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Original subtitles

27 juillet 1976, Tangshan

Papa, regarde ! Des libellules !

Il y en a trop. Je n'ai pas envie de les attraper.

Papa, pourquoi il y en a autant ?

Un gros orage se pr�pare.

Papa, je veux une glace.

Allez, descendez.

Apportez le ventilateur � la maison.

Vous direz � maman que je passe � l'usine.

Je rentre juste apr�s.

- 6 centimes, �a ira ? - Oui.

Soyez prudents.

Deux glaces, s'il vous pla�t.

Ying-Tong, viens !

Donne �a !

Le fr�re d'Ying-Tong m'a pris ma glace.

Fang Da, cours !

Tu m'as pouss� ?

Vite, Fang-Da !

Vite, � la maison ! Il ne faut pas qu'il t'attrape.

Fang Da, vite !

Viens vite !

Doucement !

Que portes-tu ?

Un ventilateur.

Fais le souffler sur moi.

Attends. Je dois d'abord le brancher.

Fang-Da, ne mets pas les doigts dedans.

Descends de l�.

Ta main...

C'est bon ?

- Oui. - Moi d'abord.

Non. Maman d'abord. Elle a chaud � cause de la cuisine.

Bon. Tous ensemble.

- Maman, c'est frais ? - Oui.

Je vous laisse. Attention � vos doigts.

�a fait frais.

Ne bouge pas !

Papa a deux montres.

Papa, quelle heure tu veux ?

- 7 heures. - D'accord.

Vos nouveaux cartables.

- Je veux Tiananmen. - La Grande Muraille !

Ne l'�teins pas !

Il fait chaud.

Il ne faut pas abuser. Venez l�.

Un peu de talc.

Je voudrais une tomate.

Moi aussi.

Une seconde.

Voyons �a !

Il n'en reste qu'une. Pour le petit fr�re.

Fang-Da en a d�j� eu une. J'en veux aussi.

Il n'y en a plus. J'en ach�terai demain.

- Menteuse ! - Mais non, voyons.

Maman tiendra parole. D'accord ?

C'est bizarre, des jumeaux.

Quand l'un fait caca, l'autre a envie aussi.

Quand elle grignote des graines de tournesol, Da fait pareil.

Sans qu'ils cherchent � s'imiter. C'est tr�s amusant.

� force de le dire, tu y crois.

Ils sont quand m�me un peu seuls. Les autres les maltraitent.

J'aimerais en avoir un autre.

Tu es s�rieuse ?

On a eu peur, � l'accouchement. Tu remettrais �a ?

Bien s�r. Dommage que je ne peux plus en avoir.

J'ai un fils et une fille. Je suis combl�.

On peut nous voir.

Monte � l'arri�re.

Va !

Viens.

Pourquoi tu ris ?

Il fait si chaud.

On doit �tre les seuls de Tangshan � le faire.

Avec cette chaleur, personne n'arrive � dormir.

- Tu as fini ta journ�e ? - Oui.

� demain !

Pourquoi le camion bouge ?

Le ciel est violet.

Que se passe-t-il ?

Descends !

Un tremblement de terre !

- Les enfants ! - Vite !

Maman !

Papa !

Fang-Da, cours !

La grue va tomber !

Viens !

Maman !

J'arrive !

Papa !

Qu'est-ce que tu fais ?

Au secours !

Zhi-Guo !

Par ici !

Quelqu'un peut venir ?

Da-Qiang, tiens bon.

Je suis l�.

Yuan-Ni est l�.

Da-Qiang, tiens bon.

Tiens bon...

Da-Qiang...

�a recommence.

Da-Qiang !

Toi, le Ciel !

Tu es un salopard !

Papa, maman, grande s�ur !

Grande s�ur !

Venez me sortir.

Maman.

Grande s�ur !

Maman !

Au secours !

Pourquoi tu m'as emp�ch�e d'y aller ?

Pourquoi tu me laisses toute seule ?

Da-Qiang !

Des enfants !

Yuan-Ni, c'est Fang-Da.

Fang-Da !

- O� es-tu ? - Il est ici.

Il est ici.

Da !

Maman, je veux sortir. Je ne veux plus rester ici.

Sage. Ne pleure pas. Maman est l�.

Maman va te sortir de l�.

J'ai tr�s mal au bras. Je veux sortir, maman.

Ne pleure pas. Maman est l�.

O� est ta s�ur ? Elle est avec toi ?

Je ne la vois pas.

Je l'entends taper des pierres.

Attends, Fang-Da. Attends !

Je vois Fang-Deng.

Ils sont sous une plaque de b�ton.

- O� �a ? - En bas.

- Regarde. - Fais voir.

Deng !

Fang-Deng !

Deng, dis quelque chose � maman.

Deng !

Messieurs, je vous en supplie.

Je vous en supplie.

Le p�re de ces enfants... Leur p�re n'est plus l�.

Si on ne sauve pas ces deux petits, je ne pourrai plus vivre.

Je vous en supplie. Je vous servirai le reste de mes jours.

Je serai votre b�te de trait.

Arr�te de pleurer !

On cherche un moyen.

- Enlevons cette plaque. - Il faut un levier.

D�p�chons !

Un, deux, trois !

Je vais chercher un levier.

Il faut faire vite. On n'entend plus les enfants.

On ne peut en sauver qu'un. D�cide-toi.

Il faut les sauver tous les deux.

Tu ne veux pas comprendre ?

La plaque de b�ton les �crase.

Si on soul�ve du c�t� de ton fils, la petite sera �cras�e.

Si on d�gage ta fille, c'est le petit.

D�cide-toi. On ne peut en sauver qu'un.

Il faut les sauver tous les deux. Tous les deux !

La plaque est trop lourde. On doit faire levier.

Je vous en supplie. Sauvez-les tous les deux.

- D�cide-toi vite. - Je vous en supplie.

Sauvez-les tous les deux.

Vite ! On n'entend plus rien. Tu vas les perdre tous les deux.

Tous les deux !

Tu as r�fl�chi, Yuan-Ni ? Qui on sauve ?

Il y a un rescap� ici. Venez vite !

On va aider l�-bas.

S'il vous pla�t.

Sauvez le gar�on.

Qui ?

Sauvez le gar�on.

Maman...

Deng !

Maman te demande pardon.

- Maman te demande pardon. - Da, dis quelque chose.

Occupe-toi plut�t de celui qui est vivant.

On ne peut plus rien pour elle.

Viens voir. Le petit ne dit plus rien.

Emm�ne-le vite � l'a�roport.

