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...
Générique
...
-Le cul est énorme !
-Bah, quand t'es dedans, je suis sûr que t'es bien, hein !
-Les chaussons aussi, mais tu sors pas avec.
-Beau ou pas, on s'en fout, non ? -C'est trop petit.
-Ça reste un camping-car, pas un porte-avion.
-Oui, le côté exigu, c'est obligé. -Oui, par exemple,
y a pas de cave, ni de balcon. -Oh, c'est fin, ça !
-Tu vois,
celui-là me plaît. -Bah, non !
-Si, il me plaît.
-Il te plaît pas.
-Euh, non, ouais. Il me plaît pas.
-Trop petit. -Bah oui !
-C'est drôle. Y a deux secondes, tu le trouvais bien.
-Il s'en passe, en deux secondes !
-En neuf mois aussi, d'ailleurs. -De quoi ils parlent ?
-Tu sais, les allusions trop subtiles, moi...
-Celui-là me paraît plus grand.
-On va pas y passer la matinée. Je dois cuisiner.
Musique enjouée Les oiseaux gazouillent.
Voilà !
Y aurait pas une petite mayo ? -On n'a pas droit aux œufs.
Mais la mayo, c'est parfait ! -Tu veux un flan ?
-Voilà, ça y est ! Le cholestérol !
C'est absurde, on a droit au poulet. À l'origine, le poulet est un œuf.
-Trinquons à ce beau raisonnement.
-Salute! -Santé !
-Et à la famille.
-Qui peut toujours s'agrandir ! -C'est pas vrai ? Ça recommence.
-Oui, mais c'est tout à demi-mots. -Ah non ! Plus de demi-mots.
Je veux du mouflet, du rototo, de la grenouillère.
Vous deux, ça fait cinq ans !
-Maman a raison, chérie. Harold,
c'est pas comme ton ex, le fumier.
Il a pas de double vie.
-Une famille cachée ? -Très bien cachée !
-T'es mon orphelin.
-Bah ouais !
-Il a pas de parents, mais il nous a, nous.
-Tiens, au fait,
j'ai ta perceuse et les mèches.
-Une suffira, maman.
-Tu sais pas.
-La lancez pas là-dessus !
-Elle fixe une étagère sur un mur. -Comment, le mur ?
-C'est parti !
-Placo, pierre ?
Brique, béton ?
C'est pas la même chose, merde ! Tous rient.
-Faut que je te parle d'un truc.
La boîte, je peux plus tout gérer tout seul.
-J'imagine. -Il faut un directeur commercial.
-Ouais, bah, Lopez. -Non... eh non !
Eh ouais ! -Oh, yes !
Merci, mon Hervé. Ça me fait plaisir que tu me fasses confiance.
-T'es mon poteau. -Comment Lopez va le prendre ?
-Très mal. T'inquiète, il peut pas te sacquer.
Pense pas à ça. Pense à ta négo. -Ouais, t'as raison.
On se refait un point demain ? -Non, je serai pas là, demain.
-Non, tu déconnes ? -T'auras Coralie, Chloé et Lopez.
-Mais je compte sur toi, moi.
-Hé, mesdemoiselles ! Vous avez rien contre les athlètes ?
Niveau physique, je veux dire. -Sans déconner !
Comment ça, tu viens pas, demain ? -Eh non. Cas de force majeure.
Enfin, majeure depuis pas longtemps, elle a 22 ans. Mate.
-Je veux pas être au courant.
-Non, mais regarde ! La photo est clean, tu peux la voir.
Regarde-moi ça ! -Oh, putain ! Je veux pas voir ça.
-Quoi ? Attends ! Me dis pas que tu la trouves moche !
-Bah, difficile à dire. On voit ni ses yeux, ni son sourire.
Ça me fout mal à l'aise, vis-à-vis de Chloé.
Je croyais que ça allait bien. -Super bien !
-Bah ! -Je vois pas le rapport.
-T'es un malade. Tout va bien avec ta femme
et t'as une maîtresse. Les jeunes imitent des baisers.
Ouais, y a un problème, les gars ? -Non, y a pas de problème.
-Si, si. Y a un problème. -Non.
On s'en fout, des petits cons.
Tu vas pas t'énerver à chaque fois ? -Ces petits cons m'emmerdent !
-Mec, tu fais de la marche rapide. De la marche rapide !
C'est comme la course lente !
-C'est toi qui vas tout gérer ?
-Bah, oui ! -Oh, c'est classe !
-Mais tu sais... -Tu seras seul à Paris avec Chloé ?
-Euh, ouais. Ouais. Sauf qu'il y aura Lopez, Coralie...
-Et la belle Chloé... -Et voilà.
Y a un truc que je voudrais faire avec toi.
-Ah ouais ? Vas-y.
Vas-y !
-Un gosse.
Elle rit légèrement.
Musique techno
-Allez, Chloé ! T'en as pas assez, là !
-Non, tu sais. Après, je serai pompette.
-T'es la femme du patron.
Allez !
-Ça va, c'est bon ! C'est bon ! C'est un bol, quoi !
-Je lève mon verre à ce contrat. -En tant que directeur commercial !
-Ouais ! -Non, non, non.
Je lève mon verre à ce contrat décroché ensemble.
-Allez, santé ! Bravo. -Bravo.
-Mesdames.
-Allez, allez, allez !
Les clients l'encouragent.
-Après, tu peux accélérer. Tu peux faire 40 bornes, comme ça.
Le déhanché, tout est là.
-Je lis des bouquins de psycho. -Ah ouais ?
-Je m'intéresse vachement aux autres.
J'aime beaucoup l'altruisme. C'est super, ça !
-C'est bien, c'est gracieux. -Je vois ce que tu penses.
Ça fait con, c'est ça ? Bah, ma femme, elle trouve ça sexy.
-Ah bon ? T'es sûr ? -Ouais...
-J'ai l'impression qu'il ne me regarde plus.
Mais je sais pas. Après, c'est peut-être moi.
-Si quelqu'un s'éloigne de toi et que tu veux le reconquérir,
faut le rendre jaloux. -Ouais, ouais.
-Tu veux qu'on le rende jaloux ? On loge à côté.
Elle rit. Bah, quoi ?
Quoi ?
-Bon ! On va rentrer, hein. On a assez bu, je crois.
-Ah, ben non ! Moi, les shots, ça me fait rien du tout.
Attends, regarde.
Musique hip-hop
Olé !
Attends, mais je peux marcher ! -Chut !
-Pourquoi, chut ? On est à Paris ! -Parce que !
Allez, demain, ça ira mieux. Bonne nuit.
-Attends ! Mais reste, euh !
Allez !
Juste un dernier verre, Harold ! -Bon, bah, je vais me coucher.
-Bonne nuit.
-Mais, Harold ! T'es pas drôle.
Harold !
On frappe à la porte.
Harold soupire.
-Il est super tard ! Au lit ! -Non, je sais. Attends !
-Allez, au lit ! T'as trop bu, faut te coucher.
-Attends, Harold !
Chut ! Harold...
Tu dis que je suis encore désirable. -Mais, oui, t'es désirable.
-Attends ! -Chut !
Genre... tu coucherais avec moi ?
-Bah non, bien sûr que non ! T'es la femme de mon pote.
-Oui, mais, euh... Dans l'absolu !
-Non, mais dans l'absolu, tous les mecs coucheraient avec toi.
-Mais pourquoi... on dirait pas qu'on est dans l'absolu ? Hein ?
-Tu sais plus ce que tu dis. -Pourquoi ? Hein ? Attends.
-Arrête ! Arrête.
Musique suave
Non, non, non. Ta chambre est là, Chloé.
Non ! Va dans ta chambre. -C'est où, la...
Chloé vomit.
Harold soupire.
Je crois que t'as vomi. -Et des trucs que j'ai pas mangés !
Ah non ! Non, non, non !
Ah non ! Non, non ! Pas mon lit. Non, non !
