All language subtitles for La Tulipe - Fanfan FR 2003

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Original subtitles

Tambours

La guerre Devenue depuis peu le sport collectif

le plus pratiqué dans le monde,

la guerre commence petitement sa carrière.

On s'embroche certes, on perd la tĂŞte,

mais on continue Ă  se battre.

Des milliers d'années

passèrent en querelles de voisinage.

Et puis vint le progrès.

Le silex, les armes de jet et la poudre Ă  canon.

C'est-Ă -dire, l'artillerie.

Les choses sérieuses commencèrent.

On tira plus fort et plus loin.

Si loin que ceux qui déclenchaient les combats

pouvaient s'en tenir Ă  distance.

-Ces gens qui passent,

sont Ă  nous ?

-Lesquels ? -Les rouges.

-Casaque verte ?

-Jaune. -Hanovriens.

-Donc -Ennemis.

-Bien sûr.

Les casaques vertes

-Nos amis irlandais. -Bien sûr.

Nos amis d'Irlande.

Tiens, des Grecs ?

-Écossais, Sire. Du clan Mac Gregor.

Ennemis. -Gregor, très ennemis.

Je ne vois nulle part nos couleurs.

-Claquantes.

Exact. Bleu sur bleu.

Bleu roi sur bleu de France.

-Un coup de bleu ciel. -Que baragouinez-vous, aumĂ´nier ?

-Majesté, bénissez-les.

-Ne le sont-elles

pas déjà ?

Mais, pas par le Roi.

-Ça vaudra plus cher.

Gredin.

-Si je les donnais, ils n'y croiraient plus.

-Ah, les nĂ´tres.

Attendez.

Je reconnais.

Euh Aquitaine. -Picardie.

-Oui, Picardie.

Et lĂ  Ne dites rien.

Euh Champagne !

-Presque, Roussillon. -Bon.

Cette lunette mélange tout.

Et ceux-là, Maréchal ?

-Je ne sais pas.

-C'est rien.

Ça arrive.

"Quelle victoire ne recèle pas sa part de mystère ?"

-C'est beau.

-Très beau.

-Rappelez-moi simplement comment tout cela a commencé.

-M. de Chaville. C'est notre mémoire à tous.

-Ce bon Chaville. Appelez-le sous ma tente.

C'est quoi ? -Un essai.

Je voudrais un hymne pour mon régiment.

-J'eus détesté qu'on mourusse sans musique.

Mais cela semble manquer de jarret.

-Tout Ă  fait.

Assez !

Je veux du jarret. -Venez la Houlette.

Chaville attend.

-L'origine est très simple.

-Ça traîne et j'ai perdu le fil.

-Successions.

Regardez.

Au départ, l'Autriche.

Au décès de

Charles

Je sais plus.

Sa fille, Marie

-Marie-Thérèse ?

-Non, Marie

Le remplace.

AussitĂ´t,

la Prusse, la Bavière, la Saxe, réclament la couronne.

Nous, enfin, vous,

Majesté

On soutient la Saxe.

Non.

-Non non.

Quoi ?

-On soutient ?

La Bavière ?

-Bravo !

Très bien, mon Louis !

Donc.

On est contre cette Thérèse.

Mais cette saleté d'Angleterre s'en mêle.

Les Hanovre. Les Irlandais nous rejoignent.

-Vert !

-La Prusse revient dans la mêlée.

Diversion.

Feintes On respire.

Ronflements

-Hein ?

-Alors ?

-Alors, on en est lĂ , quoi.

-Oui, absolument.

-Absolument.

Absolument.

Bon, je prendrais bien un chocolat.

Ça favorise la concentration.

Maréchal.

Les effectifs ?

-Les effectifs

ennemis

aux dernières heures d'hier soir,

sont de 50 774 combattants.

-Trop.

C'est trop et nous ?

-46 962, Sire.

Plus les aides.

-46 000 combien ?

-962.

-Il faut arrondir.

47 000 !

Un bon chiffre.

-Nos sergents

ratissent.

-Trouvez-en 38 demain.

Ma bourse !

Avec ça, vous trouverez.

38 poitrines prĂŞtes Ă  mourir.

Faut-il que j'offre

la mienne ?

Coups de canons

-Bureau de recrutement, urgent !

-Le Roi offre 2 pistoles supplémentaires

si vous signez avant midi.

Je n'ai que 28 places.

Alors, on se décide vite !

Aquitaine, le plus beau régiment de l'armée.

Regardez cet uniforme.

Tricorne.

GuĂŞtres.

Ceinturon.

Baudrier.

Épaulettes.

Fourragère.

Les galons !

VoilĂ  ce qui vous attend. Le vivre, le couvert et l'aventure !

-Et le danger.

Vous ravagerez l'ennemi !

Vous entrerez dans ses fermes, ses caves et ses femmes.

Allons-y enfin !

Allons !

Le premier qui lève la main, 3 pistoles.

Lui ! -Mais

-Allez, pour la gloire !

Rires

On n'est pas bien, lĂ  ?

Tranquilles.

On fait de mal Ă  personne.

ArrĂŞtez !

Votre fille, votre nièce, quelle honte !

-Il a pas honte ?

-De quoi ? Elle ignorait qu'elle était belle.

-On connaît tes chansons.

-J'étais doux avec vos dames.

-Quelle dame ?

-Sa mère.

-Et sa tante. -Ma femme !

-Chacun son devoir, l'armée dépeuple

je repeuple.

-Attrapez-le !

Chopez-le !

-Descends !

-On cherche la promise à l'adjudant. -Après.

-Bienvenue, les gendarmes !

Allez, je plais beaucoup.

On passe l'éponge ?

-Tais-toi !

Qu'il épouse ma fille !

-Désolé, je n'épouse jamais.

-Alors bats-toi, salaud !

Ou on te perce ! -J'épouse pas.

Et on ne me perce rien !

-Rien dans la culotte. -Trop

ou pas assez ?

-Obligez-le Ă  se battre !

-J'ai été prévôt d'armes.

J'ai beaucoup appris.

-Et nous aussi !

-Devant tant d'ardeur,

voici une leçon

pour les jean-foutre !

D'abord,

maîtriser son humeur, le sang chaud

brouille l'esprit !

On respire !

Poitrine large.

Puis, on se détend.

Et on recule, encore, encore !

La colère affaiblit.

