All language subtitles for 1967 Joseph L. Mankiewicz The Honey Pot (parfaitement corrig+®)

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Original subtitles

Ah ! Venise � cette �poque...

Quel si�cle que le dix-septi�me !

Mon si�cle... mon �poque !

Mosca !

Allez tous deux par les rues r�pandre le bruit de ma mort !

Dites-le gravement.

Quel est votre dessein ?

� cette nouvelle, je verrai aussit�t

mon vautour, mon corbeau,

ma corneille accourir ici pour becqueter mon cadavre.

Tous avides, pleins d'espoir !

Alors vous jouirez de leur d�ception !

Exactement !

Te pr�tendant mon h�ritier, tu leur montreras mon testament !

Ouvre ce coffre

et prends un testament en blanc.

J'y vais mettre ton nom.

Quel r�gal !

Bec ouvert, se voir ainsi dup�s !

Et traite-les de haut !

Mais s'ils demandent � voir le corps ?

Dis-leur... qu'il est en d�composition.

Et qu'il puait.

Qu'on a d� vite le mettre en bi�re !

Oui... n'importe quoi. Voici mon testament !

Cela suffit. Merci !

Mais le V�me acte commence � peine !

Finissez-le seuls si cela vous amuse.

Vous avez pay�. Pourquoi manquer la fin ?

Je la connais bien.

Bonsoir... et bravo !

GU�PIER POUR TROIS ABEILLES

Monsieur Mc Fly ?

Mc Fly ? Dr�le de nom. Que veut-il ?

Votre ma�tre d'h�tel ne parle pas l'anglais.

Vous m'avez convoqu� en r�ponse � ma lettre.

Ah oui ! Le Mc Fly en question.

Vous n'�tes pas st�no et tapez mal.

Qu'est-ce qui vous a incit� � briguer cet emploi ?

Le salaire initial de 200 dollars.

Je parie que vous avez �cart� les candidatures normales.

Pari gagn�. Asseyez-vous.

Mais suis-je qualifi� ?

Acteur, dites-vous...

Je parie que ce n'�tait pas votre dernier emploi.

Exact.

Asseyez-vous. Je d�teste lever la t�te.

Pourquoi �tes-vous � Rome ?

Pour un acteur, Rome est la derni�re chance

quand il a �chou� � New York, Hollywood et Londres.

Vous ne me semblez pas tellement �pris d'art.

Si j'�tais jeune, pas mal et fauch�...

M. Fox, je vous ai tout dit dans ma lettre.

On sait que vous �tes un richissime...

Original, sans doute.

Et moi, un acteur sans engagement qui bricole.

Qu'aurai-je � faire, au juste ?

"Richissime", disiez-vous de moi.

Dans vos r�ves de richesse les plus fous,

de combien r�vez-vous ?

J'imagine mes petits sc�narios jusqu'au r�veil brutal.

- Combien ? -Assez.

Jamais assez !

L�-dessus, chacun a son id�e.

Croyez-moi sur parole !

Et ne me rappelez pas que l'argent n'ach�te pas un sourire d'enfant.

Venez plut�t boire un verre.

Pourtant, on ne peut acheter

les �mes et bien d'autres choses intangibles.

On dit encore cela ?

3/4 de whisky et 1/4 d'eau.

Le "R�confort de Fox". Je ne connaissais pas.

Co�ncidence ?

Non. Voyez mon portrait.

Ma distillerie du Tennessee.

En langage de th��tre, votre fonction ici

�quivaudra en gros � celle de r�gisseur.

Y a-t-il une pi�ce ?

Dans mon esprit, oui.

Et un th��tre ?

Ici m�me.

Le r�ve de tout acteur : jouer au Palais.

Pardon, expliquez-moi...

Si vous songez � des repr�sentations d'amateurs...

Ai-je parl� d'amateurs ?

Alors, que r�girai-je ?

Une farce assez compliqu�e que je veux jouer � des amies.

Quel genre ?

Plut�t une sorte de... charade

o� vous devrez improviser

et faire face � des situations impr�vues.

Vous m'�criviez avoir travaill� � Las Vegas.

Croupier, entre deux engagements.

Vous devez donc savoir jouer au poker ?

- Bien s�r. - Parfait.

Ne diriez-vous pas

que r�ussir � Las Vegas et � Hollywood

ressemble assez � gagner au jeu ?

Avec des chances in�gales.

Celles de perdre au vingt et un

et celles d'�chouer � Hollywood.

N'est-ce pas pareil pour les gagnants ?

Les plus veinards n'ont-ils pas plus de cent millions par film ?

Certains valent �a.

Et certains acqui�rent des fortunes.

Bien peu.

Merle Mc Gill, par exemple.

En effet.

Une amie � moi.

Myrtle Mc Gilicuddy, � l'�poque.

Elle avait 15 ou 16 ans,

mais elle �tait d�j� "Miss Brooklyn."

Un soir, � New York, on nous a pr�sent�s, au Monaco.

Au Morocco.

Et en peu de temps j'avais chang� son nom,

fait redresser ses dents

et obtenu son premier contrat pour Hollywood.

En quelques coups de t�l�phone ? Que ne vous ai-je rencontr� !

J'�tais devenu gros actionnaire d'une firme de cin�ma.

Pr�f�rez-vous un cigare ?

Elle vous doit �norm�ment.

Certes.

Vous parliez de choses intangibles qu'on n'ach�te pas.

La gratitude d'un acteur en fait-elle partie ?

Celle d'un acteur n'est qu'un mirage.

Alors, selon vous, Merle Mc Gill,

la riche vedette, ne pourrait �tre incit�e

par l'app�t de l'argent, � me t�moigner de la gratitude ?

Je connais les acteurs.

Aucun espoir. Elle en a assez.

Moi, je connais l'argent.

On n'en a jamais assez !

"...un souvenir, ch�re Merle, qui m'obs�de de plus en plus

"est celui de la gratitude dont tu as r�compens�

"le peu que j'ai fait pour toi."

"Fait �trange, ch�re Dominique,

"pendant ces derni�res heures

"il est peu de choses que je regrette

"et moins encore dont j'ai honte.

"Sauf en ce qui vous concerne.

"Ma fortune m'est devenue un sujet de contemplation indiff�rent

"car je n'ai plus le loisir de d�penser.

"Il me faut finalement songer � qui je dois

"la l�guer � regret."

�a manque d'accessoires.

L'ambiance d'agonie et de mort n'est pas encore cr��e.

�a ne vous impressionne pas ?

Non. �a ne peut impressionner qu'un plombier !

C'est l'heure de votre le�on quotidienne de poker.

Par une �trange co�ncidence

les 4 as sont tach�s de graisse.

Les 4 as de ce jeu ?

Des taches � peine visibles, � moins qu'on les cherche.

Ce que je faisais...

Tr�s fair-play � vous de le pr�ciser !

� pr�sent, r�p�tons encore cette sc�ne.

Toujours nerveux avant de jouer ?

Un bon acteur se pr�pare.

Un mourant soign� par son secr�taire ?

Les m�decins ont pu m'indiquer.

Quand avez-vous eu cette crise cardiaque ?

Il y a 3 semaines.

Pourquoi pas de m�decins de Venise ?

N�cessit� du secret.

R�percussions �conomiques �normes.

Pas d'autre moyen de tenir cela secret, etc...

- On a donc appel�... - Deux sp�cialistes de Vienne.

- Strauss... - Lequel ?

Les deux : Johann et Richard. Pas parents. Assez dr�le !

Leur pronostic ?

Apr�s long examen : aucun espoir.

C?ur trop �prouv�.

Traitement ?

Attendre paisiblement la fin.

Seul espoir : un miracle !

Je ne l'entends pas battre. Existe-t-il ?

Pas sous mon aisselle !

Laissez cela. Nous perdons notre temps.

� moi de donner.

� moi. Vous les battez depuis ce matin.

� vous de couper.

�cartez donc la main de ce jeu.

Cessez vos basses insinuations !

Ce n'est pas moi qui d�pouillais au 21 les corniauds � Las Vegas.

- Nouveau jeu ? - Jeu neuf!

Miss "Gratitude" et la Princesse "Pardon" ont accept� comme pr�vu.

Je comprends Merle Mc Gill.

Elle esp�re plus d'argent qu'elle n'en gagne pour un film.

Pas la princesse. Vous cueillez vos raisins tr�s haut !

Les meilleurs sont hors d'atteinte du commun.

L'appel n� 3, � Mme "Loyaut�", est parti ce matin.

- D�lai suffisant ? - Elle n'est pas loin.

Mme Sheridan est � Baden-Baden.

Elle prend des bains ?

Ou elle en donne. Sait-on jamais, avec "Etoile Solitaire" ?

"�toile Solitaire" ?

Son nom de jeune fille, si jamais elle en fut une,

�tait �toile Solitaire Crockett, native de votre grand sud-ouest.

- Donnez. - Misez.

Que faisiez-vous dans mon grand sud-ouest ?

Passez la monnaie.

De gros int�r�ts m'y retenaient.

Des gisements d'un m�tal alors peu connu

et peu appr�ci�.

Il manque une pi�ce.

Vous avez l'?il !

Uranium ?

Vos paris sur les dames.

Oui. Sur les deux.

Comment avez-vous trouv� �toile Solitaire ?

En fait, c'est elle qui m'a trouv�.

Passag�re clandestine dans mon wagon priv�.

C'est � vous.

Trois Dames !

Sans tricher !

Et sur ma donne.

Comment cette Miss Crockett pensait-elle r�ussir ?

Par son ambition, son cran

et surtout son avidit� !

La mentalit� du Pionnier !

insatiable. Un s�duisant gouffre sans fond.

Jamais assez d'argent, de biens, de festins, de caresses.

Je me croyais pourtant dou� pour... �a.

imaginez une fille de 17 ans � la fois V�nus et Pieuvre g�ante.

J'essaie d'imaginer.

