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Vous avez une minute ?
Vous n'êtes pas sur ma liste ?
Je rentre des Monts Nouba...
Désolé, je n'ai pas le temps.
Il se passe des choses terribles et personne n'en parle.
On a fait deux, trois articles.
Des gens meurent et tout le monde s'en fout.
Bien sûr, après 30 ans de guerre, deux millions de morts...
les gens pensent que ça changera jamais là-bas.
Mais ça pourrait !
Il n'y a pas de pays damnés, vous ne croyez pas ?
C'est d'accord.
Votre nom ?
Camille Lepage.
Je vous écoute.
Il y a une guerre entre l'armée soudanaise et le FPLA-Nord.
Les rebelles essaient de défendre leur pays contre Khartoum...
Pardon.
Vous pourriez m'apporter quelque chose de rapide ?
Parfait. Avec de l'eau.
Allez-y !
Depuis 2012...
Parlez-moi de ce que vous avez vu.
Un prêtre m'a aidée à traverser la frontière.
Grâce à lui, j'ai rencontré le commandant des rebelles.
C'est Nader, un des soldats qui m'accompagnaient.
Il a rejoint la rébellion l'année dernière.
À cause des bombardements, les gens se cachent dans des grottes.
Les enfants ont grandi avec la guerre.
Dès qu'ils entendent un avion,
ils crient "Antonov !"
et ils courent jusqu'à la grotte la plus proche.
Là, c'est après un bombardement.
- Et celle-là ? - Un hôpital, le seul de la région.
Vous avez vécu une aventure incroyable avec ces gens.
C'est impressionnant. Non, vraiment.
Mais ça ne suffit pas.
- Vous n'aimez aucune de mes photos ? - Non, il y en a des bonnes.
Mais j'ai l'impression que vous vous promenez
en photographiant tout ce que vous voyez.
Ce n'est pas ça, être un photographe.
Qu'est-ce qui vous intéresse vraiment ?
La guerre ? Les gens ? La culture ?
Vous devez choisir.
Je ne suis pas bonne en editing...
Vous ne pouvez pas éditer,
si vous ne savez pas ce que vous voulez dire.
Quel est votre style ?
Les portraits ?
L'action ?
Je ne sais pas quelle photographe vous êtes.
Séléka, tu es qui pour venir nous tuer ?
La paix et rien d'autre !
Tu la déposes chez les bonnes sœurs.
- C'est 200 CFA. - Non, 150 !
La Blanche !
Centrafrique, ma patrie
Centrafrique, pays de paix
Aujourd'hui nous avons une invitée qui s'appelle Camille
Elle est rose comme une crevette On dirait qu'elle a été cuite
Eh mais le repas arrive en taxi ?
Ou bien en bateau ?
Mais qu'est-ce qui se passe ?
On entend parler des Séléka
On entend le crépitement des armes
Puis les pleurs des femmes et des enfants
Cyril, tu connais cette terreur aussi
Soyons unis tels les doigts de la main
Pour relever la Centrafrique
Quand est-ce que le repas va arriver ?
Que fait notre gozo ?
Amène-nous donc à manger !
Amène le gozo !
Même la Blanche commence à demander le gozo.
Calmez-vous, Séléka !
Les pères pleurent
Les mères pleurent
Les enfants pleurent
Tôt ou tard...
Vous allez payer !
J'écris avec mes larmes Le risque c'est ma vie
Toutes ces personnes déplacées Des centaines de kilomètres à pied
Si les gens se sont levés C'est pas pour Bozizé et son parti
La population subit
Si la Séléka avait une vision :
ramener Bozizé à la raison
Pourquoi chaque fois qu'ils prennent des villes
il y a toujours destruction ?
Tôt ou tard...
Vous allez payer !
Tôt ou tard...
Vous allez payer !
Ils vont payer.
Les Séléka doivent partir.
Il doit démissionner !
Démission !
C'est notre pays.
Qu'ils partent !
On va mourir ici.
Évacuez la route !
Dégagez !
On veut pas de vous.
Pas de photos !
Donne les photos !
On va chez le commandant.
Dégagez !
Dégagez !
C'est des Séléka !
Pour qui ils se prennent, ces musulmans ?
Ils sont là.
Arrête-toi !
Arrête-toi !
D'ici au Cameroun, c'est combien ?
Le Cameroun, c'est 5 000.
Pas de réduction ?
Non pas de réduction, c'est le prix.
Un instant, s'il vous plaît.
Chauffeur...