La haine vous aveugle, gare.

On se précipite.

Vous perdez

votre lucidité

et vos distances.

Trop court.

Trop long !

Et quelle inélégance, vilain !

Vous ĂŞtes mĂŞme affreux.

Il faut mourir joliment.

L'escrimeur est un danseur. Le duelliste, un artiste !

Hurlement

-Le pied, le pif !

Ou le cul !

Messieurs les cocus !

Le bonsoir chez vous.

-Tu vas voir !

-On l'a. -S'il saute, il se noie.

Sinon -On le pousse.

Ricanements

-Petit salopard.

Cri

-Le pauv' gars. -Se remplir de cette saloperie.

-Ouh, ouh !

-Tu vois ce que je vois ?

-Place, sinon je bouscule !

On se pousse !

La mariée est prête ?

-Vite ou le curé

sera trop saoul pour célébrer la noce.

-On remettra Ă  demain.

-Cause toujours. Je te tiens, je te marie.

-De force, c'est valable ? -Et comment.

-Et moi ?

-J'avais promis Ă  toutes. Alors, je n'ai pas tenu parole.

Mes chéries.

-Jamais !

Non !

-ArrĂŞte !

-Elle ne veut pas.

-Larmes de joie.

-Je suis expert en larmes féminines.

J'ai vu Lison pleurer de joie.

-Avance donc.

-Plus que 6, il reste 1/2h. -Je sais.

Vous avez ramassé boiteux, ivrognes et innocents.

OĂą les trouver ?

Si le Roi m'exile dans le Vaucluse, vous, aux Antilles.

On joue "ça ira"

Ça n'ira pas.

C'est mieux.

Mais non.

Le Roi veut du jarret. Servez du jarret.

-Sauvé, mon colonel.

Musique folklorique

Le régiment d'Aquitaine, fleuron de notre invincible armée !

Par ici, hep !

OĂą allez-vous ?

-Vous ĂŞtes Ă  19 minutes des Antilles.

-Curé !

C'est pour se marier !

Curé !

J'y vais.

-Je me saoule.

-Curé, une noce. -Un mariage ?

Ça ne se peut pas comme ça. Il faut des bans, des annonces.

-Il manque juste un curé.

-Je ne peux pas.

-Si, on peut ! Sinon

-Mon Dieu, ça sort d'où ?

Moi, je bois rien.

-Et ça ?

-C'est un objet trouvé.

-Je sais, la veuve Pimpin.

-Non, des ragots !

-Vous mariez ma fille ou je parle à l'évêque.

-Puisque j'ai le choix

"La Madelon"

-Hors de ma vue.

Allez !

Revenez quand vous aurez l'oreille militaire.

Ça vient d'où ?

-L'hospice.

-Vraiment, je -Un coup de schnaps et en avant !

-Bienvenue, mes enfants !

Le compte est bon, rentrons.

-Il en manque un. -Quoi ?

On en avait 20, plus 7 pèlerins, 3 muets,

1 nain, 1 Belge, 5 centenaires, 37.

Il en manque un.

-Alors, le registre paroissial.

Les burettes.

Je n'ai pas le grand missel.

Bon Alors

Bon, on va procéder.

Les noms ?

-Lison. Fille de Guillaume du Moulin et de Perrine.

Et lui. -Fanfan.

-Comment ? -Je sais pas.

-NĂ© oĂą ? -Je l'ignore.

-De qui ? -Mystère.

-On peut pas.

-Nullité !

-En effet.

-Un tonnelet de prune.

-Et moi, de framboise.

-Bon, vous mettez "Fanfan,

"né à Paris."

Les cloches !

Les cloches sonnent.

En Latin

-Pas si vite !

Demandez-nous si on est d'accord.

-Oui, bien sûr.

Alors, Lison.

Consens-tu à prendre le dénommé Fanfan sans nom, comme époux ?

-Oui, bien sûr.

-Fanfan ?

Prenez-vous Lison

pour épouse ?

Inaudible

-Un peu plus fort.

-Jamais !

-EmpĂŞchez-le de sortir !

Attrapez-le !

Attrapez-le !

Attrapez-le !

-OĂą il est ?

Je le vois plus !

Vous l'avez laissé filer ! Tous avec moi !

-Je vous écoute.

-Mon père.

-Ma fille.

-Je ne suis pas votre fille.

-Adeline. -Je vous écoute.

-Pas facile.

-Allez-y.

-On veut me marier. -Et vous refusez ?

-Un adjudant.

-La promise ?

-Oui, je ne suis pas Ă  vendre.

Qui veut vous vendre ?

-Mon père, enfin mon oncle. Il m'a élevée, c'est compliqué.

Que faites-vous lĂ  ?

-On veut me marier et je refuse la captivité.

Je veux rester libre, pour toujours.

-Donne-moi ta main.

-Je l'ai déjà refusée. -Je lis dans les lignes.

Je lis l'avenir.

-J'espère en avoir un.

-Quoi ?

-Ah, bon ?

-Je le vois.

Mains douces. Mains de paresseux.

On parlera de toi.

-Énorme, une sorte de général ou plus.

Un militaire puissant.

Tu as dĂ» sauter une ligne.

-Non, plie ta main.

-Je vois autre chose plus important.

Je sais pas si

-Ligne du cœur, l'amour.

-J'ai déjà quelques lumières sur ce chapitre.

-Ce que tu as connu

n'est rien.

Oui, le militaire fait une rencontre.

Tu la connaissais pas ce matin, la femme de ta vie.

-Je vois du bonheur, du rĂŞve, des fleurs, des fleurs de lys.

-Des forĂŞts.

-Beaucoup de châteaux.

-Ă€ moi ?

-Non.

-Tu te marieras, sang royal.

-Une reine ?

-Ou une princesse.

-La fille du Roi.

-LĂ -bas.

-Dis-moi la suite !

-J'ai perdu le fil.

Souviens-toi, militaire d'abord, princesse ensuite.

Il est lĂ  !

-Garce.

-Il est lĂ  !

Attrapez-le !

Attrapez-le !!

-J'offre la prime normale

plus 5 pistoles !

Plus 3 semaines Ă  double ration.

Plus permission à Noël, Pâques

et saint-Louis !

Plus 6 mouchoirs brodés !

J'ai plus rien.

20 secondes.

Encore 20 secondes, plus que 20 secondes.

