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- Quelle heure ? - 7 h.
- Quel temps ? - Brumeux et froid !
- Monsieur Constant ! - Oui, Général !
Pourquoi cette tête d'enterrement ?
- C'est votre nouveau chapeau. - Et alors ?
Tu sais bien qu'il faut que tu me le brises.
22 pouces...
de circonférence...
j'ai la tête sensible.
Encore 2 ou 3 jours de supplice...
et je pourrai le porter.
Combien, aujourd'hui ?
Toujours la même, 5 pieds 2 pouces.
Regarde mieux, imbécile !
2 pouces de plus.
Vous trichez toujours.
- Constant ! - Oui ?
Si un jour, tu écris tes mémoires, rajoute 2 pouces.
5 pieds, 4 pouces.
Il n'y a que toi qui aura su ma vraie taille.
Qu'est-ce que le chapelier t'a dit ?
C'était le foin dans la boutique !
Tout le monde était fou !
Si la paix avec l'Angleterre était signée...
il n'y aurait pas dans l'histoire un nom plus célèbre que le vôtre.
Je n'ai pas besoin de l'avis de Poupart sur ma politique...
mais je veux savoir le prix de mes chapeaux.
- 60 francs pièce. - Pas de réduction sur les 4 ?
Non, citoyen général !
La grosseur de la tête, il a dit ! Tout le monde a voulu toucher !
Je ne veux pas les payer plus de 40 francs. Sinon, nous irons ailleurs.
Pourquoi marches-tu comme un canard ?
Parce que je bride aussi vos chaussures !
Et si ma tête est comme la vôtre, mes pieds, hélas, sont plus grands.
- Ça crève les yeux ! - Tiens !
Pour tes pieds. Chapeau.
- Vous avez fini, monsieur Duplan ? - C'est la dernière seconde, Madame !
Mon mari prend ombrage de tous les hommes qui m'entourent.
Merci !
Laissez-moi, messieurs !
Le petit minet terminera.
Oui, Madame !
Il est jaloux comme mon mari.
- Il vous a mordu ? - Oui, Madame.
C'est un bon point pour vous. Il ne mord que ceux qui m'aiment.
- Alors, il plaide ma cause, Madame. - Moins bien que vous.
- Les modistes de Madame ! - Une seconde !
Reviens seul demain matin pour me coiffer.
Allez, va !
Excellence !
Pourquoi m'amener ces braillards ? Que se passe-t-il ?
La nouvelle en vaut la peine.
Lord Cornwallis s'est démené.
Les Anglais vous offrent le traité d'Amiens.
Signé par votre frère Joseph pour la France.
- Tous ont signé ? - Tous !
L'Angleterre, la Russie, l'Espagne, le Portugal...
le Maroc, Tunis, Alger, la Turquie et la Grèce.
Il y a des mois que je travaille...
pardon, que nous travaillons tous 2 à cette fraternisation de l'Europe.
On casse tout, c'est magnifique !
Permettez-moi de vous affirmer que par ce traité...
Sans qu'elle s'en doute encore, l'Europe vous offre votre trône.
Enfin !
Merci, messieurs !
Vivent l'Angleterre...
et la réconciliation des peuples d'Europe...
avec la République française !
Vous m'étouffez, messieurs !
Je cours prévenir ma femme.
- Il est muet ? - Oui, de joie !
C'est l'enthousiasme de Paris pour la paix avec l'Angleterre.
- C'est vrai ? - Oui.
- Vraiment signée ? - Depuis hier soir.
- Ah ! - Mon amour...
j'ai presque le trône.
Tu sais, la prédiction de ta sorcière à la Martinique...
Oui.
elle était vraie.
Oui.
Comme tu dis !
- Je serai reine ? - Oui.
Plus ?
Maintenant, tout est possible.
Qu'est-ce que tu as ? Tu n'es pas heureuse ?
Tu en aimes une autre.
- De qui parles-tu ? - Tu le sais.
- La Grassini ? - Elle est revenue à Paris.
Je le sais, tu l'aimes.
Savoir, oui...
mais mon sentiment s'arrête à sa gorge.
Je n'ai pas envie de tuer Anna.
Ferme la fenêtre et tire les rideaux.
Taisez-vous, commères...
et dites-moi si Charlemagne aurait fait mieux !
- 4 h du matin ! - Il nous a convoqués à minuit.
Dame ! Cette nuit est le plus beau jour de sa vie.
Tu as raison de dire "dame", mais au pluriel.
Car il va la nuit retrouver une certaine dame.
- Madame de Vaudey ? - Oui, sans compter la Grassini.
Hubert, il paraît que Joséphine et le petit Lydie...
Laissez-nous dormir !
Messieurs, réveillez-vous !
Il faut gagner votre argent, c'est le peuple qui paye !
Au roi d'Angleterre, à l'empereur de Russie...
au sultan de Turquie...
au shah de Perse, au roi de Bavière et au bey d'Alger.
J'ai dit shah de Perse, pas chat de gouttière !
- Comment on écrit "shah" ? - Avec 2 "h", Général.
C'est bien, continue !
Ayant élevé la France au dessus de tous les peuples de l'Occident...
par le traité d'Amiens, j'ai fermé pour toujours le temple de la guerre.
Hubert !
Que Talleyrand me prépare un traité avec la Suisse...
pour qu'elle nous cède le Valais.
Et pour couper court à toute discussion...
note à Berthier...
pour que le général Ney concentre à la frontière suisse...
un corps de 30 000 hommes.
La France n'oubliera jamais...
que...
l'Angleterre...
en nous accordant pour la 1ère fois...
la liberté des mers par le traité d'Amiens...
nous permettra ainsi une concurrence pacifique.
Toi...
pour le Grand Turc...
ne crains rien, Grand Sultan...
de par le traité d'Amiens, la France et l'Angleterre évacueront l'Egypte.
Ah, pour le bey d'Alger.
Non.
Non.
Avec l'évacuation de l'Egypte, ça pourrait compliquer les choses.
Je demanderai à Talleyrand de répondre.
Il s'en tirera mieux que moi.
Continue !
Madame Caroline Murat et le général Murat...
gouverneur de Paris.
Messieurs les consuls Cambacérès et Lebrun.
Mademoiselle Elisa Bonaparte.
Messieurs Joseph et Louis Bonaparte.
Monsieur Benjamin Constant.
Monsieur Palma. Mademoiselle George.
Le général Bernadotte.
Le général Lannes.
Madame Lesage.
- Le général Augereau. - Quelle famille !
Madame Pauline Leclerc.
Bonjour.
- Asseyez-vous. - Je ne puis m'assoir ici, madame.
Vous avez choisi exprès un fauteuil qui ne va pas avec ma robe.
- Pourquoi détestes-tu ma sœur ? - Tu le sais très bien.
Julienne est notre nuit, vu qu'elle était dernière il y a 4 mois.
Eh bien ?
Peut-être...
Un fils !
Un fils !
Joséphine, donne-moi un fils !
Son Excellence Charles Fox...
et Lord Cornwallis !
Je ne saurais exprimer mon admiration pour vous.
Est-il vrai, Milord, que vous ayez dit après la prise de la Bastille :
"voici le plus bel évènement de l'histoire".
Je l'ai dit et le pense toujours, Général.
Alors, la paix d'Amiens reste donc...
le second évènement le plus important de l'histoire...
- entre nos 2 peuples. - Gloire vous en soit rendue.
Je suis brièvement à Paris dans l'unique but de saluer, remercier...
et embrasser au nom de l'Angleterre...
le plus grand homme de toute la légende des pays.
Le devoir de ma charge m'y oblige, je repars à la seconde.
Viens, j'ai à te parler.
Tu sais ce qu'on fredonne sur toi à Paris ?
Reconnaissez vos 2 vainqueurs, peuple, courbez vos fronts dociles...
Pauline s'empare des cœurs quand Bonaparte prend des villes.
Pourquoi prends-tu tous les hommes qui te plaisent ?
Tu fais pareil avec les femmes, mais moi, je ne suis pas hypocrite.
Tout Paris jase.
Je t'ai acheté un hôtel rue de Courcelles...
un château à Villers-Cotterêts.
Je t'ai donné des bijoux plus qu'à ma femme.
Au lieu de me remercier, alors que ton mari se meurt à Saint-Domingue...
tu couches avec Lafont, un petit acteur imbécile.
Bravo ! Tu es jaloux.
Tu ne relèves pas le niveau de la famille par tes folles dépenses.
Mais je tiens ton commerce. Je fais aller tes manufactures.
- Je t'en prie ! - Laisse dire les gens !
Tu peux tout me demander. Je me moque de tout le monde, sauf de toi.
Si un jour tu cherches un amour sincère, tu sais où t'adresser.
Tu es la plus belle fille du monde.
- Tu n'as plus rien à me dire, frère chéri ? - Non ! Si !
- Tu vas partir rejoindre ton mari. - Non ! - Je l'exige !
Ici, toutes les femmes sont jalouses de toi.
- Pars ! - Non !
C'est un ordre !
C'est bon, je partirai, puisque c'est ta femme qui le veut.
- C'est le moment d'agir. - La couronne est à sa portée.
- S'il la refuse, jurons de repartir en Corse. - Je le jure ! - Moi aussi !
Joseph, tu es le chef de la famille ! Tu dois l'exiger.
Un instant ! Je vais lui parler.
Talleyrand travaille pour nous.
Ah ! Mon cher Carnot !
Je suis content de vous voir.
Pourquoi restez-vous dans l'opposition ?
Ne suis-je pas aussi républicain que vous ?
Je crains que ce ne soit plus pour longtemps.
Un homme d'état qui gouverne, celà ne s'était pas vu depuis 89.
Gouverner la France...
après 12 ans de tels évènements...
ces pages vous fascinent.
Certes, mais vous êtes resté militaire, mon ami...
et c'est là votre excuse...
de confondre gouverner et commander.
Oubliez-vous, Carnot, que je viens d'apporter la paix sur la terre...
obtenu des Anglais la liberté des mers...
sauvé ainsi l'industrie française...
amnistié 140 000 émigrés...
créé le Code civil, vous oubliez tout ça ?
Non.
Mais je n'oublie pas que c'est grâce à la Révolution que vous êtes là.
La République cherchait un chef.
Militaire ?
Militaire, oui !
Elle l'a trouvé.
Le peuple, hélas...
souhaite toujours la force au lendemain des désordres.
Personne ne vous a empêché d'user de la vôtre.
Vous étiez plus célèbre que moi.
La Révolution n'aime pas qu'on l'utilise à son profit.
La Révolution est terminée.
J'en ai blâmé les excès sans en modifier les principes.
Je n'ai pas changé les couleurs de son drapeau.
Il faut respecter la Constitution.
Aucune constitution n'est restée telle qu'elle a été faite.
Sa marche est toujours subordonnée aux hommes, aux circonstances.
D'ailleurs, le nom et la forme du gouvernement ne signifient rien...
pourvu que les citoyens soient égaux en droits...
et que la justice soit rendue.
Je reconnais là...
l'ardente sincérité de votre amour pour la France.
Et je souhaite...
que vous n'ayez jamais d'autre excuse valable...
devant l'histoire.
J'aurai besoin de plus en plus de force et de pouvoir.
Tenir l'Europe en équilibre sur mes épaules...
voilà, Carnot, la vraie raison qui me pousse...
à, comment dire...
- l'absolutisme. - Je le sais.
Et c'est pourquoi, Général...
je vous demande mon retrait d'une vie politique...
qui ne s'accorde pas avec mes principes.
Quoi qu'il arrive...
je resterai toujours votre ami.
A votre gré, Carnot.
C'est triste, ici ! Je veux qu'on s'amuse à la folie !
Carnot vient de me tenir un langage sévère.
Peut-être a-t-il raison ?
Ne vous laissez pas influencer par son humeur.
Et ma famille ?
Elle m'exhorte à monter sur le trône ! Elle a raison aussi ?
En ces mois de paix, l'intérêt de mon bonheur personnel...
serait de renoncer à la vie publique.
Si les Bourbon vous entendaient, ils reviendraient.
- Ils vous pendraient, Fouché. - Vous aussi, Général.
Alors, mes amis ?
Alors...
vous n'avez pas une complète autorité politique, c'est le défaut de votre cuirasse.
C'est l'instabilité du système des 3 consuls.
Il faut que vous deveniez consul à vie...
la dernière marche avant le trône.
- Vous croyez ? - Oui. - A raison.
Mieux vaut négocier avec l'Europe au nom d'un empire...
que d'une république fatiguée, inquiète...
jouez avec votre génie et votre courage à comprimer l'anarchie...
vous êtes pour eux le plus souhaitable des souverains.
Vous le pensez vraiment, Talleyrand ?
C'est le ministre des Affaires étrangères qui vous parle.
- Plus votre pouvoir sera absolu... - Et de droit divin.
plus vous vous concilierez l'Europe, qui au fond, n'admire que la force.
Napoléon...
tu sais ce que notre père m'a dit de toi avant de mourir.
Je me sauverais la vie si je pouvais le revoir.
Lui dont l'épée fera trembler les rois.
