein vol"
"par une malencontreuse candidature à la présidentielle."
Alors que là,
je me suis intelligemment fait oublier
après avoir refusé d'ajouter plus de division.
Je sais…
Matignon, c'est l'enfer. Premier fusible.
Simple collaborateur et humiliable à volonté.
Mais quand la présidente fait son dernier mandat,
c'est autre chose.
Le centre du pouvoir, c'est plus l'Elysée,
c'est Matignon.
Alors, il est comment finalement, ce Pommard, mon amour ?
Dans dix ans, ce coup-là, on l'appellera "la Rickwaert".
Des étudiants boutonneux feront leur mémoire de Master dessus.
Exceptionnel !
Musique majestueuse
---
---
- Parce que toi, tu le trouves normal ?
- Normal ?
On parle de Philippe. C'est pas ce qui vient à l'esprit.
Tu le trouves pas bien ?
- Si, il a l'air d'aller très bien.
Trop pour un ambitieux qui a même pas réussi à être candidat.
- À sa place, n'importe qui
déprimerait un bon coup, mais…
- Tout va pour le mieux,
puisqu'il va être nommé Premier ministre.
Prépare-toi, il te veut comme porte-parole.
- Je sais, ïl a vaguement évoqué l'idée.
Mais tu sais qu'il est très solide.
Il s'effondre jamais.
- Je l'aurais préféré en mode dépression.
Tu sais comment on appelle ça ?
Une bouffée délirante.
Le réel est trop dur, alors il s'en construit un autre.
Un réel enchanté.
Là, c'est comme s'il était sous perf de coke en continu.
Il fait vanne sur vanne et s'est remis à faire des pompes.
Mais le jour où le Premier ministre sera nommé,
t'imagines le mur ? Ça va être un effondrement.
- Alors, les filles ?
On se la coule douce ?
Profitez bien parce que bientôt, ça va secouer.
Il grogne.
- On va peut-être commencer par aller voter.
- Et on est d'accord, on vote Vidal.
Si Michel est trop bas, ça nous arrange pas.
Plus la gauche est haute, plus ma nomination est inéluctable.
Musique intrigante
---
- J'ai quelque chose.
Elabe.
- C'est pas bon ? - C'est des fourchettes.
Dorendeu en tête, entre 22 et 25.
Chalon, entre 17 et 20,
Mercier, très haut, entre 16 et 18.
Et nous.
Entre 13 et 16.
- Oh, des fourchettes ? J'appelle ça des filets de pêche.
Qu'en savent-ils ?
Il est 17 heures. Les bureaux ferment dans 3 heures.
Le dépouillement a commencé nulle part.
Le résultat, c'est après avoir compté
les bulletins. Vous allez voir, ça va…
- La vache ! Mercier devant Vidal.
Et l'écolo Bartais, entre 9 et 10.
Les sondages la mettaient à 6, non ?
C'est bien, tout ça. C'est très "Amélie-compatible”.
- Le plus jouissif, c'est Chalon.
S'il pouvait rester sous la barre des 20,
bon courage pour faire 50 % au deuxième tour !
- T'as des messages de partout. Vibreur
- Là, je veux d'abord
savourer un peu.
Comme ça dure jamais très longtemps.
---
---
---
- L'heure du verdict approche.
Qui sont les deux candidats qui se retrouveront
au second tour de l'élection ?
Vous voyez apparaître derrière moi le décompte.
Nous allons découvrir nos premières estimations
dans quelques secondes.
Voici donc les résultats
du premier tour de l'élection présidentielle.
Amélie Dorendeu obtient 23% des suffrages.
*Chalon et Mercier sont ex-aequo, Cris déçus
*en 2e position à 18,7%. Brouhaha
*Impossible de les départager.
*Michel Vidal sera loin derrière à 13%. Et voici
*le score des autres candidats.
*-Grande incertitude donc
*pour le second tour.
*-Mercier aurait une petite avance - OH !
*-sur Chalon.
- Fait chier !
*-Quasiment inconnu il y a un an.…
- Ferme ta gueule !
Musique intrigante
---
- CHRISTOPHE ! CHRISTOPHE ! CHRISTOPHE ! CHRISTOPHE !
CHRISTOPHE ! CHRISTOPHE ! CHRISTOPHE ! CHRISTOPHE !
CHRISTOPHE ! CHRISTOPHE !
CHRISTOPHE ! CHRISTOPHE ! CHRISTOPHE !
CHRISTOPHE ! CHRISTOPHE ! CHRISTOPHE ! CHRISTOPHE !
CHRISTOPHE ! CHRISTOPHE ! CHRISTOPHE ! CHRISTOPHE !
Ovation
---
*-Il y a quelques mois,
*un journaliste m'a pris à part après une émission.
*Je ne dirais pas son nom, mais c'est un éditorialiste,
*connu du petit monde politique et médiatique.
