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[indicatif musical]
[indicatif musical]
[indicatif musical]
[musique d'opéra]
[sonnette de porte]
(Anne) Papa?
C'est moi!
Papa?
[soupir]
Tu es là, toi?
[musique d'opéra - écouteurs]
-Mais, qu'est-ce que tu fais ici?
(Anne) D'après toi?
-Hein?
[pas qui approchent]
-Qu'est-ce qui est arrivé?
-Mais, rien.
(Anne) Tu peux me le dire.
-Je viens de le faire, rien n'est arrivé.
(Anne) Il n'y a rien qui est arrivé?
-Non.
(Anne) Je viens juste de lui parler au téléphone!
-Et qu'est-ce que ça prouve?
-Tu dois arrêter de te comporter comme ça!
(Anthony) C'est mon appartement, non?
C'est incroyable!
Tu débarques chez moi et...
et je n'ai aucune idée qui c'est, cette femme!
Et je ne lui ai jamais rien demandé!
-Elle est là pour t'aider.
[soupir]
(Anthony) M'aider à faire quoi?
Je n'ai pas besoin d'elle!
D'ailleurs, je n'ai besoin de personne.
-Elle m'a dit que tu l'avais traitée de petite garce
et d'autres choses, aussi.
-Peut-être bien.
Je ne m'en souviens plus.
-Elle était en larmes.
[note de piano]
-Pourquoi? Parce que je l'ai insultée?
-Non, elle m'a dit que tu l'avais menacée physiquement.
-Moi? [rire]
Ph... physiquement?
[rire]
De toute évidence, elle ne sait pas de quoi elle parle!
Cette femme est folle à lier, Anne, crois-moi.
Il vaut mieux qu'elle s'en aille!
Crois-moi!
Surtout que...
-Que quoi?
(Anthony) Hmm?
Euh...
[soupir]
Bien, je ne voulais pas t'en parler,
mais si tu veux tout savoir, je... j'ai quelques soupçons.
Je crois qu'elle... elle...
(Anne) Tu crois qu'elle quoi?
[soupir] Je crois qu'elle m'a volé!
(Anne) Angela?
Mais, bien sûr que non! De quoi tu parles?
-C'est vrai, elle a volé ma montre! Oui...
(Anne) Ta montre?
-Oui!
-Tu ne crois pas que tu l'as juste égarée?
(Anthony) Non!
J'avais déjà mes soupçons, alors je lui ai tendu un piège.
J'ai laissé ma montre bien en évidence pour...
voir si elle allait me la prendre ou alors...
(Anne) Où?
-Hmm?
(Anne) Où est-ce que tu l'as laissée?
-Mais, je n'en sais rien, je ne m'en souviens plus!
Tout ce que je sais, c'est qu'elle est introuvable.
Je ne la trouve pas! La voilà, ta preuve!
Cette fille a volé ma montre, j'en suis sûr!
Hmm!
Oui.
[soupir]
Ah! Qu'est-ce qui se passe?
[soupir]
-Je ne sais pas quoi faire.
Papa, il faut qu'on parle.
-Eh bien, c'est ce qu'on est en train de faire, non?
-Non, je veux dire sérieusement.
C'est la troisième que tu...
-Je n'ai pas besoin de l'aide de cette femme.
Je n'ai besoin de l'aide de personne, OK?
Je me débrouille très bien tout seul.
-J'ai eu du mal à la trouver, tu sais?
C'est difficile.
Elle semblait si douée.
Elle avait de très belles qualités.
Et maintenant, elle ne veut plus travailler pour nous.
-Anne, tu n'écoutes pas ce que je te dis.
Cette fille a volé ma montre.
Je refuse de vivre avec une voleuse, compris?
-As-tu regardé sous la baignoire?
-Quoi?
-À côté des tuyaux,
là où tu caches tes objets de valeur.
-Comment est-ce que tu sais ça? Et dis-moi la vérité!
-Je n'en sais rien, je le sais, c'est tout.
-Est-ce que tu t'es permis
d'aller fouiller dans ma cachette sec...
-Mais, non...
-Alors, comment tu sais qu'il m'arrive parfois de mettre
mes objets de valeur à cet endroit?
-Je n'en sais rien, je l'ai trouvé par accident!
(Anthony) Oh!
Toi!
-Papa!
Papa!
Mais, où est-ce que tu vas?
Je n'ai touché à rien!
[sifflotement]
[musique - télévision]
Alors, tu l'as trouvée?
-Quoi?
(Anne) Ta montre.
-Ah oui!
(Anne) Donc, tu vois bien
qu'Angela n'y était pour rien!
-Uniquement parce que je l'ai cachée à temps, par chance!
Autrement, je serais assis ici, à te parler
sans avoir la moindre façon de savoir l'heure qu'il est!
Et il est 5h si ça t'intéresse.
Parce que moi, ça m'intéresse.
Alors, pardonne-moi de respirer.
Hmm!
(un homme - télévision) C'est aujourd'hui
que le remaniement...
-As-tu pris tes pilules?
(Anthony) Oui!
[soupir]
Pourquoi est-ce que tu me regardes
comme si ça n'allait pas?
Tout va bien, Anne!
[soupir]
Le monde tourne toujours!
[rire]
Ah! Tu as toujours été comme ça, toi.
Anxieuse.
Alors que ta soeur, elle...
[petit rire]
Où est-elle, au fait?
Tu as eu de ses nouvelles?
Je te pose une question, Anne.
-Hmm!
Papa, je vais devoir déménager.
Il va falloir que je quitte Londres.
(Anthony) Ah oui?
Pourquoi?
-On en a parlé, tu te souviens?
-Ah! C'est pour ça que tu tiens tant
à ce que cette infirmière vive avec moi!
Tout s'explique!
Les rats quittent le navire avant qu'il sombre!
-Je ne serai pas ici.
Je ne pourrai plus venir te voir chaque jour.
Il faut que tu comprennes ça, papa.
-Oui.
Bien alors, tu t'en vas?
Et quand?
Je veux dire, pourquoi?
-J'ai rencontré quelqu'un.
-Toi?
-Oui!
-Un homme, tu veux dire?
-Oui.
(Anthony) Vraiment?
[rire]
-Je ne vois pas pourquoi tu as l'air aussi surpris.
(Anthony) Non, non,
c'est juste que tu... tu...
[petit rire]
Tu dois reconnaître que depuis...
-James?
-... James, tu n'as pas eu beaucoup de...
Qu'est-ce qu'il fait dans la vie?
-Il habite Paris.
(Anthony) Ah!
-Et donc, moi aussi, je vais habiter là.
-Quoi, toi à Paris?
Ah non, tu ne vas pas faire ça, Anne!
Ils ne parlent même pas anglais.
C'est complètement absurde.
[rire]
Alors, si j'ai bien compris, tu...
tu comptes me quitter?
C'est ça, hein?
Tu m'abandonnes comme ça?
(Anne) Papa.
(d'une voix émue) -Mais, qu'est-ce que
je vais devenir, moi?
(Anne) Évidemment, c'est...
c'est très important pour moi.
Autrement, je n'irais pas.
Je...
J'aime vraiment cet homme.
-Euh...
(Anne) Et... je peux revenir
te voir souvent.
Les weekends.
-Oui...
(Anne) Mais, je ne peux pas
te laisser tout seul, ici.
Ce n'est pas possible.
Et c'est pour ça que...
si tu refuses d'avoir une aide, je vais être obligée de...
(voix faible) -De quoi?
(voix ferme) De quoi?
-Il faut que tu comprennes, papa!
(Anthony) Anne!
Tu vas être obligée de faire quoi?
[coup de klaxon]
[sirène de police au loin]
[sifflotement]
[musique d'opéra - radio]
[fredonnement]
[fredonnement]
[fermeture de porte]
[arrêt de la musique]
Anne?
Anne?
Est-ce qu'il y a quelqu'un?
[musique sinistre]
[reniflement]
-Tout va bien?
(Anthony) Qui êtes-vous?
-Pardon?
(Anthony) Qui êtes-vous?
Qu'est-ce que vous faites là?
Qu'est-ce que vous faites dans mon appartement?
-Anthony, c'est moi, Paul.
-Paul?
Mais, qu'est-ce que vous faites ici?
-J'habite ici.
(Anthony) Vous?
-Oui.
-Vous habitez ici?
(Paul) [rire] Oui!
-Dans mon appartement?
Ça, c'est la meilleure!
Qu'est-ce que c'est que cette histoire, hein?
-Euh! Je vais appeler Anne.
