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J' adore mon village. C'est pas le plus beau village de France,
mais c'est le mien.
J' y suis n� et j'y suis rest�.
De p�re en fils et de m�re en fille,
on s'est transmis un savoir-faire ancestral
envi� partout dans le monde.
Faut dire qu'on avait un truc.
On utilisait un bois sp�cial de la r�gion
avec lequel on fumait le saumon comme personne.
Dans notre rivi�re,
il y en avait, du saumon et de l'�crevisse.
Bref, on �tait heureux.
�a, c'�tait avant.
Un jour, la rivi�re a chang� de couleur.
On s'en est pas vraiment rendu compte,
mais le poisson, lui,
il l'a vu avant nous.
Le pire, c'est que 6 mois apr�s,
l'usine de papier qui nous avait pollu�s a ferm� � son tour.
L'eau de la rivi�re est redevenue pure.
Mais c'�tait trop tard.
L'usine avait �t� d�mont�e et avec la crise,
personne ne voulait investir chez nous.
Il y en a qui ont essay� de se battre.
- Yvon, o� tu vas ? - A Bruxelles !
Reviens, t'as pas pris tes bottes.
On a compris qu'il n'y avait rien � faire.
Tout le monde �tait parti.
Enfin, presque.
- Bonjour, Xavi. - Bonjour, Henri.
Mon virement est arriv� ?
Oui, le 5, comme d'habitude. Tu fais un petit d�p�t ?
Bon... La totalit� ?
Signature.
- Bonjour, Henri. - Bonjour, Denis.
Concernant le...
- La totalit� ? - Oui.
- Tu es s�r ? - Oui.
Bon.
Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?
- M. le Maire. - Henri.
- Vous voulez tout retirer ? - Tu sais bien.
Une signature.
Voil�.
Et pour M. Platel.
Je t'ai d�j� dit. J'ai pas le droit.
Ne recommence pas. J'ai une procuration.
Un million de fois...
Tu veux faire mon boulot?
Je te le r�p�te...
C'EST �A QUE TU VEUX ?
Tu vas faire ce que je te dis.
Je suis le maire de ce village.
Je suis asserment�, nom de Dieu.
Merci.
Ta gueule.
Mon fr�re a t�l�phon� pour le boulot � Madrid.
On en a parl� 100 fois. Je veux pas quitter St-Loin.
Pourquoi pas ?
T'aimes mieux perdre ta vie � pirater l'eau, l'�lectricit�
et � encaisser tes deux RSA � la fin du mois ?
Bon, �coute.
J' ai une procuration.
C'est �crit noir sur blanc.
M. Platel m'a investi de cette mission.
Il me fait confiance.
M. Platel est mort.
Pas officiellement.
Il va se passer de grandes choses, ici.
J' ai une touche avec des investisseurs vraiment s�rieux.
J' irai pas travailler en ville.
Germain, le boulot, c'est pour moi.
J' ai une r�union.
Germain Wilkinson s'�lance pour la transformation.
Chut, tu vas r�veiller le village.
L�-bas, il y a quelqu'un.
Bonsoir, Xavi.
Ah ! Salut, Germain.
Vous faites quoi ?
On part en vacances.
Avec vos meubles ?
Oui, en camping.
On aime bien notre confort.
Mon cousin m'a pistonn� pour un travail en ville.
Un vrai boulot !
J' aurai une mutuelle,
des tickets resto et le 13e mois.
Je pouvais pas refuser.
J' en peux plus d'attendre, Germain.
Tous ces investisseurs promis
et qu'on ne voit jamais arriver.
Et puis un p�re ch�meur, c'est pas un exemple.
Val�rie, viens ici.
Montre-lui tes dents.
Allez ! Montre-les.
Tu vois l'incisive qui monte sur la canine ?
Et sa molaire qui pousse au milieu du palet.
On dirait Rib�ry.
- C'est qui, Rib�ry ? - Une jolie princesse,
ma ch�rie.
En restant ici, elle aura des dents tordues,
...on pourra pas la marier. - �a suffit, Xavi.
C'est vrai ! Regarde-toi, c'�tait d�j� limite.
Heureusement qu'elle a pas ton nez.
Quoi, mon nez ?
Un appareil et dans 2 ans, tout sera en place.
Comment tu sais ? T'as pas de gamin.
Excuse-moi, Germain.
Pas grave.
Ah, et puis bonnes vacances.
Eh oui.
Germain !
Si je te trouve quelque chose... Germain.
Germain !
All� ? Oui, oui, ne quittez pas.
Germain !
- Germain ! - �a va...
C'est qui ?
All� ?
Oui, c'est moi.
Oui.
Oui, oui.
5 ans'?
Oui, d'accord. Mais c'est tout ?
Ah, parfait. Oui, parfait. Merci.
Oui, oui.
Je dis quoi � mon fr�re pour le boulot?
Dis-lui qu'il se le garde. Le boulot va venir � nous.
On va l'avoir, notre usine. On va l'avoir.
Bon, allez.
Chaque fois que je viens,
j'ai l'impression que c'est plus loin.
Il reculerait pas, votre village ?
C'est pas vrai !
Mais oh !
Quand vous entendez les cloches,
c'est pas pour la messe.
On n'a plus de cur� depuis 7 ans.
Il y a une assembl�e.
Pour une assembl�e, on se rassemble.
Allez.
Aim�, donne l'exemple.
G�rard, c'est valable pour toi aussi.
Didier, laisse ton balai.
- Non mais ! A qui je vends, moi? - Tout d'abord,
merci d'�tre venu spontan�ment � cette assembl�e extraordinaire.
Voil�, j'ai re�u un coup de fil de Bruxelles.
Chut! Chut!
Non,
j'ai fait une demande de subvention
pour reconvertir notre usine et on l'a eue.
Ils sont d'accord pour nous aider � cr�er notre SCOP.
C'est quoi, une SCOP ?
Une coop�rative ouvri�re.
- Bien, ch�rie. - Bruxelles nous a coul�s
avec leur loi �colo de merde pour maintenant nous sauver ?
Ces subventions, ils les donnent au compte-goutte.
Ce sera une entreprise autog�r�e. L'usine sera � nous.
On a pas boss� depuis longtemps. T'es s�r de toi ?
Je suis s�r de rien.
Mais j'en ai marre de me regarder le nombril.
Bon Dieu, r�veillez-vous !
Qui veut du travail ?
Qui veut une raison de se lever ?
Levez la main, merde !
Qui veut dire au gouvernement qu'il garde son RSA ?
Qui veut voir revivre notre �cole ?
Qui veut rester � St-Loin ?
C'est bon. Il y a juste un petit probl�me.
�a nous aurait �tonn�s, �a.
Henri, je t'en prie.
L'Europe exige qu'on ait un docteur.
- Salauds de Belges. - Yvon !
On n'est pas malades. On n'en a pas besoin.
C'est pour les assurances.
Moi, j'en connais un. Il est � Saint-Prest.
- Mais non ! - Il a 76 ans.
- Et Alzheimer. - Saint-Prest, c'est � 35 km.
- L'�t�, quand le col est ouvert. - C'est la loi.
Pour avoir cette usine, un docteur doit s'installer
chez nous pour 5 ans.
- On est � Saint-Loin. - C'est pas impossible.
Depuis 10 ans, on cherche un docteur.
- M�me le toubib roumain est pas rest�. - Il �tait pas roumain,
il �tait bulgare.
Il �tait pas hongrois ?
Roumain.
De toute fa�on,
on va arr�ter de chercher et on va trouver.
Il existe quelque part un docteur qui veut venir ici.
J'en suis convaincu.
- Il �tait roumain. - Ta gueule, ta gueule!
- Non ? - Non, plus gros.
Donne.
