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DARK SUMMER
"Huxley", c"est quoi ce nom ?
C"est d"origine anglaise mais...
T"as pas un accent anglais.
- Ma m�re est fran�aise... - "Huxley".
Comme l"auteur... Aldous Huxley ?
ll se shootait, non ?
- Je veux. - Je vois pas le rapport.
Je saigne du nez.
Enfin, une v�rit�.
Quelle v�rit� voulez-vous entendre ?
Ecoute, merdeux. Tu crois pouvoir passer ici sans dire bonjour ?
Foutre en l"air la vie des gens...
et bondir aussit�t apr�s sur une autre proie ? Sale ordure.
- Tu te contredis. - Je dis la v�rit� !
Quelle v�rit� ? La tienne ?
La v�rit�... sonne juste.
L�, je n"entends qu"une partie de la v�rit�.
Tu t"y connais en justesse...
t"es musicien. Tu sais faire la diff�rence !
- Balance ! - Tout !
A Dickinson, encore une d�couverte macabre
tandis que dans le Dakota du Nord, on compte les victimes
de cet effroyable gang de la route.
D"apr�s les enqu�teurs, les corps ont �t� mutil�s
de la m�me fa�on que ceux des victimes du Dakota du Nord
et du Montana.
2 corps non identifi�s ont �t� retrouv�s pr�s d"une voiture, dans un champ,
� 30 km de Valley City.
Les autorit�s sont sur place. Nous vous tiendrons inform�s.
Mr. Huxley ?
Alors comme �a, vous nous quittez.
Bonjour.
- Comment vous vous sentez ? - Beaucoup mieux.
- D"o� �tes-vous ? - Paris.
J"enseigne � New York mais l�, je vais � un forum � Seattle.
Je r�ve de voir Paris. Comment avez-vous atterri ici ?
Je suis en vacances.
J"avais besoin de changer d"air, d"un peu d"espace.
- Et le violoncelle, �a fait longtemps ? - J"�tais gamin.
Je suis professeur � Juilliard.
Mon p�re jouait du piano.
Plus maintenant ?
ll y a beaucoup de ""plus maintenant"" dans ma vie.
J"ai l"impression d"aller nulle part, de plus en plus vite.
Moi, je vais nulle part mais trop vite.
Mon accident en est la preuve.
Si vous voulez,
vous pouvez venir d�ner � la maison, ce soir.
Vous me feriez l"aum�ne, Mlle Denright ?
Appelez-moi Megan... je vous en prie.
Quel beau camion...
�a sent bizarre.
Vous mettez de l"after-shave ?
"Eau de Rottweiler".
Le garagiste qui me l"a lou�e puait le chien.
Dominique.
La soeur verticalement oppos�e � Megan.
Pardon ?
J"ai 10 cm de moins que les autres... mais je compense.
Vous gagnez en perspective.
Je vois des trucs que personne ne voit.
G�rard Huxley.
Je peux sortir ?
Megan, il est arriv� !
Ton copain est l�.
Vous ne vous �tes pas trop perdu ?
- Votre plan �tait parfait. - C"est vrai ?
Go�tez.
C"est pr�t dans 10 minutes. Excusez-moi.
Attention, �a arrache.
Vous faites comme chez vous. Dom, sois gentille.
C"est tr�s bon.
Evidemment. Megan est �patante.
Maman lui a appris � cuisiner.
Moi, j"ai d"autres qualit�s.
Je ne les pas encore d�couvertes.
Votre m�re ?
Elle d�ne avec nous ?
- Elle est morte. - Navr�.
Elle est pas morte. Elle estjuste pas l� en ce moment.
- C"est faux. - Menteuse.
Maman est morte et elle le restera tant que tu vivras sous ce toit.
Tu as compris ?
Ne l"�coutez pas.
Megan dit que tu l"as allum�e... � l"h�pital.
C"est pas exactement...
Dominique ! J"ai entendu.
Tu lui as dit que tu �tais un g�nie.
Non, j"imagine que...
Je n"ai jamais touch� un violoncelle.
C"est aussi "bouleversifiant" qu"on le dit ?
Oui, parfois. Quand il est accord�.
- Tu l"as amen� ? - Bien s�r.
Je joue du piano.
C"est vrai ?
Tu veux m"�couter ?
Absolument.
C"est magnifique.
Tu es dou�e.
Non.
ll faut appr�cier ce qu"on a.
M�me nos trucs moches ?
C"est ton tour.
