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Zulu
Vous écoutez El Club del Moro, la radio numéro 1
d'Argentine…
Le dollar a commencé à.….
ALLÔ ?
Bonjour.
Bienvenue à bord.
Je me présente. Je suis le docteur Enrique Ferrari.
Mes patients m'appellent Quique.
Vous êtes là ?
ALLÔ ?
Bonjour.
Très bien.
Je suis le propriétaire du véhicule.
On m'a volé 28 fois dans ma vie.
Vous pourriez croire que je mens, mais c'est la vérité.
Et avec vous, ça fait 29.
Laisse-moi sortir !
Laissez-moi parler.
Nous allons avoir du temps pour discuter.
Vous êtes à l'intérieur de mon 4x4.
L'alarme et le verrouillage des portes
sont connectés à mon portable.
Le véhicule est entièrement blindé.
Il ne bougera pas, les amortisseurs sont bloqués.
Il est insonorisé.
Les vitres sont blindées et teintées,
tout comme le parebrise avant.
Tout est blindé, sauf le réservoir de carburant.
Il fait 120 litres et il est plein.
Une vraie bombe à retardement.
Alors ne tentez pas le diable.
Vous avez compris ce qui se passera ?
Boum !
Je suis veuf.
Je suis né à Quilmes ily a 60 ans de ça.
J'ai eu la même enfance que tous les gamins de la classe moyenne.
On ne fermait pas la maison à clé.
Ca me manque de ne pas pouvoir vivre comme ily a 50 ans.
Que feriez-vous si vous surpreniez votre fils à voler ?
Je sais pas.
Mauvaise réponse.
J'ai soif.
Tu m'entends ?
ALLÔ ?
Tu vas le regretter, salopard.
C'est un four là-dedans. Je veux de l'eau !
Dès que je sors d'ici, je te tue.
Je te tue.
Toi et toute ta famille.
Fais-moi sortir !
Reprenons.
Que feriez-vous si vous surpreniez votre fils à voler ?
J'ai soif.
Laisse-moi sortir, connard.
Si vous répondez correctement, je vous donnerai de l'eau.
Que feriez-vous si vous surpreniez votre fils à voler ?
Je le prends par l'oreille
et je le traîne chez les keufs.
Chez qui ?
La police.
Ce serait une erreur.
Ne mêlez pas la police, un juge ou un avocat à ça.
C'est à vous de lui donner l'exemple.
C'est bon.
J'ai compris.
Je vais vous raconter quelque chose.
Ecoutez.
En décembre,
deux types s'en sont pris à ma fille quand elle rentrait chez elle.
Elle savait qu'elle devait éviter de les regarder dans les yeux
et qu'elle devait leur donner tout son argent.
Mais ça n'a pas suffi.
Ils ont même pris les brosses à dents.
Arrête, s'il te plaît.
Je veux sortir.
Ils ont mis un pistolet sur la tempe de mon petit-fils.
Il a cinq ans, vous comprenez ?
Il à passé trois heures une arme pointée sur lui.
Après ça, ils ont vendu la maison et sont partis vivre à Barcelone.
Je meurs de soif.
T'es quel genre de médecin ?
Bonne question.
Devinez.
Quelle est ma spécialité ?
Allez, devinez.
Je sais pas.
Laisse-moi partir.
Je ne suis pas cardiologue,
ni généraliste, ni chirurgien.
Devinez. Il ne reste plus beaucoup de possibilités.
Me casse pas les couilles !
Un indice : je travaille là où les autres jouent.
De l'eau !
Monsieur !
Votre numéro de carte d'identité ?
De l'eau.
J'ai demandé le numéro.
J'ai soif.
Je veux nom, prénom et numéro de carte d'identité.
Et je vous donnerai de l'eau.
Ciro.
Ciro Bermudez.
36.
87.
90-27.
0-2-7.
Bien.
Pour l'eau,
regardez dans le coffre.
"Surveillance de voisinage."
Qu'est-ce que j'en sais ?
