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Musique douce
---
*-Est-ce que ça marche ? Oui.
*Chers amis, me voici place du Palais Royal,
*face au conseil d'Etat.
*là où, en ce moment, la présidente Dorendeu
*consulte un obscur comité de constitutionnalistes,
*dont la prétendue sagesse est censée éclairer ses choix.
*Or, mon ami Philippe Rickwaert
*m'a soufflé une très bonne idée. Philippe !
*-Bonjour à tous ! En démocratie,
*la seule sagesse qui vaille est celle du peuple.
*Dans tout le pays, des citoyens rédigent
*des cahiers de doléances avec leurs espoirs.
*Des propositions inventives, de bon sens.
*-Pourtant, la présidente n'a pas daigné s'y plonger.
*Alors nous sommes venus, en personne,
*lui apporter un modeste échantillon
*de cette intelligence collective
*en germination.
- J'en viens au rendu de nos travaux. Nous préconisons
de renforcer les pouvoirs du parlement,
en améliorant sa représentativité,
avec une proportionnelle.
- Pardon, mais pourquoi cette tiédeur ?
J'ai pourtant dit
avec clarté deux choses…
Cris de manifestants
---
---
- CONSTITUANTE !
- ON EST DEBOUT LE PEUPLE
LE PEUPLE EST DEBOUT ON EST DEBOUT LE PEUPLE
LE PEUPLE EST DEBOUT ON EST DEBOUT LE PEUPLE
Cris des manifestants
---
LE PEUPLE EST DEBOUT ON EST DEBOUT LE PEUPLE
- Hum !
- Première chose: toute la vie politique
dépend d'un unique scrutin: la présidentielle.
Pendant 5 ans, l'expression du peuple n'existe plus.
2e chose: la personnalisation prend le pas
sur les programmes. Tous les 5 ans,
on débat des hommes, pas des idées.
Ces deux constats ont une même cause:
le mode de désignation
du président de la République. Ça pervertit tout.
- Vous voulez supprimer le suffrage universel direct ?
- Oui. Il nous suffit de modifier
le seul article 6.
La souveraineté du peuple ne peut être incarnée
par une seule personne. C'est la démocratie.
- Avant de consulter les Français, vous avez besoin
d'un vote du parlement.
Je doute que vous l'obteniez sur un changement aussi radical.
- Pourquoi pas ? La légitimité du parlement serait rétablie.
Et la primauté de la délibération collective.
- Les Français tiennent à cette élection.
- Ce sont des arguments politiques, pas juridiques.
Juridiquement, c'est possible ? - Oui, mais…
- Alors faites votre travail de juristes.
Moi, je me charge de la politique.
Musique intrigante
---
---
- Pourquoi on se fait chier avec le parlement ?
Article 11, boum ! Référendum direct,
comme De Gaulle ! - On peut pas proposer
aux parlementaires et passer
au-dessus d'eux. - Louis est minoritaire.
- Non. Ca dépend des Gaullistes.
-30 ans de politique pour finir par dépendre de Boudard.
- Non. Comme ministre de l'Intérieur,
comme militant gaulliste, non.
- C'est un retour aux sources
de la Vème. Le même texte qu'en 58. Pas une Vlème République.
- Le suffrage universel est une vision gaulliste.
Si on touche à la modification de 62,
tout s'écroule. Ça me coûte, mais je dois vous
présenter ma démission.
- Vous savez ce qu'on attend de moi, d'un président ?
Tout régler.
Tous les 5 ans, un fol espoir naît, et, vite,
une grande déception lui succède. D'espoir forcément déçu
en espoir forcément déçu, on se tourne
vers des profils providentiels, de plus en plus antisystèmes.
On remet en cause les contre-pouvoirs.
Tout le système démocratique finira par être victime
du présidentialisme.
- J'ai grandi avec une photo de mes parents,
quand ils avaient 20 ans, en 68.
Ils sont sur les Champs-Elysées, le 30 mai,
à la manifestation de soutien au général.
À côté d'eux, mon grand-père: Louis Boudard,
un des compagnons, à Londres, en 40.
Devant eux, y'a un petit landau.
On me voit pas, mais je suis dedans. J'avais 15 jours.
Le Gaullisme est une permanence,
un héritage. Mon rôle est de le perpétuer.
- Non.
- Pardon ?
- Votre rôle est de servir votre pays.
- Je n'ai pas grandi avec une photo,
mais avec le souvenir d'une sensation:
la pluie qui ruisselait sur les cheveux de mon père,
quand il me portait sur ses épaules,
place de la Bastille. Le 10 mai 1981.
J'avais 5 ans. C'est ma madeleine.
L'ai-je trahi en nommant des ministres
gaullistes et centristes ? Non.
L'ai-je trahi en quittant le PS pour fonder la France Unie ?
Non. J'ai agi en responsabilité, au nom des intérêts
de la France. Je vous demande de le faire.
- Madame la Présidente.
- On a Boudard. - Putain !
Faut pas jouer avec mes artères !
- J'ai dû sortir lles Canadair. On a besoin des Gaullistes.
Je pouvais lui proposer
soit la direction du parti, et je neutralisais Thorigny,
ou bien le poste de président nouvelle formule,
en cas de victoire du oui. Ca m'intéresse pas.
Le pouvoir réel sera le Premier ministre.
