Afrikaans
Akan
Albanian
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
Frisian
Ga
Galician
Georgian
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Au c�ur de la Nouvelle Guin�e,
une des plus grandes �les du monde,
les Australiens ont d�couvert ces montagnes en 1954.
Aucune route n'y m�ne.
Elles sont inaccessibles.
Nous survolons des r�gions inexplor�es.
Elles ne figurent pas sur la carte.
Ou plus exactement, elles y figurent sous forme de taches blanches.
C'est l'inconnu.
J'ai eu le paludisme tr�s souvent.
Surtout sur le Sepik, mais pas ici.
Les moustiques ne sont pas trop...
Combien �a co�te ?
- 50 dollars. - 50 dollars ?
Mais ce n'est pas ancien ! C'est un faux.
L'art c'est l'art, l'�ge ne compte pas.
C'est du bois de Garamut,
les fourmis blanches n'en mangent pas.
�a, c'est de l'art aussi, mais les fourmis blanches le mangent.
En tous cas, 30 dollars est mon dernier prix.
Et celui-ci.
Ah �a, �videmment c'est pas � vendre.
N'oubliez pas celui-ci.
Voulez-vous noter mon adresse ?
Oui.
La Factory, 2, bd. Malesherbes, Paris 8.
C'est �a.
Et mes plumes ?
Je peux les avoir sous deux semaines environ.
Vous �tes fou ? Je serai rentr�e � Melbourne.
Je suis venue sp�cialement pour �a.
C'est tr�s dur d'en trouver.
C'est une catastrophe pour moi.
Qu'est-ce que je peux faire ?
Qu'est-ce que vous avez d'autre ?
Je viens de recevoir des pi�ces qui peuvent vous int�resser.
Pourquoi vous frappez-vous comme �a tout le temps ?
J'ai pass� 25 ans sur le Sepik,
et c'est plein de moustiques.
Mais il n'y en a pas ici.
C'est une habitude.
C'est un couteau ?
Un poignard Muruk.
Il est beau...
Tu viens acheter ou tu arrives ?
Non, j'ai quelque chose � vendre.
J'ai besoin d'argent de poche.
Je ne veux pas toucher � l'argent de l'exp�dition.
Tu en veux combien ?
50 pour le masque, 50 pour les plumes.
- Des plumes ? - Bon, march� conclu.
Qu'est-ce que c'est ?
Des plumes de Horn Bill.
Vous parlez fran�ais ? - Oui, madame.
Je veux les acheter.
Elles sont d�j� vendues.
Je vous donne un bon prix.
100 dollars.
Quoi, le double ?
Les affaires sont les affaires.
En tout cas, je veux les voir.
Oh mon dieu, mais c'est horrible. Vous �tes bless� ?
Permettez ?
�a saigne. C'est �pouvantable !
Ne faites surtout pas �a. Ce foulard est sale, vous risquez une infection.
Le principal, c'est d'arr�ter le sang.
Il faut trouver un d�sinfectant imm�diatement. Venez, je vous emm�ne � l'h�pital.
- Faut voir un m�decin. - D'accord.
Enfin, c'est pas dr�le. Tout le monde sait qu'il faut faire attention ici.
Vous ne vous rendez pas compte du tout.
Il fait chaud.
D�p�chez-vous, s'il vous pla�t.
Allons, allons, tout va bien.
Tout va bien se passer.
C'est si maladroit. Je ne me pardonnerai jamais.
Assez. Parlons d'autre chose.
D'ailleurs, c'est la faute de toutes vos plumes.
Oh, ces plumes-l� sont rien du tout.
C'est votre m�tier d'en vendre ?
Oui, si l'on veut.
Alors, si vous voyiez celles que j'ai chez moi, c'est pas la m�me chose.
Ah bon ?
Mais attention, elles ne sont pas � vendre.
Il se d�p�che pas. Ce qu'il est lent. C'est lent, ici !
Si vous me racontiez un peu votre vie, �a vous calmerait.
Pas grand-choses � dire.
Mon mari est consul de France � Melbourne.
Et moi, comme j'ai horreur de la vie mondaine,
J'ach�te des objets oc�aniens, des plumes, des tissus, pour une boutique � Paris.
Quoi dire encore ?
Je fais du piano.
J'ai une tr�s jolie collection d'orchid�es.
