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GÉOMÉTRIE DE LA MORT
ODESSA, UKRAINE
Il y a des traces du bateau sur le sable.
Comment tu es arrivé à ça ?
La force et la direction du vent,
la force et la direction du courant.
Plus les déclarations des témoins.
Il fallait commencer quelque part, j'ai commencé par ça.
Il a dû utiliser de l'essence.
Tout a complètement brûlé, sauf...
Ce serait la mafia locale ?
Pourquoi pas ?
Avant, ils n'auraient jamais fait ça.
Il y a une première fois à tout.
En général, ils coupent la tête de leurs ennemis.
Et ils les pendent par les pieds en pleine rue.
Un mec avec une tête coupée ne sert plus à rien.
Mais un mec qui a perdu sa nana est capable de tout.
Et le bras coupé ?
J'en ai aucune idée.
C'est peut-être un signe, un symbole.
Quel symbole, putain ?
Je vous le dirai quand on l'aura identifiée.
Ce sera quand ?
On recense les disparitions du district et de la région.
Et ce talon,
c'est quoi ?
Ça signifie qu'ils l'ont amenée ici, tuée ici,
et jetée à la mer ici. Ils veulent qu'on le sache.
C'est tout ce qu'il reste d'elle.
On a quelque chose ?
Elle n'est pas dans le fichier.
J'avais dit que c'était pas elle.
J'en suis pas aussi sûr.
J'aurais fait une indentification.
Qui a signalé sa disparition ?
Sa sœur aînée.
Mais elle a disparu en Allemagne.
Elle était partie là-bas.
La police allemande continue de la rechercher.
Elle est peut-être revenue à Odessa.
Mais elle n'a répondu ni aux appels ni aux mails.
Elle n'a rien publié sur Twitter ou Facebook ?
Celui qui coupe les bras,
même après la mort,
est sûrement un psychopathe.
Âge : entre 20 et 30 ans.
À part le bras qu'il lui manque,
on peut considérer
que son corps est en parfait état.
Cause du décès :
entaille avec un outil tranchant
des deux artères carotides, de gauche à droite.
Le décès doit remonter à deux ou trois jours.
Le bras a été sectionné après la mort.
Elle n'a pas eu de relations sexuelles.
Aucune trace de stupéfiants ou d'alcool.
On ne peut pas exclure
que le meurtrier l'ait déshabillée après la mort.
Pourquoi ?
Il a coupé les deux artères, il y a eu une grosse hémorragie
et sur le corps, il n'y a aucune trace de sang.
C'est son bras ?
On attend les résultats ADN,
mais ça correspond parfaitement.
Quant à ce monsieur, je ne m'étendrai pas à son sujet.
Je sais qu'il a quitté
ce monde sous tes yeux.
Au moment du décès, il était sobre, même si,
à en juger par l'état de son foie,
il est évident qu'il avait un penchant pour la bouteille.
J'ai tracé un itinéraire de Prague à Varsovie.
J'ai listé les commissariats sur le chemin.
Envoyez-leur les photos du monospace et de ses plaques.
Il nous faut les vidéos
de toutes les stations-service où il a pu s'arrêter.
Le conducteur a été identifié.
Il s'appelle Stefan Drzyzga,
c'est un ancien voleur.
Et maintenant, c'est encore plus un ancien voleur.
Il n'a jamais volé de voiture
et n'a pas commis de meurtre.
Un scénario ? Marek ?
Le monospace...
était garé dans un coin tranquille.
Les clés étaient sur le contact.
Stefan
était au mauvais endroit au mauvais moment.
Il n'a pas résisté à la tentation. Il a roulé un peu
et a fini par regarder à l'arrière.
Il a vu le cadavre et a chié dans son froc.
Il a foutu le camp pied au plancher.
Moi, ça me va.
Peu importe qui a été le premier à remarquer la voiture.
Le corps aurait surgi.
Je te l'ai dit, c'est un sacré défi.
Un défi lancé à qui ?
À nous ?
Il l'a égorgée, alors elle n'a pas souffert.
Il ne l'a pas violée, pas torturée.
Il lui a coupé le bras après sa mort.
Gucio suppose qu'il l'a aussi déshabillée après sa mort.
Le mobile sexuel ne tient pas.
Sauf s'il bande quand il égorge.
Selon les statistiques,
ils bandent quand ils voient la victime souffrir.
Ce meurtre ne fait pas partie des statistiques.
