All language subtitles for Sagan (Diane Kurys, 2008) FRA

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Original subtitles

Bonjour! J'aimerais rencontrer Madame Sagan. Je suis journaliste.

Elle habite plus ici.

Ah vous allez pas me faire croire � �a!

- Croyez � ce que vous voulez! - Attendez!

Je peux faire une petite photo de vous au moins?

- On pourra se mettre � l'int�rieur l�, ce sera plus joli avec vous et... - Non-non, vous rentrez pas.

- Qui �tait-ce? - Un journaliste.

N'arr�teront donc jamais?

Madame Astrid m'a fait enlever votre nom sur la bo�te aux lettres.

Comme �a ils sonneront plus chez vous � tous bouts de champs.

Chez moi? Chez elle, vous voulez dire?

Elle serait pas contente hein, si elle vous entendait.

Je vous pr�pare un th�? Ou vous pr�f�rez un coca?

Ou une glace, vous voulez un glace?

Vous voulez �crire un peu? Je vais vous trouver des feuilles, les bleues que vous aimez bien.

Bon allez, je reviens. Restez pas dans le courant d'air.

Ce qu'on redoute le plus en secret finit toujours par arriver.

Vivre sans amour.

Filer vers la mort sans une main pour vous retenir.

Sans un autre coeur pour battre � l'unisson du v�tre.

C'est �a le pire.

Mourir, oui. Mais mourir contre l'�paule de quelqu'un.

C'est pour �a qu'on aime.

Pour �chapper � la solitude.

En avoir conscience - voil� la vraie tristesse.

Sur ce sentiment inconnu, dans l'ennui, la douceur m'obc�de...

... j'h�site � apposer le nom...

... le beau nom grave de tristesse.

C'est vous qui avez �crit �a Mademoiselle... ?

Mademoiselle comment d�j�?

Quoirez. Fran�oise Quoirez.

Ce titre, "Bonjour tristesse", �a vient d'o�?

Ou bien, c'est un po�me de Paul Eluard:

"Bonjour tristesse, tu es inscrite dans les lignes du plafond,

"tu es inscrite dans les yeux que j'aime."

Et... vous �crivez depuis longtemps?

Ou bien, j'ai toujours eu envie d'�crire, comme tout le monde.

Mais en fait, j'ai menti.

J'avais fait croire � mes amis que j'�crivais un roman et...

...� force, j'�tais oblig�e de le faire.

Et alors?

Bien, je l'ai donn� � lire � ma meilleure amie.

Elle a dit: "C'est bon, tu peux y aller."

C'est Florence Malraux.

Oh, si c'est Florence Malraux alors...

Et donc vous vous �tes dit: "Je vais le d�poser chez Julliard."

Ou bien non, avant je suis pass�e le d�poser chez Plon.

Si je comprends bien, je n'ai pas int�r�t � tra�ner alors.

Tiens, il est � ton nom.

C'est toi qui dois l'encaisser.

Les �ditions Julliard vont publier mon roman.

Ton roman? Quel roman?

Eh bien, j'ai �crit un roman cet �t� et Ren� Julliard va l'�diter.

Est-ce que tu comprends ce qu'elle raconte?

Je comprends surtout pourquoi elle a rien fichu pour ses examens.

Maman, elle les passera l'ann�e prochaine.

Tu l'as lu toi ce roman?

Oui.

Et alors?

Vous vous ferez votre propre opinion.

Excusez-moi, j'ai �t� retenu.

Julliard prend mon roman!

Ah, j'en �tais s�r!

Rassure-moi, tu n'es pas sortie dans cette tenue!

La boulangerie est � deux pas.

Tu ne veux pas un croissant?

Non-non, on m'attend � l'usine.

O� j'ai mis mes cl�s de voiture moi?

Je vais t'aider � chercher.

Tu l'as lu?

Qu'est-ce qui t'est pass� par la t�te pour �crire une histoire pareille?

Il ne t'a pas plu.

Si-si, tu �cris tr�s bien.

Je n'�cris pas papa, je d�cris.

Justement, les gens vont forc�ment penser que t'as pris des mod�les.

C'est un sujet un petit peu...

Mais le sujet c'est la tristesse.

Ennui de vivre.

Ennui de vivre?

Tu as l'air si gai ma ch�rie!

Tu pr�f�rerais que je prenne un pseudonyme?

Peut-�tre oui.

Messieurs-dames...

Bonjour.

- Voil� Mademoiselle. - Merci, bonne journ�e.

Excusez-moi. Oui, ne quittez pas, je vous prie.

Pardonnez-moi Monsieur, je cherche "Bonjour tristesse" de Fran�oise Sagan.

- Je n'en ai plus du tout. On a �t� d�valis�. - Ah bon?

Je sais pas ce qui se passe avec ce livre, c'est une vraie folie.

Ne cherchez pas, c'est un livre qui veut choquer, c'est pour �a que vous entendez.

Fran�oise, viens, d�p�che-toi!

Y en a plus, ils ont tout vendu!

- Je ne te crois pas, mais c'est incroyable! - Je t'assure!

�a y est, c'est la gloire!

C'est vous qui l'avez �crit?

Personne ne vous a aid�?

Comment vous est venue cette id�e?

"Un Radiguet en jupon, une enfant de Laclos, la nouvelle Gigi."

"Fran�oise Sagan, h�ro�ne d�sabus�e,

"� laquelle le whisky est un grand secours

"pour remplir le vide de l'existence.

"Moi aussi je pourrais payer des jeunes gens pour m'aimer,

"parce que l'amour..." - Vous avez lu la presse?

Ouais, vous avez lu la presse.

- Tu sais ce qu'on fait quand je serai riche? - Quoi?

On ach�tera un Jaguar.

Et on prendra un appartement tous les deux.

D'accord.

Mesdames, Messieurs, le Prix de la Critique est attribu�e � Mademoiselle Fran�oise Sagan!

- Bravo! - C'est une honte! - Il para�t qu'elle n'a pas �crit son livre elle-m�me.

O� est-elle? On pourrait la voir?

- Vous allez la chercher, attendez... - Et pour Gabri�s, combien de voix? - ...elle arrive!

C'est le Prix des Critiques qui a tout d�clench�.

� partir de l�, �a �tait la corrida.

Ce petit livre que j'avais �crit pendant les vacances avait fait de moi un ph�nom�ne de foi.

J'�tais devenue Fran�oise Sagan.

Un charmant petit monstre qui n'aurait jamais d� se mettre � �crire.

Au milieu de ces tourbillons un peu �tourdis,

je me disais: "Tiens, c'est donc �a qu'on appelle la gloire?"

- Mademoiselle Sagan, par ici, s'il vous pla�t, une photo! - Fran�oise!

- Fran�oise! - - Je peux vous demander de la garer? Je suis tr�s en retard!

- Merci beaucoup! - Une photo s'il vous pla�t!

- Mademoiselle Sagan! - Fran�oise! - S'il vous pla�t!

- C'est vraiment scandaleux! - Vous savez qu'elle en a vendu huit mille en quinze jours?

La gloire tombe aussi vite. Dans six mois, on en parlera plus.

La voil�!

- Bravo! - Je vous remercie! - Vraiment! - Merci beaucoup! - F�licitations!

- Merci! - Bravo, Fran�oise, formidable! - Bravo, je suis ravie!

- Merci beaucoup! - J'ai vot� pour vous! - Brava! - Merci beaucoup!

- Bravo, bravo! - Merci! - Bravo! - Merci beaucoup!

Allez, on y va, je n'en peux plus!

Non, attends, il faut que je te pr�sente Bernard Frank!

Bernard Frank? Il est l�?

- Bernard! - Oui! - J'ai ador� son livre.

Bernard Frank, je suis tr�s heureuse de vous pr�senter Fran�oise Sagan.

Pardon, je suis d�sol�e!

Vous vous connaissez?

Oui, je l'ai pris pour voiturier.

Tr�s mauvaise id�e puisque je ne conduis pas.

Si votre bolide est toujours devant l'entr�e, je serai ravi de vous faire accompagner.

- Avec grand plaisir. - Merci.

Vous savez, j'ai lu "La g�ographie universelle" et... bien, j'ai ador�.

Ah oui? Moi pas du tout!

- En tout cas, bravo pour le prix! C'est pas du tout m�rit�, mais bravo!

On dit que les soir�es se suivent et se ressemblent.

Mais certaines restent grav�es dans la m�moire.

M�me si on en a oubli� la date exacte.

Je crois que c'�tait en '55 ou en '56 peut-�tre.

Pour la premi�re de Marie Chantal.

- Pourquoi j'y suis venu? - Arr�te Bernard! Bonsoir Dominique!

�a va Maxime?

- Je me mettrais bien l�-bas, sur la banquette. - Allons-y!

- Ah non-non-non, ici non, je veux pas l�-bas! - Pourquoi?

- Tu es s�r? - Non, c'est trop pr�s de la sc�ne, j'aime pas!

- Si c'est mauvais... - Si c'est mauvais tu dors. - Mais non, je m'en vais.

J'�tais s�r que tu serais l�.

Pourquoi tu m'as menti?

Excusez-moi.

Viens, on sera mieux l�-bas!

"Pourquoi tu m'as menti?"

Il a une bonne t�te de cocu.

Je te demande pardon. C'est vrai que je n'ai pas donn� de nouvelles.

Je n'ai aucune excuse.

- Un whisky s'il vous pla�t! Tu en veux un? - Non.

Oh, vous savez, c'est la premi�re fois qu'on me prend pour un gar�on.

Donc pardonnez-moi mais je suis l'auteur.

Et j'ai demand� � c'qu'on me r�serve cette table pour assister au massacre que j'ai commis.

Pardon, je suis d�sol�e. J'en ai pour une minute, je romps et je vous la rends.

Tu es odieuse.

Bien, vous voyez, c'�tait rapide.

Ah non, restez! Vous avez l'air de ma�triser les situations de crise.

Moi je suis sur le point de faire un four devant tout Paris.

Oh bien vous n'en savez rien.

- Vous savez le probl�me? - On va y aller?

Ah oui, oui, on y va oui!

Je suis au m�tier le plus difficile du monde hein?

Eh bien, moi qui pensais b�tement que c'�tait un travail de la cha�ne...

Les gens qui travaillent � la cha�ne ignorent toutes les angoisses d'un soir de la premi�re.

Alors que vous savez tr�s bien ce que c'est qu'une cha�ne.

Bien s�r.

On m'en a mis un autour du coup d�s l'�ge de trois mois.

Avec un petit J�sus - oh, merveille!

J'ai eu la chance de rencontrer tr�s t�t des amis fid�les qui aimaient la vie autant que moi.

J'ai toujours aim� la f�te.

J'aime l'exc�s.

Mes amis je ne les aime pas parce qu'ils sont noctambules,

mais parce qu'ils sont eux-m�me.

Je n'attends pas d'eux qu'ils soient dr�les.

J'attends d'eux qu'ils soient heureux.

J'attends d'eux qu'ils m'aiment,

qu'ils soient chaleureux

et que la vie soit chaude.

Fran�oise!

Dix mille!

Banco suivi.

Je t'en supplie, dis quelque chose.

Elle va finir par jouer nos costumes.

Le tien ne vaut rien mais le mien...

Fran�oise, Jacques a peur pour son costume.

Eh bien, vous n'avez qu'� rentrer. On est en voiture.

Pas de cartes.

Sept � la banque. La banque gagne.

Dix mille au banco.

Voil�, tu es contente? Tu as suffisamment perdu?

Oh bien je n'ai pas eu de chance, voil� tout.

- Il reste quelque chose pour les croissants? - Non, plus rien.

- Qu'est-ce qu'elle fait?

- Non mais regarde, elle y retourne. Dis quelque chose toi! - J'ai faim!

Bon on t'attend dehors Minou!

- J'arrive tout de suite! - Bonsoir!

Bonsoir.

Les jeux sont faits.

Y'en a plus.

Huit noir

Voil� Madame, merci!

- Faites vos jeux! - Huit!

Y'en a plus.