Chloé... -Oh, ma tête...
Musique douce
...
-C'est pas vrai !
Harold sort.
*Bonjour.
C'est la messagerie d'Harold. Je suis indisponible.
Laissez un message, je vous rappelle. Merci.
Un bip s'élève.
-Bonjour, mon amour. C'est moi. Réveille-toi, rate pas ton train.
Tu me manques trop. Elle fait un bisou.
Bonjour, passez-moi la chambre d'Harold Becker, société Gervois.
Ouais, merci.
On décroche.
C'est le réveil !
(Chloé) -Allô ?
Musique intrigante
-Qui est à l'appareil ? -Chloé.
Et vous, déjà ? C'est qui ?
...
-Oui, c'était la mauvaise chambre. Je veux celle de M. Becker.
Voilà, merci.
(Chloé) -Putain ! C'est qui ?
...
-Salut, mon amour !
-Ça s'est bien passé ? -Ah, un petit peu bien, ouais !
J'ai signé le plus gros contrat de l'année.
Musique classique
...
T'as pas eu mes messages ?
À quelle heure arrivent tes parents ?
...
Ça va ?
-Et toi ? Rien de spécial ?
-Non.
-Tu t'es couché tard ?
-Un peu, ouais. On a dû faire... 3 h du mat.
-Et après, tu t'es couché ? -Ouais.
-Dans ton lit ? Normal ?
-Bah, euh... ouais.
La perceuse siffle. Mais quoi ?
-On allait faire un bébé !
-Mais... on va faire un bébé !
-T'as couché avec Chloé !
-Non, j'ai pas fait ça.
-J'ai appelé. Je suis tombée sur elle,
dans ta chambre.
-Ah non, mais ça, c'est rien, ça.
Mais non, mais hier, on a échangé de chambre.
-Ah bon ? -Oui.
-Pourquoi vous avez échangé à 3 h du mat ?
-Euh...
C'est Chloé. Bah, voilà.
Elle était un peu bourrée. Enfin, bien torchée.
On avait bu des shots.
Elle a été malade.
Et elle a vomi dans ma chambre, donc j'ai pris la sienne.
Elle renifle.
Garance...
Je t'aime. On va faire un bébé.
Je vais pas me taper une nana.
Quand je te tromperai,
quand tu seras vieille et moche, l'année prochaine,
ça sera pas avec la femme de mon pote, trop cliché.
-Je suis désolée. Je suis désolée.
Je dois passer pour une hystéro. Tu comprends, hein ?
-Oui, mon amour.
Un mobile tinte.
C'est qui ?
-Les grands esprits se rencontrent. Chloé.
"Faut reparler de cette nuit."
-Ah...
-En effet !
Il rit, gêné. -Non.
Attends. Évidemment, là, ça prête à confusion. Je t'explique.
Je t'ai pas trompée !
Du calme, Chloé !
Garance ! Garance... Moi aussi, je peux m'énerver.
Tu veux que je m'énerve ?
Musique de carnaval Garance !
Calme-toi. Calme-toi !
...
Non, Garance !
...
Calme-toi !
-Ouvre la porte, salaud ! Pauvre type !
-Garance, bordel ! On peut discuter en adultes raisonnables ?
Musique d'horreur
-Elle me dit : "Moi, je boirai pas de vin."
-Oui, enfin, elle a peut-être mal à la tête.
Ou elle fait de la détox. -On va être grands-parents, Dédé.
-Tu crois ? -Ça y est !
Je connais ma fille. Elle a jamais été aussi heureuse.
-Je suis détruite.
On allait faire un bébé.
Un petit bébé ! Et puis lui...
-Attends, attends. Il faut qu'il puisse s'expliquer.
-Je suis sûr qu'il y a une explication.
Toute bête, en plus. Hein ? Harold ?
Il y a une explication... toute bête, en plus.
-Évidemment ! Je me tue à lui dire. -Alors,
pourquoi une fille répond quand j'appelle dans sa chambre ?
-Je répète, elle a été malade.
Je lui ai donné ma chambre et pris la sienne.
Voilà, fin. -Gentleman.
J'aurais fait pareil. -Voilà ! On boit un coup ?
-La fille en question, c'est Chloé, la femme d'Hervé.
-On a juste parlé. -Ah !
Nouvelle info ! Et parlé de quoi ?
-De tout, de rien. Tu sais ! -Non !
Je sais pas, non.
Moi, je parle pas à 3 h du mat dans la chambre d'un mec.
-C'est pas impossible.
Je dis pas que c'est courant, mais possible.
Hein, Coline ? -Quoi ?
-C'est pas impossible.
La nuit, dans un hôtel... avec une fille, discuter.
-Non, c'est pas impossible.
-Ben, voilà ! On parle de rien. Il s'est rien passé, bordel !
-Accorde-lui le bénéfice du doute. Chérie !
-Dis, ça me regarde pas,
mais si t'as fait une connerie, faut le dire.
-Alors, pour que vous voyiez de quoi on parle.
Chloé à la plage, avec moi.
Chloé, c'est la bombe.
-"Bombe"... Elle est pas mal, mais y a pas de quoi...
Le physique, c'est subjectif. Les hommes s'en foutent.
OK, c'est un canon.
-Je discute pas qu'elle est belle. Elle était dans ma chambre, OK.
Mais je l'ai pas touchée. Pourquoi ?
Je suis fidèle ! Ça fait con, hein ?
Eh ouais, je t'aime. Même si là, tu me fais un peu beaucoup chier.
-Ça, c'est une déclaration d'amour.
Merdique, certes, mais quand même.
-Enfin, il t'aime. Tu l'aimes.
On s'aime, hein ? Vous allez faire un bébé.
Allez, on boit un coup. -Oh, mais non !
Quand je lui ai demandé s'il avait dormi dans sa chambre,
il a répondu oui, donc il a menti.
-Je rentre de deux jours de boulot.
J'ai pas fait gaffe.
J'ai répondu machinalement.
-Bon, on s'appelle. Je dois rester seule.
Il y a du changement
dans ma vie.
Toi...
tu dégages. -Euh...
Sans preuve contraire, je suis chez moi.
Il est hors de question que je parte. C'est clair, ça ?
La porte claque.
Coline soupire.
-Au fait ! Tu sais, ta marche rapide ? C'est pathétique.
La porte claque.
-Hé, on est là !
-Merci. Non, mais ça va s'arranger. Elle va dormir dessus et ça ira.
-Bien sûr !
Vous arrangerez ça. -Tu dors à la maison ?
-Ah, merci, André, mais... la soirée est pas finie, là.
L'enfant râle.
-Bouge pas. J'ai presque fini.
On sonne. -C'est Harold.
-Harold ? Mais, euh... pourquoi ?
-Bah, pour les compresseurs. -Juste ça ?
Les compresseurs ? -Oui, pour les délais. Pourquoi ?
-Non, pour rien ! Pff ! Chloé rit, gênée.
-Parrain ! -Salut, mec. Ça va ?
-Yes !
Musique intrigante
-Chéri, tu vas dans ta chambre, s'il te plaît ?
L'enfant soupire. -Salut.
Bon, on... on a un problème.
-Hervé, ne dis rien.
Chloé et moi...
-Laisse parler Hervé ! -Vous vous êtes défoncés,
Chloé et toi !
-Non, pas du tout ! Mais du tout, du tout, du tout !
On a fêté le contrat.
On avait tous trop bu. -Putain ! Laisse-le parler !
-Du calme, ma chérie. -Non, mais c'est... t'es le patron.
Chloé ricane.
-Ça va ! Ça va, il a le droit de s'exprimer, aussi.
Harold, arrête de jouer les modestes.
Chloé m'a dit. T'as tout donné.
T'as été au top. -Au top ?
-Tu as été au top pour le contrat.
Voilà.
Donc, juste, tu te tais.
-Ça va, ma chérie. -Non, mais il te coupe la parole !