Non, c"est � toi. C"est moi qui ai fait � manger.
Envoie-le par la poste.
S"il te pla�t.
Encore bravo.
C"�tait quoi ce bruit ?
En fait... le d�ner est pr�t. On y va ?
- Dom, d�p�che-toi. - Je suis au ralenti, l� ?
- Je peux me laver les mains ? - Bien s�r.
Vous la suivez, c"est au bout du couloir � droite.
C"est vrai que quand on est prof,
c"est qu"on est pas assez bon ?
�a se fait pas de dire �a.
Je comprends. Elle me provoque.
C"est de bonne guerre.
Tu vas nous jouer quelque chose alors...
- On sera impressionn�es ? - A vous d"en juger.
Tu es un virtuose ?
�a demande beaucoup de travail
en amour... pardon, en amont...
que je n"ai pas fait.
T"as dit ""en amour"" !
- ll y a un mot grec pour �a. - J"attendais du fran�ais.
C"est du grec.
lls n"ont qu"un mot pour ""amour"" et ""passion""...
""Enthousiasmos"".
Enthousiasme. �a me pla�t bien.
Alors, tu parles d"amour
... ou de passion ?
Je parle des deux, bien s�r.
Ma poule, je te suis � fond l�-dessus.
Etje craque trop pour ton accent fran�ais.
Toutes ces �motions te viennent
de bouts de bois coll�s entre eux
et de cordes qui vibrent ?
Et ces vibrations se propagent
dans ta poitrine... et dans ton ventre.
- Partout ? - Vraiment partout ?
Devinez...
�a fait quoi quand elles arrivent l� ?
Raconte, on le dira � personne.
Bon, allez.
C"est l"heure.
Allons-y, Huxley.
O� �a ?
Papa...
R�veille-toi.
C"est le monsieur de l"h�pital.
Je t"en ai parl�, tu te souviens ?
ll est musicien.
Monsieur.
Sors ton violoncelle.
- Une chaise. - Pardon ?
ll me faut une chaise.
Fermez la porte et tirez les rideaux.
Pas une seule note ne doit s"�chapper.
Allez !
Je veux que la pl�nitude du son m"enl�ve cette odeur infecte.
Sais-tu, musicien,
que lorsque tu meurs, ton corps exhale
comme une odeur d"encaustique ?
Non, je ne le savais pas.
Un musicien...
As-tu du talent ?
Je ne suis pas Rostropovitch, mais je crois que oui.
Je te demande pas ce que tu crois
mais ce que tu sais. As-tu talent ?
Mes coll�gues le disent.
Alors s"ils le disent...
Joue.
lncroyable.
C"�tait superbe. N"est-ce pas, papa ?
Tu as de la technique.
Mais tu vaux rien
et tu le sais.
Tu agites les doigts, tu fais de l"esbroufe.
Et les espaces entre les notes ?
Enflamme les espaces !
Tu entends ?
O� est ton coeur ?
Voil� ce qu"il te manque. Tu comprends ? Du coeur !
Je vais regarder la t�l�.
Assez d"agitation pour ce soir.
Je suis d�sol�.
Repose-toi.
Je remonterai pour tes m�dicaments et tu pourras dormir.
- Son �tat s"aggrave. - Je suis navr�.
Ton p�re avait du talent ?
C"�tait un pianiste m�diocre.
ll n"a pas pu en faire son m�tier.
ll n"�tait pas si loin de la v�rit�...
J"ai de la technique mais...
c�t� coeur, c"est pas encore �a.
J"admire ta franchise.
ll se fait tard.
ll faut que j"aille le voir
et Dom n"a pas l"air tr�s bien lun�e.
- Bonne nuit. - Merci pour ce d�ner.
Tu as beaucoup de talent... pour un prof.
On pourrait peut-�tre se...
On verra.
Tout va tr�s bien.
J"ai une peine de coeur et un mal de reins.
Nous comm�morons la mort de Robert Denright
et nous partageons le bonheur qu"il nous a donn�,
au cours de sa vie.
Megan et Dominique vous remercient
d"�tre venus c�l�brer la m�moire de cet honn�te homme
et de ce p�re aimant.
Tu es poussi�re et tu retournes � la poussi�re.
Le 4x4 me manque.
Je te remercie.
De quoi ?
De t"�tre d�plac� pour l"enterrement.
Je sais que tu t"es senti g�n�. C"�tait une d�licate attention.
En effet, c"est pas mon genre de m"inviter aux enterrements.
