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Janvier 1957
Le navire de l'Agence de sécurité maritime,
le SĂ´ya (2497 tonnes)
faisait route pour l'Antarctique
après avoir traversé une zone de tempêtes.
Produit par Hiroshi Furuoka,
Haruo Shikanai, Koreyoshi Kurahara
Projet de Masaru Kakutani, Koreyoshi Kurahara
Producteur exécutif : Hisashi Hieda
Avec : Ken Takakura
Tsunehiko Watase
Masako Natsume
Keiko Oginome
Eiji Okada Asao Koike (le narrateur)
SĂ´ Yamamura
Scénario de Tatsuo Nogami, Susumu Saji, Toshiro Ishidô, Koreyoshi Kurahara
Producteurs en chef : Tomohiro Kaiyama, Juichi Tanaka
Produit par Tsuneyuki Morishima, Koreyoshi Kurahara
Musique : Vangelis
Image : Akira Shiizuka
Son : Ken'ichi Benitani
Décors : Hiroshi Tokuda Lumière : Haruo Kawashima
Montage : Akira Suzuki, Koreyoshi Kurahara
Réalisé par Koreyoshi Kurahara
ĂŽle Ongul Base ShĂ´wa
La base ShĂ´wa
était la première base construite par le Japon
dans le cadre de l'Année géophysique internationale (AGI).
Aux côtés des onze membres de l'équipe scientifique,
dix-neuf huskies de Sakhaline, dont une femelle,
s'apprĂŞtaient Ă hiverner
pour préparer les observations de l'année suivante.
S'engageait ainsi une lutte contre le dur climat de l'Antarctique.
C'est l'heure de manger !
Tiens, Taro !
ArrĂŞte, An ko !
Taro, Taro !
ArrĂŞtez de faire les chiots.
Vous êtes des frères ! Vous avez grandi ensemble.
Il faudrait partir début octobre.
Plus on tarde, plus c'est dangereux, avec la glace.
Ce sera impossible de s'enfoncer dans les terres.
Ouais, mais...
c'est pas avec ce moteur qu'on va s'amuser Ă partir trop longtemps.
Et il sera pas simple de réparer l'autoneige n°1.
On est bien emmerdés.
La deuxième équipe amène une autoneige en état.
Je les ai informés de ce qu'il manquait ici.
Mais j'aimerais bien y aller, moi, au Botnutten.
Quitte Ă ĂŞtre en Antarctique...
Ça, je peux vous comprendre !
Mais en termes d'observations préparatoires,
notre équipe a déjà bien rempli sa mission.
Ozawa Commandant de la première équipe
Ushioda !
Un traîneau à chiens peut supporter quel poids au maximum ?
Pour le transport,
on compte en général la moitié du poids total des chiens.
Pour un attelage avec les quinze chiens les plus forts,
chaque chien pesant environ 36 kilos,
ça fait 36 fois...
Ça fait 270 kilos.
Jiro : 34,5!
On prend lequel ensuite ?
- Taro ! - OK.
Tiens, vas-y, prends-nous en photo !
Avec Taro !
Allez, Taro !
Du calme !
Un, deux...
Il fut décide que l'expédition dans le continent antarctique
se ferait en traîneau à chiens,
le départ étant fixé au 16 octobre.
Le traîneau serait tiré par les quinze chiens
les plus vigoureux.
L'expédition avait pour objectif
d'atteindre le sommet du mont Botnutten
sur le continent antarctique,
pour en établir la position et l'altitude exactes,
ainsi que pour en étudier le profil géologique.
Le géologue et meneur de chiens
Akira Ushioda,
le météorologue et meneur de chiens
KenjirĂ´ Ochi,
et le médecin Yuzô Ozaki, spécialiste de haute montagne,
étaient les trois hommes choisis pour cette expédition.
ĂŽle Ongul Base ShĂ´wa
Botnutten : 25 jours de trajet Aller-retour 450 km
Allez !
Allez !
Allez, Riki !
Du nerf!
Onyva!
Allez !
Du nerf!
Ce sera plus facile
après ces flaques de glace !
Tire, docteur!
Ça va?
Jack!
Jiro!
C'est bon, on y va !
