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Partout au Nigeria, les familles choisissent Coca-Cola,

car on sait ce qui compte.

Coca-Cola, priorité aux familles.

Et on les quitte en sécurité et heureux, à savourer leur boisson.

Voici Hauwa Ashinwole,

une des plus grandes directrices de publicité

et ma patronne.

C'est la campagne qu'on attendait.

- Comment vous l'appelez ? - Priorité aux familles.

C'est moi, Liah. Celle en jaune.

Et c'est le jour le plus important de ma vie.

Aujourd'hui, après deux ans, je vais enfin être promue.

C'est ce qu'on attendait.

Bien, vous allez envoyer les documents à mon bureau.

Bien, d'accord. Merci.

- C'est bon ? Allons-y. - Bonne journée.

Tu avais raison.

C'est une belle idée.

Merci, madame. Votre finesse a fait la différence.

Bien. Prends mon sac.

Après aujourd'hui, fini le travail d'assistante pour moi.

Bon, il est temps de poser la question.

Crache le morceau.

C'est au sujet du poste de directrice de la création ?

Tu étais au service national il y a deux ans

et techniquement, tu es encore assistante.

Écoute, ce poste est quatre échelons au-dessus de ton rang actuel.

Vous ne me jugez pas prête ?

Un directeur de la création gère ses propres dossiers et clients,

en autonomie.

La question est : es-tu prête ?

Oh, oui, ma patronne est un peu une garce.

Voici Apex, le lieu où je travaille.

Et voici Tunde Esan, le patron de ma patronne.

Quelle attaque !

- Désolée, je suis occupée. - Et voici Jumoke, ma meilleure amie.

Lekan m'a envoyé un nain.

Un quoi ? Pourquoi il ferait ça ?

Tu sais quoi ? Laisse tomber.

C'est ton ami.

J'appelle pour la subvention. Tu as des nouvelles ?

C'est mon anniversaire, je préfère ne pas y penser.

Bon. D'accord.

- Ne sois pas en retard. Vu ? - Promis. Bon anniversaire, trésor.

Salut.

Pourquoi on ne promeut pas cette fille ? Elle est trop bonne pour être assistante.

- Nomme-la chargée de création. - Quoi ?

Allez, tu la nommerais chargée de création et pas directrice de la création ?

- Elle ne l'a pas mérité. - Mais elle a fait le boulot.

Tu préfères qu'elle se lasse et s'en aille ?

Alors tu auras la prochaine personne que je forme.

- Intéressant. - Oui.

Plus tard.

Oh, merde !

Tu es toujours là ?

Tu élimines ?

Je t'ai dit de ne pas prendre ces côtelettes.

Des côtelettes ? Je vais vous en donner des côtelettes !

Je vais vous en donner des côtelettes !

Les côtelettes que vous m'avez données.

Tu es toujours là ?

Oui, Hauwa.

Dépêche-toi de finir.

Goldmyne a enfin envoyé le dossier.

Tu dois préparer le concept pour qu'on le montre à Tunde demain.

- Oui, Hauwa, bien sûr. - Dépêche-toi.

Et ça, c'est Lekan.

L'ami de Jumoke.

- Salut, chérie. - Un nain ?

Il y a un nain dans ma clinique.

Joyeux anniversaire !

Ces femmes enceintes ont sûrement déjà vu un nain

ou au moins un enfant qui y ressemblait.

Tu es sérieux ?

Oui, bien sûr.

C'est dur de t'offrir des cadeaux, tu es trop riche !

Et je me suis souvenu que tu aimais les nains qui dansent !

J’avais six ans ! Et c'était Blanche-Neige.

Tu n'aimes plus ça ?

Tu viens, ce soir ?

Bien sûr, c'est ton anniversaire. Où irais-je, sinon ?

Bien. Je pourrai te tuer.

Tu es un de ses acteurs ?

Pourquoi accepter de faire ça ?

J'ai perdu un pari.

Donc...

on en était où ?

Chérie ? Anniversaire ?

J'évite les hommes mariés.

Moi aussi.

C'était ma meilleure amie.

Mon président.

J'ai accepté de le faire.

J'ai accepté de partir étudier pendant trois ans.

Mais assurément...

il y a un problème !

Enfin,

ne pas fréquenter de femme...

pendant trois ans !

Pas question !

Jeûner...

une fois par semaine...

pendant trois ans.

Mon président, pas question.

Manger un repas par jour,

quand je ne jeûne pas,

pendant trois ans !

Mon président, pas question.

Et en plus de ça...

ne dormir que trois heures

par nuit pendant trois ans !

Alors, attendez.

Ni nourriture...

ni sommeil...

ni femme...

pendant trois ans !

Monsieur le Président, réfléchissez, pas question.

Oh que si.

Tu as juré.

C'est fait.

C'est ma soirée d'anniversaire !

Où tu étais ?

Ça ne va pas ?

Parle.

Je peux avoir un verre ?

D'accord.

J'ai surpris une discussion entre Hauwa et Tunde

et elle a saboté ma promotion.

Comment ça, elle a saboté ta promotion ?

Elle lui a carrément dit que je n'étais pas prête.

Quoi ?

Mais quelle garce !

Eh bien...

- pour sa défense... - Ne t'avise pas de la défendre.

Tu dois démissionner.

Et récolter l'argent qui pousse sur quel arbre ?

- Je pourrais toujours... - Pas question.

- Liah, je ne... - Non !

Tu vas faire quoi, alors ?

Je ne sais pas. J'apprends tant de Hauwa, c'est la meilleure...

Attends.

Où tu es ?

Où je suis ? Et toi ?

Tu es censé être à ma fête.

J'y suis.

- Je ne te vois pas. - Je donne une fête pour toi chez moi.

T'es dingue.

Et tu la manques. Viens ici !

- Il est dingue. - Qui c'est ?

Tu te fous de moi ! C'est quoi ça ?

Allez !

Tu as dit que c'était ma fête !

Maintenant, ça l'est !

On dirait un prélude à une foutue orgie !

Montons. En haut, c'est plus sain !

Montons boire des coups. C'est bon, désolé. Allons-y.

Allez !

Désolé !

Je vous rejoins en haut !

- Je ne pensais pas trouver quelqu'un. - C'est chez toi. Tu as une chambre.

C'est chez toi ?

Tu as dit être américain !

Tu t'appelles vraiment Charlie ?

Connard !

Merci, bloqueuse de bite.

Pourquoi mentir là-dessus ?

- Elle semblait vénale. - Que faisait-elle là, alors ?

Elle semblait comme ça.

- Et c'est mon livre. - Enfin, je t'ai cherchée partout.

- Salut, Lekan. - Salut.

J'ai quelqu'un à te présenter.

Mon Dieu, non, pas ça !

C'est pour le travail.

- Salut, Lekan. - Salut.

Bon, dis-lui ce que tu m'as dit.

L'histoire du pire pitch.

Ce jour-là, à mon bureau, on a ce...

Non, pas cette partie.

Celle où tu acceptes que mon ami te présente une pub.