Lui qui changera la face du monde.
Au nom de toute la famille Bonaparte...
obéis à notre père. Le trône vide est pour toi.
Prend la couronne !
Nous serons la base de ta nouvelle noblesse.
- Qu'en penses-tu, Murat ? - Vos soldats en pleureront de joie !
C'est bien.
L'empire, l'empire !
Vous pensez que je dois un nouveau sacrifice au peuple ?
Konarev !
Organisez d'urgence un référendum pour le consulat à vie.
- Vous connaissez madame de Staël ? -Trop !
J'ai reçu une lettre de la Grassini...
elle vous envoie ses meilleurs souvenirs.
On m'avait dit que vous étiez belle, madame Récamier.
On m'avait dit que vous étiez poli.
De quoi parlez-vous ?
Nous citions Corneille au sujet de l'instabilité politique...
et comme elle a l'éclat du verre, elle en a la fragilité.
Chez moi, madame, ce n'est pas du verre, c'est du diamant.
Vous partageriez vos faveurs entre le général Moreau et mon frère Lucien ?
Je ne partage avec eux que mon inquiétude de vos ambitions.
Et si je vous trouve un petit coin d'exil pour apaiser ces inquiétudes ?
Vous êtes aussi bonne comédienne que Palma.
Tu es folle, Juliette !
Peut-être, mais moins que vous tous ici.
Hypocrite ! Je t'ai vu avec madame Récamier.
Je vais le dire à ta vieille femme.
Merci, j'étouffais.
Ils sont tous après moi comme des fourmis.
Carnot, ma famille...
- Constant... - Ah non !
Pas toi, Benjamin.
- Mais je n'ai pas de frères. - Idiot !
- Tu me vois empereur ? - Vous seriez pas plus mal qu'un autre.
Avec des talons.
- Madame est seule ? - Oui.
C'est drôle.
Il m'a semblé en montant l'escalier...
qu'un violon t'accompagnait.
Tu as rêvé, mon petit Corse.
Tu m'aimes toujours ?
Qu'est-ce que tu attends pour être intéressé.
C'est toi, le vaurien !
Tu devais poser ton sabre à la porte du 18 brumaire.
Le 19, j'étais un mur contre lesquels doivent se briser tous les souvenirs.
- Même ma reconnaissance ? - Oui !
Je pars dans l'opposition.
Tu parles comme Saint-Just, mais tu agis comme César !
Cette ordure anonyme, parallèle entre César, Cromwell et Bonaparte...
- c'est toi qui l'a écrite ? - Oui, c'est moi.
Il paraît aussi que tu me singes sur un théâtre d'amateurs avec Elisa...
qui s'exhibe en maillot rose !
Oui.
Tu me provoques, pourquoi ?
Pour arriver à te faire honte.
- Tu prends ta famille pour des esclaves ! - Je ne dois rien à personne !
Tu nous dois tout depuis le 18 brumaire !
D'accord.
- N'es-tu pas ministre de l'Intérieur ? - Un titre creux !
Tous tes ministres sont des pantins qui ne peuvent agir.
Tu sais bien qu'en voulant supprimer la liberté...
tu as rayé le plus beau mot de la langue française.
Je te raye de ma vie et du gouvernement !
Ordure ! Ordure !
- Je m'en vais ! - Va, laisse-moi lui parler, mon enfant.
Ah !
Maman Letizia, vous aviez juré de ne jamais revenir au palais.
Je voudrais bien t'en arracher, mon enfant.
Je tremble pour toi, toutes ces dorures de théâtre me font peur.
- Vous tremblez surtout pour Lucien. - Non ! - Si !
Chut !
- C'est lui que vous aimez le plus. - Oui...
parce qu'il est le plus malheureux !
Tous ceux qui ne voudront pas s'élever avec moi ne seront pas de ma famille !
Calme-toi ! Calme-toi !
C'est bon.
- Je le nomme ambassadeur à Madrid. - Merci.
Oh, comme tu es devenu coquet !
Tu as même une glace sur ton bureau !
Maman, c'est Joséphine qui l'a oubliée.
C'est vrai que je vous ressemble.
Mais, maman Letizia, pourquoi vous ennuyez-vous dans mon palais ?
Tenez, regardez vos filles, elles dépensent 1 million par an !
Ah oui ? Eh bien, je vais faire comme elles...
à la condition que vous m'en donniez 2.
- Pourvu que ça dure ! - Mais oui, ça durera longtemps.
Pourquoi tu gardes ta main toujours comme ça ?
Mais, je ne sais pas, c'est peut-être pour empêcher mon tic...
de tirer la manche gauche avec la main droite.
Tu n'as pas mal à l'estomac ? Je me souviens que ton père...
Mère !
- Jamais je n'avais pensé à ça. - Ah bon !
- Mais peut-être as-tu raison. - Non ! - Ne t'inquiète pas.
Mon petit Napoléon !
C'est une clause du traité d'Amiens !
Vous violez votre signature !
Attention, monsieur Fox !
Je ne vous aurais jamais cru capable...
de trahir ainsi vos engagements !
Le thé est servi, Milord.
Criez à votre aise, vous ne changerez pas ma décision.
Votre admiration pour cet ambitieux petit Corse...
vous aveugle.
Il veut la Méditerranée pour lui tout seul.
Je ne rendrai pas Malte.
Nous avons signé.
C'est pour l'Angleterre un traité de dupes !
Je l'en désengage.
Les manufactures de Bonaparte nous ruinent...
parce que vous avez fait l'erreur de lui laisser la liberté des mers !
- Vous dites que c'était une erreur ? - Oui, et je l'ai réparée.
Amiral...
ces décrets vous autorisent à arraisonner les navires français.
Nelson se chargera de réparer le crime...
l'erreur que vous avez commise.
- L'Histoire vous jugera ! - Nos colonies avant tout !
Il est plus sentimental que vous ne croyez...
et votre hostilité peut l'amener à envahir l'Angleterre.
Pas de mon vivant, monsieur Fox !
Imbéciles ! Vous ruinez votre pays !
Calmez-le, mon cher Nelson.
Il vous admire comme il admire Bonaparte.
Il faut abattre ce Corse. Il se prend pour César.
Il est très dangereux.
J'ai votre homme, le chef vendéen...
Georges Cadoudal.
Ah, l'homme de la machine infernale ?
Il est l'ami de Pichegru.
J'ai donné à Cadoudal...
toutes instructions d'agir sur une grande échelle.
Détruire les arsenaux, tuer Bonaparte si possible...
et préparer le retour d'un prince français...
le duc d'Enghien.
Je n'ai rien entendu !
Lavez ce linge sale sans nous...
pourvu qu'il devienne blanc pour le drapeau des Bourbon.
Il faut réveiller la Prusse, l'Autriche et la Russie.
Milord, voici le programme d'assistance aux nations alliées.
J'ai de mauvaises nouvelles de Londres et de Saint-Pétersbourg.
Heureusement, j'ai déjà pris mes précautions.
Pour l'Angleterre et la Russie, vous représentez encore la République.
Ce sont les idées de la Révolution qu'ils haïssent.
Les orages qui se préparent contre vous ne se dissiperont...
que si vous montez sur le trône.
Tiens !
Fouché prétendait récemment le contraire.
Fouché ? Il était mal informé.
Oui, je sais.
Je compte d'ailleurs me séparer de lui.
Il est dans les souliers de tout le monde, y compris les vôtres.
Si ce que vous dites de mes bas est vrai, Général...
il doit se sentir bien mal à l'aise dans les miens.
Vous m'horripilez avec votre esprit, monsieur de Taleyrand.
Pas Taleyrand, Talleyrand, avec 2 "l".
Avec 2 ailes ? On ne le dirait pas.
Le bon goût est votre ennemi personnel, Général.
Vous devriez vous en défaire à coups de canons.
Vous êtes un voleur...
un lâche...
un homme sans foi.
- Vous ne croyez pas en Dieu. - Vous non plus, Général.
Moi, c'est mon affaire.
Je ne crois pas en Dieu, c'est vrai...
mais je crois en vous quand vous n'êtes pas en colère.
Vous retombez toujours sur mes pattes.
Vous aviez raison de dire que Fouché n'est pas sûr.
Il est aveuglé par le général Moreau, son ennemi...
et il n'a pas encore compris que l'Angleterre est partout...
et votre mortelle ennemie.
Moreau et Fouché, oui. Je m'en doutais.
Dès cet instant, Fouché n'est plus ministre de la Police.
Je nomme Réal à sa place.
Et Régner...
à la Justice.
Ne singe pas Taleyrand, idiot !
Avec 2 "l", Général.
Alors, quitte-les !
Elles sont assez grandes, maintenant !
Je vais faire un tour sur la terrasse.
Vous savez bien que je ne peux jamais vous laisser seul.
Va te coucher !
Qu'est-ce qu'il y a ?
Alerte à la garde !
Par là ! Tirez !
C'est Cadoudal !
Merci, Constant.
Tu m'as sauvé la vie.
Va te coucher.
Laisse-moi seul.
Tu m'as fait peur.
J'ai entendu des coups de feu, Général.
J'ai à te parler.
Remets vite ton habit d'huissier.
Je ne veux pas qu'on voie ton vrai visage.
J'en ai pour quelques instants.
Tu as entendu, c'était Cadoudal.
Vous êtes la cible vivante à la fois des royalistes et des jacobins.
Mais c'est l'Angleterre qui tient les ficelles.
Tous les complots partent de Londres.
- Tu pourras en retrouver la source ? - Oui.
Il faudrait capter la confiance de leur chef du contre-espionnage...
sir Hammon.
Evidemment, ce n'est pas chose facile.
Méhée de La Touche !
- Leur fameux espion ? - Il est sous les verrous.
Contre sa vie, j'ai obtenu cette lettre d'accréditation...
et la grille de leur code...
qui m'ouvre les portes les plus secrètes de leurs services.
Magnifique !
Que penses-tu de mon idée ?
- C'est un brouillon de votre main ? - Oui.
De mes plans d'invasion de l'Angleterre, mais pas de l'Irlande.
Ils sont faux, évidemment.
Je les ai fabriqués pour qu'il te les achètent.
- Quel bon taux, Général ! - Dis-leur que toi, Frioul...
huissier de mon cabinet privé, tu connais ma cachette secrète.
Range-moi ça.
Et que tu leur vends très cher tous mes plans militaires.
Renseigne-toi aussi au sujet d'un complot du général Moreau...
dont Talleyrand m'a parlé.
Tu sais que tu risques ta vie.
C'est peu pour conserver la vôtre, Général.
Messieurs, vous pouvez parler devant monsieur Frioul...
dont l'accréditation a été signée par notre agent à Paris...
monsieur Méhée de La Touche.
Monsieur Frioul est l'huissier privé du cabinet de Bonaparte.
Il a dérobé ces plans...
de l'invasion de notre pays par l'Irlande.
Ils ont été écrits par Bonaparte en personne.
Merci.
L'Angleterre n'oubliera jamais ce service, monsieur Frioul.
Voici un acompte de 50 000 livres.
Vous aurez le triple...
si vous nous apportez tout le dossier des plans militaires.
En or, s'il vous plait.
Reprends ces 50 000 livres...
elles sont à toi, tu les a bien gagnées.
Tous tes documents sont formidables.
- Combien de conjurés ? - 50...
dont le plus dangereux, Cadoudal.
Ils ont fait 3 groupes séparés pour vous tuer et restaurer les Bourbon.
Un brave Français viendra soit par la côte, soit par le Rhin.
Je ne laisserai pas faire cette bande d'assassins !
Je te donnerai mes ordres pour ta police secrète.
Merci, Frioul.
Duroc !
Assois-toi là et écris.
Ceinturez Paris de postes et de bivouacs...
Tirez à vue sur ceux qui en sortent.
Garnison sur pied de guerre.
Marche policière de jour et de nuit sur la Seine.
Une armée de veilleurs sur les côtes normandes.
Prépare les voitures, je pars cette nuit pour Boulogne.
Duroc !
Madame de Vaudey sera du voyage.
Incognito.
Asseyez-vous, messieurs.
Decrès, je vous confirme que l'Angleterre...
n'obtiendra jamais d'autre traité que celui d'Amiens.
Et jamais je ne souffrirai qu'elle débarque en Méditerranée.
Vous aviez mon accord pour 2 200 bateaux et 9 canonnières.
Oui, Sire, il s'agit de faire passer 150 000 hommes et 10 000 chevaux.
- Où en êtes-vous ? - Je vais vous montrer.
Cette immense flotte est en construction dans vos arsenaux...
de jour et de nuit, de Brest à Anvers.
Hum.
Mes compliments, monsieur.
Nous avons 10 siècles d'outrages à venger, vous avez 2 mois pour terminer.
Vous m'avez demandé un rapport sur Sainte-Hélène, Général, le voici.
Mon escadre de Saint-Domingue prendra cette île à l'Angleterre le plus tôt possible.
Et puisqu'on me saisit mes bateaux...
écrivez, Daru !
Je décrète...
que tous les Anglais résidant en France seront prisonniers sur parole.
Ma flottille se divisera en 8 escadrilles.