Cela dura 4 ans, qui me laiss�rent �puis�.

Je compris que je devais choisir :

�toile Solitaire et fin pr�matur�e, ou libert� et longue vie.

Je filai, lui laissant une fortune en actions.

C'�tait il y a 20 ans.

Quelle g�n�rosit� !

Elle �tait mineure, nous avions franchi plusieurs fronti�res.

Et pour moi, certains d�sagr�ments l�gaux.

Pourtant, hors des Etats-Unis.

J'�tais devenu am�ricain.

Je le suis rest�, quoique domicili� en Suisse.

Coupez.

Expliquez-moi.

Songez-y, c'�tait la guerre. Que faire ?

�tant am�ricain,

mon uranium et moi trouvions asile en Suisse

pendant les hostilit�s et apr�s.

J'aurai plaisir � travailler pour vous

en persuadant 3 femmes riches

que chacune va h�riter de votre fortune

mais aussi parce que vous �tes si attirant.

Que de temps pass� aux toilettes. Qu'y faites-vous donc ?

Je n'y suis rest�e que quelques minutes, Mme Sheridan.

J'exige d'�tre au milieu du wagon.

Ici, on est au-dessus des roues.

Nous avons lou� tr�s tard.

Ah ! Quand je pense aux wagons-lits du Santa Fe !

Vous ne le connaissez pas ?

Je n'ai jamais �t� en Am�rique.

Disposer d'un wagon priv�.

C'est une chose qu'on n'oublie pas !

J'en suis persuad�e.

O� est mon somnif�re ?

Comme toujours, � c�t� de vous. Eau, verre et comprim�s.

N'oubliez pas, � 3 heures.

Comme d'habitude, � 3 h juste.

Mais comme, m�me en train, vous dormez si bien.

J'ai remont� mon r�veil.

Sans ce second "Seconal", je ne puis finir ma nuit !

Vous l'aurez, comme toujours. Je suis ici pour �a.

Seigneur...

Ce vieux Santa Fe.

� pr�sent, Cecil se meurt.

Nous contemplions le d�sert jour et nuit.

Toujours quelque chose meurt, dans le d�sert.

Maintenant, il m'appelle.

Maintenant, il se meurt.

7 000 lires, s'il vous pla�t.

Sept mille lires ?

Presque douze dollars ?!

Quatre dollars, mon ami,

et un demi-dollar de pourboire.

Parce que je suis une am�ricaine !

O� sont nos bagages ?

Qu'en a fait ce voleur ?

Nous sommes arriv�es ici avec sept bagages.

Tous dans votre appartement, Mme Sheridan.

Qui �tes-vous ?

Mc Fly, assistant administratif de M. Fox.

Menez-moi � lui.

Impossible pour l'instant. Il repose.

Ou vous m'amenez � Cecil Fox ou je vais le trouver moi-m�me.

M. Fox est un moribond.

Ce sommeil le prolonge.

Vous-m�me ne devez pas �tre bien. Si je ne me trompe

une infirmi�re vous accompagne ?

Une compagne, plut�t.

Elle s'appelle ?

Sarah Watkins.

Puis-je vous mener � vos chambres ?

M. Fox sera heureux de vous savoir ici.

Comme � l'arriv�e des deux dames.

Quelles deux autres dames ?

Elles sont arriv�es ensemble ?

Non. Aujourd'hui...

mais par avions diff�rents.

Son Altesse et Miss Mc Gill ne se connaissent pas.

Mme Sheridan, voici votre chambre

avec chambre attenante pour Miss Watkins.

Je suis au fond du couloir.

Si vous d�sirez quelque chose, appelez-moi.

Je vous dis tout de suite :

ce dont je peux avoir besoin, vous ne l'avez pas.

Votre Altesse ?

Vous m'aviez assur� que je verrais M. Fox... avant d�ner.

Vous le verrez.

J'ai entendu malgr� moi.

La porte �tant ouverte.

Je vous ai entendu dire � la... reine

qu'elle le verrait avant de d�ner.

Apr�s sa sieste d'avant d�ner.

Vous me disiez : apr�s d�ner.

Mais apr�s sa sieste.

Je ne r�clame pas pour la pr�s�ance,

mais pourquoi veut-il la voir d'abord ?

M. Fox n'y est pour rien. C'est moi qui d�cide qui et quand.

Son Altesse �tant arriv�e la premi�re. Vous comprenez.

Auriez-vous �t� acteur ?

Un peu...

Je pourrais avoir besoin de votre aide

que je saurais appr�cier.

Je m'en souviendrai, Miss Mc Gill.

Appelez-moi Merle.

Ou m�me Myrtle.

Et cette Verna, Twil, Shirl. On dirait des d�tergents !

Merle Mc Gill ?

Elle n'est pas venue pour donner un autographe a Cecil !

Ne se peut-il pas qu'elle et la princesse...

Excusez-moi,

mais comme il se meurt peut-�tre y avait-il d'autres femmes.

D'autres femmes ?

Sachez que, pour lui, les autres femmes

�taient des somnif�res en jupons.

Bonnes � le faire dormir !

Prenez-en un avant le coucher.

C'est cette humidit�.

Avec toute cette eau dans les rues !

Je reviens.

Rendons les accessoires vraisemblables,

m�me si le reste ne l'est pas.

Toujours le trac, Mc Barrymore ?

Oubli regrettable. Vous n'�tes pas encore pr�t.

Whisky par intraveineuse.

Vous �tes un acteur n�gligent.

Et ayant vu vos trois partenaires,

je puis vous dire qu'elles ont ceci en commun :

elles sont malignes.

Surtout Mme Sheridan.

Ce n'est pas d'aujourd'hui !

Et la finaude qui l'accompagne ?

Je n'ai fait que l'entrevoir.

Une infirmi�re.

Il faut l'�carter d'ici !

Elle songe s�rement � vous soigner !

Disposez de votre nuit.

Je ne la trouve pas "finaude".

Outre l'intelligence,

quelle autre caract�ristique des trois ?

Que dois-je chercher?

D'abord, l'avidit�.

On n'a jamais assez !

Alors, "pas pr�t"... "acteur n�gligent" ?

Elles me croient mourant et d�sirent le croire.

M�me si je courais un 100 m�tres,

elles me croiraient encore mourant !

Le rideau va se lever !

Si vous frappiez aux loges ?

Premi�re audience pour Son Altesse, n'est-ce pas ?

Dans une heure.

Suivie, apr�s d�ner,

par le re-couronnement de Miss Brooklyn ?

Enfin le moment crucial avec la dame-sh�rif.

L'�toile Solitaire. J'avais oubli�.

S'il y eut jamais tireuse-�clair,

elle est � Venise !

Mc Fly, trouvez un moyen

de la tenir � l'�cart pour ce soir !

Je n'ai pu que l'inciter � s'installer.

Mais j'essaierai.

Et comme vous n'aurez pas besoin de moi,

pourrai-je prendre ma nuit ?

Bien s�r, mon gar�on !

Avec l'infirmi�re, je suppose ?

Peut-�tre...

Encore une chose !

�toile Solitaire pourrait fureter par ici.

Alors enfermez-moi.

Portes d'�tage et d'ascenseur. Et emportez les cl�s !

Qu'essayez-vous de prouver?

Faut-il toujours "prouver" ?

Il doit y avoir plus qu'un jeu...

C'est un fameux jeu et l'amusement commence � peine.

Amusement �trange, presque d�plac�.

D'un autre temps, d'un autre monde.

Ni l'un ni l'autre.

On a simplement oubli� le plaisir d'y vivre.

Au 17�me si�cle, � Londres, sous Elisabeth,

on s'amusait � torturer les fous et les animaux.

Pour les simples d'esprit,

cela correspondait � notre TV.

Quant � l'�lite, pour s'amuser

elle app�tait ses �gaux. App�ts humains !

Venez-vous asseoir.

La sc�ne n'est pas encore pr�te.

Il reste une heure, je ne veux pas la perdre !

Si toutes les trois gobent votre app�t,

quand crierez-vous : "Poisson d'avril" ?

Je n'ai pas de d�nouement en vue. Et vous ?

C'est votre sc�nario, M. Fox.

Voici un cadeau.

Un sablier... avec le sable qui s'�coule.

Tr�s appropri� !

Mon mari tenait � vous l'offrir.

C'est un de ses tr�sors de famille.

Le sable n'est pas du sable, mais de la poudre d'or pur.

Il a pens� que cela vous amuserait.

Pour adoucir ma fin, vous m'apportez encore de l'or !

Votre opinion de moi m'attriste,

mais j'appr�cie votre sacrifice !

Sacrifice ?

Pas du tout.

Ce n'est qu'un... pr�sent, voil� tout.

Vous voyez, je sais...

j'ai toujours su ces choses

que vous et votre mari �tes ruin�s.

Et s�rement

vous et lui devez savoir que tout ce que j'ai ira � quelqu'un.

Est-ce pour cette raison que mon pardon vous importe tant ?

Chapitre femmes,

mon exp�rience avec vous est de celles que je regrette le plus.

C'est peut-�tre m�me la seule.

Je vous ai pardonn�.

Parce qu'alors je ne pouvais admettre

avec mon yacht et mes millions

que quelque chose puisse m'�tre refus�.

Je vous pardonne, croyez-le.

Et parce que maintenant, avec plus de millions encore

je sais bien qu'il n'y a rien, ni personne.

N'est-ce pas...

Altesse ?

Ne laissez pas votre �ducation vous trahir.

Vous m'en voudriez trop.

Le fameux sablier de Karl !

Je craignais tellement qu'il le vende...

comme ses autres tr�sors

un � un... de trimestre en trimestre.

C'est le dernier, n'est-ce pas ?

Quelle garantie aurai-je que ce sera moi ?

Aucune !

Non. Laissez la lumi�re.

Venez-vous asseoir ici.

G�nant, quand la femme a plus besoin de l'homme que lui d'elle.

