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Julia ?
Tu m'entends ?
Julia.
Julia. C'est papa.
Osmont, j'ai jamais vu ma fille dans cet état.
Elle va s'en remettre ?
Écoute, physiquement, elle n'a rien.
Mais elle a subi un choc extrêmement violent.
Elle est dans un état post-traumatique.
Et elle va rester comme ça longtemps ?
Une journée, une semaine, deux mois. Impossible de le savoir.
Ce qui serait bien, c'est qu'on la mette dans un établissement spécialisé.
J'en connais un très, très bien, sur la Corniche à Marseille.
Non, non, je veux pas qu'elle revienne à Marseille.
Ça, c’est les anciens du GIPN qui l’ont récupérée.
Elle reste sous leur surveillance, le temps de comprendre ce qui s'est passé.
D'accord, comme tu voudras.
- Faut que je m'en aille. - Oui, OK.
Tiens, Fred ! On va te ramener jusqu'à ta voiture.
D'accord.
T'inquiète pas, d'accord ?
Je repasserai la voir demain, très discrètement.
Oui.
Salut.
J'ai rallumé le portable de Julia.
Il y a au moins sept messages de Rachel.
Pensez à l'éteindre, Robert.
Attention de ne pas manger les notes.
Rachel, je peux te voir une seconde, s'il te plaît ?
Son père est placé en rétention depuis hier.
Je viens d'avoir confirmation.
Normalement, Tod devrait être pris en charge par les services sociaux.
Non. Il va aller de foyer en famille d’accueil, on le perdra, je veux pas.
C'est une énorme responsabilité de le garder chez toi.
- Je sais. - Il nous faut de l'aide.
Oui, mais de l'aide de qui ? Moi, je vais pas appeler Robert, tu vois.
Je me suis mise là-dedans seule. Je ne vais pas pleurer auprès de lui.
Moi, si je vais en foyer, je m'évade.
Couvre-feu pour les mineurs, fin des aides sociales injustifiées,
réévaluation du budget de la culture et de la sécurité.
- Tu étais d'accord. - Non, absolument pas.
Ces mesures ne serviront qu'à me rendre impopulaire
et la presse nationale va nous tomber dessus.
Peu importe la presse. L'important, ce sont les vrais désirs de la population.
Bon, et puis il y a aussi ça.
C'est une offre pour le stade.
Elle correspond à nos souhaits.
Vos souhaits ?
Grande assise financière, envergure internationale, des références solides.
- Tout y est. Ils sont parfaits. - Mlle Coste...
il faut un appel d'offre pour ça.
Il aura lieu, mais il sera immédiatement suivi d’un vote
et personne ne fera une aussi belle proposition.
Cette proposition vous rapportera combien ?
Je ne vous permets pas d'insinuer une chose pareille.
Le PF, lui, ne se compromet pas dans ce genre de magouilles.
Je vais être clair.
Ce stade, c'est l'emblème de la ville. On n'y touche pas !
Et un emblème hors de prix avec des dettes pour 40 ans !
Tu vas me faire croire que cette offre est tombée comme par miracle, hein ?
Tu me prends pour un con ?
Nous souhaitons simplement que M. le Maire daigne étudier cette proposition.
Nous nous fions à sa grande sagesse pour faire le bon choix.
Mlle Coste, vous pouvez rester deux minutes, s'il vous plaît ?
Tu te moques de moi, là ? C'était quoi, ce numéro ?
Ce projet de loi, je le porte depuis des années.
Je ne laisserai personne douter de mon honnêteté.
Ni toi ni personne, d'ailleurs.
Je ne doute pas de toi, Jeanne.
Mais de lui, oui.
Marciano n'a rien à voir là-dedans.
Et je ne suis pas à sa botte.
Tu me promets d'étudier le dossier ? C'est important.
Tu me fais confiance ?
Il faut que ça passe au prochain conseil.
Ah c'est confortable, ça, on ne peut pas dire !
Tu me laisses ma place, s'il te plaît ?
