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TOURS INGSTON
Comment avez-vous trouv� les grenouilles du mar�cage Pollard ?
Je les ai aim�es, Torque, mais elles �taient tr�s r�serv�es.
"Tr�s r�serv�es", qu'il dit.
Comme si elles allaient lui dire quoi que ce soit.
Pourquoi ne pas laisser Millie s'en charger, Mlle Judd ?
C'est un travail de bonne, pas de gouvernante.
Inutile de me r�pondre, je sais pourquoi vous faites �a.
La tache sous votre main, c'est du sang, et vous ne vouliez pas qu'on le sache.
Du sang ! C'est ridicule !
Oui, c'est ridicule.
Incroyable que ce soit du sang, mais c'en est.
J'ai vu de telles taches auparavant
et je vous ai vue les frotter, car vous saviez ce que c'�tait.
Toute la maison empeste le sang.
L'air est charg� de mort, de haine, d'impuret�.
Allez vous reposer � votre chambre, Mlle Ingston.
Ne me touchez pas.
- Vous n'�tes pas ma gardienne. - Bien s�r que non.
Vous �tes un peu � bout de nerfs, c'est tout. Venez.
Ce n'est pas ce que vous voulez dire.
Vous voulez me faire croire que je suis folle.
Je ne suis pas folle, Mlle Judd. N'est-ce pas ?
Pas plus que nous tous.
"Nous tous" ?
On est combien � �tre sains d'esprit ?
Vous l'ignorez, mais moi, je le saurai bient�t.
J'ai envoy� quelqu'un chercher un psychiatre en ville.
- Un psychiatre ? - Un des meilleurs. Le Dr Harper.
Appelez le chauffeur et annulez �a imm�diatement.
Trop tard. M�me vous ne pourriez l'arr�ter.
Il est en voiture et est injoignable.
Vous devez l'en emp�cher.
Votre fr�re a fait venir ses propres m�decins.
Oh non ! Il ne doit pas faire �a.
Je dois le voir et l'emp�cher...
Inutile. Ils sont dans le prochain train.
Laurie va les chercher � la gare.
Vous savez ce que �a signifie,
m�me si vous refusez de l'admettre.
Arr�tez, Margaret.
Oh ! Mais ils vont croire...
Vous parlez trop.
Allez dans votre chambre.
Je vous ai dit d'aller dans votre chambre.
All�, Sadie ?
Ici Millie Carson.
Je voudrais parler au chef de police.
Oui, au capitaine Beggs, s'il est l�.
All�, capitaine ?
Il se passe des choses �tranges ici.
Vous devriez venir avant qu'il ne soit trop tard.
Quoi ?
Oh ! C'est Millie. Je me trouve chez...
Qu'est-ce qui vous a pris ?
Il est d�fendu aux domestiques de se servir du t�l�phone
� des fins personnelles.
Il n'y avait rien de personnel dans mon appel.
C'est aussi tr�s mal vu de potiner sur ses employeurs.
Je devrais vous renvoyer sur-le-champ.
- Pas besoin. Je d�missionne. - Vous ne pouvez pas faire �a,
pas sans pr�avis.
Apr�s tout ce que j'ai vu et entendu ici, rien ne m'en emp�chera.
Que croyez-vous avoir vu et entendu ?
Comme si vous ne le saviez pas.
Vous resterez tant que je ne saurai pas les diffamations
que vous comptez raconter au sujet de ces braves gens.
L�chez-la, Rolf.
Il ne peut vous emp�cher de d�missionner si tel est votre d�sir.
Contentez-vous de faire votre travail, Laurie.
C'est moi qui ai la charge de ce foyer.
Mais oui, mais oui.
Je s�duis les femmes ainsi: en les sauvant des majordomes.
L�chez-la.
Je vais vous conduire en ville. Faites vos valises.
Merci. Je viendrai les chercher plus tard.
Vous �tes conscient que je devrai en faire part � M. Ingston.
Faites-le donc, pour voir. Lui et moi, on se comprend.
Rolf, il vaudrait sans doute mieux ne pas en parler � M. Ingston.
Dites, o� M. Ingston a-t-il trouv� toute cette m�nagerie qui l'entoure ?
Vous parlez de Torque ?
Oui, Torque, les chiens mangeurs d'hommes et le diseur de bonne aventure.
Et ce majordome a l'air d'un vrai crapaud.
Sa gouvernante, sa s�ur.
Elle n'a pas toute sa t�te, n'est-ce pas ?
Je n'en sais rien.
Et votre cher compagnon ci-pr�sent ? Quelque chose cloche avec moi ?
Vous devriez le savoir.
Qu'est-ce qui se passe l�-bas, vous croyez ?
Si vous l'ignorez, vous ne me croirez pas.
Et si vous le savez, je perdrais mon temps.
Mais je ne manquerai pas d'en parler au capitaine Beggs.
Ce ne serait peut-�tre pas sain de parler de ce que vous croyez savoir.
"Sain."
D'accord, mais je vous aurai pr�venue.
Pourquoi on s'arr�te ? Comme si je ne le savais pas.
Pourquoi les dames connaissent-elles les intentions des hommes avant eux ?
On lit les magazines.
Un instant. Rien ne cloche chez moi.
Rien que la mort ne saurait gu�rir.
HILLSDALE 4 KM
Dr King.
Bonjour, Phipps. Content de vous revoir.
- Vous allez bien, Dr Timmons ? - Oui. Vous ?
Que faites-vous ici, vous deux ?
Y a-t-il un congr�s de m�decine ?
Non. On va aux tours Ingston. Kurt Ingston, vous savez.
C'est l� que je vais aussi.
Une voiture doit m'attendre.
C'est peut-�tre celle-l�.
S�rement. Je n'en vois pas d'autre.
Serait-ce la voiture venant des tours ?
Oui, c'est bien elle.
Vous �tudiez encore les glandes ?
Bien s�r. Quelles structures fascinantes.
En passant, j'ai fait une exp�rience int�ressante la semaine derni�re.
La revue compte la publier. Une m�re...
Ne m'en parlez pas maintenant. Laissez-moi lire l'article dans la revue.
Oh ! Laissez tomber, Millie. Vous n'avez aucune preuve.
Tant qu'il ne se passera rien, je ne peux rien faire.
Quand on a trouv� le Dr Kramer
assassin� dans le mar�cage Pollard, c'�tait rien ?
- Ce n'est pas sur la propri�t� des Ingston. - C'est juste derri�re.
Et il y avait quelque chose d'anormal dans ce meurtre.
C'est vrai. On a �trangl� le m�decin.
