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Musique inquiétante

...

- Vois-tu, j'ai construit ma vie

en démontant des mécanismes,

n'importe lesquels, même les plus compliqués.

Gamin, je harcelais les magiciens pour qu'ils m'expliquent leurs tours.

Je parvenais toujours à mes fins.

...

Musique jazz

...

... *Annonce au haut-parleur

...

(En anglais) Bien.

Je suis ému et très fier de vous annoncer l'acquisition

par les Éditions Angstrom

du tome final de la trilogie Dedalus.

"L'Homme qui ne voulait pas mourir".

Yes l

La traduction en simultané

débutera en décembre prochain

et le roman sera en vente

dans toutes les bonnes librairies dès mars.

Pleurs

...

(En danois) - Quand on écrit, on bosse chez soi.

Je t'ai épousée pour ça.

Ça tombe très mal.

- Carl, tout va bientôt changer.

- Comment ?

- Fais-moi confiance.

...

Elle parle danois.

...

(En portugais) -'Degagez. dégagez!

Laissez-moi passer !

...

Sonnerie de portable

... ...

- Merci.

- Non, je viens pas. Je pars travailler en France.

Deux mois.

Tu te fous de moi ?

L'enfoiré.

C'est la merde, j'ai été virée.

- Et le travail en France ?

- Depuis quand un seul travail suffit pour vivre ?

...

(En italien) -A Paris,

à la rencontre de mon ami Oscar Brach.

...

Qu'est-ce que vous faites ? C'est à moi !

- Laissez tomber, il ne parle pas. Konstantinos Kedrinos, Grèce.

-Il a pris mon portable, merde.

- Oh ! Vous avez mal lu le contrat.

- Je m'en fous, j'en ai un autre.

...

(En anglais) - Ça Va, mon pote ?

...

...

- Vous avez fait bon voyage ?

Je vous confie votre badge.

- Au moins, on n'oubliera pas nos noms.

Même en pleine crise de claustrophobie.

...

- Il faut faire très attention à ça, c'est très...

...

Comme vous voulez. Pas de problème.

...

Bips

... ...

...

Excusez-moi.

C'est à moi, ça. Merci.

- C'est mon outil de travail.

Il bégaie. J'ai besoin de m'enregistrer.

De toute façon, on peut pas se connecter

à Internet avec ça.

- Vos conditions de travail doivent rester secrètes.

Vous ne pourrez garder aucune trace.

- La confiance règne.

- Le papier et le crayon, c'est bien.

Bips

....

...

- On dirait la morte de Dedalus.

Elle sait mettre l'ambiance, celle-là.

- Identité mouvante. Problème avec la figure du père.

...

- Bon, on y va ?

...

Impressionnant, n'est-ce pas ?

Vous n'avez encore rien vu.

- Alex Goodman. - Chen Yao.

- Vous venez directement de Chine ?

- Je vis à Paris depuis 20 ans. J'ignorais que vous étiez aussi jeune.

- Dedalus était mon 1er job. J'étais stagiaire pour le tome 1.

Personne n'en voulait. J'ai eu de la chance.

- Suivez-moi.

- Vous dormez souvent dehors ?

- C'est ma 1re fois à Paris, je voulais en profiter un peu.

J'en ai profité plus qu'un peu.

Claquement de porte

- Le manoir est celui d'un milliardaire russe, fan de Dedalus.

Particulièrement tracassé par la fin du monde.

C'est grâce à cette obsession qu'on va pouvoir protéger

l'œuvre d'Oscar Brach.

Bips

....

Fort grondement

....

Après vous.

Musique intrigante

...

Votre tâche est contraignante mais prestigieuse.

Ce travail de traduction pour une sortie mondiale simultanée

est une première.

Un coup de génie de M. Angstrom.

Et qui plus est, un engagement politique :

il affirme ainsi haut et fort

qu'il défendra ses auteurs contre le piratage.

Vous avez la chance de venir des pays où Dedalus se vend le plus.

Tout a été conçu pour que votre isolement soit agréable.

Vous découvrirez vos chambres ce soir.

Elles font la taille de mon appartement.

Petit rire

Et disposent d'une salle de bain.

L'utilisation d'internet

est interdite, mais vous recevrez la presse internationale.

Il y a ici des films qu'il vous faudrait plus d'une vie pour visionner.

Le petit-déjeuner sera livré à 8 h, le lunch à 13 et le dîner à 21 h.

À l'exception du dimanche,

les journées de travail iront de 9 h à 20 h.

M. Angstrom est strict sur les horaires.

Pas mal pour se distraire durant l'apocalypse ?

Je vous en prie.

(En grec) - Etre enterré pour traduire une merde,

c'est ça, l'apocalypse.

- Ah ! Excuse-moi.

- Bonsoir.

- Éric.

Dario Farelli. Quel plaisir de vous rencontrer.

Vous m'avez reconnu ?

- Oui, vous comme tous les autres.

Installez-vous.

Installez-vous. - Oui.

-Il n'y a que les 20 premières pages.

- Vous n'aurez pas le temps de les traduire en une après-midi.

Je récupérerai les feuillets ce soir

et vous les rapporterai demain avec les 20 suivants si nécessaire.

D'ici un mois, vous devriez avoir traduit les 480 pages du tome 3.

- Vous aurez autant de temps pour les corrections.

Cette bibliothèque contient l'essentiel du savoir.

Plus que n'importe quelle autre.

- Ce lieu n'est pas à votre goût ?

- Si j'avais voulu travailler dans un open-space,

je n'aurais pas choisi ce métier.

- Les feuillets et les ordinateurs ne sortent pas d'ici.

- Le fumoir est au bout du couloir, Mme Alvez.

- Nos amis de Russie sont là pour veiller sur vous.

Bien !

Bon travail à tous.

- Et comme on dit en France : "Haut les cœurs !"

Bips

...

Porte magnétique

Porte

- Je ne pensais pas que tu accepterais de me voir.

La culpabilité a du bon.

Tiens.

Ils le publient quand même.

Ils misent sur les événements pour booster les ventes.

Prends-le, je l'ai apporté pour toi.

Ton trophée, en quelque sorte.

Vois-tu,

1 % des livres qui me sont proposés vaut la peine d'être édité,

et sur cette portion, à peine 10 % vont se vendre.

Et parmi eux 1 ou 2 deviendra un best-seller.

Il m'a fallu des années pour faire de Angstrom Éditions un triomphe.

Tu t'es attaqué à une industrie qui emploie des millions de gens,

qui génère des milliards !

Tu t'en sortiras jamais.

Je le relis sans cesse.

La solution doit être dedans.

Cette idée m'obsède.

Je dois comprendre comment tu as fait.

Clavier

Musique douce

... ...

Du moment où Oscar Brach me l'a remis, je n'ai pas lâché le manuscrit.

À part lui et moi, personne d'autre ne l'a eu entre les mains.

...

Et pourtant, tu as forcément posé les tiennes dessus.

...

Quand ?

...

Ronflements

Pas la peine de me regarder comme ça, je finirai par savoir.

...

Cris de surprise

Rires

- Javier, tu en veux ?

- Non, ça va.

- Prost !

Bing ! - Je dois faire attention.

Ces 2 mois vont être intenses.

- Ça ne stresse pas tout le monde.

- Quoi ?

- Tu ronfles un peu. Tu baves aussi.

Rires

- Oui.

- Tu as de la chance d'être là à ton âge.

Tu dois être doué. -Il est très doué !