Et j'ai un petit chien aussi, si �a vous int�resse.
Comment il s'appelle ?
Nouki.
C'est un joli nom.
Ah, voil� l'h�pital, enfin !
- Vous venez avec moi ? - Oui
Bonjour Olivier. Qu'est-ce que tu t'es fait au pied ?
Oh, c'est rien.
Vous avez �t� tr�s gentille, merci.
C'est la moindre des choses, n'est-ce pas ?
Je suis tellement d�sol�e de ce qui vous est arriv�, vraiment.
Au revoir.
Au fait, ces plumes. Vous voulez les voir ?
Ben oui, pourquoi pas ? Avec plaisir.
C'est l�.
Vous habitez tous l�-dedans ? - Oui.
Regarde, maman. Olivier s'est fait mal au pied.
Hermine, c'est Viviane.
Salut. - Bonjour.
Pardon.
C'est Monique et Ga�tan.
Ga�tan finance notre exp�dition.
Il a fait un petit h�ritage.
Moi, je m'occupe des questions pratiques.
Qu'est-ce que vous avez ?
Moi ? Rien.
Ce sont des plumes du Lesser bird of paradise.
Le kumul.
Quelle merveille !
Je n'ai jamais rien vu de pareil.
Jamais.
J'ai entendu parler de ces plumes.
Il para�t qu'on les trouve sur un plateau du centre de l'�le.
Mais on m'a dit que l'oiseau �tait en voie de disparition.
C'est vrai.
Je les ai trouv�s avec Ga�tan lors de notre premi�re exp�dition.
Malheureusement, notre permis n'�tait pas en r�gle.
Nous avons d� revenir.
Mais nous repartons apr�s-demain.
J'ai enfin obtenu le permis.
Mais alors, vous allez pouvoir m'en trouver ?
Impossible. La chasse est interdite.
Si on se fait piquer, c'est la prison.
Mais alors, comment vous les avez eues ?
Par un missionnaire de l�-bas.
Il fait du troc avec les natives.
Vendez-les moi.
C'est peine perdue.
Vous d�ner avec nous ?
Hermine fait tr�s bien la cuisine. �a vous tente ?
C'est-�-dire...
Je sais pas. J'ai pas pr�venu...
Et alors ?
Et alors...
je suis attendue
Difficile.
�a ne vous pla�t pas ici ?
Si, c'est charmant. Ravissant.
Alors, tr�s bien. Tu vas d�ner avec nous.
Je vais vous la montrer.
Les taches blanches sont les zones non atteintes.
Elle est l�.
Elle n'est pas sur la carte.
C'est comme si elle existait pas, sauf qu'elle existe.
Je croyais que de nos jours, �a n'existait plus, les terres inconnues.
Votre vall�e a bien d� �tre survol�e par des avions.
On ne peut pas la voir.
Elle est entour�e de brume.
Elle ne figure pas sur la carte, regardez.
Regardez ce qui est inscrit ici. Cette carte date de 1969.
� Obstru� par la brume �
Il y a un truc que je ne comprends pas.
Tu parlais toujours des zones du m�me genre,
qu'on a toujours fini par trouver.
Alors pourquoi justement celle-l�, on ne l'a pas d�couverte ?
Tu trouves pas que c'est une co�ncidence bizarre ?
On l'a d�j� d�couverte et m�me plusieurs fois.
Mais ceux qui l'ont fait,
ne seraient jamais revenus. Ils ne pouvaient pas agir autrement.
Pourquoi ?
Parce qu'elle est le paradis.
Vous croyez qu'il parle s�rieusement ?
C'est sa passion.
On ne quitte pas le paradis.
On peut s'y perdre
ou s'en �loigner, et alors...
c'est la chute et la mal�diction.
Mais on ne quitte pas le paradis.
C'est impossible. Vous comprenez ?
Mais alors, si cette vall�e est tellement formidable, pourquoi n'y allez-vous pas maintenant ?
Nos sens ne sont pas encore...
assez...
ouverts.
Nous ne sommes pas press�s.
Nous devons surtout...
d�truire le temps pour ne faire qu'un avec lui.
Nous devons d'abord atteindre...
les peuplades qui vivent dans les contreforts des montagnes.
Leurs magiciens peuvent peut-�tre nous indiquer un chemin.
