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J'AI ÉTÉ UN COMMUNISTE POUR LE F.B.I.
Oui, les bagages sont enregistrés.
Tu veux parler à Gregory ?
Mclntyre pour Brierly.
Bob ? C'est Mclntyre. Je suis à LaGuardia.
L'avion est prêt à décoller.
Il est bien monté à bord. Jonesy lui tient compagnie.
C'est le vol 19, sans escale pour Pittsburgh.
À L'ATTENTION DU BUREAU DE WASHINGTON...
GERHARDT EISLER A QUITTÉ LAGUARDIA
BUREAU DES ENQUÊTES FÉDÉRALES (F.B.I.)
Merci, Mme Motelli.
Je suis ravie de me rendre utile.
Envoyez un télex à Crowley, à Pittsburgh.
Gerhardt Eisler a quitté LaGuardia à bord...
Et voilà, Dottie ! Un café sans sucre
et un donut au sucre.
Merci.
Mettez Williams et Schwartz sur le coup. Ils feront l'affaire.
- Souhaitez-vous répondre ? - Non.
Mason !
- Oui, Ken ? - Regarde ça.
Gerhardt Eisler...
Il vient à peine d'être libéré.
On dirait qu'il fait la tournée des sections locales du Parti.
- Pour une dernière visite ? - Possible.
Va à l'aéroport et surveille l'arrivée du vol 19.
On doit savoir où il va.
Il aura un faux nom, mais trouve ce que tu peux sur lui.
Bien.
Gerhardt Eisler, agent communiste, espion,
condamné pour parjure, se rendait à Pittsburgh.
Pittsburgh, le coeur de l'Amérique industrielle...
Les Rouges s'y étaient implantés pour l'empêcher de battre.
Qu'ai-je à voir avec ça ?
Je m'appelle Matt Cvetic.
Cvetic est un nom slovène.
Les Slovènes sont nombreux, à Pittsburgh.
Je suis né ici, il y a 38 ans.
Mes parents de braves gens,
sont arrivés dans ce pays il y a 40 ans.
Devenus américains, ils ont fondé une famille.
Leurs six enfants sont grands, aujourd'hui.
- Je l'ai eue. - Non.
- Si ! - Non !
- Si ! - Je te dis que non !
N'importe quoi ! Monsieur, vous étiez là ?
- Non, désolé. - Zut, alors...
Arrête de discuter et joue.
Ne fais pas le malin... Vas-y, lance.
L'an passé, ils étaient roses. Avant ça, rouges.
Cette année, ils sont bleus.
Bonsoir, Tom.
Bonsoir, Matt.
Bonsoir à tous.
- Matt ! - Bonsoir, maman.
Joyeux anniversaire.
Je savais que tu viendrais.
Tu en doutais ?
Tu as l'air en forme ! N'est-ce pas, Joe ?
Je n'ai pas arrêté de lui dire, aujourd'hui.
Dick ! Que se passe-t-il ? Tu ne salues pas ton père ?
Bonsoir, papa.
Ce gamin grandit d'une fois sur l'autre.
Tu le vois trop rarement.
Je sais. Je suis très occupé.
Il paraît, oui.
- Et le lycée ? - Ça va.
J'aimerais voir un bulletin, un de ces jours.
Oui, oui...
Maman, tu dois être fière d'avoir tous tes garçons.
Ton père aussi serait fier, s'il était encore là.
C'est un exploit de les avoir tous.
C'est vrai. C'est plutôt rare.
Ça vaut peut-être mieux.
Je vois que tu as été gâtée.
C'est une très jolie robe de chambre.
Mais un peu trop fantaisie, pour moi.
Le père Novak a parlé de toi.
Il se demande ce que tu deviens.
Il le sait bien.
Pas de dispute. C'est l'anniversaire
de maman.
Ne fais pas attention. Ils me charrient.
Ce n'est rien.
J'y vais.
Vous ne m'offrez pas de bière ?
Tu veux une bière ou tu préfères dîner ?
- Dîner. - Bonne idée.
Laisse. Je m'en occupe.
- On te demande au téléphone. - Qui est-ce ?
- Je ne sais pas. - J'arrive !
J'espère qu'il y a de quoi me rassasier, maman.
Cvetic, j'écoute ?
Blandon à l'appareil.
Vous ne deviez pas m'appeler ici.
Plus tard...
M. Eisler est en ville. Nous organisons une réunion ce soir.
Il souhaite vous voir avant.
Venez au State Hotel aussi vite que possible.
Vous demanderez à voir J.B. Williams.
J'arrive tout de suite.
Ça y est, tu pars ?
Je n'ai pas le choix.
Inutile de lui mentir. Elle n'est pas dupe.
Pour tout te dire, elle a honte.
Elle n'a jamais eu honte de moi.
Fiche le camp et ne remets pas les pieds ici.
Pour qui tu te prends ?
Espèce de sale rouge.
- Il y a un téléphone ? - Là-bas.
Merci.
9.7.0.0.3, j'écoute ?
Passez-moi M. Crowley.
M. Crowley ? De la part de qui ?
Braddock.
Un instant.
- M. Crowley ? - Oui.
Un certain Braddock au téléphone.
Passez-le-moi.
Crowley, j'écoute.
Gerhardt Eisler est en ville. Une réunion a lieu ce soir.
Nous sommes au courant. Vous allez à la réunion ?
Je vais d'abord le rencontrer à son hôtel.
Rappelez-moi après la réunion. Mais pas ici.
Appelez dans ma voiture. J'irai vous chercher. Autre chose ?
- Non. - Parfait.
Bien.
- Matt ! Entrez donc. - Merci.
Entrez. Vous buvez quelque chose ?
Avec plaisir ! Merci.
- Bonsoir, Harmon. - Bonsoir.
Eh bien ! Quel festin !
Ce sera tous les jours comme ça quand le pays sera à nous.
Pour les ouvriers aussi ?
Ils resteront des ouvriers.
Vous êtes un extrémiste.
Qui ça ?
Cvetic.
M. Eisler, voici Matt Cvetic.
Eh, bien... j'ai toujours plaisir à rencontrer des extrémistes,
mais nous devons rester réalistes.
Merci.
À Staline.
M. Cvetic,
on m'a dit beaucoup de bien de vous.
