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"... les remboursements r�duisaient la dette totale.
"Au cours d'un voyage d'exploration en Afrique, un petit avion priv�
"transportant l'illustre botaniste anglais, le Pr C. Decker,
"s'est enflamm� et s'est �cras� au c�ur de la jungle.
"Cet accident a eu lieu il y a une semaine.
"Hier, des messagers indig�nes ont rapport� l'accident
"� l'antenne la plus proche qui nous a transmis l'information,
"mais depuis, on n'a trouv� aucune trace du professeur ni du pilote.
"On craint que les deux hommes aient p�ri dans l'incendie."
INFOS - RETOUR DU PR DECKER
Le Pr Decker a v�cu un an dans la jungle apr�s l'�crasement.
Lisez tous les d�tails. Le retour du Pr Decker, un scientifique c�l�bre.
Le Pr Decker, rescap� de l'accident... Merci.
Merci, monsieur.
Votre attention, s'il vous pla�t. M. Richard Banks, passager pour Rome,
- Le voil�. - ... est pri� de se rendre au comptoir TWA.
- Bienvenue, Pr Decker. - Voulez-vous vous asseoir ?
Pouvez-vous r�pondre � quelques questions ?
Bien s�r.
Vous �tiez port� disparu depuis un an.
Comment avez-vous r�ussi � survivre � l'accident
et � rester en vie en Ouganda ?
Tout d'abord, j'ai saut� juste � temps.
J'ai atterri � quelques m�tres de l'�pave de l'avion,
puis j'ai ramp� jusqu'au village o� les indig�nes m'ont soign�.
Heureusement, ces indig�nes, parents �loign�s de la tribu bantoue,
ont �t� tr�s accueillants.
- Ils vous ont fait prisonnier ? - Pas vraiment.
Au d�but, j'�tais consid�r� comme une curiosit�,
mais ensuite, nous nous sommes habitu�s
et ils m'ont aid� pour mon retour.
�videmment, sans leur aide, je n'aurais pas pu rentrer.
Donc vous avez mis un an pour revenir � la civilisation ?
Enfin, ce que vous appelez la civilisation.
Je parle de Londres.
Oui, j'aurais pu rentrer plus t�t. Mais pourquoi se pr�cipiter ?
En tant que botaniste, je n'ai pu r�sister � la tentation
d'�tudier cette situation particuli�re.
Comment �a, particuli�re ?
J'ai d�couvert des esp�ces animales � la croissance ph�nom�nale.
Bien entendu, ces sp�cimens m'ont fascin�.
Cela transforma l'accident en �v�nement heureux.
O� aurais-je pu avoir la chance d'�tudier de tels sp�cimens
de plantes insectivores, sinon l� ?
Quelles sont ces plantes ?
Des plantes aux caract�ristiques animales.
Elles vivent en d�vorant des insectes et des oisillons.
L'air, le soleil et l'eau ne leur suffisent pas.
Si j'arrive � prouver ce qu'elles m'ont enseign�,
il faudra d�chirer pas mal de manuels.
Que voulez-vous dire ?
Je suis sur le point d'�tablir un lien
entre ce qui pousse dans la terre et la vie animale.
En fait, en retournant � l'universit� d'Essex,
j'en ferai le sujet de mon premier cours.
Pr Decker, avez-vous fait d'autres d�couvertes surprenantes ?
C'est possible.
Mais je pr�f�re encore ne rien d�voiler.
Qu'est-il arriv� au pilote ?
Apr�s avoir saut�, j'ai pens� qu'il m'aurait suivi.
L'avion a d� perdre de l'altitude trop rapidement.
Le pilote a �t� tu�.
Pr Decker, vous ne nous avez pas pr�sent� votre animal.
- Vous parlez de Konga ? - Je vois que vous l'avez d�j� baptis�.
En effet. Il a un nom et il tient une grande place dans mon c�ur.
Konga m'a aid� � trouver le chemin du village.
Nous nous sommes attach�s l'un � l'autre. Je ne pouvais pas le laisser l�-bas.
Si vous permettez, le voyage a �t� long et l'ann�e difficile.
Je suis �puis�, j'aimerais rentrer chez moi.
- Une derni�re question, professeur. - Oui ?
Avez-vous l'intention d'�crire un livre sur vos aventures ?
Ce qui m'est arriv� n'est pas tr�s important.
Si mes d�couvertes peuvent faire progresser la science,
alors j'en �crirai un.
- Bonne chance, monsieur. - Merci.
Et merci, professeur.
Margaret, je suis heureux d'�tre de retour.
La nourriture, le confort, la chaleur,
mes ouvrages de r�f�rence, le laboratoire...
Tu n'as pas dit que tu �tais heureux de me retrouver.
Bien s�r que j'en suis heureux.
Tu es ma secr�taire, ma gouvernante, mon assistante, ma confidente,
et le plus important : une bonne amie.
Je re�ois un brin de r�confort par-ci par-l�,
mais seulement si je te le demande.
Charles, tu devrais savoir que consid�rer une femme comme une bonne amie
est presque une insulte.
Margaret,
les sentiments ont peu de place dans la vie d'un scientifique.
Quand tu le veux, tu es charmant, surtout avec les �trangers.
De l'adaptation protectrice.
Peu importe, tu peux me montrer plus d'affection.
J'ai continu� tes exp�riences pendant ton absence.
Je le savais : je peux compter sur toi.
Je savais que tu �tais vivant, avant m�me d'avoir de tes nouvelles.
Je me suis occup�e de tes affaires toute une ann�e.
Je t'en suis reconnaissant.
Pourtant, que fais-tu � peine arriv� ?
Tu te pr�occupes de ce petit chimpanz� que tu as ramen�.
Et quelle sollicitude !
Dans ta derni�re lettre, aucune phrase me concernant,
mais des instructions pour faire construire une vaste cage.
Tu devrais comprendre qu'�crire une lettre dans la jungle est une vraie corv�e.
� peine arriv�, tu demandes � inspecter sa cage.
Est-elle assez solide, assez grande, assez chaude ?
Tu ne m'as pas demand� comment j'allais, comment j'avais fait.
La priorit�, c'�tait Konga.
Tu ne vas pas �tre jalouse d'un petit chimpanz� ?
Tu t'en occupes comme si du sang royal coulait dans ses veines.
C'est vrai.
Ce petit chimpanz� est le premier d'une longue lign�e de rois,
les rois de la Terre.
- Qu'est-ce que �a signifie ? - Ce que je viens de dire.
Gr�ce � Konga, je ne dominerai pas seulement une partie de la Terre,
je montrerai aussi une nouvelle voie en science.
Ce petit chimpanz� deviendra le premier lien
dans l'�volution moderne entre la vie v�g�tale et la vie animale.
Charles, mais que racontes-tu ?
Ce sont les r�percussions de ton absence prolong�e.
Non, ce n'est pas �a.
D'apr�s toi, pourquoi ai-je endur� toutes ces souffrances ?
C'est parce que j'ai trouv� un moyen d'atteindre mon but.
Je m'attends � ce que les autres soient sceptiques, voire moqueurs,
mais pas toi. Tu as travaill� avec moi toutes ces ann�es sur mes exp�riences,
tu as partag� mes r�ves...
Charles, je ne me moquais pas, mais...
- Mais ce que tu dis est surprenant. - La nouveaut� est surprenante.
J'essaierai de garder un esprit ouvert.
Mais j'aimerais que tu me dises ce que tu as en t�te, ce que tu comptes faire.
�a me para�t juste. Nous pouvons commencer maintenant.
Viens, aide-moi. D�racinons ces fleurs.
Charles, tu es impitoyable.
J'en ai fini avec elles. Elles ne servent plus � rien.
