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Un village fran�ais S07E02 Le Carnet
- Loriot collabo. - Ne d�conne pas!
- Loriot collabo. Loriot collabo.
- Vous n'avez rien de mieux � faire, l�?
Vous bourrer la gueule et raconter des conneries.
- Ce n'est pas vrai que tu �tais collabo? - Non.
J'ai fait mon travail.
- Et bien, et dans ton cas c'est d'�tre collabo! Imb�cile.
- TU pourrais nous faire sortir, quand m�me.
- Non, mais 500 francs de casse.
Le patron du bar qui porte plainte. J'attends que le juge me rappelle. C'est normal.
- Mais non, ce n'est pas normal. Avec un mec qui a fait le d�fil� du 11 novembre 43!
- Eh bien �a ne lui donne pas tous les droits.
- Mais laisse tomber. Il a raison.
- Mais non, il n'a pas raison.
Tu �tais o�, toi...
... le 11 novembre 43?
- A Moissay.
(La porte s'ouvre)
- Il y a un probl�me?
- Qu'est-ce que tu fais l�?
- J'avais un petit coup de nostalgie.
- Salut, Suzanne.
- Tu ne peux pas le laisser en cellule, quand m�me.
- Suzanne, les faits sont graves.
- Je m'en fous, d�brouille-tooi.
- Tu sais ce que je risque?
- Je ne te demande pas souvent quelque chose.
Fais-le sortir.
S'il te pla�t.
- Ah! Quand m�me.
Il y a une justice.
- Gustave, l�ve-toi!
Allez.
- On est cocu encore une fois.
Vraiment cocus.
- Je d�clare ouverte la s�ance n� 43 du Comit� R�gonal Interprofessionel d'Epuration
Madame Jeanine de Cantillon
- Heu, moi j'ai une Jeanine veuve Chassagne...
- J'ai repris mon nom de jeune fille, Monsieur le Pr�sident.
- C'est un cas exemplaire.
Madame Chassagne ici-pr�sente... - de Cantillon!
... a travaill� pour les boches - exclusivement pour les boches - pendant plus de 2 ans.
Elle a r�par� des chars...
... livr� du b�ton � la Wehrmacht...
.. � la Luftwaffe ... elle a m�me livr�...
... des filets de camouflage � la Flak.
On ne peut pas faire plus collabo.
- Madame ... de Cantillon, je suppose que vous ne niez pas les faits.
- Bien s�r que non.
Je m'en suis d'ailleurs expliqu�e � plusieurs reprises
et devant plusieurs instances.
J'ai travaill� pour les allemands... - Les boches!
- ...afin d'obtenir des renseignements qui m'ont permis d'aider la r�sistance...
... plus pr�cis�mment de sauver le maquis en 43...
... ce qui a �t� prouv� par les tribunaux.
- Et quand vous viviez avec Chassagne, c'�tait aussi pour aider la r�sistance?
- Avoir v�cu avec un collaborateur fran�ais n'est pas un d�lit, Mr Lherbier.
- H�las!
Je tiens quand m�me � rappeler � l'assistance que travailler avec les allemands,
tout le monde l'a fait, � commencer par moi.
- Oui, mais pas jusqu'en 44.
Madame Chassagne, elle, s'est enrichie � millions...
... en travaillant avec les boches.
- Mais j'ai vers� � la r�sistance plus de 400 000 francs!
Ca aussi, �a a �t� reconnu par les tribunaux.
C'est la plus grosse contribution d'une entreprise � la r�sistance
sur tout le d�partement.
Je ne suis pas une enfant de choeur, mais j'estime n'avoir rien � me reprocher.
- Je suis tout � fait d'accord avec Mme Schwartz.
.. dont je salue ici la clairvoyance...
.. rare chez une femme.
Il faut suivre � la lettre la demande du commissariat aux questions juives.
... et donc traquer les administrateurs juifs...
... les actionnaires juifs...
... l'argent juif.
Et ce n'est pas simple car le juif est pass� maitre dans l'art de se dissimuler...
C'est d'ailleurs comme �a qu'il a envahi la France!
- Ah �a c'est s�r...
... mais je crois qu'il faut aller plus loin.
- C'est � dire?
Si l'on veut vraiment extirper le juif de la France,
comme nous le demandent le pr�sident Laval et le Mar�chal...
... nous devons chercher � identifier les employ�s juifs...
... les sous-traitants juifs...
On devarit mettre au point un questionnaire,
lors de tout contrat et de toute embauche...
"Avez-vous du sang juif?"
- Vous n'�tes pas d'accord, Schwartz?
- L'ann�e derni�re on m'a pris pour un juif, alors...
... ceux qui cherchent des juifs dans une entreprise, forc�ment je m'en m�fie un peu.
- C'est du juif dont il faut se m�fier.
C'est en combattant l'ennemi int�rieur qu'on pourra sauver la France!
- Je crois qu'on a fait le tour.
On peut passer au verdict?
Mr Lherbier?
- Je r�clame une peine � la hauteur du crime.
10 ans d'indignit� nationale...
... confiscation des avoirs...
... interdiction de g�rance.
- Mr Schwartz?
- Excusez-moi!
Mais comment Mr Schwartz - ex-mari de l'accus�e - peut-il �tre dans le jury?
Le Parti a pos� la question trois fois depuis le mois dernier, � la Pr�fecture...
... au Conseil municipal. Aucune r�ponse.
- Parce que c'est le seul chef d'entreprise de Villeneuve
a avoir �t� tr�s actif dans la r�sistance. Ca vous convient comme r�ponse?
Et puis sa vie priv�e le regarde.
Raymond?
- Je pense qu'un bl�me simple suffirait.
- Un simple bl�me?
- Je suis 100% d'accord avec Mr Schwartz.