Oh ! Pardon ! J'ai �cout�.

N'entendant rien, je vous ai cru seul.

Supposition gratuite.

Veuillez m'excuser.

Vous l'�tes, M. Mc Fly.

Nous reprendrons demain, n'est-ce pas ?

Je l'esp�re bien.

Je comprends votre �chec d'acteur.

Vos entr�es sont intempestives !

Forc� d'improviser,

je risque de bouleverser votre intrigue.

Primo : succ�s avec Mme Sheridan.

Elle attendra jusqu'� demain matin.

Pour n�gocier, vous �tes g�nial !

Je lui ai dit que vous aviez un spasme. Mais rien de grave.

Tr�s plausible. Et deuxi�mement ?

Un autre petit cadeau.

Vieille connaissance !

�toile Solitaire et moi avons achet� cette pendule

fort cher, au Texas !

Le jour o� le p�trole a jailli dans ma premi�re concession.

Apporter des cadeaux de prix � un mourant

est-ce une nouvelle mode parmi l'�lite ?

Pas nouvelle du tout.

Ce n'est qu'� notre �poque qu'on esp�re voir partir les mourants

apr�s qu'ils aient respir� le parfum d'un bouquet.

13 heures � New York. 3 heures � Tokyo. Londres, Paris,

Bangkok ?

19 heures � Rome. Mais rien pour Venise.

Ce fameux sablier et cette fameuse pendule.

�trange co�ncidence : ces dames semblent obs�d�es par le temps.

Nous aussi, comme tout le monde.

Cette obsession est commune � tous.

Au commencement �tait le Temps.

Et quand l'humanit� aura disparu, ou explos�,

il y aura encore le Temps.

Ayez du respect pour lui, Mc Fly.

- Que boirez-vous, mesdames ? - Une bi�re sans alcool.

- Je ne crois pas en avoir. - �videmment !

L'Am�rique se ruine en propagande

et le reste du monde ne conna�t pas sa bi�re sans alcool !

Whisky, s'il vous plait.

Je n'aurais pas cru...

C'est un compliment, je pense... Merci.

- "R�confort de Fox" ? - �a, c'est du vrai whisky !

Mais sans glace ! L'eau vient du canal !

Pour vous, Miss Watkins.

Sans glace, merci.

Cecil a-t-il vraiment appel� ces deux chouettes ? Ou bien ?

invit�es toutes deux, comme vous.

J'ai post� les lettres moi-m�me.

La glace... de l'eau du canal ? Le croyez-vous ?

Que leur �crivait-il ?

Je ne puis vous le dire...

Rasseyez-vous, Sarah.

Vous vous connaissez d�j� !

On s'est rencontr�es dans l'ascenseur.

Que vous offrirai-je ?

Puis-je op�rer moi-m�me ?

Bien s�r.

� votre arriv�e,

Mme Sheridan me demandait de lui r�v�ler

ce que M. Fox vous a �crit.

Naturellement, j'ai refus�.

Toutefois, si vous voulez r�v�ler

le contenu de votre correspondance priv�e.

�a peut attendre � demain matin.

Je pr�f�re l'apprendre par Cecil.

Quand d�ne-t-on ?

Ces murs moisis, cet air humide.

Sarah, allumez le feu !

Je ne suis ni moisie,

ni humide. Je n'ai pas besoin de feu.

Moi, je me sens o.k.

D�sol�, Mme Sheridan. La majorit� est contre.

Mon �charpe, Sarah !

�a ne fait rien. Pas d'�charpe.

Je me charge de r�chauffer l'ambiance !

J'ai donn� � Cecil son premier verre

quand �a s'appelait "R�confort de Crockett" !

Mon p�re le fabriquait dans sa cave.

Maintenant...

vous deux...

Demain matin, dehors !

Si vous �tes ici � 10 h, bagages dans le canal !

Quant � me flanquer au canal, je vous attends

devant la fen�tre ouverte !

Chiche ! On y va ?

Pardon, mais vous venez voir

un mourant, et...

c'est un �tre humain.

Miss Watkins a raison.

J'ai le souci de notre s�curit�.

Cette femme est folle. Je sugg�re d'appeler la police.

Appelons les journaux

qui nous enverront leurs indiscrets photographes.

Que leur diriez-vous que nous ne sachions d�j� ?

Etes-vous pr�tes ?

Tenez ferme votre couronne, Altesse,

et votre bouteille, Bassesse !

Je pourrais leur dire :

1) Que seule j'ai le droit d'�tre ici !

2) Que seule je puis h�riter de la fortune de Cecil Fox.

Parce que tertio... et c'est capital

je suis la compagne l�gitime de Cecil Fox !

Alors pourquoi Mme "Sheridan" ?

Parce qu'il s'appelle Cecil Sheridan Fox.

J'ai gard� ce nom, quand il m'a quitt�e.

Domicile commun pendant ?

Suffisamment longtemps.

Quel �tat ?

Colorado... o� l'union libre est encore reconnue.

On savait que vous viviez ensemble ?

Factures, comptes en banque, documents officiels,

j'en ai un plein coffre, avec consultations de juristes.

Renoncez � plaider, Mc Fly.

Si Mme Sheridan dit vrai,

et il serait absurde qu'elle mente...

je crois qu'elle a des droits ind�niables

� la fortune de M. Fox.

Vous ne vous sentez pas humides ?

Peut-�tre m�me moisies ?

Le d�ner est servi.

Cette pendule avance de 5 minutes !

Il s'agit de remonter le courant.

Vous pouvez m'en croire. Il va falloir ramer, et vivement !

Est-elle personnelle

votre compassion pour l'homme de cette sanglante bataille ?

Je ne l'ai jamais vu, mais... pauvre M. Fox !

J'aurais d� m'en douter.

Un personnage devait exprimer la Morale.

Sarah ! Avez-vous mes vitamines B et C ?

Plut�t que de le dire, apportez-les-moi !

L'humiliation publique n'a rien de moral.

Surtout pour une salari�e.

L'heure de Venise ? C'est la m�me qu'� Rome.

Ils se sont donc mis d'accord ?

�a rappelle l'ancien temps, quand on les remontait � la main.

Elle a appartenu � Lucr�ce Borgia.

Elle te l'a offerte ?

Je l'ai achet�e � son p�re, le Pape !

- Tu les as connus ? - Heu... vaguement.

Quelque chose semble te tracasser. Dis-moi quoi.

Pourquoi ce tam-tam...

au sujet de Mme Sheridan, qui serait ta "compagne l�gale" ?

Mc Fly m'a racont� la sc�ne d'avant le d�ner.

Il semblait la croire dans son droit.

Seulement si je mourais intestat.

Je croyais que c'�tait ton c?ur...

"Intestat" = sans testament.

Mais tu as d�j� fait ton testament ?

En entier et devant t�moins l�gaux,

mais avec le nom de l'h�ritier en blanc.

Tu es mal � l'aise, ainsi pench�e... et ainsi v�tue.

Autre chose : Dominique, la reine.

Royaut�. Elle n'est pas comme nous,

fiers de nos sentiments �l�mentaires,

alors qu'elle les simule.

Tu es vraiment �l�mentaire.

M�me ton odeur. Quel est ce parfum ?

De la jungle.

On y trempe les fl�ches.

Tu te rappelles notre jeu :

"B�b� Renard et maman Bunny" ?

Comment l'oublier ?

Un jeu si �l�mentaire !

Ces deux poules en ont apr�s ton fric.

Et toi, mon petit lapin ?

Tu sais qu'il ne m'a jamais int�ress�e.

Les flics !

Ici, on n'est pas dans un motel am�ricain,

mais dans mon palais v�nitien !

C'est un bateau de police !

Vendant des billets pour leurs r�gates...

Mc Fly s'en occupera !

Petit lapin, reviens au terrier !

J'ai trop peur !

Apr�s tout, pourquoi me plaindrais-je ?

D'autres sont morts dans l'ingratitude.

D'autres comme moi :

Gengis Khan, Attila, Hitler.

Grand sot. Je n'aurais m�me pas un regard pour Hitler !

Maniez-le avec pr�caution !

Que faites-vous ici ?

M. Fox m'a invit�e !

Comme c'est vraisemblable !

Sortez... Sans quitter la maison !

Je pourrais fouiller vos bagages !

Ne donnez pas d'ordres ! M. Fox n'est pas encore mort !

Il m'a l'air raide... comme une momie !

Voyez s'il reste des signes de vie.

Plus vite que �a !

Scandaleux ! Que faites-vous ici ?

Il est grand temps qu'on agisse !

Un homme mourant... ou d�j� mort !

Ces deux harpies ici comme des souris !

Suffit ! J'ai appel� une ambulance.

Immobilit� ! Ses m�decins.

Strauss et Strauss ?

L'h�pital de Venise ne les connait pas !

Vit-il encore ?

Le pouls semble bon, mais terriblement rapide.

Il court vers le Jugement Dernier !

�a va, les gars. Emmenez-le !

Laissez-le !

De l'obstruction, Mc Fly ?

Si vous m'y forcez !

- J'ai fait trois ann�es de Droit. - Et alors ?

Alors, si vous insistez pour l'�vacuer

contre les ordres de ses m�decins

et h�tez ainsi sa fin, je vous tiens pour responsable !

Je fais pour le mieux !

Ou le pire !

M�me une �pouse n'a pas le droit de tuer !

Vous qui redoutez l'humidit�,

les prisons de Venise sont sous l'eau.

J'ai besoin d'une bonne nuit.

Car demain matin, vous d�camperez !

Vous tous !

Je n'avais pas vu votre pareil depuis les adieux d'Houdini.

Vous avez failli perdre votre emploi.

Je ne trouvais pas...

L'inspiration a jailli

et une grosse prime vous attend !

Un cigare, je vous prie.

Vous �tes un homme de ressource.

Votre annonce le demandait.

J'esp�re qu'�toile Solitaire dort

en attendant notre r�union demain matin.

