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Le commissaire Laurence n'est plus.
Swan Laurence.
Tous, ici, le regretteront.
Grand flic,
grand homme,
grand patriote,
Swan Laurence
manquera aux bons comme aux mechants,
aux faibles, comme aux puissants.
Mais un jour...
son nom fleurira dans les manuels d'ecoles de police.
On ecrira des livres sur lui, c'est sur.
Des romans.
Ce qu'il laissera derriere lui,
c'est la belle image d'un homme qui se tient droit
et jamais ne renonce.
Prions...
pour qu'un nouveau Swan Laurence prenne vite
le relais de celui qui nous quitte.
C'est pas ma faute s'il ne se passe rien ici.
Meme pas un vol de trottinette.
Je m'emballe pour la foire agricole. Certains changent le plomb en or...
Avril.
C'est pour toi.
Merci.
Allo ? Oui ?
Oui, c'est moi.
Euh... Oui.
Oui, oui.
Mais vous etes d'accord ?
Euh... Oui, bien sur.
Je sais pas. Quand est-ce que ca vous arrange ?
Eh ben, j'arrive.
Oui, oui. Eh ben, au revoir.
La vache !
Qu'est-ce qui se passe ?
Je viens de decrocher une interview
d'Eloise Zennefort.
- La reine du polar ? - La vache !
On l'entend plus depuis au moins 5 ans.
Ouais, au moins.
Euh... Ma prose chatoyante fera l'affaire, chef ?
J'y vais.
Promenons-nous
dans les bois
Pendant que le loup n'y est pas
Si le loup y etait
Il nous mangerait
Mais comme il n'y est pas
Il nous mangera pas
Ah, t'es la !
Je t'ai eu.
Bonjour.
Bonjour.
Toi, t'es Bruno, le petit gars d'Eloise Zennefort.
Ah ouais...
"Votre fils Bruno sera kidnappe
"si vous ne versez pas une rancon de 500 000 nouveaux francs.
"Instructions suivront. Vous avez trois jours, sinon..."
Signe : "Greg Atlas."
Meme dessin,
meme grammage...
meme encre.
Mais le delai raccourcit. Trois jours, puis deux jours.
Il fallait nous prevenir plus tot.
On a cru a une plaisanterie.
En general, M. Debaer, on kidnappe, puis on demande une rancon.
Demander une rancon...
C'est une somme, quand meme.
500 000 francs
pour un moutard qui pisse encore au lit !
Ma femme plaisante, commissaire.
De toute facon, meme s'il etait propre,
500 000 francs, c'est beaucoup trop cher.
Et...
le nom de Greg Atlas, ca vous dit quelque chose ?
C'est le personnage principal des romans de ma femme.
Je l'ai deja raconte cent fois a la presse.
A la naissance de Bruno,
j'ai decide d'en terminer avec tout ca.
L'angoisse de la page blanche, la pression du public,
l'avidite des editeurs...
Ou le contraire, d'ailleurs.
D'en terminer avec tout ca
et de faire mourir mon cher Greg Atlas.
Une pierre, deux coups.
- Vous pensez qu'il veut se venger ? - Ah, je ne vois que ca, madame.
Un personnage de roman
qui revient se venger de son auteur.
Voila une piste peu banale, commissaire.
Ce sont des masques balinais.
Tres beau travail explorant les facettes de la peur.
C'est un admirateur qui me les a offerts...
en hommage a un de mes romans, Le Masque de Dieu.
A leur facon, ces masques celebrent
l'eternelle victoire du bien sur le mal.
A moins que ce ne soit le contraire.
Entrez.
Qu'y a-t-il, Gilles ?
Une journaliste de La Voix du Nord.
Elle dit avoir rendez-vous pour une interview.
Une interview ?
Non. Vous voyez bien que c'est pas le moment.
Je la renvoie donc.
Bonjour, bonjour.
On s'est parle au telephone.
Je m'appelle Alice Avril.
Reporter.
Voix du Nord.
Avril.
Oui !
Ce nom si amusant.
Vous tombez bien mal, ma petite.
On menace de m'enlever mon fils
si je ne verse pas une rancon de 500 000 francs.
500 000 ?
Ah, mazette.
Vous feriez quoi, a ma place ?
Ben...
Ca depend.
On ne va rien payer du tout.
N'est-ce pas, cheri ?
Tu es d'accord avec ta petite femme ?
Votre femme a raison.
Payer ne marche pas. Ca se verifie 9 fois sur 10.
Ouais. Et puis la 10e, bingo.
Vous allez me raccompagner dans mon bureau.
Comme ca, nous bavarderons.
Gentiment.
Avril.
Pas un mot dans votre canard. C'est bien clair ?
- Vous me prenez pour une debutante ? - Non, une plaie. La onzieme.
Apres les furoncles.
Votre fils est avec la nurse ?
- Une personne de confiance ? - Regine ? Totalement.
C'est une perle.
Elle s'occupe de Bruno depuis 2 ans.
Qui a dit qu'une femme devait avoir des enfants ?
Moi, je l'ai cru.
Trois semaines pour mon aine, Gaspard,
3 jours pour son frere, Bruno.
Le prochain, ce sera 3 heures, j'imagine.
Vous avez entendu ?
Quoi ?
Comme une plainte.
Le chateau est hante, il parait.
Un baron qui aurait peri dans les flammes.
Au deuxieme etage
se trouve une petite chambre avec un miroir.
Et si l'on regarde dans celui-ci,
alors l'ombre d'un chevalier arme de pied en cap apparait.
Son ombre ?
Mon cher mari m'a suppliee de ne pas acheter cette bicoque.
Mais...
que voulez-vous...
l'argent rend con.
Alors trop d'argent...
Ouais.
Papa !
Ca va ? T'as bien joue ?
C'etait bien ?
- Tout s'est bien passe ? - Oui, monsieur. Tres bien.
On se retrouve apres le dejeuner ? On fera une balade tous les deux.
Au fait, Regine, vous dormirez avec Bruno dans sa chambre
jusqu'a nouvel ordre.
- Bien, monsieur. Mais... - Je vous expliquerai.
Je compte sur vous.
Bien.
J'ai besoin de faire le tour.
Le secretaire de ma femme se fera une joie.
Vous etes d'accord avec moi ?
Ceci est quand meme tres etrange. Greg Atlas, tout ca.
C'est pas banal, en effet.
Quand on reussit comme elle, on se fait des ennemis.
Admirateurs, editeurs, journalistes,
collegues ecrivains...
