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- Ça va, mon amour ?
Dis-moi,
si on se mariait ?
C'est ce qu'on fait quand on s'aime.
- On peut s'aimer sans.
- J'ai envie de plus. - Attends,
c'est une vraie demande ? T'es pro-mariage ?
- Je suis pro-toi.
On est bien, tous les 2. C'est simple, fluide.
Et Salomé t'adore.
- Justement, on est bien donc on change rien.
La famille, la robe, la mairie, la fête…
- On s'en fout du décorum.
Juste toi et moi, nos témoins, ma fille, ton frère.
Faudra un élu pour nous marier, ça pourrait être Véro.
- Je suis désolée, Philippe, mais le mariage, c'est pas mon truc.
- Bonjour. - Bonjour, monsieur.
- Je vous ai vu au 20h. - Oui.
- On a des désaccords, mais bravo. - Merci.
- Vous pensez réussir l'union ?
- On avance bien.
- Les primaires ont pas empêché la division.
- On a fonctionné à l'envers.
Avant de choisir le candidat, il faut une plateforme commune.
Sinon, on vote,
mais les perdants sont en désaccord
sur le fond, mais en réalité,
ils sont en désaccord avec le résultat.
- Pardon, je me permets aussi. - Bonjour, madame.
- La plateforme est une bonne idée, mais vous avez des différences.
- Moins qu'au temps où le PC soutenait l'Union Soviétique.
On a tous
le même fil rouge, l'écologie. Chacun a son nom pour lui,
planification, révolution, transition.
Mais c'est comme pain au chocolat et chocolatine.
Personne n'est pour le Frexit.
Et plus personne ne dit que les 3%
sont une règle intangible.
- Ce que je vois, c'est que Vidal veut pas de l'union.
- Pour l'instant.
- Pour l'instant,
il vous snobe.
- Il prend le temps de réfléchir. C'est pas un engagement à la légère.
Si vous faites une demande en mariage,
faut être patient. Si vous tournez les talons
car on vous dit pas oui, c'est pas la plus grande preuve d'amour.
Faut montrer sa détermination, sa passion
et attendre sereinement, sûr de la force de votre destin.
Ne jamais brusquer l'autre,
le laisser cheminer tranquillement
jusqu'à ce qu'il dise oui.
(-Oui.)
- C'est bien fait. Y a un chemin, une volonté.
De l'enthousiasme.
- "Y a qu'à", "faut qu'on". Rien de précis ni de chiffré.
Le flou artistique total,
il nous ferait reculer de 30 ans. Heureusement,
il a aucune chance. - Son timing est bon.
- Jamais les Français
n'éliront un ancien détenu. - Ils votent pour un tirage au sort.
La politique est une question d'espace. J'ai créé le mien.
Un bloc central entre 2 extrêmes.
Ce référendum l'a explosé.
Et Rickwaert,
lui,
déterre la Gauche. - Mme la présidente, dès aujourd'hui
vous entrez en campagne. - Non.
Je veux que cette dernière année à l'Elysée soit efficace.
Chaque jour doit être utile au pays.
- Elle t'a rien dit ?
- Rien sur la présidentielle depuis le référendum.
- Le 1er tour est dans 7 mois,
elle a forcément choisi.
Thorigny a fait 7 villes, il inonde la PQR.
C'est ça, qu'elle veut ?
Thorigny ?
- Si elle y va pas, je te soutiens.
Mais je lui demanderai pas sa bénédiction pour toi.
Brouhaha
- M. Vidal, s'il vous plaît. Par ici !
- Ma présence n'a d'autre objet que le témoignage de ma solidarité
avec ces malheureux condamnés dont les vies ont basculé
pour avoir défendu leurs idées.
- Sang contaminé, amiante, abus de biens sociaux,
corruption, attribution opaque de marchés publics.
Tant de scandales dans notre soi-disante démocratie.
Et combien de condamnations ?
Aujourd'hui,
François Mortier, 28 ans,
papa de 2 enfants, infirmier à domicile, casier vierge,
vient d'être condamné à 1 an de prison ferme avec mandat de dépôt
parce qu'il a demandé le comptage des bulletins au dernier référendum.
François Mortier, Marie Chassin,
Nabil Boukir, Marianne Robicourt,
Patrice Laroy, Maxime Raynard.
Un jour, on célébrera ces noms.
- Ils ont été reconnus coupables de violence.
- Demandez-vous d'où vient la violence.
Refuser de compter est un mépris des idées.
Dans quelle démocratie est-on quand on méprise les idées ?
- La loi interdit lle comptage
des bulletins tirage au sort. - Prenons un exemple: la grève.