Doué pour dormir.

- Chacun sa méthode de travail. J'avais du sommeil en retard.

Et je me lance jamais comme ça dans une traduction, ça doit maturer.

- Pourquoi on n'a pas un texte complet ? La vision d'ensemble est cruciale.

Angstrom nous prend pour des robots. - Non.

Non. Il est prudent, c'est tout.

- Tu lui suces la bite ou quoi ?

C'est un sadique, ça se voit !

Rires

- C'est frustrant.

On allait enfin savoir qui a noyé Rebecca.

- Et dans quel but.

- Parfois, je pense

que Franck va découvrir que Rebecca s'est simplement suicidée,

pour le sauver de son passé. - Non, trop déceptif.

- Et si...

c'était Franck lui-même qui avait tué sa femme ?

Il a peut-être agi

sous l'emprise du Dedalus et il l'ignore.

Rebecca a créé ce virus.

Elle a fait de Franck son cobaye et ça s'est retourné contre elle.

- Non.

Ça fait trop banal.

- Ouais. - OUAIS.

- Ouais. - Ça tient pas.

- Deux ans qu'on l'attend,

cette résolution ! - Deux ans

foutus en l'air!

On ne parle pas de littérature, mais d'un produit de consommation.

La fin n'en fera pas un chef-d'œuvre.

(En italien) Qu'est-ce que tu racontes ?

C'est un best-seller mondial.

1 milliard de dollars de recettes, putain.

- Rappelle-moi combien tu touches là-dessus. Que dalle !

Oscar Brach est comme les autres : il pondra une série dérivée,

puis une autre,

et il écrira le même livre

jusqu'à ce qu'il ait fini de payer son chalet en Suisse.

-Il y a des études très sérieuses sur Dedalus dans des universités.

- Tout est fait

pour que les universités deviennent des entreprises.

Je le sais, j'enseigne à Athènes.

- Qu'est-ce que tu fais là, alors ? - La même chose que vous.

Je me plie devant le Grand Capital pour ne pas mourir de faim.

- Et on s'y plie avec joie.

- J'ai pas le choix. - Pour vous,

c'est un simple job ?

C'est un honneur d'être au service de Dedalus.

(En anglais) -"Rebecca.

"Ou le fantôme qu'il avait fait d'elle.

"Franck les distinguait de moins en moins bien.

"Rebecca était devenue vaporeuse

"et lui rappelait..."

(En allemand) - "...la culpabilité de ce moment

"lourd de conséquences."

(En italien) -"Une sensation de plus en plus prégnante,

"faite d'images fugaces..."

(En grec) -"...de la tragédie

"qui se rappelait sans cesse à lui."

(En russe) -"Rebecca.

"Ses longs cheveux bruns ondulaient sur la Seine.

"Dans ses boucles se reflétaient les lanternes des barques.

"Sa robe ondoyait autour d'elle

"telle une paire d'ailes blanches."

- Bonsoir !

- Bonsoir.

- Merci.

- Bonsoir.

- Mme Alves.

Merci.

- M. Farelli ?

- Oui, Éric.

- Vous comptiez rencontrer Oscar Brach ?

C'est bien ce que vous avez tweeté ?

- Non, c'était une métaphore. Je parlais de son livre.

Un peu de publicité ne fait pas de mal.

- Laissez-moi donc gérer la publicité. Rose-Marie va vous conduire à l'étage

Pour supprimer ça.

- D'accord.

- Oscar Brach ne suit pas les traductions ?

- Vu les circonstances, ce serait jouable.

On a signé un contrat de confidentialité.

Son identité resterait saine et sauve.

- Les détails pratiques ne l'intéressent pas.

- Les détails pratiques ?

À sa place, je voudrais rencontrer ceux qui portent ma voix.

Il s'agit de la qualité des textes.

- La qualité de Dedalus n'est plus à prouver, Mme Korbel.

-Il ne va pas tarder. Je suis à côté si vous avez besoin.

Conversation en anglais lointaine

...

...

...

- Qu'elle devienne critique, si elle n'a plus rien à dire.

Oui, voilà.

Exactement.

Très bien.

Non, je ne l'ai pas lu. J'ai mieux à faire.

Comment ?

Oui, sans doute. On en discutera.

Musique intrigante

Non, l'idée, ce serait une histoire dérivée.

...

Pas un nouvel opus de Dedalus.

...

C'est ça. Sur le personnage de la journaliste.

On en discutera.

Voilà, le mois prochain.

Je n'ai pas beaucoup de temps.

...

Je suis navré.

Mais je tiens à poursuivre cette discussion.

Est-ce qu'on peut...

Oui, voyons-nous la semaine prochaine.

Bien sûr.

D'accord.

...

À bientôt, alors.

Au revoir.

Pas

Qu'est-ce que vous faites là ?

- Rose-Marie m'a fait attendre ici.

Vous vouliez

me voir ?

- Le rythme de vos traductions est impressionnant, Mme Anisinova.

- Merci.

Musique inquiétante

Éric remplit un verre.

- La sortie du tome 3

qui va coïncider avec le salon du livre à Paris va être grandiose.

J'y ferai une conférence.

Les fans...

Les fans seraient hystériques

de voir apparaître le sosie de Rebecca.

- Je...

préférerais parler de mon travail.

- L'un n'empêche pas l'autre.

...

- À Paris !

...

- À Paris.

...

Sans cette fascination générale pour Oscar Brach,

le texte n'aurait peut-être jamais fuité.

Tu sais,

le mystère de son identité,

le fait d'en être le seul dépositaire, ça ne m'a apporté que des ennuis.

On a tout dit sur lui ! Que c'était en fait des jumeaux.

Aussi que c'était une femme, une ancienne espionne de la RDA.

Certains ont même pensé que c'était moi.

Le cours de littérature générale et comparée, c'est bien ici ?

- Je n'enseigne plus, jeune homme.

Trop de déceptions.

Mes meilleurs élèves préfèrent devenir des hommes d'affaire fortunés

plutôt que des auteurs malheureux.

- Quand on a connu la faim, l'art ne nourrit pas.

Comment tu vas ?

- Tu as fait bon voyage ?

- Long et ennuyeux. Les gens ne se bousculent pas trop par ici.

- Qu'ils continuent.

- Georges, pourquoi tu ne quittes pas cet endroit ?

Avec toutes tes royalties, tu pourrais faire le tour du monde.

- J'ai un formidable rayon voyages.

- Je sais !

Rires

- J'ai mis le point final à Dedalus.

"L'Homme qui ne voulait pas mourir" t'attend là-haut.

- J'en étais sûr. - Evidemment.

Tu ne serais pas venu sinon.

- Oh ! Il rit.

Oscar Brach est la seule personne

que je n'ai jamais réussi à percer à jour jusque-là.

Vous faites partie de la même catégorie de gens.

Musique douce

Pas moi. Je n'ai jamais eu d'imagination.

...

...

- Qu'est-ce qui te prend ? - J'ai cru que tu allais y rester.

- Je voulais comprendre ce qu'a ressenti Rebecca en se noyant.

- T'as de drôles de méthodes pour une traductrice.

Tu te trompes sur moi, Katerina.

Je suis un fan

de Dedalus moi aussi !

Je fobserve, tu sais.

J'ai ressenti la même chose.

Ce nouveau tome est puissant.

- Quel auteur

a inspiré les monologues de Rebecca ?

- James Joyce

et son Stream of consciousness.