- Enfin… Quand même ! Il a choisi quoi ?
- Le parti jusqu'aux législatives, puis la présidence.
- C'est hors de prix !
- Mais ça les vaut !
Avec Boudard, le vote du parlement est acquis.
Le référendum a lieu.
Les stratégies fondées sur la présidentielle
sont anéanties. - Boudard contrôle pas
tous les Gaullistes.
- Y'aura quelques défections chez les anciens.
Il estime ça entre 15 et 20. - Crédible.
Les 70 députés restants suivent le cap du chef.
- Thorigny, c'est réglé. Il vient de quitter le gouvernement.
S'il fait le non, il prend le rôle de Brutus.
- Combien ? -75 minimum.
- Kalhenberg est pour le oui. C'est inespéré pour le PS:
ils n'ont pas de présidentiable.
- 37 députés.
- Les Verts, même chanson.
Bon ! Chalon, de ce côté-là.
On aura pas de surprise.
Le pire, c'est pour Vidal.
Pour lui, ça va être terrible !
Ils vont être coupés en deux.
Musique intrigante
- C'est magistral. On dirait du Rickwaert.
- En plus raffiné, quand même.
*C'est pourquoi le moment est venu
*de modifier l'article 6
*de la Constitution,
*en supprimant l'élection au suffrage universel direct
*du président de la République. Comme nombre de nos voisins,
*nous reviendrions à un régime parlementaire,
*avec une meilleure représentation des opinions,
*et un fonctionnement plus délibératif.
*En aucun cas, il ne s'agit de revenir à l'impuissance
*et à l'instabilité de la IVème République.
*Notre mode de scrutin majoritaire et les mécanismes…
Musique rythmée
---
- Qu'est-ce tu fous dans le noir, Michel ?
- Je réfléchis.
L'obscurité m'aide à voir clair.
Tu vois, j'ai toujours fait de la politique
en suivant une ligne élémentaire.
D'abord, il faut travailler.
Faut construire une pensée, élaborer du concept.
Tous mes livres, tous mes discours,
je les ai écrits seul, à la table.
Ensuite seulement, vient la tactique.
Elle, elle fait tout à l'envers.
Elle me dégoûte.
Je la hais.
- Ce référendum, c'est un virage.
Si tu continues à foncer tout droit, tu vas te crasher.
Faut bouger. - Non. Un opposant s'oppose.
- Sauf quand le pouvoir reprend ses idées.
Qui dénonce la monarchie présidentielle ? Toi !
Elle fait la VIème.
- Le pouvoir du peuple. Elle convoque une constituante ? Non.
- OK, mais faudra répondre à la question: oui ou non
à la suppression du monarque ? - Peu importe la question.
Mais pourquoi la pose-t-on ? Dorendeu sait que je peux
la battre à la présidentielle. Elle la supprime.
- Ça, tu peux pas le dire. A moins d'avouer qu'il ne faut pas
de monarque, à part toi. Montre
que t'es le nouveau Mitterrand. Réunis la gauche !
- La gauche ! Des zombies !
La réunion des gauches fait 35% maximum. Pour gagner,
il faut chevaucher.
J'ai besoin de la présidentielle.
- Avec des législatives,
tu peux gagner aussi.
DLP peut être le pivot d'un nouveau front populaire.
- Tu tiens à l'union de la gauche par habitude.
C'est confortable,
comme une vieille chemise sale.
Mais il faut la jeter, mettre du linge propre.
Elle va avoir un mano a mano. Je prendrai la tête
du camp du non. Je fais un tweet.
- Tu peux pas tout plier avec un tweet. Et la démocratie ?
La VIème, c'est l'ADN de Debout le Peuple.
- Debout le Peuple ? C'est moi.
Musique lente
---
- Putain ! Je le crois pas !
- Il nous consulte même plus ! On est députés !
- Syndrome Trump.
Il tweete en roue libre.
- Faut répondre ! C'est un dérapage !
- Ca risque de se retourner contre nous.
"Dupraz l'hystéro !"
- Demandons un vote des militants.
- Sans passer pour des diviseurs. Soignons le timing.
La précipitation est la pire des tactiques.
- Déjà 216 commentaires.
Et voilà ! "Pour moi, c'est non."
"Pour moi, c'est non." Le mot d'ordre se répand.
C'est magique, quand même ! C'est fabuleux ! Tu te souviens,
quand il fallait envoyer un communiqué à l'AFP ?
Ah ? Euh…
Lapsus, cher ami. Tu as mis oui.
Corrige vite, avant que ça buzze.
- C'est pas une erreur.
- Tu viens de faire ça, là, maintenant ? Devant moi ?
- Comme toi.
- Traitre !
- Si t'avais fait le oui…
- Tu aurais fait le non.
Un traitre trahit d'abord, puis se justifie.
- Non. Si t'avais fait le oui, je t'aurais suivi.
Et même, je t'aurais admiré.
T'aurais sacrifié ton ambition à ton programme:
la fin de la monarchie présidentielle.
Là, j'aurais vu un homme d'Etat.
Un mec capable de diriger mon pays.
- Dégage !
- Avec plaisir.
Musique lente
---
*Musique rythmée
*Aucune ! Capiche ?
-"Aucune ! Capiche ?"
Musique intrigante
- Si je lâchais des jeunes sur le réseau, pour le pourrir ?