- Messieurs...
- Oh, il faut que l'activit� reparte, de toute fa�on...
- Bl�me, oui, oui. C'est bien.
- Ce sera inscrit o�?
Sur le registre de nos d�lib�rations
qui sera publi� d�s que les stocks de papier le permettront.
- Bien. Il me semble inutile de voter, hein?
... donc le comit� condamne Jeanine de Cantillon � un bl�me simple...
... � la majorit� absolue.
- Greffier.
- Tu es s�r que tu n'as pas faim? - Non.
- Mais bois au moins un peu de lait. - Non.
- Gustave!
Si je t'ai sorti de taule, c'est gr�ce � Suzanne...
... alors, change de ton.
- Vous n'avez qu'� m'y remettre, en taule.
J'ai l'habitude.
- Tu crois qu'il serait fier de toi, Marcel?
- Qu'est-ce que �a peut te foutre!
- Tu sais � quel point il t'aimait.
- Gustave...
- Ton p�re est mort...
... il m'a donn� un message pour toi.
- On dit que tu fais du march� noir.
- Et alors?
Ca te d�frise?
- Suzanne, laisse tomber.
- Tiens, parle-moi plut�t de J�r�me.
Tu sais o� il est?
- J�r�me? Connais pas!
- On n'est pas dans ton bureau, l�, Alain.
(Porte qui claque) - Salut m'man.
- L�onore, va dans ta chambre.
- Je peux avoir un peu de lait?
- Non. S"il te pla�t, tu vas dans ta chambre.
- Tiens! Je n'y ai pas touch�.
- L�onore.
Non. - Pourquoi?
Il dit qu'il ne l'a pas touch�.
- H� bien, parce que je te le demande. - L�onore!
- Tu n'es pas mon p�re.
- Ton p�re, il serait d'accord avec moi.
- Vous en faites, des histoires, pour un verre de lait.
- L�onore, s'il te pla�t. Tu vas dans ta chambre. On en parlera apr�s.
Tu entends ce que je te dis?
-Bon, allez, �a suffit.
(la porte claque)
- Tu n'es pas mon p�re non plus.
Mon p�re, il est mort en combattant des types comme toi.
- C'est plus compliqu� que �a, Gustave.
- Toi tu me donnes des le�ons...
... alors que tu t'es mise � la colle avec un flic!
D'accord.
Bien re�u, le message. Je peux partir?
- Ecoute, Gustave...
C'est moi qui aie tes papiers...
... et j'ai assez pour te faire plonger vraiment aupr�s d'un juge.
... alors tu te calmes. Tu �coutes ce que Suzanne veux dire
et puis apr�s on verra. D'accord?
- Apparemment je n'ai pas le choix. - Non.
- Il faut porter plainte contre X pour diffamation Et d�mentir par voie de presse.
Imm�diatement et fermement.
- Vous �tes s�r?
- Si vous tenez toujours � la mairie, oui.
- Quand je lis ce genre de d�menti dans la presse, je n'y crois jamais.
- Si vous ne faites pas de d�menti, vous avouez.
Je le r�dige et je passe au journal tout de suite apr�s si vous voulez.
- D'accord.
- Merci.
- Thank you.
Bonjour, Mr B�riot.
- Bonjour, Mr Bridgewater.
- On m'a dit que vous n'�tes plus maire.
- Je reste interlocuteur du comit� de liaison.
Voici ma lettre de mission, du pr�fet de Kerven.
Vous avez re�u mon pneumatique concernant Heinrich Muller?
- Oui. So on.
- Vous avez forc�ment la possibilit� de le faire venir au proc�s Larcher-Servier.
C'est un t�moin cl�.
- Le probl�me est qu'il est poursuivi en France pour de nombreux crimes.
- Et alors?
- Alors, on veut bien vous pr�ter un de nos prisonniers quelques heures...
... mais on veut �tre s�r que vous nous le rendrez.
- Je m'y engage.
Il vient, il t�moine, il s'en va.
- J'ai confiance en vous.
Le document.
Mais la confiance est encore meilleure quand elle repose sur un document.
Signez �a.
- Tu �tais o�?
Je me suis inqui�t�e.
- On a eu des histoires avec les flics.
Mais... rien de grave.
- Mademoiselle.
- Genevi�ve, ma fianc�e.
et ... Anselme.
un camarade de ...
... de.... - Travail.
Camarade de travail.
- Tu as trouv� du travail!
Euh, pas encore. O� est Mam�?
- Elle est � l'int�rieur.
- Laisse, laisse.
- Elle a mal au dos.
Elle n'a pas pu sarcler le petit pr�, ce matin.
- Tiens! L'Antoine.
Je croyais que tu �tais retourn� faire le guignol � l'arm�e.
Monsieur? - Anselme. Un copain.
J'ai pens� qu'il pourrait rester un peu avec nous, le temps de se retaper.
- Tu as pens�...
Et � force de penser, tu as trouv� du travail?
- Mam�, �a fait 2 jours qu'il est rentr�.
- Ca sent bon, dites-donc.
C'est de la soupe?
- Ah �a n'est pas du mazout.
- Il n'a pas mang� depuis plusieurs jours.
- Un deuxi�me pique-assiette?
Bon, alors sers 2 bols Genevi�ve, 3 si tu en veux, toi aussi.
- Et toi?
- Moi j'ai trop mal au dos pour penser � mon ventre.
- Vous devriez voir le docteur, hein.
- Le docteur ... Je tiens trop � la vie.
- Il y a quand m�me un moment que �a dure, ce mal de dos.
Ca passera au printemps...
... c'est toujours pareil.
- Merci.
- Alors, la soupe?
- Elle est tr�s bonne! Excellente.
Merci.
Excellente. - Ouais.
