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Original subtitles

NEW YORK NO�L 1947

LES �V�NEMENTS QUE RACONTE CE FILM ONT R�ELLEMENT EU LIEU.

CERTAINS SONT TOUJOURS D'ACTUALIT�.

LES PERSONNAGES PRINCIPAUX ONT EXIST�.

CERTAINS SONT TOUJOURS EN VIE MALGR� LES DIFFICULT�S.

On nous attend. C'est notre plus grosse affaire depuis deux mois.

Notre seule affaire !

Viens.

L'ARM�E DU SALUT VOUS SOUHAITE UN JOYEUX NO�L

AIDEZ-NOUS � RENDRE LES GENS HEUREUX

Viens.

- Qu'y a-t-il ? - Nous sommes suivis.

- Merveilleux ! - Par ici. Vite.

- Qui �tait-ce ? - Un amateur.

- Peut-�tre un huissier. - Ou un parent qui veut de l'argent.

J'ai promis � Emma de ne plus jouer au p�re No�l.

- Colonel Marcus ? - Joyeux No�l.

Je m'appelle Safir. C'est pour une affaire priv�e.

Bert Harrison, mon associ�.

M. Safir, g�rant ses affaires priv�es devant un grand magasin.

Major Safir de la Haganah,

l'arm�e clandestine du gouvernement provisoire de la Palestine.

J'ai pr�f�r� �viter votre cabinet.

- Vous �tes s�r de vouloir me parler ? - Tout � fait.

Je repr�sente l'arm�e la plus jeune, la moins bien entra�n�e,

la moins �quip�e et la moins grande du monde.

Le 15 mai, les Britanniques partiront. Ce sera l'ind�pendance...

Six nations ont jur� de vous chasser.

- Je lis les journaux. - Avez-vous bien lu ?

Le roi Ibn Saoud : "Il y a 50 millions d'Arabes.

"En perdre 10 millions pour tuer les Juifs, �a vaut le coup."

Le Grand Mufti de J�rusalem : "Je d�clare la guerre sainte."

"Tuez-les tous."

Nous nous battrons. Nous n'avons nulle part o� aller.

Nous sommes pr�ts � nous battre jusqu'au dernier enfant.

Nos enfants ne croient plus au p�re No�l.

Il nous faut un conseiller militaire exp�riment�.

Franchement, personne ne veut s'en charger.

Au moins, vous �tes franc. Je viens de vivre une longue guerre.

La prochaine guerre est pour ma femme.

Si je quitte � nouveau la maison, elle risque de ne pas me reprendre.

Vous donneriez tout ce que vous aimez pour une guerre insens�e,

pour un petit pays qui va se faire �craser ?

Si c'�tait mon pays.

- Ce n'est pas le mien. - Mais vous �tes juif.

Je suis am�ricain. C'est ma seule religion.

� la synagogue, pour mes 13 ans, on m'a offert 42 stylos.

Pas besoin d'y retourner. Il m'en reste plein.

Bert, on est un peu en retard.

Tenez.

Je vous le demande en tant qu'Am�ricain.

Que dites-vous en saluant votre drapeau ? "Libert� et justice pour tous."

- Ce n'est valable que pour vous ? - Arr�tez la le�on d'histoire.

On vient de tuer six millions des n�tres.

Vous voulez qu'on passe � 7 millions ?

Je m'appelle Emma. Et vous ?

Le p�re No�l.

- Pourquoi n'es-tu pas couch�e ? - Je m'inqui�te mieux comme �a.

Merci.

C'est quoi, l'autre surprise ?

Je vais rompre ma promesse. Je pars pour la Palestine dans un mois.

La Palestine ?

Comme conseiller militaire de l'arm�e clandestine.

Pourquoi l�-bas ? Pourquoi toi ?

Il se trouve que la mort, c'est mon affaire et...

Ils se font tuer par des pros. Il faut les aider � se battre.

J'avoue que je suis fi�re de toi.

Mais j'en ai assez d'�tre fi�re.

Crois-moi, je n'ai pas pu y couper.

- Je ne peux pas leur refuser, pas � eux... - Sois honn�te, ch�ri.

Au moins, sois honn�te.

�a fait 6 mois que tu as quitt� l'arm�e,

et s'ils n'�taient pas venus, tu aurais d�clench� ta propre guerre.

Avoue

que j'ai trouv� une guerre difficile � critiquer.

Quand je mettrai la main sur la personne qui m�ne le monde...

Je croyais que c'�tait ta m�re.

Tu crois que j'ignore ce qui va se passer ?

La fin du monde.

Ils n'ont aucune chance.

Ils vont mourir par milliers, et toi avec.

Ce qui est terrible, c'est que c'est �a que tu veux.

Pas moi.

Mais �a.

Tu pleures ?

Tu ne pleures jamais.

�a va aller.

J'ai l'affreuse impression d'avoir d�j� v�cu �a.

Ce night-club � Washington, pendant la guerre.

J'ai su que tu ne reviendrais jamais.

Maintenant aussi, je le sais.

Ces deux moments n'en font peut-�tre qu'un.

Un seul et m�me moment.

L'heure est peut-�tre arriv�e.

Cette guerre-l� �tait bruyante.

On a beaucoup dans�, bu et aim�.

Certains ont m�me aim� leur propre femme.

Ce sont les pires.

Si �a tourne mal, souviens-toi que l'id�e venait de moi.

- Personne ne m'a forc�. - C'est leur premi�re erreur.

Que s'est-il pass�, cette fois-ci ?

On t'a accus� de te cacher dans un bureau ?

En quelque sorte.

Je crois qu'il y a autre chose.

�a arrive trop souvent.

C'est peut-�tre...

Tu te souviens de ce po�me vieillot ?

"J'ai un rendez-vous avec la mort

"Sur quelque barricade

"Alors que le printemps...

"Alors que le printemps revient

"Avec des ombres bruissantes

"Et que les pommiers embaument."

� l'�cole, on pensait que l'auteur avait le rhume des foins.

Et toi, de quoi souffres-tu ?

Quand pars-tu ?

Demain.

Ce n'est pas le g�n�ral Sherman qui a dit : "La guerre, c'est l'enfer." C'est sa femme.

� Mme Sherman.

Quelques jours apr�s, j'ai re�u un mot.

"Bien arriv� en Angleterre."

J'�tais rassur�e. Ils n'auraient pas commenc� le d�barquement sans toi.

G�n�ral Randolph ? Colonel Marcus.

Le Pentagone m'a dit de traverser la Manche.

Je n'assure pas un service de taxis vers la France, que je sache.

Je suis d'accord, mais j'ai ordre de rallier le continent d�s que possible.

On pr�pare une invasion. Qui a donn� cet ordre idiot ?

L'�criture n'est pas fameuse, mais vous reconna�trez la signature.

Je...

Tr�s bien, colonel Marcus.

La semaine prochaine, quand la t�te de pont sera assur�e,

je demanderai � l'�tat-major qu'on vous traite comme un V.I.P.

Mais...

Croisi�re vers la France, visite de nos soldats sur le front.

Merci, mon g�n�ral.

Je me souviens de vous lors des man�uvres du Tennessee.

N'essayez pas de capturer le g�n�ral ennemi.

Il s'appelle Rommel. Il ne fera pas les m�mes erreurs que moi.

Il utilise de vraies balles.

Bon. C'est parti.

Debout.

Accrochez-vous.

Approchez de la porte.

C'est parti.

Qu'y a-t-il ? Vous n'avez jamais saut� ?

Ils n'ont jamais vu de soldats alli�s.

Souriez, sinon ils vont penser que les nazis sont de retour.

Bienvenue dans notre pays.

Arr�tez la jeep.

Reculez.

Bienvenue, mon g�n�ral.

Merci pour le bouquet. Que diable faites-vous l� ?

- Vous avez vu mes ordres. - Oui, j'ai v�rifi�.

Vous auriez d� rentrer il y a une semaine.

Le Pentagone m'a demand� express�ment

de vous renvoyer chez vous d�s que possible.

- Comment �tes-vous entr� en France ? - J'ai saut�.

- Mal. - J'imagine.

Qui vous a autoris� � participer � cette mission ?

J'ai r�p�t� vos instructions: "le traitement V.I.P."

Colonel Marcus, voulez-vous m'expliquer

comment vous �tes arriv� ici avant le reste de l'arm�e am�ricaine ?

On a atterri au mauvais endroit. On �tait l�-haut quand les nazis sont partis.

On a vu plein d'hommes mourir. J'ai pens� qu'il y aurait � boire ici.

- Vous en avez assez ? - Non.

On a tu� des gens qui ont transform� ma famille en savonnettes.