Avant d'être un droit,
c'était un délit. On a tiré sur les grévistes
au nom de la loi.
Le droit est l'expression d'un rapport de force politique
et bientôt on comptera les bulletins jugés non réglementaires.
- Merci de votre soutien.
- À bientôt, Christophe.
- M. Vidal, juste une question sur l'union de la Gauche.
- C'est pas le moment.
- Pourquoi refuser la main tendue de Rickwaert ?
- La main tendue ? Des bouffons qui me harcèlent chez moi ?
Il ferait mieux d'être avec nous, mais où est-il ?
Dans les arrières cuisines où on discute tactique.
Voilà où se termine leur union de leur Gauche,
dans l'oubli de ceux dont elle défend les intérêts.
- Ouais… Ben non, écoute… Ouh là, non…
Dans une demi-heure. Pas avant.
Je t'appelle quand j'ai fini.
Désolé, j'étais en commission.
Bon,
ça se clarifie. - Faut surtout pas lâcher Vidal.
- Il a chuté de 19 à 12 et les non-vidaliens sont à 17.
- Insuffisant. Faut qu'il vienne.
- Hou hou, Philippe.
Il s'affiche avec Mercier. Il nous a chié dans les bottes.
Faut taper
comme des sourds.
- Ça confirmerait qu'il y a 2 gauches divisées.
- C'est le cas.
Si tant est que Vidal soit de gauche.
Faut changer la plateforme.
Pour chasser sur les terres d'Amélie. Merci.
- Faut des nerfs solides.
C'était quoi, "Déconne pas Michel" ? 1re phase, le chantage:
l'union ou le siphon. Ca a marché.
On lui a pris 7 points. Maintenant, la 2e phase:
le siphon, donc l'union.
Si on lui prend d'autres points, il devra rejoindre la primaire.
- Il viendra jamais à la primaire
donc je m'enfilerai pas son programme de dingue.
- Donc quoi ? Je comprends pas. Tu tournicotes.
- Tu vas être candidat. - C'est pas un secret.
- Si tu gagnes, tu devras défendre la plateforme.
- C'est le principe, elle engage le vainqueur.
- Si je gagne, je pourrais pas.
En particulier sur l'Europe, donc faut la changer.
Si tu veux toujours du PS dans l'union, bien sûr.
- Tu flinguerais la primaire ?
- Les Verts sont d'accord, on va rediscuter de la plateforme
et tout ira bien.
- Vous avez bien regardé les sondages ?
C'est moi qui suis à 17. Ni toi ni aucun Vert.
- Peut-être, mais c'est nous qui payons.
"Déconne pas Michel", c'était cher. Une primaire, encore plus.
Je devrais au moins me reconnaître dans la plateforme.
L'union, c'est des compromis,
mais c'est pas toujours aux mêmes de les faire.
- Ça va ?
Salut, tout le monde. - BONJOUR.
- Salut. - Tu vas bien ?
Demain, je fais le 20h de Lapix.
- Elle va te parler de Mercier.
- Les condamnations peuvent sembler sévères,
mais j'ai toujours eu un principe auquel je me tiens:
je ne commente jamais les décisions de justice, Mme Lapix.
- Sur les groupes pro-Mercier, la visite de Vidal passe bien.
- Enfin, ça fait grosse récup.
- Vidal, c'est Ngolo Kanté, le meilleur récupérateur du monde.
Rires
- Justement, Mercier cartonne dans notre coeur de cible.
Ses vidéos, ses bouquins… - L'entretien sera axé sur l'Europe.
- C'est quoi, l'actu sur l'Europe ?
- Ce que je vais dire.
On abandonne le Frexit.
Avec nos amis italiens, polonais,
tchèques, hongrois, aux commandes de leurs pays,
nous avons une occasion historique de changer l'Europe de l'intérieur.
- Tu rigoles ?
- 2 avantages.
1: sans l'euro, on coule à pic.
À l'Elysée, j'ai pas envie de ruiner le pays en un mois.
Quand je dis que j'aime mon pays, c'est pas une formule.
2: le Frexit fait peur. Ça m'a coûté la dernière victoire.
On va siphonner la droite classique,
Boudard pourrait même appeler
à voter pour moi au 2nd tour.
Fini la dédiabolisation.
- Ou la phase terminale du Rassemblement national.
On dit qu'en restant dans l'euro,
on perd 70% de notre programme. C'est une capitulation totale.
- Je préfère garder 30% que rien du tout.
Ce qui arrivera avec le Frexit. - Au contraire,
on peut gagner grâce au Frexit, le pays est prêt.
