All language subtitles for El gorila os saluda (Le gorille vous salue bien) [Bernard Borderie] [1958] [SatRip] (V.O).KANIMAMBO

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranรฎ)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal) Download
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es-419 Spanish (Latin American) Download
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

Allons, mes doux agneaux. Il faut vous lever. C'est l'heure.

Allez. Debout, la-dedans !

Qu'est-ce que c'est, ca ?

Allons !

Oh ! Vous n'allez pas raler des le matin !

Ta gueule, le faineant !

Quoi, "faineant" ? Pas plus faineant que toi !

Qu'est-ce qu'ils ont, encore ? Bon sang de bon sang.

Allons !

Allez !

Tiens. Il ne rale pas, ce matin, lui.

Oh !

Alerte ! Alerte !

Je ne me fais pas a tes methodes.

Desole, mais je suis venu par ou je pouvais.

Les flics, ca ne regarde jamais en l'air.

- Dis donc, t'as vu le fil de nylon ? - C'est formidable.

Un petit fil facile a planquer et qui supporte le poids d'un homme.

- D'un "gorille". - Non. Je leur ai laisse 5 kg.

Alors, comme ca, le Vieux se sent pas bien ?

C'est pire.

Alors ? T'as un cadeau pour moi ?

- Qu'est-ce qui se passe, Mauricet ? - C'est tres mauvais.

- Baudrel a disparu. - Ah ?

- Tu es retourne la-bas ? - Non.

Pas depuis huit jours.

- Il faut y aller. - A la planque ? T'es malade ?

J'aime pas les discussions inutiles.

J'esperais qu'ils t'auraient dresse,

mais je vois que tu es toujours emmerdant.

- Tu sens ? - Oui, je sens. Et alors ?

- Mais dis donc, Geo... - Allez. Allez.

Ils nous l'ont envoye, le cadeau.

Maintenant, il faut trouver le reste.

Viens. C'est surement par la.

C'est la.

Regarde. Il y a encore le cadenas.

- Je te l'avais bien dit ! - Et derriere ?

Impossible. Le placard est scelle dans le mur.

Ah oui ?

Depuis combien de temps il avait disparu ?

Ben, je l'ai vu la derniere fois il y a quinze jours.

Il etait sur l'Orient-Express.

Tu sais, le passage des dollars en Yougoslavie.

Ce que je voudrais savoir, moi, c'est comment ils l'ont repere.

Ils l'ont pas repere. C'est quelqu'un qui l'a donne.

Et voila.

Ces fleurs, on vous les offre pour annoncer de la visite.

Les poulets ?

- Deja ? Tu crois ? - Ben, va voir.

Ecoute...

Je vais pas les recevoir dans cette tenue, non ? Hein ?

- Messieurs...? - Vous etes le locataire ?

Oui, messieurs.

- Vous etes un locataire irregulier ? - Je ne vois pas...

Vous n'habitez pas tout le temps ici ?

Car l'air de la maison manque de salubrite.

- Il y a eu des plaintes. - A qui ai-je l'honneur ?

Antoine Legrand, inspecteur de l'hygiene.

Ah ! L'hygiene. Oui. Je comprends.

- C'est mon chien. - Comment ca ?

Je suis rentre de voyage ce matin. Il etait mort, dans la cave.

Est-ce qu'on pourrait le constater ?

Moi, je veux bien, mais il faut que je le deterre.

Quand vous etes arrives, j'envoyais la derniere pelletee.

Bon.

Il faudra faire venir le service de desinfection au plus vite.

- Oui. - Je compte sur vous.

Entendu, monsieur.

- Dis donc. Il faut faire vite. - Oui. J'ai entendu.

Seulement il faut faire tres vite, parce que Baudrel, ils l'ont torture.

Et ils l'ont torture pour le faire parler.

Tu telephoneras au Vieux. Il fera enlever le corps.

Reste a savoir s'il a parle. Et s'il a parle, ce qu'il a dit.

- Et a qui il l'a dit. - J'ai une idee depuis le debut.

- Je te vois venir. - C'est Casa et sa bande.

"Casa..." Il est grand comme ca et travaille comme une couturiere.

Mais pour quelqu'un d'important qui nous en veut

parce qu'on le gene. - Tu raisonnes bien !

- Et Casa... - Je sais. Je sais.

Casa connaissait Baudrel par nous et il l'a donne a M. Important.

- Eh ben, alors ? - Ne va pas voir Casa au Grand Daim.

T'entends ? Quand on a un crane en toc comme le tien,

on ne joue pas les Duguesclin.

D'ailleurs, le Grand Daim, c'est ferme, l'hiver.

C'est ferme.

C'est ferme l'hiver, mais je veux parler a Casa.

Je sais que Casa est la.

Casa ! T'es la ?

Je peux laisser une commission ? C'est comment, votre nom ?

C'est...

"Mauricet" !

Je suis la ! Laisse-le entrer !

Tiens !

Voila Crane en toc.

Alors, ce diabete, ca ne s'arrange pas ?

Je te demande des nouvelles de ta rustine ?

Mon pauvre vieux, tu as la tete d'un type a avoir des insomnies.

Actuellement, tu fais des cauchemars ?

Ca va, Popaul. T'es un champion, pour la piquouse.

A ce soir.

Tu as tue Baudrel.

- Baudrel est mort ? - C'est ca. Fais l'etonne.

Baudrel est mort assassine et un peu torture.

Le seul a savoir que cet employe des wagons-lits bossait pour Geo,

c'etait toi.

Tu t'es jamais remis du coup de ta rustine.

Enfin, Mauricet ! J'ai travaille avec toi !

On a bosse ensemble pour le Gorille. Tu me vois le balancer ?

Tres joli, le coup des camarades de guerre.

- Pourquoi j'aurais donne Baudrel ? - T'as bien lache Geo pour le fric.

Il n'y a que ca qui t'interesse. T'es deglingue.

C'est ca qui t'a deglingue ?

- Quoi ? C'est de mon age ! - L'age t'a donne du bouquet.

Avant, on doutait, maintenant, on est surs. T'es un fumier, toi.

Je n'y pouvais rien. Baudrel a fait des imprudences.

Chaque fois qu'on passait, il etait dans le wagon.

Ca n'a pas plu.

Casa, tu veux que je te dise ce que t'es ?

Un pigeon.

Et un pigeon voyageur.

Quand tu voyages, tu transportes des dollars.

Eh ben...?

- Avec, il y a peut-etre autre chose. - Qu'est-ce qu'il y aurait ?

Je vais te le dire.

T'as jamais entendu parler de microfilms ?

Des "microfilms" ? T'es dingue ?

- C'est a vous, la DS dans la cour ? - Oui.

Elle gene. Il faut l'enlever.

- Ben... tout de suite ? - Oui, tout de suite.

Il faut qu'on parte. La maison est fermee, l'hiver.

Oui, ben, on le saura.

- A bientot, Casa. - A bientot, Mauricet.

Par ici.

- Oui ? - Je voudrais des nouvelles.

Il n'y a pas de nouvelles. Ca avance.

- Qu'est-ce qui avance ? - Le cirque.

- Il manque un clown. - Vous voulez le faire ?

Et l'autre, toujours rien ?

Allo ? Geo ?

Allo ? Que faites-vous ?

Allo ? Geo ?

Eh ben, qu'est-ce que vous faites ?

Mais qu'est-ce que vous faites ?

J'ai des nouvelles.

Mauricet est... Il a eu des ennuis.

Il avait une de ces conversations !

Et comment ca s'est termine ?

Les enfants...

A la tienne, Leon.

- Et vive la Saint-Leon ! - A Leon !

C'est pas sa fete, c'est son anniversaire.

Casa, toujours au regime ? Tu ne bois pas avec nous ?

Non, merci.

Fais-lui une piqure. Ca va le remettre d'aplomb.

Tu ne peux pas refuser de boire le jour de mon anniversaire.

Il a peur d'avoir une crise.

J'ai des cigares. Je vais les chercher. Ca te fera plaisir.

Va en chercher une autre.

Quelqu'un va frapper. Va repondre.

Tu diras que c'est prive. Ne te laisse pas baratiner.

Ah. Desole, mais c'est ferme, l'hiver.

