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- La gare à 17h, c'est parfait.
Ca a bien marché, ça ? - On en a pas tiré assez.
- Pour pas réduire la voilure sur les pages du comité de soutien.
- Faut faire ça.
- Bonjour !
Bonjour.
- On est en réunion. - C'est pour ça que je suis là.
Réunion d'organisation
des législatives ouverte à tous les militants.
Si je peux aider... J'ai pas mal de temps,
deux bras pour plier, distribuer et coller.
- Je vais vous laisser. Je vais faire la garde dans 5 min.
- Bonne idée. Moi, je le faisais plus tard, aux heures de pointe.
- Ouais...
- On a pas mal de choses à voir.
D'accord, je vois. Bon, Sonia...
Opération fête des mères. On en est où ?
- On récupères les roses le matin à 6h,
on couvre trois marchés, trois équipes de quinze.
- On retire les tracts ? - Oui.
- Le comité de soutien...
On fait quoi, du coup ? Je réduis ?
- Non, pour le moment... Bon, Philippe, que fais-tu ici ?
- Ce que je fais ici ?
C'est chez moi.
Avec quoi avez-vous acheté ce local?
En vendant ma permanence. Qui avait payé ma permanence ?
C'est Bibi.
Le prêt à taux zéro pour les députés m'a servi à ça.
A acheter la perm. Pour que la section n'ait pas à s'endetter.
J'ai pas pris un appart pour ma pomme.
Avec mon indemnité de représentation j'ai payé les meubles.
D'ailleurs, vous avez tout gardé.
Par exemple, la chaise
où t'es assise, c'est moi qui l'ai payée.
Toi, quand j'étais maire,
t'as été payée avec les indemnités d'adjointe. Non ?
T'as pas voulu rentrer dans l'équipe municipale, tu avais peur.
Tu vois ? Ca s'est bien passé, finalement.
T'as pris confiance et 6 ans après, t'es conseillère communautaire.
Beau parcours ! Avec les indemnités
qui vont avec, bien sûr!
Et ça continue ! Amélie a gagné...
Du coup, Pascal va gagner aussi.
Et pourquoi ça continue ?
Pourquoi ça continue ? Je vais te le dire, moi.
Parce que j'étais chez les flics.
Parce que je me suis sacrifié.
J'ai assumé le regard de ma fille au parloir.
Tu trouves que c'est
une nouvelle histoire, mais je crois que c'est la même.
C'est la mienne. J'ai tout perdu, moi.
Et je l'ai bien voulu. J'ai bien voulu tout perdre.
En allant chez les flics, je savais ce que je faisais.
Et je le regrette pas.
Mais perdre le droit de m'asseoir dans ma permanence,
mon parti, ma section, ma ville,
perdre le droit de m'asseoir au milieu de mes amis...
Vous pouvez pas me faire ça.
- C'était pas si long. - Tu parles.
- Donne.
Ca va ? - J'ai faim !
- T'as tout le temps faim !
Arrête tes conneries. - J'aime pas sa gueule.
- T'es con. - Oui, mais j'aime pas sa gueule.
- Je pense à toi très fort. Je t'embrasse.
Ouais, moi aussi.
Salomé.
- Ca va, Londres ? - Ca va.
Elle vit chez sa cousine dans 16m2. J'irai la voir.
Alors, regarde !
Regarde-moi tout ça.
C'est pas ta Haute-Saône !
- Tu te réinstalles ici ?
- Bien sûr. A Paris, j'ai quoi? Amélie ?
Elle est grande. Je veux pas encombrer.
- Négocier avec Thorigny ? Elle va casser la gauche.
Elle est Présidente grâce à toi et elle se comporte comme ça ?
- J'ai fait ce que j'avais à faire.
Tu vas être député, Véro est à l'Élysée,
pas mal, comme bilan !
- Faut pas laisser faire. Ta voix compte !
- Maintenant, je suis juste militant de base.
Réunions de section, tractage, tout le bordel.
La longue route. L'humilité. Une nouvelle histoire.
- Ah oui...
- Tu mets pas le son ?
- On voit mieux sans son, on s'abrutit pas.
J'ai pris l'habitude en taule.
- On est bien, comme ça, au calme !
Elle est où ?
- Père Lachaise.
Avant le soldat inconnu, elle va sur la tombe d'Hubertine Auclert.
Ca lui tenait à cœur. - Cool.
Hubertine Auclert, c'était la première des suffragettes.
Elle a fait la grève de l'impôt.
Elle voulait pas payer pour un Etat
qui lui accordait pas le droit de vote.
- Bon, on bosse un peu ?
On a pas fait 6 h de bagnole pour mater la télé.
J'ai hâte de voir l'affiche de mon Cyril.
- Tu sais, c'est pas non plus...
- Tiens.
- Montre.
Il rigole.
- Le slogan, c'est un peu facile, je sais, c'est pas...
- C'est bien !
C'est très bien. Très très bien.
- M. Kalhenberg.
- Ca va, Daniel? - Ca va bien.
- Je vais nommer Thorigny à la tête d'un super Bercy
regroupant économie, finances, industrie
et travail. - OK.
- 53% seulement, Daniel.
Face au F.N. au second tour des présidentielles. Il faut changer.