2 à Etaples. A table, messieurs !
2 à Wimereux pour l'avant garde et la réserve.
Et qu'on prépare les premières nominations...
dans le nouvel Ordre de la Légion d'Honneur.
Berthier ! Inspection demain à l'aube.
Je t'attendais.
Viens !
Il paraît que tu continues à Paris avec Eugène.
C'est pour mieux donner le change à votre femme.
Oh, mon amour !
- Heureusement, ici, je serai plus tranquille. - Oh, oui !
- Qu'est-ce que c'est que ça ? - Ce qui me reste de mon costume de bain.
- J'ai dû y renoncer. - Comment ?
Alors, ils t'ont vue toute...
Mais je les ai bien dépistés, ils ne savent rien de notre nid d'amour.
Votre conduite est scandaleuse !
Non, le scandale ne nourrit pas.
Si tu étais plus généreux, je n'aurais pas besoin de...
Où sont les factures ?
Sous ton oreiller.
- Non ! - Si !
Je te préviens que je suis pressé.
Tu ne diras pas non !
Je n'ai qu'une demi-heure à t'accorder.
Tout est prêt pour le départ, Général...
mais un inventeur américain attend une audience...
- depuis des semaines. - Encore ? Je n'ai pas le temps.
J'attends d'être reçu par vous depuis 6 semaines.
Mais enfin, monsieur, qui vous a permis ?
Eh bien, je voudrais vous montrer quelque chose.
Vous êtes le seul homme de l'époque qui puissiez me comprendre.
Je viens de la part de Livingston qui a signé le traité...
par lequel vous nous avez vendu la Louisiane.
Pour 14 millions, à ce prix-là, ça s'appelle donné.
Donné, c'est le mot, en effet.
Les Américains n'oublieront jamais cette nouvelle étoile à leur drapeau.
C'est pour cette raison que je n'ai pas voulu donner ça aux Anglais.
Qu'est-ce que ce bateau cul-de-jatte ?
Un moyen de conquérir l'Angleterre.
J'en ai déjà des centaines, tenez !
En ballons. Sous la Manche.
Folies douces ! Utopies !
Mais ça fonctionne.
Et les vents contraires, les escadres de Nelson, hein, qui peut les vaincre ?
Ah oui ! Et les voiles, monsieur ?
Vous voyez des voiles, jeune homme ? Il n'y en a aucune.
- Des rames ? - Il n'y en a pas non plus.
C'est le Saint-Esprit qui le fait marcher ?
La vapeur.
La vapeur ?
Je peux construire un bateau mu par une machine à vapeur...
qui le fait avancer par tous les temps et 3 fois plus vite.
Je porterai moi-même votre mémoire à l'académie.
Plût à Dieu que votre invention se réalise, elle changerait la face du monde.
Oui, elle changerait la face du monde.
Votre nom ?
Je m'appelle Robert Fulton.
Vous aimez la France, et j'aime votre pays, monsieur Fulton...
ça serait la meilleure façon d'en consolider l'amitié.
Merci, monsieur.
- La vapeur ! - Oh, oui !
La vapeur !
A bientôt.
Pourquoi pas, après tout ?
Prenez soin de ce paquet, c'est un bateau à vapeur.
Je suis désolé, Général, de vous apporter de mauvaises nouvelles.
Mais voici, émanant des services secrets...
un autographe du ministre anglais Drake au duc d'Enghien.
Il importe fort peu par qui l'animal soit terrassé...
il suffit que vous soyez tous prêts à joindre la chasse.
Le duc d'Enghien ?
Monsieur Fouché !
Tiens !
Votre compère Fouché veut reconquérir ses galons.
Vous semblez contrarié, monsieur Fouché.
L'air est plein de poignards autour de vous.
Je constate que votre vue s'améliore.
Le général Pichegru se cache rue des Petits-Champs.
Il a rencontré cette nuit le général Moreau rue Montmartre.
Ensuite ?
Quant à Cadoudal, insaisissable...
je sais qu'il prépare une embuscade...
pour vous poignarder lui-même demain sur la route de Malmaison.
Comme je ne suis plus ministre de la Police...
j'ai prévenu mon remplaçant.
Je suis donc un chien...
qu'on puisse assommer dans la rue.
Je me permettrai donc d'opérer demain à titre privé...
et Cadoudal ne m'échappera pas.
Mais voici une autre nouvelle...
c'est un rapport de gendarmerie de Strasbourg.
Le duc d'Enghien, résidant à Ettenheim...
réunit là beaucoup d'émigrés...
et entre autres le général Dumouriez.
Dumouriez !
Pichegru !
Moreau !
3 traîtres républicains au service d'un roi en baudruche !
Tous 3 mes amis ! Mes anciens condisciples !
Quelle dérision !
On m'attaque au corps ?
Bon !
Je rendrai guerre pour guerre.
Monsieur Réal, ministre de la Police. Monsieur Régner, ministre de la Justice.
Nous avons pu arrêter le domestique de Cadoudal.
Il vient d'avouer qu'un jeune homme, objet du respect général...
allait rejoindre les conjurés à Paris.
Le duc d'Enghien.
C'est bien lui.
Enghien vit tout près de la frontière, il connaît parfaitement monsieur Drake.
Ça doit être lui le prince suspect.
Prenez-le comme otage vis-à-vis de Louis XVIII pour assurer votre tranquillité.
Méneval !
Mettez fin à ces horribles attentats.
N'est-il pas le petit-fils du grand Condé...
et de cette famille des Bourbon...
qui pensent que votre sang n'est pas aussi précieux que le leur.
Ecrivez !
Le Conseil, réuni ici même...
19 ventôse an 12...
devant messieurs Talleyrand, Réal, Régner, ministres en exercice, décide :
ordre aux généraux Caulaincourt et Ordener d'entrer au duché de Bade...
avec 300 dragons...
de se rendre à la ville d'Ettenheim...
et d'y enlever le duc d'Enghien.
Sans avoir la pleine certitude que ce conjuré est le duc d'Enghien ?
Attendons qu'il soit sur le sol français pour appliquer la loi !
C'est lui !
Je le sens.
Et si c'est pas lui, il paiera pour les autres.
Je porterai la terreur...
jusque dans Londres.
Monsieur Fouché...
vous allez travailler avec monsieur Réal...
jusqu'au jour où je vous redonnerai votre ministère...
car vous êtes pour moi, malgré tout...
l'homme le mieux informé de France.
Messieurs, la séance est levée.
C'est grave. Relisez mon écriture, est-ce bien lisible ?
Je vous prie d'interroger le duc d'Enghien immédiatement...
au sujet de sa prétendue conspiration avec Cadoudal et Pichegru...
et si ses réponses laissent un doute favorable à l'accusé...
je donne l'ordre de sursoir à l'exécution.
Ventre à terre, qu'on me tienne au courant chez ma femme.
Ah, échec au roi !
Laisse-moi !
2 secondes trop tard.
Réal avait défendu qu'on le réveille...
et quand il a trouvé votre lettre glissée sous sa porte...
2 secondes trop tard !
Et ce drame parce que mon ministre de la Police voulait dormir ?
Il fallait briser la porte, idiot !
Que le tribunal ait prononcé la mort...
sur l'aveu du duc d'Enghien, ça ne me surprend pas.
Mais...
ce jugement ne devait avoir lieu...
qu'après que monsieur Réal l'aurait interrogé...
sur un point capital.
Voilà un crime qui ne mène à rien.
Plus qu'un crime, Général, c'est une faute.
- C'est vous qui m'avez conseillé. - Non !
Je vous ai conseillé de le prendre en otage, pas de le tuer.
Taisez-vous !
Je suis le jouet de la fatalité.
Je voulais le sauver.
Pourquoi n'a-t-il pas écrit avant ?
Il avait écrit, Général.
Mais j'avais trouvé le moment inopportun, après le jugement.
Pourquoi ne pas m'avoir remis cette lettre avant l'exécution ?
Vos ordres étaient qu'à 4 h du matin, tout devait être terminé.
Il y a ce que je dis...
et ce qu'il faut faire à de certaines minutes.
Si vous m'aviez remis cette lettre...
j'aurais pardonné.
Savary, vous porterez la plus lourde responsabilité de ce meurtre.
Dehors !
Imbécile !
Un ministre de la Police qui ne veut pas qu'on le réveille...
est un Jean-foutre !
Il y a des cas, en politique...
d'où l'on ne peut sortir que par des fautes.
Vos 4 directeurs de journaux attendent.
Recevez-les.
Messieurs !
Tous ces conspirateurs voulaient tuer la Révolution dans ma personne.
J'ai dû la défendre.
Le duc d'Enghien complotait comme les autres.
Non ?
J'ai versé du sang...
j'en répandrai peut-être encore...
mais sans colère...
car la saignée entre...
dans les combinaisons de la médecine politique.
Voilà !
Merci messieurs !
Ah non, Constant, tu me brûles !
- Que voulez-vous que je fasse ? - Vous faire sacrer empereur.
Que l'hérédité vous assure un successeur...
et que vous assassiner devenant inutile, on ne soit plus tenté de le faire.
Fouché, non !
Une dictature sous le titre de protecteur avait suffi à Cromwell.
Le consulat doit vous suffire pour faire tout le bien que vous méditez.
Nous avons combattu l'Europe pour faire des républiques et non lui donner des monarques.
Faire le contraire serait absurde.
En politique, une absurdité n'est pas un obstacle.
Je comprends que vous défendiez vos places de consuls à mes côtés.
- Oh, Général ! - Si !
La France prendra un Bourbon si on lui refuse un Bonaparte.
Empereur ? Avec une armée républicaine ?
Permettez au général Soult de répondre.
L'Armée m'a confié la mission de la représenter auprès de vous.
Elle est prête à vous proclamer roi ou empereur...
et voit dans cette solution le seul port où la Révolution...
- doive chercher son propre salut. - Ça n'est pas possible !
Merci, messieurs.
Ces caricatures abattront Bonaparte...
plus sûrement que notre flotte.
Je tuerai l'usurpateur, Milord...
- avec ça ! - Lord William Pitt !
Je suis stupéfait de ne pas vous voir en tenue militaire.
C'est pour demain, voici le décret.
Grâce à vous, monsieur Hammon...
nous sommes la risée de l'Europe.
Fouché a éventé vos méthodes maladroites.
Cadoudal et Moreau sont en prison...
et Pichegru s'est pendu.
Beau travail, monsieur Hammon !
L'uniforme vous irait mieux.
Sortez, et allez le mettre !
Tenez !
A Sa Majesté l'empereur de Russie.
Général, les ambassadeurs étrangers sont tous là pour l'audience.
J'arrive.
- Quels sont ces papiers ? - Aucune importance.
Pas de secrets, Fouché !
- Vous voulez donc la guerre ? - Général...
que nous reprochez-vous ?
Vos multiples tentatives de m'assassiner...
l'achat de mes généraux...
le défilement sordide de vos gazettes !
Chaque vent venant d'Angleterre n'apporte que haine et outrages !
Voulez-vous oui ou non exécuter le traité d'Amiens ?
6 mois après, vos troupes occupent encore Malte et Alexandrie.
Voulez-vous la paix ou la guerre ?
Si c'est la guerre, nous la ferons...
jusqu'à la ruine d'une des 2 nations.
Si vous n'appréciez pas mes vues sur l'Egypte, Milord...
je peux vous rassurer.
Oui, j'ai beaucoup pensé à l'Egypte...
mais je ne compromettrai pas la paix pour reconquérir cette contrée.
Ce n'est pas tout, Milord !
Le rocher de Malte a pour vous une grande importance maritime...
mais à mes yeux une plus grande encore.
C'est qu'en le gardant, vous violez un traité solennel signé avec nous .
Pour moi...
j'aime mieux vous voir en possession de Montmartre...
que de Malte !
Pensez-vous intimider le peuple français avec vos armements ?
On peut le tuer, Milord...
l'intimider, jamais !
Nous voulons seulement vivre en bonne intelligence.
Alors, respectez le traité à la lettre !
Sinon, il me faudra couvrir d'un crêpe noir celui d'Amiens.
Dans les mêmes lieux, Général...
d'où vous avez chassé le peuple...
où Henri III fut assassiné...
Henriette d'Angleterre empoisonnée...
vous venez de faire un grave affront à mon pays.
Malheur à qui ne respecte pas les traités.
Ah !
Monsieur Dédouville, vous me direz les avanies subies à la cour de Russie.
Tenez graphie en code.
A l'amiral Villeneuve à Toulon.
Mettez-vous là !
Il faudra que Nelson me croie de nouvelles ambitions sur l'Egypte.
Quelle naïveté !
Appareillez vers le sud.
Puis accourez dans la Manche.
Soyons maîtres du détroit pendant 6 heures...
et nous sommes maîtres du monde.
Son Excellence le comte Dédouville, ambassadeur de France !
- Et tous étaient en noir ? - Tous.
Ainsi, ce petit tzar d'Alexandre...
et ses courtisans ont osé porter devant vous le deuil du duc d'Enghien.
Oui, Général.
- Aucune marque de politesse ? - Un silence glacé.