Ils mettent des alarmes dans les voitures.
Les maisons.
Les commerces.
Ca sert à rien.
En ce moment, des milliers d'alarmes doivent résonner dans la ville.
Des tonnes.
Un vrai concert.
Je suis blessé.
J'ai de la fièvre. Il m'arrive quoi ?
C'est une consultation ?
Oui.
D'accord.
Tout dépend de l'état général du patient.
Une blessure et de la fièvre, c'est une autre histoire.
Le temps passe vite. Que s'est-il passé ?
Un tir dans la jambe.
Eh bien ! Comment ça s'est produit ?
Je me suis tiré dessus. C'était un accident.
La plaie saigne encore ?
Non.
Pas beaucoup.
De quelle couleur est la peau autour ?
Jaune.
Elle est chaude ?
Oui.
C'est mauvais signe.
Je monte le chauffage.
Avec la fièvre, vous avez sans doute froid.
Non, non.
Je me suis levé tôt aujourd'hui.
J'ai fait un jogging à 7h. J'ai pris mon petit-déjeuner.
Je suis allé au laboratoire récupérer mes résultats.
Et voilà.
La tache s'est étendue.
Je suis attaqué de l'intérieur.
Ce n'est pas grave.
Il me reste un peu plus d'un an à vivre.
Ce n'est pas si mal.
On peut faire beaucoup de choses en un an.
Si je m'organise, je pourrais changer le monde.
Du moins, la partie du monde à ma portée.
Je me souviens de dates, de lieux,
de choses qui me sont arrivées ces dernières années.
J'ai tout noté.
Ecoutez.
Août 1998, je vais dîner chez un ami.
On a volé deux roues de ma voiture, une Peugeot 205.
Janvier 2001, on m'a volé des meubles de jardin,
des équipements de piscine et de la nourriture.
Mars 2006,
vol à main armée au restaurant La Taba.
Ils ont volé tous les clients et ont frappé un vieux monsieur.
Avril 2008,
ils sont montés dans la voiture de ma femme
et l'ont forcée à faire des achats pour eux.
Ils choisissaient et elle payait.
"Prends-moi la télé, achète-moi un Samsung."
Octobre 2009, à River, un voiturier a rayé ma voiture
parce que j'ai refusé de payer une avance de 700 pesos.
Août 2011, ils sont entrés chez mes parents
alors que mon père garait la voiture.
Ma mère ouvrait le portail. Ils étaient âgés.
Les types n'étaient pas armés mais les ont frappés.
J'ai une urgence.
On reprendra ça plus tard.
Sale enfoiré !
Reviens plus ici ! Va te faire foutre !
Si je te revois, je te tue !
C'est toujours la même chose !
Ils ne font jamais rien.
Quartier de merde !
Saprobiontes.
Biologie de troisième année.
J'ai jamais réussi.
C'est des putains d'insectes qui bouffent les restes des autres
et qui maintiennent l'équilibre naturel
Dans ces rues, beaucoup de gens ont trop de choses.
Ces choses doivent être redistribuées
pour que tout le monde puisse en profiter.
Cet endroit est rempli de pauvres.
Et les riches font les lois qui les arrangent.
J'y obéirai pas, même s'ils me tirent dessus.
Oui.
Un voleur.
Comme mon daron.
Comme mon grand-père.
Je ferai ce que vous direz.
Ce que vous voudrez. Je vais bien me comporter.
Mais je veux rentrer chez moi.
Pas d'inquiétude. Vous ne ratez rien d'intéressant.
Je déjeune en lisant le journal.
La Corée du Nord a réalisé un nouvel essai nucléaire.
Il est fou, le petit gros.
Del Potro est l'un des plus grands tennismen de l'histoire.
Un vrai colosse.
Le maté fait grossir ?
Quinze infos et intox sur notre boisson nationale.
Les habitants de Buenos Aires
font partie des plus infidèles au monde.
Bien.
Je me suis levé de bonne humeur. Vous avez de la chance.