Le dégagisme, la radicalité qui prend partout. Regarde Mercier.
On est le débouché de tout ça si on garde notre force
anti-système. - J'ai pris ma décision, Léandra.
Je comprends tes arguments, mais c'est moi qui tranche.
- C'est une faute. - On le saura qu'à la fin.
- C'est chez nos électeurs… - Ça va bien.
L'élection est dans 7 mois.
J'ai besoin de vous tous,
prêts à tout pour la bataille.
Ceux qui ont des états d'âme peuvent partir maintenant.
D'autres déserteurs ?
Bien, au travail.
- J'étais avec un chanteur accusé de plagiat sur les réseaux.
L'imbécile veut porter plainte.
3 heures pour qu'il comprenne que le bad buzz serait plus fort.
- C'est indémerdable.
Kahlenberg fait chier sur l'Europe, même Dupraz m'emmerde.
- Elle veut quoi ? - Une laïcité inclusive.
- Carrément ? - Elle pense aux voix des quartiers.
- Elle aussi est candidate ?
- Ça la titille. Sans Vidal, y a du jeu.
Tous croient en leur étoile. - T'as les sondages pour toi,
c'est pas rien.
- Seulement car j'incarne l'unité.
Vidal à quai, je vais descendre. Ils le savent.
- Tu seras 1er du premier tour des primaires.
- Ils s'allieront contre moi au 2e.
Le piège que j'ai tendu à Vidal se retourne contre moi.
- Ta force et ton identité, c'est l'union.
Faut partir de là. Aucune rupture dans la narration.
Plutôt une montée en puissance.
- Un beau meeting unitaire. - Philippe,
le moment est venu de te dire la vérité.
À part toi et Vidal, les virgules dans les programmes,
tout le monde s'en fout. C'est flippant, mais c'est ainsi.
T'es candidat à la présidentielle.
Tu sais comment ça marche.
Personnalisation, incarnation, image, sondage.
Tu peux reculer devant l'obstacle,
faudra assumer un jour. Le plus tôt sera le mieux.
Par exemple, on pourrait inviter plus de monde à notre mariage.
Kahlenberg, Dupraz, Carthaud, quelques Verts.
- C'est brillant.
- C'est quoi, la Gauche ? Une grande famille.
Et qui la réunit ? Le pater. Le chef.
Ils sont tous venus pour toi.
L'union de la Gauche, c'est plus la plateforme, c'est toi.
La force de la photo va gagner.
- Sur les marches de la mairie de Dunkerque.
- Presse politique et people. Récit sur tes racines ouvrières.
- Ça ferait très mal à Vidal. Le grand absent, le boudeur.
Je lui remets un coup de siphon. J'ai les 20% et lui moins de 10.
- Après le mariage, on annonce ta candidature.
Tu plieras tout en même temps.
La plateforme et la primaire.
- C'est moi, le baron noir ?
Elle rit.
- Je te rappelle.
- T'as vu ça ?
-"Vous critiquez la préférence nationale,"
"acceptez la critique de la préférence aux immigrés."
"Que le grand remplacement soit organisé ou spontané,"
"il existe et il faut l'arrêter."
- Aucune de ces citations racistes n'est dans mon livre.
- Mais elles sont de l'auteure de la préface de votre livre.
Léandra Tallier est une raciste.
- Ces phrases me choquent beaucoup.
Vous savez, certains internautes m'ont reproché notre conférence
de presse improvisée devant le palais de justice.
"Vidal aussi est irresponsable."
"Il a été député, sénateur, ministre."
"Toute sa vie il a été un élu professionnel."
Je peux retrouver leurs remarques si vous voulez.
- Je devine très bien, merci. Ça ira. - Voilà ce que j'ai répondu:
"Nous voulons réunir la société autour d'une idée,"
"réinstaller le pouvoir au peuple"
"par l'instauration du tirage au sort en toute matière."
"Nous voulons réunir, mais il faudrait exclure ?"
"M. Vidal nous soutient mais il faudrait trier selon les partis ?"
Michel, ce qui vaut pour vous vaut pour tous.
On ne dit pas: "Je veux pas discuter"
"avec vous car vous êtes ceci."
Quand on dit à un raciste "sale raciste",
il va rester raciste, mais si on parle avec lui,
il peut évoluer. Ce sont des êtres humains.
On ne peut pas discriminer selon les opinions. Vous-même,
vous répétez souvent vouloir reprendre
au FN ses électeurs, non ?
- Je vais vous dire comme je vous vois,
comme un adolescent en politique.
Vous volez d'enchantements en révoltes.
