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LA CITÉ DES HOMMES
LA COURONNE DE L'EMPEREUR
L'indépendance du Brésil est liée
à l'histoire de l'Europe au XIXe siècle.
Napoléon veut conquérir l'Angleterre...
Madame, c'est quoi X ?
C'est pas un X. On a déjà vu ça.
C'est 19 en chiffres romains.
Napoléon attaque, mais il est vaincu à Trafalgar
en 1805.
Combien de morts ?
C'est pas le sujet. Continuons.
- Madame ! - Quoi ?
Pourquoi les Romains ?
Y a pas de Romains.
L'Angleterre résiste bien, c'est une île.
- Napoléon était Romain ? - Non !
II était Français. Il a conquis l'Europe,
sauf l'Angleterre et la Russie.
- Il avait quoi comme armes ? - J'ai pas fini.
- Il n'arrive pas... - Des Huggers, des 38,
des pistolets, des fusils 762,
des AR-15, des mitraillettes Uzi ?
- Mais non ! - MĂŞme pas des 30 ?
Non. Diapo suivante !
II interdit donc aux autres de commercer avec les Anglais,
mĂŞme aux Portugais.
Et aux Romains ?
Y a pas de Romains dans cette histoire !
Napoléon était Français et n'a pas réussi à conquérir l'Angleterre.
Marie 1ère, reine de Portugal,
était surnommée Marie la folle.
Parce qu'elle criait tout le temps
dans le palais, comme une folle...
A l'attaque, enfoiré !
Crève, enfoiré !
Lui, c'est Jean, son fils.
Pour sauver la Couronne...
P'TITE ORANGE
Le 29 novembre 1807,
il part pour le Brésil avec une flotte
de 36 navires, et 15000 personnes,
nobles et hauts fonctionnaires.
Pourquoi 15000 ?
Pour escorter la Couronne au Brésil.
Tout ça pour une couronne ?
Laissez-moi continuer le cours !
Doucement ! Du calme !
Attendez. Il y a une excursion...
J'ai encore des diapos Ă vous montrer.
Ça, c'est la couronne portugaise.
Elle est au musée de Petrópolis.
On va pouvoir la voir de près.
Ça coûte 6,50 R$ et il faut l'autorisation des parents.
- Ma mère peut venir ? - Que les élèves.
N'oubliez pas, si vous voulez venir, vous devez apporter
6,50 R$ . D'accord ?
Un peu de calme !
Merci. A demain.
Attends, Acérola.
Mortelle, la couronne ! Tu crois qu'elle vaut plus qu'une caisse ?
Bah, c'est clair !
Plus que dix, tu crois ?
Evidemment ! 15000 mecs
et 36 navires pour la couronne !
C'est ouf ! Tu vas faire l'excursion ?
- Non. - Moi, j'y vais.
J'essaierai d'emmener Kelly au fond du bus.
Juste elle et moi. Tu me suis ?
- Demande du fric à ton père. - Quel père ?
Ta mère, elle t'en donnera.
Ma mère ? Pas au milieu du mois !
Mais si ! Elle arrĂŞte pas de dire
qu'il faut aller tous les jours à l'école.
Je sais qui je vais taxer.
- Lahou. - Quel Lahou ?
Là où bosse ma mère !
J'avais plus qu'Ă attendre que son patron se pointe.
Napoléon ?
C'est qui ?
C'était un fou qui criait dans les couloirs du château.
Il a été battu par les Anglais à Trois falzars.
Trois falzars ?
II y a une excursion avec l'école, c'est 6,50.
Tout le monde y va. Tu peux me payer ça ?
Dis, mamie ?
Allez, maman !
Je vais rater l'interro et après, tu vas m'engueuler.
Lourdes !
Dites à Diva que je dîne dehors.
S'il te plaît, c'est 8,50...
Qu'y a-t-il ? C'est quoi, ton nom ?
Acérola.
Luis Claudio.
Et qu'est-ce qui t'arrive ?
Ma mère veut pas me donner 8,50 pour l'excursion de l'école.
Et je vais rater l'interro.
Il dramatise.
- C'est combien ? - 8,50, monsieur.
Lourdes, vous le privez Ă cause de 8,50 R$ ?
Cette école me coûte cher.
Il vient d'avoir une règle et des crayons.
Prends ça, Acérola. Pour ton excursion.
Tu dis pas merci ?
C'est pas grave, Lourdes.
- Dis merci. - C'est sympa, merci !
De rien.
Tiens, il en reste pour toi.
Que Dieu te protège. Sois sage.