Huit gagne � la banque.

Les gar�ons! Les gar�ons!

C'est pour les croissants! Huit millions, �a ira?

C'est pas vrai! Y a un bon dieu pour la canaille, hein?

- Qui avait raison? - Moi, sans doute!

Mais � quel sujet?

Deauville vaut largement Saint-Tropez non?

La mer est moins belle mais le casino est toujours ouvert!

Mais dis donc � Saint-Tropez, qu'est-ce que tu vas faire avec huit millions?

L� tu ne peux m�me pas les perdre - y a pas de casino!

Je serais bien rest�e quelques jours de plus. J'adore la Normandie.

Et elle te le rend bien.

- On va dormir un peu avant de partir? - Oh �a m'�tonnerait.

J'ai d�j� d� me battre pour qu'on garde la maison jusqu'� ce matin.

Et le voil� Arpagon, avec sa casquette.

Arpagon? Et apr�s il pr�tend qu'il est pas cultiv�! Tiens, comme �a �a me br�le les mains.

- Fais vite, hein Minou? - Deux minutes.

- Bonjour Monsieur! - Bonjour Madame, bonjour Mademoiselle, pardon.

Vous vous occupez des bagages?

Pour les bagages, vous avez le temps. Il faut d'abord faire l'�tat des lieux.

L'�tat des lieux n'est pas tr�s bon hein?

Mais c'�tait � cause de Sarah Bernhardt non?

Sarah Bernahardt?

- Elle s�journait ici je crois? - Ah oui-oui, au premier �tage.

Dans la chambre bleue. Je vous ai pas racont�? - Non.

- Elle est arriv�e au d�but du sil�cle, elle a commenc� � avoir des probl�mes avec sa jambe... - On y va?

Eh oui, bien entendu, Madame.

Regardez l�! Il manque deux couteaux l�! Alors deux couteaux en moins.

Et vous n'avez jamais pens� � la vendre?

Et l�, trois cuill�res! Trois cuill�res.

La vendre? Mais y a pas que la maison.

Y a la ferme, huit hectars, il faut les moyens. Voil�.

Et vous en voudriez combien?

Oh ben, moi je dirais...

Huit millions. Au mois, au moins!

Tenez! Si vous voulez compter...

Alors l� Minou... est folle!

Nous �tions le 8 ao�t.

Il �tait 8 heures du matin.

J'avais tout mis� sur le huit et gagn� huit millions.

� partir de ce jour, il y aura un endroit sur la terre o� je serai chez moi.

Cette maison d�labr�e que j'avais lou�e pour un �t�, je me jurais de la garder pour la vie.

Je m'y serais volontiers install�e pour l'hiver, mais "Bonjour tristesse" �tait devenu un bestseller

et l'Am�rique voulait voir de plus pr�s l'auteur de ce scandaleux roman.

Apr�s 14 heures d'avion, New York m'appar�t,

belle, �clatante, provoquante.

Une ville de plein air qui sentait l'ozone,

la mer et le goudron frais.

Et qu'est-ce que vous pensez des hommes am�ricains?

Mais laissez-moi le temps, je viens seulement d'arriver.

Merci.

Mettez "Pour Guy" et avec votre d�dicace que j'aime beaucoup.

Vous �tes Fran�ais?

Oui. Je parle un peu anglais.

Vous savez ce que �a signifie "with all my sympathies"?

"Avec toute ma sympathie", pourquoi?

�a veut dire "avec toutes mes condol�ances".

Ah non, vous �tes s�r?

Ah, �a fait une semaine que je signe mes livres comme �a!

Je suis tr�s heureux d'en avoir le dernier exemplaire.

Et davantage encore de faire votre connaissance.

Guy Schoeller.

Enchant�e.

- Vous �tes �diteur non? - Oui on peut dire �a.

Et � part les hommes Am�ricains que vous n'avez pas rencontr�s vous avez eu le temps de voir un peu New York?

Ah non. Juste l'h�tel et l'a�roport.

Qu'est-ce qui vous ferait plaisir?

- Eh bien, j'adorerais aller �couter Billie Holliday. - Je vous y emm�ne si vous voulez. Dites-moi quand.

Tout de suite.

Elle chante � Harlem non?

Ah non-non-non, on lui a interdit de chanter � New-York, elle se droguait en plein concert.

Alors elle passe dans une bo�te de Connecticut.

Eh bien, banco! Votons pour la Connecticut.

- Vous avez une voiture? - Oui. Attention.

Souriez, s'il vous pla�t... Et �a ne fait que commencer!

Et voil�! Merci Messieurs.

Florence?

Je suis tr�s amoureuse.

T'es surtout tr�s saoule.

Justement, la voil�.

- C'est ton p�re. - Papa? - Quelles sont les nouvelles?

J'ai rencontr� des gens formidables!

Et tu sais, il va y avoir un deuxi�me tirage de mon livre.

Il para�t que je vais recevoir 500 millions.

500 millions?

O-la-la, qu'est-ce que je vais faire de tout cet argent?

Eh ben, � ton �ge, le plus raisonnable ce serait de tout d�penser.

Alors d�pense tout et amuse-toi! Profites-en!

- Et je vais... - Papa?

Je t'embrasse ma ch�rie!

Oui moi aussi je t'embrasse mon petit papa!

- Allez, au revoir! - Au revoir!

Qu'est-ce que tu lui as dit?

- Tout va bien, elle est en pleine forme, elle s'amuse beaucoup. - Oui c'est �a.

Tu lui as dit que Bernard Frank avait cherch� � la joindre?

Certainement pas. Si son voyage pouvait lui faire oublier ce cr�tin colle � tarte...

Tu es ravissante!

"Bonjour tristesse" et "Un certain sourire",

"les deux livres que Sagan a publi� jusqu'ici, ne contiennent pas plus de mati�re romanesque

"qu'un paragraphe de Balzac."

Vue en Balzac, je suis plut�t flatt�e.

Dans "Combat" ils ont fait l'inventaire de mes fautes de grammaire.

Oh ils peuvent dire toutes les b�tises qu'ils veulent - nous sommes premiers dans les ventes!

Devant le Goncourt et devant le F�mina.

Et la version am�ricaine a d�j� �t� tir�e � 150 mille exemplaires.

Et c'est tout ce qui compte pour vous?

Non, bien s�r que non.

Mais... il faut savoir compter parfois.

Et d'ailleurs, � ce propos,

Je me m�le peut-�tre de ce qui ne me regarde pas mais...

Vous devriez faire un peu plus attention.

Vous d�pensez des fortunes.

Trente personnes � Saint-Tropez tous les ans,

Et c'est vous qui payez pour tout le monde.

Les gens profitent de vous Fran�oise.

De toute fa�on je n'aime pas l'argent. Non j'aime pas �a.

Mais ne vous inqui�tez pas.

J'ai trouv� quelqu'un pour s'occuper de mes affaires.

Il s'appelle Rothcshild, il devrait s'y conna�tre.

Et puis de toute fa�on, �a commence � me barber de sortir tous les soirs.

Je vais partir travailler � la campagne avec Florence.

Je vous ai parl� de Florence?

Ah, Florence Malraux? Bien s�r, bien s�r.

Mais vous allez travailler sur quoi? Vous avez un nouveau livre?

Bien oui, je ne vous l'ai pas dit?

Et d'ailleurs que j'ai trouv� le titre.

Mais o� tu l'as trouv�? Dans Shakespeare?

Non c'est Racine, c'est de "B�r�nice".

En tout cas moi, je l'adore ce titre.

"Dans un mois, dans un an", c'est ravissant.

Bon Florence?

Ravissant? Mais c'est affreux, c'est ce qu'on dit � une fille laide quand on lui veut vendre une robe qui lui va pas.

�a c'est vrai. Qu'est-ce que tu en as pens�?

Sinc�rement.

J'ai trouv� �a tr�s bien.

Tu vas bient�t pouvoir �crire un vrai livre.

Mais si tu crois que c'�tait facile � �crire avec... notre amoureux de Transil.

Ah cette mauvaise foi! Il y a quinze jours, il �tait tellement chou.

Il est chou mais vraiment pas f�te-f�te.

�a c'est s�r qu'il est pas aussi f�t� que Guy Schoeller.

- Attention! - Il a du bon pinard le propri�taire.

Laisse, je vais le faire!

Tu sais faire la mayonnaise toi maintenant?

Mais aussi bien que toi!

Attention! Si tu t'arr�tes elle va tourner.

�a vous ennuit de mettre la table? �a va les faire arriver.

- Qu'est-ce qu'on mange? - Du chou, je crois. - Du chou?

Bon les couverts dans le buffet?

Attends, je vais t'aider.

J'ai lu ton manuscrit.

Tu n'as pas aim�.

Moi j'ai trouv� magnifique ce livre.

Qu'est-ce qui t'a d�plu?

Je ne te retrouve pas.

Je ne retrouve pas mon charmant petit monstre.

Mais elle ne va tout de m�me pas �crire "Bonjour tristesse" toute sa vie?

C'est vrai, elle a raison.

Te f�che pas Kiki, je ne suis pas public moi.

Public va adorer.

Contre toute attente, je suis plut�t de l'avis de Vold�mar.

Bon qu'est-ce qu'ils fabriquent? Il est deux heures!

Ah c'est peut-�tre eux!

Laisse j'y vais!

All�! Jules? Mais qu'est-ce qui se passe?

O� �a?

Non-non, arr�te de t'excuser, on arrive!

Ils sont perdus, je vais les chercher.

Quelqu'un vient avec moi?

- Allez allons-y! - Non pas toi!

- Enfin Fran�oise, je t'ai dit ce que je pensais, c'est tout. - Justement.

Alors que les choses soient bien claires:

ne compte pas sur moi pour faire partie de ta bande de flatteurs, jamais! Compris?

- Bernard, Flo, on y va? - Oui.

Fran�oise allez! Il pensait pas c'qu'il disait!

Allez, chante avec nous!

Mais je vous �coute, c'est tr�s bien.

Il est �patant ton livre.

Non Florence, tu trouves pas?

- De toute fa�on, moi j'aime tout c'qu'elle fait! - Oui moi aussi!

Je ne sais pas vraiment pourquoi on �crit, ni pour qui.

Je ne suis pas s�re que ce soit pour le public.

Je crois qu'on �crit pour trois ou quatre personnes qu'on aime et qui vous croient forte, alors qu'on est fragile

et qui ne savent pas que d'un mot ils peuvent vous mettre � terre.

Parfois le coup est si rude que tout se fait � flotter.

- Fran�oise, tu vas vite l�! - Fran�oise, attention! Qu'est-ce que tu fais?

- Freine, freine! - Mais arr�te!

Les autres sont indemnes mais pour votre soeur...

ce n'est plus qu'une question d'une minute.

Je suis d�sol�.

Le pr�tre va arriver.

Attendez, je... je voudrais la faire transf�rer � Paris.

S'il vous pla�t, comment faire pour la faire transf�rer � Paris, je veux pas qu'elle reste ici.

Je veux pas que ma soeur meure ici, je vais...

Monsieur, je vous en prie! �a sert � rien de se mettre dans un �tat pareil!

Foutez-moi la paix! Je la ram�ne � Paris!

- Je vous en prie, �a ne sert � rien! - Je veux le t�l�phone!

Elle a repris connaissance.

Mais ils peuvent pas se prononcer avant quelques jours.

Est-ce qu'elle...

- Est-ce qu'elle souffre ou...? - Non, ils lui donnent de la morphine.

Fran�oise.

Fran�oise, vous m'entendez? C'est Guy.

Je sais que vous m'entendez.

Fran�oise, vous allez vous battre.

Vous allez vous accrocher.

Quand vous vous r�veillerez, je serai l�.

Et je vous �pouserai.

Parce que le premier probl�me de l'heure est l'Alg�rie,

le pr�sident de Gaulle a voulu que le premier acte de son gouvernement

soit une visite � Alger.

Alger attendait de Gaulle,

et c'est dans un v�ritale d�lire que le chef du gouvernement...