-Pourrais-je lire au lit le soir ?

-Et mĂŞme toute la nuit. 10 secondes.

-Attrapez-le !

-Neuf.

Huit Sept Six Cinq

Alors ?

-Moi ! -Tope-lĂ .

Mettez-vous en liste d'attente.

-Rendez mon gendre !

-C'est mon fiancé !

-Quoi ? -Ils sont très remontés.

-Salopiot !

-Des insultes ?

-Mais

-Un soldat du Roi c'est comme le Roi.

-Il doit épouser ma fille.

-Après la guerre.

7 ans, reste 3 ans.

-Si elle reste fille, tu verras.

-Tu es trop belle pour pas trouver.

Qui veut l'épouser ?

Tu m'as offert une heure de plaisir.

Moi,

j'offre ta dot.

Celui qui prend la bourse, prend la fille !

Allez-y !

Rires

C'est votre costume, ça ? -Oui.

-Cette couleur, lĂ  ? -Oui, oui.

-Désolé, ça ne va pas être possible.

Je mets du jaune et du orange.

Une autre fois.

-Où vas-tu comme ça ?

-Mais je reste au service du Roi.

Ailleurs.

Picardie ou Seine-et-Oise.

Mais l'Aquitaine, c'est non !

J'espère que vous avez honte.

-Allez, je vous donnerai l'absolution.

-Vous d'abord.

Mais si, soyez gentil.

J'ai un peu mal.

J'aime pas ça.

Des manières de -Allez-y.

-J'adore les mains.

-Elle promet la lune.

-La lune, elle est bonne pour toi.

Elle te protège

des mauvaises gens qui te guettent.

-Elle a une pistole

par engagement.

L'armée est un début.

Lis. -Je vois plus rien.

J'ai perdu le fil.

-La suite.

-N'insiste pas. -Je vais te la dire.

Tu veux ?

Tu seras

nommé général.

Vient une femme.

Inconnue.

Elle devient ta femme.

Et tu découvres que c'est la fille du Roi.

Rires

-La fille du Roi !

Elle chante en polonais.

-Conduisez-la Ă  l'oratoire.

Le reste après.

Elle doit ĂŞtre intacte.

-Les autres ?

-Vous tuez tous les autres.

Pas de témoin.

Hennissements

-Que se passe-t-il ?

Rien de bon.

En polonais

-Qui veut être un peu câline ?

-Wanda, dévouez-vous.

On vous paie aussi pour ça.

Wanda hurle.

-Non, Henriette !!

En polonais

-Vous entendez ?

Wanda crie.

-On attaque une femme. Détache-moi !

-On va te tuer.

-Détache-moi !

-Et vous,

vous n'entendez rien ?

Rien du tout.

Juste

quelques enfants.

Détonations

-Fanfan !

-Laissez-moi, laissez-moi !

-Excusez leurs manières.

-Ces civilités sont ridicules.

Dites votre chiffre. J'ai des bijoux.

-Un seul.

-Gredins !

Attaquer des femmes sans défense !

Je vais vous apprendre Ă  vivre et Ă  mourir !

-Pas un pour aller se battre !

Toi, je sais.

Mais ceux-lĂ  ?

Vous êtes des lâches !

-Personne ne va nulle part.

Les bonnes décisions

se méditent.

On regarde.

Cris de femmes

-Excusez-moi !

Attention. Je connais les bottes.

Catalogue complet !

De Nevers !

Vallombreuse.

Sigognac !

-Courage !

-Mon petit, il y a le courage et la témérité.

L'audace et la simple

connerie militaire.

Soupir

-Debout, tu m'as tué

3 hommes.

-J'ai fait au mieux.

Bon, on y va ?

-Pas mal.

-Pas mal.

-Alors, on pourrait

s'allier ?

1/4 des prises pour toi.

-Quoi ?

Je ne supporte pas

que les imbéciles me tutoient.

-Oh, chef

-Non !

Je ramassais des champignons.

C'est tout.

Une fortune, elle vaut une fortune.

Le coup est parti

tout seul.

Quoi ?

Il fallait pas.

-Tu m'as déçu.

Intervenir l'aurait privé d'un peu de gloire.

Je suis déçu.

Vous me la surveillez.

Sinon, le gnouf.

-C'est fini, il nous a sauvées.

Wanda !

Rebraillez-vous.

On vous regarde.

-Mesdames.

-Merci.

De vrais pleutres,

vos troupiers.

Notre voiture.

Nos chevaux.

-On s'en occupe. Notre véhicule est vôtre.

Le chariot !

-Je suis confus.

Ce sont des fleurs de lys ?

-En effet, c'est très à la mode.

-Une rencontre.

-Un honneur.

-Alors, c'est incroyable.

On me l'a prédit. La rencontre, les fleurs.

Auriez-vous un château ?

En polonais

-La nourrice de l'enfant.

-On peut ?

-Hélas, on a fait un vœu.

-Votre nom.

Elle a un nom.

-Bien sûr. Et quel est votre nom ?

-Fanfan.

Tout court.

Je m'en souviendrai. Et si je puis vous ĂŞtre utile

-Je vous en prie.

Sergent la Franchise.

Un petit mot Ă  vos relations

Quand on a que son honnêteté et sa franchise, on végète.

M. Fanfan !

Venez.

Tenez, pour votre courage.

-Un lys ?

Fanfan devient Fanfan-la-tulipe.

-Deux tas, les morts, les mourants !

-Les militaires, la rencontre, les lys, tout est vrai !

-C'est un boniment que j'ai dit 100 fois.

Sur les marchés.

Mon oncle m'envoie séduire les plus naïfs.

Je gagne ma vie comme ça.

Des fables, des rĂŞves. -Des fables, des rĂŞves.

Merci.

Moi aussi

j'ai un cadeau pour toi.

Encore ?

Venez en tâter !

-C'est une escorte.

Tu as vraiment gobé mes fariboles ?

-OĂą sont les dames ?

-Sauvées par lui tout seul.

-ArrĂŞtez-les !

Ils ont volé ce bijou.

-Il n'est pas volé, elle dit vrai.

Ils les a sauvées. Mme la Marquise lui a offert.

Alors

-Mme la Marquise ? -Mme de Pompadour.

Elle conduit Mme Henriette

à son père.

-La fille du Roi.

Quel bonheur. -Quel malheur.

-Ton tuteur rend ta dot et tu ne l'épouses pas.