Mais il y avait une grosse flaque de sang.
Oh ! Il a sans doute bless� son agresseur.
De toute fa�on, ce n'est pas reli� aux tours.
Bon, d'accord. Mais je vais chercher mes choses l�-bas.
Pour rien au monde je n'y passerais une nuit de plus.
N'avez-vous pas peur de retourner seule l�-bas ?
Le temps d'y aller, il fera noir.
Ne vous en faites pas. Je n'y vais pas seule.
Jeb va m'y conduire.
Je n'ai pas dit qu'on irait l�-bas ce soir.
Allez, il n'y a rien � craindre.
Le capitaine vient de le dire.
Oh ! Je n'ai pas peur.
Mais je n'aime pas les grenouilles autour de ce mar�cage.
Vous semblez au courant
de ce qu'on a vu errer au mar�cage par les nuits de brouillard.
M�me les grenouilles arr�tent de coasser � son arriv�e.
Je ne crois pas � ces sornettes.
Allons-y, alors. Passons d'abord chez moi, je veux prendre ma cape.
Au revoir.
Veuillez me suivre, je vais vous montrer vos chambres.
Qui d'entre vous est le Dr Harper ?
Personne.
Voici le Dr King et le Dr Phipps.
- Je m'appelle Timmons, Mlle... - Ingston.
- J'attendais le Dr Harper. - Mademoiselle,
vous devriez regagner votre chambre.
Mais je voulais voir le Dr Harper...
Il n'est pas ici. Vous feriez mieux de monter.
- Pr�venez-moi � son arriv�e. - Bien s�r.
Veuillez m'excuser.
Elle n'est plus elle-m�me, ces temps-ci.
Vous reconnaissez les sympt�mes.
- Je crois qu'on comprend. Les nerfs. - Les glandes, Dr Timmons.
Les glandes, assur�ment.
Par ici, messieurs.
On ne va pas rencontrer M. Ingston ?
Il se joindra � vous pour le souper.
Oh ! C'est vous.
Je suis venue chercher mes affaires, si �a vous va.
Aucun probl�me.
Vous �tes venue ici toute seule malgr� le brouillard ?
Non, Jeb Harmon m'attend � l'entr�e pour me ramener chez moi.
Oh ! Je vois.
Oui, je lui dirai.
Vous devriez partir, M. Harmon. Millie a d�cid� de passer la nuit ici.
Il doit y avoir un malentendu.
Pour rien au monde elle ne dormirait ici.
Elle a d� changer d'avis.
Elle vous l'a dit elle-m�me ?
Non, �a ressemblait � la voix du majordome.
Laissez-moi entrer et lui parler.
Vous avez eu son message. Voil�.
Bonsoir, M. Harmon.
�coutez...
Mais pourquoi Jeb est-il parti sans m'avertir ?
C'est tr�s impoli de sa part, mademoiselle.
Bonjour. Des ennuis ?
Panne de voiture. Pouvez-vous m'amener ?
Bien s�r. O� allez-vous ?
J'allais aux tours Ingston, mais...
Vous y �tes presque.
Est-ce votre voiture que j'ai vue plus t�t ?
Oui. Je n'ai pas l'�toffe d'une m�canicienne.
Pourquoi marchiez-vous vers elle au lieu de vous en �loigner ?
J'ai abandonn� et j'ai commenc� � marcher,
mais j'ai entendu un cri
et j'ai rebrouss� chemin assez vite.
Un cri � travers le brouillard dans le mar�cage Pollard.
- Dites-m'en davantage. - Je n'ai pas trouv� �a dr�le.
- Je crois aussi avoir vu quelque chose. - Quoi donc ?
N'en parlons pas. Mon imagination a d� me jouer des tours.
Comment est Ingston ?
Oh ! C'est un vrai ermite.
Personne ne le voit, sauf les m�decins.
Je suis une des seules personnes du coin qu'il laisse venir chez lui.
Vous �tes m�decin ?
Pire: j'�cris des histoires d'horreur.
Vous �crivez quoi ?
Vous savez, des histoires de meurtre.
Quelle bonne fa�on de gagner sa vie.
Qui a dit que je gagnais ma vie ?
Ce brouillard semble s'infiltrer jusque dans nos os.
Quelqu'un sait-il pourquoi on est ici ?
On a tous r�pondu � l'appel de l'argent. Quoi d'autre ?
Je ne vous suis pas.
Ingston a fait des dons g�n�reux � la m�decine r�cemment,
et personnellement, j'aimerais bien avoir un nouveau laboratoire.
Eh bien, on aurait besoin d'une nouvelle aile � l'h�pital.
Et vous, Timmons ?
Je pr�f�rerais ne pas faire de plaisanteries l�-dessus.
D�sol�. Je ne voulais pas vous vexer.
Je suis tr�s sensible en ce qui concerne notre profession.
En fait, quand Ingston a appel�, il a insinu�
qu'il allait faire une grosse contribution.
Et qui serait plus �ligible que nous trois,
qui avons gu�ri sa grave maladie ?
Et qui avons fait de lui un pauvre infirme.
Nous avons fait tout ce qui �tait en notre pouvoir.
Et notre mieux n'a pas suffi.
Il avait tout:
la richesse, le statut social, les amiti�s,
et nous avons fait de lui une chose difforme
que m�me les domestiques ne doivent pas voir.
Je maintiens qu'on a fait tout ce qu'on pouvait.
Dans ce cas, nous sommes de vrais aveugles.
Si on n'est pas comp�tents, on devrait abandonner
et c�der la place � quelqu'un qui l'est.
Arr�tez, Timmons.
Tout m�decin digne de ce nom se sent parfois ainsi.
Pas moi.
Personnellement, je trouve qu'on fait de l'excellent travail.
Et si j'�tais Ingston, je ne nous le pardonnerais jamais.
- Qui est l� ? - Dick Baldwin.
- Qui vous accompagne ? - La Dre Harper.
Vous �tes bien jeune pour �tre un m�decin c�l�bre.
Qui a dit que j'�tais c�l�bre ?
Seuls les m�decins �minents franchissent cette porte.
Attendez dans la biblioth�que. Je vais avertir M. Ingston de votre arriv�e.
- C'est par l�. - Merci.
- Bonjour, Dick. - Bonjour, M. Ingston.
O� avez-vous pass� la semaine ?
� New York. Des probl�mes avec mon �diteur.
- C'est M. Ingston ? - Ce qui reste de lui.
Ils n'aiment pas votre r�cit ?
Ils ne l'aiment pas beaucoup, non.