"Vendu ! Traitre ! Dorendiste !"
Qu'il n'ose plus allumer son téléphone !
- C'est difficile. Mais la tension redescendra.
- Non. Ca montera crescendo. Si le parlement vote oui,
y'aura la campagne référendaire. 6 mois de calvaire
à voir nos divisions s'amplifier.
Tout le monde sera sommé de choisir.
Impossible d'éviter le vote interne.
- Ben tu le gagneras !
- Le dégagisme vaut aussi pour moi.
Tu files un flingue à un type, il tire sur le chef.
- Dupraz rejoindra pas Philippe.
Ils se haïssent.
- Ils me haïssent plus encore.
Une fois les deux coalisés, ce sera un schisme profond.
Le ferment d'une scission, la fin de DLP.
Puis, viendra le référendum. Si le oui passe,
terminus, M. Vidal !
- Bon. Tu vois tout en noir, donc.
- Je suis un vieux combattant. Je sais comment on meurt.
D'abord, y'a une blessure. Alors on tente le garrot,
mais tout le monde voit que le sang coule.
Dans les sociétés primitives et le monde animal,
on isole le blessé au calme, pour qu'il meure en paix.
En politique, c'est différent. On sort les couteaux,
et on s'acharne.
Et si, depuis le début, ils roulaient ensemble contre moi ?
- Rickwaert et Dupraz ?
- Rickwaert et Dorendeu.
Musique intrigante
- En général, quand on se vend,
il y a une contrepartie, mon fils.
Tu as dû négocier ça avec âpreté.
Allez, dis-nous
ce que ta socialiste t'a donné en échange !
- Elle m'a rien donné, papa. On a juste changé d'époque.
- Le Général, c'est du passé ? - Non !
- C'est pas ce qu'il a dit !
- Mais il l'espère ! La socialiste enterre la Vème,
et il la laisse faire.
- Non, ça suffit ! Stop ! Ca suffit, stop…
- J'ai une réunion avec le DGPN.
Je vous fais appeler une voiture pour vous raccompagner.
Musique lente - On prendra le bus.
- Vous m'envoyez un taxi, alors ? Vous avez l'adresse ?
Oui, c'est ça. Merci. À demain.
La matinale d'Inter. C'est tôt, mais bon !
- Je vais relayer ton vote ! - Attends.
Oui ? Désolé, non. Je viens de dire oui
à vos collègues d'Inter. Jeudi ?
Jeudi, c'est bon. Au revoir. Merci. Excuse-moi.
Tu voulais me voir ? - Oui. Je vais relayer ton appel
au vote interne. - Ouais ! Service minimum. Aurore,
ce qui fait mal à Vidal, c'est le oui, pas l'appel au vote.
La défiance qui grossit. Tu fais quoi ?
T'es pas pour le oui ? - Toute la gauche
est pour le oui. Mais je roule pas pour Dorendeu.
- Explique ! C'est trop subtil pour moi.
- Dorendeu propose le référendum pour déstabiliser Vidal.
Et tu mets le feu dans DLP.
- Tu dis que j'ai un accord avec Amélie ?
- Je te connais.
Vidal saute: plus d'opposition à gauche.
Dorendeu est seule face à Chalon au 2e tour.
- Tuer Michel est pas un but en soi. C'est l'étape obligée
pour tuer Amélie. C'est son idiot utile.
Michel est incapable de rassembler la gauche.
Et il veut pas le faire. Sans union, il plafonnera.
Jamais loin, mais jamais devant. Amélie se retrouve
à nouveau face à Chalon. Bis repetita !
Musique intrigante
---
- Merci !
Mesdames et messieurs les députés,
j'ai l'honneur d'ouvrir par ces mots
la discussion générale sur le projet de loi
autorisant un référendum sur l'élection du président.
---
Il frappe à la porte.
- Entre, Martin.
C'est très bien. Très bon discours d'investiture.
J'ai peut-être quelques petites coupes.
Pour dynamiser l'ensemble, si tu es d'accord.
- Les plumes, les conseillers techniques,
tout le monde y a mis son grain de sel,
c'est indigeste. - Tout va prendre forme maintenant.
Le développement sur le monocéphalisme, c'est limite.
Boudard n'appréciait pas la citation d'Achille Peretti.
- Il a lu le discours ? - Nous devions l'associer
étroitement. - Tu as bien fait.
Et puis, tout pour abréger… Mon calvaire…
- Martin, j'ai été dans ta situation.
Pas à l'Assemblée, mais au Conseil National du PS.
La même histoire: une techno jamais élue,
montant pour la 1re fois au pupitre, pour prononcer
son 1er discours
de Première secrétaire. J'étais tétanisée.
Quelqu'un m'a donné le meilleur conseil possible:
quand tu te poses au pupitre,
compte les rangs, lentement. Un, deux,
trois, quatre, cinq, jusqu'au 10e.
Là, tu te fixes sur un visage.
Pendant une minute, seul ce visage compte. Une minute permet
de s'habituer au brouhaha, aux vociférations.
Aux claquements de pupitres. Au léger vertige qui te saisira.
Une minute, et tu prononceras
ton texte avec talent, car c'est un bon texte,
qui présente une bonne et grande réforme.
Martin, tu as été un grand commis de l'Etat,
maintenant tu es le 1er ministre de la France.
