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Original subtitles

Ce que nous savons des Pheniciens,

nous le devons d'abord a Herodote,

qui nous a conte longuement les entreprises lointaines

de ces hardis navigateurs.

Aux dires de Stroboa,

ils fonderent 200 etablissements,

tant en Espagne que sur les cotes africaines.

Et ceci jusqu'aux rivages lointains de la mer Atlantique.

Ptolemee...

relate un episode generalement peu connu

et que nous allons avoir

l'honneur de narrer a la tres nombreuse...

assistance.

En l'an 225 avant Jesus-Christ,

les navires pheniciens de Trolius,

de retour de leur campagne sur les cotes iberiques,

furent pris dans le detroit de Bonifacio,

devant les iles Lavezzi et Cavallo,

dans une violente tempete.

Et cela juste a l'endroit

ou devait sombrer 2 100 ans plus tard

le bateau La Semillante qui, lui aussi,

y perit, corps et biens.

Ptolemee relate

que la galere amirale de Trolius

qui contenait dans ses flancs le tresor de guerre

des Pheniciens, constitue par des sesterces d'or,

enfermes selon la coutume dans des jarres de gres

denommees amphores,

coula a cet endroit precis...

et que nul,

jamais, depuis, ne sut

ce qu'etait devenu le tresor de Trolius.

Les Romains, plus tard, sous Theodore,

entreprirent des travaux pour retrouver ce tresor,

mais en vain.

La mer garda son secret

et aussi sa proie.

Entrez.

Alors, monsieur Gerard, ce loyer, vous le payez ?

Vous me le deviez la semaine derniere.

Monsieur Goruchet, permettez que je rigole.

Tenez, regardez ce que j'en fais, de votre quittance.

Vous me reclamez 6 000 F,

alors que si je voulais, je pourrais acheter votre hotel, comme ca.

Vous connaissez Trolius ?

C'est pas un nouveau locataire, c'est un Phenicien. Non ?

Aucune importance. Il avait perdu son tresor il y a 2 200 ans.

Vous ne savez pas qui l'a retrouve ? C'est moi.

Des milliers de sesterces d'or qui valent chacun 50 000 F.

Vous voyez ce que ca represente comme centaines de millions de francs ?

Et si vous insistez,

monsieur Goruchet, vous n'aurez rien, pas un sesterce.

Que dis-je ? Pas un maravelis.

Et si vous etes bien gentil, si vous oubliez la quittance,

vous aurez votre part du gateau.

Vous en serez gave, vous en serez goinfre, de sesterces.

Voila. Au revoir, monsieur Goruchet.

Cher Trolius...

Manina ! Manina !

Voila, voila !

Bonjour, monsieur Gerard.

Oh, le beau poisson ! C'est un sar ?

Voila pour tes parents, Manina. Et pour toi, bien sur.

- Peux-tu me donner de l'eau ? - Une bouteille ?

- Plus, si tu peux. Nous sommes 4. - Oui. Ca, je le sais.

Jeanine, cours dire a Gerard qu'il se grouille.

Henri, vas-y. J'ai le couvert a mettre.

Ca va, j'ai compris. J'y vais.

Rapportez du sel.

C'est pas une epicerie, le phare !

On lui refile du poisson,

mais on peut pas toujours mendigoter des choses a Manina.

Quel ours ! Comment tu peux rester avec lui ?

- Et ton Gerard, il t'embete pas ? - Non. Lui, c'est pas le genre.

- Il me donne des calottes. - Et tu acceptes ca ?

- C'est pas toujours sur la figure. - Voila !

Voila la flotte. Manina est si gentille !

Quel dommage qu'elle n'ait que 13 ans, hein ?

- Moi, j'ai dit ca ? - Mais non !

Mais tu le penses. Tu ne respectes pas grand-chose, mais t'attaquer

a une enfant de 13 ans... - Oh !

Moi, m'attaquer a Manina ? Tu es folle !

- Il lui a pas dit un mot. - Vous vous soutenez toujours.

Il faut pas nous prendre pour des imbeciles.

Je mangerai quand vous aurez fini de raler !

Moi aussi. La semaine va etre longue !

- Vivement la fin des vacances ! - Viens pecher le merou !

- Qu'est-ce qu'ils vont attraper ? - Un gros poisson, un merou.

Ils sont bien trop nouilles pour l'avoir !

Tu l'as vu ? Il est passe sous le rocher. Tu y vas ?

C'est trop profond pour moi. Essaie, toi.

J'ai pas vu le merou, mais j'ai trouve ca.

- Qu'est-ce que c'est ? - Une amphore romaine ou grecque.

- Tu en feras quoi ? - Une lampe ou un vase.

C'est original. Viens, on va montrer ca aux filles.

- Ca va les calmer ? - Zut ! Et mon fusil ?

Sans aucun doute, c'est un col d'amphore phenicienne.

Ce qui la differencie des romaines, ce sont les anses et le col long.

Les amphores romaines ont un col beaucoup plus court,

et le corps s'evase tout de suite apres la soudure des anses.

D'ou vient-elle ?