-Mais il a le droit, tout va bien. -Non, ça se fait pas.
-On va changer de fournisseur, pour les compresseurs.
-Ah, les compresseurs !
Les compresseurs, bien sûr ! -Bah oui.
-Tu vois, quand t'es attentif !
-On évite Célestin ?
-Il augmente sa marge deux fois par an !
Je lui ai suggéré de se faire enculer.
-Ah oui.
-Je suis désolé, hein. Ça m'est sorti de la tête.
C'est quoi, ces valises ?
T'as un souci avec Garance ?
-Ouais, on s'est pris la tête. Une connerie.
Quand elle s'est foutu une idée dans le crâne, putain...
-Tu veux la clef de la salle des fêtes ?
-La salle des fêtes ?
-Tu sais, le petit studio où je... -Ah, oui ! "La salle des fêtes".
Bah, remarque, ouais. Comme ça, Garance aura la nuit pour se calmer.
Oui, je veux bien. Merci, oui.
La hotte ronronne et masque leurs échanges.
-T'as pécho ?
-Mais non !
-T'as pécho ! Allez, t'as pécho. T'as pécho Coralie !
Coralie, elle te reluque grave. Allez !
T'as fait des photos, au moins ? Sex-tape ?
Une sex-tape ? -J'ai pas pécho.
Hervé soupire.
-Tu vois, quelque part, je t'envie. C'est vrai, c'est toi qui as raison.
Je devrais essayer, mais... je suis pas prêt !
Les clefs tintent.
Hé, par contre, j'en ai besoin demain soir,
parce que j'ai... une petite prestation.
On a affaire à de la grosse, grosse nymphomane.
Elle est capable de te...
-Un feutre a coulé sur le lit de Samuel. Tu restes avec papa ?
-Assieds-toi là, mon chou. "Le Journal de Toto."
Je te disais donc...
-Je ne veux pas savoir.
J'aurai le plaisir de ne pas le savoir.
-Ouais. L'artiste dont je te parlais,
je connais son disque.
Ça a commencé par un solo de clarinette.
Là, pas une fausse note. Une virtuose.
Grande musicienne.
Oh là là ! Le niveau !
Demain, y aura du triangle,
du trombone,
de la grosse caisse. La totale ! -Tu me dégoûtes du classique.
Tu le sais, ça ? Je pourrai plus mettre du Mozart sans y penser.
D'ailleurs, à ce propos, je te suggère
de faire moins de concerts dehors et plus de musique de chambre ici.
-Chéri ?
Il est tard. Couche Samuel. -Faut aller se coucher. Hein ?
-Oui, je vais dans ma chambre. -Allez.
-Bonne nuit, parrain ! -Salut, mon pote.
T'es très beau, malgré ton père. -Salaud !
-C'est maman. -Ah, voilà !
-Tu restes là, hein ? -Je bouge pas. Je t'attends.
-On y va ! Je vais te raconter une histoire.
-C'est la merde.
Garance veut me quitter. Appelle-la.
-Oh, putain !
Je vais lui demander pardon.
Musique cocasse -Pardon de quoi ?
-Quand Hervé saura, il va me...
Je te raconte même pas. Il va me... -Euh... attends !
Apprendre quoi ?
Tu te souviens de quoi ?
-Sérieusement ? Je me souviens
que j'ai passé
toute la nuit dans ta chambre. Pas la peine de me faire un dessin.
-Si, faut te faire un dessin. Il s'est rien passé !
-Ah !
Ouais... d'accord, t'as raison.
Il s'est rien passé.
-Oui, il s'est rien passé.
-Il s'est rien passé. -Voilà !
-Voilà !
Harold, ça se reproduira plus. -Oh, putain !
Chloé, tu me fais peur, là.
On n'a pas couché ensemble.
-Ça va, j'ai compris. On va dire ça.
-Non, pas "on dit" ! -Tais-toi !
Chut ! -T'as un trou de mémoire ?
C'est ça ?
Je le répète. Chloé, je t'ai pas touchée.
OK ?
Un mobile vibre.
...
*-Répondeur de Garance. Laissez votre message.
Musique langoureuse
...
Le lit vibre.
-Oh, putain...
Musique rock
...
(-Mais quel enculé !)
-Évidemment, il me laisse 100 000 messages.
-Le coup classique, il veut te récupérer.
-Mais tu te crois où ? Ça va pas ?
-Tout le monde dehors. -D'où tu me donnes des ordres ?
-J'ai besoin de parler à ma femme.
-Oui, OK.
-T'es sûre ?
T'es vraiment un connard. -Ça va pas ?
(-Appelle-moi !)
-Tu sais ce qui me dégoûte ?
Je paye pour ton ex.
-Ouh là ! Alors non, attends.
-C'est lui, le fumier.
-Tu rigoles ? C'était Gandhi, à côté de toi !
Il m'a trompée dans tous les sens, mais il me parlait pas de gosse.
-Garance, aimer quelqu'un, c'est faire confiance.
Sinon... -Allô ?
-Maman ? Coucou, c'est moi. Tu peux me rendre un petit service ?
Mon ex va passer récupérer ses affaires.
Est-ce que tu peux être là ? Je veux pas le recroiser.
André joue. -Quoi, ce soir ?
-Raccroche, laisse-moi parler.
-C'est bien que vous soyez là, pour lui dire adieu.
-Adieu ?
-Bah oui, adieu, puisque vous le verrez plus jamais.
-S'il te plaît, André, arrête deux minutes.
Mais... jamais, plus jamais ?
-Bah, oui. Jamais, jamais comme...
Comme plus du tout, comme "never again", quoi.
-Ah...
*-C'est triste, mais c'est comme ça.
-Garance, tu fous tout en l'air sans raison.
-Bisou, ciao.
Musique émouvante
...
-Alors c'est ça, notre rupture ?
...
-Ça va, t'as pris tout ce que tu voulais ?
-Euh, je crois, ouais.
-Tu vas où, là ? -Dans un hôtel, sur la rocade.
Bon, bah... j'y vais, moi.
Je suis désolé, hein,
pour tout ça.
Vous allez me manquer.
-Non ! Personne va se manquer !
Non, non, non !
Non, on va se battre, s'en sortir. -On va se remettre ensemble.
On est une famille ! -Oublie cet hôtel sinistre.
Allez, donne-moi ça. Tiens, on va bouffer.
-Il est 19 h. -Comme les poules !
-Si Garance l'apprend ? -Elle va pas l'apprendre.
Un bistro vite fait ? -Bonne idée !
Antoine a rouvert. -Parfait !
Musique enjouée
Il s'exclame. -Mes clients préférés !
-On vient pas trop tôt ? -Les amis, jamais !
Installez-vous ! -Dis donc, ça a changé, hein !
-T'as tout refait ? -Oui.
Ça vous plaît pas ? -Ah si, si.
Enfin, j'aimais bien, moi. C'était... C'était rustique.
-Bienvenue au 21e siècle.
Voilà. -Merci.
-Tiens.
Et la petite, elle est pas là ? -Non, non. On est trois.
-C'est drôle,
la table lumineuse. -Ah oui, tu as vu ? C'est des LED.
-Ah, c'est vrai que la lumière est... très laide !
-Ah, d'accord... T'as changé la carte, aussi.
-Ah ! On change de catégorie en tout.
-Antoine, c'est quoi,
le caprice toscan au rubis phocéen ?
-Alors, c'est une tomate marbrée parsemée de fromage de buffle.
-Une tomate-mozzarella, quoi. -Non, ça n'a rien à voir.
C'est une tomate...
-Où est ma terrine de sanglier ?
-Euh... -Si, là. "Célébration du gibier".
-Ah... -À 30 euros.
-Mhm...
-Y a plus de frites ?
-Des frites ?
-Oui.
Antoine ricane.
-Elle est bonne !
C'est drôle. Euh, ben...
Je vous laisse choisir. Bel appétit à vous.