En fait, je vais prendre le bus climatisé.
- Tiens. - Et pour l'argent ?
VoilĂ mon ordonnance.
- Et la commande de dona Virginia. - Et pour l'argent ?
Ecoute ce que je te dis.
Elle va te donner 15 R$ . Tu iras acheter mon médicament.
Et tu garderas la monnaie pour ton excursion.
D'accord. J'y vais.
- Oublie pas le médicament. - Je te l'apporte demain.
Si je le prends pas, je peux mourir.
Bonjour, dona Virginia
Tenez. Deux plateaux.
- C'est combien ? - 15 R$ .
Tiens.
- Et dona Francisca ? - Ça va.
Passe-lui le bonjour.
Vu le fric qu'ils raquent pour pas qu'on les vole,
on imagine le fric qu'ils ont Ă se faire voler.
Vu les sommes qui, pour eux, ne sont rien,
on imagine les sommes qui, pour eux, sont élevées.
Ils gagnent beaucoup, mais paient peu.
Ils paient peu et donc, gagnent beaucoup.
Mais je n'aimerais pas vivre dans un tel endroit.
On dirait une prison.
Le problème ici, c'est l'insécurité.
Ils ont des grilles, des caméras,
un gardien qui te surveille.
Et malgré tout, ils se font cambrioler.
Je vais vous aider.
Dans la favela, il n'y a ni gardiens, ni caméras,
ni cambriolages.
Ça,
c'est la frontière entre là -bas et ici.
Bonjour, M. Joao !
LĂ -bas, c'est un pays et ici, un autre.
Eux, c'est les policiers de la frontière de là -bas.
Et eux, de la frontière d'ici.
LĂ -bas, ils choisissent leurs chefs.
Et ici, ils ont déjà été choisis.
Les bourges aiment voir la favela à la télé
pour voir la misère ici et se sentir mieux là -bas.
Ils ne viennent que pour la drogue
ou tourner des films, des reportages.
S'ils se droguent, faut croire qu'ils sont pas heureux lĂ -bas,
avec leurs grilles, leurs gardiens, leurs caméras.
La drogue est pour eux un condiment
qu'ils achètent pour mieux supporter leur prison.
Les bourges ont une caisse Un gardien, du blé
Mais aucune tranquillité
Si tu viens de la favela Chez toi, la peur n'existe pas
Les mains en l'air !
Un jour où j'étais désoeuvré J'ai observé
Ce qui sépare les bourges de nous Identité, promiscuité
Un friqué, l'autre, la corde au cou
Les bourges apeurés barricadés
Murs, sécurité, berger allemand
La favela, ça se passe autrement
Si tu déconnes, t'es mal barré
Entre nous, on est plus soudés
Une vie décente, on veut mener
Nous, on galère toute la journée
Le bourge, lui, ne pense qu'au blé
Le rupin se la pète avec Bobonne
Mais il n'aura jamais de couronne
II n'a pour nous que du dédain
Ecoutez, je reprends le refrain
Viens lĂ !
Laissez-moi passer.
Allez, on recule !
HĂ© ! Y avait une flaque !
- OĂą est BB ? - Je connais pas de BB.
Et Hibou, tu l'as pas vu ?
Tu veux dire que t'as pas croisé de revendeurs ?
T'as pas vu de revendeurs ?
Je te le dirais, mec.
Tu sais rien ?
II sait rien, mon cul !
On se tire !
Enfoiré !
Tu t'es fait mal ?
- C'est rien. - Tout va bien ?
Demain, interro. Si vous n'avez rien appris,
on annule l'excursion.
Qui d'autre veut s'inscrire ?
Je te cherchais.
- Quoi ? - Et l'excursion, alors ?
Rien Ă foutre de ta couronne !
Pourquoi ? Le cours semblait t'intéresser.
- Je me suis fait agresser. - Par qui ?
Des types. Je les connais mĂŞme pas.
Fallait te plaindre au QG.
- Je veux pas d'ennuis. - Ils t'auraient remboursé.
C'est pas leur problème, c'est le mien.
C'est arrivé aujourd'hui ?
Ils ont même cassé ma nouvelle règle.
Je te prête l'argent de ma grand-mère
et après, le QG nous remboursera.
Non, ça les concerne pas.
Je dirai que c'est moi qui ai été attaqué
et que c'était pour le médicament de ma grand-mère.
- Tu vas les entuber ? - Mais non.
Ils paient toujours pour les médicaments.
Bon, d'accord.
Tiens.
Madame !