Je l'ai trouvee il y a 5 ans, pendant les vacances,

devant l'ile que vous avez citee, la petite ile Lavezzi.

Je l'ai gardee. Vous avez parle du naufrage et je m'en suis souvenu.

Alors j'ai tenu a vous la montrer.

Je comprends votre idee, mais ne vous emballez pas.

Les Romains et les Carthaginois ont deja fait des recherches...

infructueuses.

Ils ne disposaient que de plongeurs sans scaphandre.

Avec des bouteilles, je peux descendre a 50 m.

Il y a quelque chose de plus grave.

Cette histoire de tresor est sans doute une legende,

une jolie legende,

mais qui ne repose que sur des on-dit.

Si ca ne doit pas gener vos etudes, faites donc des recherches.

Ca vous fera un sejour agreable de toute facon.

Tout de meme... c'est un col d'amphore phenicienne.

Ta gueule, toi !

Je boirais a la sante de Trolius si j'avais de quoi trinquer !

- Tu paies pas le champagne ? - Si M. Mouton fait credit.

Faites-lui credit, il a 500 millions !

S'il a 500 millions, il a pas besoin de credit !

Tres juste !

Mais les 500 millions sont a 50 m de fond.

Gerard a degote le coin.

Vous pouvez y aller.

- Sans blague ! - Sa potiche, la,

c'est la preuve.

Je veux bien faire credit de 3 bouteilles, du Saumur mousseux.

C'est moins cher.

Monsieur Mouton, vous avez votre part de sesterces,

foi de Gascon !

Trolius a mis son tresor au frais juste pour ta petite gueule !

Riez, mesdemoiselles ! Riez, messieurs !

Vous serez bientot tous a mes pieds.

Mais seuls ceux qui auront finance mon expedition seront recompenses.

Il y en aura pas pour tout le monde !

Il a raison. Mettons Trolius en societe. Je m'inscris.

Tiens. Voila 200 balles.

Tu es inscrite.

Les 500 F que tu me dois.

Ah non, c'est pas pareil. C'est pas de l'argent frais.

- Oh ! - C'est logique.

C'est pour quoi, cet argent ?

J'ai mon plan. Il me faut un bateau. Pas un transat,

mais un bateau assez costaud pour aller la-bas.

Il faut l'equiper avec un compresseur d'air. Trop cher, pour des fauches.

Il me faut assez d'argent pour gagner la Mediterranee.

Les types qui font le trafic des cigarettes ont leur bateau.

Ce sont des aventuriers.

J'en mettrai un dans le coup et je lui proposerai la moitie.

"La moitie" ? Ca ne m'interesse plus. Rends-moi mes 200 balles.

Mais ne t'en fais pas ! La moindre piece vaut 50 000.

C'est Berthet qui me l'a dit.

"Berthet" ! Cet ane solennel !

Solennel ou pas, sans bateau, j'ai pas le choix.

Alors, a 50 000 la piece, on peut y aller, non ?

T'occupe pas de ce qu'elle raconte. Elle est radin.

Je marche dans la combine. Mais faudra que t'attendes.

- En ce moment, je suis gene. - C'est nouveau !

L'aventure, ca me plait. Tu m'emmenes ?

Mais oui, cherie.

On va etre bourres de medailles, comme le musee du Louvre !

Ah, vous me faites bien marrer ! Vous etes des gogos !

Vous voyez pas qu'il vous fait le coup du tresor espagnol ?

Ah, y a encore des beaux jours pour la cueillette des poires !

La credulite humaine est sans limite !

En tout cas, il n'aura pas l'argent de mes cheres etudes.

Je prefere le boire.

Monsieur Mouton, un cognac !

Et ca ! C'est du reve ? C'est du tresor espagnol, ca aussi ?

Ecris a Henri Larue, il etait avec moi. Et dis ce que tu veux,

c'est une amphore phenicienne.

Et je suis pas le seul.

T'as pas vu qu'il y a des types qui cherchent le tresor de Rommel ?

Et pas des etudiants : un notaire, un huissier et un policier.

Et le colonel de gendarmerie qui cherchait le tresor de Mussolini ?

Alors, les tresors, ca existe. La preuve !

Venez me voir tout a l'heure, quand je serai seul. Sans faute.

Silence ! M. Mouton va chercher le mousseux.

Saumur !

Vive Trolius ! Vive M. Mouton !

Alors, vous croyez qu'il y a beaucoup de pieces ?

Des quantites. Mais il y a un risque.

- Lequel ? - Qu'elles y soient pas.

Si, elles y sont. J'en suis sur.

Si j'avais pas mon commerce et Mme Mouton, moi aussi, j'irais.

Rassurez-vous. Pas au fond de l'eau, a la surface, dans le bateau.

Tenez, voila 20 000 francs.

Alors, combien vous m'en donnerez, de ces pieces ?

Ca en vaut bien une centaine, ca.

Cent ? Vous n'y pensez pas !

Non. Gardez votre argent. Ca fait trop. Ca fait 5 millions.

Alors combien ?

- Disons 10. - "10" ?

- Ca fait 500 000. - Allez, 20.

