All language subtitles for The.Black.Rose.1950

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L'Angleterre au moyen âge.

Début du règne d'Edouard 1er

Epoque trouble, qui vit

naître ces châteaux fortifiés,

témoins aujourd'hui

des inimitiés inébranlables

qui justifièrent leur construction.

Plus de 2 siècles s'étaient écoulés

depuis la conquête normande et son apport

à ce qui allait devenir du sang anglais.

Mais la hargne entre conquérants et Saxons

demeurait intacte.

Elle séparait les châteaux de Bulaire et Gurney

bien plus qu'ils ne l'étaient géographiquement.

Tout commença par le décès du comte de Lesford,

Seigneur de Bulaire.

Toi ! Où vas-tu ?

Le notaire du comte m'a mandé.

Ton nom ?

Walter de Gurney.

J'aurais dû te reconnaître.

Ton père était un brave.

Suis-moi.

Les Saxons ne sont pas bien vus par ici.

Que voulez-vous ?

Il vient voir Siméon Baldry, le notaire.

Tu es l'homme d'Oxford. Suis-moi.

- Walter ! - Siméon, heureux de te voir.

Tu as mûri.

Tu es passé voir ton grand-père ?

Non, je suis venu directement.

Je craignais qu'il ne m'empêchat de venir ici.

Il l'a toujours haï.

Tu n'as donc pas dîné. Assieds-toi.

J'ai ce qu'il te faut.

Sustente-toi.

Dis-moi,

que t'a-t-on enseigné à Oxford ?

Les chiffres et d'autres choses.

Je lis aussi bien que toi.

Tu écris aussi ?

Oui. J'ai appris le latin et le grec.

Et le français ?

Je n'apprendrai pas cette langue. Qu'ils apprennent la nôtre.

Ça fait 200 ans et ils parlent toujours...

Tout doux, mon ami.

On est chez eux. Veux-tu qu'on nous pende ?

Pourquoi m'avoir mandé ?

Réfléchis. Tu es dans le testament.

Nommément ?

Il me reconnaît en tant que fils ?

- Oui, il te reconnaît. - Je le savais.

N'en attends pas trop.

Toi qui as bien connu mon père,

aimait-il ma mère ?

Plus que la Normande qu'il a épousée ?

Il m'aimait aussi.

Je m'en doutais.

Quand j'étais petit, je me souviens

avoir admiré sa paire de bottes.

Noires avec des léopards en or.

Il m'en avait promis une paire.

Il n'en a rien fait,

bien qu'il l'ait voulu.

S'il en avait eu la latitude,

il aurait agi autrement, non ?

Ton père, Walter, était un fier guerrier.

Il avait du cœur.

Cela est vrai.

Il a vraiment aimé ta mère

et tu étais son fils.

Mais son legs peut te causer plus de mal que de bien.

Les Saxons ne sont plus aimés par ici.

Ils se sont inféodés à ton père

et sa femme normande le sait.

Elle en a enfermés quelques-uns.

Par mesure de précaution...

Je ne veux pas que l'émotion t'égare.

Tu peux assister à la lecture,

à condition de te tenir en retrait.

Car si elle te voit,

elle te fera du mal.

Procédez.

Au nom du Seigneur, amen.

Dernières volontés

de Rolf, comte de Lesford

et Seigneur de Bulaire.

Il livre son âme à Dieu Tout-Puissant

et à tous les saints.

Il reposera

dans la chapelle du château.

En outre :

tous ses domaines, ses terres

et les rentes dont il avait hérité,

iront à ses héritiers, Eléanor, sa femme,

et Edmond, son fils.

En outre :

il tient à reconnaître

son autre fils

qui à défaut de porter son nom, se nomme Walter de Gurney.

Il tenait à lui.

Le dit Walter de Gurney

hérite de ses bottes avec léopards en or.

En outre : il souhaite

que son fils entre au service de notre roi,

sachant qu'il s'y fera une honorable et juste place.

En outre :

il lègue le maître autel de la chapelle...

Il suffit avec ce manant sans nom !

Qu'il prenne son dû et s'en aille !

Me faudrait-il ramper par ordre d'une Normande ?

Surveille-toi, Saxon !

Je ne servirai aucun roi normand.

Je suis saxon.

Il n'avait pas à me livrer à un Normand.

Traître !

Que l'on te pende pour cela !

Permettez,

comtesse de Lesford.

Il y a là quelque chose qui me concerne personnellement.

J'aimerais l'interroger.

Nul besoin de demander, Majesté.

L'idée d'entrer au service de ton roi

semble te déplaire.

Dis-moi, en toute liberté, le pourquoi de ta hargne.

Tu peux parler.

Je suis venu ici en chassant.

Oublions que je suis ton roi

et parlons d'homme à homme.

Sans retenue.

Vous êtes normand, cela suffit.

Nenni.

La conquête remonte à 200 ans.

Saxons et Normands auraient dû trouver un modus vivendi.

Ton père pensait autrement.

Il était saxon.

Il savait qu'il fallait éteindre cette hargne.

C'est un problème qu'il faut résoudre.

Dis-moi,

tu refuses ta loyauté à un Normand

mais sais-tu que moi je n'ai pas le choix ?

Je dois être le roi de tous, que ça me plaise ou non.

Ne nous devez-vous pas autre chose que de la haine ?

Que dois-je aux Normands ?

On vivait ici alors que les Normands ne faisaient que piller.

Gurney se portait mieux

avant qu'ils ne nous pillent.

Elle est normande,

elle m'a volé mon nom.

Elle a empêché mon père d'avoir un fils saxon.

Elle m'a séparé de mon père.

Il a souhaité me voir au service du roi

mais ne peut m'y forcer.

Rien de tout cela ne me concerne.

C'est une histoire entre un fils et son père.

Je ne souhaite pas voir cet homme pendu.

Nous voulons qu'il soit libre.

Pouvez-vous héberger un voyageur ?

Qui serait né ici ?

Maître Walter !

Ravi de te revoir.

Vous avez belle allure.

Entrez.

De retour à la maison.

Je vous espérais pour le dîner.

Tu étais au courant ?

Quelqu'un est arrivé pour vous voir.

Qui ?

Frère Roger Bacon.

Il a été mon professeur. J'aimerais le voir.

Je le lui ferai savoir.

Will...

Qu'a dit mon grand-père quand j'ai quitté Oxford ?

Vous le connaissez,

il ne dit jamais rien. Il observe.

Il va bien ?

Vous avez vu le tas de ferraille ?

Oui, justement...

On fait du commerce. Un chevalier de Gurney qui commerce !

Qui vend de la ferraille et des porcs.

Et comme toujours, sans prévenir personne.

Un matin, les chevaux étaient partis

et arrivèrent les porcs et la ferraille.

Quand ils demandèrent où les mettre,

il me dit de les parquer devant l'entrée.

Ils ne comprirent pas pourquoi.

Moi, je compris.

Quitte à faire du commerce,

il voulait que ça se sache.

Si c'était le prix à payer, il voulait le payer.

Et quand il passe à côté,

il ne regarde ni à droite ni à gauche.

Je préviens frère Bacon.

Cela ne m'est pas destiné, j'espère ?

Frère Bacon...

Je n'ai pu m'en empêcher.

Quand j'étais petit, elle me servait d'étalon.

Elle servait à tester ma force.

J'aurais aimé t'intéresser davantage aux livres.

Tu ne les aurais peut-être pas abandonnés.

Que s'est-il passé avec ton père ?

Tu t'attendais à ça ?

Tu reviendras à Oxford ?

Je... je ne sais pas.

Peu importe.

On en reparlera plus tard.

Avec ton grand-père.

- Ce sera difficile. - Pourquoi ?