- Non. - Je sais pas.
Bah...
- C'est pas mal. - "Mon merveilleux village."
Ouais.
On a besoin des coordonn�es de tous
les m�decins de France.
T'en as pour combien de temps � trouver, mon Denis ?
C'est fait.
Besoin d'autre chose ?
Tu sais faire �a ?
Oui !
Ah bravo !
D�p�chons si on veut pas que Bruxelles
file la subvention aux Grecs.
Quoi ?
On affronte un village grec.
C'est chaud, �a.
Ils sont encore plus dans la merde.
Si on a un docteur, la subvention est pour nous.
T'as oubli� autre chose ?
J' ai d� promettre la virginit� de ta fille � un fonctionnaire belge.
Quoi ?
Une vierge par village,
...c'est le quota. - Pourquoi elle ?
�a va, je d�conne.
Elle est plus vierge, ta fille.
- Je vais chercher des timbres. - Je viens.
"Un cadre verdoyant,
"une nature riche et accueillante,
"un pays de terroir et de traditions."
Saint-Loin-la-Mauderne.
' Bye-bye. ' Bye-bye.
Bye-bye.
Vous avez z�ro message.
Si j'habite en ville, tu viendras me voir ?
Non.
- Il se peut... - J'irai pas te voir.
Je suis s�rieux, Yvon.
J' irai pas te voir.
Carmen a une proposition de travailler en ville.
J' ai pas de voiture.
T'as qu'� prendre le car.
J' ai jamais fait �a.
Non !
- Quoi ? - T'es jamais all� en ville ?
Non ?
T'y es jamais all� ?
Bah non.
T'y es jamais all� ?
Non, je suis jamais all� en ville.
Tu viendras me voir.
Je te dis que non !
- T'as qu'� lui demander, � lui. - Brice !
- Tu viendrais me voir en ville ? - Brice ?
Il vient d�j� pas te voir ici.
Putain, putain !
Qu'est-ce qu'il y a ?
Vous rouliez sur une voie de bus,
deux points.
La ceinture, trois points.
Non, la ceinture, je l'avais sur moi.
Papiers du v�hicule, s'il vous pla�t.
Bien, monsieur l'agent.
Putain, ils n'ont que �a � foutre. Les fonctionnaires !
Vous venez d'o� ?
D'un match de cricket.
Cricket ?
Oui, de cricket.
On a gagn� le championnat. �a m'a retard� pour ma garde.
�a explique la voie de bus.
C'est pas bien, je sais, mais je suis docteur.
Je suis docteur, je dois avoir mes...
Vous �tes docteur ?
Oui.
En chirurgie plastique.
Nabilla, vous connaissez ?
C'est moi qui lui ai fait sa...
Ses... Enfin, sa...
Je pourrais le faire pour votre femme.
Ou pour vous. Je pourrais faire quelque chose pour vous.
Votre nez. Vous pourriez avoir un tr�s joli nez.
Tr�s harmonieux, comme �a. Tr�s...
Vous �tes docteur ?
Oui, bonsoir.
Mais c'est formidable !
Attends, attends. Je te le passe, je te le passe.
C'est Xavi.
- Quoi ? - C'est Xavi qui est � Paris.
Il a une bonne nouvelle.
All� ?
Chers concitoyens,
Dieu nous a entendus.
Xavi, notre demi de m�l�e,
nous a trouv� un docteur.
On va avoir notre usine.
On va retrouver du boulot !
Bon.
Mais il va venir pendant un mois � l'essai.
- Pourquoi � l'essai ? - �a veut dire quoi?
On a un mois pour faire signer au docteur un contrat � long terme.
Si le docteur signe, Bruxelles signe et on a notre usine.
On a 7 jours pour avoir le plus beau village.
Apr�s �a.
on aura un mois pour que le Dr Meyer tombe amoureux du village.
Non, c'est pas gagn�.
Faut y croire.
Un docteur ici, c'est comme la neige en �t�, �a tient pas.
Changer le panneau.
- Changer le panneau. - Le panneau, oui.
D�placer le tracteur.
- Pour le mettre o� ? - Impossible.
C'est pas faisable.
Un joli cimeti�re, c'est accueillant.
Oui, c'est bien, �a. Un docteur, direct au cimeti�re.
De toute fa�on,
il lui faut un coup de foudre.
Ah oui, ah oui!
Je sais ce qu'il lui faudrait.
Trouver de l'argent.
- Bonne id�e. - O� tu veux qu'il en trouve ?
Par terre. �a me rend
joyeux d'en trouver par terre.
Tu marches et hop... M�me 5 centimes.
�a rend joyeux, hein ?
- Tu te sens chanceux. - Tr�s bonne id�e...
Attendez, les gars.
Moi, j'ai une id�e.
Mettons de la drogue par terre.
On sait qu'il aime la drogue. Il serait content
...et il resterait. - Il en trouverait o� ?
Votre fille en fait pousser chez vous.
C'est des plantes exotiques.
Pas du tout.
La marijuana. Elle m'a fait go�ter, j'ai failli crever.
Ma fille aime les plantes. Elle a la main verte.
Tu dis n'importe quoi, t'es jaloux.
- Je suis pas jaloux. - On l'installe o� ?
Bonne question.
Un endroit chic et moderne.
On est dans la merde.
Chez moi, c'est chic et moderne.
- Non, c'est pas moderne. - Ni chic.
C'est pas chic ?
- Non. - C'est quoi ?
C'est laid.
C'est pas laid, chez vous ?
Chez moi, c'est moderne !
En ville, on aime ce type de maison.
On verra plus tard.
Au fait, Xavi m'a dit
que le futur docteur adore le cricket.
- Le ? - Criquets ?
C'est d�gueulasse. D�j� que j'aime pas les sushis.
Non, le cricket!
Le sport avec une balle et le b�ton aplati.
Les r�gles du cricket.
�a, c'est les �quipements du cricket.
�a, c'est les costumes du cricket. Voil�.
Autre chose ?
Trouve-moi des photos d'infirmi�res.
- D'infirmi�res ? - D'infirmi�res.
D'infirmi�res.
Voil�.
Non mais !
Bah �coute !
Allez, on l�ve, on l�ve !
Pardon.
Le tracteur, il faut l'enlever.
C'est trop moche.
C'est soud� dans le sol.
Trouvez une id�e. Je compte sur vous.
C'est pas blanc blanc,
mais de loin, il verra pas.
Alors ?
- Qu'est-ce que t'en penses ? - C'est horrible.
�a a de la gueule, non ?
- C'est un poisson. - Les gars,
on arr�te l�, c'est parfait.
C'est le d�bardeur qui va sur le polo.
�a sera la m�me tenue que les joueurs de cricket.
�a sera tr�s beau.
Bien s�r, il faudra quelque chose
...pour la prot�ger. - Ah oui.
C'est pas �a !
C'est pas �a !
Ta-dam, on va mettre le docteur sur �coute.
Pourquoi t'as cette machine ?
Parce que j'aime bien bricoler.
- T'espionnes ta femme. - �a va pas !
Son fr�re cause toujours derri�re mon dos.
- Vous avez tous lu les r�gles ? - OUAIS !
Quelqu'un peut m'expliquer le jeu ?
OK.
Hubert, Martial, Aim�, toi et toi,
...venez avec avec moi. - Allez, suivez.
Je vous ai dit de venir ?
Non, alors allez l�-bas.
Je suis lanceur, batteur ou...
Tu te mets l�-bas. Allez.
Allez !
Le plus important, qu'on ait la balle ou pas,
c'est qu'on passe pas...
Mais �coutez, merde !
Oh oh!
"Selon que l'on poss�de la balle ou non, du r�le d'attaquant..."
Tu laisses le b�ton, putain !
