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LA QUATRIEME DIMENSION ONCLE SIMON
PREMIERE DIFFUSION LE 15 NOVEMBRE 1963
La cl� de I'imagination vous ouvrira cette porte.
Au-del�, une autre dimension.
Une dimension sonore.
Une dimension visuelle.
Une dimension spirituelle.
Vous entrez dans un pays d'ombre et de substance,
de choses et d'id�es.
Vous venez de p�n�trer dans La Quatri�me Dimension.
Oncle Simon?
Tu veux prendre ton chocolat chaud en haut?
Oncle Simon, tu m'entends?
Tu veux ton chocolat chaud en haut?
T�te de noeuds.
Je suis juste derri�re toi. Pas la peine de hurler.
Ma fleur morte,
� quoi tu penses?
Ton chocolat chaud est pr�t.
Tu m'as dit que tu allais faire une sieste.
Essaie de faire un effort de temps en temps.
Juste assez pour me faire savoir o� tu es.
Barbara, mon amour. Je peux te rendre la t�che ais�e.
Si je ne suis pas en haut, je suis en bas au laboratoire.
Mais o� que je sois, tu peux m'apporter le chocolat chaud.
Et si je ne suis nulle part,
�a veut dire que je suis mort en chemin,
et que tu peux m'apporter une bouteille de formol et une rose.
Tu es un vrai comique, mon oncle.
Tu aurais d� faire du cabaret.
J'y aurais sans doute �t� plus � I'aise que toi.
Tu as d�j� dans�, Barbara?
Je suis tr�s occup�e, oncle Simon.
Tu t'es d�j� d�tendue pour danser un Charleston rapide?
Sans doute pas.
Tu es la seule femme que je connaisse
dont on dirait que sous ses v�tements, elle porte des v�tements.
Tu as la gr�ce et la f�minit� d'un sabot.
Et toi, oncle Simon?
J'�coute.
Voyons si tu peux compenser ton apparence de l�gume
en exprimant ton opinion.
Si je suis un l�gume,
c'est parce que mon jardinier est une relique
faite de peau dess�ch�e et d'eau glac�e.
Pas mal, pas mal.
Si je te d�range trop, tu peux comprendre pourquoi,
au moins en partie.
Eh bien, mon navet angulaire,
quoi de neuf?
Tu dis avoir fait du chocolat chaud.
T'es-tu consacr�e � d'autres projets excitants?
Je vois que tu as essay� d'ouvrir les rideaux de ma chambre et de I'entr�e.
Je vois que tu les a ferm�s.
Tu me demandes ce que j'ai fait aujourd'hui. Je te le dis.
J'ai nettoy� derri�re toi.
J'ai essay� de nettoyer les d�tritus que tu laisses toujours.
Et qu'est-ce que c'est que cette machine?
Un nettoyeur, peut-�tre?
Dis-moi, oncle scientifique, quelle est sa place?
Remets-le o� il �tait.
Je t'ai dit cent fois de ne rien d�placer.
J'aurais pu le retirer quand j'ai nettoy� la cave.
Mais comme d'habitude, la porte du laboratoire �tait ferm�e � cl�.
Un jour, j'aimerais bien voir ce que tu fabriques l�-dedans.
�a, j'en suis s�r.
Et un jour, tu verras.
Un jour, cette vieille bicoque sera � toi,
et tu en feras ce que tu voudras.
D'ici l�, ne fourre pas ta carcasse dans mon laboratoire,
ni ton long nez curieux dans mes affaires.
Maintenant, va me chercher du chocolat chaud.
Avec la tasse en porcelaine.
S'il n'est pas assez chaud, je le jetterai par terre!
Une question.
Vas-y.
Pourquoi restes-tu ici?
J'avais I'impression d'�tre utile.
C'est vrai.
C'est pour �a que je te garde.
Mais �a n'explique absolument pas pourquoi tu restes.
Tu voudrais que je sois honn�te, je pr�sume?
Tout � fait.
Tu manques de beaut�,
mais pas de candeur.
Je reste
en attendant le moment o� je te verrai enterr�.
En rentrant de ton enterrement, j'ouvrirai une bouteille de vin.
Je veux �tre rembours�e
des 25 ans pendant lesquels tu m'as cri� dessus,
insult�e, rudoy�e, humili�e,
et march� dessus comme un vieux tapis.
C'est assez honn�te pour toi?
Je te souhaite bonne chance, bonne et fid�le Barbara.
Mais je t'offre tout de m�me cette observation.
Si tu avais quelque chose dans le ventre,
tu m'aurais assassin� il y a des ann�es.
Quant � tes 25 ans de mis�re abjecte et d'indignation indicible,
tu les as m�rit�s, petite.
Maintenant, mon chocolat chaud.
Personnage principal: M. Simon Polk.
Un homme qui a v�cu sa vie dans une rage joyeuse.
Et la jeune femme qui vient de battre en retraite
est la ni�ce de M. Polk, Barbara.