Dénué de la moindre virgule comme celui de Molly Bloom

dans Ulysse.

- Quel est le point de vue de la trilogie ?

- Omniscient.

- Faux, c'est celui de Rebecca.

- C'est ton interprétation.

- Apprends à lire. - Le héros,

c'est quand même Franck. - Rebecca est l'âme de ce roman.

La trajectoire de Franck,

c'est de comprendre qu'il est passé à côté d'elle.

Dedalus n'est pas qu'un polar,

c'est l'histoire d'un regret.

Et toi,

qu'est-ce qui te touche ?

- Je sais pas... Plein de choses, j'aime bien les énigmes.

- On ne fait pas de parallèle avec Joyce par goût des énigmes.

- Pour moi, c'est un livre qui parle avant tout d'un deuil...

impossible.

Et je sais ce que c'est.

- Angstrom n'a rien compris à la subtilité de la trilogie.

Sa façon d'en parler, c'est grossier.

Il ferait n'importe quoi pour gagner de l'argent.

Il finira parle regretter.

Je suis ravie de te connaître un peu mieux,

Alex Goodman.

- Tu devrais laisser une chance aux autres de te connaître.

Musique douce

...

- Je comprends ce qui t'a motivé, outre l'argent,

évidemment.

Traducteur, c'est une vie par procuration.

...

Un nom que personne ne retient jamais,

qui n'atteint jamais la couverture.

...

- Ah !

- Toi, tu avais d'autres ambitions.

...

Et les moyens de tes ambitions.

...

J'ai toujours été bon avec toi. Je t'ai donné ta chance.

...

Je peux le faire encore une fois.

À condition...

que tu me racontes ce que je veux savoir.

Dis-moi quelque chose, merde !

Taikie-walkie

...

(En portugais) - Katerina se prépare pour le grand match.

Ça va être une partie d'anthologie.

Elle s'élance, elle tire...

et strike !

Cris de joie

...

- Ça, c'est incroyable.

- Qu'est-ce que tu fous là ?

Noël, c'est pas pour les misanthropes.

- J'ai un faible pour le champagne.

- C'est pas bien.

- Merci pour l'invitation. - Mais de rien.

Mas-Y-

- Je comptais pas vous laisser avec le boss.

Mas-Y-

Dégage. -OK, l'italien

- Oh, oh...

- OH !

- Excuse-moi. - T'excuser ?

On est venus pour jouer, alors on joue ou pas ?

Visiblement,

on joue pas.

- Les Italiens ne font rien d'autre

avec leurs mains que parler.

- Tu vas en sortir encore des clichés ?

- J'adore ça.

- Ouais...

- Tu es le pire.

- Tu devrais pas danser le flamenco ?

- Hé ! - Ah non, non !

C'est l'Espagne ! Je confonds toujours,

comme tout le monde.

- Avec moi, allez-y.

Les Grecs ont créé

le vin, le théâtre et la démocratie. Qui dit mieux ?

- C'était y a 3 000 ans !

- C'est vrai.

- Vous vous reposez sur vos lauriers.

- Et puis.

Vous ne payez pas vos impôts.

Rire nasal

Mais je rigole !

Tintement de verre

- Je voudrais porter un toast.

Que ces 3 semaines d'enfermement

donnent tort à ceux qui pensent que la fraternité

n'est qu'un fantasme.

Laissez-moi citer dans la langue de Shakespeare...

Ce qu'il faut au monde aujourd'hui

C'est de l'amour, ce doux amour

- Tu connais ? - Ouais.

- C'EST LA SEULE CHOSE DONT ON MANQUE AUJOURD'HUI

CE QU'IL FAUT AU MONDE AUJOURD'HUI

C'EST DE L'AMOUR, CE DOUX AMOUR

PAS RÉSERVÉ À QUELQUES NANTIS

MAIS POUR CHACUN D'ENTRE NOUS...

CE QU'IL FAUT AU MONDE AUJOURD'HUI

-Oh ! - Et moi ?

*"Ave Maria" (Schubert, instrumental)

*...

Bips

*...

Musique oppressante

*...

...

Pas

(En portugais) Qu'est-ce qui se passe, putain ?

-"Les 10 premières pages de Dedalus tome 3

"ne t'appartiennent plus.

"5 millions d'euros stopperont l'hémorragie.

"Si tu ne verses pas la somme d'ici 24 heures,

"100 pages supplémentaires apparaîtront demain sur la toile.

"Et si tu t'obstines, c'est le livre en entier qui t'échappera.

"Ne réfléchis pas trop et dépêche-toi. Ainsi, tu trouveras la paix.

"Réjouis-toi,

"ton malheur rend la multitude des fans d'Oscar Brach heureuse.

"Nombre d'entre eux traduisent son français flamboyant

"dans leur langue pour la beauté du geste.

"Internet dépasse les clivages culturels

"et réunit les hommes...

"Ce qu'il faut au monde aujourd'hui, c'est de l'amour, ce doux...

"amour."

Il paraît que vous avez un joli filet de voix.

- On nous observe, on dirait.

- Le coupable est parmi nous.

- La traduction est interrompue.

Les 100 dernières pages n'étant pas distribuées, le coupable

ne pourra pas mettre sa menace à exécution.

D'ici à ce qu'on le trouve, chômage technique.

- Si vous le trouvez pas ?

- Ne t'inquiète pas, Éric,

on va le trouver. On va le démasquer.

Il rit.

....

- Un commentaire, M. Kedrinos ?

...

- Excusez-moi. C'est juste que si vous ne payez pas tout de suite,

vous êtes dans la merde.

Personne n'achètera au prix fort

un livre dont il a déjà lu plus de la moitié.

Vous êtes baisé.

....

Oh!

(En russe) - Arrêtez ça tout de suite !

- Vous êtes cinglé.

(En anglais) - Ras le cul, je me casse.

Cris

- Rose-Marie...

- Tout peut se régler très rapidement.

Ça ne tient qu'à vous.

Musique inquiétante

...

- Combien demande le hacker ? *-5 millions.

- On appelle la police.

*-La fuite vient de l'intérieur, laissez-moi faire.

*il suffit que je trouve le plus mégalo.

- C'est peut-être une femme. Ta misogynie te perdra.

- C'est pas un téléphone.

*-T'es le seul à connaître l'auteur, à posséder le manuscrit !

*On sait même pas où t'es. - C'était le deal.

*-C'est la panique.

*Les éditeurs étrangers nous menacent de procès.

- Allez-y, contrôlez, contrôlez. Je peux même vous aider.

- On vit sur les prévisions des recettes du tome 3.

On est déjà déficitaires !

Si tu fais rien, c'est la ruine.

(En portugais) - Arrêtez !

Cri

Fils de pute.

Touchez pas à mes affaires !

Lâchez-moi.

Cri

- Et Oscar Brach en pense quoi ?

*-Il sait pas.

- Comment ça ?

*-J'ai le coupable sous la main.

*C'est une question d'heures avant que je l'attrape.

*On protège ce qui est à soi.

On m'attaque, je me défends.

Je n'empêche personne de riposter.

Les gens sont si faibles. Regardez-vous, là !

Vous êtes scandalisée, mais vous n'osez pas parler franchement.

- Si je le faisais, je perdrais mon job. - Et alors ?

- J'aime mon job.

- Vous aimez faire la larbine.

- Non, j'aime la littérature.

- Devenez éditrice dans ce cas.

C'est pas ma faute si les gens manquent d'ambition !