Vous voulez bien �teindre s'il vous pla�t?

Vous avez encore rien mang�!

Monsieur Schoeller n'a pas appel�?

Non Mademoiselle, toujours pas.

Reposez-vous un peu.

Tout ce que cet accident m'a appris

c'est qu'on est vuln�rable

et que la maladie rend solitaire.

Quand on a tr�s mal, on est toujours seul.

� l'h�pital on m'avait fait prendre un nouveau produit contre la douleur,

le 875,

un d�riv� de la morphine.

Je livrais une bataille absurde et quotidienne contre lui.

Cette drogue qu'on me donnait pour m'aider � survivre

allait m'enfermer dans la d�pendance pour des ann�es

et m'intoxiquer pour ma vie enti�re.

Apr�s des mois de convalescence,

je me suis enfin remise � marcher.

Et puis, Guy a tenu sa promesse.

Fran�oise, s'il vous pla�t!

C'�tait tr�s bien!

Tu es belle!

Tu crois que je fais une b�tise?

Une �norme b�tise! C'est moi que tu aurais d� �pouser.

J'ai pas vu Bernard.

Tu ne croyais tout de m�me pas qu'il allait venir?

Pourquoi? Tu es bien venu toi.

Lui il est jaloux, moi je t'aime, c'est diff�rent.

Et puis maintenant, c'est un amant qu'il va te falloir, pas un amoureux.

J'ai �chang� quelques mots avec ta femme - elle est d'une intelligence �tonnante, hein?

Tu n'imaginais tout de m�me pas que je l'ai �pous�e pour son physique?

- Vive la mari�e! - Fran�oise, une derni�re!

Bon voyage! Bon voyage! Allez, bon voyage!

L'�ducation des enfants, �a commence par les claques.

- C'est pas vrai, c'est pas vrai! - Voil�, je suis pas du tout d'accord avec �a non plus!

- Il faut commencer par les aimer mon cher! - Je dis, �a va ensemble souvent.

- Oui mais... Vous connaissez tout �a. Non merci! - Ah non �a ne d�fend pas!

En tout cas moi si j'ai un fils... si j'ai un fils je lui donnerai une �ducation tr�s stricte.

Une fille mal �lev�e, si elle est tr�s jolie, c'est tout � fait supportable.

Mais un homme ne deviendra jamais un grand homme s'il ne sait pas se tenir, non?

Eh bien moi si j'ai un fils je ne sais pas,

mais si j'ai une fille, je la laisserai compl�tement libre.

- Moi aussi. - Libre de quoi exactement?

Libre de tout.

Si on commence � pr�ciser ce n'est plus de la libert�!

La seule chose qui pourra l'entraver ce sera la peur de tomber enceinte.

C'est c'est �pouvantable.

Penser que ma fille se ronge d'angoisse en attendant un enfant sans oser le dire...

J'en serai malade!

Mais peut-�tre que votre fille ne sera pas aussi d�prav�e que vos h�ro�nes ma ch�re!

Absolument, et avec un peu de chance elle aura toutes les vertus de sa m�re.

Bien moi, si un jour j'ai un chien...

Ne me regardez pas comme �a, j'y penserai s�rieusement.

- On passe au salon pour le caf�? - Oui.

Vous voulez bien m'excuser une seconde?

Mes hommages, Madame Schoeller.

Tu m'as manqu�.

Ton mari est parti?

Avec une beaut� plus jeune que ton scotch.

La sosie d'Audrey Hepburn.

Que tu as tr�s bien vu puisque tu viens de les croiser ensemble.

J'ai pas fait attention.

Tu vas bien?

Comme tu vois, je m'alcolise.

Et toi? Tu es heureuse?

Comment on peut l'�tre quand on aime quelqu'un qui ne vous aime pas?

Deux autres.

Non, la bouteille.

Sur ma note.

Si vous avez fauss� la compagnie � votre bande de pique-assiette pour me rejoindre,

ce serait touchant mais malheureusement, je sors.

Vous allez monter � cheval?

Quelle perspicacit� d�s le matin!

Bonne journ�e ou bonne nuit.

Ah et ne m'attendez pas ce soir, je d�ne dehors.

Mes amiti�s � Audrey Hepburn!

En amour, c'est toujours merveilleux quand �a commence.

Au milieu, c'est encore mieux.

Et � la fin, �a d�pend de qui se fatigue de plus vite.

De toute fa�on c'est triste.

Mon mariage n'avait pas dur� tr�s longtemps.

Mais c'�tait mon premier vrai chagrin.

Monsieur aimerait vous poser deux ou trois questions avant son bouclage.

Oh bien certainement.

- Asseyez-vous! - Merci.

- Merci! - Bonne journ�e!

Bonjour.

C'est pour qui?

Fran�oise, comme vous.

Allez-y, je vous �coute.

Vous en avez pas assez qu'on r�duise vos livres � une petite musique?

Bien, petite musique c'est mieux que pas de musique du tout.

Les gens les reconnaissent les petites musiques. La preuve, vous l'avez reconnue.

�a m'a boulevers�e, �a m'a rappel� mon divorce.

Oh je suis d�sol�e.

� propos, c'est votre s�paration avec Guy Schoeller qui vous a inspir�e?

�coutez, dites-moi plut�t ce que vous avez pens� du livre.

Je ne l'ai pas encore lu. Mais j'ai lu tous les autres.

Merci.

Vous voulez bien m'excuser un instant?

Vous allez revenir?

Je n'en peux plus, je crois que je vais y aller.

Ah non, vous pouvez pas partir maintenant, tout le monde est l� pour vous.

Bonjour. Vous savez bien que le lancement c'est d�cisif pour les ventes.

Mais si vous voulez gagner de l'argent vous n'avez qu'� leur demander d'�crire un livre sur moi!

Ils ont un talent fou pour inventer le personnage.

Et visiblement c'est �a qui d�place les foules.

Qu'est-ce que vous racontez Fran�oise?

J'en peux plus de ma petite musique.

Ils se fichent compl�tement de ce j'�cris, il n'y a que la Sagan qui les int�resse!

Et �a c'est leur oeuvre � eux et pas la mienne.

Ou bien alors, ils ont raison.

Ce que j'�cris n'a aucun int�r�t.

Fran�oise, o� est-ce que vous allez chercher �a?

Pardonnez-moi mais j'aime beaucoup la Sagan comme vous dites.

J'aime beaucoup ce qu'elle �crit et l'un ne va pas sans l'autre.

Pour moi, l'�criture c'est justement �a.

Trouver un ton. Enfin, peut-�tre que pour vous ce n'est pas �a du tout.

Moi je dis qu'�crire c'est... c'est inventer ce qu'on sait d�j�.

Et c'est une phrase toute faite.

Peu importe, elle tr�s belle.

Eh bien, vous aussi.

- Qui a soif? Ne buvez plus. - Tiens, verse-moi encore un peu, et dans le verre, hein?

On devra mettre le piano dans l'herbe.

Oh "Le piano dans l'herbe" - mais c'est un joli titre �a!

Eh les enfants mais quel soleil!

Vite une photo!

Pour Fran�oise!

Oui. La bonne dame d'Honfleur.

� tes amours!

- � mon divorce! - � tes remariages!

Alors qu'est-ce qu'on fait ce soir?

On joue aux cartes ou on va au casino?

Tout d�pend si vous pr�f�rez perdre une fortune ou gagner des haricots.

Bonjour Paola! Vous pr�f�rez les haricots, le casino...?

Qu'est-ce que tu pr�f�res? Jouer aux cartes ici ou aller � Deauville?

Oh, ni l'un ni l'autre.

Je veux bien d�penser des fortunes mais pas au casino, je trouve �a vulgaire et vraiment pas tr�s amusant.

Y a rien � voir dans la r�gion?

Ici nous avons la chambre de Sarah Bernhardt au premier.

Mais oui, c'est vrai.

Et Fran�oise vous a pas fait visiter?

Ah, mais tu as manqu� tous tes devoirs Minou.

Mais rassurez-vous Jacques, je la visite jour et nuit et elle n'a plus aucun secret pour moi.

Je mets tout le monde d'accord, je vais monter travailler.

- Mais qu'est-ce qui se passe, tu es f�ch�e? - Mais oui je suis f�ch�e.

J'ai du travail et tout le monde s'en fiche.

Personne ne s'int�resse � ce que je fais, m�me pas le chat.

J'ai toujours pens� qu'il y avait des familles sur la terre.

Qu'en plus de ceux qui partagent votre sang et votre enfance,

il y a aussi les familles du hasard.

Celles qu'on rencontre plus tard.

Quand le d�sir de plaire est remplac� par le d�sir de partager.

C'est la m�me chose avec l'�criture.

On croise des personnages qu'on conna�t pas,

partage une histoire avec eux.

Au fond, �crire c'est une fa�on intelligente de tromper son ennui

et d'oublier qu'il vous manque l'essentiel.

- Tu sais j'ai pens� � quelque chose. - Mon Dieu!

Pourquoi on fera pas un enfant tous les deux?

Comment �a un enfant?

Mais oui.

Un enfant. �a donnera un sens � nos vies.

Je suis s�re qu'on serait des parents formidables.

Tu ne crois pas?

Minou, c'est la plus belle proposition qu'on m'ait jamais faite.

Et tu sais bien que t'es la femme de ma vie.

Je crois pas que ce soit une bonne id�e.

Je me voyais d�j� sur une plage, avec un petit gar�on � c�t� de moi.

Et Paola, qu'est-ce qu'elle en dit?

Tu vas l'appeler Paolo ton petit gar�on.

Je suis s�r que �a lui ferait plaisir.

Elle sentirait un peu papa!

Tu t'es bien d�brouill�e hein?

J'ai lu toute la presse, y a pas une photo o� on soit toutes les deux!

Ce n'est pas moi qui prends les photos.

Dis plut�t que tu as honte, ce sera plus honn�te.

Et toi dis-moi plut�t o� est la voiture au lieu de raconter n'importe quoi!

On s'est pas gar�es l� hier soir?

Si. Et comme tu le vois c'est interdit, donc la voiture est � la fourri�re comme d'habitude.

Oh la barbe! Je vais finir par penser qu'ils m'en veulent personnellement.

Bon tu sais ce qu'on va faire?

On va laisser tomber le d�ner et on va aller s'amuser toutes les deux.

Taxi!

Avec un peu de chance, on trouvera bien quelqu'un pour prendre une photo!

Taxi! On dira que j'avais la grippe.

Non, pas la grippe.

Une pneumonie, c'est beaucoup mieux.

Non, une double pneumonie!

- Bonjour Monsieur! - Bonsoir Mesdemoiselles! - Au New Jimmy's, boulevard Montparnasse s'il vous pla�t!

- Bonsoir. - Bonsoir.

Est-ce que vous voulez bien m'offrir une cigarette?

Mais bien s�r!

Au revoir Paul! � demain!

- Pas de champagne? - Ah mes ch�ris, on n'attendait plus que vous.

Fran�oise a encore fait une touche.

Un cowboy? Elle ne l'avait pas encore faite celle-l�.

Ne crois pas si bien dire, il est Am�ricain.

C'est un nouveau prot�g� de Rohan-Chabot

qui danse avec Paola l�-bas.

Je sais pas pourquoi les gens se collent � la t�l�vision au lieu de venir chez toi.

Il se passe des choses beaucoup plus amusantes.

Vous voulez un verre? Bernard?

Oui. La contrari�t� me donne soif.

Henri, trois coupes!

�a mon vieux, t'as fini par tellement lui ressembler qu'il n'y a plus aucune chance.

Elle aura l'impression d'�tre amoureuse de son fr�re.

D'ailleurs, c'est le cas non?

Alors qu'avec Buffalo Bill l�, elle doit se sentir en vacances dans un pays exotique.

- Vous vous appelez comment? - Robert James Westhoff.

- Oh, c'est charmant. - Merci.

Vous �tes Am�ricain non?

- �a s'entend? - Un petit peu.

- Et vous? - Fran�oise.

- Fran�oise. - Fran�oise Sagan.

