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IMMA TATARANNI
Voyons voir à qui il ne donne pas de ticket.
Comme par hasard !
A ma belle-mère.
C'est pour ça qu'elle a toujours une place face à la mer.
Et mon mari,
il dit pas un mot.
Quand il lit,
un astéroïde pourrait lui tomber dessus,
il s'en rendrait pas compte.
Regardez-la !
Madame Moliterni.
Elle est en pleine lecture.
J'espère qu'elle aura encore un peu de force pour reprendre le boulot.
Il vient d'où ce maillot de bain ?
Je pense que la taille de la culotte
est proportionnelle à leur intelligence.
Pietro !
Pietro !
Pietro ?
Je crois que ta femme s'est fait piquer par une méduse.
Non, elle fait coucou.
Pietro, viens !
- Y a un doigt. - Je suis occupé !
Je viens de manger un beignet.
Je dois attendre trois heures.
Pietro, viens voir !
Allez, fais-lui coucou.
Pourquoi ?
- Allez. - Je suis en train de lire.
Je vais lui brûler ses BD.
Pietro !
Ta femme se noie !
Vite, elle va se noyer.
- Elle va se noyer. - Où ça ?
Regarde !
Imma ?
C'est dangereux, vous n'avez pas pied.
Attention où vous mettez vos mains !
Mets pas la tête sous l'eau, chérie.
Garde la tête hors de l'eau. C'est bien !
T'as vu, t'as réussi.
Ca va, maman ?
Oui, ça va.
T'as eu une crampe ?
Tu fais pas assez de sport.
- Un coup de chaud ? - Je vais t'en donner, des coups.
Qu'est-ce que j'ai fait ?
J'ai vu un doigt.
Y avait un doigt.
- Où ça ? - Dans l'eau.
- Un doigt coupé. - Dans l'eau ?
Oui, y avait un doigt humain.
Je vais te chercher une serviette.
T'as vraiment vu un doigt ?
D'homme ou de femme ? Je préviens le Parquet.
Non, va pas gâcher les vacances.
Tu préviens tout le monde pour rien ?
Mon mari a raison, c'est un coup de chaud.
Ca, c'est nouveau.
Pour une fois que tu fais une erreur.
Ne t'y habitue pas trop.
Mets de la crème. Les rousses, vous êtes fragiles.
Maria, je suis pas une vraie rousse.
Si je te dis que je l'ai vu.
OK, tu l'as vu !
Je te crois.
Pourquoi tu me regardes comme ça ?
- Y a peut-être eu un meurtre ici. - Un meurtre ?
Pour ma femme, le lido des Sirènes, c'est le Bronx.
D'ailleurs, à propos de ta fille,
il sort d'où ce maillot de bain ?
Elle a eu des bonnes notes.
C'est pas une raison de lui offrir un maillot
de mini-prostituée.
C'est ma mère qui lui a acheté.
Bea a le même.
C'est des trucs de leur âge.
Elles sont naïves, perdues et influençables.
M. De Ruggeri ?
Vous oubliez quelque chose.
Votre ticket de caisse.
Comme dit le proverbe "mieux vaut tard que jamais".
C'est de ma faute.
Je l'ai oublié sur le comptoir.
Pourquoi vous avez une dent contre moi ?
J'ai aucun problème tant qu'on respecte la loi.
Mais je me demande, depuis le 3 août 2015,
combien de tickets avez-vous donnés ?
Vous vous souvenez encore de la date d'ouverture ?
Vous avez une bonne mémoire.
Je me souviens aussi que la crème des beignets avait tourné.
C'est à cause de la chaleur.
Y a rien de méchant.
C'est une plage familiale.
Passez une bonne journée.
Bonne journée.
Bonne journée à vous.
PALAIS DE JUSTICE
- Porzia ! - Immacolata.
Tes vacances sont déjà finies ?
Tu viens juste de partir.
Je fais une pause.
- Toi, c'est quand ? - Demain.
On devait aller voir ma soeur.
Mais mon mari s'est fait piéger par son responsable.
Il travaille même à l'Assomption.
Il attend quoi pour lui faire un procès ?
Oui, c'est une ville tranquille et agréable.