Jiro ! Kuma!
Stop !
Docteur, ça va ?
Ochi, change de chaussettes pour éviter les engelures !
Stop !
On devrait bientôt arriver sur l'île de Padda.
Hein ?
C'est quoi, ça ?
Une baleine !
La glace a fait remonter le cadavre Ă la surface.
Tu sais ce que c'est ce bruit, Jack ?
Ça,
c'est pas le bruit du vent.
Ce sont deux plaques de glace qui s'entrechoquent.
Quoi, t'as peur ?
Si tu commences à avoir peur de ça,
tu pourras pas nous suivre bien longtemps !
Tu sais,
si je te frappe autant,
c'est pour que tu sois fort.
Ici, tu sais,
c'est pas le Japon.
C'est l'Antarctique.
Il faut ĂŞtre fort pour survivre ! OK ?
Un dresseur sans pitié peut aussi être sentimental.
Non...
Quand les ronflements du docteur m'ont réveillé,
celui-là était en train de geindre. Et du coup...
Pas mieux !
Je pourrais prendre ton discours pour moi.
Le vent a forci. On consolide la tente avant de dormir ?
OK, bonne nuit.
Du nerf, Riki !
Riki a pas l'air en forme.
OK!
Bien !
- Mettons Shiro en tĂŞte ! - OK !
Faisons monter aussi Kuma et Taro Ă la place de Deri.
Ça va?
Ça va.
- Ochi ! - Oui?
Il y en a un qui saigne.
C'est lequel ?
Taro.
- C'est grave ? - Non, ça va aller.
Jiro aussi est blessé.
Allez, tirez !
Allez !
Du nerf, allez!
Tirez !
OK, stop !
Bien.
Mettons Kuma en tĂŞte, il est costaud.
C'est bon ?
Onyva?
Qu'est-ce que t'as, Goro ?
T'es le plus vieux, montre l'exemple !
OChi !
On change !
PrĂŞts, partez !
Allez...
C'est bientĂ´t la descente !
Ochi.
- Allons-y. - D'accord.
Docteur !
OK, on yva!
Docteur !
Goro ! Ça va ?
Si tu cours pas un peu plus vite aussi !
Hé!Çava?
Ça va.
Pas toi, le chien.
Le chien et moi allons très bien.
Ă€ table !
Shiro, t'as faim ?
- Tu veux ? - Merci !
Si c'était moi qui faisais les rations...
T'as faim parce que t'es jeune !
C'est pas assez, 600 grammes parjour pour 4000 calories.
Je prends vraiment sur moi.
C'est bien parce qu'on est sur le continent.
On est presque au bout.
- Va attacher Goro. - OK.
Goro !
Goro, on y va !
On y va, j'ai dit!
Qu'est-ce que tu fous ?
Qui c'est qui te nourrit?
Allez, on y va.
On y va.
Allez.
Allez, on y va. Ça sert à rien.
On y va ! Espèce de fainéant !
Viens ici !
Reviens, Goro !
Je vais te laisser ici !
Je t'en supplie !
Reviens, je suis sérieux!
Je t'en prie !
Qui c'est qui te donne Ă manger ?
Je te le demande Ă genoux !
Alors, ça y est, t'as compris ?
Tu comprends ce qu'on te dit pourtant.
Allez, on y va !
Allez !
Viens, Goro.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Le Botnutten !
Sommet conquis le 27 octobre 1957
Attends.
Il y a ça aussi.
L'équipe du professeur Moriiwa à l'université de Hokkaidô...
Ce sont eux qui ont dressé les huskies.
C'est le message qu'ils ont écrit.
Sur le chemin du retour,
les membres de l'expédition furent pris dans un brouillard épais,
sans un souffle de vent.
La visibilité était nulle.
C'est ce que l'on appelle le "blanc dehors".
Sous l'intensité du rayonnement ultraviolet,
les trois hommes commencèrent à souffrir dbphtalmie des neiges.
Pour ne pas trop s'alourdir,
l'équipe n'avait pas voulu prendre d'émetteur radio,
et se trouvait désormais au bord du naufrage.
Ochi, ça va ?
Oui, ça va.
Des meneurs de chiens victimes d'ophtalmie !
