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PRUDENCE ET LA PILULE.
- Bonjour Prudence ! - Bonjour Gerald !
Cela fait douze ans que je vis avec Prudence, ma femme.
Un mariage parfaitement normal, sans friction.
Nous avons atteint notre maximum : la paix dans le mariage.
Tous les matins, nous déjeunons ensemble en parfaite harmonie.
- Gerald ! - Quoi ? Quoi ?
- Qu'est-ce que tu fais ? - Rien !
Eh bien dans ce cas, allons-y.
En harmonie presque parfaite.
Nous avons des intérêts distincts pendant la journée
et des chambres séparées pendant la nuit.
- Votre journal madame. - Merci Rose.
- Le Times monsieur. - Merci Rose.
Comme vous pouvez le voir, un départ normal d'un jour normal.
Les sociologues disent qu'on peut savoir si un mariage est heureux
à la conversation joyeuse et brillante du petit-déjeuner.
Au revoir Prudence.
Au revoir Gerald chéri.
Mon monde est celui des affaires.
Très confortable mais aussi très ennuyeux.
J'ai inventé des petits jeux pour éviter la monotonie.
La matinée commence avec la poursuite de Thompson.
Monsieur! Excusez-moi monsieur !
Je fait semblant de l'ignorer.
Alors je parie sur le temps que ça prend
pour qu'il m'informe des affaires courantes.
Le record est de 25 secondes.
En tant que président d'une des banques de Londres
je suis continuellement contraint de parler d'argent.
L'argent qui circule d'un côté à l'autre de la ville.
Je dois parler aux gens.
Aux gens de l'argent.
Aux riches de l'argent.
Je suis toujours bien disposé envers les œuvres caritatives.
Mais j'aimerais pouvoir éviter d'inspecter la brigade !
Je n'ai jamais su si je devais leur dire "coupez vos cheveux"
ou "rentrez votre ventre".
Et ainsi tous les jours.
Toute la journée.
Courir d'un endroit à l'autre, de réunion en réunion.
Pas une minute pour moi.
Parfois, je me demande comment j'ai pu le supporter.
Il y a eu des jours où je n'avais même pas le temps de rentrer dîner chez moi.
Chéri!
Tout a commencé avec mon frère Henry.
Henry est une personne calme,
comme sa femme.
Grace et Henry étaient très amoureux.
Et toujours prêt à savourer les plaisirs simples de la vie.
Tous les vendredis, ils allaient au cinéma local.
Ils ne savaient presque jamais ce qu'ils allaient voir,
ça n'avait pas d'importance.
Ce qui comptait, c'était qu'ils soient ensemble.
Mais ce vendredi-là, comme marqué par le destin,
ils ont réalisé qu'ils avaient déjà vu le film.
Serais-tu très déçue si on rentrait à la maison ?
Je ne suis jamais déçue de rentrer à la maison chéri.
Non, non, non, laisse-moi faire!
Toi d'abord.
Grace !
Grace !
Tu sais ce qu'on va faire ?
On va se consoler avec une bouteille de champagne.
- Oui, et on l'emmène au lit. - Excellente idée !
Va la chercher.
Je vais prendre un bain rapide.
Bien !
Géraldine ?
Géraldine !
Maman ! Qu'est-ce que tu fais ici ?
Désolé.
Henry !
Arrête-le !
- Qu'est-ce que tu as volé ? - Je n'ai rien volé !
Comment es-tu entré ici ?
Pourriez-vous lâcher mon bras ? Je ne vais pas m'échapper monsieur.
Qui es-tu ?
Je m'appelle Tony Bates. Je suis le petit ami de votre fille.
Le petit ami de ma fille ?
Je suppose que c'est votre fille, si vous êtes M. Hardcastle.
Oui, c'est ma fille.
Mais tu n'es même pas son petit ami.
Géraldine !
Comment oses-tu ?
Ne sois pas ridicule maman !
Ne me parle pas comme ça !
Je suis désolée mais ça ne te regarde pas!
Henry !
Viens avec moi !
Ferme la porte !
Et maintenant,
j'espère qu'il y a une explication.
Eh bien vous voyez, je suis venu pour Géraldine.
Et pendant qu'elle changeait de robe, nous parlions.
Vous parliez
pendant qu'elle changeait de robe?
Tu parles à ma fille pendant qu'elle s'habille ?
Oui monsieur.
Ce n'est pas la première fois.
Et ensuite, que s'est-il passé ?
C'est tout.
Quel âge as-tu?
Vingt ans.
Tu te rends compte que tu mérites une bonne raclée ?
Oui, je suppose.
C'est incroyable !
Géraldine
n'est qu'une fille !
D'une certaine façon monsieur.
- Où habites-tu ? - Vesbour House.
- Où est-ce que c'est ? - Dans Prinsher Risbour.
- Ton téléphone ? - Risbour, 6246.
Je vais parler à ton père tout de suite.
- J'ai bien peur que ce ne soit pas possible. - Pourquoi ? Il est sorti ?
- Il est en Chine. - Et quand revient-il ?
Il ne reviendra pas.
- Jamais ? - Non monsieur.
- Pourquoi? - Il est en isolement.
Dans un monastère?
Je ne sais pas, il a quitté la maison. le lendemain de ma naissance
Alors je parlerai à ta mère.
J'ai bien peur que ce ne soit pas possible non plus.
- C'est aussi une recluse? - Non monsieur, elle est morte.
- Et qui s'occupe de toi ? - Mon tuteur.
- Et qui est ce? - C'est une tutrice.
Qui c'est ?
Ma tante Roberta.
Elle n'a pas l'air de trop te contrôler.
- Non, c'est vrai. - D'accord, je lui parlerai.
J'ai bien peur que ce ne soit pas possible.
- Pourquoi ? Où est-elle? - Au Japon monsieur.
Tony !
Géraldine !
C'est mon ami John Marckuiz.
Il a pris ma voiture pour mettre de l'essence pendant que nous...
Tu peux partir!
Puis-je parler un instant à Géraldine avant ?
Non, rentre chez toi !
Puis-je dire une chose monsieur ?
Quoi?
J'aime Géraldine.
Je l'aime beaucoup et
j'ai l'intention de l'épouser.
Tu auras des nouvelles
de mes avocats.
Tony, Géraldine !
Je suis vraiment désolé monsieur.
Bonne nuit monsieur !
- Mlle Géraldine est descendue ? - Oui madame, elle est dans la salle à manger.
- Que personne ne nous dérange. Il faut qu'on parle.
D'accord madame.
Salut maman !
Géraldine.
Quoi ?
Je veux te parler.
Vas-y.
- Papa est déjà parti ? - Il est parti jouer au golf.
Peut-être qu'hier je t'ai dit des choses qui t'on blessée.
Non,
je ne t'ai pas écouté !
Eh bien, j'ai été très surprise.
Ne t'inquiète pas maman.
Ce n'était pas ta faute.
Qu'est-ce qu'on fait pour le week-end ? On s'en va ?
Géraldine !
Tu ne réalises pas que ce que tu as fait ?
Si, bien sûr.
Et tu le prends si calmement !
Ce n'est pas nouveau tu sais.
Pas nouveau?
