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L'EMPIRE ESPAGNOL EST LE PLUS PUISSANT AU MONDE
FERVENT CATHOLIQUE, PHILIPPE D'ESPAGNE
A PLONG� L'EUROPE DANS UNE GUERRE SAINTE
SEULE L'ANGLETERRE LUI R�SISTE
MEN�E PAR UNE REINE PROTESTANTE
Viens, ma fille.
�lizabeth.
Dieu m'a parl�.
L'heure de notre grand projet a sonn�.
L'Angleterre est sous l'emprise du diable.
Il faut la lib�rer.
Pourquoi vous m�ler au peuple, Majest� ? Vous risquez d'�tre assassin�e.
Chaque catholique d'Angleterre est un assassin potentiel !
Que les atrocit�s en France servent d'avertissement.
Les catholiques prennent leurs ordres de l'Espagne.
Les Espagnols d�signent Mary Stuart comme la future reine d'Angleterre.
Ils sont loyaux envers le pape, � Rome !
Combien de catholiques vivent en Angleterre, monsieur ?
Un tr�s grand nombre, Majest�.
La moiti� du pays s'accroche aux vieilles superstitions.
Que voulez-vous que je fasse ?
Pendre la moiti� des Anglais ou simplement les emprisonner ?
Il faut agir, Majest�.
Notre inaction passe pour de la faiblesse.
Si mes sujets enfreignent la loi, ils seront punis.
D'ici l�, ils seront prot�g�s.
Majest�, on a de s�rieuses raisons de craindre tous les catholiques...
La peur engendre la peur.
Je suis consciente des dangers, monsieur.
Mais je ne punirai pas mes sujets pour leurs croyances.
Seulement pour leurs actes.
Je suis certaine que le peuple anglais aime sa reine.
Je m'efforce constamment de m�riter cet amour.
Ch�teau Fotheringhay Prison de Mary, reine d'�cosse
Ma reine.
Nos amis nous �crivent pour nous donner espoir.
Les fid�les d'Angleterre se soul�veront contre la b�tarde usurpatrice �lizabeth
et lui trancheront la gorge.
�a suffit !
Lui trancher la gorge ? Ne dites pas �a.
Une fois la b�tarde usurpatrice morte, madame deviendra reine.
Vos �v�ques pr�chent que Dieu exprime son m�contentement
parce que la reine n'est toujours pas mari�e. Certains impolis la disent m�me st�rile.
- C'est absurde. - Absurde, mais dangereux.
Mary Stuart a un fils.
Pourquoi me tourmente-t-on toujours � propos de Mary Stuart ?
Elle n'a pas choisi d'�tre pr�tendante au tr�ne.
- Ne te cache pas. - Tant que vous n'avez pas d'h�ritier.
Si vous aviez un enfant,
on ne parlerait plus de Mary Stuart.
La coutume veut qu'on prenne mari avant de donner naissance � un h�ritier.
Il faudra bient�t te trouver un mari, Bess.
Pas trop vite, madame.
Les maris se trouvent.
- Tu ne veux pas te marier ? - Seulement si l'homme me pla�t.
L'Autriche. La France.
La Turquie. Un sultan y r�gne. Un empereur r�gne en Chine.
Je m'en tiens au domaine du possible.
C'est l� que nos avis diff�rent, Walsingham.
Je trouve l'impossible bien plus int�ressant.
Quel genre d'homme veux-tu ?
Un honn�te homme aux yeux chaleureux.
- Avec de belle jambes. - Et l'haleine fra�che.
Pour pouvoir l'embrasser sans t'�touffer.
Il y a s�rement de nombreux princes dans les pays inconnus d'outre-mer.
Trouvez-moi un honn�te homme parmi eux.
Depuis quand discute-t-on d'affaires priv�es en public ?
Je vous demande pardon, Votre Majest�.
Faites confirmer par mes m�decins que la reine est toujours fertile.
- Rassurons le peuple. - Votre s�curit� me pr�occupe.
Les menaces contre vous sont concr�tes.
Vous savez tr�s bien que si je tombe, je vous emporterai tous avec moi.
Le mur de Douvres s'�croule, Francis. On n'a pas d'argent pour le fortifier.
Concentrez-vous sur cette menace.
Donnez-nous la sagesse de ne pas craindre les ombres dans la nuit.
Et du courage le jour o� le v�ritable danger p�sera sur nous.
Je sacrifie les for�ts d'Espagne
pour b�tir la plus grande flotte qui ait jamais navigu�.
�lizabeth,
pourquoi m�nes-tu ton peuple en enfer ?
Putain.
Mon heure est venue, Majest�.
Renvoyez-moi en Angleterre entreprendre l'�uvre de Dieu.
Votre Majest�.
Gardes ! Emparez-vous de lui !
Une flaque d'eau sur votre chemin,
Majest�.
Une flaque.
Flaque.
Vous devrez voir le lord chambellan.
- Lequel est-ce ? - Il est l�-bas.
Vous ne pouvez pas entrer.
Comment le voir si vous ne me laissez pas entrer ?
Vous devez attendre qu'il sorte.
- Quand sortira-t-il ? - Impossible de le savoir.
J'ai eu moins de mal � aborder un navire espagnol.
Si des navires ennemis remontent la Tamise, peut-on fermer les quais ?
Pas les fermer, Majest�. Mais les canons...
L'Espagnol...
Monsieur l'ambassadeur.
- Le roi �ric de Su�de, Majest�. - Pas encore.
- Toujours fou de vous. - Fou tout court, oui.
Ivan, tsar de toutes les Russies.
O� est Bess ?
On l'appelle "Ivan le Terrible", Majest�.
- En retard. - J'implore votre pardon, Majest�.
