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Original subtitles

C'est la grande frousse, c'est la grande peur. Prenez bien garde à l'inspecteur,

le dénommé Simon Triquet.

Son père était dans la police, son oncle aussi, même sa nourrice.

Ah quel destin! Ah quel destin! *MORT AUX VACHES*

C'est un gentil, c'est un coeur tendre mais vous ne perdez rien pour attendre.

Hélas! Hélas! Fatalitas!

Les gens qui commettent des méfaits il ne les arrête jamais exprès

Ni leurs complices, ni leurs complices!

Nous les croque-morts, les fossoyeurs, nous l'aimons de tout notre coeur.

Ah le bon flic! Ah le bon flic!

Les gens qu'il poursuit pas à pas, nous les mettons dans de beaux draps

car ces braves types cassent leur pipe.

Triquet survient et la mort suit alors toujours, nous, on le suit.

Pourvu que ça dure! Pourvu que ça dure...

Un ivrogne, ramassé sur la voie publique.

Je vous le donne.

Je ne vais pas manquer une rafle pour un ivrogne.

Antoine, je vous le laisse.

Mon cassoulet! Il faut que je le surveille. Passez-le à Triquet!

- Vous croyez que c'est prudent? - Oh quoi pour un procès-verbal...

Par ici.

Monsieur Triquet! - Un moment, je vous prie.

Elle est bonne celle-là.

"Le violon, c'est comme la campagne. On est près des vaches."

C'est pour un procès-verbal. Il y a une rafle, vous ne pourriez pas...

- On me refait confiance. - Vous avez vos qualités... personnelles.

Et mon étude sur les graffitis dans les commissariats de Police?

Je croyais que je n'étais plus bon qu'à ça.

Voilà le client. Au revoir, M. Triquet.

Je pourrais lui prendre ses empreintes digitales? - Si vous voulez.

- Pas d'initiatives! - Alors ça ne m'intéresse pas.

Bon alors... carte blanche!

Un procès-verbal... Une expérience nouvelle.

Quelle joie!

Quelle tristesse...

Pauvre homme. Se mettre dans des états pareils.

Dire qu'il va falloir que je dresse un procès-verbal à ce brave homme sans défense.

C'est injuste.

Bon, je vais toujours vous prendre vos empreintes digitales.

C'est salissant mais c'est amusant.

Mais il étouffe, le pauvre homme!

Respirez fort!

Il est en sueur. Il va attraper froid en sortant d'ici.

Hé coquin!

Mais je ne vais pas le mettre tout nu. Rassurez-vous.

Voilà qui n'est pas ordinaire.

Brigadier, venez voir!

Et mon cassoulet!

Il va attacher. C'est très mauvais pour la gamelle.

Je vous l'apporte.

Là... là.

C'est curieux, en effet.

Il ne fait pas chaud.

Mon cassoulet!

Et cet ivrogne est frileux, par-dessus le marché. Très intéressant.

Frileux! Qui t'as demandé ton avis!

Merde, les flics! Et puis j'ai horreur du cassoulet!

Alors, nom, prénom, profession, date de naissance.

Mon cassoulet! Regardez ce qu'il en a fait...

Bougre de bougre! Mais c'est...

Je suis désolé mais je n'ai pas encore pu établir mon procès-verbal.

Vous avez fait mieux, Triquet!

Vous avez arrêté Mickey le bénédictin. Faux-monnayeur et assassin.

Mais, monsieur, je n'y suis pour rien. Un simple procès-verbal...

Bravo Triquet! Ceinturer un gars pour l'échafaud!

Chapeau!

- Comment!? Monsieur risque... - Oui... ma tête.

Et on ne te mettra pas du persil dans les narines.

On ne quand même pas lui faire ça à cause de moi?!

Non, je ne veux pas!

C'est affreux.

Ce serait encore plus affreux si nous étions à sa place.

- Et tout ça à cause de moi. - Pas de sensiblerie inutile!

Une brute de moins, c'est pain bénit.

Il ne fait pas chaud, hein? - Et lui qui est si frileux.

Je vous demande pardon, Monsieur. - J'ai quelque chose à dire:

Je hais les flics et le pire de tous, c'est vous.

Relevez.

Invraisemblable!

Elle ne s'est pas enrayée depuis Louis XVI. Je vais la vérifier.

Victoire! Elle fonctionne!

- Il... Il... s'est taillé! - Pauvre bourreau...

Mais non, pas le bourreau, Mickey le bénédictin.

- Il l'a échappé belle, le bénédictin. - Et maintenant, on ne peut plus l'exécuter.

Oui, une fois qu'on y à couper... si j'ose dire.. On n'y repasse plus.

- C'est l'usage. - À moins qu'il ne commette un nouveau crime.

Le malheureux, il faut le prévenir! L'en empêcher.

- Vous vous en chargez? - Oui.

La vache! Je l'aurai. Je vais demander une mission spéciale.

- Je vous accompagne. - Ah non! Je ne veux pas de vous.

Pardon... c'est mon client et j'ai des droits sur lui.

Je peux demander à mon oncle de nous arranger cela.

C'est vrai, vous êtes pistonné... Vous êtes un bourgeois.

Tandis que moi, je me suis fait moi-même.

Je suis un "no man's land".

Messieurs, vous avez mission d'arrêter Mickey le bénédictin.

Comme tout criminel qui se respecte,

il retournera sur les lieux de ses coupables agissements.

En conséquence, vous le rechercherez dans les 5 villes de France

où il a fabriqué de la fausse monnaie.

Inspecteur Virgus, je vous confie l'inspecteur Triquet

que j'aime comme un frère puisqu'il est mon neveu

et comme un fils puisqu'il est celui de ma soeur.

- Merci tonton. - Monsieur le Chef de la Police! - Et sois prudent, hein.

Entrez.

Nous avons déjà fait 3 villes pour rien.

De 5 j'ôte 3, il reste 2.

C'est ça, Barges et Tourlieu.

Le cercle se resserre. Autant dire que le Mickey...

Il est cuit.

Mais il ne remontera plus sur l'échafaud.

Erreur! Je suis sûr qu'il a déjà commis un nouveau crime.

J'en mettrai ma main à couper.

Mais vous pensez toujours à couper quelque chose.

Barges dans... d... d... dix minutes.

Et Mickey le bénédictin? Dans combien de temps?

Il s'agirait de se décider Barges ou Tourlieu?

La bécasse ou la truite?

Je préfère Tourlieu et la truite.

- On va tirer au sort. - Mais je n'aime pas la chasse.

Moi, je préfère la pêche!

Ne rentrons pas dans ces considérations... Tirez une carte!

Oh le veinard, il a gagné! Vous descendez à Barges.

Voilà votre fusil. Et à moi les cannes à pêche!

Vous avez du pot...

J'ai encore 2h00 de train à me taper.

Au rapport tous les soirs!

Vous me téléphonez à l'hôtel du Commerce.

Et envoyez-moi quelques unes des bécasses que vous aurez tuées.

J'aime ça.

Pour un taxi, je vous prie?

Plus de taxis après la tombée de la nuit.

Qu'est-ce que ça veut dire?!

Curieux...

Un inconnu vient d'arriver. Par le train de nuit.

C'est un chasseur.

Ne me faites donc pas des peurs comme ça.

Un chasseur... Ben quoi, un chasseur?!

C'est rien d'autre qu'un chasseur. - Il vient peut-être chasser la Bête.

Taisez-vous, malheureux! Quand on en parle, ça la fait venir.

- J'ai tout bouclé. - Du calme.

La Villa des Cyprès, je vous prie? - Métèque, la Bargeasque va te manger!

La quoi? - La Bêêêête!

Quelle bête, je vous prie? - La Bêêêête!

Une bête... qui va me manger?!

Qu'est-ce que c'est?

La Bête! La Bête!

Papa n'aie pas peur, je suis là.

Attention!

- Vous avez eu peur? - Oui, j'avais cru que...

Elle n'a jamais fait de mal qu'à la Bête.

- Ah la fameuse Bête. - Oui. La Bargeasque.

Elle, c'est Sainte Urodèle.

Cette dame a tué le monstre autrefois, dans le temps jadis.

Si Madame l'a tuée,

pourquoi les gens d'ici en ont-ils tellement peur?

