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Original subtitles

Acclamations et cornes de brume

---

- La salle était bourrée à craquer,

on a refusé du monde. C'est un signe, ça !

- Un signe que le oui peut remonter ?

- Le oui peut même encore gagner le référendum.

- Le oui stagne à 40% depuis deux semaines.

- Les gens ont un droit, élire leur président.

Et on leur demande si on peut leur retirer ce droit.

Forcément, le premier réflexe, c'est niet !

Donc au début,

y a eu une dynamique du non, normal. Mais là, c'est fini.

- 60% pour le non et la dynamique serait finie ?

- C'est quoi, une dynamique ? Un ensemble de forces

orientées vers le développement. Une expansion.

Si vous connaissez pas la définition des mots,

on s'en sortira pas, les loulous. Prenez un dico !

Rires C'est vous,

les journalistes, pas moi.

Au fond, le oui n'a qu'un seul problème: Dorendeu.

C'est elle qui nous plombe. Dès qu'elle ouvre la bouche,

on perd trois points. C'est pas pour rien

que j'ai ajouté "de gauche" après le oui.

Mais comme de l'autre côté, on a Michel qui déconne à bloc,

Vidal et Dorendeu, c'est Satanas et Diabolo.

Ouh, Satanas, Satanas !

Eh, sur Vidal, on est off. - C'est quoi, le plan

pour rattraper le retard ?

- La clef, c'est les indécis, 42%.

Les Français s'intéresseront

au référendum qu'à la fin, comme pour les films.

- Les films ? - Avant, pour voir un film,

on se renseignait, on savait ce qu'on allait voir,

maintenant, avec la VOD,

les gens choisissent chez eux au dernier moment.

Ils ignorent ce qu'ils mettent.

Pour la politique, c'est pareil:

les électeurs se décident à la dernière minute.

Préparez-vous à un autre film !

Musique énigmatique

---

Bips successifs du téléphone

---

*Tonalité d'appel

*-Ouais, Philippe.

Hier, des militants à nous ont retrouvé des tracts entiers

foutus à la poubelle. C'est du sabotage !

Les socialistes jouent pas le jeu.

Avant, c'était de la résistance passive.

- L'essentiel, c'est les meetings communs.

*-Tous les ténors se défilent. - Et Kahl, il dit quoi ?

- Kalhenberg est comme tout le monde, il sait lire les sondages.

(-Qui c'est ?) *-Tous les jours,

il trouve une nouvelle excuse… (-Dupraz.)

-...et il se met aux abris.

*-Je vais lui parler. - Et Véro ?

*-Quoi, Véro ? - Si elle rallie le oui,

politiquement, c'est un coup de boost

*et financièrement, je t'avoue que je cracherais pas

sur les moyens de la région. - Véro, c'est compliqué.

*-À un moment, ça va être compliqué pour tous.

- On refait le point demain, Aurore, tu veux bien ?

Elle va me claquer entre les doigts.

- Dupraz a toujours été une enfant gâtée.

- Ce que j'ai reconstruit, je vais le perdre.

La force bat toujours la force. Là, c'est une spirale.

On sait où ça commence, on sait pas où ça finit.

Je me relèverai pas d'une branlée historique.

Si on finit à 32 ou 30, t'imagines ?

Mais dis pas non, Naïma, c'est possible.

- Je dis pas non. Ecoute, il reste trois semaines.

Dans ton état, faut pas penser à l'avenir.

Faut juste faire du damage control.

C'est de la médecine de guerre, juste de la survie basique.

- T'as une idée ? - Amélie.

- Mais non ! Toute ma stratégie

est de différencier mon oui du sien, ou je suis identifié à elle.

- Et ça marche ?

Alors tu l'appelles, tu vas la voir

et tu fais ce que tu sais faire: baron noir.

Tu dois l'aider à réussir sa fin de campagne

ou tu tombes avec elle.

---

---

- Bonjour, M. Rickwaert. - Bonjour.

---

Merci.

---

- Allons marcher, tu veux bien ?

Depuis le début de la campagne,

je t'ai proposé d'unir nos forces.

Non seulement tu as refusé toute coordination

et tout meeting commun, mais en plus tu me tapes dessus

avec toute la violence dont t'es capable.

Deux mois plus tard, on voit le résultat.

Le oui est loin derrière et sa chute n'est

peut-être pas finie. Il faut faire front ensemble.

- Disons qu'on flippe, ça pue la défaite

et personne veut du camp des perdants.

- Dis encore que le oui gagnera et on s'inquiétera de ton état.

- Le oui gagnera, ma stratégie est bonne,

mais ça se fait pas à moitié.

- C'est-à-dire ?

- Tu dégages.

Plus un mot, plus une image de toi jusqu'au vote.

Ben oui, tu pollues la campagne, Amélie.

La question posée, c'est accessoire.

C'est ton référendum, on vote pour ou contre toi.

Tu peux trouver ça injuste, mais c'est mécanique.

Quand on te voit, le non monte. Tais-toi et ça ira.

- Tu crois que je vais arrêter ? - Pas tout de suite.

On a besoin d'une toute dernière déclaration.

Quel que soit le résultat, tu te retireras pas,

comme ça personne ira voter non

en espérant te faire démissionner.

Après, rideau. - Quel aveu de faiblesse ce serait.

- Paraître faible à un instant T n'a aucune importance

si c'est pour finir en position de force.

- Donc je me retire de la campagne, c'est toi qui de facto

reprends le camp du oui, ce faisant évidemment

tu te recrées un espace politique pour la suite.

