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...
*-Niemans, viens ! Il va me crever !
*Il va nous buter, tous ! Il vole nos yeux, Niemans !
*Tonalité.
...
-Réponds, putain. Réponds.
*C'est quoi, ce bordel ?
Marek ?
-C'est pas Marek. Je parle à qui, là ?
-Commissaire Niemans. Toi ?
-Olivery, surveillant.
*Marek est mort. -Quoi ?
-Ivan et Marek ont été assassinés.
-Quoi ? -Y a du sang partout.
-C'était quoi, ça ?
-Ah !
-Putain, merde...
C'est Marek.
Il est vivant. Il est vivant, Marek.
-Appelle les secours, j'arrive. Préserve la scène de crime.
Tu m'entends ? Préserve la scène
de crime !
Putain...
*Tonalité. C'est quoi, ce merdier ?
*-Niemans ?
-J'ai besoin de toi. C'est urgent.
...
...
Ca va, Camille ?
Une des prisons les plus paumées de France.
-Qu'est-ce qu'on fait là ?
-Un détenu mort, mutilé, et un autre gravement blessé.
-On s'occupe des meurtres en milieu carcéral ?
-Je connais
les victimes, deux braqueurs que j'ai serrés y a cinq piges.
Leur chef, Marek, m'a appelé. -Quoi ? Il avait votre 06 ?
-Ca me regarde. En tout cas, il crevait de trouille.
Il est entre la vie et la mort. Son pote Ivan y est passé.
Commissaire Niemans,
lieutenant Delaunay, on a rendez-vous avec le directeur.
Bip. Déclic.
-Commissaire Niemans ? -Lui-même.
-Franck Dumont, responsable sécurité. Madame.
-Lieutenant.
-Suivez-moi.
Déclic.
-Ca doit être le directeur.
Je me suis rencardé :
il est du genre idéaliste.
Ca ne lui vaut pas que des amis.
-Je vois le genre.
-Commissaire Niemans. -Michel Levrard.
Olivery m'a prévenu de votre arrivée. Vous êtes... ?
-Lieutenant Delaunay.
Déclic.
-Vos prisonniers sont où ?
-Dans la cour. Je les ai fait sortir pour éviter la psychose.
-Les nouvelles vont vite, en prison.
-Je sais bien.
Commissaire, je travaille dans le respect des détenus.
Ces hommes restent des êtres humains,
et j'essaie de les épargner au maximum.
Les problèmes sont fréquents, mais ce qui s'est passé cette nuit
dépasse l'entendement.
Je vous laisse juger.
-Ivan,
le bras droit de Marek. Je ne le reconnais qu'à ses tatouages.
-Les yeux ont été arrachés,
la langue, sectionnée.
Entailles au niveau du torse,
des jambes : un travail méthodique, presque ritualisé.
Le tueur tient à sa mise en scène.
-"Il va tous nous buter", a dit Marek.
-Pourquoi c'est important pour vous ?
-Vous avez un psychopathe dans les murs.
-Allons parler de ça dans mon bureau.
Vous me conseillez quoi ?
-Lancez la procédure.
On appelle le procureur, il ouvre une enquête,
puis co-saisine avec le SRPJ. On a l'habitude.
-Ce n'est pas ce que j'imaginais. -Vous imaginiez quoi ?
-Dans un premier temps,
j'avais pensé à quelque chose de moins... officiel.
-Impossible, on doit prévenir notre hiérarchie.
-Lieutenant, une prison, c'est un équilibre.
C'est un équilibre instable, fragile.
Si on appelle tout de suite le SRPJ, ils vont débarquer en nombre,
ça va échauffer les esprits, et ça risque de dégénérer.
-Ca a déjà assez dégénéré.
-Vous proposez quoi ?
-Vous commencez votre enquête, disons, sous les radars,
et on fait le point dans 48h. -Ca me va.
Je vais commencer
par interroger
le surveillant Olivery.