Tu veux dire que ce qui s'est passé hier était déjà arrivé avant ?
Oui maman.
Avec qui?
Je n'ai pas dit que c'était avec d'autres personnes !
Avec Tony !
Géraldine,
depuis combien de temps ça dure?
Ca a commencé la journée des régates.
Tu ne bois pas de café?
Merci, plus tard.
Je suis désolé que tu n'aimes pas Tony !
C'est quelqu'un de bien.
On ne parle pas de lui !
Ce qui m'inquiète c'est ton comportement !
Apparemment, tu ne t'en rends pas compte, mais tu es
dans une situation très grave.
Tu vas devoir épouser ce garçon !
C'est ce que je veux !
Mais sais-tu quelque chose sur lui ?
Quelle est sa famille ?
Que fait-il? A-t-il un avenir ?
Je suis ta mère, j'aimerais en savoir plus.
Et ton père aussi.
C'est très facile. Tony a été élevé par sa tante.
Lady Bates.
Lady Roberta Bates ?
Des
confitures Bates.
Oui maman.
Et pourquoi tu ne me l'as pas dit hier soir ?
C'était très difficile de te dire quoi que ce soit.
On ne pouvait pas te parler.
Mais le fait que ce soit Bates
change quelque chose?
Non!
Et ce que tu as fait est de la folie.
Les riche ne disent pas tout de leur vie privée.
Tony ne voit personne d'autre
que moi !
Comment peux-tu en être sûr ?
Qu'entends-tu par là ?
Je veux dire que les hommes ont l'habitude de mentir.
Je ne veux plus en parler !
Tu parles de quelqu'un que tu ne connais même pas !
Et tu n'as pas le droit de parler ainsi.
Je ne t'écoute plus !
Je t'ai dit que je l'aimais.
Géraldine, pas besoin de se fâcher.
Je ne suis pas en colère, j'en ai ras la casquette!
Je t'interdis d'utiliser ce langage !
Je l'utilise parce qu'il exprime ce que je ressens !
Ne l'utilise plus jamais !
Du moins dans cette maison.
Ce que tu as fait
ne t'autorise pas à me parler comme ça. Je suis ta mère !
Et cette situation m'inquiète.
Tu sembles croire que tout ça ne me regarde pas.
Mais quand tu auras un enfant d'un homme qui ne veut pas se marier,
tu iras nous demander de l'aide.
Il va m'épouser !
- Je ne vois pas la nécessité d'en parler ! - Ne sois pas ridicule !
Géraldine !
Il n'a même pas encore 21 ans.
Sa tante ne le laissera peut-être pas t'épouser !
Dans tous les cas, je n'aurai pas d'enfants.
Tu ne peux pas en être si sûr puisque tu as pris un risque.
- Non! - Bien sûr que si !
Maman !
Je ne suis pas un enfant !
Je prends mes précautions !
Quoi?
Tu prends tes précautions ?
Oui.
Quelles précautions ?
Thenol.
Thenol ?
Les pilules ?
Tu prends
des pilules de Thenol ?
Oui.
Comment peux-tu faire ça ?
Tu ne peux pas l'acheter sans ordonnance du médecin.
Je sais.
J'ai pris les tiennes.
Les miennes?
Où les as-tu eues ?
Dans le tiroir de ta commode.
Ce n'est pas vrai.
J'en ai une certaine quantité
et je n'en prends qu'une par jour.
Si certaines disparaissaient, je l'aurais remarqué.
Oui, bien sûr.
Mais tu ne l'as pas réalisé pour la simple raison que
je les a remplacées par de l'aspirine.
Maman !
Quand Grace me l'a dit, je suis tombé des nues.
C'est grotesque. - Eh bien, je ne sais pas.
Penses-t que je pourrais souhaiter un autre enfant à mon âge ?
Je dois devenir grand-père, pas encore père.
Mais je dois l'accepter, que ça me plaise ou non.
C'était un choc terrible!
Je me demande si ça sera un garçon ou une fille.
Buvons à ce qui arrive.
A lui, ou à elle.
A l'intrus.
- A ton premier garçon. - Je te remercie.
Comment s'appellent ces pilules ?
- Thenol. - Comment l'épelles-tu ?
T, h, e, n, o, l. Pourquoi ?
Je ne sais pas, ça me semble vaguement familier. Thenol ?
- Thenol ! - Qu'avez-vous dit monsieur ?
Rien !
Oh mon Dieu !
Voilà, Thenol.
- Vous êtes sûr que ça marche ? - Bien sûr, c'est infaillible.
Dis-lui d'en prendre une par jour.
Ça va être difficile.
Pourquoi ?
Vous voyez, c'est que je n'ai pas....
Je veux dire qu'elle n'a pas...
Je ne peux pas lui dire ça, vous comprenez ?
Vous voulez déguiser ça, n'est-ce pas ?
- Oui.
Regardez.
De la vitamine B, pour vous garder en forme.
Tout ce qu'il faut, c'est que vous retiriez de la bouteille les Vitamine B
et y mettre les pilules de Thenol à la place.
Et ne pas oublier de lire les instructions.
- Vous êtes un génie ! - Ce n'est rien.
La moitié des filles pensent qu'elles prennent
des vitamines.
- Bonsoir monsieur. - Bonsoir Rose, madame est là ?
- Oui monsieur. - Où ça ?
- Dans la bibliothèque, devant la télé.
Gerald !
Oui ?
Si tu veux prendre un verre avant le dîner, dépêche-toi.
Oui merci, j'arrive.
Qui ça peut être ?
- Des vitamines? - Oui Rose.
Pour que tu puisses devenir forte et jolie.
Tu crois que j'en ai besoin ?
Eh bien, tu es un peu pâle ces derniers temps.
La maison est très grande et ça te donne trop de travail.
Ne t'inquiète pas. Il ne m'arrivera rien !
Si tu prends ça, j'en suis sûr.
Mais tu dois les prendre régulièrement, à la même heure tous les soirs.
Quelles vitamines étranges !
Oui!
L'effet dure jusqu'au lendemain.
Prends-les et tout ira bien.
Et je serai heureux !
Tu m'aimes vraiment Ted ?
Bien sûr Rosie.
Pourquoi tu n'en prends pas maintenant ?
J'ai déjeuné avec Henry aujourd'hui.
Tais-toi Gerald. Je ne peux pas suivre le film!
Ce n'est qu'un western.
Bien sûr, un western est inférieur à toi.
Ce n'est pas ça.
Alors pourquoi est-ce que tu parles?
J'essayais juste de te dire que
Grace attend un autre enfant.
Dieu du ciel !
- Tu es sérieux? - Bien sûr.
Je pensais qu'elle était trop âgée!
Pourquoi? elle n'est pas plus vieille que nous.
- Je pensais ! - Pourquoi ?
Je ne sais pas. Elle est trop sage.
Et les gens sages n'ont pas d'enfants ?
De toute façon, je suis très heureuse pour eux.
Et un peu jalouse ?
Oui.
J'aurais aimé avoir des enfants.
Un, deux, peut-être.
Mais pas avec toi.
Tu aurais été un très mauvais père.
Tu crois ?
Bonne nuit Gerald.
Et pourquoi veux-tu découvrir qui c'est ?