Je ne veux pas passer derri�re ce bureau...

Couchez-vous. Il est derri�re l'horloge.

- On l'a eu. - Sale Boche.

D�crochez-le. Capitaine Billings.

- Oui, mon g�n�ral. - Ratissez chaque b�timent.

- Bien, mon g�n�ral. - Il �tait moins une.

Vous avez trouv� � boire ?

Je ne parle pas d'eau.

Vous avez raison. Merci.

Arr�tez cet officier. Emmenez-le � l'arri�re et...

Attendez. Vous plaisantez !

Si je dirigeais le Pentagone, je vous aurais fait fusiller.

Mais on vous donnera s�rement une m�daille.

Vous connaissez le mot "discipline" ?

Un officier qui joue aux cow-boys et aux Indiens,

c'est un exemple qui peut nous co�ter des milliers de vie.

Que voulez-vous prouver, Marcus ?

Si seulement je le savais.

Et si nous divorcions ?

Quoi ?

Je ne veux pas divorcer, mais j'ai ma fiert�.

Qu'est-ce que tu racontes ?

Ce n'est pas un mariage.

C'est la liaison la plus longue du monde.

Soyons raisonnables et arr�tons tout.

Nous pourrons coucher ensemble quand tu passes � New York.

Belle proposition de la part de sa propre femme.

Emma, je te l'ai dit.

Notre union commence maintenant.

Je reste l�.

Non, tu vas partir.

Je suis oblig�e de te laisser partir en guerre.

�a t'excite davantage que moi, non ?

C'est une dr�le de chose � dire.

C'est vrai.

Si je te retenais, notre union n'aurait plus aucune chance.

Je ne vais pas te mettre en cage pour qu'on te jette des cacahu�tes.

Le h�ros de la famille.

Tu me d�testerais si je t'emp�chais d'aller te faire tuer.

Je t'aime trop.

Un jour, tu finiras par trouver ce que tu cherches.

Et tu rentreras pour de bon.

Tu as remarqu�, nous n'avons pas d'enfants ?

� part moi.

J'aimerais tant avoir un enfant.

Il n'y a que moi qui ne sois pas tomb�e enceinte pendant la guerre.

Ma m�re a tenu les comptes.

Quel genre de p�re serais-je ? Peut-�tre quand �a ira mieux...

Les choses ne vont s'arranger pour personne,

mais les autres ont des enfants.

Je veux que nous en ayons.

Ce soir.

C'est l'occasion, non ? On ne se reverra peut-�tre pas.

Vous d�barquez toujours au Pentagone

avec des questions de vie ou de mort auxquelles il faut r�pondre de suite.

Je pourrais partir comme conseiller.

M�me pour une kermesse, vous feriez du grabuge.

Je sais que c'est d�licat.

Quelle est notre politique officielle au Moyen-Orient ?

Cet apr�s-midi ou ce matin ?

Nous avons des raisons de rester amis avec les gouvernements arabes,

et aucune raison de pr�ter un officier de r�serve

� une nation n�gligeable qui sera ray�e des cartes le 15 mai.

Vous n'�teindrez pas tous les incendies.

- Et si je pars comme simple citoyen ? - Alors n'impliquez pas l'arm�e.

Ne vous servez ni de votre rang, ni de votre nom.

�a ne vous d�range pas si je garde le m�me sexe ?

Ce n'est pas une simple requ�te. Je vous ordonne de ne pas partir.

C'est bien la meilleure raison pour partir.

Vous allez finir par vous faire tuer, � force.

Il me tarde de voir �a.

Merci, mon g�n�ral.

A�ROPORT DE LYDDA, PALESTINE 2 F�VRIER 1948

CONTR�LE DES PASSEPORTS

Vous �tes s�r que ce passeport est bon ?

S�rement. Quatre personnes s'en sont d�j� servi.

- M. Michael Stone ? - Oui.

Pourquoi venez-vous en Palestine ?

Pour mon plaisir.

Cette p�riode n'est pourtant pas des plus agr�ables.

Certains ont de curieux plaisirs.

O� allez-vous loger ?

� Tel-Aviv. Chez des parents. On vient me chercher.

Vraiment ?

Quel plaisir de te revoir.

- Pardon d'�tre en retard. �a va ? - Comment tu me trouves ?

Fatigu�. On dirait que tu as couch� avec toute l'Am�rique.

�a fait du bien de revenir.

Bienvenue en Terre promise, colonel Marcus.

Merci.

DOUANES

Pourquoi ne m'a-t-il pas arr�t� ?

Il y a de tout chez les Anglais. Vous avez eu de la chance.

Il est s�rement de notre c�t�.

C'est un bus ou un char ?

Un peu des deux.

- Eli. - Shalom, David.

- Shalom, Yaakov. - Shalom, Magda.

Au fait, quel est votre nom ?

Magda Simon.

Vous habitez chez nous, si jamais les Anglais vous demandent.

D�sormais, je suis votre s�ur.

Comment voit-on l'inceste dans ce pays ?

De mani�re biblique.

De plus, je suis mari�e. Mon mari est officier dans le Palmach.

Essayez toujours. �a met du piment dans la vie.

Shalom, Rona.

Regardez. Comme �a.

Que dit-elle ?

Peu importe. Vous ne le feriez pas.

Elle est touch�e.

Donnez-moi une compresse.

- Je d�teste qu'on se batte � ma place. - Elle ne se bat pas pour vous.

- Ce n'est pas votre guerre. - Vous donnez un sens � tout.

Je sais que vous ne comprenez rien, mais je suis d�sol�.

Allez au diable.

- Comment supportez-vous �a ? - Comment �a ?

Envoyez des hommes raser la ville. On ne gagne pas � l'int�rieur d'un bus.

Les Anglais sont encore l�. On n'a pas le droit d'�tre arm�s.

- C'est passible de mort. - Mourez debout, au moins.

�a nous arrive parfois.

Dans le N�guev, des chars �gyptiens attendent pour nous �craser.

Nombre inconnu.

4 000 des hommes du Mufti ont mis J�rusalem � feu et � sang.

Ils veulent couper la route qui nous relie � Tel-Aviv.

Nos convois tombent dans des embuscades.

En Jordanie, la L�gion arabe

est arm�e et dirig�e par des Britanniques.

La plus grande puissance du Moyen-Orient hormis ma belle-famille.

Depuis que les Nations Unies ont vot� pour la partition,

les Britanniques partent peu � peu

en laissant leurs bastions aux Arabes qui ne nous ont jamais aim�s.

Ils sont � 60 contre un.

Pardon. Contre deux, puisque vous �tes l�.

Que nous sugg�rerait le Pentagone ?

De leur apprendre � vous aimer.

Un instant.

Vous m'avez tout dit, sauf ce que je veux savoir :

l'�tat d'esprit de votre arm�e, la Haganah.

Nous sommes tr�s d�termin�s, M. Stone. On a d� vous le dire.

Vous ne voulez pas m'en parler ?

Je ne comprends pas ce que vous voulez savoir.

Dans l'arm�e am�ricaine, vous �tes un juriste

derri�re un bureau, si je ne m'abuse.

C'est votre vrai pr�nom, Asher ?

Oui, c'est mon vrai pr�nom.

Ne soyez pas aigri. Si vous �tes bien renseign�,

vous savez que j'ai d�j� visit� toute la r�gion avec le g�n�ral Marshall.

Les Arabes se d�testent encore plus entre eux.

Leurs soldats n'ont pas d'id�al et ne se font pas confiance.

Si vous vous serrez les coudes, vous avez toutes vos chances.

�a va demander de l'organisation et un plan de bataille viable.

J'ai travaill� � l'�tat-major de la plus grande arm�e occidentale.

Ce que j'ai appris derri�re mon bureau peut vous �tre utile.

Alors, je reste ou je pars ?

- Je n'ai pas d�fait mes bagages. - Vous devez avoir faim.

D�sol�e. Ce sont des l�gumes � la cr�me.

Ici, il y a beaucoup de v�g�tariens.

Ils ont vu trop d'abattoirs.

- Vous ne m'avez pas r�pondu. - Mais si.

Toute aide est la bienvenue.

Tr�s bien.

Soyons clairs. Vous n'allez pas gagner en restant dans une cave.

Vos commandos du Palmach sont d�j� pass�s � l'action, je crois.

Les leaders sont trop impulsifs. L'entra�nement est inexistant.

Vous n'avez ni armes, ni uniformes, ni hi�rarchie.

Vous �tes moins entra�n�s que des scouts.

Le Palmach et la Haganah se d�testent.

Et dans trois mois, tout va s'�crouler.