-Ca va nous retomber
dessus. -Je sais.
-Levrard ne pense qu'à sauver sa politique
de réinsertion. -Il a peut-être raison.
L'arrivée du SRPJ
va entraîner l'omerta.
-Appelons le bureau.
-Ca nous laisse un peu de temps avant de lancer la procédure.
Déclic.
-Bonjour.
Damien Olivery. -J'étais énervé, au téléphone.
-Et moi, paniqué. -Comment tu les as découverts ?
-Je faisais ma ronde, la cellule était ouverte.
Je ne sais pas comment Marek est entré : la nuit, tout est fermé.
-Où est Marek ?
-En ville.
A l'hôpital.
...
-Vue imprenable sur la cour de promenade.
On cherche la bande à Marek. -Ils sont combien ?
-Ils étaient 5. Moins celui qui s'est fait dessouder, ça fait 4.
Tous des Balkans.
Je n'en vois que trois, là, dans le rond central.
Le plus vieux, c'est Vlad, en chemise à carreau, c'est Youri,
et le grand en bleu, c'est Davit.
Propos inintelligibles.
On dirait que ça bouge.
Propos inintelligibles.
Comme ça, on est fixés.
Le Black est un dealer,
il a agressé un concurrent, les hommes de Marek sont intervenus :
personne n'a moufté. -Les braqueurs sont les dominants.
On veut récupérer leur pouvoir.
-Ca n'explique pas qu'on ait des meurtres aussi sophistiqués.
-On devient claustro, ici.
Déclic.
Je prends le volant ? -Pour aller où ?
-A l'hosto. Marek est notre seul témoin, il a vu l'agresseur.
-Vas-y seule. -Vous voulez pas le voir ?
-Pas tout de suite, non. Je préfère m'occuper de ses sbires.
Déclic.
On sait où sont Marek et Ivan.
Mais il m'en manque un : Luka.
Il est où ?
Vous voulez pas parler au flic qui vous a mis au placard, OK.
Si je suis là, c'est pour qu'on cause d'Ivan.
Celui qui a fait ça risque de recommencer.
Faudra pas venir chier dans vos frocs au prochain macchabée.
-Niemans.
-La ferme, poucave.
-C'est Marek qui a appelé ce flic.
-Je t'écoute, Youri.
-Marek, c'est comme mon père, et tous ces gars, c'est ma famille.
Dehors, je t'aurais déjà crevé.
-Mais t'es ici. Alors ?
-Marek et Ivan, c'étaient pas
les premiers. -Quoi ? Luka ?
-Il a cramé
dans sa cellule.
-Bonjour.
Lieutenant Delaunay.
Je viens voir Marek Volsnic. -Je suis son médecin. Impossible.
-Merci. -Au revoir. On l'a sédaté.
-Réveillez-le. -Non.
Il est trop faible, je l'ai dit à votre collègue.
-Quel collègue ?
-La dame qui vient de passer.
-Excusez-moi. Excusez-moi !
Vous êtes de la police ?
-Non. Pourquoi ?
-Lieutenant Delaunay. On m'a dit que vous étiez de la police.
-J'ai juste dit que je faisais partie de la maison.
Véra Leroy. Je suis la psychologue de la prison.
-Volsnic est votre patient ? -Oui.
-Pourquoi il venait consulter ?
-Vous savez que je ne peux rien vous dire. Au revoir.
-Je peux avoir une cigarette ?
Merci.
-Je suis inquiète pour lui.
Ces derniers temps, il venait en séance tous les jours.
Il était très agité.
-Pourquoi ?
-Il avait des propos confus.
Il disait qu'il avait vu l'"Oeil", que c'était bientôt son tour,
qu'Azraël allait venir le chercher.
-C'est qui, Azraël ?
-L'ange de la mort.
-La prison a une bibliothèque ? -Oui.
C'est d'accord ? -Oui.
-Merci.