Un Waterloo en perspective !

J'appellerais plut�t cela l'acte III.

Quelle pi�ce ?

Un classique du XVII�me, de Ben Jonson.

Volpone a promis de l�guer sa fortune

� chacun de ses amis cupides.

Il s'appr�te � en mystifier un troisi�me.

Tous lui ont apport� des cadeaux de prix.

Il leur a soutir� de l'argent.

Brillant, pour un acteur.

Facile de reconna�tre Volpone...

M�me des acteurs stupides r�vent de jouer Mosca,

son "fid�le" serviteur.

- Volpone est le meilleur r�le. - J'en doute.

Dans ma version, oui.

J'attends votre d�nouement.

Dans la pi�ce, ils finissent en prison !

Saviez-vous qu'avec �a au poing, on frappe comme avec un marteau ?

�a va. Rangez-le.

Une fois, j'ai frapp� Cecil

pas avec �a, mais avec une c�te de b?uf de deux kilos.

Il a failli me tuer

puis nous avons fait l'amour.

L'existence avec lui. Son ardeur a profit� de la vie !

Comme s'il voulait la vivre minute par minute.

Il avait son ambition secr�te.

Vous ne devineriez pas. Personne ne devinait.

Personne ne l'a su, sauf moi :

ce que Cecil d�sirait le plus,

plus que tout au monde,

c'�tait danser.

Danser vraiment !

Pauvre Cecil,

il le d�sirait, tellement.

Quel �tait cet air sur lequel il s'exer�ait

jour apr�s jour, heure apr�s heure.

Ce serait merveilleux si la vie �tait comme un sc�nario de film !

M�me l�, les d�nouements heureux deviennent rares.

Vous d�sirez... Fondu encha�n�:

et vous obtenez !

Le monde serait tellement meilleur !

Sans Mme Sheridan, il le serait.

Vous saisissez ?

Ce serait �patant si... Fondu encha�n�:

et Mme Sheridan serait morte !

Les choses �tranges qu'on imagine.

Ce film que j'ai tourn�.

Une vieille peau, pleine de fric,

elle avait deux neveux, et une nuit,

la vieille meurt, �trangl�e.

L'un des neveux a d� faire le coup.

C'�tait l'un d'eux ?

Nul ne l'a jamais su.

L� �tait l'astuce...

Car ils juraient

avoir pass� la nuit ensemble � jouer au rami.

Il est curieux que cela vous vienne � l'esprit.

Ces deux neveux devaient se faire confiance totale.

Seul moyen pour eux de r�ussir.

Sinon... tous deux perdaient.

Durant les sept derniers mois avec Mme Sheridan

j'ai s�journ� dans 31 villes

toutes tr�s belles.

31 chambres d'h�tels, 31 restaurants d'h�tels

et j'ai ceci pour les distinguer.

Un souvenir de chaque ville, de Paris � Marrakech.

Qu'ouvre cette petite cl� ?

La Bastille ? Ou une mini-ceinture de chastet� ?

La bo�te de m�dicaments de Mme Sheridan.

Au bracelet, c'est plus s�r.

Plus s�r ?

Surtout � cause des somnif�res.

Oui. Sa difficult� � s'endormir ?

- Ce soir, particuli�rement. - Je m'en doute.

Comment pr�f�rez-vous ?

C'est plut�t compliqu�.

Je lui donne un comprim�

et la masse jusqu'� ce qu'elle s'endorme.

Il y a toujours un flacon de comprim�s aupr�s de son lit.

Et � 3h juste, je lui en donne un autre.

Pourquoi pas elle ?

Parce qu'elle n'est jamais bien �veill�e

et risquerait d'en prendre trop.

En fait, les comprim�s de ce flacon...

Qu'ont-ils de particulier ?

Oh ! Je pr�f�re simplement �tre l�.

Un autre brandy ?

...et � leur mort, j'avais dix ans.

Ma grand-m�re m'a recueillie.

La bonne partit. J'eus sa chambre et son travail.

Ce qui fit de moi une sp�cialiste en... femmes geignardes.

Il �tait logique d'en faire ma profession.

Et votre vie personnelle ?

Elle m'a paru rester la m�me qu'� dix ans.

Sans changement.

Pas d'homme ?

Vous aurez du mal � le croire,

mais il n'en est aucun dont je me rappelle le visage.

Longue journ�e... et r�veil � 3h.

�coutez la musique. J'ai un coup de fil important.

Oh ! Sarah... le monde est tellement plus s�r

vu d'une fen�tre d'h�tel.

Tu parles trop.

Dites-moi vos r�ves, je vous dirai les miens.

Que c'est b�te de s'endormir ainsi. �a a dur� ?

Non, pas longtemps.

J'ai d� attendre ma communication.

N'est-il pas tard pour t�l�phoner ?

Je ne pouvais pas plus t�t.

Merci pour ce verre.

Seule � une table, c'est utile.

Dites-moi. Et vos �tudes de droit ?

Vous pouviez r�ussir ?

Pas sans licence. J'ai l�ch� avant la derni�re ann�e.

Oh ! Trop difficile ?

Non, j'�tais dans les cinq premiers.

Le 3�me.

Alors, pourquoi ?

Parce que ceux qui y gagnent bien leur vie sont peu nombreux.

Il faut attendre longtemps pour �tre fix�.

Et apr�s, c'est trop tard !

Si dans ce m�tier vous ne voyez que l'argent...

La voix de la Morale est moins pompeuse.

Ce n'est pas un apostolat.

Pourquoi cette irritation ? Est-ce un coup de fil ?

Au contraire. Ce qui me tourmentait est r�gl�.

Vous �tes trop irritable, pour un homme sans probl�me.

Minuit pass� ! Il n'�tait que 11 h quand vous avez t�l�phon� ?

Je ne me souviens pas.

Je me demande.

Vous rappellerez-vous mon visage ?

Je ne comprends pas...

Avez-vous toujours fui ce que vous ne compreniez pas ?

Certes non.

Ou ce qui peut vous effrayer ? Est-ce cela ?

Les hommes, peut-�tre ? Peut-�tre moi ?

Je ne d�sire pas �tre sans d�fense.

Et pourtant. C'est ce que vous d�sirez.

Jamais connu de femme aussi disponible.

Pas confiance en vous.

Ne me le dites pas.

Ne dites jamais aux hommes

ce que vous pensez d'eux.

Grand-m�re aurait d� vous le dire.

Nous voici arriv�s.

On emm�ne son corps.

Quand tout s'annon�ait si bien. Fini de rire !

Un flic � l'entr�e.

Les lois ont d� changer depuis le 17�me si�cle.

J'en doute.

L'app�t d'hier pourrait lui appara�tre

comme une sinistre extorsion.

Non. M�me s'il la d�couvre,

ce V�nitien s'amusera de la plaisanterie !

Commissaire, j'ai l'honneur de vous pr�senter M. Fox.

L'honneur est pour moi.

Je connais M. Fox de nom depuis des ann�es.

Un tel bienfaiteur de Venise.

Ma patrie.

Mais quelle triste circonstance.

Une si noble dame.

Pardon, mais je faisais allusion � votre �tat.

Vous trouver si... souffrant.

On parle m�me d'une fin...

prochaine.

Etes-vous en �tat de r�pondre � quelques questions ?

Jusqu'� mon dernier souffle.

Quel courage !

Dites-moi.

Mme Sheridan, que vous avez connue pendant tant d'ann�es

avait-elle quelque raison de d�sesp�rer ?

Une d�pression subite ?

Je vois ce � quoi vous pensez.

Mais cette femme, gaie et heureuse,

n'a pu se suicider.

Elle avait toutes raisons de vivre.

C'est que... il y a ce grand flacon vide

qui contenait ses somnif�res.

Il �tait plein

quand l'infirmi�re est sortie hier soir

avec M. Mc Fly.

Des somnif�res. Encore, apr�s toutes ces ann�es.

Voyons, cette nuit,

avec l'infirmi�re � quelle heure �tes-vous rentr�s ?

Vers minuit 3/4.

Puis elle a d�couvert le corps vers 3 heures.

Comment et quand avez-vous appris le d�c�s ?

Peu apr�s 5 h par le cuisinier,

qui avait trouv� l'infirmi�re

dans la cuisine.

- Qu'y faisait-elle ? - Son th�.

Elle y buvait son th� en laissant la morte seule ?

Que pouvait-il arriver � Mme Sheridan ?

Oh ! Si seulement je l'avais vue hier avec les autres.

�a a d� la bouleverser.

Je vous en prie, ne vous tourmentez pas.

Vous avez toutes raisons de vivre.

M�me peu de temps.

Comme vous comprenez l'humanit�.

Dans mon m�tier, on la voit de si pr�s.

Si j'ai bien compris,

cette porte �tait ferm�e � cl�, cette nuit ?

Par moi, de l'int�rieur.

Les portes de chambre et de terrasse aussi.

Pour qu'il ne soit pas d�rang� pendant la nuit,

vous comprenez.

Certainement.

Chez moi, avec ma femme et mes filles,

je n'ai m�me pas la cl� de la salle de bains !

Ce ballot doit se croire le b�tard de Charlie Chan et de Jerry Mason !

Perry Mason.

Vous �tes s�r ?

Il est froid !

Une de nos figurantes m'intrigue,

car je ne sais rien d'elle.

L'infirmi�re, Miss Watkins.

Dites-moi, fid�le Mc Mosca,

sous-estimons-nous la finaude Sarah ?

Elle est n�gligeable.

Elle ne figure dans le sc�nario

que comme compagne d'�toile Solitaire.

� pr�sent, un peu de poker !

Echauffons-nous un peu

pour affronter la journ�e !

L'ambiance n'a-t-elle pas chang� ?

L'amusement s'est dissip�.

�a va trop bien pour s'arr�ter !

�toile Solitaire aurait approuv�, je pense

que j'aille jusqu'au d�nouement.