Tu peux les regarder dans les yeux et les affronter.
Musique lente
---
- Blanc de blanc !
Si madame veut bien…
- J'aurais jamais pensé célébrer un tweet de Dupraz.
- C'est toi qu'on célèbre, Naïma.
La seule qui m'a ouvert la porte quand tous m'avaient lâché.
- On dirait du Brassens.
Bon, et maintenant ? Raconte la suite.
- Cas 1: le oui l'emporte. Plus de présidentielles.
Tout se jouera à l'Assemblée.
Faudra des coalitions. Ca pousse à l'union de la gauche.
Ma ligne. J'ai une bonne posture.
- Si le non passe ?
- On a raté l'occasion d'en finir
avec la monarchie présidentielle. À cause de Vidal.
On lance la bataille des primaires
de toute la gauche. Michel a déconné: je le termine.
Autocrate, égotique. Machine à perdre.
- Dis-moi, Philippe,
pourquoi je t'ai aidé quand t'étais mal ?
- Tu m'aimes bien. Je suis sympa.
Politiquement on est d'accord. - J'ai peur, Philippe.
Chaque matin, je me lève en me demandant
combien de temps il reste, avant les catastrophes.
10 ans ? 3 ans ?
2 mois ? J'étais bien, loin de la politique.
Mais une de mes conneries
de gauchiste était vraie:
si tu t'occupes pas de la politique, elle s'occupera de toi.
Amélie n'est pas un rempart,
mais un accélérateur à populismes. Quand t'es venu me voir,
j'ai pensé: "Avec lui, ça pourrait le faire."
Tu viens d'en bas.
T'es cabossé. T'as jamais trahi ton camp.
Tu sais que la gauche doit se reparler pour éviter le pire.
Le problème, c'est que là où tu veux aller,
faut être un bloc de béton armé.
On te pousse un peu, tu t'écroules !
- Moi ?
- Tu t'es fait gagner
par Vidal ! - Il m'a pas gagné. Je suis entré
à DLP pour me le faire. Je me le fais. C'est un procès ?
- Vidal t'a impressionné. Tu t'es dit: "Il est fort."
"C'est un tribun génial." Moi, mon talent ? Faiseur de rois.
Baron Noir, tu te caches.
Confortable, mais pas très courageux.
- Le p'tit prolo s'est mis à genoux ?
Il parle du peuple, mais il pue
le mépris de classe !
J'ai agi en tacticien.
- Ah ? - Je lui ai laissé croire
qu'il avait son Baron Noir. Lä, je le nique !
- Tu réécris l'histoire. Il t'a gagné.
S'il avait fait le oui, t'aurais suivi.
- Bon allez, crois ce que tu veux !
- Tu le respectes trop.
Pour vaincre, faut haïr.
- La haine, c'est intime.
C'est personnel. Je donne pas ma haine
à n'importe qui. C'est trop d'honneur.
Amélie.
Elle, je la hais.
Musique intrigante
---
- C'est en reprenant les mots de Léon Gambetta que je conclus.
"Pour nous, Républicains,"
"la France est ici, dans cet hémicycle,"
"et non ailleurs. Ici,"
"car depuis 1789, les représentants du peuple"
"savent qu'ils sont la Nation."
Mesdames et messieurs les députés,
le temps est venu de renouer
le fil de l'histoire républicaine.
Le temps est venu de dire oui.
Applaudissements
---
Je me suis bien senti !
- C'était formidable. - Un discours qui restera.
- On se sent porté ! C'est vrai, ce qu'on dit:
c'est une drogue ! C'est bon, ça !
Je me suis vraiment bien senti, je crois !
Musique lente
---
- Buvons à la santé de Martin.
- Il est 15h30. *-Je me suis déjà exprimé.
- C'est rare. - Alors juste un petit fond.
- Mme la Présidente, un petit fond ?
- Oui. *-Le général De Gaulle
*aurait approuvé cette réforme ?
*-Le général était…
- Chut ! *-Un demi-siècle plus tard,
*on devrait librement exercer un droit d'inventaire.
- Merde ! *-Un droit d'inventaire
*sur le Général ?
*-Seul compte l'intérêt de la France. Merci.
- Mme la Présidente.
- Ma chère Amélie ! *-Un droit d'inventaire
*sur le général De Gaulle ? Comment on rattrape ça ?
Comment ? Je suis devant BFMTV,
rien sur le discours. Ton droit d'inventaire emporte tout.
*Qu'est-ce qui t'a pris, bon sang ?
*-On devrait librement exercer
*un droit d'inventaire. *-Sur le général De Gaulle ?
*-Seul compte l'intérêt de la France.
Musique rythmée
---
- Oui ? *-François, rétropédalage. Démenti.
Tes mots seront les miens.
La priorité est de ne perdre
aucun député parmi tes amis,
*pour quelques mots malheureux. - L'appel du 18 juin,
tu le gardes dans ton inventaire, ou ça fait débat ?
- Non… Je comprends très bien ta réaction.
- Je démissionne. Compte sur les députés gaullistes
pour voter non.
- François, tu as un accord
avec la présidente. *-J'avais !
Vous avez cru pouvoir me traiter comme une escort
à qui on fait miroiter Hollywood ? Ciao !
Ça fait du bien ! Gros poids en moins !