On doit etre sur ses gardes en permanence.
C'est mon role, ici,
etre sur ses gardes.
La, c'est mon bureau. Vous voulez y jeter un oeil ?
Mme Zennefort est un genie.
Je sais pas ce qu'elle fait avec cet homme.
- Quel homme ? - Debaer, son mari.
Un ancien petit professeur d'escrime.
C'est a cause de lui qu'elle a decide d'arreter d'ecrire il y a 5 ans.
Elle ne voulait pas de cet enfant. C'etait pour lui faire plaisir.
L'amour, quelle folie, je vous dis !
Il parait, oui.
Vous permettez ?
Non, je peux pas parler plus fort.
C'est un scoop. J'ai pris la lettre du ravisseur.
On la met a la une, hein ?
Hein ? Allo ?
Allo... Oh ! Mais ca va pas ?
- J'ai dit : "Rien qui sort d'ici." - Et la liberte de la presse ?
Je m'assieds dessus, une fesse, puis l'autre.
Ce plaisantin n'attend qu'une chose : de la publicite.
Vous etes irresponsable, Avril.
- Rendez-moi ca. - Quoi ?
Vol de piece a conviction. Ca coute cher.
J'ai des infos de premiere main.
On fait 50-50, si vous voulez. On est un peu comme une famille.
La mere Zennefort, elle est taree.
- Vous savez ce qu'elle m'a dit ? - Dehors.
- Je suis... - Non. Dehors.
Allez.
Oui, commissaire Laurence. J'ai besoin de renforts.
Des renforts. Vous savez ce que ca veut dire ?
Pour des rondes. "R, o, n, d, e, s."
Voila. Toutes les heures.
Et si le petit Zennefort est enleve,
j'envoie la note de frais a qui ? Au ministre ?
Abruti !
Ben, alors, mon petit cheri ? On perd ses moyens ?
Tu as quelque chose a te faire pardonner ?
Tu m'aimes toujours ?
Allez, on reprend, monsieur le professeur.
Voila.
C'est comme ca que je t'aime.
Penetrant.
Messieurs !
Vous avez tous vos sifflets ?
Magnifique.
Au moindre bruit suspect, un coup de sifflet.
Si vous etes en danger, deux coups.
Personne ne doit entrer ou sortir d'ici.
Bien, commissaire.
Je vous amene du renfort.
- Bonsoir, les garcons. - Bonsoir, madame.
Cette tension qui precede l'action me rappelle la liberation de Paris.
Ah ! Vous avez libere Paris ?
Oui, pas tout seul.
Qu'est-ce que vous faites ici ?
J'ai eu pitie de vous.
Je vous ai prepare un plat. Une gratinee.
C'est une recette de Elle.
Alice, elle est ou ?
Elle n'est pas la.
Ben, il est passe ou ?
Promenons-nous dans les bois
Si le loup y est...
Il nous mangera
C'est moi qu'elle cherche, la petite dame ?
T'es le fils aine, toi, c'est ca ?
Ton pere est au courant de tes virees nocturnes ?
Je pose des pieges.
Un peu comme toi, non ?
Debaer n'est pas mon pere.
- Hein ? - C'est mon beau-pere.
- T'es flic, c'est ca ? - Non, je suis reporter.
- Ton nom a la une, ca te dirait ? - Faut voir.
Si c'est pour dire du mal du prof d'escrime, pourquoi pas ?
T'as quel age, toi ?
Non, je suis trop vieille pour toi.
J'adore les vieilles qui sentent bon.
Oui. Bon, ca va !
Pourquoi t'es passe sous le mur et pas par l'entree ?
Pour te montrer les voies du Seigneur, cherie.
Et ton vrai pere,
il est devenu quoi ?
Envole.
Un fantome.
Maman est folle, et moi, je pose des pieges.
Ca t'en bouche un coin, mademoiselle la reporter ?
- Tenez, commissaire. - Ah !
- Mangez tant que c'est chaud. - Merci, merci, Marlene.
Qu'est-ce que je ferais sans vous ?
Je voulais vous dire...
J'aime enormement Eloise Zennefort.
J'ai lu tous ses livres. Et son detective Greg Atlas...
de la classe a revendre, des chaussures impeccables
et finaud comme pas deux.
Enfin, si, comme vous.
Dommage qu'elle l'ait fait mourir.
Je voulais vous demander, vous pourriez m'avoir un autographe ?
Non ?
Qu'est-ce que c'est ?
Une TDM, on dirait.
Une quoi ?
Une tentative de meurtre.
CQFD, ce qu'il fallait demontrer.
TDM, une tentative de meurtre.
Oh, mon Dieu !
Une...
TDM.
L'arme du crime.
Marlene ?
Pardon, Marlene.
- C'etait quoi, ce cri ? - Vous etes passee par ou, vous ?
La.
Qu'est-ce qui se passe ?
Un oiseau sans tete. Comme dans les lettres.
Ouais, comme dans les lettres.
Regine, que faites-vous ici ?
J'avais la migraine. J'ai voulu marcher.
Vous ne devez pas quitter la chambre de mon fils.
Mais Bruno dormait.
Vous aviez des consignes strictes.
J'allais remonter.
Gilles va vous faire votre compte, mademoiselle.
Je vous donne une heure.
Mais, monsieur...
Portez ceci au Dr Maillol de ma part, en main propre.
- Mlle Avril ? - Oui ?
Mme Zennefort voudrait vous parler.
Le grand retour.
Apres cinq ans de silence,
la grande Eloise Zennefort
sort...
un nouveau livre.
- Je peux ecrire ca ? - Si vous etes la,
vous croyez que c'est pour repeindre la girafe ?
Je suis tellement excitee.
Ca, pour un scoop,
c'est un scoop !
Et pour votre fils ?
Vous etes pas trop inquiete ?
Mon cher mari est inquiet pour deux.
La repartition des taches,
je suis pour, moi.
Oui, Tricard, l'enceinte est entierement securisee.
Ma conviction ?
Quelqu'un d'ici.
Attendez. Je vous rappelle.
Non mais !
Vol de piece a conviction et dissimulation d'indices.
Vous entamez une carriere de repris de justice ?
Je peux vous expliquer. Laurence !
Non, mais...
Cette nuit, j'ai surpris le fils aine d'Eloise, Gaspard.
Vous saviez ce qu'il faisait ?
Il mettait des pieges !
- Et donc ? - Mais si !