Mon d�nouement.

Le r�p�tons-nous encore ?

Comment ?

Ah ! Oui... le d�nouement. Vous aurez fait semblant de mourir.

Vous reposerez sur votre lit et j'appellerai les trois...

non : les deux dames �plor�es, pour leur lire votre testament.

Je le lirai en regardant chacune d'elles

d'un air sugg�rant qu'elle est l'h�riti�re.

� ce moment crucial, j'attendrai

prolongeant le plus possible la torture

avant de lire le nom de votre seul h�ritier...

William Mc Fly !

Grand choc ! Commotion !

Et vous ressuscitez ! Cris, sensation, rires !

Fin de la pi�ce, fin du r�le. Fin de mon "job" !

Le testament.

Le nom est rest� en blanc.

Je l'ajouterai au dernier moment.

Je n'aime gu�re que Rizzi r�de par ici.

Enfermez-vous. Je passerai par le jardin.

Votre mise...

� moins que votre flirt avec Sarah vous ait laiss� � sec !

J'ai toujours assez.

Je dois emporter passeport et dollars.

La famille de Mme Sheridan. Quel est son plus proche...

Parent ?

Je ne lui en connais pas.

Dans ses papiers.

Y a-t-il un testament ?

Aucune id�e.

D'ailleurs, �a regarde le consul am�ricain et les hommes de loi.

Entrez !

Je comprends la n�cessit� pour vous d'arriver � Venise incognito.

Mais pas sans y �tre invit�e !

J'ai d� m'exprimer mal. Mon anglais est si...

Vous devez avoir du mal � imaginer que Cecil Fox et moi...

Pas du tout !

Mais comment vous dire ?

Il a �t� mon premier... homme !

Et cela, on ne l'oublie pas !

Je me souviens du mien.

Il a fil�, lui aussi !

�a va, cond� ! Qu'avez-vous dans la caboche ?

Ou plut�t dans vos deux caboches ?

"Cond�" ? Vous parlez une langue, que je ne connais pas.

Si vous coupez dans les vannes

bonnis par cette royale surgel�e, vous serez le cond� le plus cave

qui ait jamais barbot� dans la flotte de Venise !

J'y renonce !

Peut-�tre �coutez-vous Son Altesse.

Bonne id�e, si j'avais refroidi Mme Sheridan...

car vous �tes peut-�tre au parfum !

"Refroidi". �a, je connais !

Mais ce n'est pas moi. C'est elle !

Je n'ai accus� personne.

Quant � la princesse...

Son Altesse,

je ne l'ai pas encore vue, donc interrog�e.

D�sol�e, inspecteur.

Je ne sais pourquoi j'ai d�bloqu� comme �a.

Sans doute l'�nervement.

Apr�s tout la franchise est la meilleure politique.

Contestable, mais pour l'instant, je l'appr�cierais.

Quand vous verrez la princesse, savez-vous ce qu'elle dira ?

Si j'avais ce don, je resterais au lit.

Elle va dire qu'elle et moi avons pass� ici toute la nuit

� jouer au rami.

Ce sera un mensonge.

Parce qu'elle ne sait pas jouer au rami !

Tr�s int�ressant.

Mais pourquoi choisir un jeu qu'elle ignore ?

Idiot de sa part. Mais peu importe le nom du jeu !

L'important, c'est que pour moi les choses aient tourn� ainsi.

- Et pour vous aussi. - Pour moi ?

Vous auriez trouv�, mais peut-�tre pas si vite.

S'il y a eu meurtre.

Quoi d'autre ?

Pour le mobile, saviez-vous qu'elle �tait li�e � Cecil Fox

par une union l�gale ?

Elle vivante, la princesse n'avait aucune chance d'h�riter !

Mais vous non plus.

Avec Mme Sheridan morte

et la princesse arr�t�e pour meurtre,

il ne resterait que vous.

N'est-ce pas vrai ?

Entrez.

Malheureux accident, dirons-nous.

Depuis quand dans le m�tier, inspecteur ?

Depuis quand ?

Avant qu'il y e�t des canaux � Venise, me semble-t-il !

M�me un amateur enqu�tant sur une mort aussi soudaine

et aussi myst�rieuse

examinerait l'emploi du temps de chacun ici pendant cette nuit !

Oui, m�me moi.

Ainsi j'ai appris que vous jouiez au rami

chez Miss McGill.

Alors sachez que jamais je ne suis all�e chez elle !

Et je ne sais pas jouer au rami !

Quelle sottise, Rizzi !

Ni votre t�moignage, ni celui de Miss McGill

ne sont valables

parce que vous avez toutes deux trop � y gagner.

Pas besoin de l'argent de M. Fox.

Voil� ce qui m'�tonne :

cette incroyable fortune dont nul n'a besoin

et que chacun d�sire !

Avez-vous chang� de chambre ?

Tr�s compr�hensible.

D�plaisante ambiance.

Non, je n'ai pas chang�.

Alors, de quelle chambre sortez-vous ?

Il serait inutile de me le cacher.

Celle de M. Mc Fly.

Il y �tait ?

Cherchiez-vous quelqu'un ?

Quelque chose ?

Pourquoi vous poser d'autres questions

si vous n'entendez pas y r�pondre ?

Je le crains.

Je peux pourtant insister sur ceci :

d�sirez-vous modifier votre avis

que la mort de Mme Sheridan a �t� accidentelle ?

Non, je ne veux pas changer.

Miss Watkins, si, � n'importe quel moment

pour quelque raison que ce soit, vous changiez d'avis,

il faudrait m'en aviser aussit�t.

Le ferez-vous ?

Qui attendez-vous ? Un ange ?

Je me sentais des ailes.

Mais qui veut faire l'ange.

Fait la b�te, je sais !

Alors ? Jamais vu d'homme dans un jardin ?

Pas un mourant, qui danse !

Dommage pour vous.

J'ai parfois de ces moments... d'euphorie.

Comment trouvez-vous mon jardin ?

Presque... accablant.

Je pr�f�r� ce coin tout simple, ici.

Celui des plantes en pot.

Rien � voir avec le jardin ! Plus � l'aise ici ?

D�formation professionnelle.

Vous voyez la nature sous l'angle du bassin.

C'est bien vulgaire.

Epargnez-moi ces go�ts modestes.

Fichaise ! Cela veut dire :

"Je ne puis me payer ce que je d�sire".

Ce jardin, je n'en voudrais pas.

Il ne vit pas vraiment.

Il a l'air d'�tre embaum� depuis des si�cles.

Qui est vulgaire ?

Parler d'embaumement � un mourant ?

Vous m'y avez pouss�e.

Bien s�r. Et vous avez ripost�.

Vous avez de la d�fense, je l'ai senti.

- Me soigner vous plairait ? - Gu�re. Merci.

Jugement h�tif, mais on y reviendra

quand les autres seront parties.

"Parties" ?

Elles s'en iront, Si je progresse ainsi.

Vous pensiez que je disais "parties" au sens... fatal ?

J'h�sitais.

Avec une, cela suffit largement.

Faisons un tour de jardin.

Chassez vos id�es pr�con�ues

et savourez cette ambiance.

Je n'en reviens pas de vous voir si bien.

� entendre M. Mc Fly, vous d�cliniez si rapidement.

Sans doute ne veut-il pas susciter de faux espoirs.

N'est-ce pas plus sage ?

D'accord ?

Sarah, tu n'es pas du tout d'accord.

Tu trouves tr�s �trange que Mc Fly

veuille le faire croire plus mal... alors qu'il va mieux.

Donc Mc Fly vous a cach� notre petit jeu ?

"Jeu" ?

Plus qu'un jeu : une... farce.

Je ne comprends toujours pas.

D'abord, je n'ai pas eu de crise.

Je ne me suis jamais mieux port�.

Mais vos lettres � ces trois dames...

Partie du jeu.

J'avais compt� pour elles � un moment de leur vie.

Un jour, je me suis demand� si je comptais encore,

et � quel point.

Amusante exp�rience...

M. Mc Fly faisait partie de ce... jeu ?

Il �tait non seulement mon r�gisseur, mais l'un des acteurs.

Alors Mme Sheridan

est morte au beau milieu d'une... farce ?

C'�tait difficilement pr�visible.

M. Fox �tant en parfaite sant� et Mc Fly le sachant,

assassiner Mme Sheridan n'avait aucun sens.

Savez-vous ce qui figurait les heures sur ce cadran ?

17 saphirs de 40 carats,

sertis de diamants pour capter la lumi�re.

Dites-moi...

S'il restait un saphir serti de diamants

et que je vous offre, l'accepteriez-vous ?

Certainement pas !

Avec cela vous pourriez acheter...

Cette chambre-salon, pour toujours.

Quantit� de ceintures inviolables, sandwiches au cresson.

Je d�teste le cresson, ne porte pas de ceinture,

et la question n'est pas l� !

Alors, o� ?

Qu'exigeriez-vous de moi ?

Vous voudriez avoir ce bijou pour rien ?

Pourquoi �tes-vous si s�r que je le d�sire ?

Votre cahier d'�l�ve est pr�t ?

Nous allons �tudier... le larcin.

Accidentellement, j'ai d� me tromper de classe.

Accidentellement ?

Vous auriez pris mon escalier priv� jusqu'� mon jardin,

par pur hasard ?

Heu... en fait... je cherchais...

La route des Indes ?

Le larcin, en un sens, c'est le vol, bien s�r.

Mais il a un sens plus attrayant.

C'est aussi un talent.

Donc un instinct,

comme celui des sons, de la couleur, du dessin.

On l'a... ou on ne l'a pas.

Partout o� des gens de talent,

o� ceux qui ont d�vi� de la normale se rencontrent,

ils se reconnaissent d'instinct.

C'est le cas pour nous, voleurs dans l'�me.

Vous me suivez ?

C'est absurde !

Vous �tes persuasif,

mais je vois bien ce que vous cherchez.