J'ai dit ça ?

Tout à fait.

J'imagine que je l'ai dit, alors.

Bien. Alors, note-le dans ton calendrier pour toi et ton patron. D'accord ?

Tu fais quoi ?

Parfait.

Donc Francis est l'assistant du directeur marketing de Cars45.

Et il vient de te caler une entrevue avec son patron.

- À moi ? - Oui.

- Incroyable ! - Je sais !

Hauwa sera ravie quand je lui dirai.

Merde, non !

Tu crois que j'ai fait ça pour Hauwa ?

Je t'ai dit que je ne voulais pas en parler.

À moins que tu travailles, chérie, tu n'as pas le choix.

Contente-toi

d'aller à l'entrevue.

Tu me connais.

Je suis comme ça et mon entreprise ne me donne même pas de poste.

Elle ne te mérite pas.

- Cette foutue société ne te mérite pas. - Là, je suis d'accord.

Je te passe la scène dans la bibliothèque de Lekan.

- Ce pitch m'inquiète. - Comme toujours.

Cette pub est censée parler aux femmes

et elle ne me parle pas.

Parce que tu ne sais pas de quoi tu parles.

Je suis une femme, ça me parle.

Ça parle aussi aux femmes en parlant aux hommes qui les attirent.

- C'est gagnant-gagnant. - Je...

Tais-toi.

Écoute, je vendais des pubs pour de la bière

quand tu étais encore au lycée

à dessiner des cœurs autour de photos de garçons.

Bien sûr, Hauwa.

Si tu le dis.

Regarde ces filles !

- Je te suis. - Sûr ?

Oui.

Je gère.

Bonjour

Tu me fais de l'ombre.

- Je peux faire connaissance ? - Monsieur, dégage.

Quoi ? Tu es malade ?

À qui tu crois parler ?

Ne me touche pas !

Vous faites quoi ?

Putain, sérieux ?

Vous avez associé ma marque à des femmes harcelées ?

Eh bien, les femmes sont secourues et...

Comment rappeler à ces femmes

certaines des pires rencontres de leur vie

leur fera boire mon produit ?

Je vais prendre la suite.

Merci, Eniola, pour ta remarque.

Je propose qu'on rentre ajuster ça puis de se revoir.

Je ne pense pas. C'est tellement loin du compte.

Il est clair qu'on a une vision différente.

On a une autre idée.

Qu'est-ce que j'ai à perdre ?

La femme moderne est pleine de ressources.

Elle fait tout pour atteindre ses objectifs.

Quoi qu'il en coûte.

C'est une fonceuse.

Un bourreau de travail.

Mais même les bourreaux de travail ont besoin d'une pause.

Buzz, la bière pour le bourreau de travail en vous.

À travailler. Mais la direction me plaît.

Je suis foutue.

Tu dois être folle.

Je ne comprends pas.

Si tu refais un coup pareil, tu es virée.

Ne monte pas avec moi. Débrouille-toi pour rentrer au bureau.

Merci d'être venue.

Pas de souci.

J'aime accueillir moi-même ma bonne nouvelle.

Ce n'est pas une bonne nouvelle ?

- Le contrôle d'antécédents est revenu. - Mon grand-père ?

Quand a-t-il volé cet argent ?

En quoi ? 1982 ?

Ça fait quoi, genre 40 ans ?

Ouais.

Il était pasteur.

Et il a volé quoi, cinq millions de dollars ?

Cinquante millions de livres.

Malgré tout ! Tout à coup, ils te mettent sur liste noire.

C'est n'importe quoi !

Ouais.

- Tu sais quoi ? - Quoi ?

- Au n'importe quoi qu'on n'a pas à gérer. - Oui !

Attends.

C'est Hauwa.

Elle veut quoi ?

Oui, Hauwa.

Envoie-la chier.

Non, Hauwa, je déjeune.

D'accord.

Je dois y aller.

Je hais ta patronne.

Je sais.

D'accord.

N'oublie pas, défilé de mode ce soir.

Toujours partante ?

Ils ont du très bon vin.

- D'accord, à toute. - Salut.

L'assistante de Tunde part en congé maternité.

Super, félicitations à elle.

Oui, en effet.

Tunde avait besoin d'une assistante pour trois mois. Je t'ai suggérée.

- Mais je suis chargée de création. - Chargée de création par intérim.

Depuis plus de deux ans !

Et avant ça, tu étais mon assistante. Ce n'est que pour trois mois. D'accord ?

En plus, on doit tous faire des sacrifices pour le bien de l'entreprise.

Je le fais en lâchant une employée douée pendant trois mois.

Tu parles.

Et...

le poste de directrice de la création que tu visais

sera probablement pourvu.

Ne t'en fais pas.

D'autres occasions se présenteront.

Merci.

De rien.

C'est...

la pire journée de ma vie.

Chérie, ne m'en parle pas.

Tout ce qui peut en ressortir de bon est que tu démissionnes.

Que je démissionne ?

Pourquoi je ferais ça ?

Parce qu'ils t'ont rétrogradée.

C'est juste trois mois, ce n'est pas si grave.

Comment je peux démissionner ?

Ce serait horrible même pendant trois secondes.

Elle te punit sans raison !

C'est vindicatif et tu ne devrais pas l'accepter.

Je ne peux pas démissionner.

Je ne peux pas me le permettre.

On n'a pas tous ton argent volé.

- Vraiment ? - Oui.

Tu dois savoir

que mon père et ses frères et sœurs ont multiplié par dix cet argent.

Oui, bien sûr.

C'était ma préférée.

Oui.

En fait, c'était vraiment bien.

Alors, ne démissionne pas.

Va faire cette présentation

et quand tu auras gagné, démissionne.

- Je n'ai pas d'entreprise. - Je t'en trouve une en deux jours.

Bon sang.

Excuse suivante ?

- Tue-moi. - Oui ! Pan !

- Je peux avoir d'autre vin ? - On le fait ?

Je veux plus de vin.

Tu peux le faire.

Vendre une voiture en urgence peut être stressant.

On est vite abusé.

Mais avec le service de prise en charge de Car45,

vous obtenez exactement ce dont vous avez besoin.

Cars45...

l'acheteur de confiance.

Tu avais raison.

Je pensais que c'était une perte de temps, mais tu avais raison.

Tu as parfaitement saisi l'essence de l'offre.

Si peu en sont capables.

J'imagine.

Je pense qu'on devrait le faire.

Mais ton PDG devra rencontrer le mien.

Pardon ?

Ce n'est rien.

Il est juste vieux jeu.

Il aime rencontrer l'autre dirigeant en personne.

Ton PDG présente encore ?

Oh, euh... Oui.

J'ai dit quoi ?

Et il sera disponible ?

Euh... Oui, il le sera.

Qu'est-ce que je raconte ?

Organise ça !

Merci.

Qu'est-ce que je viens de faire ?

Il fallait leur dire que tu étais la PDG.

Je ne sais pas ce qui m'a pris. Je suis bête.

Tu peux encore leur dire ?