Elle est revenue.

Méfiez-vous en.

Bonsoir Monsieur.

Merci du conseil. Bonsoir madame, bonsoir Monsieur.

Dites le fusil...

C'est pour la Bargeasque?

Non, pour la bécasse et encore...

Tout ceci n'est pas très catholique, n'est-ce pas, Mme Urodèle?

Qu'est-ce que c'est?

Votre locataire, M. Triquet.

Le chasseur de Paris? - C'est ça même.

Vous êtes seul? - Seul et unique.

Rien en vue? Un être quelconque?

Le courage ne vous étouffe pas.

J'ai fait plusieurs guerres, monsieur, et j'ai autant de décorations

mais avec cette chose qui rôde...

On en reparlera demain. Je suis fatigué.

Mais montrez-moi ma chambre! - En haut de l'escalier, à droite.

Et méfiez-vous de la Bête!

Ma valise...

La Bête?

Je ne suis pas venu ici pour faire de l'Histoire naturelle.

Ce nouveau venu n'est pas peureux mais ça lui viendra.

Cette agitation nocturne ne manque pas d'intérêt.

Tiens, tiens, Mme Urodèle,

mais M. Paul s'intéresse à ce monsieur lui aussi.

M. Douve, lui, continue à travailler,

comme si ne rien n'était.

Regardez, Sainte Urodèle. Un locataire emménage,

aussitôt un autre déménage.

Un faux billet. J'ai retrouvé Mickey.

Allô? Donnez-moi le 14 à Tourlieu, s'il vous plaît.

Vite, c'est urgent.

Du beau travail... C'est un as, ce Mickey.

Allô? je voudrais parler à l'inspecteur...

... à M. Virgus. Un monsieur qui vient d'arriver.

Ça y est, j'ai retrouvé Mickey.

- Nom de Dieu! Vous l'avez arrêté? - Non pas encore mais j'ai des indices.

Vous vous foutez de moi. Vous m'avez fait peur.

- Pourquoi peur? - Parce que Mickey n'est pas à Barges mais à Tourlieu.

Moi aussi j'ai des indices. - Moi aussi j'en ai.

Mickey n'est pas à Tourlieu mais à Barges.

- À Tourlieu! Qu'est-ce que vous pariez? - Vous allez perdre. j'ai une preuve.

Quoi? - Un faux billet de banque.

Et alors qu'est-ce que ça prouve? - Ça prouve que j'ai raison.

On ne fabrique pas de faux billets dans toutes les villes de France.

Et qu'est-ce que vous en savez, d'abord?

Et comment il est ce billet? - Imprimé d'un seul côté.

Envoyez-le moi par la Poste. - Mais je ne peux pas.

Il vient de s'envoler par la fenêtre.

Ah! Vous me faisiez marcher! Votre preuve, du vent!

- Inspecteur... - Monsieur Virgus.

Et Monsieur Virgus vous parie une caisse de bières

que Mickey n'est pas à Barges mais à Tourlieu.

Tenu! Je cours après mon billet.

Cours, mon bonhomme. Il part perdant.

Dites-moi dans votre pays,

il n'y aurait-il pas un ivrogne frileux, chauve ou portant perruque?

Il y en a même plusieurs.

Toutes les chances sont pour moi. Je pars gagnant.

Ce monsieur n'a pas beaucoup de chance de trouver ce qu'il cherche.

On est passé avant lui.

Bonjour.

- Vous cherchiez quelque chose? - Oui, des bécasses.

Et vous en avez trouvées beaucoup? - Non, elles se sont envolées.

Vous permettez?

On n'aime pas beaucoup ça ici les gens qui fouinent.

Je sais. Un de mes amis me l'a déjà dit.

Un ivrogne frileux, chauve ou portant perruque.

Il a habité à Barges.

Vous ne vous souvenez pas de lui?

Je ne me souviens de rien ni de personne.

Un petit effort...

Non?

Bon, merci quand même.

- Il habitait chez le boucher. - Et le boucher, il habite où?

À droite en sortant. - Merci.

Je vous renvoie la balle.

- À ton âge, tu n'as pas honte! - Pardon ma minette.

Et pan! ... dans l'oeil.

Tiens...

Notre chasseur va chercher ses bécasses à la boucherie.

Il ne fallait pas vous déranger, j'allais voir un copain.

Il n'y a pas de copains ici. Il n'y en a nulle part des copains.

On a toujours des amis... On en a toujours. Au moins un.

Moi pas.

Avant peut-être mais plus maintenant puisque je suis votre ami.

Et alors!? Ça vient?!

- Vous entendez ça si ça gueule! - C'est parce qu'elles vous aiment bien.

Vous croyez? - Mais bien sûr.

Pour en revenir à mon copain, l'ivrogne frileux...

- Celui qui n'aimait pas le cassoulet? - C'est ça, lui-même.

C'est de l'histoire ancienne.

Dans ce temps-là, je prenais un locataire.

Ça me tenait compagnie.

Ça ce serait une charmante compagnie.

Ne plaisantez pas... devant le monde.

Je comprends...

Et notre locataire?

Un beau jour, il est parti sans même me prévenir.

Ça m'a dégoûté, je ne prends plus de locataire.

- Mais il ne serait pas revenu ces jours-ci? - Je ne l'ai jamais revu.

Il ne faut pas lui en vouloir. À nous deux, nous le retrouverons bien.

Je n'y tiens pas. vous voyez bien... vous m'encombrez.

Prenez votre tour... À la queue comme tout le monde, monsieur!

- Ne faites pas peur à ma clientèle. - C'est une plaisanterie pas méchante.

Je m'en vais.

Mais n'oubliez pas que vous avez un ami et qui viendra vous revoir.

Bon appétit mesdames.

Et voilà!

Voilà ce qui arrive quand on emmerde les gens.

"Mangez nos savoureuses saucisses à la marjolaine"

Tiens...

Il s'intéresse aussi aux perruques, Mme Urodèle.

- Monsieur? - Madame.

Je voudrais un mannequin.

- Quel genre? - C'est comme souvenir.

Quand je suis en voyage, j'achète toujours des souvenirs.

Des nougats à Montélimar, des tripes à Caen

et à Barges, forcément, un mannequin.

Bien qu'il ne soit pas comestible.

Je ne suis pas tellement gourmand mais...

... j'adore le cassoulet.

Vous aimez le cassoulet? - Non, monsieur!

Mickey, je te tiens!

Oh pardon... Je vous prie de m'excusez, madame.

Je vous avais pris pour un ami qui aime me faire des farces, se déguiser...

Il est fou!

- Je vais appeler la Police. - Surtout pas.

Acceptez, madame, ce dédommagement pour mon acte inconsidéré.

Le coiffeur... je sais ce que ça coûte. Madame, mademoiselle.

Adeline, c'est peut-être un faux billet?

Il est bon comme le bon pain, Julie.

Oup! Petit chauffard!

Piéton tu n'écraseras qu'à jeun seulement.

Et le docteur Clabert est encore rond comme une bourrique.

À moins qu'il ne le fasse exprès...

Dites donc, le piéton...

Et les clous?

Qu'est-ce qu'on fait des clous? - Les clous?

Mais... je n'en vois pas.

Vous ne les voyez pas mais ils existent tout de même.

Par arrêté municipal, on devait traverser là.

Ah oui?

Mais vous ne trouvez pas que ce conducteur est un véritable danger public?

- N'insultez pas le docteur Clabert. - Pardon.

Il conduit de travers mais c'est à vous de marcher droit.

D'ailleurs, est-ce qu'on marche droit?

On me fait voir si on marche droit. On fait quelques pas jusqu'au mur.

Mais vous ne me prenez tout de même pas pour un ivrogne?

Frileux peut-être? - On avance...

Et ce docteur "machin", est-il frileux?

On a des questions bizarres.

Est-ce qu'il déteste le cassoulet?

On me fait l'effet d'un drôle d'individu.

Chouette! On va avoir un visiteur. - Le chasseur?

Loupiac l'a épinglé?

Ils discutaillent. C'est sûrement un dingue.

- Ne juge pas à la légère, mon petit. - Tu me barbes avec tes réflexions.

Il se comporte comme un dingue alors je dis que c'est un dingue. Voilà!

