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||LOLOTE||
Va-t'en, Jack.
N'aie pas peur.
Tu as peur de Jack?
Parle-nous de la France.
Il y a du boulot?
Alors, tu ne pries pas?
Non, je ne prie pas.
Tu ne sais pas prier?
Je ne sais pas.
Je les ai pay�s la derni�re fois.
J'ai pris deux caisses, j'ai pay� et je suis parti.
C'est � toi que j'ai r�gl�.
Tu crois que je suis l� pour voler les gens?
C'est donc moi le voleur?
Tu prends ta bi�re je ne sais o�,
� Tataouine-les-Bains, et tu la bois avec tes copains.
Mais ton cr�dit est toujours l�.
J'ai pay� cinq mille dinars � ce Monsieur.
J'ai pris deux caisses de bi�re
et j'ai pay�.
Paye, sinon tu ne seras pas servi.
Comment �a, je ne serai pas servi?
Je suis ton client. Je viens toujours cheztoi.
Comment peux-tu me dire cela?
Une seconde.
Laisse-moi.
J'ai pay� la derni�re fois.
Tu veux que je paie encore?
Qu'est-ce que c'est que cesfa�ons?
Qu'est-ce qui se passe? Malek n'a pas voulu ouvrir!
Tu nous laisses plant�s l�!
Tu te rends compte? II ne nous laisse pas entrer!
Donne-leur deux palettes de bi�re.
Y a pas de souci, les gars.
Vilens.
R�fl�chis bien.
Il faut que tu retournes chezton mari.
Tu le laisses seul et tu viens ici.
Mon fils ch�ri...
Comment t'es venue, toi?
C'est vrai, comment?
O� est ton mari?
Retourne chez lui ou je t'�trangle.
Voil� ce que j'en dis.
Ne viens pas ici avec ces id�es.
Je ne le supporte pas. Reste cheztoi, d�brouille-toi.
Il ne faut pas qu'elle nous humilie.
Elle n'a pas honte!
Tu seras la ris�e de tous.
Tu ne veux pas r�fl�chir?
Alors?
Ne sois pas folle. Retourne cheztoi, chezton homme!
Pour ton fils!
Prends ton fils et va-t'en!
Va-t'en.
Une vraie t�te de mule.
Elle casse tout!
Tout!
Doucement!
- Tu entends? - Mais pourquoi?
Doucement!
Du calme.
Elle veut faire la vaisselle, mais elle ne sait pas.
- Elle ne sait rien. -Absolument rien.
Rien de rien.
Elle nous casse la t�te.
Laissezfaire Kamel la France.
C'est notre tradition, c'est laZerda.
Tu ne peux pas manger avec les femmes.
- C'est un p�ch�. - C'est interdit.
Tu manges avec les hommes.
Tu ne vas pas manger avec elles...
Eh, gamine, ne marche pas sur la tombe!
Dieu de I'Univers, exauce nos voeux et nos souhaits.
Amen.
-Aide-nous �faire le bien. -Amen.
- Prends-nous sous ton aile. -Amen.
Seigneur, �pargne-nous les �preuves.
S'il te pla�t, ne reste pas l�.
Y a quelque chose.
Ceci.
Deux cents dinars.
En I'honneur de Kamel la France.
Et en I'honneur de toute I'Alg�rie.
Cafetier!
Une limonade.
Un Vichy.
Un soda.
C'est quoi �a?
C'est quoi �a?
C'est quoi, dites?
C'est quoi ce jeu de dominos?
Qu'est-ce que �a veut dire?
Que faites-vous?
Tout �a, c'est bien sale!
Ecoute, nous sommes tous musulmans.
Nous ne sommes pas des ren�gats.
Chacun sa vie!
- Tra�tre! - Vous �tes des gamins.
Harkis!
Qu'est-ce qui te prend?
Un peu de respect, tu n'es qu'un gamin!
- Que se passe-t-il? - On se calme.
D'o� sortent-ils, ceux-l�?
Ils cassent tout. Ils nous emp�chent de jouer...
Il faut r�agir! lls ne nous laissent rien faire.
On ne peut plus fumer, on ne peut plus jouer...
Joue, fume, on en fait notre affaire.
D�s ce soir, on se r�unit.
Il faut mettre les points sur les i. Termin�.
Venez, on va se mettre par l�.
Partons. Il faut faire quelque chose.
C'est bon, Abbas, on le conna�t.
Passe.
T'es un pote d'Abbas? Passe. Aucun probl�me.