Et me ridiculiser ? Même moi, je ne m'engagerais pas.

- C'est n'importe quoi. - Oui !

On ne peut pas renoncer si près du but.

Il doit y avoir une solution.

Il y a une solution.

Comme quoi ? Comment ça ?

Il suffit de trouver un PDG. Pas vrai ?

Que dis-tu de quelqu'un qui a le profil et sait jouer ?

Où je vais trouver quelqu'un avec...

Non !

Tu rigoles !

Non.

Puis, j'ai vu une chenille.

Je l'ai mis dans ma bouche et je l'ai mangé.

Et je me suis chié dessus pendant une semaine.

Jusqu'à ce que je réfléchisse et achète des couches.

Et j'ai commencé à les porter pour m'amuser.

Faites une pause. On se retrouve pour la phase suivante, d'accord ?

Merci.

Que fais-tu ici, beauté ?

C'est pour une urgence.

- J'ai une répétition. - Ça ne sera pas long.

Tu plaisantes.

Tu veux que je fasse quoi ?

Que tu joues le patron de Liah

pour qu'elle conclue un contrat de publicité.

Pardon. Je n'ai jamais rien entendu d'aussi ridicule.

Tu vois ? Je t'ai dit qu'il refuserait.

Je n'ai pas dit ça.

Seulement que c'était ridicule.

Alors ?

Il se trouve que j'aime le ridicule.

C'est une erreur. Il va tout foirer.

- Je ferais mieux de le laisser tomber. - Non.

Tu vas le laisser faire.

Et toi, tu vas faire ça sans rien foirer.

Tu m'agresses, maintenant ?

C'est ton amie qui a inventé un patron sans raison.

Ne t'en fais pas pour moi.

Merci.

Une seule fois, hein ?

- Une seule fois ? - Oui, une seule fois.

D’accord. Pas de souci.

Une seule fois.

- Salut. - À plus.

C'est une mauvaise idée.

Probablement, mais c'est la vie.

Allons-y.

Non !

Ça ne marchera pas.

Quoi donc ?

Tu vas me dévisager pendant toute la présentation ?

Je ne te dévisage pas.

Je ne te dévisage pas !

Écoute, jeune fille,

tu dois apprendre...

à être une employée.

Une employée ne dévisage pas.

Tu as raison. Ça ne marchera pas.

De quoi as-tu peur ?

De réussir ?

Les gens comme toi en ont peur.

Comment ça, "les gens comme moi" ?

Les pauvres.

Ce type.

Je ne suis pas pauvre.

Tu es la boursière du lycée de Jumoke,

- je me trompe ? - C'était moi.

Exactement. Les pauvres ont si peur de réussir qu'ils se sabordent.

J'ai vu ça encore et encore.

Désolée, on ne peut pas tous être un playboy oisif.

Mais tout le monde le souhaite.

- Tu veux quoi ? - J'ai dit que je t'aiderais.

Tu m'aides, là ?

Tu ne m'aimes pas, je sais.

Tu cherches une excuse pour ne pas faire ça.

- Mais que ma... - Connerie ?

J'allais dire attitude, mais oui, que ça ne t'arrête pas.

Tu sais quoi ?

- C'est peut-être un signe. - De quoi ?

Si tu es le seul à pouvoir jouer mon patron,

je ne mérite pas de le faire.

Tu sais que je suis un bon acteur ? J'ai joué dans des tas de pièces.

Des pièces que tu finances.

Des pièces que personne ne voit.

Je ne suis pas le seul à être con, on dirait.

Tu vois pourquoi on bosse bien ensemble ?

Jeune femme,

- permets-moi de t'aider. - Qu'est-ce que ça peut te faire ?

Rien. Mais Jumoke est ma meilleure amie depuis mes six ans.

Comment, ta meilleure amie ?

Quand elle avait six ans, tu en avais dix.

Huit.

Huit ans et demi.

Peu importe. Vois ça avec nos mères qui veulent nous marier depuis le berceau.

Dieu merci, Jumoke avait du bon sens.

Très probablement.

Alors, tu vas me laisser t'aider

ou tu repars faire je ne sais trop quoi ?

Allez, laisse-moi t'aider.

Coucou !

Alors, comment ça s'est passé ?

Petite amie...

J'espère qu'il n'a pas été trop con.

J'étais la pauvre étudiante de ton école.

Il... Tu l'as giflé ?

Non.

Attends.

- Tu... Tu souris. - Oui.

Donc tu ne l'as pas giflé.

Non. Car il s'est excusé et le reste de la journée s'est bien passé.

- Donc... - D'accord.

Oui.

Vous êtes prêts pour demain ?

Difficile de l'être plus. Je suis contente, en fait.

Je suis si soulagée.

C'est quoi, ça ?

Je sais que tu n'en as pas besoin. Mais laisse-moi payer comme je peux.

C'est à cause de ce qu'il a dit ?

Écoute.

Tu sais que cet immeuble appartient à ma famille ?

- Oui. - Elle couvre tous les frais.

Cet appartement ne me coûte rien.

En plus, tu as déjà payé la moitié du vin.

- Jumoke. - Arrête, non !

Prends-le.

Et encaisse-le.

Guichetiers !

- Tu ne vas pas l'encaisser. - Bien sûr que non !

Tu n'as aucun respect pour moi.

Pourquoi tu es en jean et où est ton costume ?

Où est ton costume ?

Je n'en ai pas.

- Pourquoi tu n'en as pas ? - Parce que je n'en ai pas besoin.

En plus, il est déchiré ! S'il te plaît, on a le temps. Allons-y.

On en achètera un en chemin. Allez.

- Excellente présentation. - Merci. Ravi qu'elle vous ait plu.

J'ai hâte de travailler avec vous.

- Merci. - Merci.

C'est Lekan.

Pourquoi il t'appelle ?

Je suis sûre qu'il annule.

Laisse-moi deviner, il annule, car il voit une fille.

Non.

Il ne s'agit pas d'une fille.

Tout va bien ?

Mon téléphone vibre sans arrêt.

Ça ne fait pas un mois

et j'ai reçu une invitation pour cinq présentations.

Liah, qu'as-tu fait ?

Hauwa va forcément le découvrir maintenant.

Je crois qu'elle est dépassée par la nouvelle.

Ça va chérie ?

- C'est à moi d'être contrarié. - Arrête.

C'est quoi, son problème ?

Tu veux en parler ?

Parle-moi.

Il n'y a rien à dire. Rien du tout.

Comment peut-elle être déjà dilatée à cinq centimètres ?

J'arrive.

Je dois y aller, mais on en reparle plus tard.

Bon.

Que veux-tu ?

- Accompagne-moi à un concert. - Tu rigoles ?

Écoute.

Tu peux rester là à ruminer ce qui te rend dingue

ou venir avec moi

écouter la meilleure musique de ta vie.

Tant que tu ne poses pas de question.

En quoi ça me concerne ?