Moi aussi, je vais faire l'excursion.
- Viens, c'est les mecs du bizness. - Non.
C'est pour le médicament.
- Quoi ? - Hibou est par lĂ ?
Qu'est-ce que tu lui veux ?
Des fois, je me demande
si P'tite Orange est super rusé et hyper courageux
ou si c'est le plus grand crétin de la favela.
Salut.
- Salut. - Tu peux me remplacer ?
Et ouvre bien les yeux.
Hibou !
Oui, quoi ?
C'est moi, Brochette.
Y a un mĂ´me ici qui demande Ă parler Ă BB.
Sans blague ?
Amène-toi ! II s'est fait agresser.
Je lui ai dit de te parler.
C'est lui, là . Vois ça avec lui.
Alors, petit ?
Ça baigne ?
- Où est BB ? - C'est nous. Hibou va régler ça.
Mais BB...
Tu veux une taffe ?
- Dis-moi tout. - Ils m'ont braqué...
Un mec qui braque quelqu'un dans la favela,
c'est soit un crétin qui fera pas de vieux os...
- T'as pas fait gaffe ? - C'étaient les Allemands.
... soit un "Allemand", d'une autre favela,
qui veut envahir et fera pas de vieux os.
- Ils étaient armés... - Allez, on s'active !
Ils m'ont volé 10 R$ .
Allez, on s'active, bordel !
Ils m'ont frappé.
Ils ont fait quoi, au juste ?
Ils étaient armés. Où est BB ?
Tu veux vraiment parler Ă BB ?
Alors dis-lui bien qu'ils étaient armés.
AllĂ´, BB ? C'est Hibou.
Y a un frangin qui veut te parler.
Il s'est fait braquer en bas.
Salut, BB.
Alors BB ? C'est Hibou, mon pote. Réponds.
Ici BB, j'écoute. C'est quoi, le binz ?
Je me suis fait braquer par les Allemands.
Le gamin s'est fait secouer, il veut te parler.
J'allais acheter le médoc de grand-mère et ils m'ont tabassé.
Ils m'ont demandé: "Où est BB ?"
Les armes !
Ils étaient armés. Ils avaient un Glock,
un type avait une AK, un autre, une mitraillette,
un autre, un pistolet-mitrailleur AR-15...
On s'active !
Un autre, en gilet, avait des grenades.
Il y en avait un avec des revolvers argentés,
un autre, avec un bazooka.
T'entends, BB ? On veut nous niquer.
Alors Hibou, c'est quoi, ce bordel ?
Je te confie la favela, frangin,
et tu viens me dire qu'on essaie de l'envahir ?
C'est quoi, ce baratin ?
Que tout le monde s'active !
Va falloir régler ça rapidement.
A toi d'assurer, Hibou.
Ecoute BB, il demande 10 R$ .
Qu'est-ce que t'attends, Hibou ? File les 10 R$ au gamin
et ensuite, qu'il se casse !
Allez, on s'active !
D'accord, BB, ça marche.
Dieu est avec nous. La liberté pour nous.
Dieu est avec nous. Règle-moi ça, mec.
Il a parlé à BB !
C'est pas donné à tout le monde.
Un petit billet de 10...
Mais attention,
faut pas que ça devienne une habitude.
Prends soin de toi.
Toi, accompagne-le. Vérifie l'histoire des médocs.
Que 10 ? Fallait faire payer la règle.
Dans la favela, la sécurité est assurée par les mecs du bizness.
Le patron ici, c'est BB. Peu de gens savent oĂą il est.
Hibou, c'est le général.
Eux, ce sont les soldats.
Ils espèrent un jour devenir général,
mais en général, ils fêtent pas leur 25e anniversaire.
Lui, c'est un bleu.
Ses baskets sont neuves,
il sait mĂŞme pas tenir son flingue,
il vit perché, c'est qu'un pion, il mourra jeune.
On n'a pas de police, donc faut pas contrarier
les mecs du bizness.
Ça nuit gravement à la santé.
Ça fait 7,50.
Bouffon, va !
Des coups de feu !
Ferme tout, magne-toi !
Des tirs imprévus, c'est signe de guerre avec les Allemands.
La partie basse de la favela
est gérée par la bande à BB.
Depuis la route jusqu'à la moitié de la butte.
Au milieu, il y a un bois. C'est une zone qui a pris feu
et qu'on appelle Bosnie puisqu'elle a cramé.
Au-dessus de la Bosnie, c'est la zone de Valdir Piedeporc.