Enchant�e, Robert.

Robert James Westhoff, je peux vous appeler Bob?

Avec plaisir Fran�oise.

Et depuis l'arm�e de l'air vous faites quoi Bob?

De la sculpture,

des photos...

et je fr�quente Charles.

�a c'est une reconversion.

Mon Dieu, l� on est parti pour la chevauch� fantastique.

Tu n'as pas vu mon "Deuxi�me sexe"?

- Ah bon? - Mon Beauvoir.

Je te laisse tous les autres mais celui-l� j'y tiens, elle me l'a d�dicac�, tu sais pas o� il est?

Oh bien me pose pas ce genre de question, tu sais bien que je n'ai jamais rien rang�.

Tu as regard� dans la chambre de Bernard?

Mais non, il dort.

Ah mais la voil�!

Qu'est-ce que tu en penses?

Elle est pas un peu courte?

C'est un mariage tout de m�me.

Oui tu as raison, les gens vont s�rement remarquer que ta robe est un peu courte.

Tu es b�te.

Pourquoi est-ce que tu te maries, au juste?

Eh bien pour faire plaisir � maman.

Et � Bob aussi.

Et puis, fille-m�re...

Le mot est affreux non?

Tu sais ce qu'on s'est dit avec Florence?

Qu'on devrait tous vivre ensemble dans une grande maison.

Une sorte de communaut�:

- Toi, Bob, Jacques... - Bernard.

Oui, Bernard �videmment. Bernard il fait partie des meubles.

Qu'est-ce que tu en dis?

Que tu vas me manquer.

�coute!

J'ai fait aussi vite que j'ai pu Minou.

J'ai apport� scotch, parfum - tu boiras ce que tu voudras.

Alors, o� est la merveille?

Il dort, on le verra tout � l'heure.

Il s'appelle Denis Paolo, il est magnifique.

Moi je me sens comme un arbre avec une nouvelle branche.

C'est idiot comme image non?

Non c'est adorable. Et le p�piniriste, non il n'est pas arriv�?

O-la-la-la-la, si tu voyais dehors, c'est la folie, hein?

Comment tu te sens?

En pleine forme.

Fran�ois est l�.

Il a tr�s envie de voir le b�b�. Tu te souviens de Fran�ois?

Ton avocat? Bien s�r!

Qu'il entre.

Mais vous pouvez prendre tous les avocats du monde, le parrain c'est moi.

Fran�ois?

Bonjour.

- F�licitations! - Merci beaucoup.

- Bonjour. - Bonjour.

Ah! Le voil�!

Il vient de se r�veiller.

- Il est pas merveilleux? - Mais c'est qu'il me il ressemble, vous trouvez pas?

- Mais donc il... il parle pas encore? - Non.

Ah mais non, c'est trop t�t.

Les gens me parlent toujours de ma petite musique bourgeoise.

Je ne peux parler que de ce que je connais,

et puis au fond, je me moque de ce qu'on pense de moi

et je me moque de la post�rit�.

Peut-�tre qu'avoir un enfant m'a lib�r�e de l'ambition absurde de l'immortalit�.

J'ai l'impression de commencer une nouvelle histoire d'amour.

Mais celle-l�, j'aurai pas le droit de la rater.

Et au Quartier Latin, ce fut la journ�e la plus longue.

La pouss�e de fi�vre a surpris par son ampleur et le degr� de sa violence.

Une violence qu'on avait pas connu ici depuis longtemps.

Ils descendent chez Castel aussi.

Mais j'y �tais. �a, �'a �t� une soir�e inou�e.

Un �tudiant s'�tait refugi� � l'int�rieur.

- Quoi, chez Castel? - Mais oui, Jean hurlait comme un fou: "Mettez l�-bas, mettez l�-bas!"

Et les serr�s ils ont r�ussi � lancer une grenade � l'int�rieur - ah mes enfants, je vous dit pas la fum�e.

Oh, heureusement que les robes ont �t� griff�es sinon on aurait reconnu personne.

On peut �couter deux minutes?

Pardon Minou.

Tu vas les rejoindre, tu vas s'amuser follement.

Si j'avais encore de l'essence, j'irais.

En Maserati ou en Ferrari?

Elle a raison. On devrait �tre avec eux.

Je con�ois votre passion pour la figure du jeune h�ro r�volt� mais...

Croyez-moi, vous �tes bien mieux ici!

Est-ce que tu as seulement �cout� ce qu'ils disent?

C'est exactement ce qu'on disait il y a quinze ans.

Il y a 15 ans, tu avais leur �ge et tu roulais pas � Maserati.

Au lieu de d�tester les gens qui ont une belle voiture il fera mieux de se battre pour que tout le monde ait au moins une deux-chevaux.

Tout le monde en deux chevaux c'est l'ennui organis� Kiki.

- Tu as raison. Ils devraient se battre pour que tout le monde ait une rolls. - Ah mais d'accord.

Absolument. Comment veux-tu trouver un chauffeur correct avec une deux chevaux?

C'est pas possible de parler avec vous aujourd'hui.

Pour une fois qu'on avait pr�vu de se retrouver toutes les deux.

Tu vas vraiment essayer d'entrer � Paris?

Je ne sais pas.

Mais qu'est-ce que tu vas faire sur les barricades?

Regarde ta vie: tu t'es mari�e, tu as eu un enfant, tu as divorc�...

et tu vis toujours avec ton mari qui lui-m�me vit avec un autre homme,

tout ce petit monde est r�uni chez toi.

C'est pas �a la r�volution?

Et toi? Qu'est-ce que tu penses de tout �a?

La seule chose qui m'inqui�te c'est ton fils.

- Il a besoin d'une maman. - Ah mais je suis une maman!

Mais d'une maman qui lui parle d'autre chose que de Nietzsche, de Proust, de Freud.

Oh mais si c'est pour lui parler de ce qu'il conna�t d�j�!

Je m'en sortirai jamais avec un enfant!

Mais si, �coute un peu les conseils de ta grande soeur!

- You just can't go out of... - Fous-moi la paix!

Je ne vois pas pourquoi les gens s'obstinent quand l'amour est parti.

Au bout de deux ou trois ans, qu'est-ce qu'il reste?

Des sentiments ati�dis, des trahisons?

Dans le meilleur des cas, une sorte de compagnonnage un peu rasoir?

Un sourire d'un enfant peut vous faire oublier pour un temps que l'amour est disparu.

Mais pour un temps seulement.

En voyant grandir mon fils j'ai eu le sentiment de revivre chaque moment de mon enfance.

Et �a me rend encore plus triste.

De toute fa�on, on se retrouve toujours seul.

� aimer ou � ne pas aimer.

� �tre c�l�br� ou critiqu�.

� �tre m�re ou �crivain.

Bien s�r, on a des chagrins d'amour,

et on a surtout des chagrins de soi-m�me.

Finalement, la vie n'est qu'une affaire de solitude.

J'ai vu que tu allais signer le manifeste des 343 salons?

Mais oui, tu as vu? Figures-toi que l'on en a m�me pas propos� � moi.

Tu sais que j'ai presque termin� "Des bleus � l'�me"? Je crois que c'est dans mes pr�f�r�s.

- J'avoue qu'il est merveilleux. - Ah tu l'as lu!

J'avais pas besoin de lire tes livres pour savoir qu'ils sont merveilleux ma ch�rie.

- Je laisse ce genre de r�flexes scolaires aux intellectuels. - Merci!

Eh bien moi je l'ai lu. Et je l'ai trouv� plut�t pas mal.

- De toute fa�on, tu n'aimes pas ce que j'ai �crit. - Ah mais c'est pas vrai!

J'aime tes pi�ces, l� au moins tu t'amuses.

Et tu vois dans celui-l�, pour une fois tu n'as pas l'air de retenir ton souffle comme si t'avais peur de faire tomber un biblo.

Je suis fatigu�e, bonsoir.

Bonsoir Fran�oise!

- Tu es content? - Qu'est-ce que je lui ai dit?

Ben, tu confonds le tact avec le talc peut-�tre, je sais pas.

En plus, il est affreux ce manteau.

Peggy?

Fran�oise!

Ils ont perdu mon manteau.

Et comment allez-vous?

Oh mais �a fait tellement longtemps!

La derni�re fois que je vous ai vue vous d�filiez pour Givenchy.

- Et puis vous �tiez mari�e avec qui d�j�? - Oh j'ai divorc�.

- Et je lance ma propre griffe. - Oh bravo! - Excusez-moi!

- Je m'�tais tromp�e de ticket. - Ah mais voil�!

Vous avez le 9 et moi j'ai lu le 6.

- Bon si je peux r�cup�rer mon affreux manteau... - Oui!

Ah vous �tes l� ici toute seule?

Bon, je viens de quitter un d�ner assez ennuieux.

- Ah c'est incroyable. Moi aussi. - Ah bon!

Pardon, excusez-moi, merci beaucoup.

- Si on allait prendre un verre? - Mais oui, pourquoi pas?

- O� �a? - Mais ici, en bar.

Et vous tirez quel bilan de cette vie tumultueuse?

Je tire pas de bilan. J'ai jamais su compter.

Je fais des livres, ceci est beaucoup moins contraignant.

Moi j'aimerais savoir �crire moi.

Oh ben moi aussi!

On y va?

Oh ben je crois qu'on a pas le choix si on veut pas qu'ils nous rangent avec les bouteilles.

Je voudrais que vous fassiez une promesse solennelle.

Tout ce que vous voudrez.

Promettez-moi qu'on va se revoir tr�s vite.

J'ai beaucoup mieux � vous proposer.

Chich?

- Bonsoir Mesdames! - Bonsoir Monsieur!

Nous voudrions une tr�s belle chambre.

Nous n'avons que cela!

Bien vu. La plus belle.

- La suite Rapha�l est libre. - Parfait, la suite Rapha�l c'est parfait.

Va vous accompagner Pascal, s'il vous pla�t.

- Bonne soir�e Mesdames. - Bonne soir�e.

- Pardon, je marche d�j� plus droit sans vous. - Vous inqui�tez pas, je vous l�cherai plus.

Alors quand est-ce que vous vous �tes achet� un tailleur pour la derni�re fois?

Je ne sais pas. J'�vite de me rappeler de mauvais souvenirs.

Ah Emmanuel, est-ce que vous iriez au 3�me �tage pour moi pour voir si Bruno est aux accessoirs?

Les filles je vous pr�sente, la seule femme de Paris que je connaisse qui n'aime pas faire les boutiques.

Ah pour moi c'est une corv�e �pouvantable!

- Mais c'est ind�cent, ne pas aimer s'habiller. - Oui.

Quand on est aussi jolie et quand on porte aussi bien les belles choses.

Oh mais s'habiller �a va c'est... c'est choisir.

Vous le dites vous-m�me - je ne suis pas comp�tente, je pr�f�re confier �a � d'autres.

- Vous �tiez mal entour�e on dirait. - Oh bien �a a chang� non?

Allez oust! Fiche-moi le camp!

Sois gentil, allez jouer ailleurs!

Pour le canap�... on va le mettre devant la fen�tre l�.

Non-non, excusez-moi! Non-non!

Excusez-moi! Il me semble que �a ce serait parfait!

On repousse un petit peu la table.

Ah mais �a c'est parfait!

Bon, Pepita, qu'est-ce que vous en pensez? Pousse un petit peu... �a y est.

Maintenant il faut que je trouve une belle place � celui-ci.

Non, vous n'allez pas m'accrocher cet horreur-l�!

- Il ne vous pla�t pas? Je le trouve tr�s bon! - Qu'est-ce que c'est que cette chose? C'est grotesque!

Oh bien non, regardez, on dirait qu'ils viennent juste de s'engueuler.

Ah non, c'est ignoble, non, moi je n'accroche pas ce ronfleur dans mon salon, pas question!

Ah mais qu'est-ce que vous avez fait?

Mais Fran�oise, c'est une table haute �a!

- Mais oui, et alors? - Mais on peut pas mettre une table haute devant un canap�!

Mais pourquoi?