Que faites-vous depuis 50 ans ? Si vous avez une arm�e, o� est-elle ?

Ils ont rep�r� l'Ashkelon.

Des troupes britanniques vont l'emp�cher d'accoster.

- C'est quoi, l'Ashkelon ? - Le bateau d'Andr�, mon mari.

Il est plein d'immigrants.

Ils ont contourn� le blocus anglais pendant la nuit.

La plage de Palmachim est le lieu du d�barquement. Pr�venez les filles.

Venez, M. Stone. Nous allons vous montrer l'invisible.

Magda.

Andr�.

- Mon mari, Andr�. - Comment allez-vous ?

C'est le quatri�me bateau qu'il fait passer.

Pas tout seul. Le bateau a un moteur.

- M. Stone va habiter chez nous. - Personne ne doit quitter la plage.

Nous ne sommes pas la Gestapo,

mais il y a des lois que nous devons faire respecter.

Ne nous forcez pas � nous servir de nos armes.

Ceux qui sont dans l'ill�galit� doivent attendre leur permis.

Regardez. On dirait le stade de Wembley qui se vide.

S'ils se m�langent, on ne s'en sortira jamais.

Arr�tez. Vous, les civils qui descendez vers la plage,

retournez d'o� vous venez.

Arr�tez.

Ceux qui viennent d'arriver ne doivent pas se m�ler aux autres.

Changeons-nous.

� eux de se d�brouiller.

Que les passagers de l'Ashkelon avancent imm�diatement,

sans quoi mes hommes vont �tre oblig�s de tirer.

La premi�re salve est un avertissement.

Si vous ne bougez pas, on tirera la deuxi�me salve 10 secondes apr�s.

Pr�parez � tirer.

Feu.

Un,

deux,

trois,

quatre,

cinq,

six,

sept,

huit,

neuf,

dix.

C'est l'occasion de savoir si nous sommes des salauds de nazis.

Quel peuple t�tu !

Tr�s bien. Repos.

Ils vont se mettre � danser.

Vous voyez, c'est �a mon arm�e.

- Le camp du Palmach... - Vos commandos.

se trouve dans les environs du mont Canaan.

M�me moi, je ne sais pas o�.

C'est dire !

Si une patrouille anglaise nous arr�te,

nous allons en week-end � la campagne.

Et vous �tes ma s�ur.

�a marche avec votre femme, au lit ?

Que se passe-t-il dans votre jolie t�te ?

Andr� n'est pas tr�s dou�.

Fermez les yeux et racontez tout au docteur.

On se retrouve � Madj el-Kurum, � 10 km d'ici.

Andr� est d�j� parti. On sera pr�venus en cas de probl�me.

Vous �tes un homme tr�s important.

- Et �a vous d�pla�t. - Bien s�r.

Andr� est mon mari. Il risque sa vie pour un �tranger.

J'esp�re que cette aventure vous pla�t.

Tout � fait.

Andr� en a assez fait.

Ici, c'est courant, h�las :

il a un num�ro tatou� sur le bras droit.

C'est l'un des rares rescap�s.

Je l'ai rencontr� en fuyant Vienne.

Il avait moins d'espoir qu'un chien.

J'ai partag� mes espoirs avec lui. C'�tait la moindre des choses.

Je comprends.

Vous, les Am�ricains, comment pouvez-vous comprendre l'horreur ?

L'horreur, c'est d'avoir votre salle de bains dans la cour.

Votre pays est riche.

Vous faites des guerres de riches.

Gros fusils, gros avions.

Des guerres propres.

Pourquoi voulez-vous 500 camions ?

Je sais que vous me refuserez 500 ambulances.

J'ignore comment vous avez atterri en Allemagne,

mais faites votre travail.

- Personne ne peut le faire. - Et pourquoi �a ?

Avec mon bataillon, on devait lib�rer le premier camp sur notre route.

C'est �a. Les nourrir et les lib�rer.

C'est impossible car ils ne savent plus manger,

et qu'ils ne peuvent plus marcher.

J'ai entendu plein d'histoires, mais je ne suis pas convaincu.

Descendez cinq minutes.

C'est un ordre, colonel ?

Mon g�n�ral, c'est une pri�re.

Garde-�-vous.

Les survivants p�sent environ 40 kilos.

L�-bas se trouve un b�timent avec des fours encore chauds.

Personne n'y a jamais cuit de pain.

On a trouv� 3 200 corps qu'ils n'avaient pas eu le temps d'enterrer.

- Macreedy ? - Oui, mon g�n�ral.

Donnez � cet insoumis chaque camion, chaque couverture de la 3e arm�e.

Peu m'importe � qui vous les volez.

Bien, mon g�n�ral.

Des guerres propres.

Comment sauriez-vous ? Comment comprendriez-vous ?

Vous ne pourriez pas comprendre.

C'est vrai.

Je ne pourrais pas comprendre.

Je n'ai jamais vraiment compris.

Voil� Andr�.

�a va ? Je m'inqui�tais.

Tout va bien ?

- Pour le moment. - Bonjour.

Qui sont vos amis ?

Ram Oren, chef de brigade du Palmach.

- Bonjour, Ram. - Lui, c'est Yussuff, son chauffeur.

Ram, c'est celui-l�.

�a doit �tre la seule arm�e dont on ne reconna�t pas les officiers.

Quelque chose a d� se perdre dans la traduction.

Ils dansent bien. Mais quand s'entra�nent-ils ?

C'est l'affaire de la Haganah. Nous, on se bat.

Le Palmach n'a jamais perdu une bataille.

Les festivit�s n'ont pas encore commenc�.

Des Arabes.

Ce sont nos gars d�guis�s pour infiltrer leurs rangs.

Quelle arm�e de fous !

Engageons-nous !

M. Stone, je peux vous parler ?

C'est pas mal, comme entra�nement.

Mes hommes disent qu'un vieux chef b�douin de la vall�e

a appris que l'Am�rique nous envoie un grand militaire pour nous aider.

- Le g�n�ral Eisenhower. - Je n'ai pas la coiffure, mais...

On lui a expliqu� qu'il s'agit d'un autre haut grad�.

- Il veut vous voir. - Moi ?

Il envisage de rejoindre notre camp.

Alors, il faut aller le voir.

Je ne peux pas exiger votre pr�sence.

C'est un Arabe. En cas de pi�ge, �a peut �tre dangereux.

Raison de plus. Convaincre les Arabes n'est pas le plus dur.

La voix de son ma�tre.

Pourquoi me mentir ? Je ne suis pas idiot.

Vous dites �tre un officier am�ricain,

mais qu'est-ce qui le prouve ?

Et toi, tu diriges la brigade Yiftach du Palmach ?

Un gamin comme toi ?

- Je suis second. - Tu mens.

Tu es Ram Oren, le commandant.

Il se trouve trop jeune pour vous impressionner.

Il est b�te. Seule la jeunesse impressionne un homme de mon �ge.

Ne sais-tu pas qui est Saman Abou Kader ?

Tu avais trois ans quand je volais du b�tail � ton p�re. Quel homme !

Un lion.

Il m'a tir� dessus puis on a trouv� un accord.

J'�tais re�u chez toi. Je te prenais sur mes genoux.

Tu mouillais ta culotte et la mienne. Tu n'as pas d'honneur.

Mon p�re avait un ami b�douin. Je le croyais mort depuis longtemps.

Je suis loin d'�tre mort. Demande au sac de graisse qui vient de danser.

J'ai risqu� ma vie pour vous faire venir parce que j'avais confiance en ton p�re.

J'esp�rais que son fils serait comme lui.

Et vous, pourquoi �tes-vous venu ici ?

- Pour me battre. - Avec quoi ?

- Vous avez amen� des armes ? - Elles vont arriver.

Revenez quand vous les aurez.

Un instant.

Vous n'allez pas nous renvoyer si vite. � quoi pensez-vous ?

� un caf�.

Pourquoi vouloir nous prendre nos terres ?

Nous vivons dans notre d�sert depuis plus de 1 000 ans.

De quel droit ? La Bible, c'est pire que Les mille et une nuits.

De Damas, d'Amman, du Caire,

on me pr�vient que les Juifs vont d�truire notre terre

- et prendre nos femmes. - Comment...

Je devrais envoyer mes hommes dans l'arm�e du Grand Mufti.

- Que me r�pondez-vous ? - Ouvrez les yeux.

Les Juifs ne d�truisent pas votre pays. Le d�sert est enfin en fleur.

Et vos femmes, elles ne leur plaisent pas.

Leurs propres femmes ne leur plaisent pas.

�coutez.

Pendant 50 ans, nous nous sommes c�toy�s sans haine.