Nous ne nous parlons

qu'à travers une tierce personne.

Ça rend la discussion difficile.

Vous ne vous parlez pas ?

Si, par l'entremise du vieux Willy.

Mais cela peut être vous s'il n'est pas là.

N'y voyez là aucune haine.

Il a fait ce vœu après le drame avec mon père.

Je vous dois quelques explications pour vous éclairer.

Mon père était promis à ma mère avant de partir pour sa croisade.

Lors de son retour, une blessure faillit le faire mourir.

Il fut soigné par des Normands.

Longtemps après, une fois guéri,

il épousa la fille des Normands qui l'avaient soigné.

Par gratitude, j'imagine.

Il ignorait tout de ma naissance.

L'apprenant, il accourut aussitôt.

Et il y eut cette querelle dont je me souviens encore.

Grand-père jura de ne plus jamais lui parler,

ni à ceux de son sang,

dont je suis, bien sûr.

J'ai souvent pensé qu'il avait dû le regretter après.

Il n'est pas du genre à prendre un vœu

ni rien à la légère.

Je vois.

Je dois ajouter que...

Willy !

Le souper est prêt ? Notre hôte est arrivé ?

Ecoute, Willy,

dis à mon petit-fils que je suis heureux de le voir devenu un homme.

Dis à mon grand-père que je suis heureux de le voir.

Et que j'espère être assez homme pour le servir.

Bien parlé, Willy.

Notre hôte...

Soyez le bienvenu, frère Bacon.

Merci, comte.

Du cochon ! Certes pas un mets très raffiné,

mais ça emplit la panse.

Demande à mon petit-fils ce qu'il pense de notre commerce.

Il est sûrement au courant.

Dis à mon grand-père

qu'il a pris une décision courageuse.

Bien parlé.

Attaquons le repas.

On parle mieux le ventre plein, malgré les Normands.

Des bottes et le privilège d'appartenir à un roi normand.

Qu'espère-t-il ?

Dis-lui que j'espérais pouvoir ainsi aider Gurney.

Dis-lui qu'il est fou de croire cela.

Il aidera Gurney en retournant à ses études.

Il apprendra à être meilleur que son père.

Dis à mon grand-père

que je ne retourne pas à Oxford.

Ma place est ici,

avec lui, à Gurney.

Si Gurney doit exister.

De quel droit ose-t-il penser ainsi ?

Qui peut juger de ce qui est mieux pour nous protéger des pilleurs ?

Demande-lui s'il...

Dis à mon...

Permettez, Votre Seigneurie ?

De quel bord êtes-vous ?

D'aucun bord.

Si vos paroles n'abondent pas dans mon sens,

je ferai peu de cas de votre qualité d'hôte.

Je suis venu ici avec une seule idée :

hâter son retour à Oxford.

J'ai connu peu d'élèves ayant un tel don pour les études.

Ce serait un échec pour moi si je le perdais.

A quoi bon ?

Comment les combattre avec des livres ?

Si j'étais jeune et si je voulais orienter ma vie,

je la consacrerais à la quête du savoir.

Le savoir remporte des victoires impossibles par l'épée.

On a tant à apprendre

et on est si peu à le faire.

L'Angleterre en aura besoin.

Elle en a besoin.

Ce pays abrite bien peu de livres.

Ecrits avec peine

et lus avec peine par trop peu.

Chaque pays a des connaissances que nous devons assimiler.

On m'a parlé du Cathay.

Pays où nous ne sommes jamais allés.

Un vieux pays,

fabuleusement riche, pas seulement en or,

mais du savoir des anciens.

Ils ont découvert une substance qui au contact d'une étincelle

disparaît dans un éclat aveuglant.

Ils ont des instruments

qui aident à se diriger sur mer et sur terre.

- Vous croyez à ces légendes ? - Oui, et plus encore.

Quel défi lorsqu'on est jeune.

Que demander de mieux à la vie ?

Je ne sais pas.

Mais...

le coup est faible.

Si je dois le laisser seul ici,

je veux porter un coup plus rude.

Laissez-le.

Il est blessé. La nuit lui portera conseil.

Vous !

Que faites-vous ?

Que voulez-vous ?

- Le petit-fils du comte. - Un noble. J'aime pas ça.

Griffin ? Tu n'es pas un voleur. Que fais-tu ?

- Lâchez-le ! - Ce Saxon ?

On a joué trop souvent dans ces douves.

Je vous connais, vous n'êtes pas des voleurs.

Que faites-vous ici ?

Ça va mal.

Tout allait bien du temps de votre père,

mais la Normande a emprisonné une douzaine de Saxons.

Je les ai vus.

On va les sortir de là.

De Bulaire ? Comment ?

Ne mésestime pas ces arcs et nos bras.

Contre des murs de pierre ?

Il est de leur côté.

Qui a dit que j'étais avec eux ?

Qui est votre chef ?

Je le suis, si on veut. On l'est tous.

Vous avez une chance si vous pouvez entrer.

Ton plan ?

C'est le plus difficile à trouver.

Je peux y arriver.

Ce n'est pas votre combat.

Donne-moi quelques hommes et je les ferai entrer.

Si on peut actionner le pont-levis, on a une chance.

Si on n'y arrive pas, vous serez en sécurité dehors.

Bon, tu es des nôtres. Prenez vos armes.

Quoi ?

Qui es-tu ?

- La chance nous sourit. - A toi.

Qui êtes-vous ?

Que personne ne sorte

ou il sera inévitablement transpercé par une flèche.

Comme ceci.

Quant aux autres,

jetez vos armes.

Vous, en bas !

Qui que vous soyez,

si vous avez des doléances, présentez-les

comme il sied.

Nenni.

Vous avez 5 mn pour libérer les prisonniers.

Chaque minute perdue verra la mort d'un des vôtres.

Attendez.

Voilà, ton problème est réglé.

Ce Normand n'a pas le cœur à se battre.

A moi de jouer.

Ils sont libres.

J'ignore qui vous êtes,

mais regagnez tranquillement vos maisons

avant que le pire n'arrive.

Il faut attendre Gurney.

Restez où vous êtes !

Tu me paieras ça, Walter de Gurney !

Toi aussi, Triss Griffin !

On ne peut rester ici.

Ils vont nous traquer.

Je connais mieux la forêt qu'eux.

Ils prendront ta famille en otage.

Je n'ai que Sarah.

Veinard.

Je dois voir mon grand-père.

Ce soir.

Pourquoi tenais-tu tant à ces bottes ?

Elles témoignent de l'amour de mon père

contre la rumeur générale.

Si elles me vont, j'aurai les pieds au chaud.

Une lettre.

De mon père.

Il tenait à moi.

Ecoute.

"Ecrit à Bulaire à la lumière de bougie par Siméon Baldry.

"A mon fils, Walter.

"Je t'ai légué de l'or qui se trouve chez Potter à Londres.

"Je ne l'ai fait ouvertement

"par crainte de représailles.

"Je t'ai proposé au service du roi

"avec l'espoir

"qu'en l'aidant à servir ce pays déchiré

"tu te ferais le nom honorable que je n'ai pu te donner.

"Puisse Dieu te guider.

"Je regrette les souffrances que je t'ai causées.

"Ton père affectionné,

"Rolf de Bulaire"

Par bonheur on a eu les bottes.

Dis-lui que je ne peux rester.

Demande-lui quand on aurait dû fuir les Normands.

Dis-lui que nous n'avons pas le choix.

Les Normands ont gagné.

Gurney leur appartiendra bientôt.

C'est leur pays, plus le nôtre.

Dis-lui que je ne resterai pas en pays normand.

Croit-il trouver un pays où il pourra vivre

en ayant fui son devoir ?