C'est Max.
Il est incarcéré ici depuis l'ouverture.
Il accepte de vous aider. Je dois vous laisser. Au revoir.
-Merci.
Bonjour. -Bonjour.
Azraël, l'ange qui moissonne les âmes des hommes, des anges
et des démons, aux ailes couvertes de langues et d'yeux.
Ce sont les dernières choses
qu'il reste avant la mort.
D'abord, l'homme
ne marche plus, puis il ne parle plus,
puis il ferme les yeux.
-Qui ici aime ce genre de lecture sur les démons,
les croyances ?
-Pour quiconque est en prison,
les démons, le mal, le diable, ça existe.
...
-Marek ?
-En coma artificiel.
J'ai rencontré la psy de la prison, Véra Leroy.
Elle suivait Marek.
-Marek en thérapie ? Tu déconnes.
-Il y allait tous les jours pour lui parler d'Azraël,
l'ange de la mort qui collecte les âmes
en arrachant les langues
et les yeux.
-Alors le tueur se prendrait pour Azraël ?
Ca explique le rituel.
Luka, le dernier de la bande, est mort brûlé dans sa cellule.
Levrard nous l'a caché.
-On va secouer le directeur ? -Non, on va secouer les cadavres.
C'est ça, votre rapport ? "Asphyxie, brûlures au 3e degré" ?
Il ne manque que les allergies.
-C'est un feu de cellule.
-Approfondissez.
-Comment ça ? -Et maintenant.
-Vous cherchez quoi ?
-Regardez les yeux.
-Effectivement, il y a des irrégularités,
des sortes de cassures
au niveau des orbites.
On a utilisé
un objet.
-Pour lui arracher les yeux. -Oui.
-Azraël.
-Azraël a tué Luka.
-L'ange de la mort est partout.
Il a des milliers d'ailes.
Il voit avec ses mains.
-Pourquoi seulement votre bande ? -Demandez aux autres.
-Davit, qui a des raisons de vous en vouloir comme ça ?
-C'est Marek qui a fait venir Azraël ici.
-Comment ça ?
-Marek a perdu son âme. Il a changé.
Luka et Ivan le disaient.
-Ils disaient quoi ?
-Je sais pas. J'en sais rien, moi.
-Il est shooté.
On n'en tirera rien.
On frappe. -Oui ?
-Luka aussi a eu les yeux arrachés. Comme Ivan.
-Qu'est-ce que vous dites ?
-On a vu les traces
d'énucléation.
Vous auriez dû enquêter.
-L'incendie a servi à masquer
le meurtre. -Et donc le rituel ?
Non. Et les caméras n'ont filmé personne dans les couloirs le soir
de l'incendie.
-Pourquoi ne nous avoir rien dit ?
-Je n'y ai pas pensé, d'accord ? On fait ce qu'on peut, ici !
Et puis on nous coupe nos budgets
au moindre problème, la pression
est énorme, sur nous tous.
-Si on n'était pas venus,
vous n'auriez rien dit ?
-Vous nous cachez d'autres choses ?
-Je ne cache rien.
Tout m'échappe, je suis
complètement dépassé.
J'ai besoin de votre aide. S'il vous plaît, travaillons ensemble.
Téléviseur au loin.
...
-Bonsoir.
-On a deux chambres. Niemans, Delaunay.
-En effet.
Je vous ai mis deux chambres à l'étage.
Si vous voulez changer, y a que l'embarras du choix : on est vide.
-Les gardiens de la prison fréquentent un bistrot en ville ?
-Oui.
Le Sing Sing. Y a que ça d'ouvert le soir, ici.
C'est le bar d'une ancienne salle de sport, fermée, comme le reste.
Leur taule, ça a tué le commerce et ça a fait fuir tout le monde.
Ce serait moi, je flinguerais tout ça.
Ca coûterait moins cher à la société.
-Vous n'êtes pas pour la réhabilitation ?