Elle ne sait rien de moi.
Pourquoi veux-tu savoir?
Mais enfin tu vas divorcer !
Eh bien, pourquoi pas ?
Ne crois pas que tu m'épouseras.
Une fois c'est assez.
Je ne suis pas du genre à me marier !
On va chercher une jeune femme de bien pour toi.
Merci, bonne idée !
Je ne pense pas que tu fasses quoi que ce soit.
Je ne pense pas que tu veuilles faire un procès.
- Je déteste les procès ! - Bien sûr !
L'attaquer ? L'insulter ? La traiter comme une criminelle ?
- Et pourquoi faire? - C'est ce que je fais.
Exactement ce que tu fait.
C'est vrai que tu ne m'épouserais pas si j'étais libre ?
C'est ce que j'ai dit.
Eh bien...
peut-être que je t'épouserais
mais tu n'es pas libre.
Et tu ne le seras probablement jamais.
Tu n'emploieras jamais un détective privé.
Tu ne diras pas à ton chauffeur de garder un oeil sur elle.
Je suis sûr que tu n'ouvriras pas ses lettres.
Tu ne mettras pas le téléphone sur écoute.
Mais je dois faire quelque chose !
- Tu peux faire comme Géraldine. - Comme Géraldine?
Pourquoi pas ?
Tu as dit qu'elle veut un enfant d'un autre.
Et tu m'as aussi dit que tu lui donnerais une pension
et que tu veux une solution satisfaisante pour nous deux.
J'essaie juste de t'aider.
Qu'a fait Géraldine ?
Bonjour monsieur.
Pouvez-vous me donner
un flacon d'aspirine ? - Aspirines ?
- Aspirines.
Oui monsieur.
Rose, c'est vous !
Je suis désolé monsieur, Je ne savais pas que vous étiez là.
Au cours d'un hiver long et rude
avec une bonne alimentation en aspirine,
j'attendais patiemment le printemps.
Et il est arrivé.
Une explosion de fleurs
s'est ouverte à travers champs et jardins.
La nature a présenté sa collection de printemps.
La fertilité a pu être vue un peu partout.
Et Prudence....
- Allô ? - Bonjour, mon mari est là ?
Mme Hardcastle ! Un instant s'il vous plaît.
- Mme Hardcastle au téléphone monsieur. - Passez-la-moi s'il vous plaît.
- Dit-moi.
Sais-tu si tu viens pour dîner ce soir ?
Je vais être en retard.
- De combien de temps ? - Je ne sais pas, pourquoi ?
Reviens à une heure raisonnable, j'ai quelque chose d'important à te dire.
- Quoi donc? - Je ne peux pas te le dire au téléphone
et je ne t'aurais pas dérangé, mais puisque tu pars demain....
Je vais voir ce que je peux faire.
Merci.
Allô ?
Liz chérie, je suis désolé. Je ne pourrai pas venir ce soir.
Qu'est-ce que t'as dit ?
J'ai fait un gâteau.
Ecoute, je pense qu'elle va m'annoncer le grand événement !
Non !
Elle m'a appelé et a quelque chose d'important à me dire.
Alors vas-y, cours ! Le gâteau sera bon froid.
Je t'expliquer tout demain.
D'accord.
Je suis là.
Bien.
Il y a un problème?
C'est plutôt sérieux, oui.
Ca va ?
Oui.
Va dans ta chambre, j'arrive tout de suite.
- Je te prépare quelque chose en attendant ? - Oui ! Un gin tonic s'il te plaît.
Un gin tonic.
- Voilà . - Merci.
Quel est le problème ?
C'est embarrassant Gerald
mais je pense qu'il vaut mieux en venir au fait.
Il n'y a rien d'embarrassant entre nous.
Alors que se passe-t-il?
La population de maison va grandir.
Qu'est-ce que ça veut dire ?
Rose va avoir un bébé.
Rose ?
Oui, je comprends ta surprise.
De qui ?
De Ted !
Ted ?
Elle me l'a dit ce matin
et m'a expliqué les détails.
L'important maintenant est de décider ce que nous allons faire.
Tu as parlé à Ted ?
Bien sûr que non ! C'est à toi à le faire.
Oh, mon Dieu !
Oui, je ne m'attendais pas à ça de la part de Rose.
Je suis déçue.
Eh bien!
Tu dois parler à Ted ce soir.
Ça ne peux pas attendre demain ?
Tu n'auras pas le temps demain matin, et l'après-midi tu pars!
Oui, tu as raison.
Tu préfères lui parler maintenant ou attendre après le dîner ?
Le plus tôt sera le mieux.
Qu'est-ce que je dois lui dire ?
Qu'il doit l'épouser !
Il le voudra ?
Il doit le faire !
Prudence, écoute.
Donne-moi cinq minutes pour me changer et envoie-le moi.
Il attend déjà.
Ted ?
Montez s'il vous plaît.
Entrez !
Merci monsieur.
Ted,
dans toute l'histoire du monde chaque homme
qui aime une femme doit payer pour ça.
Il faut l'épouser.
Bien sur!
Elle fera une excellente épouse, je lui ai dit.
Le mariage est une belle institution.
Je suppose qu'après ce qui s'est passé
vous ne nous garderez pas?
Attendez un peu, ne partez pas si vite.
- On en reparlera. - Vous êtes très aimable monsieur.
Mais je vous croyais plus intelligent.
Certaines précautions peuvent être prises vous savez.
Nous en avons pris monsieur, mais ça n'a servi à rien.
Qu'est-ce qu'elle prenait?
Elle prenait des pilules de Thenol.
Rose l'a voulu?
- Non monsieur, mais moi si. - Et où les avez-vous eues ?
A la pharmacie.
- Chez Ferguson ? - Oui monsieur.
Avec une ordonnance ?
Non, c'est un très bon ami à moi monsieur.
Je vois.
J'espère que vous ne direz rien ! Je ne voudrais pas lui créer
des problème.
- Non, bien sûr. - Je vous remercie monsieur.
Et vous avez donné ces pilules à Rose?
Oui monsieur, une par jour. C'est la dose.
Et ça n'a pas marché.
Non monsieur.
Oui, une seconde.
Ok Ted, vous pouvez y aller.
Merci beaucoup monsieur.
Si j'étais vous, je parlerais avec cet ami pharmacien.
Il vous a peut-être donné de l'aspirine.
Mais ce serait une canaille.
Oui.
Rose, ne pleurez pas !
Je partirai demain matin.
Dès que j'aurai servi le petit-déjeuner.
J'ai déjà fait mes valises.
Non, vous allez rester et épouser Ted.
Le voudra-t-il?
Il vous l'a dit n'est-ce pas ?
Non, je n'arrive pas à y croire.
Mais il vous aime, il l'a prouvé n'est-ce pas ?
J'ai honte de ce que j'ai fait !
Dieu ne me pardonnera pas !
Mais si.
Nous pourrons construire pour vous
un petit appartement.
Oh!
On ne mérite pas ça !
Que Dieu vous bénisse monsieur !
Merci Rose. Et maintenant ne pleurez plus.
Rose, il y a une chose que je ne comprends pas.
Quoi monsieur ?
Comment ces pilules n'ont pas empêché ça ?