Qu'est-ce que tu fais toi ?
Allez, Germain.
Allez, Germain.
Tu vois rien ?
�a suffit !
OUAIS !
Maintenant, qu'est-ce qu'on fait?
Qu'est-ce qu'on fait?
- Sachant que la balle est partie... - On fait quoi ?
Je pr�te la maison au docteur.
On ira chez mamie.
C'est juste pour un mois.
C'est pour le bien du village. Pas d'objections ?
Non.
Bah non.
Et sinon ?
Personne n'a un truc � me dire ?
Lucie ?
Bon...
- �a va, l� ? - Oui, tu es beau.
T'es parfait, mon Germain.
- OK. Bon, j'y vais. - Allez.
Allez.
Saint-Loin, on se l�ve.
Pardon, mais il n'y a pas de village ici.
C'est loin, Saint-Loin-la-Mauderne ?
Ah oui ! Saint-Loin, c'est loin !
Oh, putain !
Oh, le look !
- Bienvenue. - Bonjour.
�a a �t�, votre voyage ? Pas trop long ?
Pas trop long.
Un TGV, un TER, deux bus et une Lada. Super!
C'est plus court d'aller aux "States".
Il para�t que c'est sympa, les "States".
Vous avez vu, il fait beau chez nous.
Et on respire tellement bien.
Y a beaucoup de centenaires ici.
Et beaucoup de jeunes aussi.
Beaucoup. Les jeunes, oh l�.
Y en a beaucoup.
Allez, ils arrivent.
Tout le monde en place ! Vite, vite !
- T'es pas l�. - Ta gueule, ta gueule.
Hubert, enl�ve-moi �a.
Oh, excusez-moi.
J' ai failli �craser un �cureuil qui traversait.
Qu'est-ce que c'est ?
Quoi ?
Vous jouez au cricket, ici ?
Ah mais bien s�r, oui.
- C'est une grande terre de cricket. - Ah bon ?
Ah oui.
On peut s'arr�ter ?
C'est-�-dire que c'est la finale,
le dernier match de la saison.
- S'il vous pla�t, juste une manche. - Non.
Non. Et un Parisien, �a va les g�ner.
Une autre fois, une autre fois.
S'il vous pla�t, juste une manche.
Bon.
Alerte, alerte !
Ils arrivent!
L�, on est dans la merde.
Docteur, attendez-moi.
Attendez-moi.
- C'est plus civilis� que le rugby. - C'est s�r.
Yvon, il faut passer au plan B.
- Y a pas de plan B. - Y a pas de plan B.
Y a pas de plan B.
J' ai jamais vu une �quipe en d�fense comme �a.
�a, c'est la tactique
de Saint-Loin.
Le docteur risque de trouver �a particulier,
qu'on s'habille en joueurs de cricket, qu'on ait l'�quipement,
mais qu'on ait aucune id�e de comment jouer au cricket.
�a prot�ge bien le flanc gauche.
Mais le flanc droit.
Ils ont toujours eu ce probl�me.
Trouvons un truc. On fait quoi ?
Je sais pas, moi.
Partons. Ils sont pas habitu�s.
Il faut trouver une id�e. Ils arrivent.
Ils arrivent. On fait quoi ?
Ouais, les gars !
C'est fini. Ce sera pour la prochaine fois.
C'est super!
Quelle �quipe a gagn� ?
Les deux. Les deux.
Un match nul ? �a, c'est rare.
Oui, c'est tr�s rare.
C'est �trange, comme technique.
Faudrait que j'essaie.
Oui, pourquoi pas.
Et voil�, Saint-Loin-la-Mauderne.
Vous allez tomber sous le charme.
Ils sont sympas, hein ?
Je vous laisse les bagages l�, dans l'entr�e.
Suivez-moi.
Voil�.
Le mix parfait entre le neuf et l'ancien.
Sympa, hein ?
C'est moderne.
Les portables ne passent pas bien.
Sauf chez les Souillac, � l'autre bout du village,
entre 12 h et 14 h.
C'est une blague ?
C'est-�-dire que non.
Avec un vent d'est, on a un bon r�seau, deux barres.
Sinon, utilisez le fixe.
La commune paie vos communications.
Euh... Nationales.
La t�l� ne marche pas non plus tr�s bien.
Comme c'est encaiss�, depuis le passage � la TNT,
on ne capte plus rien.
Ils nous ont promis de r�parer avant No�l.
Il n'y a pas le wifi ?
Non. Mais attendez, on a quand m�me l'Internet 56K � la poste,
entre 9h et 12h.
Et comme le chef postier est sympa,
si vous voulez, l'apr�s-midi, il peut vous ouvrir. Pas de souci.
Pas de souci.
Voil�. Plus de questions, non ?
Je vous laisse. Comme on dit chez nous :
Bienvenue chez vous.
All�, Katia ? C'est moi. �a va ?
C'est � toi qu'il faut demander �a. Et ce voyage, mon ch�ri ?
J' ai pris un TER.
�a a dur� un si�cle. J'ai cru ne jamais arriver.
Vive la province.
- Alors ? - CHUT !
- Tu es o� ? - Saint-Loin-la-Mauderne.
C'est s�r, c'est loin. Mais c'est loin d'�tre moderne.
On croirait un camp de gitans. Comment on peut habiter ici ?
Attention, j'ai �t� accueilli en grande pompe
par M. le maire "himself".
Il est gentil,
mais il est lourd avec son village claqu�.
Il est claqu� comme sa gueule.
Il aurait besoin d'une retouche maxillofaciale.
Oh putain !
�a te fait rire ?
- Non. - O� est le son ?
- Tu touches � rien. - Chut, on entend rien.
Justement, c'est ce que je dis.
Arr�te !
- J' ai dit quoi ? - J'ai � peine touch�.
Chut!
- All�, Katia ?
- C'�tait quoi, ce bruit horrible ? - C'est leur r�seau.
Qu'est-ce que je disais ?
Ah oui ! Un truc de dingue.
Devine quoi, ils jouent au cricket ici.
- Ah bon ? - Eh ouais.
�a a march�.
J 'imaginais des beaufs accros au rugby.
Et la maison ?
Elle est jolie ?
La maison...
La maison, comment te dire ? C'est pas feng shui.
J' ai jamais rien vu d'aussi laid.
- C'est comment ? - Chacun ses go�ts.
- C'est mal agenc� ? - Non, non, c'est tr�s bien agenc�.
- Mais tout est laid. - Voil�.
- Une vraie sc�ne de crime. - On lui a dit. -Yvon.
Les murs sont laids.
Les tableaux sont laids,
les tapis sont laids.
- On se croirait dans "Derrick". - Merci.
Il y a une photo
du type qui habite l�. �a doit �tre un cousin de Borat.
Il aurait aussi besoin...
Touche pas � cette machine.
J' ai pas fait expr�s.
- Katia, t'es l� ? - Si, si.
Il y a un probl�me avec la ligne.
Oui, on dirait.
Je vais d�ner car ils doivent se coucher avec les poules.
Je te rappelle.
C'est du racisme anti-paysan.
Si tu pouvais me faire ton boeuf Strogonoff.
D�s que tu rentres, mon ch�ri.
Je te rappelle plus tard. A tout � l'heure.
Bacio.
Son boeuf quoi ?
Louis, au restaurant, vite ! Boeuf Strogonoff.
OK.
Merde !
A l'aide, au secours !
S'il vous pla�t !
Dolly, va l�-bas, file.
Allez.
Chut !
A qui est ce chien ?
Au village. File, Dolly. Chut.
- Merci. - �a va ?
D�sol�, j'ai pas l'habitude.
Ils me font flipper. Surtout les petits comme �a.
Comme les nains, c'est les plus teigneux.