Tu paies ton billet maintenant.
- Je te donne 2 500. - Non, il veut pas.
OK, donne la moitié maintenant.
Je prends tes bagages.
Tuez-le, c'est un Séléka !
Photographie-le !
Je ne suis pas musulman, mon frère !
Je suis centrafricain !
Je ne suis pas musulman !
Je ne suis pas musulman !
Photographie-le, c'est un Séléka.
Tu vas manger tes couilles !
Sale musulman !
Tuez-le !
Je vais t'écraser la tête.
Tuez-le !
Photographie !
Photographie !
Bonjour.
Qu'est-ce qui se passe ?
Elle ne veut pas se soumettre.
- N'importe quoi ! - Chef, c'est vrai.
À vos ordres, chef !
On l'a attrapée !
On va la buter !
- Qu'est-ce qu'elle fait là ? - Tais-toi !
Qu'est-ce que tu fais là ? Si je te revois,
je te tue !
Elle était à Boy-Rabe.
- Tu la connais ? - Oui.
Elle m'a aidé quand la Séléka me cherchait.
Donc tu es aussi un traître !
On sait tous pourquoi on est ici, alors contrôle-toi !
Parle comme ça avec les petits, pas avec moi.
Calmez-vous !
- La patrie ou le sang ? - Nous vaincrons !
- La patrie ou le sang ? - Nous vaincrons !
Nous sommes là,
parce que des étrangers sont venus nous maltraiter.
Ils se sont emparés de nos biens.
Ils ont violé nos femmes et nos sœurs.
C'est notre pays,
mais on ne peut pas vivre en paix.
On ne mange pas à notre faim.
Nous devons reprendre notre pays à ces étrangers.
On va les tuer.
- À qui appartient ce pays ? - À nous !
- À qui appartient ce pays ? - À nous !
Démarrez les moteurs !
Levez vos fusils que je les voie.
Chef, recrute-moi !
Merci de votre accueil.
Chef, regarde, j'ai une machette.
On veut devenir anti-balaka.
C'est entendu.
- Chef, j'ai un fusil ! - Bravo !
Chef, recrute-moi !
Nous devons récupérer notre pays.
C'est notre pays.
Ils ont mis le feu au village.
C'est Komegombu.
Partons ! Démarrez les motos.
Les Séléka sont dans ce village !
Passez par là !
Regardez derrière la maison !
Derrière les palmiers !
Elle respire encore !
Sortez les blessés des maisons.
Occupe-toi d'elle !
Revenez ici !
Ils sont partis.
Viens ici.
N'aie pas peur, viens !
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Les Séléka sont passés ici.
Ils voulaient nous tuer. Ils ont pillé le village.
Ils ont tué mes frères.
- Combien sont-ils ? - Ils étaient dix.
Non, pas dix, vingt !
Ils nous ont passés à tabac.
- Par où sont-ils partis ? - On ne les a pas vus partir.
C'est sûrement par là.
Chef !
Ils sont passés par là ! J'ai vu leurs traces.
Ils sont là !
Tu les vois ?
Hervé, de ce côté !
Couchez-vous !
Caporal, avec moi !
On les tient !
Il y a un blessé.
Laissez le cadavre !
On l'a tué.
On l'a coupé.
Camille, on a coupé son bras.
On a dépecé les animaux.
On va le manger.
Tu as les yeux gonflés, tu as pleuré ?
Viens te laver pour reprendre des forces.
Lave-toi.
Ça te va ?
Lave-toi.
Vas-y.
Enlève ton habit.
Goûte.
C'est un repas que j'ai préparé pour toi.
C'est très bon.
- J'aime beaucoup le gozo. - C'est bien.
Les Anti-balaka, les Séléka,
ce sont des hommes qui se battent.
Mais à la fin, ce sont les femmes qui souffrent.
Emmène-le avec toi.
Ici, il n'y a rien de bon.
Oncle, je veux de l'eau.
Dors.
À demain.
Cette terre est une terre de souffrance et de tristesse
Au ciel, il existe un endroit pour se reposer
Ô mes parents
Vous ne savez pas, c'est moi qui sais
Au ciel, il existe un endroit pour se reposer
Bonjour.
Comment vas-tu ?
- Tu as bien dormi ? - J'ai bien dormi.
Encore des photos, je suis pas d'humeur.
- T'as bien dormi ? - Oui.
Ça te suffit ?
C'est bon ?
On y va.
Allez !
Sous-titrage TITRAFILM
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