D'accord pour 20.

Alors... racontez-moi. Ou allez-vous le trouver, le bateau ?

Je vais a Tanger. J'ai des tuyaux : c'est la qu'ils sont.

Ah oui, j'ai vu un film la-dessus, a Tanger...

Je suis bete, vous allez a Tanger. J'aurais du y penser.

Alors des que vous serez la-bas, envoyez-moi un petit mot anodin.

Une carte postale avec "vive la marine".

- "Vive la marine" ? - Pour dire que vous avez le bateau.

Ah oui ! C'est fort, ca.

Et alors, pour le tresor, quand vous l'aurez, ne vous genez pas.

Allez-y du telegramme. Mettez-le en port du.

Et pour ne pas eveillez les soupcons, vous allez mettre...

Oui. "Les carottes sont cuites."

Je comprendrai.

C'est astucieux, ca.

Alors, hein ?

Tout ira bien.

Moi aussi, je prendrais le train. Tu es veinard.

Je vous ai mis des saucisses pur porc.

Mangez-les vite, a cause de la chaleur.

Merci, monsieur Mouton. Vous etes un pere.

De la discretion. Il faut pas ebruiter l'histoire.

Il suffirait qu'un journaliste l'apprenne....

- J'arriverais, y aurait tout Paris ! - Merde ! Ton train fout le camp !

- Bonjour a Trolius ! - Pas la moitie ! Pas la moitie !

Les carottes sont cuites !

Vous... Vous faire cigarettes ?

Non.

Vous... Vous faire cigarettes ?

Oui, c'est ca.

Merci, monsieur. Merci beaucoup.

Vous ne pouvez pas parler francais comme tout le monde ?

Si. Mais ici, tout le monde parle espagnol.

- Monsieur est de Paris ? - Ca se voit ?

Tout de suite. Je me suis dit : "Ca, c'est un vrai Parigot."

- Et vous m'avez parle espagnol. - Voila.

Non. Je connais 2 ou 3 mots que je place a tout bout de champ.

- Monsieur prendra un petit whisky ? - Si vous voulez.

Dites, vous avez des cigarettes ?

Celle-la, elle est bonne !

S'il y avait pas de cigarettes a Tanger...

- Vous en avez beaucoup ? - Vous en voulez 50 paquets ?

Non. 200 caisses.

Ah, ca, c'est un autre turbin.

Mais vous avez l'oseille ? Ici, il faut payer cash.

Oui. Il me faut la camelote et un bateau pour la transporter.

J'ai un acheteur a Bonifacio.

Ah bon. Dans ce cas-la, ecoutez-moi.

Je suis pas dans la course, mais je peux vous tuyauter.

Vous connaissez El Mauritania ?

La boite de nuit de Sanchez-Lopez.

Vous irez ce soir, vous demanderez une chanteuse du nom de Franchucha.

Elle parle francais. Je la verrai et je lui en toucherai deux mots.

Elle connait les types qui font les cigarettes.

Envoyez-lui des fleurs ou une bouteille, elle vous trouvera

ce que vous voudrez !

A propos, n'oubliez pas ma commission.

Je pense qu'a ca.

Je te dis qu'il est bourre de fric.

Il veut payer cash, 500 caisses, et affreter un bateau.

C'est du bon miam-miam pour toi.

Tu es sur qu'il viendra ?

Tu vas trouver des fleurs et un mot de lui au Mauritania.

C'est un mome. T'en feras qu'une bouchee.

Ce soir, je suis deja invitee.

Dis-lui quand meme quelque chose.

Et tu le verras demain.

A propos, pense a ma commission...

Oui, mon vieux. Je pense qu'a ca.

C'est une manie qu'ils ont !

Senorita... Mademoiselle Franchucha !

Vous avez compris ?

Quand vous arrivez en Espagne

Pays de cocagne

C'est merveilleux

Les femmes ne sont pas farouches

Quand on les touche

On les voit mieux

Mais quand vous allez a Tanger

Si vous ne savez pas nager

Vous courez les plus grands... dangers

Prenez garde a la Franchucha

Franchucha, Franchucha

La Franchucha, c'est une femme

Vous etes sur qu'elle vous aura

Non, non, pas encore. J'attends quelqu'un.

Prenez garde a la Franchucha

- Elle casse les verres vides. - Je l'ai invitee a la table.

Elle a des yeux Des yeux de flamme

Prenez garde a la Franchucha

Elle a des yeux Des yeux de chat

Les yeux de chat de la Franchucha Ole !

Si vous vous promenez en ville

D'un pas tranquille

Faites attention

Il vaudrait mieux qu'on vous entole

Ou qu'on vous vole

Comme un pigeon

Que de rencontrer en chemin

Comme un chatiment du destin

Cette fille au regard felin

Prenez garde a la Franchucha

Franchucha

Franchucha

La Franchucha, c'est une femme

Vous etes sur qu'elle vous aura

Elle vous prendra le corps et l'ame

Prenez garde a la Franchucha

Prenez garde a la Franchucha

Franchucha

Franchucha

Elle a des yeux Des yeux de flamme

Prenez garde a la Franchucha

Elle a des yeux Des yeux de chat

Les yeux de chat de la Franchucha La Franchucha, la Franchucha

La Franchucha

La Franchucha Ole !