J'ai un problème

Je sais que tu peux le résoudre

Beaucoup d'hommes m'appellent, mais je ne veux personne

J'ai un problème

Je sais que tu peux le résoudre

Je ne vois personne Et je ne veux personne

Alors, dis-moi Que fais-tu quand tu es seul ?

Touches-tu ton corps En pensant à moi ?

Bébé, je pourrais être ton fantasme

Dis-le-moi

Dis-moi ce que tu fais quand tu es seul

Touches-tu ton corps En pensant à moi ?

Bébé, je pourrais être ton fantasme

Dis-le-moi

Oh, bébé, écoute ma chanson

Elle est douée.

Très douée.

Et jolie.

Superbe, en fait.

Et tu essaies de la brancher ?

Non.

Pas cette fois.

Disons que je ne suis pas son genre et restons-en là.

D'accord.

Je peux te la présenter, si tu veux.

Pourquoi je voudrais ça ?

Je pensais que... Tu sais.

Tu sais...

Quoi ? Qu'est-ce qui te fait croire ça ?

Tu ne m'as jamais fait ce regard.

Tu sais, genre...

Tu sais, ce regard.

Désolée. Donc...

les hommes ne m'attirent pas parce que tu ne m'attires pas ?

Pitié.

Ne m'en veux pas.

Toute ma vie, toutes les hétéros

ont jeté ce regard à Lekan.

- Tu es un idiot. - Je sais.

Dis-le-moi

ce que tu fais quand tu es seul

Beaucoup seraient ravis de recevoir des appels.

Mais toi, tu as vraiment été catatonique.

- C'est quoi, le truc ? - Catatonique ? C'est un peu fort.

Comment tu appelles filer dans ta chambre sans dire un mot ?

Oh ? Ça.

- Tu as dit que tu ne demanderais pas. - J'ai menti.

Pourquoi je n'ai jamais vu cette Liah ?

Je n'ai vu que l'amie lycéenne critique et renfrognée de Jumoke.

Je n'ai jamais vu la Liah qui doute et a peur de son excellence.

C'est comme ça.

"Notre plus grande crainte

n'est pas d'être inaptes."

Il plaisante, là ?

"C'est d'être doués d'un pouvoir sans limites.

C'est notre part de lumière plus que notre part d'ombre

qui nous effraie."

Vraiment ? Une citation inspirante ?

C'est de qui ? Marian Williamson ?

Seigneur, je me coucherai moins sotte.

C'est Morenike de Right Pizza ?

Tu fais quoi ?

Oui, pardon...

Pardon d'appeler si tard.

Tu es fou ?

Je suis Lekan, de l'agence de pub Aniya.

Il plaisante ou quoi ?

Oui ! Merci pour l'invitation.

J'y serai.

À bientôt.

Lekan est le connard le plus agaçant

- que je connaisse ! - Pourquoi ?

Il n'a pas essayé de t'embrasser ?

Non.

Qu'a-t-il fait ?

Il a fixé une présentation sans mon accord. Tu imagines ?

Et alors ?

Tu ne veux pas, ignore-le. Quel est le problème ?

Tu veux le faire.

- Mais tu penses que c'est mal. - Ne commence pas.

Je ne commence rien.

Écoute, je...

J'ai eu un accouchement difficile.

J'essaie de me détendre un peu.

Fais comme tu veux.

Que fais-tu ici ?

Tu as mangé ?

J'ai apporté un petit-déjeuner d'excuse.

D'abord, je n'avais aucun droit de faire ce que j'ai fait hier.

Je m'excuse.

Mais tu dois le faire !

Ces gars de Car45 te mangeaient dans la main.

Dans ta main.

Euh, ma voix. Ton pitch. Tes idées.

Qu'est-ce que ça peut te faire ? Genre...

On ne se parle pas. Et tu sais que je ne t'aime pas.

Et pourtant, tu es là avec tes "Liah, tu dois le faire." Pourquoi ?

Quand j'avais 24 ans,

j'ai mis au point un logiciel qui a permis...

d'automatiser une bonne partie du contrôle du contenu illégal.

C'est quoi, ça ?

Le porno. Surtout.

Et d'autres trucs.

Avant mon programme,

il fallait environ cent personnes pour en surveiller un million.

J'ai réduit ça à dix et j'ai vendu la société 50 millions de dollars.

L'entreprise qui a acheté la mienne a été achetée

un demi-milliard de dollars un an après.

Pas étonnant que tu sois si con.

Ce n'est pas fini.

Les deux sociétés étaient soutenues par mes investisseurs.

Ils avaient 20 pour cent de la mienne et 80 pour cent de l'autre.

Optimisant leurs revenus à mes dépens.

Tu vois, même si tu es très énervante et très critique,

ton cas me rappelle le mien.

Ton entreprise utilise tes idées et te sous-estime. Donc...

Je veux t'aider de toutes les façons possibles.

Donc, comment tu crois que ça peut marcher ?

Aucune idée.

Je ne suis que l'acteur.

D'accord, mais il te faut de meilleurs costumes.

Tu es en retard.

Tunde n'arrive pas avant 9 h et il est 8h30. Il y a un problème ?

Je suis venue te voir et tu n'étais pas là.

Tu as un message pour Tunde ?

Tu as eu un congé assez long.

- Je ne saisis pas. - Tu ne saisis pas quoi ?

J'ai dit que je te reprenais.

Sauf si tu veux rester coincée au bureau de Tunde.

Bien sûr que non.

Bien.

Va chercher tes affaires et commençons.

Right Pizza a demandé une présentation à l'agence de pub Aniya.

Aniya ? Qui c'est et d'où vous les connaissez ?

Une agence aspirante.

Pourquoi vous soucier d'une agence de pub aspirante ?

Parce que les agences aspirantes deviennent de grandes agences.

Donc il vaut toujours mieux plonger cette merde dans la boue.

Je vois.

Alors annule tout ce que tu as prévu, car tu travailles tard ce soir.

Merde.

Je sais.

- Tu étais libre. - Je sais.

Mais...

j'imagine que ça confirme ta valeur

qu'elle veuille de toi.

Pour l'instant, je ne le sens pas comme ça.

Et puisque c'est toi, tu fais sortir Aniya de la course.

Je n'ai pas le choix.

J'espère que tu ne fermes pas Aniya.

- Non. - Bien.

Je dois juste trouver une entreprise qui n'intéresse pas Apex.

Oui, c'est logique.

- Je suis désolée. - C'est bon.

Odeh Holdings.

Client.

Desire Foods ?

Client, c'est sûr.

Farmer Inc ?

Client.

Tarzan Motors ?

Client, client.

Attends.

Tout le monde est client d'Apex ou quoi ?

On fait ça depuis plus d'une heure.

Tu sais quoi ?

Laisse-moi...

Tout va bien ?

SupaPhone.

- Vraiment ? - Oui.

Apex ne travaille pas avec une société de téléphonie ?

On est un peu en froid, car on travaille pour la concurrence, donc...

SupaPhone, donc.

SupaPhone, donc.

Oui.

Et donc je dirai :

SupaPhone,

la différence est claire.

Pourquoi tu ris ?