- C'est sûr que toute chose a un prix.

- Comment as-tu pu penser que je pourrais accepter ?

- C'est pas comme si t'avais le choix.

- J'ai le sentiment que nous arrivons à la fin

de cet entretien très constructif.

- Je regrette pas de t'avoir poussée à aller à la présidentielle.

Y avait urgence, on a gagné du temps.

Mais t'es devenue présidente trop vite

et trop jeune, surtout sans avoir eu

le temps de finir ta formation.

- Tes explications, profondes

et circonstanciées sur le sens de la vie,

m'avaient douloureusement manqué, Philippe.

- T'es comme tous les autres avant toi:

isolée, enfermée, déconnectée, et surtout tellement détestée !

Tu te rends même pas compte du niveau de haine contre toi.

Ça revient partout où je vais.

T'es haïe, une haine totale,

radicale, viscérale.

Qui ose te dire ça au palais ?

Lambray ? Duverne ?

Borde ? Jamais ils oseraient. Et de toute façon,

eux aussi vivent dans une bulle: la tienne.

- Je ne te raccompagne pas, tu connais le chemin.

---

On toque à la porte. - Ouais ?

- Salut, Michel. - Salut, Michel.

- Vous avez vu les horoscopes ? Le oui passe

sous la barre des 40. 39% dans le Rolling IFOP

d'aujourd'hui, grande leçon ! Dorendeu et Rickwaert

ont fait une grave erreur, celle de penser qu'il suffit

de proposer une idée juste pour que le peuple y adhère.

Si c'était le cas, je serais président depuis 20 ans !

Qu'est-ce qui se passe ? On vous donne

10 ans de plus que moi !

- Duvivier, à l'Huma, m'a dit

ce que Rickwaert a dit en off.

- Autre leçon: le off n'existe pas. Jamais.

- Rickwaert t'a mis dans le même sac

que Dorendeu en vous comparant… - À Satanas et Diabolo.

- Ha ha, excellent ! Et je suis qui, Satanas ou Diabolo ?

Oui, évidemment, pour vous, c'est de l'archéologie.

Un dessin animé. Satanas et son chien Diabolo

sont des méchants, très méchants, qui échouent perpétuellement

à coincer un gentil pigeon, très malin,

malgré l'invention de stratagèmes

de plus en plus loufoques. J'adorais ça.

- Pour Rickwaert, c'est une insulte. Tu peux pas aller

à la présidentielle avec ce traître. Il faut l'exclure.

- Lui et tous les oui-ouistes: Dupraz, Zineb, Sika, Ostovany.

- Autre leçon: tuer un mort est inutile.

Pire: ça risque de le ressusciter

en le victimisant.

Nous allons faire le contraire.

Le non va remporter une victoire

écrasante. Le peuple aura donc

tranché la controverse en ma faveur.

Nous voici donc prêts à faire ce que je préfère:

construire un nouveau personnage.

Le Michel Vidal

qui va gagner la présidentielle

aura accompli une mue inimaginable.

Les traîtres l'auront sali, insulté…

Et pourtant, il les épargne.

Le contraire du tyran qu'ils avaient décrit.

Je deviens le sage qui sait pardonner

à ceux qui se sont égarés.

- Et s'ils recommencent ?

- Sur quelle ligne, l'union ?

Maintenant que ma victoire est totale,

je vais leur reprendre ce talisman.

- On va quand même pas faire

l'union de la gauche ! Elle s'est disqualifiée !

- Ouais, mais si l'union

se fait sans nous, pire, contre nous,

elle nous ferme les portes du pouvoir.

Donc si on veut éviter ça,

le meilleur moyen, c'est de la faire nous-mêmes.

J'annoncerai qu'il faut dépasser le oui et le non

et qu'il est temps de faire l'union avec les écologistes,

les humanistes et tout ce que vous voudrez,

du moment que je suis leur champion pour battre Dorendeu.

Rickwaert, on va lui sucer le sang

jusqu'à la dernière goutte.

---

- Après l'accueil par le préfet,

on rencontre les élus locaux,

dont je mentionne noms et mandats

dans votre propos introductif.

- DICTATURE DORENDISTE !

DICTATURE DORENDISTE !

DICTATURE DORENDISTE !

- Arrêtez-vous là.

- DICTATURE DORENDISTE !

DICTATURE DORENDISTE !

DICTATURE DORENDISTE !

DICTATURE DORENDISTE !

- Bonjour. - DICTATURE DORENDISTE !

Huées DICTATURE DORENDISTE !

DICTATURE DORENDISTE !

DICTATURE DORENDISTE !

DICTATURE DORENDISTE ! - J'ai bien saisi votre message,

mais on pourrait en débattre, vous ne pensez pas ?

- Dictature dorendiste !

- Dites-moi en quoi la France est une dictature.

- Vous êtes une voleuse de pouvoir. Le pouvoir est au peuple.

- Le peuple m'a élue. C'est la démocratie.

- Pas la vraie démocratie !

- Je vais vous surprendre: j'adhère en partie à ça,

mais pas dans les mêmes termes.

Le but du référendum est bien de démocratiser nos institutions.

- Mais qu'est-ce que ça va changer ?

Une assemblée de pourris au lieu d'un seul à l'Elysée ?

Vous avez volé le pouvoir, vous êtes le pantin des banques !

- Non ! Je ne peux pas vous laisser dire n'importe quoi.

- Et voilà, le mépris ! - Enfin,

je viens à vous, j'écoute vos arguments !