- Vos parents sont donc slovènes ? - Oui, Monsieur.
Vous avez recruté des centaines de vos concitoyens
pour le compte du Parti ?
Il travaille au service du personnel de l'aciérie.
Il recrute et il licencie.
Il embauche les membres du Parti et licencie les autres.
Excellent.
Le comité exécutif souhaite vous récompenser.
Peters vient justement d'être transféré.
Vous prendrez sa place de responsable de section,
ici, à Pittsburgh.
Merci infiniment, M. Eisler.
J'en suis honoré.
On produit plus d'acier ici que dans tout le reste du pays.
Si on parvient à mobiliser Pittsburgh,
ça aura un effet sur le reste du pays.
Mais...
Pittsburgh est trop tranquille.
Trop paisible.
Pour faire triompher le communisme en Amérique,
nous devons encourager les émeutes,
la grogne,
la guerre entre les citoyens.
Tel est l'objet de la réunion de ce soir.
Il se fait tard.
Allez-y et ouvrez la réunion.
- Oui, Monsieur. - Nous vous y rejoindrons.
À l'Union soviétique.
Caviar ?
La salle n'est pas pleine, ce soir.
J'aimerais la voir pleine à craquer.
Nous sommes là pour vous aider.
Maintenant, j'aimerais vous poser quelques questions.
Comme le disait Eisler,
Pittsburgh était trop "calme", trop "paisible".
Alors, ils ont attisé les haines, selon une recette du Kremlin.
Ils resservaient toujours le même discours aux minorités,
pour semer le trouble et la discorde.
Je n'ai pas ma carte au Parti.
Je suis simplement venu vous écouter.
Et vous y allez fort !
Comme d'autres vendus, Blandon avait été formé à Moscou.
Il y a 1001 moyens de miner la tranquillité d'un pays.
Il avait choisi une méthode extrêmement dangereuse,
qui consistait à diviser pour mieux régner.
Quelle délicieuse soirée !
Fermez la porte.
Blandon, vous avez été brillant.
Merci. Ces négros ont tout gobé.
Vous voulez dire ces "Noirs" ?
Seulement quand je leur vends mes idées.
Ces camarades nous sont utiles.
"Camarades" ?
Ça va provoquer du grabuge.
J'espère bien ou j'aurai perdu mon temps. Je vous sers ?
- Je peux ? - Allez-y.
Des "camarades"...
Matt les nomme ainsi sans arrière-pensée.
Voyez-vous, Matt,
si l'un d'eux descend dans la rue
pour s'en prendre à un Blanc et que, disons, il le tue,
il sera condamné par un jury blanc.
On fera appel et on lèvera des fonds pour sa défense. Pas vrai ?
Comme dans l'affaire Scottsboro.
Oui. Le Parti avait récolté près de 2 millions de dollars.
2 millions de dollars pour défendre ces nègres.
Finalement, 65 000 $ auront suffi.
À perdre le procès...
C'est vrai.
Nous avons été gagnants, dans cette affaire.
Je leur dis où est allé l'argent ?
Je ne préfère pas, Blandon.
Le comité exécutif n'apprécierait pas.
Donc votre discours avait deux visées.
Bien vu ! La section de Pittsburg a besoin d'argent.
Elle est dans le rouge.
Restons-en là pour ce soir, Messieurs.
Je suis rincé.
Montez avec nous !
Non, je prends un taxi. Bonsoir.
- Bonsoir, M. Mason. - Bonsoir.
- Harmon, suivez-le. - Allez-y.
Vous vous méfiez de votre responsable de section ?
Avons-nous confiance en quiconque ?
Pas vraiment.
J'ai perdu 3000 billets,
mais c'est quoi, 3000 billets, pour moi ?
Rien du tout. Charlie ! La même chose.
Bonsoir, chéri !
- Tu m'offres un verre ? - Plus tard.
Plus tard... Toujours la même rengaine.
C'est Braddock. Passez-moi le poste L.D.7.9.0.
Merci.
L.D. 7. 9. 0.
Un appel de M. Braddock.
C'est lui.
Et puis, plus tard, j'ai acheté des actions.
Pitié ! Changeons de sujet.
Bien, bien...
Qui appelez-vous ?
Allo, trésor ?
Allez, sois gentille, passe me prendre en voiture.
O.K., mon chou. 6e rue, devant le tabac.
Parfait. À plus tard, ma jolie.
Au revoir, trésor.
Si vous saviez ce qui m'attend...
Un peu de détente ?
Comme vous dites. Et j'en ai bien besoin.
Voilà ce que je peux vous dire.
En le notant, des détails me reviendront.
Les émeutes de 1943 à Detroit ont débuté comme ça.
À Harlem aussi, la même année. 5 Noirs ont été tués.
La mort de ces gars avait été décidée à Moscou.
Et on ne peut rien y faire.
Eisler reste longtemps à Pittsburgh ?
Je n'en sais rien. Je vous tiendrai informé.
Dépose-le au prochain carrefour.
- Prenez ma veste. - Ça ira. Je prendrai un bus.
Mon bras !
Du calme, Frank.
- Que s'est-il passé ? - J'en sais rien !
- Je sais pas... - Emmenez-le à l'infirmerie.
Remettez-vous au travail, Messieurs !
Dépêchez-vous.
Il va perdre son bras. C'est pas de chance.
Que s'est-il passé ? Une imprudence ?
Pas de sa part. Il connaissait son boulot.
J'ai un remplaçant tout trouvé.
Carson ! Prends sa place.
D'accord.
Frank n'a pas sa carte au Parti.
Carson, oui.
Je vois...
Une femme a appelé.
Qui ça ?
Mlle Scott, la proviseur du lycée de votre fils.
Un problème ?
Elle n'a rien dit.
Je n'en ai pas pour longtemps.
10 h 15. Appel de Scott, la proviseur du lycée.
11 h 40. Est allé voir Scott.
Semblait contrarié.
Il m'a invitée au bal.
J'ai accepté, à condition qu'il ait un smoking.
Il n'en avait pas.
J'ai dit : "Dans ce cas, c'est non."
J'ai passé l'âge de sortir avec des gamins.
On peut pas m'en vouloir.
- Mlle Scott ? - Oui.
M. Cvetic est là.
- Enchantée. - De même.
Mlle Merrick, l'un des professeurs de Dick.