Vous avez signalé votre présence à la mairie?

Ah... parce que je dois signaler ma présence à la mairie.

Je n'ai jamais vu ça nulle part.

Ici c'est comme ça. C'est un arrêté municipal.

- C'est illégal. - C'est comme ça. Ah! celui-là!

C'est aussi par arrêté municipal qu'on reçoit tout le temps le soleil dans l'oeil?

Ça ne vous regarde pas! Marchez!

L'Hôtel de Ville, c'est par là.

Eskimo, Mme Urodèle?

M. le maire vous attend.

Je n'ai pas demandé à voir M. le maire.

M. le maire reçoit tous les étrangers de passage dans notre ville.

Il doit être très occupé.

Il ne passe pas grand monde et ceux qui passent...

ils ne font que passer. Ils ne restent pas.

Pourquoi ça?

Sainte Urodèle tuant la Bargeasque.

Intéressant document sur une légende locale.

Ce n'est pas une légende, monsieur. Elle existe.

- Vous l'avez vue? - Hélas non...

Comme je serais heureux si je l'avais vue, monsieur.

Je n'ai jamais cette chance.

Parce que vous sympathisez?

Monsieur, je lui rends un culte.

Ah ce n'est pas une Bête comme les autres...

Mais à vous, elle ne vous fait pas peur?

Une peur épouvantable, monsieur! Épouvantable!

- M. Douve, vous faites attendre M. le maire. - Suivez-moi.

- Nous en reparlerons. - Mais quand vous voudrez.

Et que font tous ces huissiers? - Ils attendent comme tous les huissiers.

Et pourquoi si nombreux? - Un arrêté municipal.

Ça doit revenir cher. - M. le maire les rétribue sur sa cassette personnelle.

C'est épatant, non?

Vous me plaisez bien et vous avez une qualité:

vous ne ressemblez pas du tout à celui que je cherche.

Monsieur, soyez le bienvenu dans notre bonne ville de Barges.

- Quoi! - Quoi? Rien...

Tout visiteur y est pour moi un ami personnel.

Je me présente: Chabriant. Quoi!

Je me présente: Triquet.

Architecte. - Ah... les Beaux-Arts...?

Quelle année? - Euh... la meilleure.

Alors monsieur, on vient en province pour se faire écraser?

Vous n'allez pas me dire qu'à Paris vous n'y arrivez pas, quoi.

Oui mais à Paris, on ne chasse pas la bécasse.

En compagnie d'un ivrogne frileux. Quoi!

Ah, vous savez!

Alors cet ivrogne frileux que vous recherchez, qui est-ce?

Je ne le recherche pas, je l'attends.

Et s'il n'est pas là, je chasserai la bécasse tout seul.

Tout seul? Ça peut être dangereux ça.

À cause de la Bête, la Bargeasque?

C'est une légende, ne croyez-vous pas?

Sait-on jamais. - On saura bien un jour...

Vous voulez éclaircir ce mystère? - Moi? Pas du tout.

Il n'y a que la bécasse qui m'intéresse M. Chabriant.

Et bien dans ce cas là, je vous souhaite bonne chance et bonne chasse, monsieur.

Melle Livina, veuillez raccompagner M. Triquet

qui nous fait l'honneur de venir chasser sur notre territoire.

Au revoir M. Chabriant.

- Quoi... - Quoi? ... Rien...

Mademoiselle, je n'ai pas voulu ennuyer M. le maire

mais j'espère rencontrer à Barges un ivrogne frileux,

chauve ou portant perruque et détestant le cassoulet.

C'est un vieux ami à moi. - C'est un drôle de rigolo, votre ami.

Oui, c'est pourquoi j'aurais tant aimé le retrouver.

Adressez-vous à la gendarmerie.

Je ne vais pas déranger ces messieurs pour une bagatelle.

Je vais continuer à parler à droite à gauche.

... mine de rien.

Je n'ai pas envie qu'on me prenne pour un policier. - Je comprend ça.

J'espère que nous nous reverrons même si vous n'avez rien à dire

sur mon "ivreux frilogne" ... euh sur mon ivrogne frileux.

Excusez ce lapsus.

Tu es là?

Allô? ... Quoi...

Qu'est-ce que tu en penses de ce bonhomme? Suspect, non?

Lui? Un agneau.

Est-ce qu'il marche ou est-ce qu'il court, Mme Urodèle?

Bonjour, monsieur. Je voudrais un médicament.

Genre aspirine mais beaucoup plus fort.

C'est pour une gueule de bois... carabinée.

Ce n'est pas pour moi, bien sûr, mais pour un ami.

Il boit beaucoup parce qu' il a toujours froid.

Vous le connaissez sûrement.

Il est chauve et il déteste le cassoulet.

Sortez, monsieur!

Vous parlez à un homme qui a eu des malheurs

et qui n'aime pas les plaisantins de votre espèce.

Pardon, monsieur.

Mes excuses les plus sincères.

Pas commode, le petit pharmacien. Quel oeil!

J'arrive!

Mme Urodèle, le voilà qui vient vers nous.

On va enfin savoir ce qu'il cherche.

Mais... je l'ai perdu.

Oh ça alors!

Tiens?!

Je n'ai pas vu la tête

mais la fenêtre, Sainte Urodèle, c'était...

Je vous tiens, petit coquin! - Au secours, Sainte Urodèle!

Oh ben dites donc...

Vous devez en savoir des choses avec ça!

Non, je ne sais rien. Je m'amuse. C'est tout.

En vous amusant, vous n'auriez pas vu un ami à moi?

Un personnage très curieux. Chauve ou portant perruque.

Non, jamais. D'ailleurs, je ne vois jamais rien.

Bon... Supposons que mon ami se cache dans cette ville,

de quel côté le chercheriez-vous?

C'est une ville très ancienne.

Il y en a des coins et des recoins...

des caves, des souterrains...

avec des rats, des serpents!

Oh mais j'aime bien les petites bêtes.

D'abord qui êtes-vous? Qu'est-ce que vous me voulez?

Je vous l'ai déjà dit. Je voulais savoir si vous n'aviez rien vu d'intéressant avec ça.

Zéro! D'ailleurs, ça ne marche que quand ça veut.

Bon ben, je reviendrai si jamais ça remarche.

Ça ne remarchera jamais.

Au revoir, petit curieux.

Pardon.

M. Paul, vous désirez?

Albert, pourriez-vous me prêter des aiguilles et du fil noir?

Ah bon? Parce que votre femme est partie aussi avec la boîte à couture?

Si j'avais su...

On entre, on interroge, on tire les cheveux, on espionne?

On se promène, on visite, on cherche. On fait connaissance.

On fait une enquête? On a une autorisation du maire?

Un homme charmant, votre maire...

- Une autorisation écrite. On la montre. - Je n'en ai pas.

Alors on montre ses papiers. - Non, surtout pas.

On résiste, on se rebelle? - Non, on rentre chez soi.

- Ses papiers! - Je suis de la Police...

On se fout de la gueule du monde? - Mais non... Venez.

Asseyez-vous là.

- On m'entraîne dans les jardins? - Ce que vous êtes têtu, vous alors!

Vous êtes inspecteur! Inspecteur à Paris!

Taisez-vous. Personne ne doit savoir.

Mais taisez-vous! - On se tait, inspecteur!

Pas si fort. C'est un secret.

- C'est amusant, non, quelque chose de secret? - Oui c'est vrai. C'est amusant.

Vous allez me repérer tous les ivrognes frileux d'abord.

Ensuite on fera le détail. Le peigne fin.

Et vous me tiendrez au courant. - Au rapport, on connaît.

On y va. - On se tait.

- Bonne journée, inspecteur? - Chut! Taisez-vous sacré bavard!

C'est vrai mais ne le répétez pas.

Minette... Notre locataire, c'est un inspecteur!

L'inspecteur Triquet de Paris. En mission!

Ne le dis à personne!

- Le parisien, c'est un inspecteur. - Mon Dieu, la Police!

- L'étranger c'est un inspecteur! - Un polyvalent!

Livina!

Livina! Tu sais le type qui vient d'arriver de Paris...

C'est un détective! - Non?!

Oui...

Ah... C'est un flic.