Il va s'ériger en justicier, lui !
Ce fils qui a laissé assassiner son père par ses conseillers actuels.
Plus grave encore, Général...
le tzar Alexandre a signé un traité secret avec la Prusse...
pour diviser vos forces entre l'Angleterre et le continent.
Quoi ?
Prenez ma place !
Ecrivez !
Majesté...
le deuil de la cour de Russie est une insulte à notre tribunal...
qui a condamné le duc d'Enghien...
alors que j'aurais eu bien des raisons de porter celui de mon ami...
votre père.
Personne n'est plus pacifique que moi !
Si vous voulez la guerre, vous devez me le dire franchement.
Formule de politesse...
la plus sèche possible.
Na-po-lé-on.
Ça se retiendra mieux.
J'aurai donc l'honneur et le plaisir d'être le premier...
à vous appeler "Majesté".
Oui !
Empereur ?
La place est libre depuis Charlemagne.
Nous nous en doutions à ce point, Sire...
que la Constitution et les lois organiques de l'Empire sont prêtes.
Vous saviez d'ailleurs...
que le titre d'empereur des Français était déjà dans toutes les bouches...
attendant ce signe que vous venez de faire.
Vous m'offrez un lit de roses, Talleyrand !
Vous vous y étiez vous-même préparé, Majesté.
Avec Cambacérès, Fouché, et votre frère Joseph qui attend à la porte...
nous avons seulement ôté les épines.
Ils ont compris qu'on ne va pas chercher une épaulette à la guerre...
quand on peut l'obtenir dans une antichambre.
Faites entrer !
Je vois que vous êtes au courant.
Hein, Fouché ?
Duroc !
Mes frères et sœurs seront princes et princesses...
avec une dotation annuelle de un million.
Ma liste civile sera composée du produit...
des domaines de la Couronne...
et d'un revenu annuel de 25 millions.
Vous, Fouché, vous reprenez la police.
Toi, Duroc, je te nomme Grand Maréchal du Palais.
Etablis-moi ce décret immédiatement.
Présentez demain matin au Sénat...
le rapport dont Talleyrand termine le plan, afin que l'après-midi...
ma nomination officielle avec le titre...
de Napoléon 1er, empereur des Français...
- sois chose faite. - Demain ? Mais Général...
pardon, Sire, c'est impossible !
En France, on admire que l'impossible !
Toi, Joseph !
Mande aujourd'hui notre oncle, le cardinal Fesch.
Dis-lui que je le nomme Grand-Aumonier de l'empire.
Qu'il parte traiter le pape avec obséquiosité...
pour le décider à venir me sacrer à Notre-Dame avec l'Impératrice.
Tu es fou, Napoléon ?
Pardon ! Majesté !
Depuis 18 siècles, aucun pape n'a quitté la Ville Eternelle.
- Et Charlemagne... - Le pape Etienne est bien venu en France...
couronner Pépin le Bref.
Pie VII...
viendra à Paris pour le sacre par la séduction ou par la crainte.
Dussais-je aller le chercher moi-même avec mes soldats.
- Mais tu n'es pas marié à l'Eglise. - Chut !
Il n'a pas à le savoir.
Et s'il l'apprend, l'Eglise est accommodante.
Chaussez tous vos bottes de 7 lieues.
Chaque heure de perdue est une chance de plus pour le malheur.
Constant !
- Qu'est-ce ? - C'est pour la proclamation, Majesté !
Pas de salamalecs, mon petit. Fais voir !
Non !
Je mettrai cet habit de carnaval...
demain !
Après le sacre...
tu me feras faire une redingote...
toute simple, sans aucun ornement.
A côté des tenues resplendissantes de vos généraux...
c'est pour que l'ennemi ne vous prenne pas pour cible ?
Non, je n'avais pas pensé à ça !
Mais...
ta déduction est juste.
La couleur de la redingote sera donc grise, évidemment !
Maintenant que vous allez devenir empereur...
il ne convient plus que je sois dame d'atours...
mais...
première dame du palais de votre femme.
- C'est déjà signé. - Ah !
Et naturellement, vous renverrez mademoiselle d'Avrillon ?
Naturellement.
Et mes petites factures ?
Petites ?
Solde de l'acquisition du château des Tuileries à Auteuil :
- 150 000 francs. - Une folie, mais ravissant.
- 4 dames d'atours. - Il devait y en avoir 7.
- 9 domestiques. - C'est une bien grande maison.
- Une lectrice. - C'est pour m'endormir le soir.
- 3 cochers. - 3 ?
Non, j'en ai 7.
Tu me coûtes plus cher que mes sœurs.
Mais moins que Joséphine.
Je règle pour la dernière fois vos dettes, car c'est payer trop cher...
ce que je peux avoir à si bon marché.
Vous savez bien, Majesté, que ça n'a pas de prix. Dégrafe-moi !
Faisons vite.
- Hum ? - Oui.
N'avance pas la pendule comme l'autre fois.
Oh !
- Moi ? - Oui !
Ouvrez-moi !
Ouvrez-moi, ou je défonce la bascule !
Qu'est-ce qui te prend ?
Je suis là, sur cette terrasse, tu entends ?
Son parfum !
C'est bon, là !
Est-ce que j'écoute aux portes, moi, quand tu reçois tes amis ?
Je suis décidé à suivre le conseil de ma famille.
- Je veux divorcer ! Tu entends ? - Ah ?
Je t'en prie, hein !
Ecoute-moi...
si tu m'obéis...
tu sais bien que je ne serai jamais assez fort pour t'obliger à me quitter...
Je me suis bien résigné avec toi.
Fais-en autant !
Evite-moi les embarras de ce genre de situation.
Oui.
- J'obéirai. - En tout ?
Même à ce que madame de Vaudey...
soit ta première dame du palais ?
Dans quelques semaines, tu seras impératrice.
Tu sais bien qu'à ce moment-là...
nous ne nous quitterons plus.
- Oui. - Hein ? - Oui.
Je t'aime.
Rien de toi ne m'échappe.
Je sais qu'aujourd'hui, tu as changé 5 fois de robe pour me plaire.
- Tu le sais parce que tu paies les factures. - Oui.
C'est vrai.
J'ai d'ailleurs réglé ton fournisseur et refusé...
d'accepter les rabais de l'intendance.
Bien.
Tu retardes les pendules.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? - Rien.
Une grave nouvelle, Sire !
L'ambassadeur d'Angleterre est parti, le traité d'Amiens n'existe plus.
Puisque les Anglais veulent nous forcer à sauter le fossé...
nous le sauterons !
Ils nous prendront peut-être quelques colonies, mais...
je porterai la terreur dans Londres...
et ils verseront des larmes de sang.
Sa Sainteté Pie VII vient de quitter Nemours.
Enfin !
Je me dois de faire la moitié du chemin...
à sa rencontre à Fontainebleau.
Alors, c'est la guerre ?
Le sacre !
Pardonnez-moi, Saint-Père...
de mal connaitre l'étiquette de l'Eglise.
Et moi, Général, plus mal encore l'étiquette militaire.
Il y a quelque chose, Saint-Père...
qui me reste sur le cœur.
C'est que vous me sacrez empereur comme si vous y étiez forcé.
Vous avez devant moi un air de martyr...
offrant au Ciel vos douleurs.
En vérité, vous n'êtes pas mon prisonnier.
Hum ?
Que diable, vous êtes libre comme l'air.
Comédien !
Comédien, moi ?
Ah, je vous donnerai des comédies à vous faire pleurer !
Mon théâtre à moi, c'est le monde !
Le rôle que j'y joue, c'est celui de maitre !
Et d'auteur !
Le comédien vous possède tous, pape, rois, peuples !
Si je le voulais, vous ne seriez qu'un pauvre curé.
Votre robe de fou ne m'impose nullement.
Et si vous continuez...
je la déchirerai à coups d'éperons !
Tragédien !
Rien ne sera prêt, ça sera un désastre !
Je vais m'empêtrer là-dedans si on ne m'apprend pas.
Napoléon ! Napoléon !
Je veux une robe aussi grande que celle de l'impératrice.
C'est impossible, Princesse, le protocole prévoit 1 m de moins.
- Change le protocole ! - Ah, non !
Je me refuse à porter la queue du manteau de Joséphine !
Moi aussi !
Officiellement, on dira "soutenir le manteau".
Mais à condition que notre manteau à nous...
soit soutenu par nos chambellans.
Bon, entendu, très bien.
Sire, voici les emblèmes du pouvoir.
Oui.
Tu veux dire...
les accessoires du pouvoir ?
Bon, Kellermann portera la couronne, Pérignon le sceptre...
Lefebvre l'épée, Berthier le globe, et Talleyrand la corbeille du manteau.
Monsieur de Ségur, vous règlerez tous les détails...
- et vous m'établirez un protocole. - Très bien, Sire.
Autre chose...
comme nous serons à Notre-Dame, votre fils sera de garde au palais.
- Bien. - Isabey !
Faites-moi 7 grands dessins des phases principales du sacre.
Costumes, disposition des places de ma famille, etc.
- Et pour quand, Majesté ? - Je pars pour Boulogne...
je rentre dans 5 jours, tout devra être prêt.
Ça n'est pas possible. Je ferai de mon mieux, Majesté.
Pardon, Majesté...
le bruit circule que Madame-Mère n'assistera pas à la cérémonie du sacre.
Oui.
Mettez-la tout de même dans vos dessins !
Après la cérémonie, que David m'exécute le plus grand tableau qui existe.
Plus grand que les Noces de Cana de Véronèse, qu'il soit magnifique !
Monsieur Rémusat !
Avisez mon oncle Pesch...
qu'il expédie secrètement cette nuit mon mariage religieux...
sans autres témoins que Talleyrand et Berthier.
Achetez aussi pour la cavalcade 14 chevaux à 2 000 francs pièce.
Non !
A 1 500 francs !
Présentez-moi les 12 petits pages et la robe de Joséphine.
Qu'on enchâsse le Régent à mon épée...
et que la robe de Joséphine porte les plus beaux joyaux de France !
Que faut-il faire des montagnes de costumes qui restent, monsieur Rémusat ?
Mettez-les là où vous pourrez.
Les appartements de Sa Majesté en débordent.
Dans le grand salon, ce sera la loge des artistes.
Dites-moi, Isabey...
Bien, les voilà !
Ouvrez ça !
Oh !
Oh, c'est merveilleux !
Quelle bonne idée !
Me voilà !
Et celui-là, c'est moi ?
Et moi ! J'y suis pas !
J'en suis sûre, c'est Joséphine !
Madame, je vous assure, je ne me permettrais pas.
C'est un scandale, elle nous nargue ! Quelqu'un m'a volée !
Je ne supporterai plus de pareilles insultes !
Isabey, où est cette poupée ?
Elle y était tout à l'heure, Majesté, je ne comprends pas.
- Je n'irai pas au sacre ! - J'en ai assez ! - Je t'en prie !
- J'ai retrouvé la Princesse. - C'est moi !
- Ta femme m'a écrasé la figure ! - Je t'interdis de me tutoyer !
- Je n'écraserais pas un pantin ! - On m'appelle pantin !
Ne vous inquiétez pas, Princesse, je vais vous la remettre !
Venez, mes amis.
En ce moment même...
leur carrosse s'arrête devant Notre-Dame.
L'Empereur, costume de velours pourpre brodé d'or...
et tenant le sceptre descend du carrosse.
A sa gauche, l'Impératrice...
étincellante de pierreries dans sa robe de satin blanc...
souriante, elle paraît 25 ans.
Ne vous dérangez pas, monsieur de Ségur, continuez.
L'Empereur et l'Impératrice entrent dans la cathédrale.
100 000 personnes crient.
Le pape descend de sa chaire...
et entonne le Veni Creator.
L'Empereur touche des 2 mains...
le livre des évangiles que lui présente le Grand Aumônier.
Et, il répond...
"Profiteor".
La main sur les évangiles, l'Empereur parle.
Tous s'agenouillent.
Je jure de maintenir l'intégrité du territoire de la République...
de respecter les lois du Concordat...
de maintenir l'institution de la légion d'honneur...
et de gouverner...
dans le seul intérêt du bonheur du peuple français.
Voici l'onction sacrée.
Le pape bénit les fourniments impériaux...
et les remet à l'Empereur.
D'abord, l'anneau, qu'il passe à son doigt.
Et puis, le manteau...
la main de justice...
et puis la couronne.
Le pape la pose sur la tête de l'Empereur.
L'Empereur, maintenant reprend la couronne sur sa tête...
et la pose sur celle de l'Impératrice.
Cette cavalcade dans les rues, il était temps que ça finisse.
- Et quel froid à Notre-Dame ! - Frioul, fermez la porte !
J'ai des nouvelles très sérieuses.
Les armées austro-russes marchent vers la France.
Elles menacent la Bavière...
et sont déjà sur les débouchés de la Forêt-Noire.
Les agents secrets sont formels.
Si l'Empereur ne débarque pas en Angleterre d'ici 2 semaines...
il va se trouver dans une situation effroyable.