- Pourquoi une guerre sainte ? - Je vais vous le dire.

Pour le Grand Mufti et les Husseini, c'est l'occasion

d'obtenir argent, pouvoir et terres. C'est � qui s'enrichira le plus.

- C'est exact. - Moi aussi, j'aurai ma part ?

Vous n'aurez pas un chameau. Vous les connaissez mieux que moi.

Vous vous battrez pour eux,

mais ce sera pire apr�s. Vous mourrez peut-�tre.

Je n'aime pas les Husseini.

Je vous donnerai tous mes hommes

quand tu m'auras prouv� que tu es aussi fort que ton p�re.

- Ainsi, vous gagnerez. - Comment vous croire ?

Il me faut des preuves.

Attendez.

De l'autre c�t� de la fronti�re, � Mishmar Hayarden,

les Syriens se pr�parent � attaquer la semaine prochaine.

800 fusils.

Des mortiers de 50 millim�tres.

Carburant : 4 fois 2 000 litres.

Trois canons de 75 millim�tres.

C'est tout. Et vos preuves ?

Ces r�serves seront d�truites.

- Vous impliquez mes hommes. - �a doit �tre fait.

Vous voulez violer une fronti�re ? Ces armes sont en Syrie.

S'ils s'en servent, ils prendront la moiti� de la Galil�e en une semaine.

Alors, commandant ?

Tout sera d�truit dans les 24 heures.

Regardez le ciel en direction de Mishmar Hayarden.

Bonsoir.

Il est plut�t fut�.

Ne mouille pas ta culotte.

Vous n'auriez pas d� venir.

- J'ai des ordres formels. - Moi, j'ai l'ordre de vous conseiller.

C'est idiot d'attaquer avec un seul escadron. Ils ont de l'artillerie.

Vous n'avez aucune protection.

Nous avons de la dynamite et la nuit nous prot�gera.

Et le Seigneur est mon berger.

C'est peut-�tre leur berger aussi. �a va embrouiller des tas de brebis.

Le fusil !

Tous ensemble.

- Les munitions ont explos�. - Ils ont r�ussi.

- Il y a trois morts. - Qui �a ?

Eli, Tov, Andr�.

Andr�. Ton mari ?

Est-ce que �a va ?

Oui, �a va.

Je ne rentre pas � Tel-Aviv vous dire que tout est idyllique.

- �a va assez mal. - � quel point ?

Avec un bon plan de campagne, si les Arabes attaquaient demain,

ils pourraient prendre Tel-Aviv en dix jours.

- Je veux un autre expert. - Je vous assure, il a un plan...

On me dit que le patient va mourir.

Il a surv�cu 2 000 ans, alors que les m�decins le condamnaient.

Il ne vivra pas un an de plus s'il ne se soigne pas.

Je peux r�diger les manuels de m�moire.

Il faut convaincre vos hommes de les lire et de reprendre l'entra�nement.

R�digez. Moi, je convaincrai.

Vous connaissez votre meilleure arme ?

Leur cran.

Ils ont du cran, ces gosses en haillons avec leurs chaussures d�fonc�es.

Pourquoi leur fournir du mat�riel bas de gamme, voire rien du tout ?

Parce que votre gouvernement et les Nations Unies

ont mis un embargo, alors que les Anglais arment nos ennemis.

- On fait ce qu'on peut. - On ne gagne pas avec des excuses.

On a d� vous dire que j'ai un sale caract�re.

J'ai servi sous les ordres du grand g�n�ral Patton.

Vous ne faites pas le poids !

Ce ne sont pas des conditions pour mourir.

Le Palmach se bat pieds nus alors qu'on brade les armes en ville.

Je suis ministre d'un gouvernement non reconnu.

Je ne peux rien r�quisitionner.

Alors cassez une vitrine et servez-vous.

Le monde ne plaint pas les victimes. Il admire ceux qui se battent.

Ne nous battons-nous pas ?

Pas pour gagner. Regardez :

le Palmach, la Haganah, l'Irgoun, le groupe Stern, le gouvernement.

�a part dans tous les sens.

Si vous arrivez � les unifier,

vous aurez une arm�e rapide qui pourra frapper fort.

- Et vous pouvez nous aider ? - Je ne sais pas.

Je ne sais pas si c'est possible. On a peu de temps.

Si vous choisissez de parier sur mes capacit�s,

donnez-moi toute latitude pour consolider vos forces.

- C'est tout ? - Oui.

Vous devez comprendre que c'est nouveau pour nous.

Nos jeunes de la Haganah et du Palmach sont courageux,

mais comme dans une fratrie, il y a des jalousies.

- Et les autres groupes ? - L'Irgoun ? Tr�s courageux aussi.

Ils m�nent une guerre priv�e contre les Anglais.

Le groupe Stern. Courageux. Il leur arrive de nous tirer dessus.

On pourrait se faire la guerre m�me sans les Arabes.

Et vous voulez que je vous donne l'autorit� sur tout �a ?

Si vous trouvez comment l'exercer,

je vous en prie, tenez-moi au courant.

Si �a tourne mal, je pourrai rejeter la faute sur un Am�ricain.

J'imagine que nous avons termin�.

Non, essayez de comprendre. Nous sommes dans l'import.

Nous importons des gens. Nous sommes oblig�s de nous battre.

Les Arabes ne posent pas de probl�me. Leurs chefs, si.

Nous esp�rons encore trouver un accord.

Ici, pour se saluer, on dit : "Shalom". Paix.

Shalom, mon colonel.

La branche d'olivier n'a pas march� depuis l'�poque de No�.

Colonel Marcus.

Ne nous trouvez pas ingrats.

�crivez vos manuels.

Allez dans le N�guev. Partez avec les convois pour J�rusalem.

C'est l�, le plus grand danger.

Faites des rapports, des recommandations.

D'accord. Je vais essayer.

Je conseillerai, j'observerai. Mais il faut autre chose,

sinon le 15 mai, vous finirez dans la M�diterran�e.

Peut-�tre pas.

Nous ne sommes peut-�tre pas aussi faibles que �a.

On verra.

Il a fait une inspection dans le d�sert du N�guev.

La semaine prochaine, il part en convoi � J�rusalem.

Il dicte de m�moire des manuels d'entra�nement militaire.

D'apr�s lui, c'est plus utile que la Bible.

Sais-tu, par hasard, � qui il dicte le Chant de Salomon ?

- Que veux-tu dire ? - Pourquoi r�p�ter des ragots ?

Pourquoi ne pas tout me dire ?

L'une de mes meilleures amies

a re�u une lettre d'une amie de Palestine.

Une femme qui vient de perdre son mari l'accompagne partout.

Magda Simon. Mickey m'a parl� d'elle dans une lettre.

L'arm�e l'a affect�e aupr�s de lui.

Au lieu de le payer ? C'est gentil !

Ne joue pas les m�res poules.

D'ailleurs, Mickey et moi...

- Qu'y a-t-il ? - Je ne sais pas.

Je ne sais pas. Une douleur atroce.

- Du bicarbonate. - Non, appelle le m�decin.

- Quel genre de douleur ? - Ne cherche pas. Je crois...

Je vais perdre mon b�b�.

Ma famille pense qu'un poulet vaut mieux que de l'or.

Pourquoi laisser les femmes partir ainsi ?

- Magda est volontaire. - Elle a assez souffert.

Elle vient de perdre son mari...

On a besoin de tout le monde. Surtout que les Anglais nous fouillent.

Ils sont trop polis pour fouiller les femmes compl�tement.

Heureusement qu'ils ne sont pas fran�ais !

Vous voyez Magda ?

Non.

- Arr�tons-nous. - C'est impossible.

- Le pire est pass�. - Vous voyez le camion de Magda ?

- Elle a d� s'arr�ter. - Attendez.

Magda. Venez.

Couvrez-moi.

Poussez-vous. Prenez �a.

Aidez-moi.

Vous pouvez l'aider ?

Je ne comprends pas l'h�breu. Asher.

Pouvez-vous m'aider ? Il ne semble pas me comprendre.

Elle est en �tat de choc.

Il faut s'occuper des bless�s. L'hyst�rie, on verra plus tard.

Elle a besoin d'un s�datif, d'alcool... Vous savez ce qu'elle a v�cu.

Je suis d�sol�.

Je re�ois mes ordres du minist�re de la D�fense.

M. Stone, �a ne marche pas comme �a.

Le minist�re est � Tel-Aviv, et ce convoi est sous ma responsabilit�.

C'est peut-�tre diff�rent � West Point, alors...

pondez-moi un manuel d'entra�nement. C'est votre truc, non ?