Le temps presse, Jeanne.
Je dois démontrer que je suis capable de diriger la deuxième ville de France.
Tu ne diriges rien. C'est moi, la première adjointe.
Cette mairie, elle est à moi.
Elle n'appartient ni à toi ni à un autre. Elle appartient aux électeurs.
Tu es ici parce que je le veux bien. Donc on refonde le budget,
on nettoie les quartiers, on rend cette ville civilisée,
et toi, tu utilises ce que tu veux, ton cerveau, tes fesses,
mais tu me mets ce con de Barrès au pli !
Parce que, sinon, première adjointe ou pas, tu dégages.
Un homme ne menace pas une femme.
En attendant, c'est mon bureau, et la porte est là.
Il faut en parler à la police.
Il faut qu'on sache ce qui s'est passé.
Il faut surtout savoir ce que Julia a découvert.
Ce lien qu'elle voulait établir avec Tony ? Elle m'en avait parlé.
J'ai passé 20 ans à la tête de cette ville.
J'ai appris à la renifler,
à sentir le moindre de ses frémissements.
Et là, ce que je sens, ne m'inspire rien de bon.
Diffère la vente du club, ça me donnera le temps de trouver.
Je dois vendre.
Le sporting met le groupe en danger.
Les comptes du club sont dans le rouge. Ce que mon père ne voulait pas admettre.
Ton père avait une vision moins pessimiste.
Les chiffres sont pessimistes. J'ai des charges dans d'autres villes.
Bon. Dix jours.
Plus, je ne peux pas.
Dix jours, c'est déjà ça. Merci.
- Robert ? - Oui ?
Je veux voir Julia.
Plus tard.
Crois-moi, en ce moment, elle fait plutôt peur à voir.
Puis-je voir votre fille ?
- Jamais. - Ah.
Elle n'est pas en état.
En résumé, votre fille, journaliste à La Provence,
s'est intéressée au garde du corps de feu M. Bassem Ayoub,
président du sporting marseillais.
Le garde du corps ayant disparu, votre fille a mené des recherches
l'ayant mise en danger.
Mais malgré ce danger, vous refusez que je la rencontre.
Et vous me demandez cependant de rouvrir l’enquête.
Madame la Procureure...
Mais l'autopsie de M. Ayoub n'a rien révélé.
En l'état, M. Taro,
rien ne me pousse à ouvrir une instruction ni même un complément d’information.
Vous n'êtes plus à la tête de la ville.
Dans le contexte politique actuel,
semer le doute sur la mort de M. Ayoub ne ferait que jeter de l’huile sur le feu.
Madame, s'il vous plaît !
Mme la Première Adjointe, c'est votre première inauguration. Vos impressions ?
Allez-vous inaugurer d'autres postes ?
Est-ce le début d’un renforcement de la sécurité sur Marseille ?
Une question à la fois.
Est-ce le hasard si ce local était celui d'un centre de planning familial ?
Ce n'est pas un hasard.
La nouvelle municipalité procède à des réajustements
selon les besoins réels de la population.
Les Marseillais ont besoin de plus de sécurité.
Mais remplacer l'aide sociale par la police, ce n'est pas anodin.
Est-ce lié aux positions de votre parti sur la question de l'avortement ?
Notre parti a toujours été clair sur le sujet.
Bien que parfois nécessaire,
pour certaines femmes, c'est souvent une opération de confort.
Et l’État n’est pas là pour réparer les inattentions de celles-ci.
Vous pouvez pas dire ça !
Ne craignez-vous pas de jeter de l'huile sur le feu ?
Je vous remercie. Je vous prie de m’excuser.
Mais excusez-nous !
Répondez à la question sur l'avortement !
La nouvelle municipalité procède à des réajustements selon les besoins...
J'en pouvais plus, de ces talons !
Ben, t'en fais une drôle de tête !
J'ai vu ton interview.
Alors, j'étais comment ?
T'étais bien.
Très bien, même.
- T'apprends vite, hein ? - Tu me sers un verre ?