�a m"a fait plaisir.
Je vais y aller. Je r�cup�re mon violoncelle.
Tu peux rester.
Le divan est tr�s confortable.
Etje ne veux pas �tre seule.
Bien.
Je vais chercher les couvertures.
Viens.
Touche.
Le bois a des pores, comme la peau.
ll respire.
ll sonne diff�remment selon qu"il est froid ou chaud.
Encore.
Bonjour.
- Bien dormi ? - Tr�s bien.
Et toi ?
T"es toujours l�.
Tu vois.
Dom ?
�a va ?
Au poil.
Viens, j"ai une super id�e.
G�rard doit se rendre � Seattle.
Faisons un bout de chemin avec lui.
On a besoin de s"a�rer la t�te.
On lui montrera notre endroit.
G�rard ?
Bien s�r. J"appr�cierai beaucoup sa compagnie.
Grande soeur,
est-ce que le mot ""retenue"" t"interpelle ?
Ou ""consid�ration"", ou ""bon go�t"" ?
Ou est-ce que ton neurone du bas-ventre
a encore fait des heures sups ?
Qu"est-ce que t"as ?
Notre p�re n"a pas encore refroidi que d�j�
tu te tapes Huxley chez nous...
""Qu"est-ce que j"ai"" ?
Pardon, c"est � moi de te demander ce que tu as
""dedans"".
Cochonne !
Arr�tez !
Vous vous �tes d�fonc�s hier soir.
Boucle-la !
T"as un joli petit cul Huxley, tu fais beaucoup de gym ?
Tu nous as regard�s ?
Faut que je te dise...
Elle aime �tre au-dessus mais t"as d� le voir.
- Plus jamais, tu pourras... - Quoi ?
te mettre au-dessus. C"est fini �a.
P"tite soeur,
tu ne sauras jamais ce que c"est.
En fait, tu surcompenses car tu �prouves...
Je vais te foutre dehors !
un tr�s fort... sentiment
Je te tue !
-... d"ins�curit�. - �a suffit.
Excuse-moi. �a va ?
�a va. Mais vous arr�tez maintenant !
- ll a tout gob�. - Oui !
On a assur� !
T"as vu sa t�te ?
Un peu forte ta gifle...
Excuse, t"as boug�.
C"�tait de la com�die ?
Caf� ?
On se sauve, enfin ! Les vacances !
On s"�vade de la zonzon !
Au revoir, la maison.
Dom, tu n"as pas besoin de parapluie.
- Et s"il pleut ? - Donne.
T"es folle, pourquoi t"as fait �a ?
Excusez-moi.
T"es r�veill�e ?
On peut parler ?
Bien s�r.
Merci.
Je n"ai jamais �t� aussi bien...
Jamais ?
Jamais.
Qu"avec toi.
Je sais.
Je ressens la m�me chose.
Je veux tout savoir de toi.
Tu en sais assez.
Trop peu.
C"est si important ?
Je sais pas.
Par exemple, o� est ta m�re ?
Parlons-en...
Elle est partie, elle a plaqu� mon p�re... et nous.
C"est une sale garce alcoolo et menteuse. Autre chose ?
Je suis navr�.
Ne me plains pas.
Tu lui as parl� ?
Pas depuis qu"elle s"est tir�e.
Tout ce qu"elle m"aurait dit c"est combien elle avait bu ce jour-l�.
�a m"aurait rien apport�. Elle est comme la vapeur...
�ph�m�re... et sans substance.
Voil� commentje la vois.
D"o� tu sors cette th�orie ?
4�me ann�e de chimie.
Je l"ai r�duite � un �tat o� elle ne pourra plus nous faire mal.
Approche int�ressante.
Tu as vu la lune ?
""ll n"�tait qu"un enfant au monde
mais ne r�clamait pas la lune"".
Dickens.
2�me ann�e de litt�rature.
En fait, t"es un romantique tortur�.
""Tel le hurlement des loups irlandais � la lune"".
Shakespeare.
3�me ann�e de litt�rature.
J"en ai mal au coeur.
Si j"entends encore un vers de cette po�sie � l"eau de rose,
je d�gueule sur Huxley.
Ravie de te voir.
""ll ne r�clamait pas la lune"". Bonjour le glucose.
T"es toujours aussi peste au saut du lit ?
Je veux.
Retrouve-toi isol� et ta vraie personnalit� refait surface.
- Bouffe-moi, Huxley. - Dom !