Les habitants sont civilisés,
bien éduqués, propres. C'est super.
Dans la vie, y a ceux qui s'amusent et ceux qui balayent.
Mais là, j'ai fini ma journée.
Je monte les seaux et je pars.
Donne-les-moi.
L'atmosphère du Parquet est sympa.
C'est pas non plus l'éclate. Attendez !
- Excusez-moi. - Allez-y.
Merci.
L'atmosphère pourrait être plus amicale,
mais à cause d'une certaine Santaranni...
J'ai oublié son nom.
Une procureure adjointe très casse-pieds.
Y a des abrutis partout, ma chérie.
Ne t'en fais pas.
C'est sûrement pas mon style.
Apparemment, elle met des robes à paillettes,
elle ne parle pas, mais elle aboie.
C'est un pitbull en robe.
Je crois que je vais bien rigoler.
Mais non.
Je te rappelle après.
Je te rappelle.
Le personnel d'entretien laisse à désirer.
Madame la procureure.
Calogiuri.
Je t'ai fait peur ?
Désolé, je vous ai pas entendu arriver.
T'as du nouveau sur ce doigt ?
- Je peux m'asseoir ? - Vas-y.
Après votre appel, j'ai contacté les hôpitaux
des Pouilles, de Basilicate et de Calabre.
Mais personne n'a perdu de phalange.
Tu devais pas partir en vacances à Grottaminarda ?
J'ai changé mes congés avec Capozza.
Rien de grave ?
Non, c'est...
Entrez.
Bonjour.
Vous devez être le nouveau procureur général.
Enchantée, procureure adjointe Tataranni.
On a pas pu se présenter dans l'ascenseur.
Bien sûr.
C'est un quiproquo.
Voici mon adjoint,
- Ippazio Calogiuri. - Enchanté.
Enchanté, Alessandro Vitali.
Vous n'étiez pas en vacances ?
Je vois que vous en savez beaucoup sur moi.
Je vous inviterais bien à vous asseoir,
mais on part sur le terrain.
On m'a parlé de vos pratiques étranges.
Vous rendez visite
aux témoins au lieu de les recevoir ici ?
Oui, c'est plus efficace.
Je fais ça sur mon temps libre
et ça n'impacte pas mon travail.
Votre réputation est bien méritée.
Je sais à quoi vous pensez.
Avec moi, vous allez pas rigoler beaucoup.
Je rigolerai bien quand vous verrez qu'avec moi,
vous aurez très peu de temps libre, Mme Paparanni.
- C'est Tataranni. - Oui, c'est vrai.
Bienvenue à Matera, M. Vitali.
Après vous.
On va où ?
Nulle part. Je voulais juste me débarrasser de lui.
Ce doigt, je l'ai pas rêvé.
J'ai pas halluciné.
Et c'était pas un doigt de poupée.
Madame ?
A Métaponte, ils tournent un film sur Jésus,
avec cet acteur, Sergio Covaser.
- Le doigt... - Tu crois que c'est un accessoire ?
Ils peuvent être très réalistes.
C'est qui l'acteur ?
Covaser.
Y a quelques années,
une prostituée a porté plainte contre lui,
car il l'aurait frappée.
Ca a fait la une.
Ensuite, elle a retiré sa plainte sûrement contre une somme d'argent.
Comment faites-vous pour vous souvenir de ça ?
Allez, accélère.
Regardez !
C'est un fantôme !
N'ayez crainte !
C'est moi.
N'ayez pas peur.
Les eaux du lac de Tibériade, c'est pas la lagune de Métaponte.
Qui parle ?
- Désolée. - Taisez-vous.
Si c'est vraiment toi,
demande-moi de te suivre sur les eaux.
Homme de peu de foi,
pourquoi doutes-tu ?
Quel empâté !
- Mais... - Jésus est tombé.
C'est dégueulasse.
Mon portable est mort.
Mais quel idiot !
Qu'est-ce que tu veux que je fasse de ça ?
Donne-moi la main.
Pourquoi elle est aussi courte cette passerelle ?
L'année dernière, sur le tournage à Trentin,
il y avait tous types d'accessoires.
Des doigts, des mains, des jambes, des pieds.