Cela dit il y a peu t-�tre un petit arri�re go�t un peu acide...
- Mais elle est tr�s bonne.
- Acide! Ma soupe.
- Un arri�re-go�t.
- Impossible!
J'ai mis de la m�lasse de betterave. Comment voulez-vous qu'elle soit acide?
- C'est... C'est �a, ton fameux secret?
La m�lasse.
- Alors, elle est acide, ma soupe? - Mais pas du tout.
... pas du tout. Elle est ... Elle est vraiment excellente.
- Mais un peu acide.
Alors votre secret c'est la m�lisse... la m�lasse? Alors.
- Oui... C'est la m�lasse...
Anselme. C'est �a?
Anselme.
- J'avais une ferme, avant guerre...
... si vous voulez, je pourrais sarcler le petit pr�.
Pour payer ma soupe.
Bien qu'elle soit un peu acide.
- C'est celui-l� que tu devrais �pouser, pauvre idiote!
- Viens voir la bleue.
Et bien alors, comment tu la trouves?
- Tr�s bien.
- Pfff, tu n'as m�me pas regard�.
- Si.
Mais �coute, tu es belle, toutes ces robes sont belles, mais moi...
... apr�s, je ne suis pas sp�cialiste.
- Tu es un homme.
- Et ton mari, oui.
- Ne fais pas l'enfant. Dans laquelle je serai la mieux?
- La mieux... pourquoi?
- Imagine que tu me revoies apr�s un an de s�paration...
- Ca nous est d�j� arriv� de ne pas nous voir pendant presque un an, en 43... 44.
- Mais je ne te parle pas de nous.
Bon, alors imagine qu'on est en 40...
... tu ne m'as pas vue depuis un an, tu es impatient.
Dans laquelle je serai la mieux?
- Tu m'attaches?
- Ca ne t'ennuie pas trop, l'anniversaire de mariage?
- Enfin, tu plaisantes?
- Ah bon.
Pourtant les anniversaires, ce n'est pas vraiment ton genre.
Parfois j'ai l'impression que tu ne te rends vraiment pas compte
de ce que �a me fait d'�tre Mme Larcher.
- Non.
Mais je sais ce que c'est que d'�tre Mr Larcher.
- Daniel... tu me donnes tout.
tout, l'amour, la s�curit�...
... l'impression d'�tre utile...
- Et bien alors. Tu r�ves?
- Non.
La robe bleue est tr�s bien, vraiment ... tr�s bien.
Tu pars en voyage?
- Bin, j'esp�re qu'il va m'emmener!
Je suis s�re qu'il va m'emmener.
Je suis s�re que ce proc�s est un pr�texte.
Tu sais, il est prisonnier des am�ricains. Ce n'est pas lui qui d�cide.
- Non. M�me prisonnier, Heinrich se d�brouille pour que les gens fassent ce qu'il veut.
- Il ne t'a donn� aucune nouvelle...
... m�me pas qu'il est vivant.
- C'est quoi, ce truc?
- Une lettre anonyme qui salit Lucienne B�riot.
- Fais voir.
Beurk!
Et bien moi, �a ne risque pas de m'arriver.
Tout Villeneuve est d�j� au courant de tout.
(porte qui s'ouvre)
- On n'a pas assez de tickets textile pour la robe bleue de Fran�oise.
Vous pourriez en avoir?
(soupir) - Vous savez bien que je d�teste les passe-droits.
- Et moi, je d�teste voir ma fille avec une robe mal rapi�c�e.
C'est sa pr�f�r�e.
- Je doit �tre irr�prochable en ce moment, Lucienne.
- Vous l'avez lue? - Oui.
Je pense que vous n'auriez pas d�.
- Vous attirez l'attention sur nous.
- Non, mais attendez, Lucienne...
Ce n'est pas moi qui attire l'attention sur nous...
C'est vous! Je vous conseille de ne pas l'oublier.
- Je sens comme un parfum de menace.
- Une odeur, Lucienne. Une odeur.
Je vous ai pardonn� Kurt, je vous ai pardonn� Marguerite.
Je vais chez Mme Berthe pour oublier que votre porte m'est ferm�e...
mais si je perds la mairie � cause de vous,
cela je ne vous le pardonnerai jamais! D'accord?
Jamais.
- Comment tu as pu devenir truand, Gustave?
- Mais je ne comprends pas que tu puisses essayer de me faire la morale.
Avec mon p�re vous �tiez contre les flics,
contre l'ordre. On vous appelait les terroristes.
- On n'�tait pas contre l'ordre. On �tait contre les boches.
On voulait les foutre dehors. Ils sont partis...
... il faut bien recommencer � vivre.
Dans un certain ordre.
- Mais vous, les cocos, vous voulez le foutre en l'air, cet ordre.
- C'est plus compliqu� que �a.
- A t'entendre, tout est compliqu�.
Moi, tout me para�t simple.
Dans un monde o� les ordures et les hypocrites font la loi
il faut savoir se servir. C'est tout.
- Tu avais confiance en ton p�re?
- Oui.
Et bien ton p�re, il disait que...
dans un monde o� les ordures et les hypocrites font la loi...
... il faut se battre pour que �a change.
... mais il pensait aux autres d'abord.
C'�tait l'�tre le plus g�n�reux que j'ai jamais connu.
- En fait, tu es l'�tre le plus �go�ste que je connaisse, finalement.
- Ah bon.
- Tu te sacrifies pour la lutte ouvri�re internationale, mais aux autres....
... Gustave et moi, tu ne donnes rien.
- Gustave, tu sais bien que depuis 40 je ne peux pas.
- Et moi?
- Moi, je ne te donne rien?
- Presque.
- C'est plut�t toi qui ne prends pas ce que je te donne.