Dis-lui que je le trouverai.

Le plus loin sera le mieux.

Le Cathay peut-être.

Si je trouve l'or pour acheter les terres dont on a besoin,

je reviendrai peut-être.

En attendant, qu'ils gardent leur Angleterre.

Je ne resterai pas en terre normande.

Nos hôtes partent loin, donne-leur ce dont ils ont besoin.

Oui, M. le comte.

Le soleil va se lever.

Les chiens de Bulaire vont sortir.

Maître,

il a dit de veiller à vos besoins.

Il vous donne aussi ceci,

un objet de valeur, le dernier...

Qu'il garde cette coupe, je tâcherai de la remplir d'or.

Merci pour tout, Willy.

Bonne chance, maître.

Est-ce la fin de quelque chose ou son début ? Je l'ignore.

- Dors bien dans ta forêt. - J'ai une idée.

Laquelle ?

J'ai comme l'idée de venir avec toi.

Jusqu'au Cathay ?

Ça se trouve où ?

Loin de ta forêt.

Ça plairait peut-être à Sarah d'y aller.

Ne t'engage pas à la légère.

Si on part là-bas, tu risques fort de te faire pendre

par un Mongol au lieu d'un Normand.

Je préfère satisfaire un inconnu

plutôt qu'un Normand que je hais.

Alors, partons au loin.

C'est le début.

Ça me paraît bien.

Les croisades les ont montés contre les chrétiens.

On cherche le plus grand marchand avec la plus grande caravane.

Et le plus grand brigand.

Bonjour.

Es-tu le maître ici ?

Non, le maître de ces lieux est l'aimable, le gracieux et le bon

Anthémius d'Antioche, que je sers de mon mieux.

Dis-lui qu'on veut le voir.

Mon maître ne se consacre qu'aux affaires d'importance.

Je peux peut-être...

On arrive de très loin pour le voir.

C'est délicat, je ne veux pas le déranger sans raison valable.

Le risque est trop grand.

Il l'est moins maintenant, non ?

Je vais voir mon bon maître.

Bonjour.

Vous ne me semblez guère importants.

Chaque minute de ma journée doit m'apporter un profit.

Nous cherchons à partir avec une caravane pour l'est.

Destination ?

Sans importance.

Le Cathay...

Il se trouve qu'une de mes caravanes part vers le Cathay.

Une caravane chargée de présents pour Kublai Khan.

On dit que les petites caravanes disparaissent souvent.

Petites ? De quoi parlez-vous ?

Le Grand Khan exige toujours

d'avoir tout en 81 exemplaires, soieries, bijoux,

femmes...

Je lui ai trouvé 81 des plus belles femmes de ce pays.

Le tout étant pour lui,

la caravane sera protégée

par l'armée du grand général Bayan.

Bayan aux cent yeux.

Cela vous rassure-t-il ?

Une bien étrange caravane...

Elle n'a rien d'étrange.

Le Khan commence sa guerre contre la Chine,

le "Cathay".

Il aura pour butin le plus vieux et plus riche pays du monde.

Je serai son ami.

Je vais l'aider à disposer de ces richesses.

Je serai richissime.

Alors, voyageurs,

paierez-vous cher pour voyager en telle compagnie ?

Nous voulions nous proposer comme gardes.

Des chrétiens provoqueraient les attaques.

Vous n'avez pas mieux ?

Vous avez gaspillé mon temps.

Fouille-les.

S'ils n'ont rien, coupe leurs cheveux,

je m'en ferai un coussin pour mes pieds.

Je les ai déjà fouillés.

Ils n'avaient que ça.

J'attendais le moment propice.

Pas grand-chose.

Mais l'honneur est sauf.

Chasse-les.

Bien, maître. Venez par ici.

Pourquoi avoir menti à ton maître ?

On dit parfois que je mange à tous les rateliers

car on croit que je vole tout le monde.

Ce qui est faux.

Mais là, je peux faire un plus petit profit que mon bon maître.

C'est moi qui emmène la caravane.

Je vous prendrai peut-être.

Vous équiper ne me coûtera rien.

Ce sera chose aisée.

Combien d'or avez-vous ?

Plus beaucoup.

On n'a pas de raisons de te faire confiance.

Qui est ce général Bayan aux cent yeux ?

Il est le plus grand guerrier du monde.

Le Khan l'a emprunté à la Perse pour sa guerre contre la Chine.

Un jour, il va conquérir le monde.

Où est son campement ?

A 3 jours d'ici.

A votre place, je l'éviterais.

Ses hommes aiment tuer.

Ils adoreraient trancher des gorges chrétiennes.

Vous n'avez pas d'autre choix que de... traiter avec moi.

Combien d'or avez-vous ?

Curieux pays...

Bien.

Quand part-on ?

Dans deux jours.

Vous êtes bien tombés.

Voilà.

Grâce à la grande magnanimité de mon cœur,

ils sont à vous pour le voyage.

On l'appelle le chanteur car il fait d'horribles bruits.

L'autre vous mordra

à défaut de vous piétiner.

Trouvez-vous un endroit sous la tente

qui soit encore abrité.

Elle est bien pour des chrétiens.

Le serviteur est bien,

il volera ce que vous voudrez.

C'est tout. Bonne journée, messieurs.

Tirons au sort qui se fera mordre.

- Pile ou face ? - Pile.

Face.

On aurait dû naître mieux adaptés au chameau.

Ou l'inverse.

Notre ami m'a donné quelques renseignements.

Le général campe au-delà de la colline.

Afin que ses hommes ne voient pas les femmes.

Aujourd'hui il organise des tournois dans la plaine.

J'ai aussi découvert la cause de son surnom.

Il a plein d'yeux ?

Non, il voit tout.

Il saura tout des qualités de ses hommes.

Il y a un tournoi pour archers...

Archers ?

Ça t'intéresse, hein ?

Oui. Il fait un peu frais mais la lumière est bonne.

Ils ont de bons arcs ?

- Les meilleurs. - Ils n'ont pas vu Sarah.

Pas question, mon ami.

On ne doit pas se faire remarquer.

Laisse Sarah de côté.

Je l'emmène, c'est tout.

Tu ne t'en serviras pas ?

Il n'y aura aucun problème.

Avec un surnom pareil...

Une bannière anglaise.

Probablement celle d'un croisé.

Infâme infidèle...

Que se passe-t-il ?

Ce chamelier s'était trop approché des femmes.

Un jeu d'enfant.

Un jeu d'enfant ?

Facile, à cette distance.

Je vais leur montrer.

Triss !

Va voir ce qui se passe.

Il peut concourir mais s'il perd, on lui brisera l'arc sur le crane.

Autrement dit, il sera battu à mort.

Qui est-ce ?

Bayan aux cent yeux.

Mon ami est au courant ?

Je ne pense pas.

Tu as raison. Regarde-le.

Il ne voit que Sarah.

Que disaient-ils ?

Rien, ils parlaient de l'arc.

Bon, vas-y.

Pense au vent.

Je suis né en pensant au vent.

Sarah est là pour me le rappeler.

Pas mal.

Assez plaisanté.

Ecartez-vous.

Triss !

Autant leur en mettre plein la vue.

Triss,

tu es bien assez loin.

Encore un peu, pour qu'il refuse le défi.

Cher sauvage, à toi l'honneur ?

Je m'en doutais.

Tu ne l'auras que par miracle.

Si je rate je m'en voudrai moins.

Tu as réussi !

La chance... J'étais trop loin et j'ai trop bandé Sarah.

On a failli y laisser notre peau.

Quoi ?

Par ordre de Bayan lui-même.

Que ne l'as-tu dit ?

Non, tu as bien fait.