J'ai termin� mon article sur l'habitat naturel de la flore il y a longtemps.
J'ai entretenu ces fleurs avec soin.
Les d�corations ne nous int�ressent plus.
De plus, j'ai besoin de beaucoup de terre pour les nouvelles plantes d'Ouganda.
Ouvre le sac.
Tu aurais pu couper les fleurs et les envoyer � un h�pital.
Pour �gayer la vie des malades.
Gentil, mais idiot.
Apr�s leur d�sint�gration, elles serviront de compost pour nourrir les plantes.
Augmente la temp�rature.
- Il fait 22 �C. - Il faut passer � 32 �C.
Je dois reproduire le climat de la jungle. Humidit�, moiteur et chaleur.
- Elles mettront du temps � pousser, non ? - Non, elles grandiront vite.
Voil� pourquoi ces plantes sont uniques.
La magie du temps et de la nature a d�j� fait son effet.
Elles poussent vite. Et je suis capable de transf�rer cette propri�t� �tonnante.
La structure est tr�s �trange. Je n'en ai jamais vu de semblable.
Ici, personne n'en a jamais vu.
Le sorcier africain qui me les a fait d�couvrir
m'a expliqu� une partie de leurs propri�t�s �tonnantes.
- Qui sont ? - Humaines.
Quoi ?
Humaines. Les extraits de ces plantes
pourraient bien �tre le lien entre la vie v�g�tale et la vie animale.
Et les extraits de ces feuilles, une fois arriv�es � maturit�,
poss�deront des propri�t�s humaines si on les injecte dans le sang.
Je n'arrive pas � saisir ce que tu veux faire.
Je sais que tu es s�rieux, mais tu devrais te reposer, non ?
- Es-tu fatigu�e ? - Pas seulement fatigu�e.
Je n'arrive pas � respirer. Je ne supporte pas cette chaleur.
Je vais m'�vanouir. Je dois aller prendre l'air.
Tu as raison, Margaret, nous continuerons demain.
Nous avons besoin d'un peu de repos.
- Je t'ai pr�par� du th�, mon cher. - Merci, Margaret. Tu peux le poser.
Tu vois ces racines ? Elles pr�sentent d'�tonnantes propri�t�s.
Mon ami le sorcier africain m'a montr� comment les utiliser
pour stimuler la croissance des animaux ch�tifs.
Pas �tonnant qu'on le consid�re comme un faiseur de miracles.
Ce vieil homme devait �tre tr�s sage.
�a, il me l'a prouv�.
Ne te m�prends pas sur le terme "primitif" employ� pour de soi-disant sorciers.
Il savait des choses qui m'ont fait passer pour un attard�.
J'�tais fascin� par les rem�des qu'il employait
et par sa fa�on de dominer ses patients.
"De dominer" ?
Il ne m'a rien dit, mais je crois qu'il mettait des graines dans ses cataplasmes
qui les rendaient ob�issants, presque asservis.
Il �tait la loi m�me.
J'ai rajout� quelques-unes de ces graines au m�lange.
Elles viennent d'une fleur tr�s rare.
Quel imb�cile, je jacasse comme une pie au lieu de surveiller le feu.
Regarde, m�me Tabby est intrigu� par ton exp�rience.
Comment est-il entr� ? Tu n'as pas ferm� la porte ?
C'est une honte, tu as d�laiss� Tabby.
Charles ? Que cherches-tu ?
Qu'est-ce qui te prend, Charles ? Es-tu devenu fou ?
Idiote, tu penses que je veux rater ma plus grande exp�rience
� cause d'un chat ?
Ces quelques gouttes auraient suffi � faire grandir d�mesur�ment Tabby.
On n'est pas encore pr�ts � laisser un chat de la taille d'un l�opard se balader dehors.
De plus, Konga est le sujet de mon �tude.
Il faudra l'enterrer dans le jardin ce soir.
Tout se d�veloppe � merveille.
Elles ont d�j� atteint leur maturit� en une semaine.
Charles, c'est incroyable.
Regarde comme elles d�vorent ces morceaux de viande.
Ces plantes carnivores sont tr�s bien �labor�es.
Leurs longues tiges s�cr�tent une enzyme acide qui dig�re presque tout.
Passe-moi le s�cateur, Margaret.
Certaines feuilles sont pr�tes � �tre utilis�es maintenant.
Retournons au laboratoire.
Ouvre la cage.
Bonjour, Konga.
Enl�ve-lui son collier et tiens-le.
Allez, Konga. Tu sais bien que je ne te veux aucun mal.
Tu es un bon gar�on.
Dans quelques instants, le s�rum commencera � faire effet.
�a marche. �a marche !
Je n'arrive pas � y croire,
mais je l'ai vu de mes propres yeux. D�sol�e d'avoir dout� de toi.
Maintenant, je comprends tout. M�me pourquoi tu y es rest� pendant un an.
Ce que tu as fait �tonnera le monde entier.
Dans le village o� je suis rest�, les indig�nes �taient tr�s sympathiques.
Ils �taient membres de l'ethnie bantoue.
Dans ce village en particulier, ils s'appelaient les Bugandas.
Les Bugandas sont de taille moyenne,
ils ne se mutilent pas, ne font pas de scarifications corporelles,
ils aiment porter des bijoux et des troph�es
qu'ils ont pris aux animaux qu'ils ont tu�s.
Ils adorent fabriquer de nombreux bibelots,
comme ce solide plat de nacre,
et faire de magnifiques sculptures en bois aux formes tr�s �labor�es.
Leur nourriture de base est compos�e de bananes vertes
cuites � la vapeur, mang�es chaudes avec des haricots et des patates douces.
Les Bugandas sont tr�s pudiques
et leurs femmes sont toujours habill�es en public.
Ils adorent danser, et ont des danses rituelles presque chaque jour
pour f�ter une naissance, une mort, tout et n'importe quoi.
Ici nous voyons un serpent domestique
appartenant � l'un de leurs jeunes sorciers
qui s'appelle Masabba.
- Lee, Bob, Steven, ouvrez les stores. - Oui, monsieur.
Vous venez de voir certaines merveilles de la jungle
que j'ai r�ussi � filmer.
Ce fut un v�ritable coup de chance de pouvoir sauver ma cam�ra
et de l'�quipement en sautant de l'avion.
Demain, nous parlerons des hormones v�g�tales.
Nous �tudierons les facteurs environnementaux,
tels que la lumi�re, la temp�rature, le sol, l'irrigation,
et nous verrons que les plantes sont nos meilleures amies.
Car sans elles, nous ne pourrions pas survivre.
Le cours est fini.
Sandra, allons boire un caf�.
Vas-y, Bob, je te verrai plus tard. J'ai promis d'aider le Pr Decker.
Sandra, je suis content que tu veuilles m'aider pour les diagrammes.
Vous savez que j'adore travailler avec vous, Pr Decker.
Cela ne concerne pas les cours,
- mais c'est incroyable comme tu as grandi. - Vous �tes parti un an.
C'est vrai. Je devrais comprendre la croissance, surtout moi.
Mais chez toi, ce n'est pas tout.
Tu as m�ri, Sandra, et tu es devenue tr�s jolie.
Merci, Pr Decker.
Tu dois attirer l'attention des autres.
J'ai pu le constater en cours.
En fait, je dirais qu'en ce moment m�me, Bob se languit de toi.
Il devra s'y habituer. Je ne prends pas ses attentions au s�rieux.
Je compte �tudier la chimie et la physique apr�s votre cours.
- Mes �tudes seront ma priorit�. - Je l'esp�re bien, Sandra.
Tu as ce qu'il faut pour devenir une bonne scientifique.
J'aimerais te guider dans ton �volution.