Votre fille.
(Anthony) Ah oui, merci beaucoup!
Je sais qui est Anne! Vous la connaissez, vous?
Vous êtes un de ses amis?
(voix forte) Je vous ai posé une question!
Connaissez-vous Anne?
[petit rire]
-Je suis son mari.
-Ah! Vous êtes son mari?
(Paul) Oui!
-Mais, depuis quand?
-Euh...
Ça fera bientôt dix ans.
-Ah oui, oui!
Ah oui, bien sûr, oui!
Évidemment!
[petit rire] Dix ans déjà!
Mais, je croyais...
Vous n'êtes pas...
séparés?
(Paul) Qui?
Anne et moi?
-Euh! Vous ne l'êtes pas?
(Paul) N... non.
-Êtes-vous sûr?
[rire]
-Oui, Anthony.
(Anthony) Et cette histoire
à propos de la France?
Elle ne devait pas partir à Paris pour... maintenant?
-Euh! Allô, ma chérie.
Oui, c'est moi.
N... non, c'est juste que ton père...
ne se sent pas très bien.
Je crois qu'il aimerait te voir.
Ah!
OK.
Ne tarde pas trop.
Hum...
Elle fait juste quelques petites courses.
Elle va...
arriver dans une minute.
-Bien.
L'autre jour, elle m'a dit que...
Elle m'a dit qu'elle avait l'intention
d'aller vivre à Paris! Oui, elle m'a dit ça!
-À Paris?
-Oui!
-Pourquoi est-ce qu'elle irait à Paris?
-Ah! Elle a rencontré un Français.
[rire] -J'en doute beaucoup, Anthony.
-Mais non, c'est vrai! Elle me l'a dit l'autre jour!
Je ne suis pas un idiot! [rire]
Mais oui, elle me l'a dit que...
qu'elle partait de Londres pour aller vivre avec lui
et je me souviens même de lui avoir dit
que c'était une idée stupide
parce qu'il ne parle pas anglais.
[rire]
Alors, vous n'étiez pas au courant?
-Non!
-Oups!
[rire] -Mais, quoi?
-J'ai fait une gaffe!
-Non, ça va.
Elle... Elle n'en a pas parlé encore,
mais je suis sûr qu'elle compte le faire.
-Donc, vous n'êtes pas au courant pour le Français?
-Non.
-Oups! La gaffe!
[rire]
[rire forcé]
On oublie ça! Souriez!
Elles finissent toutes par... par partir un jour ou l'autre!
Et je parle par expérience.
-Voulez-vous quelque chose à boire
pendant qu'on attend?
De l'eau, un jus de fruits?
-Euh! Non, c'est juste que je voulais...
J'allais dire quelque chose, moi.
Oui, c'est à cause de cette fille,
cette infirmière.
-Laura?
-J'oublie son nom, mais cette fille à qui
votre femme tient tant à me confier.
Cette... enfin, j'imagine que vous êtes au courant.
Comme si j'étais incapable de me débrouiller tout seul!
Donc, elle m'a dit... votre femme m'a dit
que j'avais besoin de l'aide de cette... cette...
et ça, même si je me débrouille parfaitement bien tout seul.
Peu importe s'il faut qu'elle aille habiter à Paris,
votre femme...
Hmm!
Ce que je ne comprends pas,
c'est pourquoi elle s'entête à...
Non, mais regardez-moi.
Allez, regardez-moi...
-Paul.
(Anthony) Ah oui, Paul.
Regardez-moi bien!
Il est évident que je peux me débrouiller!
[petit rire]
N'est-ce pas?
Je ne suis pas encore complètement fou-hou-hou!
[rire]
Vous êtes d'accord? Bien sûr, vous l'êtes.
Mais...
Anne... ah!
J'ignore d'où vient cette... stupide obsession de sa part,
mais elle est comme ça depuis qu'elle est toute petite.
Elle...
C'est juste qu'elle n'est pas très futée.
Vous voyez, elle n'est pas très...
pas très intelligente!
Elle tient ça de sa mère.
(Paul) Je crois qu'elle fait
de son mieux pour vous aider, Anthony.
-Oh! De son mieux, elle fait de son mieux!
Ça, c'est sûr!
Mais, je ne lui ai rien demandé!
Écoutez, j'ignore ce qu'elle complote contre moi,
mais je sais qu'elle complote quelque chose!
Oui, je sais qu'elle complote contre moi.
Je n'ai aucun doute là-dessus.
Je la soupçonne de vouloir me mettre dans une maison pour...
[balbutiement volontaire]
[rire]
Ah oui, je reconnais les signes.
(voix forte) Mais, que les choses
soient absolument claires!
Je ne quitterai pas mon appartement!
(voix très forte) Je ne quitterai pas
mon appartement!
-Ce n'est pas votre appartement, Anthony.
(Anthony) Quoi?
[soupir]
-Si vous vous souvenez, vous avez emménagé ici.
Je veux dire, vous avez emménagé chez nous
en attendant qu'on trouve...
-Qu'on trouve quoi?
(Paul) Une nouvelle aide...
parce que vous vous êtes disputé avec la dernière, avec Angela.
-Oh! J'ai fait ça.
-C'est pour ça que vous vivez avec nous pendant qu'on attend!
-Donc, James...
(Paul) Paul.
-Oui, Paul.
Donc, ce que vous me dites, c'est qu'on est chez vous, ici?
-Oui!
-Alors là, j'aurai tout entendu.
(l'étrangère) C'est moi!
-Ah! Elle est là!
(l'étrangère) Qu'est-ce qui se passe?
(Paul) Ah! Rien de particulier.
Ton père avait seulement l'air un peu perdu.
(l'étrangère) Ça ne va pas?
-Ah... euh...
Q... quoi, mais qu'est-ce que c'est que cette histoire?
-De quoi est-ce que tu parles?
[musique angoissante]
-Où est... où est Anne?
(l'étrangère) Pardon?
-Anne!
Où est-elle?
-Je suis là!
J'étais... juste descendue faire quelques courses,
mais je suis revenue.
-Oh! Je vois.
[petit rire]
Tu as acheté quoi?
-J'ai acheté du poulet. Ça te va?
Est-ce que tu as faim?
(Anthony) Oui, pourquoi pas?
(Paul) Tiens, donne-le-moi.
Je vais aller préparer tout ça.
-Merci.
Euh! Paul a dit que tu ne te sentais pas très bien.
(Anthony) Ah! ça va, merci.
-Ah!
Tu as l'air...
inquiet.
-Ah non, c'est juste...
-Juste quoi?
Hé!
(Anthony) Hmm?
-Dis-moi.
-J'étais en train de me faire une tasse de thé
dans la cuisine.
Et j'étais seul dans l'appartement
quand soudain, j'ai entendu...
un bruit et là, je suis venu ici et il y avait... ton mari.
-Qui?
-Hmm? Ton mari.
-Quel mari?
-Le tien, ma chérie. (en riant) Pas le mien!
-James?
-Ton mari.
-Papa, je ne suis pas mariée!
(Anthony) Excuse-moi?
-Eh bien, je suis divorcée depuis plus de cinq ans!
Tu ne t'en souviens pas?
-Mais alors, lui, c'est qui?
(l'étrangère) Qui, lui?
[musique angoissante]
-Anne, est-ce que tu le fais exprès?
Je parle de l'homme à qui tu viens de donner le poulet!
-J'ai donnée le poulet?
-Tu as donné un poulet à quelqu'un
il y a à peine une minute, non?
-De quoi tu parles, enfin?
-Tu viens de donner un poulet à quelqu'un, oui ou non?
Un poulet!
-Quel poulet?
Mais, de quoi est-ce que tu parles, papa?
-Il y a deux minutes, il était là.
-Je crois que tu te trompes, papa.
Il n'y a personne ici.
-Il a disparu.
-Qui?
L'homme avec le poulet?
-Ton mari!
[soupir]
Pourquoi tu souris?
-Pour rien, papa, je suis désolée.
Désolée.
-Toutes ces histoires sont en train de me rendre fou.
[ouverture de porte]
(l'étrangère) Qu'est-ce qu'il y a, papa?
-Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond.
Anne, crois-moi,
il y a quelque chose qui ne tourne pas rond.
-Allez, viens t'asseoir un peu.
-Hmm...
-Ne t'inquiète pas, OK?
Tout va finir par rentrer dans l'ordre.
Hmm?
-Je ne sais pas.
-Bien sûr que oui.
Ne t'inquiète pas.
-Hmm!
-Est-ce que tu as pris tes médicaments?