Bayan veut vous voir.

- Maintenant. - Oui. Surveille tes mots.

Je parlerai.

Ça peut être notre chance.

Quelle a été la part de chance dans ce tir ?

Une part certaine.

- Pourcentage de réussite ? - 3 sur 5.

- A quelle cadence ? - Trois coups d'une volée.

J'interroge l'archer.

- Précision ? - Trois sur quatre.

Léger... ça me plaît. Et solide.

Où est le secret ?

Dans le bois dont il est tiré et dans sa fabrication.

Son nom ?

Grand arc.

Il l'appelle Sarah.

Un nom de femme ?

Tu ne peux que l'aimer davantage, elle t'a sauvé la vie.

Je le lui disais.

Ça doit percer une armure.

Tu l'as vu faire ?

Toi.

Elle percerait n'importe quoi.

C'est la meilleure arme du monde.

Elle frappe l'ennemi avant même que celui-ci ne puisse tirer.

Avec elle, un nain devient grand.

Elle est un grand soldat.

Vous êtes anglais, non ?

Vous trottiniez après les Sarrazins lors de vos croisades.

Vos lourdes armures vous clouaient littéralement au sol.

Complètement idiot... Ceci l'est moins.

Vous jouez aux échecs ?

J'y joue, général.

Bien ?

Echec et mat en 4 coups.

Mieux que tout homme ici. On jouera ce soir.

Avec plaisir.

Où est votre tente ?

Si un seul de mes hommes ignore où est ma tente,

ton archer pourra le prendre pour cible.

Sarah nous a peut-être porté chance.

Ramenons-la.

Tu peux lui donner une aubade.

Puisses-tu avaler ta langue.

Là-bas.

Ton arc.

L'échiquier est prêt.

Je bouge toujours le premier pion.

A propos de cet arc, pourrais-tu fabriquer le même ?

Si j'ai le bois.

Partie engageante.

Il attend l'attaque qui risque de le battre.

J'aime ce genre de tactique.

Le pion sur le cavalier.

Pourrais-tu entraîner mes hommes ?

On trouvera le bois.

Ma position est forte.

Pas de point faible...

Connais-tu des choses sur vos théories militaires ?

Je connais des choses.

La guerre est mon métier.

Je sais qu'aucune bataille

ne se gagne comme la précédente.

J'ai fait de la vitesse mon arme.

Aucune armure

ne doit vous empêcher de poursuivre l'ennemi.

C'est pourquoi j'aime ton arc, pour sa légèreté.

Atteindre l'ennemi

et lui donner le repos éternel vous donne un bon sommeil.

Je te distrais mais je suis curieux.

Qu'êtes-vous venus chercher si loin ?

L'aventure en terre inconnue.

Et pour rencontrer le grand général Bayan.

J'abhorre la flatterie.

Nous cherchions un pays.

Vous ne retournerez pas chez vous ?

On n'a plus de pays.

Curieuses paroles pour un Anglais. A cause d'une femme ?

Non, plus que ça.

Peu importe.

Un archer et un érudit sans pays...

Il se peut que vous puissiez me servir.

A toi.

C'est toi ? Que veux-tu ?

Grave, très grave.

Quoi ?

Cette vieille tente.

Ces vieilles couvertures.

Un seul serviteur.

Il chasse, il cuisine,

c'est trop. Il faut un 2e serviteur.

Ta magnanimité nous en trouvera un ?

C'est bien possible.

Certains n'aiment pas les chrétiens, pas moi.

Qu'essaies-tu de nous dire ?

Les choses importantes se disent à l'abri des oreilles.

J'ai un message de la Rose Noire.

Qui est-ce ?

La sœur de mon bon maître.

Très bien.

Elle dit qu'elle veut s'enfuir en Angleterre,

que les Anglais sont chevaleresques

et que vous aiderez une compatriote.

Elle est anglaise ?

Il semble que son père était anglais.

Un croisé fait prisonnier.

Pourquoi "Rose Noire"?

C'est le nom du clou de girofle.

La plus précieuse des épices.

Je n'aime pas ça.

Une Anglaise livrée à ces sauvages.

Si elle est anglaise...

Elle a de la famille à Maraha.

Il lui suffit de la rejoindre.

Et toi, pourquoi fais-tu ça ?

Je n'aime pas voir une femme en détresse

et elle a un très gros saphir.

Que faire avec cette armée ?

Celui qui mange à tous les rateliers pense à tout.

J'ai un très bon plan et je ferai

ce qui est dangereux si vous avez peur.

On fera plus pour une Anglaise que toi pour un saphir.

Parfait. Je vais le faire savoir à la Rose Noire.

Les types bizarres sont là.

Votre second serviteur. Il s'appelle Mohammed.

Fichez le camp d'ici.

Curieux, les chameaux ont encore traversé la tente des femmes.

Les recherches vont durer, Rose Noire a disparu.

Emmène-la.

Ou on va se faire corriger

comme le chamelier.

Retourne à ton travail.

Je ne suis pas fou.

Le serviteur que j'ai acheté pour vous

a disparu et tout le monde pensera qu'elle est ce serviteur.

Ce n'est pas tout.

Un des chameaux qui a disparu était sellé.

Ils croiront que c'était celui sur lequel elle s'est échappée

et qu'elle est tombée. Voilà.

Emmène-la hors d'ici.

Je peux dire que je l'ai trouvée ici.

Personne ne vous croira.

Vous avez peut-etre envie de nourrir les vautours.

J'ai trouvé les chameaux.

On a un nouveau serviteur.

Il est à toi. Il a de grands beaux yeux.

C'est simple, elle fera tout ce que vous lui direz.

Tu comprends ?

Tu sais ce qui nous arrivera sinon ?

Oui... très bon étranger.

J'aimerais dire que...

Je suis au courant.

Le second serviteur t'aidera mais tu restes premier serviteur.

Pas besoin de lui.

Il ne vaut rien.

- Je peux tout faire. - Obéis, veux-tu ?

Nourris-le et au travail.

Oui, maître.

Il mangera plus tard.

Viens avec moi.

Ça ne marchera pas.

Que fait-on ?

Il ne nous reste plus

qu'à attendre la chute de la hache.

L'autre brigand a dit vrai,

voilà le chameau sellé.

Cet horrible chamelier

a voulu me battre !

Mets-la à l'abri.

Sais-tu qui elle est ?

J'ai frappé une grande dame, je mérite le fouet.

Laisse tomber.

On est morts s'ils la découvrent.

Je ne dirai rien, je mourrai le premier.

Fais comme si rien ne s'était passé.

On lui fait confiance ?

Ou alors on l'égorge.

Je suis contente.

Pourquoi ?

Je n'ai plus à faire semblant.

Et je peux rester avec vous comme prévu.

Il vous a dit que je voulais aller en Angleterre ?

On sait.

Je veux tout savoir sur mon pays puisque j'y vais.

Est-ce que je vais plaire là-bas ?

C'est comment ? Les gens y sont aussi beaux que vous ?

Lui, il est beau.

Oh, non ! Vous êtes bien plus beau que lui.

Comme celui que...

Assez bavardé. Tout ça est très sérieux.

Remets ton turban et joue ton rôle de serviteur.

Fais ce que je te dis.

Et vite.

Alors fais-le.

Vous m'avez l'air de drôles d'aventuriers, vous deux.

Qu'en pense la dame ?

La dame, général ?

Quel est son nom ? Sarah.

Elle aimera ce qui l'attend.

On lui fabrique quelques parents, pour la distraire.

On recherche le bois nécessaire.

Ceci va t'intéresser, l'érudit.

Ce chariot directeur

peut nous faire traverser les tempêtes sans nous perdre.

