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Inspiré d'événements réels.
ANGLETERRE, 1665 Année de la Grande peste
La pestilence se propagea dans tout le pays,
tuant des dizaines de milliers de gens,
détruisant des familles et des communautés entières.
Seuls quelques chanceux échappent à cette mort lente et agonisante.
Le peuple est paralysé par la peur et la paranoïa,
et cherche désespérément un bouc-émissaire,
convaincu que la peste est le fait du Diable et de ses acolytes.
C'est l'époque des TRAQUEURS DE SORCIERES,
fidèles serviteurs de Dieu nourris de superstition
et à qui l'État donne le pouvoir d'arrêter, interroger et exécuter
tous ceux et celles qui sont soupçonnés de sorcellerie.
Je le trouve parfait.
Je l'ai fait pour toi.
Quand je ne pourrai plus veiller sur toi, il le fera.
Comme toujours.
Je ne peux pas te convaincre de rester ?
J'aimerais bien.
Je n'aime pas te voir partir.
Surtout avec ce qui se passe en ce moment.
Je ne serai pas parti longtemps, mon amour.
-C'est bon. Tout est là. -Mon brave homme.
Merci, Ben.
-Santé. -Santé.
Joseph.
-Écuyer. -Comment va votre famille ?
Très bien.
À l'époque ou l'on vit, c'est une bénédiction.
À l'époque ou l'on vit,
je ne laisserais pas une femme comme Grace toute seule.
Laisse-moi allumer ta pipe.
-Merci. -Laisse-le, Leonora.
C'est un homme marié.
Bon dieu.
Joseph ?
Ce n'est rien, mon amour. Retourne te coucher.
Non, Grace. Reste ou tu es. Ne t'approche pas.
Joseph, tu me fais peur. Qu'est-ce qui ne va pas ?
Ne me touche pas ! S'il te plaît.
Mon dieu. C'est la maladie.
J'ai la fièvre, c'est tout.
Je ne veux pas te la donner, à toi et Abby.
D'accord.
Je vais chercher du sureau et de l'achillée dans la forêt
pour faire une potion.
Cela fera tomber la fièvre.
Grace.
Grace.
Je t'aime.
Je ne serai pas longue.
Pardon. L'Écuyer veut vous parler.
-L'Écuyer ? -Mme Haverstock.
Vous ne faites jamais de visite à domicile.
Selon la rumeur, votre mari a succombé à la maladie.
Quel dommage de le voir fauché à la fleur de l'âge.
Mais les voies du Seigneur sont impénétrables.
En effet.
Qu'allez-vous faire, avec votre enfant ?
Attendre, nous isoler
et prier pour que le Seigneur nous épargne.
Et s'il vous accorde sa faveur, que ferez-vous ?
Assurément, vous n'allez pas vous obstiner à rester ici,
une jeune femme seule aussi frêle dans cet endroit isolé ?
Je ne suis pas seule, j'ai ma fille.
Et il y a du travail à faire. Je dois m'obstiner.
Je vois.
Alors je compte sur vous pour payer le loyer.
Il est dû dans une semaine
et si vous ne respectez pas l'engagement,
votre bail sera caduc.
Vous perdrez tout.
Votre compassion en cette période difficile
est très touchante.
Mesure tes mots, femme.
Je donne ma compassion à qui je le souhaite.
Il s'agit d'affaires, rien de plus.
Nous avons tous un rang dans la vie.
Le vôtre est inférieur au mien
et j'en suis désolé mais il en est ainsi.
Je reviendrai. Si vous êtes encore en vie,
j'attends que votre loyer soit payé en intégralité.
Sinon, nos chemins se sépareront.
Ne vous inquiétez pas, Écuyer.
Vous aurez votre argent.
Cette fois-ci, ça a marché.
J'en suis sûre.
Sûre de quoi ?
J'aurai un enfant.
Comment peux-tu le savoir ?
Une femme sait ces choses-là.
Viens là.
Viens là. Oui.
Kate ?
Grace ?
Tout va bien, Kate.
Une semaine est passée sans aucun signe de la maladie.
Tout de même, Kate, il serait sage de garder...
-Merci Seigneur. -Oublie ce que j'ai dit.
Quand nous avons appris la nouvelle,
nous avons craint le pire.
Nous sommes heureux de voir que tu vas bien.
Je suis désolé pour Joseph.
-C'était un bon ami. -Merci, Morton. Cela me touche.
-Ou vas-tu ? -Je dois aller en ville.
Grace, non ! C'est trop dangereux.
La maladie est partout là-bas. Morton, elle va en ville.
Pourquoi irais-tu faire une chose aussi folle ?
Je n'ai pas le choix.
J'ai quelque chose à faire.
Alors, laisse Abby avec moi.
Tu pourras chevaucher plus vite et revenir plus tôt.
D'accord.
Vous êtes comme ma famille, Morton et toi,
depuis que je suis arrivée ici.
Alors écoute ce conseil de soeur et ne tarde pas.
L'ombre de la mort plane sur cet endroit.
Allez.
Je ne resterai pas plus longtemps que le nécessaire.
Je reviendrai avant la nuit.
M. Tuttle ?
C'est moi.
Vous ne me connaissez pas mais vous étiez un ami de mon mari.
Joseph Haverstock.
C'est exact.
C'est vraiment triste.
Je vous fais mes condoléances.
Il a toujours été honnête avec vous, non ?
Si vous en veniez au but, Mme Haverstock ?