Vous pouvez me raccompagner � l'h�tel ?
Bien s�r.
J'aimerais bien voir vos plumes encore une derni�re fois. C'est possible ?
C'est irr�el.
Vendez-les moi.
Non.
Alors pr�tez-les moi.
Non.
Juste pour deux, trois jours.
Si, qu'est-ce que �a peut vous faire ?
All� ?
C'est toi, ch�ri ?
Viviane ! Comme je suis content. Tu vas bien ?
Oui, le pays est formidable. Je suis ravie.
Tu as vu ta photo dans Woman's Weekly ?
Oui, justement. Je suis en train de la regarder. Je l'aime pas beaucoup, et toi ?
Ne dis pas de b�tise. Tu es ravissante.
Pas du tout. Je ressemble � mme Bon. J'ai un bouton sur le menton.
J'ai le nez en forme de canard. C'est affreux.
Ne te fais pas de souci. Je t'adore tel quel.
Alors, qu'est-ce que tu fais dans la journ�e ?
Des tas de choses. Je fais des courses.
� paris, ils vont �tre ravis.
� propos, j'ai trouv� une combine pour peut-�tre avoir des plumes rarissimes.
J'aime pas beaucoup �a. C'est un peu ill�gal.
On pourra se servir de ta valise diplomatique, non ?
On fera trafic ensemble.
Bravo. Crie �a tr�s fort. Ils vont se r�galer sur la table d'�coute.
J'entends pas ce que tu dis.
All� ? Comment va Nouki ?
Elle va bien. Elle a eu quatre petits avant-hier. Mignons comme tout !
Ah oui ? C'est formidable !
Est-ce que tu as fait accorder le piano ?
Pas encore. �coute, je dois partir demain pour Tokyo avec l'ambassadeur.
On doit y rester � peu pr�s quinze jours. J'aimerais bien que tu sois de retour avant...
J'entends plus rien.
J'entends rien.
Vous creusez un trou pour la pluie ?
Pourtant, la saison des pluies est termin�e.
C'est vrai que ce matin, le ciel �tait tellement couvert.
On aurait dit la fin du monde.
C'est beau.
C'est chaud.
Oui.
Il fait quand m�me plus frais qu'hier. Il faisait lourd, c'�tait terrible.
C'est bien d'�tre revenue.
Oui, je suis venue pour une chose tr�s importante.
Les plumes que vous m'avez montr�s hier. Vous savez, les plumes de...
Je ne me souviens plus du nom. - Kumul.
C'est �a. Elles m'int�ressent prodigieusement.
Or, je pensais que puisque vous partiez demain, vous pouviez m'en rapporter le plus possible.
me mettre en contact avec les missionnaires.
J'ai tous les d�bouch�s pour les vendre
et tout l'argent pour les acheter. �a peut donner une affaire importante.
Vous semblez oublier une chose,
c'est que nous ne tenons pas du tout � faire des affaires.
Le but de notre voyage est vraiment autre.
Qu'est-ce que c'est, ce but ? Si c'est pas trop indiscret.
Je vous l'ai d�j� dit. C'est la vall�e.
�videmment, l�...
Et en plus, lorsque nous partirons d'ici,
nous ne savons pas quand nous reviendrons, ni si nous reviendrons jamais.
C'est dommage. Il n'y a pas une solution.
Je ne sais pas... Vous pourriez me les envoyer.
Une chose que nous pouvons faire, c'est...
vous emmener avec nous jusqu'� Watik o� se trouve le missionnaire.
C'est loin ?
- Deux semaines. - Deux semaines ?
Regardez.
En ce moment, nous venons de la c�te
qui se trouve par l� et nous allons traverser ces r�gions.
�a va prendre � peu pr�s deux semaines, sans trop se presser, pour arriver � la mission.
et ensuite, nous allons continuer.
Oui, mais alors...
une fois qu'on sera � la mission, comment je vais revenir ?
La mission a un petit a�roport.
Vous pourrez louer un avion puisque vous avez de l'argent.
Oui... c'est un peu compliqu�, mais enfin...
Qu'est-ce que vous en dites ? - Je ne sais pas.
Il faut r�fl�chir � la question.
�a vous tente vraiment ?
C'est difficile.
�a devient une exp�dition pour moi aussi maintenant.
