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LE RIDEAU DE FER
Ce r�cit est bas� sur le rapport de la commission royale
du 27 juin 1946
et sur les preuves pr�sent�es au tribunal
ayant men� � la condamnation de dix espions sovi�tiques.
Les messages et documents utilis�s dans le film
sont identiques � ceux qui furent utilis�s
lors des proc�s des accus�s.
Ils ont tous �t� authentifi�s par la police canadienne.
Les ext�rieurs ont �t� tourn�s au Canada sur les m�mes lieux.
Au d�but de l'ann�e 43,
un vol r�gulier arrive de l'ouest
avec trois passagers sovi�tiques � bord.
Ayant quitt� Moscou une semaine auparavant,
et apr�s une escale en Alaska,
ils font route vers Ottawa, capitale du Canada.
L'un des passagers est Trigorin,
attach� militaire de l'ambassade sovi�tique au Canada.
Il y a aussi le major Semyon Kulin, son secr�taire.
Et enfin, Igor Gouzenko,
expert en d�codage.
C'est la 1�re fois que Gouzenko quitte la Russie.
Ils sont conduits � l'ambassade
et re�us par Iliya Ranev, secr�taire d'ambassade
et chef du NKVD, la police secr�te sovi�tique.
Je dois �tre vigilant envers l'ennemi
et ne pas �tre proche de lui.
Je ne dois pas parler � un �tranger,
ni lui emprunter de l'argent.
Je dois respecter mes voisins sans lier amiti�.
Je ne dois jamais boire plus que mes h�tes.
Sobri�t�, fermet� et vigilance
en pr�sence d'�trangers.
Lieu de naissance ?
Rogachevo.
Vous �tiez dans l'Arm�e Rouge ?
- Quelle branche ? - Dans les renseignements.
J'ai appris le codage et le d�codage � Moscou.
J'appartiens aux Jeunesses Communistes.
Quelle est votre fonction ?
Chiffreur aupr�s de l'attach� militaire.
Que savez-vous de cet idiot ?
Il m'a �t� assign� par les Renseignements.
Pourquoi ne m'avez-vous pas donn� les r�ponses pr�vues ?
Je pensais qu'avec vous...
R�pondez comme on vous l'a dit !
Vous m�diterez ces r�ponses jusqu'� en oublier les autres.
Lieu de naissance ?
Gorki, rue Studeny.
- �cole ? - Institut d'�conomie.
Fonction ?
Interpr�te et secr�taire.
- Vous avez �t� soldat ? - Jamais.
Je pr�f�re �a.
Je vous avertis.
Vous �tes une mine d'informations,
personne ne doit savoir qui vous �tes, ou quel est votre travail.
- Entendu. - Autre chose...
M�me � l'�tranger, vous �tes un citoyen sovi�tique
et un soldat.
Je ne l'oublierai jamais.
Nous verrons.
Bushkin va vous conduire au service du chiffre.
Karanova, veuillez venir.
Ma secr�taire, Nina Karanova.
Le colonel Trigorin, le major Kulin.
Quel plaisir inattendu !
On d�ne ensemble, ce soir ?
Karanova !
Occupez-vous de ceci.
Bien, camarade Ranev.
Vous ne m'avez pas r�pondu.
Un vrai gla�on, non ?
La sonnette est ici.
Lieutenant Vinikov, voici le lieutenant Gouzenko,
le nouveau chiffreur.
Il est entre vos mains.
J'esp�re que vous aimez la musique.
Le bureau du chiffreur de Ranev.
Celui du chiffreur diplomatique.
Les toilettes.
Les petits incin�rateurs sont � gauche.
Le grand est � droite.
Votre bureau.
Seul le personnel autoris� a acc�s � cet endroit.
Chaque message � transmettre passe par moi.
Vous donnerez
les carnets de chiffrement au chef de service,
le seul � conna�tre la combinaison du coffre.
� la fin de la journ�e,
le moindre papier doit �tre br�l�.
Les tiroirs
et le coffre
doivent porter le sceau top secret.
Ne me demandez pas pourquoi l'�glise signifie top secret.
Je l'ignore.
Montrez-moi chaque papier qui quitte cette pi�ce.
Ne demandez pas � ce qu'on �teigne la musique.
Il doit toujours y en avoir
afin de ne pas entendre ce qui se dit � c�t�.
J'ai horreur de la musique.
Karanova se montra tr�s amicale envers Gouzenko.
Elle lui proposa de l'aider
� trouver un appartement.
Le 1er soir, ils se retrouv�rent au Ch�teau Laurier.
Ils all�rent au restaurant.
Gouzenko d�couvrit la gaiet� des Canadiens,
en d�pit de la guerre, ils semblaient vouloir se distraire.
Ils dans�rent jusqu'� la fermeture
et all�rent chez elle.
C'est votre appartement ?
Vous vivez seule ?
C'est digne d'un commissaire.
Je mets tout mon argent dans ce logement.
Vous pourriez me trouver le m�me ?
Nous essaierons.
Servez-vous � boire, j'arrive.
La vie ne doit pas �tre ch�re.
Plus qu'� Tokyo.
Vous y avez v�cu ?
� l'ambassade sovi�tique. J'ai aussi v�cu � Berlin.
Vous �tiez secr�taire � Berlin ?
Ainsi qu'� Tokyo.
J'ai �t� form�e pour la diplomatie.
Peut-�tre dans la m�me �cole que vous.