"Pas beaucoup" ? Qu'est-ce qui ne va pas ?
C'est un chef-d'�uvre de l'horreur. Je n'ai pas dormi pendant deux nuits.
D�posez-moi, Laurie.
Oui, Dick, je...
- Qui est-ce ? - La Dre Harper, psychiatre.
Une psychiatre ? Je n'ai pas demand� de psychiatre.
Je crois que c'est Mlle Margaret qui a fait venir la docteure.
Margaret ? Elle a fait venir une psychiatre ?
C'est un sympt�me encourageant, n'est-ce pas, Rolf ?
Je n'en sais rien, monsieur.
Douter de son �quilibre mental,
�a montre qu'on n'est pas loin d'�tre normal. N'est-ce pas ?
C'est une th�orie un peu surfaite, M. Ingston.
Surfaite ou pas, �a me para�t encourageant.
Oh ! Excusez-moi, Dre Harper.
Permettez-moi de vous pr�senter Agor Singh.
C'est un sp�cialiste de l'esprit, � sa fa�on.
- Enchant�e. - Enchant�.
Rolf va vous montrer votre chambre.
Vous vous joindrez ensuite � nous pour le souper.
Merci.
Si j'avais votre �ge, Dick, je crois que je deviendrais n�vros�
et que j'irais consulter la Dre Harper imm�diatement.
N'avez-vous pas remarqu� les sympt�mes ?
Excusez-moi, mademoiselle, mais on s'appr�te � servir le souper.
- J'arrive dans un instant. - Merci.
Si ce n'est pas mes bons vieux amis de l'h�pital,
du lit et de la table d'op�ration. Bienvenue aux tours.
Ravi de voir que vous vous portez si bien.
Vos glandes doivent fonctionner parfaitement.
Parfaitement, Dr Phipps. Parfaitement.
Ravi de vous voir, Timmons. Je vous serrerais bien la main,
mais vous trouveriez �a un peu r�pugnant.
Je vous en prie, on se sent assez mal comme �a.
Ne soyez pas ridicule. Vous avez fait tout ce que vous pouviez.
J'ai dit la m�me chose.
Bien s�r. Vous savez, je ne crois pas qu'on vous ait suffisamment r�compens�s.
Mais vous le serez.
Messieurs, je vous pr�sente Agor Singh, un r�sident des tours,
et Dick Baldwin, un voisin et un visiteur r�gulier.
- Enchant�, monsieur. - Merci, docteur.
Attendez, Dre Harper.
Je suis Sarah Judd, la gouvernante
- et l'amie de Mlle Ingston. - Je vois.
J'ai bien peur qu'on vous ait fait venir pour rien.
Pourquoi donc ?
Quand j'ai pr�venu Mlle Ingston de votre arriv�e, �a l'a �nerv�e.
Elle a dit qu'elle ne voulait pas vous voir.
�a arrive souvent dans de tels cas.
Elle a demand� � ce que vous quittiez les tours ce soir,
et je crois que �a vaudrait peut-�tre mieux.
Merci, mais m�me si je le voulais, je ne pourrais partir.
Ma voiture est en panne, et le prochain train ne passera qu'au matin.
- Oh ! Je vous demande pardon. - Excusez-moi.
Si j'�tais vous, je m'en tiendrais aux domestiques.
- Vous et moi, alors ? - Quel culot !
Pourquoi pas ? Vous ne pouvez pas vous permettre d'�tre trop difficile.
En plus, pensez � ce que vous manquez.
Qu'y a-t-il, Dr Timmons ? Vous avez l'air surpris.
Eh bien, je croyais que...
Que mes deux bras �taient paralys�s ?
En fait, ils le sont.
Tout comme vous, m�decins, les avez laiss�s.
Comment pouvez-vous vous en servir ainsi ?
Gr�ce � l'argent et � un m�canicien du coin, j'ai obtenu
quelque chose que la m�decine ne peut offrir.
Quelques barres d'acier, des fils �lectriques et des piles s�ches.
J'aimerais bien examiner �a avant notre d�part.
�a pourrait aider d'autres gens dans le m�me �tat.
Ne partez pas avant qu'on discute, d'accord ?
Bien s�r que non. On peut discuter maintenant.
Margaret ! Ne sois pas si impolie devant les invit�s.
D�sol�e. Je voulais juste m'entretenir un peu avec la docteure.
- Vous �tes bien la Dre Harper ? - Oui, c'est moi.
Assieds-toi et mange avec nous.
Non merci. J'ai d�j� soup� dans ma chambre.
Pas la Dre Harper.
�a ne prendra que quelques minutes. Apr�s, on parlera � votre guise.
Merci.
Maintenant, si vous voulez bien vous asseoir,
je crois que personne d'autre ne viendra faire intrusion.
Quand on est retourn�s l� o� on a trouv� le Dr Kramer,
les grenouilles ont arr�t� de coasser.
- Ensuite... - Oh ! Je sais, je sais.
Tu me l'as d�j� dit. Je n'y crois toujours pas.
D'accord. N'y croyez pas, alors.
Mais � mon retour, j'ai appel� aux tours pour parler � Millie,
et elle n'y �tait pas.
Si elle est revenue par le chemin du Mar�cage,
Dieu sait...
Dieu sait qu'elle est au lit, chez elle.
Vous n'avez qu'� appeler son p�re pour v�rifier.
All�.
Sadie ?
Essayez de joindre quelqu'un � la demeure des Sam, d'accord ?
Je sais que vous vous demandez pourquoi je vous ai r�unis ici,
mais si vous venez � la biblioth�que, vous le saurez.
O� allez-vous ?
� la chambre de Mlle Ingston, tel que promis.
�a peut attendre apr�s ma petite f�te.
Ne m'obligez pas � insister.
Tr�s bien, alors.
Mlle Ingston ferait mieux d'attendre dans sa chambre.
La moindre excitation peut lui �tre n�faste.
Je suis s�re qu'avec la Dre Harper, tout ira bien.
- Bien s�r. - Merveilleux.
Les tours Ingston.
Qui ?
Beggs ? Non, monsieur.
Millie a d�missionn� sans avertissement cet apr�s-midi.
Oui. Elle est venue chercher ses affaires et est repartie aussit�t.
Un instant. Qui est � l'appareil ? Oh ! Le majordome.
Merci.
C'est �trange. Millie n'est pas encore rentr�e chez elle.
Et le majordome a dit qu'elle avait quitt� les tours.
Le majordome ? Il m'a dit de repartir sans elle.
Il a dit qu'elle avait chang� d'id�e.