Dick ne nous cause que des problèmes, dernièrement.
Il se bat continuellement.
Aujourd'hui, l'un de ses camarades est reparti avec le nez cassé.
Que s'est-il passé ?
Voilà la réponse que nous obtenons.
Si nous laissions M. Cvetic seul avec son fils...
C'est possible.
- Veuillez nous excuser. - Merci.
Une dernière chose, M. Cvetic.
Si cela continue, Dick finira devant le conseil de discipline.
- J'aimerais éviter cela. - Je comprends.
Qu'y a-t-il, mon garçon ?
Tu devrais le savoir.
Non, je l'ignore.
Allons ! Dis-moi tout.
Je te vois peu, depuis que je vis chez grand-mère.
Dès que je lui parle de toi, les larmes lui montent aux yeux.
Et elle change de sujet.
Je ne suis pas stupide.
Les gens parlent, tu sais !
Mais je n'en crois pas un mot.
Le plus dur à supporter, ce sont les moqueries, au lycée.
À propos de quoi ?
Ils te traitent de coco.
De rouge !
Alors quand j'entends ça, je cogne.
Il est temps qu'on ait une discussion, toi et moi.
Et que comptes-tu faire ?
Me dicter ma pensée ?
Tu es un peu jeune.
J'aurai bientôt 18 ans !
Des gars de mon âge
vont combattre cette chose... à laquelle on t'associe.
Ça suffit.
Tout ça ne regarde que moi.
Je t'en prie !
Dis-moi la vérité, papa.
Tu es l'un d'eux ?
Très bien. Je vais te le dire.
Je suis communiste.
Depuis 9 ans, maintenant.
Quand j'étais petit,
vers l'âge de 9 ou 10 ans,
je voulais te ressembler, en grandissant.
Maintenant, plutôt mourir !
- Dick... - Ne me touche pas !
Ne t'approche plus de moi.
C'est très bien.
M. Cvetic !
Je suis le professeur de Dick.
J'apprécie votre fils.
Je garderai un oeil sur lui.
C'est un bon garçon.
Si vous voulez être tenu au courant, n'hésitez pas à m'appeler.
Merci beaucoup.
Et ne vous en faites pas, tout finira par s'arranger.
Merci, Mlle...
Merrick.
Ève Merrick.
Merci.
- Willy ! Willy ! - Quoi encore ?
Tu as intérêt à rentrer avant minuit !
- Sinon, quoi ? - Sinon, je fiche le camp !
Ne te gêne surtout pas !
M. Cvetic ! Attendez !
Qu'y a-t-il, Jackie ?
Vous m'avez appris l'amorti, l'autre jour.
Eh bien, j'ai réessayé. Et ça n'a pas marché.
- Sérieusement ? - Sérieusement.
Les pros y arrivent. Pourquoi pas toi ?
- Je ne sais pas. - Montre-moi.
J'étais sur le marbre, comme ça.
Et j'ai amorti.
Je vois... Je vais te montrer.
Regarde. Et ne bouge pas.
D'accord.
Tu es sur le marbre, comme ça.
- Ta batte est ici, d'accord ? - D'accord.
Bien, tu observes bien le lanceur.
Oui.
Quand la balle part, change de position.
- C'est bon ? - Oui.
Et tu rabats. Compris ?
- Je crois. - Mais oui !
Jackie, viens ici.
J'arrive, papa.
Cette fois, j'ai compris, M. Cvetic.
- Merci ! - De rien.
Cvetic !
Je vous avais interdit de l'approcher.
On parlait baseball...
C'est un sport américain.
Il n'a pas besoin de vos conseils.
Mon garçon,
je confierai cette lettre au prêtre de notre paroisse, M. Novak.
S'il m'arrive malheur, il te la remettra.
Lui seul sait, en dehors du F.B.I.,
que je suis un agent infiltré pour le compte du gouvernement.
J'aurais voulu te le dire, aujourd'hui,
pour voir autre chose que chagrin et mépris dans tes yeux.
Mais je combats un mal obscur et dangereux,
et le moindre soupçon pourrait entraîner ma perte
et celle d'hommes plus valeureux encore, exposés aux mêmes risques.
Je ne t'en veux pas, mon garçon.
Tu m'as rendu fier.
Garde toujours ceci à l'esprit :
Si ta conscience semble te dicter le bien,
alors fie-toi à elle.
Conserve cette lettre en souvenir et n'oublie pas mes conseils.
Je fais ça pour ton bien.
Et parce que je t'aime énormément.
Si je disparais,
mes dernières pensées iront vers toi et ta grand-mère.
Sois un bon garçon. Dieu vous bénisse tous deux.
Papa.
Une minute.
Je peux entrer ?
- Oui, bien sûr. - Merci.
- Ça vous gêne si je m'assieds ? - Pas du tout.
Dick vous a donné mon adresse ?
Je ne suis pas venue vous parler de lui,
mais de moi.
Et de vous.
Je sais depuis longtemps où vous vivez.
Une amie à moi est trésorière adjointe
de l'une des sections du parti communiste.
Elle a accès aux dossiers des adhérents
et m'a donné votre adresse.
Je vous ai souvent vu aux réunions.
Vraiment ?
Vous n'avez pas pu me voir. Je suis assez discrète.
Vos discours me plaisent.
Vous parlez avec sincérité... Avec franchise.
Ravi que ça vous plaise.
Ne prenez pas cet air énigmatique. Je suis inoffensive.
Voici ma carte.
Vous êtes donc au Parti ?
Qui vous envoie ?
Personne.
Je souhaitais vous parler.
Vous avez eu une journée difficile.
Je vous apporte du réconfort.
- Vous ne me croyez pas. - Si.
Comment un professeur peut-il être membre du Parti ?
Et votre loyauté envers le gouvernement ?
Mon engagement envers le Parti est plus important encore.
Je...
Je suis prête à tout pour promouvoir notre cause.
Et quoi de mieux, pour cela, qu'un lycée ?
C'est vrai.
Et ça a porté ses fruits ?
Je ne me plains pas.
Et avec mon fils ?
Je n'ai pas encore essayé.
Laissez-le tranquille.
Il est obstiné. Je veux qu'il se fasse sa propre opinion.
Non, merci.