Pilules ?
Quelles pilules ?
Les pilules de Thenol.
Comment le savez-vous monsieur ?
Ted m'a tout raconté.
Ted ?
Mais il ne savait pas !
Mais il vous en a donnés n'est-ce pas ?
Ted m'a donné des vitamines !
C'est un fanatique de vitamines, monsieur.
Alors où...
Où les avez-vous eue ?
Arrêtez Rose !
Dites-moi la vérité.
Vous avez pris les pilules de madame
et mis à la place des vitamines?
Oh, mon Dieu !
Je suis désolée monsieur !
J'ai parlé à mon ami le pharmacien monsieur
et les pilules étaient authentiques.
Alors pourquoi avoir dit à Rose que c'était des vitamines ?
Parce que si je lui avais dit ce que c'était, elle ne les aurais jamais prises.
- Jamais ? - Non, monsieur.
- Vous en êtes sûr ? - Oui.
Pourquoi pas ?
Parce que Rose n'aurait pas voulu ça.
Je comprends!
Vous ne lui avez pas dit la vérité monsieur !
- Non, je ne lui ai pas dit. - Merci beaucoup monsieur !
Un désastre !
Un désastre total !
Qu'est-ce que tu veux dire ?
Ce n'était pas Prudence, c'était Rose !
- Rose ? - Oui, Rose.
- Elle a pris l'aspirine de Prudence. - Quoi ?
Ted lui a donné des vitamines, pensa-t-elle.
Prudence croyait que Ted lui a donné des vitamines ?
Non, il les a donnés à Rose, et Rose les a changés
avec les vitamines de Prudence. Les aspirines je veux dire !
Mais si Rose voulait de l'aspirine, pourquoi Ted lui a donné des vitamines ?
Elle ne voulait pas d'aspirine.
Et pourquoi le pensait-il ?
Il ne le pensait pas, je n'ai pas dit ça !
Gerald, de quoi tu parles alors ?
Je te l'expliquerai si tu arrêtes de m'interrompre.
Prudence croyait que Ted croyait que Rose avait des vitamines... aspiri.... aspi.....
Un double s'il te plaît.
- Pas en français s'il te plaît. - Excusez-moi !
C'est ennuyeux bien sûr, mais
comme elle ne sait rien
je ne vois aucune raison de se décourager.
Je ne suis pas découragé.
Ma femme va prendre des aspirines
même si c'est la dernière chose que je fais dans ce monde.
- Bonjour monsieur, aspirine ? - Exactement.
Un grand pot.
Tout de suite.
En tête de la course le numéro onze
qui a battu le record du tour.
Le numéro sept, qui s'était arrêté aux stands
suite à un léger dysfonctionnement
a réintégré la course.
S'il vous plaît, reculez!
Reculez! Vous ne pouvez pas être ici. C'est interdit !
Où allez-vous?
Je cherche M. Bates !
Et qui c'est ?
Il est dans ce que vous appelez les boxes.
- Vous ne pouvez pas passer. - Pourquoi?
- Vous n'avez pas de bracelet. - Je n'ai pas quoi ?
De bracelet!
Et personne ne peut entrer sans bracelet officiel !
Et où puis-je me procurer un bracelet officiel ?
Je ne pense pas qu'il en reste! Allez, reculez !
Reculez, sortez d'ici !
Hé ! Attendez !
Mon Dieu!
Sortez cette folle de la piste !
Oh, mon Dieu !
C'est l'ancienne !
Je dois parler avec mon neveu, c'est très important.
Je suis revenue de Tokyo une semaine plus tôt pour....
Oh ! Le voilà !
- Tante Roberta ! - Mon enfant !
Tony, c'est interdit d'être dans les stands, tu le sais bien !
C'est Lady Bates monsieur, ma tante ! Je m'en occupe.
D'accord, mais fait attention !
- C'est donc un boxes! - Tante, ne les distrais pas.
- Lâche-moi! - Ne bouge pas!
CHANGEMENT DE ROUE
- Encore un tour, et il va rentrer! - C'est excitant !
Parle-moi de cette fille, j'ai reçu ta lettre.
Elle est merveilleuse!
- Et tu vas l'épouser ? - Bien sûr !
Vas-tu me demander mon consentement ?
Quoi ? Je ne sais pas.
Vas-tu me demander mon consentement !
Quand tu la connaîtras ce ne sera plus nécessaire!
- Quand? - Demain, tu dîneras avec elle.
Demain ?
Trente secondes !
Ce n'est pas que du sex-appeal, c'est bien plus que ça.
- Je suis contente de l'entendre. - Quoi ?
Je suis heureuse d'apprendre
que ce n'est pas seulement sexuel.
On part en vacances. avec sa famille, toi aussi.
Je ne m'attendais pas à ça, pour aller où ?
Quinze secondes !
Cornwall.
Je préfère aller à Malphie.
C'est la voiture numéro sept.
Regarde ça !
- Serre bien fort, Dave.
- Plus vite Barry !
N'est-ce pas fantastique? Les quatre pneus
changés en 28 secondes.
Mais pourquoi tu vas si vite pour tout
- Mais tante....
Allez!
Qu'est-ce que tu penses de ça ?
C'est la troisième fois qu'on gagne. Allez, on s'en va.
- Numéro quatre. - C'est oncle Gerald !
Hé, oncle Gérald !
Oncle Gérald !
Je parie celui-là.
Il ne nous a pas vus !
Allez, on doit aller le voir !
Oncle Gérald !
- Où allons-nous ? - prendre du thé, tu veux?
Oui, mais qui était-ce ?
Ma nièce.
- Géraldine ? - Allons-y.
Tu as honte de moi ?
C'est absurde ! Cette petite ne sait même pas que tu existes.
Cette petite?
Tu as peur?
- Non ce n'est pas ça, c'est juste que... - Qu'est-ce que c'est alors ?
- As-tu peur qu'elle téléphone à ta femme ?
Non! Allez, on s'en va.
- Alors qu'est-ce que c'est ? - Rien, trouvons une table.
Oncle Gérald !
- Oncle Gérald !
Je te présente Tony. Tony, voici mon oncle Gerald.
Le meilleur gars du monde !
- Comment allez-vous ?
- Je vous félicite, vous avez très bon goût.
- Bonjour.
- Géraldine, je te présente... - Je suis Mme "X".
Comment allez-vous ?
J'ai entendu dire de très jolies choses sur vous.
- Merci beaucoup,madame. - C'est Mme Brett, Géraldine.
- Mme Brett est mon amante. - Vraiment ? Je suis si contente !
J'étais sûre que ça devait être une femme adorable.
Dommage que vous ne puissiez pas l'amener à Comwall avec nous.
Nous allons passer des vacances dans un vieil hôtel.
Tout le monde a hâte d'y aller et on finira par se battre comme des léopards !
Merci, mais moi aussi je vais passer une semaine
avec des amis.
Oncle Gerald, on doit y aller, nous sommes avec un groupe.
- Au revoir. - Au revoir Mme Brett.
- Au revoir madame !
Charmant, n'est-ce pas ?
Oui, charmant.
Qu'est-ce que tu vas faire pendant mon absence ?
Qu'est-ce que tu crois que je vais faire ?