- C'est grave ce que vous faites.

Angstrom n'est pas au-dessus des lois, vous non plus.

Non ! Non !

Ne touchez pas à ça ! Ça, c'est à moi !

- Vous êtes une petite cachottière, Mme Tuxen.

- Ce n'est pas une transcription de Dedalus.

N'importe qui pouvant lire le danois vous le certifiera.

(En danois) - Vous avez un style affreux.

Elle bredouille.

- Je n'ai pas fini.

- Ah ?

- C'est mon premier roman.

- Vous êtes dessus depuis quand ?

Allez !

Dites-moi la vérité.

- Huit ans.

- Ah !

- Mais j'ai eu un vrai déclic ici.

- Ah !

Vous savez...

Votre contrat vous interdit toute autre activité

pendant la durée de la traduction.

- Vous ne savez pas ce qu'est la vie de famille.

Cet isolement est l'occasion de finir mon livre.

- Allons, Mme Tuxen...

Vous n'avez aucun talent.

En vous, il y a une petite voix

qui vous le répète et que vous faites semblant de ne pas écouter.

Il n'est jamais bon de s'illusionner.

Un jour, vous me remercierez.

- Qu'est-ce que tu dis ?

On a voulu me piéger. -"Qui rougit

"est déjà coupable. La vraie innocence n'a honte de rien."

Rousseau.

- Qui que ce soit, respect.

S'il a besoin d'aide, qu'il me le fasse savoir.

-Ça va pas ?

Le hacker nous baise aussi !

- Qui gagne le moins ici ?

Hm?

- Pourquoi ?

C'est forcément les pauvres qui rackettent les riches ?

- Pourquoi ce serait forcément l'un de nous ?

Pourquoi pas Rose-Marie ?

- Ou les gardes, les cuistots. - Non.

Ils n'étaient pas au bowling.

Ils m'ont pas entendu.

- Mais Rose-Marie, si. C'est elle qui t'a vendu à Angstrom.

- C'est une bonne élève.

Elle n'aurait pas l'idée de faire une chose pareille.

- Angstrom doit payer.

Et vite.

-Il payera jamais.

Dans tout roman policier, la 1re rançon n'est pas payée.

C'est simplement le début des emmerdes.

La 2e fait monter la pression, mais n'est pas soldée.

Personne ne craque avant la 3e, mais il est trop tard.

-"Un mystère est une suite de choses simples."

Dedalus, tome 1, chapitre 4.

- Exactement, il faut penser comme le hacker.

À sa place, j'aurais recopié le texte à un moment ou un autre.

- Quand ?

On passe nos journées ensemble, on l'aurait vu.

- La nuit.

- Comment il a accédé au Net?

- Quelqu'un a pu faire entrer un smartphone

en pièces détachées dans le bunker.

-Il le cacherait où ?

-Il le garde tout contre lui.

Musique oppressante

...

Rappelle-moi comment tu t'es fait ça.

...

- Je suis tombé de vélo.

- Quand ?

- Oui, quand ?

...

- Il y a... un mois.

...

Il crie.

.... - Telma !

....

- Telma ! Telma !

- Arrête !

Cri - T'es dingue.

....

- Il peut pas jouer aussi bien. Y a rien dedans.

- Si on se quitte pas des yeux,

le hacker, il pourra pas recommencer.

...

- Je te propose pas de boire un verre.

- Ça suffit, Alex.

Ton numéro de jeune merdeux, j'y crois plus.

- Tu vas pas sombrer dans la parano, pas toi...

- Tu mens. Depuis le début.

Je me suis renseignée avant de venir.

Tu n'as jamais traduit

ni "La morsure de Rebecca", ni "Le baiser du poison".

Musique oppressante

...

- Je suis dans la merde, Katerina.

Sirènes de police

....

- Je vous écoute.

- On n'a rien obtenu.

Il ne veut parler qu'à Oscar Brach.

- Et qu'on lui paye ses traductions illégales ?

Donnez-moi le dossier, qu'on en finisse.

- Vous voulez vraiment aller au procès ?

Poursuivre un fan, ça peut nuire à l'image de Dedalus.

Musique oppressante

...

- Vous jouez un jeu dangereux, jeune homme.

La violation de propriété littéraire, en France, c'est 5 ans de prison

et 300 000 euros d'amende, si vous avez de la chance.

Et en Angleterre, 10. Je ne suis pas réputé clément.

- Vous avez montré mes traductions à Oscar Brach ?

Les vôtres sont moins bien, pour les fans.

- Les vrais fans achètent l'œuvre.

- De vrais fans ont téléchargé ma version 10 millions de fois en 15 jours.

Et vous, ça marche ?

- Vous vous croyez malin,

mais vous vous êtes fait attraper.

- C'est peut-être ce que je voulais.

- Jamais vous ne rencontrerez Oscar Brach.

Même si vous Pintéressiez, je ne vous ferais pas cette faveur.

- Engagez-moi.

Pour traduire le tome III. Officiellement.

- Tu te fous de nous.

- En l'honneur de M. Brach. - J'ai déjà quelqu'un.

- Aaron Troy. Il fait de la merde.

- Être mon traducteur ne vous permettra pas de le rencontrer.

- Ça peut pas faire de mal.

Vous avez tout à gagner

et rien a perdre. Je travaillerai gratuitement.

Je connais parfaitement son œuvre, bordel de merde !

- Ça suffit. Ramenez-le en cellule.

- Je peux deviner la 1re phrase du tome 3.

Facile !

Qu'est-ce qu'il dit ?

- Vous avez peur que j'y arrive ?

- Vous voulez bien nous laisser, s'il vous plaît?

- Venez.

Musique légère

...

Mas-Y-

Impressionne-moi.

...

Il griffonne.

... ...

...

... ...

...

... ...

...

- Comment tu as fait ?

- La 1re phrase du tome 2 est composée du 1er mot de chaque chapitre du tome 1.

Je me suis fié à la mathématique de Brach.

J'en ai déduit qu'il ferait la même chose du 2 au 3.

- Brillant.

- Mais Angstrom est persuadé que je suis le hacker, maintenant.

Je voulais rencontrer Oscar Brach,

mais je ne l'utiliserais jamais pour me faire du fric!

Je peux pas le trahir.

- Tu l'as trahi en bradant les 2 tomes sur Internet.

- La traduction anglaise

était à l'image d'Angstrom : clinquante, dénuée de fond.

Les lecteurs faisaient circuler des pétitions

pour qu'on remplace le traducteur.

Si on trouve pas le coupable...

Je suis mort.

- J'ai failli voler le manuscrit.

J'en pouvais plus,

je voulais connaître la fin.

- Tu sais où Angstrom le cache ?

-Il ne lâche jamais sa mallette. C'était facile de deviner.

- Et le code ?

-1-2-3, le plus commun avec 3-2-1,

5-6-7, 7-6-5.

6-6-6, le nombre du diable. 9-11, pour le 11-Septembre.

365, le nombre de jours annuels.

069, la position sexuelle.

007.

7-7-7, trois fois le chiffre sacré.

"Ce sont les codes les plus utilisés pour les mallettes à verrous."

Dedalus, tome 1, chapitre 15.

Musique calme

Pour Angstrom, évidemment, c'est la position sexuelle qui a marché.

...

... *Radio

... *...

- Vous allez partir pour Londres.

Rapportez-moi

tout ce que vous trouverez sur Alex Goodman.

Prouvez-moi que vous aimez vraiment la littérature.