Bravo ! Alors, tu y vas ?

Arrete, avec ton major americain ! Je suis deja invitee.

Et je suis pas un sac a vin comme toi !

Garcon, le champagne !

Une chanson de french cancan. Musica !

C'est vous, dont Francis m'a parle au Murillo ?

Je ne vous voyais pas comme ca. Quel age avez-vous ?

J'ai 25 ans, bientot 26. Pourquoi, j'ai l'air mome ?

Un peu, oui. Mais j'aime pas les vieux.

Ils sentent l'alcool et le tabac.

C'est par rapport a ce que vous voulez faire.

D'habitude, ce sont des hommes plus ages.

- Des types qui ont rien reussi. - C'est ca.

Moi, j'aime mieux commencer par la.

Si ca loupe, je peux me rattraper.

- Il faut de l'argent. - Ca, on verra bien.

Je veux un type avec un bon bateau. Le reste, je m'en charge.

He, tu vois la Franchucha ? Va lui dire de rappliquer.

Sinon, ramene-la par la peau des fesses.

T'as compris ?

Entendu. "Par la peau des fesses."

J'ai une commission pour vous.

Si vous rappliquez pas, je dois vous ramener par la peau des fesses.

Moi aussi, j'ai une commission.

"Une commission" ?

Salaud !

Mais non, enfin !

Allez ! Allez !

Au debut, ca marchait bien et c'est devenu mauvais.

Une fois, j'ai du jeter les caisses a la mer.

20 millions de cigarettes au fond de l'eau ! Vous imaginez ?

La tempete m'avait pousse dans les eaux francaises.

Et Zuccarello m'a pique 100 caisses avec le coup des faux douaniers.

J'essaie encore une fois. Si ca rate, je suis au bout.

Votre bateau tient le coup ?

20 metres, deux moteurs diesel, 150 chevaux.

- Vous allez en Corse ? - Bien sur.

Je vous expliquerai. Il est ici, a Tanger ?

Oui. Il est dans le port.

J'ai 50 caisses a bord, que je dois livrer au large des Baleares.

Une miserable petite affaire de rien du tout.

Ca me rapportera quoi ? Un million.

Et encore, si tout va bien.

- Et apres, vous allez faire quoi ? - Recommencer, parbleu !

Ces affaires rapportent 100 %.

J'en connais une qui rapporte du 1 000 pour 10.

Seulement, il faut y croire.

Non, mais dites donc...

Vous commencez a m'interesser, vous.

On peut savoir de quoi il s'agit ?

Vous vous rendez compte ? Ca ne se dit pas a n'importe qui.

Voila le Grand Socco. C'est le marche arabe.

- De quel cote est le port ? - Attendez. Nous y arrivons.

La prochaine fois, sa commission, il la fera lui-meme.

S'ils pouvaient le garder enferme 15 jours, ca lui ferait les pieds.

Enfin, pouvoir prendre un bon bain et passer tout ca au DDT !

Pour les caisses, je m'en fais pas trop.

Marcello est un chic type, vous verrez, et d'un devouement !

Voila. Je vous presente mon bateau.

Le Suraya.

Mais ou sont-ils ?

Ah, les voila ! Ils sont a l'avant.

Mais je reve pas. C'est le patron !

Oh, patron, c'est vous !

Je me suis fait du mauvais sang !

Moi aussi. Tout va bien ? On n'a pas touche aux caisses ?

Personne ! J'ai surveille. J'ai pas bouge d'ici.

Au fait, je ne vous presente pas.

Vous vous connaissez.

Venez, Gerard.

Les voila ! C'est la qu'il faut faire attention.

On va les laisser gagner vers nous. Ralentissez !

- Vous les connaissez ? - Non, c'est ma premiere affaire.

La barre a droite !

Doucement, les moteurs !

En arriere, toute !

Zuccarello m'a eu une fois. Il m'aura pas deux.

Vous avez l'argent ?

Toutes les 10 caisses, vous allez me donner 30 000 pesetas.

Preparez les caisses.

Une...

Deux...

Trois...

Quatre...

Cinq...

Six...

Sept...

Huit...

Neuf...

Dix.

Cinquante. C'est fini !

Bonne route !

Pour une fois, ca s'est bien passe.

En avant, toute !

Demain, a Cannes, j'acheterai le compresseur et le materiel,

et a nous le tresor !

Que ferez-vous de votre part ?

J'acheterai le Blackbird.

Il fait 40 m et peut transporter 500 caisses.

J'aurai 6 matelots et a Tanger, je serai le roi.

Et vous ?

Moi, je voyagerai.

J'irai partout ou il y a quelque chose de nouveau a voir.

Je suis etudiant en droit. Je suis destine au barreau.

Ma vie va se passer a plaider des affaires sordides

ou a enseigner aux autres ce que je n'ai pas compris.

- Faites comme moi. - Vous avez un bateau, moi pas.

Vous imaginez ce que cet argent represente ?