- L'ouverture vers le centre, ça change ?
- Je te parle pas d'un débauchage individuel.
Thorigny et moi avons jeté les bases
d'un accord de gouvernement PS/Centristes.
- Vous avez jeté les bases d'un accord ?
- Dix mesures d'avenir. Toutes socialo-compatibles.
Je veux changer le pays, Daniel. Le transformer vraiment.
- Combien de circonscriptions ? - Quarante.
- Quarante ? - C'est le prix du changement.
Je veux faire les réformes nécessaires.
Certaines choqueront la gauche, d'autres feront hurler la droite
Mais quoi qu'il arrive, je ne partirai pas d'ici
avant d'avoir tout tenté pour que le F.N. ne prenne pas le dessus.
Cette fois, on change ou on meurt.
Franchement... Est-ce que Thorigny est
plus à droite que notre Mirmont ?
La seule différence, c'est l'étiquette.
On est plus proches du centre
que de la gauche à la Chavez.
- Je vais pas engager un débat idéologique avec toi, mais...
les législatives sont dans un mois et vont être très compliquées.
Le F.N. est à un tel niveau... - Qu'il faut élargir notre socle.
Il faut arriver en 2e position.
D'où l'accord avec Thorigny.
- Et si ça nous faisait perdre des voix dès le premier tour ?
Vidal a fait 15%, Thorigny 12.
Ca reste un renversement d'alliance.
On pourra se faire sanctionner par la gauche
et perdre les législatives. Vidal sera ravi.
- Il faut impliquer Dupraz et l'aile gauche du PS
dans la campagne et donc dans le gouvernement.
La perception de l'accord avec Thorigny dépendra d'eux.
Si tout se passe bien, ils le défendront.
C'est pas le PS qui se droitise, c'est le centre qui se gauchise.
- Tu dois offrir Matignon à Dupraz ? - Exact.
Un gouvernement pluriel, sans sectarisme,
dirigé par la figure la plus à gauche du PS
et avec le chef des centristes comme numéro deux.
Avec un tel dispositif gouvernemental,
jeunesse, nouveauté,
dépassement, audace, on peut
construire une belle majorité parlementaire.
- Deux femmes à la tête de l'exécutif,
c'est un peu too much.
- Et s'il s'agissait de deux hommes ?
- Mirmont va piquer sa crise.
Avec Dupraz à Matignon, il faut acheter Mirmont.
- Les affaires étrangères ?
- Non... il voudra la présidence de l'Assemblée.
Il pourra préparer le congrès du parti à temps plein
pour me dégager de Solférino. T'auras un souci avec moi.
- Mais toi, tu m'aimes.
- Pas au point d'être le cocu du tourniquet.
Tout le monde y gagne sauf moi.
- D'ici deux ans, au congrès,
j'aurai déjà les résultats. Les réformes vont commencer.
Toi, tu auras été celui
qui a permis la mue du parti. Pourquoi rester 1er secrétaire ?
Surtout si tu acceptes de conduire la campagne des européennes,
tu seras en position d'être le candidat des progressistes
à la présidence du Parlement européen.
- Plafond de dépenses : 38425 euros.
- Non.
Tu peux ajouter 15 cents par habitant.
T'en as combien, dans ta circons ?
- J'en ai 119625.
- Multipliés par 0.15,
17943,75.
Donc, ton plafond, c'est...
56568,75. Voilà.
- L'Etat te rembourse la moitié des 38000.
- Tu iras à la chasse aux dons.
Y a pas de campagne sans oseille. Surtout pour toi.
T'es parachuté, on te connaît pas, faut inonder les gens de matériel.
Qui s'occupe de ton matériel?
- Je rédige les textes, l'agence de comm de la Fédé les réalise.
- Et ils te facturent combien ?
- 8000 pour la conception.
- 8000 ? Les voleurs !
Prends PR Conseil comme boîte. C'est mieux fait et moins cher!
- Je suis preneur. C'est quoi ?
- Philippe Rickwaert Conseil ! Stratégie
de communication, conseil aux collectivités,
accompagnement de projets. C'est moi !
- T'es grave.
OK, deal.
- Te braque pas. - Non.
- Si, tu te braques.
- Tu viens de m'annoncer qu'Amélie veut gouverner avec le centre.
Je me braque, oui.
Daniel.
Si elle fait ça, c'est la fin du parti.
Ecarte-toi de cette histoire
parce que tu vas y passer. - Donc, c'est non ?
- Même pas en rêve.
- Quel que soit le dispositif humain ?
- C'est-à-dire ?
- La Présidente tient
à un certain équilibre dans la composition gouvernementale.
' Jusqu'à quel point?
- Jusqu'à Matignon.
- Dupraz à Matignon ? - Laurent, te braque pas !
- Normal que je me braque.
- T'as gagné, sur le fond.
Tu dis depuis toujours qu'il faut un renversement d'alliance.
- Les victoires morales, j'en ai rien à foutre !
Je m'appelle pas Rocard.
- OK, allez. File-moi ta liste des courses.
- Je veux la présidence de l'assemblée.
- Envisageable.
- Ajoute deux questeurs à l'Assemblée
plus la présidence du groupe socialiste
et quatre ministres.