Piedeporc
veut ce passage jusqu'Ă la route: L'Escalier,
qui appartient Ă BB.
Son QG vend moins puisque les camés passent par le haut
et y accèdent difficilement.
S'il prend le contrĂ´le de l'Escalier,
il dealera avec les bourges en bas de la favela.
- A plus tard. - Viens chez ma grand-mère.
- Y a des coups de feu. - Relax !
C'étaient juste des gamins.
T'es qu'un pauvre trouillard !
Moi, un trouillard ? Allez, on y va.
C'est que des gamins qui tirent.
On passe juste chez ta grand-mère ?
Oui.
C'étaient les bâtards ?
La ferme ! Dégage, putain !
Allez, fous le camp !
Putain ! Ils ont tué l'autre gamin.
Piedeporc a pris l'Escalier.
Piedeporc a envahi la zone de BB.
Comme Napoléon a envahi la Russie.
Il faut s'attendre Ă une contre-attaque de BB.
Normal !
Ils sont toujours en train de se tirer dessus,
de s'entretuer pour l'Escalier.
Manque de bol, la grand-mère de P'tite Orange habite là -haut
et quand ça chauffe, c'est dur d'aller chez elle.
Si je lui apporte pas son médoc, elle peut mourir.
Je vais vous aider, madame.
Vous devez être épuisée.
- OĂą tu vas ? - On monte ses courses.
Il veut passer.
- Pas question. - Cette dame habite ici.
Laisse-la passer.
Ma grand-mère habite là -haut.
- On passe pas. - Et elle, alors ?
- Elle a pas parlé à BB. - Je suis petit.
Petit, mon cul !
J'ai des médocs pour ma grand-mère.
ArrĂŞte tes histoires,
petit chaperon rouge !
On peut pas passer, c'est bloqué.
Un chemin passe en dessous de chez ma grand-mère.
Si je lui apporte pas son médoc, elle va mourir.
Mourir ?
Tu crois que je déconne ? Et si elle meurt ?
Si tu essaies de passer, c'est toi qui vas mourir.
Alors je fais quoi ?
Vaut mieux que tu restes en vie. Toi, t'es jeune.
Je sais. On n'a qu'à réunir
toute la racaille de Piedeporc
devant le mur et...
Ça va, les gars ?
C'est bloqué, je peux pas aller chez ma grand-mère.
Quoi, maman ?
Quiquito, mon feuilleton a commencé ?
Mon feuilleton !
Vous avez vu ça ?
- Une piscine de sang ! - Un fleuve !
- C'est la guerre ! - Depuis quand ?
Un bail. Maman portait encore des couches.
Dans la favela, pas celle de la télé !
Depuis hier.
Piedeporc a pris l'Escalier de BB.
Il dit qu'avant, ça lui appartenait.
Et BB dit qu'avant, c'était à lui.
Une vieille histoire.
Ils veulent tous les deux contrĂ´ler l'Escalier.
Un soldat de Piedeporc a tué un soldat de BB
qui jouait au foot avec toi.
- Ah, celui-lĂ ? - Un super joueur.
Sa mère était dans tous ses états.
Demain, BB va faire buter les mecs de Piedeporc,
les mettre en pièces, leur foutre le feu.
Et mĂŞme les fusiller !
Y a des traces de balles
chez toi ?
Quand il est rentré,
cinq de ses potes braquaient une arme
sur ses deux frères.
Ils l'ont tué à coups de hache...
Ils l'ont découpé,
ses propres amis !
J'étais au lit, peinard,
je dormais.
Je me suis réveillé, un flingue sur la tête.
Ça me fait mal, surtout quand je pense
au trafic.
Mon cousin s'est fait tuer, c'était un frère pour moi.
Quand c'est mon anniversaire,
je pleure, je repense Ă lui.
Il me dit: "Regarde-moi.
"Tu fumes pas ?"
Je dis non.
"Tu sniffes pas ?" Je dis: "Ça va pas !"
Ils en ont tué un paquet, 4 ou 5.
Ce jour-lĂ , 3 types se sont fait descendre.
Un était blessé et les flics l'ont achevé.
Un autre s'est pris une rafale dans la tĂŞte
et il avait carrément plus de visage.
Et du coup, dans le cercueil,
ils l'ont mis sur le ventre.
J'ai déjà vu trois cadavres,
attachés, qui flottaient.
Une fois, devant ma fenĂŞtre, j'ai vu un type mourir.
Et les flics
tiraient des balles en caoutchouc.
Ils ont lancé une bombe lacrymo chez ma tante.