On devrait peut-�tre faire un tour le long du chemin du Mar�cage.
Je vais emmener mes hommes avec moi.
- Viens. - D'accord.
Comme je l'ai dit,
je m'appr�te � contribuer � l'art de la gu�rison
avec une m�thode bien en avance sur la m�decine moderne.
Il n'existe pas de m�thode de gu�rison en avance sur la m�decine.
Celle-ci l'est.
Si vous l'aviez connue quand vous m'avez soign�,
je crois que les r�sultats nous auraient tous satisfaits davantage.
Si vous permettez, M. Ingston,
- votre allusion r�p�t�e � notre �chec est... - Je suis d�sol�, Dr Timmons.
Je ne l'ai mentionn� que pour illustrer mon propos.
Votre m�thode se fonde-t-elle sur les glandes, par hasard ?
Non, c'est une m�thode qui permet de r�g�n�rer ses tissus � volont�
et peut-�tre m�me de remplacer des organes entiers,
comme le homard peut remplacer une pince perdue lors d'une bataille.
C'est extraordinaire ! C'est vous qui avez fait cette d�couverte ?
Bien s�r que non. Je l'ai apprise d'Agor Singh
au cours de son s�jour chez nous.
C'est ce que je croyais.
Depuis quand le yoga est-il consid�r� comme une science ?
Pour ceux qui partagent mes croyances, c'en est une,
et depuis bien plus longtemps que la m�decine.
Eh bien, si on m'a amen� ici
simplement pour me montrer les ruses d'un charlatan,
- je pr�f�re partir. - Pourquoi ?
Tant qu'� �tre ici, aussi bien rester pour voir.
Non. Les pouvoirs que je vais vous montrer peuvent servir tant au bien qu'au mal.
Il serait peut-�tre imprudent de les montrer au Dr King.
J'en serais indign�
si �a ne me donnait pas une si bonne excuse pour partir.
- Bonsoir. - Oh ! Dr King. Une seconde.
Vous �tes-vous fait examiner r�cemment ?
- Bien s�r que non. - Vous devriez.
Une de vos glandes vous donne des sautes d'humeur.
Avant de faire votre d�monstration,
vous devriez en expliquer le principe.
La science moderne admet maintenant
ce que mon peuple sait depuis des si�cles.
Soit que tout ce qui est mat�riel
est en fait compos� de la m�me essence.
On l'a baptis�e la substance cosmique.
Toute la mati�re n'est en fait que la substance cosmique en vibration.
Si on change la vitesse de la vibration,
on change le genre de mati�re.
Cela, votre science l'admet,
mais la deuxi�me partie, elle ne l'admettra pas.
Par le simple pouvoir de sa volont�, certains peuvent modifier ces vibrations.
Oui, on peut m�me r�duire un objet aux �l�ments qui le composent
et les r�assembler ailleurs par la suite.
Laissez-moi vous montrer.
- Pouvez-vous m'aider avec ce fauteuil ? - Oui.
- Rolf, les lumi�res, s'il vous pla�t. - Oui, monsieur.
- Pouvez-vous m'aider avec ceci ? - Bien s�r.
Merci. Je n'exige qu'une chose:
le silence absolu.
Regardez.
Du sang coule de ses mains.
- C'est impossible. - Mais il y a vraiment du sang.
Vous avez raison.
Voyons ce que �a contient.
Un rubis d'un rouge parfait.
Il y a une inscription en grec ancien dessus.
Quelque chose � propos d'une mal�diction mortelle.
Dre Harper, venez ici.
Dre Harper, je veux que vous veniez ici.
- Le rubis n'est plus l�. - Le squelette non plus.
- Il s'est �vanoui. - Allumez la lumi�re et donnez-lui de l'eau.
M. Ingston, donnez-vous souvent des ordres sur ce ton � vos invit�s ?
Ce n'�tait pas mon intention, ch�re enfant.
J'ai cru qu'en tant que scientifique, la d�monstration vous int�resserait.
Pouvez-vous me rapprocher du groupe, s'il vous pla�t ?
�a va mieux.
Eh bien, messieurs, qu'en pensez-vous ?
Que s'est-il pass� exactement ?
Le squelette vient d'une tombe de la Sicile.
Je l'ai d�mat�rialis� et remat�rialis� ici.
C'�tait le pouvoir de ma volont� qui le maintenait.
Puis, quelqu'un a cri� et m'a fait perdre ma concentration,
qui maintenait les �l�ments ici.
Pourrait-on se servir de cette m�thode pour la r�g�n�ration des tissus ?
�a semble possible.
Enfin, si l'explication de M. Singh est la bonne.
Quelle autre pourrait-il y avoir ?
De l'hypnose collective, comme le tour de la corde qui dispara�t.
�a pourrait �tre possible, mais ce n'est pas �a.
Avez-vous remarqu� le sang qui coulait de ses mains ?
Oui.
Regardez.
Pourquoi le sang ne s'est pas d�mat�rialis� avec le reste ?
Il y a certains d�tails qu'on n'a pas le droit d'expliquer
aux non-initi�s.
Une tache comme celle qu'on a trouv�e � c�t� du Dr Kramer.
D'o� �a vient ? Elle n'a pas �t� bless�e.
On l'a �trangl�e, tout comme le m�decin.
�a ne tient pas.
Attention.
O� va-t-on trouver un homme
qui laisse des empreintes de cette taille ?
Personnellement, je ne veux pas le trouver.
Moi non plus, mais on n'a pas le choix.
Elles semblent mener vers l'entr�e des Ingston.
Voyons ce qu'il y a de l'autre c�t�.
- Moi aussi ? - Oui, toi aussi.
Une autre empreinte menant � l'entr�e.
C'est verrouill� de l'int�rieur.
Il va falloir parler aux Ingston.
On dirait bien.
Je vais reconduire Millie pendant que vous faites �a.
As-tu peur, Jeb ?
�tant psychiatre,
vous devez trouver les explications de Singh
encore plus fantastiques que nous.
Mes �tudes m'ont seulement convaincue
qu'on conna�t tr�s peu les pouvoirs de l'esprit.
Vous ne croyez s�rement pas que ce qu'on a vu �tait r�el, pas vrai ?
Je ne peux pas dire que j'y crois.
Mais une petite voix me dit:
"C'est possible."
Vous devez admettre que la tache de sang est difficile � expliquer.
Oui, elle est encore l�.
Et elle a l'air encore humide.
Je crains que cette d�monstration ne soit pas termin�e.
� vous entendre, on vous croirait effray�e.
Je crois que je le suis.
De quoi avez-vous peur ?