Il ne va pas chômer, le parisien.

Tout le monde ici mérite d'être arrêté.

Ici comme partout d'ailleurs.

Toute l'humanité souffrante...

... au trou! C'est tout ce qu'elle vaut.

Vous ne buvez pas?

- Je cherche un ami. - Je n'ai vu personne.

Je n'arrive pas à trouver où il se cache. J'ai demandé à tout le monde.

Je n'ai vu personne!

Il est chauve comme vous et ivrogne comme...

Je n'ai vu personne!

Merci monsieur.

Mais enfin Mickey... Où vous cachez-vous?

Ou plutôt... qui vous cache?

Sale poulet.

- C'est vrai ce qu'on dit? - Tout ce qu'il y a de plus vrai. Un inspecteur de Paris.

Dites-lui qu'il vienne me voir.

- Qu'est-ce que vous allez lui dire? - Un message personnel.

Ce soir, quand tout le monde dormira...

Très discrètement...

Vous aussi... soyez discret.

Il veut voir l'inspecteur très discrètement.

Quand tout le monde dormira. Ne le dites à personne!

Comme si on pouvait dormir avec la Bête!

- Il n'a rien dit d'autre? - Rien.

Mais j'ai bien vu qu'il ne plaisantait pas.

Il a peut-être retrouvé votre ivrogne frileux.

Ce serait une très bonne nouvelle.

Et qu'est-ce que vous lui voulez...

... à cet ivrogne frileux?

L'arrêter? - Non.

Je veux lui éviter de commettre un nouveau crime.

C'est pas plutôt la Bête que vous voulez arrêter?

Ne t'occupes pas des affaires du monsieur.

Tiens il pleut. Va rentrer les draps.

Tu ne crois tout de même pas que je vais y aller toute seule!

Avec cette Bête qui rôde.

Ma minette, tu ne risques rien. L'inspecteur Triquet est là.

C'est une légende. Cette bête n'existe pas.

Je ne suis quand même pas rassurée.

Et moi, je ne peux pas faire attendre M. Franqui.

Prenez votre fusil, hein.

Mais puisque je vous dis que c'est une légende, une hallucination collective.

- Vous avez entendu? - Mais non, ce n'est rien.

C'est la Bête! Elle va manger mes draps.

Il n'est pas pressé, cet inspecteur, Mme Urodèle.

J'aimerais bien qu'il arrive.

La Bargeasque!

Couvrez-la, voyons!

La Bargeasque!

La Bargeasque...

Je ne vois rien.

- Ma minette?! - Je suis confus.

M. Franqui m'attend. Je reviens.

Pauvres gens... Je n'aurais pas dû en rire.

Il ne rira plus, l'inspecteur,

quand il apprendra ce que nous savons.

N'est-ce pas, Mme Urodèle?

Mais... Mme Urod...!

M. Franqui... je suis en retard. Je m'en excuse infiniment.

Mais qui est-ce qui m'a donné des petites menottes glacées comme ça?!

C'est pas possible!

M. Franqui vous n'allez pas nous quitter comme ça?

Et Mickey... Qui va me dire où est Mickey maintenant?

Docteur!

Un docteur!

Un docteur vite!

Un docteur, un petit docteur!

Un docteur! - Là-bas.

Pardon. Docteur venez vite!

Vous ne vous sentez pas bien? Tirez la langue.

Mais non docteur, pas moi! M. Franqui est mort.

Je partage votre douleur. - Mais non, venez vite.

Il n'est peut-être pas tout à fait mort.

Vous savez, Un petit peu plus, un petit peu moins...

Enfin, si ça peut vous faire plaisir. Faisons notre métier.

Mais je vais revenir.

Faites-moi chambrer une petite bouteille de Bourgogne.

- Je prépare combien de verres, docteur? - Un seul.

Venez.

Arrêt du coeur.

Mort naturelle.

D'ailleurs, toute mort est naturelle.

La vôtre le sera aussi, messieurs.

Il en fait une gueule!

On dirait qu'il est mort de frousse. - La frousse aussi est naturelle, brigadier.

Mais... qui a pu lui faire peur? Ou quoi?

- Qui? - Quoi?

Oui... Qui ou quoi.

Mais ni qui ni quoi, puisque le docteur vous dit

qu'il s'agit d'une mort naturelle.

Mort naturelle,

agrémentée d'une forte émotion... naturelle.

- Il aura vu une souris. - Ou un homme, un homme armé.

- Ce ne serait pas votre ivrogne frileux, par hasard? - Taisez-vous! Pas d'accusation sans preuves.

Et des preuves, il y en a aucune.

- Alors on ne recherche plus l'ivrogne frileux? - Qui parle d'ivrogne!?

Enlevez votre képi ou vous deviendrez chauve.

Alors, M. l'architecte, un homme armé c'est votre hypothèse?

Un homme armé.

Mon Dieu, Mickey....

Qui donc a peur d'un homme armé, aujourd'hui?

La Bargeasque! Hola la...

La Bête! Mais c'est une bonne idée ça!

Une bonne idée bien mauvaise.

La frousse va croître et embellir. Conséquences:

crises de nerfs, accouchements prématurés, accidents cardiaques...

Bref, beaucoup de travail en perspective pour le docteur Clabert.

Mais vous devriez vous en réjouir, monsieur.

Seul le Bourgogne me réjouit.

Messieurs, bonsoir. De toute façon, je ne le ressusciterai pas.

Et bien M. l'architecte, puisque vous êtes également chasseur,

dans le doute, débarrassez-nous de la Bargeasque.

- Mais je ne suis pas venu pour ça. - Mais pour quoi donc alors?

Pour chasser la bécasse.

- Et pour l'ivrogne frileux aussi. - Mais taisez-vous donc!

Puisque monsieur ne veut pas s'en occuper. Demain vous organiserez une battue.

Pour la Bête! Hola la!

Pour la Bête, parfaitement. Bonsoir M. l'architecte

Bonsoir M. le maire.

- M. l'inspecteur... - Oui?

Pour la battue, vous allez m'aider? - Mais oui.

Si jamais je la trouvais la Bête... Hola la!

En attentant, emportez Sainte Urodèle.

Et mettez-la au frais. Elle pourrait faire peur aux petits enfants.

La Bargeasque, inspecteur!

Oui, c'est la Bête qui rôde! Bientôt nous la verrons tous, inspecteur.

Mais tout le monde a l'air de savoir que je suis inspecteur!

Débarrassez-nous du monstre, inspecteur!

Aidez-moi d'abord à retrouver mon ivrogne frileux.

- À bas les ivrognes frileux! - Défendez-nous, inspecteur!

Ils ne sont pas conciliants. Enfin... un bon mouvement!

Psst! Inspecteur!

Ne me regardez pas. C'est le pharmacien...

Vous voyez bien que je ne vous racontais pas d'histoires.

Je recherche bien un ivrogne frileux. - J'en connais un, moi.

Où ça? - Dans le camp des bohémiens.

Inspecteur, faites quelque chose!

Inspecteur, faites quelque chose! - Du calme!

Et ces bohémiens? - Dans la lande.

- Inspecteur, faites quelque chose! - Attrapez la Bargeasque!

Oui, oui!

Montrez-moi le chemin. - Je ne peux pas, ça ferait jaser.

Mais le gendarme vous accompagnera.

Voilà qu'il se sauve...

Je vais devoir y aller seul alors.

Alors... On collabore avec la Police?

Il voulait juste... une aspirine.

Ouais... Moi aussi je voudrais une aspirine.

Ils m'ont cassé la tête avec leurs cris.

Toujours sans nouvelles?

Toujours.

Elle finira bien par vous écrire une carte postale.

Jamais!

Rien ne vous permet de dire ça, mon vieux.

Votre femme vous a quitté, ça ne veut pas dire qu'elle soit...

... morte.

Oui, en effet.

Alors un jour vous la verrez revenir au foyer.

J'espère bien que non!

Enfin je veux dire... je n'espère plus.

Vous le mettrez sur mon compte, n'est-ce pas? Bonne nuit.

Il y a du monde?

Il n'y a personne?

Petite coquine.

- Vous n'êtes pas peureux, vous, hein? - Pourquoi aurais-je peur de vous?

Et si ça avait été la Bête? - La Bête?