-Réhabiliter des animaux ? Les chiens enragés, on les pique.
-Et les cons, on leur fait quoi ?
Jazz.
Messieurs.
-Y a la psy.
-Je m'occupe de Damien.
...
-Lieutenant.
Vous avez déjà besoin d'un verre
pour oublier ?
Vous prenez quoi ?
-Pareil.
-Alec, la même chose.
-On pense que le tueur
a un copain qui lui ouvre les portes des cellules.
-Un copain en uniforme ?
-Qui parmi tes collègues est proche des prisonniers ?
-Ca traficote : portables, clopes,
échanges de faveurs, mais moi, je ne trempe pas là-dedans.
-Tu accepterais de me dire
qui sont les ripoux qui circulent dans la taule ?
-Je ne suis là que depuis six mois.
On ne me dira rien.
-Je vais quand même te laisser mon numéro de téléphone, d'accord ?
-Oui.
-Merci.
-C'est votre coéquipier ?
-Oui.
Commissaire Niemans.
Vous avez déjà entendu
ce nom ?
-Oui, dans la bouche de Marek.
-Il en parlait souvent ?
-Marek n'était pas comme les autres.
Parfois, il baissait la garde et il se livrait.
-Vous l'enregistriez ?
-Je ne peux pas vous faire écouter.
Ce que je peux vous dire, c'est que Marek détestait Niemans.
Je ne comprends pas pourquoi il l'a appelé, lui.
...
-Putain...
Hurlements.
...
...
Détonation.
Râle, cris.
...
...
*Tonalité.
...
-Leutnant Kleinert.
-"Lieutenant" ? Eh bien !
-Camille Delaunay ?
-Tu m'as reconnue.
-Tu n'as pas dit bonjour.
-Désolée. Comment tu vas ?
-Te force pas. Tu veux quoi ? *-Des renseignements
sur une affaire qui date d'il y a cinq ans.
Marek Volsnic, ça te parle ?
-Les braqueurs bosniaques. *-Arrêtés par Niemans.
-Je ne peux pas accéder au dossier français.
Tu pourrais te renseigner pour moi ?
-C'est sur lui que tu enquêtes. Que se passe-t-il avec Niemans ?
-C'est OK ou pas ?
-Ca, c'est toi.
-Merci.
-On doit passer de l'autre côté. -De l'autre côté ?
-Des barreaux.
-Vous êtes sûr ? Des détenus veulent vous faire la peau.
-Justement, j'adore ça.
-Ca n'est pas dans notre accord.
Je refuse que vous alliez à la promenade ou dans les cellules.
C'est risqué, et ça troublerait la tranquillité des détenus.
-Certes, mais le tueur va remettre ça. On doit aller plus loin.
-Commissaire, vous prenez vos responsabilités.
Mais vous irez seul : une femme à l'intérieur, c'est ingérable.
Et vous serez sous escorte en permanence, d'accord ?
-Vous me direz qui sont les gros durs, les gars du milieu.
-Non. Le directeur veut pas qu'on ait accès aux dossiers des détenus.
Cris.
...
-C'est bon ! Ca va. Il a son compte.
-Le jeune, là,
tu l'emmènes à l'infirmerie. -Le directeur accepte ça ?
Hein ?
Ca te fait marrer, toi ? Tu t'appelles comment ?
-Aydin.
-C'était quoi, ça ?
-Il s'est passé un truc ?
-Fais-les reculer.
J'aime pas la pression.
-T'as vu ça ? C'est pour ça qu'on m'appelle "le Roi-Soleil".
Et toi, faut t'appeler comment ? -Niemans. Commissaire Niemans.
-Vous avez vu ça ? Ils nous envoient des célébrités. J'adore.
-Azraël, ça te dit quelque chose ?
-L'ange de la mort. Il nettoie cette taule.
-Le mec que vous avez tabassé, c'est un pote de Marek
et de sa bande. -Possible.