On pourra jouer aux cartes comme �a!

- Bah, oui mais... - Bon.

- Les gens se verront plus! - Oui.

Vous avez raison.

Bon, vous savez c'qu'on va faire?

On va le mettre devant la fen�tre.

Ah mais tu tombes bien! On sait plus o� on en est!

- Qu'est-ce que tu en dis? - De quoi? - Mais de la disposition, de...

Ah ben, je sais pas, c'est chez vous!

Ah mais c'est chez toi aussi, Peggy, dites-lui!

Mais oui, vous allez habiter ici, alors essayez d'avoir un avis.

Je me demande si le canap� ne sera pas mieux dans l'autre sens.

Je trouve qu'il fait un peu paquebot �chou� comme �a.

Bon alors d'accord. Tenez Messieurs, excusez-moi, mettez-le dans l'autre sens!

Non mais �a n'a aucun sens dans l'autre sens!

- Bon ben oui, ben alors, �coutez, �a m'est �gal, mettez-le o� vous voulez, mettez-le au milieu, tiens! - Mais au milieu de quoi?

Ah bien, je ne sais pas, vous savez mieux que moi!

Viens Bernard, je vais te montrer ta chambre.

Bon alors Messieurs, attendez!

On va tout reprendre depuis le d�but, vous allez tout ressortir s'il vous pla�t!

Il faut que je r�flichisse.

La personne que j'aime, c'est ce qu'il compte le plus pour moi.

Celle avec qui je me sens le mieux.

Qui m'aime pour moi-m�me, avec qui je vis, avec qui je parle.

Et je parle, et je parle...

Et nous n'en finissons jamais de parler.

�crire... c'est comme avoir un rendez-vous d'amour dangereux.

C'est une impulsion sensuelle.

C'est comme si vous aviez une liaison avec quelqu'un de tr�s s�duisant,

de tr�s intraitable qui vous attend.

Parfois on h�site,

et parfois on a le courage d'aller vers lui,

le courage de se mettre � nu,

de se confondre avec son personnage,

de m�ler ses pens�es aux siennes.

D�crire que plus tard, tout � l'heure il serait seul dans sa chambre,

avec son papier blanc,

et tous les chevaux, tous les violons de l'imagination galoperaient avec lui.

Et qu'importerait alors que tous ces chevaux soient des toquards

et que ces violons jouent faux.

Laissez Peggy, je vais r�pondre!

All�!

Eh bien oui, je sais, la banque m'a d�j� appel�.

Mais qu'est-ce que vous voulez que je vous dise?

C'est votre boulot l'argent, pas le mien.

Ah non, tout mais pas ma maison!

Mais bien s�r que j'�cirs, je ne fais que �a!

Je ne sais faire que �a.

Oh d'ailleurs, laissez-moi �crire, �a vaudra mieux pour nous deux.

Oui c'est �a, au revoir!

- Fran�oise, vous me servez un verre? - Oui-oui!

J'en peux plus de ces histoires d'argent!

Tu as maigri toi!

Oh ben tu t'es regard�?

C'est professionnel ma ch�re, je vous rappelle que je suis danseur.

Eh bien, moi aussi c'est professionnel, je te signale!

Je suis ici pour trouver l'inspiration - eh bien c'est pire.

Tu sais Minou, je suis cribl�e de dettes.

Je dois des fortunes aux imp�ts, mon banquier ne me l�che plus.

Qu'est-ce qu'il va m'arriver si je ne peux plus �crire?

- Tu vendras la maison. - Ah non!

Promets-moi que tu ne me laisseras jamais faire �a!

C'est promis.

On ne dira jamais l'horreur de ne plus pouvoir faire ce qu'on aimait le plus.

Essayer d'�crire sans y parvenir,

c'est comme faire l'amour sans plaisir,

boire sans s'enivrer,

voyager... sans jamais arriver.

- Mon Chazot, vous d�cidez? - Je prends mon temps.

Ah �a le temps vous le prenez, oui.

Ah tout de m�me, quel dommage! J'ai le vallet.

Mon cher Bernard, il sont dedans.

Atout.

Et rebelote.

Quelle belote?

C'est une belote � carreaux.

Impossible, j'avais la dame de carreaux.

Ah mais non, c'est une belote � coeur...

Ah mais non-non, si-si, c'est �a, c'est une belote � carreaux.

Je n'ai pas entendu annoncer la moindre belote.

Bernard r�veille-toi, on m'accuse de tricher. Et je maintiens que j'avais annonc� ma dame.

Bernard qu'est-ce que tu dis?

Qu'il sera temps de d�jeuner, il est d�j� quatre heures.

Quatre heures d�j�?

Je meurs de faim, pas vous?

C'est vraiment une obsession chez vous!

Ah �a y est, les voil�!

Tu ne veux pas y aller Minou? J'ai pas la force.

- Bonjour! - Bonjour, on vous d�range pas?

On est un peu en retard mais Madame Sagan nous avait dit dans l'apr�s-midi!

Monsieur veut juste faire un dernier tour.

�coutez, je suis tr�s ennuy� - elle a chang� d'avis.

Elle ne vend plus.

Mais enfin, la semaine derni�re, elle �tait tellement press�e!

Je sais. Les artistes...

- D�j�? - Il n'ach�te plus, il a chang� d'avis.

Oh mon Dieu que je suis contente!

Vous avez entendu? On ne vend plus! On ne vend plus!

- Quelle bonne nouvelle! - Oh Peggy ne soyez pas l'abas-joie!

Oh mais Peggy, attendez enfin! Attendez!

Mais Peggy voyons!

Vous �tes compl�tement inconsciente, si vous vendez pas cette maison vous �tes fichue!

Mais non, je vais... je vais m'en sortir!

Je me suis toujours sortie!

- D'ailleurs, j'ai vendu la Ferrari. - Ah quand m�me, mais �a m'�tonnerait que �a suffise.

- Et puis j'ai plac� l'argent pour qu'il me rapporte une fortune. - Comment �a, plac�?

Mais oui j'ai, j'ai...

J'ai achet� un cheval!

Un cheval?

Mais il va gagner, c'est un craque!

Il s'appelle Hasty Flag.

Je n'ai jamais su ce qu'ils me reprochent le plus.

C'est d'avoir gagn� beaucoup d'argent ou bien de l'avoir d�pens�.

J'ai l'impession que si j'avais achet� des cha�nes de snack-bars et assur� ma vie pour mes vieux jours,

les gens seraient moins scandalis�s.

Il para�t que je n'ai plus rien.

Comment j'ai fait? Je ne sais pas.

J'ai claqu� des millions sans en apercevoir.

Les bateaux coulaient, il fallait sans cesse remplacer la moquette des apartements.

De toute fa�on, pour moi garder de l'argent, �a n'a pas de sens.

L'argent �a devrait rendre libre alors que �a rend fou,

celui qui en a, comme celui qui n'en a pas.

Ils abordent maintenant le dernier tournant.

Ils se regroupent avant d'arriver � la ligne blanche.

Rentr� de la ligne blanche Hasty Flag est en t�te suivi par Girolata

qui attend de placer sa pointe de vitesse.

Fran�oise!

Fran�oise!!!

Fran�oise! Mais d�p�chez-vous!

Fran�oise!!!

- Oh mais qu'est-ce qui se passe? - Venez, il est en train de gagner!

- Regardez! C'est Hasty �a! - Mais oui c'est Hasty Flag!

- Vas-y Hasty Flag! - Vas-y!

- C'est lui qui est au premier rang? - Mais oui, c'est lui qui est en t�te!

- Vas-y Hasty Flag! - Vas-y Hasty!

Il va gagner et il gagne!

Alors, je vous ai dit, il faut jamais d�sesp�rer!

Mes compliments Hasty Flag, mes compliments!

- Alors, je sais combien �a va rapporter mais... �a doit faire une fortune! - C'est la kazaque!

J'adore cette kazaque, c'est la kazaque!

Oh, non, ce cheval est un craque, je suis d�sol�!

Regardez comme il est beau!

Oh ch�ri b�b�!

Pardon, je suis affreusement en retard!

- Oui, effectivement! - Alors...

Qu'est-ce qu'on f�te?

- Une nouvelle vie! - Ah bon?

Oh j'aimais bien celle-ci moi!

Elle va pas se remarier au moins?

Non, elle signe tout � l'heure avec son nouvel �diteur.

Ah, c'est presque pareil. Qui est l'heureux �lu?

Fran�oise Verny, chez Gallimard.

Elle va arriver d'une minute � l'autre.

Allez, un dernier, avant qu'elle arrive!

Vous avez toujours une bonne excuse.

Ah oui d'ailleurs, vous n'en avez plus, elle est l�.

D�j� il faudrait que tu avoues ton faible pour les jolies femmes, hein?

Oh, tu es b�te! Souhaitez-moi bonne chance!

Tr�s heureux pour elle.

Et puis �a va la sortir un peu des ennuis d'argent.

Elle aurait moins d'ennuis si elle avait moins d'amis pique-assiette. - Non.

Ah, vous savez, j'ai du flair moi.

Et je vais vous dire: vous �tes une grande bonne femme

et un grand �crivain.

Moi ce que j'ai envie de voir maintenant c'est la rencontre de les deux.

Une autobiographie? Oh non.

Les �tats d'�me n'int�ressent personne, m�me pas moi.

Un �crivain �a invente.

Mais je vous parle pas de vos �tats d'�me!

Je vous parle de votre vie - �a c'est de la mati�re.

Vos rencontres, vos voyages, les gens vous avez connus.

Billie Holliday, Orson Welles, Tennessy Williams.

Vos souvenirs, le meilleur de vos souvenirs!

Je sens que �a mord!

L� c'est la p�che au gros!

Madame Bartoli!

Ah Madame Bartoli, il faut que je vous donne de l'argent, je veux que vous aillez acheter une montre pour Bernard, place Vend�me, Je vous l'ai faite mettre de c�t�.

- C'est son anniversaire? - Non-non, pas du tout mais vous verrez, elle est tr�s-tr�s belle.

- Vous n'avez pas vu mon portefeuille? - Vous savez qu'on est le douze? On a fait un budget.

Oh bien, je viens de gagner plein d'argent.

Le plus urgent est de vivre que de compter.

- Bon vous l'avez vu ou pas? - Ah mais vous avez d� encore l'oublier quelque part!

- Vous allez encore m'accuser. - Mais non, on est pas parano�aque!

J'ai plus du tout, aucune id�e o� j'ai pu le mettre.

Alors, c'est tout de m�me aga�ant de perdre ses affaires comme �a!

Qu'est-ce que je vais faire de �a moi?

- Qu'est-ce que c'est? - Les cendres de Marie Bell.

Vous savez, la grande com�dienne.

J'aimais beaucoup. Fin, c'est tout de m�me �trange de demander �a � quelqu'un, non, vous trouvez pas?

Bon, mon portefeuille, il est soit chez Madame Aillaud, soit au drugstore St Germain.

T�l�phonez, il faut annuler la carte bleue, le permis de conduire, la carte grise, enfin, tout, quoi!

Oui bon, je vais d'abord appeler chez Madame Aillaud.

Ah, il faudra aussi trouver un studio pour mon fils, il rentre des Etats-Unis la semaine prochaine.

Ah bon? Ah j'ai h�te de faire sa connaissance! Qu'est-ce qu'il va faire � Paris?

Je ne sais pas, rien, sans doute. Bon, vous pensez au studio?

Ou alors une chambre, enfin, quelque chose de pas trop cher.

Ah et en fait vous avez vu qu'il y avait une souris derri�re le photocopieur?

Souris?

Celui-ci vous ressemble.

Ah bon, vous trouvez?

Eh bien oui, regardez, c'est d�j� lui le chef.

�a c'est vrai.

Vous c'est celui-l� qui vous ressemble: il a l'air sage comme �a mais il en fait qu'� sa t�te.

Et voil�!

Je m'absente cinq minutes et vous en profitez pour agrandir la famille.

Alors, lequel on garde?

Tu vas nous aider � choisir.