Parce que c'est un célèbre slogan de 7up. Tout le monde sait ça.

Il nous faut un autre slogan, alors.

Oui. C'est vrai.

- Mais tu te débrouilles bien. - Eh bien…

J'ai dû faire un million de présentations pour récolter des fonds.

Et une fois, j'en ai fait une avec un palu carabiné.

Crois-le ou non.

Ce qui s'est passé ce jour-là, c'est...

Quoi ?

Vas-y, dis-le. Je promets de ne pas me vexer.

Comment tu sais que ce que je vais dire est vexant ?

D'accord.

Bon, je voulais savoir...

Comment tu es passé d'une affaire à plusieurs millions de dollars

quand tu avais la vingtaine

à...

je ne sais pas,

ce truc-là ?

Prendre sa retraite tôt, c'est le rêve.

Je n'ai pas pu.

Tu n'as pas pu quoi ?

Je n'ai pas pu essayer autre chose.

Enfin, j'ai essayé.

D'autres ont essayé.

Je suis même revenu au Nigeria pour repartir de zéro mais...

je n'ai pas pu.

Alors, pourquoi le théâtre ?

Eh bien, en fait mon thérapeute a...

suggéré l'impro, mais...

je suis tombé amoureux du jeu.

Et tu as acheté un théâtre.

- Les avantages d'être riche, chérie. - Pitié.

Qui est ta chérie ? Bref...

Merci.

On s'y remet ?

Oui, on s'y remet.

- Bonjour, Liah. Où tu vas ? - Bonjour, Hauwa, j'allais déjeuner.

Déjeuner ? Tu as une présentation pour demain.

C'est irresponsable de partir.

- Je vous l'ai envoyée par e-mail. - Je sais, je dois la vérifier.

Et je suis sûre que tu veux être là pour ça.

Oui.

Allez !

Bon, tu sais quoi, tu dois juste lui faire face.

C'est ça. Je vais lui dire.

Cette rencontre doit avoir lieu.

Désolée, je dois partir. Ma tante est malade.

J'ai failli devenir fou.

C'est bon.

- Pas de souci. - D'accord. Donc...

Tu en penses quoi ?

Oh, merde !

- Quoi ? - Ne bouge pas.

- Comment ça "ne bouge pas" ? - Ne bouge pas !

Bonjour, Tunde.

C'est mon ami.

C'est mon ami.

Comment ça va, l'ami ?

Enchanté.

Continuez.

C'était qui ?

Le patron de ma patronne. Tunde.

Le patron de Hauwa.

On vous attend, maintenant.

- Tu vois ça ? - Quoi ?

Tu as mis ta langue dans ma bouche, elle te juge.

- Il n'y a pas eu de langue. - J'ai senti une langue.

- Tu veux réessayer ? - Sûrement pas.

- Il nous a dit de continuer. - Arrête.

- J'y crois pas. - Cesse de rire, ce n'est pas drôle.

- Si ! - En quoi c'est drôle ?

- Tu as embrassé Lekan. De plein gré ! - C'est faux.

Je ne l'ai pas fait de plein gré !

Tu es énervante !

- Arrête ! Ou j'arrête de te coiffer. - Oui, arrête de me coiffer.

- Tu m'as vraiment appelée sa... - Je le jure !

Baisse la tête.

- Tu me tyrannises ! - Désolée.

C'est de la merde.

C'est la présentation la plus nulle que j'aie jamais vue.

Si j'avais voulu ça, je t'aurais laissée au bureau de Tunde.

Fais mieux !

- Ça m'a paru être ce que vous vouliez. - Vraiment ?

Je voulais de la merde ?

Corrige ça ! N'importe quoi.

Tu dis de la merde.

Bien sûr que tu vas l'utiliser.

Tu crois que c'est la bonne voie. Hein ?

Oui.

Donc tu peux utiliser l'idée, sans remords.

Hauwa a peut-être raison. Le pitch est peut-être pourri.

Qu'est-ce que tu as à perdre ? Réfléchis.

D'accord.

Trop puissant.

- Salut. - Salut, Liah.

On peut parler ?

Ailleurs.

Vraiment, Lekan ?

Ta garçonnière ?

Ne t'en fais pas, mes mains resteront tranquilles,

à moins, bien sûr, que tu ne veuilles qu'elles bougent.

Je peux me crever l'œil, plutôt ?

Si tu veux.

Alors,

qu'est-ce qu'il y a ?

Je suis venue parler du pitch.

Pourquoi tu ris ?

- Tu es venue parler du pitch ? - Oui.

Dis-le, tu es venue me voir.

Non. Si. C'est juste que...

tu dois faire la présentation tout seul.

Attends !

C'est bon. Je n'aurais pas dû demander.

- Je sais ce que ça te demande de... - D'accord.

Quoi ?

J'ai dit "d'accord".

Enfin, on doit...

on doit mourir de quelque chose, non ?

Merci.

Tu le connais ?

Non, il est très beau.

Les filles. Toujours guidées par leurs hormones.

C'est le directeur d'Aniya.

Va le saluer.

Quoi ? Pourquoi je ferais ça ?

Tu fais quoi ?

- Hauwa m'envoie. - Quoi ? Pourquoi ?

- Aucune idée. Ça a été ? - C'est bon.

C'était dingue, mais j'ai besoin de toi avec moi.

Tu ne me présentes pas à ton nouvel ami ?

- C'est donc pour ça qu'elle m'a envoyée. - Oui. Allons-y.

Millionnaire de la technologie qui s'essaie à la publicité.

Intéressant.

Vous connaissez les fans de technologie, on essaie tout.

Cool, bien sûr.

Toujours bon d'avoir du sang neuf dans le métier.

- Merci, madame. - Je vous laisse.

Excusez-moi.

- Bonjour ! - Bonjour, Niddi, comment vas-tu?

Très bien, tu es resplendissante.

Merci, toi aussi.

- Comment va Chidi ? - Super !

Bien.

J'espère que vous êtes au point, parce que les derniers étaient bons.

Ah bon ? C'est qui ?

Aniya.

Des nouveaux, mais très offensifs.

Donc...

On commence ?

- Allons-y. - D’accord.

Right Pizza, c'est comme ça qu'on vit le mieux.

Voici donc l'avenir qu'on a pour vous.

Amusant, jeune, la génération Y pour la vie.

- J'adore. - Merci.

J'adore vraiment.

Ça correspond à la marque et ça vise juste.

Bien. Donc on peut lancer les formalités ?

C'est trop tôt ? Tu veux en discuter ? Pas de problème. Oups.

Ce n'est pas ça.

Enfin, avant les derniers, j'aurais dit "oui !"

Mais les derniers ont mis en scène une nostalgie

à laquelle on n'a pas pu refuser.

Je vois.

Tu ne crois pas que tu devrais faire les deux ?

Répondre à votre cœur de cible

et avoir ce truc nostalgique dont tu as parlé.

J'aimerais avoir le budget pour ça. Vraiment.

Tu sais comment c'est.

Je n'y peux pas grand-chose.