Vous aussi...

Non, je me suis perdu dans la nuit.

Ah bon, c'est pas moi que vous venez voir?

Mais je ne savais pas que vous habitiez ici... seule.

Avec ma soeur. - Et vous n'avez pas peur?

Pas plus que vous. - Oh tout de même...

Oui évidemment, je ne suis pas un inspecteur de la police judiciaire.

Vous savez... Vous aussi.

- Vous vouliez me demander quelque chose? - Oui, je cherche le camp des bohémiens.

C'est la lumière là-bas.

Vous y allez maintenant? - Oui.

Je vous accompagne. - Surtout pas. C'est trop dangereux.

Mais non, ils sont très gentils ces bohémiens, vous savez.

Regardez.

La lumière s'est éteinte.

Je sais où c'est, moi. je vais vous guider.

Je connais vachement la lande. J'y jouais quand j'étais môme.

Mais dans ce temps-là, il n'y avait pas la Bête?

Non, c'est vrai.

Ça fait guère que 2 ou 3 mois qu'elle a réapparue.

Vous venez?

Je ne vous ai pas dit... M. Franqui est mort.

Non?! Le pauvre homme.

Cher M. Franqui.

Mais de quoi est-il mort? - D'une crise cardiaque.

Mais les gens croient... que c'est la Bargeasque.

- Et vous, les bohémiens? - Non, ce que je cherche n'a aucun rapport.

C'est un secret. - Un secret? C'est passionnant! Racontez-moi.

Dans notre métier,

ce n'est pas très recommandé de faire des confidences.

Mais comme je suis de la nouvelle école

et que je n'aime pas la routine...

Ben alors dites-moi vite. Vous me faites languir.

Je cherche un homme qui a déjà échappé à l'échafaud.

Et vous voulez le retrouver pour qu'il y remonte.

Non, ce n'est pas du tout mon genre. Je veux l'empêcher d'y remonter.

Vous me prenez pour une imbécile?!

Vous avez entendu?

J'entends rien.

Il y a des craquements par là.

- Ne vous amusez pas à me faire peur. - Ne craignez rien, vous êtes avec moi.

C'est par là, suivez-moi.

Oh pardon!

On ne foutra donc jamais la paix aux gens?! - Dorothée!

Vous m'avez bien eue, hein?

Je n'avais pas besoin de vous pour découvrir ce mystère.

Je ne l'ai pas fait exprès, mademoiselle.

Pour vos débuts de garde-champêtre, vous faites la Police des moeurs... Pas joli, hein.

Je ne vous cherchais pas non plus, monsieur. Je m'excuse.

Bon, il ne me reste plus qu'à me fier à mon sens de l'orientation.

Bonsoir, messieurs. - Bonsoir.

Le camp des bohémiens, s'il vous plaît? - Connais pas.

Mais j'avais vu une petite lumière dans la lande.

C'était un feu follet?

Excusez-moi, messieurs.

Mais enfin... où est-ce?

La Bargeasque!

Je voudrais parler à l'inspecteur... à M. Triquet.

Quoi de neuf?

Pas de billet de banque volant dans les airs?

Pas d'ivrogne frileux à l'horizon?

Vous allez perdre votre pari, mon vieux.

Une caisse de bière, ce n'est pas rien!

Moi, j'aime mieux le champagne.

Qui est à l'appareil? Un farceur? Un zigoto?

Hep! Passez-moi Triquet. - L'inspecteur Triquet est à la chasse.

En pleine nuit?!

La Bargeasque ne se chasse que la nuit, M. l'inspecteur.

Bonsoir, M. l'inspecteur.

Un comble!

Voilà Triquet qui chasse pour de bon.

Je n'y comprends rien à rien.

Et vous?

Vous avez trouvé un autre ivrogne frileux?

- Il y a celui de l'usine à gaz. - Je vous parie que c'est le bon.

- Où est donc l'inspecteur? - Pas rentré de la nuit.

C'est pas très inquiétant ça?

L'inspecteur a reçu un coup de téléphone cette nuit.

C'est moi qui ai répondu.

- Et alors? - Il n'est pas seul.

Il y a des inspecteurs dans tous les coins. - Oh mon Dieu!

Ça vous inquiète? - Non, pas du tout... Ça me rassure.

Messieurs, mes amis,

mes chers concitoyens.

Vous connaissez les évènements qui depuis plusieurs mois, le soir venu,

vous cloître dans vos maisons, muets de peur et d'angoisse.

Comme vous avez raison d'avoir peur.

Cette Bête est épouvantable!

Épouvantable.

Nous allons faire une battue pour capturer cette Bête.

Je dis bien la capturer, pas la tuer!

Elle est dangereuse mais il faut la ramener vivante.

Je dis bien... vivante.

Mes chers concitoyens,

je reconnais que le danger est très grand, immense!

Incommensurable!

Mais il est digne des habitants de Barges,

qui soutinrent un siège héroïque contre les Anglais en 1415.

et ceux qui n'en reviendront pas,

auront droit à voir leurs noms gravés

sur la pierre qui célèbre les exploits de leurs ancêtres

qui ne furent pas découragés par la défaite d'Azincourt, 1415.

Que les volontaires répondent présents! - Présent!

C'est bien. vous êtes un brave.

Nous, on veut l'inspecteur!

C'est insensé!

Mes chers concitoyens, ne seriez-vous tous que des lâches?!

Oui. Oui. On n'y va pas sans l'inspecteur!

Trop tard! La Bête l'a mangé!

Et si c'était vrai... ?

Je vais le dire à ma minette, ça va lui faire peur.

Le discours n'était pas mal mais le résultat n'est pas brillant, hein.

Des lâches, des triples lâches!

Je leur montrerai, moi. J'irai seul.

Et si vous ramenez la Bête, on ouvrira un parc zoologique.

Hou! Hou! Il y a quelqu'un?

Va-t-en! Veux tu partir.

Docteur!

Je ne devrais plus boire à jeun.

Alors cette expédition?

Exaltante. Je cherche l'inspecteur. Vous ne l'auriez pas vu par hasard?

Oui, grimpez dans l'arbre, là, à gauche.

Dans l'arbre, vous êtes sûr? - Vous insinuez que j'ai des hallucinations?

Merci, docteur.

Moi?! Des hallucinations?!

Plaisanterie!

Et à ma santé!

À jeun ou pas à jeun!

Ah, M. l'inspecteur!

Je le savais bien. la Bête ne vous a pas fait de mal.

- Mais il s'en est fallu de peu. - Allez! À la niche, carnivore.

Je me suis perdu dans la nuit. Je cherchais le camp des bohémiens.

- Vous en êtes tout prêt. - Où est-ce?

Je vous y mènerais bien mais avant il faut que je trouve la Bête.

Encore?! Vous me menez au camp de bohémiens ensuite je cherche la Bête avec vous.

M. l'inspecteur, je n'oublierai jamais ce que vous faites pour moi. En avant!

Regardez, le brouillard est comme un miroir qui reflète l'autre face du monde.

C'est plutôt comme un miroir qui ne reflète pas ce qui se cache derrière.

C'est encore loin? - Nous y sommes dans quelques instants.

Au bout du chemin, après l'arbre mort. - Je ne vois ni chemin ni arbre mort.

Mes compliments, vous êtes dans le brouillard comme un poisson dans l'eau.

Pardon, mademoiselle. Je cherche un homme... ivrogne...

... qui boit... qui boit beaucoup...

et qui a toujours froid.

Venez.

Le voilà.

Gentille petite bête.

Je suis désolé mais ce n'est pas lui.

Vous en auriez un autre à nous montrer par hasard?

Un comme ça, ça suffit.

Et pour le tour de passe-passe, c'est 200 francs.

Ah mon pauvre Douve,

je crois que je trouverai pas mon ivrogne frileux.

Il n'est pas à Barges.

Et si la Bargeasque l'avait enlevé et le gardait prisonnier dans son antre?

C'est une hypothèse gratuite.

Et Franqui, de quoi est-il mort? De peur. Il a vu la Bête.

Remarquez, mon cher Douve, je ne suis chargé que d'arrêter les gens,

pas les bêtes et encore moins les bêtes qui n'existent pas...

- Inspecteur! - ... ou bien qui n'existent pas beaucoup.