Si c'est pas lamentable.
Ushioda ?
Tu arrives Ă voir quelque chose ?
Un peu!
OĂą est-ce qu'on peut ĂŞtre ?
Ça fait deux heures qu'on est partis.
On doit ĂŞtre encore Ă 20 ou 30 km de la base.
Si toutefois les chiens ne se sont pas trompés de route.
Tu vois quelque chose ?
Tu parles.
Qu'est-ce que tu veux voir dans ce brouillard ?
Je me demande depuis tout Ă l'heure
si on ne ferait pas mieux
de libérer Taro et Jiro.
Ici ?
S'il les voit rentrer tout seuls,
Ozawa nous enverra une équipe de secours.
Dans l'éventualité
qu'ils rentrent sains et saufs Ă la base.
Il n'y aura pas de problème.
Tu le penses vraiment ?
Ushioda.
Je vous comprends.
Mais je suis du mĂŞme avis qu'Ochi.
Si Taro et Jiro se perdent eux-mĂŞmes,
alors nous sommes vraiment perdus.
Et si c'est le cas,
qu'on les libère ou pas n'y changera rien.
Je vois.
Allez, essayons !
Taro et Jiro
étaient encore des chiots quand ils arrivèrent en Antarctique.
Les deux frères avaient ainsi été élevés ensemble à la base.
Taro ?
Jiro!
Ozawa !
Bravo.
Ochi ! Ça va ?
Il est dans un sale état!
- Ozaki, ça va ? - Oui.
Prenez l'autoneige pour rentrer.
On se charge de ramener les chiens Ă la base.
On préférerait
rentrer avec les chiens, je crois.
SĂ´ya, oĂą es-tu ?
SĂ´ya, quand viens-tu ?
Ochi, ça va ?
Ça va, un peu de fumée dans les yeux, c'est tout.
En tout cas, plus de peur que de mal.
Ça y est ! Elle est en train d'accoucher !
Ne vous approchez pas trop !
Ă€ la fin
du mois de décembre 1957,
le Sôya progressait dans la banquise, la seconde équipe à son bord.
Mais au début de l'année suivante,
un mauvais temps tenace et une glace trop épaisse
l'empĂŞchaient toujours d'approcher la base.
En février,
le Sôya reçut enfin l'assistance
du brise-glace américain, le Burton Island.
L'autoneige ?
Quoi, l'autoneige ?
Burton lsl...
I 'autoneige... serait dangereux de...
Le Burton Island ?
Qu'est-ce qu'il a ?
AllĂ´ !
Qu'est-ce qu'il a, le Burton Island ?
Saleté d'orage magnétique.
Chef.
Le Burton a peur d'être immobilisé. C'est ce qu'il disait.
- Tu crois ? - Oui.
Je commence Ă ĂŞtre sourd comme un pot.
MĂŞme le Burton Island n'arrive plus Ă avancer.
Alors c'est nous qui sommes immobilisés pour quelque temps.
Taro !
Je vais l'attacher.
Attends.
Ushioda !
Si tu le cajoles trop,
les meneurs de chien suivants auront des problèmes.
Tu veux que je te prenne en photo ?
Rassemblement immédiat !
C'est le ShĂ´wa ! Ils sont lĂ !
Enfin...
Les voilĂ !
- Nonomiya! - Un an !
Ça fait du bien de vous voir!
Et Horigome, comment va-t-il ?
C'est-Ă -dire que...
Il souhaite que tout le monde ici soit relevé dans la journée.
Relevé ?
Vous voulez qu'on abandonne la base sans autre forme de procès ?
Mais ce serait prendre la fuite !
Les commandants Horigome et Iwagiri
ont pris cette décision en accord avec l'état-major.
Je dois vous demander de faire vite. Je reste avec vous.
Demain, l'accalmie sera passée.
L'avion va faire la navette.
Trois hommes repartiront chaque fois avec lui.
Hasegawa et Takei resteront ici
pour gérer matériel et communication.
N'emportez que le strict nécessaire. Faites vite.
Ikeuchi, viens avec moi.
Faites vite, on a peu de temps !
Pas plus de 45 kilos par personne !
Tu seras sage, Anko.
Dis donc ! Taro !