Je ne sais pas.
C'est ce qui rend �a si horrible.
J'ai senti �a d�s mon arriv�e ici.
Je me sens comme une enfant qui a peur dans le noir.
Alors, je dirai � Rolf que je dormirai ici.
Qui a dit que l'�poque de la galanterie �tait finie ?
Non, ce ne sera pas n�cessaire.
Une psychiatre qui veut de l'aide
parce qu'elle a peur dans le noir ? Ridicule.
Je crois que je pr�f�re vous savoir effray�e
que de vous savoir psychiatre.
Pourquoi ?
Je ne sais pas.
Vous avez l'air de vous investir � 100 % dans tout ce que vous faites.
Vous avez sans doute raison.
Si vous vous consacrez enti�rement � votre profession,
comment aurais-je une chance de...
Oh ! Je croyais que vous �tiez seule.
Oh ! Mlle Ingston, attendez.
M. Baldwin allait partir. N'est-ce pas, Dick ?
Apparemment, oui.
Bonne nuit, docteure. � demain matin, j'esp�re.
Oui, � demain.
- Bonne nuit. - Bonne nuit.
Je n'aurais pas d� venir ici. Ils vont le d�couvrir.
Personne ne va le d�couvrir.
Et m�me s'ils le font, il n'y a rien � craindre.
Asseyez-vous ici.
Que vouliez-vous me dire ?
C'est plus difficile � dire que ce que je pensais.
Ce sera plus facile si vous ne me regardez pas.
Avez-vous envoy� Mlle Judd me dire que vous ne vouliez pas me parler ?
Bien s�r que non.
C'est ce que je croyais.
Savez-vous pourquoi elle voudrait se d�barrasser de moi ?
Oui.
Elle est la gouvernante de mon fr�re depuis longtemps, bien avant sa maladie.
Je crois qu'elle s'�tait �prise de lui.
Elle ferait tout pour emp�cher qu'on lui fasse du mal.
Je ne vois pas en quoi ma pr�sence lui ferait du mal.
�a d�pend de si vous me croyez saine d'esprit.
Le croyez-vous ?
Je suppose que personne ne l'est tout � fait.
Pourquoi me demandez-vous �a ?
Eh bien, il y a un peu de folie dans ma famille.
R�cemment, j'ai vu des choses que ma raison refuse de croire.
Quel genre de choses ?
J'ai cru voir de grosses taches de sang sur les tapis au moins six fois.
Ce n'est pas impossible. Ce soir, on en a tous vu une dans cette pi�ce.
Mlle Judd insiste pour dire que ce n'est pas du sang.
- Si c'est juste �a qui vous inqui�te... - Ce n'est pas juste �a.
C'est ce que j'ai vu r�der par les nuits de brouillard,
qui se tapit dans l'ombre et qui dispara�t d�s qu'il y a quelqu'un.
C'�tait quand, la premi�re fois ?
Je ne m'en souviens plus.
Mais la derni�re fois, c'�tait � la barri�re du mur arri�re.
� son passage, les grenouilles ont arr�t� de coasser.
C'�tait la nuit o� on a trouv� le Dr Kramer dans le mar�cage, assassin�.
Je commence � croire que vous n'�tes pas la victime de votre imagination.
Pouvez-vous me d�crire ce que vous avez vu ?
Aussi clairement que si c'�tait dans cette pi�ce.
Son visage �tait difforme et hideux.
�a aurait pu avoir n'importe quel �ge, mais je lui donnerais � peu pr�s...
Mlle Ingston, votre fr�re m'a envoy� pour vous dire d'aller vous coucher.
On n'a pas fini notre conversation.
Je dois l'amener � sa chambre, m�me si je dois la transporter.
Alors j'irai avec vous.
M. Ingston a dit qu'elle doit y aller seule.
Il vaudrait mieux pour nous deux que j'ob�isse.
- Bonne nuit, Dre Harper. - Bonne nuit.
Elle n'est pas aussi folle que les gens le croient.
Non ?
Mais elle a trop parl� et vous a effray�e.
- Pourquoi dites-vous �a ? - Je le sais.
Et je ne vous bl�me pas.
Tout peut arriver, dans cette morgue,
sans que personne ne le sache.
Vraiment ?
Quel genre de choses ?
Je ne vous dirai pas tout ce que je sais.
Mais vous n'avez pas � avoir peur.
Je m'assurerai qu'il ne vous arrive pas de mal.
Vous �tes tr�s gentil.
Laissez tomber. La plupart des femmes ne me font pas cet effet-l�.
Vous �tes diff�rente.
Peut-�tre est-ce parce qu'on vous appelle "docteure".
Dick ! Je vous croyais rentr�.
J'allais partir, mais le chef de police �tait � l'entr�e et m'a fait revenir ici.
Le capitaine Beggs veut vous parler, Laurie.
Ah bon ? � propos de quoi ?
Il vous le dira.
Laurie est ici, monsieur.
- Allumez les lumi�res. - Oui, monsieur.
H� ! Ne partez pas. J'aurai peut-�tre besoin de vous.
Saviez-vous que Millie Carson est venue ici ce soir ?
Bien s�r. J'�tais dans la cuisine.
Avez-vous dit au gardien qu'elle y passerait la nuit ?
Pourquoi aurais-je dit �a ?
C'est moi qui interroge.
R�pondez donc vous-m�me.
Soit vous r�pondez, soit je vous mets en prison.
- Vous ? Et qui d'autre ? - Seulement moi.
- Avez-vous t�l�phon� au gardien ? - Non.
Eh bien, quelqu'un l'a fait.
- Pourquoi moi ? Pourquoi pas lui ? - Je lui ai demand�.
- Ma parole vaut la sienne. - Peut-�tre bien.
Il ne s'est pas disput� avec elle comme vous.
H� ! O� voulez-vous en venir ?
On vient de trouver le cadavre de Millie dans le mar�cage. Quelqu'un l'a tu�e.
Et parce qu'on s'est disput�s, vous me croyez coupable ?
- C'est absurde. - Peut-�tre que oui, peut-�tre que non.
Asseyez-vous et enlevez votre chaussure.
- Pourquoi ? - Faites-le, c'est tout.
H� ! Attendez. Cette boue, d'o� vient-elle ?
Je suis all� � l'auto de la docteure. Avec le jardinier.
- Quelle heure �tait-il ? - Je l'ignore. Pendant qu'ils soupaient.
C'est exact, monsieur.
C'est quoi, �a ?
C'est la longueur des empreintes qu'on a trouv�es pr�s du cadavre.
Montrez-nous votre pied. Allez.