Mon secteur, c'est l'acier. Parlez-moi du vôtre.
Il y a beaucoup d'enseignants au Parti ?
Dans ma section, la cellule enseignante compte 30 femmes.
Toutes aussi charmantes que vous ?
C'est le but recherché, non ?
- Pas pour moi. - Pourquoi ?
Pour Moscou, tous les moyens sont bons. Nos filles...
Sur ce point, je suis en désaccord.
C'est une hérésie ? Tant mieux.
Vous pensez par vous-même ?
Ça m'arrive.
Vous ne m'aimez guère.
Écoutez,
Je pensais que vous vous sentiez seul.
Je suis seule, moi aussi.
Songez-y, si jamais vous changez d'avis.
L'arsenal de la démocratie, pour le jour des représailles.
L'aciérie est ici. Ça vous concerne, Matt.
Avant le départ de M. Eisler, on a établi un plan.
Nous allons paralyser cette taule.
On postera un homme près de la décharge, à chaque roulement.
Nuit et jour.
Ce sera compliqué. Disons un seul.
J'en veux deux.
Et vous, allez faire pression sur le syndicat. Et vite.
Faire pression ?
Deux camarades font partie du bureau.
La Confédération a une dent contre eux.
S'ils jouent les gros bras, je les perds aux élections.
Épargnez-moi votre blabla. Des idées, Matt ?
Il faut un homme dans la salle des dessins
pour avoir des doubles des plans.
Le char M46 Patton subit des modifications.
Comment le savez-vous ?
J'ai l'oreille aux aguets.
Je vérifierai. Mais il faut un homme là-bas.
Beau travail. Le son est bien meilleur.
Remerciez Cvetic.
L'idée est de nous, mais il a posé le micro.
Écoute la suite, Ken. C'est instructif.
Cet échange a eu lieu à la fin.
Ça doit être ici.
Ce sera tout, Matt. Rentrez vous coucher.
Avec joie. Je suis exténué.
C'est une lourde tâche, M. le responsable de section.
Et des maux de tête assurés.
J'inspecte mon lit, maintenant.
- Pourquoi ? - Quelle question !
Que disent les statuts ?
"Les camarades ont pour tâche de surveiller les dirigeants
et de signaler toute entorse à la ligne du Parti."
Qui vous surveille, Blandon ?
- Peut-être vous, Matt. - Possible.
Il a raison.
Quelqu'un le surveille ?
Oui. Une enseignante.
Un joli petit lot. Allez, rentrons chez nous.
C'est tout.
Dis à Cvetic de nous retrouver près du pont Allegheny.
Comme ça, elle m'espionne...
Les camarades s'espionnent entre eux ?
Que dois-je faire ?
Tirer parti de la situation.
Dressez une liste des enseignants. Ils seront remerciés.
Pour Mlle Merrick, attendons, ou vous serez suspecté.
Entrez dans son jeu sans trop en faire.
Avec les dames, être futé ne suffit pas.
Elle ne m'aura pas.
Je vous contacterai.
Dick !
Tu es venu !
Je ne suis pas là pour toi. Grand-mère est malade.
Le docteur dit qu'elle se meurt.
Tout le monde est là-bas. Le père Novak aussi.
Elle te demande.
Allons-y.
- Salut, *Harmon*. - Salut.
Comment va-t-elle ?
Dick a dit qu'elle me demandait.
Oui, en effet.
Je peux aller la voir ?
Si tu y tiens. Elle est dans sa chambre.
- Bonjour, Matt. - Bonjour, mon Père.
Où vas-tu ?
Maman veut me voir.
Il est trop tard.
C'est fini.
- Vous avez du feu ? - Oui.
Bonjour, Matt. Mlle Merrick.
Vous voyez, on est là.
Merci d'être venu. Merci pour les fleurs.
Des roses rouges !
C'est une sacrée mascarade !
Je vous ai vu suivre ces moutons.
Il n'avait pas le choix.
Ouais, j'imagine que non.
Vous avez prié, vous aussi ?
Les prières sont inutiles, désormais.
Matt, il faut qu'on parle.
Attention à ne pas y perdre votre âme, Matt.
On se voit plus tard.
- Vous permettez ? - Bien sûr.
Matt, sachant qu'on se verrait, je t'ai rapporté ça.
La lettre pour ton fils.
Je dois aller à Rome. Tu devras la confier à un autre.
Entendu.
On ne se reverra sûrement pas, alors au revoir, Matt.
Merci beaucoup.
Rends ça à tes amis rouges.
Quel culot, de les amener ici !
J'attendais ça depuis longtemps.
Lève les mains.
Lève les mains, sale traître !
Relève-toi. Allez !
Tu me dégoûtes, sale...
Ça suffit !
Tu n'as pas honte ? Un jour comme aujourd'hui !
- Tu songes à ta mère ? - Il se défendait.
Certainement pas ! J'ai tout vu.
Joe l'a frappé et Matt n'a pas réagi.
On a vu ses amis rouges ricaner pendant la cérémonie.
Laissez-nous. Allez !
Un jour, tu regretteras ton geste.
Matt, je t'en prie, dis-leur la vérité !
Quelle vérité ?
Que je suis fier d'être communiste ?
Je comprends...
Lui seul sait, en dehors du F.B.I.,
que je suis un agent infiltré pour le compte du gouvernement.
Je l'ai trouvé ! Je peux payer demain ?
Bien sûr, Peggy. Je peux vous aider ?
Vous avez "L'Empereur" de Beethoven ?
- Le 33 tours ? - Celui avec l'étiquette rouge.
Les cabines sont prises, mais il en reste une
dans la salle du fond.
Mes condoléances, Matt.
Triste nouvelle...
- Écoutez... - Non ! Vous, écoutez !
Je comprends les types qui perdent la boule en taule.
Je suis en prison. J'ai servi pendant neuf ans.
Neuf ans à jouer un rôle qui ne me vaut que de la haine.
- Un problème au Parti ? - Non.
Je reste un salaud qui vendrait père et mère.
Vous avez une maison, une famille.
Le soir, ils vous accueillent à bras ouverts.
Moi, je suis entouré de cocos prêts à m'abattre
et à me balancer dans la rivière. Ken...
Débarrassez-moi de cette souillure rouge.
Je ne le supporte plus.
J'essaie de lutter, mais c'est plus fort que moi !