Huées
---
*Cet homme me regarde dans les yeux et me dit:
*"Mercier, aujourd'hui, c'est votre quart d'heure de gloire."
*"Profitez-en, ça ne durera pas. Je vous le garantis."
Rires
*"Je vous le garantis."
---
*Je vous propose de lui dédier notre victoire de ce soir.
Cris joyeux
*Oui, le ministère de l'Intérieur
*a confirmé notre qualification pour le second tour.
---
*Et dans 15 jours,
*vous pourrez mettre dans l'urne un bulletin pour dire:
*"Nous sommes nos seuls représentants,"
*"nous sommes notre seul souverain."
---
- DEMOCRATIE ! DEMOCRATIE !
DEMOCRATIE ! DEMOCRATIE !
DEMOCRATIE ! DEMOCRATIE !
DEMOCRATIE ! DEMOCRATIE !
Musique sombre
---
- Il est tard. Qu'est-ce que tu fais ?
- Mon architecture gouvernementale.
- Tu viens ?
- Deux minutes.
Je pourrai jamais appliquer mon programme
si je casse pas l'emprise de la technostructure.
---
---
- Tu veux quoi ? - Discuter de la suite.
- Y a pas de suite. - Lionel.
C'est difficile, mais tu dois soutenir Christophe.
Dès ce soir.
-"Christophe".
C'est lui qui t'envoie ? - Non.
On a eu un désaccord tactique. Mais seulement tactique.
J'ai toujours été droite nationale, et je le reste.
- Il m'en faudra plus pour que je me rallie
à ton gourou pour paumés.
- Mercier, c'est un bélier. Il va défoncer la porte du système.
Mais c'est toi qui vas rentrer dedans,
si t'es assez intelligent pour surmonter ta haine.
Sinon, Vidal le fera.
- Mercier va faire un score de merde.
On l'oubliera aussi vite qu'on l'a connu.
La seule alternative aux mondialistes
sont les idées du RN.
Vidal est un vieillard. Moi, j'ai le temps de gagner.
Les mecs de Mercier atterriront chez moi dès les législatives.
À commencer par toi.
- Ou bien, ils t'en voudront à mort
de pas avoir tout donné contre Dorendeu.
Et c'est toi qui finiras aux oubliettes.
Si tu viens avec Mercier,
tu le goberas tout cru.
Regarde l'Italie.
Le Mouvement 5 Etoiles était devant la Lega.
Mais Salvini a eu l'intelligence de faire alliance.
Et depuis, qui domine l'autre ?
- Eux proposaient pas le tirage au sort.
Comment tu veux peser sur un truc pareil ?
- Le tirage au sort, on en est loin.
Ça va prendre du temps. Le temps de réunir sa constituante,
qu'elle débatte, travaille, rédige…
Y a minimum un an, voire deux.
Ce laps de temps est intéressant.
Il va se passer quoi entre temps ?
Quelles lois ? Quels budgets ?
Il faudra bien un Premier ministre.
Quelqu'un d'expérience pour peser sur le président,
lui proposer référendums ou ordonnances
sur l'Europe, l'immigration.
Mercier, c'est tout sauf une fin.
C'est un processus.
Monte dans le train tout de suite
et dans une semaine, t'es aux commandes de la locomotive.
Musique sombre
---
- Regarde les candidats de gauche.
Ils font des scores de nains.
Vidal, 13: un nain.
Bartais, 9: une petite naine.
Kahlenberg,
5: un mini-nain.
Exactement ce que j'avais prévu.
- Mercier au second tour, t'avais pas prévu.
- Encore mieux !
La configuration idéale pour Amélie.
T'exagères, tu pourrais me faire des excuses.
"Pardon, mon amour. T'avais raison". Sonnerie
---
Oui ?
*-Bonsoir, Philippe. C'est Laurence.
- Salut, Laurence.
Bravo ! Joli score.
*-J'ai senti une atmosphère sur la fin:
le regard des gens, les encouragements.
Il se passait quelque chose.
- T'as siphonné Daniel et Michel. *-Quand une idée fait
consensus, elle est incontournable. *-C'est vrai.
- Je voulais t'avoir dès ce soir,
parce qu'avec ce score, je me prépare à toute éventualité.
Si les choses continuent comme ça,
j'aimerais t'avoir dans mon équipe.
*Mon équipe gouvernementale.
- Attends, comment ça ?
*-Pour l'instant, rien de sûr.
Mais tout est à lire entre les lignes.
Les sous-entendus sont rois.
- D'accord, mais tu as eu Amélie ou pas ?
- Je peux rien dire.
*J'ai pensé aux territoires. - Quels territoires ?
*-Tu ferais un grand ministre
*des territoires, aux compétences
*très étendues: collectivités, transports, aménagement.
*Avec ton expérience d'élu local
*et ta capacité… - Je peux te rappeler ?
Musique sombre
Soupir
Respiration nerveuse
---
---
On frappe.
- Oui !
---
- Tout le monde attend ton intervention, Michel.
