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Bienvenue dans La Pi�ce de la semaine,
une repr�sentation th��trale hebdomadaire en direct, devant le public de Cornley,
et diffus�e dans tout le pays.
Je suis Chris Bean, le metteur en sc�ne.
Cet �pisode est un thriller de la Seconde Guerre mondiale,
une pi�ce rarement jou�e, � cause de ce que les critiques ont qualifi�
de scandaleuses inexactitudes historiques,
caus�es par le manque de recherches des auteurs.
Je suis ravi d'annoncer qu'un invit� sp�cial nous rejoindra ce soir.
Mon p�re, Raymond Bean, a pu se lib�rer alors qu'il est d�bord�
par les plaintes qu'il �crit au Guardian, pour jouer le r�le de Randolph Wycombe.
Il est en retard, mais un autre acteur
le remplace pour le moment, afin que l'on puisse d�marrer.
Cet �pisode est "Le Pilote".
Ce n'est pas l'�pisode pilote, c'est un �pisode sur un pilote.
Techniquement, c'est un �pisode de pilote, mais pas l'�pisode pilote,
m�me s'il s'appelle "Le Pilote".
Maintenant, tout est clair.
Les acteurs sont pr�par�s, les d�cors sont pr�ts.
Voici "Le Pilote (pas le pilote)".
MAISON CARAWAY
CENTRE DE D�CRYPTAGE TOP SECRET DES ALLI�S
F�VRIER 1961
Sept, quatre, neuf. Test.
Toujours rien, lieutenant.
�a fait six mois, Val.
Six mois � travailler avec la technologie la plus avanc�e,
et nous n'arrivons pas � d�chiffrer le code allemand.
Vous allez bien?
Encore ma jambe.
C'est humiliant d'avoir �t� abattu d�s mon premier vol.
Et voil� ce que j'ai r�colt�.
Ne vous en faites pas, Rufus.
Je me fiche des apparences.
Mon vieux coucou, Dorothy, prend la poussi�re sur la piste.
Je suis coinc� ici, comme un infirme.
Vous devriez prendre des cong�s.
- Je suis inqui�te pour vous. - Ah oui?
Mlle Leclaire.
Qu'en est-il des derni�res transmissions?
C'est...
Tr�s bien.
Bip.
Un t�l�gramme est arriv�.
SERVICES DES PTT
C'est le commandant Wycombe.
- Vous l'avez re�u? - Oui, il va vous appeler, caporal.
Il exige des r�ponses.
Nous allons d�chiffrer ce code. Mais il nous faut du temps.
Il faut nous pr�parer.
Comme le disait Monsieur Napol�on :
D�sol�, je n'ai pas �t� � la hauteur.
Je ne suis pas meilleur d�chiffreur que pilote.
(PAS L'�PISODE PILOTE)
Je vais rejoindre mes quartiers � l'�tage.
Bon sang.
- Reposez-vous bien. - J'ai besoin de me vider la t�te.
Valerie, il est bel homme, non?
Pas le temps de faire connaissance � la Maison Caraway, Mlle Leclaire.
Il faut mettre vos sentiments de c�t�.
Les v�tres aussi.
J'ignore de quoi vous parlez. Nous avons une guerre � gagner.
Regardez donc Adolf Hitler.
Vous savez ce qu'il a fait?
Il a avanc� ses troupes...
� travers les Ardennes,
jusqu'au coeur de la France.
Et il ira plus loin si les rumeurs sur cette taupe disent vrai.
Camille, je ne le r�p�terai pas.
Il n'y a pas de taupe.
Les Allemands ne pourraient jamais infiltrer la Maison Caraway.
J'esp�re pour nous tous que vous avez raison, Valerie.
Ici le caporal Sky.
Sky, ici le commandant Wycombe.
Cela fait trop longtemps, ma belle.
- Oui. - Vous �tes sur ce code depuis des mois,
sans succ�s.
Cela prend du temps, commandant.
Mais nous n'avons pas le temps, Sky.
Je serai l� � 19 h et j'esp�re qu'on me donnera
une bonne raison de ne pas fermer la Maison Caraway.
- Est-ce clair? - Oui, commandant.
Notez le code d'autorisation pour mon avion.
Alpha, Charlie, un, neuf, deux, neuf.
Merci.
Alpha, Charlie, un, neuf, deux, neuf, Foxtrot.
- C'est not�? - Oui.
Envoyez-moi vos coordonn�es.