Je te l'accorde.
Une fois.
L'archiduc Charles d'Autriche, Majest�.
- L'homme de la flaque est dehors, Majest�. - Mes pr�tendants.
Le fr�re cadet de Maximilien II du Saint-Empire.
Le cousin de Philippe d'Espagne. Riche.
Il est assez beau.
- Quel �ge a-t-il ? - Je crois qu'il est jeune, Majest�.
Une alliance autrichienne apaiserait les Fran�ais.
Et Philippe aurait les mains li�es.
Cela m'enthousiasme presque.
Je veux le rencontrer.
Danke sch�n.
Croyez-vous que je pourrai jouer ce jeu encore longtemps, Francis ?
La virginit� est un atout de grande valeur.
Walter Raleigh, Majest�.
Sale pirate !
Votre Majest�, cet homme est un pirate notoire.
L'or espagnol vol� aux navires espagnols attaqu�s sans provocation.
Eh bien, monsieur, que voulez-vous ?
Je reviens du Nouveau Monde, Majest�.
J'ai revendiqu� la c�te fertile en votre nom et l'ai appel�e la Virginie
en l'honneur de notre reine vierge.
La Virginie ?
Et quand je me marierai, en changerez-vous le nom pour Conjugia ?
Je demande votre permission, Majest�,
de retourner au Nouveau Monde avec le mandat royal
de fonder une colonie sous les lois de l'Angleterre.
Il veut de l'argent.
Qui sont-ils ?
Des indig�nes d'Am�rique, Majest�.
N'ont-ils pas de souverain ?
Aucun qui �gale la reine d'Angleterre.
Ces messieurs sont les bienvenus. Voyez � ce qu'on les traite bien.
J'ai aussi des cadeaux pour Votre Majest�.
Ces cadeaux, Majest�, ont �t� obtenus par piraterie
et appartiennent l�galement au royaume d'Espagne.
On verra. Que m'avez-vous apport� ?
Une patata, Majest�.
�a se mange. C'est tr�s nourrissant.
Du tabac.
On en inspire la fum�e.
C'est tr�s stimulant.
De l'or.
Courtoisie d'un navire espagnol incapable de poursuivre son voyage.
Pardonnez-moi, Majest�.
Je trouve que l'air est vici�.
Je suis sensible � l'odeur des �gouts � ciel ouvert.
Je ne peux pas accepter les fruits de la piraterie, M. Raleigh.
Philippe d'Espagne n'est pas l'ami de l'Angleterre, Majest�.
Plus je lui prends d'or, plus vous serez en s�curit�.
Eh bien, eh bien.
Un pirate politicien.
Et le sujet le plus loyal de Votre Majest�.
Bienvenue chez vous, M. Raleigh. Lord Howard, les quais.
Ma�tre Raleigh.
�a se mange...
Vous, pirates, �tes all�s trop loin.
Mon roi est tr�s f�ch�.
Tra�tre !
Judas !
Walsingham vous manipule !
Ne faites pas �a ! Je n'ai rien dit !
Vous �tes un tra�tre protestant !
Ne faites pas �a ! Non !
- Non ! - Tenez-lui la t�te !
- Judas ! Judas ! - Arr�tez !
Judas !
Le tra�tre est mort. Il faut agir !
Pourquoi ne pas attaquer ? Qu'attendons-nous ?
Vous attendez mes ordres.
Walsingham en sait d�j� trop. Un tra�tre est mort.
� qui puis-je faire confiance � pr�sent ?
Un visiteur attend, monsieur.
William.
Bonjour, Francis.
Tu as toujours appr�ci� les surprises.
Tu as l'air en forme, Francis.
Tu as mauvaise mine. On ne te nourrit pas � Paris.
On n'apprend pas les secrets de l'univers l'estomac vide.
Elle a captiv� mon c�ur
Mary. William. Le souper est pr�t.
William.
- As-tu parl� � la reine ? - Je lui parle tous les jours.
Tu travailles trop. Tu es malade.
William, assieds-toi pr�s de moi.
William, si p�cher est d�fendu, alors parlons th�ologie.
Tu en as assez fait. Nul autre homme n'en ferait plus.
Je ne quitterai pas la cour. Elle a besoin de moi.
Il ne m'�coute pas. Il se sacrifie.
Parle-lui. C'est ton fr�re.
William, que dit-on � Paris du pape qui r�clame la guerre sainte ?
- Beaucoup la veulent. - Doit-on parler de guerre ?
Dis-nous de bonnes nouvelles, William.
- Es-tu mari� ? - Pas encore.
Mary, veux-tu laisser William en paix ?
Assieds-toi, ma ch�re.
Le b�n�dicit� ?
Seigneur, Toi qui nous donne tout, nous T'offrons nos humbles remerciements.
- Au nom de la sainte Trinit�, amen. - Amen.
De nouvelles rides sur mon visage.
D'o� viennent-elles ?
Ce sont des rides du sourire, madame.
Des rides du sourire ?
M'as-tu d�j� vue sourire ?
� pr�sent, tu as aussi des rides du sourire.
La beaut� de Votre Majest�
est �blouissante � mes yeux.
Je suis �mu.
Je suis conquis.
Je meurs.
Seul votre amour,
ma stattlich �lizabeth,
peut me redonner la vie.
Votre Altesse me fait un grand honneur.
Oh ! �lizabeth.
Quelle b�n�diction de me tenir devant votre l�gendaire personne.
Ah ! �lizabeth.
Prononcer votre nom, c'est entendre une divine musique.
Que ce son enchanteur
me guide dans ma vie future, �lizabeth.