- Mais vous nous quittez. - J'ai re�u une lettre de ma femme.

Elle n'aime pas m'inqui�ter, mais elle est � l'h�pital.

�a a l'air plus s�rieux qu'elle ne le dit.

Je suis d�sol� qu'elle soit souffrante.

Elle a davantage besoin de moi que vous.

- Bien au contraire. - Mon �il !

� J�rusalem, le chef de la Haganah

cherche une croix pour m'y clouer.

J'ai rendu les manuels il y a une semaine.

Ils sont toujours sur un bureau, sous des bo�tes de fromage.

Voici mes conseils pour unifier le Palmach et la Haganah

et en faire une force op�rationnelle.

- Ne riez pas trop. - Nous avons nos propres soucis.

Les Nations Unies rechignent � nous accorder l'ind�pendance.

On nous met la pression pour reporter la date d'un mois, d'un an, ind�finiment.

Vous n'allez pas le faire ?

Pas si on est s�r que le b�b� a au moins un ami lors de sa naissance.

Si les �tats-Unis...

Je ne fais pas de politique.

C'est termin�.

J'en ai termin� avec la paperasserie,

et puisque c'est tout ce que j'ai le droit de faire,

ce sera mieux pour tout le monde si je pars.

Je suis d�sol� que vous partiez, mais...

- Paix. - J'esp�re qu'on verra �a.

Vous partez vraiment ?

Vous devriez �tre dans les vapes.

Mme Martinson vous a donn� une sacr�e dose.

J'en ai tellement pris. �a ne marche plus.

- Vous allez tomber d'un coup. - Tant mieux !

En faisant mes bagages, j'ai trouv� �a.

Mon ruban de bonne conduite.

Mais vous partez quand m�me.

J'ai re�u une lettre de ma femme. Personne n'a besoin de moi ici.

Ne me donnez pas de ruban. Je ne voulais pas d�marrer le camion.

Je voulais m'enfuir. Et vous faites comme moi. C'est l�che.

"Allons, Magda."

Je suis d�sol�e.

Vous avez le droit de partir. Ce n'est pas votre pays.

Pauvre Andr�. C'�tait son seul pays.

Je n'ai pas pu pleurer pour lui.

Ne partez pas. Restez !

Vous �tes aveugle, imb�cile d'Am�ricain mari� ?

J'en ai assez du sang.

Marre des coups de feu.

Marre de vouloir et de ne pas avoir.

Depuis que vous �tes arriv�, je...

Non, pas maintenant.

Ce n'est pas juste.

Je veux...

Soyez maudite, Mme Martinson.

Gardez la monnaie.

- Que se passe-t-il ? - Venez voir.

Tiens, mais c'est Errol Flynn.

Une f�te de bienvenue. Avec toute la famille.

Emma.

Je te croyais � l'h�pital.

Je suis si heureuse que tu sois l�.

Viens. Je voudrais te parler.

Une lettre est arriv�e de l'ambassade britannique � Washington.

- C'est personnel. - Que dit-elle ?

Ils vont te donner une m�daille... C'est une supposition.

Je suis d�sol�e d'avoir perdu le b�b�.

Moi aussi.

J'ai attendu d'aller mieux avant d'�crire, pour ne pas trop t'inqui�ter.

Comment �viter de m'inqui�ter ? C'est aussi mon b�b�, souviens-toi.

- Je me souviens. - Si tu m'avais �crit de suite,

j'aurais pu rentrer et te soutenir.

Tu es f�ch� que je ne sois pas � l'article de la mort ?

Non, mais tu aurais pu me faire savoir que tu allais bien.

- J'ai tout laiss� en plan... - Tr�s bien.

C'est en partie toi qui m'as rendue malade, c'est s�r.

Je te voulais avec moi.

J'ai entendu tant d'histoires...

Tu les as crues ?

Maintenant que tu es l�, non.

Pourquoi es-tu rentr� ?

Je m'ennuyais de ta m�re.

Ne m'en veux pas de t'aimer autant.

Le colonel Marcus, pour son action lors de la 2e Guerre mondiale,

pour ses plans de campagne et ses actions de commandement

qui ont par la suite facilit� la coop�ration anglo-am�ricaine,

se voit �lev� par Sa Majest� au rang d'officier honoraire

de l'ordre de l'Empire britannique.

Merci.

- F�licitations, ch�ri. - Il faut arroser �a.

- M. l'ambassadeur, ma femme. - Enchant�.

- Elle boit aussi. - Joli bronzage, mon colonel.

- Puis-je savoir o� vous avez bronz� ? - En voyage, M. l'ambassadeur.

Vraiment ? Dans un endroit qui pourrait m'int�resser ?

Forc�ment, puisque le soleil ne se couche jamais sur l'Empire britannique.

Disons que nous faisons tout pour.

Parfois �a ne d�pend plus de vous.

Cette fois-ci, M. Stone,

j'aimerais que vos amis comprennent que nous voulons les aider.

Une base britannique au Moyen-Orient est vitale pour le monde libre.

S'ils insistent pour que nous nous retirions,

vos amis seront � la merci d'ennemis puissants

avec des revendications l�gitimes

et assez d'armes pour les �craser en quelques jours.

Ils seront sans doute surpris

de d�couvrir qu'ils sont seuls dans un monde pragmatique.

Aucune nation ne va s'aventurer � reconna�tre

un gouvernement si faible et controvers�.

Comme dit la Bible, c'est un peuple t�tu.

Il faudrait peut-�tre les persuader d'�tre plus souples,

s'ils veulent s'en tirer vivants.

Excusez-moi.

C'�tait quoi, cette histoire ?

La m�daille, c'est parce qu'ils se m�fient de la Western Union.

Ils veulent me faire transmettre un message.

Vous croyez que les �tats-Unis reconna�tront cet �tat,

- s'il est proclam� un jour ? - Pour quoi faire ?

�a va nous attirer des ennuis.

Vos amis ont la Bible, mais les Arabes ont du p�trole.

Vous croyez que le minist�re de la D�fense va h�siter ?

Vous avez raison.

Ils mettent la pression � vos copains pour reporter l'ind�pendance.

Mais que sont quelques si�cles pour ces gens ?

Je suis ravi que vous ayez repris vos esprits � temps.

�coutez, esp�ce d'ignorant...

Vous n'avez pas la moindre id�e de l'ampleur des enjeux.

Ce pays est entour� par cinq nations arabes

pr�tes � le noyer dans la M�diterran�e.

Ni armes, ni chars, ni amis. Ils se battent � mains nues

pour un coin de d�sert, le seul endroit qui leur reste.

Pourquoi �tes-vous rentr� ?

On ne vous a pas laiss� jouer ?

Vous me connaissez bien.

Moi, vous ne me connaissez pas.

Vous ne concevez pas que les autres soient aussi des �tres humains.

Moi aussi, j'ai vu Dachau.

Si des gens m�ritent une patrie, m�me conc�d�e par charit�,

ce sont ces pauvres diables des camps.

Vous aussi, vous avez des amis, m�me si �a vous irrite de l'apprendre.

Et ils iront jusqu'� la Maison-Blanche s'il le faut.

Je vais faire un tel foin que le D�partement d'�tat devra bouger.

Et vous ? �tes-vous trop fier pour retourner aider votre peuple ?

Faut-il qu'ils se prosternent devant vous ?

L�chez-moi.

Qu'est donc devenu cet insoumis

qui a saut� d'un de mes avions en Normandie

et obtenu un m�daille pour services rendus ?

Auriez-vous honte de gagner l'�toile de David ?

Prenez position, Mickey. Nous serons nombreux � vos c�t�s.

Vous ne devriez peut-�tre pas. Personne n'y croira.

- Stone. - Bonjour. Quoi de neuf ?

- Je ne pensais pas vous revoir ici. - Pour moi aussi, c'est une surprise.

D�sol� pour l'a�roport. Les Arabes ont pris Lydda il y a deux jours.

Pas �tonnant.

Alors, vous revoil�. Pourquoi ?

Peu importe. Content de vous retrouver.

J'esp�re que vous le pensez car je reste.

Vous n'�tes pas au courant ?

Le Palmach et la Haganah ont accept� vos suggestions.

Le vieux nous a forc�s � suivre votre programme.

Vous avez ridiculis� chacune de mes suggestions.

Vous ne voyez pas � qui vous avez affaire ?

Nous faisons mine de tout savoir parce que nous ne savons rien.

- Et �a va changer ? - Bien s�r que non.

On va critiquer, mais �a ne veut pas dire qu'on ne vous suivra pas.

Si Mo�se revenait, le Palmach refuserait cinq commandements

pour que Dieu ne prenne pas la grosse t�te.