- Ben, pas pour tout le monde. - C'est prive.

Bon...

Ce whisky, ca vient ?

Alors, Popaul, ca dort ? Tu as trop force sur la dose.

Ca va !

Les amis...

Vous entrez toujours comme ca chez les gens ?

Par effraction ?

On m'avait dit qu'ici, c'etait dangereux,

mais a ce point-la...

- Vous n'etes pas d'ici ? - Si, mais je reviens de voyage.

De la foret vierge, peut-etre.

Les gorilles, ca vit dans les forets vierges, non ?

Dites donc. Vous en savez, des choses.

- Vous savez tout, quoi. - J'aimerais en savoir davantage.

Curieuse ?

C'est fou ce qu'on m'a parle de vous.

Et moi, cette histoire de gorille, ca m'excite beaucoup.

On aime l'exotisme ?

Les hommes, j'en ai fait le tour.

- Alors un gorille... - Vous n'etes pas prudente.

Les gorilles, ce n'est pas de tout repos.

Justement.

Temeraire ?

Non. Risque-tout.

- Et si Casa nous surprenait ? - Vous savez des choses, vous aussi.

C'est que j'aimerais encore en savoir davantage.

Il ne tient qu'a vous.

- Et si Casa rentrait brusquement ? - Aucun risque, il n'est pas la.

- "Il n'est pas la" ? - Non.

Ben, je ne suis pas si sur que ca, qu'il n'est pas la.

Je peux vous montrer les autres pieces d'en haut.

- Il y a quoi, en haut ? - Des chambres.

- Je veux voir la salle a manger. - N'y allez pas.

"C'est prive", je sais, on me l'a deja dit.

- Casa est avec ses amis. - Tiens ! Il est revenu ?

Ses amis donnent une fete. Votre presence peut deplaire.

Navre, mais je suis venu voir Casa, et je le verrai. Je suis tres entete.

- Vous savez ce que vous risquez ? - Oui.

- Vous y allez quand meme ? - Oui.

En plus d'etre un gorille, vous etes un homme.

Et meme un galant homme. Passez donc la premiere.

Voila la panthere maison.

Chacun son vice, hein ? Pas vrai, Popaul ?

- Casa, qu'est-ce que ca signifie ? - Je ne sais pas.

Isoline.

Ben, quoi ? Il a force la porte.

- Vous desirez...? - Je vous derange ?

On a dit que c'etait ferme.

Passez devant. Et attention a la marche.

Combinat, Monsieur est un ami de Casa.

Casa, fais l'homme du monde. Presente-moi ton ami.

Geo Paquet. Leon, un ami.

On ne vous attendait pas. Prenez un verre.

- Je ne voudrais pas vous deranger. - Excusez-moi.

- Quoi ? - On va etre fixes. Je telephone.

- Tu telephones a qui ? - Ben, quoi ? Je telephone.

- C'est pas la peine. - Si.

Continue les presentations. Ca l'amusera.

Combinat. Un ami. Geo Paquet. "Le Gorille."

Le vrai. 200 livres, hiver comme ete.

- Pourquoi t'es venu ? T'es malade ? - Non. La preuve : je suis venu seul.

Baudrel, je l'aurais bien amene, mais il est mort. Dommage.

Geo Paquet.

Un ami.

Ah. Le Gorille. Je n'en avais jamais vu qu'en cage.

Vous en etes sorti il n'y a pas longtemps.

- C'etait Clairvaux ? - Non. Melun. Bon appetit.

Tu me demandes pas pourquoi je suis sans Mauricet ?

Ah oui. Mauricet... Comment elle va, sa tete ?

Tais-toi, Casa. Tais-toi.

- Qu'est-ce qui t'arrive ? - Tais-toi.

Presente-moi, plutot. Va.

- Vous etiez a Melun ? - Vous etiez au courant ?

- Ca, c'est Albert. - Bonjour.

Lui, un vieil ami.

La-bas, vous avez vu Lucien Lavalon ? Un grand rouquin.

Non.

Vous avez tue Baudrel et Mauricet. Alors, le troisieme...

Le troisieme, ca va etre moi ?

- Pourquoi es-tu venu ? - Pour savoir le nom de ton patron.

- Le voila. - Le vrai.

Lui, c'est un sous-fifre. L'autre. Le vrai.

Je ne peux pas, Geo. Ne me demande pas ca.

C'est marrant, ton histoire de Melun.

Leon va surement t'emmener au patron. Surtout, n'y va pas.

T'as ce qu'il faut sur toi ?

Monsieur Geo Paquet, je crois que nous partons.

- Vous partez deja ? - Vous partez avec nous.

Les presentations ne sont pas tout a fait terminees.

- J'ai pourtant vu tout le monde. - Ah, non. Pas le plus important.

- Le patron ? - Oui.

Le patron desire faire votre connaissance.

Eh ben, je serais heureux de le rencontrer, a l'occasion.

- L'occasion, c'est tout de suite. - Qu'y a-t-il de si urgent ?

Pour le travail, inutile de se mettre des batons dans les roues.

C'etait Baudrel et Mauricet, les "batons".

Je vois que vous me comprenez.

- Alors, vous venez ? - Je suis lourd a transporter.

Les gars comme vous, on ne les charrie pas, on les invite.

Si j'ai bien entendu, votre nom, c'est "Combinat" ?

- Et alors ? - Et lui ?

- Qu'est-ce que ca peut vous foutre ? - Apres tout, rien du tout.

Allez, les gars.

- Ca va etre sa fete. - Laissez-le-moi.

- Compliments. - Sale vache. Il nous a donne du mal.

Le patron t'attend. Allez. En route.

Mefie-toi. Ca part tout seul, cet engin-la.

Je sais.

Casa, qu'a-t-il fait, pendant ce temps ?

Il est malade, Casa.

Il est couche. Il vient d'avoir une crise.

Et il risque d'en avoir une autre. Son etat est tres grave.

Il faut qu'il prenne des precautions, beaucoup de precautions.

Eh bien, meilleure sante a Casa.

Quant a nous, on va faire un tour en voiture.

Allez. Passe.

Ne bouge pas.

Tu vas t'arreter ? Tu m'empeches de conduire.

C'est du ciment arme, vos copains. Je me suis deboite 2 doigts.

- T'en fais pas pour tes doigts. - Le patron a un camarade.

C'est un rebouteux, un type formidable.

- C'est un specialiste qui aime ca. - Les pointes de feu.

Tu connais les pointes de feu ?

- Ca meuble la conversation. - Je suis pas bavard.

Il a tellement de trucs, le gars, qu'on se laisse aller a parler,

sans savoir comment.

Ah. Si tu gueules parce que t'as 2 doigts casses,

tu vas chanter l'opera. - Oh ! Foutez-moi la paix.

Je ne sais pas pour toi, mais le Corse, il ne veut pas causer.

- Et le tien ? - Le mien n'est pas corse,

mais lui, on ne peut pas l'arreter.

En plus, il ne dit que des conneries.

Tu dirais n'importe quoi, pour avoir ton aspirine.

- Je vous dis que c'est vrai. - Mais oui.

Toi, tu etais a cote, le tien, au volant,

et le gros mechant, au milieu.

Il vous a assommes tous les deux d'un coup, comme ca ?

- Tu nous prends pour des gendarmes ? - Ca s'est passe comme ca.

Tu la veux vraiment, ton aspirine ?

Allez, va.

Continue a nous raconter les aventures de Tarzan.

Comment s'appelait ton athlete ?

Son nom, je ne sais plus, mais on l'appelait "le Gorille".

Plait-il...? Repete.

"Le Gorille."

Passez-moi la DST, l'inspecteur Blavet.

Eh ben, mon vieux...

Blavet ?

Dites. Le Gorille, ca vous interesse toujours ?

Lui, non, mais on a trouve une patte dans la gueule d'un Corse.

Alors, comme ca, tu ne sais rien ?

Tu etais au Grand Daim, ferme l'hiver,

avec des gens que tu ne connais pas. - Je suis juste l'employe du Corse.

Le Corse qui ne veut pas parler. Oui. D'accord.

Une bagarre a eclate. Le Gorille a eu le dessous.

Et evidemment, seul le Corse savait ou vous deviez le deposer.