PRAGUE, RÉPUBLIQUE TCHÈQUE
Il y a 30 ans, il a commencé comme acteur,
mais il n'a pas eu beaucoup de succès.
Ensuite, il est devenu agent artistique.
Aujourd'hui, il a une agence de pub
et un bon carnet d'adresses.
L'immeuble du théâtre est à lui ?
Non, il le loue à la ville.
Essaie d'obtenir une copie du bail.
Tu me déranges quand je fais enfin un truc utile ?
Fais quelque chose pour cette toux.
Quand je serai à la retraite.
Ferme la porte, s'il te plaît.
Mes lunettes sont sales, désolé.
D'où viennent ces photos ?
De Varsovie.
D'abord, ils ont trouvé un bras coupé.
Ensuite, ils ont trouvé le corps dans une voiture.
La voiture, comme on le voit,
est immatriculée à Prague.
Voici le procès-verbal. Tout est expliqué en détail.
Je peux dire quelque chose ?
Non.
VARSOVIE, POLOGNE
Au niveau de la silhouette et de la carrure,
ce serait le numéro 3.
Oui, je suis d'accord.
Ça pourrait être aussi...
le 1 et le 5,
Mais le plus ressemblant, c'est le 3.
C'était complètement ridicule.
L'agresseur était masqué,
on n'avait pas le choix.
Mais les témoins vous ont unanimement désigné.
Bien sûr, ça ne veut rien dire. On sait juste qu'on cherche
un homme dont l'apparence physique est proche de la vôtre.
Vous reconnaissez cette femme ?
Oui.
Elle a travaillé dans notre société.
Vous vous rappelez son nom ?
Andzelika Musial, autant que je me souvienne.
Il y a un an,
elle s'est présentée au commissariat
afin de porter plainte pour viol. Elle a désigné
Witold Patryk Bronisz comme son agresseur.
C'est aussi absurde que mensonger.
Je n'ai jamais été accusé de viol.
Car le lendemain, elle s'était rétractée.
Elle a avoué que c'était une vengeance.
La veille, elle avait été licenciée.
C'était votre maîtresse ?
C'était une pauvre conne, donc, elle a été virée.
Avant de se rétracter,
Andzelika s'est fait examiner à l'hôpital.
Un prélèvement vaginal a permis de préserver
l'empreinte génétique du violeur
ou de l'homme avec qui elle a eu des relations sexuelles.
Alors si vous permettez, M. Witold Patryk Bronisz,
notre technicien prélèvera un échantillon de votre ADN
et dans quelques jours, on sera fixés.
Elle a été votre maîtresse longtemps ?
Un an. À peu près.
C'est autant que votre liaison avec Edyta Pajak.
Elle aussi, vous allez la virer bientôt ?
Mme Edyta Pajak vient d'avoir une promotion.
Qu'a fait Edyta Pajak pour mériter une promotion ?
Pourquoi Andzelika Musial a-t-elle été renvoyée
et pourquoi parle-t-elle de viol ?
Ce viol n'est pas tombé du ciel, n'est-ce pas ?
J'ai de plus en plus l'impression, M. Patryk Witold Bronisz,
que vous êtes vraiment un monstre.
Pourquoi vous faites ça ?
De quel droit
vous fouillez comme ça dans ma vie ?
Je ne l'ai pas violée !
Je suis un homme honnête et je travaille dur !
Andzelika Musial est sortie de chez elle
il y a sept mois et n'est jamais revenue.
Nous n'avons pas son corps. Le bras coupé
trouvé dans votre voiture appartient
à une femme âgée de 20 à 30 ans.
Vous la reconnaissez ?
Non, je ne l'ai jamais vue.
Regardez attentivement.
C'est fait. Je ne connais pas cette femme.
Pourquoi vous faites ça ?
Pourquoi vous vous acharnez sur moi ?
C'est moi, la victime.
Vous êtes libre.
PRAGUE, RÉPUBLIQUE TCHÈQUE
- M. Vrabec ? - Connais pas.
- M. Vrabec ? - Il est parti par là.
M. Zdenek Vrabec ?
Viktor Seifert, brigade criminelle.
C'est votre voiture ?
Une des miennes. Que s'est-il passé ?
Vous l'avez prêtée à qui ?
À une connaissance.
Son nom ?
Vera Vitova.
Vous avez son numéro ? Son adresse ?
Pourquoi lui prêter votre voiture ?
Elle voulait partir en Pologne avec des copains
et elle avait besoin d'une bagnole plus grande.
J'ai plusieurs voitures, ça me gênait pas.