On a même eu une tête. Très réaliste.
Vous avez pas vu la série Blood & Wine ?
Non, je vois déjà assez de morts au travail.
Ici, vous trouverez rien de plus que du faux sang,
pour la scène de la crucifixion.
Me dites pas que vous êtes fan de M. Covaser.
Le Jésus qui fait fondre les femmes.
Vous voulez un autographe ?
Une photo dédicacée ?
Non, merci.
J'essaye de comprendre qui est le génie
qui l'a choisi pour interpréter Jésus après ce qu'il a fait.
Les voies du Seigneur sont impénétrables.
A ce qu'il parait, il regrette.
Vous mettriez votre main au feu ?
Je suis désolé, mais j'ai encore besoin de mes mains.
- C'est un gendarme ? - Oui.
- Bonjour. - C'est dommage.
Il a un beau visage, il aurait pu être acteur.
T'aimerais bien être acteur ?
Acteur ?
J'en sais rien.
Le physique ne suffit pas.
C'est quelque chose qui s'apprend.
J'ai compris.
Tu fais ce métier pour pas étudier ?
Non, c'est pas vrai.
J'aimais bien étudier.
Mais c'est pas fait pour moi.
- Qui l'a dit ? - Tout le monde.
Ma maîtresse, mes professeurs au collège et au lycée.
Même Maria Luisa pense la même chose.
- C'est ta copine ? - Oui.
Elle me l'a pas dit en face.
Mais...
Elle me l'a fait comprendre.
Je la comprends.
Le temps passe vite et elle veut se marier.
Vous pensez au doigt ?
Non, à la mozzarella.
Vu l'heure, tout va fermer.
- Tiens. - Encore de la mozzarella ?
Je t'ai appelée, mais t'étais pas joignable.
J'ai déjà acheté de la mozzarella.
Maman en a acheté aussi.
Parfait, on peut ouvrir une fromagerie.
On vendrait que de la mozzarella.
Pas le temps pour Diana.
Elle voulait peut-être discuter.
Elle va me raconter ses vacances en canoë.
Y a pas de mal à ça.
On se parlait déjà pas à l'école, donc imagine maintenant.
C'est quoi le rapport ?
Vous bossez ensemble. C'est ta greffière.
On est pas payées pour discuter.
Mozzarella à volonté !
- Voilà. - Bonsoir.
Bonsoir.
Tu pourrais répondre.
- Salut. - Tu boudes encore ?
Ca a donné quoi cette histoire de doigt ?
C'était un doigt de femme, donc je cherche sa propriétaire.
T'es sûre que t'as pas halluciné ?
Si elle le dit, c'est que c'est vrai.
Il vient peut-être d'une barque de naufragés.
Non, ils en ont pas parlé aux infos.
La vie des migrants vous intéresse ?
On a pas le choix. Ils débarquent ici...
à Métaponte.
Ca fait chuter le prix de l'immobilier.
Et n'oublions pas tous ces cadavres.
Une tragédie pour la Villa Lucia.
T'es pas d'accord ?
Ca sera à Valentina de gérer ça. Tout sera à elle.
Quand ça arrivera, je donnerai tout aux pauvres.
C'est le portrait craché de son père.
Ma chérie,
t'as le temps avant de comprendre ce qu'est la vraie vie.
Batterie pourrie !
T'as toujours ce vieux portable ?
- Je t'en achète un. - Il fonctionne plus lui ?
Il ne tient plus la charge et y a pas Internet dessus.
- Tu peux appeler, non ? - Non, plus maintenant.
Tu connais les réseaux sociaux, Internet ?
- De tout ça ? - Malheureusement, oui.
Je veux être en contact avec le monde.
Pourquoi ?
Pour le changer.
Pietro, si c'est une question d'argent, je lui offre.
- Merci, maman. - Pardon ?
C'est pas nécessaire.
Elle a raison.
Au final, pour cette histoire de portable...
Ca brûle les neurones.
Y a que Valentina et les dealers qui ont encore ce genre de portable.
J'avais autre chose à te dire.
Samedi...
Samedi, y a une soirée organisée
au lido des Sirènes.
Elle peut y aller, Valentina ?