L'evasion loin des livres,

des murs sans soleil, des rues pleines de gens qui courent.

Vous y croyez, a ce tresor ?

Bien sur que j'y crois ! Ce tresor existe, j'en suis persuade.

Moi aussi, j'en suis persuade.

C'est merveilleux, de croire a un tresor.

Qu'on ait 10 ans ou qu'on en ait 50, y a pas d'age pour jouer a ca.

Et apres tout, je viens de gagner un million.

Je suis joueur. Cette aventure me rajeunit de 30 ans.

Il n'y a pas de risque. Ne parlez pas comme si vous l'aviez perdu.

C'est de l'argent bien place.

Croyez-moi. Si j'avais ce million, je le risquerais aussi.

N'ajoutez rien, mon cher. Les des sont jetes,

les cartes passent.

Voila. La courroie du compresseur est en place.

Je vais proceder aux essais de charge.

- C'est vous qui plongez ? - Oui.

Avec Marcel, un des marins, un tres bon plongeur.

Surveillez l'epurateur d'air. C'est important.

Bon, bon. Pour demain, tout doit marcher.

Nous ferons du mazout a Calvi,

puis nous longerons la cote jusqu'a l'ile de Lavezzi.

- C'est la que nous pecherons. - Je connais.

Y a du poisson, la-bas. En tout cas, vous serez pares.

- Bon. - Voyons ca...

Dan, mets en route.

Ce sont les iles sanguinaires.

Et dans la trouee, la-bas, Ajaccio.

C'est a 15 km d'ici. C'est la.

Il est trop tard. Nous partirons demain a la premiere heure.

Alors ? On est au pied du mur.

- Toujours gonfle ? - Toujours.

Arretez les moteurs.

- Quand commencez-vous ? - Tout de suite.

Bon. Marcel plongera avec vous. Il a l'habitude.

Preparez les scaphandres.

Au centre de recherche,

parfois, on desamorcait les mines a 100 m de fond.

C'est autre chose que chercher des potiches a 40 m.

Chaque jour, le bateau se deplacera et on explorera le fond.

Ils feront quoi des amphores ?

Ils vont les vendre. Il parait que ca a une valeur terrible.

C'est des vieux pots de chambre.

C'est curieux, ce que je ressens.

Il y a 5 ans que je suis venu,

et l'ile me semble beaucoup plus petite,

le phare, moins haut.

Je ne sais plus ou j'ai trouve l'amphore.

J'ai l'impression que vous avez perdu confiance.

Moi ? Je n'ai pas du tout perdu confiance.

Mais avant d'attaquer quelque chose, on a le trac. Allez, Marcel !

Allons-y.

Attends un peu, pour les bouteilles.

He, ca va.

Allez, vas-y.

Marcel.

Si vous trouvez des amphores, en aucun cas il faut les remuer.

C'est tres fragile. Vous remontez et vous appelez.

Entendu. Si je trouve quelque chose, je vous previens.

Manina !

Manina !

C'est moi, Gerard. Vous vous souvenez ?

Gerard, qui avait trouve l'amphore.

Ah oui, Gerard. Je me souviens !

C'est vous qui faisiez tout ce bruit.

Oui.

Tu as quelque chose ?

J'ai plus d'air dans la bouteille, j'ai mal aux oreilles,

j'ai bu de l'eau, et c'est pas du chianti !

- Et Gerard ? - Il est par la quelque part.

Je me demande s'il s'est pas foutu de nous.

- Pourquoi, patron ? - Je t'expliquerai.

Viens, on va manger.

Vous m'avez reconnue ?

C'est vos cheveux, brules par le soleil.

Et vos yeux, aussi. Quel changement !

J'ai 18 ans.

Moi aussi, sans vos lunettes, je vous ai reconnu.

J'ai garde le mouchoir de soie que vous m'aviez donne.

Seulement il est jauni par le temps.

Qu'est-ce que vous etes venu faire ?

Je suis sur ce bateau, derriere la pointe.

Avec un ami, nous cherchons des amphores.

- Comme celle qui vous aviez pechee ? - Oui. C'etait ou ?

C'etait pas de ce cote-la. C'etait la-bas, de l'autre cote.

Ah, ils m'appellent.

Moi aussi, il faut que je rentre dejeuner.

- Comment vont vos parents ? - Bien.

Je suis seule avec eux. Mon frere est parti.

Venez nous voir a bord. Nous ne sommes pas loin.

Alors, c'est promis ? Vous viendrez ?

Je viendrai.

C'est de l'autre cote, sur le versant est, vers la Sardaigne.

Elle s'en est souvenue. Demain, on cherchera par la.

OK.

Il faudrait que j'essaie de plonger avec ca.

Celles-la sont trop lourdes pour vous.

- Ca ne vous tente pas ? - Moi ? Non.

Je fume trop. Je n'ai pas le souffle.

C'est lourd, mais j'essaierai quand meme.

Des que j'aurai trouve,

nous aurons du temps, et je vous ferai plonger.

Manina, restez a dejeuner avec nous.

Pas aujourd'hui. On m'attend

au phare. Une autre fois.