- Oh l� l� qu'est-ce que tu es fort en dialectique!
- Et bien l'�go�ste, c'est toi, finalement.
Allonge-toi.
- Quoi?
- S'il est ponctuel, le facteur sera l� dans une minute. Allonge-toi, je te dis.
- Ego�ste!
- Ouais, ouais.
Et ferme-la, hein.
- Le plus grand �go�ste que la terre ait jamais port�.
- Au fait, j'ai quelque chose pour toi.
C'est son carnet de notes.
Il s'en servait pour pr�parer des r�unions, des expos�s...
... c'est surtout politique ...
mais c'est tout ce que j'ai qui soit �crit de sa main.
Ca me para�t normal que ce soit toi qui l'aies.
- Pourquoi la lutte des classes conduit forc�ment au socialisme?
Le processus historique est un processus scientifique...
... qui peut d�terminer assez pr�cis�ment...
- Et maintenant?
On fait quoi?
- Je n'ai pas la pr�tention de te dire comment tu dois vivre...
... mais je voudrais que tu r�fl�chisses � tout ce qu'on s'est dit.
Lis �a.
Apr�s, tu restes � la maison, je ne sais pas, 2 ou 3 jours
et puis tu fais ce que tu veux.
D'accord?
(conversations confuses)
- La Cour.
- La s�ance va commencer. Vous pouvez vous asseoir.
Donc, Ma�tre L�vy, c'est � vous.
- La d�fense appelle Heinrich Muller.
- Mr Heinrich Muller, s'il vous pla�t.
- Vous jurez de dire la v�rit�, toute la v�rit�, rien que la v�rit�?
Levez la main droite et dites "Je le jure".
- Je le jure.
- Ma�tre.
- Mr Muller...
... vous �tiez donc patron du SD le service de renseignements allemand
... entre novembre 40 et ao�t 44 avec une interruption en 41-42?
- Absolument.
- Que pouvez-vous nous dire de vos rapports avec Daniel Larcher?
- Peu de choses.
Au d�but Mr Larcher �tait le m�decin qui me donnait de la morphine...
J'ai des douleurs de dos.
puis j'ai rencontr� sa femme...
... c'est surtout avec elle que j'ai eu des rapports.
(rumeurs dans la salle)
Et maintenant, le plus important:
Mr Larcher a-t-il oui ou non travaill� pour vous comme informateur?
(il rit) -Oh, Grands Dieux, non!
Non, non, non. Comme informateurs on essaye d'utiliser des gens inform�s.
Mr Larcher n'�tait qu'un brave type qui en pleine guerre
voulait �tre en paix avec tout le monde.
... l'arch�type de l'humaniste souffrant et inutile.
Aucun int�r�t pour le SD.
- Alors, pourquoi avez-vous, le 8 novembre 43, r�dig� une attestation ...
... certifiant que Mr Larcher �tait un de vos informateurs?
- Mais parce que son �pouse - ma ma�tresse -
... me l'a demand�, pour lui sauver la vie.
Entre amants, il est d'usage de se rendre service.
- Merci, Monsieur.
Je pense que c'est clair.
J'ai termin�.
Monsieur le pr�sident.
- Monsieur le Procureur.
- Mr Muller...
... je ne vous cache pas que vous voir ici comme simple t�moin et non comme accus�...
... est pour moi le symbole d'un �chec de la Justice fran�aise.
- C'est trop d'honneur, Mr le procureur.
- Mr Muller, au fond...
... pourquoi devrions-nous croire � votre t�moignage?
- Mais que vous y croyiez ou pas, �a m'est compl�tement �gal, cher Monsieur!
Moi j'ai jur� de dire la v�rit�; pas que vous y croirez.
- Moi, je crois surtout que vous d�fendez le mari de votre ma�tresse.
Cette femme n'est plus ma ma�tresse
et je me fiche �perdument de ce qui peut arriver � son mari.
- Je demande aux jur�s de se rappeler que cet homme...
... a fait arr�ter ou d�porter des dizaines de villeneuvois.
Il a ordonn� des ex�cutions...
... personnellement tortur� des r�sistants...
- Ah, il s'agit donc de mon proc�s, maintenant!
Je croyais que c'�tait celui de Mrs Servier et Larcher.
- Un jour... un jour, vous paierez pour vos crimes.
La France n'a pas la m�moire courte.
- Ah vraiment? Pourtant, Mr le Pr�sident �tait d�j� pr�sident sous Vichy? Non?
Son assesseur � sa droite a requis contre le maquis Robert en 43...
... j'�tais t�moin. D�j�!
Tr�s belle plaidoirie.
Et vous=m�me Mr le procureur, vous �tiez dans la r�sistance entre 40 et 44?
- Mr le Pr�sident, il s'agit d'un outrage � magistrat.
- Il s'agit d'une simple question.
...et je doute que le droit fran�ais, m�me s'il est un peu turbulent en ce moment...
... fasse d'une question un outrage.
Mais, vous disiez donc que la France n'a pas la m�moire courte...
- Je n'ai plus de question Mr le pr�sident.
- Oui. Je crois qu'on en a assez entendu.
- Mais on venait juste de commencer.
- Quittez cette cour de justice, Mr Muller.
- Bon, tu me fais voir cet appel d'offre...
... il faut que j'y aille apr�s. Je suis d�j� tr�s en retard.
- Tu peux quand m�me prendre un verre!
Pour f�ter mon bl�me.
Tu exag�res, quand m�me, de m'avoir mis un bl�me.
- Tu l'as rat�e de peu ton ex�cution, avec Chassagne, hein.
C'est charmant ici.
- Merci.
Scotch on the rocks?
- Ce que j'admire ton anglais.
- J'ai toujours parl� la langue des clients.
- Poh poh poh
Houff! C'est grand luxe, dis-donc.