Oui, mais si jamais je me d�cidais...
Vous n'avez pas l'air tr�s content que je vienne.
Oh si, mais deux semaines en jeep dans le bush.
C'est dur.
Deux semaines de jeep, �a me fait pas peur. Vous savez, je suis sportive.
Vous �tes quatre. C'est un peu d�licat.
Quoi ?
Je veux dire,
vous �tes deux couples.
Ga�tan et Monique. Vous...
et... je me souviens plus.
Hermine ?
Peut-�tre que Hermine est aussi avec Ga�tan.
Oh l� l�, c'est froid.
C'est l� qu'on se lave ?
Oui, c'est ici la salle de bains.
Je vais aller me laver ailleurs parce qu'avec votre voiture, vous salissez l'eau.
En plus, je serai tranquille au moins l�-bas.
Olivier, tu peux pas demander � Ga�tan d'arr�ter une seconde, s'il te pla�t ?
Pour quoi faire ?
J'ai besoin de descendre. Tu comprends pas ?
Eh Ga�tan, tu peux t'arr�ter un peu ?
Eh bien, qu'est-ce que tu attends ?
Je ne... rien.
Quoi encore ?
J'ai peur des serpents.
Sur la route, il n'y en a pas.
T'es compl�tement fou ? Je vais pas rester sur la route.
�coute, d�cide-toi.
Tu n'as qu'� te mettre vraiment pr�s de la voiture.
On ne peut pas te voir.
Tiens, qu'est-ce que c'est que ces gens ?
Ils se r�unissent pour le show.
Le show ?
Oui, c'est une grande f�te.
Toutes les tribus de la r�gion y participent. �a se passe tous les deux ans.
Dis donc, je pourrais peut-�tre trouver des plumes l�-bas.
Fais attention, c'est absolument interdit.
- Je vais vers le lieu de la f�te. - C'est loin ?
Pas tr�s loin.
Je peux y acheter des plumes ?
Oui, vous trouverez sans doute des plumes � la f�te.
Vous pouvez m'aider ?
Oui, bien s�r.
Tu sais que c'est interdit par la loi ?
Tu veux aller en prison ?
Pourriez-vous me suivre ? Je voudrais vous parler.
Je vous ai perdu. �a fait une heure que je vous cherche.
J'ai cru que j'allais jamais vous retrouver. Qu'est-ce qui se passe, l� ?
Je vous laisse y aller. On va pr�parer le camp.
Vous savez, je vous cacherais pas que je m'int�resse �norm�ment � ces plumes.
Et particuli�rement � celle du... comment tu les appelles ?
Kumul.
C'est �a, du kumul.
Est-ce que par hasard, vous n'en auriez pas en ce moment ?
�videmment, je payerai comptant.
H�las, madame. Je n'en ai pas vu depuis � peu pr�s deux mois.
Vers l� o� tu �tais l'an dernier, Olivier.
Quelle malchance !
Vous ne connaissez personne qui en vende ?
Non, vous savez. Les plumes arrivent compl�tement par hasard.
Tu te rends compte, tout ce voyage pour rien !?
Malin !
Tant pis, est-ce que je peux vous demander un service ?
Est-ce que vous pourriez me c�der une place dans votre avion quand il partira ?
- Avec plaisir, madame. Mais... - C'est demain ou apr�s-demain, n'est-ce pas ?
Ah non. Mon avion est en panne � Port Moresby. Pas avant quinze jours.
Quinze jours !?
�a vous contrarie beaucoup, madame ?
�norm�ment, oui.
Je sais pas quoi faire. Mon mari va �tre tr�s inquiet. Quinze jours de retard !
Mais je croyais que vous �tiez mari et femme.
Pas du tout, non.
Ce que vous pouvez faire est aller plus au nord,
dans ta direction, Olivier.
jusqu'� notre derni�re mission, � Watung.
Ils ont un avion qui fonctionne. Vous n'avez qu'� le louer.
Mais c'est tr�s loin.
�a fait � peu pr�s une semaine. �a d�pend des pluies.
Une semaine !?
De toute fa�on, j'ai pas le choix.
Je regrette, madame, mais j'ai fait de mon mieux.
Vous �tes tr�s agr�able.
Bon, je vous dis au revoir, et bonne chance.
Bon voyage.