La foule s'agite.

- Reculez, reculez !

---

Sirène de police

---

Musique angoissante

---

- Y a des types qui disent

que c'est un indépendantiste breton.

- N'importe quoi, c'est lié au référendum.

- Alors, Yannick Kerson, sans profession,

pas de condamnation ou de lien connu avec un parti politique.

- Mon cul, ouais ! La question,

c'est à qui il est lié: Chalon ?

Vidal ? - Attends, attends, écoute la suite :

"De source proche de l'enquête, d'après les traces laissées"

"sur les réseaux sociaux, Yannick Kerson"

"serait un admirateur de Mercier."

Voilà, ça se tient. - C'est qui, ce Mercier ?

- Le prof de SVT qui fait des vidéos sur le Net,

des centaines de milliers de vues ! - Un prof de SVT ?

- Bah, Christophe Mercier !

- Mais des vidéos de quoi ? Des chatons avec des tubes à essai ?

- Mais non, des vidéos politiques !

- Un prof de SVT ! - Eh ben ouais.

- OK, j'ai compris. C'est ambiance théorie du complot.

- Pas vraiment, c'est plus un anti-système.

- Un facho, quoi. - Non, il dit qu'on est en dictature,

que les élections sont une arnaque et que la démocratie, c'est pas ça.

- Eh ben voilà, c'est un toto décomposé.

- Un toto ? - Un toto.

Un autonome. Proudhon, Bakounine…

Un anarchiste, quoi.

- Papa, tu peux pas mettre des gens dans des cases

qui datent d'il y a 150 ans. - Il est bien de gauche ou de droite.

- Son modèle, c'est Athènes, la démocratie

par tirage au sort à la place des élections.

- Par tirage au sort ? Mais qui regarde ça ?

- Des jeunes, des vieux aussi,

pas mal de gens différents, en fait.

- Mais toi, t'aimes bien ? - Moi, je trouve ça relou,

mais autour de moi, des potes de potes,

Mercier, ça marche bien.

- Non, ça va, je t'assure.

Les images sont trompeuses.

*-C'était d'une violence inouïe. - La vraie violence,

c'était pas la gifle mais son regard de fou.

- De taré, tu peux dire.

*-Y avait tellement de haine dans ses yeux !

Il voulait me faire peur.

- J'espère qu'il va prendre cher.

*-Il passe en comparution immédiate.

- Il mériterait d'être jugé dans une vraie dictature,

qu'il apprenne la différence.

- Olivier, tu me manques.

- Toi aussi, tu me manques.

- Tu rentres toujours le… *-Le 19,

*par le New York-Paris de 7h44, au départ de JFK, oui.

- Faut que je te laisse. *-Je t'embrasse.

Musique énigmatique

---

- Les éléments de langage pour le parti,

les ministres et les parlementaires.

- Non, pas de victimisation,

je ne suis ni Causette,

ni Peau d'âne. - Ce n'est pas une stratégie,

vous êtes la victime et ça pourrait être

le tournant de la campagne

référendaire. - Les condamnations sont unanimes.

Il faut accompagner ce courant de sympathie.

- Si on s'acharne sur le gifleur, on va en faire un martyr.

Lui est un ex-cadre, au chômage, désormais

allocataire du RSA à Beauvais et j'incarne l'Etat.

La fameuse dictature dorendiste.

Croyez-moi,

après une semaine de récits

"précarité et abandon de la France périphérique",

le bourreau deviendra victime

et inversement. - Christophe Mercier,

il pollue Internet contre la démocratie et les élus.

Le gifleur est un visiteur régulier

de son blog, un gros partageur.

Pas étonnant qu'il passe à l'acte.

- Surtout quand on sait que durant sa garde à vue

il a reconnu avoir rencontré Christophe Mercier.

Je viens d'avoir Beauvau. - Très bien,

c'est contre lui qu'il faut porter plainte.

Vous n'êtes plus la victime d'un quasi-déséquilibré

mais d'un dangereux courant idéologique.

- Kerson a dit que Mercier l'avait encouragé ?

- Non, il le protège. - Donc Mercier n'a rien à voir.

- On établira une complicité par instigation,

comme le lien entre la propagande de Daesh

et l'action de loups solitaires.

- Des appels à la violence chez Mercier ?

- Pas explicitement.

- Bon, ben ça tient pas. Mercier sera convoqué

comme témoin assisté et on en restera là.

- Ils se sont vus, Mercier est un donneur d'ordre.

- La présidente n'est pas victime. On ne fera pas voter pour le oui

en me faisant passer pour ce que je ne suis pas.

---

Je suis haïe, c'est le seul constat.

Et je regrette que personne ici

n'ait su ou voulu le diagnostiquer.

Il n'y a qu'une façon d'essayer de rattraper notre retard:

admettre la réalité de la détestation

et en tirer les conséquences.

---

Musique intense

*-...de réagir immédiatement par une allocution solennelle.

*Amélie Dorendeu souhaite marquer le coup après l'agression.

*Il est 20h, écoutons la présidente.

*-Mes chers compatriotes, comme vous le savez, ce matin…

Le téléphone s'éteint.

- Merde !

---

(Putain…)

Bonjour. Mettez France Info, s'il vous plaît.

- Bien sûr.

On va où, monsieur ?

- Chut, mettez plus fort.

Plus fort.

*-Ni les semeurs de haine

Plus fort *derrière leurs écrans

*ni les violents… Klaxons

- Je peux pas rester !

- Allez où vous voulez mais taisez-vous.