- Non, je peux pas choisir, ils sont trop mignons!

Eh bien je prends celui-ci. Et je l'appelle Banco.

Madame Sagan, j'ai trouv� votre portefeuille, il �tait dans le panier � linge.

Oh Madame Bartoli, vous �tes parfaite. Tiens, je te confie Banco.

- Il faut bien que je serve � quelque chose. - Oh mais vous servez � beaucoup de choses!

Vous embellissez ma vie.

Et vous embellissez la mienne.

Vous �tes pas venue vous coucher, qu'est-ce que vous faites?

C'est vous qui a pris l'argent dans le tiroire de la commode?

Non.

Et j'ai toujours pas retrouv� ma montre.

Je suis s�re qu'elle nous vole.

- P�pita, elle nous vole. - Oui je sais.

- Et on la laisse faire. - Oh ben, �a m'amuse assez.

Un nouveau livre? Vous avez termin� vos souvenirs?

Non, c'est un petit extra.

Mais le mode de r�tribution l'est aussi - si vous voulez la go�ter...

Non merci, pas maintenant.

C'est excellent!

C'est vraiment du suicide ce que vous faites l�!

Eh bien, je me suicide, je fais comme je veux, je suis libre!

C'est �a, vous �tes libre.

Mais ouvrez vos yeux, vous �tes compl�tement prisonni�re ma pauvre amie!

Fran�oise!

Fran�oise, mais regardez-moi cette...

Oh Fran�oise!

Bernard! Venez vite!

Oh ma ch�rie!

Vous allez voir, on va s'en sortir, c'est pas canc�reux.

Vous allez vous remettre.

La vie va �tre belle!

On va partir au soleil, hein?

Et surtout plus une goutte de whisky � partir d'aujourd'hui, il va falloir �tre forte.

�a m'aide � �crire.

Mais oui mais quand vous serez six pieds sous terre, vous n'�crirez plus rien.

Et moi j'aurai plus qu'� vous rejoindre.

Du moment qu'on reste ensemble...

Mais Jacques...

Il fallait pas, je vous avais dit que je vous appellerais, je suis l�.

� chaque fois que je meurs il est l�.

C'est une tradition familiale.

Mais je vais bien Jacques!

Que se passe-t-il?

Parle!

P�re, tu ne m'as �crit qu'une seule fois,

et pourtant, cette lettre tu pourrais nous l'adresser aujourd'hui.

"Mon cher Jacques,

"Te voil� devenu presqu'un homme mais je ne suis pas l� pour f�ter cet �v�nement avec vous.

"Mais sache que mes pens�es vous accompagnent aujour'hui comme toujours,

"toi,

"ta m�re,

"Suzanne et notre petite Kiki.

"Nous serons deux d�sormais � veiller sur elles,

"elles sont ce que j'ai de plus cher au monde.

"Sois pour Fran�oise un exemple, m�me si elle ne daigne pas t'�couter.

"En ce jour particulier de ce bel anniversaire

"je suis de toute mon �me � tes c�t�s...

"Re�ois avec cette lettre mon immense..."

"Ch�re Sarah Bernhardt,

"vous avez eu une existence...

"secr�te mais tapageuse."

Ah vous ne faites pas le roman, vous faites des lettres!

C'est une sorte de correspondance crois�e.

Une id�e de Fran�oise Verny. J'en �tais o�?

"...une existence secr�te et tapageuse."

"Mais une existence gr�ce � laquelle vos contemporains ont parl� de vous avec v�n�ration

"et animosit� la plus ext�me, c'est-�-dire la plus plate." Vous y �tes?

Vous attendez de la visite?

- Ah non, pas du tout! - Si.

La barbe!

Oh mais qu'est-ce que c'est que �a?

Qu'est-ce qu'ils font l�?

Mais Madame Sagan a oubli�, �a peut arriver � tout le monde.

C'est quand m�me incroyable qu'y a jamais rien � manger dans cette maison!

- Vous allez bien me trouver quelque chose! - Non, y a rien!

J'ai jamais vu un frigo aussi vide moi.

Et �a?

- Qu'est-ce que c'est? - Mais non, �a c'est la nourriture des chiens!

Qu'est-ce qui se passe � Paris Bernard? Je suis compl�tement enterr�e ici, dans ma campagne.

Tout le monde pense que tu vis une passion secr�te qui explique qu'on te voit plus.

C'est pas faux, elle vit avec Sarah Bernhardt et apparemment, c'est une sorte de passion.

Mm, ravie de l'entendre!

Et o� en �tes-vous toutes les deux?

Bof, elle m'�puise.

Je pense que je pourrais finir � Sainte Anne moi.

Ah, Madame Bartoli!

Bonjour Monsieur Frank! Bonjour Madame!

Vous ne d�jeunez pas avec nous aujourd'hui?

Remarquez, vous n'avez pas tort, c'est assez mauvais.

Excusez-moi, Madame Sagan, votre fils est arriv�.

Mon fils?

Tu sais, ce b�b� que tu as eu y a une vingtaine d'ann�es avec un Am�ricain?

- Lui aussi vous l'avez oubli�? - Bof, �a peut arriver � tout le monde.

Il est avec sa fianc�e.

Ah non, �a c'est impossible. Dites-lui que je ne suis pas l�!

- Mais vous la connaissez m�me pas... - Eh bien, justement, je connais Denis, il a forc�ment fait un mauvais choix!

O� vas-tu?

Me repoudre le nez.

Ah, bonjour!

Maman n'est pas l�? O� est-elle?

Au diable.

Parfois on �prouve le besoin de fuir.

De s'�chapper.

De se perdre.

Mais d'autres fois, on se perd sans le vouloir.

Au hasard d'un exc�s.

La c�l�bre romanci�re Fran�oise Sagan hospitalis�e dans un h�pital de Bogota en Colombie,

o� elle se trouvait � l'occasion du voyage officiel du pr�sident de la R�publique

qui l'avait invit�e � le suivre en compagnie d'autres personnalit�s.

Bousculant tout son programme de la journ�e d'hier,

Fran�ois Mitterand a tenu � se rendre � l'h�pital

afin de prendre les derni�res nouvelles sur l'�tat de sant� de Fran�oise Sagan.

"Elle a re�u des soins tout � fait remarquables et tr�s diligents � l'h�pital militaire

"Quand elle sera en France, elle trouvera pas mieux,

"simplement, elle sera chez elle."

Fran�oise! Ah, la voil�!

Bravo! Bravo!

Fran�oise, je suis content que tu sois l�!

Merci Minou!

Vous savez, elle fait des tableaux avec de la mati�re vivante, vous savez, avec de l'herbe, du fromage, du citron moisi...

- Et c'est magnifique! - Et pour l'odeur, c'est pas d�rangeant?

Je me suis habitu�.

Elle a un talent fou, c'est une artiste exceptionnelle!

Malgr� son talent fou, elle n'a pas de succ�s. Et vous savez pourquoi?

- Mais non, pourriez-vous... - Parce que, parce qu'elle pr�f�re la vie � l'art.

D�sol�e de vous int�rompre, Max mon ch�ri!

La jolie brune l�-bas aimerait beaucoup savoir comment vous avez d�but� dans les affaires.

Si-si, je vous assure, allez-y, elle vous r�clame!

Elle veut tout savoir, l'argent, la r�ussite, tout! Allez-y, allez-y!

Vous savez, je me suis permis de dire � votre amie Peggy que mon mari pourrait investir dans la mode.

Ce qui est possible d'ailleurs, si elle est d�brouillarde, il a beaucoup d'argent! �a pourrait se faire.

Bon, laissez-moi me pr�senter - Astrid.

- On va s'asseoir? - Volontiers!

Je suis ravie de vous conna�tre. Vous savez, j'admire tellement ce que vous faites.

- Vos romans, cette fameuse petite musique. - Fran�oise!

- Comment vas-tu? - Tr�s bien!

- Je vous pr�sente ma ni�ce. - Ah bon, bonjour petite!

Alors, un petit remontant.

Oh malheureusement, je suis au coca pour le reste de mes jours.

Bon quelle est cette �trange religion?

Celle de mon m�decin.

Ah mais nous avons le m�me mais moi je ne suis pas pratiquante.

Dites-moi alors, ce pauvre Max vous a saoul�e avec sa femme artiste incomprise?

Saoul�e? Si seulement!

- Oh mais un tout petit peu! - Oui. Chin!

Fran�oise, vous sortez de l'h�pital!

Oh ce n'�tait pas l'alcool!

- C'�tait l'altitude. - Oui mais il va falloir arr�ter l'altitude! - Oh mais vous pouvez parler!

Dites-moi, est-ce que vous savez qui est ce vieux cro�ton qui vient de me raconter sa vie?

Ah oui, ce vieux cro�ton, c'est mon mari.

Non mais vieux cro�ton, �a change, c'est bien.

D'habitude on le prend pour mon p�re.

Oui on a 25 ans de diff�rence, mais rassurez-vous:

il est tr�s jeune d'esprit, tr�s pertinent, tr�s piquant, tr�s intelligent.

Je suis ravie pour vous.

- Fran�oise, nous avons des amis � accueillir, venez avec moi. - Fran�oise, n'oubliez pas votre verre!

Vous avez tort de la prendre de haut - elle est charmante.

Et puis son mari pourrait beaucoup vous aider pour votre collection.

� moins que vous ne soyez jalouse...

De Madame song�e et d�color�e? M'insultez pas!

Oh Peggy, attendez!

- Vous n'avez pas vu Fran�oise? - Non.

- Vous n'avez pas vu Fran�oise? - Ah non-non.

- C'est bon, elle est pas l�! - Mais puisque je te dis qu'elle m'attend!

- Reste pas ici! - Mais je suis Pierrot!

- Je sais tr�s bien qui t'es, cela suffit! - Fran�oise!

Mais arr�tez, c'est Pierrot!

- On sait tr�s bien, on le conna�t, on sait tr�s bien qui c'est, il a rien � faire ici! - Cela suffit!

Je suis chez moi tout de m�me!

Vous avez invit� un millier des personnes que je ne connais pas, j'ai tout de m�me le droit d'en inviter une!

- Tu vois je te l'avais dit, mon pote! - Mon pote?

- Qu'est-ce que tu m'as apport� de bon? - J'ai tout ce qu'il faut, attends!

Minou, on conna�t tous les charmes de Pierrot mais tu devrais... attendre un peu avant d'en profiter.

Laisse-les! Ils ne savent pas ce qui est bon.

Arr�te Fran�oise, tu es en train de te d�truire avec cette merde!

Tu fais n'importe quoi, tu foutes ta vie en l'air, t'as m�me trouv� un moyen de brouiller avec ton fils!

Tu vas aller jusqu'o�?!

Bien, jusqu'au bout, comme tout le monde! Alors autant s'amuser en route!

Et bien oui, j'aime �a!

�a me fait plaisir de prendre de la coca�ne!

�a me fait du bien!

J'ai pas envie de g�rer mon petit capital sant�!

Je n'ai pas envie de m'�conomiser!

C'est �a, foute ta vie en l'air!

Oui c'est �a, bonne soir�e! Allez, viens!

- Jacques! - �a va! - Jacques! Jacques! - Quoi?

- Jacques restez, vous �tes le seul � pouvoir... la raisonner! - La preve!

La r�ussite de Max est absolument incroyable: il r�cup�rait du carton qu'il vendait au poids.

alors il s'est mis � arroser le carton! - Et c'est comme �a que j'ai des fortunes!

- C'est dr�le! - Et l� je me suis lanc� dans l'immobilier.

- Mais oui, mais Onassis aussi a d�but� en... - Ah ch�rie?

Oui-oui, Onassis aussi a d�but� en vendant des cigarettes sur les quais.

Et vous Astrid? Vous peignez qui, vous peignez quoi?

Eh bien, vous voyez comme c'est la grande mode du bio,

eh bien, je fais des tableaux enti�rement comestibles.

Eh oui, que du fromage, des noisettes, du riz.

- Un tableau de fromage. - Oui.