T'as rien à me dire ?
Comment vous avez pu fermer un centre du planning familial sans m’en référer ?
C'était un gouffre financier.
La population a besoin de plus de flics, plus de répressions, d'après toi ?
C'est la délégation à la sécurité qui a fait l'ajustement.
Délégation que tu nous as confiée, tu sais ?
C'était le planning familial, mais c'est un détail.
- Un détail ? - Oui, un détail.
Les postes de police rassurent la population.
Avec eux, la vie reprend et la confiance renaît.
C’est pour ça qu’on se bat, la confiance des gens.
Pas la confiance. C'est du mépris !
Bon, tu veux arrêter de parler boulot, s’il te plaît ?
Je te parle pas de boulot, là.
Les gens ont toujours eu besoin du soutien de la ville pour y arriver.
Les gens ont trop pris l'habitude de se faire assister.
C'est ça que tu penses vraiment ?
Les caméras, les flics, ça ne règle pas tout.
Bon, à plus tard.
À la prochaine décision de ce genre,
je veux en être référé en premier lieu, compris ?
Tu m'entends ?
D'accord, M. le Maire.
Avec quelques mois de travail, il pourrait tenter l’entrée du Conservatoire.
Oui, enfin, pas sûre que le Conservatoire soit vraiment l'urgence.
On ne peut pas continuer comme ça, hors de tout cadre légal.
C'est pas comme ça que ça marche.
Il ne voudra jamais aller en foyer, il me l'a dit ce matin encore.
Il va falloir trouver une solution, pourtant.
Le mec était déjà mort avant le barbecue.
Une balle de 9 mm dans la tête.
- Un règlement de compte de cité ? - On ne sait pas encore.
On peut avoir son ADN quand ?
Deux semaines par la voie normale. Quatre jours en procédure accélérée.
Procédure accélérée, je veux savoir au plus vite.
- Capitaine. - Au revoir, madame.
Tu titres sur un règlement de compte.
Vu le barbecue, ça m’étonnerait qu’il s’agisse d’autre chose.
- On est à combien, là ? - Dix-sept.
Ça va, on garde le rythme !
Excusez-moi, je cherche Julia.
- Elle n'est pas là. Je peux vous aider ? - Elle revient quand ?
Je ne sais pas, elle est malade.
- Mais on se connaît, non ? - Non, je crois pas.
C'était qui ?
Je ne sais pas. Je ne suis pas sûr.
Là, là, regardez ! Vous la reconnaissez ?
- Putain, Rachel Taro ! - Elle-même.
En cavale, avec un sans-papiers.
- On sait où est le gamin ? - Je pense qu'il est encore avec elle.
Rachel Taro qui joue les activistes de gauche. Mais c'est bon, ça !
- Bonjour, Barbara. - Bonjour.
Ça fait plaisir de te voir !
Qu'est-ce que tu fais là ?
Viens.
- Comment ça, viens ? - Viens avec moi, je te dis !
On va où ?
Il veut te parler.
- Je descends ? - Oui, vas-y.
- Vous voulez me voir, M. Taro ? - Oui.
Oui. Le petit Noir est avec elle.
Envoie tout le monde.
Celui-là, c'est pas un jouet.
Faut que tout soit parfaitement assemblé.
Sinon il risque de dériver.
Compris ?
Les détonateurs. Il y en a six.
Tu les commandes à distance. Tu déclenches quand le drone est à bonne portée.
- OK ? - Je suis prêt, mon frère.
- Il ne manque plus que la cible. - Je te préviens dès que je sais.
Chahid !
Sois fort.
Article 214... Si les conventions matrimoniales
ne règlent pas la contribution des époux aux charges du mariage,
ils y contribuent à proportion de leurs facultés respectives.
Article 215...
Les époux s'obligent mutuellement à une communauté de vie.
Mais je vois que M. le Maire nous fait la surprise d'assister à la cérémonie.
Bonjour.
Est-ce que M. le Maire nous ferait l'honneur de lire le dernier article ?