Je viens vous voir avec réticence...
mais je ne savais pas vers qui me tourner.
J'ai besoin d'argent.
Un modeste prêt.
Je vois.
Je ne peux pas vous aider.
Mais...
L'Écuyer va nous jeter dehors si nous ne payons pas le loyer.
Les temps sont durs.
Que dois-je faire, vous supplier ?
Cela ne fera aucune différence.
C'est la maladie.
Les gens ont peur.
Ils voient le diable sous leur lit
ou dans leur remise à bois.
Ils ont arrêté Molly Pryor
il y a deux jours pour sorcellerie.
Molly Pryor ?
C'est une vieille femme inoffensive.
Elle a tout avoué.
Je vais vous donner un conseil parce que Joseph était mon ami
et qu'il ne méritait pas de disparaître de cette façon.
Quittez la ville pendant que vous le pouvez.
Le jour ou Joseph est venu en ville,
que s'est-il passé ?
Il a livré les céréales
puis il est venu prendre un verre comme d'habitude.
Mais il y avait un homme ici qui n'était pas du village,
et qui avait la maladie.
Joseph s'est trompé et a bu de sa coupe.
Une simple erreur.
À partir de ce moment-là, il était condamné.
Vous en avez été témoin ?
Je l'ai entendu dire.
Par qui ?
L'Écuyer, bien sûr.
Allez. Poussez-le un peu plus.
Fais ce que tu dois faire, mon amour.
Grace.
Bonjour, Mme Haverstock.
J'imagine que vous êtes venu chercher votre argent.
Chaque chose en son temps. Puis-je entrer ?
Je suis toujours impressionné de voir
combien tellement de gens peuvent vivre avec si peu.
Comment tenez-vous ?
Je ne peux qu'imaginer la difficulté
de ce que vous avez vécu.
Nous nous débrouillons.
Puis-je vous demander quelque chose à boire ?
Nous n'avons que de la bière.
Un peu de bière fraîche serait parfait.
Pauvre enfant.
Ce ne sera pas facile pour elle de grandir sans père.
Ayant souffert la perte de ma mère dans l'enfance,
je pense que cela a privé mon caractère
des plus tendres sentiments.
Je suis navrée. Pour votre mère.
Ne le soyez pas. C'était une putain.
Mon père l'a battue à mort avec une poêle en fonte
parce qu'il l'avait vue regarder un autre homme.
Santé.
L'expulsion donne soif.
Alors voilà de quoi étancher votre soif pendant un temps.
Au moins trois mois.
Je suis impressionné.
Et le mois d'après, et le suivant ?
Vous n'allez pas me faire croire que vous comptez
travailler cette terre en élevant une enfant.
-Nous nous débrouillerons. -Vous échouerez.
Vous ne ferez que retarder l'inévitable.
Trois mois de plus.
Satisfait ?
Cela n'est pas nécessaire.
Nous pourrions trouver un arrangement.
Vous pourriez payer votre loyer...
par d'autres moyens.
D'autres moyens ?
Allons droit au but.
Vous avez votre argent. Maintenant, partez.
Un peu de reconnaissance.
Crois-tu que je fais cette offre à tout le monde ?
Lâchez-moi !
Ne me touchez pas !
Je t'ai vue avec Joseph,
exhibant ton corps tendre comme un appât sur un hameçon,
l'attirant avec la promesse d'une vulve succulente.
Arrêtez !
Tu me sens ?
Lâchez-moi.
Sortez !
Tu n'es pas en position de faire la difficile,
après la mésaventure de ton mari.
Sortez.
Force-moi.
Elle est combattive. Cela me plaît.
Je préfère ça.
À genoux. Détends-toi.
Tu y prendras peut-être du plaisir.
Maintenant sortez de chez moi.
Pousse-toi, petite merde !
Tu le paieras, traînée.
Allez.
Ils l'ont assassinée.
Assassinée ?
Qu'est-ce que tu racontes ?
Je ne t'ai jamais parlé de ma mère.
J'étais très jeune.
Ils sont venus tôt le jour du Sabbat.
Mon père a essayé de les arrêter
mais il n'a rien plus faire.
Quelques jours plus tard, nous avons été convoqués
au château de Blackthorne pour connaître le verdict.
Tout le village est venu.
Ils sont venus par peur.
Peur du juge Moorcroft, le traqueur de sorcières.
Laisseras-tu la honte tomber sur les épaules de ta fille ?
-Ne t'approche pas d'elle ! -Alors avoue...
ou tu la condamneras comme tu te condamnes.
D'accord, j'avoue.
Je ne t'entends pas.
J'avoue, maudit sois-tu.
Moorcroft a déclaré que ma mère était une sorcière
et l'a condamnée à mort.
Qu'on la brûle.
Je ne comprenais pas ce qui se passait.
Tout ce que je savais,
c'est qu'ils m'enlevaient ma mère.
Je suis désolée, Grace.
Je n'étais pas assez forte.
N'aies pas peur.
Promets-moi de toujours être fidèle à toi-même.
Ne laisse personne définir qui tu es.
Emmenez-la.
J'ai dû rester et regarder...
Je vous en supplie !
...la regarder brûler vive.
J'aurais dû te le dire.
Tu as le droit de savoir qui je suis.
Je sais qui tu es.
Et je t'aime.
Ca...
Nous...
Il n'y a que cela qui compte.
Le bébé et toi, vous êtes ce que j'ai de plus précieux.