Il trace notre route.

C'est chinois ?

Comment ça marche ?

Grâce à une aiguille qui garde la même direction.

Comment est-ce possible ?

Si tu l'ignores, ne t'inquiète pas. Moi, je fais la guerre.

Là-bas, c'est l'Inde. On la conquerra un jour.

L'Inde ?

Après la conquête de la Chine.

Notre érudit a sûrement déjà un plan pour l'Inde.

D'abord la Chine !

La ruse du chameau a marché. Les hommes sont revenus.

Et apparemment, ils ne fouillent pas le camp.

Où est-elle ?

Là, à l'abri des regards.

Que fais-tu ?

- J'enlève le noir. - Remets-le.

Non, c'est laid.

Je veux être belle sous la tente.

Mohammed !

Miriam.

Voilà.

D'où sors-tu ça ?

J'en avais besoin, ainsi que de vêtements.

Mahmud !

Tu as volé tout ça ?

Je vois, je prends.

Si on fouille le camp... Plus de vols !

Les femmes s'échangent les robes.

Il n'y aura plus de vols.

Fais ce que je te dis et pas ce qu'elle veut.

Miriam, remets du noir sur ton visage.

Comment ça ?

C'est non.

C'est sans risque.

S'ils comptaient fouiller, ils l'auraient déjà fait.

Et personne ne viendra ici parce qu'on est chrétiens.

Tout se passe comme dans le miracle.

Mais je dois enlever tout ce noir

pour qu'il s'accomplisse.

Quel miracle ?

J'ai honte de moi

car j'ai failli ne plus y croire quand on m'a destinée au Khan.

Mais en vous voyant j'ai su qu'il s'accomplissait.

Je n'ai jamais fait partie d'un miracle et n'y connais rien.

Mais quel rapport avec le noir sur ton visage ?

Je le sais depuis que je suis petite.

Mon papa me l'a dit.

Je voulais aller en Angleterre me disant que ça devait être

merveilleux de voir des gens comme papa, doux, grands et beaux.

Il voulait m'y emmener mais il était prisonnier.

Il m'a alors dit de demander l'aide de Dieu

et d'y croire très fort pour que le miracle arrive.

J'ai beaucoup aimé l'idée d'un tel Dieu.

J'y ai cru très fort.

Mon père m'a donné ça

avant de mourir, pour me soutenir.

Il m'a dit qu'un jour un bel et grand Anglais viendrait,

me trouverait belle, et pour ça, m'aiderait.

Quand je vous ai vu, j'ai tout de suite su.

Comment auriez-vous vu que j'étais belle avec tout ce noir ?

J'aimerais que ce fût vrai car on a besoin d'un miracle.

Mais les miracles n'arrivent pas comme ça.

Il est arrivé.

Les beaux et grands Anglais ne viennent jamais dans ce pays.

Mais vous êtes là, au bon moment.

C'est pourquoi je sais que le reste s'accomplira.

Miracle ou pas, je compte survivre.

Obéis ou tu iras chez les femmes.

On fera comme dit le miracle, ou...

je dis que je suis là et on me renverra chez les femmes.

Ils ne seront pas gentils avec vous.

Regardez-moi. Me trouvez-vous belle ?

Oui, tu es belle.

Aidez-moi à enlever le noir là où je ne le vois pas.

N'avez-vous jamais vu de pendus ?

Qu'ont-ils fait ?

On pourrait se battre pour franchir la passe, mais le temps presse.

Ça sert d'avertissement.

En cas de trouble, je pendrai d'autres prisonniers.

Ça te déplaît, n'est-ce pas ?

J'oubliais la belle conduite des Anglais.

A chacun ses croyances.

Ce ne sont que sornettes, l'Anglais.

Ce que je ne peux toucher n'existe pas.

On conquiert ou l'on vous conquiert.

Tout est là.

Merci de me le rappeler.

Cela me plaît.

J'aime ta façon de t'exprimer.

Vous n'avez pas envie de parler ?

Dommage.

J'aimerais connaître l'Angleterre.

C'est comment là-bas ? C'est très beau ?

Je l'ignore.

C'est beau, Triss ?

Oui... je trouve que c'est beau.

Le plus bel endroit du monde.

J'aime son odeur.

La forêt, la terre anglaise...

C'est propre.

C'est la pluie qui fait ça.

Ça vous saute aux yeux tellement c'est propre.

C'est le plus beau pays du monde.

Qu'est-ce qui te prend ?

J'aimerais y être, c'est tout.

Bayan avait raison, tu es un poète et qui plus est, malade du pays.

Ce doit être très beau si ça lui manque.

Sa mémoire est sélective.

Ça me plaît qu'il se sente ainsi.

Vous ne ressentez jamais ça ?

Mon père ressentait ça, lui aussi.

Vous aussi, mais vous refusez de l'avouer.

Parle-lui des Normands, Triss.

Je n'aime pas vous voir de cette humeur.

Si vous êtes dans cet état d'esprit,

ça signifie que vous l'avez aimée et avez été blessé

par quelqu'un.

Je ne l'aime pas.

Qui ?

La fille qui vous a fait du mal.

Il n'y a pas de fille.

Vous serez heureux de rentrer en Angleterre, non ?

Ça ne risque pas, je n'y retournerai pas.

Où irez-vous ?

Demande au général. J'irai avec lui.

Le "conquérant", avec de la chance...

Ça ne va pas ?

Qu'as-tu ?

J'ai mal en pensant à l'Angleterre sans vous.

Le miracle n'a pas prévu ça.

Désolé, Miriam, j'avais oublié le miracle.

Il s'accomplira quand même.

Un autre Anglais viendra te chercher à cheval.

Il sera Normand, mais peu importe.

On fera tout ce qu'on peut pour que ton miracle arrive.

Je veux bien redevenir Mohammed si ça vous fait changer.

Tant pis pour le noir.

Dis quelque chose.

Tu as tout déclenché avec ta fichue poésie.

Tu es le personnage du miracle et tu es vraiment beau.

On a fait une longue route pour voir ça.

Le Cathay...

Là, devant nous.

Joue ton meilleur jeu avec moi.

Comme jamais.

Réfléchis.

J'ai un nouveau

plan de guerre. Trouve une faille si tu peux.

Beaucoup ont essayé, mais la Chine les a avalés.

Un coup d'épée dans l'eau.

L'eau absorbe le coup et la force disparaît.

On ne conquiert pas la géographie.

On occupe le pays, on devient geôliers et on s'affaiblit. Alors ?

On n'occupe pas.

On frappe, on frappe et on détruit.

On anéantit le gouvernement et on détruit toute résistance.

Et s'ils passent derrière ?

J'ai ma nouvelle arme, la vitesse !

Le ravitaillement ?

On vivra sur le pays.

Trouve la faille. Il y en a toujours une, l'érudit.

Vous parlez de victoires, mais chaque bataille vous affaiblira.

Il n'y aura qu'une bataille,

puis on attendra que la nouvelle se répande.

Si l'on perd, nous ne serons rien au regard de l'histoire,

mais si on gagne, si on a sa force et son savoir...

Ils ont, en Chine, un tube de fer qui crache du feu.

Avec lui, on détruira les murs de Rome.

Rome ?

Rome est loin, général.

L'Angleterre aussi.

Ça te dirait de revoir ton île ?

En conquérant ?

Et faire ce que bon te semble ?

Penses-y, l'érudit.

On peut gagner au plus grand jeu du monde.

Ça ne va pas, l'archer ? Tu ne dors pas ?

Crois-tu qu'il va arriver à ses fins ?

Je ne sais pas.

Il se peut qu'il y arrive.

En l'écoutant parler je me suis demandé

si on ne combattait pas du mauvais côté.