- Tu fais un braquage. - Un braquage de superette.
Mais un jour, je vous ferai payer tout ça au centuple au congrès
en te piquant le parti.
T'aurais dû éviter les jupons d'Amélie.
Elle respecte pas nos règles.
C'est une idéaliste.
- Bonsoir, Michel Vidal.
- Bonsoir, Madame Lapix.
- Bonsoir, M. Vidal.
- Je vous en prie.
Asseyez-vous. Pas trop déçu ?
- En colère. - Ca commence fort!
- Vous êtes un démocrate, M. Cohen.
- Je suis attaché et fidèle à certaines valeurs.
- Voilà. Vous êtes fidèle.
Vous trouvez
*que s'allier avec la droite, c'est être fidèle à la gauche ?
*- A. Dorendeu et S. Thorigny ?
*- Les socialistes feraient comme leurs amis espagnols et allemands.
*Cette gauche européenne est la matrice
*d'Amélie Dorendeu.
*- l'aile gauche du PS serait contre.
*- Vous n'y connaissez rien
*en solférinologie. *- En quoi ?
*- Une discipline
*dans laquelle j'ai des compétences. Vous dites :
*"S'il y a alliance avec Thorigny, Aurore Dupraz partira."
*Mais elle restera. Si elle part, ça signifie
*qu'il y a un renversement d'alliance et que le PS
*est officiellement un parti libéral.
*On va donc mettre Dupraz à la tête d'un grand ministère...
*- l'intérieur, Bercy ?
*- Et comme l'aile gauche est très bien pourvue, l'aile droite
*va hurler
*et réclamer des postes. - Ce qui fait que...
*le centre de gravité sera plus à droite que jamais.
*J'aimerais donc
*laisser un message aux militants socialistes sincères.
*Il y en a, j'en connais. "Les amis, aux législatives,
*"reprenez votre histoire en main et dites-leur non.
"C'est trop, ça suffit." C'est de vous que viendra votre sursaut
*et sur ça, les gauches pourront reprendre langue ensemble
*et construire
*pour demain une alternative pour ce pays.
- Saloperie de Rickwaert, il a le beau rôle !
Pardon.
- Il y a tous les détails.
"J'ai dû assumer le regard de ma fille au parloir."
Y avait une balance !
- Mais c'est un coup organisé.
- C'est pas Bernard ! Viviane ?
- On s'en fout de la balance ! - Ils veulent saboter.
Il garde ses chances pour les prochaines législatives.
Si on gagne, on s'installe pour 15 ans, il le sait.
Faut lui répondre.
- Si je gagne, je m'installe pour 15 ans.
Tu veux dire ça publiquement?
Super, la nouvelle histoire ! - Mais plus rusé, plus serein.
Tu respectes ce que Philippe a fait pour cette ville
et le courage qu'il a eu.
- Et je remets 10 balles dans la machine !
- Il attend que ça ! Ca le remet au centre du jeu.
Non ! On fait rien, on dit rien, on commente rien !
J'étais même pas à la réunion ! Porte-à-porte,
gares, marchés, point ! Allez, au boulot !
- Merci.
Qu'est-ce qui se passe ?
- Y a quelque chose que je comprends pas.
Thorigny a appelé à voter pour toi, ça justifie ton ouverture.
Mais Vidal l'a fait aussi.
- J'aurais aimé m'ouvrir par là aussi.
Mais Vidal aurait dit non. - Pas forcément.
- S'il avait dit oui, ç'aurait été pour provoquer le refus de Thorigny.
Tu as regardé "C à Vous" hier soir ?
- J'ai juste vu les dépêches ce matin.
Nous avons des analyses divergentes
de la situation en l'état.
Les grandes lignes de l'accord avec le centre ne sont pas mal,
mais il faut plus de marqueurs de gauche.
Comme une réduction de... - Tu sais où tu es ?
Je pensais discuter avec ma future première ministre,
pas avec un membre du club des poètes de Solférino
négociant des postes au bureau national.
Arrête de tourner autour du pot. Dis-moi pourquoi tu refuses.
- Quoiqu'il arrive,
dans 5 semaines, tu restes ici.
Moi, si on perd les législatives, je quitterai Matignon.
- C'est à la première ministre de mener cette campagne. Fais-le !
- Je risque pas de perdre qu'une élection.
- Mais mon identité politique. - Laquelle ?
Je suis pas sûre de bien la cerner.
Tu fais partie de la gauche qui accepte de gouverner ?
Tu veux arriver au pouvoir ?
- J'ai pas suivi Vidal parce que je veux que la gauche
gouverne.
- Donc tu refuses Matignon...
Grande cohérence.
Quand je suis devenue
première secrétaire, j'ai tout lu.
Jaurès, Mendès, Blum...
Je suis bonne élève.
Il y a une phrase de Blum au congrès de 1946 qui m'a marquée.
"Je crois que dans son ensemble,
"le parti a peur.
"Peur des communistes. Peur du qu'en dira-t-on communiste.
"La polémique communiste, le dénigrement communiste,
"agissent sur vous,
"vous gagnent à votre insu et vous désagrègent."
A mon avis, tu as regardé "C à Vous" hier soir
et tu as peur du qu'en dira-t-on d'aujourd'hui.