- 30 ans d'�ge.
C'est dr�le de penser qu'il a �t� fait avant qu'on se rencontre.
C'est le colonel qui m'a refil� l'appel d'offre qui m'en a fait cadeau...
... je crois que je ne lui d�plais pas.
- Je peux voir cet appel d'offre.
L'arm�e am�ricaine a besoin de b�ton et de bois transform�
pour ses bases de Stuttgart et de Fribourg.
C'est un march� de plusieurs millions.
(il siffle)
- c'est trop gros pour moi. Je ne pourrai jamais fournir ces quantit�s.
- Sauf si on r�pond ensemble.
Je fais le b�ton et la danse du ventre � l'amerloque...
... toi le bois. J'avance toute la tr�sorerie.
- Et pourquoi tu irais t'associer avec un concurrent?
- Parce que j'ai �t� mari�e avec lui pendant 10 ans.
- c'est de l'histoire ancien, Jeanine, �a, non?
- Oui, �videmment, tu finiras par retourner avec Jeanine.
C'est clair comme de l'eau de roche.
- Pourquoi tu dis �a?
- Oh, parce que c'est vrai.
- Et bien non, ce n'est pas vrai . Je ne l'aime plus, elle ne m'aime plus...
- L'amour �a va �a vient. Tu le sais bien.
Surtout entre des gens qui se connaissent depuis longtemps.
- Mais attends, si je retournais avec elle, ce serait te trahir, d�j�...
- je ne serai peut-�tre plus l�...
- Oui.
M�me si u n'�tais plus l�, ce serait me trahir.
- Te trahir? -Mmmm.
- je ne suis pas s�re que �a t'emp�cherait de dormir longtemps.
-Oooh! - Tu es un juge tr�s indulgent avec toi-m�me.
- Je t'aime tr�s fort, tu sais.
- Allez. Laisse-moi. J'ai des choses � faire.
- Tu vois...
Un gros march�, c'est exactement ce qu'il me faudrait en ce moment...
- Mais...?
- Mais je suis tr�s attach� � mon ind�pendance.
Je veux conqu�rir mes march�s moi-m�me.
- Donc...
... tu dis non.
- Oui. Je dis non.
Merci pour le whisky. Bonne chance pour le march�...
... mais tu sais, des types qui connaissent le bois ici, ce n'est pas ce qui manque, hein.
(la porte claque)
- Ami...
... entends-tu le vol noir...
... des corbeaux... sur nos plaines...
... ami entends-tu...
--- les cris sourds du pays qu'on encha�ne...
Oh� partisans, ouvriers et paysans...
- Elle a un cancer.
Le Dr Morel dit qu'il faut qu'elle aille � l'h�pital de Besan�on pour faire des rayons...
... �a co�te tr�s cher.
Ce qu'elle a de c�t�, �a ne suffira pas.
- Elle n'a pas d'assurance sant�?
- Non.
- Et la nouvelle s�curit� sociale?
- Avant que �a se mette en place!
Le pharmacien a dit " pas avant l'automne de l'ann�e prochaine."
- Genevi�ve...
... je ne peux pas m'occuper de cette ferme.
Je n'en ai pas envie et je n'en suis pas capable.
- Et qu'est-ce qu'on peux faire, alors?
- Combien co�te le traitement?
- Au moins 10 000 francs.
- Muller a �t� tr�s bien.
- Vous �tes � peu pr�s tir� d'affaire.
Je pense que vous aurez juste l'indignit� nationale.
- Vous en parlez � votre aise.
- Ecoutez... Vous risquiez votre t�te.
Et puis l'indignit� nationale ne vous emp�chera pas d'exercer.
Au besoin vous d�m�nagez.
Et vous, l'indignit� �videmment...
... un peu de prison, mais j'esp�re le sursis - au moins partiel.
- Vous n'avez pos� aucune question � Muller sur moi.
- Il vous aurait pr�sent� comme son collaborateur z�l� pendant 4 ans.
Je ne vois pas l'int�r�t.
- Le procureur vient d'annoncer au dernier moment
qu'il voulait faire citer une certaine Am�lie Grosjean.
- Qui c'est?
- Am�lie Grosjean... euh...
Elle �tait employ�e � la sous-pr�fecture en 41-42...
... mais c'�tait vraiment une employ�e subalterne.
Petite main, comme on dit.
- C'est une de vos patientes?
- Non.... Enfin, je ne crois pas.
- Que peut-elle savoir sur l'un .. sur l'autre?
... sur les deux.
- Excusez-moi.
- Est-ce que Mr Muller est l�?
- Je peux vous offrir un drink?
- Merci.
- Ne me dites pas merci puisqu'il est � vous.
- Je vous l'ai donn�. Il est � vous.
- I love doing business with american.
- Cheers!
- L'�go�sme et l'app�tit de profit de la bourgeoisie sont tels que ...
.. que seule la r�volution est capable de les vaincre.
Et pour r�ussir la r�volution...
... il faut un parti d'avant-garde...
... capable de f�d�rer la classe ouvri�re...
... de la rendre plus forte...
... de la pr�parer pour le grand jour.
- Tu lis quoi?
- Qu'est-ce que �a peut te faire?
- Tu es le fils de Marcel, c'est �a?
- Qu'est-ce que tu veux?
- Bin, rien. Je m'int�resse, quoi!
- Et bien toi, tu ne m'int�resses pas.
- Tu es aux J. C.?
- C'est quoi?
- Tu n'es pas communiste!
- Bin non.
- Bin tu es quoi, alors?
- Je ne suis rien.
... enfin je suis Gustave quoi.
- Moi, en Bretagne, je me suis inscrite � l'UJRF.
Sans le dire � mon p�re.
... ni � ma m�re.