...

- Bah oui ! Effectivement, ne perdons pas de temps.

...

Éric, je suis chez M. Goodman, y a rien contre lui, je suis désolée.

Par contre, y a quelque chose qui m'a tracassée pendant le voyage.

Trois traducteurs sont montés au manoir depuis leur arrivée

et je pense qu'ils ont pu accéder à Internet de là.

J'ai eu à l'œil M. Farelli et Mme Tuxen, mais pas Mme Anisinova.

Les 10 premières pages de Dedams téléchargées des millions de fois

...

- Eh bien, voilà.

Dans un instant, nous serons fixés.

...

Nous verrons pour qui cette situation est la plus insupportable.

Eh bien, allez-y ! Essayez de m'envoyer un e-mail, maintenant ! Allez !

Bips

"Mon cher Éric,

"je t'aurais cru plus rapide.

"C'est 100 pages supplémentaires que je viens d'offrir au monde

"et 20 millions d'euros qui pourront sauver ce qu'il te reste.

"Tu as déjà trop abusé de ma générosité.

"Je te laisse

"6 heures avant que mes aventures ne continuent à t'échapper.

"Décide-toi à faire le bon choix et prends un peu sur toi.

"Qui rougit est déjà coupable.

"La vraie innocence

"n'a honte de rien."

- Alors quoi ?

Cette fois, c'est Ingrid qu'a fait le coup ?

- J'ai dit ça.

C'est de la magie noire.

-"La magie n'est pas de ce monde."

Dedalus, tome 2,

chapitre 10.

- Vous connaissez aussi par cœur tout le tome 3 ?

C'est ainsi que vous avez procédé ?

- Pardon ?

- Faites pas l'innocente.

Vous jouez les Rebecca, travaillez 10 fois plus

que les autres, redoublez d'efforts pour attirer

mon attention, hein ?

Pour être invitée dans mon bureau.

- C'était pas prémédité.

- Mais tout en vous est prémédité !

- C'est elle.

C'est évident.

- Vous essayez de semer la discorde.

- On protège ce qui est à soi.

- Oh basta !

Cris

....

- Dario, arrête !

- Je reste pas enfermé à cause de toi !

Sale conne !

- Arrête !

Cri

- Stop ! Stop !

- Qu'est-ce que... - Hé oh !

Hé!Oh!

- Dario, arrête !

Arrête !

- Lâche!

- Hé !

- Alex !

Lâche-le.

- Ça va. ça va !

Je sais que c'est toi.

Je le sais.

Je le prouverai.

Tu vas voir. Je le sais.

- Tant que personne

ne se sera dénoncé, vous n'aurez plus rien de moi.

- Vous n'allez pas nous laisser mourir de faim...

- Je vais me gêner!

- Ça va aller... Ça va aller.

- Non, ça va pas aller. Plus d'eau ! Plus de chauffage !

Plus de bouffe !

- Essaie d'être un peu psychologue ! Calme-toi, Javier.

- Oh... Le plus dur est passé.

Cris

- Génial !

- Pourquoi il fait noir ?

- Ils font exprès, ces bâtards ! - Allumez !

Il frissonne.

(-Ça va ?)

Faut se barrer d'ici.

- Quelqu'un vous attend dehors ?

- Mon chien, peut-être.

- Mes amants.

Et encore,

ils sont capables de s'amuser sans moi.

- Ma fille. Mais elle est grande, maintenant.

Ça fait des mois que je ne l'ai pas vue.

On est devenues des étrangères.

Ne t'inquiète pas, Helene.

Tu as de la chance, ton mari et tes enfants t'aiment.

- Mais moi non.

- Tu ne le penses pas.

- Au contraire, c'est affreux.

J'ai l'impression de n'avoir jamais été aussi clairvoyante.

Depuis que je suis là, je me rends compte que,

malgré ce que je fais pour croire le contraire,

ils me manquent pas.

Aucun d'entre eux, même le bébé.

C'est comme s'ils n'étaient que... que des concepts pour moi.

Tout ce que je voulais quand j'étais jeune,

c'était écrire des romans, voir le monde.

Je n'ai jamais voulu d'enfants.

C'est Carl qui a insisté.

J'ai cédé pour lui faire plaisir.

Elle renifle.

J'ai toujours fait ça. Faire plaisir à tout le monde.

C'est même ça qui m'a donné envie d'écrire.

Rendre les gens heureux.

Mais j'ai eu trop peur de passer à l'acte.

Tout en en voulant

à mon mari, à mes enfants de bouffer mon temps,

mon espace créatif.

Je leur en voulais d'être seulement une traductrice !

Et pas une auteure digne de ce nom !

Sans jamais me l'avouer, mais... mais en me coupant d'eux quand même.

La vérité,

c'est que je suis incapable d'écrire.

Mais à force de me raconter le contraire,

j'ai perdu sur tous les plans.

Elle pleure.

Musique triste

... ...

- Tu m'as amadoué au 1er regard. Tu portes un masque

et je me suis fait avoir.

Toi et moi, on est des êtres de sang-froid.

...

Alors donne-moi ma chance.

...

Donne-moi ma chance.

...

S'il te plaît!

- Eh ben voilà ! "S'il te plaît."

Le mot magique. C'était pas si difficile, vous voyez.

Même sans imagination, vous racontez bien les histoires.

- Tout ce que j'ai dit est vrai.

- Ça reste à vérifier.

Et vous avez surtout omis un détail.

...

C'est vous qui êtes en prison.

...

Pas moi.

- Je suis innocent. C'est un cas de légitime défense.

-"Qui rougit est déjà coupable.

...

"La vraie innocence n'a honte de rien."

- Qu'est-ce que tu veux à la fin ?

- J'ai toujours été clair là-dessus.

Rencontrer Oscar Brach.

Je serais vous,

je me déciderais enfin à le convaincre.

...

- Inter folia

fulget.

- Inter folia fulget.

Hum ! Alors...

Si je finalise la sélection des traducteurs

pour le bunker vers octobre, je peux tabler sur une impression

en février.

J'ai trouvé un lieu de stockage ultra-sécurisé.

Lancement mondial vers...

- Attends, Éric.

- Ho, ho, tu vas me demander du temps pour peaufiner.

C'est pareil à chaque fois.

Et moi, à chaque fois, je te dis que tout est parfait.

Et j'ai raison.

- Je ne veux plus travailler avec toi.

- Pardon ?

- J'ai rendez-vous avec d'autres éditeurs

la semaine qui vient.

- Tu plaisantes, j'espère.

- J'ai jamais signé de contrat d'exclusivité.

- Bon d'accord, alors je t'augmente d'1 million

et je double tes royalties, ça te va ?

- Je vais vous rembourser l'avance.

C'est pas une question d'argent.

- C'est une question de quoi ?

- De loyauté.

Envers moi-même.

- Et ta loyauté envers moi, t'en fais quoi ?

J'ai respecté ton désir

d'anonymat.

Je me suis battu pour qu'Oscar Brach devienne quelqu'un.

C'est comme ça que tu me remercies ?

Tu sais tout ce qu'on a investi ?

Ça doit être le succès de l'année, on en a terriblement besoin.

Moi, j'en ai besoin.

- Reste ici ce soir.

Et lis-le tranquillement. Je tiens à ce que tu sois le 1er

à connaître le dénouement.

- C'est vraiment trop d'honneur.

Tu m'emmerdes !

Quoi que je fasse, rien n'est assez bien.