- Mais pas du tout! - Tu rates la chance de ta vie !
Celle de servir ton pays.
- Ne me traite pas comme une petite fille.
- Tu devrais pas t'énerver.
Ca donne le sentiment que tu n'assumes pas ta décision.
J'ai jamais empêché personne de déserter.
Merci, Aurore.
- Tu m'expliques ?
- On lève l'embargo. Tu vas parler à la presse.
- Ah, non ! C'est pas le bon timing.
- L'offensive Caliméro est lancée.
- Caliméro ?
- "Rickwaert, le martyre de la République."
- Qui va dire ça ? Pas toi, j'espère !
- Mon frère, Bruno, dans "Libé".
"Vous voulez tout savoir sur le baron noir ?
"Laugier ? Ah, Laugier, pour Philippe, c'était...
"Notre père, c'était... Toute sa paye passait dans les motos.
"Y avait même un moteur de kawa 7.50 sur la table du salon."
- Ah oui?
Et Joël ?
C'était un sérial killer et grâce à toi, il a pas pu tous les tuer.
- Joël, c'était un gamin super. Pourquoi il s'est confié aux flics ?
On le saura jamais vraiment. Joël, c'était un ouvrier.
Un militant ouvrier, ça balance jamais.
Il a choisi son suicide quand il a parlé à la police.
- Madame la Présidente.
- Deux minutes, s'il vous plaît.
- J'ai pensé à maintenir notre accord.
Mais c'est risquer l'explosion du PS.
- Bon débarras.
- Vingt villes, quatre présidents de conseils départementaux,
un président de conseil régional, douze fédés du parti...
C'est pas un bon débarras.
- Mais laisse les électeurs trancher !
Ils sanctionneront peut-être un ralliement
de Dupraz à Vidal.
- Les défections iraient au-delà de Dupraz.
Ca ébranlerait le cœur du parti.
Notre alliance nécessitait l'aval
de tous. Je peux pas élargir le socle de la majorité
suivi d'une scission.
- Tes trucs de socialistes, ça me fatigue.
- On savait que notre accord dépendait...
- Rickwaert... - Pardon ?
- Vous vous êtes remis ensemble ?
- Mais pas du tout.
- Pardon.
Ca me regarde pas.
La déception m'a fait dire n'importe quoi.
- Toi, c'est pas pareil que Bruno.
Tu dois livrer du factuel, du solide.
- Genre ?
- Le rapport financier sur l'OHL. Faut le faire fuiter.
Les 200000, c'était un one shot.
Un dérapage demandé par Laugier
Et surtout, pas d'enrichissement personnel.
- Pour les gens, t'as rien pris à l'OHL, mais t'as pris ailleurs.
- Je vais publier mes relevés de compte sur Internet.
A la Wikileaks. Transparence totale. Voyeurisme assumé.
Les gens vont se régaler.
Léa...
Y a qu'un truc que les Français pardonnent jamais :
qu'on les dépouille du pognon gagné en transpirant.
Moi, j'ai menti, mais j'ai rien volé.
Tout le monde doit le savoir.
- Tu veux te faire réélire ? - A quoi je sers, sinon ?
Comment je pèse si je suis pas élu ?
- Tu devais pas conseiller l'Élysée ?
- Avant qu'Amélie tire un trait sur 100 ans de politique.
- Si tu décides de te représenter, les juges vont nous charger.
- J'ai pas parlé des législatives.
Je veux me faire élire, pas à l'Assemblée.
Député européen dans deux ans, c'est parfait.
Ca te va comme ça ?
- C'est mieux.
- T'as vu pour mon contrôle judiciaire ?
- Londres ? Impossible. Ils sont même plus dans l'UE.
- Ils m'interdisent de voir ma fille ?
- Philippe, fais-la venir ici, on est tout près.
- Putain de Brexit !
- Ca va être lui ?
Ton Premier ministre, Chistera ?
Le miraculé, l'insubmersible, le revenant.
- Il incarne le centre du parti.
Il a une grande expérience, ce qui établit un bon équilibre.
De plus, c'est un homme dénué de tout sectarisme.
- Pourquoi pas Guy Mollet?
- Monsieur Chistera.
- Alain, je te fais attendre ! - Je t'en prie !
Je reviens plus tard ? - 53%, Alain !
53% seulement face au F.N. et pourtant...
tout le monde continue à se regarder le nombril.
- La lâcheté de Dupraz, la voracité de Mirmont.
Y a des réflexes qui ne se perdent pas.
- Les courants ont torpillé l'alliance avec Thorigny,
mais les choses doivent changer.
- Tu veux les écarter de ton dispositif?
- Mirmont veut la présidence de l'Assemblée, qu'il la prenne.
Et Dupraz, elle serait plus nocive à l'extérieur.
Elle a refusé Matignon, elle acceptera tout maroquin,
si on rompt l'accord avec Thorigny. - Donc ?
- Ce que je veux, c'est changer le système.
Ils n'ont pas voulu de Thorigny ?
Je demanderai au parti de réserver 50 circonscriptions législatives
à des candidats non encartés PS. Kalhenberg est déjà au travail.
- 50 députés société civile ? Mais c'est énorme !