J'ai voyag� jusqu'� votre c�l�bre cour
dans l'espoir que nos deux grandes nations
puissent �tre unies dans l'amour.
Il m'int�resse.
Parle-lui.
� lui, madame ?
� lui.
J'adore vos indig�nes. Pourrais-je en avoir un ?
Sont-ils dangereux ?
�a d�pend de ce que vous pensez en faire.
Je l'habillerais en soie couleur de m�re,
et il marcherait derri�re moi pour porter ma cape.
J'ai un secret, mon cher.
J'imagine un panneau de verre, eine Glasscheibe entre moi et eux.
Ils peuvent me voir, mais pas me toucher.
Vous devriez essayer.
Majest�, je suis...
C'est quelque chose, apr�s tout,
de prendre un endroit vide sur la carte et d'y b�tir une cit� resplendissante.
� laquelle vous donnerez s�rement votre nom.
S�rement.
- Puis-je poser une question en retour ? - Bien s�r.
Comment gagner les faveurs de la reine ?
Pourquoi devrais-je vous le dire ?
J'ai peu � offrir, mais ce que j'ai � donner
sera � vous si vous me le demandez.
Dites ce que vous voulez dire aussi directement que possible.
Tous les hommes flattent la reine dans l'espoir d'�tre promus.
Faites-lui cadeau de la v�rit�.
Je ne connais m�me pas votre nom.
- �lizabeth Throckmorton. - Une autre �lizabeth ?
Tout le monde m'appelle Bess.
Votre sereine Majest�, brillante �toile de notre firmament,
nous vous pr�sentons notre mascarade des sph�res du paradis.
Son Altesse est fatigu�e apr�s son long voyage.
Nul homme ne peut �tre fatigu�
en pr�sence d'une si charmante reine.
Vous jouez tr�s bien le jeu, mon jeune ami,
mais ne ressentez-vous pas parfois un accablant d�sir
de dire ce que vous pensez r�ellement ?
Je n'ose m�me pas penser � ce que je pense r�ellement.
Vous pensez, peut-�tre,
que vous pr�f�reriez �tre � la maison.
Vous �tes tr�s sage, Votre Majest�.
Son Altesse l'archiduc m'informe que mes charmes le bouleversent.
Il ira se reposer dans ses quartiers priv�s.
Je ne veux pas que vos manigances le blessent.
Comment devrait-on proc�der, alors ?
Peut-�tre devrait-on tous se retirer.
Je le soup�onne d'�tre un s�ducteur professionnel. Ai-je raison ?
Il est certainement s�duisant, madame.
Il y a des m�tiers plus ennuyeux.
Il te pla�t, n'est-ce pas ?
C'est un homme qui vit dans un monde loin de la cour.
C'est rafra�chissant.
Eh bien.
Nous le laisserons venir de nouveau.
Bleue.
Pouvez-vous imaginer ce que c'est de traverser l'oc�an ?
Pendant des semaines, on ne voit que l'horizon, parfait et vide.
On vit sous l'emprise de la peur.
La peur des temp�tes.
La peur des maladies � bord.
La peur de l'immensit�.
Il faut enfouir cette peur au creux de son ventre.
�tudier ses cartes.
Observer son compas.
Prier qu'il y ait un bon vent.
Et de l'espoir,
pur,
� vif,
fragile,
de l'espoir.
Majest�, l'archiduc et la cour attendent.
Qu'ils attendent.
Continuez, M. Raleigh.
Vous esp�riez.
On ne voit d'abord qu'une brume � l'horizon.
Alors, on observe.
On observe.
Puis, on voit une tache,
une ombre loin sur l'eau.
Pendant une journ�e.
Puis une autre journ�e.
La tache s'�tend lentement le long de l'horizon, elle prend forme,
jusqu'� ce que, la troisi�me journ�e, on se permette de croire.
On ose murmurer le mot.
La terre.
La terre.
La vie.
La r�surrection.
La v�ritable aventure.
�mergeant de l'inconnu,
de l'immensit�,
d'une vie nouvelle.
Cela,
Votre Majest�, est le Nouveau Monde.
J'aime vos immensit�s.
Votre oc�an est un symbole de l'�ternit�, je crois.
De si grands espaces nous font sentir petits.
D�couvrons-nous le Nouveau Monde, M. Raleigh,
o� est-ce le Nouveau Monde qui nous d�couvre ?
Vous parlez comme une exploratrice.
Vous me plaisez, M. Raleigh.
Vous me plaisez aussi.
Vous savez s�rement que lorsqu'un homme me pla�t, je le r�compense.
C'est ce qu'on m'a dit.
Et qu'avez-vous � dire � ce sujet ?
R�compensez ma mission, Majest�, pas moi.
La mission ne d�pend-elle pas de l'homme ?
Vous me laissez donc libre de vous aimer en retour.
Continuez.
Je crois qu'il est difficile pour une si grande reine
de conna�tre le simple plaisir d'�tre aim�e pour sa personne.
Maintenant, vous m'ennuyez.
Allez !
J'ai gagn�.
Votre cheval est plus puissant.
- Le v�tre porte moins de poids. - Non.
La reine ne c�de pas devant les autres.
Arr�te ! Arr�te !
Pardonnez-moi, Majest�. Mon cheval ne conna�t pas sa place.
Connaissez-vous la v�tre, M. Raleigh ?
Venez !
�a vient d'elle.
Mary Stuart est le c�ur et l'�me de notre projet.
Assurez-vous qu'elle seule lit ceci.
On attend ses ordres.
Les ordres doivent �tre exprim�s clairement.
Le ge�lier, madame.
Mon noble ge�lier.
Suis-je une menace pour l'Angleterre m�me quand je prie ?