Nous l'avons peut-être poussé un peu trop vite sur le trône.
- Il faut le prévenir immédiatement ! - Non.
Laissons-le savourer un peu son triomphe, son repos nous sera profitable.
Et j'ai besoin de réfléchir.
Il gèle, ici. Frioul, le feu !
Il n'aura pas disparu, ce feignant !
Les voilà ! Allons à leur rencontre.
Et...
pas un mot de tout ceci !
Regardez le parti que j'ai pu tirer du pape...
la fête de l'Eglise et de l'Armée.
Ouf ! Quelle journée !
Pire qu'une bataille, mais je crois bien que je l'ai gagnée.
Quelle belle représentation je vous ai donnée !
Ah ah ah !
Et voilà ! Le rideau est tombé.
C'est à moi, Mesdames, à moi seul, que vous devez d'être si charmantes.
Pauline, tu as bien vu la cérémonie ?
Tu as vu la tête du pape...
quand je lui ai pris la couronne des mains pour me la poser sur la tête ?
Oh, maman !
Quel dommage que vous ne soyez pas venue ! Quelle garde magnifique !
Si vous aviez vu comme j'étais emmailloté, on aurait dit un magot !
On se serait crus à l'opéra.
Joseph...
si notre pauvre père nous voyait !
- Ah, pourvu... - Oui, je sais, maman...
ça durera.
Jamais je n'ai été aussi fatigué, je devrais bien dormir cette nuit.
Duroc ! Berthier ! Ségur !
Préparez les voitures ! Nous partons cette nuit pour Boulogne.
- Decrès ! - Sire ?
Relisez-moi ma dernière dépêche à Villeneuve.
Monsieur le Vice-Amiral, j'espère que vous êtes arrivé à Brest.
Ne perdez pas un moment, et avec mes escadres réunies...
entrez dans la Manche, l'Angleterre est à nous.
Nous sommes prêts, tout est embarqué...
- paraissez 24 h et tout est terminé. - Depuis quand est-ce parti ?
- 2 semaines. - Et depuis ?
A chaque minute, nos observateurs espèrent voir arriver ses escadres.
Si le vent est bon, il ne devrait pas tarder, hein, Bernadotte ?
Soult, qu'est-ce que vous en pensez ?
- Monsieur Robert Fulton ! - Ah, Robert Fulton !
Bonjour.
Désolé, mais votre bateau a coulé devant l'île des Cygnes à Paris.
Oui.
Et le dernier rapport de l'académie vous est défavorable.
Et depuis, je fais marcher un nouveau bateau à pales.
Il avance contre le courant à la vitesse de 1,6 m/s.
- Bougainville pourra vous le certifier. - Ouais.
Vos idées sont bonnes, mais l'académie rejette vos inventions...
comme utopiques et purement théoriques.
En conséquence...
Ecoutez, j'ai conçu aussi le Nautilus.
Je suis descendu moi-même dans l'eau avec lui.
Je suis parvenu à rester 5 h sous l'eau...
et j'ai parcouru 6 lieues ainsi.
Et ma torpille ! Voici le modèle de ma torpille !
Je peux faire sauter un navire ennemi à 60 pieds.
- J'ai fait des expériences. - Oui, mais sans résultats.
Les bateaux anglais n'osent pas approcher des côtes.
Voyez ce chien de fusil attaché par une longue corde...
à une boîte contenant 100 livres de poudre.
Ce n'est encore qu'un modèle, bien sûr, mais...
- avec un peu de temps... - Non !
C'est la seule chose qui me manque.
C'est très intéressant, mais je n'ai plus le temps d'adapter ça à mes escadres.
Frioul ! Chapeau !
Majesté...
je suis venu à vous par confiance dans le plus grand homme de l'Europe...
mais je me suis trompé, je suis désolé.
Mais je voudrais simplement souhaiter que...
- Votre Majesté ne le regrette pas un jour. - Je ne regrette jamais rien !
Adieu, monsieur.
Majesté, j'ai des nouvelles !
Par un agent secret qui a traversé toute l'Espagne et toute la France...
sans prendre 1 h de repos.
L'escadre de l'amiral Villeneuve est à Cadix...
où elle est restée ancrée par peur de Nelson.
Qu'est-ce que vous dites, Daru ?
Ce jean-foutre de Villeneuve est à Cadix !
Où il va être bloqué, naturellement.
Quelle marine !
Quel amiral !
Ça n'a pas de nom !
Misérable !
Il sacrifie à tout pourvu qu'il sauve sa peau !
Mais qu'est-ce que je peux bien foutre...
avec des gens comme ça ?
2 ans de préparatifs !
150 000 hommes immobilisés !
Tous ces sacrifices...
inutiles !
A Cadix !
Quand on le guette à Boulogne !
Eh bien, puisqu'il faut y renoncer...
nous entendrons la messe de minuit à Vienne !
Berthier, écrivez !
Mes 150 000 hommes...
cantonnés de Brest à Ambleteuse...
vont partir immédiatement.
Ils vont, dans le plus grand secret...
traverser la France et l'Allemagne...
- en 3 semaines en direction de Vienne. - Mais il y a 500 lieues !
Oui ! Oui !
Des souliers ! Des souliers ! Occupez-vous de ça tout de suite, Daru !
Ecoutez bien ce que je dis.
Les forces du Hanovre...
avec Marmont...
rejoindront Duisbourg le 29 septembre.
Derrière Ulm.
Vous, Soult...
arriverez sur le Rhin le 24 septembre...
avec vos 40 000 hommes...
précédés par les 22 000 chevaux de la cavalerie de Murat.
Vous y trouverez les 20 000 hommes de Davout...
les 18 000 de Lannes...
les 24 000 de Ney...
les 14 000 d'Augereau...
avec ma garde impériale...
et ma personne.
Frioul ! La carte d'Ulm !
Nous appellerons désormais nos formations la Grande Armée.
Départ pour Paris dans 1 h !
La Grande Armée se concentre autour d'Ulm où le général autrichien Mack...
a massé 60 00 hommes qui seront promptement encerclés.
C'est un encerclement des Autrichiens sans un coup de pétoire !
Ouais, ben ça va te faire du travail !
Où est-ce qu'il nous mène, à présent, le petit caporal ?
- Faire le réveillon à Vienne ! - Qui nous a dit qu'on irait pas ?
Napoléon entre à Vienne le 13 novembre 1805...
après plusieurs affrontements avec les Russes de Koutouzov.
Le château de Schönbrunn, près de Vienne...
où Napoléon a établi son QG.
Messieurs les Généraux, j'ai à parler à Sa Majesté.
- Rien de ma femme ? - Non, Sire.
Vite, Berthier, je dois prendre une décision.
Paris, graves réactions au désastre de Trafalgar.
Malaise économique et financier exige succès militaire rapide.
La seconde !
On se presse dans les banques pour se faire rembourser les billets.
- L'état exact de l'armée ? - Froid et faim.
Les désertions se multiplient, les hôpitaux sont bondés...
1/4 des effectifs est porté manquant.
Grave, tout ça !
Notre position est très aventurée, à 300 lieues de nos bases.
Et quantité d'hommes sont affectés à ces longues communications.
Une campagne d'hiver étant impossible, il faut agir tout de suite.
Dépêche, Monsieur le Maréchal !
C'est de votre envoyé secret en Prusse, Sire.
Lisez !
La mobilisation immédiate de 180 000 hommes...
est décrétée par le roi Frédéric-Guillaume.
Il faut partir immédiatement pour Brünn.
Sire, vous avez déjà devant vous en Moravie les 30 000 soldats de Koutousov...
qui ont rejoint à Olmütz une armée russe de 70 000 hommes.
- Combien serons-nous ? - 40 000. - Contre 100 000 ? Aucune hésitation !
Mais Sire, 180 000 Prussiens leur arrivent dans 2 semaines !
Raison de plus pour passer à l'offensive...
avant qu'une retraite des Russes nous la rende impossible.
- Une retraite des Russes ? - C'est évident.
Les Russes ne sont pas assez fous pour risquer mon offensive...
sans attendre leurs renforts.
Si l'armée apprenait les fâcheuses nouvelles de Paris...
elle se liquéfierait.
Vous devez vous garder de tous côtés.
Si vous voulez attaquer, une victoire française est difficile.
Qu'est-ce que ce mot dans votre bouche, Berthier ?
Vous savez bien qu'avec mon air d'attaquer sans cesse...
je ne suis pourtant occupé qu'à me défendre.
Ségur, écrivez !
Chère Joséphine...
Ségur...
qui est cette petite dinde endimanchée ?
Marie-Louise.
C'est la fille de l'empereur d'Autriche.
L'imbécile qui l'épousera, je le plains.
Qu'est-ce que je disais ?
- Chère Joséphine... - Pas une lettre depuis mon départ !
Ce n'est ni aimable, ni tendre.
Daignez, du haut de vos grandeurs, vous occuper un peu de votre esclave...
esclave qui, euh... etc.
Arrange la fin, mon petit.
Messieurs !
Préparez-vous, nous partons tout de suite pour Brünn.
Vive l'Empereur ! Vive l'Empereur !
Vive l'Empereur ! Vive l'Empereur !
Général Rey !
Faites creuser le pied de ce monticule...
pour en augmenter l'escarpement du côté de l'ennemi.
Et fortifiez-le au maximum.
Nous l'appellerons le...
le Santon.
Qu'on démolisse cette ferme.
Les poutres serviront à renforcer les défenses du Santon.
Berthier ! Dites au général Saint-Laurent d'avancer ses canons...
jusqu'à Czernowitz.
Examinez bien ce terrain, messieurs.
Ce sera un champ de bataille et vous aurez un rôle à y jouer.
Ah !
Rapportez-moi la topographie exacte dans 1 h.
Mais que notes-tu là, mon petit ?
Tout ce que je vois et tout ce que vous dites, Sire...
pour qu'on altère pas plus tard la vérité.
Tu auras beaucoup à écrire d'ici 48 h.
Général Marescot !
Dans tout ce secteur, faites creuser des pièges pour la cavalerie ennemie.
Qu'est-ce que cette apparence de château, Soult ?
C'est là que j'ai établi mon QG, Sire.
C'est le château d'Austerlitz, il domine le village du même nom.
- Répétez ! - Le château d'Austerlitz.
Qu'avez-vous ?
C'est exactement à cet endroit que j'avais établi à Boulogne...
- le centre de mon dispositif. - Mais quel dispositif ?
Vous le verrez bien.
- La retraite, messieurs, vite, je les tiens ! - La retraite ?
Vous disiez à l'instant que c'était le champ de bataille !
J'ai changé d'avis et je n'ai pas de raisons à vous donner.
- Quelle heure ? - 10 h, Sire.
- Soult, évacuez le château d'Austerlitz. - Evacuer le château ?
Cette position est dangereusement exposée...
j'entends déjà la cavalerie de Lichtenstein s'y précipiter.
- Où l'entendez-vous, Sire ? - Dans ma tête, parbleu !
Napoléon vient de modifier radicalement son plan de bataille.
Il va évacuer le plateau de Pratzen...
sachant que l'ennemi ne manquera pas de s'y installer.
Sa Majesté le tzar...
va recevoir le général Koutousov.
Koutousov ! Toujours Koutousov !
- Chut ! - Rayons ce nom de nos conversations !
- Il est là ! - Qu'il m'entende !
C'est le dernier de mes soucis.
C'était autrefois un grand bonhomme.
Un général de musée !
Le général Weyrother...
chef d'état-major des armées austro-russes...
et le maréchal Buxhöwden !
Je pense, Général, que nous devons...
demander à notre empereur de prendre le commandement des troupes.
Nous relèguerons Koutousov à un rôle subalterne.
Car nous voulons appliquer à la lettre...
les plans de génie du général Weyrother.
N'est-ce pas, monsieur ?
De génie, non, mais de pleine logique.
Parce que mon dispositif fait suite...
à la théorie de l'ordre oblique du grand Frédéric...
en prenant pour modèle la stratégie de Bonaparte à Castiglione.
Après une fausse attaque frontale...
je ferai comme Bonaparte s'il était à ma place...
l'enveloppement par une aile pour l'obliger à combattre sur 2 fronts...
afin de le couper de la route de Vienne...
pour le repousser en Bohême...
et le séparer définitivement...
de ses forces en Autriche et en Italie.
Magnifique !
Sa Majesté attend le prince Dolgoroukov et son état-major !
Restez !
Evaluons les forces en présence.
J'accepte le commandement de l'armée.
Sa Majesté François II...
empereur d'Autriche !
Nous avons décidé, Majesté...
que le général Weyrother fera les plans de la bataille.
Et, si vous n'y voyez pas d'obstacle...
je commanderai en chef nos armées.
Vous resterez près de moi.
Ici, la cavalerie de Lichtenstein.
Le Général Koutousov !
Le temps presse, messieurs.
Sa Majesté François II et moi-même...
aimerions connaître votre sentiment...
sur une offensive immédiate.
Notre expérience conseille d'évacuer Olmütz...
pour une place plus forte et de reculer nos armées de 20 lieues.
Pourquoi donc cette fuite, Général ?