Je comprends.

On va vous laisser.

On a encore perdu contre Aniya ?

On est arrivés deuxièmes.

N'importe quoi. Deuxièmes ?

Deuxièmes ? Ce n'est pas nous. C'est pourri ! Ridicule !

- Ça n'arrivera plus. - Ça vaut mieux !

- Je suis désolée. - Non !

Ce serait impoli de te prier de sortir ?

- Tu vois, je... - Sors de mon bureau !

Je vais détruire ce garçon.

Je n'en reviens pas. Je gagne vraiment !

À Aniya ! Long soit son règne !

- Les yeux ? - Oh, oui.

- Les yeux. - Sept ans, les amis.

Attendez. Cette femme a dit qu'elle voulait quoi ? Me détruire ?

Moi ?

Olamilekan Davis.

- Tu as peur ? - Non, je suis excité.

- Bien sûr. - C'est du travail, maintenant.

Quand quittes-tu Apex ?

Comment ça ?

Une fois, coup de chance.

Deux fois, une force.

Trois fois ? Chérie, c'est le destin !

Il faut te concentrer sur Aniya !

Tu sais que je ne ferai pas ça éternellement.

C'est tellement vrai.

Je sais.

Pourquoi ne pas engager Liah

comme directrice de la création ?

Puis démissionne et elle devient PDG.

- Tu ne manques pas de bon sens. - Pas vrai ? Merci, c'est futé.

Vous pourriez être encore plus lourds ?

- Quoi ? - Toi, quoi ?

Tu crois qu'on a manigancé ça ?

Je sais que vous avez manigancé ça.

Je t'avais dit qu'elle pigerait.

Peu importe.

Tu vois, on y est.

Tu as fait tes preuves.

Il est temps de quitter le nid, bébé aigle.

Je peux au moins y réfléchir ?

- Bien sûr. - Non.

Mais, rappelle-toi...

je suis vite ennuyant.

Bien sûr. C'est toi.

Ah, te voilà.

On a un problème.

C'est vrai ?

Pardon de m'être emporté tout à l'heure. J'ai dépassé les bornes. Désolé.

Le truc avec les excuses, c'est qu'on n'est pas censé récidiver.

Écoute, mon ami Chidi, qui travaille chez Drip Mobile,

m'a envoyé un message tout à l'heure.

Ils veulent Aniya.

Impossible ! On a ce contrat depuis quatre ans !

Non ! Je ne peux pas perdre ce contrat !

Surtout pas pour ce connard !

C'est la réponse que j'attendais.

Allez, remettons-nous au travail. D'accord ?

Merci. Je suis repue.

- Ne tombe pas. - C'est...

- Ne tombe pas. - Je vais bien. S'il te plaît !

C'est Hauwa.

À 22 h ? Ne décroche pas.

- Il le faut. - Pourquoi ?

Elle veut me voir.

Il est dix heures. Tu démissionnes, dis-lui non.

Impossible. Je vais prendre un taxi.

Je te dépose.

Tu veux conduire sur la troisième continentale à 22 h ?

D'accord. Conduis-la.

- Allons-y. - J'ai dit que je prenais un taxi.

Qu'est-ce qu'elle a ?

Qu'est-ce qui t'a pris si longtemps ?

- Vous m'avez appelée à 22 heures. - Ne me parle pas sur ce ton.

Compris ?

Désolée.

Tu dois créer un dossier pour un contrat de Drip mobile,

et ça doit déchirer.

- Ils veulent Aniya, mais on a... - Ils veulent Aniya ?

Comment le savez-vous ?

Peu importe.

Il nous faut un pitch qui démolira Aniya.

Je me fiche que tu travailles toute la nuit, le week-end.

On doit gagner ce pitch. Compris ?

Je ne peux pas.

- Comment ça ? - J'ai dit que je ne pouvais pas.

Comment ça, tu ne peux pas ?

Parce qu'Aniya, c'est moi.

Quoi ?

J'ai dit, Aniya, c'est moi.

Sors de mon bureau.

- Je suis désolée, je... - Sors de mon bureau !

Tu es dingue.

Salut.

Que fais-tu encore ici ?

Que tu aies filé ne veut pas dire que la fête doit s'arrêter.

Tu veux en parler ?

- J'ai démissionné ce soir. - Merde.

Elle voulait que je travaille sur le contrat de Drip Mobile.

Et apparemment, ils veulent Aniya.

Je ne me voyais pas travailler encore sur deux pitchs.

Je n'ai pas pu.

On devrait peut-être se calmer.

Je n'en reviens pas

d'avoir fait ça, d'avoir dit

à Hauwa qu'Aniya, c'était moi.

Qu'est-ce que j'ai fait ?

J'ai tout gâché.

- J'ai tout gâché. - Ça va aller.

Liah ! Tu es enfin libre !

D'accord ?

C'est bon.

Respire.

Ça va. Tout va bien.

Tout va bien.

Que font-ils ici ?

- C'est quoi ? - Une lettre de mise en demeure.

Ça veut dire quoi ?

Si vous présentez le pitch, je vous poursuivrai en justice.

Peu importe si c'est petit.

- Vous ne pouvez pas ! - Si.

C'est qui, lui ?

Maître Emeka Nwosu, avocat d'Apex.

Au fait, Miss Liah est une employée d'Apex.

Donc tout ce qu'elle produit appartient à Apex.

M. Davis, on vous attend.

- Viens. - Il est riche, il n'a rien à perdre.

Tu peux en dire autant ?

Espèce de petite idiote sans le sou.

Ne les écoute pas.

Ne les laisse pas t'atteindre. Ils n'ont rien, ils bluffent.

Je suis désolée.

Je ne peux pas.

Sage décision.

On se voit au bureau demain pour une conférence de règlement.

Bonjour, je viens voir Bode.

Je suis désolé.

Désolé de quoi ? Tu n'y es pour rien.

Je t'ai poussée à démissionner.

Je ne suis pas une enfant. Je prends mes propres décisions.

Je ne dis pas le contraire.

- Tout ce que j'essaie de dire... - Tais-toi.

Écoute, tu ne vas pas accepter ça sans broncher.

Je te le promets, je vais...

Je t'ai dit de te taire.

C'est une façon de faire.

Je ne plaisante pas.

Tu ne devineras jamais ce qui est arrivé à...

Sans déconner, Liah !

- Jumoke, je peux t'expliquer. - Quoi ?

Tu as trébuché et tu es tombée sur sa bite...

J'hallucine que tu aies été assez bête pour craquer pour lui.

Je suis une adulte et je prends mes propres décisions.

Pitié.

Ça veut dire quoi ?

J'adore Lekan.

Mais il est brisé.

- Et si tu restes avec lui, il te brisera. - Je sais exactement ce qu'il est

- et je peux le gérer. - Le réparer ?

Va donc faire la queue avec les autres filles.

Autre chose, maman ?

- Je ne veux que le meilleur pour... - Non !

Tu veux ce que tu crois être le mieux pour moi.

Ça veut dire quoi ?