Comme toujours, madame, je me pr�occupe de votre s�curit�.
Je prie pour ma cousine �lizabeth.
Croyez-vous qu'elle prie pour moi ?
Est-ce vrai
que je n'ai jamais connu le plaisir d'�tre aim�e pour ma personne ?
J'esp�re que vous croyez que je vous aime pour qui vous �tes.
Est-ce que quiconque est aim� pour qui il est ? J'en doute.
Toi ?
Les hommes t'aiment parce que tu es jolie
et parce que tu es proche de la reine.
Sans doute.
Lui aussi.
Il t'aime parce qu'il veut s'attirer mes bonnes gr�ces.
Tu dois en �tre consciente.
Oui, madame.
Et l'autre chose aussi, �videmment.
Mais tous les hommes veulent cela.
Le d�sir d'un homme ne conf�re aucune distinction.
Je t'envie, Bess.
Tu es libre d'avoir ce que je ne peux pas avoir.
Tu es mon aventuri�re.
Merci d'�tre venue.
Tu ne dois pas envoyer de lettres au palais.
Tu sais ce que je risque.
J'ai besoin de ton aide.
- Encore de l'argent ? - Non.
Mon p�re ne veut plus se cacher comme �a.
Bien s�r.
On veut profiter des bonnes gr�ces de la cour.
C'est impossible.
- Vous �tes des papistes. - Pourquoi, impossible ?
Tous les courtisans ont un papiste dans leur famille.
- Francis. - Tout comme toi.
Parle � la reine. Tu es sa pr�f�r�e.
Mon p�re et moi accepterons la nouvelle foi.
- Cousine Bess. - Non.
On se conna�t depuis toujours. Je ne ferais rien pour te nuire.
Pourquoi ne nous aides-tu pas ? Ils nous tueront !
Ne me tentez pas, M. Raleigh.
Rien ne me ferait plus plaisir.
Alors pourquoi ne le faites-vous pas ?
Tr�s bien, alors. Je le ferai.
Vous voyez ? Vous mentez.
Vous ne voulez pas de moi � bord. Vous �tes un menteur.
Bess. Aimerais-tu aller en mer ?
C'est impossible, je le crains. Les femmes portent malchance � bord.
Vraiment ?
Confinez 100 hommes dans un espace plus petit que cette pi�ce pendant des mois.
Les hommes ont des besoins.
Une belle femme nous rendrait tous fous.
Les hommes ont des besoins ?
Qu'ils restent sur la terre ferme s'occuper de leurs besoins.
M. Raleigh est impatient de partir vers sa nouvelle colonie.
Il faut le persuader de rester un peu plus longtemps, n'est-ce pas ?
Bess ?
Non !
Attendez ! Que voulez-vous ? Qui �tes-vous ?
Laissez-moi ! Qui diable �tes-vous ?
Si vous ne m'aidez pas, peut-�tre que votre p�re le fera.
Non.
�a suffit.
�a suffit.
�a suffit.
Oui ?
Vous ne pouvez plus sauver l'Angleterre.
Notre projet est en marche.
Ambassadeur ?
Que savez-vous du projet anglais ?
Le projet ? Pardon, Majest�, je ne connais pas...
Deux arm�es qui d�barquent dans le Sussex et le Norfolk.
Mary Stuart sera lib�r�e et plac�e sur le tr�ne d'Angleterre,
et je serai assassin�e.
- �a vous dit quelque chose ? - Je ne sais rien de...
Je parle de ce plan comme �tant le projet anglais,
mais on devrait plut�t l'appeler la Empresa de Inglaterra
puisque c'est un projet espagnol.
Con�u par mon ancien beau-fr�re, votre roi, pour attaquer mon pays.
Votre pays ? C'est mon pays qui est attaqu�.
Vos soi-disant piratas, vos pirates attaquent nos navires.
Et vous... Croyez-vous qu'on ignore d'o� viennent les ordres ?
Le monde entier sait que ces pirates remontent la Tamise
jusqu'� votre lit royal.
Partez, monsieur.
Retournez dans votre trou � rat.
Dites � Philippe que je ne crains ni lui, ni ses pr�tres, ni ses arm�es.
Dites-lui que s'il nous menace de son petit poing, on ripostera si fort
qu'il souhaitera n'avoir pas commenc�.
Vous croyez savoir d'o� souffle le vent parce que vous avez vu tomber une feuille.
Un vent se l�ve, madame,
qui balaiera votre fiert�.
Je peux aussi diriger le vent, monsieur !
J'ai en moi un ouragan qui d�vastera l'Espagne si vous osez me provoquer !
Que regardez-vous ?
Baissez les yeux. Je suis la reine !
Vous n'�tes pas mon �gal, monsieur, et vous ne le serez jamais !
Majest�,
�lizabeth a d�couvert notre projet.
Nous attaquerons donc d�s que possible.
Dieu a abandonn� �lizabeth.
L'Angleterre doit �tre an�antie.
Certainement, Majest�.
Quelles nouvelles du j�suite ?
Sa mission se d�roule tel que pr�vu, Majest�.
La flotte doit �tre pr�te � partir dans un mois.
C'est impossible, Majest� !
L'impossible n'est pas divin.
Il faudrait un miracle.
Pr�cis�ment.
Un miracle.
Un miracle de Dieu.
Oui, Majest�.
L'alignement des plan�tes est inhabituel cette ann�e.
Mars deviendra l'ascendant
trois jours apr�s l'anniversaire de naissance de Votre Majest�.
Le m�me jour, il y aura une pleine lune,
qui d�termine le sort des princes de sexe f�minin.
Les princes de sexe f�minin.
Je voulais dire, un prince qui est aussi une femme.