- Les électeurs verront qu'on veut changer le système.
- Mais les investitures de ces 50 candidats,
il faudra les retirer à des camarades du parti ?
Et ce sont les amis de Dupraz et de Mirmont qui en feront les frais ?
- Ils diront pas non à l'ouverture de la société elle-même.
Les gens ne leur pardonneraient pas.
J'ai là une première liste de candidats société civile possibles.
Ca va du jeune milliardaire revenu des Etats-Unis pour servir son pays
au responsable associatif de banlieue.
- Mathieu Onassian a opéré mon petit-fils l'année dernière.
Mongenêt de Greenpeace : très belle idée, ça !
Et donc tu veux que j'aide Kalhenberg à gérer tout ça ?
- Non, je voudrais que tu acceptes, conformément à l'article 21
de la Constitution du 4 octobre 1958,
de diriger l'action gouvernementale, d'assurer la défense nationale,
de garantir l'exécution des lois et, sous réserve des dispositions
de l'article 13, d'exercer le pouvoir réglementaire
et de nommer aux emplois civils et militaires...
- C'est avec honneur,
fierté et dévouement que j'accepte d'être votre Premier ministre,
Mme la Présidente.
- Bonjour, Mme la Présidente.
- Mme la Présidente...
- Bonjour.
Je vous présente Jeanne Bourgeau, conseillère sécurité.
- Enchanté, Nicolas Dutour, directeur de la DGSI.
- Je peux voir cette vidéo transmise par les services turcs ?
- La partie qui nous intéresse
commence ici.
*Turc
*..-
- Fares décline une liste de 14 noms.
11 citoyens français, 4 femmes, 2 mineurs,
3 fichés S seulement. Au total, quatre cellules djihadistes
coordonnées depuis la zone syro-irakienne pour une attaque
cet été, entre juilletistes et aoûtiens.
Fares cite 17 tunnels repérés sur l'Hexagone,
chaque opération étant assortie du sabotage des hôpitaux environnants.
- De quelle manière ?
- On envisage trois scénarios.
Voitures kamikazes, hommes armés infiltrés, attaque chimique.
- D'ici juillet, on fait quoi ?
- On vérifie, on enquête, on surveille. Discrètement.
- Les quatorze ?
- C'est notre métier, Mme la Présidente.
- Combien d'hommes surveillent ces 14 personnes sur le territoire ?
- Une soixantaine, madame.
- Combien d'hommes sont nécessaires pour surveiller quelqu'un 24h/24 ?
- Au minimum, trois équipes de dix, soit 30 agents.
- Quel dispositif?
- On les répartit en un véhicule à une personne,
un véhicule à deux personnes, un faux taxi à deux personnes,
une camionnette technique de surveillance à trois personnes,
deux motos.
- Donc il vous faut 14 fois 3,
fois 10. - 420.
- 420 hommes minimum.
Disposez-vous de 420 hommes mobilisables ?
- Au détriment d'autres opérations de surveillance.
Question de priorités.
- Montez l'opération. Informez-moi jour par jour.
La note hebdomadaire sur l'état de la menace ne me suffit pas.
Merci.
- On passe par là, on ira au port après.
- On va croiser Carthaud. - J'ai le droit de me balader.
- Ca, pour te balader!
Ma tante t'a vu au Carrefour Market à Malo.
- C'est l'onde. Bonjour ! - l'onde ?
- Ta tante m'a vu et elle l'a pas dit qu'à toi.
- Déjà quand elle m'en a parlé, elle était avec Marc, du kiosque.
- Voilà. Oh, comment allez-vous ?
L'onde qui se diffuse. Je croise des amis,
les gens me voient, ils veulent des selfies, ils en parlent.
"Il a l'air en forme avec ce qu'il a vécu !"
Je suis au milieu d'eux. Je suis parmi eux.
- Monsieur ! - Bonjour.
- Votez pour moi.
- Bonjour, madame ! Pascal Carthaud.
On compte sur vous.
- On compte sur vous, dimanche !
On compte sur vous, dimanche !
- Je vous en prie, avec plaisir !
Tout va bien, monsieur ? - Et vous ?
- Pascal ! - Putain, c'est pas vrai.
- On sait qui est le traître. - Pascal, bonjour !
Ca va bien ? Bonjour.
Alors ? Vous allez bien, non ?
Il fait beau ! - Ouais...
- Ah, bonjour, madame !
Avec plaisir, madame ! Hein, Pascal?
Allez-y.
Allez-y !
T'as grossi, non ? Il a grossi un peu...
Allez, un sourire !
Souris, Pascal ! On est contents !
Tu souris, là ? C'est bien !
Merci ! T'as froid ? Mets un pull. Allez.
- Viens là.
- Bonjour. - Bonjour.
J'ai faim.
- Je m'en occupe. - Merci.
- Ta-dam !
Bonjour, je voudrais
deux petits-déjeuners pour la chambre 218.
Merci.
Alors ? - Ben, regarde.
- Il a publié ses relevés de compte.
Il l'a pas payé cher, son canapé ! Il l'a acheté où ?
- T'es con !
- Ca dit quoi, dans le détail?
- Ben...
Elle souffle. La cavalerie est lancée...
- Amélie en pense quoi?