Croyez-moi inspecteur, les légendes ont un fond de vérité.

Ah oui c'est vrai... les légendes.

Elles ne sont jamais mortes, il en renaît sans cesse.

L'une poursuit l'autre comme le font les nuages.

La Bargeasque est née quand la Terre était jeune.

Il y a des 1000 et des 1000 ans.

- Je croyais que Sainte Urodèle l'avait tuée. - Ah ça c'est une légende! Des menteries.

Et alors?

La Bargeasque dormait au fond d'une grotte où personne ne pouvait l'atteindre.

- Et qu'est-ce qu'il l'a réveillée? - La foudre.

La foudre est tombée sur la lande il y a 2 mois et depuis ce temps-là...

Mais c'est la soeur de Livina!

La Bête! Oh c'est elle!

C'est bien elle! Enfin je l'ai vue.

Non... Non!

La Bête! N'y touchez pas!

Mickey, je te tiens!

Ne lui faites pas de mal! Surtout ne lui faites pas de mal!

Je vous tiens, Mickey.

Comment... vous n'êtes pas Mickey?

- Tu as osé! Maudit boucher! - Ce n'est pas bien ce que vous avez fait là.

Vous voyez bien, vous lui faites de la peine. On vous retrouvera une autre Bête...

- Alors la Bête, c'était vous? - Tu ne voulais pas de moi.

Un brave et honnête commerçant.

Tu te réservais pour ce braconnier. - Mais voilà qu'il m'insulte, ce tas de lard.

Vous, monsieur, je vais vous demander de raccompagner mademoiselle

et vous, ne rôdez plus la nuit. Il y a des bêtes, n'est-ce pas.

Cinq minutes plus tôt, je te faisais ton affaire!

- Elle ne voulait pas de moi... - Monsieur, je vous prie de me suivre.

Et couvrez-vous, vous pourriez attraper froid.

Maudit boucher.

Allons, messieurs, regagnons cette bonne ville de Barges.

La Bête... à bicyclette. Laissez-moi, c'est vraiment trop...

- La roulure! Elle ne voulait pas de moi. - Je sais... Venez.

La Bête! Ils ont pris la Bête!

Ils vous en veulent, c'est forcé. Il faut les comprendre.

- Assassin! - Sadique!

Pendez-le aux crochets de sa boucherie!

Pendez-le!

- Empoisonneur public! - À mort le boucher!

Un peu de dignité, s'il vous plaît!

Non, pas question!

Vive l'inspecteur!

- Un peu de dignité, s'il vous plaît! - Ma viande!

Un vrai petit chien de chasse, notre inspecteur.

Oui mais c'est bien dommage parce que si la Bête l'avait mangé

j'aurais pu le faire canoniser comme Sainte Urodèle.

Il a encore une chance d'y passer notre inspecteur, non?

Ma viande!

Voleurs.

Pendez-le!

- Tu voulais nous faire peur, terroriste! - Je vous interdis.

Un maire se doit de rétablir l'ordre.

Mes chers concitoyens,

mes chers amis...

l'imposteur est démasqué, la peur s'est dissipée.

Et tout ça vous le devez à qui?

À l'inspecteur Triquet! Bravo inspecteur!

Un ban pour l'inspecteur Triquet!

Nous aussi, nous allons fêter la fin de cette légende stupide.

Apportez une caisse de champagne.

- L'inspecteur ne boit certainement pas d'alcool. - Alors apportez un bidon de lait.

Je vais le regretter ce brave bougre.

Parce que tu le crois déjà parti? Et son ivrogne frileux?

Non mais tu crois qu'il va s'obstiner?

Dites-moi, M.Gosseran.

Le boucher, il n'est pas ivrogne. Il n'est pas frileux non plus. Alors...

Je ne peux rien dire.

Alors l'enquête va continuer?

Je ne peux rien dire.

Avoir démasquer la Bête tout de même...

Il est très fort, l'inspecteur.

Demandez-lui de retrouver votre femme.

Tirez la langue.

Superbe!

Oeil frais... Un teint de rose...

Profil romain...

Messieurs, ce boucher est en parfaite santé...

- Le pauvre homme! - ... mais complètement cinglé.

Pour une Belle, il faisait la Bête. Air connu...

Et maintenant, à l'asile! - Qu'est-ce qu'on va lui faire?

Electro-chocs, insulino-chocs,

lobotomie... Le grand jeu, quoi...

Il a bien mérité ça... Le criminel!

- C'est pas moi qui ai tué M. Franqui. - Si c'est toi!

- Puisqu'il vous dit que ce n'est pas lui. - C'est peut-être l'ivrogne frileux, hein?

Enlevez votre képi ou vous deviendrez chauve.

Franqui, c'est pas moi. Je faisais seulement la Bête.

- Inspecteur, mes compliments! - Je ne l'ai pas fait exprès.

Je faisais seulement la Bête...

Messieurs, de toute façon je ne suis pas vétérinaire.

C'est la fête. Les gens s'en payent...

Allez-y, je le garde.

- Ce n'est pas régulier. - Mais rien n'est régulier, mon vieux.

Alors... Bonne nuit inspecteur.

Oui, c'est ça. Bonne nuit.

Ne pleurez pas, monsieur. Rappelez-vous, je suis votre ami.

Ça c'est bien vrai.

Je n'en serais pas là si vous aviez été ma maman.

Il ne saurait en être question.

Maintenant, vous allez me répondre bien gentiment.

Oui monsieur.

Oh la belle fusée rouge!

Je vous en prie monsieur, écoutez-moi.

C'est vous qui avez fait peur à Mme Gosseran?

Oui, je passais dans le jardin pour aller dans la lande.

- Et M. Franqui? - Je vous l'ai dit. c'est pas moi!

Moi, j'étais caché dans un buisson quand il est mort.

Quand il est mort? Alors vous avez vu quelqu'un.

Vous n'allez pas me croire. - Mais si...

Oh la belle verte!

Sainte Urodèle... Vous savez, le mannequin...

... avec le hachoir.

Il a bougé. - Il a bougé? - Oui.

Racontez-moi. - Oui.

Le bras s'est abaissé comme ça.

- Comme ça? - Oui.

Alors ce n'est pas mon ivrogne frileux. C'était un bras articulé.

C'est un accident. Je vais aller vérifier.

Et alors M. Franqui, il est tombé

... raide mort.

Vous pensiez bien que ce n'est pas moi qui aurait été faire une chose pareille à M. Franqui.

Vous ne me croyez pas, hein? - Mais oui. Je vais vous tirer d'affaire.

Vous feriez ça pour moi? - Mais surtout ne sortez pas d'ici.

Avec ces fous furieux...!

Alors M. l'inspecteur, cet ivrogne frileux que je vous avais signalé chez les bohémiens?

Aucun intérêt mais merci tout de même.

En tous cas, vous avez arrêté le boucher.

Par mesure de sécurité, pour sauver sa peau.

Mais il est innocent. Innocent de la mort de Franqui.

Alors l'enquête continue?

Si elle continue? Je pense bien.

Et s'il le faut je fouillerai toute la ville

les caves, les greniers... Tout.

Mais enfin... Qu'est-ce que vous cherchez?

Mon cher monsieur, je ne cherche pas, je trouve.

Hélas...

Mon Dieu!

M. Douve, où est le mannequin?

Mme Urodèle?

Où est Sainte Urodèle?

Vous êtes fâché contre moi?

Je ne l'ai pas fait exprès.

Je ne voulais pas vous faire de peine avec la Bête...

La vraie reviendra. Pour se venger.

Et ce jour là, ce sera épouvantable!

Une boucherie!

Inspecteur, M. Chabriant vous attend pour fêter votre succès. - Et bien on a tort.

Melle Livina, où est le mannequin? - Dans la cave, c'est tout ce qu'il mérite.

Vous m'accompagnez? - Dans la cave?

En tout bien, tout honneur.

Vous verrez que cette Mme Urodèle est une personne bien curieuse.

Vous allez voir... Elle bouge.

Et bien non, elle n'est pas articulée.

Mais alors... comment a-t-elle pu bouger?

Mais enfin inspecteur, à quel jeu jouez-vous?

Attendez...

Ne bougez pas.