L'oiseau, c'est lui qui l'a depose.
En plus, il deteste son beau-pere.
Martin.
Quoi ? Non, mais...
Le pere de Gaspard,
son pere biologique,
Roland, que sa mere a quitte pour Adrien,
eh ben, il n'est jamais reapparu.
Ben, non. Envole !
Vous l'embarquez. Je ne veux plus la voir.
Lachez-moi !
Mais...
Alice !
Qu'est-ce qu'il y a ?
Je lui donne tout sur un plateau,
et Monsieur me met en cabane.
Oh non, commissaire ! Pas encore en cabane !
C'est une lubie !
Il n'aime pas les femmes en liberte.
Des qu'il en voit une, faut qu'il la mette en cage.
C'est un malade !
Je vais vous soigner ! Vous allez voir la une
de malade !
Je vous derange, docteur ?
J'ai examine votre oiseau. C'est un geai.
La tete coupee net au couteau.
Opinel carbone 10.
- Vous avez mis la main sur l'objet ? - Pas encore.
Qu'est-ce que vous attendez ? Faudrait pas tarder.
J'ai trouve autre chose.
Vous connaissant, je ne suis pas tres etonne, docteur.
Deposer un oiseau sans tete sur le seuil d'une habitation
est un rituel antique
utilise dans certaines tribus en Bolivie, sur les hauts plateaux.
Ca peut etre un oracle ou une menace.
Dans les deux cas, ca annonce un evenement majeur.
Et dans ce cas, l'evenement est-il heureux ou malheureux ?
Allons dans une tribu bolivienne, on leur demandera directement.
Dinons d'abord pour peaufiner nos questions.
Je ne fais pas dans le tete-a-tete. Encore moins avec un agent arme.
Avec vous, je suis desarme, docteur. Totalement desarme.
Tres mauvaise tactique.
Je n'ai aucun sentiment maternel.
Joli briquet. Cadeau d'une femme, j'imagine ?
Plusieurs.
Elles se sont cotisees.
Allo, oui ?
Oui, il est encore la.
Je vous le passe, mademoiselle.
Votre petite dactylo. Je crois que vous lui manquez.
Oui, Marlene.
Redites-moi ca.
Juste au moment ou ca devenait amusant.
He !
Y a quelqu'un ?
Voila, voila ! Chut !
Faut que tu me sortes de la. Je sais qui est le ravisseur.
Mais, Alice...
- Je n'ai pas le droit. - C'est lui qui n'a pas le droit !
C'est une atteinte a la liberte de la presse, merde !
La liberte de la presse,
je comprends bien, mais...
Je ne peux rien faire.
Absolument rien.
A moins que...
JAUI.
JA... Quoi ?
JAUI.
J'ai une idee !
Marlene... Marlene !
"Vous ne me prenez pas au serieux. Je double la rancon.
"1 million de nouveaux francs.
"Nouvel ultimatum : pas 2 jours,
"plus que 4 heures. A 16 h, votre fils sera enleve."
Signe "Greg Atlas."
C'etait ou ?
Dans ma chambre,
epingle sur mon oreiller.
1 million de nouveaux francs. Ces gens ont des gouts de luxe.
C'est quelqu'un d'ici.
- Votre beau-fils ? - Gaspard ?
C'est bien son genre.
C'est un cretin, en fait,
qui se croit tres malin, ce qui le rend inoffensif.
On va s'enfermer avec votre fils. Quel est l'endroit le plus sur ?
Le bureau d'Eloise. Il est tres en hauteur.
Tres bien.
Plus que trois heures.
Allez chercher Bruno.
"16 h tapantes."
Puisque je vous dis que le commissaire m'a appelee.
Il a dit :
"Liberez Avril. J'ai besoin d'elle maintenant."
Pourquoi j'irais inventer un truc aussi foufou ?
Eh ben, merci.
Y a quelqu'un ?
Denis Carot.
Armande Tenier.
Solange Masurel.
Gabrielle Henin.
Edmond Touchard.
Vous avez 1 heure pour partir.
Nous vous recontacterons.
Merci de votre comprehension.
Lachez-moi !
C'est quoi, ces methodes de sauvage ?
- Belle bete ! - Vous m'avez prise pour qui ?
Un sanglier ?
Ah non.
Plutot un petit marcassin.
Qui vous a fait sortir de cellule ?
Euh... Mon...
Mon avocat, commissaire.
Je l'ai mis a la disposition de Mlle Avril.
Mademoiselle est sous ma protection...
jusqu'a nouvel ordre.
- C'est la piece la plus haute ? - Non.
La plus imprenable, oui.
Comme la vue.
C'est pour ca qu'Eloise a voulu y faire son bureau.
De toute facon, je vais rester avec vous.
Mes hommes sont postes derriere la porte.
C'est toi, le coup de l'oiseau ?
Quel oiseau ?
L'oiseau decapite.
Non.
Non, je ne fais pas les oiseaux.
Une guepe !
La ! La !
Mais fais quelque chose, bon Dieu !
Par contre, je fais les insectes.
Commissaire !
- Commissaire ! - Qu'est-ce qu'il y a ?
On l'a attrape ! On l'a eu !
Qui ca ?
Ben, le ravisseur !
Papa revient tout de suite, d'accord ?
Ne bougez pas d'ici.
J'ai rien fait.
On m'a donne le message.
J'ai rien fait.
"Il est 16 h. Comme prevu, votre fils sera enleve."
Signe "Greg Atlas."
15 h 58.
Qui t'a donne ce message ? Reponds !
Lachez cet homme.
Tu vas le dire ? Tu vas le dire ?
Vous vous calmez !
- Qui t'a donne ca ? - C'est un grand...
avec une casquette et des lunettes.
- Un grand avec des lunettes ? - Oui.
Atlas.
Ouais, c'est ca. Atlas.
- Bon, allez. - Non.
Emmenez-le.
Bruno.
C'est Bruno !
C'est Bruno !
Rangez-moi ca, Martin.
Bruno !
Bruno !
Comment c'est possible ?
C'est un mystere, monsieur Debaer.
Pour la premiere fois de ma carriere, je n'ai pas de reponse.
C'est un mystere total.
J'ai trouve ca pres des vehicules, commissaire.
Opinel carbone numero 10.
- Il a du servir a crever les pneus. - Et a decapiter l'oiseau.
On dirait mon...
- C'est mon couteau, commissaire. - Comment ca ?
Je l'ai perdu il y a plus d'une semaine et...
Ou est mon petit ?