- Je sais pas. Pas un mot.
Rien.
Philippe a disparu depuis l'élection.
Et toi ?
Ca t'inspire quoi?
- Philippe est partout sans jamais être l'émetteur.
Il prend à partie l'opinion sans froisser les juges.
- Oui, mais politiquement? - Quoi, politiquement?
Là où est Philippe, y a plus de politique.
- Et s'il s'en sort avec un bon jugement?
Il axe tout sur l'absence d'enrichissement personnel.
Ca ouvre un trou de souris pour un retour, non ?
- Si, mais quand ?
Dans cinq ans ?
Dans dix ans ?
On a déjà vu ce genre de choses.
La seule stratégie possible, c'est Hollywood chewing-gum.
Etirer au maximum
la procédure. Comme du chewing-gum.
- J'avais compris.
- Je pourrais être effroyablement jaloux en te voyant comme ça.
- Ah oui ? - Oui, effroyablement.
- C'est la photo d'hier qui circule sur Facebook et Twitter.
- J'appelle nos colleurs.
- Pascal !
Et la réunion dispatch ?
- Le week-end suivant, tu peux vraiment pas ?
*- Le samedi, j'ai théâtre.
- Euh... dimanche ?
Tu peux faire l'aller-retour dans la journée.
*- Je vais essayer. - Super.
Tu me diras ce que tu veux faire : manège, trampoline...
Tu me dis ? *- Je te rappelle pour te dire.
- Je t'embrasse.
T'es sûr ? Pas de café ?
Je m'en suis fait un deuxième, moi.
Je devrais pas, c'est pas bien pour les fumeurs.
Mais comme j'arrête...
Bon, alors ?
Comment ça va ?
Ca se passe bien, je crois. J'ai de bons échos.
- Les affiches, c'est toi ?
- Je suis fauché, moi.
C'est évidemment la droite.
On aurait tous fait la même chose.
- Tu veux revenir ? Parlons-en.
- Y a pas grand-chose à dire, je veux pas revenir.
- Ah oui?
Et tous ces papiers dans la presse ?
- Tu vas pas m'empêcher d'organiser ma défense ?
J'ai un procès. Je vais pas me sacrifier tous les jours.
- T'es là, tu te montres partout !
C'est pas pour ta défense. - Pardon de vivre ici.
J'ai le droit de sortir de chez moi. Tout le monde me connaît.
J'ai été maire pendant 14 ans. - Tu peux pas faire ça.
- Faire quoi ? - Tu brouilles tout!
- Les gens sont pas débiles, ils font leur tri.
- Arrête tes conneries, tu casses tout exprès !
Si je gagne, tu reviendras jamais !
- Ben voilà !
J'attendais d'avoir un homme en face de moi
pour avoir une discussion entre hommes !
T'es un nain, Carthaud. T'es rien !
T'as voulu faire le beau sur mon cadavre ?
Même ça, tu peux pas !
T'as placé la barre trop haut pour toi !
"Une nouvelle histoire" ? Pauvre con, va...
Je m'éclate à te torturer ! J'ai encore un mois de rigolade...
Je vais pas en perdre une miette.
Je vais te faire cuire le cul à feu doux !
- Bon, qu'est-ce que tu veux ?
Tu veux quoi pour arrêter ? Tu veux du fric ?
Des témoignages pour ton procès ?
- Les européennes, dans 18 mois. En position éligible.
- C'est la fédé qui décide.
Je sais pas si je peux. - Mais si !
T'as qu'à me mettre à la place de cette connasse de Sylvie.
Et j'en ai rien à foutre, si c'est ta maîtresse.
Je fais de la politique, moi.
- Tu te terres chez toi ?
- J'ai des stocks de vivres en cas d'incident nucléaire.
Alors ?
- C'est d'accord.
- On est alliés !
On boit un coup ?
- Personne ne remet en cause ta connaissance hors normes
de la machine étatique.
Mais tu restés associé à Laugier. Tu étais son secrétaire général.
Tu devais rejoindre la direction de la caisse des dépôts, non ?
- L'idée qu'on m'aime pour mon argent me terrorise.
J'arrive pas à signer. - C'est pourtant ce que tu voulais.
- Pas si toi, tu es ici.
- Tu pourrais pas être moins que secrétaire général.
Et le poste est déjà pourvu par Lecléach.
- Conseiller spécial, ça m'irait.
- Je suis désolée.
Je voudrais constituer autour de moi une cellule antiterroriste.
Avec une poignée d'experts
et un patron, un opérationnel.
Dampierre ou Aubriac ? - Il te faut Jacques Lambray.
Avec Laugier, on a passé des mois à chercher M. Terrorisme.
Il voulait le meilleur. Y en a qu'un seul.
- Vous l'avez donc pris ?
- Il a travaillé chez les flics, puis chez les espions.
Laugier se méfiait de Lambray, mais il a eu tort.
- Merci, Martin.
- Y a autre chose de bien plus grave sur lequel Laugier a eu tort.
Rickwaert.
On laisse pas un homme comme ça loin de soi.
On le protège et on le réconforte.
On le rassure. C'est comme ça qu'on le neutralise.
- Chers amis,
vous êtes les meilleurs spécialistes de cette carte électorale.