- Tu sais qu'Apex me poursuit ? - Et c'est ma faute ?

Qu'est-il arrivé à l'adulte

qui prend ses propres décisions ?

Tu sais quoi, je n'ai pas le temps pour ça.

Ne me juge pas pour ça, connasse.

Ça n'avait pas l'air marrant. Tout va bien ?

Dis quelque chose.

Écoute, Jumoke va s'en remettre.

Liah, parle-moi.

Écoute, Lekan, je sais que...

ça ne semble pas juste, mais...

j'ai besoin d'être seule.

D'habitude, c'est ma réplique.

Je suis désolée.

- Elle m'a embrassé. - Elle t'a forcée à répondre ?

Regarde-la, quelqu'un a besoin de la forcer ?

Qu'est-ce que tu as ?

Écoute, on est amis depuis qu'on est petits.

- Et je t'aime comme un frère. - Je sais. Désolé.

Si tu agis comme tu le fais toujours et qu'elle rompt avec toi,

moi aussi.

- Et si elle me largue ? - Alors, le karma est une pute.

- Je te déteste. - Je t'aime aussi.

Je suis sérieuse.

Tu pensais t'en tirer comme ça, hein ?

Liah, comment oses-tu ?

Après tout ce que j'ai fait, tu deviens la concurrence ?

Vous m'avez refusé cette promotion que je méritais.

Sale petite ingrate !

Espèce d'ordure !

Mesdames, on se clame.

On n'est pas là pour se battre, vu ?

Vous avez menacé de me poursuivre.

Tu as utilisé la propriété de la société !

- Une idée qu'on a travaillé dur... - Que vous avez rejetée.

Eh bien, Liah, tu es une employée.

Toutes tes idées sont notre propriété.

Personne ne va te poursuivre.

On est là pour trouver une autre voie.

Une autre voie, comment ça ?

Eh bien, tu vas nous vendre Aniya.

On te nommera directrice de la création.

Et si je refuse ?

Alors, je pourrai te détruire.

Réfléchis-y.

Réfléchis-y, c'est tout.

Inutile d'en arriver là.

- Bien sûr, tu dois accepter. - Comment tu peux dire ça ?

Ils la paient pour Aniya et elle devient directrice de la création.

Parce qu'elle vaut bien plus !

Écoute, vas-y seule, je te le promets, tu ne le regretteras pas.

Et quand ils la poursuivront ?

On a de l'argent, l'affaire durera longtemps.

Et qui l'engagera ?

Exactement.

Elle a raison.

Je suis désolée.

Tu n'as pas à t'excuser.

Jumoke, tu peux nous laisser deux minutes, s'il te plaît ?

Je comprends ce que tu ressens.

Ne les laisse pas te rabaisser.

- C'est plus que ce dont j'ai jamais rêvé. - Et ça ne suffit toujours pas !

S'il te plaît...

ne fais pas ça.

Faire quoi ?

Me laisser les regarder te détruire.

Ils ne me détruisent pas, ils me donnent tout ce que je voulais.

Tu te l'es donné.

Et comme ça, je peux le garder !

Je te connais.

Je ne sais pas comment me retirer du monde.

C'est vraiment ce que je veux.

- J'espère que ça te rend heureuse. - Lekan, tu peux me rendre heureuse.

Je suis désolée.

Tu ne mérites pas ça.

J'ai dit que tu ne méritais pas ça.

Vous savez, j'étais heureuse de travailler avec vous.

Tu vas échouer.

Tu as eu de la chance.

Mais, Liah, tu vas échouer.

Et Tunde te virera.

Et ensuite, tu retourneras en courant au village d'où tu viens.

Fais-moi confiance.

Tu vas échouer.

Parce que je suis morte pour toi

Bébé, j'ai essayé pour toi

Je veux que tu m'aimes

Bébé, je suis tombée amoureuse de toi

Tu sais que c'est vrai Je veux que tu m'aimes

Mais tu es loin de moi, bébé

Tu ne regardes pas de mon côté, bébé

Tu es loin de moi, bébé

Tu vois, tu es loin de moi, bébé

Je serai du bon côté

Tu es loin de moi, bébé

Tu vois, bébé, tu es loin

Bébé, tu es loin

Bébé, tu es loin de moi

Tu vois, bébé, tu es loin

Bébé, tu es loin

Tu es loin de moi, bébé

Je veux juste que tu me regardes Je veux juste que tu aies envie de moi

La raison pour laquelle tu me remarques

J'ai du bonheur à te donner Mais, bébé, m'aimeras-tu ?

Car ton amour donne de la vitamine C

Toi et moi, on est censés faire le tour de la ville

Montre aux autres hommes que tu as un trophée

Laisse-moi être celle que tu rentres retrouver

Tu sais que j'ai du bonheur à te donner, mais je veux que tu m'aimes

Je veux ma vitamine C

Parce que je suis morte pour toi

Bébé, j'ai essayé pour toi

Je veux que tu m'aimes

Salut.

Tu fais quoi ici ?

Bon, ce n'était pas l'accueil que

j'espérais.

J'ai ma première présentation demain, je n'ai pas le temps.

J'ai refusé un coup ce soir.

Pardon, quoi ?

J'ai refusé de coucher avec une fille si belle

qu'elle te ferait mal aux yeux.

Mais pas autant que toi, bien sûr. Toi aussi, tu es...

magnifique.

Tu blablates. Pourquoi tu blablates ?

- Je n'ai pas le temps. - C'était à cause de toi.

Écoute, je n'en étais pas conscient avant de...

Je la regardais et tu accaparais mes pensées.

Je n'ai rien fait. Je veux coucher avec toi.

Quelle chance j'ai !

Je me moque de ton travail et du reste. C'est toi que je veux.

Je sais que tu vas être malheureuse, mais c'est...

Tant que c'est ce que tu dois faire,

je serai là pour te faire sourire.

Dégage.

- J'ai l'air d'une idiote ? - Quoi ?

- J'ai l'air d'une victime sans défense ? - Qu'est-ce que tu as ?

De quoi tu parles ? Tu sais ce qu'ils te font !

Personne ne m'a rien fait.

- Tu ne m'écoutes pas ! - Non ! Tu ne m'écoutes pas !

J'essaie juste de te dire que c'est toi que je choisis.

Lekan, tu aurais dû me choisir quand je te l'ai demandé.

Quand j'en avais besoin !

Je n'étais pas prêt.

Je ne peux pas.

Je ne peux pas faire ça alors que tu peux partir si facilement !

- Va-t'en ! - S'il te plaît.

Laisse-moi, dehors !

- Donne-nous une chance. - Dehors !

Va-t'en.

S'il te plaît.

Va-t'en.

Comment tu te sens ?

Un peu nerveuse.

Rien de surprenant.

Le contrat avec la banque vaut des milliards pour notre société.

Pas de pression.

Si. Je veux que tu sentes la pression.

Je veux que tu mesures l'enjeu.

Je vais te dire,

si tu nous obtiens ce contrat,

tu seras non seulement la directrice de la création d'Aniya,

mais aussi celle d'Apex.