Je suis all� � l'Institut d'�conomie.
Et ensuite ? Vous vous �tes servi � boire ?
Je reprends un verre.
Et vous ?
Cela suffit pour ce soir.
Asseyez-vous pr�s de moi.
Vous devez �tre �puis�.
Le voyage a �t� long.
Laissez-moi m'occuper de vous.
Je risque de m'endormir.
Quand prenez-vous vos fonctions ?
Demain.
Votre bureau est � l'ambassade ?
Oui.
Tant mieux, on se verra souvent.
Encore un verre ?
Que d'alcool !
Au Canada, on ne manque de rien.
Le bureau de l'attach� militaire a toujours �t� tr�s calme.
Votre arriv�e et celle de Trigorin
changeront les choses.
Vraiment ?
Bien s�r.
Merveilleux, �a fait danser l'estomac.
J'ai sommeil.
Reposez-vous.
Demain, vous aurez du travail.
Il y aura beaucoup de messages secrets.
N'est-ce pas ?
Je suis quelqu'un d'important
avec plein de secrets importants.
Je vais vous en dire un.
Ma femme est tr�s belle.
Plus belle que moi ?
Elle a une beaut� discr�te,
douce et chaleureuse.
Et moi ?
Votre beaut� est sculpt�e dans le granit,
elle est sans �me.
Pourquoi devenez-vous d�sagr�able ?
Vous n'�tes pas maligne.
Vous vivez � l'ouest depuis trop longtemps.
Il y a de nouvelles techniques, vous devriez les apprendre.
Ne posez jamais de questions directes.
Et de plus...
n'interrogez jamais un Russe dans un endroit pareil.
Cela peut �mousser l'esprit d'un Canadien, pas d'un Russe.
Il vaudrait mieux
que je ne sois pas votre ennemie.
Je ne veux pas que vous le soyez ni que vous me ridiculisiez.
Je bois comme un vrai Russe.
J'aime ma femme
et je vous remercie pour tout.
Vous direz la v�rit� sur moi, car sinon...
je dirai que j'ai devin� votre man�ge.
Bonne nuit.
Je suis n� � Gorki,
rue Studeny.
Je n'ai jamais �t� soldat.
Gouzenko prit les fonctions
pour lesquelles il �tait form�.
Le 1er message qu'il d�coda demandait � Trigorin et Ranev
de rencontrer quelqu'un ayant pour nom de code "Paul".
La fiche de "Paul" �tait class�e top secret.
Nom : John Grubb. Citoyen canadien.
Nom de code : Paul.
Biographie d�taill�e disponible au Comintern.
Montez, messieurs.
Je vous attendais, Trigorin. Bienvenue au Canada.
Il �tait temps qu'on nous envoie une personne comp�tente.
Le Canada sera tr�s important quand on aura gagn� la guerre.
Vous comprenez ?
On vous l'a dit ?
Je dois b�tir une grande organisation.
Une grande organisation ! Qu'est-ce que c'est ?
Des gens qui grouillent comme des abeilles ?
Ou quelques personnes aux bons postes ?
Nos besoins sont consid�rables.
Par exemple,
Moscou voudrait avoir quelqu'un � l'�tat-major.
Bient�t, ils voudront le premier ministre !
Pas avant que ce ne soit Grubb.
Le Canada n'est pas pr�t pour moi.
Je ne suis pas un amateur.
J'ai fond� le Parti au Canada.
Je sors de l'�cole de L�nine.
Pour votre information,
Je re�ois directement mes ordres de Moscou,
pas de l'ambassade.
Ranev a parfois tendance � l'oublier.
Voyez-vous,
il faut des gens comp�tents aux postes-clefs.
L'arm�e, l'aviation, la marine,
le Conseil de la Recherche,
les Affaires �trang�res.
Voici la liste des informations requises.
Arr�tez-vous ici !
Ils en demandent beaucoup mais ils l'auront !
Bonne nuit, messieurs.
� la Chambre des Communes. L'entr�e des membres.
Bonsoir, John...
"Les Amis de la Russie vous invitent � d�ner..."
Les Amis de la Russie, entre autres organisations,
fournissaient des agents potentiels.
John Grubb y rep�rait ceux qu'il croyait pr�ts.
Parmi eux se trouvait le capitaine Class,
de l'aviation canadienne, en poste � Ottawa.
Je souhaite seulement que la guerre
se termine par la victoire des Alli�s.
Et... Plus vite nous ouvrirons un 2e front,
plus vite la paix r�gnera.
Mesdames et messieurs, � nos amis sovi�tiques.
"Cher Capitaine Class,
"je re�ois chez moi jeudi. Le d�put� Leitz sera pr�sent..."
Outre les organisations,
il y avait des r�unions priv�es.
On y �tudiait la pens�e communiste
et les �crits de Marx, Engels et L�nine.
Grubb savait que Class appartenait � un de ces groupes.
Il en fit part � Leitz.
C'�tait � Leitz de juger si Class �tait capable
de rendre service � l'URSS.
D�sol� de vous arracher � Marx.
- Je le connais par c�ur. - Bien...
Vous �tes assidu aux r�unions.
Rien n'est plus important.
- Toujours au Journal Militaire ? - Oui, monsieur.
Vous voyez des gens au courant des secrets de la guerre, non ?
Oui, monsieur.
Combien d'entre eux soutiennent notre cause ?
J'en ai rencontr� plusieurs dans divers groupes.