Va te recoucher.
T"en meurs d"envie.
Le plein, s"il vous pla�t.
�a doit �tre faisable.
Vous �tes pas d"ici, vous.
Qu"est-ce qui vous fait dire �a ?
Le flair. Je suis pompiste mais pas abruti.
C"est quoi �a ?
Un violoncelle.
- Un vermicelle ? - Un violoncelle.
C"est comme un gros violon.
Un gros violon ?
J"en ai jamais vu.
Vous jouez de la country ?
Dommage.
Ce sera tout ?
Oui, plus les caf�s.
ll est trop mignon.
Tu as vu ?
C"est pas vrai...
Bonjour. Que se passe-t-il ?
Permis de conduire et carte grise.
C"est quoi ?
Un violoncelle. Je suis musicien.
Votre nom, madame ?
Dominique Denright.
Megan, sa soeur.
O� allez-vous ?
On se rend � Seattle.
Parfait. Circulez.
Une question.
Pourquoi ta soeur met une perruque ?
Elle s"est arrach� les cheveux.
Regardez qui je ram�ne.
Asseyez-vous !
�a, c"est une surprise.
Tony. De la station-service. Et lui, c"est Mike.
G�rard, un ami.
Vous nous suivez ou quoi ?
Nous, on ne vous a pas l�ch�s.
C"est super de vous revoir.
Vous allez o� ?
T"as entendu ?
Elle veut savoir o� on va.
On voyage au gr� du vent.
Comment s"est form� le trio ?
G�rard est en grandes vacances.
- On est en vacances. - G�nial.
- �a se passe comment ? - C"est chiant.
Super.
On doit y aller, d�sol�.
Si. On s"en va.
ll para�t qu"on a un violoneux dans la salle.
Qu"il monte sur sc�ne.
Le voil� !
C"est encore toi, �a.
Tu veux jouer quoi ?
Tu peux regarder la carte ?
Je crois qu"il y a un probl�me.
Je vois pas de pancarte.
L�.
""Mammoth Falls, 200 miles"".
200 miles ? G�rard, o� on est ?
J"�tais sur une autoroute, j"ai pris la mauvaise sortie.
Merde.
Regarde.
Arr�tons-nous l� en attendant que �a se calme.
Je vais aller voir.
Excusez-moi de vous d�ranger,
mes essuie-glaces m"ont l�ch� et il tombe...
On est accompagn� ?
Si on pouvait s"arr�ter ici
le temps que �a se calme...
Allez chercher vos amies et entrez.
Merci infiniment.
Juge Winston. Comment allez-vous sous ce d�luge ?
G�rard Huxley, Megan et Dominique Denright.
- Enchant�e. - Quel temps de chien !
On se sauve d�s que �a se d�gage.
Je suis ravi de vous avoir.
�a ne va pas se lever de si t�t.
Venez vous asseoir. Faites comme chez vous.
Pipi.
J"ai du caf�.
- �a vous tente ? - C"est gentil, merci.
Si vous voulez remettre du bois,
j"ai oubli� et il fait un peu frisquet maintenant.
�a nous r�chauffera.
- Depuis quand habitez-vous ici ? - 5 ans.
Je vivais � Billings avant de prendre ma retraite.
Vous avez une maison magnifique.
Vous vivez tout seul ?
Je supporte ma compagnie gr�ce � mes... livres
et la maison m"occupe beaucoup.
�a suffit � mes besoins.
Cependant, vous �tes les bienvenus si vous voulez dormir ici.
Vous �tes s�r ? On ne voudrait pas abuser.
Non, du tout. Vous m"�tes sympathiques.
ll y a une deuxi�me salle de bains en haut.
Si vous voulez vous r�chauffer, il y a une baignoire ancienne...
je vous la conseille. On n"en fait plus des comme �a.
Elle est grande ?
On peut en mettre 3 comme vous, plus le chien.
Merci beaucoup.
C"est tr�s gentil.
Ce n"est rien du tout.
Bonne nuit. Attention aux punaises.
Bonne nuit.
Je vous d�range pas trop ?
Qui est-ce ?
C"est moi, G�rard.
Mr Winston se rince l"oeil !
- De quoi parlez-vous ? - Vous le savez tr�s bien.
Esp�ce d"ordure.
Je n"ai pas � supporter �a. Allez-vous-en !
Maintenant ou j"appelle la police !
Esp�ce de vieil obs�d� !
- O� est Dom ? - Elle est pas avec toi ?