On a tous une phobie.
- Bonjour. - Bonjour.
Maxime Meyer, votre m�decin pour le mois.
Eve, enchant�e.
En fait, je suis un peu perdu.
Je cherche un restaurant.
Vous voulez dire "le" restaurant.
Il est sur la place, l�-bas, � gauche.
- Une autre question, docteur ? - Non, non.
Je vous observais.
Je pensais qu'avec une retouche du nez, des pommettes
et une liposuccion, vous seriez tr�s belle.
Tr�s Parisienne.
Une correction de votre langage
et l'ablation de votre arrogance,
vous seriez certainement plus agr�able.
Plus provincial.
- Je voulais pas vous vexer. - Bon app�tit.
Non, mais je voulais pas...
Bon.
Bien.
Bonsoir.
Bonsoir.
- Bonsoir. - Bonsoir.
- Il est possible de d�ner ? - Bien s�r, installez-vous.
O� vous voulez.
Je vais tenter l�.
Docteur, qu'est-ce qui vous ferait plaisir ?
Ce qui me ferait plaisir, vous ne l'aurez pas.
Dites, on ne sait jamais.
Je r�verais d'un boeuf Strogonoff.
Je vais prendre un plat du jour.
Un plat du jour!
�a marche.
Il va se r�galer, le docteur.
Il est bon, le boeuf Strogonoff ?
Au revoir, docteur.
Au revoir.
Grosse ambiance.
On va bien se marrer, ici. Putain.
Village de merde !
Merde !
- Bonjour. - BONJOUR.
Allez-y, toussez.
Encore.
�a va, �a va.
Vous avez une belle bronchite.
Comme vous dites.
Il y a peut-�tre une otite,
mais tr�s loin derri�re les bouchons de cire.
Je fais le pansement moi-m�me.
Mais c'est ignoble.
C'est pas dr�le !
Dites : "Ah".
Angine blanche.
Comment c'est arriv� ?
Au rug... Au cricket.
Au cricket ?
Faut y aller mollo.
Vous avez un pied d'athl�te. Merci.
- C'est un champignon. - Ah bon ?
Le petit tousse la nuit. Sa soeur fait pipi au lit.
Lui a les pieds en dedans. Elle a des probl�mes d'amygdales.
Et lui ne fait pas ses nuits. Il arr�te pas de crier.
C'est tout ?
"Presquivez-moi" la pilule.
Bonne id�e. Je vais vous la "presquiver".
Oh, le cauchemar!
Ciao, sono Katia, non sono disponibile.
Leave me a message and I'll call you back.
Oui, ma puce, c'est moi.
J'ai termin� ma 1re journ�e de travail.
Enfin, de travaux forc�s.
C'est l'enfer.
J' ai jamais autant travaill� de ma vie.
Je tiendrai pas une semaine !
J'en peux plus de cette verdure et de ces p�quenots.
�a m'aurait fait du bien de t'entendre.
Je te rappelle plus tard. Je t'embrasse.
Vous �tes malades ?
Le docteur a vu 60 patients en une journ�e.
60!
T'y es pas all�e, toi ?
Il a vu tant de maladies bizarres qu'il s'est cru au Moyen-Age.
C'est comme �a que vous s�duisez quelqu'un ?
Au fait, qui est-ce qui a un pied d'athl�te ? C'est qui ?
- C'est... - C'est qui ?
C'est quoi ?
C'est parce qu'en fait,
j'ai une souche de champignons puissante.
C'est parfait, �a ! Tu t'es dit que
le moyen de convaincre le docteur d'habiter ici,
c'est de montrer
qu'on a ici une souche de champignons ?
C'est pas �a.
- Quand j'enfile ma chaussette... - Je veux pas le savoir.
Maintenant, je prends les rendez-vous du docteur. OK ?
Qui veut prendre rendez-vous ?
Bonjour.
Bonjour.
Bonjour, Mme Hartmann.
C'est Germain Lesage. Le maire de Saint-Loin-la-Mauderne.
- Pardon ? - Saint-Loin.
Non, la Mauderne.
Je vous appelle au sujet de notre dossier d'aides pour la SCOP.
Oui, voil�.
Il manquait le docteur. On l'a presque. Enfin, on l'a.
Je voulais savoir quoi faire ensuite.
Oui, parfait. Oui, j'�coute.
Oui.
Oui, tr�s bien.
Pardon ?
50 000 euros ?
Oui, c'est l'�cotaxe.
Mais on a ferm� � cause des pollueurs.
On doit payer pour ceux qui nous ont tu�s ?
Oui, on doit participer � l'effort environnemental.
- C'est injuste ! - Bordel, je le sais bien !
C'est pas moi qui fais les lois.
J'y peux rien si la r�gion est dirig�e par les Verts.
Yvon, tu viens de cracher.
�coutez, les gars, mes sup�rieurs...
Quoi, tes sup�rieurs ?
T'es pas assez grand ?
Tu peux pas d�cider tout seul ?
Pas pour 50 000 euros.
On veut me remplacer par un guichet automatique.
T'en es d�j� un.
Je ne suis pas un guichet automatique.
Je suis le directeur
d'une agence postale depuis 18 ans.
Je suis un rouage fondamental de la vie de cette commune.
Vous auriez pu vous habiller un peu. On est film�s.
Tu m'�nerves.
Que puis-je faire pour vous ?
Henri, s'il te pla�t.
- Donc, vous sollicitez un pr�t. - Je vais le tuer.
De 50 000 euros.
Je vais le tuer.
Votre nom ?
Calme-toi ! Tranquille, Yvon.
Tranquille.
Donc...
Germain Lesage.
Germain. Vous pouvez �peler ?
E...
- Bon, �a y est, tu gagnes. - Enfin.
�a a �t�, docteur ? C'�tait bien bon ?
Oui, oui.
Mais on n'est pas chez Guy Savoy.
Personne ne l'aime. Une t�te de con.
H�!
Docteur, et votre journ�e ?
Longue, trop longue.
Seulement deux clients. Je pr�f�rais avec plus de monde.
Je voulais
...vous demander... - Allez-y.
C'est quand, l'entra�nement de cricket ?
J'aimerais y participer si �a vous emb�te pas.
Non, non,
�a nous emb�te pas.
Il y a un probl�me,
la saison est finie.
C'est la tr�ve.
Pendant 6 mois.
En attendant la reprise, on a d'autres activit�s.
On a la p�che.
- Et la chasse. - LA CHASSE !
- La chasse. - La chasse, parlons-en.
Quelle est la diff�rence entre la guerre et la chasse ?
A la guerre, au moins,
le lapin a un fusil.
C'est dr�le.
Oui.
C'est de Gaulle.
C'est du g�n�ral de Gaulle.
- Au plaisir. - Il faut que j'y aille.
Oh, Yvon, Yvon.
- Vous finissez pas vos bi�res ? - Non.
Ils sont pas dr�les.
Il ne leur reste que la chasse. Faut les comprendre.
�a leur tient � coeur.
Je ne juge pas. Ils sont libres.
La chasse ne me d�range pas. Limite, j'aime bien.
Bonsoir, Germain.
Bonne soir�e, docteur.
A bient�t.
Oh putain !
Village de merde.
Pourquoi �a capte pas, l� ?
Le r�seau, c'est au bout de la rue, la maison blanche.
Merci.
J' aimerais aider, mais j'ai peur d'ab�mer mes Berluti.
Ce serait dommage, en effet.
Je suis navr� pour l'autre fois.
Dans ma bouche, c'�tait un compliment pour dire que je vous trouve jolie,
avec du potentiel.
Vous �tes un vrai gentleman !
Non mais c'est vrai.
- Tenez. Vous voyez la dame, l� ? - Hum.