Rien n'a changé depuis l'université.

- Quand je suis venu te chercher,

les éditions Angstrom étaient une petite maison

qui revendiquait ses livres comme des œuvres à part entière.

T'as débité Dedalus comme une vulgaire marque de dentifrice

pour en tirer le maximum.

Le rendement t'a dévoré.

- La réussite n'a rien de sale.

- Si t'avais eu le courage d'écrire, tu me comprendrais, Eric.

- Tu peux pas me faire ça.

Musique douce

- T'es prêt à enfermer tes traducteurs

dans un bunker, à les traiter comme du bétail.

T'as perdu tout sens de l'humain.

...

De la création.

...

Musique inquiétante

...

- Qu'est-ce tu fais ?

- Je travaille.

Tout le monde a oublié qu'on est là pour ça.

- Moi aussi, j'ai toujours trouvé refuge dans les livres.

...

- Tu sais pourquoi je force la ressemblance avec Rebecca ?

C'est comme une armure.

Je me sens invincible comme ça.

- Étrange de trouver sa force en s'identifient à une victime.

- Elle n'a rien d'une victime !

Au contraire. On l'a tuée parce qu'elle était puissante.

La première phrase du tome 3,

elle n'est pas composée du 1er mot des chapitres du 2.

Tu m'as menti.

C'est toi, le hacker. - Arrête, je te ferai

jamais de mal.

- Je sais plus qui tu es. - Je reste un fan de Dedalus.

Je t'ai pas menti sur l'essentiel.

Tu veux pas savoir qui est Oscar Brach ?

- S'il veut rester caché, je le respecte.

- Je sais pas quelle est ton histoire, mais il t'est arrivé quelque chose.

Tu es devenue l'un de ses personnages.

Il a su exprimer ta souffrance.

Lui seul peut te comprendre.

- Tu lui diras quoi en premier si tu réussis ?

- Rien.

Quand on a Oscar Brach en face de soi,

on le laisse prendre la parole.

- Je veux être là moi aussi.

Porte

Porte magnétique

- Je suis venu vous donner un cours de magie.

- Pourquoi avoir changé d'avis ?

- Vous m'avez fait trop de peine hier.

- Va te faire foutre.

- Quelle est la règle d'or de Franck Hardy ?

Toujours regarder dans la bonne direction.

Ce qui fait écho à la noyade de Rebecca.

S'il s'était d'abord rendu à tribord, Franck aurait pu la sauver.

- Je connais l'histoire, merci.

- C'est ce qu'il s'efforcera ensuite de faire lors de ses enquêtes.

Regarder dans la bonne direction.

- Et donc ?

- Votre erreur, c'est d'avoir cru que tout se jouait dans le bunker.

Musique intrigante

- Tu as anticipé.

...

Ça ne me dit pas comment tu as eu le manuscrit. Il était avec moi.

- Je sais.

Et je sais que vous êtes réglé comme une horloge.

Vous quittez Angstrom Éditions

tous les soirs à 19h40, pour rentrer directement chez vous.

...

Vous vous installez au même endroit, dans la voiture centrale du métro.

Fondu dans la masse.

Toujours plus ponctuel qu'en voiture.

Musique rythmée

Vous avez 13 arrêts de Glacière à Passy.

La durée entre 2 stations sur la ligne 6

est de 1 minute et 18 secondes,

soit un trajet de 15 minutes et 36 secondes.

Une semaine avant d'entrer dans le bunker, vous avez fait,

sans vous rendre compte,

la fin du voyage avec une mallette vide

que j'ai échangée contre la vôtre le temps du trajet.

...

crissement

- T'es malade !

Klaxon

...

- Bonsoir. - Bonsoir.

...

666.

- Non.

-911.

- Non.

-365.

Allez ! - Non !

-069 .

- On n'a plus

de temps.

- Allez, allez, allez.

O07. Allez !

- On est morts.

- La ferme.

7-7-7.

- Ça y est !

- La Riso GD 76-30 est la Rolls du genre.

Elle photocopie 170 pages par minute.

Avec deux machines,

il faut 1 minute et 36 secondes pour venir à bout des 480 pages

de Dedalus, tome 3.

...

Musique jazz

...

- Vous savez ce qu'on risque ? - La prison.

Vous êtes déjà tous en prison,

asservis par un système qui vous soumet alors qu'il a besoin de vous.

T'es trop intelligente pour obéir.

- La liberté, c'est abstrait en Chine.

- Tu censures tes traductions ou c'est un comité qui s'en charge ?

- Un comité. J'ai fini par anticiper.

- Les boîtes comme Angstrom l'acceptent pour accéder au marché.

Ce sont eux, les criminels.

Tu ne touches aucun pourcentage sur les ventes

alors que 500 millions de personnes parlent ta langue.

C'est juste ?

Il bégaie. - J'ai pas le choix.

- On a toujours le choix.

Ça doit te faire triper d'être traité comme une... m-m-merde.

(En espagnol) - Ne te moque pas de moi !

Tu m'entends ? - Ce qui est bien,

c'est qu'on te verra pas venir.

Je suis la chance de ta vie, Javier.

J'ai choisi les plus fous.

Klaxon Les plus intelligents.

Les plus exploités. Les plus courageux.

- Dis-moi,

pourquoi je te ferais confiance ?

- J'en suis pas à mon 1er coup.

Por favor.

...

Obrigado.

...

Musique rythmée

...

- Attends, Chen !

Ah!

...

- Vai, vai, vai. - Allez, go, go.

...

Crissement

- Vai, vai.

...

Dégage, putain !

...

Putain...

Cri

crissement

Qu'est-ce qu'il fout ?

...

Saloperie ! - Attention !

...

Klaxon

- Connard !

...

Vai, vai.

Klaxon

...

Bouge-toi !

...

....

...

Putain de bordel de merde !

C'est mort ! Putain !

Sirènes

... ...

- Alex ! - Oh !

- Putain !

...

...

...

Fermeture des portes

... ...

...

Une femme crie.

Cris

... ...

...

Fermeture des portes

... ...

...

- Mais qui t'a aidé ?

Qui ?

- Je vous ai dit comment, je vous dirai pas qui.

Un magicien ne dévoile jamais tous ses trucs.

- À ce qu'il paraît.

*Mais on finira par leur mettre la main dessus.

*-Si vous le dites.

- Tu crois ce môme capable de détourner des millions ?

Il dira jamais où est la thune de toute façon.

-"Le crime est une forme de théâtre", Dedalus, tome 1, chapitre 9.

Sou pir

- Tu es pire que moi.

Musique jazz

...

- Merci, monsieur.

- C'était incroyable.

...

- Ils sont affreux. Et j'avais peur

de les toucher. Les chevaux, les oiseaux,

pas de problème. Mais les rats !

- Où t'as appris à conduire ?

- Crois-moi, tu veux pas savoir.

- T'as ton permis ?

- Je dois vraiment le toucher. Toucher un rat !

Oh ! J'avais peur!

Je déteste ça.

- Tais-toi.

Elle s'interrompt.

Elle rit.

...

Qui veut lire en 1er ?

....

- À toi l'honneur.

- Pas de privilège. On le lit à voix haute.

- Formidable !

- Qui s'y colle ?

- Pas moi.

Sinon ça va...

prendre des plombes.

Rires

- Je peux commencer ? - Vas-y, t'en meurs d'envie.

- Oscar Brach, tome 3, Dedalus.