Vous �tes plus forte que moi, car j'ignore ce que vous cherchez,

mais je suis s�r que vous cherchez quelque chose.

D'abord, en admettant que vous jouiez ce jeu,

si je vous d�non�ais ?

Primo : le jeu est fini, ou presque.

Secundo : vous ne le ferez pas.

On ne le fait pas, quand on est vous.

Il est plus tard que je ne pensais et j'ai des "portes" � ouvrir.

Ceux qui me pleurent pourraient les enfoncer.

Alors Mc Fly aussi doit savoir que le jeu est fini, ou presque.

Pas de questions ?

Pas de r�ponses ?

Vous trouverez la sortie ?

Mais ce n'est pas fini du tout !

M. Fox le pense, mais la farce lui �chappe, � pr�sent.

Elle continue � ses d�pens, et le jeu se poursuivra.

Il est clair que M. Fox sera la prochaine victime.

Le "Volpone" de Ben Jonson.

La farce innocente et douteuse de M. Fox.

Plus un meurtre.

Et bient�t un autre, si tu n'arr�tes Mc Fly.

Arr�te-le donc, Sarah.

T�l�phone � l'inspecteur Rizzi

ainsi qu'il te le demandait.

Vous nous avez manqu�.

Vous entrez et sortez si discr�tement.

J'ai amus� ces dames, elles m'ont trouv� s�duisant.

J'en suis persuad�e.

Moi aussi, jadis, j'ai saut� des repas pour lire.

M. Fox a des livres merveilleux, n'est-ce pas ?

Je ne sais pas.

Il a un faible pour le 16�me si�cle :

Shakespeare, Marlowe, Bacon...

Ne vous fatiguez pas.

Je suis au courant de la farce qu'on joue.

Vous n'y �tes pas m�l�e ? Elle n'est plus amusante, ni s�re.

Vous savez bien que si.

Pendant la journ�e qui vient

je voudrais que vous oubliiez tout ce que vous avez vu ou su.

J'en ai d�j� assez fait.

D�j� ?

Vous avez tu� Mme Sheridan. Je n'ai rien dit � personne.

N'est-ce pas assez ?

Il semblerait...

Je vous ai r�v�l� son recours aux somnif�res.

Ce flacon pr�s de son lit. Flacon qui a �t� vid� expr�s

pour faire croire au suicide.

Mais je ne vous avais pas dit

que ces comprim�s �taient sans danger.

C'est un somnif�re apport� par vous qui l'a tu�e.

Ici, on s'en procure sans ordonnance.

Preuve du crime, peut-�tre, mais pas que je l'aie tu�e.

"Preuve manifeste", n'est-ce pas plus juridique ?

Il me fallait la trouver. C'est fait.

La lui direz-vous ?

D'abord, faites-moi une faveur.

C'est plut�t un ultimatum.

C'est vous qui cessez d'�tre impliqu�,

c'est vous qui cesserez de jouer ce "jeu", "farce", ou "sc�nario" !

Et si je ne veux pas ou ne puis ?

Si vous voulez terminer la pi�ce selon votre version...

j'appellerai Rizzi.

Pour lui dire ?

Qu'il y avait deux rouleaux

pleins de pi�ces d'un quart de dollar

dans le sac de Mme Sheridan, ce soir-l�,

et qu'� sa mort ils avaient disparu.

Co�ncidence,

quand vous avez pay� avec des pi�ces, au caf� ?

Puis le gondolier, avec des pi�ces �galement ?

Ce pouvait �tre des pi�ces italiennes, fran�aises, ou autres.

Je l'ai pens�

et je l'ai esp�r� !

Mais ce matin, j'ai visit� votre chambre

o� j'ai trouv� tout un rouleau...

de ceci.

Une seule ?

Cela suffira !

Vous voil� impliqu�e, � pr�sent !

Mais vous allez faire ce que je vais vous dire !

J'ai dit que vous aviez la migraine � Merle et Dominique,

int�ress�es � la mort de Mme Sheridan.

Vous pensez � tout.

Mon r�le l'exige !

Restez ici, taisez-vous ! Et vous n'aurez aucun ennui !

Et me donnerez-vous

cette fortune si convoit�e, selon vous ?

Je ne promets rien.

Si ce n'est que M. Fox, bien portant, va mourir.

Que vous allez bient�t le tuer.

Ne dites cela � personne !

Je vous promets d'avertir Cecil Fox !

Ne vous y risquez pas.

Pour votre bien, croyez-moi !

Suis-je menac�e, moi aussi ?

En un sens, c'est un soulagement.

Quelle sottise d'essayer...

J'en ai fait de pires.

Puis-je vous aider ?

Je m'y entends assez bien.

Ce bagage est lourd, et la gare est loin d'ici.

On appelle un canot taxi.

On t�l�phone... simplement ?

Si vous excusez le mot : mort !

Tous partis.

M�me le cuisinier !

Le service ne r�pondant plus, je suis all�e voir.

Mais je puis au moins sortir, j'esp�r�.

Toutes les portes sont ferm�es !

Au-dessus, Fox est enferm� dans une ambiance musicale.

De son c�t�, Tarzan est boucl� avec Jane.

Plus de t�l�phone, plus de personnel.

Nous restons seules, livr�es � nous-m�mes.

Comment avez-vous pu ?

Je me suis hiss�e.

En tirant vers le haut !

Tirez vers le bas !

J'ai peur de l�cher. Voulez-vous m'aider ?

Voil� un plat inattendu ! Vous pouvez l�cher !

La jambe promet. Et le reste ?

Transpirant ainsi, craignez de prendre froid !

Ce n'est pas de la transpiration.

C'est la sueur d'un corps sain que j'exerce.

Mme Sheridan m'avait dit...

Touchant, ce d�sir d'�tre danseur.

Mon r�ve de petit gar�on...

Deux choses que l'argent n'ach�te pas :

d'abord, le talent,

et ensuite le corps qu'il faut avoir.

Le motif de ma... visite.

Quant � votre corps, je suis s�r... enfin, je pr�sume.

Si vous voulez...

Un motif grave.

Sensible et aimable, avec �a !

Laissez-moi vous dire !

Si on s'�tendait, pour parler ?

Vous risquez d'�tre assassin� !

L'assassin essaiera probablement ce soir m�me !

Je le connais ?

Si vous promettez de ne pas me molester.

"Molester". On se croirait dans un jardin public !

Massepain chocolat� truff� d'or.

Apaise les filles ardentes comme vous.

Alors, mon assassinat imminent ?

Pour commencer,

j'ai trouv� Volpone dans une biblioth�que.

Je m'en doutais. Vous �tes fine... et finaude.

Mc Fly n'aime pas ce qualificatif.

Son nom est r�v�lateur.

Fly = Mosca (mouche, en italien).

Et Fox se traduit par Volpone (renard, en italien).

Son nom l'a fait engager.

Un autre s'appelait Fledermaus (chauve-souris),

et un alg�rien, M. Ts�ts�.

La ressemblance de Mc Fly avec Mosca

d�passe la similitude de noms.

Int�ressante d�couverte !

Les boules dor�es s'enl�vent.

Dans la pi�ce,

Mosca inscrit son nom sur le testament de Volpone

et r�ussit presque � emporter le magot.

Mais tous deux finissent en prison.

Mc Fly le m�rite : il triche aux cartes.

Aux cartes ? S�rement pas.

Savez-vous combien de fois il a perdu depuis qu'il est ici ?

Pas une !

J'ai beau marquer les cartes

et donner des coups de pouce, il gagne !

Donc il triche !

Pas aux cartes.

Mais si le gain justifiait le risque,

je suis s�re qu'il tuerait.

Ecoutez...

Supposons que "A" poss�de le testament de "B" mourant,

assurant � "A" la grosse fortune de "B".

Une femme le r�clame, �tant "compagne l�gale".

"A" sait que "B" n'est pas mourant.

Alors pourquoi tuerait-il la femme ?

Vous oubliez que "A"- Mc Fly -

est seul � savoir que "B" - vous- n'est pas mourant !

Mais vous l'avez vous-m�me �crit.

Vos serviteurs t�moigneront.

Deux femmes pourront le confirmer en justice.

Mais il n'y aura pas d'enqu�te

sur la mort de Cecil Fox, protecteur de Venise.

Non. Apr�s de belles fun�railles et un chagrin apparent...

Mc Fly aura tout.

Certes, � vous entendre.

Je peux prouver que Mc Fly a tu� Mme Sheridan.

Si vous le pouvez, vous le devez.

Quand il m'a sortie, hier soir...

Pour m'�loigner d'ici, je suppose.

Whisky ?

Avec de l'eau.

Il m'a laiss�e seule au caf� pour t�l�phoner, soi-disant.

En fait, il est revenu ici.

Par canot, quelques minutes suffisent.

Il a �veill� Mme Sheridan

et lui a donn� des comprim�s qui l'ont �tourdie.

Facile, car elle les aura r�clam�s.

Puis assez pour la tuer !

Je pourrais constituer son alibi.

J'ai dormi pendant son absence

et ne puis dire combien elle a dur�.

Il y a possibilit�, mais non preuve. Pourquoi serait-ce Mc Fly ?

Merle et Dominique auraient pu.

Et n'importe qui ici. M�me moi.

Je connaissais les insomnies d'Etoile Solitaire.

Alors voici la preuve manifeste, comme disent les juristes.

Dans leur jargon inintelligible.

Si manifeste que cela me trouble...

J'ai peine � le croire si...

si stupide !

-� quel point ? - Enfantin !

Mme Sheridan avait des pi�ces am�ricaines neuves

dans son sac.

Il ne manquait que cela quand je rentrai

et la trouvai morte.

Ce matin, me glissant chez Mc Fly, j'en ai trouv� un rouleau.

En effet, c'�tait stupide. Incroyablement stupide.

Je voudrais...

Mais le sais-je vraiment ?

Si seulement il �tait plus stupide... ou moins...