Attendez un moment.
Je viens de me rappeler d'une chose.
En haut, sur la montagne,
il y habite un esp�ce de vieux magicien-sorcier
qui ne parle jamais.
Il a une collection de plumes fantastiques.
Allez le voir.
- Anton ? - On y va ?
Mais faites bien attention � une chose :
il ne les vend jamais. Il les donne seulement.
Et qu'aux gens qu'il aime.
Et tr�s rarement. Une ou deux � la fois.
Regardez les belles plumes qu'on m'a donn�es.
Donn�e ?
Qu'est-ce qu'il se passe ? C'est bizarre.
Ils se pr�parent pour la pleine lune.
Pourquoi tu lui as fait �a ?
Mais �a va. Tout va bien.
Ne t'en m�le pas.
Qu'est-ce que tu lui as dit ?
Que tu es folle d'avoir bu �a.
Pourquoi ?
Ce n'est pas pour toi.
Mais arr�te de dire toujours �a, aussi !
Qu'est-ce que c'�tait, ce truc ?
Oh, c'�tait un m�lange des tribus de la montagne.
Ga�tan appelle �a � la liqueur de Dionysos �.
Et alors, c'est pas pour moi ?
Tu m'aimes ?
Oui.
Mais toi, tu m'ennuies.
Je sais jouer.
La lune...
l'eau...
J'ai envie...
de l'arbre...
le trou...
il bouge...
�a bouge...
il se referme...
l'arbre...
accroch�...
du paradis...
l'arbre...
du paradis...
le nid...
le nid de l'oiseau du paradis...
est ici,
dans l'arbre...
Je suis dans le nid de l'oiseau du paradis
et le nid s'enfonce
dans l'arbre...
L'arbre se referme mais je n'ai pas peur.
Mes amies les feuilles,
vous �tes sensibles,
sensitives...
�a bouge.
Je suis heureuse, tu sais ? Tr�s heureuse.
Je veux plus que �a s'arr�te.
D'ailleurs, �a s'arr�tera plus.
Tu t'en fous, hein ?
Ah non, tu serres bien pourtant.
Tu es tr�s gentil. Tu ne me fais pas peur.
Tu serres. Tu veux manger mon nez ?
T'es content, l�.
Moi aussi. On est tr�s heureux tous les deux.
Ne bouge pas.
Non, Viviane.
Pourquoi ? - Pas celui-l�.
Qu'est-ce que je fais, alors ? - D�fais-le.
Alors, qu'est-ce qu'il fait, ton avion ?
Ah, c'est pas mal.
Tu as vu ? Un joli souvenir pour nous.
C'est dommage, la boue va l'effacer.
Mais c'est bien comme �a aussi.
C'est un dragon.
Pour moi, le dragon, le diable, le serpent,
�a repr�sente le bien.
Chez ces pourris d'Occidentaux, d'o� on vient,
�a repr�sente le mal, les forces obscures, mais ici
�a repr�sente la force de vie originelle.
Ni le bien, ni le mal.
C'est dommage, elle ne verra pas la lumi�re.
Elle ne verra pas les tribus des montagnes.
elle ne verra pas la transcendance, elle ne verra pas les sourires,
elle ne verra pas la vie,
elle ne verra pas la lumi�re qui est comme un brouillard,
elle ne verra pas la vall�e.
C'est dommage qu'elle nous quitte, notre Viviane.
Voil� l'avion !
T'as bient�t fini ?
Quelques minutes.
Ce serait bien si tu pr�parais tes valises maintenant parce que nous sommes press�s.
J'aimerais �tablir un camp plus loin sur cette montagne ce soir. C'est loin.
Oh, � joie �.
Ce sont des bonnes vibrations que tu nous laisses avant de partir, non ?
Je vais chercher tes bagages.
Tu me fais un peu peur quelques fois, tu sais ?
Je comprends maintenant pourquoi c'est � toi que le vieillard a choisi de donner les plumes.
Tu es s�re que tu veux continuer ?
Oui.
C'est le dernier poste. Apr�s, c'est l'aventure. Y a plus de route.
Y a plus moyen de revenir. C'est l'inconnu.
Oui, je sais.
Descends.
Qu'est-ce qu'il raconte ?
Qu'est-ce qu'ils disent ?