Je ferai tout pour vous protéger.
Je sais.
Ta mère...
-...elle était innocente. -Peu importe.
Innocente ou pas, elle a avoué.
Cela fait d'elle une sorcière.
Tuttle !
De la bière. Vite.
Mauvaise journée, Écuyer ?
Garde ton insolence pour toi, misérable.
C'était simplement une question.
C'est cette maudite femme Haverstock,
si tu veux vraiment le savoir.
Je suis simplement allé la voir pour la collecte du loyer.
Elle est devenue enragée et m'a agressé.
Cette femme est dangereuse.
Vous voulez dire qu'elle a refusé vos avances ?
C'est écrit sur votre visage, Écuyer.
Plus un mot.
Ton loyer est dû bientôt, non ?
Je serais fâché de devoir l'augmenter.
Cela vaut pour tout le monde.
Vous m'appartenez !
Ne l'oubliez pas.
Ce que je veux dire, c'est :
Quelqu'un sait-il ce qui est vraiment arrivé à Joseph ?
Elle prétend que la maladie l'a emporté.
Qu'en est-il d'elle et du bébé ?
Je vous le dis.
Il se passe quelque chose de malfaisant chez elle.
Je l'ai vue en ville, l'autre jour.
Elle se comportait bien bizarrement.
On dit qu'elle était très proche de Molly Pryor.
Joseph s'intéressait à moi avant qu'elle n'arrive.
Elle a dû l'ensorceler.
Il n'y a qu'une seule explication.
Elle a fait un pacte avec le diable.
Grace Haverstock est une sorcière ?
Elle est venue me demander de l'argent.
Je l'ai mise dehors.
Alors tu es foutu, mon ami.
Elle était complice de Molly.
Avoir tué une sorcière ne nous a pas débarrassés de la maladie.
Il faut la brûler, elle aussi.
Quelqu'un a parlé de sorcière ?
Dors, ma douce.
Il faut l'amorcer, sinon ça ne marche pas.
Qui êtes-vous ? Que voulez-vous ?
C'est toi que nous voulons, sorcière.
Sorcière !
Elle a fort caractère, celle-ci !
Tu ne peux pas t'échapper, sorcière.
Regarde.
Elle saigne comme nous.
Partons.
Ne prenons pas de risques.
Voilà ce qu'on fait aux sorcières.
Non !
Qu'avez-vous fait ?
Vous deviez me l'amener,
pas réduire sa maison en cendres.
Elle allait brûler de toute façon,
quelle différence ?
Cette propriété est à moi, idiot.
Morton, comment as-tu pu faire ça ?
Elle est morte, maintenant.
On ne peut rien y faire.
Elle n'est pas morte, pauvres incapables !
Elle s'est échappée par la porte arrière.
J'aurais dû savoir qu'il ne serait pas si facile
de me débarrasser de toi.
Grace Haverstock, tu es accusée des crimes
de sorcellerie et d'avoir conclu un pacte profane avec le diable.
Que réponds-tu à ces accusations ?
-Misérable ! -Apporte-moi l'enfant.
Non, pas mon bébé !
Grace !
-Arrête de résister. -Non !
Abby ! Non ! Non !
Tellement innocente.
Non ! Mon bébé !
Je ne lèverai pas la main sur elle.
Abby !
Que se passe-t-il ? Une autre sorcière ?
J'ai trouvé une autre sorcière pour vous.
Je ne suis pas sorcière.
Elles disent toutes cela, ma chère.
Ce n'est pas tous les jours que l'on a un si beau spécimen.
Hé ! Arrête.
Toi ! Tu le vois, non ?
Les germes de notre destruction ont déjà pris racine.
La ferme !
Allons, ne rends pas la chose plus difficile.
Allez. Arrête de résister.
Voilà. Donne-moi ça.
Oui, et l'ennemi qui les a semés est le diable.
Car leur récolte signalera la fin des temps.
Et la moisson sera faite par des anges !
Bienvenue au paradis.
Je veux voir mon bébé.
Je veux voir ma fille.
Maudit sois-tu.
Comment as-tu pu faire cela ?
C'est notre amie.
C'est ton amie.
Enfin, c'était.
Que veux-tu dire par là ?
Je te défends tout contact avec elle.
C'est compris ?
L'Écuyer nous prendrait tous nos biens
s'il savait que nous étions associés à cette sorcière.
-Grace n'est pas une sorcière ! -Assez !
Je ne veux plus en entendre parler.
À moins que tu souhaites te retrouver
enchaînée avec ton amie ?
Il suffit d'un mot.
Maman ?
-Attendez. -Je ne peux pas rester.
Un moment, c'est tout ce que je demande.
On m'a défendu de vous parler.
Est-ce que ça va ?
C'est bon. Ils sont partis maintenant.
Comment t'appelles-tu ?
Astrid.
Ou est ta famille, Astrid ?
Ils ont tous disparu.
La maladie les a emportés.
Je suis navrée.
Tu n'as pas l'air d'une voleuse.
Qu'as-tu fait pour atterrir ici ?
Rien.
C'est ce que je leur ai dit.
Ils m'ont battue.
Ils n'ont cessé de me battre jusqu'à ce que j'avoue
avoir volé un poulet et une miche de pain.
Mais j'étais affamée, je n'avais pas le choix.
Ame du Christ, sanctifie-moi.
Sang du Christ, lave-moi.
Sang du Christ, sauve-moi .
Sang du Christ, enivre me.