Triss ?

Tu veux rentrer ?

Que veux-tu faire ?

Ecoute-moi bien : j'en ai assez des causes perdues.

On risque d'être du côté des vainqueurs pour une fois.

Où est le problème ?

C'est la seule façon de revoir ton pays et sentir son odeur.

Je sais.

Tâchons de dormir.

Triss !

Tu n'es pas blessé, dis ?

Non, ça va.

Je crois.

Je t'ai vu

avec tes archers face aux tubes de feu.

On aurait dit la colère de Dieu.

Ça devait être ça.

Ils tuent hommes, femmes et enfants.

Comme des moissonneurs de la mort.

Ils soulèvent les têtes et tranchent.

Les gens tombent comme le blé lors de la moisson.

Qu'y a-t-il, Anglais ?

Nous avons gagné

et vous n'êtes pas joyeux ?

A la guerre

tout est simple,

il faut tuer l'ennemi. Le soldat doit aimer tuer.

Pour me suivre, il faut aimer ça.

Regagnez votre tente et pensez-y.

Réfléchissez bien... Vous allez devoir faire un choix.

Bien, regagnons notre tente.

Une belle victoire, non ?

Les arcs ont bien donné.

Regagnons notre tente et réfléchissons.

J'ai eu très peur pour vous deux.

On ne risquait rien.

Tout se passe bien dans le miracle.

N'est-ce pas, Triss ?

Oui, c'est ainsi.

Miriam, tu ne dois pas oublier le miracle.

Un jeune et grand chevalier anglais, non ?

Dans son armure étincelante.

Tu aurais dû le voir.

On aurait dit un chevalier anglais.

Avec son armure étincelante.

Tu aurais été fière.

Il était plus beau que jamais, ses vœux mis à part.

Tu ne les as pas répétés, hein ?

Ça ne va pas ?

Ton père et ton grand-père auraient été fiers.

Il les honorait.

Tu avais fière allure.

Mets les bottes de ton père.

Elles te vont si bien. Où sont-elles ? Je vais les chercher.

Et la lettre ? De quoi parlait-elle ? D'honneur, non ?

Triss !

Laisse ça.

Excuse-moi...

Ça ne va pas ?

Je ne te reconnais plus, tu es devenu querelleur, colérique.

Partons d'ici, partons de...

Pour aller où ?

Je n'en peux plus.

Si ça ne te va pas, pars.

Tu veux marcher sur l'Angleterre avec eux ?

Je ne lui dois rien.

C'est inutile de parler encore de ça.

Retourne en Angleterre.

Tu n'as pas assez d'estomac

pour rester.

C'est toi.

Moi, ça va et je reste ici.

Si tu ne veux pas, pars.

Je t'aiderai à sortir d'ici.

Tout s'imbrique parfaitement, emmène-la où elle veut.

Si vous restez, je reste aussi.

C'est gentil mais ça ne marche pas.

En tout cas, plus maintenant.

Où vas-tu ?

Tu ne pourras pas aller en Chine sans avoir un plan.

Qu'est-ce qu'il a, Miriam ? Qu'allons-nous faire ?

Je ne sais pas.

Il ne pense pas tout ce qu'il dit.

Il ne sait pas vraiment ce qu'il veut.

Mais je ne sais qu'y faire.

Vous partez à temps, je viens de l'apprendre.

On lève le camp demain avec l'armée pour gagner la Chine

et la caravane rejoint le Khan.

On sera avec l'armée et tu ne pourras plus partir.

Pars cette nuit.

Oui, cela vaut mieux.

Pars plein sud puis traverse pour aller à Ken-Si.

Suis ensuite la rivière

et tu auras une chance de t'en sortir.

Oui, c'est une bonne idée.

Où est-elle ?

Dans la tente.

On part ce soir, hein ?

Je vous ai entendus parler.

Vous venez me dire au revoir ?

Eh bien... oui.

Je suis heureuse que ça vous soit pénible.

Triss prendra bien soin de toi, Miriam.

Tu peux compter sur lui.

Et...

profite de l'Angleterre.

Il y sera heureux en retrouvant ses odeurs.

Et... dis-lui...

Peu importe.

Je peux m'en aller ou rester. Comme vous voudrez.

Non, tu seras mieux en Angleterre.

J'irai avec la colonne pour qu'ils ne se doutent de rien.

C'est le temps idéal pour une chevauchée.

Je m'occupe des chevaux.

C'était donc toi.

Etait-ce par curiosité

ou pour nous dévier de notre route ?

Pour vous dévier.

Pourquoi ?

Réalises-tu la gravité de ton acte ?

Pourquoi prendre un tel risque pour m'égarer ?

Dirigez la colonne vers l'est pour regagner notre route.

Amenez-le ce soir.

Qu'y a-t-il ? On s'en est sortis, non ?

On ne peut nous traquer dans le noir.

Ton miracle se réalise en partie, on va en Angleterre.

Je ne veux plus y aller.

Je sais, Miriam.

Une femme... J'aurais dû m'en douter.

Une femme et un archer pacifiste.

Tu dois aimer cette fille pour prendre un tel risque.

Non, général.

La bravoure, encore.

Ce n'était pas l'objet.

Vos dons d'observation m'ont trahi.

Il fallait m'en parler, je t'aurais donné la femme.

Je n'y ai pas pensé.

Ça t'a permis de jouer les braves.

Ça vaut le coup de vouloir mourir pour quelque chose.

Il y a peut être un moyen. Peu d'hommes ont réussi.

Tu iras à la corde demain.

Bonne nuit.

As-tu compris, l'Anglais ?

Tant que tu seras sur la corde, seuls ces deux-là te frapperont.

Sinon, les autres aussi.

Allez-y.

Emmenez-le !

Tu es très coriace... pour un Anglais.

Entre.

Général, suis-je prisonnier ou non ?

Tu as payé pour ton méfait. Tu as oublié ton dos ?

J'aimerais faire quelque chose, général.

L'archer te manque, hein ?

J'ai une mission d'importance pour toi.

Je suis prêt.

Tu as vu nos visiteurs chinois.

Ils ont payé pour éviter la guerre.

Ça va être plus difficile mais on avance bien.

On a livré une fois bataille et pris 4 villes.

Autant me coucher.

Venons-en à Ken-Si.

D'aucuns demandent la paix

mais ont peu d'influence sur l'impératrice.

Je vais t'y envoyer en tant qu'érudit d'un autre pays

et tu raconteras combien on est forts.

L'impératrice m'écoutera-t-elle ?

Les pacifistes s'y emploieront.

Tu peux refuser, le risque est grand.

J'irai.

Entendu.

L'érudit...

Je regrette peut-être de t'y envoyer.

Si on te tue, j'en tuerai 10 pour chacun de tes cheveux.

Je crains qu'on ne se revoie plus.

Auquel cas, tu me manqueras.

Et c'est rare.

Pour vous être agréable, j'éviterai de me faire tuer.

Suivez-moi.

Pardon ?

On vous attendait.

Où sommes-nous ?

Au palais de Sa Magnificence Illimitée,

Son Aimable Splendeur, l'impératrice douairière de Chine.

Pourquoi suis-je ici ?

Je ne le sais vraiment. Veuillez attendre.

Inclinez-vous profondément.

Sont-ils deux ou non ?

Sont-ils blancs ou êtes-vous aveugle ?

Y a-t-il une prophétie ou non ?

Vous devez le savoir ou non ?

Cessez de discuter avec moi.

Venez avec moi.

De quoi s'agit-il ? Quelle prophétie ?

Il ne vous sera fait aucun mal. Je vous en prie.

Votre maison.

Préparée pour vous.

Triss !