Elle a v�cu sa vie comme si, heure apr�s heure,
elle avait rendez-vous chez le dentiste.
Mais il y a un troisi�me personnage qu'il nous reste � d�couvrir.
Il vit dans le laboratoire,
et c'est le genre de personnage qu'on ne trouve que dans La Quatri�me Dimension.
Qu'est-ce que c'est?
Je cherchais...
Quoi?
Je me disais que tu me ferais peut-�tre voir ce que tu construis.
Mais oui.
Tu aimerais savoir, hein?
C'est ton point commun avec les femmes normales:
la curiosit�,
une ineffable curiosit�.
Un jour, tu sauras ce que je construis,
mais d'ici l�,
esp�ce de substitut nocturne du genre f�minin,
si je te trouve � fouiner devant ma porte, je te casse la t�te.
Maintenant, monte,
et occupe-toi les m�ninges avec un jeu de dominos.
Dis-moi, oncle Simon.
Pourquoi les b�tes comme toi restent en vie si longtemps?
- Pardon? - Tu as entendu.
Pourquoi les hommes bien meurent,
et les animaux comme toi restent en vie?
Dans la plupart des cas, dans le mien en particulier, on vit pour quelque chose.
Moi, je vis pour toi, sale avaricieuse.
Je fais battre ce coeur d�cr�pi,
je fais respirer ces poumons p�rim�s,
parce que je sais � quel point tu es d�vou�e � I'id�e de me voir mourir.
Qui est venu ici il y a 25 ans,
alors que tu �tais boiteux, malade, et que tu ne pouvais pas bouger?
Qui est venu, t'as soign�, t'a maintenu en vie?
Toi.
Toi, guenon fouineuse.
Maintenant, soyons pr�cis.
Pourquoi es-tu venue?
Par amour, Barbara?
Par compassion bienveillante?
Par loyaut� vraie et enti�re?
Je vais te dire pourquoi tu es venue.
Tu es rest�e mois apr�s mois, ann�e apr�s ann�e,
parce que chaque pri�re qui sortait de ta bouche �tait une supplique
que je meure avant le matin.
Ne me balance pas tes banalit�s,
esp�ce d'intrigante sans l�vres mont�e sur deux cure-dents.
Tout ce que tu as fait pour moi, tu I'as fait par avarice.
Par avarice.
Une avarice si �norme, si �paisse,
qu'elle a supplant� m�me la haine en toi.
Je vais te dire un truc, vieille obs�d�e du fric,
tu seras pay�e en temps utile, mais avant cela,
tu paieras de chaque pore de ta peau.
Tu paieras, immonde pr�dateur.
Tu...
Aide-moi.
Pourquoi ne m'aides-tu pas?
Comment?
Comment? Je ne t'entends pas.
Parle plus fort, veux-tu?
Dis-moi ce que tu veux.
Je crois
que mon dos est cass�.
Tu dis que tu veux du chocolat chaud?
Tu le veux dans la tasse en porcelaine?
Quel est ton d�sir, mon oncle?
Tu veux que je ferme les rideaux et que je ferme la fen�tre?
Tu veux Barbara?
Elle est l�, mon cher. Juste � c�t� de toi.
Tu ne la vois pas?
Tu ne I'entends pas,
esp�ce de vieil albatros puant?
Oncle Simon?
Ne meurs pas juste maintenant.
Si tu peux attendre, essaie juste un instant.
Je veux te dire quelque chose.
Je veux faire une annonce.
A compter de cette seconde,
j'arr�te de souffrir � cause de toi.
Je ne s�me plus, oncle Simon.
Maintenant, je r�colte!
H�, le monde! Je suis de retour!
Je suis vraiment de retour!
Dites-moi I'essentiel,
que je sache quoi faire de certaines vieilleries.
C'est �a, I'essentiel.
Le testament requiert explicitement que vous ne jetiez rien.
Que vous conserviez tout intact.
Je vois.
La maison, les meubles, tout vous appartient � jamais.
A condition, bien entendu, que vous restiez ici.
O� irais-je?
C'est chez moi.
Bien s�r.
Mais le testament est tr�s clair dans son intention.
Tout restera � votre nom tant que vous serez dans la propri�t�.
La m�me chose s'appliquera aux divers certificats et � I'argent,
ce qui repr�sente une belle somme. Il vous a �t� l�gu�.
Vous b�n�ficierez de tous les int�r�ts tant que vous resterez dans la maison.
O� trouver un autre homme avec un si grand coeur?
Voici un codicille que votre oncle a fait livrer � mon bureau.
Ses instructions �taient de I'inclure dans le testament.
Le sens en est, Mlle Polk, que pour b�n�ficier de I'h�ritage,
il y a une condition suppl�mentaire.
Que vous preniez soin de toutes les exp�riences de votre oncle.
Que vous preniez soin? C'est �trange.
Je ne comprends pas, M. Schwimmer.