-Et je reste fille ?

-Belle comme tu es, tu n'as qu'Ă  choisir.

-Tu m'épouserais ?

Une romanichelle, sans père ni mère, sans dot.

-Mais je suis engagé ailleurs, tu sais bien.

-Oui, la fille du Roi.

Je te répète que j'ai tout inventé.

-Mais tout s'est accompli.

Tu n'as rien inventé, tu as déclenché.

Au fait, ton cadeau.

Donne-moi ta main.

Ce drĂ´le d'oiseau voulait sauver sa peau.

-C'était leur chef.

-Non, il cherchait des girolles.

Il m'a pris pour un brigand. -Tu ne vois jamais rien.

Cet homme était l'organisateur de l'agression.

-Tu l'as lu dans sa main ?

Allez, prise de guerre !

Je te l'offre, ne refuse pas.

-Non Je la garde.

En souvenir de toi.

-Penses-tu.

Vends-la et rembourse ton fiancé.

-Quel fiancé ?

C'est pas mon fiancé.

-Mademoiselle !

Quelle garce !

"God save the Queen"

-Non, c'est trop religieux !

Ça sent

la myrrhe, l'encens, le thé !

Je ne suis pas content !

Vous n'aimez pas l'armée, l'Aquitaine.

Et aimez-vous la musique ?

Audition ce soir après la soupe !

Allez !

Oh, Sergent.

Je veux voir mes nouvelles recrues.

-Elles arrivent, Colonel.

Quelle histoire.

Dans la forĂŞt, des bandits.

30 ou mĂŞme 50 !

J'ai ratatiné tout le monde.

-Oh, racontez-moi tout !

-J'ai d'abord commencé par le chef

Ils sonnent le rassemblement.

-On sonne le repas de mes soldats ?

-Oui, Sire.

On dit la soupe. -La soupe, bien sûr.

Mettez ma table et faites venir mes œufs.

-Les œufs du Roi !

-Les œufs du Roi !

-Les œufs du Roi !

-Avez-vous trouvé le bon endroit, Maréchal ?

La Grande Bataille doit porter un grand nom.

-On étudie des points

stratégiques. -Oui, bien sûr.

-J'avais proposé un lieu qui sonnait bien.

-Waterloo ?

Plat, triste, morne.

Morne plaine.

Mais nous trouverons.

Fixons le jour. -Plus bas, Sire.

-Comment plus bas ?

-Je crains les fuites.

-Des fuites ?

Fuites ?

-Un traître.

-Vous ?

Vous m'effrayez. -Les œufs du Roi !

Les œufs de sa Majesté !

-Alors, celui-ci.

Celui-lĂ .

Et celui-ci.

Non, celui-lĂ .

Et puis non, remmenez.

Ce fâcheux traître m'a coupé l'appétit.

Il me le faut celui-ci.

M. Corsini.

Vous connaissez mes proches.

Menez une enquĂŞte. -Bien.

-Un truc qui marche bien -Ça suffit.

Je suis rompu.

Mais je veux ma bataille avant jeudi.

Mercredi sera parfait.

On sonne encore.

C'est le dessert ? -Le rassemblement.

Celui des recrues.

Ce qui porte nos effectifs à 47 000, selon votre désir.

-Bien, c'est bien.

C'est parfait.

Bon, rappelez mes œufs !

-Les œufs du Roi !

-Colonel Aimé Bonaventure Clodion Dominique de la Houlette.

Je suis un père pour vous et j'aime mes enfants.

"Qui aime bien, châtie bien."

Attention !

L'adjudant Fier-Ă -Bras

avec Adeline.

-Qui a parlé ?

Sortez

des rangs !

-Matricule !

C'est vous que le sergent a tiré d'affaires ?

C'est le protégé de mon meilleur

recruteur.

-Manque de respect -N'exagérons rien.

Simple conseil amical. -Un peu de gentillesse.

Je lui ai déjà dit.

C'est de la bleusaille !

-Un compliment, une fleur.

-Ça rend pas plus beau.

-Silence ! -Oh, voilĂ  !

Donnez donc l'exemple.

Approchez.

Souriez.

Bonnes dents.

Gencives saines. Oreilles bien placées.

Tournez-vous.

Oh, jolie nuque.

J'aime beaucoup.

Je suis spécialiste des nuques.

Bien.

Soldats, on va mettre les bouchées doubles.

Une bataille, c'est des morts.

Je veux des morts impeccables.

Bien rasés, les bottes cirées.

Qu'ils soient l'honneur du régiment.

Et qui sourient !

Monsieur l'Adjudant,

ils sont Ă  vous !

-On se tient droit, menton levé.

Regard vide, épaules comme mes épaules !

1/4 de tour Ă  gauche !

Un, deux !

Un, deux !

-Ça y est papa, c'est parti ?

-Un, deux, un, deux, un, deux !

Un, deux, un, deux, un, deux !

Exercice de base, la marche !

Pied gauche !

Pliez !

Pointez !

Posez !

Pliez, pointez, posez !

Pliez, pointez

Pointez, le va-de-la-gueule !

On pointe !

Posez, pliez, pointez.

Posez !

Voilà, on accélère !

Bande de poules mouillées !

On ne touche pas les feuilles !

Va-de-la-gueule !

On l'ouvre moins sa gueule, hein !

Un, deux, un, deux !

C'est grand, mais c'est mou !

Un, deux, un, deux !

Un, deux !

Un, deux, un, deux !

Quand on veut s'engager, on s'engage !

En garde pour attaquer !

Attaque !

En garde, attaque !

En garde, attaque !

En garde, attaque !

Va-de-la-gueule, on la ramène moins ?

Un, deux, un, deux !

Attention, demi-tour !

Un, deux, un, deux !

C'est quoi, ces bleu-bites ?!

On double la foulée !

En cercle ! Il y a un trou !

C'est votre ami. On l'astique, on l'affûte !

Une feuille doit se couper sous l'effet de son poids.

Le mousqueton se bichonne !

Il doit pouvoir atteindre Ă  40 toises

-Une feuille qui tombe dans la brise.

Rires

-Vous riez ?

Fixe !

Au pas de course !

Un, deux !

Un, deux !

Arme devant soi !

Sur l'épaule, devant soi !

L'épaule !

Soi-paule, soi-paule !

Arme au pied.