Oui, avec joie !
Si les mariés le permettent, ce serait un honneur.
Bonjour.
- On en est à 371-1. - Oui, c'est ça.
L'autorité parentale.
Bien. L'autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs
ayant pour finalité l'intérêt de l'enfant.
Elle appartient aux parents
jusqu'à la majorité ou l'émancipation de l'enfant,
pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité,
lui apporter une éducation et lui permettre de se développer,
dans le respect dû à sa personne.
Les parents associent l’enfant aux décisions qui le concernent,
selon son âge ou le degré de sa maturité.
Bien. Je vais à présent vous demander de vous lever
pour procéder à l'échange des consentements.
C'était bien.
Belle cérémonie.
Tu m'as presque convaincu des bienfaits du mariage.
Attends, mais le mariage, c'est quand même une grande preuve d'amour.
Bien sûr, là, il était civil, mais il n’en garde pas moins son caractère sacré.
Tu parles comme une militante.
Tu étais très belle, tout à l'heure.
Je suis sincère.
Ravissante.
Mme Taro !
Ouvrez, police municipale !
Madame, j'appartiens aux services sociaux de la ville.
Vous hébergez un jeune garçon qui relève de nos compétences.
- Je vous prie de nous le remettre. - Je ne comprends pas.
Un sans-papiers en cavale, et on sait qu'il est ici.
- Allez, on rentre ! - Vous n'avez pas le droit.
Il vous faut une commission rogatoire et la police judiciaire. C'est illégal !
La soustraction d'enfant à l'autorité légale
est punie d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende.
Vous risquez gros.
Il y a rien, boss, c'est vide.
J'appelle mon avocat.
On fait quoi, là ? Elle appelle son avocat, alors nous...
On dégage.
Maître ? Rachel Taro.
La police municipale vient de faire une descente chez moi
sans mon autorisation.
On se retrouvera. T'inquiète pas.
Sortez de chez moi.
Tod ?
Tod ?
- Ça va ? - Ils sont partis ?
Oui, t'inquiète pas. Viens. Descends.
Je peux pas rester ici. C'est trop dangereux pour toi.
Bien. Très bien. On fait comme ça.
Je t'en prie, assieds-toi.
Oui.
J'ai entendu, merci.
À notre dernière rencontre, tu m'as demandé de rester à l'écart de la famille.
Alors que veux-tu ?
Écoute, des choses très violentes ont été dites de part et d’autre.
Je ne suis pas venue en ennemie, aujourd'hui.
Ce qui est fait est fait.
Tu voulais me voir en privé. Qu’est-ce que je peux faire pour toi ?
Il s'agit de Tod Whitney.
C'est un sans-papiers.
Son père fait des petits boulots à droite, à gauche, mais lui est scolarisé.
Ils habitent dans un squat.
Malheureusement, son père a été arrêté
et mis en centre de rétention. Il doit être expulsé.
Le gamin est où, actuellement ?
Il est chez moi.
Chez toi ? Chez vous, chez Robert ?
Non, Robert et moi, on n'habite plus ensemble.
Pardon ?
Bien. Un clandestin.
Tu es au courant des risques encourus ?
Un an de prison avec sursis et 15 000 euros d'amende.
La police est venue. Ils n'ont rien trouvé, mais...
s'ils l'arrêtent, tu sais ce qui l'attend, foyer...
Je sais.
- Donc tu veux que je te sorte de là ? - Non, pas moi, lui.
Il faut lui rendre son père, lui trouver un logement, des papiers.
C'est lui qu'il faut aider. Moi, ça va.
Bien.
Eh bien, je...
Je vais faire mon possible.
Vraiment ?
Oui.
- Je peux compter sur toi ? - Je vais voir ce que je peux faire.
Je savais pas, en venant te voir, si tu voulais même m'accueillir,
et encore moins m'écouter, donc je te remercie.
Non, je ne suis pas comme ça.
Surtout quand il s'agit d'aider un gamin dans le besoin.