Qu'est-ce que tu crois que je peux faire ?
Et tes amis ?
Quels amis ?
Ceux avec les caniches.
Ils partent aussi en vacances. Comme tout le monde !
Et en plus, ce ne sont pas des amis.
Ce ne sont que des connaissances.
- Aimerais-tu aller quelque part ? - Bien sûr.
Mais si tu oses sortir ton chéquier !
Eh bien, qu'est-ce que tu veux ?
Je veux....
Je veux un homme libre.
Il n'a pas besoin de m'épouser !
Je veux juste un homme qui peut me voir ouvertement
et aller avec lui n'importe où !
J'en ai marre de tant de discrétion !
Et maintenant, je veux rentrer chez moi.
- Ne sois pas ridicule, laisse-moi entrer ! - Va-t'en !
Je ne veux pas te parler !
Cher Gérald.
Oui!
Comment un homme
peux survivre si longtemps
ne sachant rien,
mais rien,
absolument rien sur les femmes ?
Mon chéri,
j'envoie cette lettre à ton club
parce que je crois
que c'est plus sûr.
Le problème est
que je suis devenue la femme d'un homme.
Et c'est très difficile pour moi.
Parce que tu ne peux pas devenir l'homme d'une femme.
Ce n'est pas ta faute, je sais.
Mais j'en parle parce que je ne supporte plus cette situation.
Si Prudence est tombée enceinte
les choses auraient pu être différentes.
Mais ce n'est pas le cas.
Je m'en vais.
N'essaye pas de me chercher
et s'il te plaît, ne te fâche pas.
C'est le seul moyen que je vois.
Prends soin de toi.
Je t'aime, Elizabeth.
Monsieur.
Qu'est-ce que c'est ?
- C'est pour madame. - Elle dîne dans sa chambre ?
Oui monsieur, elle ne va pas bien.
- Elle ne se sens pas bien ? - Non monsieur.
Rien de grave?
Elle n'a rien mangé de la journée.
- Rien ? - Pas une bouchée.
Donnez-moi ça. Je vais essayer de la convaincre.
Entrez Rose !
C'est toi!
Prudence, qu'est-ce qu'il y a?
Ce n'est rien. Je ne me sens pas bien.
- Qu'est-ce que c'est ? - Ton dîner.
Non, je ne veux rien, je l'ai dit à Rose !
- Tu devrais essayer. - Non, ce serait impossible !
Elle dit que tu n'as rien mangé.
Mais je n'ai pas d'appétit !
Tu as mal ?
Oui, un peu ici....
Mais ce n'est rien.
Peut-être une appendicite.
Si tu t'intéressais plus à moi, tu te rappellerais que mon appendice a été enlevé
à l'âge de dix ans !
Oui, j'avais oublié.
J'ai besoin d'un autre pack de glace.
- Laisse-moi.... - Non Gerald,
et emporte ce plateau. Rien que de le voir me donne la nausée !
Tout de suite.
Gerald, je t'ai dit de prendre ça!
Tu devrais essayer, c'est du saumon, et tu adores le saumon.
Je ne peux pas y toucher!
Il est fumé !
Tu vas t'affaiblir.
S'il te plaît, Ne me parle pas de nourriture !
Tu préfères une tortilla ?
Si tu ne vas pas mieux demain le médecin devra te voir.
Il m'a vu hier !
- Oui? - Oui, Ted m'a emmené l'après-midi.
- Et qu'est-ce qu'il t'a dit ? - Ce n'est rien de grave !
Il a fait quelques tests. Allez, descend dîner pendant que ....
j'essaye de dormir un peu.
Dors bien.
Si tu as besoin de moi, je suis en bas.
Je suis désolé.
C'est la première fois Ted ?
Non monsieur, je l'ai conduite deux fois la semaine dernière.
- Deux fois ? - Oui monsieur.
- Chez le docteur ? - Oui monsieur.
Deux fois.
Oui monsieur.
M. Hardcastle, le Dr. Hewtt va vous recevoir.
Merci.
- Comment allez-vous ?
- Asseyez-vous. - Je vous remercie.
Docteur, vous ne me connaissez pas mais ma femme est votre patiente.
Comme vous le savez, ces derniers jours elle ne se sent pas très bien
et hier soir.... - Votre femme ?
Oui, Mme Hardcastle. Prudence Hardcastle.
Oui, je vois.
Mais
je ne l'ai pas soignée récemment.
- Non? - Non.
Elle est venue vous voir avant-hier et deux fois la semaine dernière.
Non, pas depuis
un an, peut-être plus.
Il doit y avoir une erreur.
Il s'agit de Mme Gerald Hardcastle?
- Exactement. - Au moins un an.
Mlle Fraser !
- Oui Docteur ? - Vérifiez quand est venue pour la dernière fois
Mme Hardcastle. - Tout de suite.
- Je suis désolé. - Ca n'a pas d'importance.
C'est une erreur stupide.
Je pensais...
Vous avez vu Mme Hardcastle pour la dernière fois il y a presque quatorze mois.
- C'était il y a un an, en mai. - Et à qui envoyons-nous son dossier ?
- Dr Morley c'est ça ? - Oui Docteur.
Appelez-le.
Il vit au coin de Winpool Street.
Merci, c'est très gentil.
J'espère que ce n'est rien de grave.
Non, je voulais juste m'en assurer. C'est pour ça que je suis venu vous voir.
- Je ne savais pas que ma femme... - Ne vous en faites pas pour ça !
Les patients changent de médecin de temps en temps.
Je suis désolé de ne pas pouvoir vous aider.
Merci beaucoup docteur.
Rose, prenez tout ça pour le nettoyer, et ça
et ça.
Oui madame.
Rose, portez aussi ma robe bleue
qui est accroché derrière la porte. de la salle de bains.
Oui madame.
Mon chéri
j'envoie cette lettre à ton club
parce que je crois
que c'est plus sûr.
Non, il n'y a pas de quoi s'inquiéter ! Un peu de vacances peut y remédier.
- Vous en êtes sûr ? - Complètement.
Griff, Griffiths...
Donnez-lui une aspirine et qu'il s'allonge, je le rappellerai.
Greenway, Greenhom..... Hardcastle !
Oui, comme je l'ai dit un peu déprimée, un peu anémique.
J'ai prescrit des injections de fer.
Vous l'avez examinée?
Bien sûr !
Et vous n'avez rien trouvé d'autre ?
Rien du tout.
Et ces analyses que vous faites ?
Analyse ? Je n'en fais pas.
J'ai dû mal comprendre.
Non, non, non, qu'elle prenne des vacances et ça ira bien.
On pensait partir la semaine prochaine.
C'est marrant !
Curieux ? Pourquoi ?
Rien, je pensais....
La même chose ne s'est-elle pas produite l'année dernière ?
L'année dernière ?
Elle est partie en même temps que vous ?
C'est vrai.
Oui, elle est tombée malade une semaine avant et
ça a pris quinze jours.
Oui, on pourrait penser que c'était pareil.
Eh bien...
Les femmes sont des créatures très compliquées M. Hardcastle.
J'ai parfois l'impression que pour y faire face
il faut savoir ce qu'elles veulent et
le leur procurer.