Parle bas. On est dans une zone r�serv�e, ici. En principe, on n'a pas le droit d'aller plus loin.
Ils sont en train de parler des chevaux.
Des chevaux ? Pour quoi faire ?
Dans quelque temps, il n'y aura plus de piste. On sera oblig� d'abandonner la voiture.
Il va nous falloir des chevaux. Et le type conna�t des gens dans la montagne
qui pourront nous en vendre peut-�tre.
Il est en train de nous brancher dessus.
Qui sont ces gens ?
Je ne sais pas. Je n'ai jamais �t� l�-bas.
Ils sont plus m�rs en haut parce qu'il y a plus de soleil, tu vois.
Y a encore de la place dans ton sac ?
Un peu, oui. Pourquoi, t'en as plus ?
Presque plus. Tu peux l'ouvrir ?
Ouais. Attends...
Je sais pas. �a va ?
Ouais, attends...
Hop l� !
- On va en ramener beaucoup, hein ? - Ouais.
C'est gai ici. On est bien.
Tu aimes ?
Ah l� l�, je me sens tr�s bien. C'est fou.
Je me sens compl�tement transform�e.
C'est vrai, tu as l'air d'avoir bien chang�e, oui.
- Tu trouves ? - Ouais.
Y en a assez pour tout le monde, non ? - Ouais.
Hop l� !
Oh l� l�, j'en ai partout sur mon corsage.
C'est lourd.
J'ai envie de les faire go�ter � Olivier.
- Tu veux que je t'aide ? - Non, �a va.
T'es bien grande !
Y a une racine, c'est pour �a.
- Bon ben, on y va ? - Ouais, attends.
Olivier ?
Olivier ?
T'as pas un chiffon ?
Pour quoi faire ?
Pour effacer �a.
Ah bon, pourquoi ?
Y a pas de joie ici.
En effet, apr�s ce que t'es en train de faire, y a pas de joie, non.
Tout �a, c'est du bidon. C'est faux.
Moi, j'ai rien � voir avec vous.
Ce dessin ne signifie strictement rien.
Qu'est-ce qui se passe ?
�a va pas ? - Non.
O� tu vas ?
Je m'en vais. C'est fini, les vacances !
Tu sais, un jour, dans un monast�re zen,
y a vingt moines et une jeune nonne qui �tudie.
et la jeune nonne est tr�s jolie.
Alors il y a plusieurs moines qui tombent amoureux d'elle.
Et puis un jour,
il y en a un qui lui envoie une lettre
en lui demandant un rendez-vous particulier.
Alors elle r�pond pas.
Et le lendemain matin,
il y a le ma�tre zen qui fait une lecture au groupe
et puis apr�s la lecture, la jeune nonne se l�ve
et, devant tout le monde,
elle dit � celui qui lui avait envoy� la lettre
� maintenant, si tu m'aimes vraiment,
l�ve-toi et embrasse-moi. �
Tu vois �a, c'est l'amour ouvert.
Je suis pas plus avec Olivier qu'avec Ga�tan.
Je suis pas amoureuse d'Olivier non plus.
�coute, Viviane, tu vas pas tout g�cher maintenant.
J'en sais rien. Tout ce que je sais, c'est que j'ai pas envie de rester, mais de partir.
Oui je sais. Je suis pass�e par l� aussi.
J'ai beaucoup souffert.
Et puis un jour... Un jour, j'ai compris que...
enfin petit � petit surtout, j'ai compris que l'amour,
c'�tait une chose beaucoup plus vaste, plus grande que �a.
Tu vois, la fa�on dont tu aimes Olivier,
c'est pour ton plaisir, pour ta satisfaction � toi,
mais pas pour lui.
C'est-�-dire que tu prends ce qui te fait plaisir, ce qui te convient, mais tu donnes pas.
Tu vois, par exemple, il y a l'oc�an...
l'oc�an, c'est l'amour...
et puis il y a une petite bouteille dans l'oc�an
avec de l'eau dedans, qui est plong�e dans l'oc�an.
La petite bouteille, c'est toi.
Et si tu casses la petite bouteille,
il n'y a plus de petit bouteille toute seule, y a l'oc�an.
Tu comprends ?
Tu sais, je t'aime, Viviane.
Vraiment.
Regarde.
C'est l'oiseau du paradis.
Il est mort ?