-Mais, quel est le rapport?
-Allez, on prend les médicaments.
La dose du soir.
Et après, ça ira mieux.
-Tu sais, ça fait un moment que ça dure.
Des choses étranges se produisent.
Tu n'as pas remarqué?
Hmm!
Il y avait un homme ici.
Il disait que ce n'était pas mon appartement.
Il avait l'air très antipathique!
Oui, un peu comme ton mari, mais en pire.
C'est la meilleure, non?
Dans mon appartement!
Et lui, il me dit...
Ah! Mais...
C'est chez moi, ici?
Ça l'est, hmm, Anne?
Ici, c'est...
Dis-moi, Anne, c'est vraiment mon appartement?
Ça l'est?
[soupir]
Hmm...
Merci.
[musique angoissante]
[ouverture de porte]
(Anne) Oui.
Je sais.
[fermeture de porte]
Je sais.
Non, tu ne peux pas t'imaginer
à quel point c'est difficile, parfois.
L'autre jour, il ne m'a même pas reconnue.
Oui, je sais.
Oui.
Merci.
Oui, mais s'il s'entend bien avec elle,
c'est le plus important, non?
Ce qui compte, c'est qu'il soit heureux.
Oui.
Non, c'est une bonne idée.
Oui, absolument.
J'espère, oui.
Elle semblait gentille au téléphone.
[petit rire]
Je te dirai comment ça s'est passé, oui.
Oui.
OK.
Oui, oui.
On se reparle.
Je t'embrasse.
Bye!
[sonnette de porte]
[bruits de pas]
Bonjour!
-Bonjour! Je n'arrive pas trop tôt, j'espère?
-Non, non, non, pas du tout.
Entrez, entrez.
-Merci.
-Entrez. Merci d'être venue.
-C'est normal.
-Euh! Mon père...
Mon père est dans sa chambre.
Vous voulez quelque chose à boire?
-Oh! Non merci.
-OK. Mettez-vous à votre aise.
Et...
Oui, alors, comme je vous disais, mon père...
mon père est un peu contrarié par cette idée.
-Oui, je comprends.
-Et donc, ça fait en sorte qu'il peut être...
En fait, je crois qu'il m'en veut un peu.
[petit rire]
Et je préfère vous le dire parce que...
il est capable d'avoir des réactions surprenantes.
-Il a toujours vécu seul jusqu'à maintenant?
-Oui.
Il avait un appartement pas trop loin d'ici.
Ça fonctionnait bien.
J'avais la possibilité d'aller le voir presque tous les jours,
mais il a fallu trouver une autre solution.
À un certain moment, c'est devenu impossible.
-Je comprends.
-Hum! Il a eu plusieurs aide-soignantes.
Une après l'autre.
[petit rire]
Pour lui, c'est difficile de s'entendre avec elles.
(en riant) Il a son caractère!
[petit rire]
Et donc, c'est pour ça que je l'ai fait venir chez moi,
mais... c'est un peu difficile de m'occuper de lui toute seule.
Ça fait... ça fait beaucoup avec le travail
et donc, c'est pour ça...
c'est pour ça que j'ai besoin que quelqu'un m'aide.
-Est-ce que j'ai entendu sonner? -Ah! papa, oui!
-Ding! Dong!
[rire]
-Papa, j'aimerais te présenter Laura.
-Bonjour, monsieur.
-Euh! Je t'ai expliqué que Laura allait passer aujourd'hui
pour que vous puissiez vous rencontrer.
-Enchanté. -Enchantée.
-Alors vous, vous êtes ravissante!
-Merci!
-Mais, j'ai...
On ne se serait pas déjà vus?
-Non, je ne crois pas, non.
-En êtes-vous certaine? J'ai la nette impression
de vous avoir déjà vue quelque part.
-Donc, aujourd'hui, si Laura passe nous voir,
c'est pour nous rencontrer,
avoir une idée de la façon dont tu vis
et de ce qu'elle peut faire pour t'aider.
-Je sais, chérie, je sais, ça.
Tu me l'as déjà dit 100 fois, au moins.
(à voix basse) Ma fille, elle a...
elle a tendance à se répéter un peu,
mais c'est sûrement dû à l'âge, vous voyez?
[rire]
Voudriez-vous quelque chose à boire?
-C'est très gentil, mais non merci.
-Un apéritif? Êtes-vous sûre?
(d'une voix mélodieuse) Un apéritif,
c'est bien l'heure de l'apéro, non?
[rires]
Ah! Bien...
Juste une petite minute, je reviens.
-Il est allé chercher sa montre.
-Eh bien, je dois dire qu'il est charmant!
-Oui... Pas toujours.
[rires]
-C'est bien ce que je me disais!
C'est l'heure de l'apéritif!
[rire] J'ai deux montres!
J'en ai toujours eu deux!
Une à mon poignet et l'autre dans ma tête!
Pop! ça a toujours été comme ça!
[rires]
Alors, mademoiselle, qu'est-ce que je vous sers, hein?
-Papa!
-Ah! J'ai bien le droit d'offrir un verre à notre invitée, non?
Qu'aimeriez-vous boire?
-Vous, vous buvez quoi? -(Anthony) Un petit whisky!
-OK, alors pareil.
-Oh! Splendide!
Deux petits whiskys!
Deux, allez!
Anne, si tu veux bien?
Oh! Rassure-toi, Anne.
Je n'ai pas l'intention de t'offrir un verre.
Elle ne touche jamais à l'alcool.
Jamais, pas une goutte!
-C'est vrai.
-Jamais, pas une goutte, oui.
Euh! ça explique son humeur aussi...
-Aussi quoi? -Sobre.
Sa mère était comme ça, elle aussi.
La femme la plus sobre que je n'aie jamais connue.
[rires]
OK!
Euh! Oui, euh...
Alors que sa petite soeur, elle, c'est tout autre chose.
-Oh! Vous avez eu deux filles?
(Anthony) Oui,
même si je n'ai plus eu beaucoup de nouvelles de l'autre.
Pourtant, elle a toujours été ma préférée.
Elle est peintre. Regardez le tableau, là.
Ça s'appelle La Pirouette.
C'est beau, non?
-Très beau.
(Anthony) Oui.
Ah! Une fille brillante.
Je ne comprends pas pourquoi elle ne donne pas de nouvelles,
jamais.
Votre whisky.
-Merci beaucoup!
-À la vôtre!
[forte expiration]
Ah!
Je donnerais tout ce que je possède
pour un simple verre de whisky, pas vous?
(Laura) Eh bien, je ne possède
pas grand-chose, donc...
-Ah! Vraiment? Vous faites quoi, dans la vie?
-Euh...
Hum! Je m'occupe des autres.
-Des autres?
-Oui, mon travail est d'aider ceux qui ont besoin d'aide.
[rire]
-Comme ces filles que tu essaies toujours
de me mettre dans les pattes, chérie?
Ça doit être difficile comme métier, tout de même.
C'est vrai, passer la journée avec un de ces...
Ah! Jamais je ne pourrais! Imaginez!
[rires]
Ah! Je ne supporterais pas!
-Dites-moi, qu'est-ce que vous faisiez dans la vie?
-Ah! J'étais danseur!
-(Laura) Vraiment? -Tout à fait.
-(Anne) Papa! -Quoi?
-Tu étais ingénieur!
-Mais, qu'est-ce que tu en sais, toi?
Et c'était les claquettes, ma spécialité.
-C'est vrai?
-Bien, vous semblez étonnée.
-Oui, un peu! -Pourquoi?
Vous ne me croyez pas?
Vous trouvez ça difficile à imaginer?
(en riant) -Non, bien sûr!
C'est juste...
C'est que j'adore les claquettes, moi aussi!
-Vraiment? -Oui!
-Ah! Je peux le faire encore.
Je vous montre!
[rires]
Ça dégourdit!
Ah! Pourquoi est-ce que vous riez?
-Je suis désolée!
-Ah! Je sais, je sais à qui elle me fait penser!
-Qui donc?
-À Lucy. Lucy quand elle était plus jeune.
-Lucy?
(Anthony) Oui, mon autre fille! Ah oui, c'est ça!
Il y a une ressemblance, tu ne trouves pas?
-Oui, peut-être bien.
(Anthony) Oui!
Oui!
Son insupportable manie de rire comme une idiote!
Avouez que je vous ai eue, là!
[petit rire]
Vous voyez, la situation est très simple.
Je vis dans cet appartement...
depuis un bon moment.
J'y suis extrêmement attaché...
et je l'ai acheté il y a plus de 30 ans.