Au revoir !

Au revoir, Manina ! Revenez vite !

C'est un petit oiseau des iles.

Eh bien, tu vois, Marcel,

je commence a comprendre ce que je fais ici.

Ce soir, j'irai sur la plage, Manina. Je vous attendrai.

- Non, Gerard. Je ne viendrai pas. - J'attendrai quand meme.

Manina ! Va aider ta mere a mettre le couvert.

Manina, a qui parlais-tu sur les rochers ?

A M. Gerard Morere, l'etudiant qui etait la il y a 5 ans,

celui qui avait trouve la cruche. Il est la, sur le bateau.

- Pour quoi faire ? - Pour en chercher d'autres.

Drole d'idee ! Allez, va chercher le vin.

- Bonsoir, Manina. - Bonsoir, Gerard.

Je regardais les pecheurs tendre leurs filets.

Dis, qu'est-ce que tu en penses, de la fille du phare ?

Manina ? Oh, patron, c'est une beaute !

C'est une splendeur, une petite merveille, une creature...

Tu sais ce que tu devrais faire demain ?

Tu devrais roder un peu sur l'ile et essayer de l'attirer a bord.

Tu comprends ?

Si je comprends, patron ? Mais je comprends tres bien !

Je comprends trop bien, et ca me fend le coeur.

Oui, ca va. Fous-moi le camp !

Vous etiez seule avec vos parents ?

J'aidais ma mere, je lisais, je chantais...

J'y pensais. Je me souviens de vos chansons, il y a 5 ans,

de ces airs tristes, avec des paroles que vous traduisiez a votre facon.

Vous ne voulez pas chanter pour moi, comme autrefois ?

Non. Pas ce soir, Gerard. Pas ce soir.

Il faut que j'aie envie de chanter, que quelque chose me pousse.

La, c'est plus fort que moi. Si je me tais, je crois etouffer.

Oui. C'est l'impression d'avoir en soi une chose qui vous transporte.

En ce moment, je l'ai a chaque fois que je plonge.

Je me sens exalte a la pensee de decouvrir ce que je cherche.

Mais moi, j'ai la deception quand je remonte.

En 3 jours, je n'ai rien trouve.

Moi aussi, souvent, je suis triste et decue.

Peut-etre parce que je suis toujours seule.

L'ete, ca va, je nage, je plonge, je cours les rochers.

Mais l'hiver, les veillees sont longues.

Je sais pourquoi : vous parlez et personne ne vous repond.

Vous chantez et personne n'ecoute.

C'est cela, qui vous rend triste.

On ne peut pas chanter pour soi-meme.

Ce soir, je ne peux rien vous dire.

Je ne voudrais pas vous donner de l'espoir.

Si je reussis, vous pourrez quitter votre ile.

Et alors, il n'y aura plus de probleme.

Un jour, vous enchanterez les foules. C'est ca qui vous manque,

mais vous l'ignorez. - Peut-etre.

- D'ici 7 jours, je vous expliquerai. - Pourquoi 7 jours ?

Eric m'a donne une semaine.

- Apres, nous partirons. - Vous ne reviendrez plus ?

Si, bien sur. Seulement, ce sera plus long.

Mais si je reussis, vous partirez avec nous.

- Partir avec vous ? - Oui.

J'y pense de tout mon coeur.

Moi aussi, je souhaite de tout coeur que vous reussissiez.

Vous me parlez de partir.

Je sais qu'un jour, je m'en irai d'ici.

Mais pourtant, je l'aime, mon ile.

J'en connais tous les secrets, chaque rocher, chaque grotte.

La petite source ou boivent les pigeons, je la connais.

Et le cimetiere des soldats et des marins,

quand je serai partie, qui s'en occupera ?

Mais pourquoi parler de tout ca ? C'est pas encore pour demain.

Il faut que je rentre.

Partez le premier. Je veux vous voir nager.

Demain soir, je serai la, Manina. Je vous attendrai.

Voila Marcel qui remonte.

Va lui donner un coup de main.

Alors, toujours rien ?

Non. Rien du tout.

Monsieur Gerard est toujours en dessous.

Je l'ai vu passer sous une arche sous-marine, et je l'ai perdu.

C'est ou j'ai trouve l'amphore. J'ai reconnu une arche.

A 30 m de fond, a droite, il y a une grotte profonde.

Le soleil etait assez bas, je n'ai rien pu voir.

Demain, j'essaierai d'y entrer.

Je commence a m'en vouloir d'avoir cru a ton histoire.

Je devais etre saoul, ce jour-la.

Pourquoi parlez-vous comme ca ? Il n'y a rien de change.

Je vous ai toujours dit que c'etait pas sur.

Il y a surement une autre raison.

Oui, en effet, il y en a une. Je m'embete.

Et je suis alle inviter Manina a dejeuner et elle n'a pas voulu.

Elle a refuse. Que lui avez-vous raconte sur mon compte ?

Moi ? Mais rien.

Je ne l'ai pas revue depuis qu'elle etait a bord avec nous.

- Du reste, je ne vous connais pas. - Oui. Ca, c'est vrai.