Genou Ă  terre !

Genou en l'air, Ă  terre !

En joue !

Couché !

Debout !

Ă€ genoux !

Couché !

Debout !

Assis !

Debout, couché !

Ah, j'attendais ça.

Que faites-vous ?

-Je m'en vais.

J'ai été très patient, mais je n'aime pas votre jeu.

Votre voix.

J'aime pas vos oreilles.

Mais rassurez-vous, je n'aime rien ici.

-Dans le rang !

-Mon pauvre ami, j'en sors juste.

-Vous refusez d'obtempérer !

Mutinerie, abandon d'équipement !

-Méfiez-vous. J'ai plein de témoins.

Et un beau-père ! -Qui ça ?

-Sa Majesté me marie.

-Sa fille ?

-Adeline !

-D'accord.

Tranche-montagne !

Au trou !

"The star-spangled banner"

-C'est de la musique M. Flageolet ?

Hors de ma vue !

Hors de mon ouĂŻe. Et toi, aux cuisines.

Ils ne songent

qu'Ă  faire la foire !

Les enfants rient.

-Alors lui, quelle nuque.

-Si ce n'était que moi, je te collerais une médaille.

Mais tu vas au trou.

-J'ai le bras long. -Et lui, d'assassin.

Comment lui tenir tĂŞte avec eux ?

-Ils sont beaux. -Les plus beaux du régiment.

Et mĂŞme autour.

Mets-toi oĂą tu veux.

Le sergent tient la bouffe.

Des sous et tu commandes.

Ou la gamelle.

Un cochon

en vomit.

-Pour ce que tu as de mieux.

Garde

le reste !

-Je m'habitue.

-D'accord.

-Le mousqueton au-dessus

de la tĂŞte !

1re et 2e lignes !

Un, deux !

Un, deux, un, deux !

Sur une jambe !

L'autre !

Une jambe !

L'autre !

Jambe !

Jambe !

Ah La voilĂ  !

Alors ?

Libère-la et boucle-la. -Je la boucle ou la libère ?

-Boucle-la.

Et libère-la. Et tu me fais

4 jours !

Rompez !

Rires

-Porte ce plateau.

-J'ai la soupe à éplucher et un biberon qui attend.

-Je suis pas ta bonne. -Tant pis pour le prisonnier.

Pour une fois,

un garçon aimable,

joli.

-Son nom ?

-Il se voit prince.

Il a tenu tĂŞte

Ă  qui tu sais.

-Laisse.

Va faire ton biberon.

On sonne le rassemblement.

"O sole mio"

- Elle est magnifique !

-On m'en a offert des fortunes. -Dont la mienne.

-Vous avez réservé.

Je vous rendrai l'argent. -Mais non.

-Merci, c'est un beau geste.

-On a topé. J'ai lâché 50 pistoles.

J'aurai Adeline. -Allons.

Vous achetez pas un cheval.

Si encore vous écoutiez les conseils.

Le charme, les manières.

Les fleurs ? -Ça, je peux.

Le reste, c'est difficile.

Les fleurs, je peux.

J'ai trouvé l'eau si belle que je m'y suis baignée

Il y a longtemps que je t'aime

Jamais je ne t'oublierai

Il y a longtemps que je t'aime

Jamais je ne t'oublierai

Bonne nuit ?

-Excellente, comme le réveil.

Bonjour.

-Tu veux quoi ?

J'ai la solitude, le silence.

La liberté.

-En prison ?

-Le lieu idéal. On reste immobile, la tête sur un oreiller de rêves.

J'ai faim.

Ce qui allège l'esprit.

-Tu es fou.

-Mlle Adeline, le prisonnier est au secret.

Faisons la conversation.

Tenez.

-Oignons ?

-Tulipes. -Ma fleur.

-Tenez.

Les femmes aiment les fleurs.

Comme vous. -Faut leur faire la cour.

Vous êtes bien parti. Très poétique.

Continuez !

-Je vous trouve

vraiment

Vous ĂŞtes belle. -Bravo.

Et propre aussi. Elle fait bien la lessive.

-Et la vaisselle.

-La cuisine. -La couture.

Des doigts de fée. -Pour 50 pistoles,

il va acquérir la série des Adeline.

Soit un superbe lave-linge,

un lave-vaisselle,

une machine à coudre et une cuisinière à quatre feux !

Rires

-Que dirais-tu toi, le gros malin ?

-La vérité, tout simplement.

Vous n'ĂŞtes pas seulement belle.

Vous êtes éclatante, vous êtes vive.

Comme un jeune animal.

Vous ĂŞtes pure.

Libre comme l'air.

Vous ne serez la femme que d'un seul homme.

Il sera heureux.

Alors, ni curé ni courtisan.

Surtout,

pas un militaire !

-Montre-toi, beau merle. Du cran.

-Farceur !

-Fusillé !

Écartelé, pendu, dépendu, rependu !

Brûlé vif !

Tranche-montagne, nom d'une chiure de mouche, Ă  ma botte !

Qu'on me trouve le porte-clés !

Rassemblement !

-C'était très joli ce que tu as dit. Très gentil aussi.

Je sais que c'était pour le faire enrager,

mais ça m'a fait du bien.

Tu as tort de le provoquer. C'est un homme sans imagination.

Tuer ne lui fait ni chaud ni froid.

Il a déjà assassiné 2 recrues qui m'avaient fait un clin d'œil.

Tu m'écoutes, Fanfan ?

Fanfan ?

Si tu veux bouder, boude. Mais je t'aurais prévenu.

-Allez !

Évasion, alerte !

Colmatez les issues !

BaĂŻonnette au canon !

Le tocsin !

Je le zigouille !

Ă€ la garde !

Ă€ la garde !

Alerte !

-Reste pas lĂ , rentre !

-Je suis bien ici, j'ai une belle vue.

Ça me plaît.

-Tu es trop bĂŞte !

Rires

-Que fais-tu lĂ -haut ?

-Mon sabre ?

-Le tien, non. Mais le mien !

Pourquoi ?

Je suis un gentilhomme.

-Le voilĂ  !

-On ne montre pas du doigt !

-Il se paie votre gueule.

-Non, la vôtre. Il est très courageux.

-J'ai l'autorisation ? -De ?

-Le crever, l'émasculer !

-Non, ça, c'est trop.

Allez-y, mais épargnez la nuque.

-Échelle !