Au Conseil de la Recherche ?
Warren Blair, du laboratoire radio.
Will Hollis aux radars.
Asseyez-vous.
Capitaine Class,
toutes sortes de gens assistent � ces r�unions.
Ils se divisent en 2 cat�gories.
Il y a ceux qui parlent.
Ce sont les plus �motifs.
Pour certains, le marxisme est un jeu
qui lib�re leurs frustrations.
Pour d'autres, c'est une mode.
Nous en sommes conscients,
ils ne sont ni fiables, ni courageux.
Et il y a ceux qui agissent.
Ils parlent peu,
mais ont foi en la cause.
Ils comprennent la gravit� de la lutte des classes
et sont pr�ts � tout lui sacrifier.
H�las, ceux qui agissent ne sont gu�re nombreux.
Capitaine, vous pouvez �tre utile au Parti,
si votre loyaut� est suffisamment grande.
Que le Parti me mette � l'�preuve.
Il le fera.
En quelques semaines, Class devint un agent sovi�tique.
Gr�ce � lui, Gouzenko enregistra bien des nouvelles recrues.
Foster,
Ernst, Leader,
le Professeur, Prom�th�e,
Eli, Grey, Freda, Gaya, et d'autres.
Tous canadiens, tous au Parti.
Ils obtenaient toutes sortes de renseignements top secret.
Helen Tweedy, nom de code : Nellie.
Employ�e aux Affaires �trang�res.
Elle permettait d'acc�der aux dossiers diplomatiques secrets
et � des informations que d'autres pays
confiaient au Canada.
La toile se tissait avec efficacit�.
Major Kulin !
Entrez.
Entrez, Gouzenko. Un verre ?
Je n'ai pas le temps. J'ai des nouvelles.
Le monde regorge de nouvelles en ce moment.
Gardez votre calme, c'est cela qui compte.
Ne croyez pas tout.
Cela vient de Moscou.
Dans ce cas,
vous devez y croire.
Sinon, Ranev vous en voudra.
Je n'aime pas Ranev.
M�fiez-vous de lui.
Les gratte-papiers nuisent aux soldats.
Il ne me fait pas peur,
pas quand je suis saoul.
Nos femmes arrivent apr�s-demain de Moscou.
Oh non !
� quelle heure ?
11 h 30.
Avec un peu de chance, le train aura beaucoup de retard...
Camarade, ma femme sera dans ce train.
Votre femme n'�tait pas capitaine dans l'Arm�e Rouge.
Tu as fait bon voyage ?
Allons d'abord chez nous.
On a un appartement ?
- Trois pi�ces rien qu'� nous. - Non ?
Oui, trois pi�ces.
Pr Norman ?
Je suis Leonard Leitz.
Vous venez travailler au Conseil de la Recherche.
Je voulais vous accueillir.
C'est tr�s aimable.
Apr�s San Fransisco, on est pass�s par Chicago et New York.
Les gratte-ciel ! Leur hauteur m'a donn� le vertige.
En haut.
Bienvenue chez nous.
Viens voir notre chambre.
C'est magnifique !
Je ne sais pas quoi dire.
Ne dis rien, on a tout notre temps.
Attends... j'ai quelque chose � t'annoncer.
J'attends depuis des semaines.
- Un probl�me ? - Au contraire.
Je vais avoir un b�b�.
Anna !
Les mois pass�rent vite pour les Gouzenko.
C'�tait le printemps,
d�s qu'Igor avait du temps,
ils se promenaient,
explorant cet univers tant�t troublant,
tant�t d�concertant.
PARTICIPEZ � L'EFFORT DE GUERRE EN RUSSIE
LE GOUVERNEMENT EST ATTAQU� Leitz r�clame un 2e front
Ils ne connaissent rien � la politique,
personne ne les guide.
Ils pensent n'importe comment. Leur trouble n'est pas �tonnant.
Je voudrais savoir une chose.
Tu peux tout me demander.
Tu veux un gar�on ou une fille ?
Je te parle de d�mocratie...
Cela ne m'int�resse pas ce soir. R�ponds-moi.
On veut toujours un gar�on en premier.
Les gar�ons ont plus d'avenir.
Bonsoir.
Restez assise.
Je vous apporte un morceau de tarte.
Elle est d�licieuse.
- C'est tr�s gentil. - Je vous en prie.
C'�tait trop pour Albert et moi.
Nous n'avons jamais �t� pr�sent�s.
Je suis d�sol�e.
Igor, je te pr�sente Mme Foster, notre voisine.
Enchant�e.
Vous allez bien ?
Tr�s bien, merci.
Si je peux vous aider, n'h�sitez pas.
Je n'y peux rien, je suis seule la journ�e...
Je te l'ai dit et r�p�t� : pas question
de fraterniser avec les Canadiens.
N'en parlons plus.
On suit les ordres, elle ne doit pas remettre les pieds ici.
Je suis d�sol�, mais il faut �tre prudent,
tu le sais.
J'ai l'habitude.
Igor Gouzenko.
Tout de suite, colonel.
C'�tait Trigorin.
Il me r�clame � l'ambassade.
Il dit que c'est urgent.
Cela peut attendre demain, non ?
S�rement,
mais c'est comme dans l'arm�e.
On se d�p�che pour attendre plus longtemps ensuite.
Il neige. Mets une �charpe.
Je prendrai un taxi... si je peux.