Il a ete enleve.
Eloise ?
Je veux des barrages la, la...
et la ! Controle de tous les vehicules.
Et un rapport toutes les heures. Retrouvez cette voiture !
Elle n'a pas pu se volatiliser !
En 25 ans, je n'ai jamais vu ca. Jamais !
On est nuls, completement nuls !
Et je veux qu'on me retrouve l'ex-mari aussi.
Et pour la petite nurse ?
Elle a pris le car et depuis...
En cas d'enlevement, chaque minute compte.
Ca fait...
2 h 52 minutes que le petit a disparu et on n'a toujours rien !
Allez, messieurs ! Maintenant, on s'active.
Et votre unique temoin, le vagabond ?
- Pourquoi vous l'avez relache ? - Y avait rien a en tirer.
Si vous voulez l'interroger, ne vous genez pas.
- Il va quitter le depot. - Tres bien.
Mais on se fait un point, heure par heure.
Marlene, faites entrer le fils aine.
Oui, commissaire.
L'oiseau decapite avec le couteau vole a Vanberten,
c'est moi.
Les pneus creves, c'est moi aussi, et les lettres...
J'avoue.
C'est mon papa qui a tout organise.
Il m'a contacte il y a 3 mois.
Il etait aux abois.
Je l'ai vu. Il avait besoin d'argent.
Ma mere en a trop. Ou est le mal ?
On a tout imagine ensemble.
Moi, surtout.
Le cerveau, c'est moi. C'est qu'il y en a, la-dedans.
Qu'est-ce que vous en pensez ?
On dirait un roman de ma mere.
Greg Atlas...
Quel nom ridicule, non ?
Ta mere croit que c'est ton pere. Tu sais ou il est ?
Il est en France ?
Je ne sais pas.
Puis maman,
elle dit tout et son contraire. Faudra s'y habituer.
Allez, sors d'ici.
Je ne vais pas en prison ?
Votre collegue m'a promis la une. J'ai mis mon plus beau costume.
Marlene, vous me debarrassez de ce jeune homme, s'il vous plait ?
J'adore votre parfum.
Allez ! Votre maman vous attend.
Il a de bien jolies collegues, votre commissaire.
Vous pouvez rentrer chez vous. La nuit risque d'etre longue.
Je sais, commissaire, mais... sachez que je suis la pour vous.
Ma tata Gilberte, paix a son ame,
disait que c'est quand l'heure est grave
que la brebis peut compter sur ses petits.
Merci, Marlene.
Ce que vous dites a propos de votre tata... Gilberte
me touche beaucoup.
Mais allez dormir, reprenez des forces.
Demain est un autre jour et j'aurai encore besoin de vous.
Bien, commissaire.
Merci.
J'en ai compte quatorze.
Bizarre, hein ?
Mme Zennefort va mieux ?
Elle a un message pour vous.
La piste de son ancien mari, le pere de Gaspard,
lui parait plausible.
Elle a vraiment dit "plausible" ?
Ben, ouais.
Et le mobile ?
Il revient pour se venger de celui qui lui a vole sa famille.
Vous ne la trouvez pas ? Elle s'est pas volatilisee !
Bouchon.
Regine Bouchon.
Employeurs, famille, amis, petits amis...
Il faut que je vous apprenne votre metier ou quoi ?
Un oiseau sans tete.
Un oiseau sans tete est un oiseau... qui a perdu la tete.
- Vous avez un peu dormi ? - Non.
Un oiseau sans tete est un oiseau qui a perdu la tete.
Et...?
Et quelqu'un qui a perdu la tete...
est quelqu'un qui devient fou !
QQDF.
QQDF. Bien, Marlene, bien.
Et...
quelqu'un qui devient fou,
il est pret a tout !
L'avenir nous le dira, Marlene.
Montrez-moi ca.
"La piste de l'ex-mari de Mme Zennefort
"privilegiee par la police" ?
"Une pierre, deux coups."
Comment ca ?
La seule question qui vaille :
a qui profite le crime ?
L'enlevement de son fils va lui faire une sacree publicite.
- C'est Laurence. - Laurence. Mais quel bon vent...?
C'est quoi, ces aneries ? Vous n'avez aucune preuve,
aucun temoin, aucun indice.
Il fait quoi, votre redac en chef ?
C'est ridicule !
Allo ?
Qu'est-ce qu'il voulait ?
Euh... M'epouser, j'ai l'impression.
Toi,
je t'ai deja vu quelque part.
Il est ou, votre patron adore ?
"Bonjour", on dit.
Il est parti chez le divisionnaire.
S'il revient, vous lui direz de passer me voir.
Et...
C'est a quel propos ?
Je lui dirai en personne, si ca vous defrise pas trop.
Jolie robe.
Il en a, de la chance, le commissaire.
Vous connaissez le chatiment reserve a ceux qui fouillent dans les sacs ?
Le mariage ?
La mort, commissaire. Par ecartelement.
Cinq chevaux. Un pour chaque membre.
J'ai fait une autopsie sur votre petit oiseau.
- "Mon petit oiseau" ? - Oui.
Votre geai.
J'ai trouve ca.
Ah, une guepe.
- Vivante ? - Comme vous et moi.
Enfin, vous, je ne sais pas...
- C'est un mauvais presage ? - Y a des chances, oui.
Ce qui est sur, c'est qu'elle a ete introduite dans l'oiseau
apres decapitation.
- Vous pouvez examiner ca ? - C'est quoi ?
Des photos d'inscriptions mysterieuses.
Des sortes de hieroglyphes.
Une piste possible. C'est dans vos cordes ?
Decidement,
elle vous tient en laisse, commissaire.
- Qu'est-ce qui se passe, Marlene ? - Je peux vous dire un mot ?
Vous voulez que je vous laisse seuls ?
Je vous ecoute, Marlene.
YDN.
Y a du nouveau.
Police.
Ben, ouais, je sais lire.
Regine Bouchon, la soeur de Mme Niolon, elle habite bien la ?
Ouais, depuis hier.
- Ou est-elle ? - Dans le square avec le petit.
Le petit ? Quel petit ?
Qu'est-ce que vous faites la, vous ?
Comment vous avez su ?
Oh ben, c'est pas complique. Je vous ai suivi.
Oh, elle est la ! La !
- Ou ? - La !
Bien. Vous me laissez faire, d'accord ?
- Bonjour. - Bonjour.
Vous etes au courant ?
- De quoi ? - Le petit Bruno a ete enleve.