J'ai mis une barre chocolatée sous les freins.
Je vous fais patienter. J'ai un autre appel.
ALLÔ ?
Vite, je suis déjà en ligne.
Je vais passer au cabinet. Qu'est-ce qui se passe ?
Elle à perdu les eaux ? Elle a fait un effort physique ?
Dites-lui d'aller aux urgences
et précisez que c'est une de mes patientes.
D'accord, à très vite.
Excusez-moi, c'était ma secrétaire.
De l'eau.
De l'eau.
Et un joint.
La fille en legging passe avec son chien.
Ce chien lui a coûté plus de mille dollars.
Ponctuelle.
D'abord, c'est la femme qui sort et qui monte la garde.
Le type ouvre le portail et sort sa voiture.
Elle surveille tout depuis le trottoir.
Et lui, il maintient la porte ouverte avec un tuyau. Trop facile.
Je lui aurais déjà piqué tout son fric à ce débile.
Ces deux gamins ont seulement des portables sur eux.
Le vieux démarre
et sort.
Dans le rétro, il vérifie si la vieille rentre.
Et il s'en va.
Sale clodo.
Hier, c'était deux pommes pourries.
Aujourd'hui, c'est de la pizza.
Ici !
Dans la voiture !
Au secours !
Bonjour, Ciro.
J'ai des nouvelles d'Irina
et de Lionel.
Quoi ?
Vous avez entendu.
Comment tu connais ma famille, fils de pute ?
T'as pas intérêt à les toucher.
Du calme, Il ne va rien leur arriver.
Au contraire, je leur ai tout expliqué.
Que je travaillais pour le loto,
que Ciro Bermudez avait joué au Millionnaire
et qu'ils toucheraient immédiatement cent mille dollars en liquide.
T'es allé chez moi ?
Oui.
Au 106, tour 3, appartement 10E, à San Benito.
Evidemment, Irina a accepté l'argent.
Je me suis permis de la conseiller d'arrêter de louer,
d'acheter une propriété
et de garder le reste pour les études de son fils.
C'est une très jolie jeune femme.
Elle pourra toujours refaire sa vie.
Je t'ai rien fait, enfoiré.
Vous ne méritez pas d'avoir cette jolie famille.
Vraiment pas.
J'ai devant moi votre casier judiciaire.
Intéressant.
Vous avez déjà tué quelqu'un ?
Enfin…
Qu'est-ce qu'on ressent ?
Non.
J'ai jamais tué personne.
On dit que la 1re fois qu'on tue est terrible, mais qu'ensuite…
Une fois qu'on a du sang sur les mains,
ça ne fait plus rien.
J'ai jamais tué personne.
T'es taré.
Vous n'avez jamais tué personne ?
Les frères Salerno du magasin de pneus ?
Ca vous dit quelque chose ?
Vous avez voulu les voler, mais l'un d'eux s'est défendu.
Vous lui avez tiré dessus.
Il a sorti un couteau.
Teofilo Mendoza, chauffeur de bus, 64 ans.
Vous l'avez passé à tabac pour voler les passagers.
Il était à la retraite deux jours après.
Le vieux m'a tenu tête.
Regardez-moi ça.
Vol à main armée à Villa Ballester.
Cristina Beruti.
Vous lui avez volé sa voiture et son sac.
Puis vous avez renversé Mercedes Torres.
Elle est morte sur le coup.
Vous êtes allés dans une prison pour mineurs.
Quel beau palmarès.
J'ai fait des erreurs.
J'ai payé ma dette.
Qu'est-ce qu'il te faut de plus ?
Rien.
Vous êtes l'élu.
Vous êtes condamné.
Comme moi.
Bonjour, c'est Irina…
Et Lionel.
Vous êtes sur notre répondeur. Laissez un message après le bip.
Irina.
J'ai encore fait une connerie.
Lio.
C'est papa.
Vas-y.
Sors.
Bonne chance.
Levier de merde !
Fais chier.