Tenez, prenez ça et gardez la pose.

Oui. Abaissez la hache.

Et bien voilà!

En voyant s'animer le mannequin,

Franqui est mort de peur. Il y avait de quoi!

- Vous croyez au miracle de Sainte Urodèle? - Quelqu'un avait pris sa place.

Qui? - Mon ivrogne frileux.

C'est encore un amateur de mauvaises farces comme le boucher.

Le boucher.... Le pauvre homme, il est innocent.

Je prouverai l'innocence du boucher. - (??)

Vous savez bien, on ne peut pas laisser un criminel en liberté.

Ce n'est pas dans son intérêt. - Ni dans celui de ces futures victimes.

Alors, M. l'inspecteur, l'enquête va continuer?

Elle ne fait que commencer.

Vous allez semer le trouble et l'inquiétude dans le pays?

Ah moi, ça me plaît ça!

Et qu'est-ce que vous trouvez, inspecteur?

Un assassin.

Et vous le cherchez parmi eux?

Y en a-t-il un seul qui ait l'air d'avoir commis un assassinat?

Il n'y a que des honnêtes gens dans notre bonne ville de Barges.

Commettre un assassinat, ils en sont incapables.

Le docteur plaisante.

Mais pour les petites choses pas propres

Alors là... je vous garantie, ils ont tous quelque chose à se reprocher.

Musique!

Qu'est-ce que vous êtes allé raconter à l'inspecteur? - La vérité.

In vino veritas... - Quoi?!

Nous n'allons pas laver notre linge sale devant l'inspecteur.

Le linge sale est parfois sanglant.

Sanglant?!

Mais rassurez-vous, je ne veux de mal à personne.

- Vous êtes pour la méthode douce, douce, douce. - Je fais de mon mieux.

Un nouveau succès pour vous, Triquet, le coupable s'est dénoncé.

Mickey s'est dénoncé.

Il ne s'appelle pas Mickey, enfin du moins à ma connaissance,

et à l'heure qu'il est, il doit être mort.

- Mais qui est mort? - Le pharmacien.

Mais je ne comprends plus. Il faut appeler le docteur!

Arrêt du coeur.

Mort naturelle. D'ailleurs, toute mort est naturelle....

Alors... on tue sa femme.

On l'enterre. On se suicide.

On était pourtant honorable. On était pharmacien de première classe.

On était méchant.

Enlevez votre képi ou vous deviendrez chauve.

J'ai trouvé la femme.

Enfin ce qu'il en reste.

Il l'avait enterrée et moi je l'ai déterrée.

Pour un crime c'est un beau crime.

On parlera de moi dans les journaux de Paris.

Mais je ne me doutais de rien...

Pas de fausse modestie, inspecteur.

Vous aurez votre photo à côté de la mienne.

Allez avertir Chabriant.

J'y cours, inspecteur.

Mort naturelle?

Absorption massive de barbituriques.

On en crève... naturellement.

Un suicide?

Comme vous dites.

Et sa femme?

Un trucide.

Vous n'allez pas me dire que c'est une mort naturelle?

Naturellement.

Crâne défoncé à coups de marteau.

On en crève... naturellement.

Quel crime atroce.

Il s'est fait justice.

Une justice bien sévère.

En cour d'assises avec un bon avocat il s'en serait tiré.

Oui....

Seulement il y avait l'inspecteur Triquet.

Vous savez si j'étais un criminel, je n'en mènerais pas large.

Vous avez l'air de ne pas y toucher,

et puis.... Couic!

- Hélas... - Comment hélas?

C'est votre métier d'arrêter les assassins, non?

Hélas... Je ne croyais pas qu'il y en avait tellement.

Vous êtes un drôle de flic, vous!

Ça ne vous vexe pas que je vous appelle "flic"?

Non, pas du tout. Il faut bien voir les choses en face.

Allons, mon vieux, ne vous frappez pas.

Venez, nous allons finir ça ensemble. - Ah non merci, jamais d'alcool.

Il est bon pourtant.

Cette jeune génération... Vous ne savez pas ce que vous perdez.

C'est pas moi, M. l'inspecteur.

C'est pas moi. - C'est pas moi non plus.

Inspecteur, ça va pas fort, hein? Vous jouez comme un manche.

Non... sans façon.

La Bar...geasque.

Mais non, ma minette!

La Bargeasque est hors d'état de nuire.

C'est fini. N'est-ce pas inspecteur?

Oui, c'est bien fini.

Allô inspecteur...?

... M. Triquet?

Vous le petit farceur, ne me croyez pas plus con que je ne suis. Je vous ai reconnu.

Passez-moi Triquet.

Alors ce rapport quotidien? Rien! Qu'est-ce que vous fichez!

Je joue aux dominos, inspecteur Virgus.

Chut! Monsieur Virgus!

Vous me faites marcher, hein? Je sais que vous avez gagné votre pari.

Hélas...

Mickey n'est pas Tourlieu, donc je conclue qu'il est à Barges.

Je suis beau joueur. Vous aurez votre caisse de bières.

- Merci inspecteur. - Ne faites pas le cachottier.

Vous avez des indices? - Si j'en ai?

Il a tué deux hommes. - Vous me l'arrêtez pour demain.

Je vais à Barges et vous me l'amenez sur le quai de la gare.

C'est un ordre! - Je ferai mon devoir.

Fouillez toute la ville. Les greniers, les caves...

- Inspecteur Virgus... - Oui?

Faut-il que vous soyez malheureux pour être aussi méchant.

À demain.

Inspecteur, il y en a un auquel je n'avais pas pensé.

- Comment il est? - Pas très ivrogne, pas très frileux

mais pas question de lui faire manger du cassoulet.

Je vais gagner.

Alors l'inspecteur, vous nous quittez. - Pas encore.

Vous n'espérez tout de même pas trouver un cadavre par maison.

Non, je n'ai pas de ces exigences

mais je vais tout de même passer le peigne fin.

- Le peigne fin? - Oui, une perquisition générale.

Vous êtes fou. Vous sabotez notre tranquillité reconquise.

Je ferai ça très gentiment, vous verrez. Il n'y aura pas d'histoire.

Inspecteur, votre zèle est abusif, excessif et intrusif.

Je vais avertir vos supérieurs. - Ils en ont l'habitude.

Avouez que vous cherchez midi à quatorze heures.

Franqui connaissait le crime du pharmacien, vous arrivez,

le pharmacien croit que Franqui va vous en parler et il le tue.

- En prenant la place du mannequin. - Pourquoi pas? Le pharmacien connaissait tous les cardiaques du pays.

Mais le docteur Clabert aussi. - Vous le soupçonnez?

Hélas non.

Mais alors qui?

Un garçon décidément... irrécupérable.

Si vous me disiez ce que vous cherchez vraiment. Je peux peut-être vous aider.

Je vous l'ai déjà dit, M.Chabriant.

Je cherche un ivrogne frileux.

Et bien, depuis 3 jours que vous le cherchez, il doit être loin maintenant.

Non, il est ici... à Barges.

Comment en êtes-vous sûr?

Parce qu'il y a à Barges quelque chose.

Quelque chose dont il ne veut pas se séparer.

Il y tient plus qu'à sa vie.

Qu'est-ce que ça peut bien être, inspecteur?

Tout son matériel pour fabriquer de la fausse monnaie.

Ah enfin! Voilà qui est clair.

Vous auriez pu le dire plus tôt, non?

Mais il fouille partout. - Nous, on n'a rien à se reprocher.

Veux-tu te taire! Tu vas nous rendre suspects.

Vous me ferez le plaisir d'arracher tous vos plants de tabac non déclarés.

Ce n'est pas tellement pour la Régie (de tabac) mais pour votre santé.

Donnez, je vous prie. - Vous ne lisez donc pas les journaux?

Vous ne voulez pas me laisser entrer? - Non...

Attention!

Pas de mal? - Grâce à vous, M. Douve. Merci.

Mon véhicule!

L'inspecteur a failli être écrasé. - Et ça n'aurait pas été une mort naturelle, hein?

C'est un accident?

Piéton tu n'écraseras que si tu es à ton volant.

Et je n'y étais pas.

C'est un attentat, n'est-ce pas docteur?

Loupiac fait des prodiges d'intelligence.