- Dans la vie, on passe beaucoup de temps à attendre.
- On se demande ce que tu vas dire.
- Je n'ai pas de mandat pour donner de consignes de vote.
Donc, je n'en donnerai pas.
- Il faut appeler à voter Mercier.
- Ah bon ? Et au nom de quoi ?
- Au nom de la ligne du mouvement.
- Et c'est quoi, la ligne du mouvement ?
- Tes propres mots.
Quand le dégagisme arrive, il faut le saisir.
Le peuple "fâché, mais pas facho"
a voté Mercier pour évacuer sa colère…
- Tu vas pas me faire le catéchisme.
- Si on appelle pas à voter Mercier, ce sera vu comme une trahison.
Si c'était Chalon en face, on pourrait s'abstenir, mais là…
- En le soutenant, on pèsera sur sa ligne.
On a plus de militants, d'expérience…
- Toi, plus d'expérience ?
Vous ne me ferez pas faire n'importe quoi.
Vous voulez de la ligne ? En voilà !
Mercier était intéressant derrière nous,
devant, c'est un grand danger. Vous savez ce que pense Mercier
des salaires, des retraites, de la transition écologique ?
Ce qu'il pense de l'avortement, de la peine de mort ? Moi pas.
Mais il a fait toute sa campagne
avec la nazie de chez Chalon.
- Ta voix est isolée, Michel. Notre faible score en atteste.
- C'est très élégant, ça.
Ecoutez.…
Le dégagisme est une séquence très longue.
Ce qui compte, c'est d'être le dernier
debout, à la fin du jeu de massacre.
Et il vient à peine de commencer.
Cet histrion de Mercier n'a rien à voir
avec la révolution citoyenne.
Il veut détruire la démocratie, pas nous.
Appeler à voter Mercier, ce serait se disqualifier.
- Car tu l'as décidé ?
Non. Ca peut plus marcher comme ça, Michel.
Pas après trois défaites d'affilée à la présidentielle.
- La suite, c'est à nous de la préparer.
Il faut organiser un vote des adhérents.
Bip
Musique sombre
---
*-C'est sans une once d'hésitation que j'appelle
*toutes mes électrices et tous mes électeurs
*à se reporter
*le plus massivement possible
*sur la candidature de Christophe Mercier
*que je salue et que je félicite fraternellement
*pour sa belle campagne.
*Dans 15 jours,
*le système peut être abattu et il ne doit pas
*manquer un seul d'entre nous pour lui infliger le dernier coup.
- J'imagine que vous êtes moins chauds
pour vous retrouver avec Chalon ?
En tous cas, si vous vouliez tuer le vieux,
il va falloir patienter encore un peu.
Dans la vie, on passe beaucoup de temps à attendre.
Beaucoup.
---
*-Avec ce dernier sondage qui le place à 43%,
*Christophe Mercier semble profiter
*d'un important report des voix des électeurs de Chalon.
- T'as pas vu mon café ?
*-Dorendeu, avec 57% des intentions de vote,
*reste l'ultra favorite de ce deuxième tour.
Sonnerie
---
- Oui ?
C'est bien moi, oui.
Bien entendu. Quand ça ?
Ça ira très bien.
Vous aussi.
C'était le secrétariat particulier.
Une voiture vient me chercher pour m'emmener à l'Elysée.
Musique sombre
---
Musique intrigante
---
La porte s'ouvre.
- Philippe.
Ça va ?
- Ça va.
- Installe-toi.
Tu sais pourquoi je t'ai fait venir ?
- Je pense, oui.
- Les relations entre la présidente et son Premier ministre
ne sauraient s'inscrire dans un contexte personnel.
Chacun doit assumer ses fonctions
dans une seule perspective, l'intérêt du pays.
Cela exclut toute familiarité.
- Evidemment. - Pas d'emportement.
- Pas de coups de sang.
Même en cas de conflit.
Jamais.
- Et toi, pas de condescendance. Jamais.
Je suis pas toujours poli,
mais tu me prends parfois de haut.
- Quand, par exemple ?
- Te proposer Matignon, c'est te prendre de haut ?
- Justement, tu me l'as pas vraiment proposé.
N'importe qui d'autre, tu lui déroulais le tapis rouge.
"Mon cher bidule, que veux-tu boire ?"
"Tu connais l'histoire de ce tableau ?"
"Epoque Second Empire, une commande de l'impératrice Eugénie."
"Splendide, non ?"
Après, tu lui aurais demandé avec ton sourire d'ange:
"Mon cher bidule, veux-tu devenir mon Premier ministre ?"
Moi, j'ai pas eu droit à un café.
- Philippe, c'est toi et moi.
On va pas se jouer la comédie.
- Faudrait savoir.
Là, tu me dis: "C'est pas pareil.”
Mais avant ça, c'est: "Pas de familiarités".
Je comprends pas. Moi, j'aime la clarté.
- D'accord.