Vous avez le courage, la fraîcheur
et la naïveté pour vous battre contre vents et marées,
mais l'adolescence comporte aussi une part d'errance.
Premièrement, le racisme n'est pas une opinion, mais un délit.
Deuxièmement, Léandra Tallier n'est pas une élue égarée au FN,
mais une cadre nationaliste.
Enfin, je n'accepterai jamais qu'on établisse un parallèle
entre elle et moi qui ai toujours défendu les Lumières.
Faut grandir, Christophe !
Pardonnez-moi, je vous fais la leçon. Oubliez ça.
- Non, je vous ai manqué de respect sans le vouloir.
- Christophe, vous avez une audience.
Vous êtes une boussole pour beaucoup de gens désorientés,
humiliés par le système.
Ces gens n'auront que 2 bulletins pour dire leur colère.
Chalon, qui veut trier
nos concitoyens selon leurs origines,
et moi, qui propose une constituante avec des gens tirés au sort.
- Je le mesure, Michel.
- Les études sont claires:
2 verres par jour, ça va, et du bon comme ça,
c'est recommandé.
L'OMS nous couvre, ma beauté. - Oui, Malika ?
Je descends tout de suite.
Je dois y aller.
- Une menace terroriste ? Un Skype avec Poutine ?
- Même pas, un vernissage à l'Hôtel de ville.
- Ça va être chiant.
- Y a de fortes chances. - Moi, je vais regarder
"Game of Thrones" sur ton vidéoprojecteur.
Vu que tu m'abandonnes,
faut pas que je m'ennuie.
- N'importe quoi. - Ah si.
Je me sens triste et esseulé. - Viens avec moi, alors.
- Sérieusement ?
- Oui.
- Il m'a d'abord expliqué
que le calendrier à Dunkerque était établi
et qu'il pouvait pas dessaisir son adjoint à moins qu'il ne te marie.
Le rassembleur de la Gauche marié par son successeur de droite.
Donc courrier officiel. 1 semaine, O réponse. Je lui ai dit
que si je répondais aussi vite à sa demande d'aides,
il serait aussi en colère.
Et là, bingo ! Il a cédé.
Oh, Philippe !
Tu me supplies depuis 3 semaines de te marier
et là, tu joues sur ton portable. - Je parle avec Amélie.
Ça t'a pas échappé, j'imagine.
Je l'ai félicitée. Cliché du bobo, mais ils vont bien ensemble, non ?
- Je le trouve pas mal.
- Ce qui compte, c'est ce que ça raconte.
S'afficher avec un mec, pour elle, ça veut dire je serai pas candidate.
- Sûr et certain. - Donc je serai contre Thorigny.
Un gros libéral à tête de PDG.
C'est pas l'autoroute du soleil, mais un bel espace s'ouvre à moi.
Plus rien peut m'arriver, ma meilleure amie va me marier.
Je suis content. Merci. - Amélie a répondu quoi ?
-"Merci pour ton chaleureux message."
"Naïma et toi formez un très beau couple."
"Tous mes voeux de bonheur."
- Classe. - La politique la rend obtuse.
Sinon elle est adorable.
- Si je pouvais, oui.
Mais vous savez. - Pardon,
M. le maire, mais ça ne tient qu'à vous. C'est votre nom.
- C'est plus dur que ça.
- Vous avez bien parrainé Lionel Chalon.
- La droite, qui tient la région, me l'a fait payer.
Le bus passe plus que 3 fois par jour au lieu de chaque heure.
Si on a de la chance.
Ils disent que ça n'a rien à voir. Ca fait des économies.
- C'est ce qu'on veut changer si on gagne.
Remettre des services publics en ruralité,
recréer l'égalité entre les territoires.
- Je vais m'occuper de ces irresponsables politiques.
Un grand coup de balai. Croyez-moi, je tiendrai bon.
Il me faut votre aide. - J'irai voter
pour vous, mais j'ai un village à maintenir à flot.
Pour ça, j'ai besoin des subventions des collectivités territoriales.
Qui gère ces collectivités ? Les grands partis
Je suis désolé, mais je peux pas.
- 124 signatures, mais uniquement des promesses.
Pour la dernière campagne… - Attends.
Mes chers amis, voyez vous-mêmes la tyrannie du système mise à nu.
Comme vous venez de l'entendre, les dés sont pipés.
*Chantage, mesures de rétorsion, racket. Tout y passe.
*Nous vivons dans une dictature mafieuse.
Rétablissons la démocratie sans les voleurs de pouvoir.
C'est mon seul programme.
C'était Christophe Mercier sur les routes de notre beau pays.
Le plus beau du monde. Allez, courage !