- Vous avez démissionné.
- Seule la question compte dans un référendum.
Oui ou non à la suppression
de l'élection du président au suffrage universel direct ?
Je suis contre ! Contre l'inventaire sur De Gaulle !
Contre l'affaiblissement de l'autorité de l'Etat.
J'ouvre ma gueule.
Je dis ce que je pense. - Et le poste de président…
- Tu me vois en René Coty ?
Allez !
Convoque les parlementaires gaullistes. Réunion de crise:
pour nous, c'est non.
- On part pas à la guerre… - On a
80 députés et une grosse bite: la mienne. Ca suffit
pour partir à la guerre.
Musique rythmée
---
- Le Sénat, ça va. Mais pas l'Assemblée.
On garde que 22 Gaullistes. Ca pourrait être pire.
- On dépend du vote des députés de DLP ?
Qu'est-ce qui pourrait être pire ?
- Aurore, Borde fait sa bourde. Boudard tourne.
La majo n'est plus acquise. Vidal convoque une réunion.
Tu penses que c'est son genre ?
Il veut nous baiser. Sa cible: vous, les députés.
- Il tentera de nous forcer à voter non,
pour éviter le référendum. Mais y'a 14 députés pro-oui.
- S'il impose un vote du groupe parlementaire ?
Vous devrez voter non.
- Non. Il passera pour un autocrate.
- Il s'en fout !
Il veut juste sauver sa peau en évitant le référendum.
Musique rythmée
---
Vous avez eu Aurore ? - On ira au bout.
On votera oui.
- Vous, Zineb, Aurore, OK. Mais les autres ?
La menace de l'exclusion peut les influencer.
- On est 6 députés DLP.
Assez pour faire passer le référendum.
- J'espère, ou ce serait un carnage.
On garde notre ligne: pas de vote du groupe.
On veut un vote de militants. Là, on a une chance.
On crée un précédent.
On démocratise le mouvement. Faudrait des débats,
de quoi construire un courant.
Tu montes pas ? - Pas ensemble.
On sera accusé de fraction, mais sans donner
la bâton pour se faire battre.
Musique intrigante
- Bon ! On est comme on est. Moi, mon visage marque.
Quand je suis mal, ça se voit.
Et là, je tolère de moins en moins les mauvaises nuits.
Et.… On dort mal, en ce moment, non ?
- Je vais pas y aller par quatre chemins.
C'est de ma faute. Je suis un traumatisé.
Vous savez, au Parti Socialiste,
le vote interne était sacré.
On tranchait nos différends en votant.
On écrivait des textes, que personne ne lisait.
Puis, on votait, sur la base
d'un corps électoral truqué,
par des fausses cartes. C'était pas encore suffisant,
pour satisfaire la direction,
elle tripatouillait les scores
au fond d'un bureau. S'il te plaît, Aurore, je finis.
Je vais pas être long.
C'était une parodie de démocratie. Et je me suis toujours dit
que je ne reproduirai jamais ici ce simulacre. Mais…
Je suis comme tout le monde,
j'apprends en marchant.
Je propose donc, pour la première fois,
qu'au sein de Debout le Peuple,
nous organisions un débat.
Et un vote.
- Un vote du groupe parlementaire ?
- Non. Des 623774 adhérents à Debout le Peuple.
Faut que tout le monde ait la parole.
Faut pouvoir voter, même sans être député.
J'émets une seule condition:
c'est que ce vote garantisse notre unité.
Si le oui l'emporte, tous les députés, moi y compris,
devront s'y conformer, et voter oui. Si le non l'emporte,
les députés voteront non. Tu voulais parler ?
- Non. Non, non, ça va dans le bon sens.
- Faut voir les modalités.
- Un vote numérique, avec contrôle du déroulement
des opérations
par des représentants du oui et du non.
- Et pour les textes ? - Qui dit textes,
dit course aux signataires et étalage de nos divisions
sur la place publique. J'ai pensé à autre chose.
Le 26 novembre 1900,
à l'hippodrome de Lille,
8000 militants ouvriers ont assisté
à un débat qui a fait la grandeur
du jeune mouvement socialiste. Pendant 3 heures,
Jean Jaurès et Jules Guesde ont fait valoir
leurs arguments dans un profond respect,
malgré leurs désaccords, bien plus importants
que les nôtres:
l'affaire Dreyfus, la participation
à des gouvernements bourgeois. Cette controverse
a éclairé, comme nulle autre, le débat doctrinal
entre réforme et révolution.
Mes chers amis,
nous sommes un mouvement d'éducation populaire.
Nous sommes la nouvelle école permanente
des luttes et de la pensée. Nous sommes Debout le Peuple !
Applaudissements
---
Philippe, me feras-tu l'honneur
d'accepter cette discussion fraternelle ?
Musique intrigante
---
La bibliographie sur laquelle je vais travailler
va du discours de Robespierre sur la Constitution
à la République moderne de Mendès.
- Je te propose un débat sur France TV.
- Non, on fait ça entre nous, sur les réseaux sociaux.
Pas besoin de journalistes.
- Faut un M. Loyal, non ?
- Ou une madame. Véro est non alignée.
-10 minutes d'intro chacun, puis on débat. Ca va ?
- J'ai dit ce qui m'allait. Jaurès et Guesde.