Sors.
- Pardon ?
- Sors.
T'as raison, je m'y suis mal prise.
Sors et entre à nouveau. On va la refaire.
- C'est bon, c'est pas la peine.
- Tu veux un café ?
- Ça, je veux bien.
- Politiquement, c'est toi qu'il me faut.
Mais sur un plan personnel,
nos relations ont été compliquées.
Et c'est un euphémisme.
Or, un exécutif à deux têtes,
c'est comme un couple.
- Séparer le politique et le personnel, c'est une erreur.
C'est parce que, politiquement, on a divergé
que ça s'est dégradé entre nous.
On doit clarifier la politique, pas nos relations.
- J'ai été très claire pendant ma campagne:
transition écologique,
justice sociale et éducation.
- Aucun ministre de droite avec moi.
- D'accord.
- Toute la gauche doit être là, même Debout le Peuple.
Je me suis pas présenté au nom de l'unité.
Mon gouvernement fera l'union de la gauche.
- On peut intégrer Véronique. - Oui, au porte-parolat.
Mais je vais aller au-delà. Tiens, regarde.
- T'as eu le temps d'écrire tout ça ? - Y avait des embouteillages.
- En revanche, tu connais l'article 8…
La présidente nomme les ministres.
- Sur proposition du Premier ministre.
- Mais on n'est pas en cohabitation.
- Non, mais ça reste une sorte de colocation.
Amélie.
On n'est pas en concurrence. C'est ton dernier mandat.
On doit réussir, point.
Démontrer que ce mode de démocratie peut encore changer les choses.
Sinon un jour, la digue va sauter. Et ce malade de Mercier,
ou un nazi comme Chalon, fera tout sauter.
Entre toi et moi, maintenant, c'est à la vie, à la mort.
C'est comme ça que je conçois notre duo.
Ces noms-là, c'est juste des propositions.
- Pour les régaliens, c'est moi qui décide.
- J'ai laissé Intérieur, Défense et Quai d'Orsay en blanc.
Si c'est pas de la droite, ton choix sera le mien.
- Ça, c'est quoi ? - Ah !
Ça, c'est un truc que je sens bien.
À la japonaise, on fait un super ministère
dont dépendent tous les autres, le MITI.
Au lieu des finances, c'est l'écologie.
On renverse la priorité avec la règle verte aux commandes.
On regroupe Bercy, territoires, transports,
agriculture et énergie. - C'est une belle idée.
Pourquoi t'as barré Laurence Bartais ?
- Pas confiance.
Selon elle, tu l'as sollicitée pour Matignon.
- Elle a pas menti.
Lambray l'a appelée pour que ça fuite
et que ça déroute la presse.
- Ah, si tu dis pas tout à ton Premier ministre !
Rire
Musique intrigante
---
- C'est bon, merci.
Il frappe.
Je vous prie de m'excuser.
Madame la Présidente.
- Pardonne-moi. Tu veux bien m'attendre dehors ?
- Bien sûr.
---
- C'est en ligne depuis dix minutes.
Fischtel lui-même vient de nous prévenir.
- Vous pouvez traduire ?
-"Les négociations secrètes du chancelier Fischtel."
Ils publient des messages que vous avez échangés.
- Quels messages ? - Beaucoup.
- Ils veulent créer une caisse de résonnance maximale.
Y a plusieurs foyers.
- Et Fischtel ? - Il attend votre appel.
Musique sombre
---
En anglais *-Les accusations de harcèlement
*sexuel ont été abandonnées. Je vais être innocenté.
Le non-lieu n'arrange pas
certains membres de ma famille politique, alors…
ils ont trouvé autre chose pour m'empêcher de revenir dans le jeu.
*Amélie, je suis désolé.
Vous êtes la victime collatérale d'une cabale interne à la CDU.
- Mais comment ont-ils pu avoir accès à nos conversations ?
*-Le juge a saisi mon téléphone pour l'enquête.
Il a été scanné et analysé, ce qui a permis de me disculper…
*Sauf qu'un des policiers
*a ensuite fait fuiter le contenu de l'appareil.
*Avec des choses qui n'avaient plus rien à voir avec l'enquête.
Y compris nos échanges.
- Je vous rappelle.
Cliquetis
Je croyais l'application inviolable ?
- Elle l'est. - Alors pourquoi ?
J'ai effacé toutes nos conversations.
Ça aurait dû faire pareil sur son téléphone.
Alors pourquoi ?
- Les conversations ont été effacées.
Mais d'après l'article de "Die Welt",
Fischtel a téléchargé une application, un jeu
pour ses enfants.
Mais elle intégrait un "screenlogger".
Grosso modo,
ça photographie l'écran du téléphone.
Cela donne des stocks massifs de données personnelles
qui sont revendus ensuite.
En exploitant encore le "screenlogger",
on récupère tout ce qui a été affiché.
Ce n'est pas exactement de l'espionnage.