Pouvez-vous imaginer?
Vous n'étiez même pas née.
Oui, c'est un grand logement, très beau, très spacieux...
et j'ai toujours été heureux ici.
Et... et donc, ma fille souhaiterait
que mon appartement soit à elle.
(Anne) De quoi est-ce que tu parles?
-Vous voyez, ma fille estime
que je suis incapable de me débrouiller tout seul,
donc elle s'est installée ici
soi-disant pour me donner un coup de main
avec cet homme qu'elle a rencontré il y a peu de temps,
(en riant) juste après son divorce.
Et donc, cet homme a une mauvaise influence sur elle.
Je tiens à le dire.
-De quoi est-ce que tu parles, papa?
(Anthony) Donc, maintenant,
elle essaie de me convaincre que je suis effectivement
incapable de me débrouiller.
Et ensuite, le... la prochaine étape,
c'est de m'envoyer je ne sais trop où.
C'est bien sûr la meilleure façon de s'emparer
de mon appartement, mais...
ça ne se passera pas comme ça.
Croyez-moi.
[rire]
Désolé, chérie.
Je préfère te le dire tout de suite.
Je ne suis pas près de quitter cet appartement.
J'ai même l'intention de vous enterrer...
toutes les deux!
Enfin, peut-être pas vous, mais... ma fille, au moins!
Oui!
En fait, j'y mettrai même un point d'honneur.
C'est moi qui hériterai de son bien
et non l'inverse, en fin de compte.
Et le jour de son enterrement,
je ferai un petit discours pour rappeler à tout le monde
qu'elle était sans coeur et manipulatrice, aussi.
-Je suis vraiment désolée pour ça.
(Anthony) Pourquoi?
Elle comprend parfaitement.
C'est toi qui ne comprends pas, en fait.
Vous voyez, ça fait des mois que j'essaie de la convaincre
que j'arrive très bien à me débrouiller seul.
Mais...
elle refuse de l'entendre.
Je n'ai pas besoin d'aide, OK?
De l'aide de personne!
Et il n'est pas question que je quitte mon appartement.
Tout ce que je veux, c'est que tout le monde
aille se faire foutre.
Cela étant dit...
je suis ravi de vous avoir rencontrée.
Au revoir.
Je vous salue.
(voix fébrile) -Je suis vraiment
désolée pour ça.
[reniflement]
(Laura) Vous m'aviez bien dit
qu'il avait son caractère.
-Vraiment désolée!
-Ne soyez pas désolée.
Ce genre de réaction est... plutôt normale.
Ça va aller.
-Vous croyez?
-Oui.
[musique atmosphérique]
[bris de verre]
[reniflement]
[sanglots]
(Paul) Alors?
[pas qui approchent]
-Quoi?
-Ça s'est bien passé?
-Euh...
Oui!
Oui, je crois.
Elle a dit qu'elle allait commencer demain.
-Quoi, ici?
-Oui. -Tant mieux.
-Oui, on verra comment la première journée se déroule.
J'avais tellement peur... que ça ne se passe pas bien.
Mais en fin de compte, il s'est montré plutôt charmant.
-Oh! Tu vois, ça lui arrive.
[rire]
-Oui.
Il a fait tout un numéro de charme pour elle.
Tu aurais dû le voir.
Il a dit qu'il avait été un danseur.
Danseur de claquettes.
(en riant) -Non!
-C'est vrai!
Je ne sais pas trop comment l'expliquer,
mais j'ai l'impression que cette fille pourra...
Enfin, j'ai l'impression qu'ils vont bien s'entendre,
tous les deux.
Et ensuite, il lui a dit qu'elle lui rappelait Lucy.
(Paul) Vraiment?
Elle a quel âge?
-Pourquoi ça t'intéresse?
-Mais, qu'est-ce qui te prend?
Ça c'est bien passé!
C'est une bonne nouvelle, non?
-Si, bien sûr.
(Paul) Alors?
Qu'est-ce qui ne va pas?
Tu peux me le dire.
-C'est juste que...
-Quoi?
-C'est juste que quand je suis rentrée avec le poulet,
il ne me reconnaissait pas.
Je ne sais pas, ça me fait quelque chose.
-Je comprends, oui.
-En fait, je trouve ça très dur.
-Allez, viens dans mes bras.
Allez.
-J'ai vu dans son regard qu'il ne savait pas qui j'étais.
J'étais comme une étrangère pour lui.
-Il va falloir t'y habituer.
-Je n'y arrive pas, non.
-Moi, je crois que si.
Tu y arrives très bien, Anne.
Allez!
[soupir]
(Anne) Ah! Papa!
Salut.
Le repas va être prêt dans cinq minutes.
Ça te va?
-Oui, chérie.
Ça me va.
Ça me va très bien.
Bonjour!
-Est-ce que tu as faim?
-Oui, oui, mais...
On a des invités ce soir?
-Non, pourquoi?
-Ah! Pour rien.
Pour rien.
[musique atmosphérique]
-Tout va bien?
[pas qui approchent]
Ça a été une bonne journée?
-Oui, très bonne.
Laura est passée.
C'est vrai, hein, papa?
Laura est venue nous voir.
-Hein?
(Anne) Laura!
La jeune femme qui est venue tout à l'heure.
(Anthony) Hmm...
-Ensuite, on a vu le médecin.
(Anthony) Est-ce que quelqu'un a vu ma montre?
Je crois bien l'avoir perdue.
(Anne) Encore? (Anthony) Oui.
-Tu l'as probablement rangée dans ton placard, non?
Dans ta cachette secrète!
(Anthony) Quel placard?
Je n'ai aucune idée de quoi tu parles.
(en riant) Non, vraiment, j'ignore de quoi tu parles!
Mais, quel placard?
Il n'y a pas de placard, il n'y a aucun placard, voyons!
(voix basse) Pourrais-tu être plus discrète?
(à voix basse) -Est-ce que tu as regardé dans ton placard?
-Je viens d'aller vérifier, elle n'est pas là!
J'ai dû la perdre quelque part!
-Ou alors, on me l'a volée. -Personne ne l'a volée!
-Comment ça, personne ne me l'a volée?
Ma montre est forcément quelque part!
Elle ne s'est pas envolée!
(Anne) Est-ce que tu veux que j'aille voir?
(Anthony) Oui, s'il te plaît. Ça m'inquiète.
Je suis très inquiet!
C'est... c'est inquiétant, non?
Je perds tout ce que je possède
et tout le monde se sert dans mes affaires!
Si ça continue comme ça, je vais...
me retrouver complètement nu et...
je ne saurai même pas l'heure qu'il est.
-Je t'en prie! -OK.
-Merci beaucoup.
[sifflotement]
Vous pouvez me dire l'heure qu'il est?
-Il est presque 8h.
(Anthony) Oh!
Il est tard.
On ne devrait pas passer à table à cette heure-là?
-Oui, dans cinq minutes, quand le poulet sera prêt.
-Donc ce soir, on mange du poulet?
-C'est ce qu'Anne a acheté.
-Ha!
[sifflotement]
Elle est belle.
Cette montre, elle est... elle est très belle.
Elle... elle est...
-Oui.
-Elle est à vous?
[rire]
Je veux dire, est-ce que... elle est à vous?
-Hmm?
Oui!
-Je peux la voir? Elle...
-Alors, il paraît que...
ça s'est bien passé, aujourd'hui?
-Ah oui.
Très bien.
(à mi-voix) Très bien.
Je pourrais voir...
-Et il paraît qu'elle ressemble à Lucy?
-Ah oui?
-Moi, je n'en sais rien, je ne l'ai jamais vue.
[petit rire]
-Non, c'est...
C'était bien.
Anne semblait plutôt contente.
Je n'en ai pas vraiment besoin.
C'est surtout pour Anne, au fond.
Est-ce que je pourrais la regarder, cette montre?
(Paul) Vous avez raison, oui, c'est...
C'est très important pour elle
-que ça se passe bien, Anthony. -Oui.
(Paul) Elle s'en fait
beaucoup pour vous.
Et ça la rend très malheureuse que...
que vous vous disputiez tout le temps avec...
C'est quoi le problème avec ma montre?
(Anthony) Oh! Rien.
Je fais juste regarder et vérifier que...
juste vérifier que...
Elle est belle, très belle.
L'avez-vous achetée?
(en riant) -Quoi?
-C'est un cadeau ou vous l'avez acheté vous-même.
(Paul) Je l'ai achetée.
-Oh!
(Paul) Pourquoi?