Il y aura des exp�riences parascolaires.
Et si tu as le temps, j'aurais besoin d'une bonne assistante ici.
J'aimerais me porter volontaire, je veux vous aider.
Surtout avec ces nouvelles d�couvertes mentionn�es en cours.
Quand vous en avez parl�, professeur, votre regard m'a enivr�.
�a a rendu les sciences tr�s int�ressantes.
C'est tr�s passionnant, en effet.
Mes exp�riences vont changer le monde.
Bonjour, Pr Decker.
Bonjour, Mlle Barnesdell. Veuillez m'annoncer au doyen, M. Foster.
Bien s�r. Il vous attend.
Le Pr Decker est l�, monsieur.
D'accord. Veuillez me suivre.
Vous vouliez me parler, M. le doyen ?
Oui, Charles. Ne le prenez pas mal. Ce n'est pas vraiment un bl�me.
Mais je, enfin, l'universit�,
subit les r�percussions de l'entrevue que vous avez accord�e.
- Celle du journal ? - Exactement.
Je parle de l'entrevue accord�e � l'Evening Standard.
Je n'ai fait que r�pondre � quelques questions.
Quels propos ont caus� tant d'ennuis ?
Vous mentionniez le projet d'�tablir un lien plus �troit dans l'�volution
entre la vie v�g�tale et les humains.
Ah, �a.
Qu'un particulier affirme des choses extravagantes, c'est diff�rent,
mais quand on repr�sente une institution...
Autrement dit, cela ne vous d�range pas que je me rende ridicule,
tant que je ne souille pas le nom sacr� de l'universit�.
Puisque vous le dites ainsi, oui.
- Et si la situation �tait invers�e ? - Je ne vous suis pas.
Et si mes exp�riences et d�couvertes couvraient l'universit� de gloire ?
Vos affirmations ne sont pas s�rieuses, j'esp�re.
Si.
Quand j'aurai termin� mon exp�rience, parascolaire bien s�r,
sur la mutation dirig�e,
je d�tiendrai la preuve que je peux injecter l'essence des cellules v�g�tales
dans le syst�me sanguin animal.
Je serai ensuite capable de changer la forme des �tres humains !
Arr�tez, Charles, vous �tes fou ! Ne dites plus jamais �a !
La jungle, les souffrances, la privation, l'isolement,
tout �a vous a perturb� temporairement !
Nous n'aurions pas d� vous faire travailler aussi vite apr�s cette rude �preuve.
Vous avez besoin de vous reposer. Longtemps.
Demain, en r�union universitaire, je le proposerai,
en toute discr�tion, �videmment.
Pas de repos. Je veux continuer mon travail.
Vous m'ob�irez, sinon...
M. le doyen, rien ne pourra m'en emp�cher.
Les pionniers sont toujours ridiculis�s, voire intern�s.
La salle de cours est un lieu s�r, voil� pourquoi vous ne voulez rien changer.
Mais j'ai risqu� ma vie pour apprendre quelque chose.
Je connais la v�rit�, car je l'ai v�cue !
Et personne ne m'emp�chera de la livrer au monde entier !
Tant que je serai doyen de cette universit�, vous m'ob�irez !
Konga, tu l'as apport� ! C'est magnifique !
Tu as m�rit� une r�compense. Tiens, une banane.
Konga.
Je vois que vous �tes devenus amis.
Je lui ai dit de monter me chercher du th� et il l'a fait.
Il est adorable. Sa fa�on de r�agir est tellement humaine.
Descends ! C'est bien.
- As-tu not� toutes les mesures ? - Oui, elles sont sur le graphique.
A-t-il grandi proportionnellement ?
C'est un vrai miracle, mais oui. Tout correspond.
Tu es en s�re ? Je ne veux pas d'erreurs dans ces notes.
Oui, j'en suis s�re. Les chiffres sont exacts.
Je sais que tu n'aimes pas qu'on se m�le de tes affaires,
mais on dirait que quelque chose te perturbe.
Dis-moi ce qui t'inqui�te.
Ce n'est rien.
Il doit bien y avoir quelque chose, c'est �vident.
Puisque tu veux le savoir, j'ai eu un bel exemple de stupidit� cet apr�s-midi,
qui aurait mis tout le monde en col�re. Par miracle, je n'ai pas explos�.
Le rendez-vous avec le doyen.
C'est insens�, il m'a pass� un savon
� cause de l'entrevue accord�e au journal.
Il m'a parl� comme un proviseur trop z�l�,
comme si j'�tais un jeune d�butant qui s'�tait ridiculis� en public.
Ils n'aiment pas que les journaux parlent d'un seul individu.
Je ne veux pas �tre le seul sous les projecteurs.
Je partagerais volontiers le m�rite avec l'universit�.
L'as-tu dit au doyen ?
�videmment, mais �a n'a rien chang�.
Il s'est montr� encore plus z�l�, plus autoritaire.
Il s'est m�me moqu� de moi. Il me croit fou.
C'est compr�hensible. Apr�s tout, je pensais la m�me chose avant que...
Enfin, si tu pouvais lui en fournir la preuve...
Non, sa d�cision est prise.
En fait, il envisage m�me de m'�carter
pour m'emp�cher d'accomplir ma grande oeuvre,
mais avant qu'il n'y parvienne, je ferai de mon mieux pour le convaincre.
Margaret, le nouveau s�rum est pr�t.
Attends ! C'est encore trop t�t, non ?
Non, il est temps. Donne-moi la cl� de la cage.
Va-t'en, s'il te pla�t. Je veux �tre seul avec Konga.
Viens, mon gar�on.
Couche-toi.
Konga, �coute-moi bien.
C'est bien, regarde-moi.
Apr�s tout, nous nous connaissons mieux que les autres ne le pensent.
Regarde cette lumi�re. Elle t'aidera � te concentrer.
Retiens chacun de mes mots.
Je suis ton ma�tre et tu dois m'ob�ir.
Rappelle-toi ce qui s'est pass� dans la jungle quand tu �tais petit.
Beaucoup de choses t'effrayaient avant que je ne te domine.
� pr�sent, tu n'as plus peur de rien.
Ni des hommes, ni des animaux, et ceci, tant que tu m'ob�iras.
Je t'ai transform� en g�ant � la force prodigieuse.
Je t'ai donn� des bras tr�s forts. En un seul coup,
tu peux briser un cou ou fendre un cr�ne.
C'est ce que tu feras quand je te l'ordonnerai.
Ce soir, je te ferai subir ton premier test d'ob�issance.
Tu ne me d�cevras pas, car tu sais que je prendrai toujours soin de toi,
que je te prot�gerai
et que je te ram�nerai � la maison.
Margaret, descends !
C'est incroyable.
Mais je l'ai fait. J'ai r�ussi.
Charles, c'est stup�fiant.
Ce soir, je vais faire subir � Konga son premier test d'ob�issance.
MEURTRE D'UN DOYEN Tu� dans son bureau
Un doyen est tu� par un myst�rieux assassin. Tu� dans son bureau.
Achetez le Standard ! L'Evening Standard !
Un doyen d'universit� tu� par un myst�rieux assassin.
Tu� dans son bureau.
- Quelles sont les conclusions ? - Son cou a �t� bris�, monsieur.
La septi�me vert�bre cervicale cass�e et la clavicule �cras�e.
Quelle arme aurait �t� utilis�e ?
C'est le probl�me, monsieur. L'arme devait �tre un bras.
Un bras assez fort pour pouvoir arracher sa t�te.
Quel genre de bras ?
S�rement pas un bras d'humain.
Le labo a retrouv� des poils noirs derri�re le cou du doyen Foster.
Les poils d'un animal.
- Donc ce serait l'oeuvre d'un animal ? - C'est la seule conclusion possible.