Trop courte !

Rires

-3 sur l'adjudant.

-5 sur le Parisien.

-Vingt dieux !

-Ajoutez sacredieu et pardieu !

-Adieu !

-OH !

-Allez, viens !

Coucou !

Les enfants rient.

Sifflement

-Derrière !

Rire

-Un salaud. -C'est un adjudant.

-Dépêchez-vous !

-3 de mieux. -Je suis.

-De l'aide ? -Non !

Quoique

Lâchez-moi !

-C'est régulier ?

-Non, mais amusant. -Alors amusons-nous.

-Cette brute va tuer Fanfan !

-Ou l'inverse.

-Ou les deux.

-C'est un âge où l'on meurt bien.

-Ça va ?

-Vous avez tout cassé.

-Plaît-il ?

-Et vous voulez qu'Adeline vous épouse ?

-Plaît-il ?

-Vous oubliez Adeline et je vous oublie.

D'accord ?

-Plaît-il ?

-FANFAN, FANFAN, FANFAN !

-Le match est nul. -Nul ?

-Ils sont vivants.

-Le mien est plus Je demande l'arbitrage.

-Accordé. Match nul.

-Corriger Fier-Ă -Bras et sauver Adeline, un miracle.

Et tu les fais rire.

-FANFAN !

-J'aime les nobles causes.

-Tu es un prince.

Et tu as gagné un ami. À la vie, à la mort.

-Colonel ABCD de la Houlette !

-C'est moi !

On sonne le rassemblement.

"Ordre est donné par nous, Louis, à nos troupes.

"Le régiment d'Aquitaine" C'est nous.

"..est assigné à la protection de notre Majesté.

"Il fera donc mouvement sans délai,

"au château de Villelune

"où nous avons décidé d'établir

"notre quartier général."

Mes enfants, en route !

-Rassemblement !

-Rassemblement !

-Plaît-il ?

"La Marseillaise"

-C'est mieux !

Mais j'aimerais que ça sente la poudre.

-Elles guérissent toutes les maladies.

Et mĂŞme les honteuses.

-Place, place !

Dégagez !

-Tu as vu ?

C'est ma fiancée !

-Sans voir son visage ? -Les yeux de l'amour.

-J'ai perdu la tête. -Ça fait du bien.

-Quoi ? -Plaît-il ?

-Plaît-il, plaît-il !

-On se moque de mon infirmité passagère ?

Très bien.

-Villelune !

La fille du Roi m'attend !

-Mesdames, enfin !

On était très inquiets.

-Une agression.

Vos routes ne sont plus sûres.

-Tout l'argent part Ă  la guerre.

Plus de peur que de mal ?

-Grâce à un sauveur du nom de Fanfan.

Il a combattu

tous les brigands. Vous auriez adoré.

Dites au Roi qu'on le verra demain.

C'est l'équipage de ma cousine, retournez-lui.

Henriette, au lit !

-Mais comment elle me parle.

-Tu cherches ton étoile ?

-Non, je

-C'est celle-lĂ .

-Comment le sais-tu ?

-C'est la mienne.

Je t'invite.

Ă€ mon mariage aussi,

je t'invite.

-Ă€ ton mariage ? -Oui, avec l'adjudant.

-Ridicule, c'est une brute.

-J'aurai sa solde tous les mois.

On me saluera.

J'aurai ma chaise à l'église.

Un nom. -Madame Fier-Ă -Bras ?

-Des enfants.

-Quelle horreur.

-Les gens méchants, on les apprivoise.

-Si c'est ton destin.

Le mien est Ă  l'une de ces fenĂŞtres.

Je suis sûr qu'il y a quelqu'un pour toi

quelque part. Cherche encore.

Moi, ça m'est tombé dessus tout d'un coup, grâce à toi.

Adeline ?

Adeline !

-Tout est lĂ .

-C'est risqué. On dévoile tous nos plans.

Où en est-on avec ce traître ? -On progresse.

On l'appelle "L'homme en noir" ou "Black man".

-Intéressant.

Mais insuffisant.

Creusez encore. Bon, c'est fini ?

Allez !

Allez, Ă  la niche !

Je le taquine, il m'adore !

Que proposez-vous sur la manœuvre ?

-Dispositif classique, mais avec fantaisie stratégique.

-J'adore la fantaisie stratégique !

-Aile droite, je la mets Ă  gauche.

-Aile gauche, je la mets -Ă€ droite.

-Au centre. L'effet sera surprenant.

Vous les tenez ! Enfin, je les tiens. Et ça ?

-Ligne

invincible.

Derrière, on est hors de portée de l'artillerie.

-C'est sûr ?

-Boulet de 16.

Poudre "PPP". On utilise la mĂŞme.

Une louche anglaise rase, un boulet de 16 livres,

portée de 300 toises.

Ils sont ici.

Ă€ 301 toises de la ligne.

Derrière, invulnérabilité. -Oui, oui !

Bravo.

Avant de nous souhaiter la bonne nuit,

prions Dieu pour demain.

-Réveille-toi. -Je dors.

-Viens.

-J'étais en plein rêve. -Allons !

Une porte claque.

Une femme chante.

Viens m'aider, c'est lourd ! -Halte !

Ils sont lĂ  !

Hurlement

-C'est moi, bonsoir.

En polonais

-Mais

Souvenez-vous. Fanfan, Fanfan-la-tulipe.

-Ne criez pas. Je vous ai sauvé la vie.

Dans la forĂŞt.

-Ça vous fait des rides.

-ArrĂŞtez.

-Quoi ?

-Il faut faire connaissance.

-ArrĂŞtez ces cris de pintade !

Vous étiez adorable et

J'étais votre prétendant, c'est fini !

Moi fini vouloir toi, comprendo ?

Hurlement

-Rien ne l'arrĂŞte.

-M. Fanfan ?

Que se passe-t-il ?

-J'étais venu visiter ma fiancée, elle a tout cassé.

-Elle a eu peur.

-D'habitude, je ne fais pas peur.

-On n'entre pas ainsi.

-C'est terminé.

-Halte ! Il est lĂ  !

-Descends !

-Aidez-moi !

-On se balade ?

-Pensez-vous, Majesté.

-Qui vous paye ?

-J'ai jamais su. Vous ou la Houlette.

Mais une petite augmentation ?

-Je le trouve pas très noir. -L'âme, Sire.