Nous ne nous connaissons pas et nous cherchons un tresor ensemble.

Trolius doit bien s'amuser dans sa tombe, s'il en a une.

Laissez-moi les quelques jours que vous m'avez promis.

Laissez-moi tenter ma chance. C'est important pour moi, de reussir.

Non, c'est pas tant pour l'argent. C'est pour une autre raison.

Je vous en prie, patientez. Demain, j'irai dans la grotte.

Meme si je devais m'y perdre, je l'explorerai.

Quelque chose me dit que c'est la qu'est la solution.

Qui vivra verra.

Manina !

Tu sais ce que veut dire ma chanson en corse ?

Tu veux que je te la chante en francais ?

Un soir d'ete

J'ai pris ta main a la fontaine

Qui s'ecoulait en murmurant

Un gai refrain

Ma main tremblait

Comme les roseaux dans la plaine

Tu as souri

Comme autrefois

Sur le chemin

Nos deux maisons Tu le sais bien

Sont porte a porte

Comme nos coeurs sont reunis

Par le destin

Chaque matin

Le doux parfum

Que le vent porte

Quand je m'eveille

Vient me parler

De notre amour

Tu as compris, maintenant ?

Oui, j'ai compris. Je voudrais tant que ce soit vrai.

Mais un jour, tu la chanteras a un autre pour de bon.

Si tu voulais, je ne la chanterais qu'a toi, mais tu vas partir.

Tu oublieras la fille sur son rocher.

Non, je ne pourrai plus t'oublier.

Quand je t'ai vue sur la plage, j'ai compris.

J'ai eu une angoisse au coeur, comme toi, quand tu veux chanter.

Je n'avais jamais eprouve cela. Je ne savais pas ce que c'etait.

Maintenant, je le sais.

Moi aussi, sur la plage, l'autre jour, je l'ai su.

Garde-moi dans tes bras comme si je devais y rester toujours.

Serre-moi fort, fort a m'etouffer !

Je suis folle de t'aimer.

Tu vas partir, je le sais bien, mais tant pis.

Grace a toi, tout l'hiver, j'aurai du bonheur.

Je viendrai sur ce rocher, je t'appellerai.

Peut-etre, le vent t'apportera ma voix.

La, tu comprendras tout l'amour qui est dans mon coeur.

Tu reviendras.

Mais m'attendras-tu seulement ? Ou seras-tu ?

Oh, Manina, tais-toi.

Ne dis plus rien, tu me fais mal.

L'idee que nous serons separes m'est insupportable.

Ne pensons plus a ca. Aie confiance, comme moi.

Ce soir, je ne peux rien te dire encore, mais calme-toi.

Mets ta tete au creux de mon epaule.

J'entends ton coeur qui bat.

Bonjour.

Ca vous embete, de me trouver ici. Ca derange vos habitudes.

Vous allez vous payer ma tete longtemps ?

Pourquoi dites-vous ca ?

La nuit, je n'ai de comptes a rendre a personne.

Ce n'est pas de ca que je parle.

Votre histoire de tresor n'est que de la pure invention.

Vous avez trouve le moyen economique de venir roucouler ici.

Mon yacht de plaisance, a ma sante. Dix jours de vacances payees !

Mais je ne marche plus, c'est fini. Je vous debarque.

- Voila ! - Non, vous ne leverez pas l'ancre.

Qui est-ce qui m'en empeche ?

Je vais vous montrer pourquoi.

J'ai trouve ca hier dans une galerie de la grotte.

Regardez bien.

La.

Oui. Un sesterce d'or de Trolius.

Je ne voulais pas vous le dire avant d'etre sur,

mais puisque vous m'y obligez, voila la situation.

Je crois savoir ou elles sont. Et je vais plonger.

Mais j'y pense... Dans quelques heures,

vous ne serez plus la.

Tout compte fait, je retarderai mon depart de quelques jours.

Ca y est, j'ai repere l'endroit ! J'ai les amphores !

Quand je vous ferai signe, vous descendrez le filet.

Ca y est, j'ai trouve les amphores !

Devant la grotte.

C'est vrai ?

Elles sont collees au rocher et soudees par les coraux.

Marcel et moi, nous les decollerons et les mettrons dans le filet.

- Et dedans ? - Elles sont bouchees.

Certaines sont cassees. Nous les viderons sur le pont.

Non. Les marins n'ont pas a savoir ce qu'il y a dedans.

Je mets les bouteilles et je vous rejoins.

Ah, les voila ! Aidez-les.

Ca y est, elles y sont toutes. Il y en a 10.

Remontez le filet. Il faut le guider. Je vais changer de bouteille.

Non. Il est trop tard.

Demain matin, on levera le filet.

Allez, remontez.

- Enfin... - Remontez !

Vous avez cherche dans le sable autour ?

Oui, j'ai regarde. J'ai tamise le sable dans mes mains, mais rien.

Mais il n'y avait pas d'amphore brisee.

- Que pensez-vous ? - Je suis sur que les pieces y sont.

Si on avait remonte le filet, on serait fixes.