Cela m'inqui�te de te laisser seule ici.
Tout ira bien.
Tu en es s�re ?
Le m�decin dit que ce ne sera pas avant une semaine.
Il peut se tromper.
Ne t'inqui�te pas, je me sens tr�s bien.
Reviens vite, je te garde le lit au chaud.
Je me d�p�che.
Urgent. Pour le "Directeur".
Le "Professeur" a dit que le directeur de la Recherche
lui avait parl� de la nouvelle usine.
Elle produira de l'uranium.
Les exp�riences montrent
que l'uranium peut servir � fabriquer des bombes.
Les Am�ricains y travaillent
et ont investi des millions dans ce domaine.
Pour Moscou. C'est urgent.
Tout est toujours urgent.
Surtout aller se recoucher.
Si je cachais un annuaire, vous ne le verriez pas.
Essayez un peu.
Attendez, il y a un message pour vous.
J'avais ordre de ne pas vous d�ranger.
Votre femme a eu un petit gar�on, il p�se 3,5 kg.
Tous les deux vont bien.
Un gar�on !
Le message sur l'uranium
suscita une r�action imm�diate � Moscou.
Ce projet prit le pas sur toutes les autres activit�s.
Vous connaissez "Alec" ?
On s'est vus � son arriv�e il y a quelques mois.
C'est un grand scientifique.
Cela vient de Moscou.
Lisez-le.
"Alec est une source pr�cieuse.
"Menez cette op�ration avec le plus grand soin.
"Mieux vaut �tablir le contact par l'interm�diaire de Paul.
Il est politiquement perturb�. Il faut le r��duquer.
Mais le temps presse.
L'uranium a la priorit�.
Je m'en occupe.
Quel est le mot de passe ?
"Amiti�s de Michael".
Oui ?
Pr Harold Norman ?
Oui.
Amiti�s de Michael.
Entrez.
Qui �tes-vous ?
Je suis "Paul",
et vous �tes "Alec".
Vos quartiers sont plaisants.
Ces documents sont top secret !
Je n'y comprendrais rien de toutes fa�ons.
Mais vous, si.
D'o� ma visite.
Je ne peux rien vous dire.
Vous travaillez au Conseil de la Recherche.
Vous participez au projet atomique.
Et alors ?
Vous avez un bon phonographe.
Et Chostakovitch.
Asseyez-vous.
Installons-nous pour �couter.
C'est magnifique.
Les pr�misses de la vraie culture prol�tarienne.
�tes-vous pass� � l'ennemi ?
La Russie, l'Angleterre et les �tats-Unis sont alli�s
contre le fascisme.
Ne vous laissez pas aveugler.
Les int�r�ts du capitalisme et du communisme diff�rent.
En tant qu'ami des travailleurs,
en tant que savant d�vou� � l'humanit�,
vous le savez.
Vous n'�tes pas venu pour me dire �a.
Que voulez-vous ?
Un rapport d�taill� sur le projet atomique.
Des �chantillons d'uranium.
C'est impossible.
Ce projet est le plus secret de l'Histoire.
En tant que membre du Parti, vous avez des responsabilit�s.
Dans le pass�, votre loyaut� �tait sans faille.
Vous ne comprenez pas que ce n'est pas un explosif ordinaire.
C'est aussi puissant que la nature.
Sans contr�le,
�a peut an�antir le monde.
Exact ! Voil� pourquoi on doit donc tous en avoir.
Alors, ils n'oseront pas s'en servir.
Pensez-y...
Vous pouvez apporter la paix dans le monde.
La paix
et l'occasion de b�tir un nouveau monde libre.
Vous ne pouvez pas refuser, Pr Norman.
Ce sera votre contribution � la s�curit� de l'humanit�.
La s�curit� de l'humanit�...
Isotope.
Neutron.
Plutonium.
R�action en cha�ne.
Fission.
Ces mots �taient nouveaux pour Gouzenko,
les mots d'une �re atomique
n�e dans les laboratoires canadiens et am�ricains.
Norman avait travaill� partout :
Oak Ridge, Hanford,
Chalk River et Petawawa.
Ces nouveaux mots �taient dans le rapport de l'attach�.
Apr�s l'effondrement allemand, le Pr Norman
fournit � Trigorin un rapport de 10 pages sur la bombe atomique.
Il envoya un �chantillon
de 162 microgrammes d'uranium 233.
Ces renseignements class�s top secret
�taient si importants qu'on les fit porter � Moscou.
Montez, professeur.
Je devais vous appeler si j'avais du nouveau.
J'ai quelque chose pour vous.
Quoi ?
On vous renvoie en Angleterre.
Comment le savez-vous ?
Nous le savons.
Vous niez ?
Je viens de l'apprendre. J'allais vous le dire.
Vous allez recevoir des instructions
pour contacter l'un des n�tres � Londres.
Vous lui donnerez vos derni�res informations
et � chaque fois que vous en aurez de nouvelles.
J'ai fait tout mon possible. Cette affaire est p�nible.
Vous devenez sentimental.
Vous recevrez bient�t des instructions.
1�RE BOMBE ATOMIQUE L�CH�E SUR LE JAPON
PAIX FIN DE LA GUERRE AU JAPON
C'est enfin termin�.
Le peuple fatigu� chante, danse et rit.
Peut-�tre conna�trons-nous enfin la paix.
Il ne doit pas y avoir de malentendu
quant � nos relations avec nos ex-alli�s capitalistes.