Gardez �a.

Pas de bourbon avant la prochaine oasis.

Le pilote vient du New Jersey, l'avion de Burbank

et les armes de Tch�coslovaquie. C'est une sorte de l�gion �trang�re.

Vince Raimondi de Passaic, Asher Gonen de Tel-Aviv.

Mon plan de vol indique Mexico. Buenas noches.

J'ai peut-�tre �gratign� la carlingue.

On est contents de vous avoir quand m�me.

Ce n'est pas une affaire. Il y a une fuite d'huile.

- Je vole pour qui me paie. - Peu importe. Vous �tes un h�ros.

C'est peut-�tre pour �a qu'on est l�.

On nous a fait savoir que si on met notre plan � ex�cution,

Tel-Aviv sera bombard�e cette nuit.

Ce sera peut-�tre une attaque muscl�e.

Nous ne sommes pas en mesure de contre-attaquer.

Nous avons appris que les Nations Unies

veulent revenir sur leur d�cision du 29 novembre

de nous accorder l'ind�pendance.

Nous avons inform� les nations concern�es

que pour nous, la premi�re d�cision est irr�vocable.

Nous, membres du Conseil du Peuple, rassembl�s ici

en ce jour de cessation du mandat britannique,

en vertu de nos droits naturels et historiques,

conform�ment � la r�solution des Nations Unies,

nous proclamons la cr�ation de l'�tat d'Isra�l.

Un c�ble.

"Les �tats-Unis d'Am�rique sont fiers d'�tre la premi�re nation

"� reconna�tre le nouvel �tat d'Isra�l et accueillent..."

Vous entendez ? Que fait notre D�partement d'�tat ?

On a d� donner leur num�ro de t�l�phone � la Maison-Blanche.

Que Dieu leur vienne en aide car on ne fera rien de plus.

Arr�tez. Vous voulez du vin ?

Et voil�, approchez !

Je descends l�. Je dois voir une amie.

Ne me laissez pas. Je suis antis�mite.

Propagande.

Laissez-moi sortir.

Par ici.

J'ai appris que vous �tiez ici, mais vous �tes si important

que vous r�servez votre temps aux ministres. Si je suis �lue...

- Pourquoi pleurez-vous ? - Vous �tes revenu.

�a ne doit faire pleurer que les Arabes.

Je me suis dit que les l�ches devaient se serrer les coudes.

- J'ai �t� b�te. Vous devez me d�tester. - Non.

Ce soir, j'aime la terre enti�re.

J'ai attendu, esp�r�. J'ignorais...

Les chars �gyptiens envahissent le d�sert.

Les arm�es de 5 autres nations arabes ont franchi nos fronti�res.

Nous n'avons ni chars, ni artillerie. Notre force a�rienne est ridicule.

Nous allons recevoir des armes. Il faut les retenir une semaine.

Qu'est-ce que vous racontez ? Arr�tez de penser en vaincus.

Attaquez. La surprise, le bluff sont vos meilleures armes.

Avec quoi ? De la soupe au vermicelle ?

Je m'occupe du nouvel arrivage de jeeps...

Des jeeps sans armes antichars.

On va installer des mitrailleuses, des plaques blind�es.

Et on a quatre chars antia�riens � Tel-Aviv.

Que ferez-vous ?

On va les monter � l'horizontale et tirer droit devant.

Et J�rusalem ?

J�rusalem est trop isol�e. Vous ne pouvez pas la garder.

�vacuons. �a nous co�terait dix fois plus cher de la garder.

Combien vaut J�rusalem ? Quelle est sa cote � Wall Street ?

Combien vaut le temple de Salomon ?

Pas grand-chose si le d�sert est plein de chars

et qu'on s'acharne � d�fendre l'impossible.

On aura des armes pour le d�sert et J�rusalem.

- Vous croyez aux miracles ? - Vous �tes revenu, non ?

Emmenez les jeeps dans le N�guev

et voyez comment arr�ter les chars �gyptiens.

Vous, emmenez vos meilleures unit�s vers J�rusalem.

Voyez comment on peut entrer dans la ville.

Faites-moi des rapports sur ce qu'on doit faire.

Asher nous expliquera pourquoi c'est infaisable. Et on le fera.

FRONTI�RE �GYPTIENNE 16 MAI, 1948

On va dresser le camp ici pour la journ�e et partir quand il fera noir.

David.

Que se passe-t-il ?

Ils captent la radio �gyptienne.

Ils ignorent qu'on a d�chiffr� leur code. Ils parlent librement.

Ils sont arriv�s plus vite que pr�vu au kibboutz Har Safid.

Qu'avons-nous � Har Safid ?

Votre ami Yussuff, et 20 hommes du Palmach.

- Quoi d'autre ? - C�bles, cocktails Molotov...

- Des enfants. - La radio ?

Rien pour communiquer.

- Et ils peuvent �tre frapp�s par surprise. - Ils sont loin ?

Le temps qu'on y aille, il fera jour. Le plan ne peut marcher que la nuit.

Je ne suis que conseiller.

- Alors, conseillez. - Frappez ces chars.

- Et risquer toutes nos forces ? - Ils l'ignorent.

Le plus grand coup de bluff depuis l'invention des faux seins.

Si nous perdons, ils seront � Tel-Aviv samedi.

Si vous ne frappez pas, ils y seront pour d�ner vendredi.

C'est notre seule force mobile dans le N�guev.

Il y a une montagne. Messada ? Massarda ?

Masada. C'�tait notre dernier bastion contre les Romains.

Eux aussi avaient un conseiller. Ils ont tenu trois ans,

puis il leur a dit de se rendre. Ils n'avaient aucune chance.

960 d'entre eux se sont suicid�s sur cette montagne.

- C'est exact. - Et vous en �tes fiers ?

- Bien s�r. - Qu'attendez-vous de moi ?

Un discours avant d'aller vous faire trancher la gorge.

David, attaquez.

Il y a eu assez de Masada dans ce pays.

- Notre flotte a�rienne est � J�rusalem. - Nos trois avions ?

Seul un Piper Cub est disponible.

Pas de pilote, pas de bombes.

Dites-leur de l�cher tout ce qui fait du bruit.

Vince m'a parl� de bouteilles de soda utilis�es en Nouvelle-Guin�e.

Quoi ?

Elles font un bruit d'enfer quand elles se cassent.

Ils ont bien de l'eau gazeuse � Tel-Aviv.

Ils nous trouvent fous.

On va se s�parer en deux colonnes et attaquer dans deux directions.

Je dois vous interdire de combattre.

Mais voulez-vous conseiller une colonne ?

Je n'attends que �a.

Mes hommes et moi n'avons jamais combattu des chars.

Et les �gyptiens n'ont jamais combattu de l'eau gazeuse.

Change d'�quipier.

On est en guerre. Allez.

- C'est quoi ? - On a appris �a avec les Stukas.

C'est comme un sifflet qui hurle en tombant.

Comme �a, on sera deux � hurler.

Mettez �a sur le si�ge.

J'ai bien envie de parier contre l'autre camp.

D�brouillez-vous pour que les chars nous suivent.

Les voil�.

Je vous ai fait revenir du d�sert car �a se passe mal.

Les chars �gyptiens ont �t� arr�t�s. Vous tenez Jaffa, Ha�fa, Acre...

�a ne va pas si mal.

Une catastrophe s'est produite.

Les Arabes ont pris Latroun

et ils ont coup� la seule route vers J�rusalem.

La L�gion arabe ?

Nos gars ont �t� abattus comme du b�tail.

Leur sang inonde les champs de bl�.

Un vrai discours de ministre. Que s'est-il pass� ?

Trop peu d'artillerie, pas assez d'hommes, mais surtout,

pas de commandement central.

Vous avez raison. Nous n'avons qu'un comit�.

On vous a parl� du cessez-le-feu ?

Les Nations Unies ont demand� une tr�ve

� partir du 11 juin au matin.

Vous avez accept� ?

Nous ne voulons plus voir couler le sang.

Je parie que les Arabes ont accept�.

Ils savent que vous n'atteindrez pas J�rusalem.

Avec le cessez-le-feu, les lignes seront bloqu�es

et la ville devra se rendre ou mourir de faim.

On a deux semaines. Moins...

On en a d�j� parl�. Quelle est l'importance militaire de J�rusalem ?

La moiti� de la ville est tomb�e.

Pourquoi tout risquer pour sauver l'autre moiti� ?

�tait-ce logique qu'un constructeur de pyramides

conduise ses amis vers la mer Rouge ?

J�rusalem meurt de faim.

Trois bouts de pain pour les gosses. Tr�s peu d'eau.