L'�quipe m�dicale de l'arm�e le soignera.

Vas-y vite avant qu'il soit trop tard.

D�p�che-toi !

O� est ta famille ?

O� sont papa et maman ? As-tu encore des parents ?

N'aie pas peur. Je te ram�ne chez toi.

C'est elle, l�.

Celle qui baisse la t�te.

Elle est d�j� grande.

5 ou 6 ans. On retient, � cet �ge.

C'est la plus jolie. Elle pourra �tre artiste.

Elle est pas mal.

Elle ne va pas �tre facile � �lever.

Je l'ai interrog�e. Elle ne se rappelle rien.

Vous vous prendrez d'affection.

Il faut juste �tre patient car ces enfants ont �t� choqu�s.

Es-tu s�re qu'elle soit orpheline ?

On a affich� leurs photos � Tangshan.

Ceux qui avaient des proches ont tous �t� contact�s.

Ceux qui restent, on peut dire qu'ils sont orphelins.

Mais on ne peut en �tre s�r � 100 %.

Je n'ai pas envie de la perdre un jour.

C'est normal. Vous pouvez encore r�fl�chir.

Rien ne presse. Vous pouvez revenir la voir.

Commence la proc�dure.

- Aide-nous. - Vous faites une bonne action.

Elle a des probl�mes ?

On n'a rien d�couvert de grave.

Seulement, elle n'aime pas parler.

Je la trouve tr�s bien.

Saluez !

Apprenons aupr�s des h�ros secouristes

du tremblement de terre !

Honorons nos camarades secouristes...

C�l�brons le retour victorieux des camarades secouristes

Ya-Ya, c'est bien ?

L'arm�e est une grande famille r�volutionnaire.

Tous ici seront ta famille.

Laisse-moi la porter un peu.

�a va.

Moi aussi, je veux la porter.

Ya-Ya, tu vas avec maman.

Je vais la prendre.

Je ne suis pas fatigu�e.

Ya-Ya, c'est dans ce b�timent qu'on habite.

Nous voil� chez nous.

Ya-Ya,

c'est la maison de papa et maman.

N'aie pas peur. Ici, il n'y a pas de tremblement de terre.

Ya-Ya, regarde.

C'est ta chambre.

Papa et maman te l'ont pr�par�e.

�a te pla�t ?

Viens voir.

Viens l�.

Tout � l'heure, on se lavera et on mettra des v�tements propres.

C'est nouveau pour elle. Ne la bouscule pas.

Elle n'a pas prononc� un mot de tout le trajet.

Tu crois qu'elle est muette ?

Ne dis pas n'importe quoi.

Quand tu r�cup�res un chaton, pendant 2 jours, il ne mange pas.

C'est une enfant qui a �chapp� � la mort.

Regarde. Elle nous �coute.

Longue vie au pr�sident Mao et au Parti communiste

Belle-maman, belle-s�ur, que faites-vous l� ?

Maman !

Da, salue ta grand-m�re et ta tante.

Grand-m�re, tante.

Vous avez d� m'attendre longtemps.

Pas facile de te trouver. Personne ne savait nous renseigner.

Entrez !

Yuan-Ni, tu pourrais nous laisser Fang-Da.

C'est le petit-fils de la famille Fang,

c'est � nous de nous en occuper.

Tu es encore jeune.

Je comprendrais.

Tu pourrais poursuivre ta route.

Belle-maman,

la famille Fang ne peut pas me r�pudier comme �a.

Cet enfant est trop mis�rable.

Avec un seul bras,

il peut prendre un livre, ou un stylo,

mais pas les deux � la fois.

Je saurai m'occuper de lui.

Je l'ai inscrit � l'�cole. L'instituteur dit que �a ira.

Il ira � l'�cole � Jinan.

Il sera toujours mieux qu'� Tangshan.

Dans combien de temps, �a sera reconstruit ?

Yuan-Ni,

que dirais-tu...

toi et Fang-Da, de venir � Jinan ?

Si tu le souhaites, tu prendras un travail.

Sinon, tu pourras rester � la maison et t'occuper du petit.

On est nombreux.

Vous serez bien trait�s.

C'est gentil de votre part.

Mais je ne peux aller nulle part.

Tu es vraiment t�tue.

- Mets-toi aussi � notre place. - Maman !

Belle-maman,

ne te fais pas de souci.

Quand la situation se sera am�lior�e,

on ira vous voir au nouvel an.

J'ai fait tout ce voyage pour repartir avec lui.

Fang-Da et moi sommes les seuls survivants.

S'il s'en va, lui aussi,

il ne restera rien de notre famille.

Apr�s l'arm�e, mon fils devait rentrer � Jinan.

Il est rest� � Tangshan pour toi.

Maman !

Qu'est-ce que tu racontes ?

Je serais morte � sa place si j'avais pu.

Pardon.

C'�tait un grand gaillard.

Il parlait bien. Il �tait travailleur.

Il a disparu comme �a !

Et mon petit-fils est infirme.

Comment veux-tu que je sois rassur�e ?

Je m'inqui�te sans cesse pour lui. Comment je vais vivre avec �a ?

Pardon.

Je te demande pardon.

Pardonne-moi, Da-Qiang. Pardonnez-moi, Deng et Da.

Je suis la seule � en �tre sortie indemne.

C'est d'accord.

Emmenez-le.

Qu'il ait un peu de bonheur.

Eh bien, voil�.

On est une famille.

On doit tout se dire.

Un grand malheur a eu lieu. Tant de gens ont p�ri.

Il faut prendre du recul.

Restons unis et regardons vers l'avenir.

Dans ta maison,

tu n'as s�rement rien pu r�cup�rer.

Tu nous as envoy� des photos, il n'y a pas longtemps.

Je t'en ai rapport� une.

Assieds-toi bien.

Agrippe-toi.

Da,

chez grand-m�re, il faudra �tre sage.

Ne sois pas turbulent.

Tu n'oublieras pas ?

Maman !

Sage.

Maman !

Sois sage.

Maman !

Maman,

lui retirer Fang-Da, c'est comme lui prendre sa vie.

Maman !

Da !

Viens, Ya-Ya.

- Wang, c'est ta fille ? - Oui.

Comme elle est jolie !

Comment tu t'appelles ?

Dis bonjour.

Dr Dong.

C'est la fillette de Tangshan ?

Oui.

Fais voir.

Tu ressembles � papa ou � maman ?

Va manger !

�a ne va pas ? Tu l'as effray�e.

Comment elle s'appelle ?

Ya-Ya.

Appelle-le oncle.

Appelle-le.