Je sais pas si je pourrais accrocher du gruy�re dans mon salon mais...

vivons avec notre temps!

- Justement, si vous voulez pas l'accrocher vous pouvez toujours le manger! - Oui bien s�r, oui!

Est-ce que quelqu'un peut me resservir?

- On va rentrer. Tiens Minou! - Oui!

On va rentrer.

Alors, il nous en fait le ch�que ou on est venus pour rien?

Venez Peggy, vous �tes tr�s fatigu�e!

- Je suis vraiment d�sol�e! - Non, c'est pas grave! - Vous allez me raccompagner chez moi?

C'est gentil!

Une petite jalousie d'une femme saoule, il faut la coucher, y a que �a � faire!

Femme saoule, mon cul!

- Vous avez pens� � prendre un manteau pour Banco? - Mais oui!

Voil�, au moins il aura chaud.

P�pita, vous avez pens� � mon petit pull en mohaire?

Mais dis donc, vous n'avez pas l'air en forme hein?

- Mais oui, je l'ai mis dans la valise. - Jamais vu aussi d�cal�e moi.

Oh maintenant je le vois pas!

Bon �coutez, franchement qu'est-ce qui va pas?

Oh mais rien!

- Vous pr�f�rez qu'on parte demain? - C'est � cause de Jacques.

Mais qu'est-ce qu'il a Jacques?

Mais depuis la f�te il refuse de me r�pondre au t�l�phone.

Eh il vous en veut, il a raison.

Pourquoi il a raison?

Quand vous �tes comme �a, je vous d�teste!

Oh �coutez, vous savez quoi?

Vous n'avez qu'� partir avec votre nouvelle amie au sport d'hiver. Je suis s�re qu'elle skie tr�s bien!

Mais enfin Peggy, vous n'allez pas recommencer avec votre jalousie ridicule!

Mais Peggy arr�tez!

Allez Banco! La neige pour nous c'est vraiment pas cette ann�e.

Banco, vous le privez, cette pauvre b�te, du sport d'hiver!

- Peggy arr�tez vos enfantillages! - Y a pas de Peggy qui tient!

Sans vous tout �a n'aura aucun sens, vous savez bien!

- Mais �a n'a aucun sens! - Mais enfin Peggy!

Allez, venez!

Oh �a doit �tre le taxi, on va rater le train!

Peggy, s'il vous pla�t!

C'est la police. Nous cherchons Madame Sagan, c'est pour une perquisition.

Ah mon Dieu! Qu'est-ce que j'ai dans mon sac?

Et o� est-ce qu'on va le cacher?

Mais non, pas l�, pas l�!

- Vous avez raison! - L�! - �a fait une bosse.

�a vous amuse P�pita de rester l�? Vous �tes au spectacle?

Banco!

Banco arr�te �a tout de suite, tu vas tomber malade!

L� vous voyez! Lui aussi il aime �a!

Tout de m�me un peu d'argent, hein?

Ecoutez Fan�oise, vous en avez tr�s-tr�s bien tir�e.

Moi je crois que vous pouvez pas faire mieux!

- Oui, oui, c'est vrai. - C'est pas votre premi�re affaire!

- �a aurait pu �tre pire! - Ah les journalistes!

Madame Sagan, Madame Sagan!

- Madame Sagan avez-vous reconnu de prendre la coca�ne? - Oui.

En quelle quantit�?

J'en prends normalement, comme tout le monde.

Mais o� placez-vous les fronti�res de la normalit�, Madame Sagan?

Eh bien �a ne regarde que moi! J'ai le droit de me d�truire comme je veux!

- S'il vous pla�t! - Mais vous n'�tes pas au-dessus des lois!

Bien s�r les lois qui sont faites pour s'adapter aux gens, �a n'est pas de contraire!

Vous connaissez les ordres mieux que moi!

Est-ce que je pourrais parler au docteur Lavaux s'il vous pla�t?

De la part de Peggy Roche.

Bonjour docteur, je suis avec Peggy et on vient de recevoir les analyses.

Elle est � c�t� de moi, elle vous �coute mais elle n'a pas le courage de vous parler.

Par rappot � la valeur de r�f�rence, le taux de TG il est tr�s �lev�. Qu'est-ce que �a veut dire?

Oui-oui, je comprends.

Oui-oui, bien s�r, bien s�r elle va venir vous voir.

Oui tr�s vite.

Oui.

Au revoir.

Bien s�r, bien s�r. Au revoir Monsieur, au revoir.

Y a un probl�me?

Le fisc, toujours le fisc. Ils me l�cheront jamais.

Vous ne voulez pas qu'on aille d�jeuner? J'ai une faim de loup.

Volontiers!

Pour l'hiver cette ann�e, j'ai l'intention de ne faire que de la maille et du jersey.

- Qu'est-ce que vous en pensez? - C'est tr�s bien.

De toute fa�on ce sera magnifique, y a aucun doute.

En fait, le docteur Lavaux a appel�, vos r�sultats sont bons, c'�tait une fausse alerte, tout va bien!

Ah bon, mais il aurait pu m'en parler.

Oh l'important c'est que tout aille bien, hein?

�a fait six mois que je lui mens.

Six mois? T'es compl�tement inconsciente!

Oh, elle a son traitement, qu'est-ce que tu vas imaginer?

Docteur lui donne ce qu'il faut mais il est d'accord avec moi pour ne rien dire.

Elle avale des m�dicaments depuis six mois sans savoir ce qu'elle a.

Oui, �a allait tr�s bien. C'est depuis qu'elle est � l'h�pital que �a ne va plus.

C'est un classique.

On m'a parl� d'une gu�risseuse au Braisil, je crois que je vais l'emmener.

Oh quelle bonne id�e! Pour qu'elle meure en route?

On meurt tous en route.

C'est vrai.

Et mon filleul, comment va-t-il?

Je croyais qu'il avait vraiment d�coll� dans la photo.

Les hommes t'ont toujours d��ue Minou mais... lui �pargne-lui la comp�tition.

On aurait d� faire ensemble cet enfant.

Tu es press�?

Oui. Je retourne � la campagne.

J'habite chez un ami.

Au calme. Il s'occupe de moi.

Ah bon? Mais tu me l'avais pas dit.

Tu me demandes plus rien.

De toute fa�on, s'ils vous ont pas mis la t�l�vision ce soir je rapporte celle de la maison.

- Et vous? - Oh j'aime pas regarder la t�l�vision toute seule.

D'ailleurs seule je n'aime rien, vous savez bien.

�a va vous remonter le moral.

Je vous ai dit que Chazot �tait tr�s malade?

Fran�oise je suis d�sol�e.

Oh non, c'est moi.

Je vais pas vous emb�ter avec �a, c'est comp�tement idiot.

Vous savez ce qu'on va faire pendant l'�mission? Je vais dire quelque chose pour vous.

Je vais dire "lustucru".

Non vous ferez pas �a.

Ah mais si, comme �a vous savez que je pense � vous.

L� qu'est-ce que je dois mettre? Beige ou bleu marine?

Les deux vous vont bien.

Ah mais tiens vous avez raison, on va mettre les deux alors.

Je vous ai dit que j'avais vu Florence?

Ele m'a dit qu'elle �tait venue vous voir et qu'elle vous avait trouv�e beaucoup mieux.

Oui je sais, elle sera toujours l� pour vous.

Oui bien s�r qu'elle est l� pour moi. Mais vous aussi vous �tes l� pour moi, qu'est-ce que vous racontez!

Promettez-moi de rester tr�s proche d'elle.

Si vous commencez � dire des b�tises, je m'en vais.

Promettez-le-moi.

Arr�tez Peggy.

Vous allez vous en vouloir...

... de continuer � vivre.

Vous allez penser que vous me trahissez et il faut pas.

Pensez seulement � Denis, soyez indulgente avec lui.

Et puis...

... surtout, soyez heureuse, vous le m�ritez.

Pleurez pas.

- Pleurez pas. - Ah non-non, pas du tout.

Il faut pas.

Je sais que vous n'y croyez pas mais moi je suis s�re qu'il y a quelque chose apr�s.

On va se revoir.

Je vous promets.

Je vous promets.

Il me faut bien une cigarette, je reviens.

Mais vous avez �crit ce livre dr�le, comique...

parce que c'�tait un moment de votre vie o� vous �tiez pas tellement gaie

parce que le monde �tait comique autour de vous?

Oh non, ce n'est pas... un moment sp�cifique du tout, c'est m�me...

un moment assez triste, alors moi j'ai imagin� cette bande de lustucrus

partant au moment de la d�b�cle

et se retrouvant au mileu... du fumier avec les travaux de fauche etc.

Ensuite, j'ai beaucoup coup�, j'ai d� beaucoup couper,

il faut beaucoup couper pour le comique, la dr�lerie,

en fait parce qu'on a une tendance � s'�tendre un petit peu et...

et l� je dois dire qu'il �tait... il est assez maigre et en fait...

je le trouve bien, enfin... c'est un roman convenable.

Fran�oise!

Eh bien Astrid, qu'est-ce que vous faites l�?

Je voulais partir pour Deauville.

Je vous emm�ne?

Mon mari est � l'�tranger, vous venez?

Non, je ne peux pas.

Mais pourquoi pas?

�a vous fera du bien de prendre l'air!

Et puis, qu'est-ce que �a change?

Non, je ne peux pas.

Eh qu'est-ce que vous voulez? J'ai demand� qu'on me d�range pas.

Pardon Docteur, je vous n'avais pas vu. Rentrez!

C'est gentil de me faire une petite visite.

Pardonnez-moi, je vous re�ois allong�e, donc je fais �a tr�s souvent.

- C'est les m�dicaments. Elle prends un tas de trucs. - Madame Bartoli, allez me chercher un verre s'il vous pla�t!

- Je vous laisse un moment? - Oui-oui, oui c'est �a.

Installez-vous, installez-vous, vous me d�rangez pas. Ce que j'�crivais n'a aucune importance.

Madame Bartoli! C'est affreux!

Mon Peggy!

Qui va dormir avec moi maintenant?

Oh Peggy!

Astrid!

Je ne crois pas � la vie �ternelle.

Ni � la r�incarnation.

Je n'arrive pas � croire que je ne reverrai jamais les gens que j'aime.

Les souvenirs vous sautent � la gorge � l'improviste.

Et on se retrouve les yeux ferm�s, bafouillant un pr�nom ou un autre.

C'est l'heure de la m�thadone.

Je vais mourir.

Mais non, tu vas pas mourir, allez-allez, �a va aller!

Comment je vais faire pour m'en sortir?

Ils avaient raison, c'est fini!

Calme-toi, calme-toi!

Tiens, bois! Je suis l� maintenant!

Encore-encore!

Et voil�!

- Qu'est-ce que c'est? - Un coup de t�l�phone pour Madame Sagan!

Dites-leur qu'elle est pas l�! La barbe � la fin!

�a suffit ces gens qui appellent comme �a toute la journ�e!

- C'est Florence Malraux. - Bon, j'arrive.

Je reviens.

J'aurais d� les suivre.

J'aurais d� mourir avec eux.

Avec Peggy, avec Chazot.

Je n'ai pas eu ce courage.

Astrid!

Le plus difficile, c'est de continuer son chemin.

Le plus surprenant, c'est que tant bien que mal, on y parvient.

Il n'y a pas d'�ge pour r�apprendre � vivre.

On dirait m�me qu'on ne fait que �a toute sa vie.

Repartir.

Recommencer.

Respirer � nouveau.

Comme si on apprenais jamais rien sur existence.

sauf parfois une caract�ristique de soi-m�me.

L'endurance.

Une vaillance.

Une l�gert�.

Oh ce n'est pas une impuissance, une l�chet�.

Bon, ben j'y vais.

Qu'est-ce que tu fais?

Un petit peu de courrier.

N'oublie pas, j'ai fait venir le coiffeur � 15 heures.

Ah ben c'est lui.

- C'est demain. - Ah non, j'ai annul�.

Je fais venir le mien. Il s'appelle Yvan, tu verras il est formidable, il a des doigts en or.