Il a l'autorisation pour ouvrir de nuit ?
Oui, t'inquiète pas. Je lui ai demandé exprès.
Je l'accompagne et à minuit, je vais la chercher.
- Ca te va ? - Non.
- T'as pas le choix. - Non.
Ma mère est pas loin.
Elle va appeler la brigade des moeurs ?
Oui.
LIDO DES SIRENES
Madame ?
- Calogiuri ! - Veuillez m'excuser.
J'ai essayé de vous appeler en vain.
Ici, je capte mal.
Qu'est-ce qu'il y a ?
On peut en parler autre part ?
Oui, suis-moi.
Pietro, mon mari.
C'est mon adjoint. Je t'ai déjà parlé de lui.
- Oui, tout à fait. - Enchanté.
Enchanté.
Allons-y.
Tu peux terminer ?
A vos ordres, madame.
M. l'adjoint ?
Que faites-vous ici habillé ?
Je sais que travailler ça te rend triste,
donc fais comme si tu nous avais pas vus.
Comme pour tout, le travail peut avoir ses avantages.
Et toi, tu sais très bien de quoi je parle.
Il est pas mal, lui.
Qu'est-ce qu'il se passe ?
Un membre supérieur féminin a été retrouvé à Tursi.
Dans un parc aquatique.
L'affaire a été attribuée ?
Non, le magistrat de service a fait un malaise
à cause de la chaleur.
Je suis venu vous prévenir
avant qu'ils contactent quelqu'un d'autre.
- Qui est là ? - La substitute Tataranni.
- Entrez. - Bonjour.
Bonjour, allez-y, entrez.
Je vous en prie, asseyez-vous.
Allez-y.
Que puis-je faire pour vous ?
Vous savez qu'on a trouvé un bras.
Je pensais que Matera était une ville tranquille.
C'est pas Naples, mais y a quand même du boulot.
Ce détraqué attendait mon arrivée.
Rien ne prouve qu'il s'agit d'un détraqué.
Il faut le vérifier avec minutie.
Sinon, quelle est la raison de cette visite ?
Je veux l'affaire.
Vous êtes en vacances.
Il faut respecter l'ordre.
Mon collègue a eu un malaise et il pourra pas gérer ça en août.
Pourquoi vous ne vous occupez pas de votre mari ?
Vous lui cuisinez jamais des lasagnes ?
Je suppose que vous savez les faire.
Ou des aubergines à la parmigiana.
C'est à base de fleur de lait, n'est-ce pas ?
Je dis ça pour votre mari.
J'aimerais pas que votre obsession pour le travail
vous pousse à négliger
vos devoirs domestiques.
Quand le mâle ne sait plus où manger,
il va picorer ailleurs. Vous le saviez pas ?
Vous inquiétez pas, mon mari sait où manger.
Tant mieux pour lui.
- Alors ? - Je vais faire ce que je peux.
Ici, on doit former une grande famille.
C'est au sein des familles qu'il y a le plus de meurtres.
- Bonjour, brigadier. - Bonjour, madame.
- C'est en haut. - Merci.
Bonjour, M. Taccardi.
Vous étiez pas en vacances ?
Malheureusement, va falloir me supporter.
Pourquoi malheureusement ?
C'est un plaisir de bosser avec vous.
- Même en été. - Je suis désolée,
mais les mensonges, ça allonge que le nez.
Ils sont bizarres ces dessins.
Le bras a été amputé post-mortem.
Le décès remonte à quelques jours.
Le membre
a été conservé au frigo.
Il a été coupé
à l'aide d'une scie circulaire pour le bois.
Son âge ?
Je ne peux pas le définir avec précision,
mais c'est une jeune femme.
Sûrement une non caucasienne.
- Vous pensez quoi du tatouage ? - Madame...
Comme d'habitude, tout sera dans le rapport.
Que j'aurai avant l'Assomption ?
Inutile de le préciser.
- Bon appétit. - A vous aussi.
Tout va bien ?
C'est toujours comme ça la 1re fois. Viens !
- Bonjour, madame. - Bonjour.
PARC AQUATIQUE ATLANTIDE
Enchantée, substitute du procureur.
Pasquale Rinaldi, je suis le gérant.