Monsieur.
Payez ce que vous consommez et partez.
Sale voyou, t'as compris ce que je t'ai dit ?
Qu'est-ce que t'as ? Tu sais pas parler ?
S'il te plaît.
Je veux voir mon fils.
Impossible.
C'est hors de question.
Si tu refuses, je me tue.
Et tout sera fini.
Un.
Deux.
Et…
Qu'y a-t-il ?
ALLÔ ?
La balle n'est pas sortie ?
On n'arrive jamais à rien le dimanche.
Même pas à se suicider.
Ca sert à quoi, le dimanche ? A laver la voiture.
A regarder le foot.
On mange toute la journée en attendant le lundi.
Regardez-moi.
Regardez-moi.
Regardez-moi.
Je suis devant vous.
Lumière, caméra, action.
Vous me voyez ?
Oui.
On se rencontre enfin.
Je suis sorti de l'hôpital pour vous saluer.
Enchanté.
Je suis Enrique.
Surprise.
Tenez, c'est pour vous.
Votre dernière volonté.
Un joint.
Je l'ai acheté pour vous.
Je ne fume pas.
Allez.
Voilà.
Et pour moi…
Des cacahuètes enrobées.
C'est bon enrobé de chocolat.
Et votre blessure ?
Faites-moi voir.
Enlevez votre main.
Il faut drainer la plaie.
Arrêtez de crier.
Ne criez pas.
Il faut drainer.
C'est douloureux ?
Oui.
Très douloureux ?
Oui.
Très.
- Sur une échelle de un à dix ? - Dix.
Ca va aller mieux.
Ca n'a plus d'importance.
Margarita,
comment allez-vous ?
Oui, je peux parler. Je suis à un congrès médical.
Le bébé va arriver ?
Combien entre chaque contraction ?
Préparez le sac avec votre mari.
Et allez à l'hôpital. Mais tranquillement.
Vous y trouverez le Dr Ernesto Flores.
Il s'occupe de mes patients quand je suis absent.
Notez ce numéro.
1531765432.
Comme je dis toujours,
en chaque femme enceinte se trouve un trésor.
A l'aide.
A l'aide.
Viens là !
Sale enfoiré.
- Viens là. - Lâche-moi, connard !
Non, pas la voiture.
Pas dans la voiture.
Tu vas venir !
A l'aide !
Aidez-moi.
On bouge plus. Police !
Votre arme.
Lâchez votre arme.
Aidez-moi. Ce mec est taré, il m'a séquestré.
Aidez-moi.
Du calme. On va régler ça entre hommes.
Autour d'un bon café.
Ca ne vous regarde pas.
Ni vous, ni la police. Personne.
Partez, mademoiselle.
Vous risquez souvent votre vie pour un salaire de misère ?
Mais c'est pas ce que vous croyez. L'arme est à lui.
Il voulait voler ma voiture.
Il m'a tiré dessus.
Et vous me visez ?
Lâchez votre arme.
Après deux heures de tension, la situation n'a pas évolué.
Mais j'aimerais demander à ceux qui nous regardent chez eux,
qu'arrive-t-il à notre société ?
Ces jeunes délinquants ne sont-ils pas les vraies victimes ?
Avons-nous réfléchi à l'éducation qu'ils reçoivent ?
Quelles opportunités ont-ils dans la vie ?
C'est un voleur. C'est moi, la victime !
Un homme a voulu faire sa propre justice.
Les droits de l'homme sont responsables
des problèmes de notre pays.
Sur ordre du procureur, je vous demande de vous calmer.
Dites ce que vous voulez.
Je ne veux rien.
Vous tous, il faut que vous votiez.
Demandez sur les réseaux.
Que dois-je faire ? Le tuer ou le rendre à la police ?
Il sera relâché demain.
Je suivrai votre choix.
Mais tout le monde doit voter.
Sans hypocrisie, la main sur le coeur.
Même si on passe pour des gens mauvais, je veux la vérité.