-Attends, il a dit "bel appétit" ?
-Mais y a plus de frites ?
-"Bel appétit" ? Mais on dit : "Bon appétit" !
-Y a plus de frites. -Bon appétit !
-On peut prouver ce qu'on a fait,
pas ce qu'on n'a pas fait.
Je peux prouver être allé à Venise, j'ai des photos de moi
sur une gondole. Comment prouver que j'y suis jamais allé ?
Avec des photos du Grand Canal, de la place Saint-Marc, sans moi ?
Voilà ! Eh ben, Chloé, c'est Venise.
Où j'ai pas été.
-J'ai plus de brouilly. J'ai du minervois.
-Dommage, j'aimais bien ton brouilly à 19 euros, moi.
-C'était l'année dernière. On a du bio.
Tout s'est bien passé ?
-Disons que... T'as changé de chef ?
C'était pas comme... -Quoi ?
-Eh ben, c'était pas comme d'habitude.
-Ni comme avant.
-Bah, j'espère ! Faut évoluer.
-Mais moi, j'aimais beaucoup avant, en fait.
-Bon...
Eh ben, en vous souhaitant... une belle continuation.
-"Belle continuation", en plus ? "Belle continuation" ?
-Il est bouchonné.
-Mais oui. Antoine ! Il est pas buvable,
ton vin. Désolée.
Tiens, goûte.
-C'est pas du bouchon.
Ah non, c'est du tanin.
C'est bio.
-Non, c'est bouchonné, ça.
-Moi, je le trouve bien.
Et puis, il est ouvert.
Désolé !
-Ouvert, mais bouchonné. -Apprends d'abord à goûter le vin.
-Oh ! -Pardon ?
-La montée en gamme, c'est valable pour la clientèle !
-Ta blanquette est dégueu !
Trop de cumin !
-Ton tartare d'agrumes, avec la bidoche, c'est pas bon !
-Je vais te dire,
allez au kébab.
C'est dans votre catégorie.
-Ça fait 25 ans qu'on vient. On foutra plus jamais les pieds ici.
-Belle continuation. Mets-toi là au cul !
-C'est un con, laisse.
Son mobile sonne. Reviens, Harold !
...
-Allô ? *-Maman ? C'est moi.
-Comment ça va, ma chérie ? *-J'ai pas trop le moral, en fait.
Je peux passer dîner ? -Mais on n'est pas à la maison.
*-Ah, vous êtes où ? -Euh, place du Marché.
*-Parfait ! On va chez Antoine. C'est juste là.
-Ah oui, mais non. Ça serait pas... *-Ouais ! Ça va me faire du bien.
J'arrive, je suis à côté. -Juste à côté, ça veut dire...
Quel genre ? Dans dix minutes, ou vraiment juste à côté ?
*-Je me gare, j'arrive. -Juste à côté !
Elle arrive.
-Oh, putain ! Merde !
-Dépêchez-vous ! Vite !
-Je vais lui parler. -Ta gueule !
-Allez ! -Allez, allez !
Allez, allez ! Casse-toi ou on est morts.
La voiture pile.
Musique cocasse
-Ah ! La voilà, notre fille ! Elle arrive, tranquille.
Mais qui voilà ?
-Fallait entrer, pas m'attendre.
-Tu veux prendre un verre ?
Si on allait manger des sushis ? -Bonne idée.
-Maman déteste. -Euh, non.
-Maman, tu détestes le poisson cru.
-J'aime pas le poisson cru mais les sushis, si.
-De toute façon,
vous adorez Antoine !
-Attends ! -Oh, putain !
-Bonjour. -On se met là.
-Salut, Antoine.
Ça va ? La pêche ?
Je vais me mettre là.
...
(-C'est quoi, cette déco ? C'est moche !)
-C'est marrant, de vous voir.
-On passait devant, on s'est dit... -"Il a rouvert, alors hop !"
-Ça faisait longtemps.
C'est vrai, ça faisait six mois. -C'était avant les travaux.
On n'est pas revenus.
-Six mois sans venir ?
-C'est ça, six mois.
Depuis, jamais revenus.
-Ha ! Ah ben, ça fait si longtemps. Ah oui, d'accord.
Il est pas là, ton fiancé si sympa ? -Ah non. Je suis célibataire.
Définitivement.
-Et puis lui, on le revoit plus du tout.
-Du tout, du tout.
-Ah ! D'accord...
-On... Bon, on va choisir, hein.
Alors... -Non, non, non, André.
Je sais ce qu'il te faut. Non, non, non !
La blanquette de veau ! Le cumin, ça te dérange pas ?
-J'adore.
-Et toi, Coline ? Un tartare aux agrumes ?
Tu m'en diras des nouvelles. -C'est drôle, j'allais choisir ça.
Antoine ricane. -Et toi...
Une petite surprise du chef. -Cool !
-Ouais.
Vous allez me goûter ça.
C'est du bio.
Ça vous gêne pas ?
-Au contraire ! Si c'est bio...
Musique amusante
...
-Merci.
-Alors ?
...
Qu'est-ce qu'on en dit ?
Il est comment ?
-Bien. -Très, très bien.
-Tu sais,
certains n'aiment pas. -Ah bon ?
-Ça, c'est saugrenu. -Plus tôt,
des connards
prétentieux n'aimaient pas.
-Excusez-moi, mais il est bouchonné.
-Non, non. -C'est le côté bio.
-Non, y a pas de bouchon.
-Enfin, elle a raison !
Vous avez plus de palais ou quoi ? Non, il est bouchonné. Attendez.
Je vous la change. Ce sera pas la même.
Elle sera plus chère.
C'est pas grave ?
-La qualité, ça se paye. -Bon...
En vous souhaitant une belle continuation.
Antoine ricane.
...
-Mon grand, tant que tu resteras sur cette version,
on n'avancera pas !
-Ce n'est pas une version, bordel, c'est la pure et simple vérité !
-Harold, tu es Bill Clinton.
-Ah non ! Je suis pas Bill Clinton.
Moi, je ne me suis pas tapé la stagiaire.
-C'est pas le problème !
Se taper Monica a pas foutu Bill dans la merde.
C'est parce qu'il a menti !
Il a avoué, pleuré un bon coup. Faute avouée à moitié pardonnée.
Et puis bon, hein ! Un dérapage, c'est tout de même pas la mort.
Ça arrive à tout le monde.
Je peux pas donner de leçons.
-Attends, attends, attends ! T'as un amant ?
-C'était il y a très longtemps, un truc très con, avec un collègue.
C'était une période de merde.
André s'était fâché avec son père. Bref !
-André, il le sait ?
-Ah non ! Je me suis pas fait choper, ça change tout !
-Salut, ça va ? -Et toi ?
-Bah, ouais.
-Garance m'a appelé.
-Et ? -Rien. Elle a donné des nouvelles.
Elle est triste que vous vous sépariez.
Enfin, bon !
Des trucs de nana. Ah oui ! Et puis, que t'as baisé...
Qui, déjà ?
Ah oui ! Chloé ! Ma femme...
-Hervé. -Lorsque je lui ai demandé
"As-tu couché avec Harold ?", elle m'a répondu, euh...
Il imite les pleurs de Chloé.
"Je te demande pardon !"
-C'est un cauchemar.
Hervé !
Attends. Putain, Hervé ! Je t'explique.
-S'il vous plaît !
On a eu une discussion avec Harold. Je veux vous en faire profiter.
Nous deux, ça fait combien ? 19, 20 ? Bref ! Mon meilleur ami.
Moi, je l'ai embauché.
Il n'avait pas le niveau, mais c'est mon pote.
Tu te souviens ?
T'étais pas d'accord. T'as jamais pu le piffrer.
-Oh ! -Tu l'aimes pas ? Hein ?
-Jamais je ferais ça ! Je suis parrain de ton fils.
-Ah oui ! Cerise sur le gâteau,
c'est le parrain de mon fils.