Et lui ?
Révérend Malcolm.
Il a perdu l'esprit.
Il parle tout seul à toute heure du jour et de la nuit.
Il pense que la maladie est l'oeuvre du diable
et que la fin des temps est là.
Tu dois être forte demain.
Que va-t-il se passer demain ?
Ils vont essayer de te briser.
Ils l'ont fait à cette pauvre Molly.
C'est ce qui nous attend, toutes.
Tôt ou tard, il brise tout le monde.
Tu ne dois pas le laisser faire.
PREMIER JOUR
Voilà la sorcière.
-La voilà ! -Sorcière !
-Sorcière ! -Sorcière !
-Sorcière ! -Sorcière !
Sorcière !
Recule ou je te brise le crâne.
Ca, c'est pour Joseph, sorcière !
Sorcière !
Sorcière !
Femme, ne pleure pas.
Femme, ne pleure pas.
Ne pleure pas.
Montre-lui !
Fais-lui mal !
Ton amie Molly Pryor a tenu deux jours
avant de tout avouer.
Ce n'est pas irrémédiable.
Je peux encore t'aider, si tu me laisses faire.
Et Molly ? Vous l'avez aidée aussi ?
Elle n'était peut-être pas votre type ?
Je me doutais que j'aurais du mal avec toi.
J'ai donc fait venir pour m'aider quelqu'un
de plus compétent dans l'art de la persuasion,
le traqueur de sorcières John Moorcroft.
Alors pourquoi ne pas t'épargner la douleur et avouer ?
Tu auras la conscience tranquille.
J'ai déjà la conscience tranquille.
Ou est ma fille ? Qu'avez-vous fait d'elle ?
Je n'ai rien fait.
Tu penses que je ferais du mal à un enfant innocent ?
Pour qui me prends-tu ?
Pour un idiot et un lâche.
Tu es insolente, sorcière.
Tu as de la chance que je sois d'âme charitable aujourd'hui.
Sinon je prendrais grand plaisir à te couper la langue.
Mais je t'avertis, le jugement approche.
Il sera moins indulgent que moi.
Laisse-le venir.
-Que Dieu vous bénisse. -Bienvenue, monsieur.
Voulez-vous boire quelque chose ?
Mon compagnon et moi sommes partis à l'aube.
Nous avons besoin de manger et boire.
Asseyez-vous. Je vous fais amener un repas.
Merci.
Moorcroft, c'est bien cela ?
Lui-même.
C'est bien lui. George Moorcroft.
Bourreau et bâtard.
Hé, Watkins, tu es saoul. Laisse cet homme tranquille.
Vous avez un avantage sur moi, monsieur.
Vous semblez me connaître mais je dois avouer
que je suis confus.
Non, vous ne vous souvenez pas.
Je suis juste un mari en deuil,
un des innombrables veufs que tu laisses sur ton passage.
Votre femme était donc sorcière ?
Ma femme n'était pas une sorcière.
-Une erreur, sans doute. -Une erreur ?
-C'était cela, une erreur ? -Si cela peut vous consoler.
Ma seule consolation serait de vous voir mort.
Watkins, non !
Nul besoin de faire couler le sang.
Au nom de Dieu, que vous est-il arrivé ?
Le juge m'a montré le chemin de la vérité.
Ouvre ton coeur, il te le montrera aussi.
Écarte-toi.
Certains ne peuvent pas voir la vérité.
Viens, Ursula.
Je crains que nous ne soyons pas les bienvenus.
Fais preuve d'abnégation, si tu le souhaites.
Tu ne peux pas gagner.
Nous sommes innocentes.
Je m'en moque.
Cet homme a contracté la maladie.
Penses-tu ?
Tu n'es donc pas qu'un joli visage ?
Allez.
La maladie, hein ?
Raison de plus de le garder enfermé.
De l'eau fraîche de la rivière.
Ce n'est pas grand-chose.
Je croyais qu'on t'avait défendu de me parler.
Ils me puniront s'ils me voient. Toi, tu me jetteras un sort.
Tu sais pourquoi je suis là.
Tout ce que je veux, c'est des nouvelles de ma fille.
-Je ne sais rien. -Renseigne-toi, je t'en prie.
Essaie de savoir quelque chose.
Désolé, je dois partir.
J'ai levé les yeux et j'ai vu un cheval pâle.
Le nom de celle qui le chevauchait était la Mort.
L'Enfer la suivait.
Juge Moorcroft, merci de votre réponse rapide.
Nous avons besoin de votre expertise.
Mon matériel est-il arrivé ?
Il est arrivé juste avant vous.
-Bien. Conduisez-moi vers elle. -Déjà ?
Après un si long voyage,
ne souhaitez-vous pas vous reposer ?
Le diable ne se repose jamais.
Nous devons faire de même.
A-t-elle un lit dans sa cellule ?
Oui. Il est rudimentaire mais suffisant pour dormir.
Vous devez vous en débarrasser. Vous êtes trop clément.
Si elle dort, aspergez-la d'eau glacée.
Elle a pactisé avec les ténèbres.
Ne l'oubliez jamais.
N'aie pas peur, mon enfant.
Le salut est proche.
Faites monter un repas et du vin dans ma chambre.
Je dois me préparer.
Dieu a besoin de mes services.
Joseph.
Grace.
Grace.
Joseph.
Joseph ?
Non !
Elle ne durera pas longtemps.
Je ne sais pas.