Ça fait juste partie d'un modèle économique.
Musique sombre
---
- M. Rickwaert, la présidente doit reporter votre rendez-vous.
Une voiture vous raccompagne.
---
*-RTL, il est 7 heures. Tout de suite, le journal.
*-Les réactions se multiplient ce matin
*après les révélations du journal allemand "Die Welt".
*Ecoutez la prise de parole du chef de file de la droite,
*François Boudard.
*-D'abord, la Ve République,
*et maintenant, notre siège à l'ONU. Que veut Dorendeu,
*à part liquider notre héritage gaulliste ?
*-M. Chalon, vous avez dit
*"Anschluss" ? *-Oui. Une anschluss.
*Une annexion.
*Derrière le concept fumeux de France-Allemagne,
*il n'y a ni plus, ni moins que la France allemande.
*-Léandra Tallier, directrice de campagne de Christophe Mercier.
*-C'est très grave. Jadis, on aurait parlé de haute trahison.
*C'est la disparition de notre pays.
*-Du côté de l'Elysée, on dénonce une non-affaire,
*montée en épingle, j'accueille Léo Gardenne,
*de Debout le Peuple.
*-Je suis atterré comme tous les Français.
*Certes, ça n'a pas abouti mais…
*-Dorendeu organise la soumission…
*-La France, reléguée en deuxième division.
*-Un pays vendu à la découpe.
*-La France sort de l'Histoire.
Brouhaha
*-S'il vous plaît, s'il vous plaît.
---
*Allons, s'il vous plaît.
*Aujourd'hui est comme un deuil.
*Partout dans le pays, les Français baissent la tête,
*la peine, la honte,
*la colère, la sidération,
*car la présidente de la République,
*chargée de garantir l'indépendance nationale a voulu
*brader la France dans l'opacité la plus totale.
*Sans aucun mandat, ni contrôle.
*Cette femme n'est plus des nôtres.
*Elle est du camp de l'ombre et du secret,
*des manipulations et des arrangements
*entre puissants, dans le dos
*du peuple. Nous devons la bannir.
*C'est tout l'enjeu du vote de dimanche.
*Bannir le mal.
*Lui faire barrage.
*Etablir autour de lui un cordon sanitaire
*pour qu'enfin renaisse la démocratie.
*Merci.
Brouhaha animé
*La clé, c'est DLP. Mais je sais que Michel donnera pas
*de consigne de vote. Jamais il soutiendra Mercier.
*C'est un républicain.
*Maintenant, à toi de tenir bon.
Tu t'es bien défendue à ton meeting.
Combattive et droite comme un "i"
T'as pas à t'excuser. *-Non…
*Mais 67% des Français sont contre le partage du siège à l'ONU.
*-On est pas sur un référendum.
C'est une élection présidentielle. Le chiffre est clair: 53%.
Tu perds des points, mais tu décroches pas.
Continue à marteler le même message.
- La voiture est prête pour Melun.
- Je te laisse. On refait le point tout à l'heure.
- Ça marche.
- Arrête avec ton 53%.
Ça veut rien dire. Elle peut encore plonger.
- On est encore sous le choc.
Faut marteler.
Elle a pas proposé de partager le siège de l'ONU gratos,
mais contre un pacte climatique avec l'Allemagne.
Et les Français auraient tranché par référendum.
Ça va infuser petit à petit.
-"Petit à petit", le second tour est dans sept jours.
"Petit à petit", ça n'existe pas.
Tu connais l'échelle de Bruder ?
Rire
- C'est quoi encore ?
- Tu vas répondre à cinq affirmations par "d'accord” ou "pas d'accord'.
"Beaucoup de choses très importantes se produisent"
"dont le public n'est pas informé."
- Ça dépend. Y a plein de gens mal informés.
Mais ça veut pas dire qu'on leur cache.
- D'accord ou pas d'accord ?
- D'accord, mais c'est une question con.
-"Les politiciens ne nous disent pas ce qui motive"
"réellement leurs décisions." - Pareil. Question con !
Y a plusieurs facteurs. C'est pas blanc ou noir.
- Alors ? - Pas d'accord.
-"Les agences gouvernementales"
"surveillent les citoyens."
- Pas d'accord.
-"Des événements qui ne semblent pas avoir de liens"
"sont souvent le résultat"
"d'activités secrètes." - Pas d'accord.
- Et enfin,
"Il existe des organisations secrètes"
"qui influencent les décisions politiques."
- Encore moins d'accord.
- En gros, ça montre la force de pénétration du complotisme.
Toi, tu restes ultraminoritaire, mais 58%
des gens sont d'accord avec 4 ou 5 de ces questions.
C'est ça, l'échelle de Bruder.
La croyance générale dans la dissimulation
de la vérité. - Putain !
- Comment est perçue cette affaire de l'ONU ?
Une dissimulation de la vérité,
une preuve éclatante que tout est pipé,
secret, manipulé. Une publicité vivante
pour le "mercierisme". - Ton QCM, c'est quand même limite.