C'est moi qui ai trouvé...
Quelle heure était-il ?
A 6 heures.
On devait rouvrir aujourd'hui.
Comment ça "rouvrir" ?
On est fermés depuis plus d'un an.
Le propriétaire a eu des problèmes d'argent
et le parc a fait faillite.
Y a pas un gardien de nuit ?
Y a rien à voler ici, à part la terre.
Merci, vous pouvez y aller.
Au revoir.
C'était l'hôpital de Tarente.
Quand je les ai contactés pour le doigt,
leurs ordinateurs étaient bloqués.
Ils ont pas pu vérifier les dernières arrivées
- aux urgences. - Et donc ?
Une femme du nom de Nunzia Campanile,
vivant à Bernalda,
est allée aux urgences avec un doigt en moins.
Vous en pensez quoi ?
Y a juste un petit problème.
Si le doigt est celui de cette Nunzia,
comment est-il arrivé à Métaponte en passant par Tarente ?
Déjà, si le doigt est celui de Nunzia Campanile,
ça veut dire que le bras appartient à une autre femme.
Bien joué, Calogiuri.
C'est bien, beau travail.
Bonjour.
On voudrait parler à Nunzia Campanile.
Elle est là ?
Oui, c'est moi. Leila, va-t'en.
- Que voulez-vous ? - Bonjour, madame.
Je m'appelle Immacolata Tataranni,
je travaille au Parquet de Matera.
Tout va bien ?
J'ai entendu parler de votre accident.
C'est bon, tu peux y aller.
- Entrez. - Merci.
- Restez ici. - T'as compris ?
Tout est entièrement de ma faute.
Fais ci, fais ça.
J'étais en train de couper le poulet et...
J'ai dit adieu à mon doigt.
Avec qui vivez-vous ?
Je vis seule.
Avec les enfants.
Mon mari est décédé, il y a trois ans.
Mon beau-frère habite pas loin,
il me donne un coup de main.
Je m'organise comme je peux.
Vous n'avez pas amené le doigt à l'hôpital ?
Ils auraient pu vous le recoudre.
C'est vrai ?
Je ne savais pas.
Mon beau-frère m'y a amenée en vitesse.
Ca saignait beaucoup.
Désolée de vous demander ça.
Vous en avez fait quoi du doigt ?
Quelqu'un a dû le jeter
pour pas que je le voie.
Vous avez un tatouage sur la main ?
Une sorte de décoration ?
Moi, un tatouage ?
J'ai pas le temps de penser à ça.
Qui est la jeune fille qui était dehors ?
C'est la nièce d'une de mes voisines.
Elles me donnent un coup de main.
Sans la solidarité...
Qu'est-ce que vous faites ?
Je veux pas que vous doutiez.
Comme vous vous êtes déplacés.
Voilà, vous voyez ?
- Pas de tatouage. - Fallait pas retirer votre bandage.
Vous allez faire comment ?
- On vous amène chez le médecin ? - Je m'en occupe.
Avant de m'enrôler, j'ai suivi des cours d'infirmier.
Si vous avez un bandage propre, j'en ai pour cinq minutes.
Alors...
Demain, étudie le fichier des personnes disparues.
Il faut qu'on trouve à qui appartient ce bras.
Bien sûr.
Je peux vous raccompagner à Métaponte ?
J'en ai pas pour longtemps.
Non, il est tard et j'ai dit à mon mari que je dormais là.
OK, si votre mari est déjà au courant.
Vous connaissez "les pâtes du carabinier" ?
On dirait un plat qu'on mange en caserne.
Oui, c'est là-bas que j'ai appris la recette.
Désolé si ça vous a semblé déplacé.
Surtout que...
pour être honnête, c'est pas exceptionnel.
C'est juste des tomates et du basilic.
OK, merci pour l'invitation.
Une prochaine fois.
C'était pas une invitation.
Fais griller du pain, mets un peu de tomate
et tu mourras pas de faim.
Avec un peu de pecorino, d'olives et muscaris à l'huile.
- Tu m'espionnes ? - Je te connais par coeur.
Surtout, ne pense pas aux cadavres et aux doigts sectionnés.