Malgr� ma volont� et mes mains expertes,
il n'y aura pas de miracle.
Elle restera toujours moche.
On fait pas d'un �ne un cheval de course.
Vous parlez de ma m�re.
Ah bon ? Mais en m�me temps,
on voit une beaut� int�rieure tr�s intense.
Ne vous fatiguez pas.
Je suis d�sol�. C'est maladroit.
Taisez-vous, �a vaut mieux.
Sinon, qu'est-ce que vous faites, ici ?
Je suis ma�tresse d'�cole.
Ma�tresse d'�cole ?
Super ! J'adore les ma�tresses.
Justement, je suis une ma�tresse sans �l�ves.
Enfin, avec pas assez d'�l�ves.
Vous n'avez pas d'enfants ?
Ah non. Ah non, non !
Eh non, pas encore.
C'est dommage.
Vous auriez eu deux enfants, on rouvrait l'�cole.
Bonne journ�e, docteur.
Bonjour, madame.
Bonjour.
- Vous allez bien ? - Bah oui.
Vous avez une fille formidable.
Ma fille ?
Quelle fille ? J'ai trois gars.
Y a longtemps qu'ils ne sont plus ici.
Il aime la techno house garage.
La quoi ?
- C'est de la musique �lectronique. - Quoi d'autre ?
Il a des br�lures d'estomac. Il a pris un cachet.
Il trouve que la nourriture est trop grasse.
Je demanderai � Josiane de faire gaffe.
Ouais.
Et...
Il a eu froid aux pieds.
Il est frileux.
Qu'est-ce qu'il y avait avant ?
Pourquoi ne pas juste lui demander d'�tre notre docteur ?
Sans mensonges,
sans magouilles, sans tout �a.
Carmen.
Qu'est-ce que tu me caches ?
Tu pourrais le blesser.
C'est une conversation personnelle avec sa m�re.
On devrait pas utiliser ces informations.
Je veux pas le blesser.
Non.
Il n'a jamais connu son p�re.
Germain.
- Tu me promets... - Carmen.
Tu me connais.
On n'est pas bien ?
Tu m'en veux pas de t'avoir sorti du lit?
Non.
Si tu restes, tu finiras par adorer la p�che.
�a m'�tonnerait.
Dis-moi, t'as quel �ge ?
33 ans.
Pourquoi ?
Mon fils aurait eu 33 ans.
�a me fait bizarre de p�cher avec quelqu'un...
Comme... A parler de la vie, � parler des femmes...
A parler de tout �a.
Je suis d�sol�. Je savais pas.
Tu pouvais pas savoir.
C'est pas grave, fiston.
C'est pas grave.
Et comment on fait avec les vers ?
Tu sais que t'es dou� ?
- Ah bon ? - Ah oui, t'es dou�.
Docteur, vous avez vid� la rivi�re ?
Malheureusement, non.
- Bonne journ�e. - BONNE JOURN�E.
- Il est pas bon. - C'est un gars de la ville.
Ah non. Il est vraiment pas bon.
Ah merde.
- Denis, tu t'y connais en musique ? - Ah oui.
T'�coutes quoi ?
Obispo, Myl�ne Farmer, U2.
Notre docteur aime la techno.
Je d�teste la techno.
Myl�ne Farmer a fait de la techno.
Germain, c'est hors de question.
H�, Denis. Denis !
C'est une sacr�e cicatrice que vous avez.
- Comment vous vous �tes fait �a ? - Le...
Le rempla�ant.
Le rempla�ant?
Il fait de son mieux.
Il fait de son mieux ?
Il fait de son mieux.
Psst, Marcel.
C'est bon ? Il t'a pos� des questions ?
- Oui. - Tu as parl� du rempla�ant?
Oui.
C'est bon, Marcel. Vas-y.
Tu peux y aller, c'est bon.
Vas-y, oui.
La deuxi�me semaine s'est plut�t bien pass�e.
Tout allait bien.
Ils m'ont pr�t� des v�tements.
Notre plan fonctionnait � merveille.
Notre docteur semblait s'acclimater.
Vas-y !
Tout le monde y mettait du sien.
- C'est bon, hein ? - Oui.
On est entre l'�cole de Manchester et celle de Stockholm.
Voil�, c'est exactement ce que je me disais.
Ouais, ouais.
Putain !
Mais au bout d'un moment,
�videmment, un couple normalement constitu� commence � s'ennuyer.
Tu me manques, ma puce.
J' aimerais t'avoir pr�s de moi.
Ah bon ? Pour quoi faire ?
Je sais pas.
Il faut que je r�fl�chisse.
- Je commencerais par te d�shabiller. - Oui.
- Je te caresserais les �paules. - Oui.
Je fembrasserais partout.
Ancora.
Je sortirais mes outils.
Qu'est-ce qu'il a dit ?
Ma petite bo�te � outils.
Il va sortir quoi ?
Ses outils.
Donne-moi une cigarette.
- Tu fumes pas. - Donne-la-moi.
Je descendrais le long de tes reins.
Je te caresserais les fesses.
Ancora !
Je descendrais sur tes cuisses.
Je te mordillerais les doigts de pied.
Je te l�cherais le gros orteil.
Et apr�s ?
Et apr�s ? - Oui.
Ancora.
- Que dit-il ? - Chut.
Monte le son !
Baisse.
Katia, t'es toujours l� ?
Oui, on en �tait o� ?
Qu'est-ce qu'il a dit apr�s...
Oui, tu sais.
Tu sais.
Bon.
Tout a l'air de fonctionner.
J' en suis ravie.
Merci, docteur.
D'o� vient cette cicatrice ?
Quelle cicatrice ?
- J' ai vu, l�. - Non, c'est rien.
Comment vous avez fait �a ? C'est une longue histoire.
J' ai tout mon temps.
Je pr�f�re pas.
C'est le rempla�ant.
C'est pas lui.
Esteban, t'as mon saumon ?
Ton saumon ?
Merde, je l'ai vendu au fils Imanol.
- Putain ! - Mais attends.
J' ai un bar de ligne. C'est aussi bon.
Tu le prends ?
- Germain ? - Oui.
C'est qui, le rempla�ant?
C'est quoi, cette histoire ?
Hein ? Oh, lui...
On l'appelle comme �a en rigolant.
C'est un vieil ermite qui habite dans une cabane en for�t.
- Dans une cabane ? - Hum.
Il fait quoi, exactement?
Il fait... Tu sais...
Quand ta tron�onneuse d�rape ou ta hache ripe,
et que la ville est trop loin,
on va le voir, lui. On est bien oblig�s.
Il a des qualifications ?
Oui, quand m�me. Il a �t� brancardier pendant la guerre, en 1939.
Non, mais �a va pas !
Il faut arr�ter �a.
On a arr�t� maintenant que t'es l�.
On n'est pas fous.
Oh l�!
- Tu as une touche. - Hein, hein ?
- Oui ! Oh l� ! - Qu'est-ce qui fait des bulles ?
C'est normal. C'est le poisson qui fouille la vase.
Attends un peu.
- Je fais quoi ? - Doucement.
- Je le tiens ! - Pas encore.
- Je le tiens ! - Non.
Non, attends !
Oui, vas-y !
Vas-y.
- Merveilleux! - Je l'ai eu !
- Il est �norme ! - Enorme.
Il est tout froid.
Hein ?
Il est tout froid.
Il est quasiment congel�.
Euh... Non mais c'est normal.
Les gros poissons sont au fond,
...l� o� il fait tr�s froid. - Ah bon ?
Il est beau.
J' ai eu le plus gros poisson de la rivi�re !
Yes !
Super!
Merci, Germain.
Le pr�t a �t� refus�.
Pourquoi ?
Premi�rement, 50 000 euros, c'est beaucoup d'argent.