*-Je mènerai ce débat jusqu'à terme.

*Personne ne m'empêchera de continuer à aller

au contact des Français. - Qu'est-ce qu'elle est conne,

putain ! *-Je ne laisserai personne

*instrumentaliser ce vote. Pour que les choses soient claires:

*quelle que soit l'issue du scrutin,

j'iai au bout du mandat que les Français m'ont confié.

- Voilà, Amélie ! Tu vois, quand tu veux.

*-Ce référendum n'est pas…

- C'est bon, on peut couper.

---

Vous m'emmenez où, là ?

---

- Ah ! Le non est en force à l'antenne,

aujourd'hui.

"Je veux dire ma totale indignation et condamner"

"le plus fermement possible l'ignoble agression"

"dont a été victime la présidente."

On croirait qu'elle vient d'échapper à un attentat à la machette.

- J'ai condamné sept fois depuis hier et je recommence.

- Et on ne parle pas du fond de la déclaration de Dorendeu.

- En référendum, le président engage

sa responsabilité et démissionne

en cas d'échec. - Comme de Gaulle.

Au fond, il y a une logique profonde

dans la politique de Dorendeu:

liquider l'héritage du Général.

- Très bonne formule.

Je regrette de ne pas l'avoir eue.

- Prenez-la, je vous l'offre ! Je l'ai pas encore dite

et puis elle vous ira mieux qu'à moi.

Allez, vous allez vous mettre en retard.

Brouhaha - S'il vous plaît !

Une seule déclaration. Mon client,

M. Mercier, a répondu à toutes les questions.

Il ressort libre, puisque le dossier est vide,

comme nous l'avons amplement démontré aux enquêteurs.

Merci, nous n'aurons pas d'autre déclaration.

---

- Vous avez rencontré M. Kerson, l'agresseur ?

- Il y a 15 jours, à sa demande.

- Et a-t-il…

---

- Calmez-vous ! - Laissez-le parler.

- M. Mercier ! - Ce que je peux vous dire,

c'est que Yannick Kerson est quelqu'un qui souffre.

Il a demandé de l'aide, mais c'est resté sans réponse.

Il a été… abandonné.

Aucun élu, aucun responsable politique,

enfin je les appelle les irresponsables politiques,

aucun ne l'a reçu, aucun ne l'a écouté,

aucun n'a répondu à ses courriers.

Alors oui, il s'est tourné vers moi.

J'aurais dû le laisser à la porte ? Yannick Kerson souffre.

- Qu'a-t-il dit ?

- Sa honte d'être pauvre. Et pour avoir écouté sa souffrance,

j'ai eu droit à six heures d'interrogatoire

alors que les élus, dont c'est le devoir,

s'empressent de condamner cet homme dont ils ne savent rien.

- Vous ne condamnez pas l'agression ? - Je la comprends.

- Mais tout le monde la condamne !

- Non, mais qui, tout le monde ? - Tous les politiques.

- Les irresponsables politiques, bien sûr.

Ils font semblant d'avoir des désaccords

mais le bloc politique a ses intérêts.

IIs se défendent, ils se protègent, ils se couvrent entre eux.

Mais le peuple lui, des gifles, il s'en prend

depuis des années sans que ce soit jamais condamné.

- Vous n'encouragez pas la violence ?

- J'ai une déformation professionnelle,

je vois les choses avec un oeil scientifique.

La société est un organisme vivant.

Dans ce corps social, on fabrique des élus,

un peu comme une tumeur qui empêche l'organisme

de fonctionner correctement. Alors le corps se défend

et déclenche une réponse immunitaire,

qui peut être violente, c'est vrai.

Le corps social réagit enfin pour neutraliser la tumeur,

stopper sa propagation, bref, éradiquer le mal

et revenir en démocratie.

---

- La présidente soumet un référendum

afin de démocratiser les institutions.

- Vous tenteriez de vaincre un cancer

avec de l'homéopathie ? Merci.

---

Musique énigmatique

---

*-Le sondage du jour devrait mettre

*du baume au coeur des partisans du oui qui progressent

*de 30 points, même si l'écart reste important.

*-Pour la première fois, on constate

un renversement de tendance. L'enquête

a été réalisée il y a deux jours, donc après l'agression

de la présidente, et confirme l'impact de l'événement

sur la campagne.

- Amélie, c'est une tête de lard,

mais elle est pas débile. Depuis qu'elle a dit

qu'elle démissionnerait pas, hop, ça remonte.

- Le sondeur se plante, et toi aussi.

- Quoi ? - Si on compare au sondage précédent,

le nombre de gens ayant l'intention de voter oui ne bouge pas.

C'est le non qui baisse et fait monter le oui

en proportion. C'est pas ta stratégie qui marche.

C'est ça. - Le télé-évangéliste,

- C'est lui, l'impact.

Le prophète du tirage au sort.

Regarde cette vidéo, elle est à 900000 vues.

- Pourquoi il dit rien ?

- Il lit des questions qui arrivent en direct.

*-C'est une question intéressante.

*Pourquoi Mme Dorendeu a été élue ?

- Je sais, moi: parce que j'étais derrière elle.

*-Pour ses idées ? Pas très crédible.

*Pour moi, elle est à l'Elysée parce qu'elle est une femme.

Philippe souffle. *On va me traiter de sexiste,

*mais plaçons-nous du côté du système.

*A bout de souffle, il trouve une astuce:

*pour que rien de change,

*ça doit changer. Les hommes ont

*le pouvoir ? Mettons une femme.