Mange, fais-toi une tisane et va te coucher.
Une tisane alors qu'il fait 50 degrés C ?
Vous avez mangé quoi ?
Regarde les infos !
Pourquoi ?
Dépêche-toi !
On ne sait toujours pas à qui appartiennent ces membres.
Nous ne connaissons ni l'âge ni la nationalité de la victime.
Nous ne voulons pas créer de panique,
surtout que notre région accueille beaucoup de touristes
venant des quatre coins du monde.
Mais c'est de notre devoir d'informer le public
sur la présence d'un détraqué
ou d'un tueur en série.
Maintenant, passons aux spectacles...
LAITERIE ARTISANALE
Allô ?
Où ça ?
Comment ça ?
Oui, merci, j'arrive tout de suite !
- Enfin ! - Que se passe-t-il ?
J'étais en train de faire le ménage,
je l'ai vue et je suis allé lui parler.
Impossible de lui faire entendre raison.
- Elle est où ? - J'ai rien pu faire.
- Elle est descendue par là. - Merci.
Gioacchi' !
Tu payes rien pour attendre.
Bon sang de bonsoir !
- Gioacchino ! - Maman !
Maman, attends !
Je veux rentrer chez moi.
OK. Attends, arrête-toi.
Je te raccompagne. C'est où chez toi ?
Comment ça ? Tu sais pas où c'est ?
J'habite en bas.
Ca fait plus de 50 ans, maman.
T'habites en haut, t'as déménagé.
Moi, déménager ?
Je vis dans une prison.
Vous m'avez mis en prison.
OK. Attends !
Arrête-toi !
Tu vas tomber.
Arrête-toi.
Attends-moi.
Maman, va doucement.
Allez, viens.
C'est ici
qu'habitait ta tante Titina.
Oui.
Tu me promets que tu t'enfuiras plus ?
Et je promets de venir te voir plus souvent.
Tu vas passer l'Assomption avec nous.
Avec Valentina.
Dans la maison où tu loges ?
Avec la mégère ?
Tu veux me gâcher mon Assomption ?
A qui tu le dis !
Ils nous ont même prises en photo. Va doucement.
Ici aussi, y a un tatouage.
Il ne ressemble pas à celui sur la main.
En effet, il est différent.
Celui sur la main était fait au henné.
C'est très courant au Maghreb.
Ca reste entre deux semaines et un mois.
Ca, c'est un vrai tatouage.
Il appartient à la même fille ?
Je crois bien que oui.
D'autres détails ?
Ici aussi, on a utilisé une scie circulaire
pour le bois.
Selon l'autopsie
pratiquée sur le bras retrouvé au parc,
elle devait pas avoir plus de 20 ans.
Vous pouvez m'en dire plus ?
Elle était maghrébine.
Calogiuri, prenez ce tatouage en photo,
on va le faire traduire.
Ce n'est pas nécessaire.
Y a écrit : "Tu peux tout me prendre sauf mon âme".
Ce matin,
mon mari m'appelle sous le choc.
Je suis venue en catastrophe.
Et j'ai vu ce truc...
Vous étiez seul quand vous avez trouvé le membre ?
Oui, il arrive avant les salariés.
Et ce matin,
on attendait la livraison du lait.
La livraison ? Vous avez pas des vaches ici ?
Non, l'ancien propriétaire en avait.
Mais il a fait faillite.
On préfère acheter
du lait en Roumanie ou en Autriche.
Il est bon et il coûte moins cher.
Cette activité, c'est nouveau, pour vous ?
Ca fait même pas trois mois, mais ça marche bien.
Je veux pas être arrogant, mais je suis pas mauvais en affaires.
On l'a achetée aux enchères.
Aux enchères ?
Une enchère judiciaire ?
Mon mari a le nez pour ça.
Vous voulez investir ? Je vous fais goûter notre mozzarella.
Non, merci.
Je suis sûre qu'elle est délicieuse, mais je préfère le lait italien.
Donc, quand vous êtes arrivé,
la porte du laboratoire était ouverte.
Oui, je pensais que ma femme avait oublié de la fermer,
mais elle a été forcée.
D'ailleurs, ils ont volé des fromages.
Vous pouvez le noter ?