Nos int�r�ts divergeront toujours.
Nos chemins et nos buts sont tr�s diff�rents.
Le sentimentalisme bourgeois n'a pas sa place.
Seul compte le r�alisme intransigeant.
La lutte des classes continuera
jusqu'� ce que cette ploutocratie d�cadente
soit an�antie comme le national-socialisme.
Aussi, vous, les repr�sentants
de l'URSS au Canada,
demeurerez-vous
vigilants,
m�fiants,
sur vos gardes.
Ce sera tout.
Tout s'est bien pass� ?
Oui, merci. Et Andre� ?
Je ne l'ai pas entendu.
Vous avez un fils merveilleux,
- un vrai petit gentleman. - Merci.
- Quelque chose ne va pas ? - Oh non !
Mon mari ne se sent pas tr�s bien.
Si c'est l'estomac...
Non, merci, je l'envoie se coucher tout de suite.
Alors, je vous laisse.
Merci d'avoir gard� Andre�.
Que je sois ici ou chez moi...
Si vous avez la migraine...
Merci. Rien. Bonsoir.
Tr�s bien.
J'esp�re que �a va aller mieux. Bonsoir.
Tu m'as appel�e au dernier moment
pour me dire d'aller � cette r�union.
Il faut bien que quelqu'un garde Andre�.
Nos voisins sont gentils.
Il faut que tu comprennes que ce n'est pas moi...
Regarde-le.
Il dort profond�ment.
Excuse-moi d'avoir cri�.
Pauvre petit bonhomme !
Il ne doit pas penser que le monde est son ennemi.
Tout ira bien quand il sera grand.
Tu es s�r, Igor ?
J'ai �cout� Ranev, ce soir
et tout � coup,
je me suis sentie mal � l'aise.
Ces gens ne sont pas nos ennemis,
ce sont nos amis.
Nous nous comportons en ennemis.
Ne dis pas des choses pareilles.
C'est plus fort que moi.
J'ai peur
pour lui,
pour toi,
pour moi.
Avant de venir ici, je croyais tout.
Maintenant, je ne comprends plus.
On est des gens simples, on ne peut pas tout comprendre.
Il faut croire en nos chefs.
Mais nous devons comprendre... Nous le devons !
Pour son bien.
Si j'ai appris une chose ici,
c'est qu'on ne doit forcer personne � vivre dans la peur.
Arr�te, Anna.
Je refuse que tu parles comme �a.
Une vague d'euphorie balaie les villes � la nouvelle
de la capitulation du Japon.
La folie r�gne � San Fransisco.
Market Street grouille de milliers de gens
f�tant la fin de la guerre.
Les soldats attendent d'�tre rapatri�s.
Beaucoup d'entre eux
savent que leur carri�re est finie et font la f�te !
Qui pourrait leur en vouloir ?
La paix, n'est-ce pas merveilleux ?
"� l'attention de Grant.
"Organisez l'acquisition des documents suppl�mentaires
"sur la bombe atomique.
"Les renseignements sont incomplets.
"Il nous faut le processus technique,
"les sch�mas, les calculs.
"Le Directeur."
�videmment, c'est urgent.
- On fait de notre mieux. - Ce n'est pas assez.
Vous contacterez chaque agent � ce sujet.
C'est tout. Que Gouzenko reste.
Oh... Gouzenko...
Un t�l�gramme pour le "Directeur" :
"Chaque agent est pr�venu..."
Ce champignon fantastique sur Hiroshima !
J'ai vu les images.
Elles ne sortent pas de mon esprit.
Un beau champignon v�n�neux.
Quelle arme !
Je voudrais en savoir plus.
Une petite bombe suffit � faire un d�sert.
Que voulez-vous savoir de plus ?
Parfois, vous vous �garez, Kulin.
Gouzenko, vous trouvez que je m'�gare ?
Regardez-moi !
Attentivement.
J'ai du sang sur les mains et des morts sur la conscience.
Vous avez le droit de vous taire, Kulin !
Gouzenko, je vous ai dit de me regarder !
Essayez de lire dans mes pens�es.
Nous d�fendons Kharkov.
Il neige.
Il y a du sang.
Je demande des volontaires pour une patrouille dangereuse.
Pas de volontaires.
Je tire sur dix bons Russes � bout portant...
je les tue.
Le 11e est volontaire.
J'ai tous les volontaires que je veux.
Kulin !
On dit que je suis sadique.
Et les �tats qui empilent les morts
car la fin justifie les moyens ?
Comment les qualifier ?
Vous qui �tes un simple Russe, r�pondez-moi.
Vous me rendez les choses difficiles.
Ne me forcez pas � vous renvoyer en Russie.
Vous, Gouzenko,
vous avez entendu ?
La menace supr�me...
�tre renvoy� en Russie.
Pourquoi est-ce aussi sinistre
que le glas ou la salve du peloton d'ex�cution ?
Pourquoi ? Essayez de comprendre pourquoi !
Regagnez vos quartiers.
Je vous mets aux arr�ts.
Oui.
Il �tait temps.
Je n'en peux plus.
Le peloton d'ex�cution r�soudra mes probl�mes.
C'est trop long de se saouler � en mourir...
Trop long.
Gouzenko !
Vous avez un bon dossier.
Vous le garderez sauf si vous r�p�tez ce qui s'est pass�.
Classez ceci.
J'ai � vous parler.
Partez.