Il y a quelque chose chez elle qui est différent.
-Différent ? -Oui.
En tout cas, sorcière ou pas, je la baiserais bien.
Tu es un pervers, Peck.
Elle te jettera un sort et fera tomber tes burnes.
Je la baiserais quand même.
N'oublie jamais qui tu es.
Réveille-toi, sorcière.
Il est l'heure.
DEUXIEME JOUR
Grace Haverstock, je suis déconcerté.
Les dépositions sont unanimes et les preuves sont claires.
Et pourtant, tu persistes à clamer ton innocence.
Comprends bien que tu me mets dans une situation difficile.
Quand il s'agit des forces du Mal,
je ne peux pas me permettre d'être imprudent.
Le diable, Grace...
est sournois,
et j'ai fait le serment de découvrir la vérité.
Tu n'auras plus besoin de cela.
C'est entre toi et moi à présent, Grace.
C'est une question de volonté, en quelque sorte.
Mais je t'avertis...
ma volonté est plus forte que la tienne.
Nous verrons.
Commençons.
Messieurs.
Attachez-la.
Soeur Agatha, vous pouvez procéder à l'examen.
Il y a quelque chose.
Et voilà !
C'est clair comme le jour.
La marque du diable.
Dis-moi une chose, ma chère.
Quand tu forniques avec la bête,
est-ce que sa morsure te fait mal ?
-Non. Non. -Allez !
Non, je ne veux pas y retourner.
Tu iras ou on te dit d'aller.
Couvre-toi.
Je vous ai apporté du pain et du fromage.
Tes corvées, mon garçon !
Je dois y aller. Ne lâchez pas.
Le juge demande son vin.
Quelles sont les nouvelles de Londres ?
Londres est perdu.
Des milliers de gens ont fui
pour se mettre en sécurité à la campagne.
Les cadavres s'entassent dans les rues étroites.
Les enterrements ne se font pas assez vite
et la puanteur de la chair pourrie
plane sur la ville comme un brouillard putride.
Et les rats...
Les rats sont partout.
C'est comme si le jour du jugement
dernier était arrivé.
Raison de plus pour traquer et détruire le diable
partout ou il se trouve, ne pensez-vous pas ?
C'est plus facile à dire qu'à faire.
Grace est peut-être têtue, mais elle craquera.
Elle pourrait vous surprendre.
La croyance est puissante.
Vous ne lui faites peut-être pas assez mal.
Vous êtes vraiment une brute féroce, vous.
Venant de votre part, c'est un compliment.
J'espère seulement ne pas vous avoir fait venir pour rien.
Elle porte le diable en elle.
N'importe quel idiot peut le voir.
Vous aurez votre confession. Je vous le garantis.
Joseph.
Je suis là, mon amour.
-Ou ? -Avec toi.
Je veux te voir.
Ouvre les yeux.
Silence. Ne bouge pas.
Ou tu brûleras...
Je me moque de ta chair.
Je veux simplement ton âme.
Qu'est-ce que je t'ai dit ?
On ne dort pas.
La plupart ont déjà abandonné à ce stade.
Tu joues ou quoi ?
Et si elle est innocente, comme elle le dit ?
Est-ce qu'elle ira en Enfer ? Ou c'est nous qui irons ?
Regarde autour de toi.
Nous y sommes déjà.
Lance les dés.
Merde !
D'ou viennent tous ces rats ?
Tu as vu des chats récemment ?
Lance les dés.
Grace, Grace !
-J'ai des nouvelles. -Dis-moi, s'il te plaît.
Ta fille est sous la garde de l'Écuyer dans la tour Sud.
Une nourrice est à disposition pour subvenir à ses besoins.
-Elle est en sécurité. -Non. Pas avec lui.
C'est tout ce que je sais.
-Merci. -Tu dois manger.
TROISIEME JOUR
Je crois qu'il est temps de parler
du décès récent de ton mari, Joseph.
L'Écuyer m'a dit qu'il avait succombé à la maladie.
Étant donné les circonstances,
j'avais besoin d'en avoir la certitude absolue.
J'ai donc fait exhumer son corps.
Et bien que sa mort par pestilence
semblait évidente,
tu imagines ma perplexité lorsque j'ai trouvé...
ceci...
autour de son cou.
Je ne connaissais pas ton mari, Grace...
mais d'après ce que tout le monde dit,
c'était un homme bien, un homme bon et pieux.
Je me pose donc la question :
pourquoi un tel homme
aurait-il commis le crime de se donner la mort,
à moins que ce soit la sorcière qu'il a eu la folie d'épouser,
ou bien le diable lui-même ?
Avoue Grace, je te prie.
Avoue que tu lui as jeté un sort
et que tu as envoyé un homme innocent
dans les entrailles de l'enfer !
Allongez-la.
Repens-toi de tes péchés.
Rachète ton âme.
Libère-toi.
Vous pouvez commencer.
Emmenez-la.
Toi, mon garçon.
Donne-moi un coup de main.
Pour l'amour de Dieu, pourquoi tu t'obstines ?
Donne-leur ce qu'ils veulent.
Je refuse.
Mais si tu continues, ils vont te tuer.
Ils vont te tuer de toute façon.
Ce n'est pas pour ma vie que je me bats.
S'il te plaît, garde espoir.
L'espoir m'a abandonnée.
Il n'y a qu'une issue désormais.
Quelque chose te préoccupe, Ursula.
Elle a du courage, ne trouvez-vous pas ?