Partagez, faites partager. La vérité doit être connue de tous.
- Chapeau.
*-....au lieu de 3 fois par jour. Si on a de la chance. Rien à voir.
*Ça fait des économies. Je suis pas crétin.
*-C'est ce qu'on veut changer si on gagne.
*Remettre des services publics ruraux.
*Recréer l'égalité entre les territoires.
*-Je vais m'occuper de ces irresponsables politiques.
*Un grand coup de balai. Croyez-moi, je tiendrai bon.
- C'est la merde. Sur 3 applis météo, 2 annoncent de la pluie.
- Les applis sont pas de Dunkerque. Il va faire beau.
- Avec le vent annoncé, le chapiteau tiendra jamais.
- T'es belle quand tu flippes.
- Je flippe pas, j'organise.
- Viens là.
C'est normal de flipper. Je flippe aussi.
Mais j'ai un avantage, les mariages, j'y suis habitué.
Je maîtrise le protocole, ça aide à anticiper le truc.
On va répéter et y aura moins d'appréhension.
Ça commence par l'article 212.
"Les époux se doivent mutuellement"
"respect, fidélité, secours et assistance."
Après, le 213. Ça, c'est les enfants, on passe.
Le 214.
"Si les conventions matrimoniales
"ne règlent pas la contribution des époux"
"aux charges du mariage,"
"ils y contribuent à proportion, etc."
Et puis on arrive assez vite au moment qui nous réunit tous ici
dans cette majestueuse salle, non ! Ce majestueux salon.
M. Philippe Rickwaert, consentez-vous à prendre pour époux.
Pour épouse, Mlle Naïma Meziani
ici présente ?
Oui.
Avec l'accent belge Mlle Naïma Meziani,
consentez-vous à prendre pour époux M. Philippe Rickwaert
ici présent ?
- Oui.
- Oui ! Encore.
- Oui ! - Oui.
- Oui !
- Oui.
- C'est avec une grande émotion,
impossible à dissimuler,
que j'ai l'honneur de vous accueillir ici
afin de célébrer l'Union de Mlle Naïma Meziani
avec M. Philippe Rickwaert.
Emotion, car ce n'est pas que mon ami personnel
que j'ai le privilège de marier, mais aussi l'ancien maire
de notre ville de Dunkerque.
Chère Naïma, cher Philippe, vous êtes ici chez vous.
Brouhaha
---
S'il vous plaît.
S'il vous plaît !
Parmi les symboles de cette union républicaine, le mariage,
j'ai toujours été très sensible
à celui qui consiste à laisser les portes ouvertes…
(- Ça va pas ?)
-...afin que tout citoyen puisse être
témoin de cet engagement. (- Je t'aime, M. le président.)
- La commission veut baisser le budget de la PAC.
Mais dans quelles proportions ? On parle de 10%.
- C'est énorme.
- Trop. Pour les Suédois, c'est un essai pour arracher un -5%.
- Le secteur agricole nécessite de gros investissements,
même 1 point serait trop. - La clef, je pense…
- Attention derrière toi ! Hop là !
- Venez, y a une photo.
Viens, ma chérie.
- Viens. J'en prends un, t'en prends un.
- Allez.
- Prenez de la pelouse et mangez-la.
- Ça va, papa ?
Tu vas bien ? - Ça va.
- T'as bien fait. Très bien. J'aurais fait la même chose.
- J'ai cru faire ce qui fallait. - Ah, le marié !
Mieux encore, le papa du marié.
- Je te présente un fan.
- Enchanté. - On s'est déjà rencontrés.
90, la grève du port de Dunkerque. - Oui.
- On vous a fait monter sur la grue.
- Ah oui ! - Je t'avais dit qu'il se souvenait.
Je vote plus depuis 83,
depuis que Mitterand a trahi, mais j'ai voté pour vous.
Vous êtes un vrai rouge. - Merci.
- On avait chanté aussi.
- Quittez les machines
Dehors prolétaires
- MARCHEZ ET MARCHEZ
FORMEZ-VOUS POUR LA LUTTE
DRAPEAU DEPLOYE ET LES ARMES CHARGEES
AU PAS CADENCE
POUR L'ASSAUT, AVANCEZ IL FAUT GAGNER LE MONDE
PROLETAIRES
DEBOUT !
- Ton père, c'était les grues,
mais toi tu veux me faire monter sur la plateforme.
- On peut voir ça comme ça.
- Comment on fait ? Elle est où, ta plateforme ?
- On va pas faire ça maintenant. - Pourquoi ?
On est tous là, profitons-en.
Tu me répètes pouvoir concilier tout le monde en 10 minutes.