Deuxi�mement, vos garanties sont assez minces.
Tu vois, Henri,
ton boulot repr�sente plein de choses.
C'est vrai, il faut tamponner des documents.
Plein de documents.
C'est important, les documents.
Oh l� l�. Il y a aussi de la comptabilit�,
du classement, de la relation client...
C'est du travail. �videmment,
il te faut 10 min d'Internet par jour
pour t'astiquer le b�ton et d�stresser.
Arr�te, ils visionnent les cassettes.
Il y a autre chose.
Il y a une partie o� il faut croire au projet.
Que tu t'investisses.
Un directeur d'agence postale, �a fait partie du projet.
Il doit parfois mettre sa main au feu,
sa t�te sur le billot,
ses couilles sur la table.
Il doit pouvoir regarder son sup�rieur dans les yeux
et lui dire qu'on emmerde le formulaire.
Je sais que ce projet va marcher.
Henri.
Tu dois �tre capable de jouer ta r�putation.
Pour moi, un directeur, �a fait tout �a.
Je me dis que si tu fais pas
...toutes ces choses-l�... - Ne le dis pas.
- Bah si ! - Non, ne le dis pas.
T'es qu'un guichet automatique.
Germain.
Germain !
Yvon, je suis pas un guichet automatique.
Je le sais bien, moi.
Mais toi, faut que tu le prouves, maintenant.
Tu r�alises ?
Se faire recoudre dans la for�t par un ermite de 90 balais.
Il leur fait des cicatrices affreuses, une boucherie.
- J' ignore o� il va chercher �a. - On est au XXIe si�cle.
Ils ont le droit � un m�decin, non ?
All� ? J' ai l'impression que je t'ennuie.
Non, mais je dois te laisser.
J' ai un rendez-vous important. On s'appelle plus tard.
See you.
Bien s�r.
All� ?
See you.
See you.
�a veut dire qu'il va rappeler.
En anglais. C'est de l'anglais.
Il compose un num�ro.
- Docteur Shalayan. - Sandjiv.
- Salut, fr�rot! - Son meilleur ami.
�a va, �a va.
Tu pourrais m'enregistrer Angleterre-Australie, samedi ?
- T'as pas de parabole ? - Y a m�me pas de trottoirs, ici.
C'est leur cricket. Qui a une parabole ?
Denis, je crois.
Qu'il l'installe au bar.
Plus s�rieusement, est-ce que t'as vu Katia, r�cemment?
- Non, pourquoi ? - Je la trouve bizarre.
Elle est distante.
- Tu pourrais jeter un coup d'oeil ? - Pas de probl�me.
Je te revaudrai �a.
- Tu me dois rien, tu rigoles. T'es mon fr�rot.
Comment �a se passe au goulag ?
Finalement, �a se passe bien. Ils sont sympas.
C'est un trou perdu, mais c'est bien, cette pause nature.
- Ah bon ? - J'ai appris � p�cher.
Tu te sens bien chez les gens qui se reproduisent entre cousins.
Votre attention, s'il vous pla�t.
Bruxelles a t�l�phon�.
C'est pour l'usine.
On a un petit probl�me.
Bon.
Tout m'a l'air correct. Et votre m�decin ?
Il est en consultation.
J' irais bien d�ner.
Non, un dernier. C'est trop bien ce que je d�couvre.
Alors un truc hyper pointu. Uniquement pour les initi�s.
Waouh !
- C'est un groupe allemand. - Super.
Bon.
Il reste � voir le nombre d'habitants.
Au dernier recensement, vous n'�tiez que 128.
Comme je l'ai dit au t�l�phone,
on privil�gie les nouvelles usines dans des communes
...d'au moins 200 habitants. - C'est un probl�me technocratique.
Le dernier recensement date de 20 ans.
Mais ce sont les chiffres officiels.
On est 220, je vous assure.
Vous pr�f�rez croire un statisticien qui n'est jamais venu
ou le 1er magistrat du village ?
�coutez, Mme Hartmann, par example ici, regardez.
Regardez ici, dehors, en haut.
Y a � peu pr�s combien de personnes ?
Une fourchette.
Je sais pas.
Hein, combien ?
Une centaine. Une centaine, on est d'accord.
Suivez-moi.
Par ici, � gauche, je vous en prie.
C'est parti !
Vite ! Henri, ta casquette !
Vous voyez ? On a un tr�s joli calvaire.
Suivez Yvon.
Il est tr�s ancien.
Sur la gauche.
Vite, vite, vite !
Je vais passer devant vous, il y a un peu de bazar.
Suivez-moi, suivez-moi.
Les Hautes-Pyr�n�es.
Le 65.
Bingo g
Notre h�tesse va v�rifier le carton.
Et l�, � votre avis, ils sont combien ?
Plus de 100.
Alors, je confirme.
Bingo, ici.
Notre vainqueur
gagne un jambon de pays de 7 kg de la maison Esteban.
- C'est bon, �a ! - Oh l� !
- Comme �a ! - Ouais.
Putain !
C'est une musique qui s'arr�te jamais.
N'oubliez pas. 5 gouttes sur l'oreiller au coucher.
- Au revoir, docteur. - Merci.
Au revoir.
- Bonjour, docteur. - Bonjour, docteur.
Oh, salut, docteur!
Pile � l'heure pour le match.
- Quel match ? - La finale de cricket.
Sans d�conner ?
Bonjour, �a va ?
- Frappe- - Frappe-
Frappe, frappe-
- Il faut qu'il frappe. - C'est bien frapp� !
C'est un super lanceur.
C'est qui ?
- Kaprowski. - OUI, OUI, KAPROWSKI.
Catch, catch, catch.
- CATCH, CATCH, CATCH. - Oui, super!
OUI!
Et c'est r�cup�r�.
Tr�s belle phase de jeu.
Magnifique l
C'est rare, mais c'est beau.
Y a faute.
Y a faute !
Y a faute !
Leg before wicket.
- Oui, c'est �a. - On va attendre le ralenti.
Y a le replay.
Leg before wicket.
This is not cricket.
NON !
Josie, m�me chose.
Il a une bonne descente.
Juste pour les matchs. Mais ici, il y a des champions.
J' en peux plus de son cricket.
On pourrait m'expliquer les r�gles de ce jeu ?
Les gars,
on loupe le derby.
On change 2 secondes.
- On voit le score. - Bon, alors 2 secondes.
Josiane, mets le derby, vite !
C'est bien dos� !
On m�ne, les gars. On m�ne.
Donne !
OUI, OUI!
OUI, OUI, OUI!
Oh, putain !
Asseyez-vous !
Asseyez-vous ! Asseyez-vous !
Remets-moi le cricket.
Asseyez-vous !
J'ai loup� quoi ?
J' ai loup� un truc ?
- Il s'est pass� quoi ? - Un beau truc.
Y a pas de ralenti ?
Non, y en a pas.
- Le score a pas boug�. - Non.
Il y a eu une action vraiment...
- C'�tait beau. - Il s'est pass� quoi ?
Germain, c'�tait quoi... exactement?
Euh... Yvon.
C'est-�-dire... Oui, �a...
Euh oui.
J' ai loup� quoi ?
Y a eu une action.
Le type est parti en...
Il est parti. Il a couru.
Il a �t� plaqu�.
Ben non, non !
Il a gliss� sur le wicket, �a fait qu'il a... Hop!
Mon gars, tu vois, c'�tait beau.
C'�tait beau, mais �a n'a pas fait de point.
Henri.
Arr�te de boire.
Confisqu�.
Je suis d'accord.
This is not cricket.
This is "biquette".
Hop, la derni�re. Celle-l� non plus.
Heureusement qu'on t'a accompagn�.