C'est ce que j'essaie de faire. depuis avril Dr Morley.
Bonne après-midi.
Et merci beaucoup.
Suivant s'il vous plaît.
- Je peux passer à la pharmacie ? - Pour quoi faire ?
Je dois prendre quelque chose pour madame.
- Quoi ? - Je pense que c'est un médicament monsieur.
Quel médicament ?
Je ne sais pas monsieur, J'ai reçu l'ordonnance ce matin.
- D'accord, on va s'arrêter.
- Bonjour M. Ferguson. - Bonjour.
- Vous avez quelque chose pour ma femme. - Oui.
- Donnez-le moi. - Oui monsieur.
C'est quel médicament ?
Thenol monsieur.
Thenol ?
Montrez-moi l'ordonnance!
- Dr. Hewtt ! - Oui monsieur. Alan Hewtt.
- Harley, 427.
Bien sûr que je vois de qui vous parlez, mais je ne l'ai pas soignée récemment !
Elle n'est pas venu ici depuis
un an, peut-être plus !
Il doit y avoir une erreur !
Allez voir le Dr Hewtt !
Attends et tu verras!
Toi et ta maitresse
dans ce nid d'amour!
Attends et tu verras!
Je vais te prescrire un bon médicament du Dr Hardcastle
et ça ne te servira à rien !
- Tu es là! - Oui je suis là.
- Tu as passé une bonne journée ? - Oui merci, et toi ?
Oui, merci.
On y va?
Du fromage monsieur ?
Si c'est le même fromage qu'hier soir, non.
Quel était le problème du fromage d'hier soir ?
Il était mauvais.
Et pourquoi tu l'as mangé ?
Je ne l'ai pas mangé.
Comment sais-tu que c'était mauvais ?
Je l'ai senti.
Le café, Rose.
Je vois que tu t'es encore fait avoir à la galerie Tate.
Pourquoi?
Tu as payé cent mille livres pour un Picasso.
Et tu penses que c'est une arnaque?
Même si c'est un bon tableau
ça ne peut pas valoir tant que ça.
Si tu n'y comprends rien, pourquoi discuter?
Je veux juste que quelqu'un m'explique
comment est-ce possible. - C'est à moi que tu le demandes?
- Si tu peux l'expliquer, oui. - Je pourrais, mais je doute que tu comprennes.
Parce que c'est la première fois que je vois un cheval avec les deux yeux
du même côté de la tête?
Qu'est-ce qui te fait penser que c'est le portrait d'un cheval ?
Le titre : "Femme aux chevaux d'or".
C'est cheveux, "Femme aux cheveux d'or."
Laissez le café ici Rose !
Ca ressemble plus à un cheval qu'à une femme.
Je pense que tu comprends mieux les chevaux.
En tout cas je ne comprends pas Picasso.
Je ne pense pas que ton opinion compte.
Et je pense que que beaucoup
font semblant de le comprendre.
Ton opinion est celle d'un homme de banlieue.
Dans les banlieues, on n'achète pas un tableau sans le voir.
Je ne l'ai pas encore vu
mais j'ai parlé à quelqu'un qui l'a vu
et qui n'est pas ignorant.
Avec qui ? Ton médecin ?
Je ne parle jamais de peinture avec le Dr Morley !
Et le Dr Hewtt ?
Cela fait un certain temps que Hewitt n'est plus mon médecin !
Puis-je te demander pourquoi tu l'as quitté ?
Ma sœur m'a recommandé le Dr Morley.
Hewitt n'est pas bon?
Hewitt est un médecin extraordinaire.
C'est une drôle de raison de le quitter.
- Tu t'inquiètes pour ma santé ? - Pas du tout.
Mais il est très rare de tomber malade deux années de suite
une semaine avant nos vacances.
Tellement malade qu'on ne peut pas manger bananes et chocolat.
À mon avis, j'ai dîné ce soir d'une manière raisonnable.
Je m'attends à une rechute demain.
Pourquoi ?
Pour que tu m'envoies à Cornwall avec la famille
pendant que toi, sur les conseils de ton médecin, tu passes deux semaines
dans le sud de la France avant de nous rejoindre.
Je suppose que tu as des raisons pour ces insinuations.
Oui, je pense que tu as quitté le Dr Hewtt comme patiente
pour ne pas prendre le risque de le compromettre.
Tu parles comme si tu avais des preuves.
Oui. J'ai entendu dire que Hewtt
t'a donné une ordonnance pour "la pilule".
- Gerald, donne-moi ça tout de suite ! - Non, je vais en avoir besoin.
Et ce sera facile pour toi d'en avoir une autre.
Que vas-tu faire de cette ordonnance ?
- Il est marié ? - Non.
Tu veux divorcer ?
Tu en as envie?
C'est quoi cette attitude hypocrite ?
Est-ce que tu es un modèle de vertu ?
On ne parle pas de moi maintenant.
Non, pas encore, mais tu peux être sûr
qu'on va en parler tout de suite. - C'est possible, mais en attendant dis-moi
ce docteur t'épouserait-il ?
Tu veux savoir?
Eh bien, je vais te le dire.
La réponse est oui.
Mais il ne le fera pas maintenant.
Il ne peut pas le faire avant que toi et moi trouvons un moyen
pour divorcer, parce que tu ne voudras jamais aller devant un juge.
Qu'est-ce qui t'en rend si sûr?
Parce que c'est un médecin prestigieux.
Et ça pourrait nuire à sa carrière.
Sa carrière ? On ne doit pas faire ça n'est-ce pas ?
Non.
Et j'y veillerai.
Comment?
Je trouverai une justification.
Quoi ? Incompatibilité des caractères ?
Non.
J'accuserai ta petite amie Elizabeth !
Qu'est-ce que tu veux dire ?
Dans le costume que tu as laissé ce matin pour être nettoyé
Rose a trouvé une lettre.
- Où est-elle? - Oublie.
Tu as mon ordonnance et j'ai ta lettre.
Faisons un échange !
Je pense que mon avocat dirait que cet échange serait désavantageux pour moi.
Qu'est-ce que tu vas en faire ?
La garder.
Prudence, viens ici!
Je monte faire mes valises. Je pars en voyage !
Et n'essaye pas de me chercher.
Êtes-vous déjà venue ici Lady Bates ?
Non, c'est ma première visite.
- Et la dernière. - Vous n'aimez pas?
Comment serait-ce possible?
Le temps est horrible, les pièces ne sont pas chauffées
et le chef ne sait pas cuisiner.
Bonsoir milady, Je vous souhaite un bon dîner.
Merci.
Il y aura toujours des gens optimistes.
L'orchestre est petit mais pas mal hein ?
Les voilà, et ils boivent! C'est une bonne chose.
Lady Bates, votre neveu vous a choisi un grand vin.
Bon garçon.
Tu n'es pas totalement inutile.
Quelle horrible journée !
Et quel lieu de contrastes !
- Des palmiers et des imperméables ! - Cela vous réconfortera Lady Bates.
C'est vrai ce que tu m'as dit ?
Bien sûr que c'est vrai maman.
- Je n'arrive pas à y croire ! - Tu n'auras pas le choix.
- Tony est déjà au courant ? - Bien sûr!