Non, Majesté, ce n'est pas une fuite, c'est une retraite...
qui nous permettra d'attendre du renfort...
les 300 000 hommes de Sa Majesté le roi de Prusse.
Et si Napoléon nous poursuit ?
Non, il n'osera pas s'écarter du centre de son dispositif.
Il est beaucoup trop rusé, il doit être prudent.
- Il n'a que 40 000 hommes, Majesté. - Et nous, combien ?
Un peu plus de 100 000, Majesté.
- A 2 contre 1, vous le craignez ? - Vous ne le connaissez donc pas ?
N'allons pas au-devant d'une possible défaite.
Ne vous moquez pas de notre plus grand homme de guerre !
Sa Majesté court trop de risques ici.
Elle devrait être à Saint-Pétersbourg au milieu de son peuple.
Le prince Bagration met en doute le courage de notre tzar !
Ma décision est prise.
Définitivement.
Permettez-moi de vous prouver, Majesté...
que vous avez eu raison de nous faire confiance...
en me laissant attaquer demain avec mes 3 000 chevaux...
la cavalerie française du maréchal Soult devant Wischau.
Nous assisterons avec plaisir à ce...
prologue de nos opérations personnelles.
N'est-ce pas, François ?
- Savary ! - Oui. - L'Empereur a-t-il perdu la tête ?
Il sait qu'il n'y a à Wischau qu'un détachement du corps de Soult...
et il les laisse sans renforts ni ordres de repli...
attaquer par les 3 000 chevaux de ce petit prétentieux de Dolgoroukov
Sire, regardez Soult, il pleure de fureur !
Vous ne pouvez laisser écraser ce détachement du 4ème de ligne !
Ce sont mes hommes, Sire, je ne vous reconnais plus !
Laissez-moi contre-attaquer et les couvrir par mon artillerie !
Seulement 500 cavaliers, et je les reconduis tous en Sibérie en ambulance !
- Mais Sire... - Depuis quand ai-je besoin de conseils ?
La bataille n'est pas commencée, je ne touche pas aux hors-d’œuvre.
Non !
Vous êtes des enfants !
Mon brave ami !
J'ai simplement voulu prouver à Votre Majesté...
qu'il suffisait d'aborder Napoléon sans crainte pour le battre !
S'il me restait un doute concernant notre offensive immédiate...
vous l'avez brillamment détruit !
Majesté !
Je suis chargé de vous annoncer la capitulation de vos troupes à Wischau.
Combien de morts ?
Peut-être 200.
Combien de prisonniers ?
4 officiers et une centaine de cavaliers.
Je n'ai jamais vu pareille indifférence pour les soldats.
Alors ?
On dit que tu veux replier toutes nos lignes ?
Oui ! Je juge notre retraite indispensable.
Davout et Bernadotte sont encore trop loin.
Savary, écrivez ! A Sa Majesté Alexandre 1er...
j'envoie le général Savary pour le complimenter sur son arrivée à l'armée...
et lui demander la faveur d'une entrevue pour un armistice éventuel.
Sur ce... etc.
Il doit être malade.
Ce qu'il fait est insensé, parle avec Larey, son médecin.
Général Morlan...
payeur général... intendant général...
- maréchal Bessières... - Je suis là.
Thuillard, directeur en chef de la poste.
Qu'est-ce que c'est ? Pas de serviette, c'est la guerre !
Le général Savary !
Enlevez-lui son bandeau !
Non !
Je n'accepte pas d'entrevue personnelle avec votre maître, Général.
Mais je consens à lui envoyer un délégué, le prince Dolgoroukov.
Général Koutousov.
Przybyszewski.
Ne vous avais-je pas dit que le jour où Bonaparte aurait peur, il serait perdu ?
S'il n'accepte pas nos conditions, nous l'attaquons !
Ne laissons pas échapper l'occasion.
Sire ! Sire !
Les 2 empereurs ont occupé le château d'Austerlitz.
Le maréchal Soult l'a évacué sans pertes.
Murat !
Déploie quelques centaines de mamelouks devant nos lignes.
Dès que la cavalerie russe sera en vue...
replie-les précipitamment en feignant la plus grande terreur.
Laisse-leur des prisonniers.
- Les mamelouks ne fuient pas ! - Fais ce que tu voudras...
mais arrange-toi pour simuler la panique dans nos rangs...
et qu'ils croient là-bas que je prépare ma retraite.
Sire !
Sa Majesté Alexandre préfère ne pas s'entretenir avec vous.
Elle vous demande de rencontrer son envoyé le prince Dolgoroukov.
J'y vais.
C'est hors de portée de nos canons.
Tu ne vas exposer ta vie pour parler avec ce freluquet ?
Je veux augmenter la présomption de l'ennemi par mon empressement.
Qu'il me croit prêt à tout pour obtenir un armistice !
Général Exelmans !
Accompagnez l'Empereur, mais vous me répondez de sa vie.
J'en réponds, sur la mienne !
- Berthier ! - Sire ?
Suivez à la lorgnette.
Si à la fin de l'entretien, je lève le bras...
on lira partout à voix forte ma proclamation...
pour que Dolgoroukov la répète à ses empereurs.
Quelle proclamation ?
Savary, écrivez !
Soldats...
l'armée russe...
veut venger la honteuse capitulation des Autrichiens d'Ulm.
Mais les positions que nous occupons sont formidables...
et pendant qu'ils marcheront pour tourner ma droite...
- ils me présenterons le flanc ! - Tu divulgues tes plans ?
Pourquoi veux-tu que l'ennemi les connaisse ?
Tu n'es pas psychologue, Lannes.
Du fait même que je les divulgue, ils n'y croiront pas...
et feront l'opposé de ce qu'ils devraient faire.
Admirable !
Soldats...
cette victoire...
finira la campagne...
et la paix que je signerai sera digne de vous...
de mon peuple !
Puisque vous êtes accrédité par Alexandre 1er...
voulez-vous me dire les conditions russes de paix ?
Le nouvel équilibre européen...
exige que vous quittiez le pays, Général.
- Je suis empereur et non général, monsieur. - Je ne suis pas "monsieur"...
je suis prince et conseiller privé de Sa Majesté Alexandre 1er...
tzar de toutes les Russies.
De toutes les Russies ?
Je pourrais lui en prendre quelques-unes.
Si vous voulez la paix immédiate, il faut abandonner...
l'Italie, la Belgique, la Savoie, le Piémont...
- pour que nous y placions des bastions. - Il faut vous en aller !
Pas de ce terrain !
Vous n'avez ni tact ni mesure pour me parler ainsi.
Si vos empereurs n'ont que des propositions aussi sottes à me faire...
nous viderons ailleurs nos différents.
A distance !
Ce sera tout.
Savary !
Accompagnez-le le long de nos premières lignes.
Ça vous édifiera, monsieur.
Soldats !
L'armée russe se présente devant vous...
pour venger la honteuse capitulation des Autrichiens d'Ulm.
Les positions que nous occupons sont formidables.
Et pendant que les Austro-Russes marcheront pour tourner ma droite...
ils me présenteront le flanc.
Superbe coïncidence !
Voilà que votre empereur dévoile la veille son plan de bataille.
Nous prend-il pour des imbéciles...
d'imaginer que nous allons transformer les nôtres ?
Quelle naïveté !
Séparons-nous !
Vive l'Empereur !
Vive l'Empereur ! Vive l'Empereur !
- On vous a volé ? - Peut-être, mais pas en travers.
C'est toi qui dois présenter les armes ?
Tenez ! Prenez-le, si vous le voulez, il est rouillé !
- Moi, j'en peux plus. - Tu dois être à la retraite...
que fais-tu là à ton âge ?
Je vous observe.
Mais maintenant, j'en peux plus.
- Tu m'observes ? - Oui ! - Et pourquoi ?
Pour savoir jusqu'où vous allez nous faire marcher !
Etrange bonhomme !
- Tu m'observes, hein ? - Oui !
- Mais vous ne m'observez jamais. - Quoi ?
Oui, j'étais déjà référent à Arcole.
Mais jamais vous n'avez jeté le moindre regard...
sur Alboise, de Pontoise, Seine-et-Oise !
Ça se retient pourtant, un nom comme ça !
Alors, je me suis dit que quand j'aurai l'honneur...
je lui dirai que je l'observe...
- au petit tondu. - Au petit tondu ?
Oui, c'est comme ça que je vous ai baptisé.
Ils ronchonnent tous derrière vous, les autres, sans qu'un ose vous le dire...
mais entre nous, on vous appelle le petit tondu.
Va pour le petit tondu !
Mais je voudrais savoir ce que tu me reproches, Malboise.
Pardon, Alboise, de Pontoise, Seine-et-Oise !
Ce que je vous reproche, c'est que la Vieille Garde ne fout plus rien.
A Arcole et à Rivoli, ça ressemblait encore à du service...
- mais après ? - Retourne chez toi, tu es trop vieux.
Ne m'insultez pas, Majesté, y'a pas d'âge pour vos soldats !
- C'est pas un homme, c'est un grognard ! - Un gros quoi ?
Un homme qui grogne comme toi, on devrait appeler ça un grognard.
Je suis trop vieux, une relique.
Ça vaut presque le petit tondu !
Ne la cherchez pas, Général, je l'ai perdue à Marengo.
Venez, messieurs, je finirais par m'attendrir.
Qu'on le nomme sergent !
Ségur !
Qu'on fasse des fumées de faux bivouacs entre Turas et les étangs.
Tu as bien compris, de faux bivouacs !
Tu sais que Koutousov va concentrer ses troupes sur le plateau de Pratzen ?
Je sais.
Pourquoi tu ne t'empares pas de cette magnifique position ?
Parce que je n'aurais là qu'une victoire ordinaire...
tandis qu'en la leur abandonnant, je les tente.
S'ils osent descendre de ces hauteurs pour envelopper ma droite...
fussent-ils 300 000, ils sont perdus d'avance.
Tu as toujours raison. De toutes façons, moi...
Un mauvais général en chef vaut mieux que 2 bons.
Ça y est !
Les avant-postes russes s'y établissent.
- Mouvement stupide ! - Ils tombent dans ton piège !
Ils vont jouer au chat qui veut prendre une souris dans un miroir.
Avant demain soir, les armées ennemies seront à moi.
Ecris ça, mon petit.
Messieurs, nos 2 empereurs veulent livrer la bataille dès l'aube.
Et comme je connais le terrain...
Et Napoléon, le connaissez-vous ?
Il nous a pris de vitesse.
Impossible de concentrer mes troupes sur le plateau de Pratzen...
s'il nous attaque.
Ah !
Koutousov, l'âge vous rend peureux.
J'ai prévu cette éventualité.
Il n'attaquera pas.
Croyez-moi.
Une fois vos troupes concentrées...
vous dégagerez le plateau...
puis dirigerez vos 32 000 hommes vers les étangs.
Quoi ?
Abandonner le plateau ?
C'est insensé, je m'y refuse !
Jamais je ne ferai cela, vous m'entendez, jamais de la vie !
Général, c'est mon plan !
- Qui va là ? - Arcole, Rivoli !
Nous jouons demain la carte de l'Europe.
Berthier, écrivez mes ordres au fur et à mesure.
Pourquoi, Sire, avez-vous épinglé le village d'Austerlitz...
que vous avez fait évacuer ce matin.
Parce que, grâce à toi, Soult, demain, j'espère y coucher.
Ecris ça, mon petit.
Alors...
ils doivent avoir...
90 000 hommes.
Nous en avons 60 000, ils sont battus d'avance.
Allons !
Je pars du principe...
que les Austro-Russes veulent capturer la Grande Armée...
en coupant mes lignes de retraite sur Vienne.
Pour les inciter à suivre leurs plans...
et pour qu'ils attaquent ma droite au sud, ici, près des étangs gelés...
j'ai exagérément dégarni ma droite.
Pour la tourner, les empereurs devront affaiblir le plateau de Pratzen...
d'où doivent partir avec Koutousov toutes leurs colonnes.
Ce plateau deviendra ainsi très vulnérable...
et c'est sur lui que je ferai porter tout notre effort le moment venu...
pour couper leur armée au centre.
Que Caffarelli se mette en route à 2 h du matin.
Qu'il sache qu'il aura là une très grande bataille.
La cavalerie de Murat ne suffira pas, qu'est-ce que tu me donnes en plus ?
Les cuirassiers d'Hautpoul et de Nansouty...
les dragons de Beaumont et de Walther...
les chasseurs de Milhaud et de Kellermann.
Tu es sûr que c'est plat, cet endroit ?
J'ai repéré moi-même, et...
j'augure là un très vaste engagement de cavalerie.
Vos divisions, celles de Vandamme et de Saint-Hilaire...
franchiront le Volbach...
ici, ce ruisseau...
par les villages de...
de Jurkovicz et de Puntowitz.
Ces noms écorchent la langue, nous les changerons !
Et vous vous emparerez coûte que coûte du plateau de Pratzen.
Mais attention ! Seulement quand j'en donnerai l'ordre.
Pardon...
- je ne comprends pas le russe. - Ni moi l'allemand.