D'une noirceur -Qui entre ?

Celui-lĂ  est plus

noir.

Qui m'expliquera ?

-Moi, Sire !

Malgré les apparences, je suis blanc.

-DrĂ´le.

-J'ai sauvé votre fille. -De quoi ?

-D'une attaque de brigands en forĂŞt.

Avant-hier.

-Ma petite fille ?

Je l'ignorais. Cela mérite récompense.

-J'ai pénétré ici

dans l'intention de vous demander sa main.

-L'épouser ? -Oui, mais en fait, non.

Les hurlements, la Pologne, non.

-Vous refusez ? -Navré.

Je n'ai pas d'ancĂŞtres reconnus.

Je me suis trompé.

Erreur de jeunesse ! Sans rancune ?

Ă€ bientĂ´t.

Le gendre redevient espion.

Pendez-les demain.

-Ça y est !

Ça y est !

Il est pris !

L'espion, l'homme en noir ! Niqué la bouse !

Fanfan !

C'est Fanfan, le fameux Fanfan !

Demain,

couic !

Ah, mon colonel. -Plaît-il ?

-Vous me connaissez.

L'exécuter serait un grand honneur.

Sans prime et -Pour l'honneur.

-Mes deux oncles étaient bourreaux.

-Dans ce cas, d'accord.

À contrecœur.

Pour une pendaison,

je veux des violons. Des violons.

-Je suis démoralisé.

J'allais me fixer, une famille, un métier, une épouse.

Et puis, plus rien.

Ces gens, ça mange, ça dort quand ça veut.

On traverse pas la mĂŞme vie. -La cantine !

Ceux qui ont soif, sortez la monnaie.

-Si c'est pas elle, oĂą est la femme de ma vie ?

Toi ? Mais oui.

C'était donc ça le chemin à faire ?

-Je ne voulais rien dire de peur de te perdre.

Je te perds au moment de te le dire.

-Me dire ?

-Je n'ai jamais aimé.

Je ne sais donc pas si je peux appeler cette chose

qui me rend si heureuse et si malheureuse, de l'amour.

-Trop souvent j'ai dit le mot.

Cela ne ressemblait en rien Ă  ce que je ressens.

La foudre m'a touché. Elle m'a éclairé.

-Le règlement,

c'est deux minutes.

Reste une minute. -Pas Ă  moi.

J'ai connu ta mère. Je t'ai peut-être mis en route.

Alors Tiens, bois.

Ça remet les idées en place.

-Pourquoi je ne t'ai pas vue

telle que je te vois maintenant ?

-Il fallait peut-ĂŞtre la prison, la peur.

-On devrait vieillir plus jeune.

La cinquantaine Ă  20 ans. On saurait le principal.

-De quoi ?

-De la vie. Le bien, le mal, le vrai, le faux.

Les femmes.

Et la sienne, unique.

Adeline.

Mon Adeline.

-Mon Fanfan.

-C'est triste de mourir maintenant.

Si tu lisais dans mon cœur,

tu y verrais ton image, pour toujours.

-"Toujours" s'achève bientôt.

-On a quelques heures, les autres dorment.

-Ils ne dorment pas tous.

Coups de marteau

-Le spectacle, c'est pour demain.

-On vient voir l'assassin.

-Quel assassin ?

Déguerpissez !

Morveux !

"Assassin" !

-Sans preuve, sans jugement.

-Non ! -Que veux-tu faire ?

-Je veux vivre, vivre heureuse avec toi !

-On a si peu de temps.

-Justement, je veux du temps.

Des saisons, des années.

Je vais aller voir le Roi.

Le supplier.

Gardien !

-Il ne t'écoutera pas.

-C'est aussi ma faute !

-Adeline !

-On pourrait pas dormir un peu ?

-Après, remue-toi !

Adeline !

Il m'attend pas.

-Madame, je veux sauver l'homme que j'aime.

Vous l'avez baptisé Fanfan. -Oh, la tulipe !

Racontez-moi tout.

MĂŞme si je vous crois, jamais Louis

Enfin, Sa Majesté, ne reculera.

-Réveillez-le, où dort-il ?

-Non, c'est le Roi.

Personne

ne peut le déranger.

Sauf

Venez.

On frappe.

-Vous ? -Une affaire d'importance.

Je vous laisse.

Merci, je vous le revaudrai.

-Pour une grâce ? -Une audience.

-C'est déjà énorme. Nocturne, en plus.

Et royale.

Comment feras-tu libérer

l'espion du Roi ? -C'est pas lui.

Je le sais. -Comment ?

-Il a offert

une bague Ă  Fanfan.

Et Fanfan me l'a offerte.

-Et vous l'avez ici ?

Je peux la voir ?

Je vais l'apporter au Roi. -Non, c'est moi.

-Je te l'achète. Dis-moi ton prix.

-Il n'est pas Ă  vendre.

-Tout se vend. La bague, toi, moi.

Ton prix ?

-Un cadeau. -10 000.

-Un souvenir. -20 000.

-J'y tiens beaucoup.

-Dure en affaires.

J'adore négocier.

-La chambre du Roi !

Adeline crie.

-On frappe, M. Fanfan.

-Je cherche mon épouse. -Trois portes à gauche.

En polonais -Oh, la Pologne !

-Oh, la France !

-C'est lui, le traître !

-Expliquez-vous, messieurs. Je ne suis pas de bonne humeur.

-Une voleuse.

-Je la connais.

-Elle m'a dérobé cette bague.

-Offerte dans la forĂŞt.

-Mais quelle forĂŞt ?

-Pauvre enfant.

-Je vous l'ai offerte il y a 2 ans.

-Pour ma fête, Votre Majesté.

-Comment

l'avez-vous eue ?

-Regardez.

L'homme en noir. -Vous ?

Pourquoi ?

-Florins, livres.

-Ă€ quand l'euro ?

-Les traîtres aiment l'or.

-Mon cousin

Entre rois.

-Vous ?

-Je serai roi si on perd.

Et grâce à moi, vous perdrez.

J'ai vendu

les plans, le lieu, les mots de passe, tout !

-ArrĂŞtez-le !

-Je l'égorge !

Vous ne m'aimez pas, moi non plus.

-Que la garde cerne le château !

Il y a de l'eau ?

Heureusement.

-Yah, yah !

-Mirobole !

Ă€ cheval !