Nous avons 50 circonscriptions gagnables à attribuer
à autant dé personnalités dé la société civile avant demain,
vu le délai très court du dépôt légal des candidatures. Pierre ?
- Pierre Farand, motion 2, premier signataire Mirmont.
- Tout le monde sait tout, ici.
- Ca va mieux en le disant. - Fais-toi plaisir.
- Ce chiffre de 50, ce paquet global, est-il intouchable ?
Brouhaha
Est-ce que 49 peuvent tout aussi bien
faire la rue Michel?
Brouhaha
- D'expérience, on a intérêt à se lâcher la bride.
Sinon, on risque d'être un peu court.
- Prenons les critères incontournables.
- Précise, Karim.
- Parité, diversité, équilibre interne, renouvellement.
- On est tous d'accord.
C'est bien qu'une question se pose clairement. Pourquoi 50 ?
Brouhaha
Pourquoi pas 30 ?
Ou pas 20 ?
...
- On reprend depuis le début.
- Ils ont gelé ma circons à cause de la 3e de la Loire.
*- De quoi tu parles ?
- Un humanitaire société civile voulait atterrir chez moi.
Il a été dérouté dans le Calvados, le poète de Mirmont est intervenu...
- Y a un club des poètes ?
- Amélie veut 50 candidats société civile.
*Sauf que tout est en train d'imploser.
*- Si Kalhenberg te soutient, Amélie aussi ?
T'inquiète pas, ça tourne.
- Non, il se passe des trucs bizarres.
Dupraz et Mirmont auraient essayé de dépecer Kalhenberg et Amélie.
*- Ils veulent les société civile sur des circons d'Amélie ?
- Je sais pas !
- Dunkerque, t'as entendu quelque chose ?
*- Pourquoi tu me parles de Dunkerque ?
- Bouleau est dedans ?
- Il fait le poète pour Barthélémy.
- Faut qu'il te donne l'état des négos heure par heure.
- Ma circons, tu peux faire quelque chose ?
- Appelle dès que t'as des news.
Allo ?
- Philippe ? *- Je sais, on essaie de te niquer.
- Onassian voulait nous mettre sur la circons de Crozet.
- Il vit à Paris mais il a grandi à Grenoble.
- Grenoble ?
C'est bon, ça, Grenoble !
Ca fait 2 circonscriptions sur le quota Kalhenberg.
Allez hop ! Retour à l'envoyeur !
- Non, mais regarde ! On se fait dépouiller!
Il faut appeler Valier, qu'il aille en Seine Maritime !
- Dupraz et Mirmont vont pas faire un accord sur la Haute Garonne.
- Si ! On est en train de se faire niquer!
Putain...
Y a personne...
- Ils vont se calmer, moi, je te dis.
Ce connard !
Brouhaha
...
J'y retourne.
- Bonjour, Jean-Marc.
Merci.
Portable
...
Allo ? *- Je suis juste derrière toi.
C'est très simple. Tu dis la vérité à Amélie.
Le club des poètes implose.
La pression liée aux 50 circons est trop forte.
Mirmont et Dupraz veulent te dépecer.
Cette guerre civile va mal finir.
- Elle veut pas bouger, elle veut qu'on lui propose des solutions.
Des fois, je regrette Laugier!
- La solution : réduire la voilure tout en étant plus offensif.
On passe de 50 à 28.
- Qu'est-ce qu'il y a d'offensif là-dedans ?
- On dégage ceux qui cumulent trois mandats dans le temps.
La classe politique se ressource au sein de la société civile.
- Et on tombe à 28. Intéressant.
- Qui a le plus de cumulards ?
Mirmont.
Chambolle.
Massini.
Que des groupes bâtards.
- Dupraz, elle a aucun cumulard. - Exact.
Tu la récupères, elle garde ses députés.
T'as un front contre toi, tu pètes le front.
- Ca se tient bien !
Mais toi... Toi, pourquoi t'es là ? Pour Cyril ?
- Cyril, c'est important.
Mais il y a mon nouveau meilleur copain.
- Lui ? T'arrêtes de saboter sa campagne et il t'aide pour...
- Pour les européennes.
Ca c'était le deal, avant.
- Avant quoi ?
- Avant qu'on se parle, toi et moi.
Je peux sauver Carthaud, pourquoi voir petit?
Lui, aux européennes, moi, député.
- Député ? Là, dans un mois ?
Philippe !
- Je demande pas un tampon PS !
Je fais ma campagne de mon côté
et Carthaud se désiste à mon profit au moment opportun. Propre.
- Tu sors de taule !
Personne n'a gagné une élection en sortant de taule !
- Joe Morrisey, 2015.
Réélu en Virginie après 8 mois en cabane. Les Ricains ont de l'avance.
- Même si j'acceptais, Amélie bloquerait.
- Amélie me doit tout, elle fera un effort.
- Bon, pour Carthaud...
Je peux y arriver. Mais pour Cyril en Haute-Saône, t'oublies.
Surtout si je vide mon chargeur pour sauver Carthaud.
- OK, c'est à moi de m'en occuper.
Bon. Mon poto de Dunkerque...
- Quoi ? - Explique-lui.
- C'est quoi, son prénom ?