-Et vous n'avez pas gardé la facture, j'imagine?
-Mais, de quoi est-ce que vous parlez?
-Votre montre, elle est...
-Et moi, je parle d'Anne!
(Anthony) Anne?
-Oui.
Oui, d'Anne!
(voix faible) -Oui...
[chant des oiseaux]
J'ignore pourquoi on ne s'est jamais vraiment entendus,
tous les deux...
alors qu'avec sa petite soeur...
ça, c'était... une autre histoire.
Vous la connaissez?
Elle est... elle est merveilleuse.
Merveilleuse.
Je ne l'ai pas vue depuis des mois.
[soupir]
Mais, je ne peux pas lui en vouloir.
Elle voyage partout dans le monde...
je crois.
Elle est peintre.
Ah! Je serais tellement heureux si elle venait me voir, un jour.
[petit rire]
Je la prendrais dans mes bras et on resterait comme ça,
collés l'un à l'autre...
pendant des heures, comme on le faisait avant,
quand elle était petite, il y a longtemps.
À l'époque...
À l'époque où elle m'appelait...
«mon petit papa».
«Mon petit papa».
(en riant) C'est...
C'est comme ça qu'elle m'appelait
à cette époque-là.
«Mon petit papa», c'est joli, hein?
-Je peux vous poser une question?
-Hmm?
-Mais, je veux une réponse honnête, rien de compliqué.
Vous pouvez faire ça pour moi?
-Oui.
-Alors, voilà.
Combien de temps encore
comptez-vous emmerder tout le monde ici?
[fermeture de porte]
-Qu'est-ce qu'il y a?
-Qu'est-ce que tu as fait à tes cheveux?
-Mais rien, pourquoi?
-Tu es très jolie.
[petits rires]
[sonnette de porte]
[signal de la porte]
Tu as perdu tes clés?
-Non.
[signal de la porte]
Bonjour.
Mon père a rendez-vous avec le docteur Sarai.
Papa.
Viens ici.
Viens.
-On a besoin de la signature du patient ici.
-D'accord, merci.
Tu dois signer, papa.
Le reste, je vais le remplir.
(docteure Sarai) Date de naissance?
-Vendredi 31 décembre 1937.
(docteure Sarai) Vendredi?
-Oui, vendredi.
(docteure Sarai) Vous habitez avec votre fille en ce moment.
C'est bien ça?
-Oui, jusqu'à ce qu'elle aille vivre à Paris.
-Non, c'est quoi cette histoire à propos de Paris?
-Quoi?
-Je n'ai pas l'intention de quitter Londres.
-Mais, tu passes ton temps à changer d'avis.
Comment est-ce que je suis censé suivre?
-Mais, il n'a jamais été question
que j'aille habiter à Paris!
-Bien sûr, c'est ce que tu m'as dit.
-Je n'ai pas dit ça!
-Je regrette, mais l'autre jour, tu as dit ça.
Tu as oublié?
Elle a oublié.
Elle commence à avoir des pertes de mémoire.
J'en parlerais au médecin à ta place.
-Dans tous les cas, je ne vais pas à Paris.
-Ah! Tant mieux.
[petit rire]
Paris, ils ne parlent même pas anglais là-bas!
[rire]
(Cyrille Dubois) ♪ Les Pêcheurs De Perles
♪ Je Crois Entendre Encore ♪
[ouverture de porte]
[pas qui approchent]
(docteure Sarai) Je sais que ça peut être inquiétant
et les choses évoluent parfois très vite,
donc si vous avez besoin de quoi que ce soit,
-appelez-moi, d'accord? -OK.
-En tout temps. -Merci beaucoup.
Merci pour votre aide.
Hé!
Papa?
[disque qui saute]
[arrêt de la musique]
-Merci.
-Merci beaucoup.
[sonnerie de cellulaire]
Allô, qu'est-ce qui se passe?
Quoi?
OK.
J'arrive dans une minute.
-Merci. -Merci.
-Pardon.
Qu'est-ce qui se passe?
-Hum! Rien de particulier,
mais je crois qu'il aimerait te voir.
-Où il est? -Dans sa chambre.
Tiens, donne-moi ça.
-Merci.
-Euh...
-Laisse-moi t'aider.
-Hmm?
-Mais, qu'est-ce que tu as fait?
-Hmm...
Euh...
[petit rire]
Qu'est-ce qui ne va pas?
-Rien.
OK.
Je vais préparer le repas.
-Anne?
-Quoi?
-Merci pour tout ce que tu fais.
(Paul) Il faut que tu trouves une autre solution!
(Anne) Comme quoi?
(Paul) Le mettre dans une institution!
(Anne) Oh! Vraiment? (Paul) Oui.
Une institution spécialisée.
Ce sera mieux pour lui.
(Anne) Pourquoi tu me dis ça maintenant
alors qu'on a cette fille qui commence demain matin!
(Paul) Oui, tu as raison.
On verra.
Peut-être que ça se passera très bien avec cette fille.
Tu as l'air de penser qu'elle est douée.
Mais, crois-moi, le médecin a raison.
Il viendra un moment où...
Elle aura beau être très douée, il est malade, Anne!
Il est malade!
(Anne) Papa!
Qu'est-ce que tu fais à rester là, debout?
Allez, viens.
Viens, papa.
Viens t'asseoir.
Allez, viens, papa.
OK.
(Paul) Alors, ça s'est bien passé aujourd'hui?
(Anne) Oui, très bien!
Tu es d'accord, papa?
-Quoi?
-Tu l'as beaucoup fait rire.
(Anthony) Ah bon.
-Oui, elle a dit que tu étais charmant,
que tu avais ton caractère, mais que tu étais charmant.
(Anthony) Ah!
-Et elle commence à travailler ici, demain matin.
Tu en veux un peu plus?
-Ah oui, volontiers.
Il... il est très bon, ce poulet.
Hein, tu ne trouves pas?
Où... où est-ce que tu l'as pris?
-En bas, pourquoi?
-Oh! Euh! Pour rien.
Il est excellent.
-Paul?
-Non merci.
Donc... donc elle va travailler ici
toute la journée, cette fille?
Je veux dire...
-Oui, jusqu'à 6h.
-Et après? -Après quoi?
-Après 6h?
-Il y aura moi.
-Êtes-vous satisfait?
(Anthony) Satisfait pour quoi?
(Paul) Eh bien, vous avez une fille
qui s'occupe bien de vous. Pas vrai?
Vous avez de la chance.
-Vous aussi.
-[rire] Vous croyez ça?
-Mais, qu'est-ce qu'elle a?
-Anne?
Oh! C'est la fatigue.
Elle a besoin de soleil.
(Anthony) Oui.
Alors, il faut s'occuper d'elle, mon vieux.
Pourquoi vous ne l'emmenez pas en vacances, quelque part?
(Paul) Pourquoi?
Je me demande parfois si vous le faites exprès.
-Quoi?
[soupir]
-Rien.
On avait...
prévu d'aller en...
en Italie.
-Ah?
-Mais, on a dû annuler à la dernière minute.
Vous savez pourquoi?
-Non, pourquoi?
-Parce que vous vous êtes disputé avec Angela!
On ne pouvait pas partir et vous laisser tout seul,
alors il a fallu qu'on...
qu'on annule nos vacances et...
et qu'on vous prenne ici.
[soupir] Et là, vous allez rester.
(en levant la voix) Pour toujours...
si j'ai bien compris?
Il a oublié. C'est extraordinaire.
-Arrête, Paul!
-Arrête quoi?
-Tu es un peu...
-Un peu quoi? -Sarcastique!
-Euh... Non, non, je ne suis pas...
En fait, je crois même que je suis très patient.
Non, très, très patient, tu peux me croire!
-Où est le poulet?
Tu as rangé le poulet?
-Désolée, oui. Tu en veux plus?
(Anthony) Non, il est dans la cuisine?
-Oui, je vais le chercher, je reviens...
(Anthony) Non, j'y vais.
(en chuchotant) Pourquoi tu parles comme ça devant lui?
(Paul) Qu'est-ce que j'ai dit?
Écoute, je comprends parfaitement
ce que tu peux éprouver!
-Non, tu ne comprends rien! -Oui, je comprends, OK?
Mais, ce que je ne comprends pas, c'est...
Tu... tu fais tellement de choses pour lui...
et je te respecte pour ça.
C'est vrai, tu as pris la décision... de l'amener ici
et... et c'est...
Bon, pourquoi pas? Mais...
[soupir]
(en riant) Ah! Comment dire?