Trouve-la ! Si jamais il l"a touch�e...
Dominique ! O� tu es ?
Va voir en bas ! Je m"habille !
Dominique ?
Elle �taitjolie dans ta baignoire ?
Tu me trouves belle ?
Tu es aussi belle qu"un aller simple au paradis.
lls sont beaux, mes cheveux ?
Ce sont les plus magnifiques cheveux que j"aie jamais vus.
De ma vie.
Tu es tellement plus jolie que ta soeur.
Tu m"aimes ?
Non, tu me toucheras pas !
Qu"est-ce que tu fais ?
Donne-moi cette arme.
J"avais une profession honorable.
Juge � la cour supr�me...
Une vie r�v�e.
Une vie respect�e mais...
sans une once de v�rit�,
une vie pourrissant dans les bas-fonds de la tromperie,
une vie entach�e de mon propre sperme.
Pose cette arme. S"il te pla�t.
Vous n"avez pas encore compris ?
J"habite ici parce que je ne supporte pas les gens.
lls me rendent malade.
Mais ils sont toujours l�.
Toujours.
�a t"est d�j� arriv� ?
Qu"est-ce que tu fais ?!
Tu as chaud, le sang afflue...
Tu n"as plus aucune emprise.
Bouclez-la, Winston ! Eloignez-vous.
De ton int�grit� � cette arme, il n"y a aucune distance.
La premi�re fois... les premi�res fois,
on a peut-�tre encore une chance...
mais pas cette fois.
Pas cette fois.
C"est all� trop loin.
ll faut en finir.
Elle l"a vu en train de me mater.
C"est pas vrai...
Je peux entrer ?
Je peux m"asseoir ?
Dom. Je t"en prie.
S"il te pla�t, donne-le moi.
C"�tait un juge, il faut appeler la police.
C"est lui qui s"est tu�, pas vrai ?
Je t"en prie...
donne.
Donne-moi cette arme.
On va la poser.
L�...
Je la pose, maintenant.
Tout va s"arranger.
ll y a un ange sous mon lit.
Cet homme �tait exactement comme papa.
- Pas vrai ? - Oui.
Papa aussi se tenait dans l"entreb�illement de la porte,
il te reluquait en attendant d"avoir le culot d"entrer.
Moi, je regardais par le trou de la serrure
et le voyais d�faire son pantalon...
en te demandant de te mettre � quatre pattes.
ll te disait : ""Je t"aime tellement"".
Arr�te. Je sais.
Mais que faire ? On n"�tait que des enfants.
On aurait d� le faire bien plus t�t.
File-moi �a.
Megan,
on n"a fait que tuer un monstre.
Tuer ?
On lui a donn� ses comprim�s � tour de r�le.
Je lui donnais une dose
et Megan repassait derri�re.
Puis, ce fut la derni�re poign�e...
je me suis approch�e...
je me suis pench�e sur lui
etje lui ai murmur� dans l"oreille :
""Papa...
on t"a tu�"".
ll vaut mieux oublier la police.
Tu dis �a pour moi ?
Que comptes-tu faire ?
Qui �tes-vous ? Quel r�le vous m"avez r�serv� ?
- C"est un accident. - Ah oui !
Comment te croire ?
Ma vie, c"�tait pas le nirvana mais elle �tait stable.
Je voulais du changement mais l�,
c"est un peu beaucoup.
Rentre. Un autre orage arrive.
Attends, il faut qu"on parle !
J"en n"ai pas envie !
Qu"est-ce qu"on va faire ?
Se sauver sans regarder derri�re nous.
Mais ils vont d�couvrir le corps !
On sera loin !
Personne nous a vus.
- Si on se d�p�che, �a ira. - C"est un accident !
Tu vas dire aux flics qu"elle �tait dans la piaule du juge
avec un fusil braqu� sur lui ?!
Pardon ! J"esp�re que t"es pas f�ch� contre moi !
Va nettoyer.
T"es en col�re ?
Oui. Etje suis paum� aussi.
On voyage ensemble.
Apr�s toi, tu continues et nous, on rentre en train.
- T"as l"impression d"en savoir trop ? - D�veloppe ""trop"".
Personne n"avalera cette histoire. On t"accusera.
""Un musicien �tranger, drogu�, a un accident de voiture.
ll s�duit l"infirmi�re du coin et assassine"".
On voit �a tous les jours, dans les journaux.
Tu d�railles. Qui va croire �a ?