Vous avez une idée de qui aurait pu faire ça ?
- En vérité... - En vérité, à la télévision,
on parle d'un détraqué qui s'en prend aux jeunes femmes.
On a une fille de 14 ans.
Elle veut sortir tous les soirs.
- On est inquiets. - Très inquiets.
Après les infos, même les journaux s'y mettent.
Manquait plus qu'un climat de panique.
Notre ami Zazza a encore perdu l'occasion de se taire.
Je vous en prie, madame.
Si je mangeais pas quelque chose, j'allais m'évanouir.
Je suis debout depuis 6 h du matin.
Non !
Le fichier des personnes disparues a donné quelque chose ?
Malheureusement, non.
A ton avis, si personne n'a déclaré sa disparition,
ça veut dire quoi ?
Que personne s'inquiète pour elle.
Il est probable que cette jeune femme n'ait pas de famille.
Ca va pas être facile de l'identifier.
Aussi, l'assassin laisse les membres à des endroits différents.
On verra ça plus tard.
On doit commencer par trouver l'identité de la victime.
Ca serait un bon point de départ.
Les empreintes...
Si elle a déjà eu affaire à la police, ça pourrait nous aider.
C'est peut-être une mauvaise idée,
mais le légiste a dit qu'elle...
Elle est maghrébine. Bien vu, Calogiuri.
A leur arrivée, on relève les empreintes des migrants.
- Bien joué. - Oui, tout à fait.
Arrête-toi là.
Si je tarde trop,
dénonce-moi pour détournement de fonds.
PROMOTION
Tu sais combien coûte le portable que veut ta fille ?
C'est aussi ta fille.
C'est l'ADN de ta mère qui la pousse à demander un jouet à 500 euros.
C'est autant qu'un salaire.
On peut l'acheter à crédit.
Son ancien portable se décharge en 30 minutes.
Le crédit, cette invention géniale
qui pousse les gens à se mettre dans le pétrin.
Allez, on se voit ce soir à Métaponte.
500 euros ? C'est une honte.
La liquidation est toujours en cours ?
Voilà les tailles qui nous restent.
Les cabines sont au fond.
Qui a le temps de passer en cabine ?
C'est comme vous voulez.
Voilà.
Vous en pensez quoi ?
Si elle vous plaît.
Vous pourriez me faire une ristourne.
Entrez.
J'ai un nom.
Aïda Bassir.
Les empreintes correspondent.
- Elle est arrivée quand ? - Y a 4 ans.
Elle est arrivée en Italie à 16 ans, pendant l'été.
Elle se faisait passer pour une réfugiée libyenne.
Ensuite, on a découvert qu'elle était marocaine.
Elle a réussi à fuir le centre
avant qu'on puisse la rapatrier.
Et ensuite ?
Elle a refait surface sous un autre nom.
Elle a été arrêtée à Bari pour prostitution.
Ils ont essayé de la rapatrier, mais elle s'est encore enfuie.
Va faire un tour sur la côte.
Quelqu'un sait peut-être quelque chose sur cette Aïda.
Madame la substitute ?
- Vous avez... - Qu'est-ce qu'il y a ?
Vous avez pas...
Votre étiquette.
- Besoin d'aide ? - Je vais me débrouiller.
Tu peux y aller.
OK, j'y vais. Au revoir.
- Je voudrais voir M. Vitali. - Allez-y.
On vient de recevoir cet email.
Bon sang !
Appelez-moi la substitute Tataranni.
Oui.
- Sur-le-champ ! - OK.
M. le procureur.
"Ce n'est que le début.
"Préparez-vous à vivre un été sanguinolent.
"Et personne n'arrivera à arrêter ma marche triomphale,
"même pas Mme Tataranni."
Cet email
vient tout juste de nous être envoyé.
Que dit la police scientifique ?
Ils pensent pas retrouver l'expéditeur, mais ils essayent.
Et vous ?
Vous en pensez quoi ?
L'auteur de l'email pourrait être l'assassin.
On pourrait avoir affaire à un mythomane.
Il fait allusion à un élément de l'enquête
- qui n'a pas encore été divulgué. - Lequel ?
On a découvert que la jeune femme s'appelle Aïda.