Je pense sincèrement que tu dois réfléchir à une autre solution!
Il délire complètement, Anne!
-Arrête de parler comme ça!
(voix forte) Mais, comment est-ce que tu veux que je parle?
Je dis la vérité, c'est tout!
Anne, il va falloir qu'on trouve une autre solution!
(Anne) Comme quoi?
-Le mettre dans une institution.
-Oh! Vraiment? -(Paul) Oui!
Une institution spécialisée.
(Ludovico Einaudi, Federico Mecozzi & Redi Hasa)
♪ Day 1: Low Mist Var. 2 ♪
Ce sera mieux pour lui!
-Pourquoi tu me dis ça maintenant
alors qu'on a cette fille qui commence demain matin?
-Oui, tu as raison. On verra.
Peut-être que ça se passera très bien avec cette fille.
Tu as l'air de penser qu'elle est douée,
mais crois-moi, le médecin a raison, Anne.
Il viendra un moment où...
Elle aura beau être douée, il est malade, Anne!
Il est malade!
(Anne) Papa, qu'est-ce que tu fais là, à rester debout?
Viens t'asseoir!
Viens, papa.
Allez, papa, viens t'asseoir.
Papa?
[fredonnement]
[envoi d'un appel]
(message préenregistré) Veuillez patienter
pendant que nous acheminons votre appel.
La personne que vous appelez sait que vous attendez.
(Cyrille Dubois) ♪ Les Pêcheurs De Perles
♪ Je Crois Entendre Encore ♪
Veuillez patienter pendant que nous acheminons votre appel.
La personne que vous appelez sait que vous attendez.
(docteure Sarai) Docteure Sarai, bonjour?
Allô?
Allô?
[ouverture de porte]
-Papa?
Tu es debout, déjà?
Est-ce que tu as bien dormi?
-Anne, tout ça, ça vient d'où?
[musique angoissante]
(Anne) Est-ce que je te prépare un thé avant qu'elle arrive?
-Où est le tableau?
(Anne) Quel tableau?
-Celui de Lucy!
(Anne) Ah! Tu confonds avec ton appartement.
Il n'y a jamais eu de tableau, là.
Viens manger quelque chose!
-Anne!
Regarde!
Tu vois?
Oh!
Anne?
[pas qui approchent]
-Votre thé!
(Anthony) Qu... quoi?
-Buvez ou il sera froid.
-Où est Anne?
(Laura) Elle est sortie.
-Vraiment, déjà?
(Laura) Oui.
-Ah!
-Elle va revenir en fin de journée.
Je vais chercher vos médicaments.
-Attendez, attendez!
-Je reviens, je vais juste chercher vos médicaments.
-Mais...
Ah! Merde!
Euh! Qu...
[pas qui approchent]
Où est... quelle heure est-il?
-C'est l'heure de prendre vos médicaments.
Vaut mieux les prendre maintenant.
Comme ça, ce sera fait, non?
-La petite pilule bleue.
C'est celle que vous aimez.
Votre petite pilule bleue!
Regardez comme la couleur est jolie!
-Je peux vous poser une question?
(Laura) Oui.
-Vous êtes bonne soeur?
-Non.
-Alors, pourquoi vous me parlez comme si j'étais un attardé?
-Moi?
-Oui.
-Mais, je ne fais pas ça.
(Anthony) «Votre petite pilule bleue!»
(d'une voix aiguë) «Votre petite pilule bleue!»
-[rire] -Oh!
-(Anthony) Oui! -Désolée.
Je ne voulais pas...
-C'est très déplaisant!
Vous verrez quand vous aurez mon âge
et ça va arriver plus vite que vous ne le croyez!
-Je suis vraiment désolée.
Hum! Je ne le referai plus. [petit rire]
-Ah!
Dites-moi.
Avez-vous remarqué...
les différences?
(Laura) À propos de quoi?
-Eh bien, dans...
dans mon appartement.
-Si j'ai remarqué quoi?
-Il a changé.
-Vous croyez?
(Anthony) Oui!
Oui, c'est...
Ces chaises, par exemple!
Celles-là, qui...
Qui les a mises là?
-Je n'en sais rien. Votre fille, j'imagine.
-Évidemment, ma fille, évidemment.
Tout de même, c'est un peu étrange
qu'elle ne m'ait pas demandé mon avis, non?
Oh!
Je voulais m'excuser si j'ai été un peu...
La dernière fois qu'on s'est vus.
-Pas de problème, votre fille m'avait prévenu, en fait.
Elle m'a dit que vous aviez votre caractère. [rire]
[petit rire]
(voix faible) -Oui...
C'est quand même inouï...
à quel point vous ressemblez à Lucy.
-Anne m'a raconté ce qui lui était arrivé
et je suis vraiment désolée.
Je n'étais pas au courant.
-De quoi?
-À propos de son accident.
-Quel accident?
-Quoi?
-De quoi est-ce que vous parlez?
-Euh... de rien.
-Ah!
-Est-ce qu'on prend vos médicaments?
Ensuite, on ira s'habiller.
-Vous voyez? -Quoi?
[rire]
-Vous me parlez comme si j'étais un attardé!
-Mais non, voyons! -Mais si!
-Non, pas du tout!
-Si! -Je...
-«On ira s'habiller
et on prendra la petite pilule bleue!»
Vous savez, je suis très intelligent.
Vous ne devez pas l'oublier.
Est-ce que c'est clair?
-Oui, je ne l'oublierai pas.
-Bien.
Merci.
Oui, c'est vrai, je suis très intelligent.
Il m'arrive même, parfois, de me surprendre moi-même.
[soupir]
J'ai une mémoire d'éléphant.
[imitation d'éléphant]
[rires]
Vous connaissez cet animal?
-Oui, oui!
-Oui.
[rire]
(en riant) -Vous avez oublié vos pilules!
-Oh! Qu'est-ce qu'elles font là, elles?
-Je vous apporte un autre verre d'eau?
-Non, non, non, non, pas la peine!
Je vais les avaler avec...
le thé sur la table.
-Êtes-vous sûr?
-Oui, parfaitement.
Regardez.
Vous allez voir.
-Vous regardez? -Oui.
-Regardez bien.
Eh!
Je les mets dans mon bec!
[rire]
Regardez bien!
-Oui, oui, je vous regarde! -Bien! Hmm!
Une bonne tasse de thé.
Et presto!
[expiration]
[rire]
Et voilà le travail!
-Bravo. -(Anthony) Oui.
Vous savez, je...
j'ai travaillé dans un cirque pendant un moment...
quand j'étais jeune.
-C'est vrai? -(Anthony) Oui.
Aimeriez-vous voir un tour de magie?
(Laura) Je propose qu'on aille s'habiller, d'abord.
-Maintenant? -(Laura) Oui.
-Non, pas maintenant! -(Laura) Allez!
-Non! -(Laura) Allez!
-Pourquoi?
À quoi bon si c'est pour remettre mon pyjama plus tard?
Autant gagner du temps!
-Je comprends parfaitement.
Mais...
si vous restez en pyjama, on ne pourra pas sortir.
(Anthony) Où voulez-vous aller?
-Au parc. -(Anthony) Seigneur!
-Il fait soleil!
-Tout va bien?
-Oui.
On allait s'habiller.
-Mais...
-Tout va bien, Anthony?
Il y a un problème?
(voix faible) -Non, non.
-J'aurais aimé vous parler seul à seul, Anthony, en fait.
(Anthony) À moi?
-Oui.
-Dans ce cas, je vais préparer vos affaires.
-Non, ne partez pas...
-Je vais revenir.
-Ne me laissez pas seul, je vous en prie.
-Je suis juste à côté.
Je reviens tout de suite.
[soupir]
-Est-ce que...
je peux vous poser une question?
-Han, han?
-Mais, je veux une réponse honnête, rien de compliqué.
Vous pouvez faire ça pour moi?
(Ludovico Einaudi, Federico Mecozzi & Redi Hasa)
♪ Day 1: Low Mist Var. 2 ♪
-Han, han?
-Alors, voilà.
Combien de temps encore est-ce que vous comptez...
emmerder tout le monde ici?
-Moi?
-Oui, vous.
J'aimerais connaître votre opinion.
Je veux dire, avez-vous l'intention
de continuer à gâcher la vie de votre fille
ou on peut espérer que vous deviendrez raisonnable...
dans un avenir proche?
-De quoi est-ce que vous parlez?
-De vous, Anthony.
Je parle de vous.
-De votre attitude. -[cri]
-Arrêtez! Je ne tolérerai pas ça!