Oui, docteur Dee, je vous comprends.
Qu'est-ce que cela signifie ?
La mont�e d'un grand empire, Majest�, et la chute d'un autre.
Des convulsions.
Quel empire s'�l�vera, et lequel s'effondrera ?
�a, je ne saurais pas le dire, Majest�.
L'astrologie rel�ve encore davantage de l'art que de la science.
Rien d'autre, docteur Dee ?
Pas de d�sastres pr�cis contre lesquels nous prot�ger ?
Il veut dire : serai-je assassin�e ?
Walsingham, voulez-vous nous laisser un moment ?
Et la vie priv�e de ce prince de sexe f�minin,
qu'en pr�disent les �toiles ?
Ce sont des questions d'�tat, Majest�.
Les �toiles pr�disent s�rement les affaires de l'�tat, docteur Dee.
Pour une telle pr�diction, je dois consulter un autre tableau.
Merveilleux.
Quelle force.
Vous aurez besoin de toute votre force dans les jours � venir.
Mais vous doutez de vous-m�me, mon enfant.
Je n'avais pas vu de peur sur votre visage depuis si longtemps.
- Ai-je raison d'avoir peur ? - Quelque chose vous a affaiblie.
Une p�riode difficile approche.
Mais je ne suis pas proph�te.
Je ne vois que les ombres des fant�mes.
De la visite, monsieur.
D�sol�e de monter � bord de votre navire sans permission, M. Raleigh.
Bienvenue � bord.
La reine d�sire vous voir.
- Elle dit de vous assurer... - Je n'ai nul besoin d'assurances, Bess.
Je ne suis pas un courtisan. Je ne l'ai jamais �t�.
Vous devriez le lui dire en personne.
Ma vie est ici, Bess.
Ma place est ici.
On dirait une vie bien solitaire.
Parfois. Mais c'est la vie que j'ai choisie.
Je comprends.
Vous demandez la permission de partir.
Oui, Majest�.
Vous pr�voyez retourner � votre colonie
pendant deux, peut-�tre trois ou quatre ans.
Si Votre Majest� m'accorde son mandat royal.
C'est long.
Rien ne me retient ici.
En mer, je sais quoi faire. Je connais les risques.
- Ici... - Non. Vous vous trompez.
Votre pr�sence est requise ici.
- Comme capitaine de mes gardes. - Capitaine de vos gardes ?
- � genoux. - Majest�.
J'ai dit, � genoux.
Sir Walter Raleigh.
Vous pouvez exprimer votre gratitude.
C'est un trop grand honneur.
Si l'honneur est si grand, pourquoi fixez-vous vos bottes ?
Vous savez pourquoi.
Maintenant, vous fixez le mur.
Suis-je si laide que vous refusez de me regarder ?
Pourquoi parlez-vous comme une sotte alors que vous �tes tout sauf cela ?
Une sotte ?
Oui, je suis une femme vaniteuse et sotte.
Et vous... Vous arrivez comme si vous �tiez d'une autre �poque. Et j'ai...
Vous avez de vraies aventures. Vous allez l� o� arr�tent les cartes. Et je...
J'aimerais vous suivre l�-bas si je le pouvais. Croyez-moi.
La temp�te approche. On a besoin de vous ici.
Vous ne pouvez pas quitter l'Angleterre.
"Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra,
"mais celui qui la perdra � cause de moi la sauvera. "
Que le Seigneur soit avec nous lorsque la fin approche.
Nous ne craindrons pas la venue de l'ombre de la mort.
Pardon, je ne voulais pas vous d�ranger.
Je croyais que je priais en silence.
C'�tait le cas.
Excusez-moi, monsieur. Je dois voir la reine.
L'homme qui a �t� pendu aujourd'hui...
C'�tait votre cousin.
Oui.
Je suis d�sol�.
La derni�re fois que je l'ai vu,
il avait besoin de mon aide.
- Je n'ai rien fait. - Qu'auriez-vous pu faire ?
Je l'ignore.
Maintenant, il est mort.
Je vois constamment son visage. Je vois constamment ses yeux.
Croyez-moi, vous n'auriez rien pu faire pour le sauver.
J'ai si peur.
On est tous humains, Bess.
On fait ce qu'on peut.
Votre lavandi�re transporte des lettres parmi le linge sale.
Ce n'est pas son travail, je crois.
Comment puis-je envoyer des lettres personnelles ?
- Je m'en chargerai. - Et vous les lirez.
Avec une admiration pleine de respect.
Je ne peux donc avoir aucune intimit� ?
- Non. - Vous me d�cevez, monsieur.
La reine ordonne ces mesures pour votre protection.
La reine ?
Je suis une reine.
On l'appelle la reine vierge.
Pourquoi donc, monsieur ?
Serait-ce qu'aucun homme ne veut d'elle ?
Laisse-le te lancer.
Sois hardie. Tu peux lui faire confiance.
Et sautez.
Quand je me penche comme �a, vous sautez dans les airs.
La volta.
Toutes mes dames de compagnie doivent l'apprendre.
Voyez-vous combien Bess est intr�pide ?
Vous aimez que vos dames sautent quand vous l'ordonnez.
C'est mal, selon vous ?
Non. Vous �tes la reine. On doit vous ob�ir.
� vrai dire,
je suis fatigu�e de toujours tout diriger.
- Balivernes. - Quoi ?
Vous avez faim et soif de pouvoir.
Vraiment ?
Bess.
Tu devrais danser avec Sir Walter. Il est impatient de nous montrer ses talents.
Je n'ai aucun talent, Majest�. Je ne connais pas cette danse.
Venez.
Vous vous tenez comme ceci,
les mains ici.