- Anko! - Taro!
T'as décidé de m'emmerder jusqu'au bout !
Bien, Jiro.
Vos prochains maîtres seront pas aussi gentils qu'Ochi et moi.
Anko, ici !
Pas bouger.
Ushioda.
Il faut vérifier leur collier un à un.
De quoi on aura l'air
si les gars de la seconde équipe les trouvent à droite à gauche.
Tu as raison.
Toi,
j'espère que tu vas perdre cette sale habitude de mordre.
Sois un peu sociable, comme Jiro.
Compris ?
Dépêchez-vous !
Ushioda, dépêchez-vous !
OChi !
Navire de l'Agence de sécurité maritime Sôya
Brise-glace de l'armée américaine USS Burton Island
Bienvenue Ă bord.
Équipes 2 et 3 sur le pont avant !
Pont d'envol, préparez l'appontage.
Appontage réussi.
Venez, asseyez-vous ici.
Tokumitsu et Toda, les meneurs de chien, ils sont oĂą ?
Les chances pour que le temps s'améliore semblent très minces.
♪ ai peur qu'il vous faille abandonner vos projets d'hivernage.
Nous croyons encore au succès de la seconde équipe.
Nous n'abandonnerons pas.
Votre côté "kamikaze" ?
Non ! Rien Ă voir!
Nous disons simplement
que nous saisirons la moindre chance d'y retourner.
Nous sommes en train d'analyser la situation.
Ce carnet de bord est impeccable.
Il y en a un qui a la morsure facile.
Ça, c'est Riki, leur chef.
Lui, c'est un solitaire.
Kuma.
Vraiment, on peut vous prendre tout ça ?
Bien sûr, c'est pour vous qu'on l'a fait.
Vraiment? Très bien, alors...
♪ y ferai attention.
Autre chose ?
Les colliers, peut-ĂŞtre.
Les colliers ?
N'enlevez pas les colliers, s'il vous plaît.
Hasegawa, Takei ! On s'inquiétait!
- Bienvenue Ă bord, Hasegawa ! - Bravo !
Ça a dû être terrible !
Bienvenue Ă bord, Takei !
Je répète : procédez à l'arrimage du Shôwa.
La base ?
Et les autres chiens ?
On prévoit toujours d'envoyer une seconde équipe.
On a laissé les chiens tels qu'ils étaient.
Et pour manger ?
Chaque chien a une ration de hareng pour plusieurs jours.
Le pilote s'est délesté
de la réserve de fioul pour prendre la mère et son chiot.
Votre attention. Notre bateau,
le SĂ´ya,
24-0700,
se dirige vers le large accompagné du Burton Island.
Nous y attendrons que les conditions climatiques s'améliorent,
puis nous tenterons de briser Ă nouveau la banquise.
Après avoir gagné la haute mer pour fuir le blizzard,
le Sôya tenta de nouveau de pénétrer la banquise.
Afin d'envoyer la seconde équipe d'hivernage,
le navire tenta sans relâche de relever le défi de la glace.
Parés pour l'explosion.
Mise Ă feu !
- En avant toute. - En avant toute !
Ushioda.
Les colliers...
Tu sais, les colliers...
L'autre jour,
on n'aurait pas dĂ» les resserrer.
On savait que ce genre de situation pouvait arriver.
Si Anko ne s'était pas dégagé la dernière fois...
Ochi.
Ça va se calmer.
On a toujours eu de la chance avec la météo.
Ça va se dégager.
T'as beau essayer de me rassurer,
le blizzard ne cesse pas pour autant.
La glace ne veut pas se briser.
En avant, vitesse réduite.
En avant, vitesse réduite !
Tatsuo Iwagiri Commandant du SĂ´ya
Ça vous suffit ?
Iwao Horigome Commandant de l'expédition
Votre attention.
À tous les membres d'équipage,
ainsi qu'aux membres de l'expédition polaire.
C'est avec regret,
mais aussi beaucoup de tristesse,
qu'en l'absence d'amélioration des conditions climatiques,
et dans l'incapacité où se trouve le Sôya de poursuivre son avancée,
nous nous voyons obligés
d'annuler l'hivernage de la seconde équipe.