"L'homme qui ne voulait pas mourir".

- Ouh !

Rires

- Que ces 3 semaines d'enfermement donnent tort

à ceux qui pensent que la fraternité n'est qu'un fantasme.

Je cite dans la langue de Shakespeare...

"Ce qu'il faut au monde aujourd'hui..."

- Chante-le plutôt.

Vas-y, reprends.

- C'est quoi, déjà, l'air ?

- Ce qu'il faut au monde aujourd'hui

- Ah oui !

- C'est de l'amour, ce doux amour

- Et tous ensemble, allez-y.

- PAS RÉSERVÉ À QUELQUES NANTIS MAIS POUR CHACUN D'ENTRE NOUS...

- Ça te va comme ça ?

"What The World Needs Now" (Instrumental)

...

...

Musique inquiétante

Le couteau tombe.

...

- Oh...

Il crie.

(En italien) - Au secours !

Oh!

Au secours !

Oh!

Oh!

Au secours !

Il pleure.

- Elle a craqué avant d'être démasquée.

- Mme Tuxen n'avait pas l'envergure d'un pirate.

Pas l'envergure de grand-chose, à vrai dire.

Reconnaissons-lui d'avoir su voir les choses en face.

- C'est fini. Vos collaborateurs vont venir nous sortir de là

quand ils apprendront sa mort.

- Encore faudrait-il qu'ils l'apprennent. Il fait assez froid ici

pour conserver le corps quelque temps.

Allô, oui ?

Ils ne sortent plus

de la bibliothèque.

- Toutes nos condoléances.

Sanglot

*-Je vous réveille pas ?

- Crachez le morceau, Rose-Marie !

*-L 'appert était crédible,

à un détail près.

Y avait pas d'affaires de toilette. Pas un savon !

Il est pas habité.

*Les voisins ont confirmé qu'ils ont jamais vu Goodman.

*C'est votre homme.

On n'a pas de couverture quand on a rien à cacher.

-Il habite où, en vrai ?

*-Je sais pas...

- Vous allez vous sortir les doigts du cul, idiote !

*Vous remuez ciel et terre et vous me trouvez sa planque !

Musique triste

...

...

- Vous n'êtes pas trop fatigué ?

J'espère qu'Angstrom vous paie des heures sup.

Si vous voulez vous détendre, on peut s'isoler.

Je fais

de très bons massages.

Bah quoi ?

On sortira peut-être jamais d'ici.

Autant profiter du temps qu'il nous reste.

Il rit.

(-Chen...)

(Éric, il sait.)

(Il sait !)

(-ll sait quoi ?)

(-Que c'est nous.)

(Il nous le fait payer depuis le début.)

(Quand je suis tombé,)

(son stylo est sorti)

(de la mallette.)

(-De quoi tu parles ?)

Il soupire.

(-Il s'en est aperçu.)

(-Écoute...)

(Il faut garder la tête froide.)

- Vous faites quoi ?

- Ça suffit !

Il faut que ça s'arrête.

- Je comprends ce que tu ressens,

mais Helene serait passée à l'acte ici ou ailleurs.

- Tu n'en sais rien.

Il bégaie. - Je préférerais

être en taule plutôt que de rester une seconde de plus ici.

- Javier.

C'est toi, le hacker ?

- Qu...

- Je t'ai posé une question, Javier !

C'est toi, le hacker.

-"Mon cher Éric.

"Je ne savais pas que tu avais la fibre autodestructrice.

"200 pages de plus viennent de t'échapper pour toujours.

"80 millions d'euros constituent le montant total de ta punition.

"Il te reste désormais 20 minutes

"avant que le livre en entier ne parte

"pour d'autres cieux. Fais le bon choix.

"On protège

"ce qui est à soi."

Cris

Dites-moi ce qu'il faut faire

pour arrêter ces fuites,

sinon je vous bute.

- Un système à distance envoie les mails à des dates et heures précises.

Musique oppressante

...

Cris

... ...

...

Si vous me butez, vous pouvez dire adieu au tome 3.

...

- Ah, tu veux jouer ?

Eh ben, on va jouer maintenant.

...

D'abord, le pays qui nous rapporte le moins.

- Ça le concerne pas ! C'est entre vous et moi !

- Fallait y penser avant.

- Bute-moi, fils de pute. Ça me fera des vacances.

Sanglot

(En espagnol) - Il faut qu'on fasse quelque chose.

- En français, le bègue.

- Il pige pas.

Si on s'organise,

on peut se défendre.

- On fait quoi ?

- On se divise en deux groupes.

Le premier distrait

les gardes,

l'autre s'occupe de lui. - Je comprends pas l'espagnol.

- Tu ferais bien de comprendre un peu plus, crétin.

- Moi je suis de ton côté.

(En mandarin) - Putain !

Je comprends pas l'espagnol.

- Moi, si.

(En espagnol) Continuez, je traduis.

- Arrêtez ça !

- Tout peut s'arrêter maintenant.

Ça ne tient qu'à vous.

- Et qu'est-ce que tu suggères ?

- Appelez Oscar Brach et passez-le-moi.

- Trop tard. - On y est presque.

(En espagnol) -Il faut agir

ensemble.

- Telma, Chen et Javier.

Occupez-vous

des gardes.

Ingrid et moi,

on se jette sur cet enfoiré.

- Stop !

(En mandarin) - Telma, Chen et Javier.

Occupez-vous des gardes.

Ingrid et moi, on se jette

sur cet enfoiré !

(En grec) - Je ne parle

ni espagnol, ni mandarin.

- Vous l'aurez cherché.

- Quoi que vous fassiez, faites-le maintenant.

(En espagnol) -On y va !

À trois !

- Attendez !

Tout le monde sait compter en espagnol.

Même lui.

- En mandarin.

(En mandarin) Un,

deux”. - Trois !

Cris

Musique oppressante

...

Pleurs

- Katerina.

- Je suis plus le seul à être pressé par le temps.

- Je peux rien faire. Tout part de mon ordinateur à Londres.

Si la somme n'est pas versée,

le texte est automatiquement posté sur le Net.

- Donne-moi ton adresse, la vraie !

Donne-la-moi !

- Fais quelque chose.

- Une ambulance !

Musique calme

...

- Le code.

-1415.

- Trouvez-moi cet ordinateur.

- Vous avez gagné, appelez une ambulance maintenant !

...

- Tout va bien, Éric ?

*-Oui, Rose-Marie, tout va très bien.

*Vous êtes en train de sauver les éditions Angstrom.

*Si j'ai été dur avec vous, c'est que j'ai toujours cru en vous.

Directrice des ventes, ça irait ?

Votre vie de merde contre un avenir radieux ?

...

*Rose-Marie ? Vous êtes toujours là ?

...

- Respire.

- Vous l'avez trouvé ? Pleurs

Rose-Marie.

Vous l'avez trouvé ?

Allô ?

- Non. - Alex !

- Appelez une putain d'ambulance !

- Défoncez-moi cet ordinateur

*à coups de marteau s'il le faut.

- Éric... J'aime vraiment la littérature.

*-Oui, et alors ?

- Alors, allez vous faire foutre.

...

...

Elle rit.

...

- Allô ? *-Oui ?

- Il faut payer maintenant.

- Mais Éric,

*on n'a pas cette somme. - Rajoutez mes actions.

- Numéro de compte ?

- Je l'ai envoyé.

...

(-Pardon.)

- C'est bon.

...

- C'est fini.