T'aurais pas retrouv� ta maison tout seul.
Une maison moche comme �a.
M�me bourr�, c'est facile � retrouver.
On devrait pendre l'architecte.
- On est pas contre. - Elle est pas...
Chaque jour...
Chaque jour...
Des fois, c'est des billets de 10.
- NON. - Chaque jour.
Oh, la chance !
- Chaque jour ? - Ouais, ouais, �a va.
- T'imagines pas la chance. - Ta gueule.
On est quand m�me bien, ici.
Allez, allez.
- Bonne nuit. - Bonne nuit, fiston.
Buenas noches.
- Merci. - Au revoir.
Bonne nuit, docteur.
A domani.
Bonne nuit, le petit docteur.
Te voil�, toi !
Mais oui, il est l�, papa.
Arr�te de faire le con.
Qui a eu l'id�e du biffeton ?
Qui a eu l'id�e du biffeton ?
Salut, les copains.
Je vais me coucher.
Il a dit qu'il �tait heureux ici.
Il a dit:
"Ah, ce qu'on est bien ici." Hein ?
- Il l'a dit ou pas ? - Il l'a dit.
L'affaire est dans le sac.
Non.
Si on demandait � Maxime de signer,
il aurait peur et il refuserait.
Mon grand-p�re disait : "Le poisson a mordu, mais le plus dur commence."
Maintenant, il faut ramener le poisson.
Faut convaincre le poisson que sa place est dans la nasse.
Qu'il en soit convaincu.
Pratiquement qu'il saute dedans lui-m�me.
Qu'est-ce qu'on fait, alors ?
Pays de cons.
Ehoh!
Envoie, fais tourner.
Essaie encore.
Je crois que t'es coinc�, Esteban.
Je reste pas dans ce trou pourri.
Comment tu fais alors ?
Je l'ai fait r�viser
la semaine derni�re.
Avec notre bl�, t'aurais pu changer ta camionnette.
�a va m'aider. Merci, c'est dr�le.
Yvon a �t� chef m�cano � l'usine. Il va t'arranger �a.
Hein, Yvon ?
Ouais.
T'es s�r ?
Viens boire un demi.
Je m'en serais bien pass�.
- T'as de quoi te changer ? - Bien s�r que non.
Je vais te trouver un truc.
Le garagiste va m'entendre, tu vas voir.
Sans �a, il risque pas de d�marrer.
Bonjour.
Bonjour.
Josie, une infusion, s'il vous pla�t.
Allez. Tiens, Josie.
Tu nous remets une tourn�e ?
Denis.
Ah, docteur.
C'est pour toi.
C'est gentil. C'est quoi ?
C'est une pr�paration pour tes mycoses.
Fallait pas, docteur.
Merci.
C'est qui, le type ?
Ah, lui?
C'est le nouveau docteur.
Il devrait signer pour 5 ans.
Il para�t qu'il est formidable.
C'est formidable.
Les cacahu�tes !
Josiane, donne-moi des cacahu�tes.
- Docteur, je t'avais pas vu. - Bonjour.
Demain, tu peux prendre ta journ�e.
Il y a le docteur Cordier qui va te remplacer.
Allez, salut.
Merci. Merci, Josie.
Cacahu�tes.
C'est pas mauvais pour la sant�.
Josie, une petite infusion.
Ah oui, j'oubliais.
Bonjour.
Bien.
Bonjour, bonjour.
Bonjour, pardon.
- M. le Maire. - Au revoir, Andr�.
- A la prochaine. - A la prochaine.
- Bonjour, Germain. Vous allez bien ? - Tr�s bien.
- Oui ? - Ce serait sympa d'aller p�cher.
Je peux pas, je suis d�bord�.
Je dois aider le Dr Cordier. Au suivant !
- Une prochaine fois ? - Oui, oui.
Bon chien.
Heureusement que t'es l�.
On est bien, tous les deux.
Viens ici !
Salut!
- Elle est pr�te, ma camionnette ? - Bient�t.
Chut, �a suffit !
Tais-toi. J'ai dit : "Tais-toi !"
Ciao, sono Katia. Non sono disponibile.
Leave me a message and I'll call you back.
Ma puce, c'est moi.
�a m'aurait fait du bien de t'entendre.
Je te rappelle plus tard.
Je t'embrasse.
Ecoutez, Henri.
Je comprends pas bien votre appel.
Je suis persuad�e que leurs garanties sont solides, Mme Martinez.
J'ai le dossier sous les yeux, y a rien de solide.
�coutez, �a fait 18 ans...
Je sais que vous avez d�but� avec mon p�re.
Les choses ont chang�.
La Poste est une entreprise commerciale.
Les agences comme Saint-Loin
ne sont plus une priorit�.
Henri, je vais �tre franche avec vous.
- On aurait d� vous remplacer... - Ne le dites pas !
Par un guichet automatique.
Je suis d�sol�e.
Henri ?
Henri ?
All� ?
Il est pas talonneur.
- Il l'a jamais �t� et le sera jamais. - Alors qui ?
Je suis pas s�lectionneur!
Toujours le pognon !
Qu'est-ce que c'est ?
C'est notre pr�t.
Je l'ai approuv� moi-m�me.
�a nous fera des mensualit�s de 1141,71 euros
sur 60 mois.
- C'est quoi ? - C'est mon CV.
Apr�s �a, il va me falloir trouver un nouveau boulot.
Henri.
Tu m'as dit de mettre mes couilles sur le billot.
La t�te, Henri.
Merci.
Merci.
Plus que jamais,
on a besoin de notre docteur.
�a va, Henri ?
- �a fait du bien. Non, non. - Germain !
Venez vite !
On comprend rien. Recommen�ons.
Le Maxime, il a appel� chez Katia, sa puce.
Elle n'�tait pas l�. Du coup, il a laiss� un long message.
Comme Maxime ne trouvait pas la Katia,
il a appel� tout le monde.
Elle �tait chez "Ambiv", son meilleur ami.
Sandjiv.
Non, ch�rie. Abr�ge.
Devinez quoi ?
�a fait un an qu'elle le trompe avec.
Oui, voil�.
- Alors les deux, termin�. - �a veut dire
qu'il n'a plus d'attaches en ville.
Du coup, il est libre, Max.
Ben oui, c'est exactement �a.
C'est ce qu'on vous expliquait.
- �a fait 30 min! - Mais oui, mais oui !
Bravo !
�a va, Max ?
Alors ?
Il a d�cid� de rester, votre docteur ?
Il n'a pas sign�, mais c'est en bonne voie.
Je suis vraiment content pour le village.
Avec toi, �a se passait bien aussi.
On se faisait pas trop d'illusions.
On sait que ta grande carri�re t'attend l�-haut.
Ma grande carri�re.
Une vie � faire des faux nez,
des faux seins, des fausses l�vres...
Tout est faux dans ma vie.
M�me avec Katia, c'�tait compl�tement faux.
Putain ! Mon meilleur ami.
�a fait un an qu'elle me trompe avec mon encul� de meilleur ami.
Je savais pas, je suis d�sol�.
Ils devaient tous savoir, � l'h�pital.
Ils ont d� bien se marrer, mes soi-disant amis.
Ils ont d� bien se foutre de ma gueule.
Quel con !
Alors ma grande carri�re...
Dans le fond, je suis mieux ici.
Merci, Germain.
Vous me faites du bien.
T'es ici chez toi, fiston.
Je me suis habitu� � votre village.
A l'air pur, aux gens...
M�me � la p�che.
Je me suis rendu compte que Saint-Loin, c'est petit.
Si si, c'est petit.
Y a pas de grands restaurants,
y a pas le tourbillon de la ville.
Mais il y a quelque chose de particulier, ici.