Le tolier du Grand Daim, qui c'est ?

Un certain "Casa".

- Merci. - Pas brillant, M. le directeur.

On continuera demain. Envoyez donc cet homme se reposer.

Allez.

C'est curieux, mais vous avez l'air satisfait.

Il y a peut-etre de quoi.

Ah ? Ben, moi, je ne vois pas.

Ah non ?

Non. Je ne vois pas le rapport qui peut exister entre ce Gorille,

trafiquant de devises,

qui se goberge avec des voyous dans une boite fermee,

et votre fusee offensive a tete chercheuse, le BK 7,

qui vous empeche de dormir. - C'est amusant, pourtant,

des trafiquants de devises meles a une affaire d'espionnage.

"Amusant", oui, mais surprenant.

Mon cher Blavet, dans notre metier, il faut avoir de l'imagination.

Que sait-on au juste, chez nous, a la DST ?

Que les plans de la fusee sont derobes lors de leur elaboration

dans les services aeronautiques.

Pas "derobes". Nous avons decouvert qu'ils etaient photographies.

Ces photos, nous ignorons ou elles vont et comment.

A l'etranger, bien sur, mais quel etranger ?

Alors, la, je vois le rapport avec les devises.

"Dis-moi quelle est la monnaie, je te dirai le pays."

Ecoutez-moi, Blavet, au lieu de ricaner.

Je suis un espion, un espion intelligent et organise.

J'ai les photos de la fusee, de toutes petites photos.

Des microfilms.

Et en autant d'exemplaires que je veux. Bon.

Pour les expedier, vais-je employer l'un de mes hommes,

qui risquerait d'avoir chez moi, a la DST, son fichier ?

Que fais-je ? Je m'entends avec des trafiquants de devises.

Leur merdaillon fait passer des paquets de dollars,

ou j'ai glisse a leur insu mes microfilms,

et doit les livrer a M. X, hotel Y, a Lausanne.

Si l'homme se fait pincer, il ne dira rien,

parce qu'il ne comprend rien, parce qu'il ne sait rien.

- Le merdaillon serait le Gorille ? - Je ne sais pas,

mais d'un cote, il y a le BK 7, d'un autre cote, le Gorille,

et depuis peu, le Grand Daim.

Evidemment, un trafiquant de devises evade,

ou ca va ?

Ca va demander aux copains des explications.

Ca se fait assommer...

Et un inspecteur de la DST qui decouvre ca, ca fait quoi ?

Ca se transforme en inspecteur des indirects et ca va au Grand Daim.

C'est tout ?

C'est tout.

On est ferme, l'hiver. Je ne fais pas de stock.

- C'est du whisky ecossais ? - C'est ecrit dessus.

Ce ne serait pas plutot du whisky corse ?

- Du "whisky corse" ? - Oui.

Que les Corses achetent aux Americains

et qu'ils vous passent sans facture. Vous etes gagnant.

Une maison comme la mienne ne prend pas ce genre de risques.

"Une maison comme la votre..."

Parce que, bien entendu, vous avez des factures ?

- Oui. Je dois les avoir. - Ah. Vous "devriez" ?

- Isoline, les factures du whisky. - Quoi ? "Les factures de whisky" ?

Ben oui, quoi. Les factures de whisky.

Le whisky, je le vois, mais je ne vois pas les factures.

Et il me les faut. Sinon, fermeture du Grand Daim.

Et pas seulement pour l'hiver.

Et on va vous poser des tas de questions sur des tas de choses.

Alors ?

C'est pas ca que vous cherchez ?

Oh ! Ben voila les factures !

Ah. Compliments, messieurs.

Ca fait plaisir, de voir une maison en ordre, honnete,

ou tout est clair. Garanti, sur factures.

Je n'en demandais pas plus.

Comme dit toujours le client satisfait :

"Je reviendrai."

Alors, tu es content, hein !

Ce qui est grave, c'est qu'ils soient venus.

- Les indirects ? - "Les indirects..." Je t'en fous.

T'as vu sa tronche ?

Ce n'est pas un flic a 50 000 balles par mois, lui.

Le plus bizarre,

c'est qu'il soit venu aujourd'hui et que le Gorille soit venu hier.

- Le Gorille marche avec la police ? - Non, mais il est bruyant, ton pote.

Il casse le materiel et il kidnappe mes hommes.

Parce que Valerio et Popaul, ils ont disparu.

Ca, ca se remarque, et ca fait remarquer le Grand Daim.

Le patron, un concurrent, il s'en fout,

mais un concurrent qui risque de l'eclabousser, ca ne va pas.

Depuis hier soir, ton ami Geo Paquet est en sursis.

Ca veut dire quoi, tes conneries ?

Ben, ca veut dire qu'on a moins confiance en toi.

Alors, je fais quoi ?

- Je me tire ? - Non.

Tu restes. Tu ne bouges pas,

mais t'es la pour personne.

Je ne peux pas. Mes piqures... Et Popaul n'est plus la.

Ne t'en fais pas. Je te ferai tes piqures.

Elle est chouette, ta petite femme.

Quoi ? Qu'est-ce que t'as ?

T'as pas compris ?

D'habitude, quand ils previennent, ils n'en disent pas tant.

Qu'est-ce que tu racontes ?

Je suis foutu, Isoline.

- T'as une crise ? - Mais non !

Tiens. Dans le placard, il y a ce qu'il faut.

- Ca va tellement mal ! - Tu m'emmerdes.

Tu ne vois pas qu'ils veulent me buter ?

Ils n'attendent que l'occasion.

T'as entendu Combinat ? Je n'ai qu'a attendre.

Pourquoi tu t'affoles ?

C'est le Gorille, qu'il vise, a travers toi.

J'ai un passe. Ils se mefient de moi depuis toujours.

Je ne leur ai jamais inspire confiance.

Monsieur jouait les petits soldats ?

Il y a des choses que tu ne peux pas comprendre.

Isoline... il faut que tu ailles voir Geo.

Pour quoi faire ?

Lui seul peut me tirer de la.

C'est dangereux.

Ton ami Geo, c'est un homme. Il me plait beaucoup.

Je sais bien que t'es une garce, mais il faut que tu y ailles.

Tu entends ?

Tu le trouveras, je crois, chez Mauricet.

C'est un pavillon. 30 quai Verrieres, Bry-sur-Marne.

A tes risques et perils.

Si nous avions des auxiliaires tous aussi precieux que vous...

Mes compliments, madame.

Au revoir.

Quelle salope !

- Ils sont sur mon dos. - Ca vous fera les pieds.

A la place des tripes, vous avez un frigidaire.

- Je vous casserai la gueule. - Vous dites ca au telephone.

Excusez-moi, on me demande.

Je suis dans la cage. Il ne manque plus que le fauve.

Vous prendrez froid, en vous deshabillant maintenant.

- Tu crois que je suis la pour ca ? - Non.

Tu es la car t'as quelque chose a me dire.

Peut-etre que j'ai "aussi" quelque chose a te dire.

Commence par la.

Tant pis.

Enfin... Casa est cuit.

Apres tes exploits, les poulets sont venus.

Tout ca a deplu au grand patron.

- Tu connais le grand patron ? - Moi, pas le moins du monde.

Tu veux un verre ?

Pour me mettre dans l'ambiance ?

Alors, le grand patron... Qu'est-ce qu'il y a, avec Casa ?

Ca ne va pas ?

Ils ont des divergences de vue ?

Que fais-tu ?

Ben, quoi ? J'enleve mon rouge.

- Alors, Casa... - Ils veulent le buter.

Il aurait un passe qui ne leur inspire pas confiance.

C'est ce que Casa t'a envoyee me dire ?

Oui. Il voulait que tu le sortes de la.

- Comment ca, il "voulait" ? - Je tenais a te garder, Geo.

Qu'est-ce que ca veut dire ?

Ecoute.

Casa, la ou il sera, Combinat ne lui fera pas de mal.

Et puis toi, tu n'exposeras pas ca inutilement.

Parce que tu viens de le donner.

Oh ! Tout de suite les mots penibles. Il n'y avait que ca a faire.

Tu sais bien que Casa est au bout du rouleau.

Et puis, au moins, on le soignera, la-bas.