La prison est un champ de bataille, on se dispute le terrain.
...
-Avec Aydin,
t'as fait quoi ?
-Mon boulot, j'ai arrêté
la baston. -Tu t'es fait déborder.
Faut cogner
direct. Je te montre comment ?
-Oui, montre-moi, Franck.
...
-Depuis que je bosse ici, c'est le bizutage.
-Le mec en uniforme dont je t'ai parlé, ça pourrait être Franck ?
-En tout cas ça le dérange pas qu'on tue des taulards.
-Où est son casier ?
-Par là.
C'est le premier casier.
-OK. Fais le guet.
-D'accord.
...
...
-Camille, c'est moi. Tu peux vérifier un truc s'il te plaît ?
...
...
Choc.
...
-Merde !
...
...
-Merci.
-Un premier surveillant gagne environ 2 000 euros par mois, non ?
L'argent qu'il trimballait,
c'est pas sa paie de fin de mois.
-Ni les bénéfices de son trafic de drogue.
-Pourquoi pas ?
-Y a pas d'argent qui circule, en taule.
Mais y a peut-être un rapport avec la méth trouvée dans son casier.
-Il trafiquerait à l'extérieur ?
-Peut-être, oui.
Seulement d'où vient la drogue ?
-C'est quoi, le rapport avec Azraël ?
-J'en sais rien, Camille.
J'en sais rien.
-Vous mangez quoi ?
-Rien, j'ai pas faim. Je vais me coucher.
A demain.
Cris.
...
...
...
Bip. Déclic.
...
-Niemans, il faut que je te parle.
Azraël est partout. Il nous prend les yeux, il voit tout !
-Plus tard.
-C'est bon.
-Attends !
-Ca mène où ? -A la chaufferie.
...
...
...
-Ah !
-Ah !
-C'était quoi ?
-Ca va, Damien ? -Ca va aller, c'est rien.
Vous inquiétez pas.
-Cet enfoiré
m'a blessé à la main droite, mais j'ai pu le planter à l'épaule.
-C'était qui ?
-Probablement un détenu, j'ai repéré son bracelet.
-Un taulard blessé, on va le retrouver.
-C'est une bonne nouvelle, cette agression.
-Vous trouvez ?
-Ca veut dire qu'on progresse, le tueur panique.
-Moi aussi, je panique. Je ne veux pas vous retrouver à la morgue.
J'appelle l'office.
-Non. Raccroche. Raccroche !
-Vous n'êtes plus vous-même. Vous ne vous en rendez même pas compte.
...
Murmures.
...
Grognement.
...
-Ah !
Cisaillements, hurlements.
...
...
-Davit voulait me parler, j'ai pas voulu l'écouter.
Tout ça me rend dingue. Je vais finir par y croire, à cet Azraël.
-C'est juste un taré qui a décidé
d'éliminer la bande de Marek.
-T'en penses quoi, du Roi-Soleil ?
-Dangereux, vicieux, mais super charismatique.
Les gars de sa bande sont prêts à donner leur vie pour lui.
-Et il veut quoi, lui ?
-Etre au sommet de la pyramide.
...
-Alors, commissaire Niemans ?
Que peut le Roi-Soleil pour toi ? -T'as rien d'un soleil, Aydin.
T'es juste un mange-merde qui vas pourrir dans ce trou.
T'étais où à 10h ? -A l'atelier menuiserie.
Je payais ma dette.
-T'en es sûr ? -Ouais.
T'as pas le droit de me toucher.
-Je sais.
Je m'en branle.
-Tu perds tes nerfs.
-Et toi, t'étais où ?
-A l'atelier. Pourquoi ?
-Ca fait mal ?
Le prisonnier gémit.
Ca fait mal, ça, hein ?
C'est quoi, ça ? Ca fait mal ?! Hein, fils de pute ?!
-Ca suffit.
-Vous ne savez plus ce que vous faites ?!