S'il comprenait qu'on ne peut tout d�sirer et tout avoir.

Parce qu'alors plus rien n'aurait de valeur.

Je ne veux pas faire de morale. �a l'irrite et vous aussi

mais il y a des choses...

Lesquelles ?

Pas l'or, peut-�tre,

mais pourtant pr�cieuses

non n�gociables.

Simplement... tendres.

L'amour, par exemple ?

Dans votre bouche, ce mot r�sonne comme de la haine.

Pour vous, l'amour est un acte de foi. Navrant !

Vous n'y croyez pas.

Lui non plus.

Je le d�plore.

Dites-moi,

pourquoi n'avez-vous pas d�clar� tout cela � Rizzi ?

- Ou l'avez-vous dit ? - Non. Pour prot�ger Mc Fly.

Au moins jusqu'� ce que je sois s�re...

Estimant qu'il �tait moralement d�fendable

de mentir � un policier

vous avez pris la responsabilit� de confronter Mc Fly

avec vos soup�ons ?

Je l'ai fait.

-Avec toutes vos preuves ? - Bien s�r.

"Bien s�r" !

Vous avez une cervelle d'oiseau !

Ah ! ces femmes qui se m�lent de tout,

incapables de sauver leurs t�tes !

La mienne ne court aucun danger !

Mc Fly m'a dit, en m'enfermant, que je serais en s�ret�

tant que j'y resterais

et me tairais.

Mais j'ai senti que je vous devais...

Me deviez quoi ? Pourquoi ?

Parce que vous �tes en danger d'�tre tu�

et qu'un �tre humain ne peut laisser faire.

C'est l'histoire de l'humanit� :

des �tres en laissant tuer d'autres !

Vous osez r�agir ?

Je vous d�nie toute raison de m'aider !

N'avez-vous pas song� qu'avec ce bon c?ur stupide,

que vous croyez avoir en commun avec toute l'humanit�,

vous forciez l'assassin � continuer ?

C'est le risque qu'il faut prendre.

Il ne faut pas !

Si vous voulez un chocolat, demandez-le !

Maudites pendules !

Le soleil se l�ve � Bangkok.

Il se fait tard, � Venise.

� Bangkok aussi.

Qui vous fait croire que lever de soleil signifie 't�t" ?

Il est tr�s tard, partout !

Rien de tel que l'or, pour passer le temps.

� pr�sent comme jadis.

Regardez...

Voyez la couleur du temps.

Dor�e.

Les gens attribuent si peu de valeur au temps.

Ils choisissent davantage, et non mieux.

M�me pour le temps.

Ils aspirent � vivre cent ann�es mis�rables

et s'estiment frustr�s avec cinquante... meilleures.

Quantit�, oui... Qualit�, non !

Venise est petite, pr�cieuse.

Los Angeles, gigantesque, terrifiant...

Qui d�sire y vivre ?

La plupart des gens !

Il y a du bon temps et du mauvais.

Les pendules se soucient-elles de sa qualit� ? Non.

Mais nous, oui... Nous, les connaisseurs.

Nous ralentissons aux bonnes heures pour les savourer

et glissons sur les mauvaises !

Les petites gens avalent le temps comme un sandwich.

Cent ans de sandwiches, voil� ce qu'ils choisiront tous !

Les dix minutes � venir

seront pour moi plus pleines et plus riches

que les dix prochaines ann�es de ballots de n'importe o�.

Savez-vous de quoi je parle ?

Franchement, non.

J'appr�cie ce que vous avez essay� de faire pour moi.

Ob�issez � Mc Fly. Rentrez chez vous et restez-y !

Cela ira pour vous ? S�r ?

Tout � fait s�r.

Aucun souci � avoir.

Un chocolat pour le voyage ?

Un baiser d'adieu ?

On ne m'avait plus embrass� ainsi depuis mon enfance.

En voiture !

Avec ces jambes-l�, faire de la morale...

D�cevant comme le bas du corps d'une sir�ne.

Bonne nuit, M. Fox.

Bonne nuit, ange gardien !

Rome, Londres,

New York, Paris, Tokyo,

Bangkok !

Je fais rami, n'est-ce pas ?

S�re de n'y avoir jamais jou� ?

Oui ! Pourquoi ?

�a a d� �tre ainsi la premi�re fois que Heifetz a pris un violon !

Rami, je crois !

Venez avec moi.

"...et comme ma ch�re Venise...

"accordera � son fils d�vou� Cecil Fox

"des fun�railles solennelles.

"Je d�sire qu'elles soient c�l�br�es..."

Ne peut-on sauter ce blablabla ?

Impossible.

"...selon l'esprit et les coutumes de mon 17�me si�cle."

Si vous lisiez cette partie apr�s ?

Non. Impossible !

Un testament est le dernier �crit d'un homme !

Ayez la d�cence de l'�couter !

Quelqu'un monte !

Qu'y a-t-il ? Qui est-ce ?

Il ne reste que peu de temps.

Puis-je finir cette sc�ne, cette derni�re clause du testament ?

"Au cas o� mon d�c�s pr�c�derait ma d�signation d'un h�ritier

"de tous mes biens, connus et inconnus de moi

"et de l'insertion par moi de son nom

"dans l'espace blanc r�serv� � cet effet,

"l'h�ritier

"d�sign� et inscrit de la main de Mc Fly

"sera mon h�ritier de fait

"comme s'il �tait d�sign� par moi

"et son nom �crit par moi, de ma main."

C'est Miss Watkins. J'avais rouvert sa porte.

Soyez gentil.

Dites-nous tout de suite le nom de l'h�ritier.

Si vous voulez.

Le nom de l'h�ritier est...

William Mc Fly.

Attendez-vous des r�actions ?

Plus de r�actions.

Mesdames, messieurs, ceci termine la repr�sentation.

La pi�ce est finie !

La pi�ce ?

Quelle pi�ce ? O� ?

Ici, Altesse...

Un classique anglais : Volpone �

Version interrompue, pourtant...

On l'a trouv� o� vous disiez. Le corps est parti.

Alors M. Fox est mort ?

Compl�tement.

Le jeu �tant termin�, faisons face aux r�alit�s.

Mc Fly, s'il vous pla�t ?

Premi�re r�alit� :

Cecil Sheridan Fox est mort ruin�. Fauch� !

Sans un centime.

Plusieurs hypoth�ques sur ce palais...

2 r�guli�res, � New York et Londres,

2 sous la table, � Rome et Beyrouth.

Et une � Hong-Kong.

Hier, j'ai visit� les pi�ces ferm�es, une par une.

Toiles d'araign�es, souris.

Meubles lou�s � des studios de cin�ma de Munich

et de Rome.

Location non pay�e.

Mais les livres �taient � lui. Il devait les aimer vraiment.

Mon salaire, il l'avait "oubli�".

"Malade", il ne payait pas ses serviteurs

leur promettant qu'ils h�riteraient.

Mais hier, apprenant que t�l�phone

et �lectricit� allaient �tre coup�s...

Donc Cecil Fox a tent� d'utiliser l'intrigue de Volpone

pour tirer de l'argent de trois femmes.

Cela, c'est clair.

Mais il n'�tait pas mourant et le voil� mort !

Pourquoi ? Comment ?

Exactement.

Le savoir ruin� est secondaire.

L'important, c'est que...

vous tenez son assassin. Exact ?

- C'est vrai. -Assassin� ?

Excusez-moi, inspecteur. Un coup de fil � donner.

Plus tard, Miss Mc Gill.

Allons d'abord dans la chambre de M. Fox.

Ce disque, jour et nuit ! �a, je ne l'ai jamais compris !

Il n'y a pas que �a.

Vous pouvez l'expliquer ?

Mme Sheridan m'a dit

qu'il avait toujours r�v� d'�tre danseur de ballet.

Mais pourquoi la Danse des Heures?

Ce titre devait lui plaire.

Danseur de ballet ! Lui, ce grand escogriffe !

On peut supposer qu'il a dans�, la nuit derni�re.

Ou qu'il s'est battu.

Voici la pendule de Miss McGill, en morceaux.

Et l�-bas celle de Mme Sheridan

en pi�ces �galement.

L'inventaire plus tard.

J'ai faim... Qui veut d�jeuner ?

Il faudra le pr�parer vous-m�me.

Il y a une bo�te de chocolats.

Que savez-vous donc de ces chocolats ?

J'en ai... entendu parler.

Il en a ouvert une bo�te neuve hier apr�s-midi.

Je... j'ai d� me tromper.

On l'a trouv�e au jardin,

au cadran solaire, pr�s de M. Fox... Vide.

Vide ? Une bo�te d'un kilo ?

Quand avez-vous vu M. Fox, la derni�re fois ?

Hier soir ! Je savais qu'on le tuerait.

- Je l'ai averti ! - On vous avait dit de la boucler !

Du calme ! Asseyez-vous !

Pour le meurtre de Mme Sheridan.

Les deux ?

J'ai n�glig� vos accusations mutuelles.

Mais j'ai tenu compte des soup�ons de M. Mc Fly.

Tr�s astucieux.

Nous connaissons tous Volpone �

Pourrait-on commander de la pizza ?

Engag� pour jouer un r�le, je l'ai jou�.

Mais je me demandais

quel d�nouement Fox choisirait.

Comme Volpone, il comptait vivre. Mais il est mort.

N'interrompez pas. Et asseyez-vous.

Quand Mme Sheridan r�v�la son union avec Fox

je compris.

Mais je devais v�rifier.

Je me sentais bel et bien coinc�,

compromis partout ce que Fox ferait.

"Mosca" pouvait �coper de plusieurs fa�ons !

C'est Fox qui m'a dit de sortir avec vous.

Merci tout de m�me.

Au caf�, quand vous dormiez, j'ai vraiment t�l�phon�

� Rome, � un ami.

J'ai d� attendre, mais �a en valait la peine.

Car voici le renseignement que j'ai obtenu :

votre mari et vous manquiez d'argent.