Comment un animal peut-il arpenter les rues sans �tre vu ?
Nous avons interrog� le zoo, des dompteurs d'animaux et un cirque,
mais aucune disparition n'a �t� mentionn�e.
Cela semble fou, mais le doyen Foster a �t� tu�
par un animal en libert� tr�s fort, rus� et impitoyable.
- Tu as vu les gros titres ? - Non, je n'ai pas eu le temps.
"La police cherche le meurtrier du doyen."
Je le savais. Les cours ont �t� annul�s.
LA POLlCE CHERCHE LE MEURTRlER
"La police cherche le meurtrier du doyen."
Tout le monde a �t� choqu� � l'universit�. Les �tudiants et les professeurs.
Oui. Tout le monde sauf toi.
Que veux-tu dire ?
Charles, ce n'est pas la peine de jouer l'innocent avec moi.
Arr�te de parler par �nigmes. Que veux-tu dire ?
Tu as tu� le doyen Foster.
Balivernes. Je n'�tais pas chez lui quand c'est arriv�.
Quelle diff�rence ? Cesse de pinailler sur des d�tails !
Tu n'�tais pas chez lui, mais tu l'as fait.
C'est du pareil au m�me, tu as tu� le doyen !
- Cesse de crier, imb�cile ! - Je ne criais pas.
M�me chuchot�, �a aurait retenti dans tes oreilles, car tu sais que c'est vrai.
Tr�s bien, nous avons tu� le doyen Foster.
Que vas-tu faire ?
Que puis-je faire ?
Au fond de mon c�ur,
je t'ai accept� pour le meilleur et pour le pire.
Je n'aurais jamais cru que tu puisses tuer.
Tu savais que je devais le faire t�t ou tard.
J'aurais �t� oblig� de tuer quelqu'un avec Konga.
Pour prouver que j'ai raison. Pour que mon exp�rience r�ussisse.
- Pourquoi avoir choisi le doyen Foster ? - Quelle diff�rence �a fait ?
Lapins, chiens, souris, on en trouve dans des milliers de laboratoires,
chaque carcasse �tant une importante contribution pour trouver la v�rit�.
- Ce n'�tait pas un lapin ou un cobaye... - Je devais faire un test.
Pour savoir si la facult� d'ob�ir � ma volont�
pouvait �tre transmise par le s�rum.
J'aurais pu choisir une femme de m�nage ou une prostitu�e.
Mais Foster repr�sentait une menace pour mon travail.
Ainsi, pour ces deux raisons, il devait �tre liquid�.
- Pauvre Foster. - C'est regrettable.
Mais scientifiquement, un �tre humain ne compte pas.
Charles ! R�fl�chis � ce que tu dis.
Analyse tes actions. Tu es inhumain.
Je ne le serai pas avec toi.
Comment en �tre s�re ?
T'ai-je d�j� donn� une raison de douter ?
Je ne parle pas du pass�.
Mais du pr�sent et de l'avenir. Je dois en �tre s�re.
Donc c'est ton prix pour garder le silence ?
Si tu le dis comme �a.
Je vais te prouver que je peux �tre plus g�n�reux que toi.
En fait, je n'ai pas besoin de te faire de promesses, ni de concessions.
Imaginons que tu le dises. Qu'en penserait la police ?
Tu as assist� � toutes mes exp�riences, tu as particip� � tout ce que j'ai fait.
Y compris le meurtre.
Mais je suis pr�t � oublier �a.
Dis-moi ce que tu veux, et tu l'auras.
Je veux que tu m'�pouses.
- T'�pouser ? - Oui.
J'en ai marre de vivre et de travailler dans ton ombre.
J'en ai assez de cette vie clandestine.
Faire semblant de n'�tre que ta gouvernante, secr�taire et assistante.
J'en ai marre de ces regards d�daigneux lors de nos rares sorties ensemble.
Des chuchotements et des comm�rages.
Marre de ne pas pouvoir tout partager ouvertement avec toi.
Ma vie sera peut-�tre mauvaise et ternie, mais au moins une chose sera claire.
Je serai Mme Charles Decker.
Tu le seras bient�t.
- Charles. - D'un c�t�, c'est une bonne d�cision.
� pr�sent, je n'aurai plus besoin de te cacher des choses.
Je pourrai tout te dire et tu feras ton possible pour m'aider.
Oui, c'est vrai.
- Mais jusqu'au mariage... - Quand aura-t-il lieu ?
� la fin du trimestre universitaire. Nous pourrons partir en voyage de noces.
- C'est magnifique. - Mais jusqu'au mariage, pas un mot.
Il ne doit y avoir aucun changement.
Aux yeux des autres, tu es toujours ma gouvernante, secr�taire et assistante.
Comme tu voudras, Charles.
- On �touffe ici. - Je te rejoins dans le laboratoire.
Mlle Barnesdell, ce qui vient d'arriver a d� vous bouleverser.
C'�tait atroce. Je n'arrive pas � m'en remettre.
- Je suis s�r que vous nous aiderez. - �videmment.
Nous aimerions vous poser d'autres questions.
Demandez-moi ce que vous voulez.
Depuis quand �tiez-vous la secr�taire du doyen ?
Depuis presque 20 ans.
J'ai d'abord �t� dactylo, puis j'ai �t� promue secr�taire particuli�re.
Le doyen me confiait tout.
Nous le savons. C'est pourquoi vous �tes ici.
R�fl�chissez bien : le doyen Foster avait-il des ennemis ?
Pas que je sache.
Il �tait appr�ci� et respect� de tous.
Il �tait doux, attentionn� envers les autres
et il ne s'�nervait jamais.
Cependant, l'apr�s-midi o� le Pr Decker �tait avec lui,
vous avez entendu une dispute ?
En effet. Voil� pourquoi je m'en suis souvenue.
J'�tais tr�s �tonn�e.
- Avez-vous entendu ce qu'ils disaient ? - Malheureusement, non.
Mais ils parlaient fort et �taient en col�re.
Le doyen a-t-il fait un commentaire apr�s sa r�union avec le Pr Decker ?
Non.
Il disait vouloir �crire le brouillon d'une recommandation � la main
qu'il me dicterait le lendemain matin.
Je voulais rester plus tard,
mais il m'a dit de rentrer
et c'est la derni�re fois que je l'ai vu.
Merci beaucoup, Mlle Barnesdell. Ce sera tout.
- Veuillez entrer, Pr Decker. - Merci.
Bonjour, Mlle Barnesdell.
La pauvre. Elle semble boulevers�e.
Vous connaissez les vieilles filles.
Le doyen et son d�vouement � lui �taient toute sa vie.
Pr Decker, pardonnez-nous d'abuser de votre temps.
Ce n'est rien. Je ferai tout mon possible pour vous aider.
Nous savons que vous �tiez avec le doyen dans l'apr�s-midi
du jour de son meurtre.
Exact. Nous avons eu un entretien apr�s mon cours.
� quel sujet ?
Le sujet risque de vous ennuyer.
Disons que nous avions une discussion scientifique.
Nous ne sommes pas experts en botanique, mais nous tenterons de comprendre.
C'�tait � quel sujet ? L'entretien.
Les plantes insectivores.
C'est-�-dire des plantes d�voreuses d'insectes ?
Exactement. Comme la Dionaea muscipula. Une plante extraordinaire.
L'ann�e o� j'�tais perdu dans la jungle,
j'ai pu �tudier quelques esp�ces remarquables et tr�s rares
qui n'existent nulle part ailleurs.
Vous en avez donc parl� au doyen Foster ?
Oui.
Cette discussion l'a-t-elle mise en col�re ?
Non.
- Vous �tes-vous disput� avec lui ? - Pas du tout.