-(l'étranger) Ah non? -Non.
-Supposons que je le refais, vous ferez quoi, hein?
-(Anthony) Je... -Dites-le.
-Ah! Vous aurez affaire à moi, physiquement!
[ricanement]
(l'étranger) Est-ce que vous dites ça pour me tenter?
-Non... -(l'étranger) Vous voyez,
moi aussi, il y a quelque chose que je ne tolère pas.
Les gens qui emmerdent tout le monde...
passé un certain âge!
[cri] Lâchez-moi!
(voix faible) Lâchez-moi.
(l'étranger) Oui, je ne tolère pas ça, moi!
Je trouve ça totalement inapproprié!
(en pleurant) -Non, arrêtez, arrêtez!
Arrêtez!
[sanglots]
-Papa?
Mais, qu'est-ce qui est arrivé?
-Je n'en sais rien... -Qu'est-ce qu'il a?
Papa!
Ça va aller.
C'est à cause de ta montre?
-Non. -C'est pour ça?
Regarde, je l'ai trouvée!
Ça va aller! Shh! Ne pleure pas.
Ne pleure pas.
Ça va aller, papa.
Tout va bien aller.
Ça va aller.
On va manger notre poulet, d'accord?
Tu aimes le poulet, pas vrai?
-Mais, il est quelle heure en ce moment?
-Il est 8h. C'est l'heure de manger.
[reniflement]
-8h du soir, tu veux dire?
Je croyais que c'était le matin.
Je croyais que...
que je venais juste de me lever.
Regarde!
Je suis encore en pyjama.
-Non, non, c'est le soir, papa,
et je t'ai fait un poulet.
Oh! Papa!
Ça va aller.
Ne t'en fais pas.
Ne pleure pas.
(à voix basse) Ça va aller, mon petit papa.
[sanglots]
Mon petit papa!
[respiration bruyante]
(une femme) Papa?
Papa, est-ce que tu dors?
-Anne?
Anne?
(une femme) Papa, c'est moi.
-Lucy?
(Lucy) Papa?
[musique mystérieuse]
Papa?
[sifflement du vent]
-Lucy?
-Papa.
[musique d'opéra - radio]
-Papa?
Tu es debout, déjà?
[bruits de pas]
Est-ce que je te prépare un thé avant qu'elle arrive?
[grincement de porte]
Papa?
-(Anthony) Bonjour. -Allez, viens t'asseoir.
C'est prêt. Est-ce que tu as faim?
-Oui.
-Tu as de la visite aujourd'hui.
Tu te rappelles?
Tu te rappelles, papa?
-Comment j'aurais pu oublier?
Tu n'arrêtes pas d'en parler.
[petit rire] Elle devrait arriver bientôt.
-Ah! Aussi tôt? -[arrêt de la musique]
-Oui.
-Ah...
Tu sais, j'ai rêvé d'elle cette nuit.
-Laura? -(Anthony) Oui.
Du moins, je crois.
Je voyais son visage.
Ah! Cette fille...
elle me fait vraiment penser à ta soeur.
-Je sais, tu l'as dit hier.
Eh bien, si tu es content, je le suis aussi.
Elle a l'air très gentille...
très douce et compétente, je crois.
Elle va bien s'occuper de toi.
-Oui. Je suis très content.
-(Anne) Tant mieux! -[rires]
On devrait aller t'habiller avant qu'elle arrive.
Qu'est-ce que tu en dis?
-Qui donc?
-Laura, la nouvelle aide que tu aimes bien.
(Anthony) Ah oui, oui, oui!
-Oui.
(Anthony) Oui.
-On va te mettre une veste avant qu'elle arrive.
(Anthony) Et un pantalon.
[rire]
Oui.
(Anne) Elle a dit qu'elle avait beaucoup
aimé te rencontrer, hier.
Et je dois dire que tu as fait tout un numéro.
-Ah! C'est vrai? -(Anne) Oui.
Tu as fait croire que tu savais danser,
que tu faisais des claquettes!
-Qui, moi?
-Oui!
(Anthony) Et qu'est-ce qu'elle a dit?
-Elle a dit qu'elle aimerait
que tu lui fasses une démonstration, un jour.
[petits rires]
(Anthony) C'est drôle.
Je danse la claquette et je ne le savais pas.
-[rire] -Tu le savais, toi?
(en riant) -Non!
-Ha! Ha! Ha! Les talents cachés!
-Il faut croire, oui!
-[rires] -[sonnette de porte]
Oh!
-Est-ce que c'est elle? -Oui, je suppose...
-Ah! Mais je ne suis pas prêt!
Je... je ne suis même pas habillé, non...
(Anne) Laisse tomber, tu t'habilleras plus tard!
-Non, non, je ne suis même pas habillé!
Il faut que je m'habille, quand même!
-Ce n'est pas important!
(voix agressive) -C'est très important!
(Anne) Elle est derrière la porte!
-Je t'en prie, ne me laisse pas seul!
J'ai l'air de quoi? Je... je vais être mort de honte.
Qu'est-ce qu'elle va penser de moi?
Tiens... Il faut que je sois présentable.
(Anne) Oh! Papa, pourquoi est-ce que tu compliques toujours tout?
Tu t'habilleras plus tard! Ne t'inquiète pas pour ça!
-Je vais être mort de honte! -Mais non, voyons!
(Anthony) Oui, je te dis!
(voix basse) Oh! Mon Dieu!
(Anne) Bonjour, Laura.
(l'étrangère) Bonjour!
Je n'arrive pas trop tôt, j'espère?
-(Anne) Non, pas du tout! -Oh! Mon Dieu!
(Anne) Entrez! On était dans la cuisine.
Il est juste ici.
-On allait s'habiller. -Hé!
[petit rire]
-Anne, c'est qui, elle?
-Bonjour, Anthony.
-Mais, Anne... ce n'est pas elle.
-Papa!
Hum! Voulez-vous quelque chose à boire?
-Un café ou... -(l'étrangère) Non, merci.
-Avez-vous déjà mangé?
-Oui, merci.
(Anthony) Non, non, non, ce n'est pas celle que je veux.
-Où est celle que j'aimais? -De quoi est-ce que tu parles?
Dis bonjour à Laura.
(Ludovico Einaudi, Federico Mecozzi & Redi Hasa)
♪ Day 1: Low Mist Var. 2 ♪
-Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond.
Ça ne tourne pas rond.
(l'étrangère) Vous vous souvenez de moi?
On s'est rencontrés hier.
On a juste...
fait connaissance, un peu, tous les deux
et j'ai dit que j'allais repasser...
pour voir un peu comment vous vivez ici et...
et si je peux vous aider.
Vous vous rappelez?
[claquement de porte]
[coups à la porte]
[ouverture de porte]
(Anne) Papa.
Est-ce que je peux te parler?
(voix faible) -Hmm...
Euh...
(Anne) OK.
Comment je vais te dire ça?
Tu te rappelles la première fois que tu es venu habiter avec moi?
C'était juste temporaire
parce que tu t'étais disputé avec Angela et...
Je me disais que ce serait peut-être mieux...
Qu'est-ce que tu penses de cette chambre?
Elle est bien, non?
-Hmm!
(l'étrangère) D'ici, on voit le parc.
(Anne) C'est vrai?
[bruits de pas]
Ah!
C'est très agréable.
C'est un peu comme être à l'hôtel.
Tu ne trouves pas?
(l'étrangère) C'est ce que tous les résidents disent.
-Euh...
[soupir]
Écoute, ce serait vraiment mieux si tu venais vivre ici!
(Anthony) Où?
-Ici!
Je crois que ce serait beaucoup plus agréable
et rassurant pour toi si on... si ensemble,
on se mettait d'accord pour que tu habites ici.
Qu'est-ce que tu en dis?
(Anthony) Mais, je...
Toi, qu'est-ce que tu ferais?
Où est-ce que...
Où est-ce que tu dormirais?
Dans quelle chambre?
-Si tu te souviens bien, je... je m'en vais vivre à Paris.
-Mais non, Anne.
(Anne) C'est vrai.
Rappelle-toi, je te l'ai déjà dit.
Tu te rappelles?
-Mais, tu as dit que...
Tu en es sûre?
(Anne) Oui.
-Mais, tu m'avais dit que...
tu restais ici, avec moi.
-Non, il faut que j'y aille.
C'est très important.
Je t'ai expliqué, rappelle-toi!
Je vais revenir te voir de temps en temps, les weekends.
[reniflement]
(Anthony, en pleurant) Et moi, alors?