Pourquoi dites-vous que vous n'en pouvez plus ?
Pourquoi souhaitez-vous �tre ex�cut� ?
Je suis saoul.
Je ne sais pas ce que je dis.
Camarade Kulin,
vous �tes le fils d'un des grands h�ros de la R�volution.
Il �tait proche de L�nine.
Vous reniez tous ses id�aux.
Pourquoi ?
Mon p�re �tait un grand marxiste r�volutionnaire.
Aujourd'hui, il est puni d'avoir ob�i aux ordres.
Kulin ?
Vous en savez plus que moi.
Il y aura une autre guerre ?
La guerre fait partie du processus
menant � une r�volte g�n�rale mondiale
qui mettra en place le communisme dans le monde.
Il ne faut plus qu'il y ait de guerre.
Jamais.
Il doit exister un autre moyen.
Dites-moi la v�rit�.
La v�rit� ?
Qu'est-ce que c'est ?
Je l'ai su quand j'�tais enfant.
Vous ne savez pas.
Vous ne saurez jamais.
Vous �tes n� trop tard.
Cela ferait pleurer m�me un sadique.
�coutez...
J'ai un fils et je veux faire ce qui est juste.
Partez, simple Russe !
On vous renverra si vous me parlez trop.
Partez.
La v�rit�...
Vous ne savez pas. Vous �tes n� trop tard.
On ne doit forcer personne � vivre dans la peur.
Nos chemins et nos buts sont tr�s diff�rents.
La lutte des classes continuera.
Ces gens ne sont pas nos ennemis.
Ne me forcez pas � vous renvoyer en Russie.
Aujourd'hui, il est puni d'avoir ob�i aux ordres.
Il faut que tu comprennes.
Et les �tats empilant les morts car la fin justifie les moyens ?
Vous contacterez chaque agent � ce sujet.
Nous devons comprendre, pour son bien.
Igor ?
Qu'est-ce qui ne va pas ?
Tout.
Je viens de parler � Kulin.
Il est renvoy� en Russie.
Cela devait arriver.
Il boit trop.
Il boit pour oublier.
Oublier quoi ?
Lui-m�me... et son p�re.
Kulin respectait son p�re, autrefois.
Maintenant, il le m�prise.
Il est �c�ur� par la d�ception.
C'est affreux de faire �a � son fils.
Je ne veux pas faire pareil.
Je dois penser � Andre�,
lui dire dans quel monde je voudrais qu'il vive,
quel genre d'homme je voudrais qu'il soit.
Un jour, je devrai lui r�pondre.
Je ne veux pas avoir peur ou honte.
Je peux me tromper,
mais apr�s ce que j'ai vu,
j'ai d�cid� qu'on n'avait pas le choix.
Anna...
On ne retournera pas en Russie.
Gouzenko mit alors une strat�gie au point.
Il choisit certains documents dans ces dossiers
qu'il prit soin de distinguer.
Le colonel veut vous voir.
Que faites-vous ?
Je classe mes dossiers.
- Vous �tes tr�s occup�, hein ? - Tr�s occup�.
Pas de r�pit pour les m�chants, hein ?
Igor ! Je suis content de te voir !
- Quand es-tu arriv� ? - Aujourd'hui.
Sergeyev vous remplacera. Vous rentrez en Russie.
Imm�diatement ?
D�s que vous aurez mis Sergeyev au courant.
Vous travaillerez ensemble.
Camarade Gouzenko, il para�t que vous rentrez en Russie.
Oui.
Vous �tes content ?
�videmment !
Tu pourrais me pr�senter, Igor !
Il est impoli.
Camarade Sergeyev, camarade Karanova.
J'esp�re qu'on se reverra.
Certainement.
Gouzenko comprit que d�sormais Sergeyev
ne le quitterait plus.
Il devait agir sans tarder.
Ce soir-l�, il retourna � l'ambassade.
- Que faites-vous ? - Je mets de l'ordre.
J'esp�re que Sergeyev sera aussi efficace que vous.
Cela doit partir ce soir.
Pour Moscou, d'urgence.
D'urgence ? Est-ce une d�claration de guerre ?
Toujours aussi bougon.
J'ai besoin de sensations.
Si on allait voir un film ?
Personne ne le saura.
Sauf vous !
Vous essayez de me faire n�gliger mon devoir !
- Vous partez d�j� ? - Oui.
Approchez.
Que voulez-vous ?
Si je rentrais en Russie, j'emporterais plein de montres.
Je serais vite colonel.
Bonne id�e... Bonne nuit !
Gouzenko !
Eh bien, Gouzenko...
Vous �tes pr�t � partir ?
Oui, camarade Ranev.
Parfait.
Je vous verrai avant votre d�part.
Gouzenko alla au minist�re de la Justice.
Convaincu que ses informations devaient aller en haut lieu,
il �tait d�cid� � voir le ministre en personne.
- Qui est l� ? - Igor.
Je suis all� au minist�re, il n'y avait qu'un garde.
Je n'ai rien pu lui dire. Je ne lui faisais pas confiance.
- Demain � midi, on te cherchera. - Je sais.
J'irai au minist�re � la premi�re heure.
Andre� et toi m'accompagnerez. Je ne vous laisse pas seuls.
On viendra.
Qu'est-ce que c'est ?
Des carnets, des messages de et pour Moscou.
Des rapports sur la bombe,
les explosifs, les radars, les faux passeports
et sur une rencontre secr�te entre Roosevelt et Churchill.