Par t�l�gramme.
Termin�.
Au revoir, commandant.
- Bonjour. - Au revoir.
- Qui �tait-ce? - Wycombe.
Il va venir ici.
Il arrive bient�t.
Pourquoi le quartier g�n�ral intervient-il toujours?
J'envoie nos coordonn�es.
Il a menac� de faire fermer...
Buzz.
Il a menac� de faire fermer la Maison Caraway.
Vous et Wycombe, vous avez un passif, non?
Vous pourriez le persuader de nous laisser du temps.
Ce que vous sugg�rez ne me pla�t pas.
Vous voulez qu'il nous fasse fermer?
Il ne le fera pas. J'ai une id�e.
- Laquelle? - O� est cette transcription,
- re�ue ce matin? - Ici.
Ce message se termine par deux mots.
Quatre caract�res, puis...
Quatre caract�res... �a suffit.
Quatre car...
Quatre caract�res, puis six.
Tout comme la transcription du 11.
R�UNION DE CRISE POUR LA PI�CE 1. BUDGET EN BAISSE 2. MAUVAIS ACTEURS
3. RAYMOND BEAN - RACISTE?
Si on suppose que ces mots sont les m�mes, alors "bang".
Voil� la cl�.
Il faut d�couvrir par quels mots l'op�rateur radio allemand a termin�.
Par quels mots terminerait un op�rateur radio allemand?
Heil Hitler.
C'est �a, Val.
Je le rentre dans la machine.
C'est brillant.
Vous �tes brillant, lieutenant.
Mettons-nous au travail.
Toujours rien, lieutenant?
Le d�chiffrage est en cours. Encore quelques minutes,
et nous aurons d�chiffr� le code allemand.
Bip.
Un t�l�gramme entrant.
�a doit �tre Wycombe.
"Wycombe est un espion."
Non, ce n'est pas le bon moment.
Il y a un autre message.
"Les Allemands n'ont pas attaqu� Plymouth."
- Il doit y avoir un espion � la Mais... - Non, ce n'est pas le message.
- "La guerre est termin�e." - Pas du tout!
Recommence.
"Wycombe arrive".
Oui, c'est �a.
On le savait d�j�.
Ne perdons pas de temps.
C'est d�j� fait.
L�, je vois son avion.
Garde-�-vous.
Ravi de vous revoir, Valerie. Cela faisait trop longtemps.
Commandant.
Allons, Val.
Vous n'avez pas oubli� notre escapade � Monaco.
Chouette!
Non, commandant.
Ravi de vous avoir parmi nous, commandant.
Puis-je prendre votre sac?
Non.
Oui, je l'ai trimball� toute la journ�e.
Vous arrivez � un moment tr�s excitant, commandant.
Nous sommes sur le point de faire une grande d�couverte.
On vous a laiss� trop de latitude, ici.
Allez.
Allez.
Je vais bien.
Voici la machine qui a co�t� 100.000 livres au roi Henri VIII.
Ses composants proviennent de tous les pays alli�s.
Plus de 4.000 connexions � la seconde.
N'est-elle pas magnifique?
C'est une perte de temps et de ressources.
J'arr�te imm�diatement cette op�ration!
- Elle a termin�. - Quoi?
Elle a d�chiffr� le code. Elle fonctionne.
Camille, vous parlez mieux allemand.
- Il n'y a rien... - Je sais.
Il va y avoir une attaque sur Plymouth, ce soir.
Mon Dieu. Informez-en le QG.
Ici le lieutenant Heal, depuis la Maison...
Depuis la Maison Caraway.
J'annonce...
qu'une attaque a�rienne allemande aura lieu ce soir � Plymouth.
Dites au commandement de se mettre en position de d�fense.
Message re�u cinq sur cinq.
- C'est fait. - F�licitations � tous.
Ne nous emballons pas.
L'Allemagne et l'Angleterre sont toujours en guerre.
C'est vrai.
Churchill ne baisserait pas la garde, et nous non plus.
Mais vous avez tous travaill� toute la nuit.
Prenons deux heures de repos et retrouvons-nous � 0910...
0910, 900 et... Z�ro.
9h10.
Et, Sky, j'aimerais vous parler, apr�s ma douche.
Oui, commandant.
- Et Heal... - Oui?
Je vous ai sous-estim�.
Vous avez r�ussi.
- Nous avons r�ussi. - Vous �tes modeste.