La base Shôwa est dorénavant fermée.
Notre navire, le SĂ´ya, 24-0700,
suspend toute tentative de briser la banquise,
et rentre au Japon.
Grâce à votre aide,
nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir.
Nous avons tout essayé !
Ushioda !
Mais nos efforts ont été vains.
Pardon !
Nous sommes tous reconnaissants
du travail fourni par chacun.
Mais nous n'avons plus d'autre choix que de rentrer.
- Commandant ! - Dans la salle des cartes.
Commandant, vous abandonnez les chiens ?
Ochi.
Laissez tomber.
Nous avons fait tout ce que nous avons pu.
Je vous en prie ! Deux voyages !
En deux voyages, nous pouvons ramener les chiens avec le ShĂ´wa !
Pas avec ce temps.
Alors un seul voyage !
Laissez-nous faire au moins un voyage.
Impossible ! En tout, ça fait plus de 500 kilos !
Peu importe !
Nous devons les tuer.
C'est le seul moyen
d'assumer nos responsabilités.
Ushioda, n'est-ce pas ?
Poursuivre nos manœuvres
serait contrevenir aux ordres de l'état-major.
De plus...
De plus ?
Nous sommes bientĂ´t
Ă court d'eau potable.
Nous n'avons plus assez de carburant
pour faire marcher les machines de dessalement.
Ushioda.
L'hélice et le gouvernail sont endommagés.
Le bateau est en piteux état, et nous n'avons plus de carburant.
Nous avons Ă peine de quoi rallier Le Cap.
N'insistez pas. Pensez Ă ceux qui sont sur ce bateau.
L'eau...
Sans eau,
il n'y a rien Ă faire.
Ushioda.
Je vous rends ceci.
En fait,
nous gardions aussi tout ça.
Le club des amis des huskies de Sakhaline
nous a envoyé tout ça pour décorer leur chenil.
Excusez-nous.
Bien...
Je vais aller me raser, ça me fera du bien.
Ushioda.
Il n'y a rien Ă faire.
Tu voudrais quoi ?
Le premier à s'échapper
fut Anko.
Ensuite, ce fut au tour de Jack.
Puis Riki, leur chef, parvint à se débarrasser de son collier.
Ainsi que Jiro.
Shiro enfin se libéra.
Les chiens qui s'étaient libérés revinrent à la base.
Les deux frères, Jiro et Taro,
avaient toujours été ensemble.
Riki et les autres
parcoururent la base
Ă la recherche des humains.
Pesu,
Moku,
et d'autres encore tombèrent.
Riki, le chef de la meute, emmena alors avec lui
Anko, Jack,
Shiro et Jiro.
Ils quittèrent la base à la recherche de nourriture.
Kuma parvint à se libérer lui aussi.
Taro se joignit Ă Kuma Ă la poursuite de ses compagnons.
Ce fut Jiro qui se montra le premier.
s'inquiètent pour Taro, il avait rebroussé chemin.
Riki
Jack
An ko
Shiro
Kuma
Taro
Jiro
Les chiens cherchaient désespérément de quoi manger.
Deri
fut le dernier chien
à rompre sa chaîne.
H partit sur la piste de ses compagnons.
Tous furent bientôt réunis.
Dans la banquise
couraient partout
des fissures.
La mer y montrait son visage sombre.
Les fissures s'ouvrent et se ferment
avec les mouvements de la marée.
Dans le même temps, des animaux marins sont portés à la surface,
et restent prisonniers de la glace.
Cela, Riki et Kuma le savaient déjà .
Mais le sol autour des fissures était dangereux même pour les chiens.
Deri, 6 ans Originaire d'Asahikawa
Goro, 6 ans Originaire de Wakkanai
Début de l'été
Université de Hokkaidô Institut de géologie
On a vraiment plein d'idiots au Japon !
Ils ne connaissent rien ni Ă l'Antarctique ni aux chiens.
Ils sont lĂ : "Les pauvres, les pauvres."
Quelle bĂŞtise !
Takeshi Moriiwa Professeur
♪ imagine
que tu ne t'es pas rangé à ces voix imbéciles.
Mais que feras-tu après avoir quitté l'université ?