Rachel, je suis touché que tu sois venue t'adresser à moi.
Merci.
Elle s'est levée.
Elle a même mangé, un petit peu.
Ah, merci. Merci.
- Par contre, elle a pas dit un mot. - Ah.
S'il vous plaît.
Quand tu étais toute petite, tu avais une peluche.
Un petit chien.
Speedo, je crois, oui.
Avant de t'endormir, il fallait le poser près de la porte.
Tu disais qu'il te gardait
et que personne ne pouvait entrer quand il était là.
J'aimerais bien le retrouver aujourd'hui, Speedo.
Oui.
Nos mesures seront mises en application le plus rapidement possible.
Réduction des aides sociales.
Oui. Menus uniques dans les cantines.
Filtrage des programmes culturels.
Et pour couronner le tout, expulsions des sans-abris.
Ce n'est pas un programme, c'est une mise au pas, madame.
Exactement !
Bravo !
M. Taro, je réalise...
que les mesures prises par le Parti Français
sont moralement inacceptables.
Et je m'y opposerai autant que possible.
Cependant, vous comprendrez que ces mesures
sont le fruit d'années de mauvaise gestion,
et cela sous votre administration.
Oui, bien sûr !
Vous dites, mise au pas.
Et je vous réponds, fin du clientélisme,
et fin des arrangements divers et variés,
qui ont mené Marseille au bord de la faillite !
Le conseil est terminé.
Le reste des débats se tiendra entre adjoints et conseillers.
Merci.
Lucas.
Lucas !
Ce couloir est réservé au maire, M. Taro. Vous n'y avez plus accès.
Lucas, tu peux pas laisser faire tout ça. C'est un programme indigne de toi !
Indigne ? C'est toi qui oses me parler de dignité ?
Je ne suis pas là pour faire de la rhétorique !
Non, tu es là pour gueuler ! Uniquement pour gueuler !
Jamais, tu n'écoutes !
Tu te fais bouffer.
Ces gens sont en train de te retourner, tu ne le vois même pas.
Tu veux savoir la vérité ?
Ces gens-là, comme tu dis, je les ai nommés uniquement pour te faire chier.
Tu aurais dû voir ta tête, c'était un bonheur.
Tu voulais que je te succède, comme un bon fils, c'est pas ça ?
Ben voilà, c'est fait.
Qu'est-ce que tu veux d'autre ?
Un fils. Un fils ?
Un fils... Tu as été plus que ça, pour moi.
- Plus que ça ? Plus qu'un fils ? - Oui.
Mais t'as même pas été foutu de me reconnaître, Robert !
Allez, laisse tomber.
Tu as signé avec le diable !
Je te laisse face à lui !
Tu vois, quand je siégeais là,
j'avais toujours cette impression de grandeur.
Mais en fait, c'est ici qu'on mesure toute la force de ça.
Qu'est-ce qui t'arrive ?
Pendant toutes ces années, je n'avais qu'une chose en tête,
lui prendre sa place.
Cette place.
Mais à présent, j'y suis...
Ça ne m'apaise toujours pas.
S’il est vrai qu’on peut changer les choses, tu en es le seul capable.
Marseille a besoin de toi.
Je ne suis pas sûr.
Et moi, j'aimerais bien le faire avec toi.
Je ne sais pas.
- C'est quoi, ça ? - Laisse, je te dis.
Eh, tu fais quoi, là ? Eh, t'es défoncé, t'as pris quoi, là ?
- Écoute, frère, faut que je m'en aille. - Et tu vas où ?
Oh ! Tu vas où ?
Je t'avais dit que je devrais accomplir mon destin.
C'est quoi, ces merdes, ces trucs ?
- Putain, ça, là ! C'est quoi ? - Laisse ça !
Putain, mais qu'est-ce qu'il fait là ?
- Eh ! Tu devais pas être au port, toi ? - C'est quoi, ça ?
- Qu'est-ce que tu branles avec du C-4 ? - Du quoi ?