J�rusalem a �t� d�truite par Nabuchodonosor puis par Titus...

C'est termin�.

Sans J�rusalem, Isra�l n'existe pas.

Encore un discours de ministre.

J'aimerais savoir comment vous allez faire.

Dans la Bible, il y a un mot h�breu que je n'ai jamais vu ailleurs.

Ce mot, c'est "alouf".

�a veut dire : "Commandant". Ou plut�t : "Leader".

Je remets le commandement de nos forces sur le front de J�rusalem

aux mains du alouf Michael Stone.

Quand j'ai demand� � commander,

on avait le temps. L�, vous me donnez un ballon alors que le match est fini.

- Je ne crois pas aux miracles. - Pour les miracles, je ne sais pas,

mais le dernier alouf dont parle la Bible, c'est Josu� � J�richo.

Les chefs de brigade sont tous pr�venus.

Alors ?

�a ne vous va pas, premier g�n�ral de l'arm�e d'Isra�l depuis 2 000 ans ?

- Ce convoi est l� depuis quand ? - Deux jours.

Il y a de l'espoir ?

Dites-leur de couper les moteurs.

Et moi ?

Vous n'avez jamais coup� le v�tre.

�a veut dire : "Je t'aime, alouf Stone".

Un g�n�ral devrait conna�tre au moins ces mots-l�.

Aucun �tre vivant ne m'aimera apr�s cette bataille.

Alors, je serai morte.

"Oh, ne mourez pas. Je ha�rai chaque femme si vous disparaissez."

Dr�le de moment pour sortir �a.

�a sent la bouse de vache et le sang.

Bonjour.

Le vieux m'a donn� quelque chose.

- Il �tait temps. - Vous avez c�d� trop vite.

�a a l'air plus grave que je ne pensais.

Oui. Nous avons perdu 600 hommes lors du premier assaut.

600 ?

On a d� envoyer des immigrants venant de Chypre

directement du bateau au front.

Vous les entra�nez o� ? Dans le bus ?

- Quand ils ont de la chance. - La plupart des gars ont perdu espoir.

Avec la L�gion qui contr�le le Golan, C'est in�vitable.

Votre mission est de prendre Latroun.

Mais je peux trouver quelqu'un d'autre.

� vos ordres, alouf Stone.

R�union dans une demi-heure. Je veux me laver.

- O� se trouve le Waldorf Astoria ? - Par ici.

Voici la forteresse de Latroun occup�e par la L�gion arabe.

Voici la route de J�rusalem.

Derri�re ces arbres, la L�gion a install� son artillerie lourde.

Peut-on contourner cette route pour arriver � J�rusalem ?

Non. Tout est dans le champ de ces gros fusils.

La seule voie est l� : par cette vall�e.

On est tomb�s dans une embuscade ici, le mois dernier.

Sinon il y a des falaises et des �tendues impraticables.

Notre plan, c'est d'attaquer le fort par ici.

On attaquera de front par ce champ de bl�.

On a pr�vu un raid pour d�truire leurs armes.

- Ce soir ? - Aucune chance.

- Demain ? - Peut-�tre.

On perd une guerre avec des "peut-�tre".

On peut essayer. Et notre plan ?

Tr�s professionnel.

Vous seriez bien not�s � West Point.

Merci.

Je sugg�re que l'infanterie contourne tout le site

et prenne le village derri�re le fort.

Ils se retrouveraient coup�s de tout et seraient forc�s de se rendre.

- Peut-�tre. - Que voulez-vous dire ?

Vous voulez coordonner quatre actions simultan�es.

On ne joue pas au bac � sable. C'est du s�rieux.

Votre seule chance, c'est de r�ussir avant le lever du soleil.

- Int�gralement ? - Il faudra un minutage � la seconde,

et il vaudrait mieux vous faire tr�s vite � cette id�e.

Vous allez vous caler sur moi.

� mon "top", il sera 11 h 05.

Pr�ts ?

Trois, deux, un...

- Top. - Alouf Stone ?

Excusez-nous. Nous n'avons pas de montre.

Les bus ont eu des avaries, mais c'est bon, nous sommes pr�ts.

Eux aussi. Il fera assez clair pour lire votre notice n�crologique.

- On n'a pas le choix. - Il faut attaquer.

Et le bataillon Petach ?

On va essayer.

Notre seule chance, c'est que l'infanterie contourne le fort.

Ils sont pr�s d'Imwas, derri�re l'ennemi.

- On ne les a pas encore rep�r�s. - Tant mieux.

Merci. C'est quoi, �a ?

Quoi ?

Ram a eu un p�pin avec des gars qui ne le croyaient pas commandant.

On a fait venir du ruban pour les officiers.

- Et le g�n�ral ? - On n'a plus de ruban.

Je n'ai jamais de veine.

Maintenant que vous avez votre ruban,

je devrais vous ordonner de rester avec nous au Q.G.

Vous ne m'avez jamais ob�i.

Alouf Stone.

Vous vous souvenez ?

- Je ne sais plus. - Dans le bus de l'a�roport.

Je vous avais envoy� au diable.

- Oui, �a me revient. - Heureusement, vous �tes l�.

D'o� viennent-ils ?

De Bergen-Belsen, Auschwitz, Buchenwald, via Chypre.

Que chantent-ils ?

Ce qu'ils chantaient sur le chemin des chambres � gaz.

Comme souvent, �a commence par : "L'ann�e prochaine � J�rusalem."

Gafna Bleu, ici Petach Rouge. Vous me recevez ?

- Nous sommes dans le champ de bl�. - Sont-ils en contact avec la L�gion ?

- �tes-vous en contact avec la L�gion ? - On les voit d'ici.

Quelle bonne surprise ! Nos lance-flammes fonctionnent.

- Et la dynamite ? - Nos gars l'installent.

Ils sont trois � l'int�rieur.

- Non, quatre v�hicules. - Ils ont r�ussi.

Passez-moi l'expression, mais que fout le Palmach ?

Ils devaient attaquer par-derri�re. On va r�tir comme des poulets.

Magda, tu m'entends ? Gafna Bleu, ici Petach Rouge.

- Que dit-elle ? - Le second a touch� un champ de mines.

- L'artillerie a trouv� le point de tir. - Que fout l'infanterie ?

- Ils auraient d� prendre la ville. - All� ?

- Ils vont se retirer. - Quoi ? Comment diable...

Que s'est-il pass� ? Combien de victimes ?

Deux morts.

Dans ce bataillon, ils sont tous du m�me quartier.

- 18 familles ont d�j� perdu des fils. - Et ces deux-l� avaient perdu leur p�re.

- Ils se retirent. - C'est le pompon.

On a incendi� notre voiture. Il nous faut des mortiers.

Il va falloir plus que �a. L'aide de Dieu.

Vous m'entendez, Seigneur ? Ici Petach Rouge. Ici Rona.

Tu m'entends, Rona ?

Ils n'ont plus besoin de g�n�ral.

Je suis d�sol�.

La 7e brigade a perdu 200 hommes.

La 3e, plus de 300.

Les immigrants sont les plus touch�s.

Malgr� nos ordres dans sept langues, certains n'ont pas compris.

Mais ils ont avanc�.

Ils sont morts. Le cran de s�ret� de leur fusil n'�tait pas d�fait.

- Ils ne savaient pas s'en servir. - Mais ils ont continu�.

Ils �taient tourn�s vers Latroun. "L'ann�e prochaine � J�rusalem"...

Vous voulez que je pleure ?

Votre formation n'est pas efficace. Vous gaspillez des forces humaines.

Ces gosses veulent se battre. Vous savez l'importance que �a a ?

- Il faut attaquer de nouveau. - Ils voulaient se battre. �a a chang�.

La L�gion arabe ne bougera pas. Ils vont jouer la montre.

Il faut se r�organiser et repenser l'offensive.

Je dois penser � mes hommes.

Vous avez vu, ils sont �puis�s.

On est tous �puis�s, mais on va r�ussir.

On a bien travers� la mer Rouge, non ?

Mickey...

C'est la premi�re fois que vous dites "on".

Vous autres...

Une nation n�gligeable, des soldats de plomb et des siphons.

On...

Toute ma vie j'ai cherch� ma place.

Et elle est ici.

C'est les monts Catskill avec des Arabes.

J'en voulais au monde entier d'avoir �t� circoncis malgr� moi,

et voil� que je d�couvre que �a n'a rien d'exceptionnel.

Ici, tout le monde est comme moi et personne ne se plaint.

On m'a dit : "Prends position".

Il fallait me dire : "M�ris un peu".

Je ne me bats plus parce que j'ai honte d'�tre juif.