Et Hauwa ?

Quoi, Hauwa ?

Ses meilleures idées étaient les tiennes.

Je veux tes idées venant de toi.

- Je ne vous décevrai pas. - Bien.

Vous avez une minute ?

Je viens de parler à Tunde.

Tant mieux pour toi.

Il m'a proposé votre poste.

C'est pour ça que vous m'avez sabotée et que vous avez essayé de me freiner ?

De peur que je vous remplace ?

Comment avez-vous pu penser ça de moi ?

Peut-être que je t'ai mal jugée.

Tu n'es pas ma première protégée à essayer de prendre ma place.

- Je n'ai pas essayé de la prendre. - Je ne pouvais pas courir le risque.

Tu étais trop bonne.

Pourquoi vous battre pour mon retour si vous vous y attendiez ?

Parce que Tunde m'aurait virée de toute façon.

J'ai donné 15 ans de ma vie à Apex.

Je devais au moins m'assurer d'avoir un successeur digne de ce nom.

Je suis désolée, ça n'a aucun sens.

Parce que tu es encore une enfant.

Tu n'as aucun sens de l'héritage.

Docteur Cole.

Docteur Cole !

Vous filtrez mes appels.

Je crois que tout a été dit.

Je vous ai envoyé un e-mail.

Je l'ai lu.

Vingt millions de dollars peuvent faire beaucoup.

Vous pouvez sauver la vie de beaucoup de femmes.

Pas à ces conditions.

Je peux entrer ?

Je prends ça pour un oui.

J'ai eu la subvention.

C'est génial.

J'étais si obnubilée par ma merde

que je ne savais même pas qu'on se parlait encore.

Ils m'ont fait une offre.

Renoncer à ma famille,

rendre l'argent et...

recevoir 20 millions pour changer le monde.

Et tu as dit non ?

- J'ai dit non. - Pourquoi ?

Parce que...

je commence à penser que Lekan avait raison.

Comment ça ?

Faire ce qui est bien de la mauvaise façon te détruira.

Regarde-toi.

- Tu te détestes. - Je ne me déteste pas, c'est juste...

J'espère que ça passera.

Quel drôle de sentiment quand on a tout ce qu'on veut !

Tu as tout pesé.

- La décision sensée était de rester. - Je sais, je suis d'accord, mais...

Parfois, être sensée ne te rend pas heureuse.

Hein ?

Ça n'a aucun sens.

- Ça sonnait mieux dans ma tête. - C'est sûr.

Mais c'est vrai.

Je ne suis pas désolée, au fait.

De t'avoir poussée à faire Aniya.

Tu as prouvé que tu étais géniale.

Merci, Jumoke. Tu...

Tu m'as soutenue et merci de toujours me pousser,

tu es toujours là pour moi. Tu es incroyable.

On doit déménager.

- Tu n'as pas dit avoir refusé l'accord ? - Je l'ai refusé.

Renoncer à mon argent ? Ma famille ? Suis-je folle ?

Alors, tu as fait quoi ?

Eh bien, je...

J'ai accepté de vivre de mon salaire payé par la subvention

pendant cinq ans et

comme cet appartement est gratuit, on doit déménager.

Bon, quel salaire as-tu accepté ?

Deux cent cinquante mille dollars.

Par an ?

- Quoi ? - Quoi, c'est un sacrifice !

Un tel sacrifice.

C'est bon.

Je pourrais avoir besoin de ce chèque.

C'est bon.

Ta copine est riche à présent, donc...

Ça ira.

Quand Tunde m'a confié ce dossier, je me suis posé une question.

Comment exprimer la vision que vous avez pour la banque ?

Comment montrer que plus qu'une banque,

c'est un partenaire pour réaliser des rêves ?

C'est une mère qui paie les frais de scolarité de son enfant.

Ou un entraînement de dernière minute pour que son fils gagne une course.

C'est une avocate qui crée un cabinet.

Une banquière qui travaille sans relâche pour assurer la réussite de ses clients.

Ou toutes les femmes qui se réunissent pour faire de grandes choses.

Et une banque qui voit cette grandeur.

Et le gagnant est "Une femme de notre temps"

de la directrice de la création d'Apex-Aniya, Liah Attah.

Tu as eu ce que tu voulais.

Et tu es là, à pleurer comme un bébé.

Un dernier conseil,

si tu veux réussir à mon poste, ne les laisse pas te voir pleurer. Vu ?

À votre poste ?

C'est officiel ?

Il me l'a dit aujourd'hui.

Tunde a un bon sens du timing.

Vous savez, j'aurais préféré

travailler avec vous et non vous remplacer.

C'est vrai ?

- C'était une belle soirée, non ? - Elle va s'améliorer.

Ne faisons pas de scène ici.

Bien sûr que non.

Je voulais te dire que j'ouvre une autre agence.

Intéressant.

- Tu vas perdre ton indemnité. - J'y survivrai.

Si tu le dis. Bonne chance.

- Mais Liah et moi allons t'écraser. - Probablement.

Mais elle vient avec moi.

Impossible !

Tu plaisantes.

- Je vous poursuivrai toutes les deux. - Il n’y a aucun motif de poursuite.

Tu as Aniya. Et tout le travail qui en provient.

On repart de zéro.

Donc,

on te souhaite bonne chance.

Et on essaiera de ne pas t'écraser.

La tête qu'il a faite valait tout l'or du monde.

Ravie de vous avoir offert ça.

- J'en déduis que tu ne me suis pas ? - Non.

Non.

Si vous vous étiez excusée au moins une fois,

j'aurais réfléchi.

Alors, que vas-tu faire ?

Ce qui me chante.

On peut parler ?

Je vois un homme sur le rivage.

Et il boite,

du sang jaillissant de ses jambes.

Et sa maîtresse l'habille d'un pansement.

Parle-moi. S'il te plaît.

Il choisit de l'ignorer

et de se concentrer sur ce qui compte.

Essayant d'arrêter l'hémorragie après qu'elle lui a tiré dessus.

Elle essaie d'expliquer que c'était une erreur.

Et qu'elle ne voulait pas.

Ce n'est pas une question d'intention.

Mais de ce qu'on fait.

C'est pour ça

que son amant la fuit.

Tu peux arrêter, s'il te plaît, que je puisse m'excuser ?

Il a compris que les excuses étaient un piège.

Il l'a quand même laissée l'embrasser.

J'ai remporté un prix aujourd'hui, meilleure pub de l'année

pour Access.

Les prix sont sans importance.

Alors que je me tenais sur cette scène, devant cette foule,

j'ai réalisé que rien n'avait d'importance,

parce que tu n'étais pas là.

Alors, je suis venue ici pour toi.

Tu es censée lancer la balle.

Et toi, tu es censé m'embrasser.

Qu'elle demande un baiser

le surprend,

mais éveille une grande passion en lui.

Voici Lekan,

mon ami.

Je m'appelle Liah,

et je peux être ce que je veux.

Sous-titres : Guillaume Goubier

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