Pourquoi toi tu ne l'es pas?
Tu n'as pas envie de changer le monde?
- Vous avez regard� le projet du nouveau manuel d'histoire pour le cours moyen?
- Oui.
- Il est bien, hein?
Les dessins sont superbes.
Vous avez vu: Vercing�torix...
... face � C�sar.
Quelle prestance!
- Vous avez lu le passage sur l'occupation?
- Oui...
Oui, bon ben...
- Ils font comme si presque tout le monde avait fait la r�sistance.
Ca ne vous choque pas?
- Lucienne, il faut aller de l'avant, voir les choses par le bon c�t�.
- Nous sommes enseignants, Jules.
Nous avons une vraie responsabilit�.
Transmettre la v�rit�.
- Non, �a c'est pour les cur�s, Lucienne.
Nous, nous apprenons aux enfants l'histoire de notre pays
telle qu'ils peuvent l'entendre, telle qu'ils veulent l'entendre,
eux et leurs parents.
J'ai l'impression qu'on me demande de participer � un grand mensonge.
- Monsieur Foulquier.
(hurlements)
Vous �tes toujours � l'acad�mie.
- Mais naturellement. J'ai �t� nomm� inspecteur g�n�ral le mois dernier.
- Vous connaissez mon �pouse...
... je suppose. Evidemment.
- Je vous parle de ce qui s'est pass�.
Vous �tes sortie avec les enfants. Un avion est arriv�...
Ils ont ont �t� tu�s.
- Oui. - Vous ne comprenez pas que si ...
...vous n'�tiez pas sortie ce jour-l�, ces deux enfants seraient vivants?
- Si.
- Vous venez pour les nouveaux manuels d'histoire?
Ils m'ont l'air tr�s bien.
- Ah non, non, non. Je ne viens pas pour les manuels.
- Je....
J'ai � faire, Jules.
J'y vais.
- Je ne m'attendais pas � vous voir dans cette position.
Vous �tes un r�sistant tardif?
- Oh, oublions ces 4 ann�es terribles, voulez-vous.
Enfin...
... autant que possible.
- Ecoutez, c'est un tissu de calomnies mensong�res et inf�mantes.
Alors, arr�tez, s'il vous pla�t.
- Vous savez que je suis un ami vraiment tr�s proche du recteur.
- Mr B�riot... ma d�marche n'a rien d'officiel...
... pour l'instant.
Mais des parents d'�l�ve ont appel� le recteur justement...
... pour dire qu'ils ne pouvaient confier l'�ducation de leurs enfants �...
... une... une antipatriote.
- Puisque je vous dis que ce sont des calomnies.
- En ce domaine, il n'y a pas de fum�e sans feu, je crois.
... et votre �pouse �tait d�j� impliqu�e dans un incident grave en juin 40.
Vous savez, maintenant que les choses sont rentr�es dans l'ordre,
il est possible que les parents des enfants morts...
... entament une proc�dure.
- 5 ans apr�s!
(il ricane) - 5 ans, oui.
5 ans que nous avons tous envie d'oublier bien vite.
Ecoutez...
le... le... le mieux, pour votre �pouse...
--- pour l'�ducation nationale...
... et .... pour vous aussi...
Et bien ce serait qu'elle se mette
en retrait de l'enseignement, pour quelques temps.
Je ne sais pas, mais...
.. les choses se tasseront peut-�tre.
Mr B�riot.
Ah, � part cela, je suis d'accord avec vous.
Le nouveau manuel d'histoire est vraiment tr�s r�ussi.
(bruit de porte)
.... darling. (...ch�ri.)
- You've got your squirrel on your head. You know ? (Votre �cureuil vous est mont� � la t�te)
You don't know what you're saying. (Vous ne savez plus ce que vous dites)
Wait ! There are people. (attendez, il y a du monde)
What shame ! (Quelle honte)
Ah, darling ! (Ah ch�rie)
Why don't you go upstairs, (pourquoi ne montez-vous pas )
and lie down for a while ( vous �tendre un moment ?)
I have to make some important phone calls (j'ai quelques appels � passer )
that I just forgot ( que j'avais oubli�s)
And then I'll come and join you. (puis je vous rejoins)
- OK. but don't be too long (mais ne trainez pas)
I'm tired of waiting for you. (Je suis lasse de vous attendre)
- Love is all about waiting, darling. There you go (L'amour n'est qu'attente. Allez.)
- Hurry up, now. (H�tez-vous)
- Tu ne devrais pas �tre ici.
- C'est ta femme?
- Oui.
- Elle est jolie.
- Oui.
Tu as l'air en forme.
- Tu es � Villeneuve jusqu'� quand?
- Nous repartons demain matin.
- Et ... tu penses que d'ici l�...?
... tu pourrais trouver un moment pour discuter?
- Le caf� "Chez George" existe toujours?
- Oui.
Il a �t� enti�rement refait et maintenant il s'appelle "Chez Roger".
- Alors chez Roger...
.. � 22h.
Je n'aurai pas beaucoup de temps.
- Monsieur Antoine!
- Ca fait longtemps! - Ca va?
- Oui, �a va, et vous? - Ca va.
Raymond est l�?
- Au bureau, oui. - Merci.
- Alors?
- Voil�, cest mon fr�re.
C'est Antoine. - Enchant� Antoine.
- Mr schwartz. - Non, Raymond, Raymond.
- Ouais, dans deux jours on est de la m�me famille.
On est des timides, maintenant.
- Mais non, mais tu l'impressionne.
Allez, Antoine.
- Donc ta soeur m'a dit que tu �tais d�gourdi.
- Ah! Je ne sais pas...
- Bah, si tu es d�gourdi, tu sais faire quoi?
- Bin ... je ne sais pas...