Dites-moi ce qui se passe.
Pourquoi voulait-elle aller en Pologne ?
J'ai été moi-même surpris.
Il y a de beaux endroits en Europe, pourquoi là-bas ?
Vous êtes déjà allé en Pologne ?
Non.
Pourquoi ?
Mais franchement,
cette discussion commence à me taper sur les nerfs.
Je comprends
que ces procédures vous énervent. Vous la connaissez bien ?
J'étais à l'école avec son frère aîné.
Et vous lui prêtez une voiture ? Sans connaître son adresse ?
On a fait connaissance sur un tournage il y a deux mois.
Elle avait un rôle dans un film.
Je fournis les services de transport.
C'est une actrice ?
Plus ou moins.
Vous pouvez préciser ?
Vous voyez ce que je veux dire.
Elle est bien foutue, mince.
Les filles comme ça veulent toujours faire des films.
Parfois ça marche, parfois non. Et alors ?
Vous allez me dire de quoi il s'agit ?
Ça commence à m'énerver. C'est ma voiture.
Désolé.
C'est elle ?
Son corps était dans votre voiture.
Je dois vous demander de ne pas quitter le pays.
Il est préférable que vous restiez à Prague.
Merci pour votre collaboration.
Il faut qu'on se voie.
Il est furax.
Tu vas rester ici sans le quitter des yeux.
Il ne savait pas qu'elle était morte.
À moins que ce soit un bon acteur.
Il est jeune pour avoir une si grosse boîte.
Il faudrait savoir comment il l'a acquise.
Et qui il vient d'appeler.
Il faut qu'on se renseigne sur Vera Vitova.
C'était son nom.
Tu peux pas le retenir ?
Par précaution.
Tiens.
- Salut. - Salut.
ODESSA, UKRAINE
Venez par ici, approchez !
Venez ! Suivez-moi.
- Bonjour. - Je vous en prie.
Je vous remercie pour votre discrétion.
Si les clients l'apprennent, ce sera une véritable catastrophe.
On doit interroger tout le personnel.
On le fera sur place. Il nous faut juste une salle.
Bien sûr. Je ferai tout ce que je peux pour vous aider.
À part les employés, qui a accès à la chambre froide ?
Je ne sais pas. C'est une chambre froide,
pas un coffre-fort.
Peut-être quelqu'un de l'extérieur ?
En théorie, non.
Et en pratique ?
En pleine saison, nous embauchons du personnel supplémentaire.
Le sac ?
On peut l'acheter dans n'importe quel supermarché.
Des traces ADN
auraient pu survivre à une telle température ?
Il fait une mise en scène digne d'un film d'horreur,
et vous croyez qu'il laisserait de l'ADN ?
Vous venez souvent ici ?
Parfois trois fois par jour,
parfois tous les trois jours.
Le bras aurait pu rester ici un moment sans qu'on le remarque ?
J'ai besoin d'une liste complète
du personnel saisonnier et de leurs coordonnées.
PRAGUE, RÉPUBLIQUE TCHÈQUE
VARSOVIE, POLOGNE
Pourquoi avez-vous tiré sur la caméra ?
Je ne me souviens pas.
Ne soyez pas stupide.
C'est une mauvaise méthode.
Ce n'est pas une enquête interne
sur l'usage injustifié d'une arme, mais sur un décès survenu
suite à l'usage d'une arme, commissaire.
Alors veuillez me répondre,
pourquoi avez-vous tiré sur la caméra ?
Je ne me rappelle pas.
Dans ce cas, je dois considérer que ce n'était pas
de la légitime défense et que ça a entraîné
la mort de Stanislaw Kwasniak.
J'ajouterais juste : gangster impitoyable et dealer
qui avait à son compte la mort de plusieurs personnes.
Je maintiens que j'ai agi en état de légitime défense.
Kwasniak a tiré deux fois et moi, une seule.
Et ce seul coup de feu a été mortel.
Vous avez ignoré l'ordre de votre supérieur
d'attendre des renforts.
Vous avez décidé d'agir avec un seul collègue.
Qui plus est, votre partenaire,
le commissaire Jozef Krawiec, se trouvait hors de l'immeuble
au moment des coups de feu.
C'est vrai.
Mais moi, je pense qu'il en était
autrement.
Vous avez tiré sur la caméra
pour qu'on ne sache pas que vous étiez dans l'immeuble
avec votre partenaire, Jozef Krawiec.
Vous étiez tous les deux dedans, Kwasniak n'avait aucune chance.