Une centaine de documents.
Tout ce que nos agents font au Canada.
On te tuera si cela se sait.
Le ministre ne vous recevra pas.
Comprenez-moi,
je ne peux parler qu'au ministre en personne.
Pourquoi ?
C'est une affaire secr�te.
Il s'agit des �tats russe et canadien.
Le ministre n'est pas � son bureau, il est au Parlement.
Essayez l�-bas.
Merci, nous y allons.
Ici, Trigorin.
Vous avez appel� chez lui ?
C'est bizarre. Appelez-moi d�s son retour.
Camarade Ranev ? Gouzenko est en retard.
Il est plus de 14 h.
On attend depuis 2 h.
Le temps presse.
Le ministre a pris du retard dans ses rendez-vous.
Il pourra peut-�tre vous recevoir demain.
Pas de r�ponse.
J'ai bien peur qu'il manque des documents.
Lesquels ?
On essaie de le savoir.
Gouzenko n'�tait pas de taille.
Son histoire �tait trop incroyable.
Si le gouvernement ne l'�coutait pas,
il aurait tout risqu� pour rien.
Il se souvint de ce qu'il avait appris sur la presse canadienne.
Son ind�pendance, sa libert�.
C'�tait son dernier espoir.
Je reviens.
Excusez-moi.
O� puis-je trouver le r�dacteur ?
Il est sorti.
C'est tr�s important.
Essayez le bureau du coin.
J'ai des r�v�lations pour vous.
- Asseyez-vous. - Non, merci.
Je suis de l'ambassade sovi�tique.
J'ai des documents qui prouvent...
Continuez, je peux vous �coutez en m�me temps.
Des documents qui prouvent que l'URSS
fait de l'espionnage au Canada.
Continuez.
Un savant qui travaille sur la bombe atomique
donne des renseignements � l'attach� militaire sovi�tique.
Le temps presse.
Je suis d�j� recherch�.
Publiez vite cela avant qu'on ne me tue.
Bien s�r, avant qu'on ne vous tue.
Votre vie est en danger ?
Eh bien, apportez tout �a � la police.
Ils s'occuperont de vous et de ces Russes aussi.
Les Canadiens doivent apprendre sans tarder...
Bien entendu. Mais cela n'est pas de mon ressort.
Vous devez faire quelque chose.
Il s'agit de la s�curit� de votre pays.
Et le minist�re de la Justice ?
Oui... Ils ne m'ont pas re�u.
D�sol�.
Si le gouvernement ne s'en m�le pas,
c'est sans doute aussi trop lourd pour nous.
- Qui est ce joyeux drille ? - Un f�l�.
Que s'est-il pass� ?
On m'a pris pour un fou.
Il faut qu'on me croie. Il le faut !
Que va-t-on faire ?
Va faire nos bagages.
Vous !
Vous avez travaill� avec lui nuit et jour.
Vous n'avez rien devin� ?
Pas le moindre signe ?
C'est l'affaire de la police secr�te.
Il a pu aller � la police.
Dans ce cas,
on le fera renvoyer � l'ambassade comme d�serteur.
On dira qu'il a vol�.
Ce sera dans tous les journaux et on nous arr�tera.
Nos amis prendront peur.
Nos r�seaux s'effondreront.
Le travail de nombreuses ann�es...
mon travail... sera an�anti.
On a appel� tous les h�tels.
On surveille les gares, l'a�roport, les grandes routes.
Gouzenko ne peut pas quitter Ottawa sans �tre vu.
Et chez lui ?
Il n'osera pas y retourner.
O� peut-il aller ?
Il ne va pas arpenter Ottawa avec sa femme et son fils.
Il rentrera chez lui,
sachant que vous �tes trop b�te pour y croire.
On va aller chez lui.
Ils vont arriver, d'un instant � l'autre.
Emm�ne Andre� � l'abri, dans un h�tel, hors de la ville.
Tu viens ?
Je dois les attendre.
- Ils vont te tuer. - Anna !
Je fais �a pour Andre� et toi. Que ce ne soit pas en vain.
Fais les bagages.
Prends d�j� �a. J'en aurai d'autre.
Attends-moi au "Royal H�tel". Si je n'arrive pas...
Gouzenko !
Gouzenko !
C'�tait Vinikov.
- Il est parti ? - Non.
On ne peut plus quitter la ville.
Viens avec moi, vite.
Va m'attendre avec Andre� chez Mme Foster.
S'il m'arrive quelque chose,
remets �a � la police et raconte-leur tout.
- Je n'irai pas sans toi. - Il n'y a pas de temps � perdre.
Vite, on n'a pas le temps de discuter.
Allez, entre !
Gouzenko ! On sait que vous �tes l�. Ouvrez !
Bonsoir, camarade Gouzenko.
Asseyez-vous.
On s'inqui�tait, on avait peur que vous ne soyez malade.
Vous �tes malade, n'est-ce pas ?
S�rement.
Vous avez trop travaill�. Vous �tes d�prim�.
Vous avez l'esprit perturb�.
Vous avez perdu votre langue ?
On vous aidera � la retrouver.
Vous avez craqu�.
Vous ne vouliez pas quitter ce joli appartement.
dans l'abondance et le confort.
Le retour en Russie vous effrayait
et vous avez craqu�.
Ne vous ent�tez pas.
Rendez-nous les documents que vous avez vol�s
dans un moment de contrari�t�...
et on oubliera tout.