�a prouve mon innocence, n'est-ce pas ?
J'ai bien peur que oui, pour l'instant.
Il y en a d'autres qui ont des pieds.
- Allez mesurer les leurs. - Je vais le faire.
Faites venir ici tous les hommes de la maison.
J'ai bien peur qu'ils soient couch�s.
L'enqu�te ne peut pas attendre � demain matin ?
- Oui, mais �a n'arrivera pas. - D'accord, monsieur.
� propos de M. Ingston, inutile de le d�ranger.
Non.
Vous feriez mieux de faire aussi venir face de statue.
Elle doit au moins porter du dix.
- Qui est "face de statue" ? - Mlle Judd, la gouvernante.
Je ne peux pas l'imaginer courir pieds nus.
Eh bien...
D�sol� de vous d�ranger, docteur,
mais la police exige votre pr�sence.
- La police ? - Oui, le chef de police.
- C'est s�rieux. - J'arrive.
Veuillez m'excuser.
On vous demande � la biblioth�que. C'est la police.
- La police ? - On m'a ordonn� de venir vous chercher.
D'accord, laissez-moi enfiler un peignoir.
Dr King.
Vous feriez mieux de venir aussi, docteur.
Que se passe-t-il ? Mlle Ingston a le droit de dormir.
Vous avez entendu ?
Vous �tes la seule � faire du bruit. Taisez-vous.
Comment osez-vous ?
On l'a �trangl�.
Laurie, sortez-la d'ici, d'accord ?
Les traits d�form�s de son visage. Ses yeux.
Il �tait terroris�.
Docteur, si on l'a �trangl�, pourquoi y a-t-il du sang ?
H� ! Regardez �a.
Il y a une tra�n�e de sang qui m�ne � cette porte.
Excusez-moi.
Qu'avez-vous trouv� l�-dedans ?
- Rien. - Oui, il y a quelque chose.
Une grosse tache de sang.
Comme celle qu'a laiss�e le squelette.
Quel squelette ?
Celui qu'Agor Singh a mat�rialis�.
Quelqu'un vient-il de crier ?
Oui, monsieur. C'�tait Mlle Judd.
- Elle a vu le Dr King. - Le Dr King ? Que lui est-il arriv� ?
- On l'a assassin�. - Assassin� ?
Le Dr King vient d'�tre assassin� ?
Oui, monsieur.
Et �a ne me surprend pas.
Vraiment ? Pourquoi ?
Le squelette, monsieur, et le rubis avec la mal�diction mortelle.
J'exige que vous arr�tiez cette cr�ature.
Non, non. Il n'aurait pas pu tuer le Dr King.
Je n'ai pas dit �a, mais...
Je veux juste savoir qui a tu� le Dr King. Maintenant, allez tous � la biblioth�que.
Je n'y connais rien,
mais l'homme qui a laiss�
l'empreinte dans la boue est-il forc�ment le meurtrier du Dr King ?
N'aurait-elle pas pu �tre faite avant la noyade de la fille ?
�coutez, j'ai assez de probl�mes comme �a, pas besoin d'en trouver d'autres.
Vous pouvez partir.
C'est absurde, docteur. Des mal�dictions, il y en a plein d'autres.
- Comme celle de Toutankhamon ? - Oui, entre autres.
Personnellement, je suis sceptique
- et j'ai de bonnes raisons de l'�tre. - Lesquelles ?
J'ai fait l'exp�dition de Norden et je suis encore vivant.
Je vais me coucher. Vous venez ?
Pas moi. Et vous �tes fou de vouloir monter l�-haut seul.
Si les mal�dictions sont vraies, mes jours sont compt�s de toute fa�on.
- Bonne nuit. - Bonne nuit.
Je vous avais dit d'aller au lit.
Moi, j'avais dit avoir peur dans le noir.
Ne craignez rien. Vous avez de la compagnie.
Je suis contente de l'apprendre.
Et je suis contente que le capitaine vous retienne.
Rien n'aurait pu me convaincre de passer la nuit seul,
et encore moins de revenir chez moi dans l'obscurit�.
C'est gentil, cette fausse peur.
Je suis sinc�re, mon amie, si vous me permettez cette familiarit�.
Je crois que Mlle Ingston pourrait aider � �lucider le meurtre du Dr King.
Mlle Ingston ?
J'ai bien peur que Margaret n'ait pas toute sa t�te.
C'est ce que quelqu'un veut nous faire croire.
En fait, c'est la plus saine d'esprit de la maison.
On attend quoi ? Allons lui parler.
Non, j'ai peur de le faire. �a pourrait entra�ner sa mort.
Comme l'a dit ce chauffeur fou: "Tout peut arriver, ici."
Assurez-vous de garder les chiens en cage, Torque.
Je ne veux pas qu'ils mordent d'autres fossoyeurs.
On dirait bien que c'est vous, le chef, dans cette maison.
Oui, et je vais le rester jusqu'� temps que j'�lucide ce meurtre.
Bien s�r.
Toute cette affaire est incroyable.
- Avez-vous trouv� quelque chose ? - Non.
Juste un cadavre.
Personne ne va transformer ma maison en abattoir
sans se faire prendre.
- Venez � la biblioth�que. - Oui.
D'accord, Laurie. D'accord.
- Bonjour, Dre Harper. - Bonjour, M. Ingston.
- Bonjour, Dick. - Bonjour, M. Ingston.
Mlle Ingston est-elle descendue ?
Elle s'en vient.
J'aimerais la voir. Veuillez m'excuser.
- Bien s�r. - � plus tard.
Bien s�r.
Dick, vous �crivez toujours des histoires du genre.
- Qui est le tueur, selon vous ? - Je ne connais rien aux vrais crimes.
Dans mes histoires, le coupable est celui qu'on soup�onne le moins.
Ce serait moi, n'est-ce pas ?
J'ai bien peur que oui.
Dans ce cas, on devrait oublier la fiction
et traiter �a comme un vrai crime.
- Bonjour, Mlle Ingston. - Bonjour.
Je peux vous parler en priv� apr�s le d�jeuner ?
- Vous n'�tes pas en uniforme ? - "En uniforme" ?
Bien s�r. Tous les domestiques en portent.
Allez mettre le v�tre. S'il vous pla�t.
Oui, bien s�r, Mlle Ingston.
C'�tait du sang humain. Le Dr Phipps l'a analys�.
Oui, mais celui de qui ? D'o� vient-il ?
Les squelettes ne saignent pas.
- On l'a assassin� ! - Qui a �t� assassin� !