Mal �lev�e !

Ici, les hommes, tu leur diras oncle, les femmes, tante.

Tu l'embarrasses.

Notre Ya-Ya est un peu timide.

C'est joli ?

Ya-Ya, tu es pr�te ? Il faut y aller.

Bienvenue aux nouveaux �l�ves

Tu es tr�s jolie.

Comment tu t'appelles ?

Wang-Fan. "Fan", la voile.

Je m'appelle Wang-Deng.

Faisons comme elle dit.

Deng, c'est ton pr�nom d'avant ?

Si des souvenirs te reviennent,

il faudra nous les raconter.

Papa pourra t'aider � retrouver des gens de ta famille de Tangshan.

Je ne me souviens plus.

�a reviendra.

Voil�. Tout est r�gl�.

� partir d'aujourd'hui,

tu es donc l'�l�ve Wang-Deng !

Allez ! On rentre � la maison.

� notre grand timonier Mao Zedong, de la part de la 38e arm�e

1986, Tangshan

Laissez passer !

Da, ton petit-d�jeuner.

Donne-moi la serviette. Donne !

Entre.

Mange vite.

Et mets ta proth�se.

Non.

Elle me fait mal.

Tu es un jeune homme. Fais attention � ton image.

Et puis, elle a co�t� cher.

Si tu m'avais dit que tu empruntais, j'aurais refus�.

Mange !

Maman, qu'est-ce que tu fais ?

Le lyc�e nous a dit de vous cr�er un environnement studieux.

Le frigo est bruyant. Je le prends avec moi.

Je raterai quand m�me le concours d'entr�e.

Ne dis pas de b�tises.

Pousse-toi.

Que feras-tu sans �tudes ?

Reprendre mon boulot ? Tu ne peux pas travailler � l'usine.

Tu ne peux ni conduire ni faire la cuisine.

J'ai pass� en revue tous les m�tiers.

Tu dois aller � l'universit�.

Je peux �tre gardien. Garder des toilettes !

Non !

Si tu �choues,

ta grand-m�re me reprochera de t'avoir gard� avec moi.

Depuis des ann�es, elle envoie de l'argent et des g�teaux.

Si tu entres � l'universit�,

j'aurais acquitt� ma dette.

De quoi tu parles ? Quelle dette ? C'est ma grand-m�re.

Tu te cr�es des histoires.

Et si je meurs,

qu'est-ce que tu feras ?

Si tu n'as pas de perspectives, aucune fille ne voudra t'�pouser.

Je voudrais t'aider � �lever ton enfant.

Il sera ton soutien dans tu seras vieux.

Maman, ne t'inqui�te pas pour �a.

Je te ram�nerai une belle-fille.

Va au lyc�e.

Allez !

Un instant !

Yuan-Ni !

Encore un coup de fil du lyc�e.

- Des clients ! - Les voyageurs arrivent.

Ils sortent de la gare.

Vous cherchez un h�tel ? Propre et pas cher.

Monsieur, un h�tel ?

Je vous y m�ne.

Entrez.

Professeur Jiang.

On a un r�glement.

Apr�s 15 absences, un �l�ve est suspendu.

Fang-Da n'est pas venu depuis 3 jours.

Veut-il passer le concours ?

Oui.

Da-Qiang,

Deng,

ne dites pas que je radote.

Chaque ann�e, en br�lant pour vous ces billets fun�raires,

je vous r�p�te...

qu'on a d�m�nag�.

Si vous voulez revenir,

ne vous trompez pas de chemin.

L'all�e o� on habite longe le mur sud

de la 2e �cole des cheminots.

� la 1re rang�e de maison, il faut tourner � gauche.

C'est la 1re maison.

Souvenez-vous-en.

O� on habitait avant, ils vont construire un grand magasin.

On ne peut plus y vivre.

Maman, �a fait dix ans que papa et grande s�ur sont partis.

Ils ne reviendront plus.

�a me file des frissons quand je t'entends.

Je ne sais pas ce qu'il faut leur dire.

�a a �t� dur de t'amener jusqu'au concours d'entr�e,

et tu ne t'es m�me pas pr�sent�.

Comment peux-tu t'�garer � ce point-l� ?

Tu me d��ois tellement.

Je te d��ois...

Tu aurais mieux fait de sauver ma grande s�ur.

Ma petite Deng !

Papa, p�dale plus vite.

Rentrons manger.

Papa !

Maman...

Qu'est-ce que tu dis ?

Maman !

C'est moi, Deng.

Ya-Ya.

Tu as encore fait un cauchemar ?

N'aie pas peur.

Je vais te chercher � boire.

Ya-Ya, tu as encore mal � la t�te ?

Je vais te masser un peu.

�a va mieux ?

Tu es nerveuse � cause du concours d'entr�e ?

Ce n'est rien. M�me si tu es recal�e.

D'ailleurs, il y a plein de nullit�s

qui sortent de l'universit�.

On peut r�ussir sans y entrer.

�a suffit ! C'est une fa�on d'�duquer son enfant ?

Bois et recouche-toi.

Wang, tu as assez parl�.

Elle ne pourra plus dormir si tu continues.

Ya-Ya, bois ton eau et couche-toi.

Elle dort.

C'est d�plac�.

Tu parles de moi ?

Qu'ai-je fait ?

Elle est grande, maintenant. Regarde ta tenue !

Je suis chez moi. Je ne vais pas mettre un costume.

Je ne peux pas entrer dans la chambre de ma fille ?

Ne fais pas semblant de ne pas comprendre.

Il n'y a plus moyen de raisonner avec toi.

�coute-moi !

Ce n'est pas la 1re fois que tu fais �a.

J'ai toujours pris sur moi.

Papa !

Je dois r�viser. Je n'ai pas envie de voir un film.

Tu as besoin de te changer les id�es.

Ya-Ya, quels sont tes projets pour l'an prochain ?

J'ai toujours envie de faire m�decine.

Je n'ai pas une bonne sant�. Ton p�re est d�bord�.

Choisis un domaine

qui te permettrait de rester dans le coin.

Tu n'es pas d'accord, Wang ?

Je respecte son avis.

Je cherche ce qui est mieux pour elle.

Ya-Ya ne m'a jamais quitt�e.

Je suis inqui�te de la voir partir toute seule.

On n'a pas de bonne facult� de m�decine, par ici.

Il n'y a pas que la m�decine !

Travailler dans un h�pital est tr�s dur.

Vous n'�coutez pas ce que je dis.

C'est maman qui ne nous �coute pas.

Arr�tez de vous disputer !