Oh, mon Dieu !
Oh, j'aurais pas du m'en aller. Je m'en veux.
Je suis sure que si j'etais restee... J'aurais du insister.
Vous avez lu le journal, ce matin ?
Le journal ? Non. Pourquoi ?
On va au manege, maintenant ?
Oui, on y va, mon cheri. On y va.
C'est votre fils ?
Non, c'est mon neveu.
Vous etiez ou, hier, vers 16 h ?
Apres ce qui s'est passe, le temps de faire mes bagages,
j'ai pris le car. L'arret est a l'entree du village.
A 16 h, j'etais chez ma soeur. Elle confirmera.
Vous passerez au commissariat avec elle pour confirmer tout ca.
Cet apres-midi. Merci.
- Avril ! - Oui.
Vous avez vu ?
Quoi ?
Quand vous lui avez demande si elle avait lu le journal.
Ben, elle l'avait lu. J'en suis sure.
Elle ment.
Eloise l'avait dans le nez.
Je crois que Regine en pincait pour son mari
et que ca crevait les yeux.
Enfin, facon de parler.
Alors ? Fifty-fifty?
Ben, on se decide ?
On fait cousin-cousine ou quoi ?
C'est pas vrai !
Marlene.
Viens voir, s'il te plait.
Qu'est-ce que tu vois, la ?
Y a les "O" qui bavent.
Bravo, Marlene. Ouais.
La, la et la.
Commissaire !
Alice a trouve une nouvelle piste. Y a les "O" qui bavent.
Pardon ? Les "O" qui quoi ?
Oui, ca veut dire que la touche "O"
de la machine qui a servi pour les lettres
est dereglee et que les "O" bavent.
Ca va ? Vous imprimez ou...?
Attendez, attendez.
Mais oui !
Vanberten.
Quoi, Vanberten ?
Vous cherchez quelque chose ?
Vous, monsieur Vanberten. Asseyez-vous.
Et...
- Je fais quoi ? - Je dicte, vous tapez.
Je tape quoi ?
Ca vient, ca vient.
"Je, virgule, soussigne,
"monsieur Gilles Vanberten,
"avoue etre le..."
Vous tapez pas un peu fort sur les "O" ?
Non.
La touche "O" est...
- Elle est tordue. - Tordue !
Voyez-vous ca.
On reprend.
"...avoue etre le...
"ravisseur
"du petit Bruno."
Mais...
Vous allez preparer un bagage leger, monsieur Vanberten.
Et pourquoi ca ?
- Les nuits sont fraiches, en prison. - Oui, Avril.
Vous en savez quelque chose.
Attendez, attendez.
OK. Merci.
- Vous me ramenez ? - Vous avez 2 jambes, non ?
- Ca se voit tant que ca ? - Notre collaboration s'arrete ici.
Ben, oui. Tout de suite les grands mots.
Ah, c'est la guerre ?
D'accord.
"Chere adoree, Permettez que je vous appelle ainsi.
"Il n'y a pas de meilleur adjectif pour definir ce que je ressens.
"Vous n'etes pas une femme. Vous etes la femme.
"Forte et douce, abandonnee et rebelle,
"inaccessible et maternelle.
"Vous m'avez conquis des la premiere fois.
"Vos traits se sont imprimes sur ma retine pour toujours.
"Etre votre secretaire n'est pas un metier comme un autre.
"Il etait fait pour moi, et j'espere..."
- Je m'arrete, la, ou je continue ? - Continuez, continuez...
- Qu'est-ce qui vous arrive ? - Rien.
Rien.
Nous avons trouve ces lettres dans le bureau de Mme Zennefort.
C'est votre prose ?
Oui.
Mais...
Quel... Quel rapport avec l'enlevement de Bruno ?
N'importe qui...
Le couteau qui a servi a decapiter l'oiseau est le votre.
La machine qui a servi a taper la lettre est la votre.
Voila les preuves.
Quant au mobile,
eh bien, je dirais, comme ca, au debotte,
le depit amoureux.
Eloise Zennefort,
la femme que vous idolatrez,
vous meprise.
Cerise sur le gateau, elle epouse un ignare.
En s'en prenant a leur fils, vous teniez votre vengeance.
- Mais je vous jure... - Dites-nous ou sont vos complices
et ou vous sequestrez l'enfant.
A moins que vous ne l'ayez deja tue ?
Vous ne frappez plus ?
On a retrouve la 403 qui a servi a l'enlevement.
Y avait ca, dans la boite a gants.
- La ! - Quoi ? Quoi, la ?
Un cheveu.
Donnez-moi ca, Marlene.
Bravo, Marlene !
EUI.
EUI... EUI...
- Enfin un indice ? - Oui.
Marlene, demandez a Martin
de recuperer un cheveu sur la tete de chacun de ces personnages
et de les apporter au Dr Maillol.
On va les comparer a celui-ci.
Ca fait cinq cheveux ?
Cinq cheveux a couper en quatre. On dirait le titre d'un roman.
Mais oui ! Mais c'est ca !
Quel imbecile je suis !
Des personnages de roman.
Et le ravisseur qui signe du nom de Greg Atlas.
La reponse est dans les romans de Zennefort.
Trouvez-moi quelqu'un qui les connait bien.
- J'en connais un. - Mais faites-le venir ici.
Il est deja la.
- Ou ca ? - Devant vous. C'est moi.
Marlene.
Ca va aller.
Ca va aller.
- Alors ? - Ah non, ce n'est pas dans celui-la.
La, Greg est accuse de meurtre. J'y ai cru.
J'ai ete soulagee quand...
Et celui-la ?
Dans celui-la, il y a bien une histoire de vagabond, mais...
La.
Ouais. Ou est-ce qu'elle va chercher tout ca ?
C'est dans celui-la.
La, Greg Atlas est fait prisonnier
par une bande de trafiquants d'ivoire.
A leur tete, il y a une femme.
- On croit qu'elle est amoureuse... - Oui, Marlene...
La.
Un oiseau sans tete !
- Bravo, Marlene. - Je vous derange ?
C'est le rapport ?
Merci beaucoup.
Vous etes sure ?
J'ai l'air de plaisanter ?
Je suis une amie de la famille.
Vous comprenez ce que ca veut dire ?
Regardez.
Quoi ?
Elle est la ! Je la vois. Je la vois. Elle est la.
Ca y est, elle arrive.
Madame Zennefort !
Ou est votre fils, Mme Zennefort ?