Dis donc. Tu merites la croix des vaches.

C'est pour le sauver.

Et toi, surtout.

Les flics t'ont crue, quand tu leur as vendu ta salade ?

Ils ont dit qu'ils allaient s'en occuper.

Eh ben, tu as bien fait de me prevenir,

parce que figure-toi que j'allais y aller, au Grand Daim.

- Alors ? Des ordres ? - Non. Rien.

Ben, il n'y a qu'a attendre.

- Allo ? - Allo ? Ici Geo.

Ah. C'est toi, Geo.

- Ou tu es ? - Pas loin de chez toi.

- Tu as vu Isoline ? - Oui, j'ai vu Isoline.

Elle est venue ?

Puisque je te le dis. Qu'est-ce qui va pas ?

Combinat est parti, mais les poulets sont la.

Quelqu'un t'a donne.

Qui ca ? Qui a pu me donner ?

Qui veux-tu que ce soit ? Tes copains.

Pour se debarrasser de toi elegamment.

Je viens te chercher. J'ai une 203 bleue. Prends la DS.

- Combinat a pris les cles. - Ca, je m'en doute.

Attends-moi dans la serre. Fais ce que je te dis, Casa.

Tenez.

C'est dommage, je ne fume pas la cigarette.

Ben, vous les mettrez dans votre pipe.

Et voila. Merci.

Excusez-moi. J'ai cru voir un chien traverser.

Ah ! Tout de meme.

A la voiture ! Vite !

Arrete-toi !

Mais arrete-toi !

Arrete-toi, bon Dieu !

Dis donc... mais tu as derouille !

- Cette fois, c'est la bonne. - Oui. La bonne blessure.

- Ou tu m'emmenes ? - Chez le Vieux.

Tu veux ? Ca te rappellera des souvenirs.

Non. Pas chez le Vieux.

C'est trop tard, pour aller chez le Vieux.

Ce que je t'ai demande, le nom de ton patron, il faut me le dire.

Qui est le patron, Casa ?

Il faut que tu me le dises. Le Vieux a besoin de le savoir.

Ca lui ferait plaisir, au Vieux...

On ne peut jamais rien lui refuser, a celui-la.

Le patron de toute cette saloperie s'appelle...

Comment il s'appelle ?

"William..."

- "William..." - "William" comment ?

- "William Veslot." - Ou est-ce qu'il habite ?

Dis-moi son adresse, Casa.

- Son adresse, Casa. - A Neuilly...

- A Neuilly... - Casa !

Casa ! Bon Dieu !

Qu'est-ce que ca peut faire,

que Casa portait sa Legion d'honneur sous le revers de son veston ?

- Vous comptiez me faire pleurer ? - Pour ca, pas de danger,

mais tout de meme, il est mort. - Le nom du type, vous l'avez ?

- J'ai le nom et meme l'adresse. - Incroyable.

Il s'appelle "William Veslot". Il habite Neuilly.

- Mission terminee. - C'est tout ?

- Comment ca ? - C'est tout ce que vous faites ?

Colonel Berthomieu,

on vous appelle "le Vieux". Le vieux quoi, je vais vous dire.

Vous, directeur de mission des services secrets,

vouliez que je vous donne le nom de celui qui vole les plans du BK 7.

- Pour cela, 3 des notres sont morts. - 2.

Baudrel et Mauricet. Casa n'etait plus de la maison.

- Il en a fait partie. C'est pareil. - Pas pour moi.

On aurait du l'executer quand il est parti.

- Sa mort est logique. - Vous etes vraiment un vieux...

"Salaud." Je sais.

Mais vous, avec vos 100 kg, vous n'avez rien, dans le ciboulot.

Comment ? Je vous demande le nom d'un type qui vole les plans du BK 7.

Vous me l'apportez et ca vous suffit ?

Que vouliez-vous ? Que je vous l'amene a dejeuner ?

Helas,

il est trop haut place pour ca, M. William Veslot.

C'est pourquoi je vous ai appele pour vous en occuper.

Vous devriez etre flatte.

2 mois de taule, ce n'est pas une flatterie.

Ca vous a fait du bien.

En tout cas, c'etait un moyen d'entrer en contact.

Il fallait qu'on croie Geo Paquet trafiquant de devises,

que Veslot y croie,

car on ne peut pas y toucher, a ce monsieur.

Puisque vous savez tout, dites qui vous a renseigne.

M. Riard, directeur de la DST.

Mais que vient-on faire la-dedans, vous et moi ?

Le reste. Ce que Riard et la police ne peuvent pas faire.

Mais il est si important que ca, William Veslot ?

"Important..."

Vous connaissez ces constructions au pied du palais de Chaillot ?

- L'ONU. "Les Intouchables." - Oui.

Ben, M. William Veslot est charge de mission a l'ONU.

Il nous barbote nos secrets nationaux

sans qu'on n'y puisse rien.

Sans que la "DST" ne puisse rien contre lui.

Je ne vous le fais pas dire. A vous de jouer.

- Seul ? - Non. J'ai quelqu'un pour vous.

- Un nouveau ? - Oui.

- Je n'aime pas ca. - Berthier !

Qu'est-ce que c'est que ca ?

Il s'appelle "Berthier", du 2e bureau de l'aeronautique.

Un specialiste du BK 7 ?

Non. Un apprenti barbouze,

avec joie, si vous voulez bien de moi, mon colonel.

Ne t'excite pas trop, mon garcon. Attends de le connaitre, d'abord.

Le colonel ?

Oui, "le colonel".

N'attends rien de lui, dans une mission.

S'il a quelque chose a te demander, il est la,

mais si t'es en danger, avec les flics aux fesses,

il t'ignore, le colonel.

Le seul qu'il consente a connaitre : le president du conseil. Lui seul.

Mais comment se peut-il qu'on ait les flics... au dos ?

Les barbouzes, ca n'a pas d'existence.

Ca n'existe pas. Tu comprends ?

- Pas encore. - Ca viendra.

Suivez-moi bien. La PJ, elle peche a la mouche.

La DST peche a la cuillere, au lancer leger.

Enfin, "leger", plus ou moins. Nous, on peche a la grenade.

Il ne faut pas que ca s'entende.

On n'a pas de permis. On braconne.

Mais le president du conseil...?

Oh ! Le president, il a pour lui la legalite d'une part,

la raison d'Etat d'autre part,

mais quand la raison d'Etat ne peut pas etre defendue...

legalement, comme le cas du BK 7,

eh ben, c'est a nous que l'on fait appel.

Quand il y a urgence, on nous sonne nous.

Ce que la DST ne peut pas faire, nous, nous le faisons.

- Si on est pris...? - Ca, tout le monde s'en fout.

Parce qu'on n'appartient a rien d'officiel.

On est des rien du tout.

En somme, on a le droit d'etre tues des 2 cotes.

Ca y est. Il a compris.

Belle tete de conspirateur.

Ah ! Mme Montrosier !

Ah ! A votre age, tous ces etages, ce n'est pas bon pour vos jambes.

C'est que le colonel n'est pas tout jeune non plus.

On n'a pas toujours l'age qu'on parait.

Au revoir, madame. A demain.

Tenez. Lisez donc ca, monsieur Fontenelle.

"Monsieur William Veslot...

"prie M. Fontenelle, de l'Agence France-Presse..."

Oui. J'ai de bons amis a l'Agence France-Presse.

- Fontenelle, c'est moi ? - Qui voulez-vous que ce soit ?

"...de bien vouloir assister a la soiree qui sera..."

Maintenant que vous connaissez son nom, a monsieur Veslot,

il faut prendre contact, pour savoir ce qu'il pense.

Mais le contact, il a voulu l'etablir lui,

et pour me faire la peau. Hein ? Je te l'ai dit.

Et depuis, grace a moi, il a perdu 2 hommes, Valerio et Popaul.

Ca mettra du piment dans la rencontre.

- Et en plus... - Quoi ?

"Tenue de soiree de rigueur."

Il va falloir vous deguiser en mondain.

La, on va rigoler.

Telephonez au patron. "Le champagne coule a flots,

"chez notre suspect." - D'accord.

Oh ! Le bel homme !

- Vous le connaissez ? - Son visage me dit quelque chose.