Pourquoi nous serions-nous disput�s ?
Au cours de la discussion, nous avons eu quelques points de discorde.
� quel sujet ?
J'expliquais qu'il me fallait un tableau noir et un laboratoire.
Pas besoin d'entrer dans les d�tails, mais nous aimerions savoir une chose :
vous affirmez que votre dispute avec le doyen n'avait rien de personnel ?
Bien s�r que non.
J'avais le plus grand respect pour le doyen, et je pense que c'�tait r�ciproque.
Messieurs, je ne sais pas si vous connaissez bien les scientifiques,
mais ils se disputent rarement.
Ils savent mettre leur personnalit� et leurs �motions de c�t�
afin de mieux servir la v�rit�.
Autrement dit, ce qui s'est pass� entre le doyen et vous
peut se comparer � un d�bat.
Tout � fait.
Si conflit il y a eu, ce fut un conflit d'opinion
que nous avons r�gl� avant mon d�part.
Quelque chose vous a fait penser le contraire ?
Non, nous voulions mettre les choses au point.
Nous n'avions aucun avantage � en retirer personnellement.
Si mes th�ories et exp�riences sont concluantes,
c'est l'universit� qui recevra le plus de m�rite.
Vous savez, Pr Decker, r�soudre un crime est toute une science.
Entre scientifiques,
savez-vous par qui ou par quoi
le doyen Foster a �t� tu� ?
Je n'en ai aucune id�e. J'aimerais pouvoir vous aider.
Mais mon travail concerne la vie, pas la mort.
Je n'arrive toujours pas � croire ce qui est arriv� au doyen.
C'�tait affreux. Pourquoi tuer un homme si merveilleux ?
Il �tait toujours si pr�venant. Mon mari lui vouait un v�ritable culte.
Dix ann�es d'enseignement avec le doyen, et jamais un mot de travers.
Avec quelle brutalit� il a �t� tu� ! Je n'arrive pas � comprendre.
- Je ne m'en remets pas. - Oui, ce fut un coup terrible.
Quand Charles m'a appris la nouvelle, j'�tais atterr�e.
Veuillez m'excuser, je dois m'occuper d'un de mes invit�s.
Je me demande quand le conseil annoncera le nouveau doyen.
Professeur Tagore, d�sirez-vous un autre verre ?
Merci.
- J'esp�re que vous vous amusez bien. - En effet.
Pourrais-je vous parler un instant ?
�videmment.
Pr Decker, je suis ravi d'avoir �t� invit� ici.
Un confr�re tr�s estim� ? Croyez-moi, professeur, tout le plaisir est pour moi.
J'avais envie de vous parler
depuis que j'ai lu votre article sur la mutation dans la Botanical Review.
En particulier au sujet de ce que vous avez observ� en Afrique.
Mon rapport �tait tr�s incomplet.
Mais j'ai lu quelque chose entre les lignes qui m'a intrigu�.
Depuis trois ans, je fais des exp�riences
destin�es � stimuler le changement.
Comme vous, j'ai utilis� certaines esp�ces de plantes insectivores.
Avez-vous publi� vos r�sultats ?
Pas encore. M�me si j'ai �tudi� le sujet en profondeur.
J'ai commenc� � m'y int�resser quand j'�tudiais � Calcutta,
o� nous avons beaucoup travaill� sur le terrain.
Le potentiel des plantes carnivores m'a fascin� d�s le d�but,
en particulier la possibilit� de transf�rer certaines de ces caract�ristiques.
Cela ne m'�tonnerait pas que vous aussi �tudiiez ce domaine.
Ce n'est pas un secret.
Le but de chaque scientifique est de chercher � d�couvrir et � surpasser.
Peu importe si cela prend du temps, je n'abandonnerai jamais mes recherches.
Mais j'ai r�ussi � aller au-del� des recherches.
J'ai fait de surprenantes d�couvertes dans le domaine de la g�n�tique.
La possibilit�, si je puis dire,
de stimuler la croissance � un niveau jamais �gal�.
En ce qui concerne les plantes ?
Non, des formes de vie plus �labor�es.
Vous basez-vous sur des hypoth�ses ? Un espoir ?
Je me base sur des faits.
Dites-moi, Pr Decker, n'�tait-ce pas le but que vous recherchiez ?
Pr Tagore, avant de vous r�pondre, j'aimerais vous faire une proposition.
Nous pourrions nous associer, non ?
Travailler ensemble pour un but commun ?
Pr Decker, votre proposition me touche profond�ment,
mais ce genre de coop�ration est impossible.
Professeur, ce n'est pas le bon moment d'en faire un projet commun.
Apr�s des ann�es de dur labeur, je suis tellement pr�t d'atteindre mon but,
que je suis s�r d'y arriver.
Je suis certain d'�tre le premier � trouver une nouvelle m�thode de mutation
qui acc�l�rera la croissance � un tel niveau
qu'elle r�volutionnera le monde.
Je vous f�licite pour votre z�le et votre enthousiasme,
m�me si vous pr�f�rez travailler seul.
Mais je dois vous rappeler que pour un vrai scientifique,
les sciences sont plus importantes que lui-m�me.
N�anmoins, je dois travailler seul.
Mais peut-�tre pourrions-nous nous consulter ?
Si vous d�sirez voir ce que j'ai fait et donner votre avis,
j'en serais tr�s honor�.
Avec plaisir.
Parfait. Quand voulez-vous venir ?
Ce soir. Vous avez tellement aiguis� ma curiosit� que je ne pourrai pas attendre.
Disons vers minuit. Mes invit�s seront tous rentr�s.
Je vous attendrai. Voici mon adresse.
En arrivant, veuillez frapper fort � la porte, car je n'ai pas de domestiques.
J'arriverai vers minuit.
Pr Decker, je parlais avec Mme Clayton
du feuillage d�coratif.
Vous allez pouvoir m'aider � �claircir un point.
- Je suis contente qu'ils soient partis. - Recevoir, c'est une corv�e.
Je d�teste que des inconnus envahissent cette maison.
Mais ce fut une soir�e importante.
Importante aussi, car elle a eu lieu apr�s ce qui est arriv� au doyen.
Je suis contente qu'elle ait �t� utile.
Margaret, tu as l'air fatigu�e. Tu devrais aller dormir.
J'ai un travail � finir dans le laboratoire.
Oui, tu as raison.
Bonne nuit, ch�ri.
Entrez, Pr Decker. Vous �tes le bienvenu.
Je suis ravi d'avoir eu la chance de vous rencontrer et de vous parler ce soir.
Moi aussi, j'�tais impatient de pouvoir vous rencontrer.
J'�tais tr�s heureux que vous acceptiez mon invitation de ce soir.
Par ici, je vous prie.
- Votre laboratoire est tr�s bien �quip�. - J'ai tout ce dont j'ai besoin.
Parfois, je reste enferm� ici pendant plusieurs jours.
Pr Tagore, je vous comprends, mais ce n'est pas le cas de tout le monde.
Le pauvre profane ne sait pas ce qu'il rate.
Le sentiment de s'oublier en travaillant, en faisant des d�couvertes.
Ce sentiment merveilleux d'enlever une couche apr�s l'autre,
comme les p�tales d'une fleur rare,
pour finalement d�couvrir le v�ritable secret.
Quand vous parlez du secret...
Je veux dire le but vers lequel nous nous dirigeons tous deux.
Prendre une forme de vie � un certain stade
et la transformer en une forme de vie sup�rieure en quelques instants,
alors que la nature aurait mis des millions d'ann�es � le faire.
Pr Tagore, vous savez ce que je veux dire.
Pas un petit changement, mais le pouvoir divin de la cr�ation.