Certains veulent juste ne pas passer pour des naïfs.
- C'est pire.
Aujourd'hui, pour être bien vu,
il faut penser qu'on nous cache tout.
Pour gagner une présidentielle, faut savoir sentir l'époque.
Et la nôtre, elle pue, Philippe.
Musique sombre
- La capitulation sur l'ONU change tout.
Y a un paysage neuf,
entièrement neuf. Il faut donner une consigne.
Et la seule consigne, c'est Mercier.
Applaudissements
---
- Arrête, Léo ! Arrêtez !
Arrête !
Elle est où, la nouveauté ?
Dorendeu qui brade l'indépendance nationale,
c'est nouveau ?
Qu'elle obéisse à l'Allemagne, c'est nouveau ?
- La question, c'est Mercier. De quoi est-il le nom ?
De la décomposition politique la plus honteuse.
Et c'est l'alliance avec les fascistes.
Brouhaha réprobateur
- Vous regardez trop dans le rétro. Quel fasciste ?
Mercier, c'est pas un fasciste.
La démocratie, elle est pas menacée par Mercier.
Elle est menacée par des gens propres sur eux
qui contrôlent l'Etat et les grandes entreprises.
Ces gens ont des noms, des visages, des adresses.
Et ils ont un chef. Et elle s'appelle Amélie Dorendeu.
Applaudissements
C'est à elle…
C'est à elle qu'il faut faire barrage.
C'est à elle !
Alors…
Alors oui, Chalon soutient Mercier.
Mais Chalon, c'est un faux débat. Dans la Résistance,
y avait pas l'Action Française et les Croix-de-Feu ?
Alors, il aurait fallu ne pas entrer
dans la Résistance à cause de ces nationalistes ?
Moi, j'assume.
Applaudissements
---
Michel.
La faute à qui si Chalon nous a pris de vitesse dimanche soir ?
Tu as refusé le ralllement de Mercier.
Tu as ouvert la porte à Chalon.
---
T'as fait une faute.
Une faute.
---
- Je n'ai pas eu d'autre existence
que celle d'un militant,
avec pour fil rouge
la transmission de mon expérience.
J'ai été, j'espère, un formateur,
un témoin du temps long,
le maillon d'une grande chaîne.
Une fois de plus, c'est mon rôle.
La force du fascisme
et de tous les totalitarismes,
c'est de voler nos mots,
les mots de la révolte populaire.
Beaucoup des nôtres sont tombés dans le piège.
C'est ainsi que sont devenus boulangistes
des héros de la Commune.
C'est ainsi que sont devenus antisémites
des socialistes blanquistes.
C'est ainsi qu'ont adhéré à l'Action Française
des ouvriéristes du Cercle Proudhon.
Tous, sans exception,
finirent dans la honte.
Car quand on mélange le brun et le rouge,
c'est toujours le brun qui l'emporte.
Je n'en rajouterai pas.
Je sais que l'attraction est forte
et fait tourner les têtes.
C'est l'appel de la victoire.
Mais certaines défaites valent mieux que certaines victoires.
L'essentiel, c'est de préserver
l'unité du mouvement pour préparer la suite.
La seule position qui la garantisse,
c'est l'absence de consigne de vote.
Applaudissements
---
- Merci, Michel.
Merci pour ce que tu as construit
et pour ce que tu nous lègues.
Chacun d'entre nous ici a en tête des moments forts
où tu as su nous transmettre ton expérience
et ta justesse analytique,
ton intelligence politique.
Le moment qui m'a le plus marquée,
c'était le dernier. Au mariage de Rickwaert, tu m'as dit:
"Aurore, la révolution citoyenne a commencé."
- Et il avait raison. - Léo, je ne t'ai pas coupé.
Tu m'as dit: "Aurore,"
"la révolution citoyenne a commencé,"
"et son événement déclencheur,"
"c'est le surgissement de Mercier."
Tu as cité Robespierre et Lénine, à la virgule près.
À mon tour de te rappeler,
c'est que disait Hegel:
"Quand l'Histoire n'a pas de grands hommes, elle les invente."
Eh bien, l'Histoire vient d'inventer Mercier.
Applaudissements - Elle a raison !
---
- Oui, Michel !
---
La révolution citoyenne a commencé.
Oui, Michel !
Mercier en est l'instrument.
Oui, encore oui !
La révolution citoyenne doit continuer.
---
Et dimanche,
nous aurons le devoir de la conduire à son terme.
Dimanche, il s'agira, comme en 1793,
de voter la mort du roi.
La fin de l'oligarchie.
La fin des privilèges de la caste.
La fin du système.
---
Tu veux l'unité du mouvement ?
Eh bien, la voilà, l'unité du mouvement !
Et l'unité, c'est Mercier.
- AURORE ! AURORE ! AURORE ! AURORE ! AURORE ! AURORE !