- C'est de la graine de nazi, ça, ça se voit direct.

*-Un peu comme aux Etats-Unis avec Obama:

*un métis fait belle impression,

*on dit la démocratie américaine formidable,

*mais regardons le niveau de violence

*contre les Noirs: rien n'a changé.

*Un Noir, une femme, un Arabe, un Juif:

*autant de diversions pour continuer à nous enfumer.

*C'est tout le système qu'il faut renverser.

- Ce dingue-là peut nous sauver de la catastrophe.

Faut le pousser à fond. - Pardon ?

- Je fais que tirer les conclusions de ton analyse:

l'abstention fait monter le oui parce qu'elle prend sur le non.

La clef, c'est Amélie. On a besoin d'elle.

- Vu comment ça s'est passé entre vous la dernière fois…

Musique énigmatique

---

---

Le taux d'abstention

est très important chez les partisans du non,

à l'inverse du oui. - Les vases communicants

ne sont pas entre le oui et le non

mais le non et l'abstention. - Mercier et le non

ont un espace commun: les anti-système.

- Donc pousser Mercier ferait baisser le non

en faveur de l'abstention et donc monter le oui.

Intéressant. Mais concrètement, comment faire ?

- Mettre en valeur Mercier en organisant un débat contre lui.

- Quel partisan du non

pourrait accepter ça ? - Le mieux

serait un débat entre Mercier et un partisan du oui.

L'objectif est de remplacer l'opposition entre le oui et le non

par un nouveau clivage: le oui contre l'abstention,

d'où l'idée d'un débat Mercier contre le oui

avec un Mercier victorieux. Il devient le nouveau

champion des anti-système, le meilleur ennemi du oui.

Conséquence électorale: l'abstention

grignote le non et le vrai gagnant…

- Est le oui. Il faut perdre

contre Mercier pour gagner.

- Une sorte de match truqué.

- Et pour faire exprès de perdre, qui de mieux

que celle qui incarne le mieux le système ?

Vous vous foutez

de moi ? - Sinon qui ?

Borde ? Il est seulement méprisé,

pas haï. L'impact sera trop faible.

Alors que vous… - Je comprends mieux

pourquoi Philippe vous a envoyée.

Cet entretien est terminé.

- Mme la présidente, c'est mon idée, pas celle de Philippe.

Il était sûr de votre refus, mais comme je pense

vraiment que c'est le seul moyen de faire gagner le oui,

j'ai voulu vous persuader moi-même.

- Non, vous êtes ici parce qu'il ne voulait pas

se faire ridiculiser par un Youtubeur

à mi-chemin entre Goebbels et Bozo le clown.

Rickwaert pense toujours au coup d'après.

La seule chose qu'il veut, c'est me voir finir en lambeaux.

Je comprends que son énergie vous fascine.

Laugier, Vidal et moi sommes tous tombés dans le panneau.

Mais tôt ou tard, il vous apparaîtra sous son vrai jour:

un homme qui ne peut s'empêcher de détruire

méthodiquement tout ce qu'il a construit.

Ce jour-là, revenez me voir.

Votre talent ne mérite pas d'être gaspillé.

---

*-Alors ?

- Je te rejoins demain à Dunkerque.

- Mais pour le débat ?

- Un non sans appel.

(-Merde !)

- Elle te hait. *-Tu as dit que c'était ton idée ?

- Elle te connaît tellement, Philippe.

---

*-Sonia79 propose un bulletin avec un doigt d'honneur

*et la mention "pour leur foutre au cul".

*Belle référence à Coluche, mais bon.

Une urne avec "piège à cons", oui, classique.

*Sonnerie d'appel Internet

Ah, les amis, nous avons de la visite.

Alors, attendez…

Juste quelques manipulations techniques.

En exclusivité, le baron noir !

*-C'est bon, je le vois !

Philippe se racle la gorge. *Bonjour !

*-Bienvenue, M. Rickwaert,

*chez les infréquentables. - Pas pour moi.

On doit toujours pouvoir discuter.

Je vous ai écouté, et j'ai une idée

pour votre concours. Votre bulletin existe déjà,

c'est le oui. *-Votre proposition

*n'a pas l'air d'emballer. - Si j'ai bien compris

votre idée, l'élection n'est pas démocratique.

- Ce n'est pas ce que je pense.

*Les élections sont la confiscation du pouvoir par une caste.

C'est le contraire de la démocratie. Elire, c'est abdiquer.

- D'accord, mais dans un référendum,

on n'élit des personnes, on vote oui ou on vote non.

*-Qui choisit la question ?

*Pas le peuple. - C'est vrai.

C'est l'Elysée qui décide de tout, tout seul,

tout le temps. Donc le non est pire que le oui.

C'est quand même plus démocratique

d'être représenté par 577 élus que par un seul.

C'est l'enjeu du référendum:

régime présidentiel ou parlementaire.

*-La peste ou le choléra. - Non, le régime parlementaire

est plus représentatif. *-Représentatif

*des pires d'entre nous, des menteurs du…

- Doucement, moi aussi, je peux vous insulter.

- M. Rickwaert, nous ne sommes pas

à l'Assemblée, ici, on s'écoute.

*On se respecte. Ce ne sont pas

*des insultes mais de tristes évidences.

Les élus sont ceux qui veulent le pouvoir

mais on sait depuis Platon que c'est la pire configuration.

Les élus sont aussi des menteurs

car il faut mentir pour être élu et le rester.

*Les élections, ce n'est pas

*la démocratie.