Tu lui as dit ?
Bien sûr.
- Et qu'est-ce qu'il a dit ? - Il pensait que c'était un tuyau !
Qu'est-ce que ça veut dire ?
Allô ?
Henry, je ne peux pas parler maintenant, mais quelque chose d'énorme est arrivé !
Quoi ?
Je n'ai pas dit "super", J'ai dit énorme !
Viens dîner avec moi.
Maman.
Et toi Géraldine, dans ta chambre.
Dans ma chambre ? Pourquoi?
Jusqu'à ce que j'aie parlé à ton père.
Tu ne vas pas en faire un drame maman ?
Je ne vais pas parler avec ton père devant toi.
Pourquoi pas!
Je ne veux pas que mon fils soit traité
Je ne veux pas que mon fils soit traité
comme un secret honteux.
Tu veux l'annoncer en public pendant le dîner ?
Pourquoi pas ? C'est une bonne nouvelle !
En es-tu heureuse?
Bien sûr! Pas toi?
Heureuse?
Savoir que ma fille est
une mère célibataire ?
Je ne suis pas encore mère.
Et je peux me marier la semaine prochaine !
C'est la chose la plus dégradante que j'ai jamais entendue de ma vie !
Maman. Dans une minute le téléphone va sonner.
Et papa te demandera pourquoi on n'est pas allés dîner.
Je te suggère donc...
Allô ?
Oui papa, on descend tout de suite.
Je suis désolée qu'on soit en retard.
Maman avait des problèmes avec sa robe.
Surtout, ne sois pas nerveuse.
Commence par dire : "Je suis fière et heureuse d'annoncer..."
Tais-toi! Tu veux que tout le monde le sache?
Oui maman.
Où étiez-vous?
Où étais-tu passé ?
- Papa. - Quoi ?
Maman va faire une annonce très importante.
Qu'y a-t-il ma chère ?
Vas-y maman, dis-le.
Si vous voulez, je le dirai.
J'allais proposer un toast avec ce vin spécial.
- Qu'est-ce que c'est ? - Krug, 1969.
Non, le toast.
Je suis fière et heureuse d'annoncer.....
Allez !
Je suis fière et heureuse
d'annoncer que ma fille est....
attend...
attend...
a...
Géraldine !
Oui papa !
- Est-ce que c'est vrai ? - Oui ma tante.
- Félicitations ma chérie. - Merci.
- Je vous sers la deuxième bouteille ? - Oui, je pense que oui.
- La même année ? - Oui bien sûr.
Arrête de pleurnicher !
Puis-je suggérer le petit agneau du printemps?
Non, partez!
Grace, montons à l'étage !
- Je ne veux pas te parler de ça ici. - Je ne veux en parler nulle part.
Henry, pas de drame.
Tu n'as pas à intervenir à ce sujet, Gerald.
Bien sûr, c'est une affaire de famille.
Grace !
S'il vous plaît. Suis-je autorisée à dire quelque chose ?
- Oui, bien sûr.
Henry !
Si j'ai bien compris
nous venons d'être confrontés avec un fait accompli.
Eh bien
nous devons l'accepter avec joie.
Et prendre les bonnes décisions demain.
Entre-temps
que le dîner continue de manière civilisée.
Je vais proposer un toast. - C'est très bien !
A votre fille, Henry.
Et mon neveu.
Pour que vous puissiez élever vos enfants
aussi bien que nous.
Bravo!
Après les vacances, je suis resté à Londres.
Ça ne servait à rien de rentrer.
C'est drôle, pendant des années j'ai voulu être célibataire à nouveau.
Et maintenant que je l'étais pratiquement, je ne le supportais pas.
Elizabeth était partie, elle ne m'écrivait même pas.
Le monde était plein de filles belles et attrayantes mais
ce n'était pas mon monde.
Allô ?
Tu es de retour ! J'ai essayé toute la journée de te joindre.
Je suis revenu il y a une semaine.
Tu as passé de bonnes vacances ?
Je suis en réunion, qu'est-ce que tu veux ?
Gerald, je pensais que ce serait une bonne idée qu'on se rencontre et qu'on parle.
Pourquoi?
Parce que j'ai quelque chose à te proposer.
A propos de quoi ?
Eh bien, à propos de nous bien sûr.
On ne pourrait pas dîner ensemble un de ces soirs ?
Je suis très occupé le soir.
Déjeuner alors ?
On ne peut pas en parler au téléphone ? Mais pas maintenant.
Je préférerais qu'on se voie Gerald.
D'accord, voyons voir.
- Vendredi ? - Parfait, je passe te prendre au bureau ?
Non, au Ritz à 13 heures.
D'accord, j'y serai.
Au revoir.
Au revoir.
Je n'aime pas son ton.
- Je pense que je devrais lui parler.
Non, tu finirais par te battre.
Mieux vaut moi que toi.
Non ! Ça pourrait être humiliant pour lui.
- Tu ne peux pas continuer à lui faire du mal. - Supposons qu'il ne soit pas d'accord.
- On a besoin que tu divorces ! - Ca va arriver, j'en suis sûr.
Comment peux-tu en être sûr ? Comment peux-tu être sûr de quelque chose avec lui ?
Supposons qu'il ne soit pas d'accord. Supposons qu'il ne fasse rien.
Rien du tout, jamais, pour le reste de ta vie.
Qu'est-ce qu'on va faire alors ?
Dans ce cas,
on vivra dans le péché.
Un apéritif ?
Oui !
Oui merci, je vais prendre un martini sec s'il vous plaît.
- D'accord madame. - Merci.
- Monsieur. - Merci.
Tu es superbe Gerald. Je suis contente!
Je pensais la même chose de toi.
De quoi veux-tu me parler ?
Commandons d'abord le déjeuner, on a le temps !
Pas vraiment, tu as 20 minutes de retard
et j'ai un entretien à 14h15.
- Un martini sec madame. - Merci!
C'est à propos du divorce Gerald.
- Ecoute-moi bien. - Je peux fournir des preuves.
Une preuve de toi et Hewtt ?
Pas besoin que son nom soit mentionné,
un dossier d'hôtel suffira. De moi et d'un étranger
c'est tout ce qui est nécessaire.
Ne penses-tu pas que ce serait une façon sophistiquée de réparer ?
Voulez-vous commander madame ?
Oui, je vais prendre du saumon froid et de la salade.
- Et quelque chose avant ça ? - Vichyssoise.
- Et monsieur? - Uniquement de la sole grillée.
Cette discrétion est pour protéger la réputation
de moi ou de Hewitt ?
Les deux.
Et tu serais la coupable ?
Officiellement oui.
Mais c'est pour que personne n'aie l'impression d'être supérieur à l'autre.
Après tout, la vie est très difficile pour tout le monde.
Et nous souhaitons tous le bonheur, je suppose que toi aussi.
Et j'aimerais que tu le trouves Gerald.
J'aimerais que tu trouves quelqu'un qui peux te donner
tout ce que tu attends.
Amour, bonheur
et même des enfants. - Tu m'as dit que je serais un très mauvais père.
- Tu ne prenais pas ça au sérieux? - Si.
Gerald ! Quand une femme se dispute avec un homme
elle dit la première chose qui lui vient à l'esprit.