Quelque chose qu'on retrouve pas ailleurs.
Vous �tes vrais.
�a, �a fait du bien.
Alors, je me disais,
si c'est pas encore trop tard,
j'aimerais �tre votre docteur.
Ce n'est pas une d�cision qu'il faut prendre � la l�g�re.
C'est tout r�fl�chi.
Je te raconterai jamais de conneries, Germain.
Non, �coute...
Bienvenue � Saint-Loin, docteur.
Merci.
Merci, Germain.
- Yvon ? - Hum ?
C'est qui ?
Le roi des menteurs.
Quoi ?
Il veut signer.
- Bonsoir, Germain. - Bonsoir, Clotilde.
Carmen, �a va ?
Carmen, �a va bien, oui.
Puis-je te demander ce que tu fais dans mon lit?
Ce sera pas long.
C'est d�j� trop long.
Laisse-le. Il vient pas souvent.
Juste un petit mot et je pars.
Tu seras bien aimable.
Yvon ?
Yvon.
Tu as pens� � l'apr�s signature ?
Tu as pens� � ce qu'il va arriver
quand il va r�aliser qui on est vraiment ?
On lui a menti depuis le d�but.
Tout est faux.
C'est que des petits mensonges, Germain.
�a va le tuer.
Le chien, viens.
Allez !
Non !
Non, c'est pas chez nous. Le chien !
Du calme !
Du calme !
Vous �tes pr�ts
� jouer au village parfait, � �tre merveilleux ?
Les scrupules, il fallait les avoir avant, M. le Maire.
Le chien ! Le chien, viens ici.
Viens ici.
Le chien !
Vous �tes pr�ts
� vivre dans le mensonge pendant 5 ans,
� lui raconter vos salades 24h/24.
Reviens ici !
O� tu es ?
Reviens ici ! Tu reviens ici !
- Il ne m�rite pas �a. - Tu te fous de nous ?
T'as des scrupules pour un gars
que t'as connu il y a 3 semaines.
Il nous traite de d�biles.
Il nous traitait.
Moi, j'ai hypoth�qu� ma maison !
On a besoin de cette usine.
On n'a pas le choix, Germain.
Nous, on veut juste du boulot.
Bah oui, bah voil�.
- Alors, ce voyage, mon ch�ri ? - J'ai pris un TER.
- J' aimerais que tu sois pr�s de moi. - Pour quoi faire ?
- Sandjiv. - Salut, fr�rot !
J'ai appris � p�cher.
Tu te sens bien chez ceux...
All�, Maxime ?
C'est maman.
Je vous pr�viens,
j'�couterai pas cette techno pendant 5 ans.
Si un psychopathe mixe encore,
je me tire une balle.
J'irai l'�couter, moi, la techno.
Arr�tez, vous deux.
Arr�tez !
Ferme ta gueule !
In nomine,
Patris et Fili
et Spiritu Sancti.
Amen.
Et au cricket ?
C'est quoi, un wicket ?
Alors ?
Henri ?
C'est un petit...
- C'est... - Vous n'y connaissez rien.
Tiens, Denis. Il s'appelait comment,
le fils de Germain ?
Pourquoi? Euh...
Le fils de Germain...
Euh... Antoine ?
Il ne m'a pas dit.
Il t'a pas dit?
20h34:
Il appelle Katia. Ils font l'amour au t�l�phone.
22h15:
Dernier message � Katia puis il se couche.
Vous m'avez menti depuis le d�but.
Tous !
Le village merveilleux n'existe pas.
Putain, Germain ! Pourquoi personne ne me dit la v�rit� ?
Pourquoi ?
Maxime.
Maxime !
�a fait des ann�es qu'on vit comme des zombies.
Qu'on attend un boulot qui vient pas.
On rase les murs chaque mois pour aller chercher le RSA.
Max, regarde-moi.
T'es d�j� all� chercher le RSA ?
Tu vas chercher de l'argent, mais aussi de la honte.
L'argent, t'en as pour 15 jours.
La honte, t'en as pour le mois.
�coute. On a la possibilit� de voir s'implanter une usine.
C'est du boulot et de la dignit� pour tout le monde.
Pour les assurances, on avait besoin d'un docteur.
On a envoy� du courrier partout.
Peut-�tre que tu l'as re�u ?
Pas une seule r�ponse.
Pas une.
En France, l'avenir d'un village comme le n�tre n'int�resse personne.
Et puis t'es arriv�.
Comme un miracle.
On s'est mis � y croire, � esp�rer � nouveau.
Pourquoi ne pas l'avoir dit au d�part ?
- Pourquoi ne pas avoir dit la v�rit� ? - Tu aurais sign� ?
Sans nous conna�tre ?
T'aurais abandonn� ta carri�re pour des p�quenots ?
Non.
C'�tait une strat�gie...
malhonn�te, mais on n'avait plus le choix.
Je reconnais. Le salaud, c'est moi.
Je les ai emmen�s dans la m�l�e.
Je voulais qu'on te plaise.
Mais la v�rit�, Maxime,
c'est qu'avec ta signature,
tu peux ramener 120 personnes � la vie.
La v�rit�...
c'est que sans toi, il n'y a plus de village.
�a servait � rien de me mentir.
J'aurais pu vous aimer comme vous �tes.
Vous �tes all�s trop loin.
Vous n'avez pas �t� honn�tes.
Max !
Max ! Avec nous,
tu serais devenu un vrai docteur !
Max !
Je suis d�sol�.
Vraiment !
BFM Business, Int�grale Bourse.
On refait la s�ance...
Putain !
Docteur, �a va ?
On est pr�ts.
Oui, �a va.
�a va.
Il faut y aller, mon Germain.
Anda cari�o, bonito, que no pasa nada.
Lev�ntate, que todo va a ir bien.
J' arrive.
O� est le contrat du m�decin ?
Il est dans le dossier, non ?
Tu l'as pas mis, Henri ?
Je l'ai envoy�. Vous ne l'avez pas re�u ?
Il faut qu'il soit dans le dossier.
Vous le mettrez au dossier une fois re�u.
Il est o�
votre docteur, M. le Maire ?
Il revient la semaine prochaine avec sa famille.
On signera la semaine prochaine.
D�sol�, pas de m�decin,
pas de signature.
Germain.
T'apprendras le cricket ?
Non !
Denis.
tu apprendras � aimer la techno ?
Jamais de la vie !
Vous m'apprendrez � p�cher des vrais poissons ?
- Oui, �a, oui ! - Bah oui !
Ah oui !
Tu peux rassurer tes 120 administr�s.
Je suis votre docteur.
- S�r ? - Certain.
Je vous pr�sente notre docteur.
Il a bien dit: "120 habitants"?
Non, il a dit "220".
- "220" ! - Ah non !
221, avec moi.
Bravo !
On l�ve.
- Bonjour, les enfants. - BONJOUR.
J'ai rien p�ch�. Tu m'invites ?
D�sol�e, j'ai des copies � corriger.
Prends ton temps.
J'ai 5 ans.
C'est s�r qu'une petite usine de pots en plastique,
m�me biologique, c'est pas grand-chose.
Mais je vous garantis
que gr�ce � notre SCOP,
les habitants de Saint-Loin ont retrouv� leur fiert�.
En redevenant utile � quelque chose,
on peut dire qu'on a retrouv� le bonheur.
Admets que c'est pratique, non ?
Dis donc, c'est pas un zinc.
Et voil�.
Il m'a bouff� la carte !
H�!
Il m'a bouff� la carte !
Quoi ?
Dites ce que vous voulez,
mais moi, en 18 ans, j'ai jamais bouff� la carte d'un client.
Ouais, rigolez. Pas une fois!
- �a vous fait marrer. - Henri, Henri.
Viens boire un coup.
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