Allons-y.
- LA COLERE DES MASSES
À LONDRES, À PARIS
BUDAPEST ET BERLIN
PRENEZ LE POUVOIR BATAILLONS, OUVRIERS
PRENEZ VOTRE REVANCHE
BATAILLONS OUVRIERS
LES MEILLEURS DES NOTRES
SONT MORTS DANS LA LUTTE FRAPPES
ASSOMMES, ENCHAINES
DANS LES BAGNES
NOUS NE CRAIGNONS PAS LES TORTURES ET LA MORT
EN AVANT, PROLETAIRES SOYONS PRETS, SOYONS FORTS
EN AVANT PROLETAIRES
SOYONS PRETS, SOYONS FORTS
- Bravo.
- C'est bien.
Oui !
- Tu vois à côté de quoi on passe ? Pourquoi tu m'as largué ?
- Moi, je t'ai largué ? - Comme une vieille merde.
Depuis, je ne suis que l'ombre de moi-même.
Je suis à la dérive. - Dérive pas trop quand même.
- Oh, pardon.
- Il m'a pris au mot, ce vicelard.
- Il est sur la photo, ça vaut bien une réunion.
- Il attendra lundi.
- Et s'il dit demain que t'as pas voulu négocier ?
- Je vais pas faire une réunion le jour de notre mariage.
- Notre vrai mariage était ce matin dans la chambre.
- C'est pas si mal.
Sauf le titre qui sent la naphtaline.
Pourquoi pas "Pour une fédération populaire" ?
- Très bien. Ça vous va ?
- Y a plus le mot
"écologie”, qui est le ciment de l'union.
- Y a même pas le mot "gauche”.
- Ça fait longtemps que c'est plus un identifiant
pour le peuple. - À dire que c'est pareil
que la droite… - "Social" ?
"Pour une fédération populaire, sociale et écologiste".
- Ecologiste et sociale.
- OK.
Reste le gros point noir: l'Europe.
Je vais prendre un café.
- C'est quoi, le problème ?
Sortir des traités, pas de l'Europe. - L'Europe, c'est les traités.
- Daniel,
on fait que sortir des dépenses écologiques
du calcul du déficit. - Je pense qu'il faut
abolir le cadre austéritaire, mais comme Philippe
a repris 70% de mon programme,
gardons le bras de fer à l'écologie. - C'est toi qui bloques.
- Non, c'est le réel.
- C'est le tic-tac climatique.
Absolument. On a besoin de l'Europe. Faut surtout pas en sortir.
- Personne veut sortir.
Admettons qu'on pousse à 5% le déficit. Que se passe-t-il ?
- Les autres pays nous imitent.
- La grande nation française qui éclaire les peuples européens.
- En moins pompeux, on nous rattrape et on renégociera les traités.
Pas d'Europe sans la France.
- Dans la vraie vie, on aura une amende pour déficit excessif.
- On la paye pas. - Ben oui, pourquoi se faire chier ?
On respecte plus rien. Votre histoire est une aventure
incontrôlée vers la sortie de l'Europe. Ce sera sans moi.
- L'amende est de combien ?
- Entre 0,2 et 0,5 du PIB, entre 5 et 10 milliards.
- On s'étripe pour 10 milliards d'amende ? Faut la payer.
On désobéit sur les 3% uniquement sur l'écologie.
En payant, on reste dans le cadre.
On sort de la logique des traités, pas des traités.
Michel ?
- Beau doigt d'honneur fait à Bruxelles.
On réinterprète les sanctions comme un droit à désobéir. Bravo.
Si le PS n'était pas mort, tu aurais été un excellent premier secrétaire.
- Champagne ! - Ouais…
- Je me marie quand même.
- Bah oui, on est là pour ça. - Alors, au mariage !
- Il va m'en mettre une, j'esquive, je lui mets un coup au flanc,
le mec tombe. 2 mètres ! J'ai encore la trace.
- C'est pas ce que m'a dit papa.
- Une bouteille, s'il vous plaît. Et une caisse pour l'intérieur.
- Bien sûr. - Merci bien.
Ah !
Vous êtes très belles. - Merci.
- T'étais où ?
- Dans un mariage, y a plein de choses à régler.
- Quoi ?
- Ah, tu trouves ? - Oui, il est venu me voir
et m'a dit:
"Si j'avais 20 ans de moins, je vous casserai la gueule."
- Vous avez vu la vidéo de Mercier ?
- Où il traite les élus de tumeurs
ou bien où il filme le maire à son insu ?
- Quand il dénonce le caractère antidémocratique
du système des 500 signatures.