�a ne me dit rien d'aller au cin�ma. Maman, je rentre.

J'y vais.

Pourquoi dis-tu tout �a devant elle ?

Ce n'est pas notre enfant.

Si elle part, elle ne reviendra pas.

Tu recommences ! Qu'est-ce que �a change ?

Les sentiments, �a existe.

- Prends la cuisse. - Je n'aime pas.

Tu la manges quand m�me. Tu dois prendre des forces.

J'ai assez mang�.

Dans 2 jours, j'ai une r�union � Tangshan.

Ya-Ya, tu veux m'accompagner ?

S�rement pas ! C'est bient�t le concours.

�a ne prendra qu'une journ�e.

M�me si ce n'�tait qu'une heure. Son temps est pr�cieux.

J'y vais en voiture. Je conduirai.

J'aurais aim� la promener un peu.

Papa, je n'ai pas envie d'y aller.

Bon.

Maman, rentre.

J'y vais.

Je ne te parlerai plus des �tudes. Reste.

On �tait d'accord. Et puis, je ne suis pas seul.

Qui s'occupera de toi comme je le fais ?

Ce ne sera pas comme � la maison.

Je veux savoir si je peux me d�brouiller ou pas.

Tangshan est trop petit pour toi ?

Tangshan est grand ? Tu as bien vu � la t�l�.

Les paysans vont tous � Shenzhen. Je n'ai jamais quitt� la province.

Eh bien, vas-y.

- Xiao-Long, tu veilleras sur lui ? - Oui.

Prends soin de toi.

Tu fumes devant ma m�re ?

Facult� de m�decine de Hangzhou

Quel d�partement ?

- M�decine de base. - Ici. Assieds-toi.

Ma convocation.

Wang-Deng.

Wang Deng, tu as la chambre 206, b�timent 9.

206, b�timent 9. Qui l'emm�ne ?

J'y vais.

Merci de te d�placer encore.

O� sont les toilettes ?

Donne.

Wang-Deng, passe au bureau des �tudiants pour ta carte.

Donne. Viens.

Les toilettes.

Ton sac !

Merci.

C'est bien pour toi.

Tu n'as plus que toi � t'occuper.

Quand je rentre chez moi, que je vois tout ce monde,

�a me stresse. Je n'arrive pas � me calmer.

On est tous pass�s par l�.

Tu n'as pas vu le souci que je me faisais pour Fang-Da.

Je n'ai pas fini de m'inqui�ter pour mon fils.

J'�tais comme �a aussi.

L'usine n'est plus int�ressante.

J'aurais pr�f�r� �tre mise au ch�mage, comme toi.

Tu veux le beurre et l'argent du beurre.

L'usine, c'est toujours mieux qu'�tre � son compte.

Yuan-Ni !

T�l�phone.

Ne bouge pas.

Merci.

All� ? Fang-Da.

�a fait longtemps que tu n'as pas appel�.

D�bord� ? Plus qu'un ministre, j'imagine.

Vous �tes en mission ?

- Une visite de Hangzhou ? - Non merci.

- La facult� de m�decine ? - Je vous emm�ne.

Non. Pour un militaire, ce n'est pas convenable.

M. l'officier, vous �tes un militaire...

Je suis un infirme.

Aidez-moi.

�a va ?

Oui. J'ai de bonnes jambes. Je fais cette route tous les jours.

Que vous est-il arriv� ?

Je l'ai perdu � Tangshan en 1976.

Dans le tremblement de terre ?

- Vous �tes de Tangshan ? - Pourquoi ?

Notre unit� a particip� aux secours.

Je transporte un bienfaiteur !

Je vous ferai cadeau de la course.

Le b�timent 9, s'il vous pla�t.

- C'est celui-ci. - Merci.

Qui est-ce ?

Deng !

- Papa, que fais-tu l� ? - Tu ne t'y attendais pas.

Ouvre les rideaux.

Asseyez-vous.

Pourquoi tu n'as pas t�l�phon� ?

- Je t'aurais attendu � la gare. - Pas la peine.

Il fait vraiment chaud � Hangzhou.

C'est vrai. Pendant les vacances d'�t�, on �touffe.

Je vais acheter une past�que.

Deng,

qui est ce jeune homme ?

Un �tudiant de ma�trise.

En m�decine clinique. Il est de Hangzhou.

Bois un peu d'eau.

Ta m�re m'a donn� �a pour toi.

Tout ce que tu aimes.

Des cenelles s�ch�es !

Peux-tu me mouiller une serviette ?

Maman va bien ?

Pas trop.

Que veux-tu dire ?

Elle est � l'h�pital.

Qu'est-ce qu'elle a ?

Elle ne veut pas que je t'en parle.

Comme c'est le deuxi�me �t� que tu ne rentres pas,

elle m'a dit de passer.

Pourquoi est-elle � l'h�pital ?

Qu'est-ce qu'elle a ?

Ce serait bien que tu viennes la voir.

- S'il y a un probl�me, revenez. - Merci.

Zhao, tu gardes ma boutique ?

Le Reader's Digest d'ao�t et un magazine de cin�ma.

Il ne fallait pas.

Fang-Da n'a pas appel�.

J'ai oubli� de te le dire. J'ai le t�l�phone, maintenant.

Tu as fait ouvrir une ligne ?

C'est de l'argent gaspill�. Le mien ne te suffisait pas ?

Pour la journ�e, �a allait, mais le soir ?

Il pouvait avoir besoin de m'appeler.

Je serais all� te pr�venir.

- J'ai besoin d'aide. - Oui ?

Pas de tonalit�.

�a devrait marcher.

C'est bon.

Je m'en doutais.

Pourquoi tu ne m'as rien dit ?

- Tu as du vin ? - Oui.

- J'ai faim. - Attends un peu.

Tu tiens l'alcool, dis donc.

Tu ne fais que boire. Prends de la soupe.

� l'�poque, je suis venu � Tangshan pour vendre des ventilateurs.

Puis je suis rest�.

Sans autre projet que gagner ma vie.

Six mois apr�s, ma femme s'est trouv� quelqu'un.

Quand je suis rentr� au nouvel an, elle a voulu tout m'avouer.

�a ne m'int�ressait pas de l'entendre. On a divorc�.

Tout �a, c'est rien. C'est pour le gosse que j'ai mal au c�ur.

Apr�s le tremblement de terre,

on s'est retrouv�s � deux au lieu de quatre.

Fang-Da est parti, il ne reste plus que moi.

Tu ne t'es jamais sentie seule ?

Je redoute les f�tes.