Général, vous savez que je suis français et comprends mal l'allemand et le russe.
Alors, j'espère que tout le monde comprend le français.
Nous avons remarqué...
par ici des mouvements sur la gauche de l'ennemi.
Donc, ma déduction...
c'est que le Corse affaiblit son centre avec l'intention...
de renforcer son flanc gauche.
Ainsi, la marche principale de nos 2 armées, avec la colonne de Koutousov...
qui alors sera descendue du plateau de Pratzen...
tournera la droite des Français pour couper la route de Vienne.
Je précise, messieurs...
le gros de l'armée, avec la colonne de Koutousov...
qui sera descendue des hauteurs de Pratzen...
tournera la droite des Français et les contournera par les étangs...
afin de leur couper complètement la route de Vienne.
Tout ça est fort bien, Général.
Mais si les ennemis attaquent Pratzen...
pendant notre descente, que ferons-nous ?
Euh...
Ce cas n'est pas prévu, je ne crois pas qu'il faille l'envisager.
Vous connaissez l'audace de Bonaparte, s'il avait voulu attaquer...
- ça aurait été aujourd'hui. - Alors, il court à sa perte.
Mais je le crois trop habile pour être imprudent.
C'est sans doute qu'il se retire...
ou qu'il change de position...
et même dans ce cas, les dispositifs de nos armées...
resteront les mêmes.
Je pense, messieurs, que vous avez compris...
que mon plan...
est une simple copie de celui de Bonaparte à Castiglione.
Kobelnitz !
Autour de ce château, vous établirez la 3ème division...
en la renforçant de 2 bataillons de tirailleurs...
avec un détachement de cavalerie du général Margaron.
Sire, la 3ème division n'a que le 3ème de ligne et les chasseurs corses.
Qu'ils se concentrent alors davantage à Tellnitz.
C'est le point le plus rapproché des étangs.
Qu'ils se dissimulent dans les bas-fonds, cachés par les roseaux.
Attention au brouillard pour ne pas tirer les uns sur les autres.
- Tu as entendu, Berthier ? - Oui, Sire.
La 3ème division y attendra mes ordres.
Précisez bien les signaux de reconnaissance, tambours et trompettes.
Surtout, qu'ils ne traversent pas les étangs gelés.
Quoi ?
- Mon piège est-il donc si visible ? - Non, Sire...
mais nous avions compris avec Lannes...
que vous souhaitez attirer les Russes vers ces étangs...
quand vous avez examiné avec votre épée l'épaisseur de la glace.
Votre état-major aura les détails de cette opération avant l'aube.
Vous comprenez, messieurs...
que cette bataille doit marquer la fin du règne de Napoléon.
Et après la victoire...
je vous donne rendez-vous sous les murs de Brünn.
Général, il ne reste qu'une seule force à Bonaparte.
Puis-je vous demander laquelle ?
Le souvenir de ses soldats de leurs victoires républicaines.
La république ?
Ah !
Il l'a tuée à moitié, et ce matin, nous allons faire le reste.
Comptez sur moi, je ne suis ici que pour ça.
Général Koutousov !
Vous n'avez pas entendu Weyrother, vous dormiez.
Non, j'ai entendu.
Mon petit monsieur, apprenez...
que l'ours russe ne dort jamais que d'un œil.
Mais pourquoi voulez-vous que j'intervienne contre un homme...
qui veut imiter l'inimitable ?
Ah, si j'avais les mains libres !
J'ai pu obtenir de mes espions...
ceci.
Qu'est-ce que c'est ?
C'est le code secret des signaux de trompettes des Français.
Hum.
Voulez-vous que je vous dise, Langeron ?
Vraiment, ça ne me plait guère que ce soit un Français qui me dise cela.
Si je pouvais tuer ce tyran, je le ferais.
Tout de même, si j'étais officier français comme vous, Langeron...
et pouvais servir un chef comme lui...
je serais de l'autre côté.
Où est mon ordonnance ? Couché, sans doute ?
Langeron, voulez-vous me donner mon manteau ?
Allez ! Venez !
- Berthier ! - Sire ?
Prenez les ordres pour le général Friant, qu'il s'arrête à Grossfriegen.
Ses troupes y sont déjà.
Friant aurait parcouru les 36 lieues de Vienne à Grossfriegen en 48 h ?
Des soldats épuisés sont restés en route, mais le gros des effectifs est là.
Général Friant, Sire !
C'est magnifique...
de venir sans ordres nous secourir, vous êtes un brave !
- Quel soldat ! Quel chef ! - On vous aime, Sire !
Vous devez avoir sous vos ordres 5 régiments d'infanterie et...
6 de dragons, Sire, ou ce qu'il en reste...
en tout 7 à 8 000 hommes.
Vous vous tiendrez à Grossfriegen.
En réserve, avec Eblé.
Là, prêt à fondre sur Sokolnitz.
C'est à ce défilé que je les attends.
Vous portez une magnifique responsabilité...
vous la méritez !
Davout !
Aidez ce petit de toutes vos divisions.
Il va avoir sur les bras une portion considérable des ennemis.
Comptez sur moi, Sire...
mais à 7 contre 1, nous aurons de la peine à rester vivants.
Rapp !
Avec vos mamelouks et vos chasseurs...
en vous appuyant au besoin sur le maréchal Bessières...
gardez toute initiative pour foncer sur les points compromis.
Attention aux chevaliers-gardes d'Alexandre.
Murat, avec tes 11 000 chevaux, tu dois trouver la brèche...
pour disloquer les 82 escadrons du prince de Lichtenstein.
Tu sais que la cavalerie autrichienne est la meilleure du monde ?
- Majesté ? - Prenez chez Oudinot le grenadier Fills.
Avec Lejeune, ils feront des croquis de moi et de la bataille.
Pour magnétiser les foules, il faut avant tout...
parler à leurs yeux.
Confirmons-nous par les feux de bivouacs de l'ennemi...
que toutes les prévisions sont justes.
- Qui va là ? - Arcole !
Rendez-vous à 6 h ce matin, messieurs !
Les signaux entre mes 6 corps d'armée sont-ils tous réglés ?
Tous, Majesté, dans 3 h, tout fonctionnera.
Trop lents, ces signaux !
Volta devrait s'occuper de ça avec son électricité.
Chappe, passez mes ordres à l'aube.
Berthier, doublez-les par estafette, en code.
Daumesnil ! Ivan !
A cheval, messieurs !
Caffarelli ! Oudinot ! Morlan ! Rapp !
- On ne se rapproche pas de Pratzen ? - Hélas, si, Majesté !
Vous êtes en grave danger.
Le général Langeron a placé ses avant-postes de cosaques aux abords.
Je n'aime pas les conseils, Daumesnil, excusez-moi.
- Général ! - Oui !
Napoléon est là, tout près, en personne !
Foncez sur ce groupe et prenez l'Empereur mort ou vif !
Allez !
Allez, prenez-le !
Allez !
Désembourbez les chevaux, je rentre au bivouac.
- Sire, vous allez vous égarer ! - Mais non !
Hé !
Sacré bougre d'idiot, tu peux pas regarder où tu mets les pieds ?
Oh, merde !
Pardon, Général ! Majesté !
- Je dormais. - Alboise, de Pontoise !
Pardon, de Seine-et-Oise !
Tu es sergent et tu grognes toujours ?
- Y'a pas des coups de pied au... - Chut !
- Alboise, de Seine-et-Oise ? - Non, de Pontoise !
Vive l'Empereur ! Vive l'Empereur !
Vive l'Empereur ! Vive l'Empereur !
Vive l'Empereur ! Vive l'Empereur !
Vive l'Empereur ! Vive l'Empereur !
Vive l'Empereur ! Vive l'Empereur !
Majesté, l'ennemi brûle ses campements ! Regardez !
Qui va là ? Qui va là ?
Vive l'Empereur ! Vive l'Empereur !
Par ici ! Par ici !
Sire !
Sire, nous vous cherchions partout.
Ça ne vous contrarie pas, Majesté, que tous ces feux...
- découvrent ainsi vos positions ? - Non.
Ils vont croire que nous brûlons nos campements pour couvrir la retraite.
Vive l'Empereur !
Rapp !
C'est la plus belle soirée de ma vie.
Je m'inquiète.
Comédie, Majesté !
Il veut nous effrayer par sa proclamation de matamore.
- Vous ne croyez pas au plan qu'il annonce ? - Non, il n'est pas si naïf.
- Oui, mais ces milliers de feux ? - C'est pour masquer sa retraite.
Ils sont prêts à partir.
Et ils brûlent leurs campements, comme je l'avais prévu.
Puis-je savoir ?
C'est l'ordre à Koutousov de commencer sa descente du plateau.
Mais sa concentration commence à peine.
Je veux que ses hommes descendent dès qu'ils arrivent.
Nous allons leur couper la route !
Et...
le brouillard nous aide.
Alors, je vous promets, Majesté, de capturer toute l'armée !
Merveilleux, François !
Regardez l'étoile !
C'est l'étoile qu'on avait vue à Marengo et à Rivoli !
Le Ciel me parle !
C'est la victoire...
Pontois !
Les maréchaux ici à 6 h du matin.
Suivant les mouvements de l'ennemi pendant la nuit...
je donnerai mes derniers ordres.
- Réveille-moi dans 1 h. - Bien, Sire !
Regardez, le brouillard s'épaissit dans la vallée.
C'est un véritable don du ciel.
Il favorise notre mouvement de flanc.
Les Français sont perdus, cette fois.
Allez ! C'est le moment !
Départ général !
Halte !
Et l'ordre du général Weyrother ?
Qui commande l'aile droite, lui, ou moi ?
Je m'y refuse !
Langeron et Przybyszewski n'ont pas reçu les ordres.
Tout le monde commande !
Il n'y a aucune liaison.
Ces 2 jeunes gens n'en finissent pas...
de se polir les ongles et de se contredire.
Nous perdrons la bataille...
si je ne brise pas leur centre.
De plus, si vous descendez...
une terrible confusion s'ensuivra.
Nous resterons sur le plateau...
et nous les sauverons.
Je vous remercie.
Leurs Majestés ordonnent de commencer la descente.
Bien ! J'y vais.
Puisque c'est un ordre.
Ils ne savent pas ce qu'ils font.
Préparons la descente !
Lannes !
- Il n'est pas là ? - Le voici.
- Quel froid ! - Un brouillard terrible, ce matin.
- Et l'Empereur ? - Il dort encore.
C'est l'heure, je vais le réveiller.
Sire !
Sire !
Je vous apporte les derniers rapports de la nuit.
Sire, je suis déshonoré !
Tous vos chefs de corps sont là.
Maintenant, messieurs...
nous allons commencer une grande journée.
Fills !
Qu'elle reste à jamais fixée dans tes dessins.
Les images gagnent aussi des victoires...
à leur manière.
Tout ce que j'ai prévu se déroule.
L'ennemi se jette en masse sur notre droite.
Quelle faute !
Ils sont les plus nombreux, ils auraient pu m'attaquer...
mais ils veulent me couper la route de Vienne pour capturer toute l'armée.
Je ne change rien à mes dispositifs.
Je veux confondre leur orgueil...
et terminer cette guerre par un coup de foudre !
Il faut que dans 1/2 h, la ligne entière soit en toute en feu...
et qu'à 16 h, les armées ennemies soient détruites !
Allez, messieurs, je vous regarde !
Vive l'Empereur !
- Quelle heure ? - 7 h, Sire.
Regardez, Sire, le plateau de Pratzen se dégarnit...
et vos ennemis descendent sur les nappes de brouillard...
où se cachent vos troupes. C'est le moment !
Quand l'ennemi fait une erreur, il ne faut pas l'interrompre.
Combien vous faut-il de temps pour occuper Pratzen ?
- 20 mn. - Soult...
prépare-toi au plus beau travail de ta vie, mais reviens !
Je veux que tu ne partes que sur mon ordre !
Vive l'Empereur !
Présentez... armes !
Présentez... armes !
Soldats !
Il faut finir cette campagne...
par un coup de tonnerre !
Sire, des bruits de chevaux sont sensibles sur la droite...
venant des étangs.
Ce sont les premières colonnes russes qui se suicident !
Avant ce soir, cette armée est à moi !
Note ça, Ségur !
Chappe ! Voit-on vos signaux à 800 m ?
Oui, Majesté !
Passez au Santon...
que Claparède ouvre le feu à la mitraille de ses 18 canons...
- dans 1 mn ! - Oui, Majesté !
Sire, voyez les 2 divisions de Lannes qui s'ébranlent !
Là-bas ! La division Suchet est sur les contreforts !
Ici, Caffarelli...
protégé par la cavalerie de Kellermann.
Et au loin, là-bas, cette masse énorme, c'est l'ennemi !
Les 82 escadrons austro-russes !
Une bataille de titans se prépare !
C'est si beau, c'est si grand !
Je vis auprès de vous de telles minutes...
que je voudrais trouver le titre de mon chapitre de ce 2 décembre.
Le voici le titre, mon petit :
le soleil d'Austerlitz.
Sacré Bon Dieu, on va pas rester plantés ici comme des mannequins !