Vous vous souvenez de mon score à la présidentielle ?
- T'en parles devant chaque micro. 14,8.
- Ce que vous avez peut-être oublié,
c'est le nombre de parrainage. 507. J'ai failli ne pas me présenter.
6 millions de citoyens
n'auraient pas été représentés. - D'accord, et alors ?
- La candidature de Mercier
est légitime, il faut le dire.
Protestations
- Champagne !
- Il a rechuté.
On devrait
soutenir Mercier. Fini les blagues. - Qu'y a-t-il ?
- Notre tâche est de fédérer
le peuple
en répondant à la cette seule question:
est-on du côté du peuple ou du côté
de l'oligarchie ?
- Et c'est notre attitude
qui en serait le révélateur ?
- T'es un grand malade.
- Daniel, on s'écoute.
Y a la constituante et la reconnaissance du vote blanc.
- Si 1000 clampins lisent la plateforme, ce serait bien.
Il faut un acte fort, un appel
à tous nos élus
pour que Mercier ait 500 signatures car il est légitime.
- Je rame peut-être dans les sondages,
mais personne du parti de Blum
ne parrainera ce nazi !
- J'aimerais penser comme toi, ça me ferait des vacances.
- C'est facile, je peux t'apprendre.
C'est un nazi et toi, un con de collabo !
- T'as dit quoi ?
*-Collabo ! Une merde de la rue Lauriston.
*-Calmez-vous ! *-Arrêtez !
- Ça va pas, non ? - 40 ans
au service des gens pour se faire traiter de nazi
par un bourgeois du 7e, j'ai passé l'âge.
- Dis-lui que Daniel va s'excuser.
- Plutôt crever. - Tu veux être responsable
de la désunion ?
- Ton mariage blanc pour nous niquer à la primaire est déjà limite,
alors Mercier, jamais !
- Mercier a cocufié Vidal, faut l'aider
à sauver la face.
- Et que ce nazi soit candidat ?
- On dira à nos élus que l'appel était pour sécuriser Vidal.
Tu me vois filer une signature à Mercier ?
Quand Aurore le ramène, tu t'excuses.
Tu devrais aussi t'excuser auprès de moi.
C'est tout sauf un mariage blanc.
- Michel. Michel !
Il veut s'excuser.
- Il ferait le tour de la Concorde tout nu que ça ne changerait rien.
Leur union de la gauche n'a aucune chance à la présidentielle.
- Pourquoi ? - Car la révolution a commencé.
Aurore, comment Lénine définit une situation révolutionnaire ?
- Quand en haut on peut plus et en bas on veut plus.
- En haut, on ne peut plus après 30 ans de néolibéralisme.
Le lien social est disloqué,
la présidente ne peut plus se représenter.
En bas, on ne veut plus.
Les gens détestent les politiques, haïssent les médias,
suspectent la police, la justice
et ce qui tient la société va lâcher:
le consentement à l'autorité.
- Mais un incident fortuit déclenche l'avalanche menant à la révolution.
- Il a déjà eu lieu. - Comment ça ?
- Le surgissement de Mercier. Des milliers
de gens qui avaient décroché de toute implication civique
ont été voté en criant: "Dégagez, on s'en occupe."
Ça ne va pas s'arrêter. - Si c'est ça, la révolution.
- C'est là où Robespierre nous est utile.
Une révolution comprend 2 phases:
destruction et reconstruction.
Mercier est la 1re et je serai la seconde.
- Tu veux t'allier à Mercier ? - Moi ? Pas du tout.
- Tu nous as demandé de l'aide pour ses signatures.
- Pour montrer que je suis hors du système.
Que feront les mercieristes ? Ils voteront pour celui
qui a rompu les palabres avec la vieille Gauche
en dénonçant la diabolisation de Mercier: moi.
- Et s'il a ses 500 signatures ?
- Impossible. Le système qu'il dénonce existe. Léandra
lui rapportera 150 signatures. Il en manque 350.
Je vois le chemin qui mène à la prise du pouvoir.
Le plus dur sera l'après.
Je ne suis pas inquiet, mais je dois rester concentré.
- Et même si Philippe maintient la primaire, il sera coincé.
Quand t'auras siphonné Mercier, le vote utile sera pour toi,
tu siphonneras l'ancienne Gauche, ils feront à peine 5%.
- Aurore, la révolution a commencé.
C'est le seul moment où les révolutionnaires ont un rôle.
- Michel, attends !
- Philippe !
Ton père les a croisés y a 5 minutes sur le parking.
- Michel ! - Salut, Philippe.
Beau mariage.