Ce n'est qu'un masque, rien de plus.
Je sais. Pardonnez-moi.
Ne doute jamais de la vertu de notre mission.
Quelle que soit la difficulté et la souffrance.
N'oublie pas ce qu'elle est.
Les ténèbres peuvent être séduisantes.
Je comprends cela.
Notre lutte est d'autant plus difficile.
Les soldats du Seigneur doivent être plus forts.
Je me souviens du jour ou la pluie est venue.
Un véritable déluge, venu tout droit du Ciel.
Je t'ai sortie des cendres, purgée du Mal.
Et dans ton coeur est née une nouvelle volonté d'éclairer
ceux qui s'étaient égarés dans les ténèbres.
C'est ça le vrai courage, Ursula.
La force.
C'est pour cela que j'ai besoin de toi à mes côtés.
Tu es...
mon ancre dans cette tempête éternelle.
J'aurais dû me taire.
Au contraire.
Je crois qu'il est temps que tu ailles lui parler.
Reste éveillée.
Car tu ne sais pas quand le Seigneur viendra te chercher.
Grace.
Non.
Ce n'est pas toi.
Tu ne reconnais pas ton propre mari ?
Mon amour.
Le diable a plusieurs visages.
Grace, je t'en prie.
Tu n'es qu'un rêve.
Mais tu ne dors pas.
Joseph. Joseph !
Tu ne peux pas te refuser à moi.
Maman.
Je suis désolée.
J'ai rejeté la faute sur toi, je t'ai méprisée.
Je ne comprenais pas.
Je ne comprenais pas.
N'aie pas peur, mon enfant.
Le Seigneur te pardonne.
Comment es-tu entrée ici ? Que veux-tu ?
Je ne te veux pas de mal.
Tiens, mange.
Dis-moi...
Qu'est-ce qu'il te dit ?
Qui ?
Le diable, quand il vient te voir la nuit.
-Je ne sais pas... -Ca ne fait rien.
Tu peux me le dire.
Je lui ai souvent parlé moi-même.
Je sais ce qu'on ressent.
Laisse-moi tranquille. Sors.
Moi aussi, j'ai succombé à la tentation
et me suis abandonnée au diable.
Mais le Juge Moorcroft
m'a montré le chemin de la vérité.
Tu veux dire qu'il t'a torturée.
Il m'a sortie des ténèbres !
Au début, j'étais dans le déni.
Ce n'est que par la douleur qu'il a purifié mon âme.
Tu tiendras peut-être un jour.
Peut-être deux.
Mais au final, tu supplieras pour avoir ta rédemption.
Laisse-moi t'aider.
Ensemble, nous pouvons mettre fin à tes souffrances.
Maman.
Tu as donné ta vie pour moi.
Dois-je leur donner ce qu'ils veulent ?
Tu t'es assez battue.
Tu peux lâcher maintenant.
Libère-toi.
Joseph.
Libère-toi, mon amour.
Suis le chemin de la vérité, Grace.
Si tu ne le fais pas pour toi-même...
fais-le pour ta fille.
Je vois la vérité.
Dis-moi, combien d'autres
as-tu envoyé à l'échafaud ou as-tu fait brûler vives ?
Est-ce que tu les as convaincues qu'elles étaient sorcières,
tout comme tes accusateurs t'ont convaincue ?
Quand on vous répète quelque chose assez longtemps...
on commence à le croire.
Ce que tu refuses, que tu es incapable d'accepter,
c'est que tu n'étais pas plus sorcière que je ne le suis.
Alors prends ta vérité et sors.
Garde.
Tu devrais écouter mes paroles.
Le sort de ton âme en dépend.
Le sort de mon âme se décide entre Dieu et moi,
personne d'autre.
N'oublie pas de manger.
"Abby est en sécurité. Courage".
Viens là, toi...
-Allez ! -C'est la gitane.
Je me demande ce qu'elle a fait.
Peu importe.
Personne n'est en sécurité.
Donne-moi de la force en ce jour, Seigneur.
Protège-moi de toute ta puissance.
Pare-moi de ton armure...
pour que je puisse contrer les intrigues du diable.
QUATRIEME JOUR
Quelles délicieuses atrocités nous préparez-vous aujourd'hui ?
Je suis l'instrument de Dieu, monsieur.
C'est mon devoir. Je n'y prends aucun plaisir.
Dommage pour vous.
Faites entrer l'accusée !
Écartez-vous !
-Sorcière ! -Sorcière !
-Sorcière ! -Sorcière !
Seigneur, ayez pitié.
Bonnes gens, vous avez devant vous Grace Haverstock.
Vous savez tous pourquoi elle est là.
Les preuves sont accablantes
et viennent de vos propres dépositions, sous serment.
Vos témoignages de son association
avec Molly Pryor, une sorcière condamnée,
et pire encore,
de sa fornication lubrique avec le Prince des ténèbres,
prouvée par la marque de la sorcière
qu'elle porte sur le corps.
Ces témoignages sordides suffisent à la condamner
mais nous avons également appris
que la pestilence ne s'est pas installée
dans son corps ni celui de son enfant.
Je vous demande donc : vous faut-il plus de preuves ?
Sorcière.
Sorcière.
Bon sang, arrêtez.
Dis à ta femme de se taire ou elle sera la prochaine.
Silence.
Je n'en ferai rien.
-Alors viens avec moi. -Fais-la sortir.