Aïda ? Comme la marche triomphale.
Ne prenez pas cet email à la légère.
On a affaire à un psychopathe qui pourrait être un tueur en série.
Nous devons faire appel à un expert.
Je veux pas que votre famille coure des risques.
Les risques, ça fait partie du métier.
Je vais vous attribuer une escorte.
J'ai déjà ma belle-mère.
Elle a un port d'armes ?
- Qui ça ? - Votre belle-mère.
Non, ils habitent à Métaponte.
Quel est le rapport ?
Si j'ai du retard, elle me tue.
- Votre belle-mère ? - Oui.
Son regard fait plus de victimes qu'une kalachnikov.
Je vous attribue l'affaire.
A moi ou à ma belle-mère ?
C'était une blague.
Levez les mains en l'air !
C'est la folie ce soir, au lido des Sirènes.
Bonne soirée !
Oui, Calogiuri ?
Vous n'allez pas y croire !
Aïda a été vue avec un client dans le parking du lido des Sirènes.
Ca remonte à quand ?
Au début du mois d'août. C'était pas la 1re fois.
Merci, Calogiuri.
Valentina est déjà à la soirée ?
Oui, elle est partie avec Bea y a plus d'une demie heure.
- Appelle-la et dis-lui de rentrer. - Pourquoi ?
On était d'accord.
En plus, son portable a rendu l'âme.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? - Viens me chercher.
Vous attendez quoi pour partir ?
Bea m'a dit que Valentina a disparu subitement.
Son portable doit être éteint.
Si elle avait un nouveau portable, ça serait pas arrivé.
Encore avec ce portable !
- Pardon, c'est une urgence. - Votre nom.
- Quoi ? - Faut lui donner.
Je dois contrôler la liste.
Pour être honnête, nous ne sommes pas sur la liste.
- Je m'en doutais. - Comment ça ?
On loue un parasol ici le matin.
Je suis la substitute du procureur. Laissez-moi passer.
Moi, c'est Pietro De Ruggeri, son mari.
Prévenez vos collègues.
Allez ! Tout va rentrer dans l'ordre.
Chef, on a un problème à l'entrée.
Vaccaro !
- Venez ici. - Tout va bien se passer.
- Qu'est-ce que tu racontes ? - Le voilà.
Ma chère madame, cette musique, c'est votre truc ?
Je suis pas venue pour danser.
- Y a un problème ? - On cherche notre fille, Valentina.
Allez-y, entrez.
Merci. Tu vois, y a pas de problème.
Merci.
Voilà.
C'est samedi au lido des Sirènes.
On va la chercher ensemble.
Bienvenue à tous !
La soirée ne fait que commencer.
Valentina ?
Vous connaissez Valentina ?
Excusez-moi.
Levez les mains en l'air !
Tapez des mains.
Bienvenue à tous !
Imma, non !
Imma, fais pas ça.
Qu'est-ce que tu fais ?
Donne-moi ça !
Excusez mon interruption.
Excusez mon interruption.
Dans quelques minutes, vous pourrez reprendre.
Je cherche ma fille, Valentina.
Valentina, si tu es là, il faut absolument
que tu rentres à la maison.
Allez, rentre chez toi ! Valentina, rentre chez toi !
Allez, rentre chez toi ! Valentina, rentre chez toi !
T'en penses quoi ? Je rencontre un gars mignon,
on s'éloigne pour discuter et il frôle l'arrestation.
Je sais, tu as raison.
Ta mère, elle l'a fait parce que...
Elle se faisait du souci.
Elle s'inquiète depuis ma naissance.
Tu t'es déjà tapé la honte comme ça à cause de ta mère ?
Valentina !
Si tu veux tout savoir, oui, c'est déjà arrivé.
Et pas qu'une seule fois.
Je veux pas être la fille
de quelqu'un qui croit pas en la race humaine.
Elle veut aller chez Bea.
Elles viendront pas à la plage.
Elles iront à la piscine.
Très bien.
Notre famille est pas normale.
Mais tu le savais avant de m'épouser.
Que tout serait deux fois plus compliqué.
Adaptation : Alice Régis
Sous-titrage : HIVENTY
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