Je n'ai encore rien décidé.
Et si tu allais en Australie ?
Cette demande vient de l'institut de géologie de l'université de Melbourne.
Deux ou trois ans. Ça te changerait les idées.
Professeur,
je vous remercie de votre sollicitude, mais...
C'est bon, j'ai compris.
Si tu pouvais te changer les idées, tu ne quitterais pas l'université.
L'Antarctique au mois de mai.
Pour les chiens, c'était l'occasion d'un court repos.
Anko et Shiro étaient devenus amis.
L'Antarctique est propice aux mirages.
Grâce à Riki et Kuma,
Taro et Jiro avaient appris Ă chasser le phoque.
Mais après que phoques et pingouins
eurent rejoint les lointains rivages de l'océan,
s'abattit l'hiver polaire.
Riki partit vers l'intérieur des terres
sur la piste des humains.
C'était cette même route qu'ils avaient prise pour atteindre le Botnutten.
Kuma, qui n'aimait pas se fondre dans la meute,
resta en arrière, là où la banquise se fissure.
En Antarctique,
le soleil disparaît complètement
de fin mai à début juillet,
laissant la place à un monde de ténèbres.
Au lieu du soleil,
les aurores polaires règnent sur le ciel antarctique.
Les chiens restaient les uns près des autres, effrayés par le phénomène.
Soudain Jack se mit Ă courir comme un fou.
Seul, Kuma lui aussi
regardait le ciel avec crainte.
Jack, isolé de ses camarades, était paralysé par la peur
au beau milieu d'un glacier.
Juillet Gion Matsuri
Université de Kyôto Institut de physique du globe
Pardonne-moi, je suis en retard.
Comment ? Tu travailles encore ?
Tu veux vraiment y aller ?
Ça va nous épuiser, tout ce monde.
Soit, mais l'an dernier déjà , nous n'avons pas pu le voir.
Et c'est ma faute ?
Tu n'es pas d'accord ?
Tu étais parti au bout du monde.
Allez !
Viens ! Viens, s'il te plaît!
Dépêche-toi de te préparer.
Si tu n'écoutes pas ce que je dis,
je ne me marie pas avec toi.
Regarde, les voilĂ ! On voit le Naginata !
Comme c'est beau !
Regarde, voilĂ les chars !
Regarde, c'est le Naginata-hoko ! Tu vois ?
Vous aimez les chiens, vous aussi ?
Les chiens reconnaissent tout de suite ceux qui les aiment.
N'est-ce pas, Peechan ?
Rentrons.
Qu'est-ce qu'il se passe ?
Mais enfin !
Dites, c'est vrai ?
Quoi donc ?
Quand c'est l'été au Japon, c'est l'hiver en Antarctique ?
Arrêtez avec ça.
Je vous ai dit que je détestais ces histoires.
Vous avez raison, mais comment le savez-vous ?
ArrĂŞtez !
Ne touchez pas à ça !
Ne changez pas de sujet. Que voulez-vous savoir ?
Je suis désolé.
Avec cette chaleur atroce,
je me suis mis à penser que dans le Sud, c'était l'hiver.
C'est idiot de ma part.
Mais voilĂ ,
c'est la faute de ce truc !
♪ aurais jamais dû le lire!
Il voyage pour obtenir le pardon des éleveurs de huskies
Le professeur Akira Ushioda, ancien explorateur polaire,
quitte ses fonctions à l'Université de Hokkaidô
Honteux d'avoir dĂ» abandonner les huskies de Sakhaline
Il offre des chiots pour demander pardon
Il faut se résigner, il est mort en faisant un travail exemplaire.
Le pauvre n'a pas eu de chance.
Mais je ne blâme personne.
Je vous remercie profondément.
Si vous voulez bien m'excuser.
Merci pour tout.
Je vous demande
de bien vouloir accepter ceci.
S'il vous plaît.
Je voudrais juste savoir une chose.
Oui.
La dernière fois que vous avez vu Riki,
que faisait-il ?
Riki était notre chien, à ma sœur et moi.
Ma sœur est absente pour le moment.
Mais quand elle rentrera, elle me posera sans doute la question.
Il était enchaîné
avec les autres chiens.
Enchaîné ?