Que fabriques-tu ici ?

Où est Miriam ?

Captive quelque part.

Elle est partie chercher un bateau.

Comment es-tu arrivé ici ?

On s'est emparé de nous dès le départ.

Tu ignores où on est ?

Quelque part dans le palais.

Attends, on va peut-être en savoir plus.

Bonjour, messieurs.

Soyez les bienvenus.

Que veut dire tout ceci ?

Que la prophétie des deux oiseaux à la peau claire s'est réalisée.

Une prophétie très ancienne.

Elle disait qu'en des temps difficiles

deux oiseaux de couleur claire arriveraient

et que les nuages menaçants alors disparaîtraient.

Nous poussions Sa Royale Grandeur vers la paix,

qu'elle s'apprêtait à offrir,

quand on lui apprit

la présence d'un étranger à la peau fort claire.

Chose que l'on n'avait jamais vue ici.

Elle se souvint de la prophétie.

Elle en attendait un deuxième

et l'on mit les gardes en alerte.

Vous êtes là tous deux

et elle sait que la prophétie s'est réalisée.

Il n'est plus question de paix.

Qu'allons-nous devenir ?

Vous vivrez ici pour perpétuer la chance que vous avez apportée.

Jusqu'à quand ?

Je vous l'ai dit, vous êtes chez vous ici.

On est prisonniers ?

Vos chaînes sont dorées et j'éviterais de les défaire.

Je suis venu ici pour parler de la paix à l'impératrice.

Je suis un émissaire du général Bayan.

Il est trop tard.

Sa Fabuleuse Bonté sait que vous êtes l'envoyé des dieux.

Nous n'avons plus rien à craindre.

Vous êtes considérés comme des dieux

et je dois vous dire

que quels que soient vos désirs, il vous suffit de les exprimer.

Il se trouve que j'ai un désir.

Une fille accompagnait mon ami.

J'aimerais la voir ici.

Je vais faire part de votre ordre.

Cette demeure s'appelle :

La Demeure de la Félicité Eternelle.

Que les jeunes dieux ne l'oublient pas

et qu'ils n'oublient pas leurs obligations

envers les gens qu'ils ont poussés à la guerre.

Il préférera celle-ci.

Qu'est-ce que c'est ?

Il aimera ça aussi.

Pas maintenant, Miriam.

Regardez ce que je porte.

C'est fait en soie,

pour les jambes.

On verra plus tard.

D'accord.

C'est beau.

En quoi es-tu différent ?

J'ai lutté pour empêcher 4 filles de me laver.

Où est-il ?

Il vérifie si les dieux obtiennent toujours ce qu'ils désirent.

T'a-t-il parlé un peu de lui-même, Triss ?

Non, pas vraiment.

Je pense qu'il regrette de s'être fâché

et a voulu nous retrouver.

Tu ne devrais pas parler ainsi.

Il est là, n'est plus fâché et vient avec nous en Angleterre.

Quand tu tiens une idée tu ne la lâches plus, hein ?

Il est en quelque sorte en mission ici pour Bayan.

Je n'ai pas voulu lui en parler,

il risquerait de me raconter des histoires.

Et puis, il ne peut rien tant qu'on est enfermés.

Il y a autre chose, concernant ceci.

Ça l'a passionné. Ce n'est pas écrit à la main

et ce n'est pas de la peau.

Il pense que c'est fabriqué à partir du bois.

Et ensuite ils utilisent ça.

Ça me dépasse.

Il y a en Angleterre quelqu'un qui donnerait sa vie pour voir ça.

Ça vaudrait probablement une fortune là-bas.

Et hier soir...

Tu devrais sourire aux anges parmi tant de richesses.

Il y a encore mieux : j'avais raison

de croire que dans ces livres se trouvait

le secret de l'aiguille directionnelle.

Ce n'est pas tout.

Qu'est-ce que ceci ?

La poudre qui disparaît en un éclair.

Celle des tubes de fer.

Et si on l'enferme...

Regarde.

Bayan avait raison, la voilà la richesse suprême.

Elle vaut tous les joyaux de la Chine.

Comprends-tu ?

Tu viens d'entendre s'écrouler les murs de Rome.

Les jeunes dieux sont sûrement déjà au courant.

Non, de quoi ?

Les armées de Bayan ont pris 4 villes depuis votre arrivée.

Celle qui a tenté de résister n'est plus.

L'armée sera bientôt devant nos murs et vous n'avez rien fait.

Qu'y pouvons-nous ? On n'a pas voulu être des dieux.

Moi non plus.

Ma position est délicate.

S'il arrive quelque chose aux jeunes dieux,

je mourrai rapidement car je suis responsable d'eux.

D'autre part, je serai parmi les premiers que Bayan tuera

si cette ville résiste.

Donc, s'il faut que je meure,

je le ferai de la façon qui sauvera cette ville de la destruction.

Vous nous dites que si vous devez mourir,

vous le ferez de façon à prouver qu'on n'est pas des dieux.

En nous faisant mourir comme des mortels.

C'est une éventualité.

Si vous avez une meilleure solution, trouvez-la vite.

Qu'y a-t-il ?

Je n'arrive pas à dormir. Je veux vous parler.

Ça ne peut attendre ?

Je ne sais si j'y arriverai

mais si j'attends encore je n'arriverai jamais à le dire.

Bon. De quoi s'agit-il ?

Vous avez dit qu'on ne partirait pas d'ici

et qu'on mourrait ici.

Alors...

Continue.

Vous n'êtes pas amoureux de moi

mais il est aussi vrai que vous n'en aimerez pas d'autre, non ?

Oui, je le pense.

Alors, je me disais que puisque

vous n'en aimerez pas d'autre et qu'il nous reste peu de temps,

vous pourriez alors faire semblant de m'aimer.

Comme dans le miracle.

Ça me plairait et je ne serais pas très exigeante.

Et puis, avec le temps, ça deviendrait peut-être vrai

puisqu'il n'y a personne d'autre.

Tu es étrange.

Nous sommes dans la Demeure

de l'Eternelle Félicité.

Je préférerais être avec vous, même pour peu de temps,

même si vous faites semblant,

plutôt que de voir mon miracle se réaliser.

Quoi ?

Réveille-toi ! Je crois qu'il m'aime.

Ce n'est que ça... Tu pourrais mieux choisir tes heures.

- Où étais-tu ? - Tu couds ?

Oui, un peu.

Je veux que tu couses ces bijoux dans les doublures

et vite.

Tu as une solution ?

Notre ami semblait m'indiquer une direction.

J'ai vérifié.

Une porte qui était lourdement barrée

ne l'est plus. Par elle on a accès à la rivière.

J'ai trouvé des bateaux.

L'attaque est imminente, les gens fuient.

Mais tout ça me paraît trop facile.

J'ai essayé de penser comme notre ami.

Il nous a ouvert la porte

pour qu'on se fasse tuer en nous échappant

et pour qu'il puisse convaincre l'impératrice

que nous ne sommes pas des dieux.

Il pourrait ainsi sauver sa peau.

Qu'en penses-tu ?

Il ne nous laisse pas le choix.

Attendons la nuit, ce sera moins risqué.

Préparez-vous.

Ce ne sera plus très long.

Tu n'as pas fini ?

- Presque. - Dépêche-toi.

Je suis navré

de t'avoir entraînée dans cette aventure.

J'en suis heureuse, Walter.

Dépêche-toi.

C'est ta tenue, Triss.

Si on s'en sort, tu seras un homme riche.

Ça te fait quoi ?

Ça devrait être le butin de Bayan, mais il en trouvera d'autres.

J'ai beaucoup réfléchi.

Non, évite ça.

Je dois te le dire.