- J'ai été élu pendant 20 ans, je sais ce qu'est la démocratie.

*-Ah, 20 ans !

*Nous y voilà.

*-Quoi, nous y voilà où ?

*-Vous seriez expert en démocratie ?

*Un élu n'est pas au-dessus, il ne sait pas

*mieux que les autres. Seul le tirage

au sort ne donne pas le pouvoir à ceux

qui le veulent et cela rend le mensonge inutile.

- Vous jouez la République au dé ? *-Vous êtes de gauche.

- Fier de l'être, oui.

*-Alors comment vous acceptez que,

*depuis 1789, le pouvoir aille

*toujours du côté des plus riches ?

*Les pouvoirs économique et politique

*sont toujours dans les mêmes mains,

*parce que ce sont les riches

*qui écrivent leur Constitution sur mesure

*pour conserver le pouvoir, c'est un fait.

*Durant 200 ans, via le tirage au sort

*à Athènes, les pauvres ont gouverné.

*Les tirés au sort ont plus de chances

d'être désignés parmi les 99% que parmi les 1%.

*M. Rickwaert,

*soyez cohérent avec vous-même.

- Bon, on va pas se convaincre aujourd'hui.

*-Non, mais je ne désespère pas d'y parvenir.

*En tout cas, merci de votre visite, M. Rickwaert.

- C'était parfait. - Putain de sa mère,

connard ! "Ah non, M. Rickwaert",

"Pas du tout, M. Rickwaert !"

Mais ferme ta gueule, pauvre merde !

Bouffon ! Toquard !

Guignol !

- Tu t'en relèveras. Perdre un référendum

à 40-60, ça, personne peut s'en remettre.

- Abruti, va.

- C'est un homme sympathique. C'est pas les hommes

qui sont en cause, c'est le système.

Ah ! Alors pourquoi on ne boycotte pas le référendum.

Je résume pour ceux qui viennent d'arriver

sur le live. On est tous d'accord:

que ce soit le oui ou le non qui passe,

le bloc politicien gardera le pouvoir.

L'abstention, ça ne leur pose aucun problème,

aux irresponsables politiques ! Au contraire.

Ils diront que les gens s'en fichent

et que donc on continue de décider à leur place.

D'où l'idée d'un bulletin pour faire passer notre message:

la seule démocratie, c'est le tirage au sort.

C'est le but de ce concours en ligne:

trouver le bulletin qui marquerait le plus les esprits.

Musique de suspense

- Gabrielle Delabre.

- A voté.

- Madame Merlaine Sylvie,

Yvonne, Madeleine. - A voté.

---

- Des mecs qui se pointent et qui gueulent

parce qu'ils ont été rayés des listes

alors qu'ils sont pas venus voter depuis 1000 ans,

y en a toujours. Combien, 14 à 11h ?

Putain, pour un référendum, ça fait beaucoup.

Le bureau 14, je m'en fous, je l'ai déjà.

Je veux le bureau 8. Donne-moi le 8.

Le 11, c'est normal, c'est un bureau de droite.

Le 4, ça me fait douter. Ce qu'il me faut, c'est le 8.

Ouais… - Surprise !

- Coucou, papa ! - Je te rappelle.

Qu'est-ce que tu fais là ? Les sondages sont pas bons ?

- Il est même pas midi, tout va bien !

Je me suis dit que ça allait être une dure journée.

Je suis donc allée voter à l'ouverture du bureau de vote

et me voilà ! - Alors vous avez

déjà fait les présentations ?

- Mais vous vous connaissez

depuis hyper longtemps. - Ah, t'as balancé !

On a les chiffres de la participation ?

Sur le bureau 12, des mecs sont venus

alors qu'ils étaient rayés.

- Tu veux pas t'asseoir et te détendre un peu ?

Un téléphone sonne. - Ah, le bureau 8 !

Attends, attends, attends !

Doucement !

Donne-moi le nombre de votants heure par heure.

Vas-y, je t'écoute.

Ça, j'y crois pas, Aurore. Michel, quand il peut tuer, il tue.

À 47 pour le oui, on peut espérer entrevoir un bout d'avenir.

À 45, on passe chez les grands brûlés.

On peut survivre, mais bon…

Si on passe en dessous, c'est le cimetière direct.

Un autre téléphone sonne. Je te rappelle.

- Oui, je t'écoute.

Oui.

---

D'accord, je te remercie.

51 pour le non.

- Oh, putain !

---

Un téléphone sonne.

---

- Allô ?

---

- Ça s'affine un peu…

IFOP et la Sofrès convergent sur 51,5.

- Harris aussi. Personne donne le oui devant.

Ça peut que se consolider. - Et le rapport des forces à gauche ?

- C'est pas fiable en sortie d'urnes. - Combien ?

- Le oui est majo à gauche.

---

- Laissez-moi seul.

---

- Très bien, on y sera, je vous remercie.

À tout à l'heure.

Tu fais ton appel à l'union de la gauche sur TF1.

Vidal aura déjà parlé sur la 2.

- Ils ont dégagé qui du plateau

pour faire de la place ? - Personne,

j'ai dealé à 13h. Dès la mi-journée,

j'ai compris ce qui se passait.

Ton match truqué contre Mercier a très bien fonctionné.

Les abstentionnistes ont voté nul.

- Tu m'as laissé crever d'angoisse tout ce temps ?

- Et si je m'étais trompée ?

Je t'aime, moi. Je veux pas

que tu me détestes.

"Moi aussi, je t'aime."