Et quand elle saute,
au cinqui�me pas,
vous la soulevez.
Quoi de plus simple ?
Prenez position, Sir Walter.
Vous devez m'ob�ir.
� vos ordres, Votre Majest�.
Tenez-la bien. Je ne veux pas que vous l'�chappiez.
Jouez.
Six temps.
Un, deux, trois, soulevez-moi, posez-moi.
Laissez-nous.
Je veux les voir seuls.
Madame.
Je dois r�pondre.
"Si nos forces sont pr�tes � l'int�rieur comme � l'ext�rieur du royaume,
"alors votre reine vous ordonne de mettre vos hommes au travail."
Je crois que �a y est.
Oui.
Que l'�uvre de Dieu commence.
- O� �tais-tu ? - Avec de vieux amis.
De Paris, sans aucun doute.
On ne t'a pas vu depuis des jours.
Oui.
Et maintenant, tu es de retour.
Sais-tu que je me souviens encore du jour de ta naissance ?
J'avais 11 ans.
Et toi, un nourrisson sans d�fense.
Je t'ai regard� dans ton berceau, avec ton petit visage pliss�,
et je t'ai aim� imm�diatement.
Je t'ai laiss� tomber, n'est-ce pas ?
Pardonne-moi si je ne t'ai pas assez aim�.
Pensais-tu que je ne l'apprendrais pas ?
Votre b�n�diction, Majest�. Pour mon enfant.
Votre b�n�diction ?
Continuez.
La reine prie.
Vas-y !
�lizabeth est une putain ! Mary Stuart est notre v�ritable reine !
�lizabeth !
Putain !
Avez-vous des nouvelles ?
La reine a �t� attaqu�e.
L'assassin, arr�t�.
La reine
n'est pas bless�e.
Pas bless�e ?
Et vous, madame, serez jug�e pour trahison.
Moi ?
En quoi est-ce que �a me concerne ?
C'est le probl�me avec les complots, n'est-ce pas ?
Avec tous ces secrets,
on ne sait jamais qui est de quel c�t� avant la fin de la partie.
Walsingham a toutes les lettres que vous avez �crites.
Tra�tre.
Tra�tres !
Je vois que tu es pr�t � mourir, le j�suite.
J'ai fait ce qu'on m'a demand� de faire.
Pourquoi le pistolet n'�tait-il pas charg� ?
J'ai besoin de ton aide.
J'ai aussi �chou�, mon fr�re.
Quelle �tait la mission du j�suite ?
Je t'ai dit tout ce que je savais.
Alors, tue-moi.
Un monde meilleur m'attend.
On sera tous jug�s � la fin, mon fr�re.
M�me toi.
William, tu n'es pas un martyr.
Tu n'as m�me pas r�ussi comme assassin.
Je te ferai d�porter en France.
Personne ne saura.
Tu ne dois jamais me redonner de tes nouvelles.
Francis.
Francis !
Francis.
Je ne l'ai jamais vue si troubl�e.
Elle est seule dans sa chambre depuis ce matin. Elle ne voit personne.
- M'a-t-elle demand� ? - Non.
Mais elle a besoin de vous. Je le sais.
Allez la voir.
S'il vous pla�t.
�tes-vous ici pour me dire que je dois assassiner une reine ?
Je n'oserais jamais dire quoi faire � ma reine.
Vous seule savez quel est votre devoir.
�tait-ce le devoir de mon p�re d'assassiner ma m�re ?
Elle a �t� reine pendant un moment.
Je d�testerais mourir de fa�on si sanglante.
Depuis quand avez-vous si peur ?
J'ai toujours peur.
Tuez une reine, et toutes les reines deviendront mortelles.
On a tant de faiblesses, nous, mortels.
On ressent trop l'�motion.
On ressent trop la douleur.
Et on meurt tous trop t�t.
Mais on a la chance d'aimer.
Vraiment ?
J'ai donn� ma vie � l'Angleterre.
Dois-je aussi lui donner mon �me ?
Mary Stuart doit mourir !
Elle le doit ? Mary Stuart doit mourir ?
O� est-ce �crit ? Qui le dit ? L'ai-je ordonn� ?
Majest�, l'heure n'est pas � la piti�.
Ne me faites pas la le�on, vieil homme !
Regardez-vous. Vous tenez � peine debout.
Rentrez chez vous retrouver votre femme et votre lit.
La loi doit r�gner.
De quelle autorit� me condamnez-vous ?
Dieu est mon seul juge.
La loi est pour les roturiers. Pas pour les monarques.
La loi, Votre Majest�, sert � prot�ger votre peuple.
Laissez-moi.
- Votre Majest�. - Votre Majest�.
Vous ignorez qui vous �tes et ce que vous faites.
Je sais qui je suis.
Et si je meurs, ce sera comme j'ai v�cu.
Comme reine,
confiante en la mis�ricorde de Dieu le P�re.
Ils ont des lettres de la main de Mary Stuart.
Toute l'Angleterre r�clame sa mort.
Ma fille, aimerais-tu �tre reine
d'Angleterre ?
- � quelle heure ? - � 8 heures.
Demain matin.
Il faut l'emp�cher !
Je veux qu'on l'emp�che !
Je vous pardonne de tout mon c�ur.
Une douce chr�tienne
assassin�e par une b�tarde st�rile et ath�e.
Le sang
doit venger le sang.
�lizabeth,
la b�tarde.
J'appelle les l�gions du Christ � partir en guerre !
Vierge sanguinaire.
Elle paiera
de son pays,
de son tr�ne
et de sa vie !
Pardonnez-moi, Majest�.
J'ai manqu� � mon devoir envers vous.
En quoi avez-vous manqu� � votre devoir ?