Matraquer mes détenus ! Vous avez franchi la ligne !
-Le détenu blessé à l'épaule nous a agressés dans les sous-sols.
-J'ai vérifié, il était à la menuiserie !
Il a pris un coup là-bas.
-C'est des conneries !
-Je vous avais donné 48 heures pour trouver le meurtrier.
On y est. Demain matin, je lance la procédure.
-Bon courage pour leur annoncer les 3 morts dans votre prison modèle.
-Je vais m'habituer
à ne plus boire toute seule.
Ca fait trois ans que je travaille ici,
et j'ai l'impression que toute la ville est une prison.
Alors dedans ou dehors... Il n'y a aucune différence.
-On est pareilles.
On ne crée des liens nulle part, à force de côtoyer des fous furieux.
-Ils ne sont pas tous fous. En tout cas, ils ne méritent pas
qu'on les abandonne.
-Vous avez raison. Désolée. Je suis fatiguée.
-J'ai appris, pour Davit.
La pression monte chez les détenus.
Plusieurs ont parlé d'Azraël en séance,
tous commencent à y croire.
-J'ai besoin d'écouter les enregistrements
de Marek, je dois savoir ce qu'il vous a raconté.
-Je vous ai déjà tout dit, le reste ne vous concerne pas.
Vous comprenez ?
Ca va pas, Niemans ? -Je me bourre la gueule, voilà.
-Alors ça, j'ai vu. Qu'est-ce qui se passe ?
-Tout va bien, c'est bon. -Me prenez pas pour une conne.
Pourquoi Marek parle de vous à sa psy ?
-Sa psy...
-Elle ne veut pas m'en dire plus, alors parlez.
Dites-moi ce que Marek a contre vous, je veux vous aider.
-J'ai besoin
de personne ! Je suis le seul à pouvoir faire cette enquête.
T'imprimes ?!
-Merci.
Je vous aide à monter ?
-Non, ça ira.
Vibreur.
Il te court après ? -Non.
...
...
Oui ?
*-Ton boss a une sale gueule.
*Toi, tu es toujours aussi jolie.
Allume tes phares.
-Comment tu m'as retrouvée ?
-Tu n'es plus flic, toi ?
*-T'as tracé mon appel.
-Bien obligé : tu n'appelles pas quand tu as besoin d'aide.
-Je suis perdue. Perdue à un point que tu n'imagines même pas.
-Je suis là.
-Une coucherie avec un homme marié ne va pas arranger les choses.
-Je ne suis plus marié.
Mais c'est pas la question.
Cette affaire concerne nos deux services, je veux savoir moi aussi.
...
...
-Mario !
Vous faites quoi ?!
C'est quoi, ça ?!
...
-Faut qu'on arrête de faire ça dans les bagnoles.
-Tu trouves ça ?
Sinon...
J'ai un collègue qui a assisté à l'arrestation de Marek, mais...
-Mais quoi ?
-Ce que je vais te dire n'a pas été
consigné. -Accouche.
-Niemans loge les braqueurs avant de rameuter les renforts.
-Comment il les a trouvés ?
-Il n'en a rien dit.
L'assaut est lancé, ça tire de partout,
Niemans disparaît, les collègues arrêtent la moitié du gang.
-Et Niemans ?
-Il ne répond plus à son talkie.
Mon collègue retrouve Marek sur Niemans en train de hurler :
"Tu m'as trahi, salaud !"
-Ils étaient complices ?
-Mais après, Niemans s'interpose entre les autres et Marek.
-Pour protéger celui qui essayait de le tuer ?
-Il était enragé.
-Il s'est expliqué, après ?
-Le grand commissaire Niemans ? Non.
...
...
-Marek, vous m'entendez ? Je suis flic.
Je bosse avec Niemans.
-Il est venu ?
-Qu'est-ce que vous avez avec lui ?
-C'est un assassin.
Niemans, c'est un assassin.
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