- Tu ne sais pas! (Il rit)
C'est mieux que d'�tre pr�tentieux.
Heu... tu sais conduire?
- Heu ... non.
- Bon. Les chiffres, c'est ton truc?
- Ca, oui. - Ah!
- Et il sait parler aux gens.
Quand il parle aux gens, les gens l'�coutent. C'est incroyable.
- Ah bien �a, si c'est vrai, �a vaut de l'or. Allez.
Allez, viens, je vais vous faire voir les locaux.
Bon, alors la porte, l�, c'est mon bureau.
- Antoine.
- Je ne te d�range pas? - Si.
- Tu es en permission? - Ah non.
La guerre, pour moi, c'est fini.
- Ah. Excellente id�e.
- Et tu vas faire quoi?
- Epouser ma fianc�e.
- Ca aussi, c'est une excellente id�e.
Et tu veux l'adresse d'un bon traiteur?
- Heu... Sa grand-m�re est malade.
- Non merci. Cancer.
Le traitement co�te cher et ...
... j'aurais besoin d'argent.
- Ah, bien non finalement tu n'as pas que des bonnes id�es.
- J'ai pens� que peut-�tre, si ...
... si tu �tais � l'aise en ce moment...
.. tu pourrais me pr�ter.
- Combien?
- 10 000.
- Et tu me rembourserais comment?
- H� bien, quand je trouverai un travail.
- Ah, mais il n'y a pas de travail � Villeneuve!
A part ici.
- Ici?
- Je te reprends sur le m�me poste que tu avais en 43 un peu mieux pay�.
- Retravailler ici?
- Et puis tu me rembourses sur deux ans.
- Vous vous appelez donc Am�lie Grosjean,
vous �tiez secr�taire � la sous-pr�fecture de Villeneuve. -Oui.
Jusqu'en 1942. Apr�s on est parti en Suise.
- Quel �tait votre travail � la sous-pr�fecture?
- Le secr�tariat, la prise de notes ...
... beaucoup de frappe dactylographique.
- Vous avez �t� souvent en rapport avec Mr Servier?
- C'�tait notre patron.
- Et un bon patron?
- Normal.
- Mr le Pr�sident, j'ai accept� l'audition de ce t�moin de derni�re minute...
--- pour montrer la confiance de Mr Servier en la justice, mais...
... je ne comprends pas bien ce que veut explorer Mr le procureur.
O� va-t-on, l�?
- Allez au fait, Mr le procureur.
- Vous vous souvenez de la journ�e du 27 octobre 1941?
- Oui. C'est la seule fois o� j'ai d� rester travailler toute la nuit.
- Ah! Mme Grosjean, pourquoi avez-vous �t� oblig�e de travailler toute la nuit...
... cette fois-l�?
- Pour taper des listes de noms en plusieurs exemplaires.
- Des noms...
Quel genre de noms?
-Mr Servier nous a dit que c'�tait des...
... que c'�tait des invit�s pour une r�union.
Il y avait une quarantaine de noms....
... et petit � petit, le nombre s'est r�duit.
Je tapais. Je retapais. Je ne sais pas. Il a d� y avoir...
... 20, 25 versions. Et puis en plus,
j'ai d� retaper 2 fois parce que je n'avais plus de papier carbone.
- Et vous n'avez pas trouv� �a bizarre, 20 versions...
... pour une liste d'invit�s � une r�union? En pleine nuit.
- Bin si, mais bon! Il y a souvent des choses bizarres dans une sous-pr�fecture.
Le matin du 28 j'ai tap� une liste de 9 hommes...
... et une femme...
3 jours apr�s j'ai lu le journal et j'ai compris que...
... les hommes �taient ceux qui avaient �t� fusill�s le 30 octobre.
(rumeurs)
- La femme a �t� d�port�e.
- Emilie Estabet.
Elle a �t� d�capit�e � la hache le 6 novembre 1943...
... deans sa prison � Hambourg.
Et vous tapiez les listes � partir de quel document original?
- Une liste manuscrite remise par Mr Servier.
- Donc, vous voulez dire que c'est Mr Servier qui a �tabli la liste...
... des otages � ex�cuter?
- Non, je ne peux pas affirmer �a...
... mais...
... � un moment donn�, je tapais une derni�re liste...
... et ...
... Mr Servier est venu relire et...
... il a modifi� deux noms � la main...
Il a remis la femme.
Et il a chang� d'autres noms.
- Merci, Madame Grosjean.
Mr Servier...
... �tes-vous intervenu d'une mani�re ou une autre dans
le choix des otages qui ont �t� ex�cut�s le 30 octobre 1941?
- Mr Servier, vous avez entendu la question?
- Oui.
- Et donc...
- Et...
... c'est moi qui aie �tabli la liste des otages qui ont �t� fusill�s.
(rumeurs dans la salle)
- Mesdames, messieurs. S'il vous pla�t, s'il vous pla�t.
Mais enfin, pourquoi avez-vous fait une chose pareille?
- Les allemands ont accept� de ne fusiller que 10 otages au lieu de 20...
... c'�tait le prix � payer. Nous faisions la liste.
Ils �pargnaient 10 otages.
- Belle fa�on de jouer avec la vie des autres!
- Je ne vous permets pas!
Ce jour-l�, j'ai... j'ai sauv� la vie d'une partie des autres.
- Et cette liste... vous l'avez faite seul?
- Oui.
Seul.
- Monsieur le pr�sident, je demande un suppl�tif
dans l'acte d'accusation contre Mr Servier.
10 homicides volontaires.
(rumeurs) - Bravo!
* Il est �vident qu'il n'existe qu'un seul ch�timent...
... pour un acte aussi monstrueux.
- En Union Sovi�tique, la terre, les usines...
... les mati�res premi�res, tout appartient au peuple.