C'est ce qu'on dit, dans ces cas-là. Si on te dit "je t'aime",

tu réponds: "Moi aussi, je t'aime." C'est une convention.

- Moi aussi, je t'aime.

- J'ai aussi prévu un médiascopie pour ton TF1.

- Un truc avec les courbes ? C'est cher, ça.

- Je le mets sur ta note que tu paieras jamais.

- Je t'aime.

Tu réponds rien. Et les conventions, alors ?

- Moi, les conventions… Je suis de gauche.

Cri

Crissement des pneus

La sirène du bateau retentit.

- Oui.

- Oui.

- Oui.

- Non.

- Non.

- Oui.

- Non.

- Nul.

Au loin - Non.

- Nul.

- Tirage au sort. - Oui, ben c'est un nul.

- Mais faut le marquer sur le PV. - Monsieur le président ?

Plus loin - Tirage au sort.

- C'est un bulletin nul.

- C'est dans la loi, enfin !

- Vous mettez "code 13": bulletin portant des signes

de reconnaissance. - Et "tirage au sort”,

faut préciser. - Je sais ce que je dis !

- Article L66 du code électoral

sur le vote nul: le bulletin annexé

doit porter mention des causes de l'annexion.

Brouhaha - S'il vous plaît,

tout le monde reste calme.

- Il faut juste marquer ces bulletins comme c'est prévu dans la loi.

- La cause de l'annexion, c'est qu'il est nul.

Bulletin non réglementaire. - Non, il faut marquer.

---

- Woh oh oh, vous pouvez pas faire ça !

---

- Beauvau recense 276 incidents en bureau de vote:

insultes, bagarres, menaces. Partout, la police

évacue dans le calme, deux urnes ont été renversées.

- Toujours la même revendication ? - Oui, la prise en compte

des bulletins de tirage au sort. Les partisans de Mercier

ont passé la consigne. - Pour détourner le référendum.

- Ce ne sont que des remontées partielles pour le moment.

- Un risque d'invalidation ? - Tant que ça n'a pas d'incidence

sur le résultat final, la jurisprudence est constante.

- Voyez ça avec le Conseil constitutionnel.

- Une déclaration officielle ? - Ah non,

si Matignon et l'Elysée s'en mêlent,

ça devient une affaire politique, ce qu'espère Mercier.

Beauvau gère avec pour consigne de protéger les urnes,

les feuilles d'émargement et éviter les blessés.

Nouveau point dans 10 minutes. - Très bien.

*-..à Limoges, Brest et Toulon mais aussi

*dans de petites communes. Ces incidents sont,

*d'après un chiffrage temporaire communiqué

*par le ministère de l'Intérieur,

*au nombre de 694.

- T'as pas inventé Mercier, d'accord ?

Ah bon ? C'est toi qui lui as soufflé

de demander… Son téléphone bipe.

- Quoi ?

- Ca chauffe aussi à Dunkerque.

Bureau 1, hôtel de ville.

Musique intense

---

- On signale donc 961 incidents,

des images violentes…

- On va passer la soirée sur ça ?

- Michel Vidal,

ces incidents méritent qu'on s'y attarde un minimum.

- Il existe 65000 bureaux de vote mais depuis 10 min

vous nous inondez avec les mêmes images anxiogènes.

*-Je fais juste mon travail de journaliste.

*-Pourquoi alors vous ne parlez pas

*de la victoire du non ? *-Une fois

n'est pas coutume: je suis d'accord.

- La ficelle est un peu grosse.

- Ce qui est gros,

c'est que vous ne condamniez pas

ces violences. - Je ne noierai pas votre défaite

sous cette histoire.

Vous savez qui a fait ça ? Pas moi.

- On le sait très bien: les partisans de Mercier.

En revanche, à gauche, le oui est vraiment

majoritaire, il porte une lourde responsabili…

- Ah, Kalhenberg ! Encore et toujours

au garde-à-vous devant le système !

- Tu retires ça, Michel.

- Tu ne me tutoies pas, d'accord ?

*-Messieurs, gardez votre calme.

*-Attendez, pour une fois

*qu'on rigole un peu !

Musique énigmatique

---

- Bonsoir, tout va bien ?

Merci à tous.

Messieurs.

En arrière-plan - Grâce à toi,

le dépouillement a pu reprendre.

---

- D'abord la gifle, maintenant ça.

C'est quoi, la suite ? Où on va, là ?

Tout ça sert Chalon, au final.

- J'aurais jamais dû laisser Mercier me défoncer.

- T'as fait ce que t'as pu, j'ai trouvé

que c'était courageux. Débattre avec un tel type,

tout est vicié direct, il dit n'importe quoi

avec un pseudo-vernis historique.

Le pire, c'est que ça prend.

Et alors Michel n'est pas du tout à la hauteur de la situation.

Il était censé faire un pas vers l'union,

au lieu de quoi c'est la politique de la terre brûlée.

Et comme le oui est majoritaire à gauche,

il est plus en position de force pour négocier.

Il invente n'importe quoi pour tout saboter.

Il la fera jamais, l'union.

T'avais raison, Philippe.

Si on veut avoir une chance d'éviter Chalon,

faut affronter Michel.

Applaudissements

---

- Merci, merci !

Vous les méritez, ces applaudissements,

vous les méritez, tous ici !

Présidents de bureau, scrutateurs,

assesseurs, citoyens, pour avoir garanti

l'intégrité du vote et protégé les personnes.

Merci.

Ce soir, vous êtes des héros.

Des héros de la démocratie !