Et la semaine dernière, je lui donne une promotion.
-Hervé ! -Et comment il me remercie ?
Non ? Personne ne sait ?
Si ? -Hervé !
-Il se tape ma femme. -Faux.
-Je l'envoie deux jours en négo. Il la soûle... et il la baise !
-Faux, tu dis de la merde. -Denis, je te donne une promotion.
Tu baises ma femme ?
-Réponds pas. -Si.
-Non ! -Réponds.
-Non.
-Non ? Voilà, tu vois ? Denis, il le ferait pas.
C'est une exception ?
Tiens, toi !
Le jeune stagiaire. Comment tu t'appelles ?
-Euh, Karim.
-Karim, ton meilleur pote, tu baises sa femme ?
-Bah, non.
-Toi et ta bite, dégagez.
-Ah non. Non, non. C'est moi qui me casse.
Un ami, comme tu dis, un vrai pote, il accorde le bénéfice du doute.
Musique rythmée
...
Harold urine, ivre. Rien fait ! Pas touchée !
J'aurais peut-être dû, hein. Je fais pas ça, moi.
Ah ouais, c'est con !
Mais moi, je fais pas ça !
-Non, je vous en prie.
Finissez. -Merci, mon capitaine.
Harold urine de plus belle.
Ah, ben, c'est fini ! Allez, au poste, maintenant !
-Tiens, le voilà ! Le pauvre ! Dans quel état il s'est mis !
-Tu... tu vas pas t'énerver ? -Mais enfin, je m'énerve jamais.
Je vais leur expliquer calmement.
Ce sont des fonctionnaires, je suis contribuable.
On va s'entendre cordialement. J'y vais.
Musique funky
...
-Il est con !
C'est pas vrai !
Mais c'est pas vrai !
(Mais arrête ! Arrête !)
...
André grommelle.
-Ça va ? -Très mal.
-Non, j'ai le dos en compote. J'ai dormi sur un banc.
-Et moi, dans la voiture ! Vous faites chier ! Faites chier !
-Il est interdit d'interdire.
(Harold) -Euh, je vais vomir.
-Non, tu vomis pas ! Passe devant.
Et une fois à la maison, direct à la douche.
Ça sent le fauve, hein !
-Je m'excuse, Coline. Je suis un boulet, je perds pied.
-Oh, merde !
-Quoi, il est malade ? -Non.
La petite est là ! -Merde !
-Tu fais quoi ? Arrête ! -Fais le tour.
T'arrête pas ou on meurt.
-Moi, ça va pas du tout. Aïe ! -Ta gueule !
Musique rock
...
-Ouh là, doucement ! Doucement ! -À plus, planque-toi.
-Je me suis fait mal ! -Ta gueule !
...
-Ça va ? -Et toi ? Tu passais par là ?
-Oui, je vous ramenais la perceuse. Mais...
Vous m'avez pas vue, juste avant ?
-Euh... -Non, non.
-Pourquoi vous tournez comme ça ? -Comment, comme ça ?
-Bah, avec papa derrière, comme la reine.
-On l'avait jamais fait. Ça lui faisait plaisir.
Et rester enfermés dans la maison, bon...
-Tu rentres ? Tu dois y aller, plutôt ?
-Oui, j'y vais.
-Oh, dommage.
Bisou. -Bisou, ma chérie.
-Bisou.
-Bisou. -Bisou.
André rit. Bisou.
-Bisous, bisous !
Coline souffle. -J'en peux plus, moi.
-Merci ! -Mais c'est bon.
-Ouais, c'est bon. Ça me manque.
Le cholestérol du matin. Je vais en prendre un peu.
-Mais certainement pas ! Ça nous est interdit.
-On peut pas continuer à se voir en douce.
Ça devient ridicule. -Tu as raison.
Il faut parler à Garance. -Je mettrai les points sur les i.
S'il faut taper du poing sur la table, eh ben...
-Alerte !
La voilà ! -Oh, putain ! Prends ça.
La fourchette ! -La fourchette, hop ! Voilà.
-La poêle. -Hein ? La poêle !
Range-la ! -J'y touche pas !
Démerde-toi ! -Salaud !
-Coucou ! C'est re-moi !
La poêle tinte.
-Rebonjour, ma chérie.
-C'est con, j'ai pas laissé la perceuse,
tout à l'heure.
Je vous dérange ?
-Enfin, tu es chez toi.
Tu viens quand tu veux. Aucun problème.
-C'est quoi, ça ?
-Mhm ? -Quoi ?
-Les œufs, là. C'est quoi ?
-C'est à moi, ça !
Eh ben...
André rit.
Ils ont dit à la télé qu'avant midi, ça comptait pas.
-N'importe quoi ! Ils ont dit "une fois par an",
on a le droit. -Voilà.
Et ça tombe aujourd'hui. -Voilà.
Ça va ?
Non, excusez-moi, mais...
-Mhm ?
-Pardon, mais je me suis demandé si vous étiez pas avec Harold.
-Quoi ? -Qui ?
-Faut pas que je pense à des trucs horribles comme ça.
Arrête, avec les œufs.
Franchement ! -À propos, réconciliez-vous.
-Oui ! -Ça arrangerait tout.
-Impossible. -Vous avez la vie devant vous.
-Une vie bâtie sur un mensonge.
-T'es pas possible !
C'est quoi, la question ?
A-t-il couché avec Chloé ? C'est la question ? Eh bien, oui !
Voilà, tu as ta réponse ! Il n'a pas une double vie.
Il a juste déconné une fois. Une fois ! On détruit pas tout
pour un coup de... -Ça va ! On a compris.
En fait, il faut aller de l'avant. -Mais oui !
-Pas rester bloqué. -Mais non !
Arrête. -C'est bon !
-Bah, et euh...
Bah, bizarrement, ça me...
Ouais, ça me soulage. C'est étrange, mais ça me soulage.
T'as bien fait de me secouer, maman.
Je commençais à le croire.
Je me disais : "Tout est si gros, tout est contre lui."
Putain, j'étais à deux doigts de passer l'éponge.
Non, mais n'importe quoi !
-Garance, c'est pas... -Non, tais-toi.
-Je suis à la bourre.
Euh, bon, bah, bisous ! À plus, hein.
Musique cocasse
...
-Chapeau.
...
-Pourquoi ?
...
-Le coup est parti tout seul !
Musique de révélation
Musique rock'n'roll
(Coline) -Tu te démerdes,
tu fais ce que tu veux, fleurs, poèmes,
la sérénade en bas de sa fenêtre,
mais tu la fais pleurer et là, hop, tu lui colles un gosse.
-J'essaie, mais elle me parle plus. -Je veux être grand-mère, compris ?
...
-Pourquoi ce refus de prêt ?
Parce que monsieur est un ? Un homme !
Donc il va vous tromper et vous larguer comme une ?
-Merde ? -Exact ! Et votre vie sera foutue.
-Mais... -Oh, oh, oh !
Il zappe frénétiquement.
...
-T'as passé une bonne semaine ? -Mhm.
Et vous, vous avez fait quoi ? -Oh... La vie de retraités, hein.
-J'ai changé de verres.
-Il a eu mal aux reins. -Et aux genoux.
-Et on a regardé les infos. -Deux fois par jour.
On a même monté le son.
-Tous les deux ?
-Eh ben... oui. -Bah oui !
-Tous les deux. -C'est drôle.
Y a une semaine,
un truc me chiffonnait. Je sais pourquoi.
Alors, juste pour savoir, hein,
vous avez pas compris : "Ne le revoyez pas" ?
-Tu nous as pas fait suivre, quand même ?
-Si.
-Bon, OK, on l'a revu, mais une fois.
-Il était malheureux.
-Bah, il a tout perdu. Sa femme, son boulot, son ami.
On avait peur qu'il fasse une connerie.
-Il est au fond du trou, brisé. -Il pleure beaucoup.
Garance feint de s'émouvoir.
Pas là, oui.