Tu r�gles rien, je me suis occup�e de tout.

Dis-moi comment tu trouves ma nouvelle cr�ation?

"Sex, racisme et pollution", je l'ai fait pour toi.

T'as raison, c'est moche.

Bon, je file!

- Madame Sagan? - Je sais, le coiffeur, j'arr�te dans une minute.

Non, c'est pas le coiffeur, c'est le monsieur du laboratoire.

Yvan n'a pas pu venir?

- Laboratoire Vavin. - Ah!

Eh bien, on va faire comme la derni�re fois.

Eh bien allez!

- Laboratoire Vavin, je viens pour pr�l�vement. - Oui, bonjour Monsieur.

Je reviens tout de suite.

Madame Bartoli!

Oh mais vous en mettez un temps!

Ah enfin!

Un de ces jours, on va se retrouver toutes les deux dans le panier � salade.

�a n'amuse que vous.

On va pas vous mettre en prison pour trois gouttes de pipi.

- Eh bien voil�, il est tout chaud. - Tr�s bien, merci!

- Rosa, s'il vous pla�t. - Au revoir. - Au revoir Monsieur.

Alors tu fais tout?

Qu'est-ce qui a br�l� exactement?

Bof, le salon, la salle � manger, enfin, tout le bas!

Et vous savez c'qui s'est pass�?

�coute ne me demande pas, j'en ai rien compris.

Si tu avais vu �a, c'�tait affreux.

Je comprends pas, qui a pay� les travaux?

Avant l'incendie tu n'avais plus un sou.

C'est vrai cette histoire de magouille avec Elf?

Non... Oui 'fin...

C'est tomb� � l'eau.

J'ai pas touch� un centime, c'est l'interm�diaire qui a tout rafl�.

Attends, tu vois? �a aussi �'a br�l�.

Enfin au moins j'ai des nouvelles en lisant les journaux.

Oh mais si tu m'appelais tu aurais mes nouvelles.

Tu plaisantes, je t'ai appel� trois fois la semaine derni�re. Astrid ne t'a pas dit?

Ah vous �tes l�!

Bernard, tu restes d�jeuner? C'est pour savoir pour le couvert.

Bien s�r, il va pas partir maintenant.

- Nous sommes quatre. - Comment �a quatre?

Mais oui, Madame Bartoli.

Ah, Madame Bartoli...

Bonne nouvelle: Bernard va s'installer � l'avenue Foch.

Ah bon? Quel num�ro?

Eh bien chez nous, dans un petit bureau, il prendra la salle de bain bleue.

Tu sais que Bernard et moi, nous avons souvent habit� ensemble.

Il nous rappelera des souvenirs.

Madame Lebreton pr�vient qu'il faut attendre encore un petit quart d'heure.

Vous avez renvoy� le devis du tapissier?

- Oui c'est vrai, les rideaux il faut qu'on les ait vite. On est r�veill� aux aurores. - Mais oui.

Non je l'ai pas envoy�, je n'ai plus de faxe.

Mais comment �a, plus de faxe?

Mais oui, on a tout supprim�.

Ma machine � �crire, mon faxe, mon minitel.

- J'ai plus le droit d'utiliser le t�l�phone... - Et la poste vous connaissez?

- Bon �coutez, moi je peux pas travailler dans ces conditions... - Vous savez quoi? Eh ben, vous travaillez plus!

De toute fa�on, pour ce que vous faisiez... Sans compter les trucs, les machins qui disparaissent comme par hasard.

Qu'est-ce que vous voulez dire?

Mais �coutez n'entrons pas dans les d�tailles sordides, vous me fatiguez!

Vous voulez que je parte Madame Sagan?

Vous m'emb�tez avec vos histoires! Rappelez-nous quand vous aura fini de vous disputer!

Viens Bernard!

C'est aga�ant!

Toujours en train de se disputer.

Fran�oise, je vais pas venir habiter chez vous.

� cause d'Astrid?

Tu vois bien qu'elle a pas envie de me supporter tous les jours.

Je comprends, m�me moi j'ai du mal.

Je sais, elle a son caract�re mais sans elle...

Et puis tu verras, une fois que tu seras l� elle sera tr�s contente.

Je crois que c'est pas une bonne id�e.

S'il te pla�t.

Votre dessert.

O� vous avez fait �a?

On dirait deux tas de farine.

Pourquoi vous ne prenez pas une carte de cr�dit comme on vous a montr�?

Parce qu'on a plus de carte de cr�dit.

Vous voulez pas fumer une cigarette avec moi?

D'ailleurs, il faut d'abord �teindre celle-l�, vous allez mettre le feu � la maison.

Vous avez une mauvaise mine, il faut rappeler docteur.

� force de le d�ranger pour rien, un jour on aura besoin de lui, il viendra pas.

Vous pouvez rappeler le v�t�rinaire - Fouillis s'est gratt� toute la nuit.

Toutes les b�tes de cette maison sont subclaquantes.

V�t�rinaire, il faudra d'abord le payer.

Eh bien expliquez-lui que je ne peux pas.

Il a pas besoin qu'on lui explique, il a besoin d'un ch�que.

L'�picier aussi d'ailleurs, hein?

- Je demande � Madame Astrid? - Non!

- Il faut pas vous g�ner maintenant que son mari est mort, elle est tellement riche! - Je ne veux pas!

Arr�tez de me parler d'argent tout le temps, c'est une obsession!

Laissez-moi tranquille.

Oui c'est �a d'ailleurs, je vous laisse tranquille.

Comme �a vous me verrez plus, vous serez contente.

Il faudra me donner une superficie exacte du terrain et les plans de la maison si vous les avez.

Je devrais pouvoir en tirer un bon prix non?

- Surtout avec les meubles! - Mais Fran�oise, t'en tireras rien!

Tout ira au fisc et encore, c'est une goutte d'eau dans l'oc�an.

- Bien alors pourquoi on vend si �a ne sert � rien? - Mais parce que tu n'as aucun choix - tu n'as que �a!

Ils prennent c'qu'ils peuvent prendre - tu leur dois tellement d'argent!

Donc je n'aurai plus rien.

Ma pauvre ch�rie, y a longtemps que t'as plus rien - et que tu n'es plus rien d'ailleurs.

Non mais �coute, il faut ouvrir les yeux - tu te prends pour un monument litt�raire...

Mais tu sais tes livres, ils se vendent plus beaucoup. La nouvelle g�n�ration, Fran�oise Sagan...

Tu es un peu comme cette vielle baraque passablement foutue.

Tu es oblig�e d'�tre m�chante avec moi?

Mais je suis pas m�chante mais tu te rends pas compte - tu es entour�e des parasites, des mondains, des flatteurs...

Et c'est pas eux qui t'�viteraon l'hospice, hein?

Ni ton fils d'ailleurs.

Je vais y aller, moi, � cette vente!

Je vais te la racheter cette maison!

Tu veux bien �a quand m�me! Ce sera pour nous, hein ch�rie?

Attention, troisi�me et dernier feu...

Un million.

Oh ils sont en train de me stresser...

Pas de regrets? Un million.

- Pour Madame badge num�ro 17. - Adjugez � Madame - un million!

Bonjour! J'aimerais rencontrer Madame Sagan. Je suis journaliste.

Elle habite plus ici.

Ah vous allez pas me faire croire � �a!

- Croyez � ce que vous voulez! - Attendez!

Je peux faire une petite photo de vous au moins?

Oui c'est pour quel journal?

C'est pour plusieurs journaux.

- Peut-�tre qu'on pourra se mettre � l'int�rieur l�, ce sera plus joli avec vous et... - Non-non, vous rentrez pas.

- Non-non-non, vous rentrez pas! - Qu'est-ce qui se passe l�?

Vous allez ficher le camp oui?

Allez fichez le camp!

Fouille-poubelle va! Madame Sagan n'habite plus ici, vous avez compris?

Elle a plus rien � voir avec cette propri�t�.

C'est pas vrai! Allez du vent!

Madame Lebreton, le portail reste ferm�!

Personne n'entre ici pendant mon absence, j'ai dit personne!

- Madame Lebreton! - Oui-oui-oui, mais j'arrive, j'arrive, je suis l�!

�a p�se des tonnes ces trucs!

Pourquoi tellement de bagages?

Mais parce qu'il fait chaud dans la journ�e et la nuit il fait froid, voil�, j'ai tout pris, c'est absurde!

- Faites attention l� parce qu'y a des trucs fragiles! - Oui bien s�r!

Et tu pars si longtemps?

Mais fais pas cette t�te l�, �coute!

Comment je vais faire toute seule?

Mais tu seras pas toute seule. Madame Lebreton va dormir dans ta chambre.

Tu reviens dans combien de temps?

Je te l'ai d�j� dit dix fois.

- Madame Lebreton, vous avez not� ce qu'elle doit prendre? - Oui, bien s�r!

Alors le rivotryl, si elle vous emb�te trop, bon, vous doublez la dose, et la m�thadone aussi.

- Le petit coffre, vous l'avez pris? Oui-oui-oui!

Au revoir mon amour!

Oui-oui-oui, la petite chose, petite chose, mais oui, mais oui!

Mais oui je reveins tr�s vite!

Et changez-la aussi!

�a fait trois jours qu'elle a ce chemisier - c'est pas possible! C'est d�go�tant m�me!

Vite-vite, je vais rater l'avion l�!

Elle rentre quand d�j�?

- Qui �a? Madame Astrid? - Qui d'autre?

Vous savez bien qu'elle est � Manille, elle sera l� dans quinze jours.

C'est si long une succession?

Quand on a un mari milliardaire - oui.

Vous voulez quelque chose?

J'ai froid.

Je viens de mettre une b�che.

Eh bien mettez-en une autre.

Comment �a se fait que vous avez froid - vous avez toujours chaud d'habitude?

Mettez votre ch�le!

Je sais pas o� il est.

Mais il doit pas �tre bien loin... Je vais vous le chercher d'accord?

Oui. Et faites sortir le cheval aussi.

Il a rien � faire dans la maison.

Oui bien s�r! Allez viens Coco Bel Oeuil, viens!

Bon je reviens tout de suite!

D�p�chez-vous!

J'ai peur...

- Oui? - All�, Denis?

C'est Madame Lebreton. Votre maman est � l'h�pital.

Oui je sais, je l'ai entendu � la radio.

Je crois que vous devriez venir.

Je suis d�sol�e.

Vous pouvez pas la voir.

Plus tard peut-�tre?

Qu'est-ce qu'elle a exactement?

Le m�decin va passer.

Vous lui demanderait?

Il est parti?

Non.

- Vous voulez vraiment pas le voir? - Non.

Vous voulez que j'appelle quelqu'un d'autre?

Vous allez pas partir toute seule.

Moi je suis l�.

Je suis l�, je suis l�.

Madame Sagan vous avez mal?

Vous m'entendez?

Vous avez peur.

N'ayez pas peur!

Je suis l�.

�a va aller.

- Il est o�? - Qui �a?

Son fils!

Je sais pas. Je crois qu'il est parti.

Qu'est-ce qui nous est arriv� maman?

On �tait pas fait l'un pour l'autre.

Si t'avais cru en moi, j'aurais peut-�tre une chance d'�tre � la hauteur de ce que tu attendais.

Oh mais j'ai cru en toi!

J'ai tellement cru en toi que tu ne pouvais que me d�cevoir.

Ce n'�tait pas facile d'�tre mon fils.

Tu ne sais pas la meilleure: un journaliste m'a demand� d'�crire ma propre �pitaphe.

Quel culot!

Ah non, je trouve �a tr�s bien au contraire!

On devrait tous pouvoir �crire son �pitaphe.

�a �vitera aux gens de dire n'importe quoi sur vous.

Et alors? Tu as trouv�?

Ah oui, je crois.

"Sagan Fran�oise fit son apparition en 1954

"avec un mince roman, "Bonjour tristesse",

"qui fut un scandal mondial.

"Sa disparition apr�s une vie et une oeuvre �galement agr�abes et bacl�es,

"ne fut un scandal que pour elle-m�me."

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