Mesdames.
- Que faites-vous ici ? - Et vous ?
- Vous �tes en zone interdite. - Vous aussi !
- Donnez-moi l'oiseau. - Non.
- L'oiseau. - Non.
- Salauds ! Allez-vous-en. - Ou je vous d�nonce � la police.
- Donnez-moi l'oiseau. - Vous pouvez me tuer.
Mais il est mort.
Je m'en fous. Vous pouvez me tuer ! Allez-vous-en!
Bande de salauds ! Disparaissez !
T'as vu ma robe ?
D'apr�s le Chinois, on dira�t que c'est l�.
Bonjour. Qu'est-ce que vous voulez ?
Chow-Ii dit que vous avez des chevaux � vendre.
Bill, la nana est revenue.
Bonjour.
Bonjour.
Madame.
- Vous allez bien ? - Oui, merci.
Que faites-vous ici ?
Vous avez des chevaux � vendre ?
Des chevaux ?
Eh, on a des chevaux, nous ?
On n'a pas de chevaux.
Je ne vois pas de chevaux ici, mon pote.
Ne fais pas cette t�te-l�.
Je fais pas de t�te.
Moi non plus, j'aime pas qu'on tue les oiseaux et j'aurais pu faire la m�me chose.
Oui, mais je n'avais qu'� rendre cet oiseau. Il �tait d�j� mort. C'est idiot.
� cause de moi, votre exp�dition est arr�t�e. On peut plus continuer.
- Mais non. - Mais si.
Non, on reviendra. On trouvera un autre moyen.
Je porte malheur.
Tais-toi.
Olivier, c'est combien, un cheval ?
Environ 100 dollars.
Retournons les voir.
Retournons les voir.
Tu leur offres le double, hein ?
Ils ne voudront pas apr�s cette histoire d'oiseau.
Tu crois ?
L�, j'ai tout mon argent.
�a m'�tonnerait qu'ils refusent. �a fait au moins 1.200 $, tiens !
Tiens !
Ces deux esp�ces de porcs !
Plus quelques centimes.. Voil� tout ce que j'ai.
On verra bien s'ils acceptent pas.
Comment tu fais pour leur parler, aux tribus de la montagne ?
�a doit �tre difficile, quand m�me.
Non mais c'est vrai. Comment tu fais ?
Pas besoin de parler. Tu peux pas communiquer.
Oui, mais quand m�me. Si on reste longtemps,
faut pouvoir se dire des choses.
Il est en train de manger ma t�te.
Tu fais �a ?
Passe.
Regarde, Viviane, un opossum !
C'est joli.
Attention.
Qu'est-ce qu'on attend pour partir ?
Pour la vall�e ?
Oui, pour la vall�e.
On est pr�t.
Ils t'ont tout dit, maintenant. Tu connais le chemin.
Je me demande ce qu'on attend.
On n'est pas pr�t.
On attend d'�tre pr�t.
Ils appellent les gens autour pour qu'ils viennent � la f�te.
Ga�tan m'a dit.
J'aimerais bien qu'elles me pr�tent leur maquillage pour faire la f�te avec elles.
Tous les gens ici pr�sents
vont manger ensemble la chair des cochons
sacrifi�s pour nos anc�tres.
Pour la premi�re fois des Blancs participent � cette c�r�monie.
Nos anc�tres auraient �t� �tonn�s.
Je suis fier et j'esp�re que ces Blancs porteront
mon nom et le film � l'autre bout du monde.
Je salue les Blanches qui ont travers�
la grande jungle pour arriver jusqu'� nous.
Je veux parler aussi.
Je suis le seul repr�sentant
de la tribu Mul qui n'a pas pu venir
� cause des rivi�res en crue.
Pr�parez-vous. La nourriture va �tre distribu�e.
Olivier, c'est formidable.
Nous sommes devenus tellement proches d'eux.
On est presque comme eux, regarde.
Ga�tan et Hermine... C'est magnifique !
Je suis heureuse.
On a retrouv� la v�rit�, tu sais.
Qu'est-ce que t'as, Olivier ?
C'est le contraire.
Quoi, c'est le contraire ?
Parce que c'est nous qui mentons.
Ga�tan a beau dire, on est des touristes ici, Viviane.
Quoi, on est des touristes ?