Enlevez votre képi ou vous deviendrez chauve.

Cette catastrophe m'a donné soif.

Mickey s'affole. Il s'en que je brûle.

La perquisition continue, inspecteur?

C'est amusant, vous ne trouvez pas?

- On n'aurait pas dû faire ça. - Vous ne savez pas ce que vous dites.

Voyantes extra-lucides

Quand je pense qu'il y a des imbéciles qui viennent les consulter

Brigadier, c'est la première fois que vous nous faites l'honneur.

Mais c'est le chef de gare.

Je ne savais pas que vous étiez superstitieux.

Madame, nous allons visiter toutes les pièces.

Mais monsieur, ne vous donnez pas ce mal, vous pouvez faire la visite ici.

Mesdames, allons!

Il en manque une mais elle n'en a pas pour longtemps.

Ça alors!

- Il va chez tous les commerçants. - Notre argent est bien caché.

On ne sait jamais avec tous ces maudits polyvalents.

Ça alors, je n'en reviens pas! Si j'avais su.

Et bien maintenant que vous savez,

allez à la gare attendre l'inspecteur Virgus.

Et le chef de gare qui est là-dedans. Il va peut-être oublier le train.

Il serait préférable que j'y retourne.

Pour le prévenir. - Bon ben... Allez-y, Loupiac

mais soyez chaste, hein? Le devoir nous appelle.

Il est seul maintenant, l'inspecteur.

Écoutez bien ce que je vais vous dire.

Voilà un homme.

Oui, c'est un mot historique.

Napoléon l'a prononcé en parlant de Goethe.

Goethe? Connais pas.

Ah ben c'est historique tout de même.

Et ça s'arrose.

Mais vous ne buvez pas?

C'est une bouche inutile.

Si vous n'aérez pas la grand-mère de temps en temps, vous aurez de mes nouvelles.

Faire disparaître tout ce matériel? Vous n'y pensez pas.

Trop lourd.

Trop volumineux.

Et puis c'est inutile.

Il va le trouver d'une minute à l'autre.

D'ailleurs, je m'en réjouis.

Tout ce qui arrive est de votre faute.

Tuer... Tuer.

Franqui d'abord.

Et puis cet accident camouflé.

Et ensuite, qui encore?

Je n'ai pas voulu tout cela.

Pauvre Douve...

Doigts trop habiles.

Doigts de faussaire.

Doigts de malfaiteur.

Je vais tout lui dire.

Ma femme l'a volé dans un moment d'égarement.

- Vous savez ce que c'est la kleptomanie... - Non, je ne sais pas, monsieur.

Mais je rapporterais la bicyclette à son propriétaire.

Nous aurons droit à des circonstances atténuantes? J'ai tout avoué.

Oh merde, j'ai crevé! - Mais non, monsieur, c'est un coup de feu.

Tenez, pardon... Excusez-moi.

Ah inspecteur, Douve est mort. - Oh, non...

On l'a tué, quoi.

J'ai entendu le coup de feu et quand je suis arrivé, il ne respirait plus.

Il en savait trop lui aussi, M. Chabriant.

Messieurs, rentrez chez vous mais tenez-vous à la disposition de l'inspecteur.

Vous permettez?

Il n'a pas eu le temps de cacher le matériel.

Inspecteur, j'ai une petite confidence à vous faire.

Je crois qu'elle s'impose.

Oui, je le crois aussi.

Je n'ignorais pas que Douve fabriquait de la fausse monnaie.

Je lui prêtais les lieux et en revanche, mon Dieu,

il me donnait quelques billets par-ci par-là.

300.000, 400.000 à peine... En nouveaux francs bien entendu.

J'avais de tels frais. Ces huissiers me coûtent les yeux de la tête.

Évidemment c'était très imprudent de ma part.

- C'est le moins qu'on puisse dire. - Enfin, c'est pas grave...

Douve faisait ça plutôt pour se distraire...

... Enfin du moins je le croyais.

Mais... il avait un complice.

Et ce complice a tué Franqui parce Franqui avait vu quelque chose.

Ou il voulait simplement lui faire peur.

Mais... vous me semblez bien au courant.

Trop au courant.

Alors... vous allez me dire où se trouve cette personne.

Inspecteur, si je parle,

je pourrais garder mes huissiers? Mon apparat?

Vous m'en demandez beaucoup.

Parlez toujours.

Alors je vais tout vous dire.

À nous deux, Mickey!

Mickey, vous êtes un lâche.

Mickey, vous êtes enfermé.

Je vous tiens.

Vous?! Oh non...

Et Mickey où est-il? Il n'a pas pu se sauver?

Il n'y a pas de Mickey ici. Il n'y a que moi.

Que vous? Mais alors Chabriant?

C'est moi.

Et Douve c'est moi aussi. Il voulait me dénoncer.

- Et Franqui? - C'est toujours moi.

Il avait vu Douve compter les billets à la fenêtre.

Comme il était cardiaque, j'ai pris la place du mannequin.

Oh non... - Oh pas d'hypocrisies, hein.

Vous êtes un fortiche, vous.

Démasquer la Bête, le pharmacien, notre bande... C'est pas mal ça.

Je ne l'ai pas fait exprès. Je ne savais absolument rien.

Quel dommage que je vous ai raté avec la voiture du docteur.

- C'était vous aussi? - Oui, j'ai desserré le frein.

Si j'avais réussi, vous seriez mort bien sûr.

Et il y aurait eu moins de catastrophes dans la ville. Tout est de votre faute.

Mais non, je cherchais Mickey le bénédictin, le faux-monnayeur.

Vous avez trouvé d'autres faux-monnayeurs, ça compense.

Mais ce Mickey, où est-il? - Occupez-vous de moi à la fin!

Ma pauvre enfant... - Je n'ai pas besoin de votre pitié.

Mais vous aurez besoin de celle des juges.

Si je suis guillotinée, vous aurez de l'avancement.

Ce n'est pas mon genre.

Comment avez-vous été entraînée dans cette histoire de brigands?

Chabriant aimait la jeunesse,

j'étais sa secrétaire. Vous savez ce que c'est...

Non, je n'ai jamais eu de secrétaire.

Maintenant il faut que je m'en sorte.

La vertu outragée, ça vaut bien des circonstances atténuantes, non?

Si vous vous étiez livrée à la Police peut-être.

- Je me livre. - Non, c'est moi qui vous arrête.

Ben alors il ne faut pas m'arrêter. Laissez-moi me livrer, ça fera bien.

Vous allez encore tuer quelqu'un.

Je n'ai plus personne à tuer. Il n'y a plus que moi.

Et moi...

Je n'ai plus d'arme.

Laissez-moi me livrer. Je ne veux pas qu'on me raccourcisse.

Non. Taisez-vous.

Venez ou je vous mets les menottes.

Je n'ai pas de veine.

Le voilà votre inspecteur. Il a amené un copain avec lui.

J'ai gagné! De justesse!

Je l'ai arrêté cet après-midi. Il n'a opposé aucune résistance.

- Vous n'avez pas commis un nouveau crime? - J'ai été sage comme une image.

Sauvé, M. Mickey. Vous êtes sauvé.

Quelle joie!

C'est bien vous. - Ah oui, c'est bien lui!

Et vous? Qu'est-ce que vous avez bricolé pendant ces 3 jours?

Mademoiselle et moi, nous avons des aveux à vous faire.

Vous n'allez pas m'annoncer vos fiançailles, non?!

C'est extraordinaire! Je m'esquinte, je m'échine

et vous ne pensez, vous, qu'à fonder un foyer. On aura tout vu!

Reste tranquille abruti!

Tu as juré devant une dame. Je vais t'en faire baver!

C'est un ordre! Au secours!

Ce n'est rien, inspecteur Virgus.

Juste un petit mouvement d'humeur.

Et bien voilà... Je vous laisse.

- Est-ce que je peux faire... - Tout va bien, Loupiac.

Ça alors!

Il faut que je prévienne M. le maire. - Il est mort.

C'est pas possible!

Douve aussi est mort.

C'est pas possible! - C'est moi qui les ai tués.

C'est pas possible!

Et bien? Arrêtez-moi.

Faites votre devoir, vous au moins.

C'est pas possible!

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