Je te demande une fois de plus, devant Dieu,
est-ce que tu avoues ?
Ursula.
Grace, sais-tu ce que c'est ?
C'est un mécanisme simple mais très efficace.
Son unique objectif
est d'infliger une souffrance insupportable.
Pour obtenir l'effet désiré, il doit être bien inséré.
Ensuite, on tourne la poignée ainsi.
Encore...
et encore...
jusqu'à ce que la douleur ne soit plus supportable.
Grace, ne me force pas à le faire.
Ne me force pas à le faire !
Mets fin à tes souffrances.
Avoue.
Avoue !
Vous pouvez déchirer ma chair et briser mes os.
Mais je ne ferai aucune fausse déclaration,
ni devant vous ni devant quiconque.
Je connais la vérité.
Et je subirai tous vos tourments pour la protéger.
Car ma volonté...
est plus forte que la vôtre.
Allongez-la.
Courage, ma chère Ursula.
Nous exerçons la volonté de Dieu.
Qu'il t'en donne la force.
Grace, je t'en prie, avoue.
C'est ta dernière chance.
Avoue.
Que Dieu en soit témoin,
j'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir
pour purger ton âme du Mal,
sans succès.
Par conséquent, je te condamne à mort
pour le crime grave de malversation.
Attendez. Vous m'avez promis une confession !
La confession est implicite. Qui d'autre qu'une sorcière
pourrait endurer une telle douleur ?
Nous ne laisserons pas vivre une sorcière.
Vous êtes des charlatans ! Tous les deux.
Elle a pactisé avec le diable et pour cela, elle doit brûler.
Ainsi que son enfant.
-Non. -La lignée doit disparaître.
Non !
La condamnation de ce tribunal est sans appel.
Pas mon bébé. Non !
Que Dieu ait pitié de vos âmes.
Non !
Que se passe-t-il ? Tu n'as plus rien à dire ?
-Je n'ai rien à te dire. -Comme tu voudras.
C'est mieux ainsi.
Je ne sais pas pourquoi tu es fâchée.
Elle nous a menti. Elle le mérite.
Pourquoi ai-je épousé un idiot aussi ignorant ?
Qu'est-ce que tu as dit ?
-Tu as très bien entendu. -Répète-le. Allez.
Dis-le en face.
Je ne laisserai pas un lâche comme toi me réduire au silence.
Va au diable.
Si c'est ainsi, tu peux rentrer à pied.
C'est tout ?
Tu n'as rien d'autre ?
Tu n'as donc rien appris de ce que tu as vu aujourd'hui ?
Je ne peux plus te supporter.
C'est tout ?
Il est temps de te donner une leçon
que tu n'oublieras pas si facilement.
Qu'est-ce que tu vas faire avec ça ?
Me donner une rage de dents ?
Il sent mauvais.
C'est bien la maladie qui l'a emporté.
Alors la sorcière avait raison ?
Oui.
J'ai reçu ton message.
Mais l'espoir ne me suffit plus.
Que vont-ils faire du cadavre du vieillard ?
Le mettre à la fosse demain matin, j'imagine.
Pourquoi ?
J'espérais pouvoir m'échapper ce soir avec Abby.
Acceptes-tu de m'aider ?
Dis-moi ce que je dois faire.
Entre.
La sorcière veut vous parler.
Elle dit qu'elle a quelque chose d'important à vous dire.
Alors écoutons ce qu'elle veut nous dire.
Faites-la monter.
Lave-toi.
Mets ça.
Il faut te montrer décente devant le juge.
Nous t'observerons.
Et que diable penses-tu faire avec ça ?
On n'est jamais trop prudent avec ce genre de femme.
Bon, mais fais attention
à ne pas me déchirer en morceaux avec.
Va vers Dieu, mon enfant.
Son ombre te protège.
Pardonne-moi.
Laissez-nous.
Il me semble que tu as quelque chose à me dire, Grace.
Je vous donnerai ce que vous voulez
à une condition.
Abby.
C'est vraiment une enfant magnifique, n'est-ce pas ?
Donnez-la moi, s'il vous plaît.
Chaque chose en son temps, ma chère.
Que fais-tu ici, mon garçon ?
J'amène du vin pour le juge, monsieur.
Alors dépêche-toi.
Si innocente, si pure.
J'imagine que toutes les sorcières le sont
avant que le Mal ne prenne racine.
Étant sorcière toi-même,
comment vois-tu l'avenir de ta fille Abigail ?
Elle mourra demain à mes côtés, sous vos coups.
Tu es venue négocier pour qu'elle vive, n'est-ce pas ?
Épargnez-la, c'est tout ce que je demande...
Si vous voulez toujours votre confession.
Très bien.
Ton enfant vivra.
Mais j'ai une condition, moi aussi.
Elle sera élevée par Ursula et servira Dieu.
Son salut nécessite une main de fer.
Pour éviter qu'elle suive le chemin de sa mère.
Il est l'heure de lui dire adieu.
N'oublie jamais que je t'aime.
Il est l'heure.
Je t'aime, Abby.
Je t'aime !
Oui, ma douce enfant.
Maman est là.
Ne pleure pas.
Il ne reste plus que nous à présent, Grace.
Plus de secrets.
Plus de mensonges.
Viens t'asseoir.
Levons nos verres en l'honneur de notre accord.
Je dois refuser.
Je n'ai jamais pu boire l'alcool.
Je ne peux pas boire seul.
Très bien.
Quelle différence, à présent.