A tout hasard,
je dirais
dans son petit pantalon ?
Mme Zennefort, je vous accuse de l'enlevement de votre fils.
Dites-nous ou il est et nous pourrons cesser cette comedie absurde.
- Vous savez ce que je pense ? - Dites-le-moi.
Je pense que vous avez organise ca pour votre publicite.
Rien de publie depuis 5 ans. C'est votre retour.
Il faut frapper fort.
Vous vous mettez Avril dans la poche pour promouvoir votre roman.
Une pierre, deux coups.
Ce faux enlevement est une idee de genie.
Qui d'autre que vous aurait pu l'avoir ?
A part moi, je ne vois personne d'autre.
Et puis y a ces details dans vos romans.
Cet oiseau sans tete qu'on depose devant la maison de la victime,
juste avant son meurtre.
C'est dans...
Un chatiment s'impose. Chapitre 3, exactement.
Merci, Marlene.
- Comment expliquez-vous ca ? - Tout simplement.
Je fais des emules et je m'en rejouis.
Bien. Reprenons, s'il vous plait.
Vous feignez de dormir dans le salon.
Une fois seule, vous enfilez la perruque.
Vous montez dans la 403 ou votre fils vous attend.
Puis, grace a un complice
- surement Vanberten, il finira par avouer -,
vous revenez sur les lieux en catimini
pour vous evanouir. C'est bien ca ?
Bravo. Ca se tient.
Seul petit hic :
comment je fais pour soustraire mon fils
aux deux policiers qui gardent mon bureau ?
C'est la seule ombre au tableau, j'avoue,
mais je me ferai fort de la mettre en lumiere.
Et pour la piste de votre ex-mari ? Vous...
Laissez mon ex-mari ou il est, commissaire.
Il est mort.
M. Debaer...
- Laissez-moi lui parler. - Sortez.
- Ou est Bruno ? Dis-le-moi. - M. Debaer !
Laissez-moi lui parler.
Cherie, mon amour.
Cherie, parle-moi.
Soyez raisonnable.
Cherie, dis-moi ou est Bruno.
Dis-le-moi !
Adrien a toujours ete tres emotif.
C'est ce qui fait son charme, d'ailleurs.
J'adore les maris emotifs.
Et votre ex-mari, il est mort quand ?
Il s'est noye.
Pas suicide, juste noye.
Dans son vomi !
Je suis desole.
Desole.
Ne soyez pas desole, mon bon Gilles.
Il faut profiter de la situation.
C'est de la tres bonne matiere, pour le moment.
Excusez-moi.
Madame Zennefort,
est-ce que je pourrais...
Bon. Je ne sais pas si c'est le lieu ni le moment, mais...
Est-ce que je pourrais...
vous demander un autographe ?
Bien sur. C'est ideal.
Je n'ai que ca a faire, hein.
- L'amour est une illusion ordinaire. - Oh oui.
- Vous avez aime ? - Adore !
Surtout quand Greg avoue a Daisy qu'il l'aimait depuis le 1er jour,
mais qu'il ne pouvait rien lui dire, vu que...
c'est elle la meurtriere au secateur.
C'est vrai.
C'est une fin tres poignante.
Ou donc vais-je chercher tout ca ?
Vous pouvez me rappeler votre petit nom ?
Marlene.
Merci.
"Laurence a prouve que la misogynie etait son passe-temps favori."
Ben, c'est tres bien.
Oui ?
Alors ?
Eloise Zennefort est innocente ?
Une mere qui enleve son enfant ? C'est completement debile.
Je sais pas. Et on s'en fout.
Ca va faire un tabac. Ca a double notre tirage.
Tiens, Avril. Y a ca, qui est arrive pour toi.
Quoi ?
Alice Avril, reporter a La Voix du Nord.
T'as fait du chemin, toi.
Merci.
"Je vous felicite. Vous avez reussi un scoop
"avec l'interview d'Eloise Zennefort.
"Et c'est ce qui m'a decide a vous accorder moi aussi une interview.
"Au dos, le lieu et l'heure du rendez-vous.
"Je suis impatient, comme vous, j'imagine.
"Greg Atlas."
Si c'est pas un scoop, ca...
Qu'est-ce que je fais ? J'y vais seule ou mal accompagnee ?
Non, Alice. Je te l'interdis ! Pas toute seule.
Vous ne pouvez pas la laisser seule comme une genisse a l'abattoir.
Comme... Merci pour la genisse, Marlene.
Non, je voulais dire que...
Non, non. Une genisse, ca vous va plutot bien.
Vous voulez me mettre une cloche autour du cou ?
Hein ?
Vous venez ?
Merci, Marlene.
Vous la relachez ?
Avant de ferrer un poisson, il faut le laisser filer.
Ben, oui.
Debutante.
Pecheur a la ligne.
A la moindre alerte, vous soufflez. Un coup pour un bruit suspect,
deux coups en cas de danger.
Je vous ai a l'oeil.
Y a quelqu'un ?
Y a quelqu'un ?
Y a quelqu'un ?
Greg Atlas ?
C'est Alice Avril.
Doucement.
Alors ? Vous l'avez vu ?
Ben...
Je comprends pas.
- Y avait personne. - Ben, personne ?
Oui.
Personne, personne ?
Enfin, non. Non, personne.
Oui...
"Si la rancon n'est pas versee, l'enfant sera tue.
"Dites-leur de preparer 1 million de nouveaux francs.
"Je les appellerai pour fixer les modalites."
- C'est impossible. - Elle m'a double.
- Comment c'est possible ? - Elle m'a double !
Mauvaise nouvelle, Laurence. Mme Zennefort nous mene en bateau.
Son ex-mari n'est pas mort noye.
- Comment ca ? - On a retrouve sa trace.
Il a quitte la France il y a 5 ans.
Afrique noire, Mozambique.
Turquie.
- Et la Suisse. - La Suisse ?
Oui. Le consulat a signale une sortie vers chez nous il y a deux mois.
Deux mois. Donc il est en France. Soit Eloise Zennefort le couvre,
soit elle est vraiment folle,
soit les deux.
Quoi qu'il en soit,
aucune communication avec la presse. D'accord ?
Et 50 000 qui font 1 million.
Joyeux Noel, Bruno.
Je ferme ?
Vous pouvez fermer, oui.
Il ne devrait plus tarder.
C'est lui.
Adrien Debaer, j'ecoute.
D'accord.
Qu'est-ce qu'il fout ?
Commissaire.