Depuis que Fang-Da n'est plus l�,

je rentre au pays pour le nouvel an.

Bois.

�a date du tremblement de terre ?

Tu n'as pas � souffrir comme �a.

Tu es encore d�sirable.

Niu, retourne t'asseoir.

J'ai trop bu. Ne sois pas f�ch�e.

Ce n'est rien.

Raison de plus pour que je m'excuse.

On n'est plus des gamins. Ce n'est rien.

Viens vivre avec moi.

Impossible.

On reste comme avant ?

Ce n'est pas possible non plus.

Oui, directeur.

Je te redresse ?

C'est trop rapide.

Ya-Ya...

Les cours ont commenc� depuis deux semaines. Tu dois repartir.

�a va. J'ai demand� un cong�.

C'est un semestre de stage. Il y a peu de cours.

Les infirmi�res te trouvent jolie. Elles disent que tu me ressembles.

Elles ne sont pas l� depuis longtemps.

Elles ne sont pas au courant.

Maman, c'est vrai que je te ressemble.

Ton caract�re aussi.

T�tue...

Tu as fini par faire m�decine.

Quand j'�tais petite, j'aimais t'accompagner � l'h�pital.

C'est vous deux qui auront le plus compt� dans ma vie.

Mais aucun de vous...

ne veut rester avec moi.

Maman...

Ne me hais pas.

Veille sur ton p�re, fais-le pour moi.

Il prend tout le temps ta d�fense.

Il dit...

Qu'un enfant soit ou non du sang de ses parents,

il finit toujours par quitter la maison.

D�sormais,

il n'y aura plus personne pour se disputer avec lui.

Il va s'ennuyer.

Maman,

papa t'aime.

Moi aussi, je t'aime.

Viens.

Prends ce qu'il y a sous l'oreiller.

Cette montre,

je te la donne.

L'argent sur ce livret,

ton p�re et moi l'avons mis de c�t� pour toi.

Tu es grande maintenant.

Tu peux aller � Tangshan rechercher tes parents.

Ton p�re a raison.

Il n'est pas possible qu'aucun n'ait surv�cu.

Des parents,

�a reste des parents.

Viens.

Maman va bient�t s'en aller.

Laisse-moi t'embrasser.

Papa, o� dois-je placer maman ?

On �tait d'accord. Pourquoi tu ne veux plus ?

Dans un an, tu as le dipl�me. Tu auras �tudi� 4 ans pour rien.

Pas pour rien.

Je t'ai connu.

On sort ensemble mais on n'est pas mari�s.

Tu ne peux pas avoir de b�b�.

Wang-Deng,

c'est rien, une grossesse.

Juste un incident, facile � corriger.

Tu l'as bien vu, chez le gyn�co. Tous les jours, des filles avortent.

Les autres le peuvent.

Moi, pas.

Comment �a, tu ne peux pas ? Tu joues les pr�cieuses ?

Yang-Zhi,

je te l'ai d�j� dit.

Je suis une fille de Tangshan.

Je me suis r�veill�e parmi des cadavres.

Mon p�re �tait �tendu � c�t�.

�a te d�passe.

Tu ne me comprends pas.

N'agis pas sur un coup de t�te.

Je sais que tu m'aimes. Je t'aime aussi.

Je tiens � toi. Tu n'as que 21 ans.

Quand une femme a un enfant, sa jeunesse est finie.

C'est un trop grand sacrifice.

Wang-Deng !

Que connais-tu du sacrifice ?

Yang-Zhi !

Yang-Zhi !

Tu peux venir ?

Le p�re de Wang-Deng veut te voir.

- Merci. - Au revoir.

Monsieur.

O� est Wang-Deng ?

- On n'a plus de contact. - Tu l'as cherch�e ?

Oui. Longtemps. Mais en vain.

- Elle a abandonn� ses �tudes. - Je sais.

Que s'est-il pass� ?

Elle est tomb�e enceinte.

Enceinte ? Elle est enceinte et tu joues au basket ?

Je crois qu'elle a quitt� la fac pour que je perde sa trace.

Vous ne devriez pas la chercher.

Si elle en a envie, elle ira vous voir. Vous ne la trouverez pas.

Monsieur, je pense...

Tu ne la cherches pas et tu me dissuades de le faire !

Pourquoi vous le frappez ?

Partez.

Tu ne culpabilises pas ?

Allez-vous-en ! Laissez-nous.

R�ponds !

Je suis d�sol�.

Je la chercherai. Je le ferai.

1995, Tangshan

Essaie de faire bonne impression � ma m�re.

Si tu ne lui plais pas, on sera oblig�s de rompre.

C'est elle que j'�pouse ?

- Elle m'a fait na�tre trois fois. - Que veux-tu dire ?

Un, ma naissance.

La m�me ann�e, j'ai eu une pneumonie.

Pour les m�decins, j'�tais perdu. Elle les a harcel�s. Deux.

Le tremblement de terre. Trois.

Maman !

Je suis l�.

J'ai amen� ta belle-fille.

Ma m�re, Xiao-He.

Bonjour, madame.

C'est mon p�re, et ma s�ur.

Quand j'�tais petite, je lui ressemblais.

La maison est petite. On va �tre un peu � l'�troit.

Je suis mince. Je ne prends pas beaucoup de place.

Maman, pourquoi tu prends du travail ?

Je t'ai donn� de l'argent.

C'est des gens que je connais. Et puis, �a m'occupe.

La fondue est pr�te. On passe � table ?

On boit un peu ?

D'accord.

Buvez. Je conduirai.

Ouvre �a.

C'est le meilleur restaurant de Tangshan ?

Il y a beaucoup de bons restaurants � Tangshan.

Tu m'as manqu�.

J'ai une soci�t� � Hangzhou, une voiture, un appartement.

J'ai aussi Xiao-He. Avec toi, je serais combl�.

Si je te manque, il faut revenir me voir.

Tu voulais t'occuper de mon enfant.

Comment feras-tu ?

Tu me l'am�neras.

J'enl�verai la machine � coudre.

Viens avec moi � Hangzhou.

Je t'ach�terai un appartement. Je ne peux pas te laisser seule ici.

Ton p�re et ta s�ur sont ici. Je n'irai nulle part.

Xiao-He et moi, on reviendra avec toi pour la f�te des morts.

Il nous faut une maison � Tangshan.

Pour que les esprits de ton p�re et ta s�ur

aient un endroit o� aller.

Ne m'en parle plus.

Tant d'ann�es ont pass�.

Tu ne peux pas rester comme �a.