Je me bats parce que je suis t�tu et fier de l'�tre.

La semaine prochaine � J�rusalem.

Un vieil ami veut vous voir.

J'am�ne un cadeau.

- Qu'est-ce ? - Des chameaux.

On nous a parl� de votre route o� les camions ne circulent plus.

Merci. Nous appr�cions ce que vous essayez de faire pour nous.

Laissez-moi vous expliquer.

L'artillerie sur la colline commande toute la vall�e.

Ni camions ni chameaux ne peuvent passer.

Je n'ai pas vol� les meilleurs chameaux de tout le d�sert

pour qu'ils soient massacr�s par Abdallah.

Peut-�tre que vous connaissez mal le terrain...

Je le connais mal ?

J'y culbutais des femmes quand ton p�re �tait au berceau

- et ta m�re... - Regardez �a.

C'est une carte en relief de Latroun.

- Latroun ? - Voici le fort. C'est la route qui...

- Latroun... Hulda... - C'est �a.

Bayt Jiz... Bab el-Wad...

- Abu Ghosh. - J�rusalem.

Exactement.

- C'est fait par un enfant ? - Comment �a ?

- Cette colline n'existe pas. - Laissez-le.

Cette colline est l�.

Il y a un ancien oued par ici

- qu'on ne voit pas de Latroun. - �coutez.

Vous tenez le village de Bayt Jiz, alors mes chameaux peuvent passer.

Il dit qu'il y a une autre voie.

Nos gars ont d�j� trouv� cet oued.

C'est � peine assez large pour une jeep. Il y a une falaise au bout.

Ils ressortiront l�, de l'autre c�t�.

Avec 50 chameaux on ne nourrit m�me pas J�rusalem une demi-journ�e.

Qui est cet imb�cile ?

L'oued est assez large pour y construire une route qui supportera les camions ?

Une route en une semaine ?

Les falaises font plus de 80 m�tres.

Si l'un de mes hommes m'avait parl� ainsi, j'en aurais fait un eunuque.

Voyons un peu cet oued.

Dans son cas, c'est peut-�tre d�j� fait.

Allons au moins voir.

Arr�tez.

Vous voyez ?

La route de J�rusalem n'est qu'� 1 km derri�re cette colline.

Bon, approchons-nous.

Poussons.

Tous ensemble.

Vous perdez votre temps.

M�me si on arrivait � faire une route, les camions ne grimperaient pas.

Il faudrait faire une route en �pingle � cheveux. Un an de travail.

- Mais qui �tes-vous ? - Le capitaine MacAfee.

Il vient de la garde �cossaise. C'est notre meilleur ing�nieur.

Et j'esp�re votre plus mauvais proph�te.

Au 14e si�cle, des Espagnols ont taill� 200 marches dans une falaise en une nuit.

Nos camions ne montent pas les marches. Reculez, les gars.

- Si c'�tait un de mes hommes... - Ne me poussez pas. M. MacAfee ?

Venez par ici, je vous prie.

On va faire une route sur cette petite colline.

Je vais commencer.

Trouvez un moyen de terminer,

sinon, le roc portera votre nom et la date de demain.

Pour employer une expression imag�e, vous me prenez pour un jobard ?

Qui va construire pareille route en une semaine ?

Les jobards.

L'arm�e des jobards.

Si la L�gion arabe s'en rend compte,

ils vont ouvrir le feu et les descendre tous.

Ils sont au courant ?

Oui.

Pourquoi viennent-ils ?

Je me demande toujours ce que vous faites l�.

Continuez, les gars. Mouillez les maillots.

Continuez comme �a, les gars...

Il faut avancer. On ne va pas porter les vivres sur nos �paules.

C'est une grande colline.

Mais on meurt de faim de l'autre c�t�.

�teignez cette lumi�re.

Ils escaladent la colline 49, � 800 m�tres.

C'est la premi�re fois qu'on voit des patrouilles la nuit.

- Ils font marche arri�re. - Pourvu que �a dure.

Encore quatre jours. Puis les lignes seront bloqu�es.

Il faut prendre le risque de travailler le jour.

C'est votre femme ?

Je reconnais l'�criture. �a me brise le c�ur.

Emma a lu ce que dit la presse sur les combats.

Elle ne sait ni o� je suis ni ce que je fais,

mais elle veut m'�viter des ennuis, alors

elle accepte de divorcer.

Souvenez-vous, �a veut dire : "Je vous aime".

Ne m'en veux pas de t'aimer autant.

Bienvenue.

- Excusez mon retard. - Bonjour.

- Notre route de Birmanie vous pla�t ? - Quelle route ?

Combien de camions sont l�-haut ?

- Je ne sais pas pr�cis�ment. - Ils sont mont�s tout seuls ?

- Quoi ? - Vous avez entendu.

Vous �tes bien inform�.

Oui, on les a tract�s, mais on vient de terminer le dernier tron�on.

Je pourrais conduire. C'est du g�teau !

Alors, expliquez-nous �a.

Je ne veux pas para�tre sceptique,

mais les Nations Unies ont une t�che difficile

si elles veulent conserver leur cr�dibilit�.

Si des poids lourds peuvent passer, c'en est fini du si�ge de J�rusalem.

- Tout � fait. - C'est carrossable ?

�videmment. Excusez-moi. M. MacAfee.

Les marches, c'est toujours non.

Les chauffeurs ne sont plus tr�s chauds pour repartir apr�s �a.

On va redresser ce camion en combien de temps ?

Une heure ou deux.

Prenez le bulldozer et poussez-le dans le ravin.

- Mais nous... - Poussez-le.

Mettez le bulldozer derri�re le camion et poussez-le carr�ment.

Reculez-moi la jeep.

- Allez, c'est reparti. - Reculez.

Parfait. Derri�re, avancez.

Allez, d�marrez.

C'est tout simple. C'est une promenade de sant�.

J�rusalem.

Vous comprenez. Nous n'avons pas le choix.

Attention � ma route.

Vous avez de la place.

Tant que personne n'arrive en face.

Vous croyez que j'ai appris l'h�breu depuis hier ?

Et puis ce langage ne sied pas � un monast�re.

D�sol�, je ne vous avais pas reconnu.

C'est idiot. Plus que quelques heures avant le cessez-le-feu.

Restons vigilants. Les Arabes peuvent encore nous attaquer.

Qu'ils essaient !

- Quel est ton nom ? - Chaim.

Dis � tes amis que nous entrons dans J�rusalem demain matin.

M�me si c'est par la petite porte.

Si on te demande, dis que c'est gr�ce � toi.

C'est un ordre de ton sup�rieur.

Tu es un insoumis ! Tu iras loin, Chaim.

Si vous saviez le mal que j'ai eu � entrer.

Quelle arm�e ! On se croirait � West Point.

Quelque chose cloche.

Je suis amoureux.

Votre femme. Je sais.

Quel rapport avec nous ?

- C'est tr�s europ�en. - Mais je suis europ�enne.

Je vis avec ce qui est, pas avec ce que j'aimerais.

Je ne peux plus vivre comme �a.

Quand Emma m'a laiss� partir,

j'ai su qu'il �tait temps d'arr�ter de courir apr�s l'exaltation, la guerre...

Je ne veux pas vous �couter. Je sais ce que vous allez dire.

Vous le saviez ?

- Vous ne me l'avez jamais dit. - Maintenant.

J'en parle parce que nous sommes au monast�re d'Abu Ghosh,

sur la route de J�rusalem.

Vous �tes devant des rosiers, au clair de lune,

mais de quoi auriez-vous l'air � plumer un poulet � Brooklyn ?

Comment ?

Je rentre. Pour de bon.

�a oui, je rentre.

J'ai toujours �t� amoureux d'Emma sans jamais l'admettre.

Et voil� que je cueille une rose.

Je la lui ram�nerai comme le jobard d'avocat qu'elle voulait que je sois.

Courez, Magda.

Sauvez-vous. Les jobards sont en train de prendre le monde.

Salaud.

Je ne sais pas ce que tu imagines, mais je n'apprenais pas l'h�breu.

Je ne veux plus me battre. Je veux dormir et rentrer chez moi.

Mme David Marcus, 482 route de Westminster, Brooklyn, New York.

Votre mari est tomb� dans les montagnes de J�rusalem.

C'�tait la derni�re victime.

Pendant son trop court s�jour parmi nous,

cet homme, ce commandant

a su se faire appr�cier de ceux qui l'ont c�toy�.

Son nom restera grav� � jamais dans les annales de notre peuple.

C'�tait notre meilleur �l�ment.

Sous-titrage Visiontext : Anne Kosossey

FIN

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