Deux discours d'une heure, l'un après l'autre,
des raisonnements,
des enchaînements logiques. On prend le temps
d'exposer nos idées. On aime faire de la politique ainsi.
- Quelle salle ? Quelle ville ?
- Pourquoi pas en plein air ?
Une scène parmi les gens peut faire
un bel événement populaire. Ca rappellera le temps
où les députés s'affrontaient en duel.
Le dernier date de 1967: Gaston Defferre a porté
deux belles estafilades à René Rivière, mais n'a pas eu
le droit de l'achever. Je n'aurai pas ces scrupules,
Philippe, je te tuerai.
Musique intrigante
---
- Que fait ton ami ? - Finance. Mon binôme de fac.
À la fin de notre thèse, il a accepté l'offre
d'un fonds d'investissements, moi pas.
- J'ai pris un risque démesuré.
- Personne sait que t'es ici.
- Le référendum m'échappe.
Je suis pas sûre de passer l'étape du parlement.
Pire ! Le sort du vote dépend de Rickwaert.
- Tu crois à cette réforme ?
T'as fait au mieux pour ton pays, sois juste fière de ça.
- Le soir où on s'est embrassés, la 1re fois,
une envie m'a traversée dans la nuit.
- Laquelle ? - De tout arrêter.
Bien sûr, c'était juste un fantasme, un rêve
qu'on caresse pour mieux l'éloigner.
Maintenant, c'est un cauchemar qui se réalise.
Si ma réforme passe pas,
comment finir mon quinquennat ?
J'ai été prétentieuse !
Présomptueuse, arrogante ! J'ai voulu renverser la table,
j'étais assise dessus !
Musique rythmée
---
- J'ai retrouvé la citation. Bonapartisme
et Républicanisme sont
contradictoires et incompatibles. - On l'ajoute ?
- Mauvais angle.
Ça, c'est chiant. Ça, on s'emmerde.
Ça, c'est imbitable. Faut tout remettre à plat.
Des feuilles blanches !
- Tout changer vite, ça marche pas.
T'as tes 3 axes, là. La gauche, la République.….
- Qui va se faire défoncer la gueule par Vidal ?
C'est moi ! Si je dis que c'est de la merde,
c'est que c'est de la merde !
- On va faire une pause. Vous pouvez nous laisser ?
Philippe, t'as plus de recul. C'est normal.
Ton discours est bon. Dors. - J'ai hyper mal.
- Montre.
C'est enflé. Depuis quand ? - 4 jours.
- Tu somatises. - Et alors ?
Je morfle à mort ! - T'as pris un truc ?
- Je suis bourré de codéine. Dupraz me remplace ?
- À 2 heures du truc ? Non.
- Ce fils de pute va me trucider. Y'aura pas de référendum.
Faut annuler ce piège.
Si je me ramasse,
je suis mort ! - T'as un fusil à un coup.
Tu rates ta cible: t'es fini. T'y vas pas: tu crèves.
T'y vas et tu le dégommes.
- T'appelles qui ? - À ton avis ?
Musique intrigante - Dans deux heures,
quand le débat commencera, ce sera le feu sur les réseaux.
D'un côté, les Nonistes de Vidal.
De l'autre, les pro-oui de Rickwaert.
Le résultat de cette bataille Internet peut faire basculer
les indécis. Notre cible.
Le problème,
c'est l'armée vidalienne qui va déferler sur nous.
On vise pas le nombre de comptes, mais leur qualité.
Quelques comptes, mais très actifs.
Trois équipes travailleront là-dessus.
D'abord, les fact-checkeurs.
- Dès que Vidal fait une référence,
on cherche l'erreur, tout ce qui décrédibilise son discours.
- Nous, on est les loleurs:
on fait du lol, on crée des hashtags marrants.
On se paie la tête de Vidal, on met en valeur Rickwaert.
- Moi, j'anime les procureurs.
On traque le dérapage. - Et les arguments ?
Qui s'en charge ?
- Ça convainc surtout les convaincus.
- On vise surtout les émotions. Rire, peur, espoir.
- Nos comptes satellites réagiront là-dessus.
Des bots. - Des comptes non humains ?
Des faux comptes, quoi. Ca me paraît très risqué.
- Des comptes non vérifiés. Comme payer une claque.
- Ou miser sur les huées, plutôt que les ovations.
- La psychologie cognitive montre que les émotions négatives
mobilisent plus. - Vous avez rien de mieux ?
- Mme la Présidente, on peut
faire comme Hillary Clinton: intègre sur les réseaux,
battue à l'arrivée.
- Vous avez bien fait de venir.
Y'a un bel abcès. On va drainer tout ça, et ça ira mieux.
Vous pouvez me préparer une parapicale ?
- Vous allez lui faire une anesthésie ?
- Oui.
- C'est gênant pour parler après ?
- Faites-mois confiance. Laissez-moi travailler.
- Elle travaille aussi. Répondez-lui.
- Votre langue sera engourdie, ça ira mieux en soirée.
- Impossible. Il a un débat dans 1h30.
- Je peux pas le laisser partir comme ça.
- Et sans anesthésie, c'est possible ?
Philippe Rickwaert crie. - Bougez pas. Respiration.
---
J'ai bientôt fini.
Bougez pas.
Voilà…
---
Brouhaha
---
*-Chacun exposera son avis pendant 1 heure.