J"ai son portefeuille...
ses cartes de cr�dit.
De quoi peut-il s"agir ?
�a me s�curise trop de te voir te shooter � la caf�ine...
Je peux pas en dire autant de toi.
Pourquoi t"es m�chant avec moi ?
- Tu prends tes r�ves pour des r�alit�s. - Oui.
T"appelais qui, l� ?
C"est personnel. Le caf� est comment ?
Froid, amer, d�gueu. Tu vas adorer.
Par l�.
Pardon ?
La route vers le sud.
Je me rep�re maintenant. On prend � l"ouest.
On fait un d�tour.
- On devait aller �... - Tu nous conduis l�-bas et tu pars.
Tu fais chier !
T"es dingue ? Tu veux nous tuer ?
Je vous jette !
- Tu fais quoi, l� ? - Ce qu"il faut faire.
Tu devrais essayer.
On va voir ma m�re !
Elle sait pas pour ton p�re ?
Non, elle sait pas.
Quoi ? Tu dis rien ?
Gal�re de merde.
�a a toujours �t� la merde !
Je veux changer �a !
Alors, tu fais quoi ?
Tu crois en Dieu ?
Tu plaisantes, l�.
Non, je ne plaisante pas.
Tu crois en Dieu ?
Pourquoi tu veux le savoir ?
Parce que j"ai envie.
Dieu est un �v�nement qui a eu lieu il y a longtemps.
Un �v�nement ?
Le commencement et la fin.
Le Big Bang ?
On peut le dire comme �a, oui.
Alors Dieu est mort ?
Nous sommes ce qui est rest�.
On est les restes de Dieu ?
J"ai horreur des restes.
Surtout, ne ralentis pas.
Tu les ignores.
J�sus, Marie, M�re de Dieu.
Dominique...
Quoi ?
ll faut que je...
A toi. Je te promets...
je regarde pas.
Qu"est-ce que tu fais ?
Tu sais ce que je fais... seulement tu sais pas pourquoi.
C"est pas utile.
T"es une menace.
Que veux-tu que je fasse ?
- Tu as d�j� ""fait"". - Quoi ?
Tu �cartes ma soeur de moi.
Elle t"aime...
ou elle aime l"id�e qu"elle se fait de toi.
Ma m�re s"est volatilis�e...
et mon p�re est mort.
Et maintenant tu me prends ma soeur ?
Je veux pas �tre seule.
Je peux pas vivre seule.
C"est pas vrai, je...
J"ai entendu le couplet sur le Big Bang que t"as chant� � Megan.
On y est en plein.
La vie et la mort, face � face.
Ta fin... et notre commencement.
Elle ne sera jamais � toi.
Quoi ? On nage en plein d�lire.
Vous, les ricains...
et vos foutus flingues !
J"ai plus rien � perdre...
Tu prends ce fusil � ta timbr�e de soeur ou tu finis le boulot !
J"en ai ma claque de vous deux et de vos crises de chtarb�es !
Vas-y !
Tu nous as crues ! Ta braguette est rest�e ouverte !
Avec vos jeux � la con !
Non G�rard, te f�che pas.
Arr�te !
- C"est pas dr�le. - Je t"aime.
On t"aime, tu entends ?
Montez dans la bagnole !
ll dort ?
Megan... G�rard, tu le consid�res comme ton mec ?
Ne m"emm�ne pas sur ce terrain.
ll embrasse bien ?
- ll embrasse bien ? - Je te dirai pas.
Tu as envie de me le dire.
Je vois les mots, pr�ts � sortir de ta bouche.
Oui.
Tr�s bien ?
J"hallucine...
Qu"est-ce qu"ils foutent ici ?
- Merci mon Dieu. - Quel bol !
- G�nial ! - C"est nous.
Re-salut ! Notre caisse a rendu l"�me.
- �a va ? - Vous pouvez nous prendre ?
Jusqu"� la prochaine station, ce serait sympa.
�a devrait pouvoir se faire.
C"est gentil, �a.
Descends !
Bouge de l� !
Vite, mon ange !
Par ici ! Grouille !
Contre la bagnole !
Portefeuilles, bagues... sur le si�ge avant !
ll faut gagner sa vie...
On vous a suivis pendant des kilom�tres...
et soudain, plus personne.
Mais vous voil�, tout chauds, tout mignons.
Trop fort, le destin...
Le destin...
est une salope que j"ai toujours r�v� de m"enfiler.
T"es d"o�, toi ?
New York.