Du C-4, c'est des explosifs, connard, va !
Oh, tu m'expliques ? Attends ! Oh !
Oh !
Allez, Chahid, allez ! Allez, réponds, ma gueule !
Réponds.
Putain, réponds !
Pourquoi tu réponds pas, là ? Chahid, putain...
Antoine Rozzi, dit Tony.
Sauf que le Tony en question est mort en Corse, à l'âge de trois ans.
Alors on a creusé un peu plus.
L'ADN a matché, et on a pu mettre un nom sur le kebab.
Voilà qui on a pêché...
Alexandre Voltech, 45 ans,
ancien nageur de combat, a quitté l'armée il y a six ans.
Il est free-lance pour diverses sociétés de sécurité privée.
Et il a plusieurs fois assuré la sécurité des joueurs du sporting
et celle de son président, M. Bassam Ayoub.
Bon, vous allez me rouvrir le dossier Ayoub.
Vous ordonnez une nouvelle autopsie ?
Le plus vite possible. Et cette fois-ci, je veux qu'elle soit approfondie.
- Très bien. - Merci, Capitaine.
Merci.
M. Taro ?
Madame la Procureure.
M. Taro, je crois que je vous dois des excuses.
Je devais venir te voir quand j'en saurais plus.
Ton père ne voulait pas vendre le club. Toi, oui.
Je crois qu'on a parié sur toi.
Quoi ?
Les flics viennent de retrouver le cadavre de Tony cramé dans une voiture.
La Procureure m’a appelé, elle ouvre une enquête sur la mort de ton père.
Ils l’ont tué parce que c’était plus facile de négocier avec toi.
On ne touche pas à ma famille.
Ton père et toi en faites partie.
On lui a pris la vie, mais on ne lui a pas pris son fils.
La dernière fois qu'on s'est vus, on s'est disputés.
Il faut jamais quitter les gens qu’on aime sur une dispute.
Fait chier, putain !
Désolé de t’avoir frappé, mon frère, mais je dois aller au bout de ma voie.
Quoi ?
Aujourd'hui est un grand jour pour moi, Inch'Allah.
Je vais frapper nos ennemis au plus fort de leur décadence.
Oh, putain...
Rappelle-toi, Éric, quoi qu'ils disent sur moi,
toi, tu sais, tu sais que j'avais un cœur pur.
...au bout de ma voie.
Putain !
Il faut que je comprenne ce qui se trame.
- Mais pour ça, il me faut ton appui. - Pour quoi faire ?
Ce soir, tu vas avancer une pièce de l'échiquier.
Une pièce majeure.
Allez, viens, on va rater le début du match.
Je t'expliquerai.
Tu vois, Driss, Marseille, c'est ce mélange.
Dans cette ville, il y a des gens qui ne se croisent qu'au stade.
Le reste du temps, ils vivent séparés, dans des mondes totalement différents.
Ouvriers,
employés, banquiers...
riches, pauvres,
blancs ou noirs,
ils n'ont qu'un point commun, une seule raison d'être d'accord,
leur équipe de foot.
Et sans elle,
la ville risque d'exploser.
Marseille n'a qu'un seul visage.
Celui jaune et bleu des tribunes du stade.
Ton père, ce Libanais venu de l’autre bout de la Méditerranée, l’avait compris.
Et c'est ce qu'il aimait.
Ce n'est pas une entreprise qu'il t'a laissé, Driss,
c'est un peuple.
- Tu vas où ? - Ben, il y a un match, non ?
Tu comptes y aller, avec les flics au stade ?
Ben, j'ai jamais raté aucun match à domicile.
Oui, ben c'est non.
Tod !
Tod !
Aux armes !
Aux armes !
Aux armes !
Nous sommes les Marseillais !
Nous sommes les Marseillais !
Nous sommes les Marseillais !
Et nous allons gagner !
Et nous allons gagner !
Allez, allez !
Allez, allez !
Allez, allez !
Allez, allez !
Attends, arrête !
Chahid, s'il te plaît !
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