Le Dr Timmons ! Dans sa chambre !
- On l'a �trangl�. Tout comme King. - Et la m�me tache de sang.
� mon sens, �a r�gle la question.
Quelqu'un sait-il o� se trouve ce monsieur Singh ?
Vous me cherchiez ?
Oui, je vous arr�te pour les meurtres de King et de Timmons.
Je vous assure que je n'ai rien � voir avec ces crimes.
Vous feriez mieux de garder cette assurance.
Vous en aurez besoin devant le juge.
Quelle sorte de preuves comptez-vous utiliser ?
Des preuves, j'en ai beaucoup.
J'ai entendu parler de votre petit num�ro d'hier soir.
- �a me suffit. - Possiblement.
Mais on va se moquer de vous en cour
quand vous tenterez de convaincre le jury d'un ph�nom�ne si fantastique, non ?
Il a raison, capitaine.
Oui, mais il faut bien qu'on arr�te quelqu'un.
Laissez-moi un peu de temps et je trouverai le coupable.
Vous savez qui c'est ?
Oui, j'en ai bien peur.
Mais je ne ferai rien tant que je ne pourrai le prouver.
Quel homme �trange.
- Aidez-moi avec Timmons, s'il vous pla�t. - Oui.
Entrez.
D�sol� de m'introduire comme �a, Lynne,
mais si, selon vous, Mlle Ingston sait quelque chose
sur ces meurtres, vous devez la faire parler.
Je vous ai dit que je n'ose pas. Elle risquerait sa vie.
On n'a plus le choix. Timmons est mort.
- Timmons ? - Oui.
Et Dieu sait combien de gens mourront si on ne fait rien.
D'accord, essayons.
Eh bien ?
On aimerait parler avec Mlle Ingston.
Elle dort.
Pourquoi avez-vous dit �a ? Vous saviez que je ne dormais pas.
Pas eux.
On ferait mieux d'attendre le d�part de Judd et de r�essayer.
Docteur, vous devez partir d'ici.
Pourquoi ?
Vous ne comprenez pas ? Vous �tes le prochain.
Pourquoi dites-vous �a ? Vous savez quelque chose ?
Peu importe. Vous devriez vous rendre compte du danger vous-m�me.
La maison est pleine de gens, et qui sont tu�s ? Les m�decins.
Le Dr King, le Dr Timmons, sans compter le Dr Kramer.
Vous �tes le suivant. Je le sais.
- Qu'en est-il de la Dre Harper ? - C'est une femme, pas une docteure.
Et Millie ? Elle �tait m�decin, elle aussi ?
Elle en savait trop, c'est tout.
Je lui avais dit de ne pas se f�cher, mais elle ne m'a pas �cout�.
Tant que ce policier de campagne sera l�, je ne pourrai pas partir.
�coutez, docteur, faites vos valises,
et je vous ferai sortir en douce � la tomb�e de la nuit.
D'accord.
Gardez la porte verrouill�e jusqu'� ce que je cogne.
Comme �a.
M. Ingston est impatient de vous voir.
- Ah oui ? Dans sa chambre ? - Bien s�r.
Elle est partie, mais elle a verrouill� la porte.
La cl� de cette porte va peut-�tre fonctionner.
C'est une bonne id�e. �a vaut la peine d'essayer. Allez.
On n'a que tr�s peu de temps, alors je vais me d�p�cher.
Je crois que vous savez qui a tu� ces m�decins.
Vous devez nous le dire afin de pr�venir d'autres meurtres.
Je ne peux pas faire �a.
S'il vous pla�t, Margaret. Il le faut. On n'a pas de temps � perdre.
C'est trop me demander.
J'en sais plus que ce que vous pensez.
Je crois que j'ai vu la m�me chose que vous.
Oh non ! Impossible !
L'homme que j'ai vu dans le brouillard la nuit pass�e,
c'est lui qui a tu� Millie, Timmons et King.
C'est votre fr�re.
Oh ! Vous n'auriez pas d� me le dire. Je pr�f�rais penser que j'�tais folle.
Mais c'est vous qui m'avez appel�e � cause de son comportement �trange.
Je suppose que oui.
Mais je devais me taire apr�s la mort du Dr King.
Kurt Ingston.
C'est impossible. Il est paralys�, j'en suis certain.
J'ignore comment il fait, mais c'est Ingston.
Je l'ai reconnu quand j'ai vu Laurie le transporter.
Mais pourquoi voudrait-il tuer ces hommes ?
Comme vous savez une partie de l'histoire, aussi bien vous dire le reste.
Il est obs�d� par sa condition au point d'en perdre la raison.
Il bl�me les m�decins pour sa pitoyable infirmit�.
Il les a invit�s ici afin de les tuer.
Je le sais, mais je ne peux le prouver.
S'il feint d'�tre paralys�, on peut le prouver.
Le plus important est que Beggs fasse partir Phipps
avant qu'il soit trop tard.
- Dick, donnez-moi la cl�. - Tenez.
Vous feriez mieux de verrouiller la porte apr�s notre d�part.
Je vais trouver Beggs. Dites au Dr Phipps de se pr�parer.
Capitaine, j'ai des nouvelles qui vont vous remettre...
Dick ! Par ici ! Vite !
On dirait bien que c'est trop tard !
Vous feriez mieux d'attendre dans votre chambre. Ce ne sera pas joli.
�trangl�, comme les autres.
Et du sang venu de nulle part.
H� ! Un instant.
C'est dr�le.
Le sang m�ne au mur.
Peu importe qui a laiss� ce sang, il est pass� � travers le mur.
Il n'a pas pu passer par l�. C'est solide.
N�anmoins...
Il l'a fait !
Regardez �a, capitaine.
�a alors !
Bien s�r, regardez �a !
La piste continue par terre.
Cette fois, je pense qu'on va faire une d�couverte qui en vaut la peine.
- Il n'y a qu'une autre flaque de sang. - Oui.
Comme toutes les autres.
�a semble avoir d�but� avec le squelette d'Agor Singh.
�a me suffit.
Je vais arr�ter cet Hindou co�te que co�te.
- Vous auriez le mauvais suspect. - Ah ?
Tu crois avoir trouv� ?
Le coupable, c'est Kurt Ingston.
Balivernes ! On n'a pas le temps de plaisanter.
Je ne plaisante pas. Sa s�ur me l'a dit.
Comment pourrait-elle le savoir ? Elle est compl�tement folle.
La Dre Harper dit qu'elle est saine d'esprit.
Elle dit aussi que quand Millie a �t� tu�e,
elle a vu Kurt Ingston marcher dans le mar�cage.