Quand on a �prouv� une perte, on comprend ce que perdre veut dire.

Trouve-toi quelqu'un.

Si je l'avais voulu, ce serait fait depuis longtemps.

- Pourquoi pas ? - Pour ton p�re.

Il a donn� sa vie pour me sauver.

S'il ne m'en avait pas emp�ch�e, je serais entr�e.

Quel homme en fera jamais autant pour moi ?

Toute ma vie, je resterai sa femme.

Je ne me sens pas l�s�e.

Tu prends de l'�ge.

Tu es seule � la maison. Je suis loin. Je m'inqui�te.

Tu l'as voulu.

Quand tu es parti, j'ai ressenti la m�me chose pour toi.

� chacun ses joies,

� chacun ses peines.

Merci.

C'est bon.

Je t'ach�terai un logement.

D'abord, des parcelles au cimeti�re.

D'accord. On fera comme tu veux. Les parcelles d'abord. Sant� !

Descends visiter.

Vois si �a te va.

Et si on renon�ait ?

On est l�. On en ach�te un.

Eh bien, ach�te. Mais je n'y vivrai pas.

Tu fais expr�s de me contrarier ?

Hangzhou, c'est non. L'appartement, c'est non.

Tu pr�f�res te pourrir la vie. � quoi �a rime ?

�a va plut�t bien. Je ne trouve pas ma vie pourrie.

Tu trouves que �a va ?

Que diront les voisins de moi ?

Que je te laisse tomber ?

Fang-Da, ne te f�che pas contre ta m�re. Parle calmement.

Maman, si je te laisse tranquille,

papa et grande s�ur m'en voudront.

C'est pour eux justement que je fais �a.

Apr�s notre r�installation, je leur ai expliqu�

le chemin pour nous retrouver.

Je le leur r�p�te depuis vingt ans.

Si on d�m�nage, il faudra recommencer.

Je n'y arriverai pas.

Je n'ai plus d'�nergie.

C'est comme �a. Je n'irai nulle part.

On va r�viser la le�on 3 : "Sorry, Sir".

- Excusez-moi, professeur Wang. - Merci.

Ne touchez pas.

Ne te coupe pas.

�a va ?

Maman, c'est pas moi. C'est elle qui l'a cass�.

Dian-Dian, je t'avais dit de ne toucher � rien.

Il n'a pas beaucoup de valeur. Reprenez la le�on.

Votre r�mun�ration.

Je ne peux pas accepter.

C'est s�rement insuffisant pour vous d�dommager.

Prenez, �a n'a rien � voir.

Je n'ai pas cass� ce plat. Je ne veux plus retourner chez eux.

Sage.

N'exag�re pas.

D�j� qu'on va laisser ma m�re seule au nouvel an !

Je ne veux pas me s�parer de Dian-Dian.

On �tait d'accord.

Et tout ce que je t'ai promis ?

Fang-Da, pour le reste, je ferai ce que tu veux.

Je renonce � tout.

Au voyage en Europe, � Louis Vuitton, � la nouvelle voiture.

Je veux juste mon fils.

On �tait d'accord avant le mariage.

Ce n'est pas vrai ?

Je te pose une question.

Si j'avais imagin� �a, je ne t'aurais pas �pous�e.

Qui aurais-tu �pous� ?

Ne change pas de sujet. On parle du gosse.

Tu dois le laisser avec ma m�re.

Et moi, alors ?

Mes parents ne l'ont pas encore vu. Que vont-ils penser ?

Et puis, il est encore si petit.

Je veux qu'il dorme pr�s de moi.

Tu veux faire plaisir � ta m�re. Il n'y en a que pour elle.

Il n'y a pas � discuter.

Ou alors, on reste l�. � toi de voir.

En quel honneur ?

Tu n'as jamais pass� le nouvel an chez moi.

La maison est si petite. O� veux-tu qu'on dorme ?

On va r�veillonner � l'h�tel ?

Arr�te ce cirque. On va chez toi, on a dit.

Ne me d�fie pas, Fang-Da.

Tu perdrais gros.

Toi non plus, ne me d�fie pas. Je sais rebondir.

Si tu crois que je t'ai �pous� pour ton argent, tu te trompes.

L�che-moi !

Arr�te !

Tu es r�veill� ?

- Il s'est r�veill� ? - � l'instant.

On s'est r�veill�, Dian-Dian ?

Dian-Dian, mon tr�sor.

Maman s'en va.

Tu seras sage.

Maman, merci pour la peine.

Mais non.

Tu vas �tre seule pour le nouvel an.

Ce ne sera pas la premi�re fois.

On laissera nos portables allum�s. N'h�site pas � appeler.

Tout ira bien. Ne t'inqui�te pas. J'en ai �lev� deux.

J'ai toujours voulu t'exprimer

Mes sentiments enthousiastes

J'ai toujours voulu te raconter

Combien j'aimais la vie

Les Chinois durs au labeur

Entrent dans l'�re nouvelle Plein d'ardeur

Plein d'ardeur

Nous entrons dans l'�re nouvelle

Nous chantons "L'Orient est rouge"

Nous nous dressons Devenus nos propres ma�tres

Nous chantons le printemps

Les r�formes et l'ouverture Nous enrichissent

Nos guides qui se succ�dent Sur le chemin

Nous conduisent dans une �re nouvelle

L�vent haut les banni�res Et �difient l'avenir

�difient

L'avenir

Papa,

tu fumes ?

Un petit plaisir.

Essaie �a.

J'allais justement m'acheter une doudoune.

Ya-Ya, o� as-tu pass� toutes ces ann�es ?

- Les manches sont longues. - �a va.

Tu n'as pas oubli� ta maison.

Es-tu all�e � Tangshan rechercher ta famille ?

- Papa, �a te pla�t ? - Oui.

Ya-Ya, assieds-toi.

Tu me paraissais grand. Pourquoi les manches sont trop longues ?

Ce n'est rien.

Pourquoi n'es-tu pas revenue � la maison ?

J'avais honte.

Au moins, tu aurais pu �crire ou t�l�phoner.

Je ne voulais pas t'inqui�ter.

Tu ne voulais pas m'inqui�ter ?

J'�tais tout le temps inquiet !

O� �tais-tu ?

Pardonne-moi.

Il s'envole !

- Dian-Dian, tu as vu ? - Attention.

- �a va, papa ? - �a va.

Cours avec.

Je suis essouffl�.

Doucement.

Je r�ve souvent � cette salle.

Je marchais derri�re vous pour aller chercher le repas.

J'ai l'impression que c'�tait hier.

Tu �tais haute comme elle.