Pour qu'il gagne la bataille seulement avec ses yeux.
Ils voulait le plateau de Pratzen comme dessert...
offrons-lui en hors d'œuvre !
A l'assaut !
La musique au milieu du bataillon !
On va leur percer le flanc !
En avant la musique !
On va leur percer le flanc, rantan plan tirelire au flanc.
On va leur percer le flanc, rantan plan tirelire au flanc.
On va leur percer le flanc, rantan plan tirelire au flanc.
Ah, ce qu'on va rire ! Ah, ce qu'on va rire !
On va leur percer le flanc, rantan plan tirelire au flanc.
On va leur percer le flanc, rantan plan tirelire au flanc.
On va leur percer le flanc, rantan plan tirelire au flanc.
On va leur percer le flanc, rantan plan tirelire au flanc.
Ah, ce qu'on va rire ! Ah, ce qu'on va rire !
On va leur percer le flanc, rantan plan tirelire au flanc.
Sire !
Une escouade de la Vieille Garde vient d'attaquer sans ordres.
Nom de Dieu ! Cours les arrêter, ils vont se faire tuer !
Ces grognards n'ont aucun sens du ridicule.
- Maréchal Berthier. - Pour mourir pour moi ?
Non ?
Alboise !
Pontoise, Seine-et-Oise !
Elle est partie !
Comme ça, il pourra plus me la tirer !
Halte ! En position de combat !
Halte !
Des Français sont à 100 pas.
Dites-moi...
- vous ne voyez rien bouger, là-bas ? - Si, Mon Capitaine.
C'est peut-être le 108ème de ligne...
qui bivouaque dans ces marécages, qui nous cherche.
Dès notre retour ici, pilonnez ce marécage.
Trompettes !
Déchiffre-moi ça !
Allez, jouez !
C'est le 108ème. Répondez !
Armes à la bretelle ! Rien à craindre, mes petits !
Marche !
A la charge ! Croisez les baïonnettes !
Mon Capitaine ! Mon Capitaine !
En avant !
Chargez !
Rassemblement !
Rassemblement !
- Qu'avez-vous fait ? - La moitié de la compagnie est tombée !
Mettons-nous à l'abri à Sokolnitz !
- Rassemblement ! Rassemblement ! - Sauve qui peut !
Sauve qui peut !
Le 108ème va colporter la panique.
Profitons-en pour prendre le village !
Ils attaquent Sokolnitz !
Comme prévu par Napoléon, les troupes russes abandonnent...
le plateau de Pratzen et avancent sur le flanc droit des Français.
Feu !
- A vos ordres, Mon Général ! - Sonnez la retraite !
Restez ici avec le 14ème. Je le couvre avec mon escadron.
Préparez la retraite et faites front de tous côtés !
En silence !
A partir de 8 h 30, Langeron et Dokhtourov attaquent...
les villages de Telnitz et Sokolnitz et s'en emparent.
L’aile droite française se retrouve vite en fortes difficultés...
les Austro-Russes présentant dans ce secteur...
une supériorité numérique de 5 contre 1.
Murat !
- Si Sokolnitz tombe, notre droite est foutue ! - Laisse-le faire !
- Fonce sur Bagration ! - J'y vais !
Majesté !
Le traître Langeron a pris Sokolnitz...
ce qui a permis à Kienmayer de prendre Telnitz.
Friant arrive, question de minutes.
En attendant, notre ligne est enfoncée par le corps de Dokhtourov...
qui vient de rejoindre Kienmayer !
Przybyszewski enveloppe déjà votre droite pour la rompre !
Rien de grave.
Ils appliquent leur plan, je n'ai pas commencé le mien. Berthier !
Que Davout opère un fléchissement de nos lignes...
jusqu'aux étangs de Sokolnitz, en attendant l'arrivée de Friant.
Doublez en Chappe.
- Mais votre droite va craquer ! - Non ! Fléchir n'est pas rompre !
Que Friant fasse sa jonction avec le 3ème de ligne...
- et se batte jusqu'au dernier homme. - Mais, Sire !
Friant n'a plus que 10 000 hommes exténués...
contre 50 000 hommes ! C'est impossible !
Comment parler d'effectifs avec Friant, je lui demande juste de tenir...
jusqu'au renfort de Davout et des 6 régiments du général Bourcier.
Allez, monsieur, partez d'ici !
Vous êtes malheureux comme une huitre !
Eblé !
- Est-ce l'heure, Sire ? - Non !
J'attends que Murat et Lannes soulagent ma gauche.
Le prince Bagration est dangereux, je ne crains que lui et Koutousov.
Le prince géorgien Bagration tient le nord du dispositif austro-russe...
face à Lannes et Murat.
- J'y vais ! - Non, pas encore !
Pourvu que Lannes...
- Murat ! - Oui !
L'Empereur m'envoie vers toi ! A ton tour, Murat !
Avec tes 11 000 chevaux, franchis la route d'Olmutz...
pour amener Bagration tambour battant jusqu'à Austerlitz.
Couper les lignes russes, pour l'instant, en avant !
Nansouty ! Cattaneo !
Nous sommes joués !
Il faut empêcher les Français de s'emparer du plateau !
Le quart d'heure est passé, Sire !
Soult !
N'oubliez pas que de la possession de Pratzen dépend le sort de la bataille.
Regardez, Général, les Français arrivent !
Ne vous semble-t-il pas, Majesté, que vos plans soient compromis...
et qu'en obligeant Koutousov à faire descendre ses colonnes...
vous avez prématurément dégarni le plateau.
Ne vous alarmez donc pas, Majesté...
avant 1 h, ils seront coupés de leur droite et prisonniers.
Dokhtourov et Langeron les auront tournés.
Arrêtez la descente...
et avisez Lichtenstein...
qu'il me sorte de ce guêpier !
Officiers, suivez-moi !
Koutousov peut reculer avant, mais jamais pendant la bataille !
Napoléon n'envoie donc pas ses renforts sur la droite ?
Ça venait de 3 côtés !
Que fait donc Buxhöwden avec ses 50 000 hommes immobiles ?
Je quitte le plateau avec Leurs Majestés, ça brûle, ici !
Vous n'êtes pas au carnaval, poltron !
Général, Soult est sur le plateau !
Quoi ? Mon Dieu ! Mon Dieu !
Nous allons être coupés de Dokhtourov !
Que l'infanterie autrichienne vienne à notre secours !
Préparez-vous à tirer !
Soudain, la pression ennemie sur la droite française fléchit.
L'Empereur vient d'attaquer et va briser le centre austro-russe.
En quelques heures, le désastre sera consommé.
Les 2 divisions d'infanterie française Vandamme et Saint-Hilaire...
pré-positionnées depuis 6 h du matin, ont attaqué le plateau de Pratzen...
dans le sens ouest-est, surprenant de flanc les colonnes russes...
descendant dans le sens nord-sud.
L'action est brève mais d'une extrême violence.
Les Austro-Russes se débandent, et la prise de Pratzen par les Français...
ouvre une large brèche dans leur centre.
A 9 h, le plateau est nettoyé, et Soult y installe ses canons.
Vers 11 h, Koutousov contre-attaque avec 10 escadrons de cavalerie lourde.
La situation devient rapidement difficile pour les Français.
Mais Rapp et Bessières, avec 375 chasseurs à cheval de la Garde...
48 mamelouks et 706 grenadiers à cheval de la Garde...
chargent les Russes au cri de...
« Faisons pleurer les dames de Saint-Pétersbourg ».
Les chevaliers de la Garde de Constantin...
jeunes nobles russes peu expérimentés...
sont taillés en pièces par des cavaliers français bien plus aguerris...
et leur chef, le colonel Repnine, est capturé.
Napoléon est désormais en possession du plateau de Pratzen...
et le carnage de l'armée austro-russe va commencer.
Nous voici enfin sur le plateau de Pratzen !
Merci, Soult ! Vous êtes le premier manœuvrier d'Europe !
La Garde Impériale russe et le gros de l'armée autrichienne sont anéantis.
Quelles nouvelles sur ma droite ?
- Sire, Friant et Davout vont succomber ! - J'arrive !
Soult, et tout son corps d'armée...
Oudinot et ses 10 bataillons...
40 canons et moi-même, descendons immédiatement vers les étangs.
Bernadotte, restez ici à Pratzen, tirez à boulets rouges sur les ennemis...
- dès qu'ils seront sur les étangs glacés. - Bien, Sire !
A partir de 15 h 30, 20 000 Russes fuient en désordre...
espérant échapper à l’encerclement en traversant...
les marais et les étangs gelés.
Langeron, j'attendais le succès de votre colonne et de celle de Przybyszewski.
Que pouvais-je faire de plus ?
Nous sommes à peu près perdus et vous immobilisez 29 bataillons !
Vous voyez partout des ennemis.
Et vous, vous êtes dans un état qui vous permet d'en voir nulle part !
- Je vous interdit ! - Vous êtes ivre !
Fuyez vers les étangs !
Les Russes en déroute abordent les étangs gelés.
L'artillerie française canonne la glace.
2 000 Russes sortent transis et sont faits prisonniers...
les autres s'engloutissent sans qu'on ait jamais pu faire...
un décompte exact des morts.
J'avais déjà vu des batailles perdues...
mais jamais imaginé une aussi affreuse défaite.
Sire, l'ennemi est défait !
Messieurs, la bataille est gagnée, en 5 h, nous avons vaincu l'Europe !
La Garde Impériale russe est écrasée, la cavalerie autrichienne fuit...
et la colonne de Kollowrath est anéantie dans les étangs.
Vous tous, et mes soldats...
avez surpassé mon attente.
Je suis fier de vous !
Qu'on prépare un décret.
L'état adopte tous les enfants des Français tués à Austerlitz.
6 000 francs de pension aux veuves.
Ouais ! L'autre !
- Tu m'as désobéi. - Hein ?
- Tu m'as désobéi. - Oui.
Et si on l'enterre, ma 2ème oreille écoutera les morts...
ce qu'ils vont raconter là-dessous.
Tous ceux qui criaient comme ce matin "Vive l'Empereur !".
Peut-être que ça sera pas beau à entendre...
leurs réflexions.
Quels sont ces cris ?
Les Russes qu'on ne peut secourir dans les lacs.
Sire, que faire avec ces milliers de blessés ?
Nos ambulances débordent !
Allumez des feux pour eux en attendant du secours.
C'est horrible !
Enlevez les manteaux des morts pour couvrir les blessés !
Quel silence !
Qu'ici au moins, on entende les gémissements de ceux qu'on peut sauver.
Honte à toi ! Honte à toi !
Je l'ai vu !
- Il m'a parlé. - Oh !
Alors ?
Il voulait me tirer l'autre oreille !
Et je vais vous dire une bonne chose, à vous tous.
Quand il va rappliquer, vous allez tous vous lever...
et gueuler comme des sourds "Vive l'Empereur ! Vive l'Empereur !".
Vive l'Empereur !
Victoire inouïe, Majesté !
Les 2 empereurs abandonnés par leurs troupes fuient vers la Hongrie !
Sire, le général Friant !
Sire !
Je vous apporte les 45 drapeaux pris à l'ennemi...
pour l'anniversaire de votre couronnement.
Regardez, Sire, ces feux de joie, et l'enthousiasme de vos soldats.
Majesté, si vous donniez l'ordre de jouer la Marseillaise ?
- Il y a bientôt 3 ans. - Ce soir, oui.
Elle est de circonstance.
Vive l'Empereur ! Vive l'Empereur !
Les états, Berthier.
Nous n'avons eu que 2 000 soldats hors de combat.
L'ennemi laisse 15 000 tués, 30 000 prisonniers...
et 186 canons qui partent pour la France, là-bas.
- Jamais le monde ne connut telle victoire. - Libérez les prisonniers.
Je ne veux voir devant moi que des hommes libres.
On construira un pont à Paris qui portera le nom d'Austerlitz.
Et 2 arcs de triomphe.
L'un à la place du Carrousel...
l'autre en haut des Champs-Elysées.
On fondra ces canons pour ériger une colonne de bronze.
- Où, Sire ? - Place Vendôme.
Soldats !
Vous avez, à la journée d'Austerlitz...
décoré vos aigles d'une gloire immortelle !
Une armée de 100 000 hommes, commandée par 2 empereurs...
a été en moins de 5 h, dispersée ou noyée dans les lacs.
Mon peuple vous reverra avec joie...
et il vous suffira de dire :
"J'étais à la bataille d'Austerlitz"...
pour que l'on vous réponde :
" Voilà un brave !".
Le soir du 3 décembre, Napoléon reçut un émissaire...
de l'empereur d'Autriche François II, le prince de Lichtenstein.
Napoléon et François II se rencontrèrent le lendemain pour convenir d'un armistice.
Le 26 décembre, l'Autriche signa le traité de Presbourg.
Elle y perdait Venise, qui était son seul port...
ainsi que ses territoires allemands...
ce qui conduira à la dissolution du Saint-Empire romain germanique...
et à la création de la Confédération du Rhin, sous influence française.
L'autriche dut en outre payer une indemnité de 40 millions de florins.
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