Gr�ce � vous, nous pourrions gagner la guerre du Vietnam et...
lib�rer ma terre natale.
Je vous suis reconnaissante pour ce que vous avez fait.
Pas tout de suite.
Vraiment, je n'aurais rien pu faire sans vous et Val.
- Et on aurait �t� perdues sans vous. - Non.
Je ne peux plus me battre, mais je ferai tout ce que je peux.
Vous �tes courageux.
Maintenant.
- Maintenant. - Quoi? Maintenant.
Non, Mlle Leclaire, je ne peux pas.
Je vois.
C'est pour Valerie que bat votre coeur?
Peut-�tre.
Comme nous le disons en France...
Je ne voulais pas vous interrompre.
Je retournais dans mes quartiers, � l'�tage.
Et j'allais dans mes quartiers.
La porte.
- Attends. - La porte.
Allez, rentre.
- Pr�t? - Ferme!
Sky, passez-moi une autre serviette.
Soyez gentille.
- Oui. - Une sacr�e bonne douche.
Trop aimable.
Dites-moi franchement, Sky, est-ce que notre histoire vous manque?
Moi, oui.
Allons, je n'�tais qu'un amusement pour vous.
Ces nuits de passion...
Allons, Val, vous n'avez pas oubli� ces boches.
- Je vous en prie, commandant. - Baissez votre garde, Val.
Nous sommes seuls.
Personne ne nous voit.
Ne perdons plus de temps, Sky.
Embrassez-moi.
Non, commandant.
Dites-moi que vous ne me d�sirez pas.
C'est notre chance.
Arr�tez de faire semblant, Sky.
Vous �tes une femme avec des besoins de femme.
Dites-moi que vous n'�tes pas tent�e par mon corps de r�ve.
Admettez-le, vous ne pouvez pas r�sister.
Je le peux, et je le ferai.
Vous pouvez me fuir, Val,
mais vous ne fuirez pas vos sentiments.
Je dois retourner dans mes quartiers.
Elle reviendra.
Elles reviennent toujours.
Un t�l�gramme.
Il �tait temps.
Plus de papier.
Plus d'encre.
- Comment on �crit Plymouth? - Peu importe!
Mon Dieu, les Allemands n'ont pas attaqu� Plimmley-mooth.
- Ils savaient qu'on les attendait. - Vous savez ce que �a veut dire.
Vous aviez raison, il y a une taupe � la Maison Caraway.
Peut-�tre des micros?
Des micros cach�s, ici?
Impossible.
Le haut-commandement envoie Moncrieffe.
Moncrieffe.
Le chasseur d'espion.
Que personne ne sorte avant qu'il arrive.
L'arriv�e imminente du chasseur d'espion provoque de la tension dans l'�quipe.
Il y a un tra�tre � Caraway. Serait-ce Valerie?
Rufus? Camille?
D'heure en heure, la situation devient plus tendue.
Incroyable que les Allemands nous aient doubl�s.
Tout ce travail en secret, et c'est l'un de nos membres qui nous trahit.
C'est humiliant.
Churchill ne se ferait pas prendre le pantalon baiss�.
- Il caille. - Les cuisses sont larges...
Pardon, on faisait une retouche.
Pas devant la fen�tre!
- J'ai besoin d'une retouche. - D�gagez!
D�gagez!
Chris, tout le monde dit qu'avec ce ton, tu devrais jouer Hitler.
D�gagez!
Bien. Churchill ne se ferait pas prendre le pantalon baiss�.
Nos efforts n'ont pas �t�...
Je lui pr�te le mien.
- J'enl�ve le mien aussi? - Non!
Nos efforts n'ont pas �t� vains, Rufus.
Ils savaient pour Plymouth, mais ils ignorent qu'on a le code.
C'est vrai, et regardez, Moncrieffe arrive.
- Encore. - Dieu merci, vous �tes l�!
Lionel Moncrieffe, chasseur d'espions.
Je commence imm�diatement mes interrogatoires.
Excellent. Je retourne au quartier g�n�ral.
Personne ne s'en va avant qu'on ait trouv� l'espion.
Vous d'abord, lieutenant.
Lieutenant Rufus James Heal. J'ai examin� votre dossier.
Impressionnant.
Voici un polygraphe.
La derni�re technologie am�ricaine.
Il d�tecte les moindres signaux �lectriques, pour savoir si vous mentez.
Allons-y.
- D'o� venez-vous, lieutenant? - Harrow.