- BRAVO !

- Partout en France, d'autres ont agi de la même façon

et grâce à vous et grâce à eux, ce soir,

c'est la démocratie qui a gagné,

et les violents ont perdu. - Bravo !

---

- Mais pour combien de temps encore ? Après ce soir,

qui peut encore dire qu'on joue à se faire peur ?

Moi, je ne joue pas, moi. J'ai peur.

Alors faut se remettre en cause,

faire notre examen de conscience, tous,

collectivement et individuellement. Et je commence.

Moi, je me sens sale. Sale d'avoir débattu

avec les violents qui polluent Internet,

qui traitent les élus d'irresponsables

et de voleurs de pouvoir, qui nous expliquent

que notre démocratie est une dictature,

que les faits sont une opinion parmi d'autres

et que la vérité est un point de vue.

On ne débat pas avec les violents, jamais, on les combat !

- BRAVO !

---

- Si nous en sommes là,

c'est d'abord la faute d'un pouvoir hautain,

*froid, aveugle aux inégalités.

*Ce pouvoir est de droite.

*Avec Dorendeu, tout recule, tout:

*services publics, égalité,

*solidarité, justice !

*Mais la gauche aussi est coupable, coupable de s'être conformée

*à la logique de la Ve République: trouver un chef,

coupable de passer son temps à se demander "qui"

alors qu'il faut dire "quoi” et "comment".

Coupable de s'être rendue inutile en restant divisée,

dispersée, fragmentée,

émiettée, disloquée,

fissurée !

Alors face au pouvoir, face à la droite,

il n'y a plus rien d'autre que la menace du pire,

la casse de la démocratie par l'extrême droite,

l'autoritarisme, la violence, comme ce soir !

---

Vous savez, finalement, la gauche ressemble un peu

aux paroles de cette chanson de Jeanne Moreau:

on s'est rencontrés, on s'est séparés,

on s'est retrouvés,

puis re-séparés. Ou quelque chose comme ça.

Moi, ça me va ! Mais seulement

si on se retrouve à la fin.

Dis-moi Michel, Michel Vidal,

je suis sûr que tu nous regardes.

*Tu crois pas qu'il faut arrêter les frais ?

*On peut construire un nouveau Front populaire,

*se donner le droit d'espérer que reviennent les jours heureux.

*Et objectivement, ça dépend d'abord de toi.

*Faut qu'on se parle, tous.

*On ira pas à la présidentielle dans cet état.

*Je te le dis au nom de tous les combats qu'on partage:

*déconne pas, Michel !

*---

Déconne pas, Michel ! - DECONNE PAS, MICHEL !

DECONNE PAS, MICHEL !

DECONNE PAS, MICHEL !

DECONNE PAS, MICHEL !

DECONNE PAS, MICHEL ! DECONNE PAS, MICHEL !

DECONNE PAS, MICHEL ! DECONNE PAS, MICHEL !

DECONNE PAS, MICHEL !

- Déconne pas, Michel !

Une fanfare joue un air mélancolique.

---

- Y a Vidal !

La fanfare joue un air festif.

- DECONNE PAS, MICHEL

DECONNE PAS, MICHEL DECONNE PAS, MICHEL

DECONNE PAS, MICHEL DECONNE PAS, MICHEL

DECONNE PAS, MICHEL DECONNE PAS, MICHEL

DECONNE PAS, MICHEL DECONNE PAS, MICHEL

DECONNE PAS, MICHEL DECONNE PAS, MICHEL

DECONNE PAS, MICHEL DECONNE PAS, MICHEL

DECONNE PAS, MICHEL DECONNE PAS, MICHEL

DECONNE PAS, MICHEL DECONNE PAS, MICHEL

DECONNE PAS, MICHEL DECONNE PAS, MICHEL

DECONNE PAS, MICHEL DECONNE PAS, MICHEL

DECONNE PAS, MICHEL DECONNE PAS, MICHEL

Musique énigmatique

---

- Tu as vu cette théorie

selon laquelle les bulletins tirage au sort arrivaient premiers ?

- Pathétique. Les merciéristes disent

que c'est pour ça qu'on a empêché le décompte.

Certains parlent même de coup d'Etat !

- Mais le nombre, Léo, le nombre !

Et la vitesse de propagation. C'est fascinant.

Quand on additionne tous les mots-clés,

"dés", "Mercier" "nous sommes majo",

c'est 25 tweets la minute, 1500 tweets par heure !

On a déjà fait ça, nous ?

Quand même !

Les croire majoritaires, faut imaginer ce que ça implique.

- Déconnexion du réel ? - Oui, mais pourquoi ?

L'humiliation est immense.

Comme elle n'arrive pas à trouver de débouché,

la seule issue, c'est de tordre le réel.

On le réinvente pour le rendre supportable.

L'humiliation est la grande force de mobilisation politique.

C'est ce qui a poussé les Français

à dégager le roi, les peuples du tiers-monde

à se révolter contre la colonisation.

Les humiliés, ce sont les nôtres.

On croit que ça finira chez Chalon, c'est une analyse superficielle.

Au fond, les gens sont avec nous, mais ils ne le savent pas encore.

Il suffit juste de bien leur expliquer.

Ca fait des années qu'on explique à tout le monde

qu'on est à l'ère du dégagisme, et quand il se présente,

il faudrait faire les fines bouches ?

Musique intense

---

J'en ai pas pour très longtemps.

---

Bonjour, M. Mercier. - Bonjour, entrez.

---

Sous-titrage : HIVENTY

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