- T"as pas l"accent. - �a sonne fran�ais.
- ll est professeur. - De fran�ais ?
J"enseigne la musique. Et que �a.
Un Fran�ais en Am�rique.
Tu percutes ?
Comme... ""Un Am�ricain � Paris"".
Gene Kelly ? ""Singing in the Rain"" ?
Mauvais film.
Mike, tu t"entends, l� ? Tu tchatches.
Pourquoi gal�rer avec lui ? Manifestement, �a l"amuse.
Je la veux... la plus jeune.
D"accord, je prends l"autre.
Tu la touches pas !
Allez, viens avec moi, toi.
Non, pas mes cheveux !
On a de l"argent !
Des cartes de cr�dit !
Regardez dans la voiture !
On a un truc qui vaut une fortune !
Le violoncelle !
Le violoncelle... �a vaut combien ?
Dis-lui la v�rit�, merde !
70 000.
Dollars ?
Non ! Arr�te !
- C"est vrai ? - Oui, c"est vrai !
Putain, le con. Tony, ram�ne-toi.
Viens, toi.
Ouvre !
Sors-le.
Vas-y, c"est trop lourd !
Doucement.
Cass�, il vaudra plus rien.
J"en avais jamais touch� un.
Une chanson, Mike !
T"entends �a ?
Regarde !
Je suis Jean-Sebastien Bach !
L�che ton arme, enfoir� !
Arr�te-le !
Dom, je t"en prie. Reviens !
Arr�te ! Dominique !
Merde !
La salope, elle m"a plomb�e !
On a pourtant bien vals� tous les deux !
Qu"est-ce que tu as fait ?
�a va ?
Mieux que lui.
lls n"ont pas choisi la bonne bagnole.
Tu attends ?
Ce sera pas long. S"il te pla�t.
J"attends, oui.
Maman.
Oh, merde.
- Salut. - Le t�l�phone, �a existe.
Embrasse-moi.
T"as encore chang� de num�ro. C"est une manie.
Vous avez vu, �a y est ? Foutez le camp maintenant.
- Je reste. - Foutez le camp !
- Emm�ne-la avec toi. - Fous-lui la paix !
Megan, �a va ?
- T"es qui, toi ? - C"est un ami.
ll est pas invit�. Dehors !
ll reste ! ll a le droit.
J"veux pas de lui ici. Du balai !
C"est quoi cet accent fran�ais ? T"es un gar�on de caf� ?
G�rard Huxley,
notre m�re : Beryl Denright.
Je vous laisse. Je suis dehors.
Je t"en prie. Reste.
J"ai pas de secret pour toi.
Revoil� not" belle famille r�unie.
Vous �tes venues ici pour quoi ?
Certainement pas pour vot" vieille m�re...
Pour l"argent, cherchez toujours.
Putain de merde !
C"est quoi ce truc sur ta t�te ? Une perruque ?!
Non arr�te, fais pas �a.
Tu la touches pas !
�a te pla�t pas d"�tre brune ?
T"as vraiment p�t� un c�ble.
On est venues te parler de notre p�re
... ton mari, tu te souviens ?
Qu"est-ce qu"il veut ?
ll est mort.
Bon d�barras. C"est �a que tu veux entendre ?
C"est quoi qui te plairait ?
C"est quoi ?
Que je dise que je le haissais
ou que je l"aimais
et qu"il va me manquer terriblement ?
Laquelle tu veux ?
Je mettrai toujours � c�t� avec toi : si je l"ai aim�,
tu me hairas parce que tu le haissais.
Et si je l"ai hai, tu me hairas
parce que je me suis barr�e.
Dis celle que tu veux, ma ch�rie. J"ai 2 r�ponses au choix.
Pour une fois...
la v�rit�.
Quelle v�rit� ?
Tu nous as largu�es, merde !
Alcoolo d�gonfl�e !
Qui tu es ? C"est quoi ta vie, � part
ton whisky � 2 balles et le foutre puant des beaufs du coin ?
Boucle-la !
T"�tais o� quand il venait dans ma chambre ?
Ferme-la, vip�re ! ll ne t"a jamais touch�e !
Megan...
Du baratin, tout �a ! Tu mens !
Laisse-la tranquille ! Elle est pas en �tat.
Termin�, je t"�coute plus ! Fous le camp !
D�gage !
Pour une fois dans ta pauvre vie, tu vas pas te d�biner.
ll ne pensait qu"� toi. ll n"avait de d�sir que pour toi.