De quelles exp�riences parle-t-il?
Je n'en ai aucune id�e, mais voici ce que �a dit.
"Ma ch�re ni�ce Barbara sera responsable du bien-�tre
"de ma derni�re exp�rience.
"Elle s'en occupera, en prendra soin, et r�pondra � tous ses besoins.
"Un membre du cabinet Schwimmer
"rendra visite � son domicile une fois par semaine,
"pour v�rifier que cette condition est remplie.
"Dans le cas o� ma ni�ce Barbara faillirait � accomplir cette t�che,
" je l�gue tous mes biens
"� I'Universit�."
Le sens de ceci...
Quel est-il?
Cela d�pend beaucoup de la nature de I'exp�rience en question.
Il s'y r�f�re comme � "cela".
Vous avez une id�e de ce qu'est ce "cela"?
Aucune id�e.
Except� que cela doit se trouver dans le laboratoire.
Rien de bien important.
Comment allez-vous?
Je suis un homme m�canique
construit par votre d�funt oncle, Simon Polk.
L'ouverture de la porte a actionn�
toutes mes commandes automatiques.
Soyez patiente avec moi, car d'apr�s les plans,
il faudra plusieurs jours
avant que je ne fonctionne au maximum de mes capacit�s.
Je vous pr�sente mes respects.
Bonjour, Barbara I
Je sors, Frankenstein.
Si tu as besoin d'huile ou de quoi que ce soit, prends-le toi-m�me.
Tu ne dois pas sortir.
M. Schwimmer va venir ce soir.
Une semaine est pass�e.
M. Schwimmer ne vient pas?
Si, il vient.
Il sera l� � 20 h.
Bien.
Bien! Pourquoi?
Il verra que je fonctionne correctement.
Tu vois, je suis comme un b�b�.
Je m�ris graduellement.
Bient�t, j'aurai toutes mes facult�s.
Je pourrai activer toutes mes fonctions.
Je serai un �tre � part enti�re.
Formidable.
Comme c'est enthousiasmant.
Tu seras un �tre � part enti�re. Et que se passera-t-il?
J'aurai des caract�ristiques humaines,
celles que ton oncle Simon a jug� me convenir.
Mon oncle Simon?
C'�tait un homme extraordinaire.
Un homme brillant.
C'est int�ressant.
Tr�s int�ressant.
Je commence � le ressentir.
Quoi donc?
Un d�sir.
Un nouveau d�sir.
Un chocolat chaud.
J'adorerais une tasse de chocolat chaud.
Vous �tes ravissante, Mlle Polk.
Et comment va le jeune M. Polk?
Tu as pris ces cl�s sur le bureau. Rends-les-moi.
Non, je dois garder la porte du laboratoire ferm�e.
Il ne faut pas descendre.
C'est ma pi�ce. Elle m'appartient.
Tu m'apportes un chocolat chaud?
Quand tu me I'auras apport�,
tu veux bien fermer toutes les fen�tres et tirer tous les rideaux?
Je n'aime pas la lumi�re.
Je n'aime pas I'air.
Qu'y a-t-il, Barbara?
Dis-moi, s'il te pla�t.
Qu'y a-t-il?
Qu'y a-t-il,
esp�ce d'�chantillon de la maladresse de la nature?
Aide-moi.
Comment allez-vous ce soir, Mlle Polk?
Il est... plut�t silencieux ces jours-ci.
Il ne dit pas grand chose.
Il fait savoir ce qu'il veut.
C'est dommage pour sa jambe, mais il arrive � se promener, n'est-ce pas?
Oui, tout � fait.
A la semaine prochaine, Mlle Polk.
Prenez soin de vous, ma ch�re. Inutile de me raccompagner.
Barbara, ma ch�re.
Si tu peux imposer � ta carcasse de poup�e ab�m�e de se bouger,
j'aimerais une tasse de chocolat.
Je le voudrais dans la tasse en porcelaine.
Et s'il n'est pas chaud, je le jetterai par terre.
Tr�s bien. Je vais en faire.
Parle, cervelle de peluche.
Je ne t'entends pas.
Je vais faire du chocolat chaud.
T'as int�r�t, feignasse l�thargique, et il a int�r�t � �tre chaud.
Tu entends? Qu'il soit chaud I
Qu'est-ce qu'il faut pour te bouger, crabe bovin?
Je vais te le pr�parer.
Tu vas me le pr�parer, quoi?
Je vais te le pr�parer...
mon oncle.
Personnage principal:
un homme de m�tal que nous appellerons Simon,
dont la vie, comme le corps, ont �t� faits sur mesure.
Et une femme qui s'en occupe, Barbara,
qui a d�couvert trop tard que les mauvaises choses n'ont pas de fin,
et que comme on fait son lit, on se couche.
Un petit exercice d�sagr�able d'avarice et d'automates,
dans La Quatri�me Dimension.
Subtitles by SOFTITLER
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