Pourquoi demander mon pardon ?
Philippe d'Espagne est un fervent croyant
qui ne d�clarerait pas la guerre sans juste cause.
J'ai intercept� chaque lettre que Mary Stuart envoyait en secret,
mais sans savoir que les Espagnols les lisaient.
Ils attendaient qu'elle �crive des mots qui, selon moi, confirmeraient sa trahison.
Pardonnez-moi.
Je suis pris � mon propre pi�ge.
Et j'ai ordonn� l'ex�cution de Mary.
J'ai assassin� la reine consacr�e par Dieu.
Maintenant, le fils ob�issant de Dieu d�clare une guerre sainte pour me punir.
On est en guerre.
Qui sait quand on se reverra ?
Si on se revoit un jour.
Si l'Angleterre tombe, je finirai mes jours dans une prison espagnole.
Mourir loin de chez soi.
C'est la mort la plus solitaire.
Jamais.
Mes pens�es sont lugubres.
Que faites-vous lorsque vous affrontez la mort pendant une temp�te ?
Plus je m'approche de la mort,
plus je veux vivre,
plus j'ai soif de vivre.
Oui. Vivre pleinement jusqu'� la fin.
Pourquoi craindre demain quand on n'a qu'aujourd'hui ?
Je souhaite...
Je n'avais jamais connu de femme comme vous.
Dans un autre monde, � une autre �poque,
auriez-vous pu m'aimer ?
Je ne connais qu'un monde.
Et dans ce monde, je vous ai aim�e.
Vous pourriez faire une chose pour moi,
une chose que je n'ai pas connue depuis tr�s longtemps,
si vous en aviez envie.
Mais il ne faudrait jamais en reparler.
Il faudrait l'oublier.
Mais pour l'instant...
Un baiser ?
Je meurs.
J'ai donn� l'ordre � Drake de d�fendre la Manche.
Pouvez-vous vite le rejoindre ?
On attend le ravitaillement. On partira d�s qu'on sera arm�s.
Bien.
Bess.
J'ai quelque chose � vous dire.
Je ne demande rien. C'est compris ?
Votre vie vous appartient. Rien ne changera.
Qu'y a-t-il ?
- Je suis... - Vous attendez un enfant.
Personne ne le sait. J'ai tout pr�par�.
Je demanderai � la reine la permission de quitter la cour.
- O� irez-vous ? - Chez ma m�re.
Je suis soumise � la reine. Il me faut sa permission.
Je ne peux pas me marier autrement.
Pour ce qui est d'avoir un enfant,
votre enfant...
Tout ce que je sais, c'est que rien n'est comme il le faudrait.
�coutez-moi.
Vous disiez : "Ce que j'ai � donner est � vous si vous le demandez."
- Vous vous rappelez ? - Bien s�r.
Je vous demande de m'oublier. Partez sur votre navire. Faites votre devoir.
- Oubliez-moi. - Bess !
- On nous appelle. - Je viens.
L'Invincible Armada est en mer avec une arm�e de 10 000 hommes ?
Et l'ami de Philippe, le duc de Parme, en a 15 000 sur les c�tes de France.
Ils pr�voient traverser la Manche en barge et remonter la Tamise.
Ils n'ont pas assez de barges. On a un peu de temps.
Nos forces d�fendront l'embouchure de la Tamise � Tilbury avec...
Quoi ? Combien... Quatre mille hommes ?
Trois mille. Possiblement.
Si la flotte espagnole se joint aux barges, leur force nous an�antira.
Il faut donc les combattre en mer, avant qu'ils unissent leurs forces.
Votre Majest�,
l'Armada d�foncera nos d�fenses navales et nous attaquera sur la terre ferme.
Il faut nous pr�parer au pire.
LONDRES
J'ai besoin d'air.
Avec cet anneau, je t'�pouse.
Avec cet anneau, je t'�pouse.
Avec mon corps, je te v�n�re.
Avec mon corps, je te v�n�re.
Je partage avec toi tout ce que je poss�de dans ce monde.
Je partage avec toi tout ce que je poss�de dans ce monde.
Au nom du P�re
et du Fils et du Saint-Esprit, amen.
Bess !
Bess !
Bess Throckmorton !
Ici, madame.
Dis-moi, est-ce vrai ?
Attends-tu un enfant ?
Attends-tu un enfant ?
Oui, madame.
Tra�tresse.
Tu oses me cacher un tel secret ?
Tu dois demander ma permission avant de t'accoupler !
Avant de te reproduire !
Mes chiennes portent mon collier ! Tu m'entends ?
Tu m'entends ?
Majest� ! Je vous en prie, de la dignit�. De la piti�.
L'heure n'est pas � la piti�, Walsingham.
Allez rejoindre votre tra�tre de fr�re et laissez-moi � mes affaires.
Est-il de lui ?
Dis-moi. Dis-le. L'enfant est-il de lui ? Est-il de lui ?
Oui.
Madame, c'est l'enfant de mon mari.
Sale chienne !
Majest�.
Ce n'est pas l� la reine que j'aime et que je sers.
Cet homme a s�duit une prot�g�e de la reine.
Et elle s'est mari�e sans le consentement royal.
Ces actes sont punissables par la loi. Arr�tez-le !
Allez !
Tu ne jouis plus de la protection de la reine.
Comme vous voudrez, Majest�.
Sortez.
Sortez ! Sortez !
Sortez !
La chute d'un empire, vous m'avez dit.
Parliez-vous de l'empire anglais ?
Car je jure que l'Angleterre ne tombera pas tant que je serai reine.
Si c'�tait votre proph�tie, faites-en une autre.
Vous voulez que je dise � Votre Majest� ce qu'elle d�sire entendre.