Vous pouvez décrocher, mais pas vous dédouaner.
Vous avez infiltré le Parti. Vous êtes seul.
Si un de nos espions est menacé, on lui vient en aide.
Mais officiellement, il sera désavoué.
Oui, je sais.
Eh bien...
Il y a plus important encore.
J'ai écrit une lettre à mon fils, dans le cas où je mourrais.
Hier, lors d'une dispute avec mon frère, je l'ai perdue.
- Que contient-elle ? - Toute la vérité.
Je suis retourné sur place, elle avait disparu.
Quelqu'un l'a trouvée.
Ève Merrick était avec moi.
Alors cet échange va vous intéresser.
Il a eu lieu après la cérémonie.
Vous allez reconnaître les voix.
Le premier, c'est Blandon.
Qu'a dit le prêtre à Matt après notre départ ?
Il va à Rome. Il a supplié Matt de quitter le Parti.
Et c'est tout ?
Matt a dit être fier de ce qu'il faisait.
Il est loyal.
Presque trop.
Il s'est laissé frapper sans réagir.
Il a eu une bonne formation.
Au fait, Matt a besoin de moi sur le piquet de grève,
devant l'aciérie. J'ai votre aval ?
Oui. Nous devons présenter un front uni.
Plus il y a de femmes, mieux c'est.
Ève n'a pas trouvé la lettre.
On dirait que non.
En effet.
Écoutez, Ken...
Je veux pouvoir marcher à nouveau la tête haute,
reparler aux flics et m'exprimer librement.
Et ne plus être réveillé la nuit par la police secrète.
J'en demande trop ?
Je ne trouve pas.
Oubliez ce que j'ai dit.
Comptez sur moi.
- Il a un sacré mental. - Oui.
Nous réclamons une hausse des salaires et des effectifs,
des aides sociales et des bureaux d'embauche.
Cet aspect est primordial, car ces bureaux...
Ce soir-là,
les rouges usèrent d'une stratégie maintes fois éprouvée.
Avec des hommes à eux dans le bureau,
et d'autres dans l'assistance.
Ces experts étaient formés pour museler,
réfréner et soumettre les syndicalistes,
venus voter en toute honnêteté.
Les auditeurs étaient exténués par leur journée à l'aciérie.
C'était l'idée...
Des heures et des heures de blabla pour les avoir à l'usure.
Les heures passaient...
Tout cela était savamment orchestré en haut lieu.
Minuit, une heure, deux heures...
À trois heures, ils étaient fin prêts.
Harmon réclama une grève symbolique, une journée de débrayage.
Le Parti n'avait pas besoin de plus.
GRÈVE SAUVAGE À L'ACIERIE
LES PATRONS DÉTESTENT LES SYNDICATS
C'est bien. Très bien.
Les gars ont bien bossé.
Elles me plaisent toutes.
- Dobbs. - Oui ?
Écoutez,
faut confier les gros panneaux aux travailleurs syndiqués.
Donnez les petits aux femmes et dites-leur de s'égosiller.
Elles seront bien là ?
Oui, habillées comme des femmes d'ouvriers syndiqués.
Massonovitch, allez dans le véhicule sonorisé.
Faites comme pour la grève des dockers à New York.
- Compris. - Allez-y.
On vous attendait.
J'ai dû passer prendre Ève.
Vous avez une mission pour elle ?
En effet, oui.
- Délicieuse, n'est-ce pas ? - Absolument.
Alors voilà, trésor...
Distribuez ça à chaque ouvrier.
Et adressez-leur votre plus joli sourire.
Ne soyez pas offensée par leurs avances.
Vous saisissez ?
Matt, à vous.
Vous pouvez entrer, Messieurs.
Des camarades de New York. Voici Matt Cvetic.
C'est à lui que vous vous adresserez.
Il passera les consignes.
Voici vos outils de travail.
Enveloppez-les dans du journal. Comme ça.
Futé, non ?
D'innocents badauds, un journal en poche... Rien de plus anodin !
Mais ce sont des journaux juifs !
Et alors ? Ça vous pose un problème ?
Non, mais on va croire...
Elle connaît mal cette partie du travail. Elle apprendra.
Rendez-vous tout à l'heure devant l'usine.
Autre chose ?
Soyez très vigilant. J'ai besoin de vous.
Soyez en place avant l'arrivée des ouvriers.
- D'accord. - Allons-y.
"Mais ce sont des journaux juifs !"
- C'est quoi, son problème ? - Qui sait ?
Elle est tourmentée par sa conscience.
J'ignorais qu'elle en avait une. Surveillons-la.
LES DIRIGEANTS SYNDICAUX DÉNONCENTLES ROUGES
Tenez bon ! Ne laissez pas passer les briseurs de grève.
On est là pour défendre vos droits.
Pour cela, il faudra recourir à la force.
Restez calmes,
rien ne presse.
Les dirigeants syndicaux.
- Joe ! - Ne me touche pas.
Que fais-tu ici ?
Certains illuminés de ma boîte ont rejoint la grève.
Reste en dehors de ça.
Qui a organisé ça ?
D'où vient la pancarte ?
Du syndicat, à ce qu'on m'a dit.
Vous ne savez pas lire ?
Débarrassez-moi d'eux.
En d'autres termes, faites-leur tâter de vos journaux.
- Allez ! - Compris. On y va.
Tout ça est dû aux rouges.
Le syndicat n'a rien à voir avec ça. Aucun des membres...
Tu causes trop.
Ne les laissez pas briser la grève !
Frappez-les !
Tuez-les ! Tuez ces salauds !
Tuez-les ! Tuez-les tous ! Allez !
Allez ! Vous attendez quoi ?
Pourquoi vous ne criez pas, vous aussi ?
Je ne peux pas.
Attrapez ces salauds de flics !
Tuez-les !
- Votre nom ? - Stewart.
- Épelez-le. - S.T.E.W.A.R.T.
- Votre métier ? - Chronométreur.
- Vous avez tout vu ? - Oui.
- Ça ira, merci. - De rien.
Le secrétaire général et trois dirigeants sont blessés.
La journée a été productive.
Filez avant que les flics ne viennent fouiner par ici.
On se voit après.
Matt ?
Votre frère s'en sortira peut-être.