Excusez-moi. Je crois vous connaitre, mais ou ai-je pu vous rencontrer ?

Que faites-vous la ?

J'etais sure que nous nous connaissions.

- Mais ou donc vous ai-je deja vu ? - Que faites-vous la ?

J'y suis.

L'an dernier, en Afrique centrale, j'etais a la chasse aux gorilles.

Tres drole.

Monsieur...

Excusez-moi. Je ne connais personne, ici.

Qui est M. Veslot ? Jacques Fontenelle, de l'AFP.

C'est a quel sujet ?

Je voudrais etre presente a M. Veslot.

Je vais le prevenir.

...un peu de grippe.

Pardon.

- Comment dites-vous ? - "M. Fontenelle. AFP."

Il etait sur la liste des invites ? "Fontenelle", vous dites ?

- Que veut-il ? - Vous etre presente.

L'AFP, c'est important. Amenez-le-moi.

- Je vais vous conduire a M. Veslot. - Je serais ravi de le connaitre...

en chair et en os.

Monsieur Fontenelle, que me vaut l'honneur de votre visite ?

Curiosite professionnelle.

J'ignore si c'est l'heure opportune pour votre curiosite.

J'ai la une reception intime.

Vous avez beaucoup d'intimes.

Oui. Dans la politique, on a beaucoup d'amis.

- Je vous presente ? - Non.

- C'est vous que je suis venu voir. - Moi ?

Suis-je devenu tout a coup une personnalite parisienne ?

Sait-on jamais pourquoi on se trouve a la premiere page des journaux ?

Les mondanites sont generalement a la 4e page. Je me trompe ?

Ce qui motive ma visite se trouverait plutot en 1re page.

Tiens ! Serais-je mele a quelque scandale ?

Non. Il ne s'agit pas de ca.

C'est au sujet des trafics des devises.

"Trafics des devises" ? Que voulez-vous dire, monsieur ?

J'enquete aupres des hautes personnalites diplomatiques.

Quel serait, selon vous, le moyen de faire echec a ces trafics ?

J'en vois plusieurs.

Suppression des barrieres douanieres, libre-echange,

monnaie commune, etc.

Ainsi, selon vous, il faut prendre le mal a la base ?

- Monsieur...? - Je vous demande pardon.

La marquise est au telephone. Elle veut s'excuser

aupres de vous de son absence.

Je viens. Excusez-moi.

- Je vous avais interdit de venir. - Il fallait vous prevenir.

On a retrouve la Buick.

- Et les deux hommes ? - Ca, pas de traces.

Ils ne se sont quand meme pas fait posseder par cet ami de Casa !

- Ou est la Buick ? - Justement, devant votre porte.

C'est pour vous dire ca que je suis monte.

Quelqu'un a fait le rapprochement entre le Grand Daim et ici.

C'est tres ennuyeux, Leon.

- Ce quelqu'un serait l'ami de Casa ? - Je le crains.

Il vaudrait mieux le retrouver.

Il est la.

- Qui ? - Le Gorille.

J'aimerais vous voir seul a seul pour parler de tous ces problemes.

Je vous en ai assez dit, M. Fontenelle.

J'ai horreur qu'on me pose des questions, des tete-a-tete,

et que l'on s'introduise chez moi, meme muni d'une carte de presse.

Comprenez que nos rapports s'arretent ici.

Bonsoir.

Moi, je suis ravi de cet entretien. C'etait un honneur.

Ah. J'oubliais.

On vous a bien derobe votre voiture ? Une Buick noire ?

Je l'ai retrouvee et je vous l'ai rapportee.

Elle est devant votre porte. Bonsoir, monsieur.

Qu'est-ce qu'on fait ?

- Je vais dire ca au patron. - Non. Ca, je vais le faire moi-meme.

Qu'est-ce que c'est, cette histoire de Buick ?

- Que lui avez-vous raconte ? - Il fallait bien que je l'asticote.

C'est pour ca que vous m'avez fait venir dans ce trou ?

Si vous preferez louer un appartement au Ritz...

Pourquoi vous m'avez parle de lui ? Pour faire le malin ?

- Vous manquez vraiment d'envergure. - Quoi ?

Vous m'avez demande de prendre contact.

J'ai foutu les jetons a Veslot.

Si j'ai quelque chose a lui proposer, il ne me prendra pas pour un minable,

un fonctionnaire de l'illegalite, mais pour un monsieur,

si toutefois ce mot a un sens pour vous.

Venez. Vous allez dans le placard jouer les gigolos.

Ca vous rajeunira.

Vous pouvez ranger ca. Je suis venu en toute amitie.

- Sinon, je ne serais pas venu seul. - Qu'est-ce que ca peut me foutre ?

Je m'appelle "Blavet".

- J'appartiens a la DST. - Vous vous couchez tard, a la DST.

Evade de Melun, trafiquant de devises...

Ca ne regarde pas plutot la PJ, ces peccadilles ?

Ne me prenez pas pour un imbecile. J'ai horreur de ca.

- Vous savez de quoi je veux parler. - Non.

Ancien parachutiste, avec tout ce que ca comporte :

inadaptation a la vie civile. Les heros sont fatigues,

alors on trafique des devises. Enfin, admettons.

- Ah ? - Oui.

Vous sortez de chez M. Veslot, diplomate a Neuilly. Exact ?

Mais, dites-moi, la DST, c'est Nostradamus !

Elle sait tout !

Il y a une chose qu'elle ignore :

si vous etes un salaud ou un imbecile.

Je prends ca comment ?

Dans les billets que vous transportez pour Veslot,

probablement sont inseres des microfilms,

des documents interessants a la Defense nationale.

Ou vous l'ignorez

et vous etes un imbecile, ou vous le savez

et vous etes un salaud.

Alors, qu'est-ce qu'on fait ?

Alors on vous arrete.

Comme vous etes un glorieux officier, c'est le conseil de guerre

et 12 balles dans la peau au petit matin.

Charmant tableau. Pourquoi vous n'arretez pas Veslot ?

Il y aurait peut-etre une autre solution.

- Vous partez deja ? - Oui. Je vous laisse reflechir.

Vous m'apportez des preuves contre Veslot,

dans l'interet national et dans le votre,

ou alors... le mont Valerien. Le petit matin.

Oui. Ca vaut la peine d'y penser.

Bonsoir, monsieur Paquet.

- Parce qu'il y a de quoi rire ? - Vous etes le barbouze exemplaire.

Veslot d'un cote, la police de l'autre.

Pris en sandwich entre le petard et le poteau.

Il n'y a qu'un moyen, pour vous sortir de la :

travailler pour la DST. - Toujours marrant.

Il y a peut-etre un autre moyen.

Ce serait que Veslot morde a cet hamecon-la.

Qu'est-ce que c'est ?

Premier choix. Energie atomique.

Ca vient directement des usines de Saclay.

- Ca a l'air vrai, au moins ? - Ca l'etait encore il y a 15 jours.

C'etait un article trop cher. Il a fallu l'abandonner,

mais c'est farci d'authenticite. Ca resiste a tous les controles.

Oui. Ca, des calculs, il y en a.

Alors vous allez offrir ca a Veslot.

Si ca l'interesse, on suivra la methode habituelle.

Mais vous avez oublie un detail. Un detail de rien du tout, remarquez.

Quand il va me voir a decouvert, il va me tuer.

Vous m'avez dit que vous lui aviez fait peur,

qu'il vous prenait pour un monsieur. - Heureusement !

Car votre petit trafiquant offrant de l'energie atomique a M. Veslot,

c'est pas tres vraisemblable.

Moi, je lui ai donne de l'envergure.

Que voulez-vous ? Des compliments ?

- Non, un conseil. - "Un conseil" ?

Pour prendre contact avec M. Veslot.

Ca, c'est votre boulot. Debrouillez-vous.

C'est tout debrouille.

- Tu crois que ca peut l'interesser ? - Si c'est du vrai, oui.

C'est du pur, du Saclay 57, la bonne cuvee.

- Il y a la moitie. - Et alors...?

Comment on fait, d'habitude ? L'autre moitie, tu l'auras apres.

Pour un trafiquant de devises, t'as de belles frequentations.

- Je suis eclectique. - Que veux-tu dire par la ?