Dites-moi la v�rit�, Pr Decker.
Au cours de vos exp�riences, avez-vous d�j� atteint le stade final ?
Oui.
J'avais h�te de venir ici
pour constater de mes propres yeux quel stade vous aviez atteint.
Les fronti�res que vous avez franchies vous semblent nouvelles. Pas � moi.
Pr Decker, vous pouvez me croire. Elles ne me semblent pas nouvelles.
Je suis all� plus loin que vous.
Cher Pr Tagore,
je ne laisserai personne an�antir mon travail.
Toutes les heures pass�es seul en Ouganda,
les ann�es d'essais, d'erreurs, d'�tudes et d'exp�riences.
J'ai m�rit� la gloire qui me revient.
Mais aurez-vous, comme moi, la capacit�
de pr�senter suffisamment de preuves scientifiques pour convaincre le monde ?
Oui. En temps voulu, je l'aurai.
Pr Tagore, vous �tes arriv� trop tard !
Konga.
Konga !
Tu as fait tout ce que je t'ai demand�. Tu as ob�i � tous mes ordres.
Viens, le travail est termin� pour ce soir. Nous pouvons rentrer.
Une autre tasse de caf�, ch�ri ?
Non, merci, Margaret. Je dois me d�p�cher. Les �tudiants m'attendent.
Quelques minutes, ce n'est rien. Tu as travaill� tard hier soir.
Je sais. Tout de m�me, j'aimerais montrer l'exemple et �tre ponctuel.
Tiens, j'ai pr�par� ton d�jeuner.
� quelle heure veux-tu d�ner ?
Ne m'attends pas. Je rentrerai s�rement tard.
Celui qu'il faut d'abord nourrir, c'est Konga.
Ne t'en fais pas. Je m'occuperai de lui.
M�me s'il a grandi, je l'aime toujours autant.
Il est encore gentil. Surtout apr�s avoir mang�.
Au revoir, Margaret.
UNIVERSIT� D'ESSEX
Bonjour, Pr Decker.
- Vous �tes tous l� ? - Oui.
C'est un voyage d'�tude sur la mousse et la foug�re,
pas un pique-nique. Mais vous avez le droit de l'appr�cier.
- Bien s�r. - Nous sommes l� pour apprendre.
- Tu n'y arriveras pas en un jour. - Assez rigol�. Allez, montez.
Il faudra vous asseoir par terre,
mais �a devrait aller.
- Si je suis � c�t� de Hermione. - Merci.
Allez, montez.
Faites attention � la lampe.
Sandra, viens t'asseoir devant.
Nous devons v�rifier certains points de la le�on,
- j'ai besoin que tu notes les travaux. - Oui, Pr Decker.
Pr Decker, reste-t-il de la place pour une troisi�me personne ?
�a g�nerait ma conduite.
De plus, Bob, il faudra que tu fasses la cour un autre jour.
Je me r�p�te, c'est un temps r�serv� � l'�tude
qui a �t� d�plac� de la salle de classe � l'ext�rieur.
Que �a te plaise ou non, Bob, tu resteras avec les paysans.
Pauvre Bob, tes r�ves ne se sont pas r�alis�s, tu n'es pas assis devant.
Il faudra te contenter de nous.
- Fermez-la, vous tous ! - Reste poli, Bob.
- Il est vraiment accro. - Et il le montre.
On ne peut pas lui en vouloir. Sandra est tr�s jolie.
Arr�tez de parler de moi et laissez-moi tranquille !
Bob, calme-toi.
Pour Sandra, les cours passent en premier.
- Tu sais qu'elle adore la botanique. - Vraiment ?
Ils parlent de �a, c'est tout.
Il a le c�ur bris�. Il faut �couter de la musique.
- J'ai ramen� ma radio. - Vas-y.
J'avais h�te de faire ce voyage.
Pr�parez-vous un autre article pour la Botanical Review ?
Pas en ce moment.
Tu sais, Sandra, je ne te consid�re pas toujours comme une �tudiante.
Voil� pourquoi j'attendais tant ce moment.
Nous avons la journ�e devant nous, nous pourrons trouver un moment,
enfin, juste pour nous.
- Vous �tes pr�ts ? - Oui.
Suivez-moi.
Comme vous voyez, ces foug�res
n'ont pas seulement des feuilles et des tiges, mais des racines
et un syst�me conducteur qui permet d'absorber l'eau de la terre
et de la distribuer au reste de la plante.
Celles-ci sont petites.
Mais dans les pays tropicaux, elles sont g�antes.
C'est une plante extraordinaire.
La famille des foug�res existe depuis les temps pr�historiques.
Maintenant, allez fouiller la for�t
pour trouver des sp�cimens de foug�res et de plantes apparent�es.
Demain, nous en parlerons davantage en cours.
- On dirait qu'il va pleuvoir, Pr Decker. - �a va passer.
S'il pleut, rendez-vous � la cabane du garde forestier au bout du chemin.
Il nous a permis d'y aller.
Qu'il pleuve ou qu'il fasse beau, commencez. Je vous rejoindrai.
J'ai oubli� mon d�jeuner sur le si�ge du camion. On commence bient�t.
- Viens, Sandra. - Je ne peux pas, Bob.
Le Pr Decker a besoin de mon aide pour les questions sur les foug�res.
Il te demande trop de choses. Il s'en remet trop � toi.
- Si c'est le cas, j'en suis ravie. - Pas moi.
Son autorit� de professeur se limite aux cours.
Et la tienne commence quand ?
Je ne veux pas me disputer. Mais je n'aime pas l'influence qu'il exerce sur toi.
Tu es aveugl�e, sinon tu l'aurais remarqu�.
Avant son retour, tout se passait bien entre nous.
On avait le temps d'�tudier et de se voir. Maintenant, tout a chang�.
Je n'entends plus parler que de botanique, de science et du Pr Decker.
Tu lui donnes trop d'importance, alors qu'il est assez vieux pour �tre ton p�re.
- Ce n'est pas normal. - Tu d�formes tout.
Le Pr Decker est assez vieux pour �tre mon professeur, voil� tout.
Il ne me semble pas.
Rien n'aurait chang� entre nous si tu ne m'avais pas harcel�e ainsi.
Tu veux m'accompagner en cours, t'asseoir � c�t� de moi,
me ramener, faire nos devoirs ensemble.
Tu ne me laisses pas le temps de r�fl�chir ou d'�tudier.
- C'est parce que je t'aime. - Mais je ne suis pas pr�te pour �a.
Et comme le Pr Decker l'a dit, ce voyage d'�tude fait partie des cours.
Il faudra parler de nos probl�mes personnels une autre fois.
- Ce soir ? - D'accord.
Viens me chercher � 20 h.
Va retrouver les autres �tudiants.
- Tu es pr�te, Sandra ? - Oui, Pr Decker.
- O� est Sandra ? - Avec le Pr Decker.
- � ramasser de la mousse. - Ou des foug�res.
- Comment pouvez-vous le savoir ? - On est des devins.
Pas besoin d'une boule de cristal. Je suis d�j� all� faire un petit tour dans les bois.
�a suffit.
Laisse-les parler.
Ils ont tous l'esprit mal plac�, je ne vous �coute plus.
De toute fa�on, il vaut mieux que j'�tudie ces plantes
si je veux avoir une bonne note.
Courons � la cabane. Viens, Mary.
D�p�chez-vous !
Allumez la lumi�re.
- Un feu nous ferait du bien. - Ouais.
Je me demande o� sont le Pr Decker et Sandra.
Ne regarde pas dehors. Ne te fais pas du mal pour rien.
Esp�rons que le Pr Decker avait un parapluie.
Il ne faudrait pas que Sandra attrape froid.