Je vous admire, de pouvoir attendre toute une nuit.

Moi, je peux pas, j'en suis malade.

Non. Pour moi, c'est different.

Je prefere prolonger de quelques heures un reve si insense.

Question de temperament. On est comme ca, dans mon pays.

Moi, je vais me coucher et dormir.

Vous, vous n'allez pas fermer l'oeil de la nuit.

Allons, allons. Essayez tout de meme.

Demain, a la premiere heure, nous allons remonter le filet,

le filet du reve.

Quel beau titre pour un roman d'amour !

Oui. Vous avez raison. Je vais essayer de dormir.

Marcel, Dan, debout !

Je t'ai cherchee partout.

- Pourquoi n'es-tu pas venu ? - Je ne voulais pas qu'Eric me voie.

Mais rien n'aurait pu m'empecher de venir.

Mon reve va se realiser. Je vais te parler franchement.

J'ai trouve les amphores de Trolius.

Demain, nous les remonterons, les viderons et nous partagerons.

Vous partagerez quoi ?

Regarde cette piece. C'est un sesterce d'or.

Les amphores en sont remplies. C'est le tresor des Pheniciens.

Le professeur Berthet avait dit vrai. Nous sommes riches, tres riches !

- Tu n'as pas l'air de m'entendre. - Tu me fais peur.

Tu ne comprends donc pas ?

Tu pourras quitter ton ile, vivre avec moi.

Rien ne pourra plus nous separer.

- N'est-ce pas ce que tu voulais ? - Dis-moi que c'est vrai.

Tu ne vas pas rire de moi en disant que j'avais reve ?

Tiens. Garde cette piece, je te la donne.

Regarde comme elle brille.

Elle brillera au soleil comme tes yeux quand je te tiens.

C'est la verite, j'ai decouvert les amphores.

Comme c'est la verite que je t'aime.

Mais j'ai mal quand tu doutes de moi.

Je ne doute pas de toi, Gerard ! Je t'aime plus que tous les tresors.

Je ne sais pas bien le dire, mais je suis a toi, bien a toi.

Et ici, quand notre coeur est donne, il est donne pour la vie.

Manina, ma cherie,

Eric va lever les filets,

nous partirons pour l'Italie.

Il ne veut pas que les marins voient le tresor.

Il les debarquera en Sardaigne

et puis, nous partagerons.

Et demain, je reviendrai en bateau, avec mon bateau,

et puis j'irai voir tes parents et je leur dirai...

Quand le filet sera decolle, tu demarreras.

Nous le leverons au large. Monte-le.

Ecoute, Gerard !

Ils ont mis les moteurs en route. Mais pourquoi ?

Qu'est-ce que ca veut dire ?

Eric !

Eric !

Eric !

Eric !

Eric ! Non, pas ca !

Eric !

On l'attend pas, patron ?

Ca ne te regarde pas. C'est moi qui commande, ici.

Eric ! Eric !

En avant, toute !

Gerard !

Gerard !

Gerard !

Gerard !

Gerard !

Gerard !

Papa ! Papa !

Viens vite ! Gerard s'est noye ! Si tu viens pas, il va mourir !

Entrez.

Plusieurs SOS.

Un yacht en perdition vers la Sardaigne.

- Comment s'appelle-t-il ? - Le Suraya.

Dites-leur qu'on previent les Italiens.

Le filet m'empeche de gouverner.

Je t'interdis de le larguer. Nous coulerons avec !

Sauve qui peut !

Le Suraya ne repond plus.

- Manina... C'est toi ! - Oui, Gerard.

Tu as ete tres malade, tu sais.

Maintenant, c'est fini.

Dieu nous a entendues, maman et moi. Tu es sauve.

Non.

Je ne le serai vraiment que quand j'aurai retrouve les amphores.

Il faut que je parte d'ici, Manina,

et que j'alerte la police des ports.

Je dois les retrouver !

Il faut que ton pere me prete des habits

et qu'il m'amene a Bonifacio. La, je pourrai agir.

Calmez-vous. Ne vous tracassez plus.

Va, Manina. Dis-lui, ca vaut mieux.

La radio de mon pere a capte des SOS apres le depart du bateau.

Il etait en difficulte devant la Sardaigne.

Gerard, le Suraya a coule devant le Cap Negra.

Les deux marins se sont sauves. Seul Eric est reste sur son bateau.

C'est vrai ? Ce n'est pas pour me faire renoncer ?

C'est vrai, Gerard. Il a coule en emportant avec lui les amphores.

Tu vois ? La mer a repris son bien.

Je prefere ca.

Je n'aurais pas supporte l'idee de les savoir riches,

pendant que nous aurions souffert de pauvrete.

Maintenant... il faut que tu m'aides a oublier.

Non. Pour oublier tout a fait, il nous reste une chose a faire.

Habille-toi. Je t'attends devant la porte.

Je t'aiderai a marcher. Je veux que tu viennes.

Tu as raison, Manina. C'est bien, comme ca.

Maintenant...

cette histoire de tresor...

c'est comme si je l'avais revee.

Sous-titrage : Eclair Group

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