- Quand t'as le poids
d'un pays sur les épaules, tu dors en 30 secondes
et maintenant que tu vas en être libérée, tu fermes pas l'oeil.
Attends.
Problème, solution.
- Je suis présidente. - Je sais.
Tu dois dormir pour la France.
T'inquiète, elle est très légère.
Production d'un ancien camarade de Normal Sup.
Organique, sans OGM.
Un vrai vin bio. Tu tires 2 lattes,
tu dors. - T'as amené ça ici ?
- Eh ouais.
D'ailleurs, le service de sécurité, assez léger.
Y a pas d'âge
pour commencer. Moi, j'avais 25 ans.
Je devais rendre un article. J'arrivais à rien,
j'étais angoissé.
J'ai erré dans les rues de Paris, j'ai atterri dans un rade,
j'ai sympathisé avec le barman.
Il m'a fait fumer mon 1er joint. Ça m'a retiré
toutes mes angoisses. Puis j'ai écrit toute la nuit.
La qualité de l'article était assez relative.
À éviter avant un meeting.
Mais ça rend service.
- Ça, ça rend service. *-Calmez-vous !
*-Une merde de la rue Lauriton !
*---
- Vous me connaissez, je suis une progressiste.
Je ne place rien au-dessus de l'impératif de justice.
Or le chômage, même s'il a baissé, reste trop important.
C'est injuste. Le pouvoir d'achat, même s'il commence à remonter,
est trop faible pour bien des Français
qui pourtant travaillent dur. C'est injuste.
L'éducation, qui devrait être le 1er levier
d'émancipation, reproduit trop les inégalités de naissance.
C'est injuste.
Chers compatriotes, c'est pour corriger
ces inégalités, ces déchirures dans le pacte républicain
que j'ai décidé d'être candidate au renouvellement de mon mandat.
Vous avez déjà entendu cette profession de foi,
la redistribution, c'est maintenant,
mais trop souvent cette promesse se fracassait
sur le mur du manque de marge de manoeuvre financière.
2 mandats pour 2 phases d'action.
D'abord, assainir
pour ensuite redistribuer dans la justice.
Reste à relever le défi majeur de notre époque: l'écologie.
La sauvegarde de la biodiversité, et au fond, de l'humanité.
Hugo avait eu ce beau mot:
"Quand la France rencontre une idée,"
"ensemble, elles font le tour du monde."
J'en fais mon projet.
Si vous me faites à nouveau confiance,
la France s'affranchira de la règle des 3%
en ce qui concerne les investissements écologiques.
Je voudrais vous dire un dernier mot
au sujet de notre bien le plus cher: la démocratie.
*Certains la croient factice et parlent de dictature
*en évoquant notre République.
Que le débat ait lieu. Menons-le en toute transparence.
Aux yeux de tous dans le cadre du processus électoral.
Je m'adresse solennellement à tous les élus de la nation
afin qu'ils fassent en sorte de permettre la candidature
de M. Christophe Mercier,
pour ne pas le nommer. Car non,
en France, il n'y a pas de débat interdit.
Il n'y a pas de système visant
*à étouffer le débat d'idées.
Ily a des visions du monde qui s'expriment
et sont tranchées par le peuple.
- Combiner continuité et disruption, chapeau,
mais le coup de bluff
sur Mercier, c'est formidable. - Y a aucun bluff.
Je veux qu'il ait ses parrainages, occupez-vous-en.
Il va agir comme un double siphon des extrêmes.
Il concurrencera Chalon et Vidal.
IIs apprendront qu'il y a toujours plus anti-système que soi.
- C'est le retour du casse-noix.
Je suis entre Vidal et Amélie.
Ils vont me broyer et se partager les miettes.
- On doit juste installer une autre lecture de la situation.
T'es le point d'équilibre de la Gauche.
- Tu sais, c'est pas le rêve de ma vie.
Je suis d'abord un militant.
J'ai mené le combat de l'union, je l'ai perdu.
Faut accepter, mais y a une chose que je m'interdis:
ajouter de la division à la division.
J'ai toujours prôné l'union.
Ma cohérence, mon identité passent avant mon ego.
Un jour, ça paiera.
- Le prophète maudit de l'union. - Y a pire destin.
- Ça me rappelle quelqu'un: Trotski.
Lui aussi faisait passer sa cohérence avant tout.
Il s'est fait piquer le pouvoir et a fini
avec un piolet dans le crâne.
On parle de 6 ans de traversée du désert.
Le long terme, ça n'existe plus.
Si t'y vas pas maintenant, on va t'enterrer.
Tu seras juste un has been.
Sous-titrage: HIVENTY
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