Danny, mets de la musique.
D'accord. Vas-y, Danny, allume la radio.
Il va pleuvoir toute la journ�e.
Donc le cours est annul�, monsieur ?
Il faut rentrer.
On ne peut pas fouiller la for�t sous la pluie.
Retournez tous au camion.
Il est sur la route, pas si loin.
- Sandra vous montrera. - Oui. Suivez-moi.
Je fermerai la cabane.
Pr Decker ?
Tu as oubli� quelque chose, Bob ?
Non. Je voudrais vous parler.
Si �a concerne ton travail, nous en parlerons � l'universit�.
Non, �a ne concerne pas mon travail. C'est plus personnel.
Qu'y a-t-il ?
Vous devez laisser Sandra tranquille.
Voil� une bien �trange requ�te. Comment pourrais-je ?
Elle est une de mes �tudiantes.
Est-ce Sandra qui t'envoie ?
Ne me posez pas toutes ces questions.
Vous essayez de m'embrouiller, comme pour elle.
Je ne vous le demande pas, je vous l'ordonne. Laissez-la tranquille !
Soyez son professeur, c'est tout. Vous avez d� l'hypnotiser.
C'est la seule explication possible.
Vous voulez toujours la voir apr�s les cours,
l'emp�cher de me voir.
Laissez-la ou sinon !
- Tu me menaces ? - Oui !
Si je perds Sandra � cause de vous, je vous...
D�sol�, Pr Decker. Vous allez me faire renvoyer.
- Je devrais. - Je ne voulais pas faire �a.
Je suis tellement fou de jalousie que j'en ai perdu la t�te.
J'ignorais que tu aimais Sandra � ce point.
Mais quand bien m�me, tu devrais apprendre � te contr�ler.
Avec une telle rage, tu pourrais commettre un meurtre.
D�sol�, monsieur. Je ne sais quoi dire.
J'esp�re que tu ne t'en vanteras pas aupr�s des autres �tudiants.
Non. Vous avez ma parole. Je ne dirai rien.
- Ce n'est pas tr�s valorisant. - En effet.
- Allez-vous faire un rapport ? - Non.
Il vaut mieux tout oublier.
Retournons au camion, avant que les autres ne se posent des questions.
- D�p�che-toi, Bob. - J'arrive, maman.
Le d�ner sera termin� avant que tu aies commenc�.
Il ne prend pas le temps de manger.
- Ce n'est pas assez pour un grand gar�on. - Je n'ai pas tr�s faim, papa.
Bien s�r. Il est vulgaire de manger quand on est amoureux.
J'ai vu un film d�bile sur l'amour. Une vraie perte de temps.
Ils ne disaient que : "Mon amour, je t'aime."
D�go�tant.
- Tu es trop jeune pour comprendre. - Taisez-vous, les gosses.
Je pr�f�re aller � la f�te foraine.
Je rentrerai tard, maman.
Mais tu n'as m�me pas d�n�.
Je n'ai pas faim. Je n'ai pas le temps. Je ne veux pas que Sandra attende.
Ne t'affame pas pour une femme.
- Je pense la m�me chose, papa. - Merci, fiston.
Eric, tais-toi.
- John, tu oublies comment tu �tais. - Je mangeais d'abord.
Les temps ont chang�. D'abord le rendez-vous.
Je suis d'accord avec toi.
Si mon petit ami me faisait attendre, je ne saurais que faire.
Tu es folle. Tu n'as m�me pas de petit copain.
Bien s�r que si.
Il y a un nouveau gar�on � l'�cole. Le fils d'un docteur.
Si tu continues comme �a, tu en auras besoin.
Restez polis, tous les deux.
- Bonne nuit, maman, papa. - Bob,
r�gle tes probl�mes avec cette fille.
Tu y penses tellement que tu n'en dors plus.
Tu devrais te concentrer sur tes �tudes.
Tu ne penses qu'� Sandra.
Papa, n'en parlons pas maintenant.
Je ne veux pas g�cher le rendez-vous en arrivant en retard.
Tu vas trop la g�ter si tu ne calmes pas tes ardeurs.
Fais comme les Am�ricains : reste cool.
Ne t'inqui�te pas, papa. J'ai la situation en main. Bonne nuit.
Il est vraiment amoureux de cette fille.
Bob !
Appelle un m�decin, vite !
Viens, Konga.
Monte.
Nous comprenons qu'en parler maintenant est difficile,
mais votre aide serait pr�cieuse.
J'essaierai.
Savez-vous qui aurait pu faire �a ?
Justement, c'est �a qui est affreux. Il n'avait aucun ennemi.
Ni dans le voisinage, ni � l'universit�.
En fait, c'�tait un gar�on populaire.
O� allait-il ce soir ?
Il avait rendez-vous avec sa petite amie, Sandra Banks.
Avait-il un rival ?
Parfois les jeunes sont tr�s imp�tueux.
Pas de rival.
Sandra n'est pas comme �a. Elle est tr�s studieuse.
Elle �tait soit avec notre fils, soit enferm�e � lire.
� quoi bon ?
Une �tudiante de la m�me universit�.
C'est s�r : les meurtres du doyen Foster, du Pr Tagore
et de ce jeune gar�on sont li�s.
Dans tous ces cas, aucun mobile logique.
Aucun des trois n'avait des ennemis.
D'apr�s le labo, le seul indice qui ait �t� trouv�
sont les poils noirs trouv�s sur les victimes.
Le labo pense qu'ils pourraient provenir d'un chimpanz�
ou d'un animal apparent�.
Nous avons peu d'�l�ments.
J'ai cherch� du c�t� des animaux disparus. �a n'a rien donn�.
Sans v�ritable indice, cette piste ne m�ne � rien.
- Lawson. - Oui, monsieur ?
Avec Redmond, allez � l'universit� et interrogez tout le monde.
Tous les employ�s, les �l�ves et les professeurs.
- Compris ? - D'accord, monsieur.
Comme d'habitude, ton petit-d�jeuner avec le journal.
Tu sais bien que je suis tr�s routinier.
Pas besoin d'�tre si suffisant.
Que veux-tu avec ton oeuf poch�, un meurtre ?
Margaret, je ne supporte pas les gens hyst�riques, surtout pas le matin.
Comment as-tu pu faire �a ?
- Quoi ? - Tu le sais tr�s bien.
Pourquoi ce gar�on devait-il mourir ? Pourquoi l'as-tu tu� ?
Les mots que tu as choisis ne sont pas � mon go�t.
Je ne l'ai pas tu�.
Ne t'arr�te pas � de petits d�tails.
Tu peux dire ce que tu veux, mais tu as tu� Bob Kenton. Tu l'as ordonn�.
Je sais comment. Mais pourquoi avoir fait �a ?
- Je t'en prie, ressaisis-toi. - En quoi te g�nait-il ?
Tu poses trop de questions.
- Alors tu n'as pas de r�ponses ? - Je n'ai pas besoin de t'en donner.
Mais si tu arr�tais cette crise d'hyst�rie pour r�fl�chir, tu trouveras une raison.
Je m�ne une exp�rience scientifique importante.
Apparemment, c'est � un niveau qui te d�passe,
m�me si tu m'assistes.
�a n'explique pas ce meurtre cruel et inutile.
Tu perds de vue ce qui est capital.
Je devais effectuer un autre test d'ob�issance.
�a a march�. � merveille. Voil� ma r�ponse.
Si les r�sultats te d�rangent ou te peinent, je n'y peux rien.
Me peinent ?
Ce que tu as fait va au-del� de la peine. C'est r�voltant.
Tu n'arrives pas � l'affronter ?
Tu veux peut-�tre abandonner. Tu veux me quitter ?
Non. Je ne peux pas.