Que j'ai aussi des relations parmi les personnalites atomiques.

Alors, tu lui telephones, au patron ou quoi ?

Tu vas me chercher mon rouge a levres ? Il est dans ma chambre.

Je me sens toute nue, sans mon rouge a levres.

Toi, quand tu parles de ton rouge, c'est qu'il va y avoir le feu.

Allez. Le coup de charme. Ce ne sera jamais que la 3e fois.

Non. La 1re fois, c'etait sur commande.

La 2nde fois, j'etais sans situation. Maintenant, c'est pour le plaisir.

- Tu as retrouve une situation ? - Exactement.

C'est quoi, ta situation ? Leon ou Combinat ?

C'est le Grand Daim. Je suis ici chez moi.

C'est Casa qui t'a couchee sur son testament ?

Moi, je me couche toute seule.

- Avec qui ? - Devine.

Sa voiture sera la dans 10 min.

- Une Buick noire, peut-etre ? - Surement.

Il l'envoie dans les grandes occasions ?

Tiens.

- Oh. Vous permettez ? - Oh, la !

Mais comment donc !

Tout doux, pepere.

Je suis ravi.

Vous m'accordez les informations que vous m'avez refusees ?

Vous etes revenu avec des arguments de poids.

- Jacques, whisky. - J'ai plutot renverse la situation.

Je vous demandais des infos, la, j'en apporte.

Les miennes etaient gratuites. Je suppose...

500 000 F la livraison.

Vous etes tres cher.

Ben, vous savez, ce qui est a base d'uranium, de plutonium,

ca coute beaucoup d'argent.

C'est la matiere premiere, qui est chere.

Voyons si la marchandise en vaut la peine.

Du meilleur cru.

Bien entendu, c'est un echantillon.

Je me ferai une opinion la-dessus.

- Prudent. - Non, professionnel.

J'ai la un ami. C'est un savant atomiste.

Vous pouvez avoir un savant atomiste comme vous avez un chauffeur ?

J'ai beaucoup de moyens,

meme celui de vous supprimer sans laisser de traces,

si cet ami refugie chez moi me dit que vos documents sont faux.

- "Me supprimer..." - Exactement.

Ca m'etonnerait. Je ne suis pas facile a digerer.

Supposons que je sois venu pour vous tuer, M. Veslot,

personne ne pourra m'en empecher.

Je n'ai qu'a pousser un peu, et vous vous ecroulez.

Mais je ne suis pas venu pour ca.

Je suis venu pour parler affaires.

Et puisque mon affaire vous interesse...

ce poignard est a vous.

Vous avez un tres joli numero, monsieur Paquet.

Je vous fais mes compliments.

L'opinion d'un connaisseur. J'en suis flatte.

Je vous dois des excuses.

Je n'ai pas cru a votre histoire de documents,

mais mon ami m'a detrompe. Vos plans sont authentiques.

Je vous l'avais dit. Du sacre 57. La bonne annee.

Vous avez fait la preuve de votre bonne foi.

Inutile desormais de nous faire la guerre.

D'autant plus qu'on est a 2 partout.

"2 partout" ?

Vous avez liquide Baudrel et Mauricet,

moi, je vous ai liquide Valerio et Popaul.

On est quittes.

A un detail pres.

Je vous dois 500 000 F, pour cette 1re livraison.

- J'allais oublier ce detail. - Moi pas.

Vous etes alle trop loin, monsieur Paquet.

L'energie atomique, c'est beaucoup trop fort pour moi.

Vous aussi, vous etes trop fort pour moi.

Qu'un trafiquant de devises soit en possession

de documents authentiques tels que ceux-la,

je trouve ca tres inquietant, monsieur Paquet,

tres inquietant,

au point que j'ai des doutes sur votre veritable identite

et que je vais etre amene a vous poser quelques questions.

Allez. Dis-moi tout. L'histoire de la Buick, avec Valerio et Popaul,

et l'histoire du dossier atomique. Pourquoi tu me l'as apporte ?

Qu'est-ce que tu sais sur moi ?

Arrete, Cebu. Combinat, reprends-le.

- Vous etes la mere de Popaul ? - Oui. Il travaillait chez vous ?

- Il vous a ecrit ? - Oui, monsieur.

D'ou vient la lettre ?

Il dit que pour l'argent, je dois aller a Sagny vous demander.

Je suis de plus en plus persuade que vous n'etes pas un trafiquant.

En voici la preuve.

Tu entends, Cebu ? Il a donne ton camarade Popaul.

J'ai entendu.

Avec ca, il va tout dire.

Pas maintenant. Il est trop fatigue. Le mal endort le mal.

Apres une bonne nuit, il sera tout neuf.

Ne fais rien avant mon retour.

- Bonne nuit. - On me l'a deja dit.

- Qui ? - Un flic.

Qu'est-ce qui t'arrive, Cebu ?

T'es dingue ?

- Le patron a dit... - Je m'en fous.

Je vais le faire parler. Et tout de suite.

Ah ! Monsieur veut venger son camarade.

Avec ca, tu vas parler.

Allo ? DST ? Passez-moi l'inspecteur Blavet d'urgence.

- Plusieurs coups de feu. - Bravo. Vous serez decore.

- Eh ben...? - Affaire Veslot.

Il a fait la faute. Un employe des telephones...

- Un employe a vous ? - Oui. Il m'a prevenu.

Des coups de feu ont ete tires, chez Veslot.

Des coups de feu, ca veut dire un cadavre.

Et un cadavre, ca ouvre une enquete.

En perquisitionnant, vous y trouverez des preuves.

Et fort de ces preuves, vous allez arreter Veslot.

Y compris le Gorille.

Eh bien, mon cher, faites votre metier.

Et bonne chance !

Appelez-moi le Vieux.

Je veux dire le colonel Berthomieu.

Oui.

Aie !

Allez. Va. Laisse-moi.

Mercurochrome, sparadrap, compresses, solucamphre...

Les medicaments, je m'en fous.

Ca, c'est plus interessant.

Attends, pepere.

Tu m'as fait du petit sale ?

- Et aux lentilles ! - Pour te faire plaisir.

T'as pas mange au restaurant, ces temps-ci.

He ! Pousse-toi, pepere.

Quelle connerie, tout ca !

- Quoi ? Je t'ai fait mal ? - Aie, aie, aie.

Je peux reparer ?

- Elle t'embrasse comme ca, Isoline ? - Je deteste ces plaisanteries.

Moi aussi.

Je deteste qu'on me suive, surtout chez Veslot.

On te voit partout, chez Veslot. A Neuilly, a sa campagne...

- T'es amoureuse de lui ? - Ben, dis donc !

C'est le meme metier.

C'est comme toi avec Isoline. C'est la meme chose.

Meme tapin, quoi.

Je te defends de parler comme ca, Chaboute.

Pour l'instant, les ordres, c'est moi.

Allez. Mange.

- Qu'est-ce que tu prends ? - Rien. Du Sympathyl.

- T'as mal aux nerfs ? - Oui, j'ai "mal aux nerfs".

- A cause de moi ? - Oui, a cause de toi, figure-toi.

Toujours Isoline ?

Eh ben !

J'ai tire un chargeur entier, hier soir.

- On se demande pourquoi, d'ailleurs. - Pour te sauver, imbecile.

Que c'est bon, ce truc-la !

Dis, Geo... Je l'ai quand meme pas tue, Cebu.

Oh. Voila que ca recommence.

Je te l'ai dit vingt fois. Tu vises trop mal.

Et ca aurait ete trop beau.

Tiens. C'est peut-etre Isoline.

- Sait-on jamais. - Entrez.

Le Vieux est la. Il n'a pas l'air content.

Chacun son tour.

Alors, l'invalide. Ca va ?

Curieux mobilier.

- Ca sert a s'asseoir, ca ? - Essayez, colonel.

Etrange.

Curieuse pipe.

Curieux cendrier.

Alors, l'eclope...

Vous ne dites rien ?

Je mange, si ca ne vous derange pas.

Je sais. Vous prenez vos aises. Maintenant, vous allez jusqu'a tirer.

- Oui, je tire. Et alors ? - Alors vous avez tire trop tot.

On est cuits. La DST a un cadavre, elle ne le lachera pas.