Fox ne pouvait compter sur vous

bien que vous ayez

risqu� le paquet.

Votre fameux sablier.

Il n'aurait pas d� le d�truire.

Vous avez des ennuis d'argent, dit-on.

On dit bien que Sophia Loren est un gar�on !

Votre impr�sario court apr�s les engagements,

exige des avances.

Il est si remuant.

Nous savons ce que cela veut dire !

Il parle trop.

Restait Mme Sheridan.

D'apr�s mon informateur, une femme richissime !

Fortune consid�rable

en valeurs et en biens immobiliers.

Pour ce coup de fil, on n'a que votre parole.

Vous aviez le temps de revenir tuer.

Miss Watkins, pour une anglo-saxonne, vous m'�tonnez !

Insinuer ainsi que votre bel amoureux a tu�.

Mon amoureux ?

M. Mc Fly, � vous...

Nous avions tous oubli� un corollaire juridique.

Si Mme Sheridan �tait la compagne l�gale de Fox,

il �tait donc son �poux l�gal.

Cela arrive rarement,

mais un homme aussi peut h�riter d'une femme.

Cher b�b� Fox !

Etes-vous s�r qu'il est mort ?

Que je ne l'ai pas tu� ?

Alors j'apprendrai la fin plus tard.

Pour moi, c'est l'heure du caf� ! Dominique ?

Je ne veux rien manquer !

Je vais en faire un grand pot.

Si je ne vous revois pas avant mon d�part, tant mieux !

Alors...

Le meurtre �tait facile.

M. Fox a pu �veiller Mme Sheridan,

la convaincre qu'il pensait � elle.

Ces mots-l�, elle les attendait depuis des ann�es.

Puis il l'a bourr�e de ses somnif�res... � lui !

Un meurtre unique, combin� pour cette victime particuli�re.

Mais comment prouver que M. Fox l'a vraiment commis ?

Avec les pi�ces manquantes.

Pardon. Quelles pi�ces ?

Dites-leur qui les a vol�es dans son sac.

Eh bien, c'est Fox qui les a prises !

Pas moi, Sarah, mais Fox !

Le stupide Fox ! Encore plus que vous.

Mais comment pouvez-vous le prouver?

Il les a perdues au poker avec moi, le lendemain matin.

Celles que vous avez trouv�es dans ma chambre

quand vous m'espionniez.

Quelle avidit� !

Visant des millions...

Fox ne pouvait renoncer � deux rouleaux de pi�ces !

Le meurtre parfait et le crime parfait...

bousill�s par une petite partie de poker !

� l'autopsie du corps de M. Fox, on a trouv� des quantit�s

du m�me barbiturique que celui qui a tu� Mme Sheridan.

Cecil Fox s'est suicid� !

Allons o� il a choisi de mourir.

L� o� il a dans�,

il est plus respectueux que nous marchions.

Moi, je serais heureuse de danser.

Vous venez ?

Je vais faire mes bagages !

Et aller o� ?

O� je risque le moins de vous revoir tous !

- Moi compris ? - Sans doute.

Pourquoi ?

Parce que vous m'avez fait appara�tre comme stupide !

Vous l'�tes ! Et apr�s ?

Il fallait me d�tromper !

J'ignorais encore le vol des pi�ces !

Il �tait tard. Je ne pouvais joindre Rizzi.

Sachant le danger que vous couriez, je vous ai enferm�e !

Et je vous ai eu ! Pas si b�te !

C'est aussi par ce monte-plat

que Fox est descendu pour tuer Mme Sheridan !

Pourquoi ne m'a-t-il pas tu�e ?

Parce que vous m'aviez parl� des pi�ces.

Vous tuer ne l'avan�ait pas.

Il pr�sumait que j'avais alert� Rizzi.

Il en a conclu qu'il lui restait peu de temps.

Vraiment, vous excellez � r�soudre les �nigmes.

La criminologie m'a toujours fascin�,

mais actes et contrats me rebutaient.

Dommage d'avoir renonc� !

Qui sait ?

Eh bien... vous venez ou vous partez ?

Certes, ce n'est pas la fin que je d�sirais.

Mais ne partez pas encore !

C'est toujours mon sc�nario qu'ils jouent.

Modifi�, bien s�r.

Mais ma mani�re de mourir, par exemple...

Tr�s myst�rieuse, et inexplicable.

La disparition de la poudre d'or

de ce sablier.

Qu'est-ce que Fox a pu faire d'un kilo de chocolat ?

Eh bien, il semble avoir jou�

� une sorte de jeu d'enfant.

Voyez ici.

Il a d� enlever soigneusement

les boules dor�es des bonbons et les empiler.

Puis-je... inspecteur ?

Ce ne pouvait �tre autre chose.

On l'a essay� en vain depuis que l'argent existe

et seul Cecil Fox a enfin r�ussi.

Cet avide salaud l'a "emport� avec lui" !

C'est vrai. Chaque comprim� somnif�re

enrob� dans la poudre d'or chocolat�e au massepain

et aval� avec une lamp�e de mon whisky.

Je suis parti comme personne d'autre avant moi!

�a, c'est une fin !

Avant de partir, puis-je �claircir un point ?

Je vous en serai reconnaissant.

Les faux-semblants sont plus communs qu'on ne pense.

Fleurs, diamants, jambes, c?urs, artificiels

qu'on ne peut distinguer des originaux.

Cet original

ne devait servir que si l'imitation �tait d�couverte.

Ce que M. Fox a emport� avec lui

�tait du sable, de la poudre dor�e !

Pourquoi a-t-elle r�v�l� que mon sablier �tait une copie ?

Et la poudre d'or, du sable!

�a n'ajoute rien et �a d�pr�cie mon d�nouement !

Tricherie!

Ce larcin r�ussi lui fait redresser sa jolie t�te.

J'ai gard� le testament. En avez-vous besoin ?

Pour moi, c'est un accessoire p�rim�.

Alors je vais le laisser ici.

Pourtant ce serait pour moi un souvenir.

Gardez-le donc comme aide-m�moire.

D'accord, Rizzi ?

Apr�s tout, c'est vous

qui avez �t� d�sign� comme d�positaire du testament de M. Fox.

J'oubliais. Je vais �crire votre nom.

- Qu'en dites-vous ? - Vrai ?

Si vous le d�sirez.

Ainsi il sera vraiment � moi.

On ne pourrait dire que je l'ai trouv� !

Pourrait-elle �tre tenue

pour responsable des dettes du d�funt ?

Je ne vois pas comment.

Ce qui est d� par la succession doit �tre pr�lev� sur celle-ci.

S'il n'y a rien, rien n'est pr�lev� !

C'est rassurant.

Votre stylo, je vous prie.

Bien jou�, la finaude ! Bravo !

Voil� !

Et vos initiales aussi.

En marge, � c�t� de mon nom.

Le document le plus important depuis la Grande Charte !

Voulez-vous signer comme t�moin, inspecteur ?

Tr�s honor�.

C'est g�nial. G�nial!

Merci... William.

Pas du tout. C'�tait avec plaisir.

Je dois dire. Vous �tes tr�s g�n�reux, M. Mc Fly.

Je l'ai toujours �t�.

� l'exc�s, m�me.

Comme la succession de M. Fox

va h�riter de celle de Mme Sheridan

et si le montant de sa fortune

est aussi fantastique qu'on nous l'a dit...

Donc, m�me apr�s avoir pay�

les lourdes dettes de M. Fox...

Il restera �norm�ment d'argent !

N'est-ce pas exactement

ce que M. Fox avait en t�te quand il l'a tu�e ?

Je dois l'admettre. cette fin vaut presque la mienne.

Des m�res ont tu� leurs enfants.

Judas a trahi en donnant un baiser.

Des traitres ont pos� aux patriotes...

Des catins aux vierges, des l�cheurs aux amis loyaux !

Vous allez m'�couter !

Mais jamais dans les annales de l'immoralit�...

l'immoralit� sans c?ur, hypocrite, impitoyable !

Vous allez manquer d'adjectifs. Ecoutez-moi !

Vous n'avez rien � me dire !

Voulez-vous cesser de faire l'acteur !

Pour commencer, nous allons probablement nous marier.

�a, alors !

Je ne voudrais m�me pas vous effleurer,

ni respirer le m�me air que vous !

Bien dit, Mc Fly!

Voici la sortie, finaude personne.

Vous allez finir vos �tudes de droit.

Non ! Vous allez bousiller votre d�nouement!

Je ne veux pas garder cet argent.

Quoi ?

Il sera � vous, apr�s notre mariage, quand vous serez avocat !

Et si je dis non ?

Dites-le, Mc Fly, je vous en prie !

� votre place, je r�fl�chirais avant de r�pondre.

Au revoir, inspecteur, et merci.

Je vous salue, Miss Watkins.

Je salue en vous la femme anglo-saxonne !

Quel genre d'homme serais-je ?

Quel genre de mariage serait-ce ?

Quel respect pourrions-nous avoir l'un pour l'autre ?

Sarah ! Revenez ici !

Voil� qui est mieux!

On va nous �pargner le tableau final

o� ils marchent main dans la main, place St-Marc

dans l'aurore de Venise.

Peut-�tre est-ce trop symbolique,

mais mon id�e de base est l�,

le Temps est tout ce qu'il y a... donc la Vie.

Que se passe-t-il ? Je n'en veux pas!

Cecil...

Je n'en veux pas!

Cesse de crier si fort.

C'est mon histoire. Sa fin doit �tre � mon id�e !

Cela n'a pas �t�...

Ni � mon id�e non plus, tu sais.

Et il est gentil que ces jeunes gens soient unis � la fin.

Cecil... laisse les gens rentrer chez eux...

"Les gens"...

Sais-tu ce qui serait gentil, Etoile Solitaire ?

Si, rien qu'une fois...

ce sacr� sc�nario se terminait comme nous l'avons �crit !

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