Exact.
- Votre famille est-elle britannique? - Oui.
Mensonge!
- C'est impossible. - C'est vrai.
L'un de vos parents est-il allemand?
L'un de vos parents est-il allemand?
L'un de vos parents est-il allemand?
C'est vrai, ma m�re est n�e en Allemagne, mais elle a �t� �lev�e ici.
- Elle est britannique comme vous et moi. - Rufus.
- Vous avez falsifi� vos papiers. - Ils ne m'auraient pas laiss� combattre.
N'�levez pas la voix.
Je ne suis pas l'espion. Qu'en dit votre test?
Au diable, le test.
Je ne vous fais pas confiance.
Je vais me menotter � vous
jusqu'� ce que je sois convaincu que vous n'ayez plus rien � cacher.
Cet homme est la taupe, et je l'ai coinc�.
Bravo, Moncrieffe.
Maintenant que c'est r�solu, je retourne au QG.
Un t�l�gramme.
Attendez.
"Le QG est compromis. Camille est l'espionne."
Non, ce n'est pas elle.
D'autres t�l�grammes du QG?
"Val est l'espionne."
Non. Pas Val.
MOI?
Comment serait-ce possible?
Tu es une machine.
- C'est toi? - Non!
Est-ce Rufus?
Je suis Rufus.
- Je croyais que tu �tais Hitler? - Non!
- Alors qui est-ce? - Wycombe!
- Qui est Wycombe? - C'est elle, Wycombe!
- Je croyais que Wycombe �tait ton p�re. - Mais il n'est pas l�!
- Salut, Chris. - Trop tard, papa! Sors!
C'est un raid a�rien.
C'est un raid a�rien.
Je vois un avion allemand.
- O� est Wycombe? - Il prend la fuite, regardez!
La porte est grand ouverte.
Bon sang. C'est pas croyable.
Ce n'est pas un bombardier, c'est un avion de chasse.
On dirait une escorte.
Wycombe est dans cet avion.
Ne le laissons pas fuir.
- Qui le rattrapera? - Dorothy.
Je ne peux pas piloter Dorothy sans ma jambe.
Si, vous le pouvez.
Bien. Nous nous reverrons de l'autre c�t�.
Bonne chance, Rufus.
Je suis ravi que vous rentriez � la maison, Herr Wycombe.
On vous r�serve un accueil chaleureux � Berlin.
Tant que je suis pay�, �a me va.
Seigneur, qu'est-ce que c'est?
Attends, je ne suis pas pr�t. Je ne suis pas en s�curit�.
- Le Britannique! - Tirez.
C'est lui! � l'aide!
Bon sang, on le perd dans les nuages!
Il est intr�pide.
Il a un talent incroyable.
Mon Dieu.
On l'a perdu.
SOS, SOS! On chute!
Je vais �tre malade.
J'ai r�ussi. Je rentre � la maison.
3 JOURS PLUS TARD
IL FAIT NOIR L�-DEDANS
- "Il fait noir..." - La guerre est termin�e.
Je suis s�re que Rufus et vous serez heureux ensemble.
Oh, Valerie.
Le lieutenant n'a d'yeux que pour vous.
Comme le disent les Espagnols...
La la la la la la Bamba.
Val, Camille, regardez.
Nous avons un visiteur.
M. Churchill.
Je voulais vous exprimer ma gratitude en vous remettant ceci.
Vous avez fait une chose remarquable, Heal.
Personne n'oubliera le 19 f�vrier 1961.
Le jour o� Hitler a �t� abattu en avion au-dessus du Devon.
F�licitations, lieutenant, ou devrais-je dire...
mon roi.
Oh, Rufus.
- Merci, Premier ministre. - Merci, votre Majest�.
Vous �tes un sacr� bon pilote.
(PAS L'�PISODE PILOTE)
Valerie, m'accompagnerez-vous au d�ner, ce soir?
J'en serais ravie.
Aimeriez-vous d�ner avec moi au 6 Downing Street?
Ce serait un honneur.
Merci, Premier ministre.
Vous avez tous rendu Winston Churchill tr�s fier.
Sauf que...
je ne suis pas le vrai Winston Churchill.
Je suis...
Je ne suis pas le vrai Winston Churchill...
Je suis... Non, je ne suis pas le vrai Winston...
Je ne suis pas...
Je ne suis pas le vrai Winston Church...
Je suis Winston Churchill.
Traduction : C�line Nyanga
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