Il est trop tard. Je sais.
Mais tu dois redescendre de ton nuage et r�aliser certaines choses.
- Par exemple ? - Que c'est dangereux.
T�t ou tard, la police va te retrouver.
Ce n'est pas encore fait.
Je suis tr�s fier que tous les tests d'ob�issance de Konga
aient �t� soigneusement planifi�s et ex�cut�s, sans laisser d'indices.
Un jour, la chance ne te sourira plus.
Et ce jour-l�, ton travail, tes d�couvertes,
tout sera perdu, nous aussi.
Tu as raison.
Il est peut-�tre temps de supprimer Konga.
Supprimer Konga ? Pourquoi ?
Tu l'as dit, avant que la d�couverte de Konga ne nous d�truise, nous.
En fait, je n'ai plus besoin de lui. J'ai la formule.
J'ai tous les enregistrements et les notes.
Ce que j'ai fait avec Konga, je peux le reproduire avec un autre chimpanz�.
Nous partirons en Afrique.
Je peux compter sur la sympathie des indig�nes en Ouganda.
Avec leur aide, je construirai un autre laboratoire
et je continuerai mes exp�riences sans danger.
Je pourrai m�me les pousser plus loin que je ne l'ai fait.
Quand penses-tu partir ?
N'�veillons pas les soup�ons. Il faudra attendre quelques semaines.
Demain, j'assisterai � l'enterrement du gar�on.
De plus, j'inviterai � d�ner Sandra Banks, sa petite amie.
- Tu crois que c'est prudent ? - Pourquoi pas ?
Un professeur doit consoler ses �tudiants afflig�s.
Merci pour votre gentillesse et votre accueil, Pr Decker.
C'est tr�s gentil de m'avoir invit�e � d�ner.
Ta pr�sence nous a fait plaisir.
Viens, Sandra. J'aimerais te montrer ma serre.
Avec plaisir.
Je vais d�barrasser tout �a.
Je n'arrive pas � croire ce qui est arriv� � Bob. Pourquoi l'avoir tu� ?
Allez, Sandra. Il faut oublier tout �a.
Dans ma serre,
il n'y a pas ces fleurs domestiques qui poussent dans un jardin � la fran�aise.
Regarde celle-l�. Je l'ai trouv�e au fond de la jungle et l'ai faite pousser ici.
- Je n'en ai jamais vu de semblable. - J'en suis fier.
C'est moi qui aie cr�� sa forme actuelle.
Le myst�re de la vie se trouve dans les cellules.
J'ai form� des cellules pour r�aliser des miracles
botaniques dans le cytoplasme.
Le monde entier sera stup�fait, car j'ai contourn� le processus normal d'�volution.
En stimulant les centrosomes, j'ai acc�l�r� la division cellulaire.
J'ai modifi� leur nature m�me :
d'insectivores, elles sont devenues carnivores.
Ne t'approche pas trop, ma ch�re.
Cette plante affam�e est dangereuse. Elle aime la viande.
C'est �trange et tr�s effrayant.
- Pourquoi fait-il si chaud ? - Il le faut.
Ces plantes p�riraient sans leur chaleur naturelle.
Je maintiens la temp�rature � 32 �C.
Tu dois t'y habituer.
Je veux que tu te sentes chez toi dans cette atmosph�re.
Familiarise-toi avec l'extraordinaire potentiel de ces plantes
pour que petit � petit,
je puisse te guider vers ma grande exp�rience.
Vous voulez que je travaille avec vous ?
Oui, pour que tu sois mon assistante.
Mais vous avez d�j� une tr�s bonne assistante.
Pauvre Margaret. Je crains qu'elle ne me soit plus utile.
J'ai �t� patient avec elle. J'ai fait mon possible pour la former.
Mais elle n'a pas ton sens de la botanique.
J'ai besoin d'un esprit jeune et nouveau.
Et une assistante de laboratoire ne me suffit pas.
Sandra, il faut que tu travailles avec moi.
Que tu sois � mes c�t�s.
Joins-toi � moi. Je te promets une vie pleine d'aventures,
des d�couvertes excitantes et un succ�s qu'aucune femme n'a jamais eu.
Konga.
Regarde cette lumi�re. Tu vas faire ce que je t'ordonnerai.
C'est bien, Konga. Continue � regarder cette lumi�re.
�a t'aidera � te concentrer.
Je me sens mal.
- Je dois sortir. - Pas encore.
Avant, promets-moi que tu accepteras.
- Je ne peux pas travailler avec vous. - Il le faut.
Je t'ai vue �voluer � l'universit�.
Je t'ai aid�e, encourag�e, j'ai �t� fier de ton travail.
Maintenant, tu es pr�te � t'allier � moi.
Nous travaillerons tous les deux ensemble.
En temps voulu, tu partageras le succ�s avec moi.
Vas-tu m'�couter ?
Je vous en prie, Pr Decker. J'�touffe dans cette serre. Je dois sortir.
Non, pas avant d'avoir eu une r�ponse.
Je ne suis pas pr�te. J'ai trop de choses � apprendre.
C'est � moi d'en juger.
L�chez-moi !
Sandra, tu sais bien que je t'aime !
Laissez-moi partir ! Non.
�coute-moi bien. � partir de maintenant, tu m'ob�iras.
Tu ne suivras que mes instructions.
Peu importe ce que je te demande, tu ob�iras.
C'est moi qui te prot�gerai. Personne d'autre.
Apr�s ceci, tu m'ob�iras encore plus facilement.
Tu auras plus de pouvoir, plus de force,
et tu t'en serviras en suivant mes ordres.
Vas-y, Konga. Tu as re�u des ordres, alors ob�is.
Je t'ai dit d'y aller. Vas-y !
Non.
Konga !
Rel�che-moi ! Konga !
Non !
Konga !
L�chez-moi. Laissez-moi partir !
Je vous en supplie. L�chez-moi !
Konga !
L�che...
Konga ! Rel�che-moi.
Regardez !
� l'aide. Aidez-moi.
S'il vous pla�t, aidez-moi.
Je t'ai dit de me l�cher.
Imb�cile !
Konga, l�che-moi.
Konga !
Regardez.
Konga, l�che-moi !
Regardez !
Konga !
� l'aide !
Il s'approche d'ici ?
Oui. Tout de suite.
C'est incroyable.
Un gorille gigantesque
qui ne cesse de grandir � une taille d�mesur�e est en libert� dans les rues.
Il s'approche du quartier de l'Embankment.
Oui, monsieur ?
Rappelez toutes les voitures de patrouille disponibles.
Armez-les aussit�t. Et que ma voiture soit pr�te.
- Je donnerai bient�t de nouveaux ordres. - Oui.
Appelez le commissaire Garland chez lui. C'est une urgence.
Puis pr�venez le minist�re de la Guerre.
R�clamez des troupes pour l'Embankment.
Je les guiderai par radiot�l�phone.
Tr�s bien.
Appelez le commissaire Garland, vite.
Au pas de course.
D�p�chez-vous, les gars.
Konga, repose-moi. S'il te pla�t. Repose-moi.
Repose-moi !
Repose-moi, j'ai dit.
Imb�cile.
Konga !
� l'aide !
Konga ! Repose-moi.
- Regardez, il s'est arr�t�. - Oui, il ne bouge plus.
D'o� peut-il venir ?
Allez, les gars, on se d�p�che. Installez cette mitrailleuse l�-bas.
Konga !
Je n'ai jamais rien vu de semblable.
Mes hommes sont pr�ts, commissaire.
G�n�ral, le seul moyen est d'essayer de le descendre.
Je suis d'accord. Donnez l'ordre de tirer.
Oui, monsieur.
Tous en position !
Visez. Feu !
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