*Gagnant du tirage au sort, Michel Vidal débutera.
Ovation
---
- MICHEL ! MICHEL !
*-Les amis ! - Michel ! Vas-y !
Ovation
*-Les amis, pas de ça.
*Pas d'interruption.
*Pas de cris de supporters. N'offrons pas à nos adversaires
*l'image d'un combat de boxe. Montrons-leur
*un grand moment de démocratie.
*Ils ne se couperont pas la parole,
*ne s'interrompront pas.
*Telles sont nos règles.
Ovation
---
*Merci. Je cède la place
*à Michel Vidal !
Ovation
- MICHEL ! MICHEL !
MICHEL ! MICHEL !
MICHEL ! MICHEL !
MICHEL ! MICHEL !
MICHEL ! MICHEL !
MICHEL !
MICHEL ! MICHEL !
MICHEL !
MICHEL ! MICHEL !
---
*-Qu'est-ce qu'une constitution ?
*C'est le contrat qui nous lie entre nous.
*Qui lie le peuple avec lui-même.
*Et c'est une part
*de la grandeur de notre patrie politique.
*Je dis patrie politique,
*parce que notre patrie est républicaine
*et que la République n'est pas un régime neutre,
*mais engagé politiquement !
*N'oubliez pas qu'en France, la République fonde la Nation
*et non l'inverse.
Ovation
---
*-Cinq Républiques.
*Toutes filles d'événements terribles.
*Toutes résultantes
*d'immenses convulsions.
*Les révolutions: 1789,
*1848... Et les guerres ! Croyez-vous
*qu'on puisse vivre après l'exode rural comme avant ?
*Après les vagues migratoires comme avant ?
*Après l'Europe,
*le changement climatique,
*la nouvelle condition des femmes
*comme avant ! Non ! On ne peut pas !
*Le peuple de 1958
*n'existe plus ! Constituante !
Ovation - Constituante !
---
*-Les amis, non !
- MICHEL ! MICHEL !
*-S'il vous plaît !
Ovation - MICHEL !
*-S'il vous plaît !
*S'il vous plaît, non ! *-Mes amis…
*Ne criez pas mon nom. Ca ne vous ressemble pas,
*et ça ne me ressemble pas. - Résistance !
- RESISTANCE !
RESISTANCE ! RESISTANCE !
RESISTANCE ! *-S'il vous plaît, les amis !
*-Changer l'article 6 de la Constitution, bien !
- Très efficaces, vos loleurs !
- La cellule numérique est débordée. - Je vois.
*-L'article 35, permettant au gouvernement…
- Il y aurait une image sans ces débilités ? On comprend rien.
*-L'état de siège pendant 12 jours.
*Alors quoi ? Autant de verrues anti-républicaines…
Ovation - MICHEL ! MICHEL !
---
*-La constituante: instituer à nouveau le peuple
*comme son seul souverain. Sinon qui ?
*Un roi ? Un dieu ? La main invisible du marché ?
*Alors, mes amis, soyons sérieux !
*Disons non à cet enfumage !
*Et oui à l'essentiel. Constituante !
Ovation - CONSTITUANTE !
CONSTITUANTE !
CONSTITUANTE ! CONSTITUANTE !
CONSTITUANTE !
MICHEL ! MICHEL !
---
*-Merci !
- MICHEL !
*Ovation
*-Merci. Ecoutons maintenant Philippe Rickwaert !
*Huées du public
*---
Musique intrigante
- Fous le camp, Baron Noir ! *-Non ! S'il vous plaît !
Le public hue. - Dégage !
*-S'il vous plaît,
*du silence et du respect.
- OUH ! OUH ! MEFIONS-NOUS ! BARON NOIR EST PARMI NOUS !
Musique lente
---
MEFIONS-NOUS ! BARON NOIR EST PARMI NOUS !
---
- Un, deux, trois,
quatre, cinq, six
sept, huit,
neuf, dix.…
---
*Je comprends que vous soyez déçus qu'il ait fini.
*Mais vous vengez pas sur moi.
*Je vous promets, je serai court.
*C'est sûr qu'il est bon !
*On l'écoute, et on voyage dans le temps !
*On apprend.
*On s'enivre, aussi, parfois. Moi, je suis
*plus primitif.
*Mais c'est pas pour ça que j'ai pas d'éducation.
*Mon père, le docker communiste, et ma mère,
*la dame de service des écoles, m'ont transmis
*l'essentiel: le courage !
Applaudissements
*Il en faut, pour défendre ses convictions,
*face à Michel, non ? Vous l'auriez fait, vous ?
*J'aurais peut-être pas dû !
La foule rit. *Mais bon !
*Le courage, c'est assumer sa ligne.
*Alors, j'assume. Michel m'a conforté dans mon idée.
Huées *-Dans ce que m'a transmis ma mère,
*lectrice de La Fontaine, il y avait cette morale
*d'une fable dont j'ai oublié le titre:
*"Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras".
*-"Le petit poisson et le pêcheur".
*-Michel ! *-Non, ça va !
*Là, il m'aide, Véro !
Rires
*Merci, Michel. *-Je t'en prie.
*-"Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras".
*Qu'est-ce qui vaut mieux ?
*Une constituante un jour,
*peut-être, ou un référendum
*ici et maintenant,
*qui supprime l'élection du président au suffrage universel ?