Le conducteur a perdu le controle du vehicule
et a fini dans le fosse.
Merci.
Merci.
Commissaire.
Venez voir.
- Alors ? Le verdict ? - Ce que vous etes impatient !
On dirait mon ex-mari. Ca ne lui a pas porte chance.
Vous m'allumez une cigarette ?
J'ai trouve ca dans son pantalon.
Vous savez ce que m'a dit mon Americain de mari,
quand j'ai signe les papiers du divorce ?
- Non. - "Fuck you."
Joli programme.
Respecte a la lettre, surtout.
J'ai planche sur vos hieroglyphes.
Ce sont des lettres de l'alphabet thebain.
La plus ancienne source remonte au livre
de Cornelius Agrippa, Trois Livres de la philosophie occulte.
D'abord publie en latin a Anvers
en 1531.
Cet alphabet etait utilise par les sorcieres
pour proteger le sens de leurs sorts.
Y a 14 lettres. Certaines sont en double.
Et ca donne quoi, en francais ?
La traduction est la.
Il ne reste plus qu'a faire un Diamino.
Un Diamino ?
Un Diamino, un jeu avec des lettres. Vous ne connaissez pas ?
Personnellement, je prefere d'autres jeux.
Un meurtre ?
Vanberten etait allergique aux piqures de guepes.
Mais cela concerne environ 2 % de la population.
L'assassin etait au courant de son allergie
et il a introduit l'insecte dans l'habitacle.
Un meurtre avec une guepe ?
Oui, madame.
Comme dans votre roman
Une position inconfortable.
Parfaitement.
Chapitre 12. C'est pas mon prefere.
Cela parait totalement saugrenu.
Gilles buvait, et l'alcool, c'est bien connu,
ne fait pas bon menage avec la conduite.
- Et on l'aurait tue pour quoi ? - Eh bien, pour l'empecher de parler.
La liasse retrouvee correspond aux numeros des billets de la rancon.
Cela prouve qu'il etait sinon l'instigateur du kidnapping,
tout du moins un complice.
Et notre fils,
il est ou ?
Je vais le savoir.
Tres vite.
"Sucre." Cinq lettres.
Moi, j'ai "accolade".
Huit lettres.
Mais ce qu'on est betes !
Qui ?
C'est en latin, qu'il faut chercher.
Oui, un chateau neogothique.
Des inscriptions en alphabet thebain.
Cornelius Agrippa.
Cornelius Agrippa.
C'est en latin, pas en francais.
Le latin, c'est une langue morte, ca.
Vous devriez aller repecher votre legiste, non ?
Parce que bon...
C'est son truc, les trucs morts, non ?
C'est extremement drole.
Occulta sacerdo.
- Ca veut dire quoi ? - Ca veut rien dire, je parie.
Exact. Il manque juste le "s".
- C'est quoi ? - Occulta sacerdos :
la cage du pretre.
Une cachette.
Mais bien sur, une cachette !
La cage du pretre est une piece ou on peut faire penitence.
Des chateaux neogothiques en ont une.
Et le chateau des Zennefort est un chateau neogothique.
Je sens qu'on brule.
Seul probleme, il me manque un "s".
Mais...
JSONT.
Je sais ou le trouver.
Personne ne bouge d'ici.
Si. Moi, je vais bouger, si ca ne vous derange pas.
Pardon. Merci pour tout.
Mais pour qui elle se prend ?
Pardon. Merci pour tout.
- Mesdemoiselles, pardon. - Vous n'auriez pas un "s" ?
Un "s" comme Swan.
- Alice ! - Hein ?
Regarde ! Lui, la !
On dirait le vagabond.
C'est le vagabond.
T'as raison. C'est le mec bizarre du parc.
Je savais que je l'avais vu quelque part.
Gerard Kerner.
Mais si c'est un acteur,
ca veut dire que tout ca est une mise en scene ?
Ah, te voila, toi !
Vous etes l'ex-mari de Mme Zennefort, c'est ca ?
C'etait comment, la Suisse ?
Pas trop vert ?
Arrete-toi.
- Tu veux pas faire l'interview ? - Je l'ai vu. Il a du me reperer.
Ecoute.
Plan de bataille en deux points. Allez, premier.
La flatterie. On a ce qu'on veut d'un homme quand on le flatte.
Et le deuxieme, les questions qui fachent.
Voila. Alterner douceur et brutalite. C'est ca, la tactique.
Et puis...
le coup de sonde.
Au moment venu, tu poses ce journal.
- D'accord ? - D'accord.
- C'est quand, le moment venu ? - Quand il sera en confiance.
Comme...
Comme Le Corbeau et le Renard.
Tu vois ? Le corbeau, quand il va lacher le frometon.
Le frometon.
Si c'est bien lui, il nous menera jusqu'a l'enfant.
Et je m'appelle comment ?
A son impresario, j'ai dit Francoise Giroux.
Ca l'a impressionne.
Francoise Giroux.
Je suis inquiete.
On n'a pas de nouvelles du commissaire.
Tu devrais pas. Il doit etre avec une poule.
La legiste.
Il lui court apres, non ?
Marlene, c'est pas ce qui est important.
Oui.
Bonjour.
Francoise Giroux, de La Voix du Nord.
Enchante, Francoise.
Si j'avais su, je serais venu avec des fleurs.
Moi de meme.
Bon. Vous faites un metier formidable.
Oh, vous savez, ce metier, ce sont surtout des espoirs decus.
- Votre cafe, madame. - Merci.
Ils sont au-dessous de votre talent.
Bref. J'ai de grandes choses a faire.
Je le sais.
Ah ! Si seulement on me laissait ma chance une seule fois.
Et...
les roles de composition...
J'adore ca.
- Et vous vous deguisez aussi ? - J'adore.
J'ai choisi ce metier pour ca.
Vous savez, chevalier en armure, roi dechu,
aviateur perdu dans le desert...
Vagabond, vous avez fait, deja ?
Vagabond, bien sur, oui.
Et...
Ah. Oh oui...
Cette affaire,
ca ferait un tres bon episode des Cinq Dernieres Minutes, non ?
Euh... Oui.
Enfin...
Je dois y aller, la. On a fini ?
Oui.
- Au plaisir. - Au revoir.
C'etait tres bien.
Oui.
Bonjour. Je cherche le commissaire. Il n'est pas la ?
Je suis inquiete. Il a disparu depuis hier soir.
Je suis inquiete. C'est pas souvent, mais...