Exactement.
Tu sais, je sens la haine brûler en toi, Grace.
Toute personne raisonnable aurait abandonné.
Pourquoi est-ce que tu refuses ?
Cela te donnera peut-être du courage.
Mais je crains qu'il soit trop tard
pour y prendre goût.
Au courage, alors.
Au courage.
Que voulais-tu donc me dire ?
Je dois me soulager d'un poids.
Je t'en prie, libère-toi.
Juge Moorcroft...
Je souhaite avouer ici et maintenant, devant Dieu,
que je...
ne suis pas une sorcière.
-Qu'est-ce que ça veut dire ? -Le jugement dernier, juge.
-Tu ne te souviens pas de moi ? -Pourquoi je me souviendrais ?
Je suis la fille de Jane Hawthorne.
Tu l'as brûlée vive quand j'avais sept ans.
Tu m'as forcée à regarder.
Cela ne me surprend pas que tu aies oublié.
Une femme innocente de plus que tu as assassinée.
Pendant des années, j'ai cru que tu étais le diable incarné.
Mais maintenant, j'ai compris.
Tu n'es qu'un homme ordinaire.
Un moment.
Pourquoi cette hâte ?
Autant faire connaissance.
Fais connaissance de ça.
Pardon pour cette erreur.
Je ne pourrais pas supporter ton visage de toute façon.
Si c'est le repentir que tu cherches,
tu n'en auras pas.
Je continuerai à faire ce que je fais
tant que le Mal rôde sur Terre.
Et oui, je me souviens de ta mère.
Je me souviens de la puanteur au moment ou elle brûlait.
Elle était innocente.
Elle a donné sa vie pour protéger sa fille.
Nous avons tous notre rôle à jouer, non ?
C'est exact. Et ton rôle est terminé.
Maintenant, tu peux faire le mort.
-Quoi ? -Le vin, pauvre idiot.
Il était rempli de pestilence.
Mais tu l'as bu aussi.
Je vais mourir demain.
Mais je voulais que tu saches de vive voix qui t'a tué.
Une femme ordinaire.
Ursula !
Ne t'essouffle pas.
Il n'y a que toi et moi.
Plus de secrets, plus de mensonges.
Tu n'auras plus besoin de ça.
Ne fais pas de bruit.
Pars, tout de suite.
Ursula !
Pas un mot.
Que fais-tu là, mon ami ?
Sorcière assassine !
Edwin, ou est Abby ?
Avec moi. Allons-y.
Libère-toi.
Grace, viens. Il faut sortir par là.
Attends.
Gardes ! Donnez l'alarme !
Grace, que se passe-t-il ?
Je ne peux pas venir avec toi.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Attends, non !
Qu'est-ce que tu as fait ?
Ce que je devais faire pour vous protéger tous les deux.
-Je ne comprends pas. -J'ai bu le vin.
Je ne peux pas risquer sa vie ni la tienne.
Je suis désolée.
Mais le vin n'était pas empoisonné.
-Quoi ? -J'ai essayé de te le dire.
Ce qui est bon pour lui...
est bon pour moi.
Non. Non!
Aide-moi !
Toi !
Qu'est-ce que tu fabriques ?
Hé.
Va chercher Kate Tobias.
Dis-lui ce qui s'est passé. Elle saura quoi faire.
Je ne te laisserai pas.
Tu le dois.
Tu es un homme bon, Edwin.
C'est la sorcière. Attrapez-la !
Allez.
Sorcière !
Non ! Sauve-nous !
-S'il te plaît ! -Les clés.
Fais-moi sortir.
S'il te plaît.
-Merci. -Bonne chance.
Dépêche-toi, s'il te plaît.
Allez.
Grace ! Cours !
Non.
Non, ne tirez pas.
Non.
J'ai commencé par ton précieux mari.
Je tuerai tous ceux que tu aimes,
tous tes proches tant que je n'aurai pas trouvé ta fille.
Grace !
Grace, viens. Allons-y.
Allez.
Je n'ai pas terminé.
Pour l'amour de Dieu.
Ou est ton Dieu à présent ?
Non, je te connais. Tu es une femme bien.
Pitié.
Tu as détruit toute la pitié que j'avais dans le coeur.
Je te maudis.
Sorcière !
Que Dieu ait pitié de mon âme.
Oh, Joseph.
Je veux être avec toi.
Grace, tu dois te lever.
Tu dois vivre.
Abby est en vie, elle a besoin de toi.
-Abby. -Lève-toi, mon amour.
Lève-toi.
CINQUIEME JOUR
Vous êtes blessée ?
Non.
Qui était-ce ?
Mon mari.
-Que s'est-il passé ? -Je l'ai tué.
Je serai certainement pendue. Je n'ai pas honte.
Assez de mort pour cette nuit.
Abby !
Pourquoi est-elle avec toi ? Ou est Grace ?
Seigneur, non.
Vous êtes Kate Tobias ?
Je l'étais.
Grace m'a envoyé vers vous.
Elle m'a dit que vous sauriez quoi faire.
Je le sais.
Il faut partir.
Partir ? Ou ?
Loin d'ici.
Tu viens ?
On estime que jusqu'à 500 000 femmes
ont été jugées, torturées et exécutées
pour crimes de sorcellerie
en Europe et en Amérique du Nord.
La dernière femme exécutée en Grande-Bretagne
était Janet Horne.
On l'a mise nue, couverte de goudron
et brûlée vive en 1727.
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