Je refuse d'�tre le jouet du destin !
N'ai-je pas surv�cu � la balle d'un assassin ?
Dites-moi seulement qu'il n'y a aucune certitude.
Que tout d�nouement est possible. L'ombre des fant�mes, vous avez dit.
Je vous en prie, donnez-moi de l'espoir.
Les forces qui influencent notre monde sont plus grandes que nous, Majest�.
Je ne peux promettre qu'elles conspirent en votre faveur m�me si vous �tes reine.
Mais voici ce que je sais.
Quand la temp�te d�ferle, chaque homme agit selon sa nature.
Certains sont muets de terreur.
Certains fuient. Certains se cachent.
Et certains
d�ploient leurs ailes comme des aigles et s'�l�vent dans le vent.
Vous �tes un sage homme, docteur Dee.
Et vous �tes une grande dame, ma reine.
Allumez le phare !
Messieurs,
je n'ai pas de mots de r�confort � vous offrir.
L'Armada qui vogue contre nous
porte � son bord l'Inquisition.
Que Dieu nous en prot�ge,
sinon il n'y aura plus en Angleterre de libert� de conscience ou de pens�e.
La d�faite n'est pas une option.
Que les cloches sonnent de chaque tour.
Que les paysans quittent leurs champs pour prendre les armes.
La moisson doit attendre.
Que tous les prisonniers soient rel�ch�s.
L'Angleterre est aussi leur pays.
Et lib�rez Raleigh.
Il est pardonn�.
Comme je souhaite aussi qu'on me pardonne.
Avertissez la flotte de notre arriv�e, M. Calley !
Feu de c�t� depuis la proue !
Faites sortir les gros canons !
Par tribord devant, le premier canon !
� mon signal !
Tirez ! Deux !
Trois ! Quatre !
Majest�, l'ennemi a �t� abord�.
- Quelles nouvelles ? - Un brave combat, Majest�.
Deux navires perdus.
Et quels gains ?
L'ennemi continue d'avancer.
Serrez les cordages de la misaine !
Quatre autres navires perdus.
Il faut continuer � harceler l'ennemi.
Ils sont plus forts que nous, Drake. C'est certain.
On perd trop de navires. Il faut se replier et d�fendre la c�te.
Si le vent est avec nous, Walter, on peut attaquer avec des br�lots.
Six br�lots dans la formation espagnole les forceraient � se disperser.
On ne peut pas les approcher.
Il faut briser leur formation. C'est notre seule chance.
Les Espagnols sont � un jour � peine, Votre Majest�.
Il faut vous retirer en terrain s�r.
Je vous supplie de comprendre la gravit� de la situation. Vous avez peu de temps.
Mes chers sujets.
On voit approcher les voiles de l'ennemi.
On entend les canons espagnols au large.
On les affrontera bient�t en personne.
Je suis r�solue, au c�ur du combat,
� vivre ou � mourir parmi vous !
Tant qu'on se tient ensemble, aucun intrus ne passera.
Qu'ils viennent avec les arm�es de l'enfer ! Ils ne passeront pas !
Et quand ce jour de combat sera termin�,
on se reverra au paradis
ou sur le champ de la victoire.
Thomas ! Debout ! Debout, mon vieux !
� l'aide ! Aidez-moi, quelqu'un !
Aidez-moi !
On sera pouss�s sur les rochers.
Jetez l'ancre.
Nos ordres sont d'agir rapidement.
Si on ne jette pas l'ancre, on sera dispers�s.
Jetez l'ancre !
Vite.
Vite !
Allons-y !
Jetez l'ancre !
Ils ont jet� l'ancre.
Ces monstres espagnols ne savent pas naviguer dans nos eaux.
Le vent nous avantage.
Est-ce le moment ?
Oui.
Bonne chance, mon ami.
Walter ?
N'oubliez pas de sauter.
Calley !
Assez de goudron ! Lib�rez le pont !
Si ce canon est pr�t, allumez la m�che !
Que tout le monde quitte le bateau, tout de suite !
- Quittez le bateau ! - Allez-y !
Par l� !
Allez, les gars ! D�p�chez !
Des br�lots !
Des br�lots !
Levez l'ancre !
Levez l'ancre.
Vite !
Chargez les canons.
Coupez le cordage !
Les Espagnols continuent d'avancer. Seulement cinq de leurs navires br�lent.
Ce n'est pas assez.
�lizabeth est l'obscurit�,
et moi, la lumi�re.
Dieu tout puissant, calme ton courroux.
Ton vent redoutable a vaincu notre orgueil.
Nos navires ont �t� d�truits.
Nos arm�es ont p�ri.
C'est ta volont�, Seigneur.
Amen.
Francis ?
J'ai servi Votre Majest� en tout.
Je sais.
Vous n'aurez plus besoin de moi.
Reposez-vous ici,
mon vieil ami.
�lizabeth a un fils.
Vous devez �tre fier.
Tr�s.
Et combl�.
Autant qu'un homme peut l'�tre.
R�vez-vous toujours d'une cit� �tincelante au Nouveau Monde ?
Toujours.
J'aimerais donner ma b�n�diction � votre fils.
J'en serais honor�e.
On m'appelle la reine vierge.
Sans �poux,
je n'ai pas de ma�tre.
Sans enfant,
je suis une m�re pour mon peuple.
Dieu me donne la force de supporter cette libert�.
Je suis votre reine.
Je suis moi-m�me.
La perte de l'Armada fut la plus cuisante d�faite de l'histoire navale espagnole.
Philippe mourut dix ans plus tard, laissant l'Espagne en faillite.
L'Angleterre entra dans une p�riode de paix et de prosp�rit�.
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