Cebu... il est mort ?

On ne va pas pleurer sur le cadavre d'un voyou !

Le "cadavre d'un voyou", c'est quand meme un cadavre.

- Et il attire les mouches. - Je n'ai pas pu l'embaumer.

Laisse tomber, Geo.

Cebu, c'est moi qui l'ai tue. Quand Cebu est mort,

Geo n'etait pas en etat de faire quoi que ce soit.

- Vous m'avez desobei, Chaboute. - Heureusement.

A une minute pres, Geo etait un type mort.

Les vivants, les morts, pour vous, ce sont des matricules.

On les inscrits, on les raye.

Mais pour moi, colonel, Geo, c'est pas un matricule.

- C'est mon bonhomme. - Je sais.

Je prefere mes agents celibataires.

- Et s'ils ne le sont pas...? - Moi, je m'en arrange,

mais les services secrets... - Je m'en fous.

Dites donc. Vous oubliez que vous en faites partie.

Hier, a un moment, je n'en faisais plus partie.

Quand j'ai vu Geo et le chalumeau qui allait le bruler,

je n'en faisais plus partie du tout.

J'ai tout oublie, moi.

Toutes vos histoires, votre BK 7, vos Russes, vos secrets...

J'avais un pistolet dans la main et j'ai tire.

Si vous voulez le savoir, ca ne m'amuse pas, d'avoir tue Cebu.

Mais pour vous, une seule chose compte :

la raison d'Etat.

Il ne fallait pas l'epouser, mon petit.

Dites donc.

Vous ne devez pas souvent lire le courrier du coeur.

Alors, le coeur brise,

vous avez une solution, pour sortir du petrin ?

A vous de jouer. Il me faut au moins 24 heures.

Seulement 24 heures ? Eh ben, vous ne doutez de rien.

Il me faut au moins ca, pour aller jusqu'au bout de ce que vous voulez.

Mais si vous me demandez seulement 24 heures,

c'est que vous avez l'intention de taper dur.

Attention, Geo. Hein ?

J'accepte que vous fassiez partie de mes services,

bien que vous ayez pris de mauvaises habitudes,

mais Paris n'est pas un champ de tir.

Je n'ai jamais dit que je tirerais moi-meme.

Mais ca va peter de tous les cotes. Je vous le jure.

- Vous allez arreter Veslot ? - Oui.

- Quand ? - Ce soir.

Demain soir.

Impossible.

Decevant.

Decevant.

Je vous aurais cru plus subtil, mon cher directeur.

Mais voyons ! Un Veslot arrete,

c'est un Veslot muet, qui n'agit plus.

Comment trouverez-vous la piste de l'ambassade ?

- Ce n'est pas bon, de le coffrer ? - Qu'allez-vous en faire ?

Il vous barbote vos trucs, vos BK 7, mais vous le savez, ca.

Mais pour quelle ambassade ?

Vous n'en saurez rien en le coffrant, car vous allez casser la filiere.

Alors ? Vous me les donnez, mes 24 heures ?

Non. Si je vous le laisse 24 h, vous allez me l'abimer.

- Et meme si je l'abime un peu... - Justement.

Moi, DST, police legale, je ne peux laisser abimer un espion.

Vous le savez bien. Je me contente de l'arreter.

Et vous etes bien avance.

Parfaitement. Veslot arrete, j'embete l'ambassade.

- Que vous ne connaissez pas. - Mais je casse la filiere.

Je gagne du temps.

Puis l'ambassade se reorganisera, et tout recommencera.

En tout cas, les choses se passeront comme ca, colonel.

Veslot sera arrete ce soir. Personne ne m'empechera de le faire.

N'est-ce pas ?

C'est pour moi que vous dites ca ?

Mais si, c'est pour moi.

Et Geo Paquet ?

Celui-la... J'ai de l'estime pour lui, mais par pitie !

Depuis le debut, je feins de ne pas savoir.

L'evasion bidon, le trafiquant...

A cause de lui, j'ai l'air d'un idiot.

Alors qu'il me laisse tranquille.

Sur le territoire metropolitain, cedez-nous la place.

Mais cette affaire a ete decouverte a l'etranger et reprise en France.

Je ne sais qu'une chose : territoire metropolitain, DST.

- Rappelez Geo Paquet. - Tres bien.

On aura eu Veslot, on n'aura pas l'ambassade.

Ni fait ni a faire. Soyons legaux.

C'est ca, colonel. "Soyons legaux."

- Au fait, je peux telephoner ? - Mais je vous en prie !

Alors...

- Pas 24 h ? - Non. Navre, colonel.

La police de contre-espionnage doit rester dans la loi.

Allo ?

- Allo ? Geo Paquet ? - Alors ?

Ben, j'ai de mauvaises nouvelles pour vous.

A la demande de M. Riard,

directeur de la DST, avec qui je suis en ce moment,

je vous annonce que vous n'etes plus dans mon service.

Mais je n'ai pas demande ca !

Je le connais. Avec lui, c'est tout ou rien. Bonsoir.

Arrestation immediate de Geo Paquet.

Ah. Enfin.

Qu'est-ce que ca veut dire ?

- Je suis dans le maquis. - Il est devenu fou, le Vieux !

Il est plus malin que jamais.

Il a loupe son coup, chez Riard. On va arreter Veslot,

et il me donne carte blanche.

- Si tu tires, t'es un droit commun. - Je dois m'en aller d'ici.

Mais tu fais du zele ! Personne ne te demande ca.

Tu te trompes, car je ne pense pas qu'a Veslot.

- A quoi tu penses ? A l'ambassade ? - Aussi. Et a toi.

Car j'ai tue Cebu ?

Avec l'affaire Veslot, je liquiderai aussi l'affaire Cebu.

Quand est-ce que je te reverrai ?

Quand toute action judiciaire sera eteinte.

Il n'a pas encore chante ?

Il ne veut rien savoir.

Va surveiller les alentours. On a les poulets sur le dos.

- "Les poulets" ? - Oui. Je t'avais prevenu, non ?

Alors, il ne veut pas parler ?

- Tu ne veux pas parler, hein ? - Je t'emmerde !

Ne gueule pas comme ca, ca va s'entendre.

Tu veux qu'il parle, mais tu le baillonnes ?

Quand il sera pret, il fera signe. Fais ce que je dis.

Enfin, Geo...

Tu vas foutre le camp et me laisser travailler ?

Ordure ! Hier, c'etait plus bas, que tu frappais.

Salaud !

Fumier !

C'est pas la lampe a souder, mais c'est aussi drole.

Salaud !

Alors ? Dis-moi ou est ton patron.

Si tu ne me le dis pas, les poulets vont l'arreter.

Allez. Raconte. Ou il est, ce matin ?

Tu dois le savoir, toi.

Hein ?

- A Saint-Honore-d'Eylau. - Tu te fous de moi ?

Je te le jure ! A l'enterrement d'un officiel.

Cebu est mort.

Vous l'avez tue ?

Et j'ai laisse son cadavre chez vous.

Et alors ?

Je suis venu vous dire que la DST etait chez vous

et qu'elle s'interessait beaucoup au cadavre de Cebu.

- C'est vous qui l'avez alertee ? - Bien entendu.

Je pourrais savoir pourquoi ?

Monsieur Veslot, c'en est fini, de votre immunite diplomatique.

La DST n'attendait qu'un pretexte pour perquisitionner chez vous.

Elle le tient.

Je porterai plainte contre X pour le meurtre de mon secretaire.

Ce meurtre ne servira a personne.

Vous oubliez le dossier atomique que je vous ai apporte.

Vous me prenez pour qui ? Je ne l'ai plus.

Vous etes trop sur de vous.

Avant de partir, j'ai laisse la moitie du dossier en evidence.

Je suis certain que vous serez inculpe d'espionnage.

- Eh bien, j'irai en prison. - C'est probable.

Ce sont les orgues, qui vous attendrissent ?

Vous m'avez avoue spontanement ce que je vous ai demande

avec tant d'insistance.

Aujourd'hui, je travaille pour mon compte.

Et en quoi consiste votre travail ?

A avoir votre peau.

Requiem pour un espion.