Ses grands-parents de Tangshan seraient si heureux de la voir.

C'est toi, son grand-p�re.

Ne me contredis pas. Tu as tr�s bien compris.

Pendant toutes ces ann�es,

tu m'as souvent questionn�e � ce sujet.

Apr�s le tremblement de terre,

mon fr�re et moi �tions ensevelis.

On ne pouvait en sauver qu'un.

Ma m�re a dit :

"Sauvez le gar�on."

Ces trois mots...

n'ont cess� de r�sonner � mes oreilles.

Papa...

Ce n'est pas que je ne m'en souvenais pas.

C'est que je ne pouvais l'oublier.

Je comprends.

Deng,

tu devrais te souvenir

que la famille reste la famille.

Mais je n'arrive pas � oublier !

Bonheur

Soir�e de Nouvel An 1997

Dian-Dian, offre un verre de vin � ta grand-m�re.

Dian-Dian, on discute un peu avec grand-m�re ?

Gui-Lan,

notre Ya-Ya est rentr�e.

Elle est venue avec notre petite-fille.

Dis-lui comment tu t'appelles.

Dian-Dian.

- Appelle-la. - Grand-m�re.

- Elle n'a pas entendu. - Grand-m�re !

�a aurait �t� tellement bien qu'elle soit l�.

Sant�.

Papa, comment trouves-tu ma cuisine ?

Bizarre. Je n'ai jamais vu ta m�re t'apprendre.

Pourtant, tes plats ont le m�me go�t que les siens.

Toutes ces ann�es,

tu as r�veillonn� tout seul ?

Mais non !

Je mangeais chez des camarades de l'arm�e.

Tu n'as jamais envisag�...

une compagnie ?

Ta m�re m'accompagne tous les jours.

Tiens, Dian-Dian.

Je vais me marier.

Il est avocat...

Peu importe son m�tier.

Je veux juste savoir s'il te traite bien.

- Oui. - Et Dian-Dian ?

- Il est gentil avec elle. - Alors, j'approuve.

C'est un �tranger.

Un �tranger.

Tiens... Mince !

J'ai oubli�.

Compl�tement oubli�.

Feng, je suis au-dessous de tout.

J'�tais si heureux que j'ai totalement oubli�.

Ma fille est rentr�e avec ma petite-fille.

C'est �a !

Comment �a ?

Moi aussi, j'ai toute ma famille. Je suis coinc�.

On va faire �a. Demain,

je viendrai avec Deng.

Elle te pr�sentera ses v�ux. �a te convient ?

D'accord. Je vide trois verres pour me punir !

2008, Hangzhou

Directeur, quel assureur pour le groupe du Xinjiang ?

China Life. Ils sont fiables.

- Un tremblement de terre ? - Oui !

Reviens !

C'est rien. Ne cours pas.

C'est pas la peine s'il est petit. C'est vain s'il est gros.

Rappelle-les !

Revenez tous. C'est rien.

Maman, tout va bien � la maison ?

Vancouver, Canada

Tu rentres bien t�t.

Que s'est-il pass� ?

Une chose tr�s grave.

Quelque chose est arriv� � Dian-Dian ?

Je l'ai appel�e. Elle va arriver.

Ch�rie, allons � l'int�rieur.

Le s�isme a �t� si puissant

que les maisons ne se sont pas simplement �croul�es,

elles ont �t� d�truites, broy�es.

Et souvent,

sous les tas de bois et de briques se trouvent ceux qui y vivaient.

La priorit� des autorit�s n'est pas de retrouver les morts

mais de sauver les rescap�s.

Mon Dieu !

Je n'arrive pas � le croire.

C'est vraiment terrible. Regarde ces pauvres enfants.

Maman...

Ch�rie, est-ce que �a va ?

Je dois y retourner.

C'est d'accord.

Je dois aller les aider.

Je comprends. Tout ce que tu veux.

Rassemblement !

Portez-le dans cet h�lico.

Ne d�charge pas � Chengdu. Continue vers l'�picentre.

Les lieux accessibles ont assez de vivres et de m�dicaments.

Fais vite. Appelle-moi apr�s Chengdu.

Je vous attends � Hanwang.

Liu Wei !

Je vous re�ois.

As-tu eu les secouristes de Tangshan ?

Oui, j'ai r�ussi.

Que leur manque-t-il ?

Du personnel m�dical.

Je vais voir.

Merci, monsieur.

Vous �tes dans l'�quipe m�dicale ?

J'ai �tudi� la m�decine. Je peux vous rejoindre ?

Je vous aide.

Passez-moi le sac !

Merci.

Directeur Fang, on est arriv�s. O� �tes-vous ?

En ville.

Avec l'�quipe de Tangshan.

� qui remet-on nos marchandises ?

- � la Croix-Rouge locale. - Compris.

- Vous �tes de Tangshan ? - Oui.

Moi aussi. Je suis en retard.

- C'est jamais trop tard. - Allez chercher des outils.

Voil� la jambe de votre enfant.

Sous une plaque.

Dessus, un pilier qui tient le b�timent.

Pour d�gager votre fille, on doit enlever la plaque.

Mais c'est risqu� pour elle et les soldats.

Rassurez-vous, on fera le maximum.

Trouvez une solution !

- Je vous en supplie. - D'accord.

Ma fille !

Des bless�s ?

- La petite va bien. - C'est qui ?

Relevez-le !

Li Qing.

On le soul�ve !

Laissez passer.

Ambulance !

Ma fille.

N'aie pas peur.

Maman est pr�s de toi.

Appelez un m�decin.

Pour l'amputer.

On ne le fera qu'en dernier ressort.

Je sais bien qu'elle a besoin de ses jambes.

Ma fille.

Vous ne pouvez plus creuser.

Sinon le b�timent va tomber.

Si vous y laissez vos vies, vos parents m'en voudront.

Amputez.

Quand elle sera grande, elle me ha�ra.

Qu'elle me ha�sse !

Ma fille !

La jambe de ma fille !

Ambulance !

Ma fille !

Ambulance !

Poussez-vous !

La jambe de ma fille.

Je veux sa jambe.

Ma fille !

Je veux la jambe de ma fille !

Maman te demande pardon.

Attention ! L'�quipe de Tangshan, attention.

On va manger.

Ceux qui ont faim mangent d'abord.

Les autres, vous attendez un peu.

D'accord ?

Papa, maman, o� vous �tes ?

Venez vite.

Que voulez-vous ?

D�sol�e. Mais j'ai tr�s faim. Je ne mangerai pas beaucoup.