AURORE ! AURORE ! AURORE !
AURORE ! AURORE ! AURORE !
AURORE ! AURORE ! AURORE !
AURORE ! AURORE ! AURORE ! Musique sombre
AURORE ! AURORE ! AURORE ! AURORE !
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Sonnerie
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Musique anxiogène
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- Arrêtez-vous là.
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Un moteur vrombit.
Battements de coeur
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Elle halète.
*-Bonjour, ici la messagerie de Michel Vidal. Après le bip,
*c'est à vous.
- Michel, c'est encore moi.
Il faut qu'on se voie.
Tu veux pas laisser faire ça.
Musique de suspense
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Sonnerie
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Pas à l'approche
- Si tu l'as réveillé, je te tue.
- Je l'appelle, mais il répond pas.
Je veux lui parler cinq minutes.
- Ce cachet, c'est le seul qui marche.
Trois heures de répit.
Avec son arythmie, c'est un seul par jour.
Si tu l'as réveillé, je te tue.
- Y a une rumeur qui dit
que Michel ira ce soir au meeting de Mercier.
Il peut pas faire ça.
- Qui est-ce ?
- Personne !
- Michel, c'est Philippe !
Michel, il faut qu'on parle !
Pas à l'approche
---
Respiration fébrile
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Debout le Peuple, c'est Michel Vidal.
Un seul mot de toi et tout redevient possible.
T'es une boussole,
un repère.
On t'écoutera.
Combien de fois tu t'es fait rouler dessus ?
10, 20,
30 fois ?
À chaque fois, tu t'es relevé pour balancer des scuds.
Tu sais ce que je disais quand on était au PS ?
Que quand une guerre aura dévasté la planète,
il restera plus qu'une seule espèce vivante:
le Michel Vidal.
- Ma première erreur.
Celle qui a entraîné toutes les autres.
C'est ça qui m'obsède.
- On fait tous des erreurs.
Ce qui compte, c'est d'éviter la prochaine.
- C'est la première qui compte.
Une fois que l'embranchement pris est mauvais,
c'est le toboggan.
- On tire les bilans après la bataille,
pas pendant. - La bataille ?
Elle est perdue.
Mercier va gagner dimanche prochain.
Les uns après les autres,
on lui a fait la courte échelle en pensant se servir de lui.
Les uns après les autres, il nous a liquidés.
Pan !
Pan !
Pan !
- Faut que tu te reprennes.
- Au local, quand ils m'ont lynché,
c'était comme une sorte de transe collective.
Ils ont aimé ça.
Ils ont pris du plaisir.
Y avait de la haine dans leurs yeux.
- Tes électeurs, c'est pas pareil. Faut leur parler.
- Si mes propres enfants ne m'écoutent plus,
personne ne m'écoutera.
Mes militants sont les plus structurés.
Y avait l'école de formation.
Je veillais à passer du temps en tête-à-tête avec chacun.
Léo est le plus brillant, mais c'est une tête brûlée.
Florian est plus laborieux,
mais c'est un organisateur hors-pair.
J'ai eu qu'un seul souci: transmettre.
Penser à l'après-moi.
C'est peut-être dû aux portables.
Ils ont grandi avec, pas nous.
Le cerveau est façonné par les activités quotidiennes.
Nous, c'était l'étude des grands textes,
la passion idéologique.
Mais eux, c'est "like", "share".
C'est l'ère du temps court, du fragmenté,
des récompenses immédiates.
Alors, la patience,
cette vieille vertu révolutionnaire.
Nous sommes face à un changement anthropologique majeur.
On ne peut rien y faire.
Mercier, lui, est parfaitement adapté.
Tous les problèmes, résolus en une seule mesure.
C'est ça, le vrai nouveau monde,
la fin de la politique.
- Tu peux pas laisser faire ça.
Donne pas de consigne. Tu casses DLP.
Les soutiens de Mercier sont plus tes enfants.
- Si ton enfant devient un monstre, il reste ton enfant.
Le jour où ils se réveilleront, ils m'écouteront à nouveau.
- Viens avec nous.
Amélie va me nommer à Matignon. Prends l'Intérieur,
la Défense, le Quai, ce que tu veux.
Avec elle, on peut discuter.
On parle la même langue. Lui, c'est un taré.
- Moi, avec elle ?
- Rien ne t'empêche.
- Si, c'est elle qui m'empêche.
Même pour un socialiste gélatineux
comme Kahlenberg, j'hésiterais pas. Mais elle…
Après son histoire d'ONU,
si j'appelais à voter pour elle,
je serais un booster pour Mercier.
Le nouveau traître à châtier.
C'est elle qui empêche tout.
Musique intrigante
---
---
On frappe.
- Comment ça va ?
- T'as lu ces choses ?
Un monceau d'absurdités.
Des couloirs interminables de confusion historique.
Des contresens permanents, de la névrose obsessionnelle.