Je vous demande pardon.
C'est la tombe de Riki.
C'est ma petite sœur qui l'a faite.
On en veut pas !
Ce chiot ne nous rendra pas Riki.
On en veut pas !
Pourquoi vous avez abandonné Riki ?
Pourquoi vous l'avez pas ramené avec vous ?
Je vous déteste !
Pourquoi ?
- Rendez-nous Riki ! - Maki !
- Maki, arrĂŞte ! - Rendez-nous Riki !
Nous n'aurons plus jamais de chien.
Reprenez celui-lĂ avec vous !
Calme-toi, Maki. Rentrons.
Riki se mit soudain Ă courir.
Attiré par l'odeur de l'homme,
il avait trouvé le dépôt de nourriture de l'expédition du Botnutten.
H y restait encore
de la viande de phoque.
Shiro,
l'ami d'Anko,
venait de tomber.
Shiro, 3 ans Originaire de l'île de Rishiri
Le maire de Wakkanai va maintenant prendre la parole.
Merci.
Les nobles huskies de Sakhaline
qui sont morts pour le bien de la recherche en Antarctique,
étaient nés à Hokkaidô,
et avaient été élevés ici, à Wakkanai.
Tel était le cas de Kuma de Fûren, d'Anko de Rishiri,
et de tous les autres.
Ces quinze chiens
étaient nos compatriotes, et la fierté de Hokkaidô,
la fierté des habitants de Hokkaidô
mais aussi de tous les Japonais.
Nous leur exprimons notre infinie reconnaissance...
M. Ushioda !
Nous autres occidentaux avons aussi beaucoup d'admiration
pour ces quinze chiens.
Excusez-moi.
Vous ne voulez pas nous dire un mot? Répondre à mes questions ?
Désolé.
M. Ushioda, vous avez quitté votre poste à l'université
et donnez chaque jour des conférences à propos de ces chiens.
Faut-il y voir l'expression de votre culpabilité
pour les avoir abandonnés ?
Ma culpabilité ?
Ces chiens étaient nos compagnons.
Alors que faut-il en conclure ?
Que vous avez choisi l'option la plus cruelle
en les abandonnant ainsi ?
Oui.
C'est pourquoi j'aurais voulu pouvoir les tuer.
Excusez-moi.
Tu ne dis rien ?
Centre de dressage des huskies
Tu as bien quelque chose Ă me dire.
♪ avais, oui.
Je suis venu exprès jusqu'à Hokkaidô.
Il fallait absolument que je te parle.
Mais depuis que je t'ai vu tout Ă l'heure,
je n'en ai plus aucune envie.
Pourquoi ?
En fin de compte...
En fin de compte,
je me suis aperçu que j'étais comme toi.
Tu te tiens
pour responsable.
Et moi, je fais comme si de rien n'était.
Alors que je me sens tout aussi responsable.
Je me tiens pour responsable, tu crois ?
Ça,
ça te rappelle quelque chose ?
Ça devrait ?
Mais oui.
Quand nous sommes allés jusqu'au Botnutten.
Vraiment ?
Tu ne vois pas ?
Le cadavre de baleine ?
Mais oui !
C'est exactement ça !
Je vois maintenant.
Et à l'intérieur,
tu vois quel chien ?
- Jiro, évidemment ! - Jiro, tu crois.
Anko et Kuma, non ?
Ou alors Riki ?
Riki.
Si c'est Riki, il a dĂ» emmener les autres.
Sans doute.
Ochi.
Tu crois qu'ils sont encore en vie ?
Et toi, t'en penses quoi ?
À présent, Riki,
Taro,
Jiro,
et Anko n'étaient plus que quatre.
Revenant des terres, ils regagnaient la mer,
exténués.
Le vol des labbes pomarins
annonçait la fin des rigueurs de l'hiver.
Pour autant,
la nature polaire était loin d'accueillir les chiens avec chaleur.
Une orque attaqua soudain.
Riki s'interpose pour protéger Taro et Jiro.
Inquiets pour Riki,
Taro et Jiro revinrent en arrière.
C'est Riki
qui leur avait appris
qu'on trouve des cadavres de phoque près des fissures.