- Pascal.
- Salut, Pascal !
Comment tu vas ?
- Je suis un peu inquiet...
- Ca te dirait de devenir député européen ?
- Mais c'est Philippe qui doit...
- Le terrain est très mouvant, camarade.
Écoute bien ce que je vais te dire.
Pour les européennes,
Philippe et moi, on a pensé...
- Bonsoir.
Bonsoir.
Bonsoir.
Comment vas-tu ?
- Je suis contente de te voir.
- Attends de savoir ce que je veux.
Cyril, c'est réglé. Il récupère la 3e du Val de Marne.
Je te sers quelque chose ?
- Avec plaisir.
- Daniel m'a raconté votre discussion.
Merci pour tes conseils.
A l'heure qu'il est, les poètes sont calmes.
Dupraz s'est rangée à notre position.
Mes société civile remplaceront les 28 candidats
qui voulaient enchaîner un 4e mandat.
Le critère est incontestable : c'est cohérent et efficace.
Assieds-toi.
- Attention.
Les cumulards vont se battre.
Chambolle et les autres dinosaures vont se présenter.
- On va surveiller ça de près.
- Tu sais, Amélie,
depuis que tu m'as appelé, j'ai beaucoup réfléchi.
"Pourquoi la Présidente veut-elle me voir ?"
J'ai quatre hypothèses. - Quatre ?
- Eh oui, quatre.
Première :
tu te sens seule sans Thorigny.
- Bon...
- Deuxième :
tu veux pas qu'on m'élise après la taule.
- C'est loin d'être fait.
- Troisième : face à Dupraz, t'as besoin de ton expert
en coups de pute, moi.
J'ai bon ?
- Quatrième hypothèse ?
- L'hypothèse Karamazov. Les Frères Karamazov.
- Tu l'as relu en prison ?
- J'avais jamais eu le courage de me taper les 950 pages, avant.
Le mec, sur le point de se faire fusiller,
implore Dieu de lui donner une 2e chance.
Il se dit que tout sera différent.
Qu'il passera le restant de sa vie à faire des trucs bien.
Et puis, miracle : l'exécution est annulée.
Le mec est libéré et finalement.
- Il redevient aussitôt ce qu'il était, avec les mêmes erreurs.
- Voilà. Mais toi, t'es pas une Karamazov.
T'oublies pas, toi.
- Qu'est-ce que j'oublie pas ?
- Quand tu m'as appelé
en panique pour les présidentielles,
quand on s'est vus à la piscine, t'avais les chocottes.
Comme si t'étais en face du peloton d'exécution.
Alors oui, t'as gagné, mais tu vas pas oublier.
Le thermomètre de ton quinquennat, ce sera le niveau du Front.
Si Chalon s'installe ici, tu passeras à l'histoire
comme la Présidente qui a laissé sa place aux Fascistes.
Je me trompe ?
- Sur quelle hypothèse ? - Peu importe.
Mais je miserais sur Karamazov.
Je suis comme Chalon, tu m'as dit?
Ca m'a vexé.
C'était blessant, j'avoue.
Je comprends l'idée. Moi, la France du F.N.,
je la connais. La moitié c'est des ouvriers. J'en viens.
J'ai ni peur ni dégoût, je connais ce monde, sa rage.
J'ai ça en ligne de mire, il faut les ramener à nous.
Sinon, c'est quoi la gauche ?
Toi, l'international, l'Europe...
les taux d'intérêt, le régalien...
Ca va te bouffer 90% de ton temps, le vieux nous l'avait dit.
C'est le tarif des Présidents.
- Oui, j'ai eu peur comme jamais.
Et non, je ne vais pas oublier.
Je veux pas d'un conseiller qui est mis en examen.
Encore moins s'il a été mon amant.
- Je devrais renoncer à me faire réélire ?
Je suis prêt, mais j'ai besoin de garanties.
- Dans un monde idéal, tu serais mon conseiller spécial,
t'aurais ton bureau à côté du mien, on serait puissants.
Mais un poste officiel, je peux pas.
Pas tant que le jugement a pas été rendu.
Mais je peux t'aider pour ton activité de conseil.
- Je veux pas être en affaires avec toi. Même indirectement.
Tout finit par se savoir. Je suis là pour pas te mettre en danger.
- Enfin, t'as besoin de vivre.
- Ca a rien à voir avec l'argent.
J'ai besoin de peu mais je sais pour quoi je vis.
- Alors quand tu parles de garanties...
- Je veux des garanties morales.
Je veux le mariage.
- Pardon ?
- Mariage politique.
Quand on est mariés, on peut s'engueuler autant qu'on veut,
à la fin de la journée, on a rien détruit.
On a toujours quelqu'un sur qui on peut compter.
C'est comme ça que je pense pouvoir être utile à mon pays.
Je te donne ma vision, mon avis, mes idées.
On se raconte tout, librement, en confiance.
Après tu décides, tu en fais ce que tu veux.
C'est toi qui agis.
C'est toi, la Présidente.
Alors ?
- Philippe...
- Madame la Présidente...
Voulez-vous...
Elle rigole. - Arrête !
- T'as peut-être du champagne, non ?
- Oui.
Sous-titrage : HIVENTY
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