C'était une exécution.
Sauf votre respect,
ne vous branlez pas avec ces grands mots,
ça vous donnera la trique.
Je t'aurai, espèce de chienne.
Je trouverai le mobile.
Ou il se présentera à moi tout seul.
Dans ce genre de cas,
les mobiles apparaissent souvent tout seuls.
C'est moi.
Maria Sokolowska.
Viktor, avec un K.
Bienvenue en Pologne.
- Merci. - Comment s'appelait-elle ?
Vera Vitova.
Jozek.
On cherche une citoyenne tchèque, Vera Vitova.
Consulte les hôtels, les motels, les auberges, tout.
Tout de suite.
On sait qui elle était ?
Non.
Elle était belle.
J'avais remarqué.
Je veux dire...
J'ai l'impression que c'était son métier.
Il n'a pas froid aux yeux.
Des suspects ?
Witold Bronisz, le propriétaire de la voiture.
Il aurait tout inventé ?
Et volé sa propre voiture ?
On ne peut pas exclure cette hypothèse.
Une de ses ex-maîtresses l'a accusé de viol.
Trois mois après, elle a disparu sans laisser de trace.
Elles avaient le même âge, la même apparence physique.
Le mobile serait sexuel ?
Il a déshabillé sa victime, et rien de plus.
Je vois pas ce qui lui a procuré du plaisir.
C'est peut-être pas une question de plaisir.
Le bras qu'on a découvert à Prague a été coupé après la mort.
Si c'est un groupe criminel,
pourquoi ce spectacle, pourquoi une telle mise en scène
avec des bras coupés ?
Je ne fais pas d'hypothèses infondées.
Le commissaire divisionnaire Mariusz Wozniak, mon supérieur.
Major Viktor Seifert.
Si vous avez fini pour aujourd'hui,
je serai ravi de vous conduire à votre hôtel.
Il y a une chose que vous devez savoir.
Notre service d'investigations interne
est en train d'enquêter sur elle.
C'est une affaire grave.
Elle est accusée d'usage abusif de la force
ayant entraîné la mort.
Elle affirme qu'elle était en légitime défense.
Elle avait déjà tué auparavant ?
Un autre cas de légitime défense, mais les circonstances
étaient plus claires.
Et l'enquête a été bouclée en une semaine.
Elle est douée en tir. C'est une bonne chose.
- Vous avez déjà tué un homme ? - Non.
Non, heureusement.
Et vous ?
C'est moi.
Il progresse bien ?
Tu entends ?
Il sera meilleur que son père.
Depuis trois jours, ça va pas trop mal.
Tu veux boire quelque chose ? J'ai du bon armagnac.
Merci, sœurette, une autre fois. Je suis encore en service.
Quelque chose de grave ?
Malheureusement, oui. Ne me demande pas.
Tu as quelqu'un ?
Récemment, je me suis fait un traducteur littéraire.
Mais je ne suis pas sûre de le revoir.
Excuse-moi de me répéter, mais tu n'as plus 20 ans.
Mais je n'ai pas changé.
J'attends toujours le prince charmant.
Un cheval blanc ne serait pas de trop non plus.
Tu veux attendre jusqu'à tes 60 ans ?
Dans mon travail, une famille, ça n'aide pas.
Même chose pour les hommes. Tôt ou tard, ils divorcent tous.
Alors...
Le prince charmant et le cheval blanc, ça me va.
Je voudrais que tu prennes maman chez toi pour un jour et une nuit.
Quand ?
Dans quinze jours.
Quinze jours, c'est loin. Qu'est-ce qui se passe ?
Papa va venir.
Et alors ? Il peut aller dans son hôtel préféré.
Cette fois-ci, c'est différent.
Il va recevoir la Croix de Commandeur.
Ce sera une énorme cérémonie, en présence du président,
qui se terminera
par son récital à la Philharmonie.
Maks dit qu'un repas familial devrait couronner cet événement.
Bon... Oui, c'est vrai.
Un repas familial.
Avec, derrière la porte,
son ex-femme malade d'Alzheimer.
Non, ce ne serait pas convenable.
Putain, quelle indélicatesse envers un si grand artiste !
Maria...
Maks trouve
qu'on doit tout pardonner à quelqu'un comme lui.
À son avis, toi aussi,
tu devrais lui pardonner.
En plus, il ne vient pas seul.
Tu veux dire que sa pétasse va l'accompagner ?
Tu comptes la laisser entrer dans cet appartement ?