Je ne les ai pas.
- O� sont-ils ? - Allons, Colonel !
Soyons patients avec un malade.
Vous voyez, Gouzenko ? On ne vous veut aucun mal.
On comprend.
O� sont les documents ?
Ils sont ici ?
Fouillez.
Levez-vous !
Trigorin ! Vous parlez � un malade.
Aidez Bushkin.
O� sont votre femme et votre fils ?
Vous croyez vraiment que je vais vous r�pondre ?
C'�tait par curiosit�.
Inutile de chercher ici, sa femme doit avoir les papiers.
On les trouvera facilement.
Trigorin est moins patient que moi... et moins compr�hensif.
On devrait aller � l'ambassade.
Je n'irai pas, Ranev.
Je ne sortirai pas de cette maison... vivant.
Vous �tes malade, non ?
Malade ? Peut-�tre... Le m�me mal que le major Kulin.
Vous avez un p�re, Gouzenko.
Une m�re, un fr�re, une s�ur.
Votre femme a des parents et deux s�urs en Russie.
Ils n'y sont pour rien.
Ils n'y sont pour rien.
Pourtant,
vous n'avez pas pens� � eux,
� ce qui pourrait leur arriver.
On a appel� la police.
Que se passe-t-il ?
Qui �tes-vous ?
Nous sommes de l'ambassade sovi�tique.
Gouzenko travaille pour nous.
Il devait retourner en Russie mais il a d�sob�i et d�sert�.
C'�tait inacceptable.
Nous sommes venus pour le raisonner.
Ils sont venus pour le tuer !
Qu'avez-vous � dire ?
Qu'est-ce que tu as ? Pourquoi tu ne dis rien ?
Anna...
Va chercher les documents.
Cette situation est tr�s g�nante.
C'est un citoyen sovi�tique qui refuse d'�tre rapatri�.
Je pense qu'il est malade.
Cette affaire ne concerne que l'ambassade.
Anna.
Donne-les � l'officier.
Ces documents appartiennent � l'URSS.
Ils ont �t� vol�s.
Je vous avertis...
Si vous ne rendez pas ces documents,
le gouvernement sera alert�.
Cela me d�passe un peu, je ne sais pas...
Ces documents sont aussi un arr�t de mort.
En vous les donnant, je condamne ma famille � mort.
On meurt tous, un jour ou l'autre.
Ce qui compte, c'est comment et pourquoi on meurt.
Prenez-les
et emmenez ma femme et mon fils.
Cet homme est fou.
Au nom du gouvernement sovi�tique,
j'exige que vous me rendiez ces documents.
- Ils ont �t� vol�s, dites-vous ? - Oui.
Les objets vol�s doivent �tre r�clam�s au commissariat.
C'est la loi.
Vous aurez affaire � mon gouvernement.
Allons-y.
Ne les laissez pas partir, ils reviendront...
Calme-toi.
Nous n'avons rien � ajouter.
Vous serez sous notre protection jusqu'� ce que ce soit r�gl�.
Ils vont t'�couter !
Ils vont t'�couter !
UN D�PUT� ACCUS� D'ESPIONNAGE
Fuir serait un aveu et le Parti se trouverait sur la sellette.
Vous devez vous battre
avec tous les arguments parlementaires.
Ameutez les r�seaux,
les journaux sympathisants.
Qu'il d�terrent des histoires de chasse aux sorci�res
et de violation de la d�mocratie.
Tr�s bien,
mais si on m'envoie en prison ?
Vous serez un martyr.
� votre sortie, vous serez un h�ros.
M'accompagnerez-vous dans l'h�ro�sme ?
Le Parti avant tout.
Et Igor Gouzenko ?
S'il s'en sort, d'autres suivront son exemple.
N'ayez aucun regret, Leitz,
on donnera votre nom � une ville quand on prendra le pouvoir.
"Moscou. Urgent.
"Ces membres du personnel de l'ambassade sovi�tique
"rentreront � Moscou sans tarder.
"Camarade Nina Karanova.
"Camarade Piotr Sergeyev.
"Camarade Colonel Aleksandr Trigorin
"Camarade Ilya Ranev."
Le camarade Kulin sera content de nous voir.
LA V�RIT� SUR LES M�THODES SOVI�TIQUES D'ESPIONNAGE
LE D�PUT� LEITZ TRA�N� EN JUSTICE
Leonard Leitz, reconnu coupable, 6 ans de prison.
Helen Tweedy a plaid� coupable, 3 ans de prison.
Donald Class reconnu coupable, 5 ans de prison.
Le professeur Norman a plaid� coupable,
10 ans de prison.
William Hollis, reconnu coupable, 4 ans de prison.
Sur 18 inculp�s,
2 plaid�rent coupables, 8 furent condamn�s.
Aujourd'hui, Gouzenko vit au Canada avec sa famille.
Le pays reconnaissant leur a accord� :
"Toutes les libert�s
"et les privil�ges du Dominion du Canada,
"et le droit d'en jouir aussi librement
tranquillement et paisiblement
"que les sujets britanniques."
Mais ils ne peuvent en profiter.
Il sont en danger
et vivent sous la protection constante de la police canadienne.
Ils gardent pourtant foi en l'avenir.
Ils savent que leur s�curit�, comme celle de leurs enfants,
r�side dans le maintien de la d�mocratie.
Adaptation : Odile MANFORTI
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