Appelez Amadeo, le négociateur.
Il est à la retraite.
- C'est impossible. - Appelez-le.
Madame, s'il vous plaît.
Monsieur l'agent,
je leur ai apporté de la nourriture.
Madame.
Partez.
J'ai faim.
Bonsoir.
Comment ça se passe ?
- Ca va ? - Très bien.
- Merci d'être venu. - C'est rien.
J'avais pas grand-chose à faire.
Je regardais la télé.
- Un gilet ? - Non, merci.
Suivez-moi, c'est par ici.
Bonjour, docteur.
Bonjour, mon garçon.
Je me présente.
Je m'appelle Julio Amadeo.
Je suis médiateur pour la police.
Je suis ici pour voir si…
si je peux aider.
Docteur, y a-t-il quoi que ce soit que je puisse faire ?
Oui, une chose.
Laver la rue de tous les excréments.
Quand je sors du cabinet,
rue Republica Arabe Siria,
je traverse dix rues pour aller jusqu'au parc.
Il doit y avoir 100 immeubles en tout.
Et dix chiens par immeuble.
Ca fait 1000 chiens.
Il faut les sortir deux fois par jour.
Ca fait 2000 crottes de chien à éviter tous les jours.
Parce que les maîtres
ne les ramassent pas si personne ne les regarde.
Désolé, Enrique.
Lâchez votre arme et laissez-le partir.
On sait tous les deux qu'il n'a rien à voir avec tout ça.
Ce n'est pas le vrai problème.
Oui, c'est de savoir ce qui est juste ou non.
Et c'est ce que je fais.
J'en ai marre d'entendre :
“Au moins, personne n'a été blessé.
“Heureusement qu'ils n'étaient pas drogués
“et que c'était des pros."
C'est ces putains de Noirs du quartier !
Silence.
Silence !
Je vais m'en occuper, de cet enfoiré.
Docteur.
J'aimerais qu'on réfléchisse à ça.
Vous êtes en colère.
Mais le petit n'a rien à voir dans tout ça.
Vous en voulez à la société.
Et je vous comprends. Vous n'êtes pas le seul.
On est tous en colère.
Très en colère.
Peu importe. Moi, au moins, j'agis.
Sinon j'ai plus qu'à aller vivre ailleurs.
Regardez. Regardez tous ces gens.
Admirez ce magnifique spectacle.
IL a retenu la leçon.
- Laissez-le partir. - Non.
Pour que la justice s'en occupe ?
Ces connards, ils finissent toujours par s'en sortir !
Je crois en ma propre justice.
Et c'est tout.
J'ai attrapé celui-là, il est à moi.
Moi aussi, je suis en colère.
Mais vous savez ce qui nous différencie ?
C'est que moi, je sais que ça ne sert à rien.
On est libres !
On nous vole tous les jours !
Qui s'est déjà fait voler ? Levez la main.
Qui a des clôtures ?
Qui a des alarmes ?
Qui a peur d'emmener ses enfants à l'école ?
Cet homme n'a rien à perdre.
Il est donc persuadé
qu'il gagnera toujours.
C'est un putain de samouraï.
Qu'on applaudisse la police ! Voilà.
Je vais faire durer les choses.
Pour voir s'il fatigue.
Docteur.
Laissez-moi vous apporter de l'eau.
Sécurité !
Sécurité !
On y va.
Non.
La fille.
Ma copine.
Allez-y.
Pas d'arme.
C'est bon.
Merci, petite.
Donne-moi ça.
Réfléchissez-y.
Vous êtes un homme instruit.
Je vais vous raconter une histoire.
Celle d'un garçon qui vit avec son grand frère,
sa mère, une ménagère,
et son père, qui travaille en chambre froide.
Une famille des plus normales.
Un jour, le mari sort de chez lui et se rend au travail.
Et on ne le revoit plus jamais.
La famille a vécu des mois difficiles sans lui.
Mais, avec le temps,
la vie a repris son cours. Les garçons voyaient leurs amis
et allaient à l'école.