Ă€ cheval !

-OĂą allons-nous ? -Vous serez ma reine.

Plus vite !

-A l'aide

-Service du Roi !

-Jeune femme malade !

-Dégagez !

Allez !

Schnell !

-Que ferez-vous de moi ? -Ma reine.

-Si je refuse ? -Aux Autrichiens !

-Ils me fusilleront. -Ils pendent les femmes, avance !

-Je vous dirai le mot de passe

de l'Aquitaine.

-Et Picardie ? -"Dieu avec nous".

-Bourgogne ?

Je les connais tous.

Champagne, "Dieu le veut".

Et cætera. Je suis un professionnel.

Ne t'arrĂŞte plus !

-Adeline !

-Fanfan !

Fanfan !

Fanfan !

-Du calme. C'est moi, Corsini.

Von Gorzini !

Allez chercher Koenigseck !

Vous mettez pas dans cet état.

Fanfan-la-tulipe. Une fleur.

Ça se cueille, se respire et se jette.

Moi, je suis un homme d'avenir.

-Je ne crois pas en l'avenir, sauf avec lui.

-Va falloir l'oublier.

Ne faites pas ça. Vous risquez la mort.

-Je préfère mourir.

-L'amour vous aveugle.

-Pourquoi vivre si on ne peut plus voir celui qu'on aime ?

Avoir des mains, si on ne peut plus caresser ?

Le serrer dans ses bras ?

Et si son parfum n'est plus dans l'air,

Ă  quoi bon mĂŞme respirer ?

-Touchant.

-Sans amour, vous ĂŞtes perdu Corsini.

-Pas encore, je crois.

-Vous aurez que mes larmes !

-Ça suffit maintenant !

Vous pouvez mourir plus tard.

Je vous tuerai moi-mĂŞme. Parole d'honneur.

Enfin, ma parole.

Allez !

-Gorzini !

Bedi kalin mit matmoizelle !

-Mais pas du tout.

Canaillou !

-Une espionne.

Débutante.

-Von Gorzini, danke schön, gut,

fĂĽr trahizon !

Komon, komon, krosse karte !

Vous voir grosse entreprise.

Étissy Cumberland, english.

Étissy Ingoldsby, scottish.

Étissy partout Koenigseck !

Étissy ? Franzousse !

Kaput !

Rires

-Kaput !!

Tu lanzé le zignal du mazacre.

-Vous donnerez le coup d'envoi.

Bleu Remise au lendemain.

Jaune Épidémie.

Rouge, allons-y. Attaque !

-Et le blanc ?

-Das weiss ubergate aux chiottes, nein !

Oublire zette chiffone !

-Capitulation. Il ne voudra jamais.

-Il le faudra pourtant !

Pattes en l'air !

-Moi ?

Prizonier ?

Les épées à terre !

Tu les ligotes. Je t'aime.

J'adore te dire je t'aime.

-J'adore que tu le dises !

-Je t'emmène à Paris.

-Oui ! -On s'installe.

-Paris coûte une fortune.

-Quoi ?

-Je connais leur trésor.

-Nous aurons une auberge.

"Au pendu" !

-Mein château is nicht ein moulin !

-Mon capitaine !

J'ai pris le traître !

- Je t'ai. - Plaît-il ?

-Non, c'est lui !

-Navré, ma belle, il a perdu !

Ă€ mon signal !

-Pourquoi ĂŞtes-vous ici ?

Vous le poursuiviez.

Et pourquoi ?

Qui était avant lui ?

Moi, j'étais sa prisonnière.

-Il était devant.

-Qui poursuivait l'autre ?

-On peut se tromper Convention de Genève !

Dragons, Ă  la rescousse !

-Adeline !

Adeline !

Inaudible

-OĂą est l'ennemi ? -LĂ  oĂą il ne devrait pas ĂŞtre !

-Le travail de Corsini.

Acclamations -Les Écossais, Sire.

-Et nous, rien. MĂŞme pas un hymne.

Je crois bien qu'on est perdus.

Il y a un autre mot

-Fichus ?

Foutus ?

-Cuits ! -Ah oui.

On est cuits.

Monsieur le maréchal.

Attaquons, quitte à périr, périssons avec panache.

-C'est Ă  l'ennemi d'envoyer le signal depuis la tour.

Protocole 1028, révisé en 1477 et modifié dernièrement.

-Mais je le reconnais, celui-lĂ .

Notre bon Fanfan.

-Von Gorzini.

-Il envoie le signal d'attaque !

Détache le signal !

Fanfan, ta chemise !

Il me faut ta chemise !

-Tiens !

AĂŻe !

-C'est la fin, M. la Tulipe. La vĂ´tre.

De vos amours, de votre roi.

De votre armée.

Ă€ trois, vous serez mort.

Ein Two

-Cette chose est un drapeau ?

Il parle en gaélique.

-Ou plutĂ´t une chemise.

Et mĂŞme chemise blanche !

-C'est bon signe ? -Mieux, vous ĂŞtes vainqueur.

-Comme ça, sans combattre ?

-Sans mĂŞme un seul mort.

-Et ça compte ? -Exploit inégalé !

On en parlera pendant des siècles.

-À vaincre sans péril, ne triomphe-t-on pas sans gloire ?

Elle est pas mal, notez-la.

-Kaput !

Acclamations de joie

-Monsieur, vous serez de notre maison

jusqu'Ă  la fin de cette guerre.

Vous avez renoncé à notre famille.

-Quel gendre.

-Quelle nuque. -Quel dommage.

-Trop polonaise.

-Vous serez mon général particulier.

Avec château, voiture,

pension.

Vous n'allez pas encore refuser ?

-Je pense que l'homme doit rester maître de son destin.

Le mien est d'épouser cette femme, ma reine.

Elle régnera sur trois arpents, mon cœur

et quelques enfants.

-Quelle chance de pouvoir agir ainsi.

Allons, musique !

"En avant, Fanfan"

-Mon hymne !

-Ah, du jarret.

-Merci.

-Ça swingue.

Avec la fin de cette histoire,

s'ouvrit une période de paix absolue

sur l'Europe tout entière, qui dura 18 mois.

Ou 18 jours, on ne sait plus très bien.

Chacun sait que la paix ne dure jamais assez longtemps.

Sauf pour Adeline et Fanfan qui vécurent heureux

car ils eurent beaucoup d'enfants.

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