- C'est tr�s sec. Prenez de l'eau. - Merci.

Vous �tes combien de Tangshan ?

Au d�but, on �tait une dizaine. Maintenant, plus de quarante.

Quand ils voient le drapeau de Tangshan,

ils se joignent � nous.

Qu'est-il arriv� � votre bras ?

1976.

Vous avez �t� enseveli en 1976 ?

J'avais deux ans. Je ne me souviens de rien.

J'ai perdu ma m�re.

Je n'ai jamais eu de m�re.

Et votre famille ?

J'ai perdu mon p�re et ma grande s�ur.

On �tait jumeaux.

On s'est retrouv�s coinc�s sous une plaque.

On a dit � ma m�re que si on soulevait de mon c�t�,

ma s�ur serait �cras�e.

Si on soulevait de l'autre, ce serait moi.

Les secouristes lui demandaient de choisir. Que pouvait-elle dire ?

Bien s�r.

Vous �tiez tous deux sa chair.

Elle refusait de choisir. Ils s'impatientaient.

"D�cidez-vous

"ou vous perdrez les deux."

Alors, elle a choisi son fils.

Le tremblement de terre de 1976 a d�truit la vie de ma m�re.

Il a mis son c�ur en pi�ces.

Savez-vous ce qu'elle dit tout le temps ?

Elle dit quoi ?

Quand on a �prouv� une perte, on comprend ce que perdre veut dire.

Les maisons ont �t� reconstruites.

Mais son c�ur

est rest� d�vast�.

Depuis 32 ans,

dans son c�ur,

les ruines sont toujours l�.

Grande s�ur !

Fang-Deng !

Le prochain carrefour, c'est o� on habitait.

Il y a un grand magasin.

Pourquoi tu me fixes comme �a ?

Maman, comment est ta tension ?

�a va bien.

J'ai pu supporter le malheur, je pourrai supporter la joie.

O� vit ta belle-s�ur ?

Au Canada.

Elle s'est enfuie loin de moi.

Voil� notre maison.

J'ai l'impression d'�tre d�j� venue.

Maman ! Grande s�ur est de retour.

C'est ma femme, Xiao-He, et mon fils.

- Vite ! Appelle-la "tante". - Tante.

Maman, grande s�ur est de retour.

Entrez. Entrez dans la maison.

Grande s�ur, entre.

Tiens.

Porte le sac de ton p�re.

On a v�cu trois ans sous la tente, puis on a am�nag� ici.

�a fait 30 ans.

Je lui ai achet� un appartement. Elle refuse d'y aller.

Que fait cette photo ici ? Elle est si excit�e qu'elle l'a oubli�e.

J'ai lav� ces tomates pour toi.

Maman ne t'a pas menti.

Je te demande pardon.

Maman !

Qu'est-ce que...

D'o� surgis-tu comme �a ?

Pendant toutes ces ann�es, pourquoi n'as-tu pas donn� signe de vie ?

Je croyais que tu �tais avec ton p�re.

Rel�ve-toi.

Tous les jours, je pense � vous deux.

Pendant 32 ans, j'ai pens� � vous.

Pourquoi m'avez-vous ignor�e ?

O� �tais-tu en fin de compte ?

Pourquoi ne reviens-tu que maintenant, Deng ?

Rel�ve-toi !

Deng...

Maman,

rel�ve-toi.

Mes parents adoptifs.

Des militaires.

L'arm�e a secouru Tangshan.

Elle est morte en 1990.

Mon p�re adoptif est � la retraite.

Il se porte bien.

J'aimerais qu'il vienne me voir.

Il refuse toujours.

Mon mari.

Un �tranger !

Combien d'ann�es a-t-il de plus que toi ?

16 ans.

Ma fille. Elle s'appelle Dian-Dian.

Elle s'appelle Dian-Dian aussi.

Elle est bien jolie.

Quel �ge a-t-elle ?

18 ans. Elle est � l'universit�.

En psychologie.

Tu as eu un enfant � 22 ans ?

Avec un �tudiant en ma�trise.

Il voulait que j'avorte. Je n'ai pas voulu.

On s'est s�par�s.

Et apr�s ?

J'ai quitt� la fac.

Qui a pris soin de toi apr�s l'accouchement ?

Et le p�re de la petite ?

Il �tait � l'�tranger.

On n'a plus de contact.

Tu ne l'as pas cherch� ?

Il ne voulait plus de moi.

� quoi �a aurait servi ?

� mon p�re regrett�, Fang-Da-Qiang

Da-Qiang,

tu me ch�ris tant.

Tu m'as rendu notre fille.

On a ouvert la tombe.

Maman.

Je vais la faire d�truire.

Pas la peine.

Quand je serai morte, je veux �tre ici.

Pr�s de papa.

Faisons ce qu'elle dit.

Elle a eu sa part d'injustices.

D'accord.

De la primaire au lyc�e.

� chaque rentr�e, maman en achetait deux.

Un pour moi, un pour toi.

Maman...

Toutes ces ann�es,

comment as-tu tenu le coup ?

�a allait.

Dans la vie d'une femme,

30 ann�es, c'est beaucoup.

Tout �a... Pourquoi ?

Vraiment. Pour moi, �a allait.

Si j'avais v�cu dans l'exub�rance,

je me le serais encore plus reproch�e.

Maman,

je te demande pardon.

D�s l'instant o� j'ai revu Fang-Da,

j'ai commenc� � me d�tester.

C'est mon fr�re.

Il arrive � vivre...

C'est magnifique.

Maman, pardonne-moi.

Je t'ai tortur�e pendant 32 ans.

32 ans !

Je ne peux pas me le pardonner.

Maman, pardonne-moi !

En 2008,

le comit� du Parti communiste de Tangshan et le conseil municipal

ont �rig� un mur

en m�moire des 240 000 victimes du s�isme de 1976.

Song Shou-Shu, �g� de 65 ans,

ancien employ� de l'usine de m�canique de Tangshan,

a perdu son p�re, sa s�ur et son fils

dans le tremblement de terre.

Son fils Song Yong-Jie n'avait alors que 5 ans.

Je reviendrai te voir dans deux jours.

Nous exprimons notre grande tristesse

pour les 240 000 compatriotes

qui ont p�ri lors du tremblement de terre de Tangshan.

Nous d�dions ce film � Tangshan qui,

tel le ph�nix, renaquit de ses cendres.

Nous remercions chaleureusement

tous ceux qui nous ont soutenus lors du tournage de ce film.

R�alis� par Feng Xiaogang

Sous-titrage : C.M.C.

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