Je comprends pas. Qu'est-ce que �a veut dire ?
�a me d�go�te d'entendre des choses pareilles !
Quand je pense que t'as pass� des mois avec Ga�tan pour en arriver l� !
Tu comprends rien ? T'es un con, ou quoi ?
C'est facile de danser, mais est-ce que tu peux travailler avec elles ?
Oui, justement. Parfaitement.
Les femmes sont encore plus exploit�es ici qu'ailleurs.
Tu sais, Viviane,
chez les Kombugas,
toute la soci�t� est soumise � des r�gles tr�s strictes.
Chez nous aussi.
Ce n'est pas la m�me chose.
Nous, on essaye de briser nos r�gles.
Quand ils dansent,
ce n'est pas simplement pour le plaisir,
mais pour ob�ir � quelque chose.
Regarde, ici, c'est le cimeti�re.
Ils dansent sur les morts.
Nous, on ne cherche que le plaisir, peut-�tre la paix.
Ils n'en ont rien � foutre, eux.
J'en sais rien, Olivier, mais regarde cette f�te.
Tout le monde est heureux ensemble.
Pourquoi est-ce que tout le monde s'entend si bien sans se parler comme des gens qui s'aiment vraiment.
Pourquoi est-ce que tout le monde se comprend. Pourquoi est-ce que tout est si simple ici ?
C'est ok. Mais �a ne veut pas dire grand-choses.
Tu me d��ois, vraiment.
Tu ressembles � mon mari.
Bien s�r, on s'aime bien,
mais �a ne va pas plus loin.
Comment veux-tu avoir des vrais rapports
entre nous, qui d�truisons nos lois sociales,
et eux, qui vivent dans la terreur et le respect des tabous ?
J'en sais rien, mais je sais que c'est possible.
On d�couvre autre chose. C'est tout. Voil�.
Tu crois pas dans les forces obscures et dans toutes ces choses, toi ?
Si, bien s�r. �norm�ment.
Mais pas � leur mani�re.
Pour nous, c'est impossible.
On n'oublie pas ce qu'on a �t�, Viviane.
Ce n'est pas possible de se d�conditionner, comme dirait Ga�tan.
Une fois perdue, l'innocence ne se retrouve plus jamais.
Un paradis est un endroit o� il y a beaucoup de sorties mais aucune entr�e.
La connaissance est sans retour possible.
Quand la gr�ce s'en va, c'est fini.
Je me demande si, pour la retrouver,
il ne faut pas faire le contraire
de tout ce qu'on a fait.
S'il ne faudrait pas mordre une deuxi�me fois dans la pomme de l'arbre.
Qu'est-ce que tu fais l� ?
J'ai l'impression qu'on fait fausse route.
Si les monts Ouna� sont l�, le mont Oumasa n'est pas l�, c'est l�.
T'as la boussole ?
Il faut essayer de passer par l�.
C'est o� ?
Tu vois cette colline ?
Apr�s il y a encore une grande montagne,
apr�s la montagne, c'est encore plus loin,
plus loin, plus loin, plus loin...
C'est tr�s loin ?
C'est tr�s pr�s.
Mais je crois que les chevaux ne vont jamais r�ussir � traverser cette jungle.
Il faut y aller maintenant.
On va les l�cher comme �a, et ils retourneront � leur �curie, tranquilles.
- On prend un risque peut-�tre. - Je sais.
- Tu veux bien aller l�cher les deux en bas ? - Oui.
O� sont les chevaux ?
Finish. Partis.
Ah, il sait plus o� il en est.
�a va pas ?
Il nous demande si on va en haut de la montagne.
Ils ont l'air de dire que c'est dangereux.
Dis, maman.
Maman, quand est-ce qu'on arrive ?
Ga�tan.
Hermine a des vertiges. Elle ne peut plus marcher.
C'est pas grave. C'est l'altitude.
J'ai faim. J'ai soif.
- J'en ai marre. - Attends.
Attends un petit peu.
C'est le dernier paquet.
Merci.
Tu sais, on...
On ne va pas s'en sortir.
Je sais, mais notre seul espoir est d'avancer.
J'ai faim.
J'ai soif.
Je sais, mais je t'ai d�j� dit qu'il n'y avait plus rien � manger.
La vall�e.
La vall�e, je la vois.
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.