- Je n'ai jamais appris les règles du mariage. - Du vin monsieur ?
- Celui-ci. - Merci monsieur.
De toute façon
concernant le divorce... - Qu'est-ce qui presse ?
- Je n'ai pas dit que j'étais pressée. - Tu veux l'épouser ?
- Bien sûr ! - Pourquoi n'attends-tu pas
une période probatoire comme nous l'avons fait ?
- Ça ne nous a pas servi à grand-chose n'est-ce pas ? - Non.
Mais on dirait que tu attend un enfant.
Non, ce n'est pas ça.
Mais, en supposant que ça l'était, qu'est-ce que tu dirais ?
Je ne sais pas ce que je dirais mais je sais ce que je ferais.
Je prendrais mon vieux revolver de l'armée et je ferais sauter la cervelle de Hewtt.
Tu ne penses pas que le divorce serait plus pratique ?
Je n'ai pas envie de parler de divorce aujourd'hui.
Tu aurais dû lui dire la vérité.
Impossible. Il serait devenu fou de jalousie !
- Il a toujours voulu avoir un enfant. - Et alors ?
Tu as eu ta chance et tu as échoué.
- Maintenant laisse-moi essayer.
Je parie qu'entre lui et moi ça sera réglé en dix minutes.
- Je ne vois pas comment. - Les hommes ont un truc.
Non.
- Il pourrait avoir une réaction désespérée. - C'est absurde !
Alan chéri, tu veux me promettre quelque chose ?
Ne t'approche pas de lui, il ne plaisante pas tu sais.
Il avait une expression très menaçante.
S'il sort un revolver je tirerai le premier.
C'est notre seul espoir.
Je veux t'épouser.
- Oui mais chéri.... - Ne t'inquiète pas et monte dans la voiture.
Mlle Fraser, venez ici s'il vous plaît, je vais dicter une lettre.
Bonjour docteur.
Gerald Hardcastle.
Hardcastle and Company, Lombard Street.
Monsieur, non. Cher Monsieur.
Cher Monsieur.
J'en suis venu à la conclusion qu'il serait très commode
que nous ayons une brève entrevue
puisque j'ai quelque chose de très important à vous dire.
Je vous prie de me dire
la date et le lieu qui vous arrange.
Je vais vous dicter une lettre, Mlle Davis.
Dr Alan Hewtt. Harley Street, 426.
Dr Hewitt
Non, non, non.
Cher monsieur.
Je trouve votre idée de nous voir
incroyable.
Je pensais que, vu les circonstances, une rencontre
serait désagréable pour vous et pour moi.
Mais comme
apparemment, vous n'êtes pas de cet avis
vous pouvez venir à mon bureau
jeudi à 17 h.
Sincèrement vôtre.
La valeur totale de vos avoirs en septembre s'élevait à 28 616 000
sans compter les bons du Trésor, la réserve fiscale
et les intérêts de... - Dieu du ciel !
Arrêtez-vous!
Liz !
Gerald !
Comment savais-tu que j'étais rentrée ?
Je ne le savais pas, je t'ai vue. Je veux te parler.
- Pas ici Gerald. - C'est un endroit magnifique. Donne-moi ça.
Prenons une table.
- Tu vas bien. - Bien sûr.
- Tu as passé de bonnes vacances ? - Horrible ! Il a plu tout le temps.
- Quand es-tu rentrée? - Hier.
- Où étais-tu? - A Paris, chez ma soeur.
Je ne suis rentré que depuis une semaine.
J'ai beaucoup de choses à te dire!
Je ne sais pas par où commencer ! Tout d'abord
Prudence a tout découvert sur toi.
- Oui.
Mais j'ai tout découvert sur elle aussi.
Non !
- Qui était-ce ? - Son médecin, un certain Hewitt.
- Tu l'as vu ? - Oui, une fois, et je vais le revoir
dans une heure.
Quoi qu'il en soit,
elle veut l'épouser.
Maintenant, je peux divorcer.
- Et tu vas le faire ? - Bien sûr ! Pourquoi pas ?
Qu'en penses-tu?
- Que tu devrais le faire. - Et nous !
Ce n'est plus si simple.
Il y a un problème.
Tu veux dire qu'il y a un autre homme ?
- Bien sûr que non, ne sois pas bête ! - Excusez-moi
puis-je avoir le sucre ?
- Quoi ? - Du sucre.
- Oh, oui ! - Je vous remercie.
C'est quoi le problème ?
- Gerald, j'ai quelque chose à te dire. - Qu'est-ce que c'est ?
Je...
Je vais avoir un enfant. - Tu vas quoi ?
Oui, nous....
Toi et moi allons avoir un bébé !
Oui!
Mais enfin
- Quand le Dr Hewtt arrive.... - Il est là.
Dr Hewitt!
Je suis désolé de vous avoir fait attendre. Entrez.
Comment allez-vous ? Je suis ravi de vous voir !
- Eh bien, je.... - Donnez-moi votre chapeau et asseyez-vous!
Vous serez plus à l'aise dans cette chaise.
Voulez-vous une cigarette ?
Non.
- Un cigare, peut-être ? - Non.
- Sûr? - Oui, merci.
D'accord.
Que puis-je faire pour vous ?
Eh bien
je voulais vous parler de Prudence.
Comment va-t-elle?
Très bien.
Une femme merveilleuse, le saviez-vous ?
Oui, je le pense aussi.
Etes-vous heureux ?
Oui.
Eh bien
si vous êtes d'accord, j'aimerais régler le divorce rapidement.
- Quoi ? - Vous voyez, je vais
vous révéler un petit secret.
Je vais être père.
Qu'est-ce que vous en pensez?
Eh bien
je ne sais pas quoi dire.
Et si ça ne vous dérange pas, j'aimerais être libre dès que possible.
Non.
Magnifique ! Oh, ne le dites pas à Prudence pour le moment.
Elle pourrait être triste et jalouse. Je ne veux pas lui faire du mal inutilement.
Non.
Bien sûr que non.
Vous êtes pressé ?
- Vous voulez dire à propos du divorce ? - Non, maintenant !
Maintenant ? Non. Pas vraiment.
Bien !
Ne bougez pas !
Ne bougez pas d'ici !
Voilà!
J'insiste pour que vous me félicitiez.
Merci.
- Félicitations ! - Je vous remercie.
J'espère un jour vous féliciter aussi.
Grace ! Regarde par ici!
Le résultat final a été une avalanche d'enfants.
Grace a eu l'enfant le plus adorable qui ait jamais existé.
Géraldine a eu la fille la plus belle du monde.
Prudence, après la naissance de sa fille,
désolé Hewtt pour votre fils,
est devenu l'une des personnes les plus heureuses du monde
avec un enfant dont l'apparence n'a jamais été
égalé par personne d'autre.
Et il y a eu aussi les charmants
jumeaux que Rose a donné à Ted.
Personnellement, je trouve que les nouveau-nés sont plutôt horribles.
Et pour être honnête notre enfant au début
n'était pas différent des autres.
Mais après quelques années
elle est devenue la petite fille la plus belle
que j'avais vue de ma vie.
Et sérieusement, je n'ai pas raison ?
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