C'est un grand garcon, vous savez, Marlene.
Il n'est pas la, c'est sur ?
Euh... Oui.
Vous voulez regarder sous mes jupes ?
Commissaire, vous etes la ? Ouvrez-moi. C'est moi.
Commissaire ! C'est moi. C'est Marlene.
Qu'est-ce qui vous est arrive ?
Je crois bien que...
je suis mort.
Hein ?
Eh bien, on dira que l'alcool m'a sauve la vie.
L'alcool et le tabac.
Beau double.
Qu'est-ce que vous allez faire, maintenant ?
Organiser mes funerailles.
Vos funerailles ?
Je suis sur que mon assassin se fera un plaisir d'y assister.
Et la...
"Tous ici le regretteront. Grand flic, grand homme,
"grand patriote..."
Ca fait un peu trop fier-a-bras, tous ces "grand" ?
Oh, non. C'est tres bien. Ca rime.
Ah. Alors, si ca rime, c'est parfait.
Continuez.
"Swan Laurence manquera aux bons, comme aux mechants,
"aux faibles, comme aux puissants..."
Et pas un mot a Avril. Elle ne peut pas tenir sa langue.
Laurence, je sais qui sont les...
Les ravisseurs.
Marlene.
Qu'est-ce qui se passe ?
- Il est arrive... - Au commissaire, oui.
A Laurence ?
Oui, Alice.
Il est...
Il est...?
Oui.
C'est arrive comment ?
Tu sais, Alice,
il t'aimait...
beaucoup.
Euh... Ah bon ?
Mais je...
Je croyais que...
Non, non, detrompe-toi.
Tu sais ce qu'il disait de toi ?
Non.
"Avril est la meilleure d'entre nous."
- Tu me balades, la. - Non.
Sous ses airs bourrus,
il avait un petit coeur qui battait
et qui ne bat plus.
Oh, c'est affreux !
Marlene, c'est quoi, l'embrouille, la ?
Tu jures que tu dis rien ?
Non, mais...
une tombe !
Swan Laurence manquera
aux bons, comme aux mechants,
aux faibles, comme aux puissants.
Mais un jour,
son nom fleurira dans les manuels d'ecoles de police.
On ecrira des livres sur lui, c'est sur.
Des romans.
Prions
pour qu'un nouveau Laurence prenne le relais de celui qui nous quitte.
Mais qu'est-ce que ca veut dire ?
- Vous n'avez aucune chance. - Reculez.
- Vous n'avez aucune chance. - Reculez !
A votre place, je ne tenterai plus rien.
Le coupable, OK, mais ca fait 15 jours qu'on l'a pas vu, le gamin.
Ah, les voila.
Les voila. Ils arrivent.
Les voila.
- Vous avez trouve le million ? - Ils etaient amants ?
- Pas de questions. - Bruno ! Bruno !
Dis-nous un petit mot.
Regarde qui est la.
Allez, vas-y.
Un petit bisou a sa maman, c'est trop demander ?
Vous saviez que votre mari s'ennuyait.
Oui, je m'en etais apercue.
Quand nous etions au lit, forcement...
Quand un humain s'ennuie, il joue.
Black jack, roulette...
Mais surtout poker, sur des tables privees.
J'ai cru que c'etait Vanberten, le joueur, mais en inspectant,
on a decouvert que vous utilisiez son nom, M. Debaer.
Vous perdiez de tres grosses sommes.
On vous menacait de tout reveler.
Vous avez imagine cet enlevement en vous inspirant de ses romans.
Vous avez recrute Mlle Bouchon
et M. Kerner,
acteur en mal de reconnaissance
que vous aviez rencontre a l'epoque ou vous enseigniez l'escrime.
- Que Marlene et moi avons demasque. - Oui, j'allais le dire, Avril.
Beau plan, belle equipe.
Ca a presque failli reussir.
En tout cas, commissaire, vous me devez un mari.
Et une explication aussi.
Occulta sacerdos,
la cage du pretre. Voila la cle de l'histoire.
Vous etiez le seul a la connaitre,
avec votre fils, bien sur, qui vous venere
et qui aime tant partager des secrets avec son papa adore.
Papa revient tout de suite, d'accord ?
Puis vous etes revenue par le tunnel.
N'est-ce pas, mademoiselle Bouchon ?
Allez, on y va.
Car la etait l'astuce geniale,
digne de vous, madame Zennefort.
Il y avait deux enfants :
le faux Bruno qu'on enleve au nez de tout le monde, et le vrai
qui attend sagement dans la cage du pretre
que son papa vienne le chercher
une fois que la police est partie.
Tu continues a jouer, cheri ?
- Qui on va voir ? - Regine.
Il y avait 2 enfants comme, plus tard, il y aura 2 valises :
celle avec l'argent qui restera dans le coffre,
et la valise sans argent que je vous verrai deposer
a l'interieur du mausolee.
Valise qui sera vide
quand nous irons constater que la rancon a disparu.
Reussite totale.
Mais Vanberten vous surprend en train de voler l'argent.
Vous savez qu'il vous deteste, qu'il est incorruptible
et qu'il est allergique aux guepes.
Trois bonnes raisons de le supprimer.
Dernier detail, comment avez-vous decouvert la cage du pretre ?
Je suis alle dans le bureau de ma femme trouver un billet ou deux
et j'ai vu la lettre incrustee.
Ex-femme,
mon cheri.
Ex.
Ca va ?
Tu ne t'es pas trop ennuye, pendant tout ce temps ?
- Bonjour, commissaire. - Alors ?
Ce dimanche, Marlene, qu'est-ce que vous avez fait ?
Et frapper, jamais !
Eloise Zennefort m'a donne ca pour vous.
- Qu'est-ce que c'est ? - Un livre, peut-etre.
Le Mysterieux Enlevement du petit Bruno.
Vous l'avez inspire, qu'elle m'a dit.
Vous etes son premier lecteur.
Elle n'a pas perdu de temps, cette fois-ci.
"A mon cher personnage,
"le commissaire Laurence. Longue vie a lui."
Qu'est-ce que ca veut dire ?
Vous etes un personnage de roman !
Vous y etes aussi, Marlene.
Nous y sommes tous les deux.
Et moi, j'y suis ?
Ah, je ne sais pas.
Ah oui, la, tiens.
"En avril, ne te decouvre pas d'un fil."
- C'est tout ? - Vous serez dans le prochain.
JDST, hein ?
Jamais...
deux sans trois ? - Oui !
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