Si vous sortez vivant de cette eglise,

si la DST vous arrete avant que j'aie pu vous descendre,

a Fresnes, Clairvaux ou la Sante, n'importe ou, le gardien,

toujours un de mes hommes, vous executera.

Et si je n'allais pas en prison...?

Si vous prenez une voiture, regardez qui la conduit.

Dans la rue, mefiez-vous des gens qui vous entourent.

Partout, quoi que vous fassiez, mefiez-vous.

Maintenant, vous etes perdu.

- Bonjour, M. Louis. - Salut.

- Bonjour, Mariette. Ca va ? - Oui.

- Donnez-moi des jetons. - Vos amis sont au billard.

- Ils se tiennent bien ? - Oui.

- Une rencontre amicale ? - Oui. Ca va ?

Vous avez vu le patron ?

Les questions, c'est moi qui les pose.

Maintenant, on va continuer tous les deux.

C'est pas la peine. Il a des choses a nous dire.

Ah ? Tu es devenu raisonnable ?

Mais... je suis toujours raisonnable.

Votre copain Berthier m'a affranchi.

- Vous tenez le manche, alors... - "Alors..." ?

Alors, moi, je suis pas marie ni avec Veslot ni avec l'ambassade.

Tu es marie avec le pognon.

- J'y arrive. - Ah.

Dites donc. A votre avis,

ca va chercher combien, le numero de telephone de l'ambassade ?

Baudrel, Mauricet...

complicite de meurtres,

vingt ans sans sursis.

Bon. Alors je vous file le numero, et...

- "Et..." ? - Vous m'avez le sursis.

- Il n'y a pas un pourboire ? - Je t'apporterai des oranges.

- Je les aime pas. - Ah bon ?

De toute facon, t'as pas le choix. Allez, hop !

- Allo ? Le poste Esso ? - Un instant.

Qui est-ce ? Le grand patron ?

- Pourquoi pas l'ambassadeur ? - Qui est-ce, alors ?

Un intermediaire, l'acheteur, un nomme "Pallos".

Je n'aimerais pas m'appeler "Pallos", aujourd'hui.

- Allo ? Le poste Esso ? - Oui.

Je vous telephone au sujet de la Buick.

- Vous l'avez vendue ? - Non.

Le contact ?

Alors repete apres moi.

Il faut rediger l'acte de vente le plus tot possible.

"Il faut rediger l'acte de vente au plus tot.

"Le proprietaire de la Buick a un deuil dans sa famille.

"Il est oblige de partir pour l'etranger.

"Il attend de vos nouvelles. Il est tres affecte.

"Il est dans l'impossibilite de se deplacer."

Je repete : "Il part pour l'etranger. Il attend de vos nouvelles.

"Je vous rappelle, si vous etes d'accord.

"Je vous donnerai le lieu du rendez-vous."

Monsieur Smolen, je voudrais vous voir tout de suite.

Venez.

Ce n'est pas dans les journaux ?

Qu'est-ce qui n'est pas dans les journaux, monsieur Pallos ?

On vient de telephoner.

- La Buick ? - Oui.

- Veslot va etre arrete. - Pas de nom, monsieur Pallos.

Vous perdez la tete ?

- On n'a rien dit d'autre ? - Si.

Le proprietaire de la Buick... desire se rendre a l'etranger.

Oui. En effet.

Cette personne a parfaitement raison.

Supposez qu'elle ait des ennuis, cela semble probable,

que cette personne soit amenee a citer des temoins,

par exemple,

qu'elle cite votre nom a vous, monsieur Pallos.

Vous vous rendez compte ?

Qu'allons-nous faire ?

Vous avez raison. Il faut l'emmener chez nous.

Enfin, chez vous, M. le conseiller, de l'autre cote de la frontiere.

Votre attache a un petit avion a Toussus-le-Noble ?

Il l'a, monsieur Smolen.

Il n'est ni a Neuilly, ni au Grand Daim.

- Isoline n'a pas une garconniere ? - Non, mais M. Leon en a une.

Alors tu attends quoi ?

- Que tu me le dises. - Vas-y.

Tu as deja l'indulgence du jury.

- Allo ? - Oui ?

C'est l'acheteur, pour la Buick. J'ai eu le poste Esso.

- Ca va. C'est use. - Ils sont au courant.

La voiture ne les interesse plus. C'est l'avion, qu'il leur faut.

Nous aussi, on est presses.

- Tu transmets ? - Oui. Il est avec moi.

Si l'affaire vous interesse, le rendez-vous est a 15 h,

28 impasse Dantzig.

- Il y aura du monde ? - Non. Juste l'acheteur.

Tu dis "15 h, 28 impasse Dantzig" ?

Exactement.

- C'est quoi, ce lieu ? - Ne t'occupe pas.

Appelle les autres, maintenant. Allez.

Garage Esso, premiere.

Oui. 15 h, 28 impasse Dantzig.

On vous attendra.

Vous n'avez qu'a aller au Dantzig. C'est le bistrot en face.

Le type qui vous conduira portera un...

un pardessus gris et un petit chapeau vert

genre tyrolien.

Entendu. Nous y serons.

- Le chapeau tyrolien, c'est moi ? - Qui veux-tu que ce soit ?

C'est de la folie. Moi, je ne marche pas.

- C'est un metier a risques. - La, c'est une certitude.

Mais non. Rassure-toi. J'ai bien monte ma mecanique.

Appelle le Vieux,

qu'il ait le signal rouge a Toussus et que l'ambassade le sache.

"Le signal" ?

Interdiction a tout avion de decoller, quel qu'il soit.

Et alors...?

Alors les comptes vont se regler en famille.

Enfin, si j'ose dire.

Je viens d'avoir une idee, monsieur Pallos.

Nous ne pouvons laisser notre ami partir dans ce pays etranger.

Il faudrait que quelqu'un l'accompagne,

quelqu'un ayant toute ma confiance.

En effet.

Voyez-vous, monsieur Pallos,

les Francais ont perdu le sens du romanesque.

Autrefois, dans ce cas,

cet homme se serait brule la cervelle.

C'est joli, "se bruler la cervelle".

C'est tres joli.

C'est une image.

Vous-meme, je suis sur, dans un tel cas...

Le signal rouge est mis, a Toussus.

Aucun avion ne peut partir de Toussus-le-Noble.

Le signal rouge est mis.

Vous avez juste le temps de vous preparer

pour etre a 15 h la-bas, a ce bistrot, au Dantzig.

Nous remplacerons l'avion par autre chose, monsieur Pallos.

Bon voyage, monsieur Pallos.

Le Dantzig. Impasse Dantzig.

Surtout, prends tes bijoux. On part en voyage.

Et pour longtemps.

- C'est si grave que ca ? - Et comment !

- Le Vieux... - Ben, quoi ?

Je devais l'inviter.

Ah. Ca va etre a toi de jouer. Ca doit etre ton client.

Rassure-toi. Ils ne tireront pas sur toi.

- Ils ont mieux a faire avant. - Et apres ?

Tu te debrouilles. Allez.

Un marc double, dans un grand verre.

Je vais te faire plaisir, tu vas m'attendre dans la cave.

- Vous n'auriez pas un tire-bouchon ? - "Un tire-bouchon..."

Eh ben, il est l'heure.

Allons-y.

- Ah ! Te voila, quand meme. - Il faut le temps.

Ah. C'est malin.

C'est malin.

Un type de votre valeur, reussir un coup pareil

et risquer votre peau pour sauver quoi ?

Les poules de gangsters, c'est davantage de votre age.

D'Artagnan, hein ? Vieille galanterie francaise.

Mais ce n'etait pas leur complice, c'etait leur passe-temps.

Toute action judiciaire eteinte.

Vous avez eu Veslot, le tueur, l'acheteur...

Vous avez ecoeure l'ambassade.

Allez. Disparaissez pour quelque temps.

Et... par l'escalier de service ? Parfait.

Pardon.

J'attends quelques amis : Riard, Blavet, la DST.

- Ca va les enerver, vous savez. - Oh oui.

Et puis, mon colonel, vous aussi, je commence a vous avoir assez vu.

Le gorille vous salue bien.

Decidement, je m'y ferai jamais.

On rentre a la maison ? Allez, viens.

Adaptation : Tinh-di Tang pour ECLAIR

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.