Que se passera-t-il ?

Quand on aura traversé la rivière ?

Attendons d'y être.

Non, ce n'est pas ça.

Ecoute, j'ai réfléchi à propos de cette histoire de livres

qui intéresserait quelqu'un que tu connais

et ces choses de la science comme l'aiguille directionnelle.

Je me suis dit

qu'on pourrait en faire commerce et même, se défendre.

En fait, je préférerais que ce soit toi qui la ramènes.

Ce serait mieux.

Oui, je préférerais.

Bayan avait raison :

tu es un poète et un bon poète.

Mais il avait tort de dire

qu'il faut toucher pour croire.

Il ignorait que tu pouvais sentir l'odeur de tes chênes d'ici.

Nul ne saurait le dire mieux que toi.

J'aurais aimé partager le même sentiment que toi.

Cela doit me chagriner

de penser que je dois suivre Bayan, mais c'est ainsi.

Je te mentirais

si j'étais sûr qu'on n'en sortirait pas.

Je n'aurais pas aimé avoir à revenir sur ma parole.

Ça ne s'est pas fini sous la tente.

Toi et moi.

Amers et...

fâchés.

Le bonheur existe peut-être après tout.

J'espère qu'on y restera

et que tu n'atteindras jamais la rivière.

J'ai fini, Walter.

On ne sortira pas par là.

Elle était ouverte.

Elle est moins haute que les murs de Rome.

Demande à ton ami Bayan de la détruire.

Les voilà.

Peux-tu les retenir ?

On va voir.

Je vais essayer.

Quoi ?

Les murs de Rome.

- Donne-le-moi. - Non, laisse-moi faire.

Mets-la à l'abri.

Ça va ?

Ils vont revenir. Emmène-la au bateau.

- Non, tu vas l'emmener. - Cesse de jouer au héros.

Comment vas-tu les retenir ? En leur jetant des diamants ?

Va, emmène-la.

Entendu.

Ne t'éloigne pas, on revient.

Allez !

J'avais espéré ne pas arriver à la rivière.

Mon souhait se réalise.

Qu'est-ce que tu dis ?

Tu dois retourner en Angleterre.

Tu ne vas pas rester là ? Je vais t'aider.

Fiche-moi la paix ! Occupe-toi de tes murs de Rome et laisse-moi !

Regarde-toi.

Même pour ça tu n'en as pas le courage.

Eh bien... je ne sais plus.

Les livres... les murs de Rome...

les miracles...

et les chênes.

Je ne connais rien d'autre d'aussi... vert.

Pourquoi dis-tu ça ?

Tu veux mourir là ?

Allez, Triss, viens.

Cette porte est condamnée.

Adressez-vous à...

Will, elle n'est pas condamnée pour moi.

Vous me jouez des tours.

Vous êtes bien maître Walter !

Content de te voir.

Entrez, maître Walter.

Rien n'a changé ici,

tout comme ma question :

comment va-t-il ?

Il ne l'avouera jamais mais vous lui avez manqué.

On a espéré vous revoir

quand des hommes du roi sont venus

pour vous voir avec des gens très étranges.

Ils avaient un message.

Lequel ?

Ils ont dit qu'ils ne le donneraient qu'à vous.

Je vais le prévenir.

Si, je vous le jure.

Walter, mon garçon.

Grand-père.

D'où viens-tu ? On t'a cru...

Veux-tu dire à mon petit-fils que...

Je lui ai parlé. Tu m'as laissé faire !

Que fiches-tu là ! J'ai brisé mon vœu.

Dis à mon grand-père

que je suis le fautif.

Un vœu brisé ne se répare pas.

L'évêque pourra vous aider.

A quoi bon l'évêque ! Je fixerai moi-même ma pénitence.

Je... Peu importe, je trouverai.

Ainsi je vais pouvoir lui parler autant que je voudrai.

On n'a pas besoin de toi. Va t'occuper.

Oui, M. le comte.

L'aiguille directionnelle et les livres

sont partis chez le roi.

Ils auront besoin d'explications, j'ai dit que je serais ici

et je suis directement venu vous retrouver.

Mais...

j'aimerais avoir davantage à vous dire.

On devrait arriver à quelque chose.

J'ai vu le Cathay, mais encore ?

Je n'y ai rien trouvé qui puisse aider Gurney.

Peut-être

que si j'étais resté ici il serait encore dans sa forêt.

Braconnant un cerf du roi.

Il se peut que j'aie les réponses.

Je suis assez vieux.

Mais si j'étais toi...

Ils sont là.

Les hommes du roi, pour maître Walter.

Fais-les entrer.

Nous sommes prêts.

Un homme à Oxford saura vous en dire plus

sur la façon dont sont faits les livres.

Le frère Bacon.

Quant au reste,

j'ai pensé que l'aiguille

pourrait être utile sur les mers qui nous entourent.

Enfin, tout est dans les livres

pour vos hommes de science.

Je doute quant aux tubes de feu. Il a dû voir un dragon.

Possible.

Tu nous as beaucoup expliqué, Saxon.

En oubliant le plus important.

Je vous ai dit ce que je savais.

Sans nous donner la raison de tout ça.

Je me souviens de toi.

Tu avais franchement refusé d'entrer à mon service.

Je t'avais posé une question quant aux Saxons et aux Normands.

La réponse se trouve peut-être là.

Si on peut la trouver.

Tu nous auras peut-être servis.

Je ne l'ai pas fait pour vous.

Pour qui ?

Pour lui.

Il aurait aimé que je le fasse.

L'archer ?

Oui, sire.

Pourquoi le voulait-il ?

Je l'ignore.

Il le ressentait ainsi, j'ignore ce que c'était.

Pour Bayan, n'existait que ce que l'on pouvait toucher.

Pas pour l'archer.

Ce qu'il ressentait était clair.

Il était assis, là...

et il était comme transporté.

Ça devait être ça.

Il est mort pour ça.

Aurait-il découvert qu'il était d'abord anglais, puis saxon ?

Je ne sais pas.

Le Saxon peut ressentir ça sous l'amertume.

Il peut œuvrer pour un roi d'abord anglais, puis normand.

Il est des choses à éclaircir dans ton cas

et celui de l'archer.

Une histoire de nom, entre autres.

Attends ici que je revienne.

Tu t'es agenouillé comme Walter de Gurney,

relève-toi, Sir Walter Fitz-Raleigh.

Nous souhaitons que le grand arc fasse partie de ton blason.

Ton premier acte de chevalier

sera de placer cet arc

au-dessus des autres armes de Gurney.

En sa présence aucun homme ne saura vivre moins bien pour ce pays

que Tristan Griffin.

Tu placeras ceci dessus.

Mon tribut à un homme courageux.

On vient de loin pour vous voir,

si vous êtes bien celui que Bayan appelle l'érudit.

Bayan ?

Si vous êtes bien celui-ci j'ai une chose à vous donner.

"A mon ami, Walter l'érudit."

Bayan aux cent yeux t'envoie son salut et un message.

Je crois comprendre pourquoi tu n'es pas revenu

et tu es parti en Angleterre.

Je ne crois pas à tes histoires de chevalerie,

mais j'aime les hommes prêts à mourir pour leurs convictions.

L'archer est mort dignement.

Tu serais aussi mort dignement pour moi s'il l'avait fallu.

Je t'envoie ce que tu aurais emmené si tu l'avais pu.

Tu reconnaîtras son vêtement,

il a une superbe doublure.

Sache aussi

que je serais plus heureux si tu étais là.

Il faut d'abord nous dire si ce présent est le bienvenu.

Bayan craignait que vous ne soyez lassé d'elle.

Sous-titres : A. Delalande

Sous-titrage : C.M.C.

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