L�che-moi, mon fr�re.
L�chez-moi.
Qu'est-ce que j'ai fait?
O mon fr�re!
Sortez-le de l�.
Je le jure, je ne recommencerai plus.
Tu pleures!
Je ne pleure pas, je suis un homme.
Pourquoi tu fais �a?
-Attachez-le. Attachez-le! - Non, pas �a!
Baisse le ton! Tu sais � qui tu parles?
Tu sais ou non?
- Tu me connais? -Je ne le ferai plus.
- Redresse-le. - Mets tes mains derri�re le dos.
Tes mains derri�re le dos!
- On I'�gorge? - L�che-le.
On n'a pas fini, il y a ses copains.
Qu'on en fasse un exemple.
Un exemple pour les autres.
Tu recommences ou pas, Bouzid?
Retire ton poignard, je te dis.
Tu vis dans le p�ch�.
Ob�is-moi.
Je te dis de m'ob�ir!
Apportez-moi la scie.
- Ligotez-le. - La scie, pas le couteau.
Comment veux-tu mourir? Par balles?
- Comment? - Mon fr�re...
Laisse-le, on n'a pas fini.
Qu'est-ce que tu as � dire encore?
Il n'y a de dieu que Dieu...
Ne prie pas!
Et Mohammed est son proph�te.
Tu es saoul et tu pries!
Qu'est-ce qu'on va faire de lui?
Je ne recommencerai plus.
On va vous tuer tous, toi et tes copains.
Tu allais o�, avec tout cet alcool?
Des munitions, Abbas, Rachid et Ch�rif en ont.
Ils s'en prendront � tout le village.
�a peut �tre toi, mon fr�re,
ton oncle, ton grand-p�re... N'importe qui.
- lls violeront nos maisons. - II faut les en emp�cher.
Gr�ce � Dieu, nous ne sommes pas seuls.
Les jeunes vont nous aider.
Ceux des dominos aussi.
Aujourd'hui c'�tait Bouzid, Demain ce sera Mouloud, Rachid...
On est tous menac�s.
Ils ne sont m�me pas barbus, ils sont tout jeunes.
- Tout jeunes, oui. - Des hors-la-loi, c'est clair.
Avec hache et faucille.
- lls sont jeunes, vraiment? - Tr�s jeunes, m�me.
Que celui qui trouve des armes
chez son fr�re, son grand-p�re, son oncle, les am�ne.
- II le faut. - Tout le bled est concern�.
Que chacun apporte I'arme qu'il a chez lui.
On va pouvoir s'en sortir.
Bouzid est avec nous et par la gr�ce de Dieu,
nous en viendrons � bout.
Des armes, j'en ai.
Pour les munitions, je me d�brouillerai.
Et les haches... Qui a une hache?
J'en ai une, italienne...
Elle est impressionnante. Pas besoin de frapper deux fois.
Un seul coup suffit.
D'accord, Bouzid?
- Les choses sont claires. - T'inqui�te pas, Bouzid.
Nous sommes avec toi.
Je te jure...
Nous les aurons.
- Parole d'honneur. - Parole d'hommes.
Ah, Ahmed...
Comment vas-tu?
Je monte avec toi.
Que font les Am�ricains en lrak?
Ils ont d�truit ce pays. Ils massacrent nos fr�res.
Je dis bien lesAm�ricains.
C'est pour �a que nous voulons d�fendre notre pays.
Pour �viter les Am�ricains.
Tout le monde, les gars du bled.
Vrai ou pas?
Qui n'est pas l�?
Moi, je travaille.
Donne-moi une chique.
Tu chiques?
Comme �a?
Tu vas t'�vanouir.
�a ne me fait pas d'effet.
Je suis un homme!
Et toi, t'en prends pas?
Ah si, �a monte...
Par l�, un peu...
Ahmed est arriv�. Pr�parons le d�ner.
Pr�pare ta valise.
Retourne � ta maison et � ton mari.
Je ne veux pas que tu reviennes ici.
Ta place est au sein de ta famille.
Crois-moi, il t'aime. Il t'aime.
Tais-toi. Tu nous couvres de honte.
La honte! Tais-toi!
Tu es une honte pour nous!
Donne-moi une feuille � rouler.
Qu'est-ce qu'il fait, Bouzid?
O� est-ce qu'il est?
Alors, Bouzid, qu'est-ce qui t'arrive?
Tout est normal.
Il dit toujours �a.
Tout est normal.
Tiens, prends ton arme.
Du calme, Bouzid. Sois patient.