Musique enjouée
...
-Alors...
Ça, c'est vous. Papa...
Maman. G, c'est moi. C'est Garance, c'est votre fille.
La cocue.
Malheureuse.
Ça...
C'est l'ex.
Vous ne pouvez pas...
aller chez l'opticien, manger de la barbe-à-papa,
ou même vous amuser avec lui. C'est interdit.
Interdit ! Vous ne pouvez pas. Sinon...
vous ne verrez plus la cocue malheureuse.
-Que veux-tu ? On n'arrive pas à couper le cordon.
-Le cordon ?
Non, mais attends. Le cordon, c'est avec moi.
Pas avec un ex-gendre.
-On n'est pas des machines ! Et puis, c'est de ta faute.
C'est toi qui nous l'as présenté. On t'a rien demandé.
Tu as voulu qu'on l'accepte, on a accepté.
-Du jour au lendemain, il sort de notre vie ?
T'as voulu qu'on l'aime ? Eh ben, voilà ! On l'aime.
-Allez, Samuel. Mange tes haricots. -Non !
-Dépêche-toi ! Allez.
Arrête de râler. -Tu savais qu'on pouvait recevoir
les textos, sur les tablettes ? -Je nourris mon fils, là.
-Excuse-moi.
-On peut. J'ai retiré la fonction. Pourquoi ?
-Pourquoi ? Parce que je l'ai remise.
C'est qui, Cristal ?
Musique de malaise
Son truc, c'est pas l'orthographe.
Parce que "levrette",
ça prend deux T. Tu lui diras.
...
-Voilà, on n'est plus pacsés. -Bah non.
C'est triste, mais c'est comme ça. Bon...
-Attends !
Écoute, je...
Je sais que tu souffres aussi.
Franchement, j'ai jamais voulu ça. -Mais moi non plus !
Personne a voulu ça. Allez, j'y vais.
-Attends ! Deux secondes, là. C'est bon.
Musique touchante
Comment on en est arrivés là ?
...
-Mon amour...
Un mobile sonne.
...
-Mais vas-y, réponds. Pas de problème.
-Non, non, mais ça va. C'est rien. C'est le boulot.
-Bah, ça risque pas, t'en as plus. C'est qui ? C'est elle ?
C'est elle ? C'est Chloé ?
OK, c'est Chloé.
Je t'explique, espèce de pute.
-Putain ! -T'as gâché ma vie.
Tu m'as prise pour une conne. C'est fini, terminé !
Tu me feras plus chier ! Je t'emmerde, sale morue !
Mais tellement !
-Ça va ?
-Moyen.
Des oies cacardent.
-Papa ?
-On fait son inspection ?
-Pff !
-Deux secondes, j'arrive.
-Tu t'en sors, avec tout le matos ? Tout seul, c'est pas évident.
-Je vais pas te dire que c'est pas chiant,
alors que c'est chiant.
Y a des trucs que j'aimais faire avec quelqu'un dont on parle plus.
Je suis obligé de les faire seul.
C'est comme ça. Je fais comme on me dit.
-J'ai pris un café avec lui. -Ah oui ? Et alors ?
-Il a reçu un appel de Chloé devant moi.
-Tu sais qui m'a appelé, ce matin ? M. Mourinho.
Pour tailler le tilleul. Tu sais quoi ? Je couche pas avec.
-C'est pas pareil. -Tu peux pardonner !
Garance s'indigne. -C'est toi qui dis ça ?
Vous êtes terribles, les ritals.
Tu parles pas à ton père.
Je le connais même pas.
Mais tu me parles de pardonner... Pardon.
Excuse-moi, je voulais pas parler de ça, ni te faire de peine.
Je sais que c'est... -Bon, c'est du passé.
Et puis, ça te concerne pas. C'est entre mon père et moi.
-Ça me concerne pas ? Mon grand-père, je le connais pas.
C'est un peu con, quand même. -C'est con, oui. C'est comme ça.
-Et comme mari, t'as pas eu grand-chose à pardonner non plus.
T'as l'épouse dont tout le monde rêve.
Musique cocasse
-Ouh ! Tu sais, les couples...
-Ouais. Enfin, au moins, t'as pas été cocu.
-Ouais.
...
Bref.
-Ça veut dire quoi, "bref" ?
-Ça veut dire bref.
Il fait claquer ses lèvres.
-Maman t'a trompé ?
-C'est pas la question ! Parlons de toi.
T'arranges les choses ou tu fous tout en l'air ?
Si on se sépare tous au moindre écart...
Mhm !
-Je t'aide à ranger ton matos ? -Non, merci.
Faut que t'y ailles.
-Bon, ben...
-Bonne journée.
Musique amusante
L'eau gronde sous les pas d'Harold.
...
-Oui, bonjour. Oui, il faudrait des serviettes en plus.
Euh, oui. Oui, c'est ma 2e douche, aujourd'hui.
...
Comment ça, c'est trop ? Non, non.
Je suis gentil, mais je vais pas débattre avec vous de mon hygiène.
J'en ai besoin. Celles-là sont humides. Merci !
On frappe à la porte.
Vous avez fait vite ! C'était pas la peine de courir.
Chloé ?
-Salut. -Salut.
Je me souviens que c'est ton anniversaire.
-Ah, merci, Chloé. Mais vraiment, toi ici...
c'est pas une bonne idée. -Tu sais...
-Euh, qu'est-ce que tu fais, là ?
-Attends.
À part toi, j'ai jamais eu d'aventure avec un mec.
Je suis pas comme ça.
C'est pas pour rien, si on s'est retrouvés tous les deux.
C'est un signe.
Quoi ? Je te plais pas ?
On frappe à la porte. -Si ! Si, mais...
C'est pas... C'est pas le problème.
C'est mes serviettes, ça. -Ah.
-JOYEUX ANNIVERSAIRE
Musique de malaise
-C'est pas la peine que j'essaie d'expliquer ?
-Tu t'es bien foutu de notre gueule, toi.
-C'est vrai que, de votre point de vue...
ça donne un peu cette impression. -C'est qui, ça ?
-Alors, la femme en soutien-gorge dans ma chambre, c'est Chloé.
-Non ?
-Et, petit passage délicat,
il s'est rien passé.
André rit.
On frappe à la porte. Là, c'est mes serviettes.
-Bonjour.
-Non, c'est Garance !
Salle de bain ! -Harold, je veux te parler.
-Oui, oui !
-Je ne rentre pas là avec cette femme.
-Tu veux que Garance te voie là ?
-Bon, viens, rentre. -T'es un drôle de bonhomme.
-Harold !
C'est moi, ouvre !
-Oui, oui. J'arrive, j'arrive.
Musique cocasse
-Je peux te parler ? -Parler, c'est bien ! Mais pas ici.
On va descendre. Pas ici.
C'est dérangé, c'est le bordel.
Descends. Je m'habille et je te retrouve.
-Non. Attends, attends. Je veux parler maintenant. Tu vois ?
Ça peut pas attendre. Euh...
J'ai pas envoyé les papiers du... PACS.
J'ai pas envoyé.
-Pourquoi ? -Ça fait de la peine à mes parents,
de plus te voir. -Et ?
-Et puis... si je t'aimais plus, ça me ferait pas si mal.
(-Ils disent quoi ?) -Chut !
(-Oh, ça va !) (-Enfin !)
Le flacon chute.
-C'est quoi, ce bruit ? -Y a pas de bruit. Rien remarqué.
Y a pas de bruit. On va continuer cette conversation.
Mais en bas. Là, c'est pas assez...
(-J'ai pas fait exprès !) (-Taisez-vous !)
-Y a un bistro.
Je m'habille et je te rejoins.
-Je veux pas descendre. Je veux pas.
Un coup éclate.
-C'est quoi, ça ? -Hein ?
-Ça va pas ? -C'est pas possible !
-C'est la chambre d'à côté. Y a la télé trop fort.