- Son frère ? Lequel ? - Joe.
Il est dans l'ambulance.
Bonne nouvelle.
Je ne trouve pas.
Et je réprouve ce qui s'est passé.
- Trahison ! - Attendez.
Elle ne se rend pas compte.
Vous montez sur vos grands chevaux pour quelques coups ?
À Moscou, on vous liquiderait.
Mais je suis à Pittsburgh. J'ai le droit de m'exprimer.
Défendre ses idées est juste,
mais il faut les assumer.
Pas rejeter la faute sur d'autres.
Tout ça à cause de ces journaux juifs ?
Oui, on leur a mis sur le dos. Juifs, catholiques...
Si on ne les pousse pas à s'entre-déchirer,
on n'aura jamais d'Amérique soviétique.
- Il faut qu'on parle. - Ressaisissez-vous !
Prenez mes clés. Reconduisez-la chez elle.
La trahison est un crime grave.
Mettez-vous ça dans le crâne et fermez-la.
Votre assistante était là ?
Oui.
Dans ce cas, vous devez faire en premier, un rapport à Blandon.
- Je sais, mais Ève... - Oui, elle aura des ennuis.
Les hérétiques sont dénoncés à la Commission d'enquête.
Elle utilise les méthodes de la police secrète soviétique.
Ève risque de se trahir.
Ou peut-être qu'elle vous teste.
Je ne pense pas.
S'il arrive malheur, je ne me le pardonnerai pas.
Nous la protégerons, mais faites votre rapport à Blandon.
D'accord.
- Bonjour, Ben. - Bonjour, Jim.
Qu'y a-t-il ?
Ces tracts doivent être distribués demain.
- Ah oui. - Ève me donne un coup de main.
C'est bien. On peut compter sur Ève.
Elle fait du bon boulot.
Je vais aérer. On étouffe.
Pas la peine. Laissez cette fenêtre.
Qui a laissé ça ouvert ?
Je crois que c'est moi.
Nous devons protéger nos dossiers.
Nous ne sommes plus une simple association.
Va déposer ça dans le coffre.
Certains cadres du Parti se sont mis à table.
Notre confiance est ébranlée.
Nous étions en train de parler de vous.
Matt, dites-lui. L'idée est de vous.
Ce n'est pas de gaieté de coeur...
mais on doit vous exclure du Parti.
Vous ? Mais pourquoi ?
Vous n'êtes pas communiste dans l'âme.
Pendant la grève, vous n'avez pas été convaincante.
Pourquoi avez-vous adhéré au Parti ?
- Pourquoi ? - Oui.
Je vais vous le dire.
Je pensais que c'était un mouvement intellectuel,
tourné vers la liberté.
C'est le cas.
M. Blandon...
Depuis cette grève, mes illusions ont volé en éclats.
Votre unique but
est d'exercer un contrôle total sur chaque individu.
C'est un simulacre de liberté.
L'exclusion est un acte grave.
Ne vous fatiguez pas.
J'ai quitté le Parti le jour de la grève.
Demain, j'irai me présenter au conseil d'établissement.
Je dénoncerai tous les enseignants ayant leur carte au Parti.
Au revoir, camarades.
Laissez-la partir.
Si elle fait ça, ils vont retourner la ville.
Elle ne le fera pas. Je vais l'en empêcher.
Occupez-vous d'elle.
Ève !
Nous devons parler.
- Vous m'avez dénoncée. - Il le fallait.
Je vous ai pas dénoncé.
J'aurais dû le faire, mais je n'ai pas pu.
Vous savez de quoi je parle ?
Ève.
- Écoutez... - Venez avec moi.
Vous saviez que je vous surveillais.
Je ne vous en ai pas voulu.
Tout le comité exécutif est sous surveillance.
Vous savez...
Il n'y avait pas que la grève.
J'ai commencé à y voir clair en lisant votre lettre.
Le mieux serait de démissionner et de ne rien dire.
Nous avons déjà les noms de ces enseignants.
Ne restez pas ici.
Quittez la ville et faites profil bas.
Je ferai mes valises demain.
Non. Ce soir.
Je n'aurai pas le temps.
Prenez le strict nécessaire. Vous avez de l'argent ?
Oui, j'ai ce qu'il me faut.
Vous reverrai-je ?
Pas avant la fin de ma mission.
La suspicion règne, au Parti.
On ne doit pas être vus ensemble.
Je vous contacterai.
Préparez-vous et nous irons à la gare.
D'accord.
A-t-on accès à la ruelle ?
Par cette porte. Pensez-vous qu'ils...
J'ai fait des erreurs, mais j'ai appris à être prudent. Vite !
Appelle Blandon.
- Allo ? - Elle est chez elle.
- Et Cvetic ? - Il est parti.
Attendez qu'elle éteigne et faites le boulot.
- Appliquez-vous. - D'accord.
Je manque de place.
Ça ne fait rien. Dépêchez-vous plutôt.
Voici la ruelle.
Ils vont ressortir avec elle. Je vais voir.
Vous êtes pressés ?
- Que voulez-vous ? - Les mains en l'air, pour commencer.
C'est à quel sujet ? On n'a rien à se reprocher.
Absolument rien...
Cambriolage,
et présomption de vol.
Assez pour que la police vous garde un peu.
Il y a un problème. Cvetic est avec elle.
- J'ai eu chaud. - Vous auriez pu vous tuer.
Par ici.
Restez ici.
- Avez-vous vu Blandon ? - Oui.
Il sait, pour les deux morts ?
On ne les a pas identifiés. Et ça s'annonce compliqué.
Il sait qu'Ève est partie.
J'ai dit que je l'avais laissée devant chez elle.
Où est-elle ?
Dans un hôtel, à Bergen. Vous deviez la protéger !
On a essayé.
Un de nos agents était en planque dans l'appartement voisin.
- Alors pourquoi... - On l'a retrouvé chez Merrick.
Il est mort.
Ça doit être Harmon et Massonovitch. Je les ai vus monter.
Malheureusement, vous ne pouvez pas témoigner.
Pas encore.
Vous devez vous taire, pour l'instant.
Un de leurs gros bonnets est en ville.
Clyde Garson.
Il doit s'exprimer au nom du Kremlin, ce soir.
On tendra l'oreille.
Mais la réunion aura lieu dans une suite du State Hotel.