Tu sembles inquiet.
Tout va bien. Pas de probl�me.
Non, Kamel, ce n'est pas comme �a.
Il ne sait pas. Demain, on va I'�duquer.
On va bien le prendre en main.
Ne t'inqui�te pas.
On voit bien � son visage qu'il sort de prison.
Il volait, avant.
C'est un grand bandit!
La France, c'est fini.
Il repartira, vous verrez.
Pourvu qu'il s'en aille.
On ne veut pas de ce bandit.
Il vaut mieux qu'on en soit d�barrass�.
Lui, il a �t� en prison, il a �t� expuls�,
et nous on n'a pas fini la partie.
Compte.
Compte, au lieu de dormir.
On va gagner. Ils sont coinc�s de partout.
Elle est folle. Viens, on se casse.
Elle boit du gaz.
Au nom de Dieu, le Mis�ricordieux...
Que le Dieu de I'Univers nous prot�ge
Du mal profond, s'il s'enracine
Du mal diffus, s'il contamine
De tout jaloux, s'il nous jalouse...
Mon Dieu acc�de � ma demande, Mon Dieu exauce-moi
Il n'y a de force et de puissance qu'en Dieu, le Tr�s Haut...
Qu'as-tu? II faut que tu sois patiente.
Crois-moi, ton mari viendra, avec ton fils,
si Dieu le veut, te rendre visite.
La patience est n�cessaire. On n'aborde pas la vie comme �a.
Tu risques de tomber vraiment malade.
Avec le temps, �a devient psychologique.
Tout cela te fragilise et cr�e en toi un choc.
Il est imp�ratif pour toi
que tu ne restes pas dans cet �tat. Tu n'as rien.
Croyez-moi, elle n'a rien. Je I'ai bien senti.
Je n'ai rien vu.
Au nom de Dieu...
Que vous a dit le Taleb?
Qu'est-ce qu'il a dit?
Il faut I'emmener � la mosqu�e,
et lui faire faire sept tours.
Ensuite, elle doit aller � la mer.
Et l�, il faut que sept vagues
lui fouettent le visage.
Alors, elle gu�rira.
Il se peut m�me que son mari revienne
et lui rende son enfant.
Et tout ira pour le mieux.
Il ne faut pas qu'elle reste comme �a...
Tu vois, dans cet �tat.
Le Taleb a dit...
rien ne lui manque.
D�gage!
Va-t'en, et vite.
Sors!
Va-t'en!
Va-t'en d'ici!
Va chanter loin d'ici. Allez, file!
Ne chante pas chez nous.
Son p�re I'a pris. Ils sont partis.
Ne reviens plus ici.
Va te faire voir!
Folle!
Folle!
T'es folle ou quoi?
Tu veux mourir?
Elle est folle. Il faut I'hospitaliser.
Elle veut mourir. On va I'emmener � I'h�pital psychiatrique.
L�ve-la.
Donne-moi un bisou!
Ecoute, nous sommes...
Nous sommes comme ce lit.
Tu le mets o� tu veux.
Si nos parents avaient �t� bons, on ne serait pas comme �a.
Tout �a c'est la mis�re.
Son mari I'a d�truite. Parce qu'il la frappe.
Voici notre psychologue. Je veux �tre comme elle.
Moi aussi, je voudrais �tre psychologue.
Les autres crient, travaillent...
Elle, elle est toujours disponible.
- Elles m'aiment bien. - Elle est brave.
En v�rit�, c'est eux les fous.
Lesfous sont dehors, lesfous sont dehors.
Mon fianc� viendra me chercher.
Esp�rons, Inch'Allah.
Merci. Vous �tes des lions, vous �tes des fauves.
Demande-lui quand on sort.
On va avec eux?
Oui, je vous I'ai dit.
Mais les autres sont d�j� partis.
- lls vont organiser une f�te. - Une f�te!
Vive I'Alg�rie!
La France, on t'aime. L 'Alg�rie, on t'aime.
Chinoises, Allemandes, Am�ricaines!
Tu I'aimes beaucoup...
Tu veux chiquer, pour enlever un peu de ce "d�go�tage"?
Il faut un passeport?
Un passeport et un visa.
Il faut de I'argent.
C'est pas un probl�me.
Alors, tu pourras passer.
Je vais devenir fou sije reste.
Tu dois repartir.
Nous avons un ami passeur.
Le probl�me, c'est la Tunisie.
D'autres probl�mes t'y attendent.
||LOLOTE||
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