Tu vois ? -Ah, d'accord.
-Non ! Attends !
-Ah, OK. -Euh...
Euh, non. Bah, je sais pas quoi dire, là.
J'ai rien qui me vient, là.
Musique pesante
...
-Putain...
Putain ! Je suis dans un vaudeville nazi.
-Mon amour,
c'est pas ce que tu crois, ni ce que tu vois.
-En termes de cruauté, vraiment, c'est...
c'est la chapelle Sixtine de la saloperie.
Après, je pense que vous ferez jamais mieux. Vous vous ferez chier.
-Non, attendez. Garance, je t'explique.
-Non !
-Non, non. Non.
-Bon, OK. Donc j'y vais ? -Oui.
-Voilà.
Donc ! Euh... Bah, lui, vous pouvez le voir sans problème,
parce que... moi, vous me verrez plus.
-Oh, non. -Ma beauté !
Je comprends ce que tu ressens. -Attends ! Je t'arrête.
S'il y en a une qui peut pas la ramener,
c'est bien toi. -Pardon ?
-Les tromperies, ça te connaît.
-Quoi ? -Quoi ?
-Oh, putain ! -Alors désolée, hein.
Je trouve papa magnanime.
-Pourquoi tu lui as dit ?
-Ah non, j'ai rien dit.
-Non. C'est papa qui me l'a dit.
Bon ! Bah, j'y vais, moi.
Je vais aller changer d'empreintes digitales, d'ADN.
-Attends ! Moi, j'aimerais bien une chose.
C'est comprendre tout ça, grosso modo.
Coline ?
-Ce qui compte, c'est le bonheur de Garance.
-Ça, je m'en fous. Tu lui as avoué une aventure ?
-Ça s'est pas passé comme ça. C'est plus compliqué.
Fracas
-Tu as avoué m'avoir trompé ?
-Mais tu le savais ! Tu as été le dire à Garance !
-Oh, mais non ! Quelle ironie. Mais non !
Non, non, j'ai insinué que t'avais eu une aventure.
J'inventais pour qu'elle lui pardonne.
Donc, tu m'as trompé ? Oui ou non ?
-Oui. -Oh !
Toutes ces années à mes côtés ! T'as dû te marrer !
T'as eu combien d'amants ?
-Juste une fois.
-Par semaine ? Par jour ?
J'y pense !
Tu fais les courses seule pour les commerçants ?
Nymphomane ! Regarde-moi !
Oh, mais quel con ! Quel con !
Et moi, pas une fois j'ai bougé une oreille.
Et j'ai eu des occasions !
Avec... -Avec qui ?
-Bah, avec... enfin... J'ai pas d'exemple.
Mais... des femmes, alors ! Je dis rien, je suis un gentleman.
-C'était il y a 30 ans. Une fois, mon chéri.
-Pas "chéri", salope !
-Attends, papa ! Ça va pas ?
Attends...
Là, y a prescription.
-Prescription ? Content de l'apprendre.
André balbutie.
-C'est toi qui dis ça ? Mais t'es tarée ! Tu finiras seule.
Comme moi ! Tel père, telle fille ! Famille de cons ! Si t'es ma fille !
Ou celle du voisin, du boucher, de Mourinho ?
-C'est dégueulasse !
-Ouais, ouais... Vous me faites tous vomir !
Vous ne me reverrez plus ! Jamais !
J'ai oublié ma veste.
(Vous ne me reverrez plus jamais !)
-Attends !
Coline soupire.
-Merci, Harold.
Merci.
Musique oppressante
...
-Merci ! -Bonne route.
Je vous montre pas ? C'est gros. -Tout ira bien, merci. C'est bon.
Fracas
...
-Ah non. Celle-là, je peux pas. En fait, t'as rien compris.
Là, je démarre sur...
*-Oui ?
-Bonjour, c'est Garance.
*-Oh ! Je n'entends rien.
-C'est Garance, la fille d'André. Votre petite-fille.
...
-Attends, attends.
Il a pas couché avec ma femme ?
-Non.
-Qu'est-ce que t'en sais ?
Tout le monde est bourré, quand on fête un contrat.
-Justement. Vous l'ignorez, mais je ne bois pas.
Vous savez, à mon poste, il faut être sur le coup.
"Sharp", quoi !
J'accorde énormément d'importance à la réputation de la boîte.
-Va au lit, t'es lourd ! -Y en a deux, là !
-C'est pas possible !
-Bref ! On était à l'hôtel, j'étais dans ma chambre.
Je potassais mes dossiers. Moi, je compte pas mes heures.
Soudain, un bruit attire mon attention.
Je referme mon ordi.
Je sors et je tombe sur Harold et Chloé,
devant sa chambre à lui.
Musique amusante
-Non, mais dans l'absolu, tous les mecs coucheraient avec toi.
-Ah ouais !
-Arrête !
-Mais il est con !
-Non ! Ta chambre est là, Chloé.
-Bon, visiblement, Chloé n'allait pas bien.
Elle est entrée chez Harold... -Pour baiser ?
-Pour vomir.
Harold lui a laissé sa chambre.
Il est allé dormir dans la chambre de Chloé. Dormir.
Point barre.
...
Ah, OK !
D'accord, il est pédé, quoi !
Après, je me suis couché pour être en forme pour mes clients.
C'est Harold. Ouvre.
Enfin, non. Éteins la lumière et ouvre.
Chloé ronfle.
-Pourquoi tu me le dis maintenant ?
-Bah...
ça m'ennuyait qu'Harold perde tout...
pour un truc qui est pas arrivé, quoi.
Il y est pour rien.
-Donc, si j'ai bien compris,
tu ne parles plus avec tes parents
parce que ton fiancé t'a trompée ?
-Oui, c'est un peu plus compliqué, mais c'est ça.
-C'est "rien" compliqué !
-Ouais, c'est vrai. C'est simple. Tout le monde m'a trahie.
La seule personne...
proche qui m'ait pas trahie, c'est... c'est vous.
-Tu peux me tutoyer.
-C'est toi.
-En 30 ans, une fois. Juste une fois.
Mais sinon, toujours aux petits soins.
Maîtresse, épouse, infirmière. -T'as raison !
Un dérapage, c'est rien. -Une roue dans le fossé, ça passe.
-Bah ouais.
-Vous nous remettez ça ? C'est ma tournée. Moi, c'est Coline.
-Björn et Rodrigo.
-Tu vois, Björn...
-Non, non ! Moi, c'est Rodrigo. -Et moi, c'est Björn.
-Avec ton père, ça a toujours fait des étincelles.
Même petit. -Des étincelles ?
André ne s'est jamais entendu avec ma nouvelle compagne.
Au fond, il avait raison, mais j'ai pas voulu céder.
Lui non plus.
-Et vous vous parlez plus ?
-Ça fait 37 ans.
Moi, je vois plus mon fils. Mon fils ne voit plus sa femme.
Ni sa fille.
Et toi, tu préfères rater ta vie plutôt que de passer l'éponge.
Quelle famille de cons !
-Merci pour tout.
Grand-père ?
À bientôt ? -À bientôt.
Musique d'apaisement
...
37 ans...
...
Le téléphone sonne.
...
-Allô ?
*-C'est papa.
On frappe à la porte.
On frappe à la porte. -Oui, oui !
C'est toi ? -Salut.
Tu viens me cogner ? -Oh, commence pas.
Ça fait beaucoup de serviettes. T'es tout seul ?
-Bah, oui. Bon, tu veux quoi, Hervé ?
-Euh... Bah, j'ai vu Lopez.
-Qu'est-ce qu'il t'a raconté ? Que je suis un salaud ?
Un traître ? -Eh non ! Non, il m'a dit que...
Il était là, il a tout vu. (T'as pas couché avec Chloé.)
-J'ai pas compris, là. (-T'as pas couché avec Chloé.)
-J'ai pas couché avec ? -T'as pas couché avec Chloé !