Tu me l"as pris.
Tu mens.
Tu forces pas quelqu"un � t"aimer s"il ne te veut plus.
Je pouvais pas l"emp�cher.
Fallait que je me tire.
Toujours moi...
c"�tait � moi qu"il voulait faire du mal.
Pas � toi.. � moi.
Le pire, c"est que tu crois ces conneries...
T"as pas encore compris ?
La Miss Je-Sais-Tout qui allait � l"�cole et qui faisait sa b�cheuse.
Tu n"es pas la fille de ton p�re.
Tu n"es pas la fille de ton p�re.
ll �tait toujours barr� quelque part.
Je m"emmerdais.
J"�tais seule.
Je me suis faite engrosser.
Je me rappelle m�me plus son nom.
Tu mens.
Chaque fois qu"il te regardait, il voyait la fille d"un autre.
Chaque fois.
ll voulait sa petite revanche...
et il l"a eue, ma ch�rie. ll l"a eue !
C"est pas ton p�re ! Du moins, pas ton g�niteur !
Va � la voiture !
Mon b�b�...
mon joli b�b�.
Si je t"avais emmen�e, il m"aurait poursuivie.
Tu vois bien... je ne suis pas assez forte.
Mon b�b�...
je ne suis pas assez forte.
Ne me d�teste pas.
Je t"en prie, ne me d�teste pas.
Je me d�teste d�j� tellement.
C"est fini.
Qu"est-ce que tu regardes ?
Rien.
Je regarde etje ne vois rien.
Tu tiens toujours parole comme �a ? Tu n"es pas parti.
Tu aurais pu.
T"es le premier homme en qui j"ai confiance.
Je n"ai pas pleur� en sept ans.
�a fait quoi... de pleurer ?
On ressent quoi ?
C"est mouill�.
Arr�te-toi.
Monsieur.
Belle journ�e.
Police, on bouge plus.
Occupe-toi de lui !
Si je te suis bien...
t"es entr� pour t"abriter de l"orage, tu lui as piqu� son fric
et tu l"as but� avec son fusil, c"est �a ?
Ma version :
t"es un �tranger
et tu te shootes.
T"atterris dans cette petite ville,
tu vois cette jolie infirmi�re...
elle est bien bandante,
tu l"emm�nes faire une petite vir�e...
mais �a tourne mal.
T"inqui�te, je comprends.
C"est rien.
Dis-moi simplement...
Comment Megan a-t-elle r�ussi � prendre le fusil ?
Mike l"avait pos� dans le coffre...
pour prendre le violoncelle.
- ll a pos� le fusil ? - Oui.
Des conneries, tout �a !
Tu es libre.
Pardon ?
Megan a avou� avoir tu� les deux hommes.
Au nom de la l�gitime d�fense.
�a tient debout.
On a retrouv� les cartes de cr�dit du juge et des bijoux sur Mike.
- Ce sont eux qui ont tu�... - Winston.
Des tueurs en s�rie.
Ces salauds ont dessoud� pas mal de monde.
T"as du bol d"�tre encore l�.
Pourquoi nous avoir arr�t�s ?
ll y avait une partition pr�s d"un corps.
Beethoven vous a vendu, Mr Huxley.
On a facilement remont� ta trace.
Vous savez, Huxley...
votre relation avec ces deux filles...
c"est plut�t louche.
Mais... la justice fait � sa guise.
Tout comme dieu.
C"est l"heure des adieux.
- Elle... - Je sais.
Je l"emm�nerai voir un psychiatre.
Je pensais pas que mon violoncelle me sauverait la vie.
C"est moi qui t"ai sauv�.
Oui, possible.
Excuse-moi.
�a va.
Tu le liras quand je serai partie.
""G�rard,
Je ne sais pas o� je vais mais bizarrement, je me sens bien.
J"esp�re qu"un jour Dominique se sentira comme moi.
Ta musique m"a appris que la beaut� existe en ce monde
et qu"en chacun de nous, nous pouvons trouver notre endroit secret,
comme ce silence entre les notes qui me remplit
jusqu"� la suivante.
Dans la vie, ces moments-l� peuvent vouloir dire tant de choses.
Un jour peut-�tre, je te verrai � un concert etje viendrai � toi,
je te sourirai... en esp�rant
que nos chemins se croisent � nouveau.
Tendres pens�es, Megan"".
Adaptation : Marc Girard-Ygor
Sous-titrage : L.V.T. - Paris
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