Riki
lutta de toutes ses forces pour survivre.
Mais
il n'arrivait déjà plus a marcher.
Riki, 6 ans Originaire de l'île de Rishiri
Le morceau de banquise oĂą se trouvait Anko
était entraîné vers le continent.
Bonjour !
Bonjour.
C'est le chien
que vous nous aviez amené la dernière fois ?
Oui.
Il a grandi.
Comment s'appelle-t-il ?
Riki.
Riki.
On a finalement décidé
de prendre un autre chien.
Vraiment ?
Je pense
que Riki sera d'accord.
Riki !
Attends, Riki !
Riki a grandi sur Rishiri.
Là -bas, sur cette île,
quand vient l'hiver,
tous les gens retournent en ville.
Les chiens doivent trouver seuls de quoi manger.
Ils arrivent toujours Ă survivre.
Je suis sûre que Riki a su se débrouiller.
C'est un courageux.
Mais mĂŞme s'il a grandi tout seul sur Rishiri,
c'est autrement plus dur au PĂ´le Sud.
♪ ai raison, n'est-ce pas ?
On ne peut pas espérer
qu'ils aient tous survécu.
Mais
je suis sûr
que certains d'entre eux ont survécu.
♪ en suis persuadé.
Oui, mais la température descend jusqu'à - 40°C ou - 50°C.
Les huskies de Sakhaline ont une grande résistance au froid.
Alors Riki aura su trouver de quoi manger!
Je l'espère.
Tant mieux.
Moi-mĂŞme,
encore récemment,
je me demandais pourquoi je n'avais pas tué ces chiens.
C'était mon plus grand regret.
Mais je me trompais.
Ce n'est pas comme ça
qu'on traite les ĂŞtres vivants.
La vie est sacrée,
personne n'a le droit d'en disposer Ă sa guise.
Il m'a fallu faire un grand détour
avant de comprendre une chose aussi simple.
Le printemps était arrivé en Antarctique.
Taro et Jiro avaient grandi ici.
La base était comme leur maison.
Kuma courait Ă leur rencontre
avec un autre chien.
H s'agissait d'Anko,
dont le morceau de banquise avait dérivé vers le continent.
Anko avait retrouvé Kuma, resté dans la zone des fissures.
Ensemble, ils avaient réussi à survivre.
Kuma était devenu sauvage
et guidait les trois autres
Ă la recherche d'une proie.
Anko, 3 ans Originaire de l'île de Rishiri
Les chiens n'étaient plus que trois.
Kuma, 5 ans Originaire de Fûren
Kuma
disparaissait de nouveau en direction du continent.
Taro et Jiro
ne purent se résoudre à quitter la base.
Pourquoi cours-tu ?
Une troisième équipe d'au moins 12 hommes repart en Antarctique.
Tu voulais partir sans m'en parler.
Non.
Je ne peux partir au bout du monde
et te laisser encore une fois.
En plus, je n'en ai pas gardé que de bons souvenirs.
Alors
tu ne fais pas partie de l'équipe ?
Dépêche-toi.
Si tu te dépêches d'aller à Tokyo,
peut-ĂŞtre sera-t-il encore temps.
Je t'attendrai.
Tu dois y aller pour en avoir le cœur net.
Ainsi, tu sauras mieux
si tu veux de moi ou non.
Refaites un tour.
Ushioda, tiens.
Jack, 4 ans Originaire de l'île de Rishiri
Ochi, c'est Jack.
S'il vous plaît,
est-ce qu'on peut refaire un tour ?
Commandant? Que fait-on ?
Dirigez-vous vers la base.
Ushioda,
nous devons transporter le matériel sitôt après avoir inspecté la base.
Vous ne voulez pas laisser tomber ?
Ushioda !
Goro.
Mort de faim.
Ochi.
C'est Kuma.
Non.
Taro et Jiro.
Taro !
Jiro!
C'est bien.
Les corps de sept chiens furent retrouvés enchaînés :
Goro, Pesu, Moku, Aka, Kuro, Pochi et Kuma de Monbetsu.
Six autres moururent sur la banquise :
Riki, Anko, Shiro, Jack, Deri et Kuma.
Deux autres enfin survécurent : Taro et Jiro.
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