*En votant oui, on met fin à la monarchie présidentielle.
*En votant non, on a pas pour autant la constituante.
*Il faudrait
*que Michel gagne la présidentielle.
*Je lui souhaite. Je nous le souhaite.
*Je le souhaite à la France.
*Mais y'a déjà eu deux échecs.
*Alors cette autre maxime populaire:
"Jamais deux sans trois."
Huées du public
*-Ça suffit, je demande le respect.
*Ça suffit !
*Que les chahuteurs s'arrêtent ! *-Ecoutez !
*Chez nous, y'a pas de blasphème.
*Si Michel l'emporte, que nous ayons voté oui ou non avant,
*il y aura une constituante.
*Sinon, il faudra avoir voté oui,
*pour avoir gagné la fin de la monarchie présidentielle.
Ovation
---
*De là d'où je viens c'est-à-dire du peuple,
*quand on peut prendre, on prend !
*Parce qu'on en a besoin. On ne rejette pas
*des avantages, dans l'espoir
*d'en obtenir de meilleurs ! Si les grévistes
*raisonnaient ainsi, ils refuseraient tout,
*et ne gagneraient rien.
- Dégage ! *-Non ?
- Dégage ! - OUAIS !
*-Faisons un test ! Qui a déjà fait grève ?
- MOI !
MOI !
*-Je parle de vraies grèves:
*d'arrêts de travail pendant lesquels on touche pas la paie.
*Pas des grèves étudiantes !
*Ah ! Vous voyez ! C'est une autre affaire !
*Quand on lutte, et qu'on peut plus
*nourrir ses enfants, on encaisse la hausse de salaire !
*On prend la victoire !
*On ne la méprise pas !
*Car c'est la victoire
*qui entraine, construit
*les suivantes. C'est la victoire qui éduque à la lutte !
Musique lente Ovation
---
*Amis !
*La démocratie crève de la monarchie présidentielle.
*Le pays ne vote plus !
- C'est mon père.
*-Les pires tentations existent.
- J'ai le nom de ma mère. Mon nom de famille est Rickwaert.
*-On n'en espérait pas autant !
- Je l'ai détesté, mais je l'aime aussi énormément.
*-ll aurait fallu
*refuser les Etats Généraux, car Louis XVI
*les avait convoqués ?
Musique classique
*Amis, voici mon dernier mot:
*la monarchie présidentielle
*est un danger pour la démocratie.
*Pour nous aussi ! Elle force la gauche à se dépouiller
*de ses valeurs: la primauté du collectif, etc.
*En recherchant la figure d'un chef,
*d'un tribun, si brillant soit-il,
Musique classique
*Debout le Peuple peut se dévoyer,
*jusqu'à disparaitre dans les poubelles de l'histoire !
- NON !
---
*-Pour toutes ces raisons, pour nous, ce doit être
*un grand oui !
Ovation - Je dois répondre.
- Non, Michel. C'est fini.
Musique symphonique
---
C'est fini. - C'est indigne !
Ce que tu fais est indigne ! - C'est fini.
Ovation
---
---
- D'accord.
Très bien.
57,13 pour le non. 42,87 pour le oui.
- C'est un très bon résultat.
Je devais faire 15 maxi !
C'est une étape vers la victoire ! - Oui.
- Avec 6 députés DLP, on fait basculer
l'Assemblée. Ici, vous êtes 4.
- On va voter non. On s'est engagé. Y'a eu un vote.
- Putain !
- Dites que vous n'aviez jamais vu un tel bordel en séance,
tout est allé très vite. Bref, vous vous êtes trompés
dans la manip' ! Ca arrive tout le temps !
Les électeurs comprendront.
Une erreur, c'est humain. - Tous les 3 ?
- Le pipeau peut marcher
avec les électeurs, pas avec les journalistes.
- Une loi oblige à répondre aux journalistes ?
Demain, tout sera oublié. Le combat pour le non commencera.
Ce qui compte dans un référendum,
c'est pas le résultat, mais la campagne.
Imaginez 6 mois de combat commun
avec Boudard, pour le non.
Carrément sur les mêmes estrades !
Les copains, votre petite erreur sera
un grand pas dans la marche vers l'union des droites.
*-Le scrutin est clos. Pour: 286. Contre: 280.
Musique lente
*Le projet de loi constitutionnelle portant révision
*de l'article 6 est adopté ! - Comment c'est possible ?
- On s'en fout ! On a notre référendum.
- Monsieur Borde !
C'est un résultat inespéré ! - Oui. J'y vois
le résultat du travail de conviction
*et de pédagogie mené au parlement.
*Dans 6 mois, les Français voteront oui ou non
*à la suppression de l'élection présidentielle
Musique rythmée *au suffrage universel.
---
Applaudissements
- Sauvés in extremis par les manoeuvres de Chalon,
on a juste gagné le droit de se battre.
Seul le résultat comptera.
- Il faut mobiliser le camp du oui.
On entend pas assez les écolos et le PS.
Il faut sortir Thorigny de sa planque.
- La Sofres donne le oui à 64% chez les sympathisants DLP.
Les réserves de voix sont là. La clé, c'est Rickwaert.
On choisit jamais ses alliés.
Musique rythmée
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- On va la faire mariner un peu.
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Aïe ! Arrête !
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---
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