Ma parole !
Comment pourrait-ce �tre lui ? Il ne peut pas marcher.
Si vous l'examinez, vous verrez qu'il n'est pas plus infirme que moi.
La meilleure fa�on de le savoir, c'est d'aller lui parler.
Entrez !
Eh bien !
Il �tait temps que quelqu'un vienne voir comment je me porte.
On ne vient pas pour bavarder, M. Ingston.
Ne me dites pas qu'il y a eu un autre meurtre ? Qui donc ?
- Le Dr Phipps. - Phipps ?
- �trangl� comme les autres ? - Oui.
Et une tra�n�e de sang qui sort de la pi�ce par un passage secret.
Un passage secret dans cette maison ?
Le coupable a l'air de conna�tre la maison comme sa poche.
Phipps.
Seigneur,
je donnerais tout ce que j'ai pour pouvoir me lever de ce lit !
Certains qui disent que vous le pouvez, M. Ingston.
Je vois que vous avez parl� � ma s�ur,
malgr� les efforts de Mlle Judd.
Je ne lui ai pas parl�, mais Dick, oui.
Je croyais que vous saviez
que Margaret n'a pas toute sa t�te.
La Dre Harper dit le contraire.
Elle dit aussi qu'elle vous a vu marcher la nuit derni�re
au moment du meurtre de Millie.
Alors, vous croyez vraiment que je peux marcher ?
�a pourrait �tre facile de faire semblant d'�tre paralys�.
Vous m'avez bien eu, on dirait.
Je ne suis pas vraiment paralys�,
mais je laisse les gens penser que je le suis.
�a r�gle la question, n'est-ce pas ?
Je vous laisse en juger.
Pourriez-vous rabattre les couvertures ?
Je pr�f�re faire croire aux gens que je suis un paralytique
plut�t qu'une moiti� d'homme.
Toutes mes excuses, M. Ingston.
Mon imagination m'a jou� des tours.
Laissez tomber.
Mais si j'�tais vous, je ram�nerais la Dre Harper en ville.
Je vais le faire d�s que j'aurai la permission du capitaine.
Ce n'est pas le meilleur moment pour demander des faveurs, jeune homme.
Retournons en bas. Allez.
D�sol�. J'ai eu l'air d'un fou � cause de lui.
Vous n'avez pas eu l'air fou.
Vous devez suivre toutes les pistes, s�rieuses ou non.
Personne ne sera en s�ret� tant que vous n'arr�terez pas le tueur.
Je n'aurais pas d� �couter un jeune homme comme toi.
�coutez, capitaine, j'essayais juste de vous aider.
- Capitaine Beggs ? - Qu'y a-t-il ?
Regardez �a.
- C'est la chambre de qui ? - Celle de Laurie.
Je ne vois pas de cadavre.
- Il y a une tra�n�e de sang. - J'en ai assez de les suivre.
On ne trouve rien d'autre qu'une flaque de sang au bout.
Regardez, capitaine !
Une chose est s�re, ce n'est pas lui le coupable.
- Tu ferais mieux d'avertir Ingston. - D'accord.
Attendez !
Ne partez pas.
Je vais avoir besoin d'aide avec ce cadavre.
Oui, monsieur.
M. Ingston, Laurie...
Comment avez-vous fait pour vous asseoir ?
Je vois.
Vous avez encore des soup�ons, n'est-ce pas ?
D�sol�. Je suppose que tout me para�t �trange.
On vient de trouver Laurie dans la pi�ce d'� c�t�.
- Comme les autres ? - Oui.
Aucune chance qu'il soit en vie, n'est-ce pas ?
J'ai bien peur que non.
Vous allez quelque part, Dre Harper ?
Je ne crois pas que �a vous regarde, Mlle Judd.
R�pondez-moi. Croyez-vous aller quelque part ?
Oui.
On va faire une promenade dans le coin.
Vous allez � votre chambre, et vous, vous allez rester enferm�e ici.
Vous faites erreur, Mlle Judd.
La Dre Harper retourne en ville.
Partez, docteure ! Vite, partez !
On ne peut partir sans elle.
Elle veut rester avec son fr�re.
Sortez, docteure, et verrouillez la porte !
Idiote !
Si tu avais aim� ton fr�re autant que moi,
tu les aurais tu�s toi-m�me avant qu'ils s'enfuient.
Cet endroit n'a engendr� que de la haine ! De la haine d�mente !
De la vengeance ! Des meurtres !
Il doit �tre d�truit, ainsi que tous ses occupants.
L�che-moi ! L�che-moi, idiote ! Tu veux qu'on meure br�l�es ?
Oui ! Et tu ne peux rien y changer.
Kurt et toi n'avez pas le droit de vivre.
Et moi, je ne le veux pas.
D'apr�s ce qu'on raconte,
on est en s�ret� tant que les grenouilles coassent.
Il y a une passerelle menant � une ferme par l�. Venez.
Ingston ! Il marche !
Quel h�ros je suis.
- Qui a tir� ? - On s'en fiche. Vous devez partir.
- Qu'est-ce que c'est que ce chahut ? - Je viens de tirer sur M. Ingston.
Ingston ? Mais comment est-il venu ici ?
En marchant.
Doit-on recommencer tout �a ?
- Je sais qu'Ingston ne peut pas marcher. - Il l'a fait quand m�me.
Comment ?
Oh ! Des jambes m�caniques. Je n'y avais pas pens�.
- Elles ne sont pas m�caniques. - Bien s�r que non.
Il les a mat�rialis�es, comme je l'ai fait avec le squelette.
Balivernes. Personne de sens� ne croirait � ces sornettes.
Vous en �tes s�r ?
Je le vois, mais je n'y crois toujours pas.
J'entra�ne son esprit depuis des mois et je lui ai donn� le pouvoir
de redevenir un �tre humain � peu pr�s normal.
Mais il a plut�t utilis� son pouvoir pour tuer les m�decins qui, selon lui,
�taient responsables de son �tat.
Mais Millie et Laurie n'�taient pas m�decins.
Non, mais ils en savaient trop,
tout comme la Dre Harper.
Quand m�me, �a ne tient pas.
Et le sang qu'on a trouv� pr�s des corps ?
C'�tait le sang d'Ingston.
Il ne ma�trisait pas tout � fait la m�thode.
C'est assez horrible.
Regardez, les tours.
C'�tait in�vitable.
Conna�tre les sciences occultes, c'est dangereux.
� moins de les utiliser pour faire le bien,
elles m�nent toujours � un d�sastre.
C'est la loi cosmique.
Fin
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