Je revis la même histoire: Chalon, il y a 5 ans,
et maintenant, Mercier.
Je dois tout retourner en deux heures de débat.
- C'est différent, cette fois.
- Tu crois que j'exagère ?
Va faire un tour sur les réseaux sociaux.
Il faut que je travaille. Y a que le travail,
toujours le travail. - J'ai vu Vidal.
- C'est bien.
Que demande-t-il ? - Rien.
Debout le Peuple va se rallier à Mercier.
Michel laisse faire. Il est tétanisé.
Pour lui, Mercier va gagner et il veut garder sa base,
pour organiser la résistance plus tard.
- Retourne le voir.
Avec lui, j'arriverai en position de force au débat.
Il pourrait nous aider à le préparer.
Et ensuite, on l'intégrerait…
- Il à raison.
Mercier va gagner.
Plus exactement, c'est toi qui as perdu.
Depuis l'histoire de l'ONU, la vieille pulsion
est réveillée: "À mort, le roi !"
Les gens veulent voir ta tête rouler dans le panier, Amélie.
T'as perdu, mais l'autre a pas encore gagné.
- C'est-à-dire ? - Je te préviens,
c'est pas une solution. Une porte de sortie, mais pas plus.
- Si t'as une idée, donne-la-moi, Philippe.
-Il faut faire annuler l'élection.
Je sais. Mais écoute ça…
"Article 7."
"Le Conseil constitutionnel déclare"
"que les opérations électorales doivent être renouvelées"
"en cas de décès"
"ou d'empêchement de l'un des deux candidats"
"en lice pour le second tour."
Le mot, c'est "empêchement”. Tu dois être empêchée.
Si t'es empêchée, le Conseil doit tout interrompre
et on repart:
500 signatures, premier tour, deuxième tour.
Mais sans toi.
- Ça marche pas.
Pour ça, il aurait fallu que j'aie été enlevée,
que je sois très malade
ou psychiquement incapable de prendre des décisions.
Tu veux faire quoi ?
Rédiger un faux bulletin de santé ?
Organiser un vrai faux enlèvement ?
- Mentir est devenu impossible aujourd'hui.
Ce serait comme organiser un coup d'Etat.
Non, il faut juste révéler la vérité.
- Quelle vérité ?
- Il y a deux ans, tu as fait assassiner
trois citoyens français sur le sol national.
- Des djinadistes. - D'accord,
c'était pour empêcher un attentat.
Mais tu l'as fait hors du cadre légal.
Et Daech a revendiqué, en représailles,
l'attentat de l'école de police.
Sept élèves-officiers français sont morts.
Ton acte est une violation
des règles de l'Etat de droit,
un manquement à tes devoirs de présidente.
Tu as rétabli la peine de mort.
Ta responsabilité morale et politique est engagée.
Si le fonctionnaire que tu as missionné te dénonce,
tu seras empêchée, indigne et illégitime
de te présenter à nouveau devant les Français.
- Ça tient pas.
Article 67.
J'ai une irresponsabilité pénale absolue.
Et ce n'est qu'un motif éventuel de destitution,
pas d'empêchement.
- Si. Tu n'es plus en situation de te présenter.
Le Conseil devra s'autosaisir. - C'est toi qui le dis,
mais ce n'est écrit nulle part dans la Constitution.
C'est pas un empêchement.
- Alors, c'est quoi ? Montre-moi où c'est défini.
C'est nulle part.
Lya ce mot "empêchement",
mais personne n'explique ce que ça recouvre.
Tu veux mon avis ? C'est pas un hasard.
C'est comme un joker, au cas oÙ.
- Au cas où, quoi ?
- Au cas où la démocratie serait en danger.
- C'est fou.
Fou et incertain. Je peux pas faire ça.
- C'est une décision terrible. Elle promet pas un monde meilleur,
mais elle peut préserver le pays du malheur.
C'est un sacrifice dont tu ne tireras aucune gloire.
Tu seras toujours plus conspuée et haïe.
Mais ce sera la plus importante, la plus grande
et la plus belle de tes décisions politiques.
Tu as été élue pour sauver la République.
C'est maintenant.
- Même si je le fais, ça marchera pas. Le Conseil
se fondera sur les éléments objectifs de l'empêchement:
l'enlèvement, la maladie, la folie.
- Je comprends. Je suis pas à ta place.
Musique sombre
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- Ou alors…
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Je pourrais expliquer que pendant la menace terroriste,
j'étais dominée par la peur et l'angoisse.
Et que dans cet état, je n'étais plus moi-même.
Ainsi, j'aurais donné l'ordre.
C'est crédible. Le dédoublement
de la personnalité peut surgir sous l'effet de la peur.
- Lambray aurait pu te voir ainsi. - Il était en désaccord,
mais il a rien osé dire.
La peur des représailles.
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Tu vas gagner, hein ?
Promets-le-moi.
---
- Je te le jure.
- ---
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---
Sous-titrage: HIVENTY
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