Là où tu es née, où je suis née, où ton fils est né ?
Cette pute va s'asseoir à notre table ?
C'est notre père.
Je ne veux pas vivre dans le passé.
Je ne vis pas dans le passé.
Je n'accepterai jamais qu'il ait pu nous abandonner
pour une salope qui avait l'âge de ma grande sœur.
Rien que d'y penser, ça me donne envie de vomir.
ODESSA, UKRAINE
Alors ?
Attendons les résultats ADN, mais d'après moi,
c'est son bras.
Je vous plains, capitaine. Tout porte à croire
que quelqu'un a tout bien planifié.
Ce sont les contrats
des saisonniers de ces quatre dernières années.
Vous n'avez pas de version scannée ?
Tu as une cigarette ?
Je croyais que tu avais arrêté.
Tu sais, j'ai l'impression...
que ça n'a rien à voir avec quelqu'un d'ici.
Je ne suis pas venu ici pour écouter tes impressions.
Je dois aller voir chaque personne
avec un dictaphone ?
Tu es un informateur.
Alors j'ai besoin d'informations.
Je suis pas un gros bonnet.
Et je risque gros.
J'ai...
peur.
Moi aussi, j'ai risqué gros pour couvrir tes arrières
et j'avais aussi très peur. Tu n'aurais pas tenu
deux semaines en prison, tu le sais ?
T'es peut-être pas un gros bonnet,
mais tu traînes avec ceux qui décident.
Alors sois gentil
et découvre s'ils sont mêlés à ça ou non.
Je dois savoir qui je recherche.
VARSOVIE, POLOGNE
Salut, chérie. Comment vas-tu ?
Comme au septième mois, papa.
Je suis allongée tout le temps.
Lubor est aux petits soins.
- Passe-lui le bonjour. - Il te salue.
- Lui aussi te salue. - Merci.
Tu manges avec nous demain matin ? Je te préparerai un bon truc.
Daniela te fait mourir de faim, mon pauvre...
Je ne vous cache pas ma satisfaction
d'avoir obtenu cette promotion.
Sans vous, je ne l'aurais jamais eue.
Je ne sais pas qui me remplacera.
J'ai dit que je ne voulais pas une personne extérieure.
Ils m'ont demandé qui je recommanderais.
Il n'y a qu'un fauteuil de libre.
Alors, j'ai répondu qu'à mon avis,
la personne la plus apte à assurer
les fonctions de procureur du tribunal de Prague
était sans aucun doute
Daniela Hegerova.
La crapule ! Tu ne pouvais pas me prévenir ?
Je voulais que tu ne puisses pas t'y préparer.
Un petit cadeau d'adieu.
Depuis que tu as largué cet orthopédiste assommant,
j'espérais vraiment que tu me remarquerais enfin.
Quel dragueur ! Merci, c'est gentil !
Je reviens dans une minute.
VARSOVIE, POLOGNE
Je suis désolée. Pardon.
Allô ?
Je ne peux pas parler longtemps. Je suis à un dîner.
Kohout a été nommé procureur général.
Il nous a tous invités à dîner.
Il m'a proposée pour prendre son poste.
Il l'a dit officiellement, devant tout le monde.
Je te raconterai tout ce soir.
Félicitations, mais on ne se verra pas ce soir.
Tu vas dormir chez toi ?
Non.
Je ne dormirai pas chez moi.
Je suis à Varsovie.
Que fais-tu à Varsovie ?
Je t'ai parlé du bras coupé ?
La même chose est arrivée en Pologne.
Mais ils ont aussi le corps.
C'est une Tchèque.
Tu vas rester combien de temps ?
Je pense que je serai de retour à Prague demain.
Bien. Je dois y aller.
D'accord.
Félicitations encore
et amuse-toi bien.
Merci. Salut.
Il faut qu'ils classent cette enquête.
C'est compris ? Je compte sur toi.
Tu as été trop loin.
Casse-toi, espèce de salaud !
T'es malade. T'es complètement taré !
Tu peux me virer.
Je ne finirai pas comme les autres.
ODESSA, UKRAINE
On y va !
Fouette, cocher !
Qu'est-ce...
Alors ?
Où est l'homme qui était dedans ?
Hospitalisé.
C'est qui ?
Volodymyr Tcherniavsky, avocat.
Associé dans un grand cabinet d'avocats.
Tu as appelé les techniciens ?
Pas encore.
Allô ?
Envoyez une équipe pour examiner la calèche.
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