Musique réconfortante
Hervé bredouille.
...
-Oh, merde.
Ça fait un bien, mais...
...
-Hé...
Ça va ?
-Attends, laisse-moi cinq minutes. Il faut que je savoure.
-Oui. C'est bon ? T'as bien savouré, là ?
-Ouais.
Appelle Garance pour lui raconter. Moi, je vais la voir direct.
-Non, justement, parce que...
J'ai un petit truc à te demander, mais j'ose pas.
-Quoi ? Bah, si ! Vas-y.
-J'ose pas, là.
-Quoi ? Allez, vas-y !
Pas de chichis ! Vas-y !
-Continue à dire que tu l'as baisée.
Harold ! Je t'explique, putain ! -Je vais te péter la gueule.
-Tu frapperais pas un mec en fauteuil ?
-Si ! Avec plaisir ! -Harold !
S'il te plaît, putain ! -Non !
-Je te demande jamais rien ! -Me suis pas !
-Excusez-moi, monsieur. Bonjour. -Oui ?
-Est-ce qu'à tout hasard vous auriez vu cette femme ?
-Ah, oui. Elle est là.
...
-Allez ! Payez.
Faites vos jeux.
-Full ! -Full !
-Oh... -Carré !
C'est bon, hein, ça ? C'est bon et c'est à moi, ça !
-Bah non, c'est pas à toi.
C'est pas fini, il en reste une.
La river. -Oui !
Putain ! C'est bon, ça !
Ah ! C'est bon, ça !
C'est bon ! C'est bon, ça !
-C'est pas bon du tout. Regarde.
Quinte flush.
-Oh, la vache !
Il s'exclame.
-Oh, le cul !
C'est pas possible !
-Putain... -Oh, la pute !
-Ouais, Coline ! -Bravo !
Hé, Coline ! -Oh, elle est bonne !
-Merci, messieurs.
Les joueurs rient. Je me suis fait ma soirée !
-Remplacez-moi. La blonde m'a lessivé !
Je suis à sec.
Un cul pareil, j'ai jamais vu ça.
-À la tienne !
-Espèce de...
-Ah, ben, le voilà !
Mon cher et tendre époux. Je te présente mes potes.
Björn et Rodrigo.
-Bonjour, Rodrigo.
-Moi, c'est Björn.
-Moi, c'est André.
-Rodrigo.
-Moi, c'est toujours André.
-Bon, on...
Musique émouvante
-Mon père m'a appelé.
...
Et tu m'as manqué. C'est con, hein, parce que ça fait pas longtemps.
-Mais si, ça fait longtemps.
...
Tous deux sanglotent.
-Bah, Coline ?
Coline ! Oh, Coline !
Hé, Coline !
Coline !
-Chloé a lu un texto de Cristal.
-Ça devait être raffiné, ce texto.
Hervé soupire.
-Si t'as couché avec Chloé...
-Non.
-Et moi, j'ai couché avec Cristal, ça fait un partout, balle au centre.
J'arrange le coup. Là, Chloé va vouloir divorcer.
Mais moi, je l'aime, je te jure. Je déconne, mais je l'aime.
-Ce qui me fait peur,
c'est qu'au contact de tes conneries,
je finis par admettre qu'il y a une forme de logique.
Complètement absurde.
Mais une logique.
*-Harold, viens. C'est maman. Enfin, Coline.
Musique rock'n'roll
-Oh, putain ! C'est bien, t'es chaud ! Vas-y à fond ! Allez !
Marche rapide ? Ça me gonfle, la marche rapide.
Fais-moi une course rapide. Allez !
On n'avance pas, là !
Tiens, c'est là. À gauche.
Ralentis. -Attention.
Allez, allez !
...
Pardon. Attention !
-Je m'occupe de Garance. OK ? -OK.
-Alors ? -On attend, on sait pas trop.
-Qu'est-ce qui s'est passé ?
Un accident ? -Non, non.
On attend, on sait pas. Ils lui font une batterie d'examens.
On va voir, hein.
De toute façon, ils vont pas tarder.
C'est bien, que tu sois venu. -C'est normal.
C'est la famille.
-Eh oui, c'est vrai. C'est la famille.
-Ça va, André ?
-Bah, ça va... On attend, quoi. On va voir.
-Ouais... -On verra bien.
-La plupart du temps, c'est pas très grave.
-Je sais pas. Espérons.
Musique touchante
...
-Un petit café, André ?
-Non, j'en ai pris quatre. Je risque un malaise.
-Un petit thé, alors ! -J'ai pas soif.
-Je cherche un prétexte pour les laisser s'expliquer.
-On va prendre un thé, alors. -Voilà.
-Hervé m'a expliqué, mais j'ai pas compris.
Je dois continuer à dire que... -Non, cherche pas à comprendre.
Le principal, c'est que tu saches que je t'ai jamais menti. Jamais.
-Tu veux encore de moi ?
-Avec mon physique, je trouverai pas mieux.
-T'as le droit de m'en vouloir, de pas t'avoir cru.
J'aurais dû plus te croire.
-Peut-être.
-Mais avoue que c'était pas... -Mais oui, je sais. Et après...
-Je veux pas finir tout vieux avec un portail qui grince.
-Là, je sais pas du tout de quoi tu parles.
Musique romantique
...
-Ah ! Bah alors, chérie ?
-C'est rien. Un malaise. Crise de foie.
Trop bu, trop mangé, mais pas vomi ! -Les soupes, c'est bien, aussi !
-T'as compris ? -Oui, me pleurez pas dessus !
On va y aller.
-Ça va, Coline ? -Ça va.
-Ils t'ont refilé de la merde. -Moi, c'est pas un pro.
Musique paisible
...
On n'est pas intrusifs, un enfant doit avoir un frère ou une sœur.
-Je suis fille unique. -Justement !
-Ah ! Je suis fille unique, dons pas équilibrée.
-Ta mère veut dire qu'on fait pas du ski sur un seul ski.
-Si, le monoski. -Non, ce que je veux dire,
c'est qu'un vélo a deux roues. -Sauf le monocycle.
-Tu as des cyclopes, mais les gens ont deux yeux.
-Le poisson va être froid. -Le poisson, y en a marre.
Au lieu de pêcher, chassez un peu !
-Attends ! On est pêcheurs, pas chasseurs.
-Un pêcheur est un chasseur de poissons !
Un bébé pleure. -Ah ? Déjà ?
-Vas-y, Garance.
Je me suis levé, cette nuit. Elle rit.
-Un biberon, j'ai fait les trois autres !
-Le laissez pas pleurer. J'y vais. -Non, moi ! Je sais le calmer.
-Non, j'y vais. -Ah.
Papa y va. -T'es sûr ?
-Oui ! C'est la couche.
-Qui en reveut ? -Non, merci !
-Avec des olives. -Non, merci.
Dis-moi, Harold,
tu l'as survendu, ton rosé. Moi, je le trouve limite.
-Tu plaisantes ?
Il est top et donné ! -C'est de la piquette.
-Arrêtez de vous chamailler. L'eau. -Non, on se chamaille pas.
-C'est de la piquette. -Non !
-Comme le bon plan d'il y a deux ans !
-Oui, on s'était un peu plantés. -Oui, plantés de 60 bouteilles !
-Une fois, on s'est plantés ! -Ouais, sur 60 bouteilles.
-Mais c'est pas possible ! Une fois y a deux ans, t'es rancunier !
-Me dis pas que je suis rancunier. Je te le pardonnerai jamais !
-Jamais ! -Jamais !
(En italien)
Le grand-père ricane. Le bébé gazouille.
Qu'est-ce que tu es beau !
Musique joyeuse
...
Sous-titrage : ECLAIR
-Merci. La carte de fidélité ? -Je regarde.
-Cherche pas. La fidélité, elle l'a pas.
Elle les a toutes, sauf la fidélité. -C'était il y a 30 ans.
-Vous faites les réductions cocu, aussi ?
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