Mettons-la sur écoute.
Pourquoi pas ?
L'ordre des "Shriners" se réunit. Ils seront nombreux. Ça nous aidera.
ASSEMBLÉE DE L'ORDRE DES SHRINERS
Silence, Messieurs ! Écoutez attentivement.
C'est Blandon.
La réunion reprend.
Camarades,
la Commission d'enquête parlementaire constitue une menace.
Les audiences menées à Washington nous portent préjudice.
Moscou préconise une campagne nationale.
Les responsables, à Pittsburgh, doivent informer les adhérents.
Chacun doit comprendre que cette Commission parlementaire
est composée d'imbéciles qui cherchent uniquement
à faire parler d'eux.
Couvrons-les de ridicule. Humilions-les.
Allumons la mèche
et des pigeons forts en gueule feront le reste.
Une chose me chagrine.
Onze dirigeants du Parti sont actuellement jugés à New York.
Ils se battent pour leur liberté et la nôtre.
Que fait-on, pour assurer leur défense ?
On a récolté un quart de million.
Ce n'est pas assez. On a besoin du double.
Attendez. Une minute !
Matt a raison.
Mais on n'a pas besoin de payer de notre poche.
Pittsburgh est riche.
Elle va mettre au bout.
Je viens d'avoir une idée.
Rehder, vous vivez dans le quartier allemand ?
Oui.
Si vous laissiez de côté
vos idées communistes pour recréer un "Bund" nazi ?
Moi ? Un fasciste ? Jamais de la vie.
Un faux fasciste !
Vantez les mérites de Fritz Kuhn.
- On n'y croirait pas. - On y a cru il y a dix ans.
Un communiste doit savoir retourner sa veste pour le bien de la cause.
Staline a signé un pacte avec Hitler, en 39 !
Enrôlez vos voisins, faites-en des Chemises noires ou blanches.
Faites des défilés, des discours.
Contre l'Église. Toutes les Églises. Et les minorités !
Vous saisissez ? Bien.
Ça excitera les gens.
Et ils paieront pour combattre cette nouvelle menace.
Très ingénieux !
Louons une salle de conférence pour tenir un meeting,
avec des orateurs habiles, pleins de verve.
Un ou deux de ces gourous.
Qu'ils dénoncent la violation du premier amendement.
Ça me va.
Dites au service culturel de mettre quelques crétins rouges au 1e rang.
On remplira la salle pour 5 dollars l'entrée.
Très bonne idée.
Allons, Messieurs ! Clyde Garson a de bonnes nouvelles.
Camarades,
Les Nord-Coréens pourraient bien franchir le 38e parallèle
et envahir la Corée du Sud. Un premier pas vers la victoire.
Nous afficherons une nouvelle façade.
Oublié, le communisme.
Nous serons des citoyens inquiets pour leur pays.
Nous critiquerons l'armée,
nous amplifierons la menace soviétique,
répandant le doute, la peur, le pessimisme.
Notre tâche consistera à ramollir le peuple, à le démoraliser,
pour qu'il ne cherche pas à lutter.
Et lorsque Staline en donnera l'ordre,
la panique du peuple annoncera notre victoire.
Je dois parler à Jim.
Jim, jetez un oeil à ça.
LES CARTES DU PARTI PERMETTENT D'IDENTIFIER LES CORPS
J'avais mal compris votre histoire de dons.
- J'avais tort. - Oublions ça.
Vous pouvez disposer, Messieurs.
"Retrouvés morts
sur la voie ferrée" ? Pourquoi ?
Je ne sais pas. Et vous ?
Comment le saurais-je ?
Je ne sais pas... pour l'instant. Mais je vais trouver.
Nous allons au siège et vous venez aussi.
Très bien.
Je ferai un rapport. C'est une affaire locale.
Ok.
Vous ne m'avez rien dit.
- Pour que vous l'avertissiez ? - Il l'a fait.
- Non ! - Où est-elle ?
Je n'en sais rien !
- L'avez-vous appelée, aujourd'hui ? - Sans succès.
Vous devriez être plus inquiet.
Elle nous a trahis !
Vous disiez l'avoir laissée devant chez elle. J'y ai cru !
Ils m'ont vu repartir.
Oui et j'ai cru que les deux autres l'avaient tuée et me contacteraient.
En apprenant leur mort, j'ai su qu'il y avait eu un problème.
- Pourquoi n'était-elle pas là ? - Je l'ignore.
Et pourquoi le F.B.I. était en planque ?
Rien ne dit que c'était le F.B.I.
Qui, alors ?
Si vous l'avez aidée à sauver sa peau, vous êtes un traître.
Vous savez ce qu'on leur fait ? Trotski se croyait en sécurité...
Jan Masaryk a été défenestré à Prague.
Ils ont conclu à un suicide...
Et on a trouvé Krivitsky dans un hôtel de Washington.
Un suicide aussi...
De nombreux camarades ayant commis un faux pas
l'ont payé de leur vie.
Avec Merrick, j'ai laissé passer,
mais je ne prendrai pas ce risque avec vous.
Je vous écoute. Crachez le morceau !
Parlez !
Vous êtes fou à lier, Blandon.
Dites à vos idiots de me lâcher.
Occupez-vous de lui.
Eh bien, camarades... On se dispute ?
Que voulez-vous ?
Je cherche Matt Cvetic.
C'est moi.
J'ai un message. Le F.B.I. vous demande.
- Vous l'arrêtez ? - D'après vous ?
- Pour quoi ? - Meurtre présumé.
- De qui ? - Vous avez oublié ?
Pour rappel : James Broderick,
un agent du F.B.I., a été trouvé mort chez votre belle.
Vos empreintes sont partout. Vous avez des preuves
du contraire ?
Non.
Je m'en doutais. En route, sale coco.
Restez calme. Ça vaut mieux.
Finalement, on s'est peut-être trompés.
Ouais...
Mitch ? C'est Jim.
Cvetic vient d'être embarqué pour le meurtre d'un agent du F.B.I.
Leurs preuves doivent être minces.
Invoquez l'habeas corpus et sortez-le de là.
Et tenez-moi informé. Merci.
Dans le doute, on ne doit courir aucun risque.
Mason a surpris la fin de la conversation.
C'est lui qui m'a prévenu.