-Tu... tu vas rester ici, à Londres.
[reniflement]
-Je vais être tout seul?
Mais... mais ta soeur, elle, où est-elle?
-Ah! Papa!
-Si tu savais à quel point elle me manque.
(en pleurant) Mais oui, je sais, elle me manque à moi aussi.
Elle manque à tout le monde.
(Cyrille Dubois) ♪ Les Pêcheurs De Perles
♪ Je Crois Entendre Encore ♪
-Anne?
(l'étrangère) Il fait soleil, aujourd'hui.
-(un résident) Oui, c'est vrai. -Oui.
-C'est une très belle journée.
-On devrait aller se promener tout à l'heure.
[coups à la porte]
[ouverture de porte]
(l'étrangère) Bien dormi?
(Anthony) Qu'est-ce que je fais ici?
-C'est l'heure.
-Je ne vous ai pas demandé l'heure.
Je vous ai demandé ce que je fais ici!
Où est Anne?
-Je vous ai apporté vos médicaments.
(Anthony) Allez vous faire foutre avec vos médicaments.
Êtes-vous infirmière?
-Oui. -Ah! Bon!
Oh! Désolé!
C'est donc ça! [rire]
Vous êtes vraiment infirmière?
-Oui.
(Anthony) Ah! Je me disais, aussi!
Vous avez le genre... le genre infirmière.
Donc, que faites-vous ici?
-Excusez-moi?
(Anthony) Qu'est-ce que vous faites ici?
-Eh bien, je m'occupe de vous!
(Anthony) Ah!
Oh! Première nouvelle!
Vous vous occupez de moi!
(en riant) Eh bien, je n'étais pas au courant!
Et depuis quand?
-Ça fait quelques semaines, déjà.
-Quelques semaines, alors?
Oh! Heureux de l'apprendre!
[rire] C'est extraordinaire!
Personne ne me dit jamais rien dans cette maison!
Mais, je croyais qu'on en avait une nouvelle.
-Une nouvelle quoi?
-Une infirmière.
Une aide, celle qui ressemble un peu à...
à Lucy, mon autre fille.
Euh! Je l'ai rencontrée l'autre jour.
Elle est venue ici. Je crois...
-Vous prenez vos médicaments?
-Et elle... devait commencer à travailler...
ce matin.
Laura, non?
-Ah! Je crois que vous confondez, Anthony.
-Celle qui me fait penser à...
Lucy.
-Bon! -[sursaut]
-C'est l'heure de prendre nos pilules miraculeuses!
Oui.
On n'en est pas à une minute près, hein?
Où est Anne?
-Votre fille n'est pas ici, Anthony.
-Oh!
Où est-elle? Elle est sortie?
-Si vous vous souvenez bien...
elle habite à Paris.
[rire] -Non!
Oh! Non, non, non!
Elle...
Elle y a pensé, mais...
ça ne s'est pas fait.
-Ça fait plusieurs mois, déjà, qu'elle vit là.
-Ma fille à Paris?
Non, non, c'est insensé!
Ils ne parlent même pas anglais!
-Regardez.
-Hein?
-Hier, cette carte postale qu'elle vous a envoyée,
on l'a lue ensemble.
Vous vous souvenez?
Regardez.
-Hein? -Hmm?
Je vous le répète chaque jour, Anthony.
Elle habite à Paris parce qu'elle a rencontré
un homme appelé Paul et elle vit avec lui, maintenant.
Et elle vient vous voir de temps en temps.
-Anne? -Oui.
De temps en temps, elle vient pour le weekend.
Elle vient ici
et vous vous promenez dans le parc et...
elle vous raconte sa nouvelle vie,
les choses qu'elle fait.
L'autre jour, elle vous a apporté du café
parce qu'elle sait que vous aimez ça.
-Je déteste le café!
-Je bois seulement du thé. -[coups à la porte]
[ouverture de porte]
-Tout va bien?
-Oui, on allait s'habiller.
-Tout va bien?
-Oui...
-Et voilà.
-Merci beaucoup.
Bonne journée.
(l'étrangère) À tout à l'heure.
[soupir]
-L'homme qui était là, c'est qui?
(l'étrangère) Qui?
-L'homme...
qui vient juste de sortir.
(l'étrangère) C'est Bill.
-Bill?
-Oui.
-Êtes-vous sûre?
-Ha! Oui! Pourquoi?
(Anthony) Non, non, pour rien, c'est juste que...
C'est juste que...
Comment dire?
Qu'est-ce qu'il fait ici...
dans mon appartement?
Je connais cet homme?
(l'étrangère) C'est Bill.
Vous le voyez tous les jours.
-Ah oui?
Ah oui, et vous?
-(l'étrangère) Quoi? -[reniflement]
-Euh! Pardon de vous demander ça.
Dites-moi, vous, vous êtes...
Qui êtes-vous... exactement?
-Je suis Catherine.
-Catherine, c'est ça, oui.
Ah! Oui, oui, oui!
Catherine.
Et lui, c'est Bill.
(Catherine) Oui.
-Ah...
Mais moi...
Et moi, qui...
qui suis-je, exactement?
-Vous?
Vous êtes Anthony.
(Anthony) Anthony.
-Oui.
-Anthony, c'est un joli nom.
Anthony... vous trouvez?
[petit rire]
-C'est un très joli prénom.
(Anthony) C'est ma mère qui me l'a donné, j'imagine.
[rire] Vous l'avez connue?
(Catherine) Qui?
-Ma mère.
-Elle... -(Catherine) Non.
-Oh!
Elle avait...
[soupir]
Elle avait de si grands yeux.
[petit rire]
Je revois son visage.
Ah! Elle était...
Ah! J'espère qu'elle...
qu'elle viendra me voir de temps en temps.
Vous croyez? Maman?
Vous avez dit qu'elle viendrait peut-être...
de temps en temps, les weekends.
-Votre fille, oui.
-Non.
[sanglots]
Ma... ma maman!
Ma...
Je veux ma maman!
Je veux ma maman, je veux partir d'ici!
[sanglots]
Je veux... je veux que quelqu'un...
Je veux que quelqu'un vienne me chercher!
(Catherine) Oh! Shh!
-Non, non, je veux ma maman!
Je veux que ma maman vienne me che...
Ah! Je veux rentrer!
(Catherine) Qu'est-ce qui vous arrive, Anthony?
[sanglots]
Qu'est-ce qu'il y a?
[sanglots] -J'ai...
J'ai l'impression...
J'ai l'impression d'être en train de perdre
toutes mes feuilles!
-(Catherine) Vos feuilles? -Oui.
(Catherine) Mais, de quoi parlez-vous?
[musique atmosphérique]
-Les... les branches, le vent et la pluie...
Je ne comprends vraiment plus ce qui se passe.
Vous comprenez, vous...
[reniflement]
... que toutes ces histoires à propos de l'appartement...
Je... je... Je ne sais plus!
Je ne sais plus où poser ma tête, maintenant!
Je ne sais plus!
[sanglots]
Mais, je sais que...
ma montre est à mon poignet.
Ça, je le sais.
Pour la route.
Sinon...
je ne serais peut-être pas...
pas prêt à...
pas prêt à... à...
[sanglots]
-Mais avant...
on va s'habiller, d'accord?
-Euh! Oui.
-On va s'habiller.
Et ensuite, on ira se promener dans le parc. D'accord?
-Oui!
-Ah! Voilà!
[sanglots]
-Avec les arbres et les feuilles, aussi.
Après la promenade, on va revenir manger ici.
-Oui!
-Et ensuite, vous ferez une sieste. D'accord?
-Oui.
[sanglots]
-Et ensuite, si vous vous sentez encore en forme,
on ira faire une autre promenade dans le parc,
juste tous les deux.
-Oui.
-Parce que c'est une très belle journée.
-Oui.
-Il fait un beau soleil.
Et il faut sortir pendant qu'il fait soleil.
Il faut bien qu'on en profite
parce que ça ne dure jamais très longtemps
quand il fait aussi beau, hein?
-Non!
-Alors...
on va s'habiller.
Vous êtes d'accord?
-Non!
-Allons, Anthony! -Non!
-Allons, mon petit!
Ça va aller.
[sanglots]
Doucement, shh!
Allez, doucement!
Ça va aller!
Ça va aller beaucoup mieux dans une minute.
C'est promis, d'accord?
Tout va très bien aller.
[respiration]
(Ludovico Einaudi, Federico Mecozzi & Redi Hasa)
♪ Day 1: Low Mist Var. 2 ♪
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