La bouteille de gaz a explosé
et mon oncle qui dormait est mort brûlé.
Ils s'en foutent que tu sois ou non un bandit !
Ils veulent pas savoir !
Si t'habites dans une favela...
Je me suis baissé, la balle est passée au-dessus,
elle a touché le portail.
Sur le mur, au plafond...
Ça a traversé le drap, le matelas et le lit de ma mère.
Elle est rentrée dans la chambre de ma cousine...
Elle a fini dans le mur.
La balle faisait ça...
Tout le monde a forcément un jour eu envie
de se révolter, de se lancer dans le trafic
et de se faire respecter.
Avant 15 ans, on devrait pas.
Ça les arrange, un mineur va pas en taule.
Il croit qu'il va contrĂ´ler le monde,
mais il contrĂ´lera rien du tout.
Il fĂŞtera mĂŞme pas son 18e anniversaire.
V'lĂ la prof !
Bonjour !
On peut commencer le cours ?
Qui se rappelle ce que j'ai dit la dernière fois ?
On va faire une excursion !
Oui, mais vous avez retenu quoi du cours ?
Les Romains voulaient se battre avec les Grecs...
Qui d'autre ?
Arrêtez, ça suffit !
II y aura pas d'excursion !
A quoi bon, puisque vous ne savez rien ?
Je rembourserai.
Madame ?
Si je répète ce que vous nous avez expliqué,
on ira voir la couronne ?
Si tu y arrives.
D'accord.
Je t'écoute.
Voilà . Ça, c'est la favela France
contrôlée par un fou, un certain Napoléon.
Il a changé sa façon de faire
et a décidé que les favelas voisines
devaient fonctionner comme la sienne.
Avant, les Anglais contrĂ´laient cette zone
et vendaient leur camelote par ici.
Mais Napoléon s'est infiltré et a interdit
aux autres de faire des affaires avec l'Angleterre.
Les Anglais, furax, ont dérouillé l'autre bâtard
Ă Trafalgar.
Il a envahi la favela Espagne, fermé le QG anglais
et massacré la favela Allemagne.
Les nouvelles favelas étaient gérées par ses proches,
car ça faisait beaucoup de QG.
Léon Couillon a envahi la zone gelée et son armée a morflé.
Il allait envahir la favela Portugal
qui a dĂ» s'enfuir.
- OĂą ? - Ici, madame.
Vers la favela Amérique, qui était à eux.
Pourquoi ?
L'Angleterre voulait ce marché. C'est un continent immense.
Les Portugais ont donc demandé de l'aide aux Anglais.
- Pour quoi ? - Sauver leur couronne.
La sauver ?
Comment ils l'ont sauvée ?
Ça, je m'en rappelle plus.
Laisse, je vais continuer.
Napoléon fait l'erreur de partager ses possessions
entre ses proches qui s'avèrent être
de bien piètres dirigeants.
En 1813, les troupes de Napoléon sont attaquées
par les puissances européennes.
Napoléon rentre en France,
mais est attaqué par les Russes et les Prussiens.
Après la chute de Paris, l'empereur abdique,
et c'est finalement en juin 1815
qu'il subit sa dernière grande défaite
lors de la bataille de Waterloo.
Il est alors exilé à Sainte-Hélène,
oĂą il meurt dans la solitude la plus totale.
Jusqu'en 1807, l'Angleterre est le plus grand négrier du monde.
Les Anglais sont responsables des deux tiers du trafic.
Ils veulent maintenir le commerce avec l'Amérique
et décident donc d'escorter la flotte portugaise.
Ils envoient quatre frégates fortement armées:
La Marlborough,
la London,
la Betford
et la Monarch
pour accompagner la Couronne au Brésil.
Le voyage est long et difficile.
Imaginez la cour, habituée à l'étiquette européenne rigide,
qui doit tout Ă coup faire face Ă une invasion de poux,
obligeant les dames de la cour Ă se raser la tĂŞte.
Finalement,
le 7 mars 1808,
ils arrivent Ă bon port.
Leur arrivée est saluée par des salves d'artillerie
depuis les forteresses de la ville,
des tirs de canon depuis les navires dans le port,
des feux d'artifices des habitants
et par le carillonnement des cloches des églises.
La ville reste éclairée toute la nuit.
Dans les maisons, mĂŞme les plus modestes,
on accroche des lampions et on fait la fĂŞte.
Mamie !
Mamie ?
La couronne était chouette.
Je l'ai trouvée un peu kitsch.
Mais Kelly Cristina, pas du tout ! www.tvsubtitles.net
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