Cette accusation de meurtre m'a fait peur.
J'y ai cru jusqu'au bout.
Vous pouvez y croire. Elle sera dans les journaux.
- On m'arrête pour le meurtre... - Écoutez-moi.
Vous devez témoigner au procès des onze communistes.
Avec tout ce que vous savez, ils seront condamnés.
Vous arrivez au bout du tunnel.
Enfin !
Je pourrai quitter ce trou à rat et vivre normalement.
En attendant, la prison est plus sûre.
- Bonjour, Matt. - Bonjour.
Je vous avais mal jugé, on dirait.
Oublions ça. Le trou m'a permis de récupérer.
Oui, je dois faire vite.
On travaille d'arrache-pied depuis l'arrestation.
Le procureur allait saisir un grand jury.
On a fait obstruction.
Nos avocats ont déposé un ordre d'habeas corpus
en invoquant une insuffisance de preuves.
On va vous sortir de là.
- Maintenant ? - Cet après-midi, vers 15 heures.
Je viendrai vous chercher.
Et... vous devrez vous éloigner de Pittsburgh un moment.
Vous pourriez nous être utile au procès de New York.
Oui, je pourrais vous aider.
C'est sûr. Vous savez, je fais régulièrement la navette.
J'ai raconté au siège
comment vous aviez encaissé l'accusation de meurtre.
Matt, vous êtes un bel exemple de loyauté envers le Parti.
Je suis loin d'être le seul, mais vous l'ignorez.
- À plus tard. - Oui.
Le procès des communistes a déclenché une série
d'émeutes rouges dans tout New York.
Vous n'avez qu'à quitter le pays !
Jamais de la vie. Fermez-la !
Allez de l'autre côté.
La police est pourrie jusqu'à l'os !
Ces hommes que l'on juge en ce moment
se battent pour nous ! Pour nous tous !
- Prêt ? - Ça devrait aller.
J'ai répété ma déposition des dizaines de fois.
Je la connais par coeur.
Je serai dans la salle.
Tous ces cocos vont en tomber de leur chaise.
C'est sûr.
La défense tentera de vous discréditer aux yeux du jury.
Elle procède ainsi avec les témoins à charge.
Vous serez encerclé par vos ennemis.
Mais des millions d'Américains écouteront. Ils seront avec vous.
Je le sais.
Et je m'adresserai à mon frère et à mon fils.
Je vais enfin pouvoir leur dire toute la vérité.
Que je ne suis pas un salaud
et que je suis comme eux.
Je ne veux plus voir la haine dans leurs yeux.
- Ils m'attendent ? - Plus maintenant.
Le procureur n'a plus besoin de votre déposition.
Je vous demande pardon ?
- Tout ça pour rien ? - Pas pour rien.
Alors pourquoi ces jours et ces nuits de préparation ?
Ils ne pouvaient pas le dire plus tôt ?
Vous croyez que je vais supporter ça longtemps ?
Écoutez-moi.
Votre travail compte plus que ces hommes.
Pour eux, c'est fini. Mais vos découvertes sont vitales.
- En attendant, je reste un rouge. - Pour le moment, oui.
Nous avons d'autres surprises. Mais pour plus tard.
Rejoignez le Parti,
mais ne dites à personne que vous alliez témoigner.
Nous comptons sur vous.
Je ferai de mon mieux.
Dites au procureur que je me suis amusé.
Faites une pause, camarade.
Merci.
- Bonjour, Matt. - Alors ?
C'est l'horreur. Je vous cherchais.
- Et alors ? - J'étais à Pittsburgh, ce matin.
Je suis passé au bureau. J'ai été accueilli par un huissier.
Vous allez rire... Nous sommes convoqués
par la Commission d'enquête parlementaire à Washington.
- Moi aussi ? - Tous les cadres de la section.
Peu importe. On tiendra le même discours que les autres camarades.
Invoquez la loi. Préparez une déclaration.
Pas la peine. Elle est déjà prête.
Je m'y prépare depuis neuf ans.
Allez ailleurs, Messieurs.
M. Harmon, vous n'avez pas compris ?
Bien sûr que si,
mais la réponse pourrait me porter préjudice.
Aucune loi n'interdit l'appartenance au Parti.
Grâce au 1e amendement, le Congrès ne peut forcer personne
à répondre à cette question.
Êtes-vous ou avez-vous été membre du parti communiste ?
J'ai rédigé une déclaration qui...
Une autre fois, la propagande.
Répondez ou je vous fais arrêter.
Salut.
- Du nouveau ? - Harmon est sur la sellette.
- Le télégramme est parti ? - Mieux encore.
Je les ai appelés. Ils sont là.
- Vous leur avez dit ? - Non, vous le ferez.
Ça va être à vous. Vous devriez y aller.
M. Cvetic, êtes-vous membre du parti communiste américain ?
Je l'ai été pendant neuf ans. Vous avez ma carte.
Pourquoi y avez-vous adhéré ?
J'étais un agent infiltré. Je travaillais pour le F.B.I.
J'étais ce qu'on appelle un espion.
Reconnaissez-vous ces cahiers ?
Oui, ce sont des copies de mes rapports au F.B.I.
Faites-nous un bref résumé de ce que vous avez appris.
Leurs activités politiques ne sont qu'une façade.
C'est un vaste réseau d'espionnage créé par les Soviétiques.
L'unique objectif de ces traîtres
est de nous livrer à la Russie, qui fera de nous des esclaves.
Les notions de communauté de biens et de pouvoir du peuple
n'ont jamais été appliquées en Russie.
Merci, M. Cvetic.
Cinq minutes de pause.
Où allez-vous ?
- Prendre l'air. - Plus tard.
On a un meurtre à résoudre à Pittsburgh.
Espèce de sale taupe !
- C'est à vous, M. Blandon. - Il est là.
Merci beaucoup.
Pas de problème.
Matt...
Papa...
Je suis désolé.
- Je ne savais pas. - Tu ne pouvais pas savoir.
Tu m'as rendu fier en réagissant ainsi.
Tu avais raison, à propos de cette saleté.
Tu as eu le courage de me tenir tête pour défendre tes idées.
Tu m'as détesté, et je t'aimais pour ça.
Adaptation : Élise Robouant
Synchro : Cadiot & Co
TVS - TITRA FILM
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