La femme a rencontré un autre homme, un dentiste du quartier.
Vous devez vous demander où je veux en venir avec tout ça.
J'essaie de vous dire que, quoi qu'il arrive,
le monde
continue de tourner.
Les années ont passé.
Le jeune garçon a fini par fêter ses 20 ans.
Un jour, par la fenêtre,
ila vu un homme en haillons,
sous la pluie, au milieu de la rue.
Il le regardait.
Mais il ne lui a pas prêté attention.
Quelques jours plus tard, en partant à l'école,
ila vu un regroupement au milieu de la rue.
Quelqu'un était mort. Il avait été renversé.
C'était le sans-abri
qui regardait chez lui quelques jours plus tôt.
C'est là qu'il l'a reconnu.
Cet homme, c'était son père.
Et le garçon,
c'était moi.
Je vais vous parler franchement.
Regardez-moi dans les yeux.
Ces yeux, ils ont tout vu.
J'ai perdu ma femme.
Et on n'a jamais pu avoir d'enfants.
J'ai peu d'amis.
Mon meilleur ami,
c'était un chat qui est mort de vieillesse.
Je n'ai pas d'économies, pas un seul dollar.
Je vis de ma retraite.
Je peux vous assurer
que je n'ai besoin de rien d'autre.
Je n'ai rien à perdre.
Moins que vous.
Vous savez ce qu'il me reste ?
Trois bières dans le frigo.
Vous laissez pas avoir !
Laissez-le partir, il a retenu la leçon.
Lâchez votre arme.
Quand tout ça sera terminé,
vous viendrez à la maison boire une bière et manger une pizza.
On bavardera tranquillement.
Allez, laissez-le partir.
Tue-le !
Et sinon, il se passera quoi ?
Vous le savez très bien.
Si je le tue, vous me tuez ?
Tuez-le.
Allez-y.
Tirez.
Vous mettrez fin au calvaire de ce jeune homme.
Par contre,
il faudra supporter d'avoir sa mort sur la conscience.
Lâchez votre arme. Ca pourrait être votre fils.
J'ai une fille, pas un fils.
Alors votre fille.
Elle n'a jamais tué personne.
Mais ça sera la fille d'un homme
qui menace de tuer un gamin depuis cinq heures.
Vous voulez le tuer devant tout le monde,
pour les caméras ?
Pour les caméras ?
C'est bien ça ?
J'ai fait naître des milliers d'enfants.
Tue-le ! Ca fera un de moins.
Il doit payer !
En prison !
On veut de la sécurité !
Laisse-le partir, espèce de taré !
On devrait tous les éliminer !
Ca reste un être humain !
Qu'on les tue tous !
Vous êtes quoi ? Un quelconque assassin ?
- Tue-le ! - C'est un être humain !
C'est qu'un gamin !
C'est un être humain !
Baissez votre arme.
Le garçon est avec nous.
C'est fini, Enrique.
S'il vous plaît.
On y va.
Non, reculez !
Que tout le monde recule !
Le pays est toujours sous le choc après l'affaire Enrique Ferrari.
Nous connaissons tous la fin tragique de cette histoire.
Encore un citoyen qui a voulu faire justice lui-même.
Le cas Enrique Ferrari, surnommé "le médecin samouraï",
est devenu la grande affaire en la matière.
Un nouveau débat est ouvert
sur ce qui préoccupe le plus les Argentins :
l'insécurité.
Ciro Bermudez, le voleur séquestré dans le 4x4,
pourrait être relâché dans les prochaines heures.
La rue est encore troublée par les vestiges d'une nuit brûlante.
C'était ici qu'était garé le 4x4
qui s'était transformé en véritable piège à souris.
Ses collègues et amis assurent que l'obstétricien
était un médecin très apprécié et respecté.
Nous sommes allés dans la rue demander l'opinion des citoyens.
Adaptation : Emilie Nicolas
Sous-titrage : HIVENTY
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