Il n'y a pas de lutte de pouvoir.
car chaque travailleur comprend comment son int�r�t individuel
se combine avec l'int�r�t collectif.
C'est pour cela que la bourgeoisie internationale met autant d'�nergie
� essayer de d�truire l'URSS.
Ils ont trop peur de la contagion.
- O� tu vas?
- Ca ne te regarde pas.
- R�ponds ou je crie.
- Je vais retrouver des potes.
- O� �a?
- Quelque part.
- R�ponds ou je crie.
- A une planque qu'on a.
Mais je ne peux pas te dire o� c'est.
Je suis un mauvais gar�on, L�onore.
- Je veux te revoir.
- Oublie-moi.
- Donne-moi un rendez-vous.
... ou je crie.
- Mais je pourrais te dire n'importe quoi.
Tu ne saurais pas si c'est vrai.
- Si tu mens c'est que tu n'en vaux pas le co�t.
... alors ce n'est pas grave.
Mais je sais que tu ne mentiras pas. Tu es comme moi...
... tu n'aimes pas le mensonge.
- Demain, � l'�glise.
... � 2 heures, pr�s des cierges.
- Tu y seras? C'est promis?
A demain.
- Je peux m'asseoir?
Qui ne dit mot consent.
Mmmm! Champagne.
Tu te rappelles, c'est ici qu'on a din� en 42, � mon retour d'Ukraine.
Quand tu me demandais "Pourquoi?".
- Je me rappelle de tout, Heinrich.
- Moi, j'oublie tout.
Il para�t que c'est ma force.
- C'est ta femme qui te dit �a?
- Tu trouves que je me suis mari� vite.
J'ai des circonstances att�nuantes.
- Et ... comment tu as fait pour te marier alors que tu es prisonnier?
- C'est tr�s simple.
Je ne suis pas prisonnier, Hortense.
Je travaille pour le renseignement am�ricain en Allemagne.
Je suis un des principaux agents de l'OSS l�-bas.
- Alors, pourquoi ils disent que tu es prisonnier?
- Parce que je suis recherch�, injustement...
... pour crimes de guerre en France et en Ukraine.
Et donc, je suis prisonnier.
- Et... donc ...
Tu t'es mari�.
- L'OSS me tient avec les crimes de guerre...
... � tout moment ils peuvent me remettre aux fran�ais ou pire ... aux russes.
- Quel est le rapport avec ton mariage?
- Linda est la fille du n�2 de l'OSS en Allemagne, le colonel Winslow.
Je l'ai s�duite. Elle est folle de moi.
Elle est mon assurance sur la vie.
Je serai d'ailleurs bient�t "an american citizen".
- Et donc alors, tu ne l'aimes pas?
- Pas plus que 5 minutes par jour.
- On se conna�t, non?
- Je ne crois pas.
Vous �tes d�j� venu aux Etats Unis?
- Non! Non, non.
- D�sol�.
- Et moi?
Tu m'aimes encore?
- Hortense, on ne va jamais se revoir. A quoi �a sert?
- R�ponds-moi.
(il soupire)
- Je ne t'oublierai jamais, en tout cas.
- Alors, �a veut dire que c'est la derni�re fois qu'on se voit!
- Il le faut.
Linda est d'une jalousie maladive.
- Tu as encore 1/4 d'heure?
- 20 minutes.
- Alors, rejoins-moi aux lavabos.
- Hortense!
- Je ne te demande qu'un quart d'heure de vie
... ce n'est pas cher comme tarif, apr�s tout ce qu'on a v�cu.
- Tu sais tr�s bien que c'est impossible.
- Donc on peut le faire.
Comme on l'a toujours fait.
Une derni�re fois.
- Pour le peu d'exp�rience que j'ai de la souffrance amoureuse...
... ce sera pire pour toi, apr�s.
- Je m'en fiche! Je te veux en moi.
- Tes d�sirs sont des ordres.
... pour 1/4 d'heure.
- Mr Muller?
- Oui.
- Sur commission rogatoire et mandat d'amener de Mr Nestor Gantier...
... juge d'instruction � Moissay, je vous place en �tat d'arrestation.
J'ai ordre de vous conduire imm�diatement � la prison de Lideuil.
avant votre transfert.
- Ils t'ont rel�ch�?
- Plus ou moins.
- Dans ce domaine, je n'aime pas le flou.
Tu �tais o�?
Qu'est-ce qui t'est arriv�?
- Une nana qui �tait � la colle avec mon p�re...
... s'est maqu�e avec un flic. Elle lui a demand� de me faire sortir.
Je viens de me tirer de chez eux.
- Tu �tais chez un flic!
Je te dis que c'est une balance.
- Une balance ne nous l'aurait pas dit.
- Il reste que tu t'es fait serrer comme un bleu, chez Schwartz.
- Un mec qui fr�quente des flics. On n'en fr�quente pas, putain!
- Il y a du bon sens dans ce que dit Aristide.
Tu as encore ton flingue?
- Bin, non.
- Comment tu le trouves?
- Lourd.
- C'est ta tante qui me l'a vendu en 42.
Il est lourd.
- Ouais.
- Attention.
Il est charg�.
- Garde-le. Il y a du nouveau.
C'est bien Tom qui nous a balanc�s.
- Comment tu le sais?
- C'est Aristide qui a eu le tuyau.
- Je te l'avais dit... - Ouais, mais tu fr�quentes des flics!
Tu as disparu sans donner de nouvelles.
Ca te met un peu � l'amende quand-m�me.
- Et alors?
- Alors...
Tu vas te d�brouiller pour retrouver Tom...
... et tu vas le descendre.
Militaire US ou pas, une balance est une balance.
Une balle dans le dos pour le faire tomber...
... une balle dans la bouche...
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