...

sanglots

Bips

Pleurs

...

-"Mon cher Éric... Dedalus t'a échappé.

"Même les pages que tu ne m'as pas données.

"Tu n'auras rien contre les rebondissements

"qui ont fait la gloire de la trilogie. Je n'ai rien à foutre

"de ton argent. C'est ta peau que je veux.

"On dirait bien que je l'ai eue."

- Appelez Oscar Brach.

Cris

(En russe) - Arrête ! C'est bon !

C'est bon.

Angstrom vient de perdre son boulot.

Nous aussi.

Allez !

Musique sombre

...

Grondement

... ...

Inspiration

Musique intrigante

...

...

-"Quelque chose dans l'air, comme une caresse, semblait l'appeler.

"Rebecca...

"Elle avait beau lui pardonner dans des serments imaginaires

"qu'il n'adressait qu'à lui-même, elle l'accusait

"dès qu'il fermait les yeux.

"La vérité ne bougerait pas.

"Il était son seul meurtrier,

"celui qu'il avait voulu confondre si désespérément

"qu'il avait regardé en face chaque matin de sa quête sans le savoir,

"tandis qu'il s'observait dans le miroir."

...

-80 millions d'euros...

...

Tu m'as extorqué 80 millions d'euros !

...

Où est l'argent?

- Qu'est-ce que ça peut vous faire ?

- Une dernière chose.

Quand on s'est rencontrés,

la 1re phrase du volume 3,

tu l'as devinée avant de me voler le manuscrit.

Comment tu as fait ?

Grondement oppressant

- Merde, j'ai plus rien.

- Non, qu'est-ce qui se passe, là ?

- C'est moi qui l'ai écrite.

- J'espère

que ce livre en vaut la peine.

Tu sais très bien de quoi je parle.

- Je voulais connaître la fin.

J'ai oublié le mien chez moi.

- Un aller-retour pour le récupérer

aurait été plus raisonnable.

- C'est chez ma mère, à Londres.

Je passe l'été avec mon père.

Il est français et rabat-joie, comme vous.

- On fait un deal ?

Si tu devines

qui est le meurtrier de l'Orient-Express,

tu peux garder le livre. - Et si j'y arrive pas ?

- Ça manque pas de travail ici.

- Je crois qu'ils sont tous coupables.

- Tu vois ce carton ?

Tu sors les livres et tu les ranges sur l'étagère.

Oui, on y va.

Comment tu t'appelles ?

- Alex Goodman.

Musique douce

...

- J'ai lu Dedalus.

- C'est de la merde, tu peux le dire.

- C'est vraiment très bien.

Le mariage parfait de la dramaturgie angle-saxonne et de la langue française.

Impressionnant !

Et je sais exactement à qui l'envoyer.

- Je l'ai pas écrit pour le publier,

mais te prouver que j'en étais capable.

- Et tu l'as fait.

Tu as même fini par m'écouter. Tes personnages existent.

Tu as appris à observer les autres, à te les approprier.

Mais on n'écrit pas pour soi. Les gens ont besoin de bons livres.

Et celui-ci est plus que bon.

- Non, Georges.

Non ! J'oserai jamais.

-"Le vent se lève, il faut tenter de vivre."

Je ne laisserai pas ce texte

au fond d'un tiroir.

- Si tu tiens absolument à ce qu'il sorte,

t'as qu'à te faire passer pour l'auteur.

- T'es pas sérieux ?

- Pourquoi pas ?

- Dans ce cas, on prend un pseudo.

...

- Et tu as choisi...

"Oscar Brach".

- Mais réparez-moi ce bordel, là !

- Faut aller choper le môme.

- Attends, on n'a rien contre lui.

- Y a qu'un seul coupable dans cette histoire, Eric.

C'est toi.

Enfermer mes traducteurs

dans un bunker ? Les traiter comme du bétail ?

Ce mec n'a aucun respect, ni pour l'humain, ni pour la création.

- Tu voulais rester dans l'ombre. Laisse-moi gérer les affaires.

- Tu gères rien du tout !

Angstrom raconte n'importe quoi sur Dedalus. Il en a fait une marque

de dentifrice ! - Que tu le veuilles ou non,

c'est grâce à Éric que tu en es là.

- C'est grâce à moi et personne d'autre.

...

- Tu vois ce livre ?

Il m'a ouvert des perspectives infinies.

On s'en fout de qui me l'a vendu.

De la page jaillit

la connaissance.

Inter folia fulget.

Le texte est plus fort que tout, tu comprends ?

C'est le texte qui reste.

L'écrit.

Alex...

Aie confiance dans la littérature.

...

Applaudissements

- Mesdames et messieurs, je suis ému

et très fier d'annoncer l'acquisition par les Editions Angstrom

du tome final de la trilogie de Dedalus,

"L'Homme qui ne voulait pas mourir".

Yes l

Croyez-moi, entre Oscar Brach et moi, les négociations ont été âpres,

mais je peux vous assurer

que j'ai eu le dessus.

Rires

On protège ce qui est à soi et on ne s'arrête pas.

Musique intrigante

...

Oscar Brach ne le regrettera pas.

La traduction en simultané débutera en décembre prochain

et le roman sera en vente dans toutes les bonnes librairies

dès mars.

...

Mesdames et messieurs, vous allez faire un deuxième trimestre d'enfer !

Applaudissements

Yes, vas, yes.!

La véritable traduction anglaise de Dedalus l & Il

- Tu peux pas être Oscar Brach.

- Tu crois que j'aurais pu échanger ta mallette dans le métro

sans que tu t'en aperçoives ?

...

Cris

Le manuscrit original est toujours resté auprès de toi.

Je n'ai pas eu besoin de le voler.

Simplement que les autres y croient.

La vérité,

c'est que tu n'avais rien à te faire voler.

"On protège ce qui est à soi."

Qu'est-ce qui est à toi exactement ?

Mes livres ?

Tu ne fais que les acheter.

Tu veux savoir le plus drôle ?

Quand je dirai aux inspecteurs de regarder ton compte,

c'est là qu'ils trouveront les 80 millions.

- Qu'est-ce que tu racontes ?

- L'histoire est vendeuse, non ?

C'est celle d'un éditeur qui a enfermé des traducteurs dans un bunker

pour faire croire qu'il était victime d'un piratage

et qui a endormi tout le monde en détournant une rançon monstrueuse.

- Personne te croira. C'est toi, le hacker.

- À part toi, personne m'a accusé.

Ni Rose-Marie, ni les traducteurs, pas même les gardes.

- Tu les as achetés ! Tu es le hacker.

- Maintenant, tu sais vraiment qui je suis.

*-Tu mens.

*Tu mens !

Tu mens ! Tu n'es pas Oscar Brach, puisqu'il est mort.

C'est moi qui l'ai tué de mes propres mains, cet enfoiré !

Musique sombre

...

"Flag of No Country" (Julia Kent)

...

...

...

- C'est tout ce que je voulais entendre.

- J'y vais.

...

Alarme

... ...

Il crie.

... ...

Alarme

... ...

- J'ai pas tué Oscar Brach. Oscar Brach, c'est lui.

C'est lui.

- C'est ça ?

- C'est lui !

Je peux pas

l'avoir tué puisque c'est lui, Oscar Brach !

...

Porte magnétique

...

- T'en fais pas, mon grand, tu reviendras l'année prochaine.

...

...

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"Untitled" (Interpol)

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Musique calme

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Sous-titrage : HIVENTY

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